Corinne de Bilbao, ancienne directrice de General Electric France, a reçu la Légion d'honneur. Trouzemillième illustration que la légion du déshonneur n'est pas une récompense mais un hochet permettant au pouvoir de s'assurer de la fidélité de pans de la société. Rien d'étonnant : Napoléon l'a conçu pour cet usage.
Certains diront que c'est trop facile de taper sur cette pauvre directrice générale de General Electric France, car elle n'avait pas le choix, il y avait les actionnaires et la pression de la maison-mère. Sinon, c'était toute la société qui fermait, bien entendu ! Je sais, mais dans l'imaginaire des dominants, on aime bien nous vendre ces sièges comme étant des postes prestigieux à haute responsabilité, qui en justifierait la rémunération hors sol. La responsabilité, c'est aussi assumer de n'avoir pas su vendre et imposer une ligne directrice protectrice des emplois aux actionnaires et à la maison-mère.
Notons qu'en avril 2019, Hugh Bailey, conseiller d'Emmanuel Macron au sinistère de l'économie, a pris la tête de General Electric France. La beauté de l'entre-soi.
Une légion d’honneur électrisante ! Ex-directrice générale de la branche française de General Electric (GE) de mars 2016 à avril 2019, Corinne de Bilbao a été élevée au grade de chevalier de la Légion d’honneur, sur le contingent de Matignon, au sein de la promotion du 14-Juillet. C’est notamment sous son règne que GE France n’a pas tenu sa promesse de créer 1 000 emplois avant juin 2018, faite au moment du rachat d’Alstom, quatre ans plus tôt…
Cette DG très investie sur le front social n’a quitté son poste qu’un mois avant l‘annonce [ NDLR : fin mai 2019 ] des 1 000 suppressions d’emplois dans l’usine de turbines de Belfort, décision qui était de fait dans les tuyaux depuis des mois… Or la grande chancellerie de la Légion d’honneur stipule que « les légionnaires œuvrent au bénéfice de la société » et « contribuent au bien public par la création d’emplois », entre autres, rappelle le site de « Marianne » (15/7).
C’est réussi ! Promesse non tenue, médaille due.
Dans le Canard enchaîné du 17 juillet 2019.
Les aménageurs du territoire sont obligés de naturaliser (mot moderne dénué de signification détecté !) des zones afin de compenser les dégâts qu'ils infligent à d'autres zones. C'est parfaitement stupide et inefficace. Mais voilà que l'on se met à compenser la destruction d'une zone qui compensait elle-même la destruction d'une autre zone… Le suivi de ces dites compensations est très insuffisant donc leur sanctuarisation n'est pas garantit… Les avis des autorités chargées de la protection de l'environnement sont contournés…
Et si l'on arrêtait de penser con (compenser) pour penser socialement utile, intérêt commun, tout ça ?
Stop à l’artificialisation des terres ! Le gouvernement l’a promis à l’issue du premier Conseil de défense écologique (le 23 mai) : 60 000 hectares bétonnés chaque année, ça suffit. Sauf qu'on pourra continuer de bétonner grâce à la com-pen-sa-tion. Héritage du Grenelle de l’environnement et obligation réglementaire depuis 2016, ce savant mécanisme oblige les aménageurs qui détruisent des espaces verts à acheter en contrepartie des « actifs naturels ».
Ainsi, si un promoteur comble une mare où barbote la grenouille agile, espèce protégée, il devra acheter un terrain gorgé d’eau jusqu’à deux fois et demie plus grand et le « re-naturaliser » (sic). Et hop ! voilà comment on obtient le « zéro artificialisation nette ». Reste une question : cette nouvelle mare vertueuse et grouillante de biodiversité est-elle à jamais sanctuarisée ? Prenons deux exemples.
Près de Lyon, entre Tarare et L’Arbresle, les élus locaux ont autorisé le bétonnage de 47,5 hectares de terres agricoles le long de l’A89, afin d’y bâtir moult hangars et grandes surfaces. Or, sur ce territoire, se trouvent une haie et deux mares censées être protégées puisqu’elles compensent les dégâts occasionnés en 2013 par ASF, une filiale de Vinci, lors de la construction de cette même A89. Harold Levrel, économiste à AgroParisTech, est formel : « Dans la loi de 2016, il est clairement mentionné que les mesures compensatoires doivent durer aussi longtemps que l’impact. Il s’agit ici d’un cas de délit environnemental flagrant ! » En septembre dernier, l’Autorité environnementale a beau avoir émis un avis négatif sur ce projet, l’opération suit son cours.
Même histoire dans l’Essonne. A Palaiseau, la Société du Grand Paris veut construire un viaduc pour la future ligne 18 du métro. Un de ses piliers se situera dans une zone humide abritant l’étoile d’eau, discrète plante aquatique protégée. Or cette étoile avait été transplantée la en 2011, avec mille précautions, pour compenser la construction d’un centre de recherche d’EDF dans le nouveau quartier de l’Ecole polytechnique de Palaiseau. Malgré l’avis négatif du Conseil national de la protection de la nature, l’arrêté préfectoral a été délivré le 20 décembre 2018. La préfecture indique au « Canard » que cet arrêté « prescrit de nouvelles mesures de compensation en réponse aux impacts sur l’étoile d’eau ». Ainsi, il est prévu de compenser la destruction d’une zone qui était destinée à compenser la destruction d’une autre zone. Génial !
Grandeur rature
Depuis le 25 mars est accessible sur Géoportail, le site de l’IGN, la carte des quelque 3 000 sites abritant des « mesures compensatoires ». Un merveilleux outil insensément compliqué. Quand on cherche, près de Lyon, la fameuse mare ayant servi à compenser les travaux de l’A89, on ne la trouve nulle part.
URL : https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/mesures-compensatoires-des-atteintes-a-la-biodiversite
Sylvain Angerand, de l’ONG Les Amis de la Terre, n’est pas étonné : « La plupart des mesures compensatoires sont émiettées. Une mare par-ci, un bout de prairie par-là… Personne n’est missionné dans les services de l’Etat pour suivre ces mesures, et les associations n’ont ni le temps ni les moyens de le faire. Dire qu’on est capable de garantir la protection d’un espace naturel sur le long terme est irréaliste. Ces deux exemples montrent qu’à court terme on n’y arrive même pas ! »
L‘artificialisation a de beaux jours devant elle.
Dans le Canard enchaîné du 17 juillet 2019.
La France patine à établir ses responsabilités dans le génocide au Rwanda : peu de témoins entendus par la justice, juges successifs sous pression, secret-défense, etc.
À titre personnel, cela me rappelle l'opposition du député Alain Tourret, lorsqu'il était rapporteur de la loi de réforme des délais de prescription en matière pénale, à un article de loi ajouté par le Sénat qui rendait imprescriptible les crimes de guerre liés à des crimes contre l'humanité. Son argument était justement le Rwanda. D'une manière générale, le gouvernement conseille les rapporteurs. Cela va jusque-là, semble-t-il. Plus d'infos sur l'élaboration de cette loi de réforme des délais de prescription en matière pénale.
