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  • [ Je déconseille de commander sur ce site ] Stickers and more on UNIX & Programming | Unixstickers

    Je déconseille vivement de commander quoi que ce soit sur UnixStickers.com : ma commande n'a pas été livrée en 7 mois, et je n'ai pas reçu de réponse à mes mails et à mon courrier papier. J'ai été remboursé grâce à l'action de la DGCCRF et du CECF.

    Chronologie (si ça peut t'aider pour un problème identique…) :

    J'ai commandé quelques stickers le 29 décembre 2017. J'avais même gonflé ma commande, satisfait que j'étais de ma première commande, en 2015. J'ai payé par virement bancaire le 2 janvier 2018.

    N'ayant rien reçu, je leur ai envoyé un email, rédigé en anglais, le 3 février 2018 et une relance le 11 février 2018.

    Comme cette société commerciale postait plusieurs messages par semaine sur Twitter tout en ne répondant pas à mes emails, j'ai tenté de m'y inscrire afin d'entrer en contact avec elle. Échec côté Twitter qui bloque mon compte tout fraîchement créé avant toute tentative de contact.

    J'ai envoyé un courrier postal, rédigé en anglais, le 19 février 2018 à l'adresse postale indiquée sur leur site web, dans les mentions légales. Comme la société commerciale est basée en Italie et que je ne savais pas si un recommandé avec accusé de réception serait bien délivré et s'il aurait une valeur probante, j'ai envoyé un courrier simple. Je n'ai toujours pas de réponse à cette interrogation.

    N'ayant toujours pas reçu de réponse, j'ai saisi la DGCCRF le 21 mai 2018 via leur formulaire en ligne. J'ai joins l'email confirmant ma commande, un justificatif de paiement, les emails que j'ai envoyés et le courrier postal que j'ai envoyé.

    S'agissant d'un litige entre un résident français et une société commerciale établie hors de France mais en UE, la DGCCRF a transmis ma réclamation au Centre Européen des Consommateurs France le 29 mai 2018. Notons que ce centre met à disposition un formulaire en ligne pour tout litige entre deux pays de l'UE, ce n'est donc très probablement pas la peine de passer par la DGCCRF.

    Malgré mon ouverture pour être livré plutôt que d'être remboursé (je voulais toujours mes stickers), Unix Stickers a insisté pour me rembourser. Virement bancaire reçu le 20 juillet 2018.

    July 25, 2018 at 6:59:10 PM UTC - permalink - https://www.unixstickers.com/
  • Le triste chant de Sirhen

    Qui a dit que l’Histoire ne repassait pas les plats ? On se souvient de l’annonce, en 2013, par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, de l’abandon de Louvois. Du nom du logiciel fou de paie des militaires, responsable d’une armada de cafouillages, entre paiements en retard, partiels ou trop-perçus… La facture de l’abandon du logiciel ? 470 millions d’euros, mon général !

    Et rebelote ! Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a, lui, décidé de débrancher définitivement Sirhen, le logiciel de gestion des personnels de la maison, qui n’en finissait pas de bugger (« Les Echos », 20/7).

    Lancé en 2007, ce système informatique avait été initialement conçu pour prendre en charge les ressources humaines des 850 000 enseignants et la préparation des rentrées scolaires. Coût estimé : 60 millions d’euros. Mais l’informatique a ses raisons que la raison ne connaît point. Au fil des années, les développements du logiciel se sont multipliés tant et si mal que la facture de Sirhen s’élève aujourd’hui à… 320 millions d’euros ! Cerise sur le mille-feuille : le système n’est capable de gérer la paie que de 18 000 fonctionnaires, à des années-lumière des 850 000 prévus dans le devis initial…

    Blanquer l’assure : Sirhen sera remplacé par un dispositif « plus agile et plus efficace au bénéfice de notre mission de service public ».

    Chiche !

    Louvois et Sirhen ne sont pas les seuls logiciels de gaspillage d'argent public… À force de recourir massivement à des cons sultans (consultant⋅e⋅s) temporaires qui ignorent le contexte et aux mêmes grosses sociétés commerciales rigides (Capgemini dans le cas présent) qui veulent juste faire du fric…

    Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.

    July 25, 2018 at 3:18:58 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?2IN8LQ
  • Les députés n‘aiment pas ouvrir leurs livres

    L'affaire ne fait pas rire la questure de l’Assemblée nationale. Le 28 juin, c’était branle-bas de combat : une association avait mis ces honorables parlementaires hors d’eux. Résumé des débats ? « Pas question de se laisser faire, nous prendrons un avocat, et on leur fera rendre gorge. De quoi se mêlent ces justiciers ? »

    L’histoire remonte à mai 2017. L’association Regards citoyens demande aux députés sortants les relevés bancaires de leurs comptes IRFM (indemnité représentative de frais de mandat). Cette enveloppe, aujourd’hui contrôlée, servait, en général, à louer une permanence, à acheter du matériel informatique ou des costumes ; mais elle n’était pas toujours utilisée aussi sagement. Certains députés s’en étaient servis pour acheter, par exemple, leur permanence parlementaire — ou carrément une maison.

    Ou pour rembourser des prêts bancaires personnels ou pour offir des cadeaux ou pour s'offir des vacances ou pour se faire un complément de revenus ou pour payer son adhésion au parti politique d'appartenance ou pour… Bref, les abus étaient nombreux.


    Seuls huit députés répondent positivement. Regards citoyens saisit alors la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs) et réclame les fameux documents ; la Commission se déclare incompétente. Entêtée, l’association décide, en mai dernier, de saisir le tribunal administratif.

    La questure réconforte les députés et ex-députés concernés : l’Assemblée assurera leur défense et paiera leurs frais d’avocat. Elle appelle ça la « protection fonctionnelle ». Chez François de Rugy et à la questure, on se dit confiants. Selon le principe de la séparation des pouvoirs, le juge ne doit pas marcher sur les pieds du législateur.

