C'est une coquille dans le Brexit. On ne le sait pas, mais un tiers des coquilles Saint-Jacques françaises sont pêchées dans les eaux britanniques. Or nos voisins d'outre-Manche comptent profiter de leur sortie de l'Union européenne pour interdire à nos pêcheurs l'accès a leur gisement. Mauvaise nouvelle pour les nombreux amateurs de Pecten maximus que compte notre pays.
Avec 150 000 tonnes englouties chaque année, la France est le plus gros consommateur de coquilles de la planète derrière les États-Unis. Pour satisfaire les estomacs, on doit donc en importer six fois plus qu'on n’en pêche. Et voilà que la perfide Albion pour- rait nous empêcher de « draguer » la coquille au large de ses côtes, pile-poil alors que a récolte s’annonce « exceptionnelle » : jamais les cales de nos 200 coquilliers n’ont été aussi pleines.
La coquille Saint-Jacques, c'est l'or blanc de la pêche tricolore, avec des prix qui peuvent, certaines années, atteindre 5 euros le kilo. D'où la contrebande et la fameuse pratique du trempage, qui consiste à plonger les noix dans un bain d'eau assaisonnée de polyphosphates, histoire de les gorger de flotte pour qu'elles pèsent plus lourd. Sauf qu'une découverte faite par des chercheurs israéliens risque de nous couper définitivement l’appétit : les coquilles Saint-Jacques nous voient ! Autrement dit, quand vous décoquillez l’animal, il suit en direct sa mise a mort… L'étude, sortie pendant les têtes, est passée relativement inaperçue. Elle révèle pourtant que Pecten maximus est doté en bordure de coquille de 200 yeux millimètriques. Ce qui confère a ce mollusque bivalve un champ visuel d’environ 250 degrés. Pratique pour repérer son principal predateur, l'étoile de mer, et prendre la tangente en claquant des valves.
Car, contrairement a la plupart des coquillages, qui restent bêtement accrochés à leur rocher, la Saint-Jacques voyage. Par hydropropulsion, elle peut même faire des bonds de 1 mètre. En fait, la bestiole possède un système visuel ultra—sophistiqué, composé d'une série de miroirs concaves a trois dimensions. A tel point que les ingénieurs voudraient s’en inspirer pour améliorer les performances des télescopes.
La prochaine lois que l’on dé- cortiquera une coquille Saint-Jacques, pas sûr qu’on la regarde les yeux dans les yeux…
Intéressant. :O
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Le réseau informatique du Parlement britannique a enregistré 160 demandes d'accès à des sites pornographiques entre juin et octobre 2017 (« Ouest France », 8/1 ). Shocking ? Non, car, à en croire la direction du Parlement, la majorité de ces connexions, effectuées depuis les ordinateurs des députés et de leurs assistants, n'étaient pas « volontaires ».
Seulement pulsionnelles ?
À rapprocher du cas Damian Green, le numéro 2 de la première ministre Theresa May qui a été contraint de démissioner suite à du harclément sexuel présumé et à la découverte de milliers de photos pornos sur l'ordinateur de travail qu'il utilisait en 2008 en tant que député.
C'est les mêmes politicien⋅ne⋅s qui ont instauré le blocage par défaut des sites web pornos sur les accès Internet du pays… Comme d'habitude, faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Sommé de cesser son activité fin mai, il réclame une indemnisation colossale au préfet de Meaux.
Une entreprise de traitement des métaux de Meaux réclame au préfet de Seine-et-Marne la somme colossale de 2 984 000 euros. Motif ? Le serviteur de l’Etat lui a causé un grave préjudice en suspendant, le 31 mai dernier, son activité pour cause de pollution chronique !
Wipelec — c’est son nom — a déposé, le 4 janvier, un recours devant le tribunal administratif de Melun. Spécialisée dans le traitement de surface des métaux, elle se revendique comme l’« unique fournisseur
de grands groupes de l’armement et de l’aéronautique français », tels que Safran et Thales. Pensait-elle, du coup, pouvoir polluer en toute impunité ? Six fois, entre 2016 et 2017, elle a été visitée par les inspecteurs des installations classées, dépendant de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie.Ses manquements répétés, jugés « extrêmement graves » pour les salariés et les riverains, ont été maintes fois detaillés par « Le Parisien ». Wipelec a notamment été accusé de rejeter « des déchets dangereux dans le réseau urbain » — de l’acide cyanhydrique, entre autres. Malgré la quarantaine d’emplois en jeu, l’Etat n’a pas calé. Ni la justice, qui a validé l’arrêté de suspension.
Sortez les mouchoirs
En redressement judiciaire depuis août 2009, Wipelec multiplie les exploits en Ile-de-France. En 2010, la pollution importante des sols et de la nappe phréatique de son usine de Romainville a obligé l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, à dépenser plus de 1,2 million d’euros pour reloger des riverains. A Pomponne, en Seine-et-Marne, Wipelec a stoppé en 2012 l’exploitation d’un site, après quatorze années passées sans le nettoyer. A Lagny, la société Ceres Technologie, l’une de ses filiales, s’est subitement arrêtée, après avoir travaillé sans toutes les autorisations requises. Les sols y sont assaisonnés de plomb, de cyanure, d’hydrocarbures…
Pas impressionné, Wipelec a continué, malgré la suspension. Aujourd’hui sous contrôle judiciaire, son gérant, Guy Pelamourgue, a été placé en garde à vue le 20 juin et mis en examen pour « exposition d’autrui à risque immédiat de mort ». Tout de suite les grands mots…
Voitures brûlées portables volés
Dans son recours déposé le 4 janvier, Wipelec explique avoir trouvé la coupable de tous ses maux : Joëlle Roborg, sa « responsable qualité sécurité environnement ». « Un audit réalisé par M. Guy Pelamourgue permet de façon saisissanie de se rendre compte de la non-exécution de son travail par la salariée et de la délation opérée à destination des services préfectoraux », s’indignent ses avocats. L’employée est accusée d’avoir collaboré avec les inspecteurs du ministère de l’Environnement sans prévenir sa direction.
Selon la loi Sapin, cela l’empêche de bénéficier du statut de lanceur d’alerte. Son licenciement pour faute lourde a été validé par l’Inspection du travail, après que des échanges de SMS entre elle et une inspectrice de l’Environnement ont été retrouvés. Wipelec assure que l’indélicate aurait agi pour favoriser la « reprise à moindre coût de la société » par son ancien directeur. Mais, alors, pourquoi a-t-elle fait marcher le préfet dans la combine ?