Pourquoi la chaîne de commandement politico-militaire à Paris n’a-t-elle pas donné l’ordre aux premiers soldats de l’opération « Turquoise » déployés dans l’ouest du Rwanda de stopper les massacres en cours dans les collines de Bisesero, où s’étaient réfugiés des milliers de Tutsis ?
Le 27 juin 1994, un détachement des forces spéciales croise des survivants hagards qui les supplient d’intervenir. Les militaires promettent de revenir au plus vite, mais ce n’est que trois jours plus tard que le sauvetage commence. Entre-temps, des centaines de Tutsis ont été exécutés…
Cela fait quatorze ans que la justice patauge. Le 16 février 2005, six survivants rwandais déposent une plainte devant le tribunal aux armées de Paris, avec le soutien de l’association Survie et de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Cinq juges se sont succédé depuis cette date. Cinq officiers supérieurs ont été interrogés avec le statut de témoin assisté. Le dernier juge en date, Michel Raffray, a clos l’instruction, sans avoir organisé de confrontation ni consenti à entendre deux survivants qui sont venus à Paris en juin pour les commémorations.
« Ma petite sœur Joséphine a été tuée le 28 juin et ma fiancée, Catherine, le 29. Si les militaires français étaient restés le 27, ces deux êtres chers seraient encore en vie », a témoigné l’un des deux survivants en question, Eric Nzabihimana, à la tribune d’un colloque commémoratif. La juge d’instruction qui a ouvert l’information judiciaire en 2005, Brigitte Raynaud, est venue témoigner des « obstructions » à l’enquête. Elle a préféré mettre fin à son détachement avec dix mois d’avance, en 2006 : « Les pressions se rapprochaient, j’avais une famille, des enfants, j’ai préféré partir dès lors que ma sécurité n’était plus assurée. »
Depuis qu’Emmanuel Macron a chargé, en avril, une commission d’historiens de faire la lumière sur le rôle de la France au Rwanda, toutes les archives sont censées s’ouvrir enfin par magie. Mais uniquement pour les membres de cette commission, et pas pour les juges ! « C’est humiliant pour les juges d’instruction, qui, dans la procédure de Bisesero comme dans celles touchant des génocidaires vivant en France, se sont vu opposer le secret-défense sur des dizaines de documents ! » explique le président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, Michel Tubiana. Les avocats ont donc déposé une lettre de protestation sur le bureau du juge Raffray, qui a refusé, le 24 juin, de rouvrir l’enquête.
Ironie de l’histoire : s’il traîne encore deux ans, délai fixé par Macron a la commission pour remettre son rapport, le juge pourra le lire et sans doute y découvrir des documents classés secret-défense utiles à son enquête !
Dans le Canard enchaîné du 17 juillet 2019.
Oups, la DGSE (le renseignement extérieur français) oublie des missiles anti-char inutilisés dans le conflit Afghan dans une base libyenne du maréchal Haftar, que la France assiste contre le gouvernement libyen reconnu par l'ONU. C'est ballot, quand même. Haftar a été en contact avec la CIA et est soutenu par les pays rois du pétrole. La France, éternelle vassale des États-Unis et des pétroliers ?
Un officier confirme qu'une centaine de comandos de la DGSE ont parfois participé à la guerre civile.
« La France est en Libye pour combattre le terrorisme », proclamait Jean-Yves Le Drian dans « Le figaro », le 3 mai. Vrai — des forces spéciales françaises ont traqué des groupes djihadistes dans l’est du pays —, mais surtout faux. Dès 2014, Macron avait en effet choisi son camp. Il estimait que la France devait apporter son soutien au maréchal Haftar, « car il représente la meilleure solution pour la Libye », expliquaient alors plusieurs diplomates macronistes. D’autres rappelaient méchamment que, lors de son exil aux USA, Haftar avait été en contact avec la CIA.
Mais l’essentiel était que, convaincus ou non, le Quai d’Orsay, le ministère des Armées et la DGSE, avec ses commandos, s’étaient vus chargés d’appliquer, avec discrétion, les directives présidentielles. Cela n’empêchait pas Emmanuel Macron de jouer en même temps les diplomates. A deux reprises, il tenta l’impossible — réconcilier le maréchal avec son adversaire, le Premier ministre Fayez al-Sarraj —, sans y parvenir. Dès lors, la suite était prévisible.
Le 4 avril 2019, Haftar lançait une offensive vers Tripoli avec l’intention d’en chasser le gouvernement reconnu par l’ONU et par plusieurs Etats, y compris la France… Et le « double jeu » que le secrétaire général des Nations unies et le Premier ministre libyen reprochaient déjà à Macron s’est poursuivi de plus belle. Sans trop de gêne au sommet de l’Etat car, parmi les fidèles soutiens du maréchal rebelle figurent trois excellents clients et amis de la France : l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte.
Extravagant communiqué ministériel
Mais, par malheur, le 8 juillet, le « New York Times » a révélé que les forces gouvernementales libyennes avaient découvert à Gharyan, dans une base militaire évacuée par les troupes du maréchal Haftar, quatre missiles antichar Javelin fournis à la France par les Etats-Unis. Bon gré, mal gré, Florence Parly a dû réagir, et un communiqué extravagant de son ministère des Armées a été publié, le 10 juillet. Que ce texte, béni par la ministre, contienne une série de gros mensonges n’est guère surprenant, mais que l’on y découvre des arguments d’une stupidité crasse n’est pas à l’honneur de ceux qui l’ont rendu public.
Exemples : « Ces munitions (on n’ose pas écrire “missiles”) endommagées et hors d’usage (…) étaient temporairement (sic) stockées dans un dépôt (re-sic) en vue de leur destruction. » Tant qu’à prendre les Français, et les journalistes, pour des imbéciles, mieux vaudrait montrer un peu d’imagination. Tout est faux : ces 4 missiles (prix officiel : 175 000 dollars pièce) étaient encore emballés dans leur conteneur d’origine. Et le « dépôt » où les ont découverts les forces gouvernementales libyennes est tout bonnement la base de Gharyan, à quelque 60 km de Tripoli, c’est-à-dire la base de départ de l’offensive du maréchal Haftar. Autre affirmation discutable : « Ces armes (que l’on vient de déclarer “hors d’usage”) n’ont pas été transférées à des forces locales. » Et voilà l’armée du maréchal qualifiée de « force locale »…
L’histoire de ces désormais fameux missiles antichar Javelin —— pouvant équiper combattants au sol, blindés et hélicoptères — mérite le détour. En 2011, Paris en avait acheté 380 aux firmes américaines Lockheed Martin et Raytheon, et une partie d’entre eux a été confiée au contingent français engagé en Afghanistan. Après son retour au pays, les missiles (non utilisés) ne regagneront pas directement la France, selon un expert militaire, mais transiteront par la Libye. Et certains — quatre, comme on vient de le constater (ou deux ou trois de plus, allez savoir ?) — sont alors remis aux membres de la DGSE qui opèrent dans le bourbier libyen.
Conformément à la volonté élyséenne, ces commandos sont aujourd’hui une centaine à « coopérer » avec l’armée du maréchal Haftar, admettent plusieurs diplomates et officiers. Et les missiles qui ont été oubliés — désinvolture ou faute professionnelle ? — dans une base rebelle, valent à Macron les reproches véhéments de l’ONU et du Premier ministre libyen.
