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  • Macron et la presse : la fin de la transparence | _I N T É G R A L E S _

    La présidence de la République a fait savoir, par l’intermédiaire de Sibeth Ndiaye, conseillère de communication d’Emmanuel Macron, que la salle de presse à l’intérieur de l’Elysée déménagerait d’ici l’été dans une annexe hors du Palais. […]

    Depuis quarante ans, les médias accrédités par la présidence jouissaient d’un accès à une salle de presse donnant sur la cour de l’Elysée à certaines occasions (Conseils des ministres, réceptions de dirigeants étrangers…). Les agences de presse à l’instar de l’AFP y avaient d’ailleurs accès en permanence, note la journaliste Laurence Benhamou dans une dépêche AFP datée du 14 février.

    « La présidence a décidé d’un déménagement de la salle de presse» dans une annexe située rue de l’Elysée, « afin d’augmenter sa taille », a justifié Sibeth Ndiaye mercredi auprès de journalistes. Cette décision a été prise « pour une raison fonctionnelle », l’Élysée souhaitant également « élargir le champ des accréditations permanentes », a complété la conseillère communication de l’Elysée.

    Il est probable que Macron profite de ce moment opportun pour exaucer un souhait qu’il n’avait pas tu dès le début de sa mandature : tenir les journalistes hors du Palais. Ainsi, ces derniers ne seraient pas en permanence tenus informés des visiteurs du président de la République.

    […]

    Mitterrand était prêt à davantage de « transparence » dans la mesure où il pouvait lui-même presque entièrement maîtriser le degré de transparence qu’il voulait bien offrir aux citoyens via le truchement de la presse. Cette transparence officielle était un effet de lumière, un artifice pleinement intégré à la stratégie de communication de l’exécutif.

    A cet égard, le « secret », cette zone de parole qui paraît lumineuse à celui qui a le droit d’y pénétrer et qui permet à l’émetteur de protéger à l’ombre ce qu’il veut ne pas dire, n’est-il pas une modalité du discours diplomatique et politique ? En un sens, l’on peut dire que la transparence participe de la culture du secret, et qu’Emmanuel Macron, en y renonçant, cherche à dépasser cet âge de la communication politique.

    L’ancien ministre de François Hollande – celui qui voulait de lui-même ne rien cacher, n’a pas pour sa part l’intention de laisser traîner une caméra sur les tapis de son bureau ni d’envoyer dix Snaps par jour. Il a conscience que la transparence à l’heure des réseaux sociaux ne peut être qu’illimitée et infinie. Elle ne peut donc effectivement que lui échapper entièrement.

    Par souci de s’assurer que la communication qu’il mène dans le but de légitimer ses options politiques auprès du peuple français soit portée par la presse – et se répercute en conséquence dans l’opinion à un degré plus haut que les tweets émis ou inspirés par les journalistes en charge de couvrir l’Elysée, Emmanuel Macron tient à distancer les journalistes, qui pour la plupart entretiennent un compte Twitter à leur nom, de la Cour d’honneur de l’Elysée, lieu de passages et carrefour de confidences.

    Twitter véhiculerait les informations produites par les journalistes ou par des relais à bien plus grande vitesse que tout acte de communication présidentielle ; si bien que les réseaux sociaux mettent rapidement et abondamment les Français au courant des rumeurs, alors même que les finalités et les modalités des réforme en cours les atteindraient moins vite.

    Macron estime que la situation de la salle de presse au centre névralgique du pouvoir exécutif ne peut qu’augmenter rumeurs et « fuites » de faits qu’il n’a pas envie de rapporter aux Français, ou bien auxquels il entend donner un écho moindre dans l’opinion.

    Je suis mitigé sur cette décision de notre président.

    D'un côté, une vue permanente sur la cour d'un lieu de pouvoir est une bonne chose. Savoir qui visite réellement le président, en dehors de ce qui est consigné dans les zolis registres officiels, est vital. Les décisions prises à l'Élysée appartiennent à chaque citoyen⋅ne, comprendre comment elles ont mûrit, qui sont les protagonistes à la manœuvre, etc., est capital.

    D'un autre côté, seules les agences de presse accréditées, c'est-à-dire l'AFP, Reuters, AP et Bloomberg, ont un accès permanent, c'est-à-dire des organisations qui n'ont, à mes yeux, pas brillées par la qualité de leurs contenus depuis des années et des années. Sans compter que cela ne va pas dans le sens de l'indispensable pluralité médiatique. Remédier à cette situation me semble tout aussi important.

    De plus, je me demande si cette proximité ne produit pas forcément un journaliste de connivence : il faut se faire bien voir, ronronner gentiment, rapporter au public seulement ce qu'on te demande de rapporter, devenir un intime, tout ça, afin de rester accrédité. C'est cela, pour moi, la « zone de parole qui paraît lumineuse à celui qui a le droit d’y pénétrer et qui permet à l’émetteur de protéger à l’ombre ce qu’il veut ne pas dire ». Est-ce que de l'information peut vraiment sortir de cela ?

    De même, d'après les propos de journalistes accrédités rapportés par le Canard enchaîné du 28 mars 2018, leur présence ne leur permet pourtant pas de décrocher des entrevues avec les conseiller⋅e⋅s de Macron. Il⋅elle⋅s évoquent « une fois en neuf mois ». Tout ça me laisse à penser que le problème de fond n'est pas le déménagement de cette salle de presse, mais le fait que le pouvoir prend ses distances avec la presse.

    Et, en effet, ce déménagement est une énième mesure contestable du pouvoir élyséen pour se retrancher dans l'ombre, après les journalistes triés sur le volet lors des voyages officiels, après l'interdiction de filmer les ministres dans la cour du Château, après l'étau qui semble se resserrer autour de l'audiovisuel public, etc. J'ai le sentiment que les journalistes n'arrivent plus à collecter les paroles et les actes de Macron à part les journalistes people élogieux de Paris Match.

    Le travail journalistique autour de l'Élysée est évincé par la communication. Et ça, c'est très dangereux, avec ou sans salle de presse au sein du Château.

    http://www.snj.fr/article/les-journalistes-bannis-de-lelys%C3%A9e-1078519621 :

    Quelle est cette conception de la démocratie qui consiste à « privatiser » l’Elysée en se débarrassant de tout témoin des activités qui y sont exercées ? Quelle est cette conception de la liberté de la presse qui consiste à considérer les journalistes comme des communicants aux ordres, qu’on convoque quand cela arrange et qu’on renvoie ?



    Via le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    March 31, 2018 at 9:19:00 PM UTC - permalink - https://www.integrales-productions.com/2018/02/14/macron-et-la-presse-la-fin-de-la-transparence/
  • Une Cour de cass sauce suprême ?

    Adressée, le 15 mars, à la garde des Sceaux, la lettre du premier président de la Cour de cassation, Bertrand Louvel, propose de transformer de fond en comble l’honorable institution. Il s’agit, explique « le Premier » dans son courrier, d’instituer un « filtrage des pourvois », à la discrétion des magistrats eux-mêmes. Le tri se ferait en fonction de « critères (…) fondés sur l’intérêt que présente une affaire pour le développement du droit » ou « lorsque est en cause une atteinte grave à un droit fondamental ».

    Autrement dit, si, pour les juges, l’affaire ne présente aucun de ces hauts intérêts pour le Droit avec un grand « D », c’est plié. Les justiciables pourront remballer leurs minables requêtes contre des décisions mal fichues, aberrantes ou illégales (oui, ça existe !). Les juges choisissent leurs affaires comme le font ceux de la très chic Cour suprême, aux USA. Quel rêve !

