Les chiffres cognent d’eux-mêmes. En 2018, selon un rapport sénatorial sur l’usage des balles de défense, qui vient d’être rendu public, les gendarmes ont tiré au LBD à 983 reprises, contre 19 071 fois pour les policiers. Y a pas photo.
L’auteure de ce rapport, la sénatrice (LR) Jacqueline Eustache-Brinio, insiste surtout sur l’incroyable inflation qui frappe l’utilisation de cette arme. En 2014, on ne recensait en effet que 3 821 tirs, dont seulement 7 effectués par les gendarmes.
Nan, mais comme nos politiciens disent ces derniers jours : c'est une LR du Sénat, elle cherche à déstabiliser Macron, rien de plus, c'pas sérieux, voyons.
Un calcul auquel se sont aussi livrés les gendarmes avec délice, révélant, dans « L’Essor », organe non Officiel de la maison pandore, que, « sur les 9 228 tirs de balles de défense effectués dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, 1 065 l’ont été par les gendarmes. Les policiers sont donc à l’origine de 8 163 tirs, soit 90 % de l’ensemble ». Chaque fois que l’occasion se présente, c’est une usuelle tacatacatac-tactique du gendarme que de décrocher un coup de matraque aux camarades flics.
De leur côté, les syndicats de police n’en démordent pas. Répondant à Jacques Toubon, le défenseur des droits, qui réclamait la suspension des LBD dans le maintien de l’ordre, ils ont répondu : « Si le législateur décidait de retirer l’armement intermédiaire non létal aux forces de l’ordre, il resterait quoi ? L’arme de poing ou le fusil d’assaut » (RTL, 17/1). Presque mot pour mot ce qu’a répété cette semaine le ministère de l’Intérieur, qui estime que, sans LBD, les flics n’auraient que « le corps-à-corps ou leur arme de service pour gérer une situation qui dégénère ». C’est-à-dire le choix entre perdre un œil ou perdre la vie.
Mais, pour l’heure, c’est l’utilisation de ce nouveau « flashborgne » qui dégénère. Dans une tribune signée par 35 ophtalmologistes (le « JDD », 10/3), les praticiens dénoncent : « Une telle épidémie de blessures oculaires gravissimes ne s’était jamais rencontrée. » Comme le Conseil de l’Europe en février, qui avait appelé la France à « suspendre l’usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre », ces médecins demandent « instamment un moratoire dans l’utilisation de ces armes invalidantes ».
Cette arme, c’est d’ailleurs Jean Verney-Carron, fabricant français du Flash-Ball — abandonné par la police et la gendarmerie au profit du LBD 40 suisse —, qui en parle le mieux. Fatigué de voir son flash—Ball, marque déposée, associé dans la presse aux blessures des gilets jaunes, cet expert tient à le rappeler : « Le LBD 40 est beaucoup plus dangereux. La balle est un calibre de 40 mm. Un calibre de guerre » (« Le Parisien », 9/12/1 8).
Rien ne vaut l’avis d’un spécialiste.
Dans le Canard enchaîné du 13 mars 2019.
L’éruptif Premier ministre hongrois est à deux doigts d'être viré du PPE par les conservateurs européens pour ses excès de langage, mais rien n’est joué.
Vilain garçon, sors d’ici, nous n’avons plus les mêmes valeurs, trop c’est trop, cette fois-ci, tu prends la porte. Ça y est, le puissant Parti populaire européen (PPE), regroupement des partis conservateurs d’Europe qui fait la loi à Bruxelles, est bien décidé à faire le ménage dans ses rangs. Viktor Orban, le Premier ministre de Hongrie, aurait donc franchila ligne rouge. Non content d’avoir mis les médias du pays sous contrôle, d’être modérément démocrate, de vouloir faire de la Hongrie une société bigote prônant un attachement fétichiste à la patrie et à la famille, d’avoir tenu à l’égard de George Soros des propos d’un antisémitisme soralien en 2018, le voilà qui s’attaque à Jean—Claude Juncker. Une af— fiche placardée sur tous les murs de Budapest le montre ricanant, le milliardaire George Soros à ses côtés. « Vous avez le droit de savoir ce que l’Europe prépare », dit le texte. Comprendre : le grand remplacement, la subversion migratoire.
Il est parfait, Viktor Orban, avec sa dégaine de méchant de série B, pour un PPE soucieux de se refaire une virginité. Voilà presque dix ans qu’Orban est revenu au pouvoir et accumule provocations et dérives en tous genres. En septembre 2018, une partie du PPE avait déjà voté en faveur de l’application de l’article 7 (sanction d’un Etat membre pour cause de violation de l’Etat de droit). Une façon de se donner bonne conscience pour pas cher : il n’y avait aucune chance pour que la procédure aboutisse. Elle requiert l’unanimité des Etats membres, et la Pologne avait annoncé qu’elle voterait contre.
L’essentiel, c’était de montrer que le parti restait « humaniste » et attaché aux valeurs chrétiennes. Manfred Weber, l’un des poids lourds allemands du PPE, qui vise ouvertement la présidence de la Commission, avait déjà donné de la voix, pour un homme de convictions comme moi, ça ne peut plus durer. Et on en était resté là.
Hongrois rêver
Les anti-Orban du PPE ont les yeux braqués sur la prochaine assemblée politique du parti, programmée le 20 mars. Ils seront tous là : Merkel, Juncker, lui-même membre du PPE, et le président du Conseil, le Polonais Donald Tusk. « L’affaire est loin d’être réglée. Le PPE est constitué de 80 partis. C’est l’aile démocrate-chrétienne la plus modérée, composée des petits partis de Finlande, de Belgique, de Suède, de Norvège, etc., qui demande l’exclusion. Aucun grand parti conservateur ne l’a demandée : ni Les Républicains, ni la CDU allemande, ni Forza Italia, ni le PP espagnol. Et il ne faut pas oublier l’affaiblissement de Merkel, qui a besoin des voix de son allié ultra-conservateur, la CSU. Et la CSU est très proche d’Orban… Bref, sur le papier, c’est assez mal barré », raconte un eurodéputé du PPE.