Il ne lui suffisait donc pas d’être accusé d’avoir vendu, comme ses prédécesseurs, des armes françaises qui font merveille au Yémen ?
Dans le Canard enchaîné du 17 juillet 2019.
Quand Macron explique que les militaires conserveront leur régime de retraite spécial mais pas les personnels hospitaliers et les enseignants. C'est sûr que les militaires, c'est toujours utile pour maîtriser une population révoltée et les prochains conflits qui naîtront du bazar climatique.
Ce projet de loi sera visiblement discuté après les élections municipales. Des stratégies permettront, comme d'habitude, de diviser les citoyens impactés par cette réforme afin d'éviter une révolte solidaire. Le gouvernement reconnaît une perte de revenus qu'il ne faut pas éviter, juste rendre « pas trop nette ».
Et encore, cet article ne dit pas un mot sur le siphonnage, par l'État, de 138 milliards d'euros dans les réserves du régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco (salariés du privé, dont les cadres).
Emmanuel Macron n’a pas attendu que Jean-Paul Delevoye, son haut-commissaire chargé de la réforme des retraites, présente son projet, ce jeudi 18 juillet, pour lui apporter son soutien lors du Conseil des ministres du 10 juillet.
« Cette réforme-là, il faut la faire, a-t-il scandé. C’est une promesse de campagne et une question de justice sociale. Elle sera difficile, mais elle doit aussi redonner confiance aux jeunes, qui sont persuadés qu’ils n’auront pas de retraite. » Il a toutefois concédé qu’il faudrait avancer très progressivement.
La première étape de la réforme a été celle de « toutes les discussions » conduites par Delevoye. « Il y en aura d’autres, a annoncé Macron. Il pourrait même y avoir une forme de grand débat. Et, ensuite, un projet de loi. » En clair, la discussion de ce projet de loi au Parlement, qui s’annonce périlleuse, n’aura lieu qu’après les municipales.
Le chef de l’Etat a insisté sur le fait que ni les actuels retraités ni les salariés nés avant 1963 ne seraient touchés. Ce qui limitera les risques de manifs. Et, après les ultimes discussions, l’application se fera par « un basculement progressif. Il y aura des transitions ». Mais le but est réaffirmé : « On ne peut pas se contenter d’une réforme à la marge, comme cela a été fait avant moi. »
Son ami Sarko appréciera le compliment.
Philippe, roi du pique-boxing
L’enthousiasme présidentiel est loin d’être partagé par son Premier ministre.
« Ça va être très difficile. On n’y voit pas très clair dans les différents scénarios proposés par Delevoye, a rétorqué Edouard Philippe après l’intervention de Macron. Le travail n’est pas assez abouti. »
La tâche s’annonce donc ardue. « Dans chaque régime spécial se cache une mine. C’est assez technique, et on aura donc du mal à l’expliquer », a enchaîné le locataire de Matignon.
Avant d’aligner le haut-commissaire, qui a la réputation d’être devenu le chouchou du Président :
« La présentation des propositions de Jean-Paul Delevoye ne sera pas la présentation du projet du gouvernement, qui nécessitera beaucoup de concertation, de dialogue et de pédagogie. Car c’est une réforme qui concerne tout le monde, et pas seulement une catégorie de personnes ou une catégorie professionnelle. »
Sans doute le sujet était-il trop compliqué pour M. le Haut-Commissaire.
Ministres en gilet jaune
Après cette « philippique », le Conseil des ministres s’est transformé en bureau des pleurs. Agnès Buzyn a défendu la spécificité des hospitaliers du secteur public par rapport au privé. Aligner les retraites des infirmières sur celles du privé serait, à ses yeux, explosif, « sauf à vouloir se retrouver avec un mouvement social important dans les hôpitaux ».
Jean-Michel Blanquer s’est, lui, déguisé en délégué syndical des enseignants : « Ils ne sont pas très bien payés pendant leur carrière et, ensuite, ils se rattrapent a la retraite. »
Et de mettre en garde : « Il faut faire attention à ce que [la réforme] ne débouche pas sur une perte trop nette de leurs revenus. »
Christophe Castaner et Florence Parly ont ensuite pris la parole pour plaider en faveur de la spécificité des policiers et des militaires.
Ces ministres rebelles gèrent des fonctionnaires qui travaillent massivement dans la « catégorie active », c’est-à-dire exposés à des horaires pénibles ou à des travaux risqués ou difficiles. Sous réserve d’avoir occupé un poste « actif» pendant dix-sept ans, ils peuvent partir cinq ans plus tôt sans décote. Près de la moitié des personnels hospitaliers et la totalité des gardiens de la paix, des douaniers, des matons ou des instits embauchés avant 2003 appartiennent à cette catégorie. Tous redoutent un alignement sur le privé qui les priverait de la possibilité d’un départ anticipé.
Après avoir écouté ces ministres, le chef de l’Etat a balayé tous leurs arguments. Sauf ceux en faveur des militaires, qui, eux, ont des droits particuliers, a-t-il affirmé, au titre d’« un contrat passé entre la nation et ses armées ».
De quoi rendre antimilitaristes tous les autres fonctionnaires !
Dans le Canard enchaîné du 17 juillet 2019.
Le numéro de juin 2019 du Ravi, journal satirique en PACA, remet les idées en place au sujet des communautés.
Fin mai, lors du conseil municipal de Fréjus (83), le maire d’extrême droite David Rachline, a fait voter la prise en charge de ses frais d'avocat dans deux affaires. La première concerne une citation directe pour diffamation contre la nouvelle députée européenne La France insoumise, la fréjussienne Manon Aubry qui a déclaré dans Var-matin, fin avril que « le RN à Fréjus vend le patrimoine de la ville à ses copains ». La seconde concerne un dépôt de plainte contre un Fréjussien qui aurait écrit sur un abribus : « Les magouilles du maire, chez moi, c’est fini. » Et l’opposition d’interroger sur cette dépense inutile d’argent public : « Dire ce que l’on pense de vous, est-ce un crime de lêse-majesté ? […] Il faudrait prendre un peu de hauteur, Monsieur le maire… »
Un maire fait prendre en charge ses frais d'avocat, dans des procédures dont il est à l'origine, par ses contribuables. Admirons le creusement des inégalités entre l'élu et le citoyen. Dans ce genre de situations, pourquoi ne pas également prendre en charge les frais d'avocat du citoyen (avec un montant supérieur à celui de l'aide juridictionnelle, même traitement que l'élu, en somme) ? Comment le procès pourra-t-il être équitable entre un élu assisté qui pourra utiliser tous les artifices et un citoyen qui devra nécessairement compter ses sous ?
Tout ça pour de la possible diffamation, c'est-à-dire quelque chose qui ressemble à "mouin, mouin maîtresse, Manon et le citoyen ont été trop trop mézant avec moi !". Comment un conseil municipal a-t-il pu voter ça ? :(
Pour rappel, quand les citoyens se sont réunis pour financer les frais d'avocat du gilet jaune-boxeur Dettinger, Schiappa avait estimé qu'il s'agissait d'une odieuse complicité. Pourquoi faudrait-il accepter deux poids, deux mesures ?