    Mais les juristes de Regards citoyens rétorquent que la justice, à plusieurs reprises, s’est mêlée des oignons des députés. Lors de l’affaire Fillon, elle a demandé des précisions sur les activités d’une collaboratrice prénommée Penelope…

    Juges fureteurs

    A l’occasion aussi de l’affaire dite « des enveloppes » — ces « compléments de revenus » versés entre 2009 et 2014 à des sénateurs de l’ex-groupe UMP en détournant des sommes destinées à des collaborateurs —, elle a aussi épluché les finances des groupes parlementaires au Sénat.

    Enfin, Regards citoyens exhibe la récente jurisprudence de la Cour de cassation, qui, le 27 juin, a jugé que les parlementaires étaient chargés d’une mission de service public. Or, lorsque la Cada s’était déclarée incompétente pour répondre aux demandes de l’association, c’était précisément en contestant cette mission de service public…

    Avec ces grands serviteurs de l’Etat, c’est drôle comme le noir d’un jour peut virer blanc le lendemain.

    Bien joué, Regards citoyens ! < 3 .

    Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.

    July 25, 2018 at 3:00:58 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?V33U_w
  • 22, v’là CAP 22 !

    Une consolation pour Macron : l’affaire Benalla est parvenue à éclipser le contenu explosif du rapport CAP 22, qui préconise 30 milliards d’économies à la hache dans les services publics, et dont la publication a viré à la guignolade…

    Le 19 juillet, alors que les grandes lignes du rapport viennent de fuiter dans « Le figaro », Edouard Philippe reçoit à Matignon les 44 membres du Comité d’action publique 2022, pour les remercier de leurs travaux. Le Premier ministre, soucieux d’éviter une série de polémiques, s’accroche encore à son calendrier et leur affirme : « Nous publierons quatre ou cinq textes de transformation publique d’ici à fin octobre et nous publierons le rapport complet à ce moment-là. » Las ! le lendemain, 20 juillet, le syndicat Solidaires du ministère de l’Economie met le rapport intégra]. en ligne, au nez et à la barbe de Matignon. Et même à la barbe… des membres de CAP 22, qui n’avaient toujours pas eu droit à une copie ! Ils ont dû attendre le soir du même jour pour que la coprésidente de CAP 22 leur en adresse enfin un exemplaire, par mail.

    Le gouvernement avait pourtant pris toutes ses précautions : les membres du Comité avaient été invités à consulter le rapport « entre 12 heures et 15 heures (sic) », dans une pièce fermée, le 25 avril, sans pouvoir l’emporter et en laissant leurs téléphones à l’entrée pour éviter les photos…

    C’était bien la peine !

    Que c'est beau à en pleurer, la transparence de la vie politique à la française ! :(

    Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.

    July 25, 2018 at 2:51:59 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?WH1YEw
  • La taxe sur les yachts coule à pic

    C'était le gadget qui tue, inventé à l’été 2017 pour calmer les députés LRM de gauche qui ne digéraient pas la quasi-suppression de l’ISF. Pour compenser les quelque 3,2 milliards qui n’entreraient plus dans les caisses de l’Etat, on allait taxer à donf les signes extérieurs de richesse : yachts, grosses cylindrées, bijoux… Ah mais !

    A l’arrivée, le résultat n’est pas à la hauteur des proclamations d’intention de Bercy. Selon le bilan de ces mesures présenté mercredi 18 juillet par le rapporteur du Budget à l’Assemblée, Joël Giraud (radical de gauche-LRM), un seul propriétaire français de yacht a été taxé. Et ce pour la somme faramineuse de 7 500 euros. A quand un comité de défense ? Heureusement que six autres navires, étrangers ceux-là, ont pu être harponnés par le fisc. Globalement, ces sept malheureux ont réglé la somme de 82 500 euros. Soit 121 fois moins que l’estimation inscrite dans le Budget (10 millions).

    Concernant la taxe additionnelle sur les voitures sportives, la Direction de la législation fiscale s’est dite dans l’impossibilité de fournir le moindre chiffre au rapporteur. Faute de disposer d’une loupe assez puissante ?

    Quant à la taxe sur les biens précieux, elle est apparemment passée aux oubliettes.

    Vite, un avis de recherche !

    SURPRIIIISE !

    Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.

    July 25, 2018 at 2:47:24 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?VPTkzQ
  • Vivre dans l’insécurité permanente | Mooshka Belmont

    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être incapable de répondre à la question : « Que feras-tu dans un an, cinq ans, dix ans ? Qui seras-tu ? Où seras-tu ? »
    Parce qu’avant de pouvoir répondre à ces questions, il y a des enjeux plus immédiats à résoudre. La question n’est pas de savoir où tu seras dans cinq ans mais comment tu vas t’en sortir demain, dans une semaine, dans un mois. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? Comment vas-tu pouvoir y répondre ? Quelles stratégies vas-tu devoir mettre en place ? Et quelles stratégies dois-tu déjà mettre en place pour éviter une rechute ? Quels sont les points de vigilance que tu dois avoir dès à présent, maintenant que tu commences à avoir une certaine connaissance de ton fonctionnement ?
    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être incapable de se projeter dans le futur. Parce que le futur, tu ne le connais pas, c’est nouveau, et c’est un nombre éprouvant de paramètres à prendre en compte. C’est tellement rempli de possibilités que tu n’as aucune prise là-dessus. Et tu es incapable de te projeter dans le futur parce qu’il y a un enjeu plus immédiat, c’est de réussir à lâcher prise. L’enjeu à résoudre, c’est de te battre en permanence pour ne pas que l’anxiété revienne. C’est un plan d’actions qui se construit en permanence, un champ de bataille qui ne s’arrête jamais et qui ne connaît aucune frontière. C’est une lutte perpétuelle. Et tout ça te demande une énergie considérable.
    Voilà pourquoi tu es fatiguée le matin, pourquoi tu es fatiguée l’après-midi, pourquoi tu es fatiguée le soir, le week-end, pendant tes vacances. Parce que tu es sans arrêt sur tes gardes. Tu es sans arrêt sur la défensive. Tu dois sans arrêt t’adapter, sans arrêt lutter contre la nécessité de t’adapter, te faire violence pour sortir de ta zone de confort alors que ça te coûte terriblement. Et ces efforts qui te semblent surhumains, c’est tous les jours que tu dois les mettre en œuvre. Cette vigilance que tu dois avoir, elle est permanente et omniprésente.
    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être dans l’obligation de pouvoir répondre à ce que tu vas faire demain, ce que tu vas faire après-demain et tout le reste de la semaine. C’est d’avoir tout planifié, tout millimétré, tout anticipé. Avec qui tu seras. Où tu seras. Le contrôle de ton emploi du temps te donne la maîtrise de la situation. Et te permet de mettre en place certaines de tes stratégies préventives.