Orbân va pouvoir garder son petit sourire en coin : ses « amis » du PPE, il les tient par la barbichette. « Le PPE a le pouvoir en Europe. Ils tiennent la Commission, la présidence du Parlement et les principaux postes de pouvoir. Orban a un argument en or massif : il va gagner les élections dans son pays et aura beaucoup de députés. Or tous les sondages indiquent que beaucoup d’autres partis conservateurs vont clairement s’affaiblir. LR aura nettement moins de députés que la dernière fois, Forza Italia perd sans cesse des points face à la Ligue de Salvini. Les voix des députés hongrois vont peser lourd pour la présidence de la Commission, convoitée par la CDU ! » rigole un fonctionnaire européen.
Bal des faux-culs
Orban a déjà commencé son petit chantage. Faudrait pas s’aviser de trop m’humilier, parce que je pourrais former un groupe avec les eurosceptiques. Les Polonais du PIS et les Italiens de la Ligue sont partants. « Le groupe pourrait très bien constituer une minorité de blocage dans un Parlement qui s’annonce très émietté, ce dont le PPE ne veut à aucun prix. » Voilà qui incite à concilier fermeté et indulgence.
D’autant que la Hongrie se montre conciliante sur la défense européenne, en achetant des hélicoptères Caracal (Airbus), des blindés KMW (franco-allemand). Pour la réforme de la PAC, Budapest est un allié de Paris. « Sur des sujets clés, Orban n’est plus minoritaire, arrêtons de jouer les faux culs. Sur l’immigration, sa position est validée officieusement par beaucoup de dirigeants européens. Nathalie Loiseau a reconnu, dimanche matin, que le système des quotas avait été une erreur. Quant à Schengen, Orban et Macron ont désormais des positions très proches », analyse un ancien ministre des affaires étrangères.
Manfred Weber va se rendre à Budapest pour une énième réunion de discussion. Il a le visage grave, la mine sévère et l’air décidé. Orban doit claquer des dents.
Dans le Canard enchaîné du 13 mars 2019.
Trahison », « mensonge »… Bruno Le Maire n’a pas eu de mots assez durs pour fustiger la décision de Ford de fermer son usine de Blanquefort, en Gironde. Mais, tandis que le ministre de l’Economie répète sur les ondes qu’il soutient les 850 salariés qui se retrouveront bientôt sur le carreau, une société de sécurité, contrôlée indirectement par les pouvoirs publics, fournit au constructeur américain des moyens de juguler la contestation.
Anges gardiens militaires
Ford, en effet, s’est attaché les services de Geos, filiale de l’Agence pour la diffusion de l’information technologique (Adit), détenue à 24 % par la Banque publique d’investissement (Bpifrance), et à 10 % par l’Etat. La dizaine de contractuels de Geos embauchés par le constructeur a pour mission, entre autres, de protéger les machines-outils et, surtout, les cartes électroniques qui les commandent. Car la firme automobile compte bien récupérer ce précieux matériel après la fermeture définitive du site, en août.
Si ces cartes ont de la valeur, c'est probablement qu'elles vont être utilisées ailleurs, donc l'usine de Blanquefort est utile, donc sa fermeture est illégitime. Si l'usine est fermée, c'est qu'elle est inutile, donc les cartes aussi, donc il ne sert à rien de lutter pour leur conservation. On est donc en plein dans l'hypocrisie de la fermeture-délocalisation : ils vont fermer une activité utile mais moins rentable que si elle était délocalisée. On perd de vue l'utilité sociale au profit de l'utilité du pognon.
Contacté par « Le Canard », Geos n’a pas souhaité faire de commentaires. Dommage : cette boîte, qui intervient habituellement dans les zones à risques à l’étranger, en recrutant d’ex-militaires et d’anciens flics, développe depuis quelques années un savoir-faire lucratif dans la gestion des conflits sociaux.
Une activité qui, contrairement au secteur automobile, ne connaît pas la crise…
Des mercenaires pour gérer les conflits sociaux… Le retour des briseurs de grève…
Dans le Canard enchaîné du 13 mars 2019.
Avant le prochain congrès, le patron du syndicat écarte les dirigeants et salariés “encombrants”.
Nous sommes à la fin de février, dans le bureau de Philippe Martinez. Mijo Isabey, l’une des plus anciennes dirigeantes de la CGT, fait son entrée, flanquée de son bras droit, dont elle entend plaider la cause. Cette responsable du dossier retraites doit en effet quitter son poste le 17 mai, après le congrès de Dijon. Or Martinez ne peut pas blairer celui dont elle veut faire son successeur.
Le « Général Tapioca » — son surnom à Montreuil — ne répond pas au bonjour des deux camarades. A peine s’il écoute les arguments égrenés par la militante en faveur de son poulain : des dossiers techniques nécessitant une méga-compétence, une négo difficile à mener, d’abord avec Jean-Paul Delevoye, le « Monsieur Retraite » de Macron, ensuite avec le gouvernement, etc. Martinez l’interrompt : « Tu m’emmerdes. Je ne changerai pas d’avis. »
Puis il change de cible. « On m’a rapporté que tu avais des problèmes avec les gars de ton équipe. » La future retraitée se récrie : « Bien sûr que non ! » Tapioca s’empourpre : « Donc tu dis que je suis entouré d’une bande de menteurs. Ça pose un problème. Tu n’as plus ma confiance. » La dame est démise de ses fonctions et, pendant trois mois, la CGT n’aura personne à envoyer dans les négociations avec le gouvernement sur les retraites. Pas grave : depuis son arrivée, il y a quatre ans, le taulier de la Cégète n’avait jamais trouvé le temps de questionner Mijo Isabey sur ce dossier épineux.
Un autre gros poisson vient d’être prié de se préparer à quitter le bocal : Jeau—François Naton, vice-président du Conseil économique, social et env1ronnemental, ci-devant responsable de l’énorme secteur travail et santé de la Confédération.
