5951 links
  • GuiGui's Show

  • Home
  • Login
  • RSS Feed
  • Tag cloud
  • Picture wall
  • Daily
Links per page: 20 50 100
◄Older
page 144 / 298
Newer►
  • Enfin un vrai flicage…

    Affreuse nouvelle : nous sommes en retard sur la Chine ! Voyez l’histoire de M. Ao. Il est recherché pour « crime économique ». Il se croit très malin en allant au concert de Jacky Cheung, qui a lieu dans un stade à 100 km de chez lui, à Nanchang, province de Jiangxi.

    A la sortie, les flics lui tombent dessus. Le stade était bardé de caméras de vidéosurveillance. Le logiciel de reconnaissance faciale l’a identifié parmi les 50 000 spectateurs. Quand aurons-nous un flicage aussi efficace ? Pourquoi se priver de pareil outil ? La Chine a prévu d’être équipée de 600 millions de caméras d’ici à 2020 : pourquoi ne suivons-nous pas son exemple ? Seuls ceux qui ont quelque chose à se reprocher renâcleront, non ?

    C’est prouvé : pareil flicage promettrait de rendre ce monde plus vivable… Voyez ce qui se passe à Jinan, dans le Shandong. Les caméras repèrent les piétons qui traversent au vert. Sitôt commise l’infraction, leur photo s’affiche sur leur portable. Et, moins de vingt minutes après, toutes vérifications policières faites, cette photo s’affiche en grand sur l’écran au carrefour, avec leur numéro de carte d’identité et leur adresse. Savoureuse humiliation publique, qui renforce heureusement les vertus citoyennes !

    Encore mieux : à Pékin, dans les toilettes du parc du Temple du ciel, le système de reconnaissance faciale permet de s’assurer que l’usager ne prend pas plus de deux feuilles de papier-toilette. Pour se resservir, il doit attendre neuf minutes. La reconnaissance faciale ne se focalise pas que sur les visages. ..

    Dans le Canard enchaîné du 18 avril 2018.

    Sun Apr 29 11:42:28 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?GtsRrA
  • Volaille, aïe, aïe !

    Plus il exporte de poulets congelés vers le Moyen-Orient, plus le groupe Doux touche de subventions européennes : 400 euros par tonne, pas moins. Et plus le poulet est imprégné d’eau, plus il pèse lourd… Le tribunal administratif de Rennes vient de condamner Doux, en liquidation judiciaire, à payer une amende de 82 millions d’euros, pour avoir beaucoup trop gonflé ses poulets à la flotte. Amende qui s’ajoute à ses quelque 40 millions de dette…

    Mais ce n’est pas grave. Le volailler va s’en sortir. Il va investir 55 millions dans « un nouvel outil d’abattage-découpe » à Châteaulin, avec l’appui sonnant et trébuchant des collectivités locales (« L’Humanité », 13/4). Et ce au nom des quelque 1000 emplois à sauver, évidemment.

    Gonflé un jour, gonflé toujours !

    Dans le Canard enchaîné du 18 avril 2018.

    Sun Apr 29 11:36:36 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?u_ZmWQ
  • Derrière la cape des super-héros | Haute Résolution

    J'ai lu plusieurs choses sur le fait de « tuer les stars », et, au début, si je comprenais l'enjeu général --notamment dans la communauté à laquelle j'appartiens-- j'étais toujours un peu mal à l'aise vis-à-vis de certains de ces discours parce qu'ils m'évoquaient ce truc, un peu oedipien, de tuer le père. Ça m'évoquait une nécessaire lutte périoque où les plus jeunes coupent la tête des plus anciens. Je pense qu'on peut donner de la place aux jeunes bénévoles sans qu'il faille dispenser pour cela le sang des anciens, précisément parce que ces derniers ont une place et un savoir qui est utile, dans le système. Les supprimer périodiquement ne supprime pas le problème, je crois.

    Aussi, cette réflexion-là part d'une situation abusive et toxique --en fait exceptionnelle. On retrouve systématiquement des schémas, mais ça reste exceptionnel (tous les présidents d'asso ou porte-paroles n'abusent pas systématiquement de leur pouvoir, et, well, heureusement !). […]

    […]

    Le podcast [2] consiste en une conversation entre trois femmes, qui ont en commun de mener la barque d'une petite entreprise et d'être mamans --seules ou non. Elles discutent autour du mythe de ces mères qui, telles des super-héros, gèrent sans problème les enfants, leur travail, leur vie personnelle. Elles discutent de la valeur du travail des femmes (et de la manière dont elles sont souvent par défaut forcées de faire comme si leur travail n'était pas important dans le couple, pour faire passer les enfants devant), elles discutent du privilège qu'elles ont de pouvoir se poser la question de comment équilibrer le travail avec les enfants, elles discutent de l'importance de dire la difficulté, la fatigue, la frustration.

    Quand s'occuper des enfants est vu comme facile et normal (et c'est tout le mythe des mamans super-héros), d'une part il est difficile de demander de l'aide ou de dire que c'est dur (parce qu'on n'est pas cru), d'autre part ça entretient la non-culpabilité des papas qui ne prennent pas grand-chose en charge. D'où l'importance pour ces femmes de dire à quel point elles galèrent tous les jours.

    […]

    Donc c'est possible. Ce que cette réaction de surprise joyeuse de mon interlocutrice signifiait, c'est qu'elle pouvait se projeter dans ce type de style de vie, parce qu'en fait, il ne s'agit pas d'avoir une capacité exceptionnelle à abattre du travail. Ni de faire des sacrifices impossibles. Il s'agit juste de travailler beaucoup et d'être organisé. C'est tout. Ce n'est pas une histoire de porter une cape.

    Ce qu'elle signifiait aussi, c'est que, elle comme d'autres devaient me considérer comme un super-héros. Et, j'ai une mauvaise nouvelle : je suis juste une brute de travail un peu têtue. Ce que je fais n'est ni facile, ni normal. Ça n'advient pas par magie et ça me demande des efforts, des choix vis à vis de mon travail, de l'organisation. Je peux fatiguer, d'ailleurs, je suis terriblement lasse.

    Faire le lien entre ces éléments m'a inspiré la réflexion suivante : penser que lae président·e/lae super-bénévole/etc. est un·e super-héros, ça encourage à se reporter sur lui ou elle (c'est pas pour moi, je ne suis pas un super-héros), et donc ça accentue la starification, puisque plus iel fait (puisque les autres se défaussent), plus iel est en lumière.

    « Tuer les stars », ça consiste aussi à recevoir et comprendre ce récit qui dit « je suis comme vous, juste, j'alloue du temps et du travail à cette cause », et qui rend possible (moyennant les efforts nécessaires) ce qui semblait insurmontable. Ça consiste en descendre soi-même du piédestal pour permettre aux autres de briller, de s'épanouir, de développer des projets. Mais sans disparaître, sans quitter l'association, sans démissionner. Juste casser cette barrière psychologique qui dit : ce n'est pas à ma portée.

    L'autre effet bénéfique de ce mouvement, c'est que ça nous permet de dire : je suis fatigué. Parce que nous sommes des humains, en réalité, nous fatiguons. Imaginer que nous sommes des super-héros, ça nous coince aussi dans une situation assez violente symboliquement où, puisqu'il est un super-héros, alors le super-bénévole ne pleure pas, il ne souffre pas, il n'est pas fatigué. Ça n'offre aucun espace pour dire cette difficulté quand elle arrive pour tirer la sonnette d'alarme.