    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est vivre dans l’insécurité d’être incapable de faire face à l’imprévu. C’est de devoir élaborer et réfléchir à des stratégies sur lesquelles tu pourrais t’appuyer si jamais l’imprévu devait frapper à ta porte. C’est pour ça que tu anticipes tout en permanence, que tu analyses tout, de manière à te protéger l’imprévu.
    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est vivre dans la sécurité de l’illusion. C’est avoir conscience de cette illusion, mais le lâcher-prise te demande une telle énergie que tu n’arrives pas à te résoudre.

    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être en danger tout le temps, partout, avec tout le monde et n’importe qui. C’est ton corps qui se raidit lorsque l’autre pose sa main sur ton épaule en te saluant. C’est les tests que tu fais passer de manière inconsciente aux autres. Pour être sûre que tu peux accorder ta confiance.
    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est devoir sans arrêter s’adapter à l’autre. Il faut sans arrêt s’adapter à l’environnement immédiat. Il faut sans arrêt composer avec la norme avant de demander à la norme de composer avec toi. Ce n’est plus une question de survie comme ça l’a été auparavant. Simplement, c’est devoir tout mettre en œuvre pour que ça reste une question d’adaptation et que jamais plus ça ne retombe dans une question de survie. […]

    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est faire preuve d’une écoute et d’une bienveillance à toute épreuve. C’est tout entendre, tout comprendre, tout pardonner. Et avoir beaucoup de mal à intégrer que ça marche dans les deux sens. C’est apprendre à recevoir des compliments sans immédiatement les minimiser. C’est apprendre à accepter d’avoir des qualités au lieu de tout le temps mettre en avant des défauts et se concentrer exclusivement là-dessus.

    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est réussir à se frayer un chemin dans la violence du regard de l’autre. C’est devoir apprendre à s’en détacher. Ça va être apprendre à s’en foutre.
    C’est tout faire pour les autres, partout, tout le temps. C’est devoir apprendre à s’écouter. Ça va être apprendre à ne pas laisser autant de place aux autres. Rééquilibrer les priorités. Commencer à trouver des compromis pour soi. Pas juste pour les autres.

    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est avoir peur en permanence du désamour et de l’abandon. C’est devoir anticiper et envisager les coups qu’on pourrait se prendre par effet de miroir avec les coups qu’on s’est déjà pris. C’est se taire lorsqu’il faudrait crier. Devoir apprendre à dire non avec un grand sourire. Apprendre à ne pas se décourager parce qu’il y a encore tellement de chemin à faire.
    C’est ne plus cultiver le jardin intérieur de l’autre lorsque toutes les plantes sont mortes et fanées chez soi.

    Vivre dans l’insécurité permanente, c’est ne pas réussir à envisager que tout pourrait bien se passer. Comment réussir à se projeter dans cinq ans quand on ne sait toujours pas si la question de la survie est bel et bien réglée ? C’est avoir toujours avec un doute sur tout, tout le temps, avec tout le monde. C’est de ne plus avoir d’anxiété généralisée mais toujours pas de calme intérieur. C’est de ne pas réussir à voir ce qui se profile à l’horizon parce qu’il y a toujours un brume et un brouillard devant.

    Très intéressant. :)

    July 25, 2018 at 7:34:22 AM UTC - permalink - http://www.mooshkabelmont.net/vivre-dans-linsecurite-permanente/
  • Campagne de financement 2018 — Nos oignons

    L'association « Nos oignons », qui maintient des nœuds de sortie TOR (exposés à des risques juridiques et nécessitant une stabilité que ne procure par une connexion ADSL/coaxiale/fibre à la maison), a lancé sa campagne de financement 2018, car TOR est pour tout le monde.

    July 24, 2018 at 1:07:43 PM UTC - permalink - https://nos-oignons.net/campagne2018/
  • Doctissimo = TF1

    Un grand bravo à Arnaud Lagardère — un de plus — qui vient de vendre son siie internet Doctissimo à TF1 pour 15 millions d’euros et son site Mondocteur au groupe Doctolib pour 45 millions d’euros. Il y a un peu plus de dix ans, les investissements de Lagardère dans ces sites médicaux lui avaient coûté la bagatelle de 140 millions d'euros, soit plus de deux fois plus.

    A la santé, Nono !

    Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.

    July 24, 2018 at 12:41:04 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?GhGKgA
  • Yémen : la défense blindée de l’Elysée

    Cet arrêt du Conseil d’Etat belge (29 juin) ressemble à une — première — victoire pour les ONG bataillant contre les marchands de canons européens. La sanglante guerre au Yémen (10 000 morts en trois ans), alimentée par des industriels de l’UE, est une foire aux missiles et aux armes lourdes. L’arrêt du Conseil belge a retiré huit licences d’exportation d’armes à la Fabrique nationale Herstal. La région wallonne — l’actionnaire de ce groupe propriétaire des marques Winchester et Browning — n’a, en effet, pas « procédé à un examen minutieux et prudent » de la question du respect des droits de l’homme par l’Arabie saoudite, acheteuse, l’an dernier, de 153 millions d’euros d’armes wallonnes. A la tête d’une coalition de pays arabes, Riyad est le premier belligérant de ce conflit dirigé contre la rébellion houthie (chiite) au Yémen.

    Commerce rentable

    Pas de coup d’arrêt de cette sorte en France, où les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite et l’Egypte ont triplé depuis 2014, pour atteindre 1 milliard d’euros en 2016… Et les livraisons continuent en 2017 : 1,38 milliard à l’Arabie saoudite, et 210 millions aux Emirats arabes unis. Sur cette base, l’association Action Sécurité Ethique républicaines (Aser) a déposé, le 7 mai, devant le tribunal administratif de Paris un recours pour violation répétée du traité sur le commerce des armes (TCA).

