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  • (Tenter de) Réparer apt / dpkg

    Bon, il existe déjà des centaines de tutoriels sur ce sujet, donc je vais faire vite.

    Soit une machine virtuelle qui IOwait à mort puis qui remonte automatiquement / en lecture seule. Il est impossible de le remonter en écriture avec les commandes usuelles. Je décide de reboot la machine virtuelle proprement depuis le système d'exploitation. Le shell distant m'est retiré, des démons sont arrêtés, mais ça reste bloqué à ce stade, pendant plus de 10 minutes. Je force un reboot côté hyperviseur. Au reboot, je tombe dans l'initramfs puisque le système de fichiers de la racine est en vrac… Je lance un fsck -y, je reboot… Reboot OK. Quelque temps après, j'essaye d'installer un logiciel et…

    # apt-get install ncdu
    Lecture des listes de paquets... Erreur !
    E: Splitting of file /var/lib/apt/lists/security.debian.org_dists_stretch_updates_InRelease failed as it doesn't contain all expected parts 0 1 0
    E: Les listes de paquets ou le fichier « status » ne peuvent être analysés ou lus.



    Si je lance un apt-get update, j'obtiens l'erreur suivante :

    Impossible d'ouvrir le fichier /var/lib/apt/lists/partial/security.debian.org_dists_stretch_updates_main_binary-amd64_Packages.xz - open (13: Permission non accordée) [IP : 2a04:4e42:1d::204 80]

    Solution :

    # rm -f /var/lib/apt/lists/* /var/lib/apt/lists/partial/*

    Retentons :

    # apt-get update
    […] 
    Lecture des listes de paquets... Erreur !
    E: Problem parsing dependency 47
    E: Erreur apparue lors du traitement de mount (NewVersion2)
    E: Problem with MergeList /var/lib/dpkg/status
    E: Les listes de paquets ou le fichier « status » ne peuvent être analysés ou lus.

    De même, dpkg ne semble pas être en forme :

    dpkg --get-selections
    dpkg: erreur: analyse du fichier '/var/lib/dpkg/status' vers la ligne 6135 paquet 'mount' :
     champ « Pre-Depends », référence à « libc6 » : version contenant «   » 

    En effet, si l'on ouvre /var/lib/dpkg/status avec un éditeur de texte, on constate qu'il est corrompu : y'a du n'importe quoi en plein milieu du fichier, après le paquet « mount ». La fin du fichier est également tronqué (il se termine en plein milieu d'une description d'un paquet).

    Le fichier /var/lib/dpkg/status-old permet de gérer ce genre de cas… Sauf qu'il est corrompu lui aussi (il commence en plein milieu d'une description d'un paquet). Pas aux mêmes endroits, mais corrompu tout de même. Les deux fichiers ne permettent pas d'avoir une vue d'ensemble correcte des paquets installés…

    On peut tenter de reconstruire le fichier status avec un script, à partir des infos contenues dans /var/lib/dpkg/info, mais je n'ai aucune idée de la fiabilité et de la viabilité de cette méthode.

    J'ai une sauvegarde du fichier status en date du 10 décembre 2017. Je décide de l'utiliser. Mais, si je tente d'installer un paquet, je reçois des milliers de lignes de la forme :

    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 1.
    Use of uninitialized value $item in hash element at /usr/share/perl5/Debconf/DbDriver/File.pm line 85, <__ANONIO__> chunk 10.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 589.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 18841.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 18842.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 18843.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 18844.



    Je dispose d'une sauvegarde complète de cette machine en date du 10 décembre 2017. Je pourrais tout restaurer d'un coup pour en finir… D'autant que rien a changé sur la machine depuis cette date… Mais d'un côté, c'est "amusant" d'essayer de s'en sortir. D'autant que cette machine sert environ à rien, donc ce n'est pas grave si elle devient instable dans quelques mois à cause de ma tentative de réparation…

    Je décide de mettre à jour les paquets, afin que la version indiquée dans le fichier status corresponde à ce qui est réellement installé. Ben, oui, la version mineure de Stretch, 9.4, est sortie entre ma sauvegarde du fichier status et aujourd'hui.

    # apt-get upgrade
    # apt-get dist-upgrade

    Évidemment, je ne me focalise pas sur la palanquée d'erreurs qui est affichée et je refuse toutes les demandes de remplacement de fichiers de conf'.



    Maintenant, je vais m'occuper des erreurs suivantes :

    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libapache2-mod-php5 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php-auth » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « softhsm » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « mysql-client-5.5 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-mysql » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libsofthsm » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libclamav7 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-pspell » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « softhsm-common » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-json » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-readline » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-intl » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libiperf0 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « mysql-server-core-5.5 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-mcrypt » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libperl5.20 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « apache2-mpm-prefork » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-imap » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-cli » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-gd » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « linux-image-3.16.0-4-amd64 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-common » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-sqlite » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé

    Nous pouvons déjà faire semblant de désinstaller les paquets qui n'existent plus dans Stretch (il est possible que certains paquets aient déjà été supprimés lors de l'upgrade/dist-upgrade précédent, auquel cas il faut les retirer de la liste au compte-gouttes) :

    # apt-get remove libapache2-mod-php5 php5-mysql php5-pspell php5-json php5 php5-cli php5-readline php5-intl php5-mcrypt php5-imap php5-gd php5-common php5-sqlite libsofthsm linux-image-3.16.0-4-amd64 apache2-mpm-prefork php-auth mysql-client-5.5 mysql-server-core-5.5

    Continuons avec les logiciels que je n'utilise plus dans cette version :

    # apt-get remove softhsm softhsm-common

    Terminons en réinstallant les paquets encore utilisés, mais qui sont en erreur :

    # apt-get install --reinstall libclamav7 libiperf0



    Attaquons-nous maintenant aux avertissements suivants (extrait) :

    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/uucp/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/games/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/mail/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/www-data/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/list/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/proxy/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/gnats/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/news/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/bin/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/sys/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/backup/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/daemon/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/nobody/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/irc/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/man/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/lp/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.

    Pour réparer, utilisons la commande suivante :

    # /usr/share/debconf/fix_db.pl



    Et voilà, nous avons enfin terminé ! \o/

    Mon Apr 2 14:05:06 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?mvvE-A
  • Diagnostiquer et réparer une erreur SQL dans Tiny TIny RSS

    Après la mise à jour de mon Tiny Tiny RSS (agrégateur de flux RSS), le script de mise à jour des flux RSS (« update_daemon2.php ») que j'exécute avec systemd crachait ceci dans les logs :

    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: PHP Fatal error:  Uncaught PDOException: There is no active transaction in /var/www/ttrss/classes/rssutils.php:1177
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: Stack trace:
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: #0 /var/www/ttrss/classes/rssutils.php(1177): PDO->commit()
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: #1 /var/www/ttrss/classes/rssutils.php(190): RSSUtils::update_rss_feed('85', true, false)
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: #2 /var/www/ttrss/update.php(199): RSSUtils::update_daemon_common(50)
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: #3 {main}

    Au début, seuls deux flus RSS étaient concernés. Puis, progressivement, tous les flux ont été concernés…

    On peut supposer qu'il y a une requête SQL mal formée dans le lot de requêtes qui forme la transaction SQL qui est validée à la ligne 1177 de rssutils.

    La meilleure façon d'avoir de la visibilité sur cela est de se connecter à l'interface web de ttrss avec un compte disposant des droits d'administration et d'aller dans le menu « Actions » -> « Configuration » -> « Système » et de constater une erreur SQL qui se produit juste avant un commit SQL. Il est vain de modifier les fichiers index.php et update_daemon2.php pour y ajouter « error_reporting(-1); » en espérant voir l'erreur apparaître dans les logs du serveur web, car ttrss stocke les erreurs dans sa base de données…

    Dans mon cas, cette manipulation a mis en évidence l'erreur suivante : Unknown column 'width' in 'field list'. Probablement une colonne qui a été ajoutée lors d'une mise à jour… Pour savoir laquelle, il suffit de chercher dans les fichiers du dossier « schema/versions/mysql » (ou pgsql) : grep -Ri width .. Il s'agit de 126.sql.

    Il suffit de rejouer ce fichier sans la requête « update ttrss_version set schema_version = 126; » et c'est gagné.

    On peut jouer les autres fichiers SQL afin de s'assurer que la base de données de Tiny Tiny RSS soit OK : mysql -u <user> -p <nom_bdd_ttrss> < 127.sql. Si une modif' a déjà été effectuée, alors la transaction SQL échouera et la base de données ne sera pas écrasée.

    Mon Apr 2 13:00:38 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?zDH4Sw
  • N’ayons plus peur ! - Journal Fakir

    Très beau texte de François Ruffin, à lire en intégralité.

    « Vous parlez des Whirlpool, des Goodyear, des Parisot, des Abélia, mais pourquoi vous ne parlez pas de nous ? »
    C’est Claude et Patrice, des quinquas, au téléphone, qui nous ont reproché ça. Alors, on a pris rendez-vous avec eux : qu’est-ce qu’ils voulaient nous raconter ?
    « On était chauffeurs chez Mory-Ducros, de 1980, tous les deux, jusqu’à la fermeture, en 2014. Ils ont supprimé l’agence d’Amiens, elle se trouvait à la Zone, y avait quand même 75 personnes qui desservaient le département. En France, on était 5000.
    — Ils ont tout liquidé d’un coup ?
    — Non, ils ont commencé par la moitié, en 2014. Mais ils ont prévenu : ‘‘Si vous manifestez, si vous faites grève, on licencie les 5000.’’ En plus que monsieur Montebourg, celui-là on le retient, il nous a servi la même leçon, de ‘‘sagesse’’, de ‘‘responsabilité’’, qu’il ne fallait pas nuire au reste de l’entreprise. C’est pour ça qu’il n’y a pas eu de mouvement important. Le mot d’ordre, c’était : ‘‘Restez chez vous !’’
    — Mais ça n’a pas sauvé la boîte ?
    — Non. L’année d’après, ils balançaient tout.
    La deuxième moitié. Tout ça, c’était un truc de l’actionnaire, Arcole.