Dans le numéro de juin 2019 du Ravi, journal satirique en PACA.
Kevin, un adulte atteint d'un trouble dissociatif de l'identité enlève et séquestre trois adolescentes. Comprenant le trouble de leur bourreau, tout sera bon pour tenter de s'échapper par la ruse. Pendant ce temps, la psychiatre de Kevin tentera de cerner et d'apaiser Kevin. Ce film est inspiré de la vie de Billy Milligan.
Ce film illustre les troubles dissociatifs de l'identité : 23 personnalités différentes dans un même corps dont l'une est diabétique. Perte de mémoire entre les personnalités. Etc. Alors oui, ce film exagère : il y a des limites à la transformation physique entre les personnalités (la « Bête » ne peut ainsi pas exister), les différentes personnalités se parlent très rarement entre elles (voire elles n'ont pas conscience d'être plusieurs), elles ne changent pas de vêtements toutes les 5 minutes afin d'être facilement identifiables par un spectateur, etc. Néanmoins, ce film dépeint bien cette pathologie, je trouve : souvent causée par un traumatisme passé (viol, inceste, violence familiale, par exemple), les personnalités alternatives sont créées pour protéger la personne des autres ; une blague d'adolescents peut faire resurgir le passé et déclencher une crise ; des propriétés physiques peuvent diverger entre les identités : une personnalité peut être sourde, les autres non, l'une peut être sensible aux piqûres, l'une à un TOC de l'ordre et de la propreté, etc.
Je déplore juste le court instant durant lequel ce film suggère qu'une adolescente absente des réseaux sociaux est forcément louche…
Visionner ce film, c'est passer un bon moment, donc j'en recommande le visionnage.
Andrew, un jeune homme, bassiste de jazz, intègre, à force de travail, la meilleure équipe du meilleur conservatoire de musique du pays.
Ce film traite du paroxysme de la passion : la recherche de l'excellence et de la perfection. Le prof est tyrannique : imbu de sa personne, il donne des surnoms dégradants à ses élèves, les insulte, les humilie, les frappe, les vire au dernier moment et les pousse à une compétition forcenée. Le jeune homme est à la recherche d'une reconnaissance que sa famille ne lui procure pas, d'où il ambitionne de devenir l'un des grands de ce monde.
Ce film met en scène un vieux débat. D'un côté, il serait nécessaire de pousser les gens dans leurs derniers retranchements afin de faire ressortir leur talent. Un véritable futur talent se décourage jamais face à l'adversité. C'est le même discours que "les guerres ont permis des avancées technologiques massives". De l'autre, si un talent est présent de base, il s'exprimera forcément et il faudra simplement en dégrossir les contours. La compétition serait alors inutile.
Ce film vaut le coup d'être visionné, même si le comportement excessif du prof m'a rebuté.
Un jeune Viking un peu maigre et sans musculature ne trouve pas sa place dans sa tribu. On y chasse tout dragon qui tente de s'approcher, car, sinon, ils ravagent tout. Et si, plutôt que de mener un combat sans fin, on étudiait ces animaux, on en recensait le résultat dans une encyclopédie, on faisait ami-ami, et l'on apprenait à les apprivoiser ?
Il y a beaucoup de choses positives dans ces films : être soi-même malgré les autres, étudier l'autre plutôt que de lui faire la guerre, séduction saine et touchante, difficulté à tenir ses valeurs humanistes en toutes circonstances, etc.
Je recommande vivement le visionnage de ces dessins animés. Le premier film et le troisième se démarquent. Le deuxième est le cliché viril habituel "y'a des gens qui n'apprécient pas que tu amadoues les dragons car ça porte atteinte à leur business, donc ça va déclencher une belle guerre". Cela va à l'encontre de ce qui est développé dans les autres films !
Un détective privé (Depardieu) doit faire équipe avec un gaffeur malchanceux qui s'ignore (Pierre Richard) afin de retrouver la fille malchanceuse d'un grand PDG qui a été enlevée durant ses vacances au Mexique.
Visiblement, il s'agit d'un grand classique dont j'ignorais l'existence. Je n'ai pas aimé ce film. Les gaffes pas vraiment drôles s'enchaînent et pis c'est tout. Oui, Pierre Richard est drôle quand il tente de s'imposer face à Depardieu, mais c'est un lot de consolidation plutôt mince.
Un enfant veut devenir musicien contre l'avis de sa famille. Quel drame familial se cache derrière cette détestation familiale de la musique ?
J'ai bien aimé ce film. Miguel est un passionné. Il doit devenir lui-même contre l'avis de sa famille. Il découvrira que les personnes que l'on estime en héro ne le méritent pas et que les apparences sont trompeuses. Et, comme dans tant d'autres œuvres culturelles, il découvrira avec tristesse que les morts disparaissent définitivement quand plus personne se souvient d'eux et propage leurs histoires. L'ambiance musicale de ce film est cool et rythmée.
Je recommande le visionnage de ce dessin animé.
Une banque d'investissement a créé un nouveau produit financier dérivé très lucratif qui regroupe plusieurs prêts hypothécaires de qualité variable. Pour les constituer, il faut les conserver au coffre plus longtemps que désiré. La société s'est donc endettée bien au-delà des seuils normaux et acceptables. Sur les deux dernières semaines, le marché autour de ce produit dévisse de temps à autres. Si ça persiste, la perte générée dépassera de loin la valeur de la société. Tient, ça rappelle 2007-2008 et ce n'est pas un hasard.
Ce film dépeint la magie du milieu financier et du milieu professionnel. La sous-notation forcée (obliger les chefs d'équipe à sous-évaluer un quota prédéfini de travailleurs. Objectifs : exercer une pression constante, augmenter la productivité, licencier au motif d'insuffisance professionnelle, etc.). Les licenciements massifs (40 % de l'effectif en un jour) et froids (expéditif, topo impersonnel des RH, le 06 professionnel est immédiatement désactivé). Les chefs qui font leur petite crise d'autorité (« j'ai décidé donc ça sera comme ça ! »). Refourguer tous les produits financiers pourris aux autres, refiler la patate chaude, ruiner les autres pour se sauver soi. « Ma perte fait ton profit ». Mensonge. Pour réussir, il faut être le premier ou être brillant, ou tricher.
Ce film illustre plutôt bien que la prétendue « confiance des marchés financier », c'est du flan : les chefs de la banque d'investissement fautive ont survécu à plusieurs crises boursières et savent bien que, même si, aujourd'hui, ils ont trompé leurs partenaires de jeu en leur vendant des produits qui ne valent plus rien, demain, les affaires reprendront. La """"confiance"""" sera revenue comme par magie. Tant que t'as le produit qui génère des profits, t'as le pigeon.
Ce film n'apprend rien aux informés, mais il peut servir d'initiation très sommaire au monde de la finance.
Une fiction sur la vie du scientifique Stephen Hawking. Notons que ce film a été produit et diffusé avant sa mort.
Ce film se concentre sur la vie privée de Stephen Hawking. Ses maladies (Charcot, pneumonie), bien sûr, mais aussi son environnement proche. Hoooo l'amour entre Stephen et Jane est trop choupinou. Hoooooo que l'amour fait reculer la maladie de Charcot. Hooooo que Jane prend soin de lui comme une gentille petite femme.