    M. le Premier président suggérait à la ministre de la Justice que ce bouleversement soit « intégré au projet de loi de programmation de la Justice en cours d’élaboration ». Hélas, ça n’a pas marché… Le refus de la Chancellerie a pu s’appuyer sur un avis du Conseil constitutionnel que Bertrand Louvel fait semblant d’ignorer, Le Conseil a en effet jugé que le pourvoi en cassation « constitue une garantie fondamentale ». Pas moins.

    En tout cas, les questions du « Canard » ont tant déplu aux hautes hermines qu’elles ont reproché à Louis Boré, le président de l’Ordre des avocats, les « informations données par des avocats à ce journal… ». Le secret des sources serait-il déjà écarté des affaires dignes de l’« intérêt » de la Cour de cassation et de ces messieurs ?

    Dans le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    March 31, 2018 at 8:36:09 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?ZFSL3w
  • Moscovici fait un tabac

    Quel étourdi, ce Pierre Moscovici ! Le 11 avril, le commissaire européen à l’Economie est invité à participer à une chouette conférence subventionnée… par le géant de la clope Philip Morris, pour y causer aux côtés d’un patron… de Philip Morris. Sauf que c’est interdit. A Bruxelles, toute « interaction » avec l’industrie du tabac est prescrite, hormis dans des cas « strictement nécessaires », lesdits cas excluant toute causerie autour d’un buffet de petits-fours sous un prétexte fumeux.

    Mais Mosco a accepté, les yeux — un peu trop — fermés, l’invitation à cette conférence « avec cocktail », organisée par la très officielle Fondation Robert-Schuman sur le thème : « Contrebande, contrefaçon et financement du terrorisme ». Parmi les invités, du beau linge ! Les anciens juges anti-terroristes Baltasar Garzon et Jean-Louis Bruguière, le directeur adjoint d’Europol, le patron de Tracfin, Bruno Dalles, et le vice-président à la stratégie de Philip Morris International (PMI), Alvise Giustiniami. Le nom de ce lobbyiste en chef figure en toutes lettres dans le programme officiel, de même que cette petite mention, en bas de page : « Ce colloque est organisé avec (…) l’appui financier du programme PMI Impact », modeste fonds de Philip Morris, doté de 100 millions de dollars.

    Branle-bas de combat, lundi 26 mars, après un appel du « Canard » : « On n’était pas au courant de ce financement, tousse le distrait porte-parole de Moscovici. Renseignement pris, il est préférable que le commissaire ne participe pas à cette conférence. » Et d’ajouter, sans rire : « On en profite sincèrement pour vous remercier de cette information, qui nous avait échappé. » Un problème de filtre, peut-être ?

    Philip Morris, lui, ne nourrit aucun complexe d’entrisme : le programme de la conférence prévoit aussi la venue de Julian King, le commissaire européen à la Sécurité, et d’un directeur adjoint de la Commission. Sans oublier deux enrodéputés français, Arnaud Danjean et Nathalie Griesbeck, eux aussi frappés de cécité : « Ah bon ? C’est financé par Philip Morris ? On n’avait pas vu », répondent en chœur leurs assistants parlementaires.

    Lobby grillé

    Le thème du colloque — la contrebande — n’est pas anodin. Malgré leurs grands numéros de vertu, tous les fabricants de clopes ont été condamnés, ces dernières années, pour contrebande… En 2019, afin de lutter contre le commerce parallèle, un code établissant sa provenance sera apposé sur chaque paquet. Ce système de traçabilité devait être totalement indépendant des fabricants de tabac. Et puis, coup de théâtre ! En décembre, la Commission européenne a autorisé les cigarettiers à choisir eux-mêmes les bôites qui assureront cette traçabilité. Une première — et énorme — victoire pour le lobby de la clope.

    Parmi les numéros de vertu, il y a le financement de la commission européenne, via des programmes de lutte contre le marché noir au niveau européen.


    La vigilance sans faille de Bruxelles aurait-elle été prise en défaut ?

    C'est la stratégie habituelle "tant que la presse à grand tirage ne me voit pas, je copine. Si la presse à grand tirage me voit, je plaide l'erreur, le #PasAuCourant".

    Dans le Canard enchapiné du 28 mars 2018.

    March 31, 2018 at 8:26:56 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?G5OUrA
  • Le Maire et Le Drian se disputent le Trésor de guerre

    La bagarre dure depuis plus de trente ans parmi les énarques. Le Quai d’Orsay réussira-t-il à arracher à Bercy la pleine autorité sur les hauts fonctionnaires chargés de la sacro-sainte « diplomatie économique » ?

    Dernière offensive en date : la tentative du Quai de profiter du programme de transformation du service public, Action publique 2022, pour capter, sous sa tutelle, l’ensemble des personnels rattachés à d’autres ministères travaillant dans les ambassades. Les quelque 700 agents du réseau des services économiques à l’étranger de la très influente Direction du Trésor sont les premiers visés, ainsi que le rapporte « Challenges » (21/2).

    Si Bruno Le Maire compte bien conserver sous sa coupe ce réseau, il n’est pas pour autant satisfait de leur action. Venu adresser ses vœux audit réseau le 11 janvier, le ministre de l’Economie et des Fi- nances a saisi l’occasion pour… leur faire sèchement la leçon.

    « Je ne vous cache pas, leur a-t-il d’emblée lancé, que j’ai parfois un peu le sentiment, quand je me déplace à l’étranger ou quand je vois les notes qui m’arrivent, qu’il n’y a pas suffisamment de clarté dans les missions qui vous sont fixées et que vous ne savez pas toujours exactement ce que vous devez faire. »

    Avant de s’agacer franchement : « Si les seules informations dont je dispose sur l’économie d’un pays c’est le journal, à un moment donné, on va se demander à quoi servent les services économiques régionaux. »

    Le Maire a conclu son intervention en rappelant aux hauts fonctionnaires qu’ils travaillaient pour le ministère de l’Economie : « Vous n’êtes pas au service de l’ambassadeur — si bien soit-il —, vous êtes au service de l’économie française. Ne l’oubliez jamais. Et, surtout, vous avez de la chance : vous avez un ministre de l’Economie et des Finances qui connaît le monde diplomatique mieux que personne. J’en viens. »

    Compris, Le Drian ?

    Dans le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    March 31, 2018 at 8:09:11 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?w-kjQA
  • Note : astuce pour les chaussures qui puent - Le Hollandais Volant

    1) Mettez les chaussures une nuit au congélateur.
    2) Sortez-les du froid puis aspergez de l’alcool à 90° dessus et dedans : l’alcool est pratique car il s’évapore et ne laisse pas de traces ni d’odeurs).
    3) Laissez aérer à l’air (dehors de préférence :)) quelques heures.

    Il faut savoir que — tout comme quand on pu après le sport — ce ne sont pas les chaussures ni vous qui êtes responsables de l’odeur, mais les bactéries qui se nourrissent des cellules mortes et de la sueur. Il suffit de les tuer pour que la production des odeurs cesse.

    Le coup de froid et l’alcool est radical. Bien plus efficace que les désodorisants qui ne font que parfumer l’air ou casser les odeurs, mais ne tuent pas les bactéries.