    […]

    — En revanche, excusez-moi, mais c’est normal qu’on ne parle pas de vous, vous ne pouvez pas nous le reprocher : si les salariés eux-mêmes ne se bougent pas, c’est pas nous qui allons le faire à votre place ! »
    Claude et Patrice opinaient.
    « Y a pas eu un jour de grève ?
    — Non.
    — Un feu de palette ?
    — Non. ‘‘Faut pas, faut pas…’’, nous disaient même nos délégués. On nous a jetés, même pour l’honneur on n’a pas réagi…
    — C’est comme si vous aviez consenti à votre propre meurtre ?
    — Voilà.
    — Comme si vous en étiez les complices… Mais maintenant, vous accepteriez qu’on tourne une petite vidéo ?
    — Ça serait compliqué…
    — Ou de grimper sur une estrade pour raconter ça ?
    — C’est difficile, on a retrouvé un employeur, en CDD…

    […]

    J’en ai marre.
    Je rencontre une dame qui travaille au RSI, le truc des artisans, qui me livre des documents et tout, mais qui ne veut pas témoigner parce que ceci cela. Idem dans une chaîne de supermarchés, faut pas livrer le nom de l’enseigne, ni des caissières. Idem pour un gars, dans une usine que vous ne saurez pas laquelle. Idem, encore, au Secours populaire, la double peine de la misère, la misère et la honte de la misère. C’est tout un monde souterrain qui ne veut pas, qui n’ose pas se dire, motus et bouche cousue, c’est toute une France invisible et qui se rend invisible.
    Règne de la peur, peur du chômage, de la sanction, peur aussi du regard des autres, la peur et les mille lâchetés qu’elle entraîne.

    […]

    Toujours, à l’Assemblée, montant au micro, je tremble.
    Ma voix chevrote.
    À cause de quoi ?
    Une illégitimité, encore, toujours, à être là, « petit » face aux « grands », pas à ma place.
    Comme si j’avançais sur une corde raide, aussi, entre le formidable et le ridicule, sans filet, avec la peur de chuter, et d’être aussitôt piétiné.
    La politesse, également, qu’on m’a enseignée, une docilité, la violence qu’il faut se faire, à soi, à son éducation, pour casser leurs codes de bonne conduite, non je n’attendrai pas mon tour, non je ne vous livrerai pas à l’avance ma question, non je n’emploierai pas à mon tour votre langue molle et creuse, anesthésiante.

    […]

    C’est une idée qui me traverse, je vais mal l’énoncer, avec des à-peu-près : on se sent d’une classe inférieure, d’une caste, presque d’une race inférieure.
    Quand on regarde Emmanuel Macron à la télé, au hasard, mais ça pourrait être François Fillon pareil, ou Bernard Arnault, quand on les écoute, dans leurs phrases, dans leurs corps, dans leurs intonations, dans leur gestuelle, on lit ça : que le pouvoir leur est naturel, que la domination leur est acquise, une autorité qui va de soi, comme si les rênes du monde étaient entre leurs mains depuis le fond des temps et pour l’éternité. Et nous, à côté, moi en tout cas, j’éprouve une infériorité. Il nous manque un truc. Causer comme eux, avec leur voix posée, sûre d’elle, leur ton calme et qui nous gronde pourtant, avec des silences au milieu, on n’y arrive pas, une assurance qui fait défaut.

    […]

    On le dit, on le répète :
    « Les hommes naissent libres et égaux en droits. Mais dans les faits et les fortunes, non. »
    Sauf qu’il y a pire, je crains : dans nos propres têtes, nous ne sommes pas leurs égaux.
    Alors, je viens chercher quoi, à l’Assemblée ?
    Et j’espère vous ramener quoi, par contagion ?
    De l’assurance.
    Que, à me voir apostropher ministres et PDG, ça vous contamine. Que vous trembliez moins devant votre hiérarchie, ou plutôt que, malgré le tremblement, vous défendiez votre collègue, que vous parliez en égaux à votre chef, ou à votre maire, ou au président de je ne sais pas quoi.
    En égaux, rien de plus.
    Déjà, c’est fait, on a dupé Bernard Arnault, on l’a cinématographiquement ridiculisé, ça le ramène sur terre, parmi nous.
    D’ailleurs, c’est lors d’un entretien en tête-à-tête avec ma députée, une socialiste, que j’ai songé : « Elle est nulle ! Pourquoi pas moi ? »
    Et là, maintenant, je vois de près le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, qui sue, qui hésite, qui se défile, « vos salariés sont à cinquante mètres, allez les rencontrer ! » je lui dis, lui à un mètre de moi, son malaise qui transpire, comme un poisson sorti de son aquarium.
    Et le Président de la République, sur le site de Whirlpool, on se met en travers de son chemin, on l’alpague pour les contrats aidés, nos corps se heurtent, à peine mais un peu, sacrilège.
    Et la ministre de la Santé, qui me persifle, qui me traite de mytho à demi-mots, et j’encaisse, je me tasse sur mon siège, un peu honteux, avant de repartir au micro : « Je continuerai à le dire, et de plus en plus fort si nécessaire, parce que vous êtes sourde à la douleur des familles », applaudi par les miens, et c’est elle qui se tait.
    Le Parlement, c’est l’occasion, chaque jour, de joutes sans danger : seul l’orgueil s’y blesse.
    Ça fatigue, ça épuise, les conflits, avec la masse hostile contre nous.
    Qu’y gagne-t-on, néanmoins ? De l’assurance.
    D’autres, dans le groupe, prennent cette assurance techniquement, par la maîtrise des budgets, par la connaissance des législations, des règlements, des alinéas.
    Mais c’est la même chose, au fond : détenir les armes, les armes intellectuelles, spirituelles je dirais, pour bientôt les combattre, les convaincre d’égal à égal.

    Sans cela, sans cette assurance, nous ne changerons rien demain.
    Quelle est la source, avant tout, de la Révolution française ? C’est la montée en puissance de la bourgeoisie, pendant un siècle : à force de lire, d’écrire, de s’enrichir, elle prend confiance, elle s’estime l’égale des aristocrates, et s’en va réclamer ses droits aux États généraux.
    Mais même la grande jacquerie, partie de Picardie en 1358, quelle en est la cause ? C’est la bataille de Poitiers, deux ans plus tôt, en 1356. Face aux troupes anglaises, et malgré le surnombre, l’affrontement tourne à la débâcle.
    Les nobles officiers ont fui, lâchement fui, abandonnant le terrain et le roi, au vu et au su de leurs paysans-soldats. La honte ! La déculottée !
    Les jambes à leur cou ! Et après ça, de retour sur leurs terres, ils voulaient jouer aux seigneurs ?
    Ils souhaitaient que les manants réparent leurs châteaux ? Terminée, l’obéissance ! Cette supériorité des maîtres, les Jacques n’y croyaient plus, et c’était le préalable à leur révolte.
    On connaît tous la maxime de La Boétie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »
    Eh bien, à notre modeste mesure, nous participons à ça.
    À remettre notre gauche debout.
    À nous afficher comme leurs égaux.
    À les faire chuter de leur piédestal, à l’occasion.
    Qu’on vous offre cet exemple, malgré le tremblement, comme représentants. Qu’en un mouvement historique, et forcément lent, dont nous ne sommes qu’une étape, on fasse émerger une nouvelle élite, nous, vous, confiante, face à l’internationale des riches et de leurs supplétifs.
    C’est un choc psychologique, qu’il faut.
    Le noeud est dans nos cerveaux.
    Que nous soyons conscients de notre force commune, d’abord.

    […]

    C’est notre tour d’apporter cet oxygène, et à la force de nos bras, de nos pieds, de nos porte-à-porte, nous avons conquis ça : une tribune régulière.
    Rien de plus, rien de moins.
    Nous ne passerons pas une loi, bien sûr, ils nous retoqueront le moindre amendement, ça va de soi. Et le travail législatif relève, pour moi, du simulacre, pour prolonger notre effort idéologique : les propositions de loi, les interventions dans l’hémicycle, les interpellations en commission ne visent pas à transformer le réel maintenant. Mais à dire, à répéter, à faire savoir que ce monde-là, nous n’en voulons plus. Et que nous en préparons un autre.
    Devant nos vidéos, sur Facebook, sur Youtube, il y a des « vues » par milliers, souvent par centaines de milliers, il arrive qu’on dépasse le million. Des internautes écrivent : « Vous me redonnez confiance dans la politique », c’est un bout du chemin, ça. Parfois, nos formules sont reprises ailleurs, « président des riches », « la saignée des emplois aidés », « Robin des bois à l’envers », et l’on n’est même plus certains d’en être l’auteur, peut-être y en a-t-il plusieurs.
    Bref, on sème à la volée, un peu tous azimuts.

    […]

    J’ai longtemps cité ce propos de Philippe Gavi, fondateur de Libération, comme un emblème, lui qui voulait un « quotidien démocratique qui donnera la voix au peuple, aux ouvriers, aux grévistes, aux paysans », qui « ne parlera plus de ‘‘révolution’’ avec des stéréotypes, des idées toutes faites, des affirmations triomphalistes, mais avec toute la force explosive que la parole représente quand l’imaginaire et le réel se fondent avec les mots ».
    « Au commencement était le Verbe. »
    Ainsi s’ouvre l’Évangile selon Saint-Jean.
    Au commencement de la démocratie aussi, se trouve le Verbe. Or le Verbe est aujourd’hui enchaîné, contrôlé, surveillé.

    […]

    Mais dans les interstices de cet ennui parlementaire, comme le chiendent pousse entre deux pavés, comme le diable surgit de sa boîte, tel est mon rôle, ma petite utilité, à ma mesure, ma pierre à l’édifice, je crois : libérer ma parole pour libérer la vôtre.
    Non pas pour dire tout et n’importe quoi, une logorrhée, un comptoir permanent. Au contraire, peu mais bien, les mots qui vont à l’âme, à l’os, au nerf, pour qu’à votre tour, camionneurs de chez Mory, ouvriers de chez Whirlpool, soignants du CHU, vous prononciez les mots qui vous rongent, qui pourrissent en vous, que vous les exprimiez, exprimer au sens littéral, que vous les poussiez dehors, comme un poids, comme une douleur, comme une tumeur. Que Claude et Patrice les aient en face, les dirigeants de Mory-Ducros, et Montebourg dans la foulée, qu’ils balancent leurs quatre vérités, qu’ils échangent en égaux, enfin, sans mépris, sans arrogance.
    Et qu’en attendant ce jour, je les représente, symboliquement, que je le fasse à leur place, avec le dirigeant qui me tombe sous le coude.

    Sun Apr 1 13:07:51 2018 - permalink -
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  • Appel à l'élite (infiltrée) !

    Je leur rendais visite par curiosité, un peu comme au zoo, à Antoine et ses camarades polytechniciens : à quoi ça ressemble, des X, de près?

    « Là, on a Patrick Kron, major de Polytechnique, haut fonctionnaire du ministère de l'Industrie, passé au privé, condamné pour corruption, et qui a ensuite négocié un mariage contraint et forcé avec General Electric. » Ce matin, en Commission des affaires économiques, face à Bruno Le Maire, je pilonne les « X », comme on dit. Tous ces polytechniciens qui ont dirigé l’industrie française, et qui, par pans entiers l’ont détruite : « Avec Pechiney, c’est Jean-Pierre Rodier, Polytechnique toujours… Pour Alcatel, c’est Serge Tchuruk… On pourrait citer, encore, Jean-Marie Messier… » Ça fait des années que ça me démange. Dénoncer « la nullité et la consanguinité des élites françaises » qui, en une histoire toujours recommencée, mènent un à un nos fleurons vers le gouffre, tandis qu’ils accusent « les charges », « le coût de la main d’œuvre », etc. L’ironie du sort c’est que, le soir même, je dîne avec… quatre polytechniciens !

