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  • Spectacles à ne pas rater durant le festival off d'Avignon

    Cette année encore, j'ai assisté au festival off d'Avignon. Comme le temps presse, car ce festival se termine à la fin de cette semaine, voici la liste des spectacles qu'il faut ne pas rater selon moi. L'ordre de ces deux listes est celui dans lequel j'ai assisté aux spectacles. Le lien sur le titre du spectacle conduit à la fiche du spectacle avec toutes les infos (lieu, heure, etc.) sur le site web officiel du festival off. Parfois, je reste très prudent dans ma description afin de ne pas révéler l'intrigue du spectacle. J'ai essayé de ne pas trop donner mon avis, cela viendra plus tard.

    Spectacles qui font réfléchir

    • La philosophie enseignée à ma chouette par la compagnie Un jour j'irai. Initiation et vulgarisation de quelques raisonnements philosophiques (Schopenhauer, Descartes, Épicure, Freud, etc.), avec beaucoup, beaucoup d'humour ;

    • Banque centrale par Franck Chevallay de la compagnie Sol en scène. Initiation et vulgarisation de la création monétaire via le regard d'un fou interné qui conte, à son médecin, la micro-société marchande fondée par les patients au sein de l'établissement ainsi que son désarroi ;

    • 6e Cérémonie des Doigts d'Or - Les Oscars du Capitalisme 2018 par la compagnie Triple A. Vous êtes un hyper riche, un puissant de ce monde et vous êtes là pour célébrer ce qui s'est bien déroulé en 2018 : bénéfices et dividendes records, violences policières pour calmer les jaunes, chômage et précarité en hausse, management brutal, mensonge politicien, etc. Quand le capitalisme est une religion comme une autre ;

    • Soyez vous-même par la compagnie Théâtre du fracas. Un entretien d'embauche pour un poste à la direction de la communication. Une madame parfaite se présente. Toute lisse, sans aspérités. Toute joyeuse. Sans sentiments. Comment l'aider à être elle-même ? Quelles sont ses souffrances ? Quelle est son infirmité honteuse ? Qui est-elle ? Se connaît-elle elle-même ? Il n'est pas facile de laisser tomber les trouzemilles artifices que l'on a mis en place entre soi et son soi profond ;

    • Discours de la servitude volontaire par François Clavier de la compagnie Vue sur la mer. Mise en scène et interprétation de ce texte du 16e siècle d'Etienne de la Boétie qui préfigure l'époque des Lumières (ma fiche de lecture). La liberté est naturelle chez l'humain comme chez les autres animaux. Comment se fait-il, alors, qu'il soit asservi par quelques humains médiocres intellectuellement et en sous-nombre pour mener un combat ? Comment recouvrer notre liberté ?


    Spectacles humour / détente

    • Les entretiens d'embauche par la compagnie Des oh et des bah. Mise en scène de différents entretiens d'embauche. Deux sont clichés, les autres originaux, tous sont drôles ;

    • L'amitié entre les hommes et les femmes n'existe pas par La grosse compagnie. Un amant plaqué au bord du suicide et l'ami de l'ex-femme dans une même pièce. Qu'est-ce qui a conduit à la séparation ? L'ami va-t-il se jeter dans les bras de la belle et illustrer ainsi… que l'amitié entre les hommes et les femmes n'existe pas ? L'intrigue n'est pas aussi cousue de fil blanc qu'il y paraît et la surprise est de taille ;

    • Le Misanthrope par la compagnie Viva. Pièce classique de Molière dont il est bon de se remémorer les différentes morales, surtout quand elle est interprétée avec autant de dynamisme et de justesse ;

    • L'ArnaQueuse par la compagnie Cœur de scène. Une coach de séduction malhonnête, un client naïf et maladroit qui en est amoureux, une arnaque qui tombe à l'eau, une histoire d'amour naissante. Est-ce vraiment de l'amour ? ;

    • Ados.com par la compagnie Crazy et salon Marengo. Un ado moderne (donc ultra-connecté) et un père seul dépassé par les nouveaux modes de vie. Malgré un vocabulaire, des activités et des goûts différents, ils ont les mêmes problématiques à affronter. Le reste est secondaire, mais drôle.
    Tue Jul 23 12:51:14 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?tqKsDw
  • Union européenne : et si l'Allemagne quittait l'euro ? - GuiGui's Show - Antichesse (o ^ω^ o)

    Attention, conclusion hâtives et mauvaise source/méconnaissance du droit monétaire... Je cite :

    Difficile aujourd’hui d’évoquer une sortie de l’euro sans être catalogue extrémiste démagogue ou crétin irresponsable. Même en italie, la coalition populiste violemment anti-euro pendant la campagne s’est empressée d’écarter cette perspective dantesque sitôt arrivée au pouvoir. Un retour à la lire, forcément dévaluée, aurait fait exploser une dette publique libellée en euros qui culmine déjà à plus de 130 % du PIB

    Et bien en fait non pas du tout ! Pourquoi quitter l'euro ne fera-t-il pas grimper la dette italienne à cause d'une lire trop faible ? À cause de la Lex Monetae. En droit international, une créance est toujours établie en nombre d'unités monétaires du pays où le contrat de créance s'exécute. Et s'il y a changement de devises, le taux de change appliqué est toujours de 1 pour 1.

    D'ailleurs, lorsque nous sommes passés du Franc à l'Euro personne n'a souffert du changement de devise ? Les créanciers n'ont pas hurler, mais comment était-ce possible ??? Avec la hausse de l'Euro par rapport au Franc, ces créancier auraient du perdre de l'argent, puisque le Franc s'est déprécié aussitôt que l'état a décrété qu'il allait disparaître !!?

    Indice, les créances ont été converties en Euros et ne sont pas restées libellées en Francs et C'ÉTAIT À CAUSE DE LA LEX MONETAE !

    C'est dur à force de devoir encore et toujours démonter des inepties autour des Brexit like.

    Eh bien, en fait, on ne sait pas vraiment.

    Il semble que l'écrasante majorité (94 %) de la dette publique italienne a été contractée sous le droit italien (même chose pour la France - 97 %). Donc, en vertu du principe lex monetae, l'Italie devrait pouvoir imposer le remboursement de cette majorité de sa dette dans la monnaie de son choix, avec un ratio 1:1 (2 322 milliards d'euros deviennent 2 322 milliards de lires), comme tu l'expliques. Il lui restera à payer le reste de sa dette en euros, en changeant sa monnaie nationale, ce qui implique l'application d'un taux de change et l'application des effets de la dévaluation de la monnaie nationale, soit quelques dizaines de milliards. Ce n'est qu'un mauvais passage afin de réparer une erreur passée, je peux en convenir.

    Sauf que…

    Ce principe juridique (lex monetae) n'a jamais été mis à l'épreuve devant un tribunal italien (ou français) ou européen. C'est ballot. Les partisans de cette approche sont si sûrs d'eux, que, quand on leur expose cela, ils pensent déjà au bras de fer "on dira aux créanciers que c'est soit un remboursement dans notre monnaie nationale, soit on ne paiera pas la dette". Quitte à partir vers un bras de fer, autant ne pas argumenter avec la lex monetae… Et si le principe de lex monetae était validé judiciairement mais que le pays se retrouvait à devoir payer des indemnités de réparation du préjudice subi ? On aura bien appliqué la lex monetae, mais il y aura exigence d'une compensation… Même résultat.

    Si le pays sort de la zone euro, mais pas de l'UE, quelle lex monetae s'applique ? Les créanciers pourront-ils poursuivre la France devant la CJUE ? Incertitudes.

