Les taux d’intérêt étant toujours très bas ont eu pour résultat, écrivent « Les Echos » (14/3), que « la dette des entreprises atteint un niveau record ». Elle culminait, en 2018, à 4 000 milliards d’euros, soit 175 % de la valeur du produit intérieur brut (PIB), contre 121 % en 2000. En Europe, sur ce terrain, on est les meilleurs : les dettes des entreprises s’élèvent à moins de 125 % du PIB en Espagne, 105 % en Italie, et sont stables depuis vingt ans en Allemagne, autour de 85 %.
Attention toutefois : l'article des Echos du 14 mars 2018 s'appuie sur des chiffres fournis par une agence de notation sur la période mi-mai 2018. Or, à la fin 2018, le même journal rapportait les propos de la banque de France qui estimait alors que la dette privée représentait 132 % du PIB à la fin 2018.
À comparer à la dette publique française : environ 2 300 milliards / 99 % du PIB au 3e trimestre 2018. Comme quoi, le méchant public mauvais gestionnaire blablabla, c'est du pipeau. Comme quoi, utiliser la dette publique pour justifier des coupes dans les services publics, c'est du flan.
Ce super endettement des boîtes françaises n’est pas grave. Sauf si les taux d’intérêt se mettent à remonter.
Ça illustre quand même que l'économie est fragile mais que « jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici… »
D'une part, avec un tel taux d'endettement, les sociétés commerciales ne sont déjà plus en capacité d'investir, car la majeure partie de leur chiffre d'affaires est utilisé pour rembourser leur dette, ce qui entraîne une perte de compétitivité par obsolescence sur le moyen terme.
D'autre part, cela signifie que le moindre pépin dans la production (obsolescence, conditions météo, fluctuations boursières, contraintes législatives/réglementaires, etc.) peut entraîner la fermeture de ces sociétés. Elles doivent donc vendre toujours plus donc produire toujours plus… ce qui est un non-sens puisque les ressources terrestres sont finies. Donc, la dette privée est utilisée comme levier pour que rien change, pas de contraintes législatives bénéfiques pour le climat sinon chômage de masse à prévoir, par exemple.
Si un nombre suffisant de sociétés commerciales n'arrivent plus à rembourser leur dette, les organismes de crédit commencent à vaciller, car leur titre de créances ne valent plus rien. Évidemment, ces titres ont été incorporés dans des produits financiers en tous genres et vendus à travers le globe en toute opacité donc tous les organismes financiers flippent et revendent leurs produits à la hâte… Et comme tout le monde vend et que personne veut acheter, la valeur de ces produits financiers diminue, ce qui accélère la chute des organismes financiers…
Si l'État choisi de racheter partiellement la dette privée, alors elle est mutualisée et c'est les personnes imposables qui la payeront (et ça justifiera en passant des coupes dans les services publics), ce qui fera augmenter la dette publique en passant.
Si l'État choisi de ne pas racheter la dette, alors les organismes financiers utilisent les dépôts des épargnants et, comme les fonds de garantie publics (les fameux 100 000 € par compte) ne sont pas suffisamment provisionnés, il y aura des perdants et c'est encore les citoyens qui payeront les pots cassés.
Je parle ici des sociétés commerciales, mais le raisonnement est identique avec les ménages. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à partir de 2007.
Quand les gens sensés nous disent que le crédit institutionnalisé est une véritable saloperie…
Dans le Canard enchaîné du 20 mars 2019.
Vous avez sûrement entendu parler de ces haricots verts surgelés contaminés par le datura. Des enseignes comme Leclerc et Carrefour ont dû rappeler en catastrophe des milliers de boîtes soupçonnées de contenir cette herbe toxique qui provoque des troubles neurologiques. Pour la petite histoire, le conditionneur des « haricots qui rendent fous » est l’un des plus gros transformateurs de fruits et légumes au monde, le groupe belge Greenyard déjà impliqué, l'été dernier, dans l'affaire des légumes surgelés contaminés a la listeria, qui a ait neuf morts en Europe (« Conflit », 12/9/18).