    Ça marche. :)

    J'ai passé l'étape du congélo (trop petit, hygiène, tout ça). J'ai utilisé un pulvérisateur dévissé d'un produit ménager standard pour asperger uniformément de l'alcool à 90 degrés dans tout l'intérieur. Il faut compter une bonne journée pour que l'odeur de l'alcool disparaisse et qu'elle soit remplacée par une odeur agréable de chaussure quasi neuve. :O

    March 31, 2018 at 7:50:28 PM UTC - permalink - https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20140405153532
  • « Failed to init inotify - Too many open files »

    Si un programme affiche cette erreur, ou si incrond affiche l'erreur « Inotify::Inotify(): inotify init failed », et qu'il est normal que cette machine ait autant de fichiers ouverts et/ou suivis par inotify, alors on peut augmenter le nombre maximal de fichiers surveillés par inotify avec la commande sysctl -w fs.inotify.max_user_instances=256. La valeur "standard" est 128. On peut bien sûr pérenniser ceci dans un fichier posé dans /etc/sysctl.d.

    ÉDIT DU 06/04/2018 À 13H25 : le paramètre à modifier est fs.inotify.max_user_instances, pas fs.inotify.max_user_watches ! FIN DE L'ÉDIT.

    March 30, 2018 at 6:34:09 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?LsEK6w
  • inotify / incron : Lancer une commande en cas d’action sur un fichier/un répertoire | Admin Linux

    Plein de bonnes choses sur inotify et incrond. Notamment :

    • « Si les commandes sont exécutées plusieurs fois lors de la modification d’un fichier, c’est peut-être que le masque (le type d’événement surveillé) n’est pas tout à fait adapté. Vous pouvez empêcher l’exécution multiple en ajoutant au masque l’option « IN_NO_LOOP » qui désactive la notification d’événement tant que la première commande lancée n’est pas terminée :

    • Il est possible de passer des arguments à la commande lancée par incrond (exemple du manuel : « /tmp IN_ALL_EVENTS abcd $@/$# $% -> The first line monitors all events on the /tmp directory. When an event occurs it runs a application called 'abcd' with the full path of the file as the first arguments and the event flags as the second one. ») :
      • $@ : chemin complet du fichier/répertoire surveillé ;
      • $# : nom du fichier/répertoire sur lequel l’événement est intervenu ;
      • $% : nom (textuel) de l’événement intervenu ;
      • $& : numéro de l’événement intervenu ;
      • $$ : le caractère dollar (« $ ») ;
    March 30, 2018 at 6:22:12 PM UTC - permalink - https://www.admin-linux.fr/inotify-incron-lancer-une-commande-en-cas-daction-sur-un-fichierun-repertoire/
  • Pourquoi inotify arrête subitement de surveiller les modifications de mon fichier ?!

    Je veux utiliser inotify pour surveiller les modifications du contenu d'un fichier. L'objectif est de lancer un script de vérification sémantique sur ce fichier et de les faire remonter aux admins via l’envoi d’un mail. Une erreur sémantique est une erreur qui ne plantera pas le démon/programme qui lit son fichier de conf’, mais qui empêchera d'atteindre le service attendu.

    Pour ce faire, j'utilise incrond, donc j’ai ceci dans incrontab -e : <chemin_vers_fichier> IN_MODIFY <programme>.

    Ça fonctionne sur le vif, mais plus après quelques semaines… Je relance le démon avec service incron restart. Ça fonctionne à nouveau… pour quelque temps seulement…

    Explication : les éditeurs de texte en ligne de commande sérieux (vim, emacs, etc.) ne modifient jamais un fichier. L’événement inotify « IN_MODIFY » n’est donc jamais levé.

    En effet, ils créent un fichier temporaire contenant le nouveau contenu puis ils déplacent ce fichier temporaire à l'emplacement du fichier visé par les modifications. L'objectif est de garantir l'absence de corruption du fichier modifié. En effet, mv (et l'appel système sous-jacent, rename) est la seule opération atomique sur un même système de fichiers : tant que le fichier reste au sein d'un même système de fichiers, mv consiste simplement à changer l'inode associé à un nom de fichier dans la liste des fichiers d'un dossier, et à virer l'ancienne entrée nom+inode.

    Forcément, cette opération change l’inode (identifiant numérique d'un fichier dans la table des fichiers d'un système de fichiers) pointé par un nom de fichier dans la liste des fichiers d'un dossier. On peut vérifier cette hypothèse en exécutant un ls -lhi <fichier> avant et après la modification. Cela fait qu’inotify n’émet plus d’événements pour ce fichier qui a disparu, donc mon script n'est pas lancé par incrond.

    Solution :

    • inotify fourni un événement, « IN_IGNORED », qui est envoyé par Linux quand un fichier disparaît. D'après mes tests, incrond ne prend pas en charge cet événement ;

    • inotify permet de surveiller la suppression d'un fichier (« IN_DELETE_SELF ») ou son déplacement (« IN_MOVE_SELF »). D'après mes tests, « IN_MOVE_SELF » fonctionne mieux avec vim que « IN_DELETE_SELF ».

    Sans grande surprise, j’ai choisi la deuxième solution, donc ma ligne dans incrontab devient : <chemin_vers_fichier> IN_MODIFY,IN_MOVE_SELF <programme>. « IN_MODIFY » pour surveiller les modifs effectuées à l'arrache (echo, redirection shell, nano, etc.) et « IN_MOVE_SELF » pour les autres modifs (vim, etc.).

    Merci Gradator pour le rappel sur le comportement des "vrais" éditeurs de texte. :)

    March 30, 2018 at 6:18:12 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?bjXlpw
  • Rediriger automatiquement la sortie et l'entrée audio vers un casque audio + micro USB lors de son branchement

    J'ai un ordinateur portable avec une station d'accueil. Sur cette station d'accueil, je branche un casque audio + micro USB. Il m'arrive très souvent de débrancher cet ordinateur portable de sa station d'accueil. À chaque rebranchement, je suis obligé de refaire la configuration PulseAudio afin de définir mon casque et son micro comme périphérique de sortie et d'entrée. Ce n'est plus possible, il faut rendre ça automatique.

    La méthode consistant à utiliser udev pour passer des commandes à PulseAudio via pamcmd ou pactl ne fonctionne plus. Avant, il suffisait de lancer un script udev qui se fork en arrière-plan, ce qui permettait à PulseAudio de continuer son déroulement, donc de détecter le matériel audio puis à notre script de passer des commandes PulseAudio concernant ce matériel. Désormais, au moins dans Debian Stretch, l'implémentation habituelle d'udev est remplacée par celle de systemd-udevd. Ainsi, un fork (+ sleep) est désormais pris en compte par systemd-udevd et bloque la découverte du matériel par PulseAudio. Cela se constate avec sudo systemctl status udev.service (on constate l'arborescence des processus sous systemd-udevd, dont notre sleep).

    Passons à la méthode que j'utilise :

    • On crée le fichier ~/.config/pulse/default.pa avec le contenu suivant :

      .include /etc/pulse/default.pa
      load-module module-switch-on-connect


    • On fait prendre en compte cette modif' par PulseAudio : pactl load-module module-switch-on-connect ;

    • À partir d'ici, PulseAudio basculera automatiquement sur tout nouveau périphérique audio qui sera connecté. Le dernier périphérique audio branché à un instant T sera celui qui sera utilisé. En entrée comme en sortie. Or, mon dock monte aussi un périphérique audio (probablement lié au port HDMI). Si jamais cette interface monte après mon casque, PulseAudio l'utilisera. Nous allons empêcher cela via un script udev dans /usr/local/bin/headset-delay.sh :

      #!/bin/bash
      logger -t /usr/local/bin/headset-delay.sh HEADSET ON
      sleep 2
      logger -t /usr/local/bin/headset-delay.sh HEADSET CONFIGURED


    • On rend ce script exécutable : sudo chmod +x /usr/local/bin/headset-delay.sh ;

    • On ajoute une règle udev qui exécute le script précédent dès que le casque est branché dans /etc/udev/rules.d/01-headset.rules (les ID se trouvent dans /var/log/kern.log quand on branche le casque) :

      ACTION=="add", ATTR{idVendor}=="1395", ATTR{idProduct}=="0029", RUN+="/usr/local/bin/headset-delay.sh"


    • Profit!
    March 30, 2018 at 1:23:07 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?lxMclA
  • Ni blanc ni noir | CommitStrip
    March 28, 2018 at 8:26:12 PM UTC - permalink - https://www.commitstrip.com/fr/2018/03/28/neither-black-nor-white/
  • Mon avis sur quelques films visionnés en 2017

    La fille de Brest

    Docu-fiction relatant le combat d'Irène Frachon, docteure au CHU de Brest, pour faire reconnaître les dangers du Mediator. Ce film, adapté du livre publié par Frachon, relate les manquements de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, qui, vérolée de l'intérieur, se contente de décrédibiliser toute alerte sur un problème de santé publique potentiel au lieu de diligenter des investigations.