Coîncidence ? Joëlle Roborg a vu sa voiture volée et brûlée, le 23 octobre — cinq jours après que les inspecteurs de l’Environnement qui revenaient du site de Meaux se sont fait dérober leur auto et leurs ordinateurs portables. L’ambiance est vraiment exquise dans ce coin de Seine-et-Mame.
À ma connaissance, il s'agit du premier cas concret qui illustre la vacuité de la loi Sapin 2 censée définir et protéger les lanceur⋅euse⋅s d'alerte…
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Pimkie, Peugeot, bientôt Carrefour… Moins de deux semaines après la parution des décrets d’application de l’ordonnance Macron sur la « rupture conventionnelle collective », cette dernière fait un tabac chez les patrons. Elle leur donne le feu vert — sous réserve d’un oui des syndicats — pour licencier sans motif économique.
Lors de la signature de l’ordonnance Macron, le 22 septembre, les regards des syndicats se sont braqués sur quelques chiffons rouges agités sous leur nez, telle la « barémisation » des indemnités aux prud’hommes. Et le reste est passé largement inaperçu. Une lecture au scanner de ces textes permet pourtant de découvrir plusieurs perles pas vraiment défavorables aux employeurs.
Pénicaud, DRH des patrons. La dernière de ces pépites, datée du 30 décembre, porte la signature de la ministre du Travail. Un décret paru au « JO » fournit aux patrons licencieurs cinq modèles de lettres censées les mettre à l’abri des foudres des tribunaux. De l’éjection pour faute grave au dégraissage économique, tous les cas de figure sont prévus. Il suffit à l’employeur de remplir les cases vides. On attend que le président de la République — qui n’est pas que celui des riches — demande à sa ministre un vade-mecum similaire pour aider les salariés à contester leur vidage.
La lettre de licenciement à répétition. Avant les ordonnances, les griefs de l’employeur devaient tenir en une seule — et définitive — missive. Désormais, si, après avoir signifié son renvoi à un salarié, un taulier est saisi par l’envie de le câliner davantage, il peut lui envoyer une deuxième lettre, puis une troisième, contenant de nouvelles causes ou de nouveaux témoignages, évidemment indépendants.
Et si ces nouveaux chômeurs, connus pour leur mauvais caractère, entendent contester, ils devront faire fissa : le délai pour engager une procédure tombe à un an, contre deux auparavant.
Monologue social. La simplification de la vie des employeurs passe aussi par celle du dialogue social. Sous le gouvernement Jospin, Martine Aubry avait fait voter l’obligation d’une négociation annuelle des salaires dans les entreprises. Quelle horreur ! Macron a rectifié. Avec les ordonnances, le délai entre deux discussions salariales passe à quatre ans, à supposer que le patron trouve assez de syndicalistes pour accepter ce report des échéances. Au sein de certaines branches ou dans les PME, il n’aura pas beaucoup de mal à les débaucher.
Bosser plus pour gagner moins. La loi Aubry ouvrait la possibilité d’accords permettant d’augmenter la durée du travail sans que le salaire suive. Mais cette décorrélation n’était possible qu’à la condition impérative que la boîte rencontre des difficultés. « Le “travailler plus pour gagner moins” peut désormais être décidé dans le simple intérêt de la société. Sans plus de garanties », s’étrangle Christophe Baumgarten, avocat spécialisé en droit social.
flexibilité sans sécurité. Quant aux grosses boîtes qui dégraissent, l’obligation de proposer aux salariés d’être recasés dans le groupe disparaît. L’ancien patron des patrous, Yvon Gattaz, exigeait cette flexibilité en 1985. Grâce à Macron, Pierre a fini le job de papa.
L’employeur, patron aussi — des syndicats. Exit aussi l’obligation faite aux directions de financer les expertises demandées par le comité d’entreprise. Le Comité économique et social (CES) qui lui succède (avalant au passage les délégués du personnel et le comité d’hygiène et de sécurité) devra en payer la moitié. Logique. Sauf que les moyens financiers du CES, ainsi que les heures de délégation des représentants du personnel, seront fixés par la négociation… c’est-à-dire, finalement, par l’employeur. « Le problème des accords d’entreprise est qu’ils seront négociés par des syndicats qui dépendront aussi des moyens que leur donneront les employeurs. Il y a des risques évidents de corruption », confie un spécialiste réputé du droit social.
Il faut bien pallier la fuite des adhérents.
Ma liste de ce qu'apportent ces ordonnances contre le travail.
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Secouées par l’affaire de corruption touchant Airbus, les grandes boîtes du CAC 40 veulent à tout prix se prémunir contre ces menus dérapages. Veolia ne fait pas exception. Le leader mondial de l’eau et des déchets a confirmé, le 8 janvier, avoir débauché Jean-Baptiste Carpentier, 53 ans, le directeur du Commissariat à l’information stratégique et à la sécurité économique (Cisse) de Bercy, pour en faire son directeur de la « conformité ». En clair, du respect des lois.
Contrat en beton armé
Officiellement, le départ de Jean-Baptiste Carpentier, ancien patron de Tracfin — l’organisme chargé de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme — s’est réglé en bonne intelligence avec Bercy. En décembre, pourtant, Emmanuel Moulin, le directeur de cabinet de Bruno Le Maire, a convoqué le patron du Cisse pour l’interroger sur sa décision de confier un contrat à FTI Consulting.
Ce cabinet d’investigation américain aux méthodes musclées est censé réaliser un audit de la politique de conformité des 200 premières entreprises françaises et identifier leurs bonnes pratiques (« Intelligence Online », 29/11). « Je n’ai pas engagé une société américaine, mais la patronne de la filiale parisienne, Sophie Lhomme, une Française, officier de réserve disposant d’une habilitation de sécurité », s’est curieusement défendu Carpentier. Lorsqu’il a annoncé son souhait de quitter Bercy, personne ne l’a vraiment retenu. Ni Bruno Le Maire ni le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, très au fait des questions de sécurité…
« Qu’une entreprise privée comme Airbus se laisse voler des informations sensibles par les Américains, c’est déjà grave, s’offusque un spécialiste de la guerre économique. Mais que l’Etat français organise le pillage de ses 200 premières entreprises, c’est incompréhensible… »
Aux armes, citoyens patrons !