    Monsieur le Député, Cher François,

    Nous sommes six, même si le cercle, petit à petit, s'élargit. Six amis : Nicolas, Julien, Guillaume, Samuel, Vincent, Antoine, de la même génération que la tienne.

    En trois mots, tu nous qualifierais de « petits bourgeois éduqués ». Sociologiquement, nous aurions dû voter avec entrain pour Macron, comme l‘ont fait 90 % de nos amis, collègues, ou anciens camarades de promo. Et nous satisfaire tranquillement des premières mesures annoncées. Pourtant, nous avons voté France insoumise. Il manquait en effet un 4e terme pour nous qualifier : « petits bourgeois éduqués INFILTRÉS ». Infiltrés en Macronie, infiltrés dans le temple du TINA [There Is No Alternative, « Il n’y a pas d’alternative », selon la réplique de Thatcher], infiltrés au milieu d’esprits doués de réflexion et pourtant sourds à la possibilité d'un dépassement de ce système qui nous plombe, fatalistes, par intérêt, par cynisme, par lobotomisation, par inconscience, peu importe en fait. Pour nous, écologie, économie circulaire, relocalisation, partage du temps de travail, éducation… forment pourtant la vraie modernité.

    Notre cheminement politique est divers. On compte par exemple un cadre dirigeant qui votait encore Sarko en 2007 et pose maintenant des jours de congés pour manifester contre la loi Travail, ou encore un repenti du LBO qui navigue maintenant dans l‘économie sociale et solidaire. Nos parcours, nous en sommes convaincus, ne sont pas uniques. Nous sommes certains que d'autres, de notre milieu, pensent déjà comme nous ou bien hésitent encore, tâtonnent, mais ne sont pas loin de franchir le pas. Nous sentons que le basculement est possible et que nous pouvons modestement y contribuer. Déjà par notre exemple. Ensuite parce qu’on les connaît par cœur, nos amis et collègues macronistes, ou pour les plus radicaux d’entre eux hamonistes.

    Nous avons commencé à réfléchir à des actions possibles, et il nous semble que tenter d'identifier et de fédérer un grand nombre d’infiltrés serait une première étape dans nos cordes.

    A bientôt, j’espère.

    « Petits bourgeois », je les trouvais modestes, Antoine et ses potes. « Hauts fonctionnaires », ou « grosses têtes », auraient mieux convenu. Mais qu’importe, ça me paraissait une priorité, de les rencontrer. Pourquoi ?

    Je les écoutais, ce soir, m’ouvrir comme une fenêtre sur leur milieu : « Y’a trop de cash.
    — Qui dit ça ? je m’informais, la bouche pleine de gâteaux apéros.
    — Les investisseurs que je rencontre. Il y a trop de liquidités. Ils ne savent pas où le mettre. Ils sont bien embêtés. Alors qu'à côté, il y a six millions de chômeurs… Mais ils cherchent du 20 % de rendement, alors forcément ca limite. » Un coup de rouge, et : « On est entourés de collègues super-éduqués, mais qui sont zéro en politique. Ils se réveillent quand il y a Le Pen au deuxième tour. Ils nous agressent, ils sont antifascistes pendant deux semaines et puis ils se rendorment pendant cinq ans. »

    Ils me remerciaient d’ être venu, comme un refrain, toutes les dix minutes, « merci ». Faut pas. Je leur rendais visite par curiosité, comme au zoo : à quoi ça ressemble des X, de près ? Ben en fait, ces spécimen-là, ils ressemblaient assez à mes copains, avec des running-blagues et des fous-rires… J’étais là, surtout, par intérêt, comme je leur expliquais alors, comme je complète 1ci :

    « Jusqu’à maintenant, j'étais un contre-pouvoir picard, ce qui est quand même assez éloigné des hautes responsabilités. À notre regretté Antoine, un prof d'éco trop humble, je lui disais toujours. “Prépare-toi à devenir préfet, ou directeur de cabinet.” Parce que c’est un problème : si jamais on devait arracher le pouvoir demain, nous n’avons pas l'élite de remplacement.

    Il va nous falloir un peuple, animé, dans la rue, c’est une chose. Parce que, un bon président de la République, un Premier ministre vraiment de gauche, ça ne suffira pas. Face a la Commission européenne, aux médias, au Sénat, au Conseil constitutionnel, une poussée populaire sera nécessaire. Mais a l'autre bout, en haut, pour tenir les ministères, les banques, Bercy, les préfectures, combien il nous faudra de cadres à la fois conscients et compétents, dévoués au changement ? Cette élite de remplacement, aujourd’hui, nous ne l’avons pas.

    Gramsci me racontait : “La bourgeoisie du XXe siècle a su produire, ou s’allier, tous ces types d’intellectuels, et en grand nombre. D’où toute une série d’écoles spécialisées : pour les ingénieurs, pour le commerce, pour les ressources humaines, pour la politique, pour la magistrature, etc. Cette hégémonie, le prolétariat la conteste aujourd’hui. Comme il aspire, et de façon réaliste, à l’exercice du pouvoir, il forme des intellectuels au niveau hégémonique, par le Parti, par les écoles qu’il met sur pied, par les médias qu’il emploie, par l’éducation de ses militants…”

    Je ne sais pas si vous mesurez la difficulté ? Quand j’y songe, ça n’est pas souvent, mais quand ça me vient, c’est un défi vertigineux. En Marche ! arrive aux affaires, c’est facile pour eux : tous les technos de Bercy, toute l’administration, pensent déjà Macron. Et lui, d'ailleurs, il a connu une gradation dans ses responsabilités : haut fonctionnaire, secrétaire de l'Élysée, ministre, maintenant président. Nous, si on l'emporte, on passera si abruptement de l’opposition au sommet ! Et on se formera dans une folle adversité, avec un déchaînement contre nous…

    Avec, surtout, cette tâche ardue : transformer, user de ce pouvoir pour bouleverser l’ordre des choses, en profondeur… Quand j'y réfléchis, oui, ce défi m’effraie. Nous ne devons pas l’affronter seuls. Voilà pourquoi je suis ici, ce soir, parmi vous. Parce qu’on a besoin de tous les cerveaux, construits, cadrés, de ce pays. »

    « Donc, il s’agirait de bâtir un réseau dans les grandes écoles ? résume efficacement un X.
    — Ouais, c’est ça. Dans la Résistance, ils appelaient ça des réseaux dormants (puisqu’il faut toujours que je la ramène avec mes références).
    — Y a pas de souci, hein, les gars ? On a plein de relations chez les anciens, et même a l’intérieur. On va vous monter ça. »

    Et la Fronde partira de Polytechnique…

    Dans le numéro 83 (décembre 2017 - janvier 2018) de Fakir.

    Sun Apr 1 12:19:37 2018 - permalink -
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  • L'esprit d'ascenseur

    Les « lobbies de la finance » feraient pression, de l’extérieur, sur nos gouvernants ? Non, c‘est de l'intérieur, et de leur plein gré, qu’ils en sont les complices quotidiens. La preuve par Moscovici.

    Je sors de mon entretien avec Nicolas Demorand, sur France Inter, je me suis débrouillé il me semble, j’ai passé le message que je souhaitais, « Paradise papers : les politiques complices », mais la, à la Maison de la Radio, en reprenant l’ascenseur, me vient la réplique qui tue. Trop tard. Et zut.

    Nicolas Demorand : « Il y a un chemin contre l'évasion fiscale ? Parce que, effectivement, c’est Pierre Moscovici qui disait hier que “le monde opaque de l’évasion fiscale apparait soudain au grand jour”, c'est le “soudain” qui a été souligné…

    — Je pense que maintenant, il faut détourner le regard des entreprises vers le politique. Pourquoi ? Parce que Whirlpool va déjà chercher le coût du travail le moins cher en Pologne, pourquoi on serait surpris qu’ils fassent tous les montages financiers, aussi, pour ne pas payer d’impôts ? Glencore, on l'a vu dans le Cash Investigation, remarquable, d'Elise Lucet, ils n'ont aucun complexe à polluer les terres, les rivières des paysans africains, pourquoi ils en auraient a défiscaliser ? Désormais, ce qu’il faut mettre en lumière, c’est la complicité du monde politique avec les dirigeants économiques. Pierre Moscovici en est une illustration. Qu’il feigne de découvrir ca, ou qu'il dise : “C’est super, il va y avoir une pression de l’opinion, on va pouvoir mettre des mesures en œuvre”, ça n’est pas vrai. Ils en sont aujourd'hui les complices, au moins par leur inaction dans la durée.

    — C'est légal, François Ruffin… », m’a relancé Demorand. Et j’ai répondu à sa question. Du coup, j’ai oublié le truc que j’avais sur le bout de l’esprit. Ça me revient la, dans l’ascenseur. Car Moscovici, c’est le Cercle de l’Industrie.

    Moscovici a vice-présidé, durant des années, jusqu’en 2012, le Cercle de l’Industrie. Kézako ? Un lobby. Un lobby patronal. Qui, je recopie leur site, « rassemble 40 grandes entreprises françaises » : Total, L’Oréal, Lafarge-Holcim, Dassault, Sanofi, etc. « Créé en 1993, le Cercle de l’Industrie est un lieu de dialogue et d’échanges destiné aux grandes entreprises industrielles… Il se distingue par sa spécificité industrielle, son engagement pour la construction européenne et son bipartisme politique… »

    Une fois quittée la vice-présidence du Cercle, Pierre Moscovici le fréquente toujours, mais comme invité. En tant que ministre de l’Economie (le 10 juin 2013), puis comme Commissaire européen aux affaires économiques et financières (8 juillet 2015, 1er juin 2017).

    Comment est né ce lobby ? À l’initiative de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’Industrie, comme le narrent Véronique Le Bihon et Vincent Giret dans Les Vies cachées de DSK :

    Ce petit matin de février 1993, tout le CAC 40 défile en haut des Champs-Élysées. De leurs voitures avec chauffeur, descendent Lindsay Owen—Jones (PDG de L’Oréal), Didier Pineau-Valencienne (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Pechiney), Louis Schweitzer (Renault), Jean-René Fourtou (Rhône-Poulenc), Bertrand Collomb (Lafarge), François Michelin, Francis Mer (Usinor), Guy Dejouany (Compagnie générale des Eaux), Serge Tchuruk (Total)… À l’appel de leur ministre, Dominique Strauss-Kahn, trente-cinq patrons se rendent au siège de Publicis. Et à sa demande, encore, ils acceptent de verser 200 000 francs chacun pour son futur “Cercle de l’industrie”. C’est que DSK le sait, déjà : les carottes sont cuites. Le Parti socialiste sera balayé aux prochaines législatives. Mieux vaut préparer son reclassement, dès maintenant. « Ministre délégué à l’Industrie et au Commerce extérieur », (…) il a bien rempli son carnet d’adresses, des amitiés sont nées, et une idée : défendre les intérêts des industriels à Bruxelles.