    Ce film relate aussi qu'en plus d'affronter ses détracteur⋅rice⋅s, il faut aussi affronter ses ami⋅e⋅s quand ceux⋅celles-ci se rétractent, considèrent qu'Irène mène un combat inutile (tous les médicaments ont des effets indésirables sur une portion de personnes, après tout) ou qu'elle fait passer son ego avant la santé mentale de ses collègues, etc. Bref, je trouve que ce film relate bien les péripéties qui tombent sur le museau des lanceur⋅euse⋅s d'alerte : doute, isolement, peur, stress, puis, enfin, après des années, la reconnaissance.

    Très bon film. J'en recommande vivement le visionnage.


    Seul dans Berlin

    Docu-fiction, inspiré par la vie d'Otto et Elise Hampel, qui relate la rébellion anonyme et silencieuse de deux citoyen⋅ne⋅s contre le régime nazi. En effet, il et elle déposent des petites cartes sur lesquelles sont inscrits des propos subversifs dans plein de lieux à Berlin. Cette action visant à masquer leur chagrin suite à la mort de leur fils unique au front renforce leur amour.

    Ce film m'a troublé : une si petite action militante a-t-elle un effet ? Qu'a-t-elle influencé ? Valait-elle la peine d'être menée ? Je ne peux m'empêcher de trouver cette action belle… Bref, je recommande le visionnage de ce film.


    Bienvenue à Gattaca

    Dans un futur dystopique, tous les humain⋅e⋅s doivent moralement être conçu⋅e⋅s génétiquement. Ceux et celles qui sont conçu⋅e⋅s naturellement, nommé⋅e⋅s « invalidé⋅e⋅s » sont forcément considérés comme des personnes inférieures. Le mérite n'existe plus, seuls les gênes comptent : les bons gènes ouvrent les portes d'emplois intéressants et d'une vie intéressante parmi l'élite. Les mauvais condamnent à des emplois peu qualifiés et à une vie quasiment inutile. "On" contrôle et on normalise l'humain⋅e et ses pulsions par la génétique…

    Ce film relate une dystopie comme je les aime : un monde froid, des relations humaines glaciales, une humanité inexistante, un monde aseptisé. Le statut implicite d'être génétiquement supérieur condamne leurs bénéficiaires à ne jamais être satisfaits d'eux⋅elles-mêmes, à en vouloir toujours plus, à devoir justifier leur perfection, à très mal vivre un échec… ou un déclassement social suite à un handicap ou une maladie imprévue (n'avait-il⋅elle pas tout pour réussir, bordel ?!). Les invalidé⋅e⋅s vivent le malheur de la discrimination. L'élite vit le malheur de la perfection. Personne n'est heureux.

    Très très bon film, j'en recommande vivement le visionnage.


    The Circle (2017)

    Ce film relate le présent dystopique que nous font vivre les grandes multinationales du numérique : ne vous inquiétez pas, la technologie va nous aider à résoudre tous nos problèmes, il n'y a plus besoin d'État-nation oppresseurs, mais juste de logiciels et d'une transparence totale qui vont tout faire à votre place et résoudre tous vos problèmes.

    Ce film est plutôt médiocre, mais il pose les bonnes questions sur la juste mesure entre vie privée et transparence, sur la véracité de la volonté affichée par ces acteurs de la société numérique d'améliorer la société pour le bien commun (et non pour leur simple profit), sur la duplicité de leur discours (les patrons des empires numériques font l'inverse de ce qu'il⋅elle⋅s nous demandent de faire : il⋅elles veulent préserver leur vie privée, il⋅elle⋅s ne veulent pas que leur progéniture en bas âge utilise leur technologie, etc.), et sur l'obsession qui anime ces mêmes acteurs de croire que la technologie permettra ces améliorations sociales, qu'elle résoudra tous nos problèmes et nous comblera de bonheur sans que nous ayons à produire le moindre effort.

    Ce film entretient volontairement quelques confusions comme la différence entre la transparence des affaires publique et la transparence de l'intimité de chacun⋅e… Dommage.

    Ce film m'a troublé, car ce monde soi-disant meilleur nous est vendu avec le sourire, comme s'il est une évidence qui s'impose à nous, une offre qu'il est insensé de refuser… C'est très très flippant. Le flicage de ta vie en permanence et en temps réel par ton employeur, puis par l'ensemble de la société est présenté comme quelque chose de cool… Effrayant, c'est juste effrayant.

    Je retiendrai une phrase de ce film : « On est tous prisonniers mais on est heureux, on est tous des numéros mais on est tous gentils ».

    Bref, c'est un bon film dont je recommande le visionnage.


    Prédestination

    Difficile de parler de ce film sans spoiler, donc je me contenterai d'écrire qu'il parle de voyage dans le temps, qu'il explore le concept de boucles temporelles imbriquées, tout ça.

    Comme toutes les œuvres qui traitent de la manipulation du temps et les paradoxes qui peuvent en découler, ce film m'a passionné et j'en recommande le visionnage.


    Da Vinci Code

    Oui, le fameux Da Vinci Code. J'avais beaucoup lu de critiques négatives sur le bouquin, donc, quand ce film a été diffusé à la TV, je me suis dit « essayons ». Des énigmes pseudo-historiques cachées dans des œuvres de De Vinci, un dogme religieux assassin que l'Église catholique souhaite malgré tout préserver, etc. Tout cela a déchaîné mon imagination, et c'est ce que j'ai apprécié dans ce film.

    En trame de fond, on retrouve les questions autour de la légitimé de l'Église catholique comme intermédiaire unique entre Dieu et les hommes et femmes et autour du fondement de cette légitimé (l'interprétation des textes lors des Conciles de Nicée puis par les théologues…).

    Bref, c'est un film que l'on peut regarder.


    Ghost in the shell (2017)

    Non, je n'ai pas regardé ce film pour mater Scarlett Johansson (d'autant que son corps a une apparence robotique…), mais car je voulais découvrir comment d'autres humain⋅e⋅s envisagent la fameuse fusion entre un corps robotique et un cerveau humain. Et, mine de rien, ce film pose cette question : dans un tel monde, comment garder son intégrité personnelle ? Après tout, la Major se retrouve avec des souvenirs factices. Se pose la question de la régulation, de qui contrôle qui, est-ce que le corps appartient à la société commerciale qui l'a commercialisée / l'entretient ? Quid de l'obsolescence programmée ? Etc. De même, ce film pose la question du piratage des corps robotiques. Le monde décrit dans ce film ne me fait pas rêver du tout. Je le trouve très sombre et menaçant pour les libertés individuelles.

