All links of one day
in a single page.
<Previous day - Next day>

rss_feedDaily RSS Feed
floral_left The Daily Shaarli floral_right
——————————— Wednesday 25, April 2018 ———————————

C'est une banalité de parler de pouvoir médical et de dire que le médecin se sent souvent placé au dessus des autres humains. Mais ici, dans les deux pays, David a en effet réussi à avoir la totalité des pouvoirs, médical, mais aussi économique, administratif, policier et judiciaire (il pouvait punir, et il ne s'en privait pas). Tout partait pourtant d'une idée sympathique, celle de la « médecine sociale », l'idée, en rupture avec la médecine pasteurienne, qu'on ne pouvait pas considérer la maladie comme le résultat de la seule action des microbes, mais qu'il fallait prendre en compte tout l'environnement. Mais cette idée a vite mené à un dérapage qu'on doit pouvoir qualifier de totalitaire. Le médecin s'est en effet senti en droit de réorganiser toute la société selon ses vues, évidemment sans jamais demander leur avis aux habitants.

Jean-Joseph David était-il gentil ou méchant ? Il traitait bien les indigènes, mais comme un éleveur traite bien son troupeau. Il ne les considérait pas comme des citoyens, même pas complètement comme des humains, quand il parlait d'« améliorer la race » ou bien d'amener beaucoup d'enfants à l'âge adulte pour que la France ait beaucoup de tirailleurs. Et ses utopies ont parfois eu des conséquences graves. Il était clairement mégalomane (« la mégalomanie est une maladie tropicale », note un ancien des interventions en Afrique à l'auteur) mais était aussi le produit de son époque (la culture du Pharo, où tous ces médecins coloniaux étaient formés par d'anciens coloniaux) et de l'éloignement (depuis Yaoundé, le gouverneur français le laissait faire ce qu'il voulait).

Voilà, après des années de discussions et quelques essais ratés, je suis connecté à la maison avec une fibre optique via Free. C'est plus compliqué que ça n'en a l'air, notamment en raison de la multiplicité des acteurs, qui ne communiquent pas, ou guère.

L'immeuble est récent, avec un mur porteur pas évident à percer, mais, en théorie, il y avait des fourreaux pour passer la fibre. Mais il n'y avait pas de plan correct de ces fourreaux, il a fallu procéder par essai/erreur. On glisse l'aiguille dans les fourreaux. Si elle ressort, c'est que ça passe, on crie « c'est bon, je la vois », on y attache la fibre et on la fait passer. À noter que deux aiguilles ont été testées, l'une, trop rigide, n'allant pas assez loin. Il a fallu utiliser le fourreau du câble téléphonique en cuivre, le seul un peu libre, et il ne restait pas beaucoup de place. L'aiguille passait seule, mais pas quand elle tirait la fibre. Les techniciens de Free m'ont demandé « vous avez du liquide vaisselle ? » Je leur ai donné du Mir, ils ont enduit l'aiguille et la fibre avec… et c'est passé. On oublie souvent que les solutions de haute technologie ne sont pas forcément les meilleures.

J'ai été sympa, le fourreau où passait le câble TV inutilisé a été laissé intact, au cas où le locataire suivant veuille l'utiliser…

Après, il a fallu connecter en bas, dans le sous-sol. La fibre était bien là, illuminée par le laser installé dans l'appartement, mais était cassée. Un coup de soudure, pas mal de recâblage (elle n'était apparemment pas à l'endroit indiqué) et c'est reparti.

-