Depuis quelques années, c'est le branle-bas dans les conserveries pour détecter la mauvaise herbe dans les boîtes de haricots, de maïs, de soja, de petits pois… Les usines de conditionnement ont été équipées de systèmes de tri à lecture optique afin de repérer l'indésirable, car la tige du datura imbibée d’alcaloïdes hallucinagènes ressemble comme deux gouttes d’eau a un haricot. Dans les champs, une filiale de Thales vend carrément, pour lutter contre le fléau, des drones équipés de caméras intelligentes.
De l’avis des ingénieurs agronomes, si l’« herbe du diable » s'est mise a proliférer, c’est notamment en raison de l'interdiction d’une série d'herbicides. Autant dire que les agriculteurs bio ont du mouron à se faire avec le datura. Depuis novembre dernier, 150 personnes ont été hospitalisées après avoir mangé des galettes et des pâtes à la farine de sarrasin bio. A leur arrivée aux urgences, tous présentaient les mêmes symptômes : tachycardie, pupilles dilatées, désorientation, paroles incohérentes et hallucinations.
Avant le rappel par la Répression des Fraudes (DGCCRF), 12 tonnes de pâtes et de farine bio suspectes avaient été écoulées dans les rayons. En février 2018, de la farine bio de sarrasin avait dé]à envoyé cinq personnes à l'hôpital. D'après les infos du « Canard », la DGCCRF a demandé à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de se repencher dare-dare sur les dangers de l’herbe maudite. Les Fraudes veulent savoir si le seuil d'alerte fixé, il y a dix ans, à 100 microgrammes d’alcaloïdes par kilo n’est pas trop élevé pour les farines de sarrasin, vu que les meuneries peinent à distinguer les graines toxiques des graines de céréales. Bizarrement, il n'existe aucune réglementation européenne sur le sujet. C'est fou, non ?
Dans le Canard enchaîné du 20 mars 2019.
Au tableau d'honneur, le lycée chinois Guangya de Guangzhou mérite une première place pour les 3 500 bracelets électroniques dont sont équipés ses élèves : des joujoux épatants qui permettent notamment de savoir, selon « M le Magazine du Monde » (16/3), combien de fois un lycéen lève la main. Une autre école se distingue grâce à l'« uniforme intelligent », doté d'une puce et d'une alarme permettant de localiser le rebelle qui sèche les cours.
L'embrigadement sous la vareuse de l’Armée populaire, en comparaison, c'est du pipeau !
Quel est l'intérêt de mesurer le nombre de fois qu'un élève lève la main ? De nos jours, nous savons tout mesurer, sauf la pertinence de nos mesures. Quant à tracer les sécheurs, c'est sûr que ça va leur apprendre à être responsables…
Dans le Canard enchaîné du 20 mars 2019.
Une plainte pour « acte de terrorisme » et « complicité » vise Tereos, la plus grosse coopérative agricole française. Plusieurs coopérateurs du géant du sucre viennent de saisir le pôle antiterro du parquet de Paris afin qu’il enquête sur la découverte, en novembre 2016, de sacs de sorbitol estampillés « Tereos » dans les entrepôts de Daech.
Le sorbitol est un édulcorant utilisé par l’industrie pharmaceutique et par l’agro-alimentaire pour fabriquer des bonbons. Mélangé à du nitrate de potassium, il devient un puissant explosif. Les islamistes n’ont pas le droit d’aimer les confiseries ?
C’est lors de la libération de Mossoul, en Irak, que l’ONG britannique Conflict Armament Research a mis la main sur des dizaines de sacs de sorbitol provenant des usines picardes du sucrier. Une cargaison détournée à l’insu de Tereos, conclura le rapport de l’ONG. Fin de l’histoire ? Non.
Glucose toujours
D’après les huit betteraviers plaignants, la coopérative aurait continué de fournir du sorbitol en Syrie jusqu’en septembre 2017 — alors même qu’un rapport interne, exhumé par « Marianne » (22/2), recommandait de cesser ces livraisons. Les plaignants accusent froidement leur coopérative d’avoir « aidé à la préparation d’actes terroristes par le groupe Daech ».