    En dehors des réflexions qu'il permet d'ouvrir, ce film m'a profondément ennuyé…


    Radin !

    Un prof' radin, vraiment radin maladif (pas de participation au pot de départ d'un collègue, non-paiement volontaire des charges de copropriété, il apporte des condiments et des aliments de la cafet' de son travail, il éclaire sa maison avec l'éclairage de rue, etc.) dont la vie va basculer…

    Ayant vécu avec une personne vraiment, vraiment proche de ses sous comme il est convenu de dire, je voulais voir les ressorts comiques que l'on peut tirer de ce genre de personne. Je n'ai pas été déçu ! :D Les situations, certes extrêmes, présentes dans ce film sont crédibles pour quelqu'un qui a vécu avec une personne radine et la plupart des piques et autres vannes sont bien senties.

    Bref, j'ai passé un bon moment devant ce film, même s'il ne me laissera pas un souvenir impérissable.


    Alibi.com

    Une société commerciale vend et assure des alibis en béton, quitte à usurper l'identité du⋅de la client⋅e, afin que qu'il⋅elle⋅s échappent à des obligations chiantes (réunions de famille, séminaire, etc.). Jusqu'au jour où les salarié⋅e⋅s se démasquent et sont démasqués.

    J'ai beaucoup aimé les références aux années 80 distillées tout le long du film. Les ressorts comiques ne sont pas fou-fou, mais ils font le job.

    Bref, j'ai passé un bon moment devant ce film, même s'il ne me laissera pas un souvenir impérissable…


    Security

    Une fillette est témoin dans une affaire criminelle. Des mercenaires sans pitié sont à sa recherche pour l'éliminer. Un agent de sécurité tout juste embauché dans un centre commercial va assurer sa survie.

    Bref, on est dans un film de type "moi, sauveur du monde". On éteint le cerveau et on se laisse aller.


    X-Men Apocalypse

    Un énième film reposant sur la franchise X-Men. Aucune cohérence à en attendre : un mutant vieux de plusieurs siècles alors que je croyais que les mutations sont liées à l'ère atomique, un mutant immortel et invincible qui sera totalement anéanti par les X-Men, etc.

    Bref, on éteint le cerveau et on se laisse aller.


    Logan (2017)

    Un énième film reposant sur Wolverine, des X-Men… Un vieux prof' Xavier maintenu en vie par un Logan épuisé, une jeune mutante débarque, elle doit rassembler la nouvelle génération de mutant⋅e⋅s. Bref, E_AGAIN, comme on dit.

    On éteint le cerveau et regarde béatement. Watch & forget.


    L'un dans l'autre

    Non, il ne s'agit pas d'un porno. :D Deux couples hétérosexuels sont amis, mais deux d'entre eux⋅elles sont aussi amant⋅e⋅s. Après une partie de jambe en l'air, "l'âme" de lui se retrouve dans le corps d'elle et inversement. Il et elle doivent retourner auprès de leur mari⋅femme respectif⋅ve en attendant que tout redevienne à la normale.

    Plus jeune, j'ai apprécié le film « Freaky Friday, dans le corps de ma mère » qui a le même scénario, mais entre une ado et sa mère. Je trouvais ce scénario original. Je trouvais intéressant la compréhension mutuelle qui naît progressivement durant ce film. Dans « L'un et l'autre », c'est pareil, sans innovation, mais en plus confus, en plus diffus, bref en moins bien.

    Bref, c'est un film qui se laisse regarder, sans plus…


    Urban Explorer

    Film d'horreur censé se dérouler lors d'une session d'exploration urbaine (urbex). C'est cela qui m'a conduit à m'intéresser à ce film. Mais, en vrai, l'urbex est très très vite sorti du cadre narratif et il ne reste que des ados qui se débattent avec un assassin chelou dans des locaux sous-terrain.

    Ce film est nul… On y retrouve tous les clichés du genre (film d'horreur pour ado)… Bref, même en cas d'ennui profond, il vaut mieux regarder un autre film.


    50 nuances plus sombres

    J'avais trouvé le premier film de la trilogie totalement loufoque, mais je me demandais si l'on peut tomber plus bas. La réponse est oui. Dans ce film, j'apprends que pour reconquérir une femme, il faut la harceler en lui envoyant des fleurs, en lui faisant des virements bancaires, en acheter les tableaux peint par son ami, la stalker dans la rue, etc. Sans commentaire… Tout le reste du film est aussi navrant et insensé que le premier volet.

    Bref, même en cas d'ennui profond, il vaut vraiment mieux regarder un autre film.


    Brice 3

    11 ans après le premier film, Brice, le personnage de surfeur loufoque créé par Jean Dujardin revient au cinéma.

    Plus jeune, j'avais bien aimé le personnage du premier opus (sûr de lui, populaire, vie paisible, etc.)… Avant de me rendre compte, quelques années après, que l'important est résumé dans une phrase à la fin du film, « Il ne faut pas confondre vivre ses rêves et rêver sa vie » (ce que fait précisément Brice), avant de me rendre compte encore des années après que ce personnage est le cumul de tout un tas de comportements nocifs (égoïsme, méchanceté, malveillance, moquerie, humiliation, intolérance, etc.).

    C'est précisément pour cela que j'ai regardé ce Brice 3 : Jean Dujardin propose-t-il une lecture critique de son personnage de naguère ou non ? La réponse est non. Ce film reprend tous les codes du précédent… Méchanceté gratuite, moqueries, humiliations publiques, joutes verbales sans intérêt, sadisme, domination, etc.

    Bref, même en cas d'ennui profond, il vaut vraiment, vraiment mieux regarder un autre film.



    Édit du 27/03/2018 à 0h25 :

    13 Reasons Why

    Une ado, Hannah, se suicide après avoir enregistré des cassettes audio expliquant son geste (qui enregistre encore des cassettes audio en 2017 ?! :P ). Cette série traite de l'amitié, du rejet suite à une rumeur, de la moquerie, du jugement sans preuve, du harcèlement moral et sexuel, du viol, etc. avec un ton plutôt juste malgré quelques accumulations un peu grossières.

    J'ai bien aimé cette série, car elle ne présente pas un monde binaire, avec d'un côté les gentil⋅le⋅s et de l'autre les méchant⋅e⋅s, mais un monde gris, où tous les protagonistes, y compris la narratrice suicidée, sont fautifs et responsables de l'ambiance toxique et délétère entre eux⋅elles. Chacun⋅e, par ses peurs, sa lâcheté, ses coups bas, ses jugements, son indifférence, ses mots, etc. a produit et propagé certaines formes de violence. Hannah a craqué, mais ça aurait pu être n'importe qui. Hannah a subi des violences, Hannah a fait souffrir d'autres protagonistes.

    Cette série nous parle de la violence invisible. De celle à laquelle nous nous sommes habitué⋅e⋅s. Celle avec laquelle nous trouvons normal de vivre. Cette série questionne autant la sensibilité de chacun⋅e que la violence de chacun⋅e.

    Certain⋅e⋅s estiment que la série perd en crédibilité en montrant une Hannah qui se maquille jusqu'au dernier jour, qui continue de manger jusqu'au dernier jour, qui prend le temps de préparer son suicide, etc. Je pense pour ma part qu'il n'y a pas une unique manière de se suicider, mais plusieurs. Celle qui sera employée dépend du caractère de chacun⋅e.

    Je formule un dernier reproche envers cette série : la lenteur. Les épisodes traînent en longueur… C'est vraiment démesuré… Je pense vraiment que des épisodes raccourcis de 15 à 30 minutes m'auraient fait beaucoup plus apprécier la série.