    Ce traité, solennellement ratifié par la France en 2014, interdit les « transferts d’armes classiques » si l’Etat du vendeur a connaissance de ce que « ces armes ou ces biens pourraient servir à commettre (…) des attaques dirigées contre des civils ou d’autres crimes de guerre ».

    A l’Assemblée, une petite fronde est jugulée par Richard Ferrand, le patron du groupe LEM, et Marielle de Sarnez, la présidente de la commission des Affaires étrangères. Ils s’opposent depuis trois mois à une quarantaine de députés de la majorité présidentielle. A leur tête, Sébastien Nadot, député de la Haute-Garonne, qui, le 5 avril, a lancé un projet de commission d’enquête.

    Présentez armes

    A ce député trop curieux, Macron en personne a assuré en février que ces livraisons signées surtout sous Le Drian à la Défense portaient sur des « armes défensives » (sic). Puis, en juin, il l’a félicité pour son action de contrôle : « Je suis de très près ce que vous faites. » Mais il n’a pas fait débloquer sa commission d’enquête pour autant… Jupiter impuissant contre la foudre ? Crédible !

    Un rapport commun de l’Observatoire des armements et de la FIDH (« Le Canard », 20/6) détaille pourtant des « indices de présence » recoupés d’armements français sur le théâtre des opérations au Yémen : des 4 x 4 blindés vendus à l’Arabie saoudite en 2016, des canons Caesar de 155 mm, mais aussi des chars Leclerc et des Mirage 2000 émiratis, certes vendus dans les années 90, mais nécessitant « munitions, formation, services et assistance », lesquels se trouvent dans le collimateur des députés. Preuve de son vif intérêt, Macron a convoqué à Paris, le 27 juin, une petite conférence humanitaire sur le Yémen mais qui a été trustée par les Saoudiens… et à laquelle il ne s’est finalement pas donné la peine d’assister.

    Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.

    July 24, 2018 at 12:38:49 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?tID85w
  • Collomb veut terroriser les réfugiés

    Etendre aux sans-papiers les moyens utilisés pour lutter contre le crime organisé ou le terrorisme : c’est l’idée du décret 2018-543, publié au « Journal officiel » le 30 juin et signé Edouard Philippe. Il offre « au service de la Préfecture de police chargé de la lutte contre l’immigration irrégulière » la possibilité de « recourir à certaines des techniques de renseignement prévues par la loi ».

    Amalgame entre clandestins et poseurs de bombes ? Jamais ! se défend l’Intérieur, invoquant une simple réorganisation de la Préfecture de police. De fait, jusqu’en mai 2017, le service chargé de la lutte contre l’immigration clandestine étant rattaché à la Direction du renseignement, il pouvait bénéficier de ses pouvoirs les plus secrets. Devenu la Sous-Direction de la lutte contre l’immigration irrégulière (SDLII), le service aspire aux mêmes privilèges !

    Allô, j’écoute !

    Collomb voulait aussi lui permettre de recourir aux fameux Imsi-catchers, ces « grandes oreilles » réservées par la loi aux services de renseignement. Mais la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement l’a signifié à Collomb : la SDLII n’a pas les « compétences techniques » pour recourir aux Imsi-catchers, « ni même le besoin opérationnel ».

    Finalement, c’est dans le seul cadre de la « prévention de la criminalité et de la délinquance organisée » que la SDLÏI pourra parfois recourir aux écoutes, à la géolocalisation et au balisage.

    Et, l’armée contre les immigrés, il y a pensé, Collomb ?

    Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.

    July 24, 2018 at 12:30:55 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?NL4sDg
  • Un gouvernement "labotomisé” par l‘industrie pharmaceutique

    Dîner à l’Elysée et pognon de dingue garanti.

    Pour les patients, la réforme de la santé attendra. Mais, pour les labos, le tapis rouge, c’est maintenant ! Le 9 juillet, Macron a reçu à dîner une vingtaine de pédégés des plus gros labos pharmaceutiques, de GSK à Sanofi. Et, le lendemain, lors d’un Conseil stratégique des industries de santé, Edouard Philippe les a couverts de cadeaux.

    Pour commencer, le gouvernement leur garantit que leur chiffre d’affaires augmentera, au minimum, de « 0,5 % par an pendant trois ans », et même de « 3 % par an » pour les médicaments innovants. « C’est Noël en juillet ! ironise Pierre Chirac, de la revue médicale “Prescrire”. Et c’est accordé sans aucune contrepartie. Par exemple, on ne demande pas aux industriels d’éviter les ruptures de stock de médicaments. »

    La nouvelle a ébahi les associations de patients, Médecins du monde, l’UFC-Que choisir et « Prescrire », qui se sont fendus d’un communiqué commun : « Qui d’autre a l’assurance, aujourd’hui en France, d’une augmentation régulière de ses revenus, qui plus est à partir d’argent public ?» Personne… Les labos vont pouvoir continuer de demander des prix délirants pour des anticancéreux et autres traitements : « Pour leur garantir 3 % de croissance, le gouvernement va accepter des prix faramineux, alors qu’il aurait fallu enrayer la spirale », déplore Pierre Chirac.

    Sanofi du bien

    Autre gâterie : les délais d’autorisation des nouveaux médocs seront réduits « drastiquement ». Mais aucun nouveau moyen n’est accordé aux agences sanitaires chargées de les évaluer. « C’est très dangereux, s’alarme un pharmacologue expert auprès de l’agence du médicament. On ne peut pas juste faire confiance aux études cliniques des labos. » Les industriels, eux, se frottent les mains : « Le premier bénéficiaire de tout ça, c’est Sanofi… » décrypte un haut fonctionnaire. Un « fleuron » dont Edouard Philippe ne manque jamais de saluer la réussite.

    Macron lui-même est un proche de Serge Weinberg, le président de Sanofi, qu’il a connu en 2007 au sein de la commission Attali. « Nous sommes devenus assez copains, même très copains », se félicitait Weinberg dans la biographie de Jupiter pondue par Anne Fulda. Nul cumulus ne saurait assombrir cette touchante amitié…

    Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.