« Nous n’avons jamais vendu de sorbitol ni à Daech ni au régime de Bachar El Assad, indique un porte-parole de Tereos au “Canard”. Quant aux livraisons en Syrie, elles étaient légales, parfaitement contrôlées et se limitaient à l’industrie pharmaceutique. » Et de dénoncer « une opération de déstabilisation », dernier avatar de la guerre que, depuis des mois, se livrent l’équipe dirigeante et des coopérateurs frondeurs pour le contrôle de l’entreprise.
Reste à savoir si la justice se montrera tout sucre.
Il est intéressant de noter que des coopérateurs ne semblent pas avoir le contrôle des décisions prises au sein de leur coopérative. À quoi bon coopérer, alors ?
Dans le Canard enchaîné du 20 mars 2019.
« Grande priorité nationale », la lutte contre la fraude fiscale n’est pas une grande priorité budgétaire. La preuve avec les chiffres de la section financière du parquet de Paris, sur lesquels « Le Canard » a posé sa palme. En 2012, 12 enquêteurs planchaient sur 267 saisines, et il leur restait 148 dossiers à écluser en fin d’année. En 2016, l’effectif était réduit à 6 enquêteurs, pour 239 dossiers à Noël. Le pompon ? En 2018, seuls 8 malheureux enquêteurs s’escrimaient, et 468 dossiers bourraient les placards à la Saint-Sylvestre !
Avec ces maigres troupes, la section financière de Paris ne parvient à traiter que 50 dossiers par an : c’est ce qu’a déclaré, l’an dernier, François Molins, ancien proc de Paris, à l’Assemblée nationale.
A ce rythme, des années seront nécessaires pour écluser le stock qui augmente… « Nous traitons des dossiers portant sur des faits commis en 2009-2010, se désespère un magistrat, et il faut environ dix-huit mois d’attente pour qu’ils passent à l’audience. » Ils risquent d’y arriver en 2021…
Hum… Est-ce en partie pour cela que les délais avant prescription en matière de fraude financière (entre autres) ont été augmentés en 2017 ?
Dossiers a la peine
De guerre lasse, et histoire d’accélérer la cadence, Rémy Heitz, le procureur de Paris, va orienter les fraudeurs vers la procédure du « plaider-coupable » (où la peine est négociée), désormais permise pour les délits financiers. Cela ne créera toutefois pas de postes d’enquêteur. La pénurie d’effectifs est dénoncée par la plupart des procureurs généraux dans leurs rapports.
Il faut croire que l'air du temps privilégie l'illusion de la justice (plaider-coupable) à la justice… C'est bien triste…
« Ça date de Sarkozy, observe un haut magistrat. Avec son obsession de “remettre la police sur le terrain”, plein d’officiers de police judiciaire ont été affectés dans des commissariats. » Dans son rapport du 12 décembre dernier, la Cour des comptes juge le ministère de l’Intérieur « fortement mobilisé par d’autres priorités, telles que le terrorisme et l’immigration irrégulière ».
Certes, Beauvau a assuré à la Cour que « la délinquance économique et financière [allait] redevenir l’une de ses priorités ». Mais la vue de malheureux trimant sur de trop vieilles affaires de délinquance fiscale n’attire guère les candidats, flics ou procs. « On dirait que tout le monde s’en fout », se plaint un juge. Quelle idée ! Bercy n’a-t-il pas, cette année, créé une police fiscale ? Elle s’ajoutera à tous les services déjà dédiés à cette grande cause sans — espère-t-on — dégarnir leurs effectifs…
Dans le Canard enchaîné du 20 mars 2019.
La possibilité de résilier son assurance santé complémentaire à tout moment est, a priori, sur les rails législatifs. Un débat autour d’une proposition de loi allant dans ce sens, déposée par le groupe LRM en février, est en effet programmé ce mercredi 20 mars à l’Assemblée. En clair, la traduction législative d’une promesse de campagne du candidat Macron.
Le souci, c’est que cette proposition de loi macroniste ne sied guère aux mutuelles. Aussi ont-elles lancé leurs lobbyistes à l’assaut des députés de la majorité autour du thème : « Si cette proposition de loi est votée, cela va se faire au détriment des assurés sociaux, car cela risque de nous conduire à augmenter nos tarifs. » Un argument qui a fait vaciller un certain nombre de parlementaires macronistes.