    Bref, je pense qu'il s'agit d'une bonne série qui vaut la peine d'être visionnée, mais il ne faut pas compter sur moi pour la visionner une nouvelle fois, car le rythme est vraiment, vraiment, trop, trop lent.

    Fin de l'édit du 27/03/2018 à 0h25.

    March 25, 2018 at 10:09:14 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?S4m6XQ
  • Wolfenstein II : The New Colossus sur PC - jeuxvideo.com

    J'ai joué à ce jeu il y a quelques mois. Le scénario n'innove pas par rapport à l'opus précédent (The New Order) : nous sommes là pour botter le cul de nazis qui ont remporté la deuxième guerre mondiale et ont imposé leur vision totalitaire au reste du monde. Ce bottage de culs dans des États-Unis occupés doit avoir lieu par tous les moyens, notamment les plus bourrins. \o/

    Je suis très mitigé sur le scénario. Il m'apparaît être trop calqué sur The New Order, donc on prédit le déroulement des événements (oui, on ira sur une autre planète…), tout est cousu de fil blanc.

    De plus, l'immortalité complète de notre personnage, consacrée dans les cinématiques, une en particulier, fait que le jeu m'apparaît moins fun, moins jouissif que l'opus précédent, justement car le délire de l'immortalité de notre personnage est poussé trop loin : j'aime l'idée d'être un sauveur du monde, obtus, qui poursuit le but qu'il s'est fixé coûte que coûte, depuis un fauteuil roulant (! :O ) si nécessaire, mais être un sauveur mortel tout de même et n'être pas strictement nécessaire à la victoire contre les nazis. Dans les cinématiques, tu ne meurs jamais malgré la pire des situations (je ne spoilerai pas ;) ), mais un coup de fusil à pompe dans les phases de jeu et c'est le décès… Incohérence.

    Pour en terminer avec le scénario, j'aime l'idée d'approfondir la psychologie des personnages et de les faire dialoguer entre eux. Il y a de bons dialogues, de sincères émotions. En revanche, je n'aime pas l'idée de décrire une enfance compliquée, imprégnée de violence familiale, pour notre personnage, car ça induit l'idée que le côté borné et risque-tout de celui-ci est lié à un déséquilibre mental causé par une enfance traumatisante… Notre personnage ne peut-il pas tout simplement être courageux, obstiné, passionné par sa vision du monde ? Faut-il impérativement qu'il soit fou ?!

    D'un point de vue politique, l'autocensure nécessaire à la vente du jeu en Allemagne est plaisante, car elle met en exergue un pays empreint de tabous qui n'arrive toujours pas à assumer son passé collectif. On a la même chose en France, et j'aime tout ce qui peut mettre un coup de pied au cul à cet état d'esprit nauséabond.

    Notons que le doubleur français de notre personnage double aussi Bruce Willis. :D

    Concernant le reste du jeu : comme d'habitude, les prétendus choix cruciaux qui changent la trame narrative ou la façon de jouer (échasses, défonçage de mur ou faufilage) sont du bidon, on retrouve toute une panoplie d'armes (à améliorer en trouvant des objets à crafter) permettant d'assouvir nos pulsions de massacre, et la difficulté est revue à la hausse (je galère autant en difficulté normale dans ce jeu qu'en difficulté « je suis la mort incarnée » dans le précédent opus !). Pour le reste, la formule ne change pas : nazis, gros calibres, massacres, propos et scènes "chocs" et cul. \o/

    Même si ce jeu m'a procuré moins de fun que The New Order pour les raisons exposées ci-dessus, ça reste un bon épisode de Wolfenstein. Je recommande aux bourrin⋅e⋅s. :)

    March 25, 2018 at 3:01:28 PM UTC - permalink - http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/jeu-670042/
  • Quantum Break sur PC - jeuxvideo.com

    J'ai joué à ce jeu en 2017. Le scénario est simple : des recherches sont effectuées autour du voyage dans le temps et du temps dans sa dimension "physique" (si tentée qu'elle existe) en général. Forcément, la première expérimentation foire en provoquant une rupture partielle (puis totale) du continuum l'espace-temps (comme dit le doc' dans Retour dans le futur). Forcément, le mézaaaant entrepreneur qui a financé ces recherches va tenter de prendre avantage de la situation et nous devons l'en empêcher.

    J'ai bien aimé ce scénario. Tout ce qui tourne autour du temps, des boucles temporelles, tout ça, a tendance à bien me plaire. En revanche, la crédibilité technique est émaillée à plusieurs reprises : il existe une solution physique toute simple pour réparer le temps (mais bien sûûûûr !), les personnages restent environ maître de leur irradiation de chronos et il est possible d'améliorer leurs pouvoirs temporels (mais bien sûûûûr !), etc.

    J'ai pris beaucoup de plaisir à jouer avec les pouvoirs temporels de notre personnage : ralentir le temps afin de franchir des obstacles, bouclier temporel pour se protéger des balles de flingues ennemis, accélérer notre personnage afin de prendre nos ennemis à revers, etc. Y'a de bonnes idées et c'est très jouissif. \o/

    Le plus gros défaut de ce jeu, c'est la maniabilité du personnage. C'est d'un pénible, ça retire beaucoup de plaisir de jeu ! De plus, il m'est impossible d'enchaîner des combos temporels genre foncer sur un ennemi en temps accéléré, le battre puis foncer sur un autre ennemi pour recommencer : à chaque fois, à la suite du premier coup de pied fatal en l'air, mon personnage est victime de l'inertie et décrit une forme de boucle qui m'empêche de battre plusieurs ennemis à la fois en déclenchant une seule fois mon pouvoir, chose qui a l'air simple à faire si j'en crois les différentes vidéos trouvées sur le net…

    Les choix soi-disant cruciaux, sous-entendus qui changent profondément la trame narrative, ont des conséquences plutôt limitées sur la suite des événements… Quelques objets secondaires changent, quelques dialogues aussi, mais sans plus. Ce point est commun à tous les jeux qui proposent des choix soi-disant cruciaux.

    Je n'ai pas souhaité profiter de la série cinématographique embarquée dans le jeu vidéo (4 épisodes d'environ 25 minutes chacun) : j'ai acheté ce jeu pour être actif, pour être acteur du jeu, pas pour être passif devant une trame qui se déroule sous mes yeux…

    Bref, si les histoires autour de la manipulation du temps t'intéresse, je te recommande vivement ce jeu. :)

    March 25, 2018 at 1:32:01 PM UTC - permalink - http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/jeu-458607/
  • Un jeu européen à quatre coins

    Emmanuel Macron ne cache pas sa frustration. Six mois après les élections législatives allemandes, et à la veille du Conseil européen des 22 et 23 mars, son grand projet de réforme de la zone euro n’a toujours pas avancé d’un iota.

    Le Président, qui a reçu la Chancelière en tête à tête à l’Elysée le 16 mars, n’a pas obtenu son feu vert pour l’un de ses projets phares : la création d’un budget de la zone euro et d’un poste de ministre des Finances européen. Angela Merkel s’est retranchée derrière ses « contraintes politiques » : la montée en puissance de l’extrême droite (AfD), les prochaines élections de son allié bavarois le CSU…

    « Pour la première fois depuis la crise financière, il y a tout de même une amorce d’union économique avec le Fonds européen pour les investissements stratégiques (Efsi), se gargarise un conseiller du Château. C’est inscrit dans le marbre du contrat de coalition entre la CDU et le SPD. »

    Le fameux contrat de 175 pages consacre en effet… cinq pages au « sursaut de l’Europe » et trois lignes au « renforcement » du Fonds, qui, créé par la Commission européenne, existe depuis… 2014.