    Exposer que l'on a déjà appliqué la lex monetae lors du passage à l'euro ne me convainc pas : cela a eu lieu dans un contexte légal (des règlements européens ont été édictés et votés pour ce faire), et les créanciers n'étaient pas perdants puisque l'euro était plus fort que le franc, donc ils avaient aucune raison de râler… Quand ils se sentent lésés en pareille matière, ils n'hésitent pas à attaquer, souvenons-nous des fonds d'investissement états-uniens qui ont contesté jusqu'au bout la restructuration de la dette publique de l'Argentine (certes, ils ont dû consentir à une ristourne… ridiculement faible). De plus, les humains sont très forts pour changer l'interprétation d'un texte au fil du temps selon leur bon vouloir (le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État français se sont illustrés à plusieurs reprise en cette matière)…

    On pourrait aussi s'interroger sur la pertinence de ce débat d'applicabilité de la lex monetae dans le contexte de la sortie d'un pays pilier de la zone euro (comme la France, l'Allemagne, etc.)… Disparition de l'euro ? Incertitude ? Déstabilisation durable des marchés financiers. Augmentation du service de la dette dès l'annonce de la sortie du pays et avant la conversion en monnaie locale donc jeu perdu (ce ne fût pas le cas lors du passage à l'euro, comme tu le mentionnes, car le ciel était radieux et les financiers le savaient). Etc.

    Alors, oui, on a le droit d'espérer que les créanciers ne chercheront pas la petite bête et/ou qu'un jugement sera favorable au pays en partance de la zone euro. Oui, d'une manière générale, il vaut mieux essayer que de se laisser faire sans rien dire. Mais, il faut toujours espérer le meilleur et préparer le pire, donc je préfère tenir compte a minima de la lex monetae et ne pas afficher de certitudes convenues.

    Mon Jul 22 22:33:09 2019 - permalink -
    - https://cakeozolives.com/shaarli-antichesse/?3BAh1w
  • Se passer de l'UE pour produire des décisions de justice plus saines et pertinentes ? - GuiGui's Show - Antichesse (o ^ω^ o)

    L'erreur systématique que les européistes commettent en s'attaquant aux eurosceptiques : nous ne disons pas que l'Union Européenne apporte uniquement de mauvaises choses, nous disons que l'Union Européenne apporte plus de mauvaises choses que de bonnes. Elle charrie plus de contraintes qu'elle n'en enlève. Elle oppresse plus qu'elle ne libère. Elle est plus coûteuse qu'elle ne rapporte. Elle est plus dictatoriale que démocratique. Elle est plus lente que rapide.

    Ce n'est pourtant pas bien compliqué à comprendre non ? Apparemment si.

    Pour ma part, ce que je dis, c'est qu'il faut flinguer l'UE sur les bons sujets et avec les bons arguments.

    Quand on m'explique qu'on est trop trop fort en France au point de pouvoir se passer de la CJUE et de la CEDH, je rigole en constatant les faits dans les domaines que je suis. C'est l'objet de mon shaarli, donc je ne me répète pas ici. Je dis rien de plus que ça.

    Quand on m'explique que la PAC, c'est de la merde, je rigole vu les magouilles que ça permet qui profitent à des français. Sous-entendu : d'abord on est propre sur soi, ensuite on critique.

    Quand on m'explique que l'UE coûte plus à la France qu'elle ne lui apporte, je rigole en pensant à la PAC, au FEDER et aux échanges commerciaux intra-communautaires qui bénéficient à la balance commerciale de la France. D'abord on est propre sur soi, ensuite on critique.

    Quand on m'explique que l'UE est dictatoriale car la Commission européenne, l'exécutif de l'UE, dispose d'un énorme pouvoir, je rigole en pensant à la 5e République de la France et au fait que le Parlement européen peut défaire la Commission. Quand on m'explique que c'est trop anti-démocratique que le Conseil européen, le co-législateur, soit composé de l'exécutif des pays membres, je rigole en pensant au Sénat français élu par les exécutifs locaux et le fait que, normalement, l'exécutif national est responsable devant son Parlement (articles 49.1 et 49.2 de la Constipation française). D'abord on est propre sur soi, ensuite on critique.

    Quand on m'explique que les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) verrouillent les politiques nationales, je rigole en pensant que ce sont les chefs d'État des pays membres qui les fixent lors des sommets européens et au sein du Conseil de l'UE. C'est pratique, pour ces politiciens en manque de volonté, de faire porter le chapeau à la méchante UE.

    Etc.

    Mon Jul 22 21:07:50 2019 - permalink -
    - https://cakeozolives.com/shaarli-antichesse/?a8Dfqg
  • Non, ça n'est pas plus facile pour les femmes de coucher que pour les hommes - GuiGui's Show - Antichesse (o ^ω^ o)

    Je vais me faire l'avocate du diable mais une contradiction ressort des écrits me semble-t-il.

    #ModeZététiqueActivé

    Le titre est :

    Non, ça n'est pas plus facile pour les femmes de coucher que pour les hommes

    Or la conclusion de GuiGui est :

    Je trouve cet avis intéressant. Si je résume, les freins à des plans cul à l'initiative des femmes viennent d'une auto-restriction liée à la culture et à leur évaluation négative du plaisir qu'elles en retireront et de l'atteinte à leur image selon la culture en vigueur. Les freins à des plans culs à l'initiative des hommes viennent d'un refus féminin causé par l'évaluation négative féminine sus-citée.

    Donc si les femmes n'ont pas de plans culs c'est parce qu'elles le choisissent, et si les hommes n'ont pas de plan cul c'est parce qu'ils ne peuvent que suivre le choix des femmes qui s’auto-restreignent ?

    En effet, c'est une faute de ma part. J'étais crevé après l'écriture des deux shaarlis précédent qui résument des vidéos de Thinkerview (haha, pauvre chou, va !). Je me souviens d'avoir galéré à écrire cette conclusion sans parvenir à exprimer ce que je voulais vraiment exprimer.

    Donc, d'un côté, le raisonnement que je cite m'a convaincu : si les hommes créent un environnement malsain et des pratiques malsaines, ils ne peuvent pas se plaindre que les femmes ne souhaitent pas évoluer dans cet environnement-là. C'est parfaitement logique et ça se décline bien au-delà des relations sexuelles hommes / femmes.

    D'un autre côté, je me disais qu'il y a aussi une évaluation des risques côté femmes (et côté hommes, mais c'pas le sujet) et qu'elle peut être biaisée. Je pensais au premier point du raisonnement, par exemple, dans lequel l'auteure explique sa peur de se faire violer, tuer, blesser, découper. Les statistiques ne montrent pas cela. L'évaluation du risque est donc faussée.

    Donc l'homme a créé un environnement malsain et la femme l'amplifie. Et, non, je n'écris pas ça pour conclure par un "match nul, balle au centre", car le deuxième point ne contredit pas l'existence d'un environnement pas enviable.


    […]

    Les relations hommes-femmes sont asymétriques depuis que nous nous sommes redressées sur nos deux jambes (nos organes sexuels n'étant plus exposés au regard de tous et "moins facilement atteignables" pour les violeurs).

    Je ne comprends pas ce point-là et il n'est pas expliqué dans le shaarli pointé. Vu que l'homme s'est redressé en même temps que la femme, tous deux ont leur organe sexuel au même niveau. Que ce niveau soit 0, c'est-à-dire le niveau de la terre ferme, ou xxx centimètres au-dessus du niveau de la terre, qu'est-ce que cela change ? Femmes et hommes ont les mêmes capacités de fuite et de poursuite.


    A cet instant nous avons acquis la capacité de sélectionner nos partenaires, et plus notre société se développa et plus notre capacité de les sélectionner s'accrut conséquemment. Ce fût une très bonne chose pour notre espèce, d'autant que, je le rappelle, les hommes sont biologiquement des parasites, et pouvoir choisir son parasite c'est quand même mieux :P #Troll

    Au sens propre, un parasite c'est un organisme qui vit aux dépens d'un autre. Cela dépasse la seule reproduction. Mais ça ne me dérange pas de me faire désigner ainsi : qui ne voudrait pas être un parasite (d'un homme ou d'une femme, peu importe) ? Tous les besoins satisfaits (thune, logement, boisson, bouffe, transport, propreté, stabilité, etc.) par autrui. \o/ On nomme ça un politicien (et dans la bouche d'un politicien, on nomme ça un citoyen). \o/

    Le raisonnement du point 1) du shaarli lié me semble incorrect. L'homme s'en fiche que la femme le trompe, puisque, justement, il a la possibilité d'essaimer à volonté. C'est parce que le point 2) est vrai que le point 1) devient vrai : c'est parce que la femme a tout intérêt à retenir l'homme qu'il a tout intérêt à ne pas se faire tromper.