« Un lobbying démentiel, qui me paraît très dangereux », a accusé le député MoDem Patrick Mignola, mardi matin au petit déjeuner des responsables de la majorité. Gilles Le Gendre, le patron des députés macronistes, a, pour sa part, promis que la proposition de loi serait votée.
Il avait déclaré avec autant d’assurance que la loi anti-casseurs passerait sans problème. En fin de parcours : 50 abstentions au sein de son groupe, et la nécessité pour Macron de saisir le Conseil constitutionnel.
Pour information.
Cet article est fortement incomplet. Lisons la """"préface"""" de cette proposition de loi :
Elle précise donc que la faculté offerte aux assurés par la loi relative à la consommation du 17 mars 2014 de résilier leur contrat d’assurance à l’expiration d’un délai d’un an à compter de la première souscription s’applique également à des contrats d’assurance de personnes souscrits par un employeur pour ses salariés.
2014 : on se dit que l'on va assurer de force un maximum de monde. 2019 : on se dit que l'on va assurer au maximum de monde sauf ceux qui ne le veulent pas. Comme disait ma grand-mère : « faire et défaire, c'est toujours du travail ». C'est désespérant… Bullshit job spotted…
La réaction des mutuelles est comique : ces organismes capitalistes, comme d'autres, prônent toujours la concurrence forcenée. Cette proposition de loi rend le travailleur moins captif, donc elle accroît la concurrence. Et, bizarrement, ça pose un problème à ces organismes. J'apprécie toujours autant de déceler ce genre de contradictions : la concurrence, c'est bien, mais pour les autres, nous on préfère une """"garantie"""" de non-concurrence offerte par l'État, communisme-style. :))))
Dans le Canard enchaîné du 20 mars 2019.
Il est toujours violet, donc reconnaissable, plus petit, donc plus discret, et cette fois orné d’une poignée de main censée célébrer l’amitié entre les cantons… Le nouveau billet de 1 000 francs suisses a été lancé le 13 mars. Valant environ 881 euros, c’est le billet le plus cher du monde, depuis l’abandon par Singapour du bifton de 10 000 dollars en 2014…
C’est aussi la « monnaie de choix » des criminels, qui favorise la corruption, le blanchiment, la fraude fiscale, le financement du terrorisme, etc., accuse Transparency International, qui prônait son abandon. C’est précisément pour cette raison que la Banque centrale européenne a cessé, fin 2018, de fabriquer des biftons de 500 euros. Au grand dam des Allemands, qui, comme les Suisses, ont l’habitude de régler en liquide leurs gros achats.
Le talbin de 1 000 CHF est une vedette qu’on s’arrache : sur les 72 milliards de francs suisses circulant en numéraire en 2016, il se taillait la part du lion, avec 45 milliards, soit 62 % des coupures… En tout bien tout honneur, bien sûr ? En outre, le Parlement suisse est en train d’examiner une loi pour le rendre valable à vie, supprimant le délai d’échange fixé à vingt ans en cas d’émission de nouveaux billets.
A côté, les billets de 100 dollars alignés en rangs serrés dans les mallettes des films de gangsters font vraiment petit joueur…
Ho, j'ignorais l'existence de tels billets. Un billet de 1 000 $ a également existé. :O Je pensais que les gros billets mentionnés dans la série télévisée les Simpson étaient des canulars (1000 $ dans l'épisode 4 de la saison 15, et 1 trillion de dollars dans l'épisode 20 de la saison 9). :D Encore une fois, la Suisse me redonne foi en l'humanité : de grosses coupures sont encore en circulation. :)
Dans le Canard enchaîné du 20 mars 2019.
Ah ! Le fameux choc des photos ! Le samedi 16 mars, à l’occasion de l’acte XVIII de la protestation des gilets jaunes, l’avenue des Champs-Elysées a été méthodiquement saccagée, du kiosquier parisien au bijoutier de luxe, en passant par le Fouquet’s ou un prestigieux fabricant de macarons.