    July 24, 2018 at 12:26:07 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?ihQtSA
  • Mes notes concernant les numéros 84 et 85 de Fakir
    • Entrevue avec Thomas Dietrich qui nous rappelle les horreurs commises en Afrique par la France d'hier comme d'aujourd'hui : considérer que la Centrafrique lui appartient car son sol est riche en matières premières (pétrole, diamants (souvenir de l'affaire des diamants de Bokassa ;) ), etc.), soutien inconditionnel au dictateur Déby (Tchad), placement du pantin Bozizé à la tête de la Centrafrique, corruption (avec Balkany en intermédiaire) quand ce dernier refuse de signer l'accord français sur l'uranium et le pétrole, appel à Déby, nouvel homme fort d'Afrique après l'assassinat de Kadhafi, pour chasser les djihadistes du Mali en 2013 (histoire de sous-traiter une partie de la guerre à une main d'œuvre moins coûteuse économiquement et politiquement - les pertes humaines sont toujours difficiles à défendre devant l'opinion), en échange de quoi Déby obtient l'autorisation d'entrer sur le territoire de la Centrafrique et de se servir, Bozizé (Centrafrique) appelle son allié de l'Afrique du Sud à la rescousse donc on se retrouve avec un merdier (Tchad versus Afrique du Sud en Centrafrique…), massacre des musulmans, les viols et les ratonnades et assassinats commis par l'Armée française à l'encontre des femmes africaines tout ça classé sans suite par les tribunaux, etc. ;

    • Fakir nous rappelle également le colonialisme français et les massacres de villages entiers, en 1949, quand ceux-ci refusaient de payer leur impôt à la France ;

    • Ruffin nous parle de la forme qui écrase tout à l'Assemblée. La chemise dans le pantalon, bien sûr, mais aussi la bonne manière d'écrire un rapport parlementaire avec le directeur de cabinet du président de l'Assemblée qui téléphone à Ruffin pour lui demander une confirmation sur sa volonté de s'exprimer de la sorte dans son rapport… Tu reçois 0 formation quand tu deviens député et t'es prié de connaître les délais, les procédures pointilleuses et tout et tout… Ruffin suppose que cette exigence de la forme pour repousser le fond n'est pas nouvelle et cite l'exemple du discours « Les Caves de Lille » de Victor Hugo, discours qui relate sa visite des logements ouvriers de Lille infestés de maladies, discours qu'il n'a pas prononcé (hypothèse de Ruffin : pour ne pas choquer ?) ;

    • Extrait de « Un ministre ne devrait pas dire ça » :

      À Bercy, Brigitte et Emmanuel Macron occupaient à la suite d'Arnaud Montebourg, l'un des deux splendides appartements surplombant la Seine, avec parquet en chêne clair, moquette et immenses baies vitrées. C'est dans ce cadre digne d'une revue d'architecture que, matin, midi et soir, le couple a reçu beaucoup de monde pour préparer le décollage d'En Marche!. […] Les journalistes, les acteurs, les écrivains, les « people », les chefs d'entreprise, les chanteurs, bref le Tout-Paris et bien au-delà, accourus le plus souvent par l'entrée discrète située quai de Bercy. […] Je me demande, avec toutes ses rencontres, ses réunions privées, ses voyages escortés par les médias, comment Macron a trouvé le temps et les moyens pour être ministre de l'Économie, de l'industrie et du Numérique. […] La préparation de la Marche présidentielle ne se faisait pas qu'à l'appartement privé. Tous les espaces […] étaient mis à contribution simultanément. Une stratégie qui permettait à Brigitte et Emmanuel Macron de prendre l'apéritif dans une réception du ministère, de débuter un premier dîner plus officiel avec d'autres convives au 7e étage, puis d'en poursuivre un second à l'appartement ! Un double-dîner, en somme. Il fallait un solide estomac, ou une belle habilité, pour prendre un premier plat dans les étages de Bercy et en attaquer un second avec une autre fournée d'invités dans le décor plus cosy du 6e niveau. Les convives pouvaient décider d'aller ensuite se montrer en ville pour prendre un dernier verre… et quelques photos. Le tout, et c'est là le plus grand scandale, aux frais de la République ! En 2016, pendant les huit premiers mois, les crédits de l'année entière ont été consommés en frais de représentation ! Brigitte et Emmanuel Macron postulaient à devenir le couple présidentiel. Ils avaient bien sûr parfaitement le droit de rencontrer les vedettes du show-biz et tous les bobos parisiens ou provinciaux. Mais pas aux frais du ministère de l'Économie ! ;

    • Ruffin expose son sentiment sur l'Assemblée : la cadence d'examen des amendements empêche tout débat ; Tout débat est impossible à cause d'une majorité de blocage qui doit sa légitimité et donc sa présence dans l'hémicycle à Macron, car les élections présidentielle et législative sont concomitantes, donc le président choisit à qui il donnera une circonscription en échange d'une loyauté implicite ; La volonté du président de la République passe avant tout et le parlement ne fait qu'exaucer ses souhaits (flat tax, fake news) ; Les député⋅e⋅s sont enfermé⋅e⋅s dans leur bulle : coupé⋅e⋅s des vrais gens, coupé⋅e⋅s de la littérature et de la production d'écrits argumentés ; La forme est importante pour masquer la vacuité de l'Assemblée dans le fond d'où il est important d'avoir sa chemise dans le pantalon, d'avoir une garde républicaine, d'avoir un décor de rêve, des huissiers avec des chaînes d'or, des cérémonies avant l'entrée dans l'hémicycle, etc. ; L'Assemblée se contente, en fait, de donner une apparence démocratique aux décisions technocratiques, froides, verticales, autoritaires prises dans les cabinets des ministres et du président de la République. La haute administration technocratique a toujours eu le pouvoir, mais elle était masquée derrière un politicien pantoches, aujourd'hui, elle a le pouvoir en direct car Macron est un pur produit de cette administration.
    July 17, 2018 at 1:12:37 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?5ar86g
  • Palmes, masque, tuba