    Cela peut aussi être vrai si l'on pose l'hypothèse que l'homme sélectionne lui aussi sa partenaire autrement que par un tir à la pigeonne. Pourquoi cette femme m'intéresse-t-elle plus qu'une autre bien que j'ai la possibilité de me reproduire avec un grand nombre d'entre elles dans un court laps de temps ? Tel trait de caractère sera utile à la société, je pense, ou, à défaut, compensera un de mes défauts, ce qui permettra de protéger notre progéniture. Ses réflexes et sa vitesse sont un atout pour protéger notre gamin vu qu'en j'en suis dépourvu. Etc. Je pense qu'être un animal pensant a forcément des effets sur la reproduction.

    Notons que le postulat selon lequel la femme retient son homme car elle risque de devoir élever seule le gamin est soumis à caution, car il dépend de la structure sociale et du nombre de tâches que l'on empaquette dans « élever ». Pour moi, nourrir, loger, blanchir le gamin jusqu'à ses 18 ans à peu à voir avec la biologie. Les femmes pourraient également choisir de subvenir aux besoins primaires du gamin en société (maternité / paternité collective), et non toutes seules. On trouve cela chez des espèces de singe et… dans des communautés humaines. Dans ce contexte-là, elles s'en fichent de retenir le père biologique de leur enfant.

    Mon Jul 22 20:21:43 2019 - permalink -
    - https://cakeozolives.com/shaarli-antichesse/?Pit2EQ
  • Marianne et Thinkerview : illustration de la soumission de la presse par copinage idéologique - GuiGui's Show - Le bazar de mydjey

    Marianne a parlé 2 fois dans l'année de Thinkerview.

    Thinkerview a invité 3 fois Natacha Polony (la première fois travaillait-elle déjà chez Marianne ?).

    Non.


    Peut-être s'aiment-ils bien. Peut-être travailleront-ils un jour ensemble ?

    C'est bien le problème.


    En quoi est-ce un scandale ? Soumission à quoi ? A qui ? Je comprend pas.

    L'article élogieux de Marianne intervient 1) pile quand Thinkerview devient populaire et se fait basher par la presse ; 2) après que Polony, rédactrice en chef de Marianne, se soit fait tancer par Thinkerview au sujet du premier article publié par sa rédaction dont quelques phrases avaient dressées les cheveux sur la tête des gus de Tinkerview. Quand un retournement de veste intervient sur plusieurs années, je suis compréhensif et je crois à la sincérité de la démarche. Quand c'est à quelques mois d'intervalle et dans un tel contexte, je suis très sceptique.

    Pour moi, c'est une soumission au ronron. On ne se tape pas entre nous car on s'connaît / reconnaît. On reconnaît les siens. On a les mêmes idées. Le petit entre-soi. On est potes, quoi. C'est précisément le copinage (entre journalistes de rédactions différentes, mais pas que) que Polony et Thinkerview prétendent avoir en horreur. C'est l'absence de critique des médias telle qu'on la trouve encore un peu dans le Canard enchaîné et sur Arrêt sur image, par exemple.

    Il y a rien de scandaleux en soi, c'est comme quand quelqu'un défend sa bande de potes, ses collègues, sa profession, etc. C'est le ronron. Rien de mal. Mais tu n'es alors plus objectif. Du coup, mon shaarli était pour me noter que je ne dois plus m'attendre à une critique de Thinderview par Marianne et inversement. Et me noter également que Marianne et Thinkerview vont être assez proches sur certains sujets, car ils auront des """"sources"""" communes, car les différentes entrevues semblent montrer qu'ils fréquentent les mêmes cercles de relation. Rien de grave, simplement je me note de ne plus compter sur Thinkerview pour me donner un angle de vue différent de Marianne et inversement sur certains sujets (souveraineté, finance, journalisme).

    Mon Jul 22 18:27:44 2019 - permalink -
    - https://shaarli.mydjey.eu/?wTKkNQ
  • Replay L'Heure D - Dans la tête d'un zèbre - France 3

    Témoignages de personnes zèbres / surdouées / multipotentielles / hypersensibles / émotives.

    Quelques-uns des comportements typiques d'un zèbre énoncés par les différents intervenants :

    • Résoudre un problème par intuition. Connaître la réponse sans être capable d'énoncer le raisonnement. Cela pose problème pour travailler en équipe ;

    • Réflexion en tâche de fond. La solution à un problème mûri en tâche de fond et, quand la personne en aura besoin, ce sera quasiment prêt ;

    • Nécessité de faire le vide deux heures par jour avant de pouvoir s'endormir afin que la profusion d'idées cesse ;

    • Tout est intense, tout doit être intense. Le bruit, le silence, le mouvement, la rencontre, etc. ;

    • Provoquer et être insolent. Cela provient de la pression intérieure (toutes les choses qu'on voudrait exprimer) qui n'arrive pas à être exprimée (soit parce que le zébre ne sait pas exprimer ces choses-là, soit parce que la société le lui interdit) ;

    • Besoin de faire quelque chose en permanence. À l'école, durant les cours, ça se traduit par des bricolages avec du ruban adhésif, de la colle, des stylos, brasser ses mains, etc. ;

    • Difficulté à être soi dans un rapport avec les autres ;

    • L'émotivité prend du temps à être gérée et quand ça explose, c'est intense ;

    • Le zèbre aimerait sauver sa famille voire le monde. Son impuissance à faire cela le rend triste et confus ;

    • Sentiment de se sentir seul, que personne ne le comprend vraiment ;

    • L'espace de travail est constamment saturé par les émotions, les doutes, les questions ;

    • Crainte de la solitude, plus précisément du point de rupture, quand il ne voudra plus faire l'effort d'aller vers l'autre ;

    • Le sport, comme la natation, permet de faire le vide, de se concentrer sur le corps et ses interactions avec l'environnement. Cela apaise le zèbre.
    Mon Jul 22 17:55:53 2019 - permalink -
    - https://www.france.tv/france-3/l-heure-d/1019947-dans-la-tete-d-un-zebre.html
  • Replay L'Heure D - Mon enfant, cet étranger - France 3

    Témoignages de parents d'enfants tyrans dans le cadre du groupe de parole au centre hospitalier universitaire de Montpellier.

    Je suis surpris de l'âge de certains enfants : 7 ans, 12 ans. :O
    t qu'elle vit ton enfa
    Je suis également surpris des propos de certaines mères, comme « Il m'a tout pris… mon ventre, ma maison, mes objets (qu'il casse ou qu'il vole)… ». On dirait qu'elle vit son enfant comme une invasion. Le désirait-elle ?

    On constate qu'il n'y a pas de cause clairement identifiée (un trauma ? couple monoparental ?), ni de solution clé en main, et surtout pas la classique "lui mettre une bonne branlée" qui aura pour effet d'augmenter le niveau de violence dans le cercle vicieux.

    On constate que les pères sont les grands absents de ce groupe de parole.

    Une famille d'accueil permet de casser le cycle de la violence car ça retire les affects. C'est parce que le gosse aime ses parents sans savoir énoncer ce qu'il leur reproche qu'il les défie, sinon le combat aurait aucun intérêt.

    Montrer, en direct, la violence à un tiers externe à la famille et obtenir son avis devant l'enfant permet parfois à celui-ci de réaliser la violence de ses gestes. Une mère témoigne que son fils ne voyait rien de violent dans la destruction massive des biens de ses parents jusqu'à ce qu'un flic lui en fasse la remarque.