Pour illustrer cette information, la journaliste et essayiste Natacha Polony a diffusé sur sa Polony.tv, site Web humblement qualifié de « média libre de la France souveraine », trois photos de casseurs avec pierres, nuées de lacrymogènes et drapeau frappé du A entouré de rouge. La photo principale, montrant la horde noire montant à l’assaut, a d’ailleurs été reprise à son compte par Marine Le Pen, avec la légende : « A Paris, les cagoules noires ont remplacé les gilets jaunes. Les Black Blocs détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité. »
Problème : si la photo est bonne, elle n’est pas d’actualité. Elle a été prise le 1er mai 2018, lors d’une manifestation syndicale qui avait dégénéré. Et, des deux autres clichés postés par Polony, un seul est véritablement daté du 16 mars. Alors que les scènes de saccage n’ont pas manqué sur les Champs, ce jour-là.
Poids des photos, encore, avec la pause ski de Macron à La Mongie, dans les Pyrénées. En quelques heures, deux photos prétendument datées du 16 mars 2019 sont devenues virales. Macron et madame souriants, emportés par un télésiège fraîchement repeint vers les cimes enneigées. Et les mêmes à table, le Président servant du vin en magnum à ses invités. Alors, oui, Macron et madame étaient bien à La Mongie le week-end dernier, mais ils ont dû écourter leur escapade à l’annonce du désastre des Champs. Et ces photos insouciantes, qui polluent les réseaux sociaux, datent du 12 avril 2017.
Les sites du « Point » ou de « Elle » ont publié ces documents d’un autre âge. Et des personnalités, comme Nadine Morano ou Alain Houpert, sénateur LR de la Côte-d’Or, se sont indignés avec délice, tweettant : « Paris entre la main des casseurs. Macron fait du ski… Jamais un président n’a eu un tel comportement ! Mais quelle honte ! », pour Morano, et « Ils déjeunaient à La Mongie pendant que Paris brûlait. Je ne comprends pas », pour Houpert. Qui continue : Il faut qu’on m’explique ! »
Voilà qui est fait…
Je ne comprends pas : on nous a appris que ce genre de manipulations était l'œuvre exclusive des citoyens sur les réseaux sociaux numériques, et surtout pas des journalistes encartés très très sérieux et méticuleux qui, au grand jamais ne laisseraient passer des manipulations aussi grossières. Je suis tout désorienté, moi, maintenant.
Dans le Canard enchaîné du 20 mars 2019.
‒ […] N'avez-vous pas peur d'envoyer un mauvais signal à la jeunesse souvent en manque de références ? Parce qu'on sait tous aujourd'hui qu'Hitler était végétarien.
‒ Oui… Enfin si je suis votre logique, Picasso, par exemple, est un grand peintre et ça ne l'a pas empêché d'aimer la tauromachie.
‒ Oui, c'est ça, donc en fait c'est un débat d'idées, quoi ?
‒ Bien sûr, c'est une question de vivre ensemble en harmonie.
‒ Je suis d'accord. C'est pour cette raison qu'on se doit de respecter ceux qui pensent qu'Hitler était un grand homme bien qu'il n'aima pas la viande et que Picasso était un barbouilleur de merde avec une sensibilité artistique suffisante pour lui faire apprécier une bonne corrida.
‒ Ha ben là c'est sûr que pour le vivre ensemble, ce n'est pas gagné !
‒ Ha non, mais c'est pas dit, vous savez ! Ce sont souvent les arguments basés sur le bon sens et un sens aigu de notre histoire qui font avancer notre société ! Hé !
:')
[…] Grâce à ces cours 2.0, l'élève est initié à un futur certain qu'il sera en mesure d'aborder avec tous les repères nécessaires. […] Alors, pour s'immoler devant Pôle Emploi, il vous faudra un briquet et… un jerricane d'essence.
Tellement vrai…
(oiseau qui piale) chirp chirp
‒ Quel joli chant, je me demande ce qu'il est en train de chanter.
(oiseau qui piale) chirp chirp
‒ Peu importe, je suis sûre que c'est quelque chose de magnifique
(oiseau qui piale) chirp chirp Quelqu'un ici veut baiser ?!
:DDDD
‒ Elève Chapron, citez-moi les trois pouvoirs qui constituent l'État !
‒ Eh bien, la spoliation, l'injustice et, heu… le mensonge.
‒ Ce n'est pas ce que je vous ai appris !