Il a précédé de peu l’un des spécialistes de la formation professionnelle, viré lui aussi à la vitesse du son. Un matin, la numéro 2 de l’époque (rétrogradée depuis) lui colle une tape amicale sur l’épaule : « T’es viré. Tu déménages ton bureau avant ce soir. » Comme au cinéma…
Tapioca sauce moutarde
La purge s’étend aux salariés de base. Le chef de la sécurité, éjecté pour avoir demandé le statut de cadre qui lui avait été promis à l’embauche, n’a pas été réintégré. Martinez s’est même assis sur un vote du bureau confédéral — l’instance suprême de la CGT — ordonnant l’annulation de ce licenciement.
Un autre, évincé pour avoir cafté à la police les détournements présumés au sein de la fédération de l’agriculture, aurait dû être réintégré. L’administration avait en effet refusé le licenciement de ce lanceur d’alerte, également délégué du personnel. Mais, lorsqu’il a voulu retrouver son bureau, l’homme s’est heurté à un cordon de gros bras.
Dernier remercié : le propre chauffeur de Martinez. L’homme, qui avait successivement piloté sans cahots Louis Viannet, Bernard Thibault et Thierry Lepaon, n’avait plus la cote avec Martinez. Il a fini par protester. Viré, et des indemnités pour le consoler. « Cette maison est devenue folle ! » hurle l’un des dirigeants historiques. Un courant d’opposants commence donc à se structurer, reprochant notamment à Martinez d’avoir rendu la CGT totalement « illisible » dans le conflit des gilets jaunes.
Rendez—vous à Dijon, où la moutarde risque de monter à bien des nez.
La CGT se comporte comme les employeurs qu'elle conchie. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Dans le Canard enchaîné du 13 mars 2019.
Comment sortir du grand débat ? Telle est, évidemment, la question qui agite, jour après jour, tous les esprits d’en haut.
« La synthèse risque de déclencher un bordel sans nom », résume un ministre qui participe aux réunions préparatoires. Mais Emmanuel Macron, qui continue de consulter tous azimuts — aussi bien les politiques que la société civile et les communicants —, est résolument optimiste sur ce qu’il ne cesse de présenter comme l’« acte II » de son quinquennat. « A condition, a-t-il précisé, de saucissonner (sic) les réponses et de les étaler dans le temps. »
Premier « saucisson » : il s’agit de prendre des mesures immédiates et visibles, qui auront un impact concret sur la vie des Français. Sans plus de précisions quant à leur coût.
Deuxième « saucisson» : l’élaboration d’un « pacte républicain de progrès », décliné en leçons sur « le vivre-ensemble, le civisme et la laitité ».
Troisième « saucisson » : le « nettoyage des institutions ». Au programme, la réanimation de la réforme constitutionnelle envisagée au début du quinquennat, avec la réduction du nombre de parlementaires et l’instauration d’une dose de proportionnelle. Mais aussi la réforme du référendum d’initiative partagée (déjà voté par Sarko), pour le rendre plus accessible et éviter le RIC. Enfin, un train de mesures pour associer les citoyens aux processus décisionnels. Point d’orgue : le lancement d’« une nouvelle vague de décentralisation équivalente à celle de 1982 », qu’avaient conduite Mitterrand et Defferre. Rien de moins.
La décentralisation a d’ailleurs constitué le plat de résistance du dîner qui a réuni, le 6 mars à l’Elysée, plusieurs ministres (Philippe, Rugy, Le Brian, Le Maire, Darmanin, Gourault) et dirigeants de la majorité (Bayrou, Guerini, Le Gendre). C’est Gérald Darmanin qui s’est fait le héraut de cette nouvelle décentralisation, mais c’est Macron qui l’y avait incité.
« Si on va vers une nouvelle étape de la décentralisation, a affirmé Darmanin, il faut y aller franchement, transférer les compétences et les financements qui vont avec. S’il y a des collectivités qui veulent construire plus d’infrastructures, il faut qu’elles l’assument et qu’elles puissent lever un impôt pour les financer. Et, comme il y a, par ailleurs, beaucoup d’échelons, la bonne façon de les rapprocher, c’est le conseiller territorial. »
Comme chacun le sait, le conseiller territorial est un élu d’un nouveau type, qui devait être à la fois conseiller départemental et conseiller régional. Sarkozy avait fait adopter son principe par le Parlement, mais la loi n’avait pas eu le temps d’entrer en vigueur, Hollande l’ayant abolie dès son élection. En tout cas, de Castaner à Le Drian en passant par Rugy et Bayrou, le retour de ce conseiller territorial a fait l’unanimité, Macron insistant sur la nécessité de « favoriser les synergies, supprimer les doublons, simplifier et accélérer les démarches pour les élus locaux, les entreprises et les citoyens ».
Cette mesure provoquera l'effet inverse : moins d'élus = moins de représentativité et plus de professionnalisation du rôle politique, car cela signifie moins de temps pour traiter les sujets, donc on aura des technocrates spécialisés sur des sujets précis, ignorants sur les autres sujets (ce qui laisse la porte grande ouverte aux lobbys professionnels) et loin des réalités du terrain et des citoyens par manque de temps.
Sans parler des économies réalisées : 3 500 conseillers territoriaux succéderaient aux 6 000 conseillers départementaux et régionaux actuels !
Dernière décision en date : Macron ne se placera pas en première ligne pour présenter les résultats du grand débat, il laissera les « garants » s’exprimer et le gouvernement faire, le 9 avril, une déclaration sans vote devant le Parlement. Ça va être dur pour lui de s’effacer !
Dans le Canard enchaîné du 13 mars 2019.
‒ /TheProject.html. Mate un peu ça ! C'est la première page web ! Codée en 1989 !
‒ Incroyable…
‒ Une simple page HTML, avec un balisage super simple et pourtant si efficace… Tu devrais en prendre de la graine…
‒ Pardon ?
‒ Ben ouais, c'est plus léger et responsive que ce que tu nous codes 30 ans plus tard !
Gros +1. Et plus accessible pour des synthèses vocales, aussi.
