Que répondez-vous à Stéphane Richard, PDG d'Orange, qui déclare qu'abandonner la neutralité du Net est "une obligation" ?
Stéphane Richard est dans son rôle. Il explique que ses envies sont des obligations, et que l'univers devra bien se plier à son petit désir. Mais les arguments qu'il avance sont faibles. Il nous parle de voitures connectées. Quand les voitures autonomes seront en vente libre, il y a une chose certaine : elles devront pouvoir fonctionner même quand elles n'ont pas d'accès au réseau. Pour pouvoir rouler à la campagne, ou simplement dans un tunnel ou un parking.
Stéphane Richard nous enfume. Il nous parle du fait que les plateformes ne financent pas les investissements. C'est structurellement faux : Google réalise des investissements bien supérieurs à ceux d'Orange, par exemple.
En effet, depuis plus de 7 ans, Google, Microsoft, Facebook financent, en partie, des fibres optiques très haut débit sous-marines qui profitent à tout le monde, en plus de développer leur réseau privé et leurs produits, par exemple. Exemples : https://en.wikipedia.org/wiki/FASTER_(cable_system) , http://pldcglobal.com/ , https://news.microsoft.com/features/microsoft-facebook-telxius-complete-highest-capacity-subsea-cable-cross-atlantic/ .
D'une manière générale, on parle de 7, 9, 10 milliards de dollars d'investissement en 2017 chez Amazon, Google, Microsoft et Apple. On parle d'environ 8,6 milliards de dollars pour Orange en 2016.
Mais surtout c'est une erreur d'échelle. Sans neutralité du Net, Orange pourrait espérer "taxer" les plateformes de quelques millions d'euros, quelques dizaines de millions au mieux. Or les investissements dans le monde des télécoms se chiffrent en milliards d'euros par an. Il y a un facteur 1.000 entre les deux ! La fin de la neutralité du Net ne changerait rigoureusement rien dans le financement des investissements.
J'apprécie cette tribune de Benjamin Bayart. Plutôt exhaustive et compréhensible.
Le principe est souvent présenté de manière assez complexe, quand ce n’est pas incompréhensible, alors qu’il est en fait relativement simple. Le métier d’un fournisseur d’accès à Internet est de transporter les données des abonnés. Parce que, oui, c’est bien l’abonné qui a demandé les données, et pas YouTube qui a décidé tout seul d’envoyer une vidéo. Le principe de neutralité consiste à transporter ces données sans discrimination. Sans favoriser le diffuseur de vidéos qui a un accord avec l’opérateur, accord actionnarial ou commercial par exemple, contre le diffuseur qui n’a pas un tel accord. Pourquoi ?
Neutraliser toute expression dissidente
Philosophiquement, parce que l’abonné est le client. Parce que l’opérateur doit être au service de son abonné. Si un diffuseur peut passer un accord avec l’opérateur pour favoriser sa plateforme, quel est l’objet de cet accord ? L’abonné. Il perd sa position de sujet pour devenir un objet, une marchandise, que l’opérateur vend à la plateforme.Économiquement, la conséquence est qu’une plateforme en position de force pourra payer cette redevance, là où un nouvel acteur économique ne pourra pas. L’effet économique est d’empêcher les nouveaux venus, et d’assurer la pérennité des positions de force acquises, tuant l’innovation et la concurrence. L’effet politique est de créer un levier que les États peuvent utiliser pour stériliser toute expression dissidente.
Quel sera l’effet aux États-Unis de la fin de la neutralité du Net ? Cela donnera de la force aux grands opérateurs, déjà en situation de monopole (dans une ville américaine, quand il y a deux opérateurs, ce sont celui qui fait de l’ADSL, et celui qui fait du câble, et encore, pas partout). Ces grands opérateurs, qui sont très en retard technologiquement, en espèrent un surplus de revenus sans avoir à investir, en prélevant une part des revenus des géants comme Google, Facebook ou Netflix. L’effet second, ce sera de renforcer la position dominante de ces géants: étant les seuls à pouvoir payer la rente demandée par les opérateurs, ils seront protégés.
En Europe, nous avons des bases légales plus solides pour protéger la neutralité du Net. Un règlement européen, loi directement applicable dans toute l’Union sans attendre une lente transposition par les parlements nationaux. C’est bien plus solide qu’une règle établie par une autorité administrative. Bien entendu, nos grands opérateurs continuent de s’attaquer à cette règle. Par le lobbying politique, bien entendu. Par le lobbying technique, aussi.
Il y a deux réactions possibles de l’Europe. Ou bien elle cède lentement aux sirènes des opérateurs, elle rabote petit à petit la neutralité du Net, retirant un bout au nom de la sécurité, retirant un bout au nom de l’alignement avec le marché américain, etc. Et alors nous entérinons solidement le fait qu’il n’y aura pas de nouveaux modèles économiques. Nous assurons que les seuls géants possibles sont les géants américains actuels. Et en creux, nous admettons que les «valeurs européennes» sont une farce, la vraie règle étant celle du marché, et surtout celle du marché américain. Bref, la première piste, c’est de renoncer. Renoncer à la protection des données personnelles, renoncer au fait que le réseau soit la marchandise et donc accepter que ce soit l’utilisateur qui serve de marchandise.
