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  • Envoyé spécial. "Nous sommes tous des casseurs" (France 2) - YouTube

    Bon documentaire qui donne la parole et analyse les mouvements d'extrême-gauche au-delà des vitrines brisées et de l'affrontement avec la police. J'en recommande le visionnage.

    • Les prétendus casseurs ne sont pas des idiots. Ils viennent de famille CSP+, ils sont étudiant⋅e⋅s, etc. lls ont la conviction de réaliser des actes politiques. Transformer les manifs pour les rendre utiles (exemple : le gouvernement ne pourra pas négocier avec un cortège autonome sans structure hiérarchique donc organisons-nous ainsi). S'organiser et résister à l'oppression policière qui tabasse des innocents (étudiant, travailleur déjà ensanglanté, etc.) face caméra. Lutte contre un système politico-économique qui produit, par conception, de la violence, des fascistes, une exploitation de la nature et des rapports sociaux de domination. « Les partis politiques même novateurs comme Podemos et Syriza sont un échec donc il faut s'organiser, prendre des lieux et changer un peu le cours de la vie, etc ».

    • On retrouve le côté chevalier blanc que ce que l'on constatait dans les mouvements des années de plomb en Europe de l'Ouest : "si ça libère les gens alors je suis prêt à casser les objets et les gens responsables de l'oppression que je dénonce" ;

    • Un espion explique que les manifs contre la loi travail de 2016 ont fait se rencontrer des banlieusards faiblement politisés et des mouvements fortement politisés qui suivent une idéologie autonome. Les premiers se politisent au contact des seconds, les seconds prennent un ton plus violent au contact des premiers.

    • Dans ce docu, on entend beaucoup de désespoir concernant un système à bout de souffle qui épuise la nature et les humain⋅e⋅s. Notamment :

      • Une mère de famille cadre dans l'informatique déclare (à propos d'un vote socialiste versus Le Pen) :

        Non [ je ne voterai plus socialiste ]. Tans pis, on va laisser les Français se démerder avec Marine Le Pen.

      • Un responsable de la CNT expose :

        Le capitalisme est une société violente. L'État est une institution violente. On est dans un monde tellement violent que montrer du doigt une violence de paillette [ NDLR : les casseurs ] pour faire des images TV, quel foutage de gueule ! Aller bombarder la Syrie, c'est eux qui décident ! Quand ils vendent des rafales à l'Arabie saoudite qui les refile à j'sais pas qui, c'est qui qui fait ça ?! C'pas les ouvriers, c'pas les travailleurs, c'pas les 3 pekins qui font péter une vitrine ! C'est l'État, les patrons, etc. […] Moi j'aimerai bien que la presse, […], les politiques, les gens, s'intéressent à la violence structurelle du système et aux millions de morts et aux dégâts que ça fait.

      • Une ex-députée européenne, productrice pour France Inter expose :

        Si on n'a pas une analyse politique, ça [ NDLR : les casseurs ] peut choquer. Mais est-ce que ça choque les morts sur les chantiers tous les jours parce qu'ils n'ont pas de papiers, parce qu'ils n'ont pas de mesures de sécurité, parce que les patrons ne veulent pas payer ? Est-ce que ça choque tous les gens qui sont sous anti-dépresseurs, ou qui se suicident, au travail ou au chômage ? Est-ce que ça choque les pays d'Afrique que l'on est en train de piller et où les gens meurent ? Est-ce que ça choque toutes ces morts-là tous les jours de mort lente d'alcool, d'anti-dépresseurs, etc. et même dans votre entourage ? Ça, ça ne choque pas ?! Moi ça me choque davantage. Ça c'est des vrais casseurs, des casseurs de vie, pas de vitrines.

    • Le documentaire démonte le montage en neige et l'instrumentalisation du prétendu saccage d’une partie des façades de l'hopital Necker durant les manifs de 2016 attribués aux Black Blocks alors que les images montrent que les projectiles visent la flicaille, pas l'hôpital, et que les impacts sur les fenêtres sont effectués par des personnes isolées qui ne se sont pas rendu compte qu'il s'agit d'un hôpital et qui s'arrêtent dans leur entreprise dès qu'on le leur signale.

    • Le documentaire présente rapidement quelques mouvements qui sont dans le collimateur des services de renseignement : la confédération nationale du travail - CNT (le syndicat anarcho-révolutionnaire), l'AFA (action antifa Parie banlieu) et le Mili (mouvement inter-lutte indépendant) qui seraient sans peur de la flicaille, qui recruteraient suite à des actes violents de la police, etc.

    • En bouquet final, je te laisse apprécier les propos de Cambadélis à la fin du reportage. Il explique que ça ne sert à rien de voter, que toute façon, personne n'a compris que "mon ennemi c'est la finance", c'était de la rhétorique, pas le programme du PS ni la tonalité de la candidature d'Hollande et qu'il est illusoire de penser que tout ce que l'on dit dans une campagne électorale sera l’élément qui permettra de répondre à la situation (ce que je trouve vrai, mais vu que les citoyen⋅ne⋅s n’ont pas la parole en dehors des élections, je trouve honteux ce propos de Camba).
    Tue May 8 17:30:04 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=-VVzHq0peaE
  • A Paris, les manifestants réussissent une joyeuse «Fête à Macron» - Page 1 | Mediapart

    Je retiens :

    • Un mode d'expression un peu renouvelé : des chars et des marionnettes tournant Macron en dérision, de la bonne humeur, etc. ;

    • La classe politicienne s'est plainte de la violence symbolique des slogans brandis et des chants entonnés… … … toujours sans s'interroger sur la violence des propos (trop) souvent méprisants de Macron et sur celle des décisions de toute la classe politicienne, du président aux parlements en passant par le gouvernement et "l'opposition" (si elle existe…)… Bref, je pense que la Fête à Macron marque un très bon point : elle dérange nos élites en leur renvoyant en miroir et de manière humoristique leurs pratiques détestables ;

    • La flicaille était particulièrement présente et tendue :
      • « Sur le parcours de la manifestation, les forces de l'ordre sont quasiment invisibles. Mais dans les rues adjacentes, elles sont très nombreuses. » ;
      • « Grilles pour barrer les rues, CRS casqués, de plus en plus armés. », « Place de la Bastille, le nombre de camions de CRS est impressionnant. Les caméras de surveillance tournent à plein régime. » ;
      • « En fait, de nombreux groupes de policiers en civil, certains avec une attitude pas rassurante du tout, intègrent la place de la Bastille. Alors qu'un autte groupe de policiers en civil que celui-ci entre dans le champ de mon appareil photo, je suis immédiatement encerclé et gentiment "intimidé" par les forces de l'ordre. »
      • « En sortant de la manifestation, alors que je m'interrogeais sur l'intérêt d'une dernière photo, un CRS m'a "interpellé", demandé ma carte de presse et ma carte d'identité parce que "je prenais des photos", ce qui est légal, pour un quidam ou un journaliste. ».
    • Une difficile union des gauches. La France Insoumise et le camarade Meluche se sont beaucoup mis en avant, notamment sur un bus à deux étages circulant dans la première moitié du cortège… alors que le plan prévoyait que les organisations politiciennes circulent dans la deuxième moitié du cortège, ce que les autres organisations semblent avoir respecté. On constate aussi que les réunions préparatoires à l'union des gauches en dehors de cette manif du 5 mai ont été laborieuses et, qu'une fois encore, la France Insoumise n'a pas joué le jeu en annonçant la date du 26 mai dans son coin… Mais pourquoi jouerait-elle le jeu alors qu'elle a désormais suffisamment de visibilité pour écraser les autres mouvements qui se proclament de gauche ? ;) Comment ne pas se disperser alors que tout ce beau monde s’affrontera pour le pouvoir dans moins d’un an (élections des député⋅e⋅s européen⋅ne⋅s) ? ;) Est-ce que rassembler pêle-mêle toutes les luttes donne de la visibilité à chacune d’elle ou est-ce que la popularité de certaines écrase les autres ? Toutes ces luttes peuvent-elles être unies sous un même programme réellement applicable autre que le rejet de la politique de Macron ?
    Tue May 8 12:58:41 2018 - permalink -
    - https://www.mediapart.fr/journal/france/050518/paris-les-manifestants-reussissent-une-joyeuse-fete-macron?page_article=1
  • Maintien de l’ordre: la police a-t-elle changé son fusil d’épaule? - Page 1 | Mediapart

    Les chiffres donnent raison au ministre de l’intérieur. Malgré des images impressionnantes, le bilan de ce 1er Mai est sans doute l’un des plus légers depuis ces trois dernières années et marque un apaisement dans les relations très délicates entre manifestants et forces de l’ordre. Comme le soulignait un rapport du Défenseur des droits rendu au mois de janvier dernier, le mouvement contre la loi sur le travail de 2016 avait en effet signé un véritable divorce entre manifestants et policiers.