    On est trop souvent --à tort-- considérés comme des sortes de machines. J'en ai fait l'expérience, un peu, de ces discours qui envoient une injonction à faire ça ça ça ça ça et ça, alors, qu'en réalité, on est en train de ramer. Trop souvent, le super bénévole ou le président est une personne dont les ressources sont inépuisables et dont la capacité à assurer est ce sur quoi on se repose. Le super-bénévole ne connait ni fatigue, ni peine de cœur, ni rien. Il ne pleure pas --donc il n'a pas besoin d'être consolé. C'est le dernier recours sur lequel on se repose, de la même manière que les mamans sont ce dernier recours sur lequel on se repose, right ? Mais même les mamans galèrent et fatiguent. Elles font de leur mieux pour traverser cette peine de cœur sans en faire souffrir leurs enfants parce qu'elles, leur rôle est de consoler, pas d'être consolées. Nous, notre rôle est de prendre soin des associations, pas d'être pris en charge par les associations, d'autant que naturellement, on répugne à consoler le chef. Sauf que nous fatiguons, c'est un fait.

    Parce que nous fatiguons, nous avons d'autant plus besoin que se lève non pas un nouveau super-héros, mais toi, toi toi et toi aussi.

    J'avais des scrupules à parler de ma fatigue, j'avais peur que ça envoie une sorte de signal : si elle elle fatigue, et nous ? J'avais peur que ça décourage. Mais j'observe, à voir les messages (merci merci merci) que je reçois depuis une semaine (« comment puis-je t'aider ? ») qu'en réalité peut-être que c'est ça que c'est le contraire. En fait, c'est bien, ça dit : c'est juste du temps et du travail, pas des super-pouvoirs.

    Thu Apr 26 15:36:40 2018 - permalink -
    - http://hauteresolution.net/blog/articles/derriere-la-cape-des-super-heros/15/
  • Blog Stéphane Bortzmeyer: Ça y est, j'ai la fibre

    Voilà, après des années de discussions et quelques essais ratés, je suis connecté à la maison avec une fibre optique via Free. C'est plus compliqué que ça n'en a l'air, notamment en raison de la multiplicité des acteurs, qui ne communiquent pas, ou guère.

    L'immeuble est récent, avec un mur porteur pas évident à percer, mais, en théorie, il y avait des fourreaux pour passer la fibre. Mais il n'y avait pas de plan correct de ces fourreaux, il a fallu procéder par essai/erreur. On glisse l'aiguille dans les fourreaux. Si elle ressort, c'est que ça passe, on crie « c'est bon, je la vois », on y attache la fibre et on la fait passer. À noter que deux aiguilles ont été testées, l'une, trop rigide, n'allant pas assez loin. Il a fallu utiliser le fourreau du câble téléphonique en cuivre, le seul un peu libre, et il ne restait pas beaucoup de place. L'aiguille passait seule, mais pas quand elle tirait la fibre. Les techniciens de Free m'ont demandé « vous avez du liquide vaisselle ? » Je leur ai donné du Mir, ils ont enduit l'aiguille et la fibre avec… et c'est passé. On oublie souvent que les solutions de haute technologie ne sont pas forcément les meilleures.

    J'ai été sympa, le fourreau où passait le câble TV inutilisé a été laissé intact, au cas où le locataire suivant veuille l'utiliser…

    Après, il a fallu connecter en bas, dans le sous-sol. La fibre était bien là, illuminée par le laser installé dans l'appartement, mais était cassée. Un coup de soudure, pas mal de recâblage (elle n'était apparemment pas à l'endroit indiqué) et c'est reparti.

    Wed Apr 25 18:02:35 2018 - permalink -
    - http://www.bortzmeyer.org/fibre-free.html
  • Blog Stéphane Bortzmeyer: Fiche Le médecin qui voulut être roi

    C'est une banalité de parler de pouvoir médical et de dire que le médecin se sent souvent placé au dessus des autres humains. Mais ici, dans les deux pays, David a en effet réussi à avoir la totalité des pouvoirs, médical, mais aussi économique, administratif, policier et judiciaire (il pouvait punir, et il ne s'en privait pas). Tout partait pourtant d'une idée sympathique, celle de la « médecine sociale », l'idée, en rupture avec la médecine pasteurienne, qu'on ne pouvait pas considérer la maladie comme le résultat de la seule action des microbes, mais qu'il fallait prendre en compte tout l'environnement. Mais cette idée a vite mené à un dérapage qu'on doit pouvoir qualifier de totalitaire. Le médecin s'est en effet senti en droit de réorganiser toute la société selon ses vues, évidemment sans jamais demander leur avis aux habitants.

    Jean-Joseph David était-il gentil ou méchant ? Il traitait bien les indigènes, mais comme un éleveur traite bien son troupeau. Il ne les considérait pas comme des citoyens, même pas complètement comme des humains, quand il parlait d'« améliorer la race » ou bien d'amener beaucoup d'enfants à l'âge adulte pour que la France ait beaucoup de tirailleurs. Et ses utopies ont parfois eu des conséquences graves. Il était clairement mégalomane (« la mégalomanie est une maladie tropicale », note un ancien des interventions en Afrique à l'auteur) mais était aussi le produit de son époque (la culture du Pharo, où tous ces médecins coloniaux étaient formés par d'anciens coloniaux) et de l'éloignement (depuis Yaoundé, le gouverneur français le laissait faire ce qu'il voulait).

    Wed Apr 25 17:53:41 2018 - permalink -
    - http://www.bortzmeyer.org/medecin-roi.html
  • A la limite de ma détermination – TornBlueJeans

    Tout vindicatif qu’on soit, on ne peut pas lutter seul.

    […]

    Ces interactions très minimes font que dans mon activité associative, il est très difficile d’avoir du reward, ces retours qui te donnent l’énergie pour continuer. Une grande partie de ce reward étant purement intellectuel, dans le fait de lire ou d’apprendre des choses intéressantes. Il est aussi dans le retour des équipes de l’ARCEP, quand notre réponse est bonne, c’est précieux. Il y a quelques mails du type : « c’est important ce que tu fais ». Ça, ça dit : « tu es seule mais pas tout à fait : on est avec toi ». Le reste tient dans : rester têtu.

    Evidemment, chaque retour est important et donne envie de donner de l’avant. Chaque mail qui dit que c’est intéressant est lu et apprécié. Il y en a peu, mais heureusement qu’il y a ça.

    Mais là je botte en touche. J’ai vraiment l’impression de m’entêter pour pas grand chose. Ça me rend grognon.

    Ces derniers mois, j’ai pris plusieurs coups. Le premier a été de comprendre qu’en fait, très peu de personnes trouvent intéressants les travaux que je mène. La régulation des télécoms, ça ne soulève pas les foules depuis le début. La revue de presse, ça fait deux ans qu’on devrait avoir bien plus de bénévoles, mais à l’AG de La Quadrature…la table pour en discuter est vide.

    Vide.

    C’est dur de ne pas le prendre personnellement.

    L’impression que ça donnait en sortie d’AG, c’est d’être obsolète. J’ai l’impression d’être comme ces vieux paysans qui s’acharnent encore à moissonner à la charrue alors que tous les petits jeunes ont une moissonneuse-batteuse. Obsolète.