    Mon Jul 22 16:45:54 2019 - permalink -
    - https://www.france.tv/france-3/l-heure-d/1019963-mon-enfant-cet-etranger.html
  • 😂 Rupture du frein #20312 - DTC Dans Ton Chat - BashFR - Humour perles citations

    <Rem : Et du coup, t'as mis quoi pour l'assurance ?
    <Le_Bouquetin_Roux : "Le terrible accident dont vous m'accusez d'être à l'origine n'est pas le fruit d'un manque d'attention de ma part, mais bel et bien la résultante d'une installation du mobilier urbain plus que douteuse. En effet, peu avant ledit incident, mon regard a accroché par inadvertance une publicité affichée sur un abri-bus et représentant une femme en lingerie, jetant au tout venant un regard aguicheur. L'accident subséquent survint pour l'unique raison qu'une érection massive m'a privée, pendant quelques secondes, de l'afflux de sang nécessaire à mon cerveau pour réagir à une situation de freinage d'urgence."
    <Rem : Nickel.

    Hahaha :DDDD Si seulement ça avait la moindre chance de dépolluer nos villes de tous ces panneaux à publicité…

    Mon Jul 22 16:26:57 2019 - permalink -
    - https://danstonchat.com/20312.html
  • Envoyez la censure

    Excellent papier qui résume tous les problèmes de la loi pour une prétendue lutte contre la haine sur Internet actuellement débattue au Parlement (le Sénat se prononcera à la rentrée). Justice privatisée qui devra affirmer sans nuance ce qui est bien ou mal. Simulacre de justice confiée à des travailleurs à la tâche précarisés et démunis de protection sociale. Sanction a priori, alors que le citoyen a encore rien fait, donc déresponsabilisation du citoyen. Aucune prise de risque de la part des sociétés privées (car c'est contraire au profit) donc étouffement de la liberté d'expression. Quid de l'expression floue (détestation, aversion, recherche d'une vérité pas encore établie, idées alternatives comme le fut le protestantisme, apologie) ?

    Que ceux qui sont pour la haine sur Internet lèvent la main ! La proposition de loi de la députée LRM Laetitia Avia ne peut faire que l’unanimité. Lutter contre la cyber-haine, le racisme, l’anti-sémitisme, le sexisme, l’homophobie, l’apologie du terrorisme, bref, adopter une position ferme pour le bien contre le mal ne risque pas de soulever une levée de boucliers. Et pourtant ! Ce texte, que Macron lui-même appelait de ses vœux, constitue une effarante régression du droit de la presse et de la communication, et tourne le dos à près d’un siècle et demi de tradition juridique et politique.

    Le constat s’impose à tous : Internet, ou plus exactement les réseaux dits « sociaux », charie des monceaux d’ordures, et les pouvoirs publics se montrent incapables d’endiguer le flot immonde. La justice, quand elle est saisie, n’en peut mais : elle apporte une réponse deux ans après. Le temps pour le message litigieux de faire cent fois le tour de la terre et de se dupliquer à l’infini. D’où l’idée géniale, bien dans l’air ambiant libéral, de confier au privé, et plus précisément aux grands opérateurs de la Toile, le soin de s’autoréguler. Ils ont déjà les centaines de milliards, bientôt leur monnaie, demain leur justice. La loi leur imposera de retirer, sous 24 heures, tout message au contenu « manifestement » illicite. Et ce sous peine d’amendes potentiellement colossales.

    Tous les lieux où les humains se réunissent et tous les supports sur lesquels il est possible d'écrire ont toujours charrié des propos orduriers. Le bar populaire du 20e siècle était de ceux-là. Le web, par éclatement des bulles relationnelles, rend cela visible aux élites alors que le bar était fréquenté par des habitués dont ils ne faisaient pas partie. Le bureau du 21e siècle charrie du harcèlement moral et de la prose fleurie. Internet charrie plus loin et plus longtemps ? On reparle de l'antisémitisme du 19e et du 20e siècles ? C'était dans toute l'Europe, durant des décennies !


    Que va-t-il se passer ? Les grands réseaux ne sont pas exactement des philanthropes. La logique économique commande d’éviter les ennuis, les procès, les amendes. Et donc d’écarter préventivement les messages possiblement litigieux. Principe de précaution, en quelque sorte… Il se trouve que les informaticiens savent très bien installer des filtres sophistiqués qui font le travail automatiquement, grâce à des « algorithmes », nouvelles divinités du Net. Exit les messages « de haine ». Mais quid des messages de détestation ? d’aversion ? de polémique ? Le résultat, inévitable, sera le nivellement, le rabotage, le rabaissement au plus petit dénominateur. C’est déjà ce que l’on observe en Allemagne, où une loi a été adoptée en 2017, qui a largement inspiré le texte français.

    Haha, le mythe de la recherche des propos litigieux par des logiciels informatiques. Il est vrai… en partie. Mais les logiciels de censure, comme ceux de reconnaissance vocale, seront assistés par des travailleurs du Sud, précaires, sous-payés, démunis de protection sociale. C'est cela, que cette future loi encourage !


    Revoilà la censure, revoilà Anastasie, vêtue des habits neufs de la high-tech. Et qui tiendra les ciseaux ? Les géants du Net, chargés de dire le bien et le mal, le vrai et le faux, le licite et l’illicite. Depuis cent trente-huit ans, la grande loi de 1881 nous protégeait de ce délire. En posant deux principes intangibles. Primo, personne, aucune autorité — et aujourd’hui aucun algorithme — ne peut s’opposer à la publication des pires insanités. La répression s’exerce après publication, pas avant.

    La Cour européenne des droits de l’homme répète d’ailleurs que la liberté d’expression implique le droit de publier des opinions « choquantes ». Et, en cas d’abus, l’ auteur doit en répondre, c’est le second principe, devant le juge.

    Système inadapté aux temps modernes, à la rapidité d’Internet et à l’anonymat des diffuseurs de « haine », objectent les partisans de la réforme. Pourquoi donc les cadors de l’informatique, capables de concocter les plus savants algorithmes, seraient-ils incapables d’assurer la traçabilité des messages litigieux ? La loi de 1881 prévoit une chaîne de responsabilité, de l’éditeur à l’auteur, jusqu’au vendeur, en passant par l’imprimeur. Selon le même principe, les réseaux sociaux pourraient échapper à leur responsabilité en livrant l’identité de l’émetteur d’un message insupportable. Lequel auteur pourrait alors être poursuivi et condamné.

    L'inadaptation aux temps modernes est une farce… Quid de l'imprimerie en plomb qui, par sa vitesse de copie des livres, permet à plus de monde de lire et d'écrire des insanités comme la prose des protestants (elle était considérée comme cela par l'église catholique) ?! La loi de 1881 découla du nouvel axiome posé par l'imprimerie à plomb : tout le monde peut s'exprimer. On avait pris conscience que tout le monde pouvait écrire, un peu moins se faire publier et être commercialisé.

    La traçabilité de la majorité des auteurs est possible, oui. Pour la minorité, elle a toujours existé, même du temps du privilège royal d'impression. Une minorité fraude le fisc. Une minorité tue. Une minorité viole. Une minorité…

    Attention cependant à ce que nous nommons identité : s'il s'agit de l'adresse IP, à laquelle le fournisseur d'accès à Internet (Orange, Free, SFR, etc.) saura associer une identité d'état civil, on est bon. Si l'on entend que les sites web (comme Facebook, Twitter, Google, etc.) devraient disposer de l'identité d'état civil de leurs utilisateurs, on fait fausse route, car ce serait, là encore, accorder un pouvoir régalien à des sociétés privées (comme la création monétaire par les banques privées, et l'on voit ce que ça donne : un amas de dettes bidonnées prétendument impossible à purger).