    Pour bâtir l’Europe sociale, voilà qui parait urgent à Dominique Strauss—Kahn : créer un nouveau cénacle patronal… « Il est sûr que son travail au Cercle a contribué à asseoir sa popularité parmi les patrons », témoigne Bertrand Collomb, le boss des ciments Lafarge. Il fallait bien, plaiderait-il ensuite, « connaitre la vie des entreprises »…

    « Populaire parmi les patrons », il sera ainsi, logiquement, nommé ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Jospin en 1997. Tout comme le « populaire » Jacques Delors le fut du gouvernement Mauroy. Tout comme le « populaire » Moscovici le sera du gouvernement Ayrault. Tout comme le « populaire » Macron du gouvernement Valls. Les patrons choisissent ainsi leurs propres ministres. Parmi leurs lobbyistes…

    « Comment Moscovici veut en finir avec l'évasion fiscale. » C’est BFM qui annonce ça, et sans ironie. Et de résumer : « Le commissaire européen aux Affaires économiques a d'abord rappelé son souhait d'établir une “liste noire des paradis fiscaux”, une proposition que Bruxelles doit examiner “dans un mois”. “Il faut des sanctions”, a-t-il martelé, appelant à “frapper au portefeuille” les entreprises et les pays encourageant ce genre de pratiques. » C’est rigolo, non ? Car quelles multinationales sont prises les doigts dans le pot de confiture ?

    Total (aux Bermudes) : membre du Cercle de l’Industrie. Dassault (aux Bermudes, à l’Ile de Man) : membre du Cercle de l’Industrie. Lafarge (en Syrie, avec Daesh) : membre du Cercle de l’Industrie. Vous lui faites confiance, vraiment, pour faire la chasse à ses copains ? Pour les traquer financièrement ? Pour leur envoyer Europol aux fesses ? Et sous la houlette de qui ? Du président de la Commission Jean-Claude ]uncker… qui fut, durant dix-huit ans, de 1995 à 2013, premier ministre du Luxembourg ! Ce paradis fiscal, interne à l’Europe qui héberge la lessiveuse Clearstream. Et l’on compte sur ça, pour défendre les peuples contre la Finance ? C’est Al Capone qui se ferait juge d’instruction au parquet financier !

    Tout ça prend néanmoins un nouvel éclairage quand on sait que le jeudi 20 juillet, Edouard Philippe se rendait en catimini sur le site Sanofi de Vitry. Il n’avait prévenu ni les salariés ni les Français, ni les médias ni les syndicats. Sur place, il était accueilli par le PDG, Serge Weinberg. A l’initiative de qui, pour mémoire, se déroulait cette visite, discrète sinon secrète ? Du Cercle de l’Industrie.

    Interrogé sur la Dépakine, les 14 000 victimes probables, les milliers de postes de chercheurs supprimés, que répondait Edouard Philippe à l’Assemblée ? « On ne doit pas dénigrer une grande entreprise française. » Toujours à propos de Sanofi, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, avait déjà énoncé : « Il ne faut pas critiquer une entreprise qui réussit. »

    Tout est dit. C’est théorisé, presque. Posé comme un dogme. Et ne parlons même plus de « lobby », comme si la pression s’exerçait de l’extérieur sur nos gouvernants. C’est de l’intérieur, et sans pression, de leur plein gré, qu’ils en sont les complices quotidiens. Les dirigeants politiques et économiques ont fusionné. Ils ne forment désormais qu’une seule et même caste.

    Dans le numéro 83 (décembre 2017 - janvier 2018) de Fakir.

    Sun Apr 1 11:28:03 2018 - permalink -
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  • Macron et la presse : la fin de la transparence | _I N T É G R A L E S _

    La présidence de la République a fait savoir, par l’intermédiaire de Sibeth Ndiaye, conseillère de communication d’Emmanuel Macron, que la salle de presse à l’intérieur de l’Elysée déménagerait d’ici l’été dans une annexe hors du Palais. […]

    Depuis quarante ans, les médias accrédités par la présidence jouissaient d’un accès à une salle de presse donnant sur la cour de l’Elysée à certaines occasions (Conseils des ministres, réceptions de dirigeants étrangers…). Les agences de presse à l’instar de l’AFP y avaient d’ailleurs accès en permanence, note la journaliste Laurence Benhamou dans une dépêche AFP datée du 14 février.

    « La présidence a décidé d’un déménagement de la salle de presse» dans une annexe située rue de l’Elysée, « afin d’augmenter sa taille », a justifié Sibeth Ndiaye mercredi auprès de journalistes. Cette décision a été prise « pour une raison fonctionnelle », l’Élysée souhaitant également « élargir le champ des accréditations permanentes », a complété la conseillère communication de l’Elysée.

    Il est probable que Macron profite de ce moment opportun pour exaucer un souhait qu’il n’avait pas tu dès le début de sa mandature : tenir les journalistes hors du Palais. Ainsi, ces derniers ne seraient pas en permanence tenus informés des visiteurs du président de la République.

    […]

    Mitterrand était prêt à davantage de « transparence » dans la mesure où il pouvait lui-même presque entièrement maîtriser le degré de transparence qu’il voulait bien offrir aux citoyens via le truchement de la presse. Cette transparence officielle était un effet de lumière, un artifice pleinement intégré à la stratégie de communication de l’exécutif.

    A cet égard, le « secret », cette zone de parole qui paraît lumineuse à celui qui a le droit d’y pénétrer et qui permet à l’émetteur de protéger à l’ombre ce qu’il veut ne pas dire, n’est-il pas une modalité du discours diplomatique et politique ? En un sens, l’on peut dire que la transparence participe de la culture du secret, et qu’Emmanuel Macron, en y renonçant, cherche à dépasser cet âge de la communication politique.

    L’ancien ministre de François Hollande – celui qui voulait de lui-même ne rien cacher, n’a pas pour sa part l’intention de laisser traîner une caméra sur les tapis de son bureau ni d’envoyer dix Snaps par jour. Il a conscience que la transparence à l’heure des réseaux sociaux ne peut être qu’illimitée et infinie. Elle ne peut donc effectivement que lui échapper entièrement.

    Par souci de s’assurer que la communication qu’il mène dans le but de légitimer ses options politiques auprès du peuple français soit portée par la presse – et se répercute en conséquence dans l’opinion à un degré plus haut que les tweets émis ou inspirés par les journalistes en charge de couvrir l’Elysée, Emmanuel Macron tient à distancer les journalistes, qui pour la plupart entretiennent un compte Twitter à leur nom, de la Cour d’honneur de l’Elysée, lieu de passages et carrefour de confidences.

    Twitter véhiculerait les informations produites par les journalistes ou par des relais à bien plus grande vitesse que tout acte de communication présidentielle ; si bien que les réseaux sociaux mettent rapidement et abondamment les Français au courant des rumeurs, alors même que les finalités et les modalités des réforme en cours les atteindraient moins vite.

    Macron estime que la situation de la salle de presse au centre névralgique du pouvoir exécutif ne peut qu’augmenter rumeurs et « fuites » de faits qu’il n’a pas envie de rapporter aux Français, ou bien auxquels il entend donner un écho moindre dans l’opinion.

    Je suis mitigé sur cette décision de notre président.

    D'un côté, une vue permanente sur la cour d'un lieu de pouvoir est une bonne chose. Savoir qui visite réellement le président, en dehors de ce qui est consigné dans les zolis registres officiels, est vital. Les décisions prises à l'Élysée appartiennent à chaque citoyen⋅ne, comprendre comment elles ont mûrit, qui sont les protagonistes à la manœuvre, etc., est capital.

    D'un autre côté, seules les agences de presse accréditées, c'est-à-dire l'AFP, Reuters, AP et Bloomberg, ont un accès permanent, c'est-à-dire des organisations qui n'ont, à mes yeux, pas brillées par la qualité de leurs contenus depuis des années et des années. Sans compter que cela ne va pas dans le sens de l'indispensable pluralité médiatique. Remédier à cette situation me semble tout aussi important.

    De plus, je me demande si cette proximité ne produit pas forcément un journaliste de connivence : il faut se faire bien voir, ronronner gentiment, rapporter au public seulement ce qu'on te demande de rapporter, devenir un intime, tout ça, afin de rester accrédité. C'est cela, pour moi, la « zone de parole qui paraît lumineuse à celui qui a le droit d’y pénétrer et qui permet à l’émetteur de protéger à l’ombre ce qu’il veut ne pas dire ». Est-ce que de l'information peut vraiment sortir de cela ?

    De même, d'après les propos de journalistes accrédités rapportés par le Canard enchaîné du 28 mars 2018, leur présence ne leur permet pourtant pas de décrocher des entrevues avec les conseiller⋅e⋅s de Macron. Il⋅elle⋅s évoquent « une fois en neuf mois ». Tout ça me laisse à penser que le problème de fond n'est pas le déménagement de cette salle de presse, mais le fait que le pouvoir prend ses distances avec la presse.

    Et, en effet, ce déménagement est une énième mesure contestable du pouvoir élyséen pour se retrancher dans l'ombre, après les journalistes triés sur le volet lors des voyages officiels, après l'interdiction de filmer les ministres dans la cour du Château, après l'étau qui semble se resserrer autour de l'audiovisuel public, etc. J'ai le sentiment que les journalistes n'arrivent plus à collecter les paroles et les actes de Macron à part les journalistes people élogieux de Paris Match.

    Le travail journalistique autour de l'Élysée est évincé par la communication. Et ça, c'est très dangereux, avec ou sans salle de presse au sein du Château.

    http://www.snj.fr/article/les-journalistes-bannis-de-lelys%C3%A9e-1078519621 :

    Quelle est cette conception de la démocratie qui consiste à « privatiser » l’Elysée en se débarrassant de tout témoin des activités qui y sont exercées ? Quelle est cette conception de la liberté de la presse qui consiste à considérer les journalistes comme des communicants aux ordres, qu’on convoque quand cela arrange et qu’on renvoie ?



    Via le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    Sat Mar 31 21:19:00 2018 - permalink -
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  • Une Cour de cass sauce suprême ?