    Bon, Hugo Verlomme fait plus qu’aimer la mer, la vague, la pla ge. Il ne vit que pour elles, n’écrit que sur elles. Et parfois cet amour l’emmène aux confins d’un lyrisme « Grand Bleu » très fleur bleue : « Ecoutons le message des dauphins, ceux qui ont su vivre pendant des millions d’années en bonne intelligence avec l’océan sans le saccager, sans s’entre-tuer, en appliquant les grands principes de leur philosophie : solidarité, amour, jeu. » Certes, certes…

    A force d’écouter le message des dauphins, il a écrit un livre bourré d’adresses et d’infos qui développe une vision du monde marin plus que positive. Allons, les amis, tout n’est pas perdu, les mers ont beau être ravagées par la surpêche, les pollutions chimiques ou bactériennes, l’invasion du plastique, l’acidification de l’eau, l’extraction minière, les pollutions sonores et tutti quanti, voyez tous ces lanceurs d’espoir et de cercles vertueux qui viennent à leur secours ! Voici « des milliers d’initiatives pour sauver la mer… et l’humanité » !

    Devenez un « plongeur écoresponsable ». Enthousiasmez-vous en découvrant la saga de Sylvia Earle, l’océanographe qui a réussi à convaincre George Bush de créer, en 2006, « à la surprise générale, le plus vaste sanctuaire marin du monde ». Depuis votre ordinateur, participez à la traque aux pêcheurs pirates grâce au programme Global Fishing Watch. Soutenez le projet Biorock, qui, à Bali, a permis de restaurer les récifs de corail dégradés en immergeant des grilles métalliques parcourues d’un faible courant pour favoriser un processus d’« accrétion minérale électrolytique ». Visitez les fonds marins en louant des submersibles électriques high-tech mis au point par la compagnie flamande Ortega Submersibles… Bref, soyez comme les colibris chers à Pierre Rabhi, pour qui aucun geste n’est inutile ou dérisoire.

    Tout cela est fort sympathique. Mais il suffit d’ouvrir le journal pour voir d’autres logiques à l’œuvre : celles qui s’emploient à exploiter de plus en plus intensivement les océans. Par exemple, les immenses zones abyssales jusqu’ici à l’abri de la rapacité humaine. Elles sont bourrées de sulfures polymétalliques, de terres rares indispensables aux fibres optiques et aux écrans LCD, de cuivre, d’argent, de fer et de zinc. Elles font rêver Francis Vallat, président du groupe de travail synergie Grands fonds marins. Non seulement, dit-il, la France dispose de vastes eaux territoriales, mais elle est le « seul pays au monde à disposer de leaders mondiaux dans les dix phases de travaux nécessaires à l’exploration puis l’exploitation des futurs gisements ». La France s’apprête donc à être l’une des premières à exploiter industriellement les abysses ! Tout en promettant, bien sûr, ça ne mange pas de pain, d’« éviter les dommages écologiques » (« Les Echos », 25/65).

    Pas sûr que les milliers d’initiatives défendues par Hugo Verlomme suffisent à stopper Francis Vallat et ses amis dans leur conquête de ce nouvel eldorado. Pas sûr qu’il soit sensible au « message des dauphins »…

    Dans le Canard enchaîné du 11 juillet 2018.

    July 16, 2018 at 2:04:39 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?lIyOrg
  • Les "bidouillages” de Free devant la iustice

    L’héritier du BTP contre le romanichel du Net… La légendaire inimitié opposant Martin Bouygues et Xavier Niel, opérateurs respectivement du troisième et du quatrième réseau de téléphonie mobile, est en passe d’atteindre un nouveau sommet. Cette fois, la querelle ne porte pas sur un mariage avorté dans les télécoms mais sur l’issue — d’ici à la rentrée — d’une procédure judiciaire qui traîne depuis quatre ans.

    Tension sur la ligne

    Bouygues Télécom a assigné Free devant le tribunal de commerce de Paris, en novembre 2014, pour « concurrence déloyale du fait de pratiques illicites et trompeuses ». Le premier accusait le second d’avoir trompé ses abonnés en pratiquant sur son réseau 3G un « bridage » massif de ses débits entre 2012 et 2015, et de continuer aujourd’hui de manière plus ciblée. Autrement dit, Free aurait volontairement limité l’accès à la navigation sur le Web et au téléchargement de fichiers multimédias dans la journée. Résultat : l’abonné au forfait mobile Free illimité avait beau tapoter sur son smartphone, pour regarder des vidéos sur YouTube, ou écouter de la musique, la mise en route était impossible.

    Pour comprendre cette « panne » organisée, il faut revenir sur l’accord liant Free à Orange. En décembre 2009, le gouvernement de François Fillon accorde une quatrième licence mobile à Xavier Niel. Sauf que Free ne dispose pas d’un réseau complet. Soucieux de couvrir le territoire national, le trublion signe, en mars 2011, un accord d’itinérance avec Orange. Ainsi, dans les zones non couvertes par le réseau propre de Free, l’abonné bascule automatiquement sur le réseau Orange. Bien sûr, la location a un coût ! Plus les abonnés sont gourmands en données, plus Niel casque…

    En janvier 2013, un an après le lancement de Free Mobile, l’association UFC-Que choisir porte plainte au nom de clients mécontents. A la demande du ministre de l’Economie, les agents de la Répression des fraudes,la DGCCRF, perquisitionnent les locaux de Free, qui conteste les saisies. Un arrêt de la Cour de cassation vient de donner raison à l’administration. Entre-temps, Niel aura tout de même gagné cinq ans de tranquillité…

    L’action pénale intentée par UFC-Que choisir s’est éteinte le 18 janvier 2017 : l’association a conclu un accord à l’amiable avec l’opérateur, en échange d’un dédommagement pour les clients lésée. Bouygues Télécom, en revanche, maintient la pression judiciaire. Le réseau de Martin Bouygues estime avoir pâti de l’arrivée de Free, qui lui a volé une partie de son fonds de commerce pour vendre des forfaits à la qualité défaillante.

    Tout compris ?