    Oui, mais dans des années. Au regard de ces nouveaux enjeux, le budget nécessaire pour obtenir une réponse pénale rapide est dérisoire. Le pouvoir politique, qui s’apprête à déposséder la justice de sa responsabilité, ne lui a jamais donné les troupes et les moyens de remplir sa mission. On affame la bête avant de la déclarer trop maigre pour le service.

    Et c'est pourquoi cette future loi de lutte contre la haine sur Internet est une mauvaise solution à un vrai problème : le cadre légal existe, mais il n'y a prétendument pas les sous pour le faire appliquer, alors on a choisi une solution au rabais pondue par des sociétés privées, sans vouloir admettre que l'on leur octroie des pouvoirs de Justice.


    Exit le juge, au revoir la liberté, bienvenue dans le monde merveilleux policé par les géants du Net et leur discours bien net.

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 15:00:17 2019 - permalink -
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  • 1,4 milliard de Chinois tenus à l’œil

    La Chine est désormais le paradis de la reconnaissance faciale. Elle permet de payer ses courses en montrant sa bobine à un écran au supermarché à Shanghai, elle remplace les tickets de métro à Jinan, elle fait le tri des élèves à l’entrée des écoles à Shenzhen, elle autorise le passage de la douane à Hongkong et flique les citoyens qui traversent quand le feu est vert en affichant leur visage sur des écrans géants à Ningbo…

    Elle équipe les flics de lunettes pour mieux confondre les contrevenants à Zhengzhou. Les caméras permettent ainsi de retrouver, à un poste autoroutier ou dans la foule d’un concert à Canton, les auteurs de crimes ayant changé de province et d’identité. La reconnaissance faciale permet aussi de surveiller les citoyens qui prennent trop de papier-toilette, qui reçoivent des étrangers chez eux, qui font trop souvent le plein d’essence… Et de tenir sous une surveillance millimètrée la province du Xinjiang et sa communauté musulmane ouïghoure.

    Ne disposant que de 200 millions de caméras pour mater sa population, le gouvernement chinois souhaite en implanter 400 millions de plus… afin de mettre en place le contrôle social à points, qui permettra de priver de voyage et de boulot les individus n’ayant pas un score de conformité suffisant. Mieux que l’œil du Grand Timonier pour que la Chine poursuive sa Longue Marche : l’œil électronique, réputé ne jamais se tromper ni se fatiguer !

    Le « crédit social » chinois , c'est l'analyse des habitudes d’achat et de consommation, l'analyse de la promptitude à régler ses factures, l'analyse des relations d’amitié (exemple : les personnes téléphonant à de mauvais payeurs tombent immédiatement sur un message les informant que leur interlocuteur est sur liste noire). C'est aussi un classement des comportements des citoyens en fonction d’une batterie de critères, récoltés via le big data, pour en déduire une note en fonction de laquelle on se voit attribuer des droits… ou en perdre (avoir un accès prioritaire à l’hôpital ou une réduction sur sa carte de transports publics, interdiction des voyages en avion ou en train, etc.). Notons que les USA font quelque chose de similaire afin évaluer la solvabilité des emprunteurs : des sociétés commerciales comme Acxiom, Equifax, Epsilon, Experian, etc. collectent des données intimes afin de permettre de noter les demandeurs de crédits.

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 14:19:35 2019 - permalink -
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  • Urne drôle d'idée

    Le gouvernement de coalition de Nouvelle-Zélande a donné son feu vert à une modification de la loi électorale pour les législatives prévues en 2020 (« Courrier internationale », 4/7). Celle-ci prévoit l'« installation d'urnes électorales à l'intérieur des supermarchés et des centres commerciaux afin qu'il soit plus facile de voter ». La mesure permettrait, selon le ministre de la Justice, d'« insérer plus facilement le vote dans l'emploi du temps chargé des électeurs ».

    On pourra voter avec son ticket de caisse ?

    Je ne sais pas trop quoi penser de cela : que le vote se déroule dans les lieux de vie de la cité (là où les gens se retrouvent pour vivre ensemble), je trouve ça normal. Je déplore que les lieux de consommation de masse soient devenus les quasi uniques lieux de vie de la cité… Qu'il ait lieu dans un temple de la consommation ou dans un bâtiment public, je doute de la qualité d'un vote émanant d'électeurs pressés, car cela signifie qu'ils voteront à l'aveugle, au gré de leur passion et du cirque médiatique. Au final, cette décision est représentative des temps modernes : le politique (décider ensemble des règles communes) recule devant le commerce, le vote devient une anecdote dans la journée d'un consommateur.

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 13:58:32 2019 - permalink -
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  • Finale France-Allemagne à Bruxelles

    En apparence, la nomination d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne (lire également p. 7) et de Christine Lagarde a la présidence de la BCE sonne le retour de la belle entente franco-allemande. Mais, dans les couloirs feutrés de Bruxelles, la bataille entre les deux pays continue de faire rage…

    Emmanuel Macron aimerait rendre à la France l’influence perdue lors de la précédente décade. Après tout, les chrétiens-démocrates allemands n’ont remporté que 29 sièges là où le parti d’Emmanuel Macron en compte 21. Pas si loin…

    Chaises musicales

    Après la BCE, le Président veut décrocher une autre timbale : « un commissaire chargé soit des services financiers, soit de l’agriculture », détaille l’un de ses proches. Il vise aussi le nerf de la guerre les 31 grandes directions de la Commission européenne. Avec cinq d’entre elles, la France menait aux points. Mais l’Allemagne, qui n’en détenait que trois, contrôlait les deux plus puissantes : la Concurrence et le Commerce.

    Johannes Laitenberger, responsable de la première, ayant été nommé juge à la Cour de justice de l’Union européenne, la France a exigé de récupérer cette direction de la Concurrence. En septembre, c’est donc Olivier Guersent — actuel patron de la direction des Services financiers — qui régnera sur les fusions en Europe. Une Allemande (Sabine Weyand, adjointe de Michel Barnier sur le Brexit) a obtenu la direction du Commerce. On n’est pas loin de l’échange des espions sur le pont de Glienicke ! Autre pièce maîtresse de l’échiquier bruxellois : le poste de secrétaire général, véritable numéro deux de la Commission. Actuellement occupé par l’Allemand Martin Selmayr, « il doit logiquement revenir à un Français », estime un habitué du Château.

    Martin Selmayr a démissionné. On ne connaît pas encore le nom du remplaçant.


    La présence française auprès des 28 commissaires (un par pays) est également jugée « insuffisante ». Les chefs de cabinet et leurs adjoints ont en effet le pouvoir de peser sur les textes — y compris hors de leur champ de compétences. L’Allemagne dispose de quatre chefs de cabinet et de cinq adjoints ; la France d’un seul chef de cabinet et de deux adjoints.

    L’écart, en vérité, est plus abyssal encore. Car les Allemands dirigent le secrétariat général du Parlement européen, la Cour des comptes européenne, le Conseil de résolution unique (qui gère les crises), la Banque européenne d’investissement et le Mécanisme européen de stabilité !

    Qui gagne toujours, à la fin ?

    Donc Macron compte sur l'indépendance d'esprit vis-à-vis de Merkel de la francophile von der Leyen en soutenant qu'elle a jamais été partisane et elle a su impose rdes choix en Allemagne. De même, il compte sur Lagarde pour éviter les passages en force en matière financière. Lolilol. Nous verrons bien ce qu'il en est. Je suis dubitatif. Par exemple, Lagarde ne pourra pas conduire une politique inflationnaire avec une Allemagne qui vise plutôt la déflation, car le poste ne fait pas le pouvoir.

    Le belge Charles Michel, auquel Macron prête les mêmes idées politiques qu'En Marche !, a été nommé président du Conseil européen.

    Au Parlement européen, aucun français n'a obtenu un poste de (vice-)président. Aucun français est à la tête d'un groupe politique.

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 13:46:28 2019 - permalink -
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  • La France, ce pays développé dans lequel on manque de médocs et de manuels scolaires…

    À la lecture croisée de ses deux articles de journaux, je ne peux m'empêcher de me demander : c'est quand que nous arrêtons d'être cons ? Oui, nous-tous, là, chacun d'entre nous, c'est quand que nous arrêtons d'être cons ?