Après Valls et son « Expliquer, c'est déjà un peu excuser » à propos des actes terroristes de 2015 en France, voici Aphatie et son « Comprendre, c'est justifier » à propos d'une stratégie militante dans un mouvement social…
C'est totalement stupide à plusieurs titres : 1) ça insinue qu'excuser quelque chose / quelqu'un est nuisible / mal voire qu'il s'agit d'une position de faiblesse, alors que c'est le déroulement normal des choses, y compris pour les actes les plus graves, et qu'il s'agit précisement d'un acte fort de courage et d'amour ; 2) ça insinue que l'acte de compréhension d'une situation, d'un mal-être, d'une construction mentale, d'un humain est quelque chose d'anormal / de déplaisant, alors que c'est la nature même de l'humain de s'interroger ; 3) par construction sémantique, ça induit l'idée que la compréhension, et donc l'écoute et la réflexion qui la font naître est un signe de faiblesse, alors que c'est tout l'inverse : l'humain est un animal qui se renforce par la réflexion.
Je n'aurai pas repris ces propos ici s'ils étaient uniquement l'œuvre d'un politicien et d'un éditorialiste, car j'accorde aucune valeur aux propos prononcés par ces catégories de personnes, mais malheureusement, ces propos sont très répandus dans la société. Réveillez-vous, les gens, par pitié, réveillez-vous !
I don't want to live on this planet anymore… :(
‒ Une clé qui ouvre toutes les portes a une valeur immense, mais une porte qui se fait ouvrir par toutes les clés est une porte sans valeur.
‒ Un coton tige qui nettoie plusieurs oreilles, c'est dégueu, mais une oreille nettoyée par plusieurs cotons-tiges, c'est de l'hygiène. Tout le monde peut trouver la métaphore qui l'arrange. Les filles font ce qu'elles veulent de leur corps. Ta bite n'est pas la 8e merveille du monde.
Hahaha. J'ai tellement lu cette stupide comparaison entre le sexe féminin et une porte que je trouve cette réponse parfaite car elle est précisement tout aussi stupide (et c'est le but, afin de mettre en exergue l'absurdité de la construction initiale).
Ces écoutes téléphoniques ont été effectuées par la Brigade nationale de lutte contre la criminalité organisée, en Corse, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « extorsion en bande organisée, association de malfaiteurs, recel, blanchiment, abus de biens sociaux, recel d’abus de biens sociaux ». Les retranscriptions dont nous disposons sont celles d’écoutes réalisées en novembre et décembre 2014. Et la personne écoutée est Jean-Pierre Bernès, lors de ses échanges avec une autre personne que les procès-verbaux établis par la police dénomment « P » ou « Philippe ». Dans un procès-verbal en date du 12 décembre 2014, il est indiqué que la police a adressé une réquisition à l’opérateur téléphonique SFR pour connaître l’identité de ce « P » et qu’il s’agit de Philippe Amram, l’un des avocats de Jean-Pierre Bernès.
Je croyais qu'il y avait des professions protégées des écoutes, notamment les conversations entre un avocat et son client (ici, dans le cadre d'une réflexion dans laquelle le client Bernès se renseigne sur ses possibilités de recours dans le cadre d'une procédure judiciaire). C'est même ce qu'on nous a vendu en 2015 dans le cadre de la loi Renseignement : soyez sans crainte, des professions privilégiées seront épargnées par les boîtes noires. Un mensonge supplémentaire ?
[…]
Et, comme à son habitude, Bernard Tapie a fait front, assurant qu’en 1998, il avait certes dédicacé un livre à Pierre Estoup, mais sans le connaître ni l’avoir rencontré, et qu’il ne se souvenait donc plus de son nom quand, en 2007, neuf ans plus tard, son avocat, Me Lantourne, avait suggéré qu’il soit l’un des trois arbitres. « Neuf ans plus tard, je ne me rappelle pas plus de son nom que je me souviendrai du vôtre dans trois semaines », a ironisé Bernard Tapie à l’adresse de la présidente du tribunal, avant d’ajouter que dans le passé, il avait aussi dédicacé des livres à l’ex-juge d’instruction Eva Joly. « Si je suis votre raisonnement, elle m’a donné six non-lieux à cause de la dédicace ? » s’est moqué Bernard Tapie.
C'est pour ça que cette pièce a toujours été fragile à mes yeux. Je préfère porter mon attention sur les relations de travail entre Estoup et les avocats de Tapie. ÉDIT DU 23/03/2019 À 21H20 : sans compter que, si Estoup a travaillé pour le compte de Tapie, Bredin, autre arbitre dans cette affaire, a travaillé pour le Crédit Lyonnais. La vente d'Adidas en 1993 a été signée dans son bureau. Source : le Canard enchaîné du 13/03/2019. FIN DE L'ÉDIT.
Un petit contournement des contrôles "de sécurité" dans la vie de tous les jours. :D
‒ Vous n'avez, à présent, plus le droit d'approcher un établissement scolaire…
‒ Paaarfait ! Et si je viole un juge, je n'aurai plus le droit d'approcher un tribunal ?
:D
Dessin publié dans le numéro février 2019 de Siné mensuel.
Il n’y avait pas grand-chose de bon à attendre d’états généraux pilotés par un gouvernement qui ne cesse de prôner la productivité et la rentabilité comme seuls signes de progrès. C’est donc sans surprise qu’on voit les affligeants résultats de ces Egaiim : l’industrie peut dire merci.
Les États généraux de l’alimentation (Égalim) ont montré la volonté de la FNSEA, de l‘agro-industrie et de la grande distribution de n‘aménager qu‘à la marge le modèle agricole actuel. Le réchauffement climatique, l’extinction en masse de la biodiversité, la politique agricole commune et les traités de libre-échange, c'est-à-dire l’essentiel de ce qui pèse aujourd’hui sur l’agriculture et les systèmes alimentaires, ont été soit exclus, soit repoussés aux marges des débats. À la place de qualité de nourriture. on y a surtout parlé répartition des bénéfices de la malbouffe et concédé aux consommateurs un meilleur étiquetage des productions alimentaires. Comment « décider collectivement d’un changement profond de paradigme », comme l’annonçait le président Macron dans son discours de Rungis, quand on confie la définition de cette mutation aux seules filières agricoles moulées et ligotées par l’agro-industrîe ? Certes, il y a une évolution en ce que les mots de l’écologie — souveraineté alimentaire, biodiversité, agrobiologie, agroforesterie — entrent désormais dans le langage courant agro-industriel. Le greenwashing progresse.