Je n'ai pas aimé ce film. Trop niais. Trop long.
Cette année encore, j'ai assisté au festival off d'Avignon. Comme le temps presse, car ce festival se termine à la fin de cette semaine, voici la liste des spectacles qu'il faut ne pas rater selon moi. L'ordre de ces deux listes est celui dans lequel j'ai assisté aux spectacles. Le lien sur le titre du spectacle conduit à la fiche du spectacle avec toutes les infos (lieu, heure, etc.) sur le site web officiel du festival off. Parfois, je reste très prudent dans ma description afin de ne pas révéler l'intrigue du spectacle. J'ai essayé de ne pas trop donner mon avis, cela viendra plus tard.
Attention, conclusion hâtives et mauvaise source/méconnaissance du droit monétaire... Je cite :
Difficile aujourd’hui d’évoquer une sortie de l’euro sans être catalogue extrémiste démagogue ou crétin irresponsable. Même en italie, la coalition populiste violemment anti-euro pendant la campagne s’est empressée d’écarter cette perspective dantesque sitôt arrivée au pouvoir. Un retour à la lire, forcément dévaluée, aurait fait exploser une dette publique libellée en euros qui culmine déjà à plus de 130 % du PIB
Et bien en fait non pas du tout ! Pourquoi quitter l'euro ne fera-t-il pas grimper la dette italienne à cause d'une lire trop faible ? À cause de la Lex Monetae. En droit international, une créance est toujours établie en nombre d'unités monétaires du pays où le contrat de créance s'exécute. Et s'il y a changement de devises, le taux de change appliqué est toujours de 1 pour 1.
D'ailleurs, lorsque nous sommes passés du Franc à l'Euro personne n'a souffert du changement de devise ? Les créanciers n'ont pas hurler, mais comment était-ce possible ??? Avec la hausse de l'Euro par rapport au Franc, ces créancier auraient du perdre de l'argent, puisque le Franc s'est déprécié aussitôt que l'état a décrété qu'il allait disparaître !!?
Indice, les créances ont été converties en Euros et ne sont pas restées libellées en Francs et C'ÉTAIT À CAUSE DE LA LEX MONETAE !
C'est dur à force de devoir encore et toujours démonter des inepties autour des Brexit like.
Eh bien, en fait, on ne sait pas vraiment.
Il semble que l'écrasante majorité (94 %) de la dette publique italienne a été contractée sous le droit italien (même chose pour la France - 97 %). Donc, en vertu du principe lex monetae, l'Italie devrait pouvoir imposer le remboursement de cette majorité de sa dette dans la monnaie de son choix, avec un ratio 1:1 (2 322 milliards d'euros deviennent 2 322 milliards de lires), comme tu l'expliques. Il lui restera à payer le reste de sa dette en euros, en changeant sa monnaie nationale, ce qui implique l'application d'un taux de change et l'application des effets de la dévaluation de la monnaie nationale, soit quelques dizaines de milliards. Ce n'est qu'un mauvais passage afin de réparer une erreur passée, je peux en convenir.
Sauf que…
Ce principe juridique (lex monetae) n'a jamais été mis à l'épreuve devant un tribunal italien (ou français) ou européen. C'est ballot. Les partisans de cette approche sont si sûrs d'eux, que, quand on leur expose cela, ils pensent déjà au bras de fer "on dira aux créanciers que c'est soit un remboursement dans notre monnaie nationale, soit on ne paiera pas la dette". Quitte à partir vers un bras de fer, autant ne pas argumenter avec la lex monetae… Et si le principe de lex monetae était validé judiciairement mais que le pays se retrouvait à devoir payer des indemnités de réparation du préjudice subi ? On aura bien appliqué la lex monetae, mais il y aura exigence d'une compensation… Même résultat.
Si le pays sort de la zone euro, mais pas de l'UE, quelle lex monetae s'applique ? Les créanciers pourront-ils poursuivre la France devant la CJUE ? Incertitudes.
Exposer que l'on a déjà appliqué la lex monetae lors du passage à l'euro ne me convainc pas : cela a eu lieu dans un contexte légal (des règlements européens ont été édictés et votés pour ce faire), et les créanciers n'étaient pas perdants puisque l'euro était plus fort que le franc, donc ils avaient aucune raison de râler… Quand ils se sentent lésés en pareille matière, ils n'hésitent pas à attaquer, souvenons-nous des fonds d'investissement états-uniens qui ont contesté jusqu'au bout la restructuration de la dette publique de l'Argentine (certes, ils ont dû consentir à une ristourne… ridiculement faible). De plus, les humains sont très forts pour changer l'interprétation d'un texte au fil du temps selon leur bon vouloir (le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État français se sont illustrés à plusieurs reprise en cette matière)…
On pourrait aussi s'interroger sur la pertinence de ce débat d'applicabilité de la lex monetae dans le contexte de la sortie d'un pays pilier de la zone euro (comme la France, l'Allemagne, etc.)… Disparition de l'euro ? Incertitude ? Déstabilisation durable des marchés financiers. Augmentation du service de la dette dès l'annonce de la sortie du pays et avant la conversion en monnaie locale donc jeu perdu (ce ne fût pas le cas lors du passage à l'euro, comme tu le mentionnes, car le ciel était radieux et les financiers le savaient). Etc.
Alors, oui, on a le droit d'espérer que les créanciers ne chercheront pas la petite bête et/ou qu'un jugement sera favorable au pays en partance de la zone euro. Oui, d'une manière générale, il vaut mieux essayer que de se laisser faire sans rien dire. Mais, il faut toujours espérer le meilleur et préparer le pire, donc je préfère tenir compte a minima de la lex monetae et ne pas afficher de certitudes convenues.
L'erreur systématique que les européistes commettent en s'attaquant aux eurosceptiques : nous ne disons pas que l'Union Européenne apporte uniquement de mauvaises choses, nous disons que l'Union Européenne apporte plus de mauvaises choses que de bonnes. Elle charrie plus de contraintes qu'elle n'en enlève. Elle oppresse plus qu'elle ne libère. Elle est plus coûteuse qu'elle ne rapporte. Elle est plus dictatoriale que démocratique. Elle est plus lente que rapide.
Ce n'est pourtant pas bien compliqué à comprendre non ? Apparemment si.
Pour ma part, ce que je dis, c'est qu'il faut flinguer l'UE sur les bons sujets et avec les bons arguments.
Quand on m'explique qu'on est trop trop fort en France au point de pouvoir se passer de la CJUE et de la CEDH, je rigole en constatant les faits dans les domaines que je suis. C'est l'objet de mon shaarli, donc je ne me répète pas ici. Je dis rien de plus que ça.
Quand on m'explique que la PAC, c'est de la merde, je rigole vu les magouilles que ça permet qui profitent à des français. Sous-entendu : d'abord on est propre sur soi, ensuite on critique.
Quand on m'explique que l'UE coûte plus à la France qu'elle ne lui apporte, je rigole en pensant à la PAC, au FEDER et aux échanges commerciaux intra-communautaires qui bénéficient à la balance commerciale de la France. D'abord on est propre sur soi, ensuite on critique.