    La pénurie de médocs

    Au secours ! En 2018, plus de 600 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock, contre 44 en 2008. Et l’armoire à pharmacie ne s’est pas regarnie depuis. Le 8 juillet, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a pondu un plan pour lutter contre les pénuries et faire pression sur les labos. Seul hic, « il manque encore les sanctions. Or, sans sanctions, on reste au niveau de l’incantation », déplore Gérard Raymond, le président de France Assos Santé, qui représente les patients.

    Les industriels, eux, produisent de plus en plus à flux tendu, sans se soucier des stocks — sauf quand les médocs sont très chers et très rentables… Et tant pis pour les patients qui ne trouvent plus de cortisone, d’anti-infectieux ou même d’anticancéreux ! Exemple : l’Immucyst, un médicament contre le cancer de la vessie, est en rupture chronique. Il existe bien un médoc alternatif, mais « avec une moins bonne tolérance, ayant entraîné l’arrêt du traitement chez certains patients, d’où une vraie perte de chances », explique dans « Le Monde » (7/7) le pharmacologue Alain Astier.

    Le plan de Buzyn présente tout de même une nouveauté, préconisée par un rapport sénatorial de septembre 2018 : mettre en place une « solution publique » afin de garantir l’approvisionnement. L’Assurance-maladie, Santé publique France ou le Service de santé des armées pourraient ainsi constituer leurs propres stocks en important des médocs et les distribuer en cas de pénurie.

    Tu veux dire que c'est encore le public, donc le contribuable, qui va réparer la merde du privé ? Je croyais que Saint-Marché organisait tout bien l'économie sans intervention humaine ?! :O


    Pilule amère

    C’est la guerre ! Enfin, pas tout à fait : pour l’heure, cette insolente proposition n’en est qu’au stade de l’« expertise », le temps, précise la feuille de route du ministère, que soit étudiée « sa faisabilité ». Le gouvernement ne va pas jusqu’à suggérer de nationaliser la production de médicaments vitaux. De peur de passer pour communiste ? Les Etats-Unis de Trump en prennent pourtant le chemin.

    En 2018, plus de 800 hostos américains se sont regroupés pour créer une entreprise pharmaceutique… d’intérêt public. Cette société à but non lucratif, baptisée Civica RX, entend « réduire les pénuries chroniques de médicaments qui ont provoqué une crise nationale et ont eu un impact négatif sur la vie des patients depuis plus d’une décennie », explique son site Internet. L’organisation prévoit de commencer par la fabrication de 14 médocs « à prix abordable ». Une idée de malade !

    Il y a rien d'intérêt public là-dedans : tout cela sera in fine facturé au patient. Cela va accroître les inégalités : t'es riche ? On va te soigner, avec médocs sur commande. T'es pauvre ? Adieu. Je ne vois pas de quoi me réjouir.


    Chahut-bahut régional

    Certains lycéens sont plus égaux que d’autres… A la rentrée 2019, les subventions versées par les régions pour les manuels scolaires s’échelonnent de 200 euros par élève (Ile-de-France, Nouvelle- Aquitaine) à… 20 euros (Bretagne, Bourgogne). Depuis la loi Peillon de 2013, chaque région choisit librement le montant de ces aides. Et, lorsqu’il s’agit d’acheter huit nouveaux manuels pour les classes de seconde, et encore huit pour celles de première — du fait des nouveaux programmes —, les inégalités territoriales s’accentuent… « L’Etat nous fait payer une réforme qui nous échappe et qui coûte super cher ! peste Hervé Morin, le président de l’association Régions de France. Alors chaque région se débrouille comme elle peut… »

    En Bretagne, où la subvention pour un lycéen est passée de 33 euros à 20 euros, c’est la dèche : au lycée Jean-Guéhenno (Fougères), pour les élèves de première, ce sera un manuel par classe, soit 5 manuels pour 150 élèves. Au lycée Chateaubriand (Rennes) on recommande carrément les photocopies pour l’histoire-géo en seconde et en première. Quant au lycée Tristan-Corbière (Morlaix), il a trouvé la solution pour la seconde pro : zéro manuel !

    Vivement la rentrée…

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 13:35:39 2019 - permalink -
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  • Raclage des fonds secrets

    Historique des fonds secrets de l'Élysée et de Matignon, des millions de francs en espèces et en bons du trésor en libre service pour le Président et le Premier ministre. Ils s'arrondissaient les fins de mois comme ils pouvaient, les pauvres chous.

    Entre 1958 et 2001 — année officielle de leur suppression sous le gouvernement de Lionel Jospin —, les fonds secrets ont été utilisés à des fins plus ou moins avouables par tous les présidents de la République et les Premiers ministres.

    Tous, à une exception près, ont quitté le pouvoir après avoir vidé les coffres de l’Elysée et de Matignon. Ils n’ont fait que suivre l’exemple du général de Gaulle. Dans les Mémoires de son bras droit, Jacques Foccart, on découvre que le Général signait lui-même les ordres de virement des fonds à la disposition de l’Elysée. En 1969, il n’avait abandonné à Alain Poher, son successeur par intérim, que quelques trombones.

    Filets en lambeaux

    En mai 1981, le directeur de cabinet de François Mitterrand ne retrouva dans les armoires blindées de la Présidence qu’« un coin déchiré de billet de 500 francs ». Quelques jours plus tôt, un Premier ministre nommé Raymond Barre avait envoyé des collaborateurs retirer en liquide — à la paierie générale du Trésor — 10,5 millions de francs, en liasses, à l’effigie de Pascal : soit le solde prorata temporis des crédits alloués pour le reste de l’année 1981.

    A ce jour, Mitterrand est le seul chef de l’Etat qui, en quittant le pouvoir, a rendu le magot. André Rousselet, son ancien directeur de cabinet, Pierre Chassigneux, qui lui succéda, et Michel Charasse ont en effet remis en échange d’un reçu signé par le directeur de cabinet du nouveau président Chirac, Bertrand Landrieu, la somme de 40 millions de francs — soit 8,2 millions d’euros actuels — à Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l’Elysée. Il s’agissait du solde, en liquide et en bons anonymes du Trésor, des fonds spéciaux restés inutilisés après quatorze années de présidence.

    Ils utilisaient des espèces et des bons ! Tout ça est anonyme ! TERRORISTES ! MAGOUILLEURS ! Ha, non, pardon, ils étaient la prétendue élite de la Nation, ce raisonnement simpliste ne s'appliquent pas à eux.

    C'est mignon de faire l'éloge de Tonton, mais bon, 40 millions de francs pour 14 ans de trône, c'est très très peu… Si une année c'est environ 10 millions de francs comme mentionné ci-dessus, ça fait 4 ans de réserve sur 14 ans, soit environ 1/3.


    Faut-il préciser que, jusqu’en 2001, à notre connaissance, aucun Premier ministre de droite ou de gauche n’a jamais remis au Trésor public les fonds secrets non utilisés sous son règne ? Détail amusant : à l’occasion d’un procès commercial, Michel Rocard avait dû reconnaître qu’en quittant Matignon il avait fait fabriquer une bibliothèque en chêne pour son domicile privé grâce à une liasse venue des fonds en question. C’était encore le bon temps.

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 13:17:03 2019 - permalink -
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  • La coopération militaire Paris-Berlin est hors de prix

    Projets militaires franco-allemands : un nouvel avion de combat, un nouveau char, un nouvel avion de patrouille maritime et un nouveau drone. Et comme la R&D de tout ça coûte un max (25 milliards juste pour l'avion de combat), il va falloir que d'autres pays européens contribuent au financement.