L’alternative, c’est que l’Europe s’appuie au contraire sur ses valeurs, et sur les règles qu’elle a mises en place (la neutralité du Net, le règlement européen sur les données personnelles…). En défendant ces positions, nous avons alors une chance : les nouveaux venus américains auront un handicap, un réseau non-neutre. Les entreprises innovantes européennes en revanche, auront un accès facile à un grand marché, une Europe de 500 millions de citoyens qui ont des droits. Et une Europe forte, capable d’imposer ses règles aux grands groupes américains. Bref, nous avons là une opportunité intéressante, que l’Europe devienne un terreau plus favorable à l’innovation sociale, et économique, par la protection des citoyens.
Tient, j’avions raté ça… Comodo, une autorité de certification, est maintenant détenue par Francisco Partners, qui détient aussi la majeure partie de Pegasus, un outil de surveillance gouvernemental… #WhatCouldGoWrong
Comodo, l'autorité de certification dont l'API destinée aux revendeurs avait été abusé en 2011 pour émettre de faux certificats pour Yahoo/GMail…
Ce n'est pas de la dictature, c'est une oligarchie mono-décisionnelle è_é.
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Déjà, pourquoi en parler en anglais ? Utiliser l'anglais quand des termes parfaits existent en français (selon le cas : mensonge, désinformation, tromperie, propagande), c'est toujours pour brouiller les pistes, pour gêner la réflexion. Ici, le but de ceux qui utilisent cet anglicisme est clair : faire croire qu'il s'agit d'un phénomène nouveau (alors que le mensonge est aussi ancien que la communication), et laisser entendre qu'il est spécifique à l'Internet. Ceux qui brandissent le terme de fake news à tout bout de champ sont en général ceux qui n'ont jamais digéré que l'Internet permette l'accès à d'autres sources d'information.
Les médias qui se veulent officiels ont en effet une classification simple : ce qu'ils écrivent, c'est la vérité, le reste, ce sont des fake news. Regardez par exemple ce titre incroyable sur les « médias légitimes » (les autres sont-ils « illégitimes » ?). Et le reste de l'article est à l'avenant, considérant qu'il n'y a rien entre « médias traditionnels » et « rumeurs ».
[…]
Par exemple, le problème est souvent présenté de manière binaire : il y a le vrai (les discours du Président de la République, les éditoriaux du Point, les communiqués de la Préfecture de Police) et le faux (le reste). En réalité, entre les mensonges les plus énormes (les armes de destruction massive de Saddam Hussein, par exemple) et les vérités les plus incontestables (le Soleil se lève à l'Est), il y a de la place pour beaucoup de choses, qu'on ne peut pas ranger dans deux catégories bien distinctes. Il y a les faits dont on n'est réellement pas sûrs, ceux où l'analyse est complexe (le « trou de la Sécu »), et des opinions, qui sont variables, sans que certaines soient vraies et d'autres fausses. C'est pour cela que réguler les fake news par la loi (comme exigé par Macron) est dangereux : on passe vite de la lutte contre les fake news à celle contre les opinions qu'on n'aime pas […]
Mais les mensonges et la désinformation, ça existe bien, non ? Oui, cela existe, et cela existait bien avant l'Internet, Facebook et RT. Mais, d'abord, c'est pratiqué par tous les « camps ». Voir les hommes politiques réclamer une lutte contre les fake news, c'est amusant. Si on interdit les mensonges, les campagnes électorales vont être bien silencieuses. […]
Ensuite, le fait qu'il y ait des mensonges (Sputnik et Breitbart les alignent en quantité impressionnante) ne signifie pas que toute révélation d'un média non-officiel soit un mensonge. De même que l'existence de ridicules complotistes ne veut pas dire qu'il n'existe pas de vrais complots. (Mon exemple favori est l'Iran-Contra Gate.)
[…]
L'important, plutôt que les mouvements de menton (« il faut une loi contre les fake news ») ou que les avis dangereux (« il ne faut croire que l'information officielle ») est de développer les capacités d'analyse critique (« critique » au sens de « penser par soi-même », pas au sens de « jamais d'accord »). Cette capacité d'analyse critique doit s'exercer contre tous les médias et toutes les sources d'information, pas uniquement Internet, habituel grand méchant dans les discours des gens au pouvoir.
[…] La plus importante me semble la capacité à juger de la provenance de l'information. Si quelqu'un dit « j'ai trouvé cette information sur le Web », c'est clairement un problème (il n'a même pas identifié le site sur lequel il était). Il y a déjà un gros travail à faire en ce sens (lire un URL, comprendre un nom de domaine, distinguer le Web et Facebook…) avant d'espérer un progrès.
Gros gros +1. Cela rejoint mon avis.
Le projet « Les surligneurs », bullshitomètre des propos politiques en matière juridique, a besoin de sous.