    Si Free a toujours nié le bidouillage des débits, Rani Assaf, le directeur technique œuvrant dans l’ombre de Xavier Niel, a lâché le morceau en montrant à un invité « [s]a dernière trouvaille : une application qui permet de régler le débit de connexion des abonnés Free partout en France (…). Un truc pour gérer un réseau entier à partir de son téléphone ! » (« Vanity Fair », février 2015). Tiens, tiens…

    Le tribunal de commerce, pour se forger une idée, va devoir se pencher sur des centaines de mesures, toutes plus arides les unes que, les autres. « Bouygues Telecom a contesté au moins neuf fois l’existence même de l’offre mobile Free, sans succès, réplique la porte-parole d’lliad, la maison mère de Free. Cette nouvelle tentative a le même but : faire disparaître Free Mobile en formulant une demande financière éliminatoire et retrouver ainsi le confort douillet de l’oligopole. »

    Iliad a anticipé le risque juridique. Le document de référence 2016 indique que le montant du préjudice réclamé par Bouygues s’élève à 570 millions d’euros.

    Et cette revendication n’a rien de bridé…

    Dans le Canard enchaîné du 11 juillet 2018.

    July 16, 2018 at 1:54:30 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?PYE81w
  • Quand les saisonniers récoltent de l‘oseille pour la CGT

    Les fonds de la formation professionnelle profitent bien aux syndicats.

    Sur son bureau, la procureure de Bobigny a, depuis la semaine dernière, un rapport des plus troublants sur les fonds de formation professionnelle destinés aux saisonniers agricoles mais profitant à d’autres… Accompagné de documents comptables, il a été transmis à la magistrate par d’anciens dirigeants de la fédération CGT de l’agroalimentaire.

    Chaque année, ils sont environ 700 000 à passer des guignes aux asperges, puis des asperges à la vigne. Contrainte de gagner leur année de salaire en quelques mois, ils ne rechignent pas à la tâche. Mais, en face aussi, les efforts sont remarquables. Il y a seize ans, en juillet 2002, un accord, signé par le vice-président de la FNSEA et par cinq fédérations syndicales rattachées aux confédérations, avait accouché d’un astucieux système, permettant d’éviter de payer les heures supplémentaires au tarif légal. Son nom ? Le « contrat à durée déterminée intégrant un droit à la formation ». Concrètement, selon cet accord, « le paiement des bonifications et majorations pour les heures supplémentaires effectuées [était] remplacé par un droit pour le salarié à bénéficier d’une action de formation ».

    Magot en formation

    Contrairement aux heures sup, cette formation ne coûte pas un radis aux agriculteurs employant des saisonniers, car elle est financée par des fonds mutualisés. Par ailleurs, elle n’est accordée qu’après la fin du CDD, c’est-à-dire à Pâques ou à la Trinité.

    Cet accord est tout bénef pour les employeurs, mais pas seulement. Une association à but non lucratif domiciliée au siège de la FNSEA, Provea, a été créée, financée par une cotisation obligatoire de 0,2 % sur la masse salariale : un pactole pas perdu pour tout le monde…

    En principe, Provea doit examiner les « résultats des travaux, études et réflexions » réalisés par chacun des bénéficiaires dans le domaine de l’emploi : soit, en quinze ans, un colloque en 2010 et un autre en 2018 — pas vraiment harassant. En réalité, sa tâche principale consiste à répartir le blé engrangé grâce au 0,2 % de cotisation, soit 14,7 millions d’euros par an.

    Unique syndicat patronal reconnu en agriculture, la FNSEA s’embourbe plus de 8 millions par an. La Confédération paysanne et la Coordination rurale, elles, ne touchent pas un centime. Côté syndicats, la fédération de l’agriculture CGT empoche le gros lot, avec 1,1 million par an. Un peu plus que la CFDT, donc, et beaucoup plus que FO, la CFE-CGC et la CFTC. Un magnifique robinet financier, dénoncé par le responsable juridique de la Confédération paysanne : « C’est une pompe à fric. Il n’y a aucun doute là:-dessus. » Tout de suite des mots crus…

    Le blé en verbe

    A cette curiosité se mêle une autre, logée dans les comptes de la fédération CGT : quand la comptabilité de Provea indique que 1 million lui a été versé en 2015, le compte de résultat, soumis puis voté par le congrès de la fédé, ne mentionne « que » 453 000 euros. C’était pire lors des années précédentes, où les comptes de résultat de la fédération font apparaître moins du tiers des sommes reçues. Pourtant, les livres de comptes de Provea montrent bien que les chèques ont été encaissés. Où est passée la différence ?

    Freddy Hucks, qui, il y a quatre ans, a officiellement laissé le poste de secrétaire général de la fédé à son fils (même s’il continue de tenir les commandes d’une main de fer), a du mal a dissimuler son embarras. Il avance tout de même une explication : « Nous avons créé un institut [d’études] qui a une personnalité propre, l’Iresa », précise-t-il, tout en rappelant que « Provea, qui est un organisme paritaire, verse les sommes à la fédération, qui les dispatche ». Le hic, c’est que le compte de résultat de cette dernière ne fait apparaître aucun versement à l’Iresa. Tout au plus Freddy Huck annonce-t-il que la comptabilité a été mise en ordre pour 2017.

    Et l’autre demi-million est consigné dans la compta ? « Le propre de cet accord est de donner des moyens aux organisations syndicales pour qu’elles mènent leurs multiples activités », assure Huck. Parmi elles, l’octroi de cotisations gratuites à quelques milliers d’adhérents.

    Ce n’est pas un emploi judicieux des « moyens », ça ?

    Dans le Canard enchaîné du 11 juillet 2018.

    July 16, 2018 at 1:44:46 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?QigYJg
  • Le FN passe à la caisse

    Le Front National a bien vécu sur le dos de Bruxelles, tout en éructant avec constance sur les « eurocrates ». L’ ennui, c’est que ça commence à se voir. Beaucoup. Cinq cent mille euros gelés sur le budget du groupe ENL (Europe des nations et des libertés), auquel appartient le FN à Bruxelles, pour des factures injustifiées avec des contrats signés dans des conditions juridiques douteuses, des achats de bouteilles de champagne et des dîners dans des restaurants étoilés. Deux millions retenus par la justice française sur l’aide publique apportée aux partis politiques en prévision des fonds réclamés par le Parlement européen (7 millions de 2009 à 2017) dans l’affaire des emplois fictifs d’assistants européens.