    La facture de l’avion de combat franco-allemand des années 2030 sera très salée. Avant même d’en produire les premiers exemplaires, il faudra investir 25 milliards d’euros pour les études, les recherches nécessaires et la mise au point des prototypes. C’est Christian Cambon, le président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, qui a lâché ce chiffre dérangeant pour le lobby militaro-industriel, lequel, bien sûr, n’en a que faire.

    Quel est le problème ? La réforme des retraites va permettre à l'État de siphonner 138 milliards d'euros d'un seul coup dans les réserves du régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco (salariés du privé, dont les cadres). L'accord de 2017 entre l'État et les caisses Agirc-Arrco permettra d'économiser 180 millions d'euros par an en ponctionnant 10 % d'une retraite pendant 3 ans sauf pour les salariés qui cotiseront un an de plus (63 ans) que l'âge légal (62 ans).


    « Compte tenu de l’état de nos finances publiques, écrit ce sénateur républicain dans un rapport daté du 26 juin, inutile de dire que nous ne sommes pas en mesure de financer seuls un tel projet. » Conclusion : il faudrait que plusieurs pays amis s’y intéressent, acceptent la conception franco-allemande de cet avion de combat destiné à remplacer le Rafale ainsi que le Typhoon et crachent au bassinet. Ce n’est donc pas dans la poche.

    Trois autres projets franco-allemands sont pris pour cible par Christian Cambon : le char de combat du futur, qui devrait remplacer le Leclerc (français) et le Leopard (allemand), un nouvel avion de patrouille maritime et un drone capable de voler à 500 km/h, jusqu’à une altitude de 14 000 mètres. A propos de cette « belle bête », comme on dit àla Direction générale de l’armement, Christian Cambon écrit : « La France dénonce un problème d’obésité [dont la responsabilité incombe aux Allemands]. Avec deux moteurs et un poids de 11 tonnes, ce drone sera trop lourd, trop cher et donc difficile à exporter. »

    Mieux, à en croire ce sénateur méfiant, les Allemands ne respectent pas le 50/50, c’est-à-dire une répartition équitable, sur le plan industriel, des responsabilités incombant à l’Allemagne et à la France. Motif : Berlin veut profiter de cette coopération pour renforcer le poids et le rôle de l’industrie militaire allemande.

    Reproche supplémentaire adressé à nos chers voisins : « Les exportations d’armement constituent la partie irritante de notre coopération. Les Allemands, pour des raisons politiques et de concurrence mondiale, et avec une bonne dose d’hypocrisie (…), bloquent actuellement certaines ventes d’armements français », proteste Christian Cambon. Exemples : la France ne peut livrer des radars aux Emirats arabes unis (parce qu’ils contiennent une pièce fabriquée en Allemagne), et il en va de même pour deux corvettes lance-missiles et lance-torpilles, équipées de moteurs Diesel allemands.

    Tient, il n'y a pas que les USA qui pratiquent l'impérialisme…

    Trump vient de signer des contrats d'armement avec Abou Dabi, membre de la fédération des Émirats Arabes Unis.


    A la différence d’Emmanuel Macron, qui a béni ces deux contrats, notamment lors de sa visite présidentielle à Abu Dhabi, en 2017, le gouvernement allemand ne veut plus livrer d’armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats, qui mènent une sale guerre au Yémen et sont sous embargo depuis l’an dernier.

    Le président Macron, lui, n’a pas décrété d’embargo. Il a la bosse du commerce, et c’est elle seule qui le guide…

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 13:04:04 2019 - permalink -
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  • Ce procureur qui repeint l'Elysée en rose

    Affaire Benalla : le directeur de cabinet de Macron ment sous serment, mais le procureur de Paris, nommé au forceps par Macron, classe sans suite les signalements du Sénat…

    Admirable Rémy Heitz !

    Le procureur de Paris vient de classer sans suite le « signalement » du Sénat, qui dénonçait plusieurs faux témoignages devant sa commission d’enquête sur l’affaire Benalla. Principal témoin entendu sous serment, Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, bénéficie de l’indulgence du magistrat. Car, s’il « a pu effectuer une description incomplète des attributions de M. Benalla », il s’est racheté en transmettant — spontanément, bien sûr — une note de service évoquée par « Libération » (27/6), qui « décrivait toutes les missions » du costaud de la Contrescarpe à l’Elysée. Les extraits de cette note, que « Le Canard » s’est procurée, montrent que Benalla devait assurer la « coordination des services en charge de la sécurité du président de la République ». Soit l’exact contraire des affirmations de Strzoda, qui a donc menti sous serment. Les fonctions de Benalla étaient classées « A », ce qui signifie qu’il avait sous ses ordres une tripotée de galonnés de la police et de la gendarmerie.

    Utile Kohler ?

    Le très pudique procureur n’a sans doute pas osé lire les courriers échangés entre le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, et Philippe Bas, le président de la commission sénatoriale. Sans quoi il n’aurait évidemment pas fait preuve d’une telle indulgence.

    Le 26 juillet 2018, soit le lendemain de l’audition de Strzoda, le président de la commission et ses deux rapporteurs réclament (par écrit) à Kohler huit documents consacrés aux fonctions réelles du Monsieur Muscles de l’Elysée. Le 19 septembre, Kohler en fait livrer six mais conserve au secret les deux principaux. Il assume : « Le strict respect du principe de la séparation des pouvoirs ne me permet pas de joindre les “notes de service portant fiche de poste”. »

    Les sénateurs répliquent en saisissant la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada). Informé, le Château capitule. Le 10 octobre, Kohler fournit la note de service demandée, tout en insistant sur le fait qu’il n’obtempère que « dans un souci de bonne administration visant à prévenir la multiplication de procédures inutiles, telle qu’une éventuelle saisine de la Cada ».

    Deux mois et demi de bagarres entre l’Elysée et le Sénat auront donc été nécessaires. Pas vraiment l’ambiance de Bisounours suggérée par le proc Heitz.

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 12:40:40 2019 - permalink -
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  • Des avocats d‘origine douteuse chez Biocoop : c‘est pas bio, les cachetteries !

    Des producteurs qui refourguent à un grossiste des avocats d'Amérique du Sud probablement pas bio comme étant des avocats d'Espagne bio, Biocoop décide de demander à son grossiste défaillant d'exclure des producteurs de ses livraisons tout en reconnaissant que la parlotte n'a pas fait avancer les choses dans le passé, Biocoop ne communique pas sur le sujet auprès de ses clients, Biocoop (centrale d'achat + magasin) se fait une marge de 55 à 66 % sur les fruits et légumes, la rémunération de l'ancien patron dépassait l'écart maximal autorisé mentionné dans le cahier des charges de Biocoop, l'ancien patron démissionne et reçoit un parachute doré équivalent à 18 mois de salaire… C'est joli, Biocoop…

    Un document confidentiel du groupe révèle des “tromperies” et suggère de ne (presque) rien changer.

    Etat dramatique de la filière Espagne sur la filière avocats. Complicité tacite des intermédiaires et des distributeurs en général. » Ce constat alarmiste est issu… d’un document confidentiel émis par la direction générale de Biocoop. Il a été détaillé devant le conseil d’administration du groupe le 28 juin 2018, au siège de la coopérative {dans le XVIe arrondissement parisien).

    A sa lecture, ce jour-là, les administrateurs du premier réseau de magasins bio de France (590 boutiques, pour 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires) suent à grosses gouttes. Ils ont un méchant doute sur leurs avocats bio importés d’Espagne : une partie d’entre eux viendraient en fait d’Amérique du Sud, ce qui la fiche mal pour l’empreinte carbone. Et, surtout, leur qualité bio est fortement sujette à caution !

    La peau dure

    Pour sortir de cet « état dramatique » et traiter le problème, trois scénarios sont proposés aux administrateurs. Le premier n’est pas piqué des hannetons : « On ne change rien, on considère que nos contrats sont conformes, et les tromperies à la production sont hors de notre responsabilité et de notre contrôle. » Suit en rouge la mention « risque médiatique ». Au cas où un Palmipède fourrerait son bec dans le document ?