Je pense que ce projet est vital : en tous temps, période électorale ou non, en provenance de tous partis et tous journaux, les citoyen⋅ne⋅s se font enfumer par des propositions politiciennes qui seront inapplicables car elles sont anticonstitutionnelles ou très difficiles à définir en droit ou mensongères voire un mélange de tout ça. Avoir à disposition des décryptages sur tout ce bullshit est un enjeu citoyen extrêmement fort. Exemples de bullshit : Macron et sa prétendue moralisation de la vie politique ; Poutou et son interdiction du licenciement économique ; Mélenchon et son abrogation intégrale de la loi El Khomri ; Philippot et son "Bruxelles nous impose tout mouin mouin !" ; la droite (dont Fillon) et sa veille rengaine de peines-planchers automatiques ; etc.
De plus, nous avons besoin de comprendre certaines notions juridiques afin de former une opinion sur les sujets de société. Comme l'euthanasie ou le fonctionnement de notre processus législatif.
Nous avons besoin d'un outil et d'une organisation sociale pour nous sortir de cette purée de pois qui affaiblit sérieusement nos décisions politiques et donc la qualité de vie dans notre société. Les surligneurs sont tout cela. Et ça fait du bien.
‒ This is Dr. Adams. She's a social psychologist and the world's top expert on impostor syndrome.
‒ Haha, don't be silly! There are lots of scholars who have made more significant… … Oh my god.It's actually worst in people who study the Dunning–Kruger effect. We tried to organize a conference on it, but the only people who would agree to give the keynote were random undergrads.
Tandis que le gouvernement prépare une loi aux petits oignons contre les « fake news », la justice s’occupe, de son côté, d’interdire la publication de quelques vraies informations. Fausses nouvelles ? Vraies nouvelles ? Rendez-vous, les journaleux, vous êtes cernés !
Un vent mauvais souffle sur la liberté de la presse. Le tribunal de commerce de Paris vient de condamner lourdement « Challenges », coupable d’avoir publié une information parfaitement exacte, mais… confidentielle. Le magazine a révélé que le groupe Conforama venait d’être « placé sous mandat ad hoc », c’est-à-dire qu’un administrateur judiciaire était nommé pour tenter d’éviter la cessation de paiements. Nul ne conteste que ce soit la stricte vérité. Mais le Code de commerce, en son article L611—15, prévoit que toute personne qui participe à une telle procédure ou qui en a connaissance « par ses fonctions » est tenue à la confidentialité.
Il peut être distrayant pour des juristes désœuvrés de gloser à perte de vue sur le point de savoir si cette confidentialité s’impose à la presse. Quand bien même : tant qu’il restera en vie un seul journa- liste digne de ce nom, briser un secret utile à l’information des citoyens demeurera un succès, pas une faute.
Mais le digne magistrat du tribunal de commerce refuse à « Challenges » le bénéfice de la Convention européenne des droits de l’homme, qui consacre la liberté d’informer. Motif : son article « ne saurait revêtir le caractère d’une information du public sur un sujet d’intérêt général ». Il est vrai que la possible déconfiture de Conforama n’intéresse presque personne. Juste les 14 000 salariés de ses 300 magasins. Et un peu, aussi, ses milliers de fournisseurs, dont bon nombre de PME qui sont priées de ne rien savoir et de continuer de livrer leurs marchandises, quitte à boire le bouillon avec le géant s’il cesse de payer. Trois milliards et demi de chiffre d’affaires, c’est une toute petite affaire privée, non ?
La censure dans ses meubles
Prudent, le juge censeur ouvre le parapluie et se recommande d’un arrêt de la Cour de cass rendu en 2015. Décision assez fumeuse qui ne tranche pas la question. De plus, la chambre criminelle de la Cour ne cesse de répéter qu’une infraction commise par voie de presse ne peut être poursuivie que sur la base de la grande loi de 1881.
Alors ? Alors, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, serait bien avisée de s’en souvenir lorsqu’elle présentera son projet de loi contre les « fake news » baptisée « loi sur la confiance dans l’information ». Sous ce flatteur emballage cadeau se cache naturellement l’exact inverse : une loi de défiance, de censure et d’interdiction, dans la même veine que l’ordonnance rendue contre « Challenges ». Il deviendrait possible de poursuivre un journal propagateur d’une prétendue « fausse nouvelle ». Et en référé, s’il vous plaît, c’est-à-dire en urgence. A charge pour les juges de dire, toujours « en urgence », le vrai et le faux. Bon courage !
Que se passera-t-il si un journal prétend que les comptes publics ne sont pas d’équerre ? ue la dette n’est pas ce que le gouvernement prétend ? Poursuites, sanc- tions ? Que se passera-t-il si un journal raconte (pure hypothèse) qu’un candidat à la présidentielle a fait rémunérer son épouse par le Parlement pendant Vingt ans ? Poursuites, sanctions ?
C’est une démangeaison bien ordinaire du pouvoir politique que de vouloir tenir la laisse courte aux journalistes. L’effet immédiat est en général de démonétiser l’information contrôlée et de nourrir la fibre complotiste : « On nous dit rien, on nous cache tout. » Le premier journaliste, Théophraste Renaudot, suppliait le prince de ne point tenter d’arrêter le flux des nouvelles, vraies ou fausses, que publiait sa « Gazette ». Car, expliquait-il, l’information a ceci de commun avec le flux d’un torrent qu’elle grossit à mesure que l’on tente de lui barrer la route.