Heu. D'où l'État s'occupe (favorise ?) uniquement des 200 plus grosses sociétés privées françaises ? D'où c'est de la responsabilité de l'État de prévenir les pratiques illégales ?! Peut-être parce que le Président joue déjà les VIP pour elles ? On marche quand même sur la tête, je trouve…
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Les journalistes, à l’exception notable de ceux du « Figaro » (4/1), ont tort de ne pas lire les documents publiés en annexe de la loi de finances 2018. Ils y auraient découvert que les produits de la fameuse fiscalité verte ne bénéficient nullement à l’écologie. Pour justifier les hausses des taxes carbone, alias les taxes vertes, Bercy écrit : « Ces mesures contribueront au financement des baisses de la fiscalité pesant sur le travail et le capital en vue de favoriser l’emploi et l’activité. » Voilà qui a le mérite de la franchise.
L’appel à l’alibi écologique, en matière fiscale, devient une habitude de plus en plus rentable pour les finances publiques. Emmanuel Macron souhaite qu’à la fin de son quinquennat la fiscalité verte rapporte 40 milliards d’euros à l’Etat et aux collectivités locales, soit 14 milliards de plus qu’en 2017.
Au nom de la lutte contre la pollution et de la convergence de la fiscalité entre les deux types de carburant, les taxes sur le diesel ont donc été relevées, au 1er janvier, de 7,6 centimes par litre, et de 3,9 pour l’essence. A quoi il convient d’ajouter la TVA, dont le taux est fixé, pour les carburants, à 20 %. Soit, au total, 3,7 milliards de plus dans les caisses publiques qu’en 2017.
Les économistes de l’union française des industries pétrolières ont calculé que la facture allait augmenter de 250 à 350 euros par an et par véhicule. Mais ils n’ont pas intérêt à se plaindre, puisque c’est pour la nature…
Au moins dans les discours.
En effet, c'est ingénieux.
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Documentaire sur la banque mondiale HSBC.
ÉDIT DU 13/05/2018 À 14H50 : ce shaarli a été lourdement amendé (prise en compte des aides publiques à la presse 2016, correction d'erreurs, actionnariat différent, plus ou moins de flicage, etc.). Les modifications effectuées sont consignées dans ce shaarli. C'est aussi pour cela qu'il y a du texte barré un peu partout avec la correction à côté. FIN DE L'ÉDIT.
ÉDIT DU 23/10/2019 À 21 H 40 : j'ai corrigé l'actionnariat de Marianne (CMI/Kretinsky détient 91 % depuis octobre 2018), j'ai ajouté la part chaque gros actionnaire du Monde et j'ai ajouté le droit d'agrément obtenu en octobre 2019 par les journalistes du Monde leur permettant de verrouiller un poil le capital du journal. FIN DE L'ÉDIT.
ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : j'ai ajouté les dernières aides financières (publiques et privées) connues pour Fakir, Marianne, Le Monde, Les Jours, Basta !, Politis et La Revue Dessinée. ÉDIT DU 08/04/2020 À 17 H 45 : vérification et éventuelle correction de l'indicateur de flicage pour Le Canard enchaîné, Fakir, Siné mensuel, Mediapart, Numerama, Next INpact, Les Jours, Basta ! et Arrêt sur images. ÉDIT DU 08/04/2020 À 18 H 50 : ajout du journal satirique en PACA Le Ravi. FIN DES ÉDITS du 08/04/2020.
Avant de renouveler mes abonnements à la presse, je me suis posé des questions sur les journaux que j'ai découverts récemment comme Les Jours, La Revue Dessinée, Basta !, etc. Sont-ils indépendants ? Que veut dire être indépendant, etc. J'ai donc décidé de regarder l'arrière-boutique des journaux auxquels j'étais abonné en plus de regarder celle des journaux auxquels je pensais m'abonner. Je partage ma démarche au cas où ça puisse inspirer quelqu'un⋅e. :)
Par presse indépendante, j'entends :
Pour tenter une évaluation objective, j'ai choisi les critères suivants :
Qui possède le journal ? Structure juridique, actionnariat, qui peut entrer dans le capital, est-il possible d’entrer subitement dans le capital, etc. Ce critère est souvent considéré comme étant sans importance.
Le journal est-il un diffuseur de publicité ? La question se sous-divise :
Évidemment, ces critères sont très insuffisants… Ils ne prennent pas en compte :
Les journalistes dits politiques qui font ami⋅e⋅s-ami⋅e⋅s avec les pouvoirs quels qu'ils soient, voire qui font partie de cercles mêlant politicien⋅ne⋅s, industriel⋅le⋅s et journalistes, comme le groupe Bilderberg, dans l'optique, prétendent-il⋅elle⋅s, de dénicher des infos. Je me dis qu'on peut réduire leur influence néfaste en lisant des journaux sérieux qui ne passent pas leur temps à commenter la dernière petite phrase prononcée par un⋅e politicien⋅ne ni à savoir qui, selon les dernières rumeurs parisiennes, a poignardé qui dans tel parti politique ;
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : tous les voyants sont au vert ,sauf celui des aides financières qui est en orange. L'aide postale n'est pas une aide directe : il faut déjà que le journal soit produit, soit en état de marche, pour en bénéficier (elle est versée à La Poste, pas au journal).
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : tous les voyants sont au vert sauf celui des aides financières qui est au rouge à l'orange.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : tous les voyants sont au vert sauf celui des aides financières qui est au rouge à l'orange.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : voyant orange pour l'actionnariat qui dépend d'un homme qui n'est pas journaliste mais gestionnaire. Voyant orange rouge pour la publicité et le flicage. Voyant rouge tendance écarlate en ce qui concerne les aides financières dont ce journal semble dépendre cruellement ;
Qui le possède ?
Actionnaires : les principaux actionnaires sont clairement affichés sur le site web du journal. Les parts sont présentées dans les comptes publiés par le journal (Exemple).
Publicité ? :
Bilan : voyant vert pour l'actionnariat même si je constate une certaine proximité des gros de l'informatique (la SSII Econocom, les fonds d'investissement tech, etc.) et des pubards, d'où j’en déduis un risque de proximité avec les cercles de pouvoir. Voyant publicitaire en orange rouge en raison du flicage massif. Voyant orange vert pour les aides financières (pas orange car ça date donc, tout comme l'actionnariat, on peut admettre un début qui ne va pas dans le bon sens suivi d'une envie de s'en sortir, de faire autrement et mieux).
Qui le possède ?
Actionnaires : entièrement détenue par Humanoïd (frAndroid).