    Les premiers dénonçaient la mise en place d’une nouvelle doctrine de maintien de l’ordre, reposant principalement sur la répression. À plusieurs occasions, des violences avaient par exemple explosé en raison de l’utilisation de la technique dite de la « nasse », consistant à couper le cortège ou à y isoler un groupe de manifestants. Cette pratique contraint les policiers à être au contact des manifestants pour les contenir, le plus souvent à l’aide de gaz lacrymogène ou de coups de matraque.

    Les manifestations contre la loi sur le travail avaient ainsi été marquées par un nombre important de blessés et des accusations de violences policières. De nombreux manifestants avaient également été interdits de défilé, soit par des interdictions de paraître, soit lors de contrôles d’identité, des mesures prises au nom de la loi sur l’état d’urgence alors en vigueur.

    De leur côté, les forces de l’ordre affirmaient être confrontées à des manifestants de plus en plus radicaux et organisés. Ceux-ci, habillés de noir, se réunissent généralement en tête de cortège pour former ce fameux « Black Bloc » s’attaquant aux grandes enseignes, aux banques et aux policiers.

    […]

    Un an plus tard, ce sont environ 800 personnes qui rejoignent le cortège de tête pour un 1er Mai encore plus tendu. Alors que la police poursuit dans sa stratégie de nasse et d’affrontement, les Black Blocs, eux, sont plus nombreux et mieux organisés. À la fin de la journée, six policiers sont blessés dont deux grièvement. Les accusations de violences policières se multiplient une nouvelle fois, avec 168 manifestants blessés selon les street medics, des soigneurs volontaires intervenant lors de manifestations.

    Au regard de ces chiffres, le bilan du 1er mai 2018 fourni par la préfecture paraît donc effectivement bien meilleur : un CRS et trois manifestants légèrement blessés, 31 commerces dégradés et six voitures incendiées. La police a en outre interpellé 283 personnes, dont 102 ont été placées en garde à vue et 34 déférées au parquet.

    […]

    L’une des raisons à ce bilan plutôt positif en termes de maintien de l’ordre serait l’abandon de la pratique de la nasse et un retour au principe de mise à distance, consistant à contenir les manifestants violents sans chercher le contact. « La préfecture de police a enfin mis à disposition des CRS les canons à eau dont on réclamait le retour depuis des mois, explique Philippe Capon, du syndicat Unsa-Police. S’il n’y a pas eu de blessés, c’est grâce à cela. Les canons à eau maintiennent ceux qui veulent en découdre à distance. »

    En fait, il semblerait que les autorités aient pris en compte au moins certaines des recommandations formulées dans le rapport du Défenseur des droits de janvier dernier. Celui-ci plaidait pour un retour à un certain équilibre en matière de maintien de l’ordre. Les auteurs expliquaient que longtemps, les manifestations avaient fait l’objet d’un accord tacite, d’une « philosophie tolérante », admettant certains débordements limités et encadrés par les services d’ordre des organisations syndicales. Les forces de l’ordre, « formées et entraînées à subir des provocations », se contentaient la plupart du temps d’appliquer « le principe de mise à distance des manifestants », « un des principes essentiels » du maintien de l’ordre.

    « Or, poursuit le rapport, (…) depuis une dizaine d’années, les règles et les codes traditionnels de cette “théâtralisation” du maintien de l’ordre sont en déclin et régulièrement remis en cause. » D’un côté, les manifestants « n’adhèrent plus aux règles qui permettaient un exercice codifié et organisé du maintien de l’ordre ». Et de l’autre, « les manifestants eux-mêmes n’apparaissent pas toujours comme légitimes dans leurs revendications ou dans leur mode de contestation auprès des forces de l’ordre ».

    […]

    Pour rétablir la confiance entre manifestants et autorités, le Défenseur des droits préconisait un certain nombre de mesures, comme une meilleure formation des policiers intervenant dans les manifestations ou le retrait de certaines armes, comme le LBD 40*46. Le rapport demandait également que la pratique de la nasse, qui « ne fait pas partie des enseignements officiels et n’a pas de base légale », « soit strictement définie par un cadre légal ». Il préconisait en outre un meilleur encadrement des contrôles d’identité, et notamment des « contrôles d’identité délocalisés », une pratique consistant à interpeller des personnes durant une manifestation et à les emmener au commissariat pour vérifier leur identité, alors même qu’elles ont avec elles leurs papiers d’identité.

    La gestion de la manifestation de mardi montre qu’au moins une partie de ces préconisations ont été appliquées. « Les autorités organisent désormais un maintien de l’ordre à distance jusqu’à épuisement pour éviter qu’il n’y ait des blessés », constate Frédéric Lagache du syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix. […]

    Tue May 8 12:49:52 2018 - permalink -
    - https://www.mediapart.fr/journal/france/040518/maintien-de-l-ordre-la-police-t-elle-change-son-fusil-d-epaule
  • Comptes de la campagne présidentielle 2017

    Si je résume viteuf ce qui ressort pour l'instant des comptes de campagne des candidats à la présidentielle 2017, ça donne ça :

    • Macron se fait octroyer pour environ 200 000 € de rabais inhabituels sur des prestations de communication c'est-à-dire des rabais qui dépassent parfois les 20 % admis par la Commission des comptes de Campagne et/ou qui ne semblent pas être appliqués aux candidats Hamon et Fillon (au minimum), ce qui jette un doute sur leur caractère habituel. On parle de prestations identiques voire de la location d'une même salle ! La société par qui tout a commencé, GL Event, est citée dans les Panama Papers et son dirigeant est un poto de longue date de Collomb, qui lui a octroyé beaucoup de concessions publiques à Lyon. Au moins deux des sociétés commerciales qui ont octroyé des rabais sont désormais bien reçues à l'Élysée (GL Event) voire font partie du staff présidentiel (Eurydice). Apprécions les justifications qui nous ont été servies : "on a négocié serré" côté Macron suivi d'un "ce n'est pas un rabais inhabituel" côté GL Event suivi de (quand le côté "habituel" s'écroulait face aux faits) "la différence de tarification s'explique par la temporalité : période estivale ou non" (qui ne résiste pas à l'analyse des faits : les ristournes ont perduré dans le temps) … … … ;