Il est vrai que c’était au XVII° siècle. Et en même temps…
Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.
Un premier lot est en fabrication. Selon un document du Pentagone, ces armes permettent au Président de mener une guerre nucléaire limitée, au risque d'y entraîner ses alliés…
Le 5 févirer à Washington, le ministère de l’Energie a annoncé la mise en fabrication d’une première tranche de 30 bombes nucléaires « miniaturisées ». Ces petites merveilles de technologie mortitère, disponibles au plus tard dans deux ans, seront d’une puissance nettement inférieure à la bombe lancée en 1945 sur Hiroshima (environ 15 kilotonnes). Elles ne provoqueront jamais autant de destructions que les missiles de 150 à 475 kilotonnes dont disposent les armées américaines, mais, que l’on se rassure, elles auront des effets « incendiaires et radioactifs » remarquables, selon un expert militaire.
Le Pentagone, le Département d’Etat et le ministère de l’Energie (responsable de la mise au point des armes nucléaires) avaient été chargés par Donald Trump, le 27 janvier 2017, de définir la nouvelle stratégie nucléaire des Etats-Unis, afin d’enterrer celle qui avait cours sous Barack Obama. Un an plus tard, un document de 54 pages — « Nuclear Posture Review » — était prêt, grâce à deux amoureux de l’uranium enrichi : Robert Soofer, secrétaire adjoint à la Défense pour l’armement nucléaire, et Greg Weaver, directeur adjoint des questions stratégiques à l’état-major. Mais seule une version « expurgée » d’une quinzaine de pages de ces gamberges a été rendue publique par le Pentagone, le 2 février.
La décision la plus importante concerne la fabrication de charges dites « de faible énergie », c’est-à-dire de ces bombes nucléaires miniaturisées, plus aisément utilisables — humainement parlant ? — que les missiles de l’arsenal américain, capables d’atomiser totalement un Etat adverse… Pourquoi Donald Trump désire-t-il disposer d’une telle arme, pouvant être lancée depuis un avion, équiper un missile de croisière ou un missile installé à bord d’un sous-marin ? Il veut pouvoir tirer le premier et donner une méchante leçon à un présumé ennemi, tels la Corée du Nord ou l’Iran, si l’envie lui en prend. Le président américain aurait ainsi la possibilité de mener un conflit nucléaire limité, ce qui est une remise en question des principes de la dissuasion. Au risque d’entraîner ses alliés, dont la France, dans une guerre qu’il serait seul à déclencher. On espère bientôt apprendre ce que Macron pense de ce nouveau délire de Donald Trump…
D’autres décisions sont mentionnées par ce document du Pentagone : installer, dans des silos enterrés ou sur des camions, 450 nouveaux missiles sol-sol intercontinentaux, lancer la production de nouveaux bombardiers stratégiques et fournir au F-35, le dernier-né de l’aviation US, la possibilité de lancer ces nouvelles armes nucléaires, y compris depuis le territoire de pays alliés.
Alertes au feu
Evaluation de toutes ces améliorations d’un arsenal déjà bien pourvu : 1 200 milliards de dollars en trente ans. Mais, quand on adore faire peur à la Russie, à la Chine, à l’Iran et à la Corée du Nord, on ne compte pas,
Le général Paul Selva, adjoint du chef d'état-major interarmées, a, peut— ôtrc sans le vouloir, évoqué, le 27 janvier, les moments où Donald Trump pourrait être incité à balancer l’une de ces petites bombes : « Nous analysons les attaques stratégiques non nucléaires de nos adversaires, celles qui (…) provoqueraient des milliers de morts dans nos villes. » Et Patrick Shanahan, le secrétaire adjoint à la Défense, s’est montré davantage explicite, le 2 février, en présentant aux journalistes le document du Pentagone : « Etant donné le changement radical de l’environnement international (…), les Etats—Unis considéreront l’emploi de leurs armes nucléaires dans des circonstances extrêmes, pour défendre les intérêts de notre pays, de nos alliés et de nos partenaires. »
A Paris, cette révision « à la Trump » de la doctrine militaire américaine et cette conception d’une première frappe ne devraient pas faire un triomphe. D‘autant que, en réaction, la Russie et la Chine pourraient décider de se doter des mêmes armes. Et un vieux routier de la diplomatie s’insurge déjà contre « cette volonté de modifier l’équilibre international, baptisé jadis “équilibre de la terreur”, qui, pendant plusieurs décennies, a tout de même permis d’en finir avec la guerre froide ».
Mais voilà qu’avec Trump on y retourne allègrement.
Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.