‒ Normal, vous faites partie du système.
:D
Quand la fiction satirique égale la réalité, ça fait flipper.
Nous avons un serveur LDAP OpenLDAP. Nous constatons qu'il cesse parfois de répondre aux requêtes.
Regardons le journal (par défaut, c'est rangé dans /var/log/syslog, mais ici, nous rangeons dans un fichier distinct) :
slapd[16769]: warning: cannot open /etc/hosts.allow: Too many open files
slapd[16769]: warning: cannot open /etc/hosts.deny: Too many open files
[…]
slapd[16769]: daemon: accept(8) failed errno=24 (Too many open files)
Trop de fichiers ouverts amènent à ne plus accepter les connexions entrantes (accept() est un appel système permettant… d'accepter une connexion entrante).
Pourtant, OpenLDAP utilise seulement deux fichiers dans /var/lib/ldap pour stocker et verrouiller les données… Comment peut-il dépasser une quelconque limite ? Regardons le nombre et la nature des fichiers ouverts par slapd (16769 est l'identifiant du processus slapd) :
$ ls -lh /proc/16769/fd | wc -l
988
$ ls -lh /proc/16769/fd
[…]
lrwx------ 1 root root 64 Mar 26 18:36 95 -> socket:[21061503]
lrwx------ 1 root root 64 Mar 26 18:36 97 -> socket:[21061505]
lrwx------ 1 root root 64 Mar 26 18:36 98 -> socket:[21119854]
lrwx------ 1 root root 64 Mar 26 18:36 99 -> socket:[21119861]
[…]
Hum, des sockets… Donc un grand nombre de fichiers ouverts s'explique par un "grand" nombres de connexions persistantes établies par nos utilisateurs.
Creusons avec ss (ss -tapn | grep -E ":(389|636)" | grep -v 'LISTEN' | awk '{print $5;}' | cut -d ':' -f 1 | sort | uniq -c, par exemple) : très peu de connexions en attente de fermeture, les connexions sont réparties donc ce n'est pas un serveur qui s'est emballé. Un grand nombre de connexions n'est pas étonnant vu les différents éléments susceptibles de les déclencher (site web, authentification RADIUS, authentification GNU/linux, mapping UID/GID sur les montages NFS/CIFS par les machines GNU/Linux, etc.).
À combien est positionnée la limite du nombre de fichiers ouverts pour le processus slapd ? (16769 est l'identifiant du processus)
$ grep -i "open files" /proc/16769/limits
Max open files 1024 4096 files
Ha, oui, nous en sommes vraiment très proche de la limite soft…
À partir de là, nous avons plusieurs possibilités dont l'augmentation de la limite ou réduire le timeout après inactivité TCP.
Par simplicité (je n'ai pas vraiment envie de tuner mon sous-système TCP pour un service si banal), j'ai choisi la première option.
Changer ce genre de limite a toujours été une plaie. /etc/security/limits.conf ne fonctionne pas, et, en général, on se contente d'utiliser la commande ulimit dans le script d'init.
Systemd permet de positionner plus facilement ce genre de limites :
mkdir /etc/systemd/system/slapd.service.d/Dans /etc/systemd/system/slapd.service.d/override.conf, saisir :
[Service]
LimitNOFILE=2048
systemctl daemon-reloadsystemctl restart slapdgrep -i "open files" /proc/27079/limits
Max open files 2048 2048 files
Notes :
systemctl edit slapd ;for i in $(seq 1 500); do telnet ldap.exemple 389 & done. Pour arrêter les connexions : killall -9 telnet.Il s'en passe des choses dans le dépôt apt principal de Debian ces jours-ci.
Wheezy a été supprimée du dépôt principal à la fin de la semaine dernière (semaine 12). Elle est désormais disponible uniquement dans les archives (archive.debian.org).
Hier / aujourd'hui, tous les bouts de jessie non couverts par la LTS (les architectures autres que i386, amd64, armel et armhf, jessie-updates et jessie-backports) ont été supprimés du dépôt principal. Les backports sont disponibles dans les archives.