Publicité ? :
Bilan : voyant vert pour l'actionnariat même si je me méfie de la proximité avec le milieu de la pub et celui de la startup nation chère à Macron. Voyant au rouge pour la publicité + le flicage, bien entendu. Voyant au vert pour les aides financières.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : un sans-faute, voyants vert à tous les critères.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : tous les voyants sont au rouge… Actionnaires gestionnaires, actionnariat hyper complexe à dénicher et à comprendre, publicité et flicage, aides financières à gogo…
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : voyants au vert avec une réserve sur le flicage : il n'est probablement pas volontaire, il est probablement causé par l’intégration de la gestion des abonnements dans la structure d’un WordPress, mais ça reste quand même pas cool (réserve nulle depuis la nouvelle version du site web publiée en février 2018). Au préalable, Reflets a essayé de se financer par des dons (qu'on pouvait même faire par virement bancaire, sans un intermédiaire de plus donc), sans succès selon eux.
Qui le possède ?
Actionnaires : L'actionnariat est affiché sur le site web, même si je trouve qu'il faut vraiment creuser pour le trouver.
Publicité ? :
Bilan : voyant au vert pour l'actionnariat même si j'émets des réserves vu la forte connivence avec le PAF. Voyant orange pour le flicage. Voyant rouge concernant les aides financières.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : voyant vert pour la possession du journal. Voyant orange pour le flicage. Voyant orange pour les aides financières (pas rouge pour la même raison que Mediapart : je perçois une envie de s'améliorer dans un contexte pas simple) ;
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : tous les voyants sont au vert, sauf celui pour la pub et le flicage qui est en rouge tendance écarlate.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : voyant vert pour l'actionnariat, voyant rouge pour la pub et le flicage, voyant rouge orange pour les aides financières.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : tous les voyants sont au vert sauf celui du flicage qui s'allume en orange.
Qui le possède ?
Actionnaires : L'actionnariat est publié sur la dernière page de chaque numéro.
Publicité ? :
Bilan : tous les voyants sont au vert malgré quelques réserves sur d’éventuels papiers sur le monde de l’édition ou de la finance sauf celui portant sur les aides financière qui passe en orange depuis que les aides publiques à la presse 2016 ont été rendu publiques.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Bilan : tous les voyants sont au vert sauf celui des aides financières qui est à l'orange.
On s'aperçoit bien vite qu'à part La Revue Dessinée, Next INpact et Reflets.info, aucun journal ne satisfait totalement à mes critères… Et encore, j'ai majorité Reflets sur le flicage vu les efforts produits… Et, si ça se trouve, je n'ai pas tous les éléments pour trancher sans me faire enguirlander (genre les aides financières…).
À l'inverse, la rubrique Pixels du Monde est la seule à être exclue par mes critères… Marianne n'est pas loin de l'exclusion, mais j'ai envie de tester son contenu, parce que j’en ai entendu du bien, même si, a priori, ma notation ne présage rien de bon…
Pour avancer, j'ai décidé de ne pas laisser passer les journaux financés par la publicité. Je pense qu'elle est plus nocive que quelques subventions raisonnables et tout autant nocive qu'un actionnariat de connivence. Ainsi, Contrepoints, Numerama et Politis passent à la trappe.
À ce jeu-là, on se rend compte qu'on n'a toujours pas de journalisme d'investigation et qu'il va falloir lâcher du lest sur les aides financières pour que certains puissent passer mes critères.
Force est de constater qu’il y a encore énormément de boulot pour que nos lectures en ligne ne soient plus fliquées… Dans ce contexte-là, à quoi bon se priver de Mediapart, Les Jours, Basta !, et Arrêt sur images ? J'espère quand même que la situation va s'améliorer. Par contre, je pense qu'il est normal de récompenser ceux qui font un effort. Ainsi, je paierai plus cher mes abonnements à Next INpact et à Reflets.info.
Voilà, compromis trouvé dans la douleur…
Je note que, comme dans les autres secteurs (agro-alimentaire, fourniture d’éléctricité, etc.), le milieu de la presse est opaque.
Article plutôt clair sur les histoires de courant alternatif, de cosinus phi, même un peu de triphasé à la fin.
Du coup, pour calculer la puissance active (à partir de laquelle les plombs sauteront) d'une alimentation de baie en datacenter :
Infos en plus :
Merci à HS-157 et gizmo pour ces explications. :)
P.-S. : je suis un novice complet sur ce sujet donc ce shaarli peut contenir des énormités. :-
Souvent critiqué pour « être trop timide face aux contenus malveillants, Facebook a durci le ton », assurait « Le Monde » (19/12) dans un article au titre évocateur : « Face aux fausses informations, le discret ménage de Facebook ». L’enthousiasme du quotidien se comprend : c’est lui-même qui, dans le cadre d’un partenariat avec Facebook, a été mandaté par le réseau social (revendiquant 33 millions d’abonnés en France) pour épousseter ses pages.
Au même titre que « l’Agence France-Presse (AFP), BFM-TV, France Télévisions, France Médias Monde, L’Express, Libération et 20 Minutes. » Source.
Mais un lien d’une autre nature rend encore plus prégnante l’empathie entre le journal et la plateforme américaine. Julien Codorniou, le vice-président de Facebook chargé des partenariats, qui vit à Londres, est membre du… conseil de surveillance du « Monde » ! Grand ami de Xavier Niel — le coproprio du quotidien —, Codorniou figure aussi depuis peu à son côté au conseil de surveillance de Mediawan, le fonds d’investissement cofondé fin 2015 par un certain Niel Xavier. Le monde des géants est petit.
L’idylle entre la presse et les caïds du Web ne date pas d’hier. Pour quelques millions — une paille, comparé à ses milliards de revenus — versés à un « fonds d’innovation », Google s’est ainsi assuré la bienveillance de nombreux médias.
Oui, il s'agit très clairement d'une guéguerre d'influence et de positionnements stratégiques pour la suite entre les géants du Net. Voir : « Fake news » : Facebook va rémunérer des éditeurs français et fait sa publicité dans la presse. »
La romance entre Facebook et « Le Monde », elle, a réellement démarré en février 2017. Plusieurs confrères du quotidien sont alors sollicités par le mastodonte du Net pour l’aider à traquer les infos bidon sur ses écrans. Ce n’est pas qu’elles le dérangent tant que ça : en fait, elles assurent même son fonds de commerce en générant un gros trafic sur le réseau. Mais, depuis la présidentielle américaine, les fake news — ces bobards balancés par des plaisantins ou des escrocs — font tache sur le blason du fondateur, Mark Zuckerberg.