Et une perle de plus dans les ordonnances censées réformer le code du Travail ! « Le Canard », qui en avait dénombré tout un collier, avait omis celle-ci, bien cachée, il est vrai : elle concerne les
salariés dont la rupture de contrat est considérée comme « nulle », car causée, par exemple, par le harcèlement (moral ou sexuel) ou une discrimination.Au cas où le licencié ne peut (ou ne veut) pas être réintégré, le juge des prud’hommes, royal, lui attribue une « une indemnité [ne pouvant] être inférieure à six mois de salaire ». Mais le même se voit exclu des rappels de salaire qu’il aurait dû percevoir « pendant la période couverte par la nullité » !
Aux innocents les mains vides
La loi El Khomri lui accordait cette compensation ; pas celle de Muriel Pénicaud. Une exception : les femmes enceintes ou accouchées, les parents adoptants et les élus du personnel continueront de bénéficier du paiement de ces salaires. Les autres peuvent aller se rhabiller.
Lors des débats, certains sénateurs ont bien tenté de rectifier cette incongruité par le biais d’un amendement faisant justice aux victimes de harcèlement ou de discrimination. « Il n’est pas normal qu’au
cours de la période pendant laquelle le licenciement a été considéré comme frappé de nullité le salarié se voie privé du salaire auquel il aurait eu droit », a protesté le socialiste Jean-Louis Tourenne le 24 janvier. Quelle audace ! L’impudent s’est sèchement fait rembarrer par Muriel Pénicaud. « Cet ajout n’est pas nécessaire ! » a lancé la ministre du Travail.Il ne faudrait pas que la défense de ces victimes tourne au harcèlement…
Suite de Les ordonnances : mine pour les employeurs, Champ de mines pour les salariés et de Ma liste de ce qu'apportent ces ordonnances contre le travail.
Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.
Surprise ! Parmi les cinq prétendants toujours en lice pour diriger un autre média public, La Chaîne parlementaire (LCP), c’est le candidat de dernière minute, Bertrand Delais, qui a obtenu la meilleure note à l’écrit. La quinzaine de députés du comité de sélection, présidé par le LRM Hugues Renson, ne s’y est pas trompée : le confrère Delais est le réalisateur préféré de Macron. Et il est poussé par Bruno
Roger-Petit, le porte-parole de Jupiter à l’Elysée.Déjà auteur de deux portraits élogieux de son idole, « Dans la tête d’Emmanuel Macron » et « Macron, en marche vers l’Elysée », diffusés sur France 2 après l’élection, Delais prépare depuis quatre mois un troisième docu, consacré à… l’ami Emmanuel, bien sûr. Aperçu de son insolence, voilà le message que le journaliste avait posté sur son compte Facebook (puis vite retiré) au lendemain de la présidentielle, alors que son docu sur la campagne était programmé sur France 2.
Bertrand Delais a partagé la vidéo de Envoyé spéciai.
Merci à vous tous… J‘espère que ce film donnera à comprendre la force peu commune de notre nouveau président, sa capacité de contrôle, son regard distancié et sa détermination sans faille. Mais surtout, il est et et demeure un homme libre.
Merci à vous tousC’est le 12 février que les cinq derniers candidats à la présidence de LCP passeront l’oral. Le patron de l’Assemblée, François de Rugy (LRM), choisira ensuite l’heureux élu. D’ici là, l’arbitre au « regard distancié » lui aura peut-être fait savoir sa préférence…
Si cela se produisait, je serais inquiet pour le devenir de l'audiovisuel public. Révocation de Gallet (Radio France), la justice qui avance subitement sur le sujet de l'élection sujette à suspicion d'Ermotte (France Télés) et possible nomination à la tête de LCP téléguidée par l'Élysée… Tout ça après que Macron ait visiblement dénoncé, en petit comité, la « honte de la République » que constitue, selon lui l'audiovisuel public…
Là encore, qu'on n’interprète pas mes propos à rebours : il est nécessaire de sanctionner les comportements illégaux ou sans éthiques quand ils sont avérés. Donc je ne pleurerai pas Gallet (marchés sans appel d'offres, rénovation de son bureau pour 105 000 € d'argent public, etc.), ni Ermotte quand les faits seront avérés (nomination aidée par le Conseil d'État et/ou retour d'ascenseur du président du CSA qu'elle aurait pu contribuer à pousser à cette place ?). Néanmoins, je m'interroge sur la synchronisation entre les propos de Macron et les actions conduites ainsi que sur l'après : qui remplacera Gallet (et Ermotte) et est-il sain d'avoir un audiovisuel public dirigé par l'Élysée (qu'il soit sarkoziste, hollandais ou macronien, hein) ?
Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.
La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le jure à longueur d’interviews : non, la réforme de l’accès à l'université adoptée à la fin de 2017 n'instaurera aucune sorte de sélection. Les facs ne feront qu'exiger des étudiants des « attendus ». Quèsaco ? Les « attendus » sont « les compétences et les connaissances nécessaires » pour entrer en licence universitaire. L’Etat a dessiné un « cadrage national », mais les facs peuvent définir elles-mêmes leurs propres « attendus locaux ».
Une brève virée sur Parcour-sup — la nouvelle plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, sur laquelle les postulants sont invités à formuler leurs vœux — suffit à constater que les fameux « attendus » ressemblent à s’y méprendre à une sélection qui ne dit pas son nom.