    Mais à la limite, mettons qu’on s’en fout des gens et que de toutes façons, ça m’intéresse. Ce qui est factuellement vrai.

    […]

    Ça fait trois ans que je mène la barque de la régulation des télécoms, que je ne m’essouffle que maintenant est symptomatique qu’on arrive à une limite : la solitude, combinée à peu de retours sur un travail solitaire dont les prises sur l’avancée des luttes s’identifie mal, accentue la solitude […]

    Ça donne très envie de laisser tomber, juste pour arrêter d’avoir ce sentiment de s’acharner pour rien, qu’au moins ça cesse de creuser la solitude –l’autre problème, pour lequel les solutions sont loin d’être simples.

    Mon Apr 23 22:50:23 2018 - permalink -
    - http://yagg.hauteresolution.net/2018/04/a-la-limite-de-ma-determination/
  • http://irrexplorer.nlnog.net/

    Pour ceux et celles qui se demandent ce qu'est un IRR :

    • http://www.guiguishow.info/2014/04/18/decouvrons-la-ripe-database/
    • http://www.guiguishow.info/2013/09/18/securiser-le-routage-sur-internet/#irr
    Mon Apr 23 21:18:58 2018 - permalink -
    - http://irrexplorer.nlnog.net/
  • Far Cry 5 sur PC - jeuxvideo.com

    Un nouvel épisode dans la saga Far Cry ! Je joue à cette saga depuis le premier opus, il y a plus de 12 ans, donc, forcément, je n'ai pas pu résister. :D Cette fois-ci, il s’agit de libérer l’état du Montana de l’emprise d’un culte puissant, hégémonique, violent, manipulateur, etc.

    Concernant l'achat du jeu, il faudra vraiment que les éditeurs se remettent en question niveau simplicité et flicage :

    • Apparemment, Ubisoft a cessé de distribuer ses titres au format PC dans les boutiques de jeux vidéo. Il faut acheter en ligne, sur Uplay, la plateforme maison, sur laquelle il faut une nouvelle fois réciter nos données personnelles. Vous faites chier ! ;

    • Afin d'éviter cela, j'ai décidé d'acheter sur Steam vu que j'ai déjà un faux compte (autant que possible, genre l'IP de connexion, la fréquence de connexion, tout ça est difficilement brouillable) chez Valve. Afin d'avoir une société commerciale "locale" sur laquelle me retourner sans passer par les réseaux sociaux et autres conneries de formulaires web kikoo-modernes, et aussi espérer réduire mes traces "financières", j'ai décidé d'acheter des cartes cadeau Steam en magasin. Manque de pot, c'est encore plus fliquant : ben, ouais, les cartes cadeau sont activées en caisse. Donc le distributeur de ces cartes (et Valve) sait que telle carte a été activée depuis le terminal de paiement de tel magasin situé dans telle ville, c'est même écrit sur le reçu qu'on te remet. Ma banque ne sait rien de cet achat, ni le GIE CB ni Visa/Mastercard, mais ces organismes financiers ont été substitués par d'autres… Et, au final, Uplay est obligatoire et avec lui un compte (bidon) ;

    • Il faudra m'expliquer pourquoi, lors de la saisie de la carte cadeau dans mon porte-monnaie virtuel Steam, Valve veut connaître et consigner mon identité et mon adresse postale. Le message indique que c'est pour des raisons fiscales. Très bien, mais vu que ce n'est pas contraignant (on peut raconter n'importe quoi, il n'y a pas de vérification), on peut en déduire que c'est du flan et donc que Valve collecte des données dont elle n'a pas un usage concret ;

    • La saisie des cartes cadeau, l'achat et le téléchargement du jeu se sont bien déroulés, malgré la lenteur du téléchargement (27 Go à 1 mo/s constant, c'est loooooong) … ;

    • Pinaise, quand tu vois que pour jouer, il faut lancer Steam qui lance Uplay qui lance le jeu… Bonjour le flicage ! Ben ouais, que tu joues en ligne ou hors ligne, ces deux logiciels collectent des informations personnelles genre heures de lancement de tel jeu, fréquence de lancement de tel jeu, temps cumulé de jeu dans tel titre, avancement dans tel jeu voire sauvegarde de ta progression dans le cloud… Tout cela est envoyé à au moins deux sociétés commerciales (Ubisoft et Valve)… Ça fait mal !

    • Encore une fois, je suis amené à me demander durant combien de temps encore je vais accepter cette maltraitance avant de passer à l'offre illégale !

    Côté jouabilité :

    • On gagne en liberté, car ce jeu vidéo est un pur produit de la vague "monde ouvert". Donc il est possible de faire (presque) tout ce que l'on veut dans (presque) l'ordre qu'on veut. Les possibilités sont immenses. En contrepartie, cette liberté de mouvement peut jouer des tours en déclenchant inopinément des missions principales et en portant atteinte à la cohérence globale du scénario ;

    • On conserve des personnages non humain complètement stupides, aussi bien côté ennemi⋅e⋅s que côté allié⋅e⋅s… C'est d'ailleurs pour cela que je n'ai pas utilisé le mode de coopération avec de tels personnages, expert⋅e⋅s ou non, qui peuvent t'accompagner partout : il⋅elle⋅s foirent les assauts discrets (ce qui n'est pas un problème pour un bourrin comme moi :D ), il⋅elle⋅s se font ouvertement flinguer sans réagir, il⋅elle⋅s mettent des plombes à suivre tes mouvements… C'est vraiment pénible.

    Côté technique, si je ne juge pas la qualité graphique (car ce n'est pas important à mes yeux), je retiens le grand nombre de bugs que j'ai rencontré… Attention : contrairement à ce que l'on lit sur des forums, je fais bien la différence entre un bug et un effet narratif (genre une mission qui ne se termine pas officiellement car son⋅a commanditaire est pris⋅e en otage, la mission se terminera à la libération de ce personnage dans une autre mission). Des véhicules qui n'apparaissent pas, des marqueurs à proximité qui disparaissent temporairement dans le HUD et sur la carte (notamment à l'ouest de Whitetail Mountains), des scripts qui ne se déclenchent pas, ou s'entremêlent d'une mauvaise manière (mission avec Hurk, libération du docteur Lindsey, etc.), etc. Ce n’est pas encore assez fréquent pour nuire au plaisir de jouer, mais c’est à signaler tout de même.

    Du côté des mécaniques de jeu, contrairement à ce que je lis dans une majorité de tests, il ne faut pas se voiler la face et admettre que les mécaniques de jeu qui ont prétendument disparu par rapport aux opus précédents (tours radios, forteresses, chasse pour confectionner des objets, expérience pour débloquer des compétences, etc.) sont quasiment toutes présentes dans Far Cry 5 sous d'autres formes (confection d'explosifs, défis et fouille de bunkers pour débloquer des compétences, etc.). De là à dire que c'est plus ou moins agréable sous cette forme, ça dépend des goûts. Pour moi, c'est très mitigé. Notons tout de même un nombre plus réduit d'avant-postes à libérer. Je trouve cette réduction pertinente compte tenu que Far Cry 4 avait été trop loin.