    Adressée, le 15 mars, à la garde des Sceaux, la lettre du premier président de la Cour de cassation, Bertrand Louvel, propose de transformer de fond en comble l’honorable institution. Il s’agit, explique « le Premier » dans son courrier, d’instituer un « filtrage des pourvois », à la discrétion des magistrats eux-mêmes. Le tri se ferait en fonction de « critères (…) fondés sur l’intérêt que présente une affaire pour le développement du droit » ou « lorsque est en cause une atteinte grave à un droit fondamental ».

    Autrement dit, si, pour les juges, l’affaire ne présente aucun de ces hauts intérêts pour le Droit avec un grand « D », c’est plié. Les justiciables pourront remballer leurs minables requêtes contre des décisions mal fichues, aberrantes ou illégales (oui, ça existe !). Les juges choisissent leurs affaires comme le font ceux de la très chic Cour suprême, aux USA. Quel rêve !

    M. le Premier président suggérait à la ministre de la Justice que ce bouleversement soit « intégré au projet de loi de programmation de la Justice en cours d’élaboration ». Hélas, ça n’a pas marché… Le refus de la Chancellerie a pu s’appuyer sur un avis du Conseil constitutionnel que Bertrand Louvel fait semblant d’ignorer, Le Conseil a en effet jugé que le pourvoi en cassation « constitue une garantie fondamentale ». Pas moins.

    En tout cas, les questions du « Canard » ont tant déplu aux hautes hermines qu’elles ont reproché à Louis Boré, le président de l’Ordre des avocats, les « informations données par des avocats à ce journal… ». Le secret des sources serait-il déjà écarté des affaires dignes de l’« intérêt » de la Cour de cassation et de ces messieurs ?

    Dans le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    Sat Mar 31 20:36:09 2018 - permalink -
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  • Moscovici fait un tabac

    Quel étourdi, ce Pierre Moscovici ! Le 11 avril, le commissaire européen à l’Economie est invité à participer à une chouette conférence subventionnée… par le géant de la clope Philip Morris, pour y causer aux côtés d’un patron… de Philip Morris. Sauf que c’est interdit. A Bruxelles, toute « interaction » avec l’industrie du tabac est prescrite, hormis dans des cas « strictement nécessaires », lesdits cas excluant toute causerie autour d’un buffet de petits-fours sous un prétexte fumeux.

    Mais Mosco a accepté, les yeux — un peu trop — fermés, l’invitation à cette conférence « avec cocktail », organisée par la très officielle Fondation Robert-Schuman sur le thème : « Contrebande, contrefaçon et financement du terrorisme ». Parmi les invités, du beau linge ! Les anciens juges anti-terroristes Baltasar Garzon et Jean-Louis Bruguière, le directeur adjoint d’Europol, le patron de Tracfin, Bruno Dalles, et le vice-président à la stratégie de Philip Morris International (PMI), Alvise Giustiniami. Le nom de ce lobbyiste en chef figure en toutes lettres dans le programme officiel, de même que cette petite mention, en bas de page : « Ce colloque est organisé avec (…) l’appui financier du programme PMI Impact », modeste fonds de Philip Morris, doté de 100 millions de dollars.

    Branle-bas de combat, lundi 26 mars, après un appel du « Canard » : « On n’était pas au courant de ce financement, tousse le distrait porte-parole de Moscovici. Renseignement pris, il est préférable que le commissaire ne participe pas à cette conférence. » Et d’ajouter, sans rire : « On en profite sincèrement pour vous remercier de cette information, qui nous avait échappé. » Un problème de filtre, peut-être ?

    Philip Morris, lui, ne nourrit aucun complexe d’entrisme : le programme de la conférence prévoit aussi la venue de Julian King, le commissaire européen à la Sécurité, et d’un directeur adjoint de la Commission. Sans oublier deux enrodéputés français, Arnaud Danjean et Nathalie Griesbeck, eux aussi frappés de cécité : « Ah bon ? C’est financé par Philip Morris ? On n’avait pas vu », répondent en chœur leurs assistants parlementaires.

    Lobby grillé

    Le thème du colloque — la contrebande — n’est pas anodin. Malgré leurs grands numéros de vertu, tous les fabricants de clopes ont été condamnés, ces dernières années, pour contrebande… En 2019, afin de lutter contre le commerce parallèle, un code établissant sa provenance sera apposé sur chaque paquet. Ce système de traçabilité devait être totalement indépendant des fabricants de tabac. Et puis, coup de théâtre ! En décembre, la Commission européenne a autorisé les cigarettiers à choisir eux-mêmes les bôites qui assureront cette traçabilité. Une première — et énorme — victoire pour le lobby de la clope.

    Parmi les numéros de vertu, il y a le financement de la commission européenne, via des programmes de lutte contre le marché noir au niveau européen.


    La vigilance sans faille de Bruxelles aurait-elle été prise en défaut ?

    C'est la stratégie habituelle "tant que la presse à grand tirage ne me voit pas, je copine. Si la presse à grand tirage me voit, je plaide l'erreur, le #PasAuCourant".

    Dans le Canard enchapiné du 28 mars 2018.

    Sat Mar 31 20:26:56 2018 - permalink -
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  • Le Maire et Le Drian se disputent le Trésor de guerre

    La bagarre dure depuis plus de trente ans parmi les énarques. Le Quai d’Orsay réussira-t-il à arracher à Bercy la pleine autorité sur les hauts fonctionnaires chargés de la sacro-sainte « diplomatie économique » ?

    Dernière offensive en date : la tentative du Quai de profiter du programme de transformation du service public, Action publique 2022, pour capter, sous sa tutelle, l’ensemble des personnels rattachés à d’autres ministères travaillant dans les ambassades. Les quelque 700 agents du réseau des services économiques à l’étranger de la très influente Direction du Trésor sont les premiers visés, ainsi que le rapporte « Challenges » (21/2).

    Si Bruno Le Maire compte bien conserver sous sa coupe ce réseau, il n’est pas pour autant satisfait de leur action. Venu adresser ses vœux audit réseau le 11 janvier, le ministre de l’Economie et des Fi- nances a saisi l’occasion pour… leur faire sèchement la leçon.

    « Je ne vous cache pas, leur a-t-il d’emblée lancé, que j’ai parfois un peu le sentiment, quand je me déplace à l’étranger ou quand je vois les notes qui m’arrivent, qu’il n’y a pas suffisamment de clarté dans les missions qui vous sont fixées et que vous ne savez pas toujours exactement ce que vous devez faire. »

    Avant de s’agacer franchement : « Si les seules informations dont je dispose sur l’économie d’un pays c’est le journal, à un moment donné, on va se demander à quoi servent les services économiques régionaux. »

    Le Maire a conclu son intervention en rappelant aux hauts fonctionnaires qu’ils travaillaient pour le ministère de l’Economie : « Vous n’êtes pas au service de l’ambassadeur — si bien soit-il —, vous êtes au service de l’économie française. Ne l’oubliez jamais. Et, surtout, vous avez de la chance : vous avez un ministre de l’Economie et des Finances qui connaît le monde diplomatique mieux que personne. J’en viens. »

    Compris, Le Drian ?

    Dans le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    Sat Mar 31 20:09:11 2018 - permalink -
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  • Note : astuce pour les chaussures qui puent - Le Hollandais Volant

    1) Mettez les chaussures une nuit au congélateur.
    2) Sortez-les du froid puis aspergez de l’alcool à 90° dessus et dedans : l’alcool est pratique car il s’évapore et ne laisse pas de traces ni d’odeurs).
    3) Laissez aérer à l’air (dehors de préférence :)) quelques heures.

    Il faut savoir que — tout comme quand on pu après le sport — ce ne sont pas les chaussures ni vous qui êtes responsables de l’odeur, mais les bactéries qui se nourrissent des cellules mortes et de la sueur. Il suffit de les tuer pour que la production des odeurs cesse.

    Le coup de froid et l’alcool est radical. Bien plus efficace que les désodorisants qui ne font que parfumer l’air ou casser les odeurs, mais ne tuent pas les bactéries.

    Ça marche. :)

    J'ai passé l'étape du congélo (trop petit, hygiène, tout ça). J'ai utilisé un pulvérisateur dévissé d'un produit ménager standard pour asperger uniformément de l'alcool à 90 degrés dans tout l'intérieur. Il faut compter une bonne journée pour que l'odeur de l'alcool disparaisse et qu'elle soit remplacée par une odeur agréable de chaussure quasi neuve. :O

    Sat Mar 31 19:50:28 2018 - permalink -
    - https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20140405153532
  • « Failed to init inotify - Too many open files »

    Si un programme affiche cette erreur, ou si incrond affiche l'erreur « Inotify::Inotify(): inotify init failed », et qu'il est normal que cette machine ait autant de fichiers ouverts et/ou suivis par inotify, alors on peut augmenter le nombre maximal de fichiers surveillés par inotify avec la commande sysctl -w fs.inotify.max_user_instances=256. La valeur "standard" est 128. On peut bien sûr pérenniser ceci dans un fichier posé dans /etc/sysctl.d.

    ÉDIT DU 06/04/2018 À 13H25 : le paramètre à modifier est fs.inotify.max_user_instances, pas fs.inotify.max_user_watches ! FIN DE L'ÉDIT.

    Fri Mar 30 18:34:09 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?LsEK6w
  • inotify / incron : Lancer une commande en cas d’action sur un fichier/un répertoire | Admin Linux

    Plein de bonnes choses sur inotify et incrond. Notamment :

    • « Si les commandes sont exécutées plusieurs fois lors de la modification d’un fichier, c’est peut-être que le masque (le type d’événement surveillé) n’est pas tout à fait adapté. Vous pouvez empêcher l’exécution multiple en ajoutant au masque l’option « IN_NO_LOOP » qui désactive la notification d’événement tant que la première commande lancée n’est pas terminée :

    • Il est possible de passer des arguments à la commande lancée par incrond (exemple du manuel : « /tmp IN_ALL_EVENTS abcd $@/$# $% -> The first line monitors all events on the /tmp directory. When an event occurs it runs a application called 'abcd' with the full path of the file as the first arguments and the event flags as the second one. ») :
      • $@ : chemin complet du fichier/répertoire surveillé ;
      • $# : nom du fichier/répertoire sur lequel l’événement est intervenu ;
      • $% : nom (textuel) de l’événement intervenu ;
      • $& : numéro de l’événement intervenu ;
      • $$ : le caractère dollar (« $ ») ;
    Fri Mar 30 18:22:12 2018 - permalink -
    - https://www.admin-linux.fr/inotify-incron-lancer-une-commande-en-cas-daction-sur-un-fichierun-repertoire/
  • Pourquoi inotify arrête subitement de surveiller les modifications de mon fichier ?!