Ainsi les postulants à la licence en droit ont-ils la surprise de découvrir sur ce site des questions à choix multiples telles que « Comment a évolué la situation juridique des enfants nés par GPA ? » ou « Quelle définition correspond le mieux au concept de décentralisation ? ». Autant de colles contenues dans un « questionnaire d’auto-évaluation de droit » de 25 questions, auquel les futurs étudiants doivent « impérativement répondre avant de valider une candidature en droit ».
Il est solennellement assuré sur la plateforme que « les résultats ne seront à aucun moment pris en compte dans le traitement » des candidatures. Alors, pourquoi les facs en ont-elles « impérativement » besoin ?
L’université Paul-Valéry-Montpellier souhaiterait, pour sa part, que ses aspirants à la licence en sociologie soient déjà des mini-Bourdieu ! Parmi les « compétences » qui leur sont demandées, la « mobilisation des concepts de la discipline (action sociale, communauté, déviance, espace public, institution, mobilité sociale, norme, représentation, socialité, tradition...) » ou la « réalisation d’études collectives et individuelles sur des faits sociaux contemporains ». C’est tout ? A l’université Lumière-Lyon-II, les « attendus » requis pour la licence en droit puisent dans… la littérature. « Jeune personne imaginative (le droit n’est-il pas “la plus puissante des écoles de l’imagination”) et cultivée, l’étudiant⋅e du portail Droit est moins soncieux/se de séduire Mmes Arnoux ou de Nucingen que de comprendre le fonctionnement du monde contemporain (…). » Le béotien ignorant que Mmes Arnoux et de Nucingen sont des héroïnes de Flaubert et de Balzac sera-t-il recalé d’entrée ?
Mauvaise foi du Canard : une recherche sur un moteur de recherche web permet de savoir qui sont ces mesdames en moins de 30 secondes. Tout au plus peut-on écrire que cet attendu sert à discriminer les feignasses selon Macron.
Quelle idée, aussi, de s’inscrire en licence en droit sans avoir en poche une agreg en lettres classiques !
Bien que je suis opposé à toute forme de sélection à tout stade de la scolarité, je n'ai pas compris la polémique actuelle, car, selon moi, la sélection dans l'enseignement supérieur a toujours existé sans dire sans nom. Exemples :
So, what?
Dans le Canard enchaîné du 31 janvier 2018.
La diffusion, le 22 janvier [ non, c'était le 21 janvier ;) ] dans l'émission « Capital » sur M6, d'un reportage consacré aux moyens des députés et à la rémunération des fonctionnaires de l'Assemblée a suscité un vent de colère chez les intéressés, qui s’estiment victimes d’« une chasse à l’homme ».
En cause, la divulgation de la grille des salaires dans la fonction publique parlementaire, un document ultra-secret dans lequel on apprend notamment que le secrétaire général de l’Assemblée gagne 17 300 euros net par mois et bénéficie d’un luxueux appartement de fonction, plus quelques menus avantages.
Comment les salaries de la fonction publique peuvent-ils être secrets ? Public est antonymique de secret…
François de Rugy a aussitôt pris la défense de ses troupes, et la tête de la révolte, fustigeant les « amalgames » et expliquant que, si l’on veut des haut fonctionnaires de qualité, il faut les payer correctement.
Ho, donc la France va mieux rémunérer l'ensemble de ses fonctionnaires et contractuel⋅le⋅s, notamment les petites mains qui font réellement tourner la fonction publique ? :O Non, parce qu'attirer des informaticien⋅ne⋅s « de qualité » avec un écart de plus de 500 € net/mois pour un⋅e junior⋅e comparé à son ex-salaire dans le privé, ça risque de ne pas marcher… … … Exemple comme un autre, hein. Ha, non, de Rugy parle uniquement des haut⋅e fonctionnaires, donc d'une caste de l'appareil d'État en particulier, pardon, j'avais mal lu ! Bref, bullshit habituel…
Et si l’on veut des députés de qualité ?
Dans le Canard enchaîné du 31 janvier 2018.
Le conseil national de l’UDI a franchi, mardi, le Rubicon : il a décidé, pour la première fois, de soutenir publiquement la candidature d’un Marcheur lors de la prochaine législative partielle, qui doit avoir lieu, les 11 et 18 mars, en Haute-Garonne. La démarche n’aurait, en elle-même, rien de bouleversifiant si elle n’était pas directement liée aux tractations qui se déroulent en haut lieu depuis trois semaines.
Au nom d’Emmanuel Macron, en effet, Christophe Castaner, délégué général de LRM, a pris langue avec Jean-Christophe Lagarde, patron de l’UDI, Laurent Hénart et Jean-Michel Baylet, co-chefs des radicaux réunis, ainsi qu’avec un certain nombre d’élus de droite macron-compatibles, comme Christian Estrosi, ou appartenant à la nébuleuse juppéiste.
A tous, « Casta » a proposé une alliance et un plan d’action.