    • Le camarade Méluche a eu massivement recours à l'autoentreprenariat (y compris pour les "hauts gradés", comme le numéro deux de sa campagne) contre lequel il a toujours pesté ainsi qu'à une association, l'Ère du peuple, qui joue le rôle de micro-parti sans avoir les statuts d'un parti politique, ce qui permet d'échapper aux règles de transparence de la vie publique. Je passe sur l'éventuelle surfacturation appliquée par l'Ère du peuple, car l'explication de la France Insoumise m'a convaincu (dans le doute, ils ont refacturé les salaires selon un delta tel qu'il se pratique dans les agences d'interim). Là aussi, apprécions les justifications qui nous ont été servies : "mouiiiiiin je suis le mal-aimé, mouiiiiiin" (alors que non : la commission des comptes de campagne a sorti le dossier de Méluche en premier car il était le plus demandé) suivi de "les personnes étaient toutes volontaires donc l'utilisation du statut d'autoentrepreneur est conforme à notre éthique" suivi du pas contradictoire propos "l'usage de ce statut n'est pas le top, mais on n'avait pas le choix, les règles étaient trop contraignantes, notamment on n'avait pas de prêt bancaire à ce moment-là" (pourquoi ne pas avoir arrêté quand il⋅elle⋅s l'ont obtenu ? mystère) suivi de "naaaaaan mais on n'a pas voulu échapper à l'IS et à la TVA avec l'Ère du Peuple qui n'est pas une structure à but lucratif, si le fisc constate un problème, on paiera, ce n'est pas le sujet" suivi de "naaaaan, y'a aucun manque à la transparence de la vie publique, si la Commission des comptes de campagne nous le demande, on publiera le nom des donateurs et le montant des dons, c'pas un soucis". En passant, je ne résiste pas à l'envie de citer ceci : « L’Ère du peuple », cette association a pour objet social de fournir un « support technique et logistique à toutes initiatives prises au service des idées de Jean-Luc Mélenchon pour réaliser la révolution citoyenne ». Ça ne se prend pas pour de la merde.

    Ça me rend enragé ! Dans les deux cas, on est quand même à un niveau de foutage de gueule et de mauvaise foi comme c'est pas permis ! Pinaise, il⋅elle⋅s me dégoûtent tou⋅te⋅s ! "Naaan monsieur le juge, je ne l'ai pas vraiment violée, mais les règles pour obtenir son consentement étaient trop contraignantes, comprenez-moi"… "C'est de la négociation, ha heu non, c'est un rabais habituel, ha, non, pardon, une tarification saisonnière, je suis maladroit, ha, heu, non, c'est…"… Aucune volonté de faire une campagne totalement clean alors qu'il n'arrête pas de jacter sur la transparence, sur une 6e République plus saine, etc. Quand tu renies tes prétendues convictions (sur le statut d'autoentrepreneur) avant même le combat, tu pars quand même très mal, je trouve. Booooarf, tout ça me dégoûte…

    Je ne reviens pas sur Fillon et sur Le Pen… C'est guère mieux.

    En tout cas, tout ça amène à réfléchir à l'équité de financement entre les candidat⋅e⋅s à une élection, à l'égalité des prix pratiqués par un même prestataire auprès de candidats différents pour une même prestation, aux contrôles que l'on pourrait améliorer genre la Commission des comptes de campagne n'a pas de pouvoir d'enquête, ne connaît pas le milieu dans lequel elle exerce (combien coûte l'impression de tracts ? combien coûte un meeting de telle ampleur donné dans tel lieu ? Il⋅elle⋅s n'en savent rien) et elle est sous-dimensionnée, ce qui l'empêche de gérer le brutal pic électoral qui se produit tous les 5 ans, etc.

    Ça sera pour la prochaine fois. Pour l'heure, les comptes de campagne de tous les candidat⋅e⋅s à la présidentielle 2017 ont été validés. Circulez, y'a rien à voir, et surtout, n'hésitez pas à voter pour des crapules (mais au moins, y'a des crapules de droite, de gauche et de ni-ni, et ça, ça change tout, c'est ça, « avoir le choix » !).

    Sources :

    • https://www.mediapart.fr/journal/france/270418/campagne-de-macron-les-cadeaux-du-roi-de-l-evenementiel
    • https://www.marianne.net/politique/comptes-de-campagne-plus-de-200000-euros-de-gestes-commerciaux-pour-macron
    • https://www.mediapart.fr/journal/france/300418/campagne-macron-les-preuves-du-mensonge
    • https://www.marianne.net/politique/comptes-de-campagne-de-macron-derriere-de-troublantes-ristournes-l-hypothese-de-dons
    • https://www.mediapart.fr/journal/france/130318/les-montages-artisanaux-de-la-campagne-de-melenchon
    Mon May 7 00:20:32 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?HnggqQ
  • On va se gaver !

    C'est énervant, tous ces clients sans le sou qui, à la fin du mois, ont les poches vides. De plus en plus vides : les dépenses alimentaires en France viennent — c’est une première — de connaître un léger recul.

    Le groupe Casino, après avoir calculé que, chaque dernière semaine du mois, son chiffre d’affaires baissait de l0 % (et que les clients commençaient à être dans le rouge de plus en plus tôt), et eu cette idée lumineuse : réinventer l’ardoise.

    Même désargentés, les clients de Casino pourront continuer de claquer. Ah, s’offrir le luxe de s’endetter dès 20 euros de courses alimentaires ! Et ne rembourser qu’un mois plus tard. Mieux, si, par bonheur, ils sont gourmands et dépensent plus de 50 euros, ils auront jusqu’à trois mois pour rembourser (en quatre fois).

    Attention, il ne s’agit pas pour Casino de mettre en cause la juste lutte contre le surendettement et de pousser à la consommation, surtout pas, mais d’« accompagner ses clients dans tous les tracas de la vie ». Un geste humanitaire, en quelque sorte. De la pure générosité. La preuve, ce crédit sera gratos…

    Les pauvres vont pouvoir se goinfrer de Nutella !

    Dans le Canard enchaîné du 2 mai 2018.

    Sun May 6 20:58:55 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?1MsHLQ
  • Un témoin à qui l’on veut du bien

    Emmanuel Elong, syndicaliste dans les palmeraies camerounaises contrôlées par le groupe Bolloré, avait osé dénoncer les conditions de travail au sein de ces plantations dans l’enquête « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? ». Diffusé en 2016 par France 2, le reportage avait été couronné du prix Albert-Londres et… attaqué en diffamation par l’industriel.

    Le 3 avril dernier, Elong s’est présenté au tribunal correctionnel de Paris pour témoigner en faveur de cette enquête. Le 24 avril, de retour au Cameroun, il écrit au préfet de sa région pour lui demander d’assurer sa sécurité. Dans son courrier, Elong se dit « victime d’intimidations, de surveillance illégale et de menaces », puis évoque le mauvais souvenir du procès parisien : « Avant mon départ pour la France, j’ai fait l’objet de tentatives de corruption et de dissuasion pour me faire abandonner ce projet. A mon arrivée en France, Tristan Wakekx, journaliste et coauteur du reportage [de France 2], qui devait m’accueillir à l’aéroport, a été curieusement victime d’un cambriolage de son appartement, la nuit précédente. Sa serrure endommagée, il n’a pas pu venir m’accueillir. » Waleckx — qui a porté plainte — a confirmé l’affaire au « Canard ». Ce jour-là, France Télévisions avait préféré payer un garde du corps pour accompagner Elong de l’aéroport au tribunal…

    Dans le Canard enchaîné du 2 mai 2018.

    Sun May 6 20:53:28 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?zKKpJw
  • La danse du mammouth autour d‘Amazon

    Qui pour devenir le nouveau directeur du numérique éducatif au sein du ministère dirigé par Jean-Michel Blanquer ? Le départ du précédent titulaire, Mathieu Jeandron, avait fait mauvais genre : l’homme avait en effet rejoint Amazon, ce géant du Net qui rêve de prendre des parts de marché (contenus, tablettes) dans l’Education nationale. Et le remplaçant de Jeandron, nommé par décret le 27 avril, a tout pour plaire, lui aussi, à la firme de Jeff Bezos !