    Côté durée de vie, il me semble qu'on est en deçà de Far Cry 4, car un grand nombre de missions annexes sont inintéressantes : chasse ou pêche ceci pour moi, cueille cela pour moi, trouve tels objets pour moi, libère ces otages, etc. Les autres missions principales et annexes sont bien senties et prenantes.

    Côté scénario :

    • Comme dans tout Far Cry depuis le 3, on est face à un choix final qui me laisse pantois. Comme à chaque fois, Far Cry vient me titiller sur mes préjugés, ce que je crois savoir, sur les valeurs que je prétends défendre, sur… … … (Far Cry 3 : mes prétendues valeurs humanistes, Far Cry 4 : mes propositions pour faire vivre décemment un pays et ma tolérance religieuse). Cette fois-ci, il titille mon agnosticisme, ma tolérance, et mon orgueil. Et ce choix, me remue autant que celui qu'il faut faire à la fin de Far Cry 3… Et, comme à chaque fois, il me force à reconnaître qu'aucun choix n'est parfait et surtout qu'aucun choix n'est bien ou mal dans l'absolu. Je trouve ça très très très positif. :)

    • Je constate une absence de cohérence globale : d'où un culte dispose d'autant de ressources pour nuire (au point d'harcéler le personnage que nous incarnons toutes les 3-5 minutes, à pied, en voiture, en bateau, en avion…) tout en restant cantonné à un état et tout en étant toléré par l’État fédéral étasunien ?! Pourquoi laisser la possibilité de jouer les missions annexes après avoir bouclé les missions principales alors que ça ne colle pas du tout avec le scénario, quel que soit le choix fait par le⋅a joueur⋅euse ? Dans l'une des fins, pourquoi nous épargner nous et pas une femme (cela ne serait-il pas l'unique moyen d'accomplir le but recherché plutôt que de rester entre paires de couilles ?!) ?

    • Comme dans Far Cry 4, dans certains films et dans certains livres, on retrouve le syndrome "seulement le boss peut tuer le personnage principal, mais il préfère jouer avec lui en le capturant plusieurs fois plutôt que de le tuer directement"… … … C'est toujours aussi péééénible, même si, cette fois-ci, c'est vaguement justifié : nous, joueur⋅euse⋅ sommes un⋅e imbécile utile (« les faibles sont utiles ») qui aiderons contre notre gré la secte à parvenir à certaines de ses fins.

    Pour ceux et celles qui sont bloqué⋅e⋅s sur « 41/43 missions terminées » dans la région d’Henbane River ou « 51/52 missions terminées » dans la Holland Valley, je vous donne quelques tuyaux :

    • Il y a des missions "cachées" c'est-à-dire qui ne sont pas mentionnées sur la carte géographique et auxquelles un personnage non humain fait référence une unique fois, sur un ton décontracté genre "ça serait bien que quelqu'un s'occupe de ça". Donc sois attentif⋅ve ;) ;

    • Chaque cache de survivaliste compte pour une mission… et il y a des caches dont l'emplacement n'est pas révélé par un personnage non humain (un otage que tu libères, typiquement) ou par une note papier trouvée dans une maison ;) ;

    • L'attribution d'une mission à telle ou telle région n'est pas aussi tranché que la carte géographique le laisse supposer. Genre la mission Clutch Nixon située au nord-ouest de la Marina Drubman compte dans les missions de la région Henbane River alors que sur la carte géographique, elle est clairement sur le territoire des Whitetail Mountains…

    Au final : ce jeu est un bon épisode de Far Cry même s'il ne réinvente pas le genre, qu'il est répétitif, qu'un grand nombre des missions annexes sont inintéressantes et répétitives et que le scénario est moins captivant que celui de Far Cry 4 dans lequel j'avais l'impression de servir une cause, de défendre des valeurs, d'œuvrer étape par étape à la reconstruction d'un pays. La saga progresse petit à petit et cet épisode nous propose une ambiance et une histoire qui valent la peine.

    Sun Apr 22 22:26:42 2018 - permalink -
    - http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/jeu-657631/
  • #19693 - DTC Dans Ton Chat - BashFR

    <Gladeulfeurah> Si, c'est un génie ! Il a même réussi à manipuler ginny et Harry avec son journal dans le 2
    <GRiz> Ouais mais s'il avait vraiment été intelligent, il n'aurait pas fait des horcruxes avec un cahier ou serpent mais avec un Nokia 3310
    <GRiz> Là Harry et Dumbledore n'auraient jamais pu le détruire et il aurait gagné ! \o/
    Fri Apr 20 01:34:16 2018 - permalink -
    - https://danstonchat.com/19693.html
  • Une justice très à l’écoute…

    Une mainmise accrue des procureurs [ NDLR : donc de l'exécutif ] sur les procédures, l’extension des intrusions dans la vie privée et la multiplication des visioconférences : voilà ce que promet, entre autres réjouissances, le projet de réforme de la justice. Pas sûr, pourtant, que le texte qui sera présenté le 18 avril en Conseil des ministres sortira indemne de son examen par le Conseil d’Etat, dont un éminent membre confie que « certaines dispositions posent problème ». Et c’est peu dire.

    Aujourd’hui, autorisées pour les délits passibles de 5 ans de prison, les écoutes téléphoniques, interceptions électroniques, géolocalisations et perquisitions pourraient l’être demain pour les infractions punies de 3 ans. Soit quasiment toutes, depuis le vol à l’étalage… Et ce sera au procureur d’en décider, sans même le regard d’un juge indépendant. Vous pensez que ça ne touchera que les vilains délinquants ? Erreur ! Avec eux, leur famille, leurs proches, leurs copains seront aussi écoutés et localisés.

    Quant a la visioconférence, elle sera étendue partout où c’est possible afin d’éviter de coûteuses extractions de prison et les voyages d’experts ou de témoins. Hélas, le terme pompeux de « visioconférence » recouvre des écrans crachotants, et, de ceux qui y apparaissent, on ne capte souvent qu’une voix lointaine et un visage brouillé.

    Bon courage pour te défendre dans ces conditions… :(


    Sans compter le flou artistique du projet sur la fusion des tribunaux d’instance — dits « de proximité » — avec leurs grands frères, dits, eux, « de grande instance ». Du coup, ce mercredi 11 avril, magistrats, avocats ou greffiers vont manifester devant la Chancellerie contre « une justice déshumanisée ».

    Tout de suite les grands mots, quand il ne s’agit que de petites économies…

    Dans le Canard enchaîné du 11 avril 2018.

    Sun Apr 15 13:41:09 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?jTJbNA
  • SwissLeaks : le lanceur d'alerte en attente de son extradition

    Le lanceur d'alerte et ancien informaticien franco-italien de la banque HSBC Hervé Falciani, à l’origine des SwissLeaks, a été arrêté, le 4 avril, par la police de Madrid à la demande de la Suisse, qui réclame son extradition. il a été relâché le lendemain mais ne peut quitter le pays dans l’attente de l’examen » de cette demande. 11 a été arrêté au moment où il allait participer à un débat sur la protection des lanceurs d’alerte.

    Au cas où il n’aurait pas compris…

    Dans le Canard enchaîné du 11 avril 2018 (je suis l'auteur du titre du shaarli).

    Sun Apr 15 13:35:34 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?-qedbA
  • Google et le Pentagone travaillent de concert pour des frappes par drones ?