Première étape : la construction d’un cartel des « oui » pour faire adopter les réformes annoncées par Macron sur la réduction du nombre de députés et de sénateurs, l’installation d’une dose de proportionnelle aux législatives ainsi que la réforme du Conseil supérieur de la magistrature.
Vœux formulés par l’Elysée : que les parlementaires soudés par cette action commune ne s’abstiennent plus lors du vote du budget mais s’engagent à le voter en octobre. Une concorde qui ouvrirait ainsi la voie à une seconde étape, avec la création d’une liste unique, élargie, aux européennes de 2019, qui irait des Marcheurs aux juppéistes.
Tout ce beau monde se retrouverait, bien entendu, un peu plus tard, lors des municipales.
Bienvenue dans le nouveau monde de la gamberge électorale !
Ainsi se déroule une réforme constitutionnelle d'envergure dans notre pays… :( Si une tambouille à visée électoraliste est préparée en amont en coulisses, c'est que la réforme constitutionnelle va s'avérer corsée donc que nous, citoyen⋅ne⋅s allons y perdre des plumes… Ça cause tout de même de réformer les pouvoirs législatif et judiciaire, ce n'est pas rien.
Dans le Canard enchaîné du 31/01/2018.
Pendant trois mois, les équipes de Grand Angle ont enquêté sur la chute de François Fillon. Le candidat de la droite était pourtant le favori de l’élection présidentielle. A-t-il été victime d’un complot? D’un cabinet noir? De règlements de compte au sein de son propre camp? N’a-t-il pas aussi été victime de lui-même? Les principaux protagonistes de cet incroyable feuilleton ont accepté de revenir sur les coulisses de cette descente aux enfers. Des têtes d’affiche de la droite, des membres de l’équipe de campagne, des amis, des ennemis. "Qui a tué François Fillon? L’enquête". […]
Sur la forme :
Sur le fond :
Une question reste sans réponse : le Canard pouvait-il publier plus tôt ? Car, en l'état actuel, on peut penser qu'il a contribué à éliminer le seul candidat de la droite alors qu'on peut imaginer qu'une publication plus tôt aurait sorti Fillon de la primaire de la droite, ce qui aurait permis à un⋅e autre candidat⋅e de LR de se présenter à l'élection présidentielle, donc à la droite d'exister lors de cette campagne.
Les journalistes du Canard prétendent s'être intéressé⋅e⋅s à Fillon après le 1er tour de la primaire car il⋅elle⋅s disposaient de peu d'infos sur lui depuis son départ de Matignon en 2012. Dès le 30 novembre 2016, le Canard publie un premier papier sur l'activité de conseil de Fillon suivi, le 4 janvier 2017 d'un papier sur son château. Puis le Canard analyse la déclaration de Fillon à la HATVP… qui mentionne la Revue des deux mondes auprès de qui Penelope Fillon a eu un contrat de travail à temps plein en 2012-2013 pour deux notes de lecture… Intéressant, pour une femme qui a toujours prétendu, encore en octobre 2016, être femme au foyer et ne s'être jamais impliquée dans la vie politique de son mari. Emploi à temps plein exécuté en même temps qu'un autre emploi à temps plein comme assistante parlementaire de son mari… Étrange, non ? C'est ce qui pousse le Canard à publier.
Qu'on ne me fasse pas écrire ce que je n'ai pas écrit au précédent paragraphe : c'est le comportement de Fillon qui a tué Fillon, point. Ses irrégularités devaient être mises sur la place publique. La question que je pose est : quand était-il plus approprié d'effectuer cette mise sur la place publique ?
On savait que la loi dite de moralisation de la vie politique est une passoire qui ne s'attaque pas aux vrais problèmes, mais quand même l'un des objectif clé de cette loi est rendu caduc quelques semaines après, c'est à devenir dingue…
L'Elysée expliquait, au moment du vote, que les insuffisances de la loi n'avaient aucune importance, car plus aucun élu ne prendrait le risque de signer un contrat de travail « familial », par crainte de scandale. Vérification faite, c’est une réussite comp1ète…
Par exemple, le 8 novembre, deux mois à peine après la promulgation de la nouvelle loi, le site StreetPress révélait que deux députés LRM — Christophe Arend (Moselle) et Bertrand Sorre (Manche) — avaient embauché les enfants de deux autres élus macronistes du Palais-Bourbon. Le duo Arend-Sorre a fait bonne pêche : le premier a pris à son service Charlie Trisse, fille de Nicole Trisse, députée du même département, et le second a décidé de salarier Maryll Vignal, fille du député de l'Hérault Patrick Vignal, « Tout est légal ! » se sont défendus les intéressés. C'est exact, mais cela n'évite pas quelques interrogations sur la portée réelle du « choc de confiance » annoncé par Macron…
Dans les dossiers du Canard enchaîné « l'année Canard 2017 ».