    Pas encore le grand tourbillon européen espéré.

    La candidate de Merkel

    A un peu plus d’un an des élections européennes de mai 2019, le grand marchandage des postes clés en Europe a démarré. Emmanuel Macron en pince pour Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, pourfendeuse des Gafa. La libérale danoise, modèle de l’héroïne de la série « Borgen », a demarré sa campagne en trombe, sur France Inter (15/3). Avec quelques phrases en français…

    Mais sa candidature se heurte aux projets d’Angela Merkel, qui pousse la patronne du FMI, Christine Lagarde. Elle présente l’immense avantage, aux yeux de la Chancelière, d’appartenir à la grande famille du PPE, le Parti populaire européen. Mais Macron ne veut pas en entendre parler.

    En faisant la promotion d’une Française à la tête de la Commission, Merkel se réserve ainsi la possibilité de nommer à la présidence de la Banque centrale l’un de ses anciens collaborateurs, Jens Weidmann.

    Une Kolossale manœuvre…

    Pas touche aux finances

    « La priorité d’Emmanuel Macron, c’est la présidence de la BCE, assure l’un de ses amis. C’est la clé de voûte des réformes en Europe, et les Allemands pèsent déjà suffisam-ment sur la zone euro avec leur ministre des Finances. »

    Le président de la République espère pouvoir y placer le germanophone François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Héritier de la grande famille qui a cofondé le groupe Villeroy & Boch, implanté en Lorraine et en Sarre, il devrait séduire les Allemands.

    Sauf qu’il est considéré comme une « colombe » en matière monétaire. Or le parti d’Angela Merkel et les pays du nord de l’Europe souhaitent un « faucon ». C’est-à-dire un adepte d’une politique monétaire orthodoxe.

    Le billard européen n’est pas un sport facile.

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

    March 24, 2018 at 7:49:25 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?-eNCuw
  • L’être et le fainéant

    Enfin des sanctions, des contrôles, des obligations ! Ces flemmards de chômeurs ont fini de se la couler douce. Comme promis durant sa campagne, Macron s’apprête à leur serrer la vis. Certes, 41,8 % des 6,6 millions d’inscrits y échapperont, puisqu’ils ne touchent pas un centime, et on ne peut donc pas décemment les taper au porte-monnaie. Mais les autres vont le sentir passer.

    Ha, ce bon vieux mythe de la personne au chômage fénéante qui refuse les offres d'emplois de Popole à la chaîne…


    D’abord, au lieu de 200 contrôleurs aujourd’hui, Pôle emploi en comptera 1 000 dans deux ans. Ensuite, dès l’an prochain sera expérimenté un « tableau de bord » numérique : chaque mois, les chômeurs devront rendre des comptes et prouver qu’ils ont fait des tas de démarches pour trouver du boulot. Belle idée soufflée par Pierre Gattaz, qui avait même pensé à un « contrôle journalier », un peu trop soviétique d’inspiration, mais on est mo derne ou on ne l’est pas.

    Enfin, ceux qui prétextent qu’il n’y a pas de boulot pour ne pas en chercher ont fini de rigoler. Faudra qu’ils en cherchent activement, et qu’ils le prouvent : un mois de suppression d’allocs au premier avertissement, puis deux, puis quatre mois. Et ils ne pourront plus refuser deux fois de suite « une offre raisonnable » d’emploi, offre raisonnable dont les critères vont être désormais fixés à la tête du client. La tête des glandeurs !

    Ça l'est déjà, à la tête du client : sauf erreur de ma part, une offre est jugée raisonnable vis-à-vis du Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi, document rempli par la personne au chômage sous la pression de Popole. Il "suffit" de bien fixer les critères (la zone géographique, le type précis de société employeuse, etc.) dès le début pour que Popole ne décompte pas les offres qui ne correspondent pas du compteur "offres raisonnables".


    Certes, une étude de Pôle emploi a montré récemment que 86 % des demandeurs d’emploi respectent leurs obligations de recherche, mais faut bien essayer de coincer les autres.

    L’enjeu est d’importance, en effet : ce nouveau système devrait permettre à l’assurance-chômage d’économiser jusqu’à 1 milliard d’euros. Et il faut être de bien mauvaise foi, comme peut l’être « L’Humanité » (20/3), pour mettre ce chiffre en rapport avec celui de la Cour des comptes, qui a calculé que la fraude aux cotisations sociales des patrons français représente un manque à gagner de 25 milliard d’euros par an. Ça n’a rien à voir, voyons !

    Et en même temps…

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

    March 24, 2018 at 7:40:03 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?-_grDg
  • Facebook ne tourne pas la page

    Incroyable ! Le respect de la vie privée n’est pas garanti sur Facebook ! On aurait pourtant juré le contraire… Le géant américain lui-même ne peut pas le croire : les données personnelles de 50 millions d’Américains ont atterri dans les mains d’une drôle de boîte de com’ britannique, Cambridge Analytica, qui travaillait pour Trump pendant la campagne présidentielle.

    Les révélations du « New York Times » et du « Guardian » tombent à pic et ont surtout fait chuter le cours de Bourse de cette belle entreprise du Web (moins 6,8 %, soit l’équivalent de 24,3 milliards d’euros !).

    Facebook est soupçonné d’avoir laissé filer des centaines de millions d’informations sur les électeurs américains. Le pire serait de découvrir que cela lui a rapporté de l’oseille, il faut s’attendre à tout !

    A partir d’un simple questionnaire présenté comme un « test de personnalité », mais auxquels seuls les titulaires d’une carte d’électeur étaient invités à répondre, Cambridge Analytica a pu récupérer ces masses d’infos sur 270 000 adeptes de Facebook, mais également sur leurs « amis », ce qui a fait exploser les compteurs. La société anglaise est suspectée d’avoir su, ensuite, en faire le meilleur usage, en dressant les profils politiques de ces internautes pour pouvoir influencer leur vote.

    Ho, tu veux dire comme pendant la campagne présidentielle d'Oboma en 2008 ?! Ou celle de Sarkozy en 2005-2007 ?! Ou celle de Sarkozy lors de la primaire de la droite et du centre en 2016 ?! Ou celles de Mélenchon, Fillon, Trump, Macron ?! Collecte de données, notamment sur Facebook et Twitter et argumentaire préformaté en fonction des profiles. Voir : Marketing politique : Démocra-ciblée.


    Il faut dire que Cambridge Analytica a de l’expérience en matière électorale. Récemment piégé en caméra cachée par un journaliste de Channel 4, son pédégé, Alexander Nix, expliquait que sa boîte pouvait, à l’occasion, « en- voyer des filles chez un candidat », « des Ukrainiennes », ou encore « proposer d’importantes sommes d’argent au candidat, pour financer sa campagne en échange de terrains, par exemple, et enregistrer toute la conversation… » avant de la balancer sur le Net.

    Des méthodes qui réjouiront, à quelques milliers de kilomètres de là… le boulanger de Bourg-Lastic, dans le Puy-de-Dôme. Cet Auvergnat vient de gagner son procès — une première — contre Facebook. Motif : pour lui nuire, un pirate avait monté une page Web bidon en usurpant son identité et le nom de son commerce. La plaisanterie a duré des mois. Facebook a refusé de lever le petit doigt et de révéler, comme la justice vient de le lui ordonner, le nom du fraudeur.

    Au nom de la protection de sa vie privée, sans doute.