    Les tuiles continuent pour les malheureux patrons des Gafa, et pas seulement à cause des menaces de sanctions fiscales brandies depuis des lustres par les Européens. « Les Echos » (6/4) signalent que « des salariés [de Google] demandent à la direction d’abandonner la participation à un projet du Pentagone », appelé « Maven », consistant à utiliser l’intelligence artificielle « pour interpréter des images vidéo (…) dans des surveillances et des frappes par drones ». Pour Facebook, ça se gâte aussi. « Le Farisien » (8/4) annonce que « la Cnav [l’assurance vieillesse] a fermé sa page Facebook pour protéger les données personnelles de ses usagers ».

    Comme si les petits secrets de nos chers retraités pouvaient intéresser les politiciens américains indélicats…

    Dans le Canard enchaîné du 11 avril 2018 (je suis l'auteur du titre du shaarli).

    Sun Apr 15 13:32:31 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?BItTfg
  • Mandats en or à la CFTC

    Enfin un syndicaliste payé à sa juste valeur ! Patrick Del Grande, le président de la minuscule fédération CFTC du bâtiment et des travaux publics, y émarge au discret salaire mensuel brut de… 17 000 euros. Sa numéro 2, Caroline Tykoczinsky, gagne à peine moins. Leurs salariés, eux, se plaignent d’être payés « une misère ».

    Même la Sécu s’est offusquée. Comme la plupart des organismes sociaux, elle rembourse en enffet aux employeurs les heures que les représentants syndicaux passent à siéger et à travailler au sein des instances. Or le président et son adjointe collectionnent les mandats. Ils ont l’un et l’autre présidé la caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) de Meurthe-et-Moselle, dont ils sont toujours conseillers.

    Del Grande vient aussi d’être réélu à la tête de la caisse des allocs et siège à l’Urssaf ou encore à la caisse de retraite de la branche, la Carsat… « Leur rémunération exorbitante est largement financée avec cet argent public », résume Jérôme Karsenti, l’avocat de la CPAM. Selon lui, Caroline Tykoczinsky a « exagéré les déclarations [d’heures passées à siéger dans tous ces machins] pour gonfler les rem boursements » versés par la Sécu à la CFTC.

    Mais que fait la justice ? Une enquête est ouverte au parquet de Nancy depuis 2007, et Del Grande a été mis en examen, en 2012, pour une histoire de salaire surévalué à la CFTC et à Pôle emploi. Les deux intéressés n’ont pas répondu à nos questions. Dommage : la mafiingale aurait pu tenter d’autres syndicalistes. Quant à la direction nationale de la confédération chrétienne, elle reste muette. Les calottes
    sont coites.

    Dans le Canard enchaîné du 11 avril 2018.

    Sun Apr 15 13:24:47 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?acmkiw
  • Européennes : ratages et râteaux de Macros

    Panique à bord ! Alors que les élections européennes arrivent à grands pas (mai 2019), Macron n’a toujours pas réussi à se faire des amis pour constituer un groupe et exister au Parlement européen. Sans groupe, hélas, pas d’argent, pas de postes clés (présidents de commission, coordonnateurs, rapporteurs, etc.) et aucune chance de peser sur les positions et les nominations de la Commission…

    Macron a d’abord rêvé d’une romance avec Merkel. Mais le parti de la Chancelière, la CDU, n’a aucune envie de quitter le PPE (Parti populaire européen), qui rassemble en Europe les mouvements de sa sensibilité. Scheisse ! Et En marche ! ne peut pas non plus rallier le PPE, qui abrite tous les partis conservateurs, parmi lesquels le Fidesz de Viktor Orban…

    Erasmus, à l’aide !

    Le rêve allemand évanoui, Macron et ses émissaires se sont tournés vers l’Espagne dans l’espoir de monter une alliance avec Ciudadanos. Un parti jeune, progressiste et libéral : c’était parfait. Mais l’Elysée a mis un certain temps à comprendre que, pour son chef, le jeune et fringant Albert Rivera, les élections enropéennes n’étaient pas une priorité. Les rencontres n’ont débouché sur rien de concret. No pasarân, Manuel !

    Et l’Italie ? Le PD transalpin (Partito democratico, centre gauche) s’est montré réceptif. Problème : les Macron boys ont pris langue au même moment avec le Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo. Révélés par le journal italien « Il Foglio », les contacts entre les deux formations ont douché le PD, dont un dirigeant a fustigé l’« amateurisme » de l’Elysée. Les contacts pris avec les partisans de Beppe Grillo ont semé la zizanie jusque dans le camp Macron, Europe En Marche pendant un communiqué de fin de non-recevoir très vif, retiré par LRM. Ciao ragazzi !

    SOS amitié

    La logique aurait voulu que l’Elysée contacte le groupe libéral européen (Alde), sorte d’auberge espagnole où cohabitent des centristes de gauche et de droite de tous pays, plus quelques eurosceptiques (FDP allemand). Mais Macron n’a pas souhaité rencontrer son chef, le Flamand et ancien Premier ministre Guy Verhofstadt. « Il n’est pas assez docile, [le Président] s’en méfie », raconte un eurodéputé français.

    Après cette histoire belge, Dany Cohn-Bendit a convaincu Macron de tenter un rapprochement avec les Verts européens, moyennant l’appui de quelques Grünen allemands. Mais l’initiative de (Cohn-Bendit a eu très peu d’écho. L’Elysée a laissé entendre que Pascal Canfin, ancien ministre (EELV), pourrait se rallier. Furax, l’intéressé a fait savoir qu’il n’avait jamais été approché !

    Macron mise sur son grand discours au Parlement européen, le 17 avril, pour susciter l’envie. Il comptait faire une allocution jupitérienne et tourner les talons. Seulement, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, lui a rappelé qu’il était dans les usages de débattre avec les élus. « Une chose est sûre, prévient l’eurodéputé Vert Pascal Durand : si Macron persiste dans son attitude bonapartiste, ça ne marchera pas en Europe. »

    Ça peut même finir à Waterloo.

    Dans le Canard enchaîné du 11 avril 2018.

    Sun Apr 15 13:19:11 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?Y6wXbg
  • Les caisses Agirc et Arrco inventent la retraite à 63 ans !

    Deux petits articles glissés dans l’accord signé en 2017 entre les caisses de retraite complémentaire — l’Agirc (cadres) et l’Arrco (salariés) — sont passés inaperçus. Ils risquent pourtant de devenir très populaires auprès de quelque 300 000 salariés candidats, chaque année, à la retraite. Et pour cause : ils font reculer d’un an l’âge légal de la retraite à taux plein. Après le psychodrame de la hausse de la CSG sur les pensions, le succès est assuré !

    Aux termes de ces articles, les futurs retraités qui, à partir de 2019, auront 62 ans — âge légal de départ — verront leur pension complémentaire amputée de 10 % pendant trois ans. Même s’ils ont cotisé le nombre de trimestres nécessaire ! Seule façon d’échapper à cette punition : travailler une année de plus.

    L’entourioupe a commencé en novembre 2017, lorsque les partenaires sociaux gérant l’Agirc et l’Arrco ont conclu un accord pour sortir du déficit. A cet effet, les articles 98 et 99 — noyés parmi 155 autres — créent un explosif « coefficient de solidarité », siphonnant un dixième des pensions complémentaires Agirc-Arrco à partir de l’an prochain.