    Je veux utiliser inotify pour surveiller les modifications du contenu d'un fichier. L'objectif est de lancer un script de vérification sémantique sur ce fichier et de les faire remonter aux admins via l’envoi d’un mail. Une erreur sémantique est une erreur qui ne plantera pas le démon/programme qui lit son fichier de conf’, mais qui empêchera d'atteindre le service attendu.

    Pour ce faire, j'utilise incrond, donc j’ai ceci dans incrontab -e : <chemin_vers_fichier> IN_MODIFY <programme>.

    Ça fonctionne sur le vif, mais plus après quelques semaines… Je relance le démon avec service incron restart. Ça fonctionne à nouveau… pour quelque temps seulement…

    Explication : les éditeurs de texte en ligne de commande sérieux (vim, emacs, etc.) ne modifient jamais un fichier. L’événement inotify « IN_MODIFY » n’est donc jamais levé.

    En effet, ils créent un fichier temporaire contenant le nouveau contenu puis ils déplacent ce fichier temporaire à l'emplacement du fichier visé par les modifications. L'objectif est de garantir l'absence de corruption du fichier modifié. En effet, mv (et l'appel système sous-jacent, rename) est la seule opération atomique sur un même système de fichiers : tant que le fichier reste au sein d'un même système de fichiers, mv consiste simplement à changer l'inode associé à un nom de fichier dans la liste des fichiers d'un dossier, et à virer l'ancienne entrée nom+inode.

    Forcément, cette opération change l’inode (identifiant numérique d'un fichier dans la table des fichiers d'un système de fichiers) pointé par un nom de fichier dans la liste des fichiers d'un dossier. On peut vérifier cette hypothèse en exécutant un ls -lhi <fichier> avant et après la modification. Cela fait qu’inotify n’émet plus d’événements pour ce fichier qui a disparu, donc mon script n'est pas lancé par incrond.

    Solution :

    • inotify fourni un événement, « IN_IGNORED », qui est envoyé par Linux quand un fichier disparaît. D'après mes tests, incrond ne prend pas en charge cet événement ;

    • inotify permet de surveiller la suppression d'un fichier (« IN_DELETE_SELF ») ou son déplacement (« IN_MOVE_SELF »). D'après mes tests, « IN_MOVE_SELF » fonctionne mieux avec vim que « IN_DELETE_SELF ».

    Sans grande surprise, j’ai choisi la deuxième solution, donc ma ligne dans incrontab devient : <chemin_vers_fichier> IN_MODIFY,IN_MOVE_SELF <programme>. « IN_MODIFY » pour surveiller les modifs effectuées à l'arrache (echo, redirection shell, nano, etc.) et « IN_MOVE_SELF » pour les autres modifs (vim, etc.).

    Merci Gradator pour le rappel sur le comportement des "vrais" éditeurs de texte. :)

    Fri Mar 30 18:18:12 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?bjXlpw
  • Rediriger automatiquement la sortie et l'entrée audio vers un casque audio + micro USB lors de son branchement

    J'ai un ordinateur portable avec une station d'accueil. Sur cette station d'accueil, je branche un casque audio + micro USB. Il m'arrive très souvent de débrancher cet ordinateur portable de sa station d'accueil. À chaque rebranchement, je suis obligé de refaire la configuration PulseAudio afin de définir mon casque et son micro comme périphérique de sortie et d'entrée. Ce n'est plus possible, il faut rendre ça automatique.

    La méthode consistant à utiliser udev pour passer des commandes à PulseAudio via pamcmd ou pactl ne fonctionne plus. Avant, il suffisait de lancer un script udev qui se fork en arrière-plan, ce qui permettait à PulseAudio de continuer son déroulement, donc de détecter le matériel audio puis à notre script de passer des commandes PulseAudio concernant ce matériel. Désormais, au moins dans Debian Stretch, l'implémentation habituelle d'udev est remplacée par celle de systemd-udevd. Ainsi, un fork (+ sleep) est désormais pris en compte par systemd-udevd et bloque la découverte du matériel par PulseAudio. Cela se constate avec sudo systemctl status udev.service (on constate l'arborescence des processus sous systemd-udevd, dont notre sleep).

    Passons à la méthode que j'utilise :

    • On crée le fichier ~/.config/pulse/default.pa avec le contenu suivant :

      .include /etc/pulse/default.pa
      load-module module-switch-on-connect


    • On fait prendre en compte cette modif' par PulseAudio : pactl load-module module-switch-on-connect ;

    • À partir d'ici, PulseAudio basculera automatiquement sur tout nouveau périphérique audio qui sera connecté. Le dernier périphérique audio branché à un instant T sera celui qui sera utilisé. En entrée comme en sortie. Or, mon dock monte aussi un périphérique audio (probablement lié au port HDMI). Si jamais cette interface monte après mon casque, PulseAudio l'utilisera. Nous allons empêcher cela via un script udev dans /usr/local/bin/headset-delay.sh :

      #!/bin/bash
      logger -t /usr/local/bin/headset-delay.sh HEADSET ON
      sleep 2
      logger -t /usr/local/bin/headset-delay.sh HEADSET CONFIGURED


    • On rend ce script exécutable : sudo chmod +x /usr/local/bin/headset-delay.sh ;

    • On ajoute une règle udev qui exécute le script précédent dès que le casque est branché dans /etc/udev/rules.d/01-headset.rules (les ID se trouvent dans /var/log/kern.log quand on branche le casque) :

      ACTION=="add", ATTR{idVendor}=="1395", ATTR{idProduct}=="0029", RUN+="/usr/local/bin/headset-delay.sh"


    • Profit!
    Fri Mar 30 13:23:07 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?lxMclA
  • Ni blanc ni noir | CommitStrip

    Wed Mar 28 20:26:12 2018 - permalink -
    - https://www.commitstrip.com/fr/2018/03/28/neither-black-nor-white/
  • Mon avis sur quelques films visionnés en 2017

    La fille de Brest

    Docu-fiction relatant le combat d'Irène Frachon, docteure au CHU de Brest, pour faire reconnaître les dangers du Mediator. Ce film, adapté du livre publié par Frachon, relate les manquements de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, qui, vérolée de l'intérieur, se contente de décrédibiliser toute alerte sur un problème de santé publique potentiel au lieu de diligenter des investigations.

    Ce film relate aussi qu'en plus d'affronter ses détracteur⋅rice⋅s, il faut aussi affronter ses ami⋅e⋅s quand ceux⋅celles-ci se rétractent, considèrent qu'Irène mène un combat inutile (tous les médicaments ont des effets indésirables sur une portion de personnes, après tout) ou qu'elle fait passer son ego avant la santé mentale de ses collègues, etc. Bref, je trouve que ce film relate bien les péripéties qui tombent sur le museau des lanceur⋅euse⋅s d'alerte : doute, isolement, peur, stress, puis, enfin, après des années, la reconnaissance.

    Très bon film. J'en recommande vivement le visionnage.


    Seul dans Berlin

    Docu-fiction, inspiré par la vie d'Otto et Elise Hampel, qui relate la rébellion anonyme et silencieuse de deux citoyen⋅ne⋅s contre le régime nazi. En effet, il et elle déposent des petites cartes sur lesquelles sont inscrits des propos subversifs dans plein de lieux à Berlin. Cette action visant à masquer leur chagrin suite à la mort de leur fils unique au front renforce leur amour.

    Ce film m'a troublé : une si petite action militante a-t-elle un effet ? Qu'a-t-elle influencé ? Valait-elle la peine d'être menée ? Je ne peux m'empêcher de trouver cette action belle… Bref, je recommande le visionnage de ce film.


    Bienvenue à Gattaca

    Dans un futur dystopique, tous les humain⋅e⋅s doivent moralement être conçu⋅e⋅s génétiquement. Ceux et celles qui sont conçu⋅e⋅s naturellement, nommé⋅e⋅s « invalidé⋅e⋅s » sont forcément considérés comme des personnes inférieures. Le mérite n'existe plus, seuls les gênes comptent : les bons gènes ouvrent les portes d'emplois intéressants et d'une vie intéressante parmi l'élite. Les mauvais condamnent à des emplois peu qualifiés et à une vie quasiment inutile. "On" contrôle et on normalise l'humain⋅e et ses pulsions par la génétique…

    Ce film relate une dystopie comme je les aime : un monde froid, des relations humaines glaciales, une humanité inexistante, un monde aseptisé. Le statut implicite d'être génétiquement supérieur condamne leurs bénéficiaires à ne jamais être satisfaits d'eux⋅elles-mêmes, à en vouloir toujours plus, à devoir justifier leur perfection, à très mal vivre un échec… ou un déclassement social suite à un handicap ou une maladie imprévue (n'avait-il⋅elle pas tout pour réussir, bordel ?!). Les invalidé⋅e⋅s vivent le malheur de la discrimination. L'élite vit le malheur de la perfection. Personne n'est heureux.

    Très très bon film, j'en recommande vivement le visionnage.


    The Circle (2017)

    Ce film relate le présent dystopique que nous font vivre les grandes multinationales du numérique : ne vous inquiétez pas, la technologie va nous aider à résoudre tous nos problèmes, il n'y a plus besoin d'État-nation oppresseurs, mais juste de logiciels et d'une transparence totale qui vont tout faire à votre place et résoudre tous vos problèmes.

    Ce film est plutôt médiocre, mais il pose les bonnes questions sur la juste mesure entre vie privée et transparence, sur la véracité de la volonté affichée par ces acteurs de la société numérique d'améliorer la société pour le bien commun (et non pour leur simple profit), sur la duplicité de leur discours (les patrons des empires numériques font l'inverse de ce qu'il⋅elle⋅s nous demandent de faire : il⋅elles veulent préserver leur vie privée, il⋅elle⋅s ne veulent pas que leur progéniture en bas âge utilise leur technologie, etc.), et sur l'obsession qui anime ces mêmes acteurs de croire que la technologie permettra ces améliorations sociales, qu'elle résoudra tous nos problèmes et nous comblera de bonheur sans que nous ayons à produire le moindre effort.

    Ce film entretient volontairement quelques confusions comme la différence entre la transparence des affaires publique et la transparence de l'intimité de chacun⋅e… Dommage.

    Ce film m'a troublé, car ce monde soi-disant meilleur nous est vendu avec le sourire, comme s'il est une évidence qui s'impose à nous, une offre qu'il est insensé de refuser… C'est très très flippant. Le flicage de ta vie en permanence et en temps réel par ton employeur, puis par l'ensemble de la société est présenté comme quelque chose de cool… Effrayant, c'est juste effrayant.

    Je retiendrai une phrase de ce film : « On est tous prisonniers mais on est heureux, on est tous des numéros mais on est tous gentils ».

    Bref, c'est un bon film dont je recommande le visionnage.


    Prédestination

    Difficile de parler de ce film sans spoiler, donc je me contenterai d'écrire qu'il parle de voyage dans le temps, qu'il explore le concept de boucles temporelles imbriquées, tout ça.