    Inspecteur général de l’administration de l’Education nationale, Jean-Marc Merriaux a dirigé les nouveaux usages numériques à France Education. Ephémère membre du Conseil national du numérique (CNNum), ce spécialistedu digital a également présidé aux destinées de Canopé (réseau de création et d’accompagnement pédagogique), un opérateur public ayant à cœur de faire « entrer l’école dans l’ère du numérique ». Et c’est là qu’il s’est illustré…

    Autoédition assistée

    En mars 2016, il s’est mis à dos les syndicats d’éditeurs,de libraires et les enseignants. Il venait en effet de signer un partenariat — sans appel d’offres — pour former des enseignants aux services d’autoédition d’Amazon. Ces ateliers devaient permettre aux profs de fabriquer, mettre en pages et/ou en ligne leurs cours… sur la plateforme de l’enseigne. Assurer la promotion d’un ogre du Net à la veille de l’ouverture du Salon du livre, où se signent les commandes de manuels scolaires, il fallait oser !

    Jean-Marc Merriaux, en guise de défense, avait souligné la nécessité, pour Canopé, de trouver des ressources propres — le réseau n’étant pas financé à 100 % par l’Etat. Il s’était toutefois refusé à révéler le montant de la prestation facturée à Amazon, bottant en touche lors de son audition par l’Assemblée nationale : « **Ce contrat ne va pas révolutionner le monde de l’édition : 50 000 euros, 60 professeurs sur l’ensemble du territoire, on est dans l’ordre du symbole. »

    Car, c’est bien connu, Amazon se contente de « symboles »…

    Dans le Canard enchaîné du 2 mai 2018.

    Sun May 6 20:47:12 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?YgPHoQ
  • Crime de lèse-Rothschild à l‘Assemblée

    C'est une banderille dont la maison Rothschild se serait bien passée. Chargée d’enquêter sur la cession de fleurons industriels français à des pays étrangers, une commission parlementaire a formulé une proposition assez perverse à l’adresse des banques d’affaires. Olivier Marleix (LR), son président — en accord avec le rapporteur Guillaume Kasbarian (LRM) —, préconise, dans un rapport rendu public le 20 avril (« Le Canard », 25/4), d’élargir le statut juridique qui s’impose aux lobbyistes et autres « représentants d’intérêts ». Il entend ainsi contraindre les professionnels des fusions-acquisitions à détailler leurs activités auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Au secours, les ennemis de la finance reviennent !

    Sauvetage inespéré

    Pourquoi ? La commission Marleix a découvert qu’Alstom avait déboursé « 300 millions d’euros d’honoraires » pour un deal de 8,2 milliards d’euros (« Le Canard », 21/3). Une rémunération très au-dessus de la moyenne. Parmi les heureux bénéficiaires, la banque Rothschild, conseil à la fois d’Alstom et de son actionnaire de référence, Bouygues.

    La loi Sapin 2 de décembre 2016, relative à la transparence et à la lutte contre la corruption, avait offert une définition claire des obligations imposées aux représentants d’intérêts susceptibles d’exercer une influence sur des membres du gouvernement ou de cabinet ministériel. Mais, par un incroyable tour de passe-passe, le décret d’application, pris le 9 mai 2017 (juste avant le départ de François Hollande), avait exonéré les banquiers d’affaires. Au nom du secret des affaires…

    « La transparence appliquée à un métier comme le nôtre devient très rapidement un nid à embrouilles », avait déclaré David de Rothschild devant la commission d’enquête, le 22 mars. « Evidemment, nous avons des conversations avec l’Etat, avait-il renchéri. Mais nous ne vendons pas. Le représentant d’intérêts fait le tour de toutes les administrations pour obtenir le maximum de soutiens. Nous travaillons pour nos clients sur des opérations un peu complexes qui nécessitent de dialoguer. » Un dialogue susceptible de rapporter plusieurs millions.

    L’ancien banquier d’affaires Emmanuel Macron en sait quelque chose…

    Dans le Canard enchaîné du 2 mai 2018.

    Sun May 6 20:36:37 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?6qSqCw
  • Fillon a-t-il aspiré les fichiers de la presse française?

    La Lettre A a découvert que dans la dernière ligne droite, jusqu’au 21 avril 2017, 2 jours avant le premier tour, le camp Fillon a aspiré les bases de données de la presse française dans l’espoir un peu fou de renverser la tendance. En tout, ils ont dépensé un peu moins de 50 000 euros pour collecter 3,5 millions d’adresses mail.

    Techniquement, ils ont loué les fichiers de grands médias nationaux. Ca vous est sûrement déjà arrivé : en souscrivant un abonnement à votre journal préféré, vous avez mécaniquement coché la case “recevoir les offres partenaires”. […]

    La société française The Optin Machine, qui a réalisé l’opération, assure avoir agi en conformité avec les règles édictées par la CNIL, la commission nationale informatique et libertés. Traduction : si vous avez été noyé sous les mails fillonistes, c’est que vous étiez plus ou moins d’accord. […]

    A qui envoie-t-on les mesures du programme liées à la famille ? Pif, La Croix, 100 000 adresses de lecteurs âgés de 45 ans et plus. La santé ? Paf, Le Figaro Santé et Top Santé, 750 000 personnes. Qui s’intéresse à nos propositions sur la gestion des comptes publics ? Probablement les lecteurs du Figaro, des Echos et de l’Obs. 600 000 adresses supplémentaires. Le pouvoir d’achat ? Aux 190 000 lecteurs de moins de 35 ans de 20 Minutes. Plus inattendu, 500 000 abonnés de 50 ans et plus du site de Météo France ont reçu le programme de Fillon sur la sécurité… Il faudra demander quelques explications à Marie-Pierre Planchon.

    Ça fait quand même bizarre, ce genre de chose… Du marketing politique en fonction des lectures… Oui, les publicités sur le Net fonctionnent sur le même principe donc rien de neuf, mais quand même…

    Via le Canard enchaîné du 25 avril 2018.

    Sun May 6 17:50:05 2018 - permalink -
    - https://www.franceinter.fr/emissions/c-est-deja-demain/c-est-deja-demain-24-avril-2018
  • Des juges encagoulés ?

    Les trois magistrats de la chambre sociale de la Cour de cassation qui ont eu les honneurs du « Canard » pour avoir un peu mélangé les genres (lire p. 3) n’ont vraiment pas de bol. A quelques mois près, ces dégourdis auraient pu rester anonymes et passer entre les gouttes. L’article 19 du projet de loi de réforme de la justice prévoit que les noms des juges (mais aussi ceux des greffiers, des avocats et des autres personnes physiques) pourront désormais être occultés dans les décisions de justice pénale ou administrative.

    Plus question de savoir si tel ou tel juge est une « peau de vache », tel autre un piètre professionnel ou, au contraire, un magistrat compréhensif. Et impossible, bien sûr, de découvrir ses éventuels conflits d’intérêts…

    Cette disposition, appliquée dans des pays aussi démocratiques que la Russie de Poutine, n’a qu’un précédent connu en France : les sections spéciales de sinistre mémoire mises en place par Vichy. Seule était alors rendue publique l’identité du greffier, du procureur et des avocats.

    Aujourd’hui, les magistrats se remettent à rêver d’anonymat. Au nom de la « sécurité » et du « respect de [leur] vie privée ». Le Conseil d’Etat a bruyamment approuvé cette mesure, réclamée également par l’Union syndicale des magistrats (majoritaire). A croire que les juges n’ont plus aucune confiance dans l’Etat de droit et dans la loi qu’ils sont chargés d’appliquer…

    Mais le gouvernement se montre bien trop timoré. « Le Canard » le proclame haut et fort : pour assurer pleinement la sécurité et la tranquillité des magistrats, la garde des Sceaux doit aller plus loin et ajouter un codicille à son projet de loi en imposant le port de la cagoule — voire de la burqa — dans toutes les audiences.

    Ou remplacer les juges par des robots…

    Cette revendication de l'USM fait suite à la loi pour une République numérique qui prévoit la publication des décisions de justice en Open Data (mesure toujours pas en vigeur car le décret correspondant n'a toujours pas été édicté).