Verdir le productivisme
Dans la « loi alimentation », comme toujours, le diable se cache dans le détail des formulations et l’accès aux financements. On fait un petit pas avec l’interdiction des néonicotinoïdes et on bénit l’arrosage aux pesticides avec « la protection des riverains a proximité des zones à traitement phytos ».
Au courage d’opter résolument pour le bio, on préfère l’objectif de « 15 % de surface agricole bio en 2022 » : prioriser la surface plutôt que le nombre de fermes, c’est faire le choix de la conversion industrielle au bio plutôt que favoriser l’installation de jeunes paysans alors qu’il y a une installation pour deux départs en retraite. C’est le meilleur moyen d’accélérer le développement des fermes intensives. On assiste clairement au démarrage du productivisme bio.
On se gargarise d’un blabla sur la sécurité alimentaire. En la matière, l’insécurité croît avec l’industrialisatton : plus on concentre des animaux, plus on a de risques sanitaires ; plus on appauvrit la génétique — animale comme végétale —, plus on affaiblit les résistances aux maladies ; plus on travaille le volume (de lait, de viande, de légumes) venant de plusieurs sources, plus celui-ci peut être entièrement contaminé par une seule source. Plus on entre dans la standardisation de l’assiette.
On se drape d’audace en annonçant 50 % de bio dans la restauration collective pour 2022 et c’est immédiatement atténué par un « ou sous signe de qualité ou de produit local » : c’est bien connu, le pesticide local est meilleur que l’étranger. On pourrait continuer avec « la labellisation de 50 % de la viande », qui ne veut pas dire grand-chose si on ne sait pas de quelle sorte de label il s’agit. Ne pas annoncer d’emblée des labels avec charte d‘élevage contraignante type bio ou label rouge ouvre l’espace à des labels d’autopromotion type « viande française » ou « viande d’ici » qui ne garantissent rien et servent de cache-sexe aux pires pratiques. En élevage bovin, 50 % de label, ça ne fait que consacrer le bon boulot des éleveurs de vaches allaitantes (53,8 % du troupeau de vaches), et ça ne change rien à la production bas de gamme issue du troupeau laitier intensif (barquettes des supermarchés).
Côté bien-être animal, la révision des modes d’abattage se conclut par un contrôle vidéo « expérimental » des abattoirs laissé à l’initiative volontaire…
Bref, par les portes ouvertes de sa formulation, le texte final permet de continuer l’agriculture industrielle et même plus intense qu’avant. En effet, la loi issue des Égalim sert de tremplin d’accès aux 5 milliards consacrés à l’agriculture du grand plan d’investissement (GPI) de 57 milliards promis par Macron de 2019 à 2022. L’argent est fléché vers la « multiperformance » et la « compétitivité ». En langue industrielle, ça veut dire de plus gros bâtiments d’élevage, de plus grandes surfaces par ferme, plus de matériel et de robots, moins de paysans. Et une part de marché intacte pour l‘industrie et la grande distribution. Une perpétuation du vieux paradigme. »
« Et en même temps », il faut avoir le sens de la nuance, mon bon monsieur !
Dans le numéro de février 2019 de Siné mensuel.
À Troyes, Amiens, Lyon, Grenoble, la justice du travail vient d’attribuer des indemnités de licenciement supérieures au barème imposé par Macron dans sa loi travail. Au motif que leur plafonnement viole le droit international.
Lentement mais sûrement, un des monuments du macronisme triomphant est en train de s'effondrer. Les ordonnances plafonnant les indemnités de licenciement, prises à la hussarde le 23 septembre 2017 par un président à peine élu et bien décidé à réformer le code du travail, viennent d’être déclarées illégales. Ce sont les conseils de prud'hommes qui ont lancé la charge. Quatre d’entre eux ont déjà rendu des décisions allant dans ce sens : Amiens, Troyes, Lyon, Grenoble, le 18 janvier. Tous ont déclaré que l’article introduisant « un plafonnement limitatif des indemnités prud’homales en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse d’un salarié » viole l’article 24 de la charte sociale européenne et l’article 10 de la Convention internationale du travail. Ces deux textes très officiellement ratifiés par la France consolident le droit d’un salarié injustement licencié à obtenir le versement d’« une indemnité adéquate » ou « toute autre forme de réparation considérée comme appropriée ». Et c’est ce qu'ont fait les juges en condamnant les employeurs à verser des dommages et intérêts supérieurs au barème imposé par Macron. Une victoire pour les organisations syndicales, politiques et judiciaires qui luttent pour l'abolition de ces ordonnances iniques et dangereuses.
Avant, les indemnités pour licenciement abusif étaient laissées à l’appréciation des conseils de prud’hommes. Composés à part égale de représentants des employeurs et des salariés, ils intégraient de nombreux paramètres dans leur calcul : âge, santé, situation familiale, contexte professionnel. En règle générale, les juges du travail accordaient un mois par année d’ancienneté. Depuis la nouvelle loi, les indemnités de licenciement sont plafonnées entre un et vingt mois de salaire. L’employeur qui décide de virer un salarié peut ainsi savoir combien ca lui coûtera. Il suffit de le budgéter et l'affaire est terminée, sans autre explication. Un chèque, et dehors ! C’est justement pour lutter contre ces abus que les textes internationaux et européens ont mis en place une série de protections en faveur des salariés. Et c’est en vertu du respect de ces textes que les conseils de prud’hommes ont rejeté les dispositions pro-patronales de Macron, considérant qu’elles violent le droit international. C’est du lourd, d’autant que l‘argumentaire juridique déployé par les juges prud’homaux est bien ficelé.