    Comme toutes les œuvres qui traitent de la manipulation du temps et les paradoxes qui peuvent en découler, ce film m'a passionné et j'en recommande le visionnage.


    Da Vinci Code

    Oui, le fameux Da Vinci Code. J'avais beaucoup lu de critiques négatives sur le bouquin, donc, quand ce film a été diffusé à la TV, je me suis dit « essayons ». Des énigmes pseudo-historiques cachées dans des œuvres de De Vinci, un dogme religieux assassin que l'Église catholique souhaite malgré tout préserver, etc. Tout cela a déchaîné mon imagination, et c'est ce que j'ai apprécié dans ce film.

    En trame de fond, on retrouve les questions autour de la légitimé de l'Église catholique comme intermédiaire unique entre Dieu et les hommes et femmes et autour du fondement de cette légitimé (l'interprétation des textes lors des Conciles de Nicée puis par les théologues…).

    Bref, c'est un film que l'on peut regarder.


    Ghost in the shell (2017)

    Non, je n'ai pas regardé ce film pour mater Scarlett Johansson (d'autant que son corps a une apparence robotique…), mais car je voulais découvrir comment d'autres humain⋅e⋅s envisagent la fameuse fusion entre un corps robotique et un cerveau humain. Et, mine de rien, ce film pose cette question : dans un tel monde, comment garder son intégrité personnelle ? Après tout, la Major se retrouve avec des souvenirs factices. Se pose la question de la régulation, de qui contrôle qui, est-ce que le corps appartient à la société commerciale qui l'a commercialisée / l'entretient ? Quid de l'obsolescence programmée ? Etc. De même, ce film pose la question du piratage des corps robotiques. Le monde décrit dans ce film ne me fait pas rêver du tout. Je le trouve très sombre et menaçant pour les libertés individuelles.

    En dehors des réflexions qu'il permet d'ouvrir, ce film m'a profondément ennuyé…


    Radin !

    Un prof' radin, vraiment radin maladif (pas de participation au pot de départ d'un collègue, non-paiement volontaire des charges de copropriété, il apporte des condiments et des aliments de la cafet' de son travail, il éclaire sa maison avec l'éclairage de rue, etc.) dont la vie va basculer…

    Ayant vécu avec une personne vraiment, vraiment proche de ses sous comme il est convenu de dire, je voulais voir les ressorts comiques que l'on peut tirer de ce genre de personne. Je n'ai pas été déçu ! :D Les situations, certes extrêmes, présentes dans ce film sont crédibles pour quelqu'un qui a vécu avec une personne radine et la plupart des piques et autres vannes sont bien senties.

    Bref, j'ai passé un bon moment devant ce film, même s'il ne me laissera pas un souvenir impérissable.


    Alibi.com

    Une société commerciale vend et assure des alibis en béton, quitte à usurper l'identité du⋅de la client⋅e, afin que qu'il⋅elle⋅s échappent à des obligations chiantes (réunions de famille, séminaire, etc.). Jusqu'au jour où les salarié⋅e⋅s se démasquent et sont démasqués.

    J'ai beaucoup aimé les références aux années 80 distillées tout le long du film. Les ressorts comiques ne sont pas fou-fou, mais ils font le job.

    Bref, j'ai passé un bon moment devant ce film, même s'il ne me laissera pas un souvenir impérissable…


    Security

    Une fillette est témoin dans une affaire criminelle. Des mercenaires sans pitié sont à sa recherche pour l'éliminer. Un agent de sécurité tout juste embauché dans un centre commercial va assurer sa survie.

    Bref, on est dans un film de type "moi, sauveur du monde". On éteint le cerveau et on se laisse aller.


    X-Men Apocalypse

    Un énième film reposant sur la franchise X-Men. Aucune cohérence à en attendre : un mutant vieux de plusieurs siècles alors que je croyais que les mutations sont liées à l'ère atomique, un mutant immortel et invincible qui sera totalement anéanti par les X-Men, etc.

    Bref, on éteint le cerveau et on se laisse aller.


    Logan (2017)

    Un énième film reposant sur Wolverine, des X-Men… Un vieux prof' Xavier maintenu en vie par un Logan épuisé, une jeune mutante débarque, elle doit rassembler la nouvelle génération de mutant⋅e⋅s. Bref, E_AGAIN, comme on dit.

    On éteint le cerveau et regarde béatement. Watch & forget.


    L'un dans l'autre

    Non, il ne s'agit pas d'un porno. :D Deux couples hétérosexuels sont amis, mais deux d'entre eux⋅elles sont aussi amant⋅e⋅s. Après une partie de jambe en l'air, "l'âme" de lui se retrouve dans le corps d'elle et inversement. Il et elle doivent retourner auprès de leur mari⋅femme respectif⋅ve en attendant que tout redevienne à la normale.

    Plus jeune, j'ai apprécié le film « Freaky Friday, dans le corps de ma mère » qui a le même scénario, mais entre une ado et sa mère. Je trouvais ce scénario original. Je trouvais intéressant la compréhension mutuelle qui naît progressivement durant ce film. Dans « L'un et l'autre », c'est pareil, sans innovation, mais en plus confus, en plus diffus, bref en moins bien.

    Bref, c'est un film qui se laisse regarder, sans plus…


    Urban Explorer

    Film d'horreur censé se dérouler lors d'une session d'exploration urbaine (urbex). C'est cela qui m'a conduit à m'intéresser à ce film. Mais, en vrai, l'urbex est très très vite sorti du cadre narratif et il ne reste que des ados qui se débattent avec un assassin chelou dans des locaux sous-terrain.

    Ce film est nul… On y retrouve tous les clichés du genre (film d'horreur pour ado)… Bref, même en cas d'ennui profond, il vaut mieux regarder un autre film.


    50 nuances plus sombres

    J'avais trouvé le premier film de la trilogie totalement loufoque, mais je me demandais si l'on peut tomber plus bas. La réponse est oui. Dans ce film, j'apprends que pour reconquérir une femme, il faut la harceler en lui envoyant des fleurs, en lui faisant des virements bancaires, en acheter les tableaux peint par son ami, la stalker dans la rue, etc. Sans commentaire… Tout le reste du film est aussi navrant et insensé que le premier volet.

    Bref, même en cas d'ennui profond, il vaut vraiment mieux regarder un autre film.


    Brice 3

    11 ans après le premier film, Brice, le personnage de surfeur loufoque créé par Jean Dujardin revient au cinéma.

    Plus jeune, j'avais bien aimé le personnage du premier opus (sûr de lui, populaire, vie paisible, etc.)… Avant de me rendre compte, quelques années après, que l'important est résumé dans une phrase à la fin du film, « Il ne faut pas confondre vivre ses rêves et rêver sa vie » (ce que fait précisément Brice), avant de me rendre compte encore des années après que ce personnage est le cumul de tout un tas de comportements nocifs (égoïsme, méchanceté, malveillance, moquerie, humiliation, intolérance, etc.).

    C'est précisément pour cela que j'ai regardé ce Brice 3 : Jean Dujardin propose-t-il une lecture critique de son personnage de naguère ou non ? La réponse est non. Ce film reprend tous les codes du précédent… Méchanceté gratuite, moqueries, humiliations publiques, joutes verbales sans intérêt, sadisme, domination, etc.

    Bref, même en cas d'ennui profond, il vaut vraiment, vraiment mieux regarder un autre film.



    Édit du 27/03/2018 à 0h25 :

    13 Reasons Why

    Une ado, Hannah, se suicide après avoir enregistré des cassettes audio expliquant son geste (qui enregistre encore des cassettes audio en 2017 ?! :P ). Cette série traite de l'amitié, du rejet suite à une rumeur, de la moquerie, du jugement sans preuve, du harcèlement moral et sexuel, du viol, etc. avec un ton plutôt juste malgré quelques accumulations un peu grossières.

    J'ai bien aimé cette série, car elle ne présente pas un monde binaire, avec d'un côté les gentil⋅le⋅s et de l'autre les méchant⋅e⋅s, mais un monde gris, où tous les protagonistes, y compris la narratrice suicidée, sont fautifs et responsables de l'ambiance toxique et délétère entre eux⋅elles. Chacun⋅e, par ses peurs, sa lâcheté, ses coups bas, ses jugements, son indifférence, ses mots, etc. a produit et propagé certaines formes de violence. Hannah a craqué, mais ça aurait pu être n'importe qui. Hannah a subi des violences, Hannah a fait souffrir d'autres protagonistes.

    Cette série nous parle de la violence invisible. De celle à laquelle nous nous sommes habitué⋅e⋅s. Celle avec laquelle nous trouvons normal de vivre. Cette série questionne autant la sensibilité de chacun⋅e que la violence de chacun⋅e.

    Certain⋅e⋅s estiment que la série perd en crédibilité en montrant une Hannah qui se maquille jusqu'au dernier jour, qui continue de manger jusqu'au dernier jour, qui prend le temps de préparer son suicide, etc. Je pense pour ma part qu'il n'y a pas une unique manière de se suicider, mais plusieurs. Celle qui sera employée dépend du caractère de chacun⋅e.

    Je formule un dernier reproche envers cette série : la lenteur. Les épisodes traînent en longueur… C'est vraiment démesuré… Je pense vraiment que des épisodes raccourcis de 15 à 30 minutes m'auraient fait beaucoup plus apprécier la série.

    Bref, je pense qu'il s'agit d'une bonne série qui vaut la peine d'être visionnée, mais il ne faut pas compter sur moi pour la visionner une nouvelle fois, car le rythme est vraiment, vraiment, trop, trop lent.

    Fin de l'édit du 27/03/2018 à 0h25.

    Sun Mar 25 22:09:14 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?S4m6XQ
  • Wolfenstein II : The New Colossus sur PC - jeuxvideo.com

    J'ai joué à ce jeu il y a quelques mois. Le scénario n'innove pas par rapport à l'opus précédent (The New Order) : nous sommes là pour botter le cul de nazis qui ont remporté la deuxième guerre mondiale et ont imposé leur vision totalitaire au reste du monde. Ce bottage de culs dans des États-Unis occupés doit avoir lieu par tous les moyens, notamment les plus bourrins. \o/

    Je suis très mitigé sur le scénario. Il m'apparaît être trop calqué sur The New Order, donc on prédit le déroulement des événements (oui, on ira sur une autre planète…), tout est cousu de fil blanc.