    Les décisions de justice sont rendues au nom du peuple, ça ne peut relever de la vie privée, tout comme le travail de tous nos élu⋅e⋅s et leur armada de conseiller⋅e⋅s… Ces gens-là travaillent au nom du collectif, au nom de chaque citoyen⋅ne. Que ces décisions soient publiées dans des revues spécialisées ou en Open Data ne fait pas de différence à mes yeux.

    Entre les box sécurisés dans les salles d'audience qui nuisent à la défense, les audiences à distance d'une qualité sonore contestable qui nuisent à la défense et à la qualité des débats et maintenant ça, sale temps pour la justice… :(

    Dans le Canard enchaîné du 25 avril 2018.

    Sun May 6 17:28:03 2018 - permalink -
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  • Un droit social sauce Safran

    Quatre syndicalistes de l’inspection du travail de Seine-et-Marne viennent de se voir menacés par leur direction de sanctions disciplinaires. Manquements aux règles du droit du travail ? Pas vraiment. Ces représentants ont eu le toupet de protester — en des termes jugés excessifs — contre une étrange initiative de leur hiérarchie.

    Le 13 février, celle-ci organisait une journée de « convivialité » et de travail dans les locaux d’une grande entreprise privée de Melun : au musée aéronautique et spatial Safran, propriété du groupe de défense éponyme, numéro 1 mondial de la fabrication de moteurs pour avions civils. Le musée, fermé, était mis à la disposition de l’administration.

    D’où les questions intempestives des syndicalistes, du type : « A l’avenir, pourra-t-on contrôler librement une entreprise qui nous rend de tels services ? » ou « Et la neutralité de la fonction publique ? On en parle ? », etc.

    Les organisateurs ont très mal pris ces insolences, et le ton est monté, les perturbateurs se faisant même traiter de « bande de cons », Aujourd’hui, ce sont eux qui risquent des bricoles, pas leur direction, trop polie pour refuser les petits cadeaux de l’un des plus gros employeurs de la région.

    Ha, ouais, quand même… On en est là quoi… L'inspection du taff qui fait amie-amie avec une société qui emploie beaucoup de monde dans une zone géographique… Bon sang…

    Dans le Canard enchaîné du 25 avril 2018.

    Sun May 6 17:21:06 2018 - permalink -
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  • Des maires réinventent le vote… en version farces et attrapes

    Rebaptisés “votations citoyennes”, les référendum bidon ont la cote. Anne Hidalgo en a même fait une spécialité parisienne.

    Chez les élus locaux, cette nouvelle mode fait fureur. Une décision à prendre sur un sujet qui fâche ? Une petite panne de popularité ? Allez, hop ! une « votation citoyenne » ! Dernier exemple en date : pour tenter de faire oublier ses récents couacs, Anne Hidalgo a prévu. d’organiser, fin mai, un scrutin sur sa politique de lutte contre la pollution à Paris…

    La maire ne court pas grand risque : l’appellation « votation citoyenne » ne recouvrant aucune réalité juridique, les organisateurs ont toute latitude pour définir la composition du collège électoral, les questions soumises au vote, voire l’organisation du scrutin (en mairie, dans la rue, sur Internet, au bistrot du coin…). Aucun recours n’est possible pour les mécontents. Les maires peuvent même décider de s’asseoir sur tout ou partie des résultats si ceux-ci ne leur conviennent pas. Open bar !

    Electorats sur mesure

    Ces derniers mois, ces votations citoyennes ont été accommodées à toutes les sauces, a droite comme à gauche. Les maires de Metz, de Nancy, du Grand-Quevilly, de Creil ou de Thionville en ont organisé pour régler la délicate question des rythmes scolaires. D’autres, à Paris ou à Grenoble [NDLR : ou à Rennes ou à Strasbourg ou à… ], y ont eu recours pour mettre en œuvre des « budgets participatifs » (les citoyens sont invités à proposer des projets qui seront financés et mis en œuvre par la ville). A Nantes, les projets d’urbanisme de la métropole vont être soumis à la même procédure.

    J'ai déjà exposé pour quelles raisons je trouve les budgets participatifs fondamentalement anti-démocratiques.


    La plupart du temps, la participation à ces consultations est très faible. Dans le XIXe arrondissement de Paris. le réaménagement de l’avenue de flandre a été décidé par 1 900 votants… sur plusieurs dizaines de milliers de citoyens concernés. En 2015, à Valenton (Val-de-Marne), 871 personnes (sur 15 000 habitants) se sont prononcées sur une sombre histoire de découpage administratif. Une poignée d’électeurs qui a suffi au maire PC pour faire fléchir le gouvernement… A Paris, Anne Hidalgo espère entre 100 000 et 150 000 votants sur… 2,2 millions de résidents. Sauf que des petits grains de sable menacent de gripper la machine. Une équipe municipale vient de tester les bulletins qui seront proposés aux Parisiens sur les marchés et dans les rues. Les résultats sont cruels.

    Mauvais argument du Canard car à ce jeu-là, je peux prétendre que les dépûté⋅e⋅s actuels ont été élus par moins de 29 % des habitant⋅e⋅s de France… Ça élude les non inscrit⋅e⋅s et les abstentions…


    Plébiscites en loucedé

    Dans un rapport rendu le 9 avril, les fonctionnaires reconnaissent que certains cobayes interrogés ont eu — quelle idée ! — l’« intuition d’un coup de com’politique ». D’autres ont souligné que ce vote avait « perdu de son sens », puisque l’Hôtel de Ville leur demandait de se prononcer sur des dossiers déjà tranchés par le Conseil de Paris. lnsupportable, cette suspicion…

    Les budgets participatifs ont aussi cette caractéristique…


    Les mauvais coucheurs n’ont pas apprécié non plus de ne pouvoir répondre par oui ou par non, comme cela est d’usage dans un vrai référendum.

    La Mairie les a juste invités à indiquer les actions qu’ils jugeaient prioritaires parmi celles que la Ville avait déjà décidées (alimentation, économies d’énergie, gestion des déchets, interdiction à terme des véhicules polluants).

    En gros, ils peuvent choisir entre « Bravo ! » et « Encore ! ». C’est la démocratie pour les nuls…

    Gros gros gros +1.

    Dans le Canard enchaîné du 25 avril 2018.

    Sun May 6 17:13:30 2018 - permalink -
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  • Loi asile & immigration : non respect habituel de la Constipation

    Vu de l’Elysée

    « Il n’y a eu qu’un seul vote contre au sein de notre groupe » : c’est le commentaire de Macron après le débat sur le projet de loi Asile et immigration. Lequel a oublié que 14 députés En marche ! s'étaient abstenus également le 22 avril. Le sort du député frondeur Jean-Michel Clément a fait l’objet de toutes les attentions. Le patron du groupe, Richard Ferrand, a proposé à Clément une « mise en congé » du parti plutôt qu’une exclusion, qui aurait débouché sur « un procès en autoritarisme et refus du débat ».

    « C’est un divorce temporaire par consentement mutuel », a expliqué Ferrand, dimanche soir à l’issue des débats, devant quelques députés à la buvette de l’Assemblée. Avec à la clé la possibilité pour Clément de revenir au groupe d'ici quelques mois.

    Tout ça peut ça !

    Ces gens-là se moquent du monde ! Une mise en congé n'est pas un signe d'autoritarisme et de refus du débat… Mais bien sûr ! Un divorce temporaire… Mais ouiiii, c'est c'laaaaa ! Consentement mutuel… Je ne doute pas que le député était aussi consentant qu'une plan cul de Weinstein ! Putain, lire ces idioties me procure des pulsions de meurtre ! :@


    L’asile pour députés

    Le ministère de l’Intérieur s’est donc félicité d’avoir « tenu » sa majorité lors du vote, à l’Assemblée le 22 avril, sur le projet de loi Asile et immigtatien. Un seul député Marcheur, on le sait, a voté contre Mais 99 des 312 députés de La République en marche se sent signalés par leur absence lors du débat final et n’ont même pas donné de procuration de vote à l’un ou l'autre de leurs cellègues.