La contre-attaque a été lancée aussitôt la publication des ordonnances. Dès septembre 2017, avocats et juristes de tous bords ont travaillé collectivement pour examiner les failles du système. Le Syndicat des avocats de France (SAF), notamment, a mis au point une sorte de kit prêt à l‘emploi démontant les ordonnances Macron. Au début de l’année 2018, le SAF l’a posté sur son site. Il l’a ainsi mis à disposition de tous les défenseurs des salariés avec comme mot d’ordre : « Copiez-collez-le dans vos requêtes et faites-nous remonter les décisions ». Une méthode exemplaire et efficace. « Ces décisions ouvrent la voie de la résistance des juges contre cette réforme inacceptable, ce déni de justice », explique Me Isabelle Taraud, du SAF. « Ce plafonnement est en droit français la seule exception, intolérable et incompréhensible, au principe selon lequel celui qui a causé un préjudice doit en assumer la réparation intégrale. Il n’est pas normal que l’employeur ait plus de droits que les autres. » En somme, que les patrons soient plus protégés que les salariés, eux-mêmes réduits à une variable d’ajustement dont on se débarrasse en payant, pas trop quand même. Une brèche s’est ouverte qui risque d'en ouvrir d’autres. « À moins que Macron ne réintroduise plus de justice sociale et supprime ses propres ordonnances », ajoute l'avocate en feignant la crédulité. Elle a raison, on peut toujours rêver.
Lisons nous-même l'article 2 de l'ordonnance qui plafonne les indemnités prudhommales : entre un à dix ans d'ancienneté dans une boîte hors TPE (donc start-ups), l'indemnité est plafonnée à… 1 mois de salaire par année d'ancienneté, soit ce qu'appliquaient en général les juges jusqu'à présent selon cet article. Cette ordonnance change donc la donne majoritairement pour les salariés de TPE et pour ceux ayant une expérience supérieure à 10 ans. Elle retire aussi aux tribunaux la possibilité de sanctionner plus fermement les licenciements indignes. C'est cela le plus injuste : les licenciements banals seront traités comme avant. Le risque financier d'un licenciement indigne est plafonné. L'injustice est accentuée. Bref, je suis d'accord avec la fin de l'article, mais pas sur le cheminement intellectuel qu'il propose.
Ces premières décisions sont une bonne nouvelle, mais attendons de voir si elles sont confirmées par les cours d'appel et, surtout, par la Cour de cassation, dont le jugement de la conformité d'une décision de justice avec la loi est le seul qui vaille.
Dans le numéro de février 2019 de Siné mensuel.
Armé du courage du fanfaron, Macron avait raflé 5 euros aux bénéficiaires de l'allocation logement au cœur de l’été 2017. Une « connerie », aurait—il reconnu depuis. Mais le filou récidive en 2019, la tartufferie en plus.
Dans son principe, la formule de l’aide au logement est assez simple. On calcule d’abord une « dépense éligible » — qui dépend du coût du logement — puis on en déduit une « participation personnelle », variable selon le revenu, pour obtenir le montant de l’aide. Avec l’inflation, il faut ajuster les paramètres de calcul pour maintenir le pouvoir d’achat de l’aide. Si les paramètres clés qui déterminent le montant de la dépense éligible et celui de la participation personnelle ne suivent pas l’inflation, le pouvoir d’achat des aides diminue, tout comme celui des allocataires.
Les gouvernements ont souvent joué sur ces paramètres pour rogner les aides au logement mais sans oser jusqu’à présent faire baisser leur pouvoir d’achat davantage que l’inflation. Au pire, pour un ménage qui parvenait bon an mal an à maintenir le pouvoir d’achat de ses salaires, cela signifiait que le montant en euros de son allocation restait à peu près le même. Le pouvoir d’achat de l’aide était rogné par l’inflation mais de façon difficilement mesurable. La ponction variait selon l’inflation.
Pour un Macron pressé d’économiser ce « pognon de dingue », ce n’était pas assez. D’où sa décision de baisser uniformément ces aides de 5 euros par mois à l’été 2017. Une décision exécutée par ses sbires, mais de façon sans doute assez maladroite et trop visible. « Une connerie » aurait déclaré le chef. Depuis, les techno-salopards ont fourbi leurs armes.
Picsou et les technorapaces
Pour l’année 2019, ils reprennent d’abord les vieilles ficelles. La revalorisation des paramètres de calcul est nulle ou proche de zéro. Une décision qui a été unanimement dénoncée par les associations en octobre 2018. Comme l’inflation prévue est de 1,5 %, c’est une baisse à peu près équivalente du pouvoir d’achat des aides qui est programmée. Mais les technorapaces en rajoutent une couche en changeant le mode de calcul.
Jusqu’à présent, le revenu pris en compte pour le calcul de l’aide était le dernier revenu connu déclaré à l’administration fiscale, le revenu d’il y a deux ans (année N-2). Désormais, ce sera le revenu des douze derniers mois. Pas besoin d’avoir fait l’Ena pour comprendre que si le revenu a suivi l’inflation, il sera plus élevé avec le nouveau mode de calcul et que le montant de l’aide sera, par conséquent, plus faible. Picsou Macron rafle ainsi une partie des hausses de salaire qui ont simplement permis de maintenir le pouvoir d’achat des allocataires. C’est vrai pour ceux dont le pouvoir d’achat a augmenté, mais aussi pour ceux qui l’ont simplement maintenu. Contrairement à ce qu’affirment les mercenaires intellectuels de la macronnerie, cette seule mesure va faire baisser le montant de l’allocation, même pour les ménages à pouvoir d’achat constant et dont la situation financière ne s’est donc pas améliorée. Cette baisse supplémentaire peut être chiffrée, au minimum, à environ 5 € par mois.