    De plus, l'immortalité complète de notre personnage, consacrée dans les cinématiques, une en particulier, fait que le jeu m'apparaît moins fun, moins jouissif que l'opus précédent, justement car le délire de l'immortalité de notre personnage est poussé trop loin : j'aime l'idée d'être un sauveur du monde, obtus, qui poursuit le but qu'il s'est fixé coûte que coûte, depuis un fauteuil roulant (! :O ) si nécessaire, mais être un sauveur mortel tout de même et n'être pas strictement nécessaire à la victoire contre les nazis. Dans les cinématiques, tu ne meurs jamais malgré la pire des situations (je ne spoilerai pas ;) ), mais un coup de fusil à pompe dans les phases de jeu et c'est le décès… Incohérence.

    Pour en terminer avec le scénario, j'aime l'idée d'approfondir la psychologie des personnages et de les faire dialoguer entre eux. Il y a de bons dialogues, de sincères émotions. En revanche, je n'aime pas l'idée de décrire une enfance compliquée, imprégnée de violence familiale, pour notre personnage, car ça induit l'idée que le côté borné et risque-tout de celui-ci est lié à un déséquilibre mental causé par une enfance traumatisante… Notre personnage ne peut-il pas tout simplement être courageux, obstiné, passionné par sa vision du monde ? Faut-il impérativement qu'il soit fou ?!

    D'un point de vue politique, l'autocensure nécessaire à la vente du jeu en Allemagne est plaisante, car elle met en exergue un pays empreint de tabous qui n'arrive toujours pas à assumer son passé collectif. On a la même chose en France, et j'aime tout ce qui peut mettre un coup de pied au cul à cet état d'esprit nauséabond.

    Notons que le doubleur français de notre personnage double aussi Bruce Willis. :D

    Concernant le reste du jeu : comme d'habitude, les prétendus choix cruciaux qui changent la trame narrative ou la façon de jouer (échasses, défonçage de mur ou faufilage) sont du bidon, on retrouve toute une panoplie d'armes (à améliorer en trouvant des objets à crafter) permettant d'assouvir nos pulsions de massacre, et la difficulté est revue à la hausse (je galère autant en difficulté normale dans ce jeu qu'en difficulté « je suis la mort incarnée » dans le précédent opus !). Pour le reste, la formule ne change pas : nazis, gros calibres, massacres, propos et scènes "chocs" et cul. \o/

    Même si ce jeu m'a procuré moins de fun que The New Order pour les raisons exposées ci-dessus, ça reste un bon épisode de Wolfenstein. Je recommande aux bourrin⋅e⋅s. :)

    Sun Mar 25 15:01:28 2018 - permalink -
    - http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/jeu-670042/
  • Quantum Break sur PC - jeuxvideo.com

    J'ai joué à ce jeu en 2017. Le scénario est simple : des recherches sont effectuées autour du voyage dans le temps et du temps dans sa dimension "physique" (si tentée qu'elle existe) en général. Forcément, la première expérimentation foire en provoquant une rupture partielle (puis totale) du continuum l'espace-temps (comme dit le doc' dans Retour dans le futur). Forcément, le mézaaaant entrepreneur qui a financé ces recherches va tenter de prendre avantage de la situation et nous devons l'en empêcher.

    J'ai bien aimé ce scénario. Tout ce qui tourne autour du temps, des boucles temporelles, tout ça, a tendance à bien me plaire. En revanche, la crédibilité technique est émaillée à plusieurs reprises : il existe une solution physique toute simple pour réparer le temps (mais bien sûûûûr !), les personnages restent environ maître de leur irradiation de chronos et il est possible d'améliorer leurs pouvoirs temporels (mais bien sûûûûr !), etc.

    J'ai pris beaucoup de plaisir à jouer avec les pouvoirs temporels de notre personnage : ralentir le temps afin de franchir des obstacles, bouclier temporel pour se protéger des balles de flingues ennemis, accélérer notre personnage afin de prendre nos ennemis à revers, etc. Y'a de bonnes idées et c'est très jouissif. \o/

    Le plus gros défaut de ce jeu, c'est la maniabilité du personnage. C'est d'un pénible, ça retire beaucoup de plaisir de jeu ! De plus, il m'est impossible d'enchaîner des combos temporels genre foncer sur un ennemi en temps accéléré, le battre puis foncer sur un autre ennemi pour recommencer : à chaque fois, à la suite du premier coup de pied fatal en l'air, mon personnage est victime de l'inertie et décrit une forme de boucle qui m'empêche de battre plusieurs ennemis à la fois en déclenchant une seule fois mon pouvoir, chose qui a l'air simple à faire si j'en crois les différentes vidéos trouvées sur le net…

    Les choix soi-disant cruciaux, sous-entendus qui changent profondément la trame narrative, ont des conséquences plutôt limitées sur la suite des événements… Quelques objets secondaires changent, quelques dialogues aussi, mais sans plus. Ce point est commun à tous les jeux qui proposent des choix soi-disant cruciaux.

    Je n'ai pas souhaité profiter de la série cinématographique embarquée dans le jeu vidéo (4 épisodes d'environ 25 minutes chacun) : j'ai acheté ce jeu pour être actif, pour être acteur du jeu, pas pour être passif devant une trame qui se déroule sous mes yeux…

    Bref, si les histoires autour de la manipulation du temps t'intéresse, je te recommande vivement ce jeu. :)

    Sun Mar 25 13:32:01 2018 - permalink -
    - http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/jeu-458607/
  • Un jeu européen à quatre coins

    Emmanuel Macron ne cache pas sa frustration. Six mois après les élections législatives allemandes, et à la veille du Conseil européen des 22 et 23 mars, son grand projet de réforme de la zone euro n’a toujours pas avancé d’un iota.

    Le Président, qui a reçu la Chancelière en tête à tête à l’Elysée le 16 mars, n’a pas obtenu son feu vert pour l’un de ses projets phares : la création d’un budget de la zone euro et d’un poste de ministre des Finances européen. Angela Merkel s’est retranchée derrière ses « contraintes politiques » : la montée en puissance de l’extrême droite (AfD), les prochaines élections de son allié bavarois le CSU…

    « Pour la première fois depuis la crise financière, il y a tout de même une amorce d’union économique avec le Fonds européen pour les investissements stratégiques (Efsi), se gargarise un conseiller du Château. C’est inscrit dans le marbre du contrat de coalition entre la CDU et le SPD. »

    Le fameux contrat de 175 pages consacre en effet… cinq pages au « sursaut de l’Europe » et trois lignes au « renforcement » du Fonds, qui, créé par la Commission européenne, existe depuis… 2014.

    Pas encore le grand tourbillon européen espéré.

    La candidate de Merkel

    A un peu plus d’un an des élections européennes de mai 2019, le grand marchandage des postes clés en Europe a démarré. Emmanuel Macron en pince pour Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, pourfendeuse des Gafa. La libérale danoise, modèle de l’héroïne de la série « Borgen », a demarré sa campagne en trombe, sur France Inter (15/3). Avec quelques phrases en français…

    Mais sa candidature se heurte aux projets d’Angela Merkel, qui pousse la patronne du FMI, Christine Lagarde. Elle présente l’immense avantage, aux yeux de la Chancelière, d’appartenir à la grande famille du PPE, le Parti populaire européen. Mais Macron ne veut pas en entendre parler.

    En faisant la promotion d’une Française à la tête de la Commission, Merkel se réserve ainsi la possibilité de nommer à la présidence de la Banque centrale l’un de ses anciens collaborateurs, Jens Weidmann.

    Une Kolossale manœuvre…

    Pas touche aux finances

    « La priorité d’Emmanuel Macron, c’est la présidence de la BCE, assure l’un de ses amis. C’est la clé de voûte des réformes en Europe, et les Allemands pèsent déjà suffisam-ment sur la zone euro avec leur ministre des Finances. »

    Le président de la République espère pouvoir y placer le germanophone François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Héritier de la grande famille qui a cofondé le groupe Villeroy & Boch, implanté en Lorraine et en Sarre, il devrait séduire les Allemands.

    Sauf qu’il est considéré comme une « colombe » en matière monétaire. Or le parti d’Angela Merkel et les pays du nord de l’Europe souhaitent un « faucon ». C’est-à-dire un adepte d’une politique monétaire orthodoxe.

    Le billard européen n’est pas un sport facile.

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

    Sat Mar 24 19:49:25 2018 - permalink -
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  • L’être et le fainéant

    Enfin des sanctions, des contrôles, des obligations ! Ces flemmards de chômeurs ont fini de se la couler douce. Comme promis durant sa campagne, Macron s’apprête à leur serrer la vis. Certes, 41,8 % des 6,6 millions d’inscrits y échapperont, puisqu’ils ne touchent pas un centime, et on ne peut donc pas décemment les taper au porte-monnaie. Mais les autres vont le sentir passer.

    Ha, ce bon vieux mythe de la personne au chômage fénéante qui refuse les offres d'emplois de Popole à la chaîne…


    D’abord, au lieu de 200 contrôleurs aujourd’hui, Pôle emploi en comptera 1 000 dans deux ans. Ensuite, dès l’an prochain sera expérimenté un « tableau de bord » numérique : chaque mois, les chômeurs devront rendre des comptes et prouver qu’ils ont fait des tas de démarches pour trouver du boulot. Belle idée soufflée par Pierre Gattaz, qui avait même pensé à un « contrôle journalier », un peu trop soviétique d’inspiration, mais on est mo derne ou on ne l’est pas.

    Enfin, ceux qui prétextent qu’il n’y a pas de boulot pour ne pas en chercher ont fini de rigoler. Faudra qu’ils en cherchent activement, et qu’ils le prouvent : un mois de suppression d’allocs au premier avertissement, puis deux, puis quatre mois. Et ils ne pourront plus refuser deux fois de suite « une offre raisonnable » d’emploi, offre raisonnable dont les critères vont être désormais fixés à la tête du client. La tête des glandeurs !

    Ça l'est déjà, à la tête du client : sauf erreur de ma part, une offre est jugée raisonnable vis-à-vis du Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi, document rempli par la personne au chômage sous la pression de Popole. Il "suffit" de bien fixer les critères (la zone géographique, le type précis de société employeuse, etc.) dès le début pour que Popole ne décompte pas les offres qui ne correspondent pas du compteur "offres raisonnables".


    Certes, une étude de Pôle emploi a montré récemment que 86 % des demandeurs d’emploi respectent leurs obligations de recherche, mais faut bien essayer de coincer les autres.

    L’enjeu est d’importance, en effet : ce nouveau système devrait permettre à l’assurance-chômage d’économiser jusqu’à 1 milliard d’euros. Et il faut être de bien mauvaise foi, comme peut l’être « L’Humanité » (20/3), pour mettre ce chiffre en rapport avec celui de la Cour des comptes, qui a calculé que la fraude aux cotisations sociales des patrons français représente un manque à gagner de 25 milliard d’euros par an. Ça n’a rien à voir, voyons !

    Et en même temps…

    Dans le Canard enchaîné du 21 mars 2018.

    Sat Mar 24 19:40:03 2018 - permalink -
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