Comment donc Donald Trump a-t-il choisi les sept nationalités qu’il a rendues indésirables par décret sur le territoire américain ? Depuis vingt ans, aucun attentat n’a été commis aux Etats-Unis par un Libyen, un Syrien, un Irakien, un Iranien, un Yéménite, un Somalien ou un Soudanais…
Intéressante hypothèse d'un chercheur de Berkeley, qui a fait circuler un tableau explicatif : c’est tout bêtement que Trump n’a aucune relation commerciale avec ces sept pays. Risque zéro, donc, pour son empire immobilier. En revanche, le milliardaire possède huit sociétés du côté de Riyad, deux au Caire et treize à Abu Dhabi (« Washington Post », 20/11/16)… Or les voyageurs saoudiens, égyptiens ou émiratis ne sont pas soumis à l’embargo, alors que dix-huit des terroristes du 11-Septembre avaient l'une de ces trois nationalités…
Dans les dossiers du Canard enchaîné « l'année Canard 2017 ».
Pour l'État comme pour les collectivités locales, l’heure est aux économies. Mais Macron ne veut quand même pas jouer les radins. Ainsi a-t-il fait, la semaine dernière à Toulon, un gros câlin aux armées en leur annonçant une rallonge budgétaire maousse : 15,5 milliards d’euros. Mais attention : ce sera 5,1 milliards avant la fin de son mandat présidentiel, le reste entre 2023 et 2025, lorsqu’il ne sera plus là. Quant au service national universel, il n’y renonce pas, contrairement à ce qui était annoncé. Mais il ne chiffre pas cette brillante idée (on parlait de 30 milliards) et annonce qu’elle aura « un financement ad hoc » et que les armées ne seront pas les seules à banquer. Sans plus de précisions.
Bref, on verra plus tard
Ha, le service militaire (ou civique encadré par les armées et la gendarmerie, ce qui revient au même)… La vieille lune des politicard⋅e⋅s : tou⋅te⋅s proposaient son retour dans leur programme pour 2017 à l'exception de Poutou, Hamon et Fillon. C'était aussi dans les premières versions de la loi égalité et citoyenneté…
Apprendre le patriotisme aux gosses… Leur inculquer la marche au pas aux ordre du Président… Leur donner envie de crever dans des conflits idiots causés par des abruti⋅e⋅s voire de flinguer leurs concitoyen⋅ne⋅s lors d'une tentative de révolte… C'est vrai que tu ne peux pas être citoyen⋅ne, « rencontr[er] [tes] concitoyens, [faire] l’expérience de la mixité sociale et de la cohésion républicaine » tant que tu n'as pas contribué à foutre la merde à l'autre bout du monde… Réfléchir à la vie de la cité et agir, c'est démodé !
Ha, pardon, il permettra de déceler l'illettrisme… comme si c'était le boulot des bidasses !
Ha, pardon, il pourrait être en immersion dans des associations d'aide aux personnes en difficulté. Ouais, parce que le gouvernement n'agira jamais pour éradiquer les maux qui mettent les gens dans la merde.
Ha, pardon, il pourrait inculquer le devoir de mémoire. Ouais, c'est important de se souvenir qu'il y a eu de grand⋅e⋅s gens qui nous ont tous sauvé et que nous autres sommes de grosses merdes. Il vaut mieux se souvenir de ça plutôt que d'enseigner les origines profondes des guerres passées.
Ha, pardon, il pourrait enseigner ses droits au citoyen⋅ne. Ouais, je me rappelle de mes cours d'éduc' civique : "t'as le droit de vote et comme tes ancêtres se sont trop battus pour l'obtenir bah t'as limite le devoir de voter pour des tartuffes ! Sisi, je t'assure, c'est ce que tes ancêtres voulaient, fais-moi confiance, je suis prof’ !" suivi d'une présentation du processus utopique de création et d'adoption d'une loi (en tant qu'ex-militant, je peux t'assurer que ça ne se passe pas du tout comme ça). C'était un chef-d'œuvre, y'a pas à dire !
Bref, pas de service obligatoire, qu'il soit militaire ou civil, encadré par des représentant⋅e⋅s de l'autorité de l'État ou non.
Dans le Canard enchaîné du 24 janvier 2018.
Afin que les villes ne soient pas trop dans la dèche, malgré la baisse programmée de leurs ressources fiscales et de leurs subventions, « l’Etat veut favoriser la mise en place de péages urbains », annoncenî « Les Echos » (17/1), qui expliquent que « la future loi sur les mobilités va donner aux villes et aux régions de nouveaux outils pour réguler et organiser les transports ». Comme Londres, Milan ou Stockholm font déjà payer les automobilistes, on ne vait pas pourquoi Paris, Lyon ou Marseiîle se gêneraient.
Les habitants des périphéries peuvent commencer à faire des économies pour facilité leur « mobilité ».
… … … Les bras m'en tombent… … … C'est totalement absurde… Il faudrait payer pour entrer / sortir d'une ville quoi… Barricadons les riches dans nos villes et faisons payer les gueux et gueuses ! Fragmentons encore plus le territoire nationale… Sérieusement… C'est génial pour les gens qui travaillent dans la ville et dorment en périphérie, là où le coût des piaules est décent… C'est ainsi que ces génies comptent favoriser les transports en commun qui sont franchement insuffisants et de mauvaise qualité ?!
Dans le Canard enchaîné du 24 janvier 2018.