Pour les allocataires dont la situation s’est dégradée depuis deux ans, la hausse de l’allocation sera un peu plus rapide qu’auparavant. Mais des mécanismes existaient déjà pour prendre en compte certaines de ces situations. Ce coup de pouce sera loin de compenser la ponction qui sera opérée sur tous les autres. C’est ce qui explique pourquoi le gouvernement table sur une économie d’environ 5 % du montant total des aides, soit environ 1 milliard d’euros.
Macron n’est pas seulement le président des riches, c’est aussi le Termmator des pauvres. Il est vrai que l’un ne va pas sans l’autre, mais c’est difficilement avouable. Alors le brigand prend des gants technocratiques, dans l’espoir de masquer sa turpitude. En bon Gaulois même pas réfractaire, cela s’appelle prendre les gens pour des cons.
« Ils ont les mains blanches », chantait en 1910 Montéhus : « Ça sent le tartuffe, l’avare, le gripp’sous / Voilà c’qu’on appelle des mains de filou ! / Ça sent le roublard, ça sent le malin / Voilà c’qu’on appelle un poil dans la main ! »
Et ça vient nous parler du sens de l’effort…
Dans le numéro de février 2019 de Siné mensuel.
Gros +1.
Dessin publié dans le numéro février 2019 de Siné mensuel.
Il est 0h12. Plusieurs bip retentissent dans mon habitation. Ouais, c'est cette saloperie de détecteur de fumée installé par ma propriétaire. Ce n'est pas le signal d'alarme. Il doit réclamer une nouvelle pile. Dans mes précédents logements, j'ai toujours retiré les piles. Ici, je n'ai pas d'escabeau pour l'atteindre, donc j'ai sans cesse remis cela à plus tard. Cette fois-ci, on y va. Assemblage de tables + chaise, déclipsage du boîtier de son support mural. Tiens, bizarre, il n'y a pas de trappe pour les piles. Trois vis cruciformes à l'arrière, dont une derrière une étiquette. Comme d'habitude, je n'ai pas le tournevis strictement adapté à la taille de la tête de vis, donc je force un peu avec un tournevis plat. Ça s'ouvre. Et, là, surprise : la pile est soudée sur le circuit imprimé.
En vrai, ça a du sens si l'on réfléchit comme les concepteurs et les promoteurs de ces merdes :
Pour le côté lolilol, je t'invite à lire Détecteur de fumée (DAAF) : sécurité incendie dans le logement. Extraits choisis :
Aucune sanction n'est prévue par la réglementation en cas de non-installation du détecteur de fumée.
La compagnie d'assurance ne peut d'ailleurs pas se prévaloir du défaut d'installation du détecteur pour s’exonérer de son obligation d'indemniser les dommages causés par un incendie.
:)))) Oui, je sais, nos politiciens ont choisi d'y aller étape par étape vu que ça risquait de froisser beaucoup de gens, donc dans un premier temps, il n'y a pas de sanctions (loi et/ou assurance), mais il y en aura dans un deuxième temps, quand les logements commenceront à être bien équipés.
Bref, un tournevis plat, faire levier jusqu'à ce que les soudures cèdent, refermer le boîtier et le clipser sur son support mural. Fin de l'histoire en ce qui me concerne.
Je comprends de moins en moins ce monde…
Réprimés à coups de Flashball, bientôt interdits de manifestations, les « gilets jaunes » sont désormais… sur écoute. C’est ce que révèle Le Point, ce jeudi 7 février, dans ses indiscrets. Au total, une centaine de « gilets jaunes » en province et une cinquantaine à Paris et en petite couronne ont été placés sur écoute téléphonique ou sous « espionnage » Internet, précise le journal.
N'oublions pas non plus le fichage des gilets jaunes par les Renseignements territoriaux, les consignes reçues par les magistrats visant à saquer les gilets jaunes, mêmes les innocents et les propos surréalistes prononcés par des juges et des magistrats.
[…]
Pour justifier de ces demandes sans porter atteinte à la liberté de manifester, les deux services de renseignement invoquent la prévention des « atteintes à la forme républicaine des institutions ». […]
Ce motif a été introduit par la loi Renseignement de 2015. Ce texte a été voté sous la bonne excuse de la lutte contre le terrorisme. Approuvons-nous, citoyens, que d'autres citoyens soient considérés comme des terroristes durant leurs activités citoyennes ou reconnaissons-nous que la bonne excuse n'était… qu'une bonne excuse afin de museler les citoyens ?
Via https://twitter.com/FelixTreguer/status/1094567452976054273 via https://twitter.com/vincib/ .
La énième causerie médiatico-politique stérile à propos de l'anonymat sur l'Internet me gonfle… Comme je suis lassé de me répéter, je fais simple et court lorsque je prends la parole AFK (non, pas IRL). Voici environ ce que je raconte.
L'anonymat, ou plus exactement le pseudonymat (car l'anonymat est très difficile à atteindre, sur Internet comme AFK), est la manière normale d'établir des liens sociaux. On se connaît AFK depuis X temps. Avant, tu ignorais mon existence. Pourtant, je n'étais même pas un anonyme à tes yeux que je pouvais déjà te nuire ! Puis on s'est rencontré. J'étais un anonyme. Je t'ai dit que je me prénomme Y et tu m'as crû sans même me demander un document d'identité. T'ai-je donné mon vrai prénom, au moins ?! Je suis devenu un pseudonyme. À ce nom-là, tu as associé une description physique, des compétences, des défauts, des qualités, des souvenirs, des sentiments, des propos qui t'ont marqué positivement ou négativement, etc. C'est tout ça que tu nommes Y. Ça change quoi que Y ait pour valeur « grosloulou42 » ? Ça reste le même paquetage de concepts, je reste la même personne. Ça change quoi que nous ayons fait connaissance via un intermédiaire (l'air AFK) ou via d'autres intermédiaires (des ordinateurs, un réseau de communication, etc.) ? Tu as obtenu une description physique, le reste est inchangé. Tu noteras que ce pseudonymat AFK ne m'a pas empêché de tenir des propos qui t'ont interloqué / blessé à propos de Z.