    En outre, 9 élus du « nouveau monde » ont voté contre l’amendement — le plus controversé — faisant passer la durée maximale de rétention pour un étranger en attente d’expulsion de 45 à 90 jours.

    Sitôt fait, leur chef, Richard Ferrand, les a appelés un par un et les a invités à se « conformer au choix du groupe et à ses décisions collectives ».

    Sinon. c’est la mise en rétention ?

    Les propos de Ferrand et la sanction appliquée au député Clément sont une violation complète de l'article 27 de notre Constipation (oui, c'est voulu ;) ) : tout mandat impératif est nul. Un⋅e député⋅e n'a pas à voter selon les désidératas de son parti ou d'une portion de son électorat ou de qui que ce soit s'il⋅elle n'est pas en accord avec la position défendue. C'est un principe vital de notre République et il est sans cesse baffoué par les partis politiques quelle que soit leur orientation politique ! Et nous nous laissons faire !

    Dans le Canard enchaîné du 25 avril 2018.



    ÉDIT DU 7 MAI 2018 À 21H55 : hop, petit mail envoyé à Richard Ferrand et à Macron (mais ça a foiré, l'adresse mail en ma possession permet seulement d'émettre des mails, pas d'en recevoir (oui, ça casse le principe d'horizontalité des échanges sur Internet, mais on n'est plus à ça près)) :

    Bonjour Richard et Emmanuel (si le présent mail vous parvient…)

    J'écris ceci en tant que citoyen.

    Dans le Canard enchaîné du 25 avril 2018, page 2, j'ai lu les propos suivants :

    • « Le patron du groupe, Richard Ferrand, a proposé à Clément une « mise en congé » du parti plutôt qu’une exclusion, qui aurait débouché sur « un procès en autoritarisme et refus du débat » […] « C’est un divorce temporaire par consentement mutuel », a expliqué Ferrand, dimanche soir à l’issue des débats, devant quelques députés à la buvette de l’Assemblée » ;

    • « En outre, 9 élus du « nouveau monde » ont voté contre l’amendement — le plus controversé — faisant passer la durée maximale de rétention pour un étranger en attente d’expulsion de 45 à 90 jours. Sitôt fait, leur chef, Richard Ferrand, les a appelés un par un et les a invités à se « conformer au choix du groupe et à ses décisions collectives ». »

    Je m'interroge : en plus d'être moralement inacceptables, ces pratiques ne sont-elles pas contraires à l'article 27 de notre Constitution ? Un⋅e député⋅e n'est pas obligé⋅e (et ne doit pas l'être) de voter ni de s'exprimer ni de conduire des travaux selon les instructions de son parti politique ou d'une portion de son électorat ou de qui que ce soit d'autre s'il⋅elle n'est pas en accord avec lesdites instructions. Certes, Richard n'a rien obligé, il a « juste » prévenu en amont et sévi en aval, nuance, probablement.

    Je pense que l'interdiction du mandat impératif est un principe absolument essentiel pour la bonne santé de notre République. Or, il est sans cesse bafoué par tous les partis politiques… N'est-il pas temps que cela cesse ?

    Sur la forme, je ne comprends pas en quoi une mise en congé est moins un refus autoritaire de débattre qu'une exclusion… L'insincérité (le « wording » devrais-je dire) actuelle, sans doute… De même, j'éprouve des difficultés à appréhender la notion de « divorce temporaire » qui m'apparaît être un oxymore. Enfin, je m'interroge à nouveau : le « consentement » du député Clément était-il aussi univoque que celui des femmes abusées par M. Weinstein ?

    Il est temps d'arrêter de prendre les citoyens et les citoyennes pour des imbéciles… sur la forme comme sur le fond !

    Bonne journée.

    FIN DE L'ÉDIT DU 7 MAI 2018 À 21H55.

    Sun May 6 16:45:37 2018 - permalink -
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  • L’égalité en héritage

    L’affaire n'a pas fait grand bruit au-delà du port de la Goulette, mais près de 2 000 personnes — des femmes, en grande majorité — ont défilé, le 10 mars à Tunis, pour réclamer l’égalité des sexes en matière d’héritage. Comme dans d’autres pays musulmans, la femme tunisienne n’a droit, en effet, qu’à une demi-part successorale. « Au garçon, la part de deux filles », commande ainsi le Coran. Une disposition « sacrée » que la Commission des libertés individuelles et de l’égalité, en Tunisie, pourrait remettre en question.

    Ce séisme législatif est dénoncé comme une hérésie par les conservateurs et pourrait, ainsi que l’écrit le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud, constituer « la plus grosse révolution juridique dans le monde dit arabe depuis des siècles » (« Le Point », 19/04. Car, comme le rappelle le vice-président du Conseil français du culte musulman, « les versets du Coran, révélation divine, s’ils peuvent être interprétés, ne peuvent être abrogés » (« Le Monde », 24/4). Et sont donc défendus par des traditionalistes qui jongleht entre legs testamentaire (« wasyya »), héritage transmis par la loi (« warth ») et donation de son vivant (« atyya ») pour dire que l’héritage coranique est égalitaire, car l’homme a payé la dot et prend en charge le foyer.

    En juin, la Commission des libertés individuelles et de l’égalité dira si oui ou non une famille tunisienne peut équitablement répartir son héritage entre filles et fils. Comme l’écrit Daoud, il s’agirait alors de « sortir le Coran du législatif pour le reléguer à l’intime ».

    Et de célébrer un vrai printemps arabe…

    Dans le Canard enchaîné du 25 avril 2018.

    Sun May 6 16:13:22 2018 - permalink -
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  • L'éternelle réforme du Livret A

    C'est reparti pour un tour ! Bruno Le Maire vient d’annoncer la énième réforme de la formule de calcul du taux d’intérêt du Livret A (« Les Echos », 21/4). Motif : l’actuelle est — comme les précédentes — inapplicable quand les taux descendent trop bas et que le résultat est contrariant pour les quelque 56 millions de détenteurs. « Chaque fois qu’on modifie le taux, on est obligés de déroger à la règle », a reconnu le ministre des finances.

    Pour satisfaire à la fois les épargnants — qui veulent garantir leur bas de laine — et les offices HLM — qui veulent un financement bon marché —, le taux sera désormais la moyenne entre l’inflation et le taux du marché à court terme (Eonia).

    Mais, attention, à partir du début de 2020 seulement. Les prévisions de hausse des taux annoncent, à cette date, un Li— vret A à 1,1 %. C’est—à,—dire ap— paremment supérieur au 0,75 % actuel. Pas question de braquer les petits épargnants, même si ce taux sera inférieur aux 2,25 % qu’aurait procurés la formule actuelle. Gain pour les HLM : 675 millions par an.

    Le ministre des finances conservera le droit de déroger à l’application de la formule si le résultat ne lui convient pas. Exactement comme aujourd’hui.

    Tout changer pour que rien ne change ?

    Waooouh, je me rends compte que je ne savais rien sur le livret A, en fait ! :O

    • Il a été créé en 1818, en même temps que les caisses d'épargne (oui, oui, le groupe bancaire privé), pour éponger les dettes laissées par Napoléon ;

    • Seuls le groupe caisse d'épargne et La Poste pouvaient en ouvrir avant 2009 ;

    • L'argent placé sur un livret A est collecté en majorité (65 %) par la Caisse des Dépots et Consignations (en échange d'une commission pour la banque collectrice). Comme le LDD ou le LEP ;

    • À quoi sert l'argent collecté par la CDC ? Une partie, 45 % en 2010, est joué sur les marchés financiers par la CDC : dettes d'États, obligations, actions, etc. En 2010, 55 % de l'argent servait à financer le logement social et la politique de la ville (rénovation urbaine) c'est-à-dire à accorder des prêts à taux avantageux aux organismes de logements sociaux et aux collectivités territoriales, entre autres ;

    • À quoi sert l'argent conservé par les banques privées ? À accorder des crédits aux PME.

    Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Livret_A et https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120222trib000684383/ou-va-vraiment-l-argent-du-livret-a-.html

    Dans le Canard enchaîné du 25 avril 2018.

    Sun May 6 16:08:24 2018 - permalink -
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  • Et si Manuel Valls jouait milieu droit à Barcelone ? - Libération

    Un autre de ses soutiens salue le «challenge» possible : «Qu’est-ce qui d’ordinaire s’offre aux anciens Premier ministre de la France, qui sont souvent un peu tricard lorsqu’ils sortent de Matignon ? questionne-t-il. Un rôle de vieux sage ? Un strapontin au Quai d’Orsay ? Qu’un ancien Premier ministre d’un pays se porte candidat dans une grande ville européenne d’un autre pays, c’est l’Europe dans cinquante ans ! C’est quelque chose d’atypique qui peut aussi plaire !»

    Cette Europe sera sans moi. Car son existence signifierait qu'on aura été plus loin que jamais dans l'aristocratie : on aura acté, de manière encore plus forte qu'aujourd'hui, qu'il y a des gens bien plus compétents que d'autres pour piloter un pays et que la France ou l'Espagne ou l'Estonie ou la Grece, ça ne change pas grand'chose, ça se gère bien pareil, rien à faire des spécificités locales. Cela signifie que cette classe-là sera uniquement là pour avoir le pouvoir et se comporter en gestionnaire. Il n'y aura plus de politique, c'est-à-dire plus d'envie commune, plus de projet partagé. On sera dans la gestion tout ce qu'elle a de plus froide : des chiffres et de la rentabilité.

    On a déjà ce jeu des chaises musicales dans l'administration française : un jour t'es au service comptabilité, le lendemain t'es aux ressources humaines, le surlendemain t'es à la direction des achats, etc. Un jour t'es à Radio France, le lendemain au CSA, le surlendemain à l'IGAS, etc. Ça permet de faire durer des carrières, au détriment de la qualité du travail accompli.

    Non, décidément, une internationale des élites qui joue aux chaises musicales à l'échelle de l'Europe, ça ne me tente pas.

    Via le Canard enchaîné du 25 avril 2018.

    Sun May 6 15:22:28 2018 - permalink -
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  • Rappels concernant le Wake on Lan

    Des fois, des personnes te font douter, donc il faut réviser ce que t'as déjà écrit.

    Wake on lan est un mécanisme permettant d'allumer un ordinateur via le réseau. Pour ce faire, la carte réseau reste allumée et attend la réception éventuelle d'un paquet UDP formaté nommé magic packet. Cela suppose que la carte mère prenne en charge cette fonctionnalité et que cette fonctionnalité soit activée dans le BIOS / UEFI.

    Dès que l'émetteur du magic packet et la machine allumée sont dans deux réseaux distincts, il faut :

    • soit que le routeur ait une association entre la MAC de la machine à allumer et son IP. Auquel cas, envoyer un magic packet à l'IP de la machine à allumer fonctionnera ;

    • soit que le routeur autorise le transfert de paquets à destination d'une adresse IP de broadcast. Auquel cas, envoyer un magic packet destiné à l'IP de broadcast du réseau dans lequel se trouve la machine à allumer fonctionnera ;

    Exemple :

    • Soit un émetteur dans le réseau A adressé avec 192.0.2.0/24 (addresses IP réservées pour la documentation). Logiciel utilisé : wakeonlan, qui est packagé, dans Debian GNU/Linux dans le paquet nommé… … … wakeonlan ;

    • Soit une machine à allumer dans le réseau B adressé avec 198.51.100.0/24. MAC de la machine à allumer (adresses MAC réservées pour la documentation) : 00:00:5E:00:53:00. IP de cette même machine : 198.51.100.1 ;

    Si la machine à allumer était dans le même réseau que la machine émittrice, alors la commande suivante fonctionnerait : wakeonlan 00:00:5E:00:53:00.

    Si le routeur dispose d'une association (temporaire ou permanente) entre la MAC de la machine à allumer et son IP, alors la commande suivante fonctionnera wakeonlan -i 198.51.100.1 00:00:5E:00:53:00.

    Si le routeur autorise le transfert de paquets à destination d'une adresse IP de broadcast, alors la commande suivante fonctionnera wakeonlan -i 198.51.100.255 00:00:5E:00:53:00.

    Sur du matos H3C, le transfert de paquets IP vers une adresse de broadcast, ça se dit ip forward-broadcast. En fonction des modèles, il est possible de spécifier une ACL pour autoriser une seule IP source à balancer ce type de paquets.

    Cette commande se positionne uniquement sur l'interface du routeur qui se trouve dans le réseau où sont situées les machines que l'on souhaite allumer à distance (le réseau B, dans mon exemple). Elle est inutile sur l'interface du routeur située dans le réseau depuis lequel seront envoyés les magic packets (le réseau A, dans mon exemple).

    Cette commande ne nuit pas à l'étanchéité des réseaux (virtuels ou non). Tous les paquets IP de broadcast ne seront pas transférés dans tous les réseaux sur lesquels ip forward-broadcast a été activé. Dans mon exemple, seuls les paquets IP émis depuis tout réseau (dont le réseau A) et ayant 198.51.100.255 comme IP de destination seront transférés dans le réseau B. Les paquets destinés à 192.0.2.255 ne seront pas transférés dans le réseau B. Les paquets destinés à 198.51.100.255 ne seront pas transférés dans le réseau A. Les paquets IP avec une IP destination = 255.255.255.255 ne seront pas transférés en dehors de leur réseau d'émission.

    Sun Apr 29 16:42:34 2018 - permalink -
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  • L‘empire Lagardère s'éparpille façon puzzle

    Arnaud Lagardere continue de vendre les pépites de son groupe pour essayer de le rendre — enfin — présentable aux yeux de ses actionnaires et de ses financiers. Dernière fournée en date ? Le 3 mai, il fera adopter par l’assemblée générale des actionnaires la cession de ses chaînes de télévision (Gulli, TiJi), de ses radios internationales ainsi que de la plupart de ses magazines (« Elle », « Télé 7 Jours », etc.). Ses radios en Europe centrale viennent d’être cédées pour 73 millions d’euros.

    Seul rescapé de la grande braderie, selon son porte-parole, Ramzi Khiroun, l’« environnement sacré » de papa : Europe 1, « Paris Match » et « Le Journal du dimanche ». L’opération (censée être conclue à la fin de l’année — le temps presse !) devrait rapporter environ 500 millions. Officiellement, il s’agit de se défaire des activités les moins rentables pour investir dans les deux piliers du groupe : la distribution dans les gares et les aéroports ainsi que l’édition, deux domaines dans lesquels le sportif Arnaud est numéro 3 mondial.

    A la découpe

    Mais, dans ce jeu de bonneteau, les résultats ne sont pas à la hauteur des sacrifices. Le bénéfice net du groupe reste scotché aux alentours de 170 millions (comme au début des années 2000), et ce essentiellement grâce à la découpe du groupe par appartements. En 2017, les ventes de morceaux de l’empire ont représenté, comme en 2016, près de la moitié des profits. Le chiffre d’affaires, lui, s’est effondré : il n’est plus, en euros constants, que 44 % de ce qu’il était à la mort de Jean-Luc, en 2003. En 2017, le voici à son plus bas niveau historique : 7,1 milliards d’euros. « Il faut du temps pour moderniser des activités traditionnelles comme l’édition », plaide Khiroun.