Ça décode sec
Au départ, « Le Monde » (6/2) a tout de même été pris d’un doute. « Le modèle proposé par le réseau social ne revient-il pas à faire à sa place le travail de chasse aux fake news ? L’accepter, n’est-ce pas permettre à un Facebook sous pression de montrer patte blanche et faciliter sa communication ? » s’interrogeait le journal. Qui a soulagé illico sa conscience : « Finalement, le pragmatisme l’a emporté… » Le « pragmatisme » financier, surtout !
Car Facebook paie désormais les journaux traqueurs de contenus sales. « Au début, c’était totalement gratuit. Ils sont ensuite revenus vers nous en disant qu’ils allaient rémunérer notre travail », lâche, du bout des lèvres, un chef de « L’Express » à un site spécialisé, NextINpact (26/4). Les autres médias, eux, restent muets sur le sujet.
Prix de ces services ? Huit mois plus tard, la direction du « Monde », interrogée, est toujours aux abonnés absents. Mais c’est bien toute une équipe Web du journal (celle des « décodeurs ») qui a été mise au turbin pour le compte du réseau social. Leur Décodex, « outil de vérification de l’information », a déjà repéré 2 865 infos bidon sur Facebook. Et il y en a pour tous les goûts…
Morbides, par exemple : « Des migrants ont-ils été retrouvés congelés dans un restaurant chinois à Paris ? », « A-t-on retrouvé de la viande humaine dans les produits Mc-Donald’s ? » Ou plus « scientifiques » : « Une femme a-t-elle développé un QI de 220 après avoir bu du sperme tous les jours pendant un an ? », « Un verre de vin rouge peut-il remplacer une heure de sport intensif ? »
Vrai ? Faux ? Au choix !
Le versant complotiste n’est pas oublié : « L’Etat veut-il promouvoir la pédophilie à l'école ?», « Les vaccins envoyés en Afrique contiennent-ils des agents anti-fertilité ? » On ne s’en lasse pas ! Au total, 1 198 pages Facebook relayant les pires fadaises ont été épinglées, et 147 fermées. Ce coup de balai est-il décisif ? Pas vraiment. « Le Monde » lui-même doit reconnaître que les fermetures sont plus souvent liées à des contenus haineux ou racistes qu’à la chasse aux bobards. Mieux, Facebook vient déjà de changer de « stratégie » (sic) contre les fake news. « Des études laissent penser qu’un vocabulaire (de mise en garde) trop fort ou certains visuels (comme une icône rouge) peuvent avoir des effets contreproductifs », a expliqué sans rire la firme, juste avant Noël. Facebook préfère désormais renvoyer dos à dos vérificateurs et faussaires en publiant les deux versions. C’est bien meilleur pour le trafic !
Mouiiiiiii m'enfin si tu supprimes ou stigmatises un écrit à tendance complotiste, tu donnes de la crédibilité aux personnes qui en sont à l'origine auprès de leurs communautés en mode "regardez ! on vous ment ! comme par hasard, les auxiliaires de Facebook qui ont fait supprimer mon contenu sont les grands journaux habituels qui nous cachent la vérité !"), c'est toute l'astuce… Et surtout, tu n'expliques pas les raisons de cette suppression / stigmatisation, ce qui ne fait rien avancer. Bref, ce n'est pas aussi simple. Je n'ai pas de problème à ce que soient affichées les X versions de la vérité les unes à côté des autres.
Dans le Canard enchaîné du 3 janvier 2018.
Pour nuancer un peu La vie est une pute (via) :
Depuis Darwin, l’affaire est entendue. Nous vivons dans une jungle. « Le lion mange l’antilope, les chimpanzés s’entre-tuent, les arbres jouent des coudes pour l’accès à la lumière, les microbes ne se font pas de cadeaux. » Et, pour l’homme, c’est pareil. La seule loi, c’est la loi du plus fort. Ceux qui disent le contraire sont de doux rêveurs. Vu que c’est Darwin qui l’a dit. C’est prouvé, c’est scientifique, circulez.
Pablo Servigne est agronome et docteur en biologie. Il est aussi collapsologue. Ce qui signifie qu’il est persuadé que tout va bientôt s’effondrer. Tout ou, plutôt, notre monde industriel, vorace en énergie et en matières premières, gaspilleur, insouciant, si instable et si fragile. Il l’a écrit dans un livre remarqué (1). Les collapsologues en sont persuadés : il faut se préparer à la catastrophe, au monde d’après. Pas en entassant des provisions et des fusils comme le font les survivalistes américains, mais en constituant dès aujourd’hui des réseaux d’entraide et de soutien.
Servigne le reconnaît : cette façon d’envisager le futur n’a rien de joyeux. Elle est même toxique. Au point d’avoir creusé un fossé entre lui et certains de ses proches. Quelle « sensation étrange que de faire partie de ce monde (plus que jamais !) mais d’être coupé de l’image dominante que les autres s’en font »… Comment vivre avec ça ? Ne pas sombrer ? Surtout que, compter sur l’entraide, l’altruisme, l’association pour s’en sortir, voilà qui semble un peu léger…
En compagnie de Gauthier Chapelle, lui aussi docteur en biologie, il s’est mis à creuser la question (2). Les comportements d’entraide sont-ils si rares et si aléatoires ? Réservés aux dames patronnesses et aux Restos du cœur ? Comment naissent-ils ? Qu’en disent la biologie, les sciences humaines ?
Et de découvrir que l’entraide est beaucoup plus répandue qu’on ne l’imagine. Pour lutter contre le vent, les manchots empereurs se blottissent les uns contre les autres. Les lionnes chassent ensemble. Les arbres connectent leurs réseaux racinaires. On s’entraide au sein d’une même espèce, mais aussi entre espèces. « Le vivant a développé mille et une manières de s’associer, de coopérer, d’être ensemble, ou carrément de fusionner. » Ne s’agit-il là que d’une relecture gentilette et faussement rassurante de la biologie ?
Aucunement. Nos auteurs citent le fameux prince russe Kropotkine, devenu anarchiste en 1872 après avoir constaté que, dans la nature, l’entraide est partout. Dans un climat hostile, notamment, elle accroît les chances de survie. Après le passage de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, les pillages évoqués par le chef de la police n’étaient que pure invention : au contraire, dans leur grande majorité, les rescapés se sont mutuellement porté secours. Aucun calcul, là-dedans. Aucun « gène égoïste » en action. Juste quelque chose de spontané. L’homme n’est pas forcément un loup pour l’homme. « L’empathie est un mécanisme très profondément ancré en nous. » Nombreuses sont les études scientifiques qui, ces dernières années, vont en ce sens.