    En 2020 le même sort sera réservé à la génération 1958 — arrivant à l’âge de 62 ans —, en 2021 à celle de 1959, etc. Le régime Agirc-Arrco va ainsi permettre d’économiser 180 millions d’euros par an.

    Chômeurs très abattus

    Le représentant du Medef ne cache d’ailleurs pas son but : « inciter les assurés à partir à la retraite plus tard que l’âge légal », a-t-il déclaré aux « Echos » (29/3), Des syndicats ont également signé l’accord, mais pas FO ni la CGT.

    Les mécontents qui ne veulent pas voir leur pension baisser devront donc travailler une année de plus. Quand ils feront jouer leurs droits, leur pension complémentaire sera à taux plein. L’accord prévoit aussi que les candidats retraités bossant deux années de plus gagneront, à l’issue de ces deux ans, un bonus de 10 % sur leur retraite — voire 20 % pour trois ans de plus. Sauf que ces bonus ne seront accordés que pendant un an !

    Quant aux chômeurs, ils n’auront pas le choix : ceux qui auront acquis les trimestres nécessaires pour partir à taux plein seront priés de liquider leur retraite illico avec, donc, un abattement de 10 % sur leur pension complémentaire.

    Il leur suffira de retrouver du travail pour pouvoir cotiser une année de plus !

    Dans le Canard enchaîné du 11 avril 2018.

    Sun Apr 15 13:10:47 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?G8mx7A
  • Les farces et attrapes de la grande réforme électorale

    Proportionnelle, nombre de parlementaires, cumul… La cuisine du chef Macron tourne à la tambouille politicienne.

    Les ordinateurs de l’Intérieur sont formels : l’introduction d’une part de proportionnelle pour les législatives — fixée à 15 % par Emmanuel Macron et couplée à une baisse de 80 % du nombre de parlementaires — ne devrait pratiquement rien changer. Appliquée au résultat des élections de juin 2017, cette dose de proportionnelle n’écornerait que très légèrement la majorité de 58 % des sièges remportée par les seuls candidats LRM. Le parti présidentiel se retrouverait avec environ 205 sièges sur un total de 404.

    « Dans ce cas, nous restons majoritaires sans avoir besoin du MoDem et de François Bayrou, et c’est ça le plus important », confesse au « Canard » une huile gouvernementale.

    Allez savoir pourquoi, Bayrou » qui revendiquait 25 % de députés à la proportionnelle — n’apprécie guère la plaisanterie… (lire p. 2).

    Fiefs a l’encan

    L’élection de 61 députés à la proportionnelle va permettre aux petits partis de grappiller quand même quelques s1èges. Mais ils devraient en reperdre à peu près autant avec les 343 places qui seront at— tribuées au scrutin majoritaire. Et pour cause : plus les circonscriptions seront étendues, plus les fiefs électoraux des petits partis se retrouveront dilués dans des territoires dominés par les grands partis.

    Par exemple, les Hauts-de-Seine comptent aujourd’hui 13 « circos » (dix LEM, deux LR et une PCF). Demain, avec un département réduit à seulement 7 ou 8 circonscriptions, ce sont les communistes qui devraient passer à la trappe. Même constat dans l’Allier ou les Bouches-du-Rhône.

    Au FN, Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen, et ses alliés Emmanuelle Ménard et Gilbert Collard pourraient être rayés de la carte électorale. Une partie des sièges détenus par La France insoumise risquent également de connaître le même sort.

    De quoi, sûrement, faire sangloter l’Elysée…

    La ficelle du chef

    Pour réduire encore les effets de l’introduction de la proportionnelle, le gouvernement pense avoir trouvé une astuce d’une kolossale finesse.

    Au lieu de voter deux fois, — une fois pour la proportionnelle et une fois pour le scrutin majoritaire —, l’électeur ne mettrait qu’un seul bulletin dans l’urne, et son vote serait crédité en même temps pour le candidat choisi et pour la liste nationale que celui-ci soutient. L’Elysée et Matignon espèrent ainsi éviter un éventuel effet « défouloir » de ce nouveau mode de scrutin qui conduirait des électeurs à voter LRM au scrutin majoritaire et pour un autre parti au scrutin de liste.

    A part ça, comme disait Macron le 5 juillet a la tribune du Congrès, à Versailles, la mise en place d’« une dose de proportionnelle » va permettre à « toutes les sensibilités [d’être] justement représentées » au Parlement…

    Le casse-tête des ciseaux

    Selon tous les experts consultés, le passage a 343 circonscriptions départementales — soumises au scrutin majoritaire — semble relever de la mission quasi impossible. Du moins sans piétiner les règles d’équité établies par le Conseil constitutionnel.

    Par exemple, ledit Conseil a décidé, en 2009, que l’écart maximal de population entre deux « circos » d’un même département ne devait pas dépasser 20 %. Mais, avec seulement 343 députés élus au mode majoritaire, cet écart augmenterait mécaniquement, pour atteindre de 39 à 41 % dans certains départements, à en croire les calculs des conseillers de Gérard Larcher.

    Des calculs aussi innocents et désintéressés que ceux de Macron.

    Lozère de rien

    Encore plus ennuyeux : si la norme d’au moins un député par département annoncée par le Premier ministre devait être respectée, les 76 000 habitants de Lozère pèseraient aussi lourd à l’Assemblée que les 290 000 personnes résidant dans l’Orne. Et ce n’est qu’un exemple…

    Dans le système à 577 députés, l’élu de la circonscription la plus peuplée (la 6e de Seine-Maritime) représentait 2,4 fois plus d’électeurs que son collègue de la moins peuplée (la 2° des Hautes-Alpes). Demain, avec la réforme, cet écart pourrait atteindre un facteur 4 !

    Pour échapper à ce piège, le gouvernement aimerait s’affranchir, dans certains cas, des limites départementales et créer de nouvelles circonscriptions à l’échelle des régions. Mais il faudrait qu’il obtienne que le Conseil constitutionnel accepte de revoir sa jurisprudence. En raison de l’« ampleur de la réforme envisagée », explique aujourd’hui un conseiller de Matignon.

    Comme si c’était le genre des conseillers, d’accepter de manger leur chapeau…

    A se taper le cumul par terre

    Autre réforme, mais cette fois symbolique, de Macron : la limitation du cumul dans le temps des mandats électoraux, qui ne pourront pas excéder le nombre de trois. « Symbolique » est bien le mot.

    Et d’un : cette disposition ne concernera qu’une infime minorité d’élus. Aujourd’hui, elle ne toucherait, par exemple, que 12 sénateurs. Et tous les maires et les patrons de collectivités de moins de 9 000 habitants en seraient exonérés, soit 95 % d’entre eux. Et de deux : le compteur repartira de zéro en cas d’interruption du mandat durant un laps de temps qui devrait être fixé à un an.

    Il suffira donc à un élu de troquer pour un moment son fauteuil de maire contre celui de président de la métropole ou de la communauté urbaine concernée pour en ressortir vierge de tout cumul. Les parlementaires nommés au gouvernement se verront reconnaître la même virginité à la fin de leurs fonctions ministérielles.