    Deuxième suggestion : « création de notre propre station de conditionnement en partenariat avec un local ». En clair, l’idée est de monter une structure d’approvisionnement pour acheter directement les avocats aux producteurs espagnols — et s’assurer cette fois, de leur qualité bio —, sans passer par des grossistes. La troisième proposition, elle, est formulée ainsi : « rapprochement de nos distributeurs pour mettre les points sur les “i”, exiger une totale transparence et une traçabilité efficiente ». Bravo, mais il y a un (gros) bémol, indiqué en rouge lui aussi : « déjà demandé à maintes reprises sans retour satisfaisant ». C’est pourtant cette solution hasardeuse qui a été choisie à la place de l’ouverture, plus coûteuse, d’une station de conditionnement en Espagne visant à limiter le nombre d’intermédiaires…

    Chez Biocoop, le rayon primeur représente beaucoup d’oseille : 20 % du chiffre d’affaires et des bénéfs replets, notamment sur l’avocat. Comme le montrent des documents internes, Biocoop SA s’octroie jusqu’à 30 % de marge brute lors de la revente des fruits et légumes aux magasins de la chaîne. Lesquels peuvent ensuite marger 25 % quand les produits sont achetés localement et 36 % quand ils sont importés. Les boutiques arrondissent encore leur profit quand elles ne répercutent pas les remises — jusqu’à 6,5 % — consenties par Biocoop SA aux magasins, en fonction de leur volume d’achat. Une pratique un zeste éloignée de l’image militante véhiculée par l’entreprise et qui, en interne, fait tiquer. Certains salariés dénoncent, anonymement, « une obsession du rendement et des méthodes importées de la grande distribution ».

    « Le Canard » a également mis la palme sur un PV du conseil d’administration écornant le sacro-saint principe de « rémunération équitable » revendiqué par Biocoop. En décembre 2017, Claude Gruffat, alors président de Biocoop SA, a exercé un amical lobbying auprès des administrateurs pour que sa rémunération passe de 95 000 à 127 000 euros brut : six fois le plus bas salaire au sein de la coopérative, la où le cahier des charges de Biocoop préconisait un écart maximal de 1 à 5.

    Seize mois plus tard, Claude Gruffat, engagé auprès de Yannick Jadot dans la campagne des européennes, démissionnait de son poste avec dix-huit mois d’« indemnités de fin de mandat » votées par le conseil d’administration. Pour mieux se mettre au vert ?


    Les pieds dans le guacamole

    Interrogé par « Le Canard », Biocoop reconnaît avoir « identifié un problème avec un grossiste » sur l’origine et la garantie bio des avocats. Sauf que ce dernier continue de fournir un tiers desdits fruits verts écoulés par la coopérative sous l’étiquette « Origine Espagne », soit 400 tonnes pour la dernière saison. « Nous lui avons demandé d’exclure de nos approvisionnements deux producteurs sur lesquels nous avions particulièrement des doutes », se justifie le responsable fruits et légumes de Biocoop.

    Et de promettre : « L’objectif est, d’ici à 2023, de ne plus travailler avec ce grossiste que de manière marginale, en dépannage. » Encore quatre ans, donc, d’avocats d’origine douteuse.

    C’est du bio !

    Hum… C'est contradictoire avec la décision votée par les administrateurs. Du coup, dans 4 ans, Biocoop aura-t-il une station d'approvisionnement et alors la discussion avec le grossiste est palliative, en attenant la solution curative ? Je reste sur ma faim… Aucun communiqué est disponible dans la section presse du site web de Biocoop.

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 12:31:01 2019 - permalink -
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  • En attendant… Belloubet

    Laisser des postes vacants dans la magistrature, qui croule pourtant sous les dossiers, paraît être devenu une spécialité de la Chancellerie. La ministre de la Justice et sa puissante directrice adjointe de cabinet, Hélène Davo (en partance pour l’Elysée), sont apparemment incapables d’anticiper. Dernier exemple en date : le non-remplacement d’Eliane Houlette à la tête du fameux Parquet national financier. Son départ à la retraite, fin juin, était tout sauf une surprise. Mais aucun nom n’est sorti, et ce poste ultrasensible est simplement pourvu d’une intérimaire. Quant au célèbre juge Renaud Van Ruymbeke, lui aussi retraité fin juin, il n’est pas remplacé !

    La faute à Belloubet, qui n’a désigné personne, alors que cette tâche lui revient, comme pour tous les postes « hors hiérarchie ». L’exemple vient d’en haut, puisque Macron, qui voulait absolument choisir lui-même le procureur de Paris, avait fait traîner le remplacement de François Molins.

    En attendant, le pôle financier est au bord de l’asphyxie. Mais, heureusement, les vacances judiciaires sont là…

    ÉDIT DU 27/07/2019 À 12 H 20 : Le Canard enchaîné du 17 juillet 2019 expose qu'un paquet de nominations sont en attente de la validation de Macron dans des institutions dépendantes du ministère de la culture : Villa Médicis, le Palais de Tokyo, le CNC (resté une semaine avec un chef par intérim), etc. Ce contexte permet de nuancer une volonté du gouvernement d'étouffer le PNF. FIN DE L'ÉDIT.

    Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.

    Mon Jul 22 12:07:07 2019 - permalink -
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  • Macron et la presse : la fin de la transparence | _I N T É G R A L E S _ - GuiGui's Show

    La présidence de la République a fait savoir, par l’intermédiaire de Sibeth Ndiaye, conseillère de communication d’Emmanuel Macron, que la salle de presse à l’intérieur de l’Elysée déménagerait d’ici l’été dans une annexe hors du Palais. […]

    D'après le Canard enchaîné du 10 juillet 2019, ce projet a changé de cap. Les agences accréditées (AFP, Reuters, AP et Bloomberg) conserveront cette salle de presse. Les autres (les chaînes d'information en continue, notamment) seront installés dans la nouvelle salle de presse en dehors de l'Élysée.

    Ça ne modifie pas ma conclusion d'alors :

    De même, d'après les propos de journalistes accrédités rapportés par le Canard enchaîné du 28 mars 2018, leur présence ne leur permet pourtant pas de décrocher des entrevues avec les conseiller⋅e⋅s de Macron. Il⋅elle⋅s évoquent « une fois en neuf mois ». Tout ça me laisse à penser que le problème de fond n'est pas le déménagement de cette salle de presse, mais le fait que le pouvoir prend ses distances avec la presse.

    Et, en effet, ce déménagement est une énième mesure contestable du pouvoir élyséen pour se retrancher dans l'ombre, après les journalistes triés sur le volet lors des voyages officiels, après l'interdiction de filmer les ministres dans la cour du Château, après l'étau qui semble se resserrer autour de l'audiovisuel public, etc. J'ai le sentiment que les journalistes n'arrivent plus à collecter les paroles et les actes de Macron à part les journalistes people élogieux de Paris Match.

    Le travail journalistique autour de l'Élysée est évincé par la communication. Et ça, c'est très dangereux, avec ou sans salle de presse au sein du Château.

    Mon Jul 22 11:41:50 2019 - permalink -
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  • Droit de regard des préfets sur l'inspection du travail et baisse des effectifs ?

    Encore une réforme qui « passe mal », comme l’écrit « Le Parisien » (27/6) : celle de l’Inspection du travail. Selon le journal, les 2 000 fonctionnaires de cette petite corporation (dont une partie a manifesté la semaine dernière), chargés de contrôler les pratiques sociales de toutes les entreprises françaises, craignent une baisse des effectifs et la perte de leur indépendance. L’idée du gouvernement est en effet de donner aux préfets un droit de regard sur les inspecteurs du Travail. Promis-juré par la Direction générale du travail, elle « cherche des solutions ». Quant aux emplois, 20 % des effectifs du ministère du Travail ont déjà été supprimés depuis 2009.

    Et ça va continuer.

    Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.

    Mon Jul 15 12:09:00 2019 - permalink -
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