Certes, il ne s’agit pas de nier Darwin. Mais de corriger l’idée simpliste qu’on s’en fait. Lui-même l’avait remarqué : ce sont les groupes composés d’individus plus coopératifs qui survivent le mieux. Parés pour l’effondrement ?
(1) « Comment tout peut s’effondrer », Seuil (lire « Plouf! » du 27/5/15).
(2) « L’entraide, l’autre loi de la jungle » LLL, 382 p., 22 €.
Dans le Canard enchaîné du 3 janvier 2018.
En moins d’une semaine, les manifestations ont déjà fait plus de 20 morts en Iran, comme le reconnaissent les autorités elles-mêmes. Les premières manifs parties de la ville sainte de Mashhad, jeudi 28 décembre, ciblaient l’augmentation du coût de la vie, mais, de jour en jour, elles ont touché nombre d’autres villes, grandes ou moyennes. Avec bien d’autres motivations.
En cause, au départ, l’inflation galopante, l’augmentation du prix de l’essence, du pain ou des œufs… Et aussi le chômage massif de la jeunesse diplômée et la corruption généralisée. La colère populaire vise en outre la politique budgétaire rigoureuse du président « réformateur » Rohani, qui, au passage, a commencé à lever le voile sur le financement public des fondations religieuses, exonérées d’impôts, qui plus est… Dans la mire également, la faillite des institutions illégales de crédit islamiques qui ont pullulé sous Ahmadinejad et qui ont ruiné les épargnants.
Certains slogans ciblent désormais les dirigeants : « A bas le dictateur ! », « A bas Rohani ! » ou « Le peuple vit comme des mendiants, le Guide suprême vit comme Dieu ! » Jusqu’au tout-puissant Guide suprême Ali Khamenei, successeur de Khomeyni… « Pardon Seyyed Ali, tu dois partir ! » Certains sièges locaux des Bassidji, la milice redoutée du régime, ont été incendiés.
Face à cet embrasement, le président Rohani durcit le ton. Après avoir affirmé, dimanche à la télévision, que « la population [était] libre de critiquer le gouvernement et de manifester », il a martelé, lundi : « Le peuple iranien répondra aux fauteurs de trouble et hors-la-loi ». Dernier réseau social toléré en Iran, l’application Telegram, qui compte 40 millions d’utilisateurs, a été bloquée. Les conservateurs, qui ont organisé des contre-manifs, imputent certains tirs mortels aux « contre-révolutionnaires », et Khamenei dénonce les « ennemis » de l’Iran.
Les dirigeants iraniens seraient peut-être avisés de se souvenir que la Révolution française est née d’une marche des femmes pour le pain et la révolution tunisienne de 2011 de l’immolation d’un simple marchand de fruits.
Dans le Canard enchaîné du 3 janvier 2018.
C'est la nouvelle façon de faire le trottoir et de racoler le consommateur : des carrés de pub peints au pochoir. Tu m’achètes, chéri ? Au lieu de marcher le nez en l’air, le nouveau citadin avancera les yeux rivés au sol. Et tant pis pour son temps de flânerie disponible. Publié le 24 décembre au « Journal officiel », signé par cinq ministres, un décret gouvernemental désigne Bordeaux, Lyon et Nantes comme villes où seront expérimentés, pour une période de dix-huit mois, les « marquages publicitaires éphémères au sol »**.
Lyon applaudit, Nantes et Bordeaux protestent et dénoncent l’invasion de cette « pollution visuelle ». Les promoteurs de ces « graffitis propres » répondent que les marquages, faits au pochoir avec de la peinture biodégradable, sont écolos à 100 %. Un fils de pub s’indigne, dans « Le Parisien » (30/12) : « Si les élus combattent la publicité [sur la chaussée] , qu’ils l’interdisent dans tous les espaces pu- blics. » Chiche ?
La guérilla urbaine s’annonce sans pitié. Des mini-ZAD de 2,50 m², inspirées de Notre-Dame-des-Landes, vont—elles pousser sur nos trottoirs pour empêcher la pub d’y atterrir ? Maire de Bordeaux, Juppé se voit bien en Lider maxime de la résistance. Quant à Nicolas Hulot et à Gérard Collomb, ministres signataires du décret, s’ils persistent dans leur politique à la petite semelle, ils risquent le supplice des plumes et du goudron. Les plus radicaux des opposants pourraient même utiliser les chiens : après le caniveau, apprenez—leur la pub de trottoir.
Pffff… On n'y échappera pas… Trottoirs. Toilettes. Pub qui nous espionne… Tout pour nous vendre des merdes qui nous servent à rien. Tout pour nous voler notre temps (de pensée, de flânerie, etc.). :(
Dans le Canard enchaîné du 3 janvier 2018.
Doublement des sanctions, obligation de remplir un rapport d’activité, surveillance renforcée : les demandeurs d’emploi vont trinquer.
Pour les fêtes, Emmanuel Macron n’a pas oublié les demandeurs d’emploi. Ainsi entend-il aussi leur témoigner son affection dès l’entame de 2018. Mais c’est de l’amour vache.
Dans un document de travail envoyé le 14 décembre aux partenaires sociaux, le gouvernement avait prévenu : il leur proposerait « une réforme du barème et des modalités de sanction [de certains demandeurs d’emploi] dans les semaines qui viennent ». Cala s’annonce musclé.
« Le Canard » s’est procuré la note confidentielle sur laquelle travaille Antoine Foucher, un ancien du Medef et le directeur de cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. En matière de contrôle des chômeurs, un durcissement des sanctions se profile bel et bien.
Actuellement, en cas de recherche d’emploi insuffisante, de refus d’une action de formation ou d’une aide pour trouver le fameux job, le chômeur se voit, théoriquement, infliger une réduction de 20 % de son allocation chômage, pour une durée de deux à six mois. En cas de « manquements » répétés, elle passe à 50 %, pour la même durée.
Mais, « dans les faits, les sanctions pour ce type de manquements sont très réduites », assure un syndicaliste.
Surveiller et punir !
La nouvelle réforme concoctée par le ministère du Travail promet une addition autrement sévère. Si Pôle emploi estime que le chômeur ne recherche pas assez activement du travail, ou s’il refuse une formation, ou encore s’il décline deux offres d’emploi jugées raisonnables, ses allocations seront d’amblé réduites de 50 %, pour une durée de deux mois ! S’il récidive, elles seront carrément supprimées, pour la même durée de deux mois.