Quand on m'explique que l'UE est dictatoriale car la Commission européenne, l'exécutif de l'UE, dispose d'un énorme pouvoir, je rigole en pensant à la 5e République de la France et au fait que le Parlement européen peut défaire la Commission. Quand on m'explique que c'est trop anti-démocratique que le Conseil européen, le co-législateur, soit composé de l'exécutif des pays membres, je rigole en pensant au Sénat français élu par les exécutifs locaux et le fait que, normalement, l'exécutif national est responsable devant son Parlement (articles 49.1 et 49.2 de la Constipation française). D'abord on est propre sur soi, ensuite on critique.
Quand on m'explique que les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) verrouillent les politiques nationales, je rigole en pensant que ce sont les chefs d'État des pays membres qui les fixent lors des sommets européens et au sein du Conseil de l'UE. C'est pratique, pour ces politiciens en manque de volonté, de faire porter le chapeau à la méchante UE.
Etc.
Je vais me faire l'avocate du diable mais une contradiction ressort des écrits me semble-t-il.
#ModeZététiqueActivé
Le titre est :
Non, ça n'est pas plus facile pour les femmes de coucher que pour les hommes
Or la conclusion de GuiGui est :
Je trouve cet avis intéressant. Si je résume, les freins à des plans cul à l'initiative des femmes viennent d'une auto-restriction liée à la culture et à leur évaluation négative du plaisir qu'elles en retireront et de l'atteinte à leur image selon la culture en vigueur. Les freins à des plans culs à l'initiative des hommes viennent d'un refus féminin causé par l'évaluation négative féminine sus-citée.
Donc si les femmes n'ont pas de plans culs c'est parce qu'elles le choisissent, et si les hommes n'ont pas de plan cul c'est parce qu'ils ne peuvent que suivre le choix des femmes qui s’auto-restreignent ?
En effet, c'est une faute de ma part. J'étais crevé après l'écriture des deux shaarlis précédent qui résument des vidéos de Thinkerview (haha, pauvre chou, va !). Je me souviens d'avoir galéré à écrire cette conclusion sans parvenir à exprimer ce que je voulais vraiment exprimer.
Donc, d'un côté, le raisonnement que je cite m'a convaincu : si les hommes créent un environnement malsain et des pratiques malsaines, ils ne peuvent pas se plaindre que les femmes ne souhaitent pas évoluer dans cet environnement-là. C'est parfaitement logique et ça se décline bien au-delà des relations sexuelles hommes / femmes.
D'un autre côté, je me disais qu'il y a aussi une évaluation des risques côté femmes (et côté hommes, mais c'pas le sujet) et qu'elle peut être biaisée. Je pensais au premier point du raisonnement, par exemple, dans lequel l'auteure explique sa peur de se faire violer, tuer, blesser, découper. Les statistiques ne montrent pas cela. L'évaluation du risque est donc faussée.
Donc l'homme a créé un environnement malsain et la femme l'amplifie. Et, non, je n'écris pas ça pour conclure par un "match nul, balle au centre", car le deuxième point ne contredit pas l'existence d'un environnement pas enviable.
[…]
Les relations hommes-femmes sont asymétriques depuis que nous nous sommes redressées sur nos deux jambes (nos organes sexuels n'étant plus exposés au regard de tous et "moins facilement atteignables" pour les violeurs).
Je ne comprends pas ce point-là et il n'est pas expliqué dans le shaarli pointé. Vu que l'homme s'est redressé en même temps que la femme, tous deux ont leur organe sexuel au même niveau. Que ce niveau soit 0, c'est-à-dire le niveau de la terre ferme, ou xxx centimètres au-dessus du niveau de la terre, qu'est-ce que cela change ? Femmes et hommes ont les mêmes capacités de fuite et de poursuite.
A cet instant nous avons acquis la capacité de sélectionner nos partenaires, et plus notre société se développa et plus notre capacité de les sélectionner s'accrut conséquemment. Ce fût une très bonne chose pour notre espèce, d'autant que, je le rappelle, les hommes sont biologiquement des parasites, et pouvoir choisir son parasite c'est quand même mieux :P #Troll
Au sens propre, un parasite c'est un organisme qui vit aux dépens d'un autre. Cela dépasse la seule reproduction. Mais ça ne me dérange pas de me faire désigner ainsi : qui ne voudrait pas être un parasite (d'un homme ou d'une femme, peu importe) ? Tous les besoins satisfaits (thune, logement, boisson, bouffe, transport, propreté, stabilité, etc.) par autrui. \o/ On nomme ça un politicien (et dans la bouche d'un politicien, on nomme ça un citoyen). \o/
Le raisonnement du point 1) du shaarli lié me semble incorrect. L'homme s'en fiche que la femme le trompe, puisque, justement, il a la possibilité d'essaimer à volonté. C'est parce que le point 2) est vrai que le point 1) devient vrai : c'est parce que la femme a tout intérêt à retenir l'homme qu'il a tout intérêt à ne pas se faire tromper.
Cela peut aussi être vrai si l'on pose l'hypothèse que l'homme sélectionne lui aussi sa partenaire autrement que par un tir à la pigeonne. Pourquoi cette femme m'intéresse-t-elle plus qu'une autre bien que j'ai la possibilité de me reproduire avec un grand nombre d'entre elles dans un court laps de temps ? Tel trait de caractère sera utile à la société, je pense, ou, à défaut, compensera un de mes défauts, ce qui permettra de protéger notre progéniture. Ses réflexes et sa vitesse sont un atout pour protéger notre gamin vu qu'en j'en suis dépourvu. Etc. Je pense qu'être un animal pensant a forcément des effets sur la reproduction.
Notons que le postulat selon lequel la femme retient son homme car elle risque de devoir élever seule le gamin est soumis à caution, car il dépend de la structure sociale et du nombre de tâches que l'on empaquette dans « élever ». Pour moi, nourrir, loger, blanchir le gamin jusqu'à ses 18 ans à peu à voir avec la biologie. Les femmes pourraient également choisir de subvenir aux besoins primaires du gamin en société (maternité / paternité collective), et non toutes seules. On trouve cela chez des espèces de singe et… dans des communautés humaines. Dans ce contexte-là, elles s'en fichent de retenir le père biologique de leur enfant.
Marianne a parlé 2 fois dans l'année de Thinkerview.
Thinkerview a invité 3 fois Natacha Polony (la première fois travaillait-elle déjà chez Marianne ?).
Non.
Peut-être s'aiment-ils bien. Peut-être travailleront-ils un jour ensemble ?
C'est bien le problème.
En quoi est-ce un scandale ? Soumission à quoi ? A qui ? Je comprend pas.
L'article élogieux de Marianne intervient 1) pile quand Thinkerview devient populaire et se fait basher par la presse ; 2) après que Polony, rédactrice en chef de Marianne, se soit fait tancer par Thinkerview au sujet du premier article publié par sa rédaction dont quelques phrases avaient dressées les cheveux sur la tête des gus de Tinkerview. Quand un retournement de veste intervient sur plusieurs années, je suis compréhensif et je crois à la sincérité de la démarche. Quand c'est à quelques mois d'intervalle et dans un tel contexte, je suis très sceptique.