    Je vois beaucoup d'articles de presse traiter la question de l'éventuelle perte de confiance des utilisateur⋅rice⋅s Facebook envers leur réseau social, de la mort imminente de Facebook à cause de ce scandale, de son sauvetage par X ou Y, de son démantèlement par des politicien⋅ne⋅s au profit d'un Facebook européen (ouais, c'est bien connu qu'en UE on fait mieux que ces foutus yankee !), etc. Je trouve ça ridicule ! Oui, parce que c'est bien connu, Ikea a dû fermer après le scandale de l'origine du bois qu'elle utilise dans ses meubles, Lactalis a aussi dû mettre la clé sous la porte après le scandale du lait contaminé et la non publication de ses comptes, idem pour Microsoft, Apple et Google après des scandales d'abus de position dominante et d'obsolescence programmée, idem pour l'industrie agro-alimentaire après sa viande de cheval étiquetée bœuf et ses œufs arrosés au Fipronil, idem pour les constructeurs automobiles et la triche à la certification anti-pollution, etc., etc., etc. Ne rêvons pas : pour Facebook, comme pour les autres, ça sera business as usual, rien ne va changer, FB ne va pas disparaître, tout va bien se passer. Simplement parce que les utilisateur⋅rice⋅s s'en foutent, tout simplement. Lire cet épiphénomène avec notre grille de lecture d'anti-GAFAM, de pro-vie privée, tout ça, nous amène à raisonner différemment des utilisateur⋅rice⋅s de Facebook, ne l'oublions pas. Écoutons à quel point il⋅elle⋅s s'en fichent, à quel point il⋅elle⋅s veulent juste rester en contact avec leurs proches et s'amuser.

    À ceux et celles qui pensent que le RGPD va tout changer : vous faîtes un joli rêve. La loi informatiques et libertés date de 1978 et n'est toujours pas appliquée par l'État et par les sociétés commerciales françaises qui exploitent des données personnelles en France (je ne parlerai même pas des sociétés étrangères et des multinationales). Même les principes de base, comme le consentement à la collecte ou le droit d'accès, ne sont pas appliqués. En 40 ans ! Alors le RGPD, d'une complexité folle, qui nécessite de revoir l'écrasante majorité des systèmes d'information existants afin d'implémenter la traçabilité interne et externe, lol, mdr, ptdr. Les régulateurs, comme la CNIL, seront toujours impuissants face aux États et face aux grandes multinationales. C'est mignon d'avoir augmenté les sanctions applicables, encore faut-il que les régulateurs aient les moyens (humains et financiers) pour enquêter. Et, demain, comme aujourd'hui, ils seront asphyxiés.

    Les grand⋅e⋅s gagnant⋅e⋅s du RGPD, ce ne sont pas les citoyen⋅ne⋅s, ce sont les consultant⋅e⋅s RGPD qui, grassement payé⋅e⋅s, aideront les sociétés à faire semblant de progresser en matière de données personnelles, qui leur apprendront les nouvelles ficelles pour ne pas se faire gauler, les bonnes réponses à fournir aux pénibles qui poseront des questions en application de ce RGPD, etc. Comme les consultant⋅e⋅s en fiscalité, il ne s'agit pas d'aider les sociétés commerciales à entrer en conformité, mais à échapper à la loi.

    L'optimisme ne devrait pas conduire à la naïveté !

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

    March 24, 2018 at 7:27:50 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?Hh2xUQ
  • Nom de Noms !

    De plus en plus de championnats sportifs sont désormais baptisés, moyennant financement, du nom d’une marque : Lidl Starligue (handball), Ligue 1 Conforama (football), Jeep Elite (basket). « Le Monde » (18/3), qui cite ces exemples, révèle les pressions à prévoir sur les médias : un gros annonceur fera tout pour que le « nom de sa compétition soit repris ». Gare aux récalcitrants et ienvenue aux dociles : « Le bâton pourrait être accompagné d'une carotte, sous forme de publicité. »

    Le championnat de cireurs de pompes est ouvert.

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

    March 24, 2018 at 6:42:04 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?fZbQWg
  • Le jour “sans” d’Ikea

    Chez Ikea, le 29 février 2012 fut une très sale journée, résumée par le parquet de Versailles dans son réquisitoire, fin janvier.

    Ce jour-là, FO déposait une plainte contre « un système d’espionnage organisé » au sein de la boîte suédoise, « parallèlement “Le Canard” relayait l’information » et, enfin, le président de la Cnil « décidait de réaliser plusieurs contrôles » au siège de la société et dans plusieurs magasins.

    Six ans après cette date funeste, les turpitudes de la marque aux meubles légendaires sont retracées sur 102 pages. Tous ses magasins ou presque sont touchés, comme 11 de ses cadres et employés. Un ex-dirigeant d’une ex-société privée d’« investigation » et 4 policiers, dont des gradés. Tous prévenus d’avoir « mis en place un système (…) visant à obtenir des renseignements sur les candidats à l’embauche et certains collaborateurs, tirés pour partie de la consultation des fichiers police/gendarmerie ». Un système « largement répandu », utilisé « à grande échelle ». Et aussi « connu des dirigeants d’Ikea ». Le parquet demande le renvoi devant le tribunal de tous ces sympathiques « espions ».

    « Njut », comme on dit chez Ikea : encore des journées noires !

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

    March 24, 2018 at 6:39:37 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?rYBWNQ
  • Moscou d’éclat

    Bien sûr que non, la Russie n’a pas empoisonné son ex-espion à Londres ! Pour une raison simple, a expliqué Poutine la Main froide devant le tollé occidental : si tel était le cas, si « un gaz chimique militaire » avait empoisonné l’espion et sa fille, « les gens seraient morts sur le coup », au lieu de simplement tomber dans le coma. C’est beau, l’efficacité russe…

    Un peu comme l’élection présidentielle, qui a vu Poutine, aux manettes depuis dix-huit ans, être réélu dimanche avec 76,66 % des voix.

    Au cas où la propagande n’aurait pas suffi, de joyeux bourrages d’umes ont émaillé le scrutin. Et pas à la sauvette, comme en France, façon bulletins de vote planqués dans les chaussettes.

    Chez Poutine, c’est tranquille : les vidéos balancées par l’opposant Alexeï Navalny et l’ONG Golos montrent des petites mains fourrer des paquets entiers de bulletins dans les urnes, sans se fatiguer à se planquer.

    Le pouvoir n’allait quand même pas laisser agir le poison de la démocratie…

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

    March 24, 2018 at 6:35:57 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?L-kn2Q
  • Enterrement low cost

    Ah, les petits coquins… Près de deux siècles qu’ils se faisaient enterrer aux frais du contribuable. La République est généreuse avec ses élus : 18 255 euros max par député, mais avec possibilité de faire « profiter » conjoint et enfants de cette petite enveloppe.

    Anecdotique ? Pas vraiment, puisque les obsèques d’anciens députés et de leurs proches ont coûté 573 000 euros à l’Assemblée l’année dernière. Désormais, le cadeau ne dépassera pas les 2 350 euros, et il faudra produire une facture. Le vent d’austérité n’a pas soufflé jusqu’au Sénat, qui a décidé de conserver pour chaque sénateur une enveloppe de 20 000 euros.

    Le Sénat mérite bien sa réputation de maison de retraite la plus cosy de Paris, le suivi est assuré jusqu’au bout.

    Est-ce que les attaché⋅e⋅s parlementaires et les autres petites mains de notre Parlement, préssé⋅e⋅s comme des citrons, assumant un volume horaire et une charge de travail conséquents, ont droit à cette enveloppe ? :-

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

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