La note étudiée par le ministère du Travail se garde bien de préciser ce qui caractérise « une insuffisance de recherche d’emploi » ou « une offre d’emploi raisonnable ». Sûrement des détails…
Deuxième innovation évoquée dans cette note : les chômeurs — ces présumés fainéants — vont devoir rendre des comptes, et serrés. Chaque demandeur d’emploi sera donc bientôt tenu de remplir un rapport d’activité mensuel, listant l’ensemble des démarches effectuées pour favoriser son retour à l’emploi. L’occupation risque de s’avérer déprimante.
L’idée est directement inspirée par… Pierre Gattaz. Lors d’une conférence de presse, le 17 octobre, le président du Medef suggérait l’exercice d’« un contrôle journalier » des chômeurs. Avant de nuancer : « Journalier, hebdomadaire ou mensuel, c’est un truc (sic) qu’il faut débattre. »
Le Medef exaucé
Le « truc » fait partie des idées phares du gouvernement pour mesurer l’« intensité de la recherche d’emploi » de ceux qui n’en ont pas. L’objectif est d’aider les équipes chargées du « contrôle de la recherche effective d’emploi » au sein de Pôle emploi à détecter les chômeurs dont le rapport d’activité leur paraîtrait trop mince. Et, pour faciliter la tâche des contrôleurs — qui sont aujourd’hui 200 —, Macron va multiplier les effectifs par cinq en cinq ans, comme il l’a annoncé. En voilà, des jobs nouveaux !
Et si les chômeurs oublient de remplir leur rapport d’activité ? Hop ! c’est la radiation express… Qui a dit qu’il n’existait pas de moyen simple, efficace et humain d’inverser la courbe ?
Je pense que le contrôle par écrit des chômeur⋅euse⋅s est un chiffon rouge pour nous énerver : le gouvernement n'en veut probablement pas (trop chronophage à contrôler, des chômeurs / précaires savent à peine écrire, etc.), mais va l'utiliser comme un pivot dans la négociation afin d'obtenir des compromis tellement en défaveur des travailleur⋅euse⋅s qu'il ne les aurait pas obtenus autrement.
Les syndicats pourront jouer entre mi-janvier et mi-février puis le tout sera inséré dans un projet de loi qui traitera aussi de la formation pro et de l'apprentisage et qui sera examiné au Parlement.
Vu l'étendue des sujets de négociation, on va forcément perdre des bouts… :( Peut-être sur le fonctionnement ou la parité de l'Unedic ? :(
Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.
Le feuilleton de l’incroyable partie de cache-cache de Mélenchon avec les juges d’instruction parisiens, dans une simple affaire de diffamation, continue depuis cinq ans (« Le Canard », 7/6). Depuis 2012, le journaliste du « Monde » Paulo Paranagua poursuit le camarade Méluche pour l’avoir publiquement traité de « tueur repenti », de « terroriste repenti », puis, lors d’une récidive sur son blog personnel, en 2016, de « muse de la CIA », responsable de moult exécutions en Argentine. Sans preuves…
Il faut dire que ce journaliste d’origine brésilienne, jadis militant, avait eu le toupet d’écrire des articles critiques sur le régime de Chavez. Dans deux procédures successives en diffamation intentées par Paranagua en cinq ans, Mélenchon s’est dérobé à sept reprises aux convocations des juges, dont les deux dernières, les 8 octobre et 10 novembre ! Obligeant les flics à se déplacer une demi-douzaine de fois pour tenter de lui remettre sa convoc en main propre…
En 2016, Méluche avait même fini. par bénéficier d’un non-lieu, faute, pour les juges d’instruction, fatigués par ce jeu du chat et de la souris, d’avoir réussi à le coincer pour le mettre en examen ! Une stratégie payante, donc. Après ses nouvelles attaques sur son blog personnel, le 15 novembre 2016, Mélenchon s’était attiré une mise au point cinglante du patron du « Monde », Luc Bronner, dénonçant, le lendemain dans ses colonnes, « une récidive dans l’insulte et la provocation (…) dans des termes totalement inacceptables », ainsi que « certaines accusations à l’évidence diffamatoires ». Face à cet art consommé de la dérobade, le nouvel avocat du journaliste, Me Toledano, vient de réclamer un mandat de comparution contre Mélenchon.
Pour faire venir le Lider maximo de La France insoumise, il faut des demandes maximales !
Je constate que, FI comme FN, on fuit la justice. Comment croire que ces gens-là la renforceront (ou, au moins, ne la raboteront pas) s'il⋅elle⋅s accèdent au pouvoir ?
Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.
Par un arrêté passé inaperçu (« Journal officiel », 17/11), Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, vient de confier à un algorithme la surveillance de tous les contribuables français. Un programme intelligent, baptisé « modélisation prédictive des fraudes fiscales », censé détecter automatiquement les profils de resquilleurs.
Pendant deux ans — et d’abord à titre expérimental —, CFVR (pour « ciblage de la fraude et valorisation des requêtes ») va brasser, dans le dos des contribuables, des centaines de milliers de données les concernant, « à la recherche d’atypies (sic) ». Une sorte de délit de faciès fiscal.
Une vingtaine de fichiers de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) seront ainsi passés au tamis : impôt sur les revenus, comptes bancaires, taxe d’habitation, données patrimoniales, contrats de capitalisation et d’assurance-vie, tout y passera.
Comme c’est encore un peu maigre, le logiciel croisera aussi les données appartenant à « d’autres administrations, nationales et étrangères », et à « des organismes sociaux ». Et, poire pour la soif, il avalera également « des données provenant de bases privées », prévient l’arrêté, sans plus de précisions.
Sollicitée par « Le Canard », la DGFIP n’a rien révélé des superpouvoirs de son algorithme. Silence radio, aussi, du côté de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui a donné son
feu vert sans moufter.C’est une habitude de la maison.
La CNIL a émis des réserves et des réclamations. Voir : Fraude fiscale : Bercy va utiliser du « data mining » pour cibler les particuliers.
Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.
Premier questeur de l’Assemblée, le député LRM Florian Bachelier est sorti humilié d’une réunion du bureau qui s’est tenue le 20 décembre.
Il voulait renoncer à l’achat, pour 63 millions d’euros, de l’hôtel de Broglie, rue Saint-Dominique, à deux pas du Palais-Bourbon. Proposition rejetée à l’unanimité moins une voix : la sienne !