Du coup, j'affine ma compréhension du cycle de vie de Debian :
Lorsque j'essaye d'illustrer que l'Union européenne, ce n'est pas totalement de la merde, j'utilise les exemples d'Erasmus et les décisions plutôt positives (il existe des contre-exemples, notamment concernant la vente forcée d'un système d'exploitation avec un matériel) de la Cour de justice de l'UE et de la Cour européenne des Droits de l'Homme. Dans ces moments-là, y'a toujours un esprit chauvin pour me rétorquer que l'on pourrait très bien se passer de l'UE tout en ayant un Erasmus-like et des décisions de justice de qualité.
Oui, on pourrait mais non, on ne pourrait pas.
Oui, on pourrait changer structurellement les institutions judiciaires françaises afin que ce système soit en capacité de produire des décisions plus saines. Revoir l'emprise de l'exécutif sur la justice via les parquets. Revoir la composition de la section des contentieux du Conseil d'État (le top 10 des promos de l'ENA) et du Conseil constitutionnel (beaucoup de politiciens, peu de juristes constitutionnels). Oui, il y aurait plein de paramètres à faire évoluer.
Non, les décisions de justice ne seraient pas meilleures après un renfermement sur nous-même.
Les chiffres cognent d’eux-mêmes. En 2018, selon un rapport sénatorial sur l’usage des balles de défense, qui vient d’être rendu public, les gendarmes ont tiré au LBD à 983 reprises, contre 19 071 fois pour les policiers. Y a pas photo.
L’auteure de ce rapport, la sénatrice (LR) Jacqueline Eustache-Brinio, insiste surtout sur l’incroyable inflation qui frappe l’utilisation de cette arme. En 2014, on ne recensait en effet que 3 821 tirs, dont seulement 7 effectués par les gendarmes.
Nan, mais comme nos politiciens disent ces derniers jours : c'est une LR du Sénat, elle cherche à déstabiliser Macron, rien de plus, c'pas sérieux, voyons.
Un calcul auquel se sont aussi livrés les gendarmes avec délice, révélant, dans « L’Essor », organe non Officiel de la maison pandore, que, « sur les 9 228 tirs de balles de défense effectués dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, 1 065 l’ont été par les gendarmes. Les policiers sont donc à l’origine de 8 163 tirs, soit 90 % de l’ensemble ». Chaque fois que l’occasion se présente, c’est une usuelle tacatacatac-tactique du gendarme que de décrocher un coup de matraque aux camarades flics.
De leur côté, les syndicats de police n’en démordent pas. Répondant à Jacques Toubon, le défenseur des droits, qui réclamait la suspension des LBD dans le maintien de l’ordre, ils ont répondu : « Si le législateur décidait de retirer l’armement intermédiaire non létal aux forces de l’ordre, il resterait quoi ? L’arme de poing ou le fusil d’assaut » (RTL, 17/1). Presque mot pour mot ce qu’a répété cette semaine le ministère de l’Intérieur, qui estime que, sans LBD, les flics n’auraient que « le corps-à-corps ou leur arme de service pour gérer une situation qui dégénère ». C’est-à-dire le choix entre perdre un œil ou perdre la vie.
Mais, pour l’heure, c’est l’utilisation de ce nouveau « flashborgne » qui dégénère. Dans une tribune signée par 35 ophtalmologistes (le « JDD », 10/3), les praticiens dénoncent : « Une telle épidémie de blessures oculaires gravissimes ne s’était jamais rencontrée. » Comme le Conseil de l’Europe en février, qui avait appelé la France à « suspendre l’usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre », ces médecins demandent « instamment un moratoire dans l’utilisation de ces armes invalidantes ».
Cette arme, c’est d’ailleurs Jean Verney-Carron, fabricant français du Flash-Ball — abandonné par la police et la gendarmerie au profit du LBD 40 suisse —, qui en parle le mieux. Fatigué de voir son flash—Ball, marque déposée, associé dans la presse aux blessures des gilets jaunes, cet expert tient à le rappeler : « Le LBD 40 est beaucoup plus dangereux. La balle est un calibre de 40 mm. Un calibre de guerre » (« Le Parisien », 9/12/1 8).
Rien ne vaut l’avis d’un spécialiste.
Dans le Canard enchaîné du 13 mars 2019.