Quand je n'ai pas le temps et / ou si je dispose d'une attention limitée (et c'est souvent le cas dans notre monde moderne…), je fais simple et court : Y'a X temps, j'étais un inconnu pour toi. Y'a Y temps, ta copine / ton copain était aussi un⋅e inconnu⋅e. Pourtant, maintenant, vous baisez ensemble… Tu baises avec un⋅e ex-inconnu⋅e qui t'as dit qu'il⋅elle se prénomme Y et tu t'en portes bien ! L'anonymat n'est pas dangereux. Vous vous êtes découverts. Tu noteras qu'il⋅elle peut toujours te faire souffrir, alors qu'il⋅elle n'est pourtant plus un⋅e anonyme.
Le directeur du groupe Audiens est parti avec un beau parachute doré.
Que les gros salaires lèvent le doigt ! Après l’augmentation maousse du président de la Macif, révélée par « Le Canard » (23/1), un autre groupe de complémentaires retraite et de santé clôture ses comptes 2018 sur un bel exploit de tiroir-caisse.
Chez Audiens, le patron, Patrick Bézier, est parti, en juin 2018, avec un parachute en or massif : douze mois de salaire, soit 300 000 euros net, qui s’ajoutent aux indemnités légales. Le directeur général n’était, jusque-là, pas trop maltraité : en 2017, son salaire culminait à 422 000 euros brut annuels, selon les éléments recueillis par « Le Canard ».
Pas mal, pour un groupe de protection sociale à but non lucratif ! Au total, entre son salaire, ses indemnités de départ à la retraite et un énorme solde de tout compte (congés payés, etc.), ce patron très protégé a ainsi touché 1,9 million brut en 2018. De quoi tutoyer certains dirigeants du CAC 40…
Malhonnêteté du Canard : les sommes légalement dues ne peuvent pas être valablement prises en compte…
Générosité bien ordonnée
Le méritant dirlo, qui était aux manettes d’Audiens depuis quinze ans, a aussi eu droit à deux retraites chapeaux, l’une au titre de l’article 39 du Code général des impôts, l’autre au titre de l’article 83. De quoi faire saliver les nombreux précaires qui cotisent chez Audiens : le groupe gère les congés spectacles des intermittents ou encore les caisses de retraite des pigistes…
Notre nouveau retraité n’a pas encore tiré sa révérence : il est toujours « conseiller spécial » de la nouvelle patronne, Odile Tessier, et président d’Audiens Care, le pôle santé du groupe. Mais ces deux casquettes sont portées « à titre bénévole », assure Patrick Bézier. C’est beau ! Quant au montant de ses émoluments, Patrick Bézier trouve « plus honnête de parler en net, et même en net après impôts (sic) », et tout est question de point de vue, explique-t-il au « Canard » : « Audiens regroupe une dizaine d’institutions de retraite, de prévoyance, etc. Je touchais un salaire pour diriger chacune d’elles. Ramené à chaque société, ça fait des montants très raisonnables. » Défense de rire ! « Par exemple, pour diriger la mutuelle d’Audiens, j’étais payé 5 000 euros par mois. » Une aumône. Et certains reprochent encore aux mutuelles d’augmenter leurs tarifs pour payer leurs copieux frais de gestion…
Les conditions très dorées de son départ, elles, ont été fixées « il y a un peu plus de dix ans, quand les choses allaient bon train, ajoute Bézier, et tout a été approuvé en conseil d’administration ». Sympathique de la part des syndicats et du patronat, qui gèrent paritairement le groupe ! « Il a très bien manœuvré, pendant des années, pour se mettre tout le monde dans la poche, notamment la CGT, qui y joue un rôle clé », estime un ancien de la maison.
Et, si Audiens est « à but non lucratif », Patrick Bézier juge ses émoluments « dans la norme »… du secteur lucratif : « On fait le même métier que des groupes d’assurances où les dirigeants touchent, eux, des stock-options. »
Vive le nivellement par le haut !
Pour rappel, j'ai approfondit la question des frais de gestion des assurances-santé et ceux de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (comparaison public / privé, proportion des cotisation, utilisations, etc.) dans un autre shaarli.
Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.
Jusqu'au 27 février, Laurent Montet crevait l’écran. C’était un « expert » cathodique reconnu. L’un de ces spécialistes « vus à la télé » qui écument les plateaux en donnant leur avis sur tout. Son truc à lui, c’était la criminologie. Avec un titre ronflant de « docteur » et un CV accumulant diplômes universitaires, travaux et publications long comme un casier judiciaire de grand bandit, Montet avait ses entrées partout : LCI, NRJ 12, C8… Dès qu’il y avait un crime, Montet venait en expliquer le sens.
En 2014, d’ailleurs, il avait ouvert Forcrim, « l’école professionnelle des criminologues en France », permettant de valider des masters et de préparer son entrée dans la profession. La scolarité coûtait cher et l’expert demandait aux étudiants de payer leur inscription au plus vite, et si possible en mandat cash. Forte des conventions signées avec de nombreuses uni— versités, la haute école de criminologie parisienne a attiré nombre d’étudiants. Transformés en pigeons.
Le doctorat de Montet ne valait rien, sauf en Côte d’Ivoire (« Le Parisien », 28/2). Tous les partenariats brandis par l’expert étaient faux ou périmés. Et les cinq années d’études n’ont aucune valeur en France. C’est pour cela qu’une trentaine d’étudiants s’étaient portés partie civile, ayant perdu — selon l’avocat général — « de l’argent, du temps et l’estime de soi » (« L’Est Eclair », 1/3). Comme ces étudiants étrangers désormais dans l’impossibilité de justifier leur présence en France.
Il y a quelques années, Montet avait déjà été rappelé à l’ordre par la justice, sans en tenir compte. « C’est un usurpateur des lois. C’est un escroc », a tonné le ministère public, le 27 février, dans son réquisitoire. Alors, révocation du sursis antérieur, 3 ans ferme et arrestation à l’audience.
On est curieux de voir quel « expert » viendra nous expliquer le cas Laurent Montet à la télévision…
Le bullshit lolilol de la semaine.
Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.