Il entendait augmenter de 10 % l’enveloppe destinée à la rémunération des collaborateurs parlementaires. Même vote, et même refus, à la quasi—unanimité.
Cette offensive de Bachelier a d’ailleurs conduit le président de l’Assemblée, François de Rugy, à fixer de nouvelles règles : seul le bureau pourra donner son aval à des dépenses excédant 1 million d’euros.
En attendant, les mauvais esprits pourront constater que les députés veulent bien dépenser 63 millions d'euros pour obtenir de nouveaux bureaux mais qu'ils rechignent à en engager 10 pour mieux payer leurs collaborateurs.
En effet, je constate. D'autant qu'une enveloppe plus elevée pour embaucher plus d'assistant⋅e⋅s (afin de couvrir / suivre plus de sujets) et/ou mieux rémunérer ces travailleur⋅euse⋅s acharné⋅e⋅s de l'ombre, ça ne serait vraiment pas du luxe. :'(
[…]
Le ton avait été donné au petit déjeuner entre les membres LRM du bureau, juste avant que celui-ci se réunisse :
« Si la défends les propositions devant le bureau, tu vas dans le mur, tu vas être minoritaire », avait averti Rugy.
« Tu me rappelles l’épisode Chirac-Sarkozy, avait renchéri le vice-président Hugues Renson, quand le premier avait dit au second : “Je décide, il exécute.” Le bureau décide et la questure exécute. »
En dépit de ces mises en garde, Florian Bachelier a tenté un passage eäforce, espérant que les députés de l’opposition iraient dans son sens.
Raté ! Du coup, des députés LRM évoquent une possible démission de leur camarade en janvier, en même temps que celle, déjà programmée, de Thierry Solère.
En toute solidarité…
Ha ouais… Chez En Marche, le simple fait de proposer des idées (un peu) novatrices est un motif d'exclusion… Ça donne envie ! :(
On rappelle les autres cadeaux décidées par la questure actuelle :
Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.
La machine à purges massives s’emballe, dans la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan, qui avait jadis tenté de survendre à l’Europe une image angélique d’islamiste « modéré ».
Le 24 décembre, 2 756 fonctionnaires turcs ont été renvoyés, perdant jusqu’ à leur couverture santé. Parmi eux, 637 militaires et 105 universitaires, mais aussi des agents des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères.
Accusés, en vrac, de terrorisme, ces bannis ne seront plus jugés en civil mais affublés du nouvel uniforme que porteront les comploteurs présumés (« lemonde.fr », 24/12). Ils rejoindront ainsi les 55 000 personnes arrêtées et les 140 000 limogées ou suspendues de leurs fonctions depuis le « coup d’Etat » manqué du 15 juillet 2016.
Le lendemain, 25 décembre, 17 membres du journal d’opposition « Cumhuriyet » comparaissaient pour la cinquième fois devant la justice, accusés, eux aussi — comme 153 journalistes —, d’avoir fomenté un putsch contre Erdogan. L’un d’eux, Ahmet Sik, emprisonné et à l’isolement depuis le 29 décembre 2016, qui avait notamment révélé les liens entre Daech et Ankara, a été brutalement expulsé de la salle d’audience pour cause de défense « trop politique ». Le journaliste, lauréat du Prix mondial de la liberté de la presse de l’Unesco, a lancé aux magistrats : « Vous serez jugés demain à votre tour. Et je vous souhaite un autre tribunal que le vôtre ! »
Et insolent, en plus…
Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.
« Il était triste, penaud, il voulait s'excuser auprès de nous… » De hauts magistrats racontent le coup de fil contrit reçu de Jean-Jacques Urvoas après l'article du « Canard » décrivant la transmission à Thierry Solère d'informations secrètes sur une enquête judiciaire le visant.
La note, d’une page et demie, avait été rédigée par la Direction des affaires criminelles et des grâces, à la demande expresse du ministre de la Justice. Y était relatée l’enquête pour fraude fiscale, trafic d’influence et recel d’abus de biens sociaux… « Si les faits étaient avérés, évidemment, ce serait une affaire très grave en termes d’éthique et de comportement », a prévenu Nicole Belloubet, l’actuelle garde des Sceaux.
La bévue est même pénale, et passible de la Cour de justice de la République (CJR) pour violation du secret professionnel. Saisie par Jean-Claude Marin, le procureur général de la Cour de cassation, la commission des requêtes de la CJR devrait rendre sa décision courant janvier. Merci pour ces étrennes !
Les tuyaux de Beauvau
L’affaire, qui a secoué le monde politique et judiciaire, fournit de solides arguments aux partisans de l’indépendance des procureurs. Elle pourrait même ouvrir la porte à une réforme constitutionnelle, jusqu’ici régulièrement retoquée.
Pourtant, même si la Chancellerie reste bien alimentée par les informations remontant du parquet, elle ne saurait rivaliser avec l’usine à tuyaux que représente la Place Beauvau. A son poste, le ministre de l’Intérieur sait tout — absolument tout — des enquêtes judiciaires. Bien plus que le ministre de la Justice, s’entend. Il a même connaissance de tous les actes programmés par la police judiciaire : perquisitions, gardes à vue, mises sur écoute, entre autres. A bon entendeur…
Chaque jour vers 18 heures, le « dossier ministre », qui contient des « notes d’information » sur les affaires les plus délicates, est déposé sur son bureau. Quand le contenu est particulièrement chaud, le directeur de la police judiciaire et son supérieur, le grand patron du poulailler, viennent de vive voix détailler l’enquête à leur ministre. En dehors des remontées spontanées, le locataire de Beauvau peut réclamer « une note particulière ». « Généralement, c’est urgent, raconte un commissaire. Et on trouve souvent la trace de ce qu’on a écrit quelques jours après dans la presse… »
« Il est illusoire de croire que ces remontées d’infos vont disparaître, fulmine ,un procureur. Si la loi instaurait cette rupture, elles se feraient en douce. A la Justice, où elles sont légales et encadrées, on voit ce qui est arrivé. C’est encore pire à l’Intérieur. »
Dire que Jean-Jacques Urvoas rêvait d’être le premier flic de France…
Intéressant. Évidemment, je ne partage pas l'avis sur "l'encadrement légal ne sert à rien, ça sera détourné, lol" : si elle est bien faite, la loi permettra de poser un cadre et de sanctionner les abus que l'on découvrira.
Dans le Canard enchaîné du 20 décembre 2017.