Pour moi, c'est une soumission au ronron. On ne se tape pas entre nous car on s'connaît / reconnaît. On reconnaît les siens. On a les mêmes idées. Le petit entre-soi. On est potes, quoi. C'est précisément le copinage (entre journalistes de rédactions différentes, mais pas que) que Polony et Thinkerview prétendent avoir en horreur. C'est l'absence de critique des médias telle qu'on la trouve encore un peu dans le Canard enchaîné et sur Arrêt sur image, par exemple.
Il y a rien de scandaleux en soi, c'est comme quand quelqu'un défend sa bande de potes, ses collègues, sa profession, etc. C'est le ronron. Rien de mal. Mais tu n'es alors plus objectif. Du coup, mon shaarli était pour me noter que je ne dois plus m'attendre à une critique de Thinderview par Marianne et inversement. Et me noter également que Marianne et Thinkerview vont être assez proches sur certains sujets, car ils auront des """"sources"""" communes, car les différentes entrevues semblent montrer qu'ils fréquentent les mêmes cercles de relation. Rien de grave, simplement je me note de ne plus compter sur Thinkerview pour me donner un angle de vue différent de Marianne et inversement sur certains sujets (souveraineté, finance, journalisme).
Témoignages de personnes zèbres / surdouées / multipotentielles / hypersensibles / émotives.
Quelques-uns des comportements typiques d'un zèbre énoncés par les différents intervenants :
Témoignages de parents d'enfants tyrans dans le cadre du groupe de parole au centre hospitalier universitaire de Montpellier.
Je suis surpris de l'âge de certains enfants : 7 ans, 12 ans. :O
t qu'elle vit ton enfa
Je suis également surpris des propos de certaines mères, comme « Il m'a tout pris… mon ventre, ma maison, mes objets (qu'il casse ou qu'il vole)… ». On dirait qu'elle vit son enfant comme une invasion. Le désirait-elle ?
On constate qu'il n'y a pas de cause clairement identifiée (un trauma ? couple monoparental ?), ni de solution clé en main, et surtout pas la classique "lui mettre une bonne branlée" qui aura pour effet d'augmenter le niveau de violence dans le cercle vicieux.
On constate que les pères sont les grands absents de ce groupe de parole.
Une famille d'accueil permet de casser le cycle de la violence car ça retire les affects. C'est parce que le gosse aime ses parents sans savoir énoncer ce qu'il leur reproche qu'il les défie, sinon le combat aurait aucun intérêt.
Montrer, en direct, la violence à un tiers externe à la famille et obtenir son avis devant l'enfant permet parfois à celui-ci de réaliser la violence de ses gestes. Une mère témoigne que son fils ne voyait rien de violent dans la destruction massive des biens de ses parents jusqu'à ce qu'un flic lui en fasse la remarque.
<Rem : Et du coup, t'as mis quoi pour l'assurance ?
<Le_Bouquetin_Roux : "Le terrible accident dont vous m'accusez d'être à l'origine n'est pas le fruit d'un manque d'attention de ma part, mais bel et bien la résultante d'une installation du mobilier urbain plus que douteuse. En effet, peu avant ledit incident, mon regard a accroché par inadvertance une publicité affichée sur un abri-bus et représentant une femme en lingerie, jetant au tout venant un regard aguicheur. L'accident subséquent survint pour l'unique raison qu'une érection massive m'a privée, pendant quelques secondes, de l'afflux de sang nécessaire à mon cerveau pour réagir à une situation de freinage d'urgence."
<Rem : Nickel.
Hahaha :DDDD Si seulement ça avait la moindre chance de dépolluer nos villes de tous ces panneaux à publicité…
Excellent papier qui résume tous les problèmes de la loi pour une prétendue lutte contre la haine sur Internet actuellement débattue au Parlement (le Sénat se prononcera à la rentrée). Justice privatisée qui devra affirmer sans nuance ce qui est bien ou mal. Simulacre de justice confiée à des travailleurs à la tâche précarisés et démunis de protection sociale. Sanction a priori, alors que le citoyen a encore rien fait, donc déresponsabilisation du citoyen. Aucune prise de risque de la part des sociétés privées (car c'est contraire au profit) donc étouffement de la liberté d'expression. Quid de l'expression floue (détestation, aversion, recherche d'une vérité pas encore établie, idées alternatives comme le fut le protestantisme, apologie) ?
Que ceux qui sont pour la haine sur Internet lèvent la main ! La proposition de loi de la députée LRM Laetitia Avia ne peut faire que l’unanimité. Lutter contre la cyber-haine, le racisme, l’anti-sémitisme, le sexisme, l’homophobie, l’apologie du terrorisme, bref, adopter une position ferme pour le bien contre le mal ne risque pas de soulever une levée de boucliers. Et pourtant ! Ce texte, que Macron lui-même appelait de ses vœux, constitue une effarante régression du droit de la presse et de la communication, et tourne le dos à près d’un siècle et demi de tradition juridique et politique.
Le constat s’impose à tous : Internet, ou plus exactement les réseaux dits « sociaux », charie des monceaux d’ordures, et les pouvoirs publics se montrent incapables d’endiguer le flot immonde. La justice, quand elle est saisie, n’en peut mais : elle apporte une réponse deux ans après. Le temps pour le message litigieux de faire cent fois le tour de la terre et de se dupliquer à l’infini. D’où l’idée géniale, bien dans l’air ambiant libéral, de confier au privé, et plus précisément aux grands opérateurs de la Toile, le soin de s’autoréguler. Ils ont déjà les centaines de milliards, bientôt leur monnaie, demain leur justice. La loi leur imposera de retirer, sous 24 heures, tout message au contenu « manifestement » illicite. Et ce sous peine d’amendes potentiellement colossales.
Tous les lieux où les humains se réunissent et tous les supports sur lesquels il est possible d'écrire ont toujours charrié des propos orduriers. Le bar populaire du 20e siècle était de ceux-là. Le web, par éclatement des bulles relationnelles, rend cela visible aux élites alors que le bar était fréquenté par des habitués dont ils ne faisaient pas partie. Le bureau du 21e siècle charrie du harcèlement moral et de la prose fleurie. Internet charrie plus loin et plus longtemps ? On reparle de l'antisémitisme du 19e et du 20e siècles ? C'était dans toute l'Europe, durant des décennies !
Que va-t-il se passer ? Les grands réseaux ne sont pas exactement des philanthropes. La logique économique commande d’éviter les ennuis, les procès, les amendes. Et donc d’écarter préventivement les messages possiblement litigieux. Principe de précaution, en quelque sorte… Il se trouve que les informaticiens savent très bien installer des filtres sophistiqués qui font le travail automatiquement, grâce à des « algorithmes », nouvelles divinités du Net. Exit les messages « de haine ». Mais quid des messages de détestation ? d’aversion ? de polémique ? Le résultat, inévitable, sera le nivellement, le rabotage, le rabaissement au plus petit dénominateur. C’est déjà ce que l’on observe en Allemagne, où une loi a été adoptée en 2017, qui a largement inspiré le texte français.
Haha, le mythe de la recherche des propos litigieux par des logiciels informatiques. Il est vrai… en partie. Mais les logiciels de censure, comme ceux de reconnaissance vocale, seront assistés par des travailleurs du Sud, précaires, sous-payés, démunis de protection sociale. C'est cela, que cette future loi encourage !