    Dernière entourloupe : le décompte devrait commencer par un coup d’éponge général. Sauf revirement de dernière seconde du gouvernement, le premier mandat pris en compte sera celui obtenu à l’issue des prochaines élections. Un maire élu pour la première fois en 2001 pourrait, si les électeurs le veulent, rempiler pour trois mandats de plus à partir de 2020 et rester en place jusqu’en… 2038.

    Soit trente-sept ans de mandat sans interruption !

    Merci, Macron !

    Ce qui m'apparaît important, c'est de refuser la réduction du nombre de parlementaires surtout au motif de faire des économies. Moins de député⋅e⋅s, c'est moins de représentation. Une même personne ne peut pas représenter plus de 70 000 personnes, c'est impossible. Alors cette personne représentera son parti et votera tout ce qu'il lui demande de voter. Il est impossible de se sentir concerné par les problèmes et préoccupations, tous différents, de 70 000 personnes. Il est impossible d'éprouver de l'empathie pour une masse, informe, de 70 000 personnes. Il est impossible d'être à l'écoute, par téléphone, courrier, mail ou présentiel, de 70 000 personnes, ça ne loge pas dans un agenda, même en travaillant 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Il est impossible d'être proche de 70 000 personnes, de les connaître, de savoir ce qu'elles font (et je ne parle pas uniquement du travail), de savoir de quelle (absence de) régulation auraient besoin ces personnes dans leurs activités, etc. À 70 000 personnes, on ne travaille plus à une échelle humaine, mais à une échelle industrielle avec des statistiques, des suppositions, des profils démographiques, etc., bref, des outils qui permettent de traiter de la masse : "ma circo est environ composée de tels types de personnes, il faudrait donc faire ça et ci". C'est aussi cette abstraction, mais pas que, qui donne l'impression que nos politicien⋅ne⋅s sont hors du réel. C'est cette abstraction qui donne aussi, en partie, du pouvoir aux lobby qui eux, sont palpables, existent physiquement devant l'élu⋅e. Mais ces représentant⋅e⋅s pourraient être complétés par des citoyen⋅ne⋅s bien vivant⋅e⋅s eux⋅elles aussi et ça permettrait de créer du lien entre élu⋅e⋅s et citoyen⋅ne⋅s. En tout cas, je le pense.

    Il est grand temps de proclamer que l'important, c'est chaque citoyen⋅ne, individuellement, et de se donner les moyens de les écouter. C'est une piste pour améliorer notre démocratie représentative en attentant possiblement mieux (démocratie directe, démocratie liquide, etc.).

    Dans le Canard enchaîné du 11 avril 2018.

    Sun Apr 15 12:56:45 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?7zIY1A
  • La dette va bon train

    Il y a au moins deux raisons pour lesquelles le gouvernement ne veut pas s'engager publiquement en faveur d'une reprise de la dette de la SNCF - 46 milliards, en hausse de 3 milliards chaque année.

    La première tient au traité de Maastricht. « Si nous annonçons la reprise de la dette, la Commission européenne nous l'imputera immédiatement », explique un ministre.

    La seconde est stratégique : le gouvernement veut attendre la fin des négociations avant de dévoiler la totalité de son jeu.

    « Il faut que chacun y mette du sien », a ainsi avoué Elisabeth Borne dans une interview à "Sud Ouest Dimanche" (8/4). Avant d'annoncer une reprise de la dette, nous devons nous assurer que celle-ci ne va pas se reconstituer. Les français ne comprendraient pas que l'on annonce dans dix ans une nouvelle dette de la SNCF. Nous voulons donc nous assurer que la SNCF ne s'endettera plus. »

    Une solution est envisagée en haut lieu, inspirée de ce qui fut réalisé pour le Crédit lyonnais : créer, à côté de la SNCF, une « structure de défaisance » de la dette. Elle serait en partie abondée par une taxe sur les billets de train !

    Une taxe de plus, voilà une idée qu'elle est bonne pour que les usagers du rail se mettent à leur tour en grève, au moins de billets !

    La troisième raison est politique : démontrer que le public c'est nul, ce n'est pas efficace, ça s'endette de partout, donc on arrête les gamineries de gauchos et on laisse le privé gérer tout ça et tout ira beaucoup mieux pour tout le monde (usagers, salariés, tout le monde on vous dit).

    Dans le Canard enchaîné du 11 avril 2018.

    Sun Apr 15 12:26:03 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?n6A4lw
  • Sur la ZAD: «On n’est pas là pour faire la guerre à l’Etat» - Page 1 | Mediapart

    « La main de l’État ne tremblera pas », déclarait Sébastien Lecornu, secrétaire d’État à la transition écologique, le 20 mars, lors de sa rencontre avec la délégation issue du mouvement anti-aéroport.

    Ouais, Valls disait pareil. C'est curieux de retrouver cette petite phrase ici, dans un contexte politique où les autorités rapprochent de plus en plus la contestation politique du terrorisme afin de lui appliquer les mêmes mesures en dehors de l'état de droit.


    Relayé par divers élus, des représentants de l’État et des éditorialistes, un discours binaire s’est mis en place : sur les 1 650 hectares de la ZAD, il y aurait d’un côté les occupants impliqués dans un projet agricole, prêts à se régulariser, et, de l’autre, des militants présentés comme « anarchistes », « d’extrême gauche » ou « altermondialistes », rejetant tout cadre légal.

    […]

    L’assemblée des usages, une instance collective des « usager·e·s » de la ZAD, a fait parvenir à la préfecture une proposition de convention provisoire collective. Ils acceptent de signer avec l’État une forme précaire de bail régularisant leurs activités mais pas sur une base individuelle, ni exclusivement pour des projets agricoles.

    Je ne comprends pas pourquoi ce devrait être des terres agricoles, surtout après les études qui expliquent qu'il ne faut pas construire l'aéroport, car ça écraserait tout un bocage avec une faune et une flore riches… Si on suit la logique, on pourrait s'attendre à ne pas voir pousser des champs qui ravagent le coin et normalisent le paysage avec une monoculture…


    Ils ont créé en février une association loi 1901 « pour un avenir commun dans le bocage », habilitée à signer ces documents, et sollicité un rendez-vous auprès de la MSA, la mutuelle agricole indispensable pour obtenir le statut officiel d’agriculteur. « C’est ce cadre collectif qui peut assurer le maintien d’une vision du territoire soucieuse des communs, du soin au vivant, d’une vision paysanne et de la place nécessaire aux expérimentations sociales », écrivent-ils dans un communiqué. Cela correspond aussi à leur vision agro-écologique de la culture des terres, selon un principe de rotation des parcelles qui évite leur morcellement. L’État, lui, voudrait des conventions d’occupation précaire individuelle. Mais « nous ne pouvons envisager un tri sélectif de la richesse et de la diversité des projets actuels », contestent ces habitant·e·s.