    Ça me rappelle le film « Pretty Woman ». Acheter en gros, revendre à la découpe, ça ne produit pas de valeur, ça coule des sociétés et des emplois, mais ça rapporte gros à quelques personnes. On peut aussi citer la présence de Bernard Arnault et du fond d'investissement Colony dans Carrefour, dont la volonté d'un retour sur investisement est l'une des causes de la vente puis rachat de Dia (filiale de Carrefour) et le licenciement massif actuel à Carrefour…


    Juste une question de temps, vraiment ? C’est oublier les investissements désastreux d’Arnaud dans sa branche Sports & Entertainment, qui a englouti près de 1 milliard. Ou dans la presse, qui a « brûlé » près de 2 milliards.

    Bonne action

    Seuls les dividendes versés par la boîte continuent de bien se porter : nonobstant le résultat de l’année, ils restent invariablement fixés, depuis 2007, à 1,30 euro par action. En 2009, ils représentaient même près d’un dixième de la valeur boursière du titre — contre 4 %, en moyenne, pour les sociétés du CAC 40. « Une véritable rente », commente un boursier.

    Pourquoi cette générosité ? Parce que Arnaud Lagardère est endetté à hauteur d’environ 250 millions — le chiffre exact est tenu secret — auprès des banques. Et que ses emprunts sont garantis par la valeur de ses quelque 10 millions d’actions. Si la cote de ces papiers tombait au-dessous de 25 euros — à 20 euros, par exemple —, la garantie ne serait plus que de 200 millions, et les banques réclameraient à Arnaud un « appel de marge » pour combler la différence, soit environ 50 millions à payer cash. Il est donc capital que l’action se tienne. En 2017 , le groupe distribuera en dividendes la quasi-totalité de ses profits. Rien à voir, bien sûr, avec une volonté du patron : « Ce sont les actionnaires qui, en assemblée générale, votent eux-mêmes le montant du dividende », explique Khiroun. Et le timide Arnaud ne fait que se plier à leur volonté. Admirable !

    Dans le Canard enchaîné du 18 avril 2018.

    Sun Apr 29 12:59:39 2018 - permalink -
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  • Macron à l’œil

    Avec sa promesse de campagne d’instaurer le « reste à charge zéro » pour les lunettes et les soins dentaires, Macron n’a pas tapé dans l’oeil des opticiens, mais dans leur portefeuille. Leurs syndicats font les gros yeux. Ils prétendent qu’ils pourraient perdre 1 milliard d’euros dans la réforme. Ils ont claqué la porte de la concertation avec la Sécurité sociale, le 10 avril, dénonçant une tentative de « réaliser des économies sur la santé visuelle des Français ». En réalité, ils craignent surtout de voir fondre leurs marges, dignes de celle de l’industrie du luxe (233 %, en moyenne, de taux de marge brute, selon « Que choisir »). Même pour les beaux yeux du président Macron, ils ne veulent pas travailler à l’œil — un comble pour la profession.

    Les Français, eux, ne sont pas aveugles et cherchent à comprendre pourquoi la France demeure une exception en matière d’optique : le budget lunettes dans l’Hexagone est, en moyenne, supérieur de 50 % à la moyenne européenne.

    Faute de transparence, ils pourraient bien rester sourds aux regards noirs des opticiens.

    Dans le Canard enchaîné du 18 avril 2018.

    Sun Apr 29 12:43:07 2018 - permalink -
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  • Les leçons de Tarnac

    Ah, quel naufrage pour l’antiterrorisme, cette relaxe générale prononcée, le 12 avril, au procès dit « Tarnac » ! Comment qualifier autrement ces dix ans de procédure, de filatures plus ou moins légales, de mensonges policiers, d’errance et d’aveuglement judiciaires et politiques ? Soupçonnés d’avoir saboté des caténaires de la SNCF, les prévenus avaient immédiatement été taxés de « dangereux groupe terroriste » par Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur.

    Dès le début, « Le Canard », avait révélé les trouvailles des avocats de la défense, Claire Abello et Jérémie Assous, démontrant les failles, les erreurs ou les boniments des flics et du juge d’instruction. Autant d’arguments retenus par le tribunal, mené par la présidente Corinne Goetzman.

    Dans le jugement de 314 pages, courent ses critiques contre les « stratagèmes » policiers. Du PV 104, base de l’accusation, il ne reste, sous sa main, rien ou presque. Bourré d’inexactitudes. fait de bric et de broc, de déclarations recueillies auprès de policiers couverts par le secret-défense. « Impossible », donc, aux juges d’en « vérifier la véracité ». Le PV 104 devient « sans valeur probante ». La juge parle même de « déloyauté ». C’est glorieux !

    De ces dix ans d’une procédure désormais en lambeaux, il faudra retenir le coût énorme et inchiffrable. Il faudra surtout retenir ce jugement. Il dit aux magistrats que leur devoir est de contrôler les policiers, et non de se laisser « contrôler » par eux. Il dit aux politiques de ne pas se mêler de justice, ce qu’a également martelé le procureur.

    Et puis quoi, encore ?

    Ce jugement expose aussi qu'on ne peut condamner une personne pour ses écrits (l'insurrection qui vient) ou sur les écrits (affiches, brochures, livres) trouvés à son domicile, car ils ne prouvent pas un passage à l'acte.

    Ce jugement illustre aussi que des délais de prescription courts et une justice rapide sont indispensables pour que la justice soit juste. En effet, aucun des flics antiterros qui ont accepté de participer au procès étaient capables de se souvenir de la filature au-delà de choses déjà mentionnées dans le PV 104. Tu m'étonnes, on est 10 ans après. 10 ans ! Comment veux-tu te défendre quand tout ce qu'on te reproche se fonde sur de vagues souvenirs "ouais, on était en filature, peut-être qu'il⋅elle étaient ici ou là, ouais, il était peut-être telle heure, etc.". Or, la précédente législature a rallongé les délais de prescription en matière pénale…

    Ce jugement, qui se fonde beaucoup sur l'absence de preuves, est une véritable torgnole. En effet, le tribunal aurait pu condamner à de la prison ferme dont la durée correspondrait à la détention provisoire déjà effectuée. Ainsi, la flicaille n'aurait pas été désapprouvée et les gauchistes n'auraient pas crié victoire. Or, ce n'est pas l'option qui a été retenue par les juges, ce qui, pour moi, est un révélateur fort qu'il⋅elle⋅s sont confiants dans la justesse de leur verdict.

    Notons que plusieurs prevenu⋅e⋅s ont été reconnu⋅e⋅s coupable pour avoir refusé un prélèvement ADN et un prélèvement des empreintes génétiques (source) : 500 € avec suris pour Becker, dispense de peine pour Coupat et Lévy, relaxe pour Burnel, Rosoux et Hauck. Argumentation du tribunal :

    Sur les huit prévenus, six étaient poursuivis pour refus de prélèvement ADN, lors de leur garde à vue en 2008. Là encore, la présidente fait du droit, rappelant qu’« en l’absence d’indices graves ou concordants, le refus de prélèvement est légitime ». Mathieu Burnel et Benjamin Rosoux, poursuivis pour ce seul délit, sont relaxés, ainsi qu’Elsa Hauck, pour laquelle le tribunal a estimé que ces indices n’étaient pas réunis. […] Julien Coupat et Yildune Lévy sont déclarés coupables de refus de prélèvement ADN, mais dispensés de peine, compte tenu notamment de l’ancienneté des faits et de leurs situations personnelles stables. Seul Christophe Becker, qui avait également refusé de donner ses empreintes, écope de 500 euros d’amende avec sursis, qui s’ajoutent aux quatre mois de prison avec sursis pour le recel de quatre cartes d’identité et une tentative de falsification.

    Je me demande si cette décision est conforme à celle de la CJUE. La gravité des infractions devait-elle être appréciée par le tribunal ou être prévue par la loi ?

    Ni le parquet, ni les prévenu⋅e⋅s n'ont fait appel donc ce jugement est devenu définitif.

    Dans le Canard enchaîné du 18 avril 2018.

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