Revoilà la censure, revoilà Anastasie, vêtue des habits neufs de la high-tech. Et qui tiendra les ciseaux ? Les géants du Net, chargés de dire le bien et le mal, le vrai et le faux, le licite et l’illicite. Depuis cent trente-huit ans, la grande loi de 1881 nous protégeait de ce délire. En posant deux principes intangibles. Primo, personne, aucune autorité — et aujourd’hui aucun algorithme — ne peut s’opposer à la publication des pires insanités. La répression s’exerce après publication, pas avant.
La Cour européenne des droits de l’homme répète d’ailleurs que la liberté d’expression implique le droit de publier des opinions « choquantes ». Et, en cas d’abus, l’ auteur doit en répondre, c’est le second principe, devant le juge.
Système inadapté aux temps modernes, à la rapidité d’Internet et à l’anonymat des diffuseurs de « haine », objectent les partisans de la réforme. Pourquoi donc les cadors de l’informatique, capables de concocter les plus savants algorithmes, seraient-ils incapables d’assurer la traçabilité des messages litigieux ? La loi de 1881 prévoit une chaîne de responsabilité, de l’éditeur à l’auteur, jusqu’au vendeur, en passant par l’imprimeur. Selon le même principe, les réseaux sociaux pourraient échapper à leur responsabilité en livrant l’identité de l’émetteur d’un message insupportable. Lequel auteur pourrait alors être poursuivi et condamné.
L'inadaptation aux temps modernes est une farce… Quid de l'imprimerie en plomb qui, par sa vitesse de copie des livres, permet à plus de monde de lire et d'écrire des insanités comme la prose des protestants (elle était considérée comme cela par l'église catholique) ?! La loi de 1881 découla du nouvel axiome posé par l'imprimerie à plomb : tout le monde peut s'exprimer. On avait pris conscience que tout le monde pouvait écrire, un peu moins se faire publier et être commercialisé.
La traçabilité de la majorité des auteurs est possible, oui. Pour la minorité, elle a toujours existé, même du temps du privilège royal d'impression. Une minorité fraude le fisc. Une minorité tue. Une minorité viole. Une minorité…
Attention cependant à ce que nous nommons identité : s'il s'agit de l'adresse IP, à laquelle le fournisseur d'accès à Internet (Orange, Free, SFR, etc.) saura associer une identité d'état civil, on est bon. Si l'on entend que les sites web (comme Facebook, Twitter, Google, etc.) devraient disposer de l'identité d'état civil de leurs utilisateurs, on fait fausse route, car ce serait, là encore, accorder un pouvoir régalien à des sociétés privées (comme la création monétaire par les banques privées, et l'on voit ce que ça donne : un amas de dettes bidonnées prétendument impossible à purger).
Oui, mais dans des années. Au regard de ces nouveaux enjeux, le budget nécessaire pour obtenir une réponse pénale rapide est dérisoire. Le pouvoir politique, qui s’apprête à déposséder la justice de sa responsabilité, ne lui a jamais donné les troupes et les moyens de remplir sa mission. On affame la bête avant de la déclarer trop maigre pour le service.
Et c'est pourquoi cette future loi de lutte contre la haine sur Internet est une mauvaise solution à un vrai problème : le cadre légal existe, mais il n'y a prétendument pas les sous pour le faire appliquer, alors on a choisi une solution au rabais pondue par des sociétés privées, sans vouloir admettre que l'on leur octroie des pouvoirs de Justice.
Exit le juge, au revoir la liberté, bienvenue dans le monde merveilleux policé par les géants du Net et leur discours bien net.
Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.
La Chine est désormais le paradis de la reconnaissance faciale. Elle permet de payer ses courses en montrant sa bobine à un écran au supermarché à Shanghai, elle remplace les tickets de métro à Jinan, elle fait le tri des élèves à l’entrée des écoles à Shenzhen, elle autorise le passage de la douane à Hongkong et flique les citoyens qui traversent quand le feu est vert en affichant leur visage sur des écrans géants à Ningbo…
Elle équipe les flics de lunettes pour mieux confondre les contrevenants à Zhengzhou. Les caméras permettent ainsi de retrouver, à un poste autoroutier ou dans la foule d’un concert à Canton, les auteurs de crimes ayant changé de province et d’identité. La reconnaissance faciale permet aussi de surveiller les citoyens qui prennent trop de papier-toilette, qui reçoivent des étrangers chez eux, qui font trop souvent le plein d’essence… Et de tenir sous une surveillance millimètrée la province du Xinjiang et sa communauté musulmane ouïghoure.
Ne disposant que de 200 millions de caméras pour mater sa population, le gouvernement chinois souhaite en implanter 400 millions de plus… afin de mettre en place le contrôle social à points, qui permettra de priver de voyage et de boulot les individus n’ayant pas un score de conformité suffisant. Mieux que l’œil du Grand Timonier pour que la Chine poursuive sa Longue Marche : l’œil électronique, réputé ne jamais se tromper ni se fatiguer !
Le « crédit social » chinois , c'est l'analyse des habitudes d’achat et de consommation, l'analyse de la promptitude à régler ses factures, l'analyse des relations d’amitié (exemple : les personnes téléphonant à de mauvais payeurs tombent immédiatement sur un message les informant que leur interlocuteur est sur liste noire). C'est aussi un classement des comportements des citoyens en fonction d’une batterie de critères, récoltés via le big data, pour en déduire une note en fonction de laquelle on se voit attribuer des droits… ou en perdre (avoir un accès prioritaire à l’hôpital ou une réduction sur sa carte de transports publics, interdiction des voyages en avion ou en train, etc.). Notons que les USA font quelque chose de similaire afin évaluer la solvabilité des emprunteurs : des sociétés commerciales comme Acxiom, Equifax, Epsilon, Experian, etc. collectent des données intimes afin de permettre de noter les demandeurs de crédits.
Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.
Le gouvernement de coalition de Nouvelle-Zélande a donné son feu vert à une modification de la loi électorale pour les législatives prévues en 2020 (« Courrier internationale », 4/7). Celle-ci prévoit l'« installation d'urnes électorales à l'intérieur des supermarchés et des centres commerciaux afin qu'il soit plus facile de voter ». La mesure permettrait, selon le ministre de la Justice, d'« insérer plus facilement le vote dans l'emploi du temps chargé des électeurs ».
On pourra voter avec son ticket de caisse ?
Je ne sais pas trop quoi penser de cela : que le vote se déroule dans les lieux de vie de la cité (là où les gens se retrouvent pour vivre ensemble), je trouve ça normal. Je déplore que les lieux de consommation de masse soient devenus les quasi uniques lieux de vie de la cité… Qu'il ait lieu dans un temple de la consommation ou dans un bâtiment public, je doute de la qualité d'un vote émanant d'électeurs pressés, car cela signifie qu'ils voteront à l'aveugle, au gré de leur passion et du cirque médiatique. Au final, cette décision est représentative des temps modernes : le politique (décider ensemble des règles communes) recule devant le commerce, le vote devient une anecdote dans la journée d'un consommateur.
Dans le Canard enchaîné du 10 juillet 2019.