    […]

    Dans le cadre légal, un paysan doit passer devant une commission agricole, la CDOA, pour obtenir l’autorisation officielle d’exercer son activité. Si son projet est jugé économiquement viable, il peut légalement s’installer et toucher des aides. Pour Mickaël, ce cadre est contraignant : « Tu as des objectifs chiffrés à atteindre, alors que les projets collectifs sont toujours mouvants. » Surtout, il s’inquiète d’y perdre sa flamme militante. « C’est vite fait d’être pris dans un cadre uniquement professionnel. Tu n’as plus le temps d’aller aux réunions, tu as une livraison à faire, tu dois t’occuper de tes enfants. Ça arrive très vite. Je ne voudrais pas faire que ça. »

    Maraîchage, culture de plantes médicinales, production et transformation laitière : la plupart des activités paysannes sur la ZAD ne peuvent être régularisées en l’état, car pour s’affilier à la MSA, il faut déclarer des parcelles. Or, personne ne sait encore ce qu’elles vont devenir. L’État annonce vouloir les vendre mais qui va les acheter ? En exigeant des habitant·e·s de la ZAD qu’ils ou elles se régularisent, l’État leur demande un acte aujourd’hui impossible à concrétiser. […]

    […]

    […] On n’est pas là pour faire la guerre à l’État. C’est pour changer les croyances. Le capitalisme a tout défoncé. Partout dans le monde, on voit les mêmes voitures, les mêmes bâtiments. C’est hyperoppressant. On peut pas faire le même schéma pour tout le monde » À quelques mètres de sa tourelle, il a creusé un puits dans l’argile, avec ses mains, pour s’approvisionner en eau et profiter de cette grotte fraîche en été. « C’est un endroit magique. C’est génial pour y jouer de la musique, au frais, à l’intérieur de la terre. » Une merveille de poésie décrite comme une potentielle cache d’armes et un départ de souterrains secrets dans une note de police publiée dans le Journal du dimanche en décembre. Son constructeur n’en revient toujours pas.

    […] D’ailleurs, ce mot de « friches », il le conteste : « C’est anthropocentré et formulé dans le but de répondre à nos besoins. »

    Tue Apr 10 23:31:57 2018 - permalink -
    - https://www.mediapart.fr/journal/france/080418/sur-la-zad-n-est-pas-la-pour-faire-la-guerre-l-etat?page_article=1
  • Mes notes du Siné mensuel de mars 2018

    • La presse en avait parlé durant l'affaire Bettencourt, Sine revient dessus : les abus commis par des responsables de tutelles / curatelle. Ces personnes n'ont aucun compte à rendre à la famille. Elles peuvent souscrire une assurance-vie sans le dire à la famille ( ;) ). Elles peuvent faire des achats en douce pour leur propre compte et priver leur protégé⋅e. Elles peuvent vendre les biens immobiliers de la personne sous tutelle par facilité : pas besoin d'entretien, le⋅a tuteur⋅rice est payé⋅e en fonction des revenus de la personne majeure protégée et le⋅a juge peut lui accorder des indemnités sur certaines transactions, comme la vente d'un bien ou le règlement d'une succession. Je retiens aussi le n'importe quoi : tu peux être placé sous tutelle en 2006 pendant un séjour à l’hôpital, en sortir en 2008 pour y revenir en 2011, en ressortir en 2015, tout ça parce que ta famille, notamment tes enfants se frittent sur ta pomme… … … Je note l'absence de contrôle et l'énorme difficulté des familles pour obtenir réparation compte-tenu de l'opacité dans laquelle peut agir le⋅a tuteur⋅rice. :O

    • En 1951-1953, Rosalind Franklin a permis la découverte de la structure complète de l'ADN. Dommage que ses clichés ont été montrés à d'autres chercheurs à son insu, chercheurs qui ont minimisé l'apport de son travail et qui ont remporté le Nobel sans elle… … …

    • Il existe une carte des conflits environnementaux réalisée par des universitaires et la société civile, financée par l'UE. « Entre 2002 et 2013, pas moins de 900 personne sont été éliminées. Mais, depuis 2014, les assassinats sont deux fois plus nombreux. 2014 : 116 morts ; 2015 : 185 morts ; 2016 : 200 morts ; 2017 : 197 morts ».
    Sun Apr 8 16:02:40 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?pHu4Uw
  • Tout reste affaires

    C'est vrai que les grands esprits se rencontrent. Le 26 mars, Vincent Bolloré traînait France 2 devant le tribunal de commerce de Paris, pour un reportage trop regardant sur son commerce africain. Deux jours plus tard, Macron faisait porter par une escouade de députés LRM sa belle proposition de loi sur le secret des affaires à l’Assemblée, adoptée en procédure accélérée par 46 voix contre 20.

    Le lien entre les deux ? Le même fond de sauce : le business est une chose trop précieuse pour que quiconque de l’extérieur vienne y fourrer son nez. Et la même logique : les journalistes, ce sont comme des concurrents. Il convient donc de ne plus se contenter de poursuivre ces curieux devant le juge pénal (ou civil) de la diffamation, mais de les amener petit à petit à se soumettre à la seule justice qui vaille, la justice commerciale ! A l’heure de l’entrepreneuriat triomphant, la question n’est plus de savoir si ce que ces scribouillards écrivent est exact, mais si leur prose porte atteinte aux affaires et à leur confidentialité !

    Lorsque Bolloré réclame, sans rire, 50 millions d’euros à France 2 devant le tribunal de commerce, ce grand libéral se dit que ces juges non professionnels, et plus sensibles au business, vont mieux prendre la mesure de son préjudice. L’enquête de la Deux relève de la loi sur la presse de 1881, mais le milliardaire la contourne et vient pleurnicher, pour « dénigrement » de son boulot d’entrepreneur, le Code de commerce à la main. Grâce à une manoeuvre similaire, Conforama a obtenu, il y a deux mois, la condamnation de « Challenges », coupable d’avoir osé dévoiler ses déboires financiers. Et la proposition de loi Secret des affaires vient tout simplement finir le travail.

    Tribunal d’un commerce agréable

    Ce texte réjouissant est en route pour le Sénat. Très faux derche, il ouvre la porte à toutes les fenêtres. Il dit à la fois que « l’obtention du secret des affaires est illicite lorsqu’elle intervient sans le consentement de son détenteur légitime » (la bonne blague) et s’il viole les mesures prises pour « en conserver le caractère secret », mais aussi que cette protection tombe s’il s’agit « d’exercer le droit à la liberté d’expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse ». Bon courage aux magistrats pour trancher ce cruel dilemme. Faites vos jeux, la course à la jurisprudence est déjà ouverte !

    A l’audience Bolloré contre France 2, il y a dix jours, le débat a précisément porté sur la compétence des Codes et des tribunaux. Les avocats de la chaîne publique ont exigé que le tribunal de commerce soit dessaisi au profit du tribunal de grande instance, tandis que ceux de Bolloré réclamaient de régler son compte à France 2, là, sur-le-champ.

    Ironie de l’histoire, comme l’a révélé « Télérama » (28/3) : en 2014, la société de production Upside, une filiale d’Havas, du groupe Bolloré, avait été attaquée par une boîte d’e-commerce, Groupon, pour un reportage diffusé sur… France 2. Où ? Devant le tribunal de commerce. Et qu’avaient fait les avocats d’Havas ? Ils avaient plaidé l’incompétence de ce tribunal, répété que l’affaire relevait du droit de la presse…, et ils avaient gagné !

    Dire que Bolloré avait bien gardé ce secret.

    Dans le Canard enchaîné du 4 avril 2018.

    Sun Apr 8 13:44:39 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?yLZhVw
Links per page: 20 50 100
◄Older
page 144 / 298
Newer►
Mentions légales identiques à celles de mon blog | CC BY-SA 3.0

Shaarli - The personal, minimalist, super-fast, database free, bookmarking service by the Shaarli community