    Chaque fois, Marine Le Pen s’est mise en colère, a crié très fort. Contre les juges, coupables d’« un attentat à la démocratie ». Contre ses copains à Bruxelles, désormais décrits par des proches de Le Pen comme « des petits notables qui oublient pourquoi ils ont été élus » (« L’Opinion », 6/7). Contre Nicolas Bay, numéro 3 du parti, dont le nom revient régulièrement sur les factures acquittées dans les grands restaurants et qui est mis en examen dans l’affaire des emplois fictifs. Mais jamais la présidente du FN n’évoque sa propre responsabilité. Elle était évidemment au courant des emplois fictifs au Parlement européen. Coprésidente du groupe ENL de juin 2015 à juin 2017, elle était forcément au courant des dépenses des « petits notables ». Habile pour jouer les victimes, elle annonce l’ouverture d’une souscription.

    S’ils rassemblent 2 millions, les ex-frontistes pourront déboucher quelques bouteilles. Il paraît qu’ils ont du bon.

    Dans le Canard enchaîné du 11 juillet 2018.

    July 16, 2018 at 1:31:41 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?t5hnIg
  • Jusqu'a la derniere goutte : les guerres secretes de l'eau en Europe

    Ce documentaire me laisse sur ma faim, car il se contente de différencier une gestion publique de l'eau d'une gestion privée de l'eau sur les seuls critères du prix de l'eau et de la maintenance à courte-vue du réseau. Évidemment, c'est important de tenir ce raisonnement face au discours libéral qui nous explique en permanence que le privé est toujours plus efficace, gnagnagna. Mais c'est insuffisant, car la hausse du prix de l'eau durant un contrat de 30 ans peut aussi s'expliquer par la rareté croissante de l'eau et par le coût croissant de l'assainissement causé par la quantité croissante de produits chimiques que nous déversons dedans (je pense à tous nos détergeants actuels alors qu'on nettoyait nos maisons avec du vinaigre et autre y'a encore 30-50 ans). Bref, j'aimerai bien un documentaire qui compare également sur d'autres critères comme la qualité de l'eau, le nombre de fuites sur le réseau, le respect de l'environnement lors de l'assainissement, etc.

    Néanmoins, ce documentaire diffuse des infos intéressantes :

    • Paris a construit son réseau d'eau suite à l'épidémie de choléra qui a sévit en 1832. En 1853 naît la compagnie générale des eaux, présentée comme la première société de gestion de l'eau, qui perdurera jusqu'en 1998. Son conseil d'administration des débuts était déjà composé à 100 % de banquiers, comme quoi… ;

    • Des contrats de délégation au privé prévoient un minimum de consommation qui tient compte de la croissance démographique et de la hausse présumée de la consommation. Des pénalités (en centaines de millions d'euros) sont exigées, auprès de tribunaux arbitraux privés, par les sociétés commerciales, en cas de sous-consommation par rapport à l'estimation. Comment veux-tu initier une politique de sauvegarde de l'eau dans ces conditions… ;

    • Une remunicipalisation de l'eau coûte toujours cher (1,3 milliards d'euros pour Berlin)… Les citoyen⋅ne⋅s paye une deuxième fois leur système d'eau… On marche sur la tête ;

    • Dans les pays en crise économique, les mémorandums avec l'UE prévoient quasiment toujours une privatisation des services de l'eau. Néanmoins, comme le fait remarquer un militant irlandais : quand l'UE demande à l'Irlande d'arrêter ses cadeaux fiscaux à Apple (en dizaines de milliards d'euros), les politicien⋅ne⋅s irlandais⋅e⋅s choisissent de passer outre (alors que c'est des entrées d'argent en moins pour l'État), mais quand il s'agit de privatiser les services de l'eau, les mêmes politicien⋅ne⋅s choisissent d'obéir lâchement. Deux poids, deux mesures…
    July 15, 2018 at 11:16:41 PM UTC - permalink - https://rutube.ru/video/755242f3f17e05b951f6afe67627a360/
  • Ebdo et la Revue Dessinée

    Depuis le crash d'« Ebdo », sur fond de fausse « affaire Hulot », l'ex-directeur de la publication, Thierry Mandon, a tenté en vain de reprendre la société éditrice, Rollin Publications, placée en liquidation judiciaire. Cet ancien minisitre de Hollande proposait de reprendre 19 salariés, contre 15 pour ses concurrents, le tandem Le Seuil-La Revue dessinée, et jouissait de solides appuis (l’administrateur et le mandataire judiciaires, le juge commissaire…). Las, le tribunal de commerce de Paris a préféré l’offre du Seuil et de la Revue dessinée. Motif, lu dans le jugement — du 31 mai — récemment rendu public : « Ebdo » affichait un trou de 3,1 millions d’euros deux mois après son lancement, et Mandon, « en grande partie à l’origine des difficultés du groupe, n'a pas convaincu une part très significative des salariés ».

    Et encore moins les lecteurs !

    Dans le Canard enchaîné du 4 juillet 2018.

    July 15, 2018 at 1:04:52 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?GbYSdw
  • Lucy à la chaîne

    Enfin une bonne nouvelle ! Elle concerne un pays de 100 millions d’habitants, dont on n’entend jamais parler, ou presque : l’Ethiopie. « Le figaro » (25/6) se réjouit : « L’Ethiopie s’ouvre enfin aux capitaux privés et étrangers. » Les industriels français sont sur les dents. Ainsi Bolloré et CMA CGM, qui « surveillent la situation attentivement ». En bons « acteurs de la logistique », ils sentent que l’import-export va exploser : navires, fret, trans- port maritime (l’Ethiopie n’a pas de façade maritime, mais tout passe par Djibouti), il y a « des opportunités » dans l’air.

    Il faut dire que l’Ethiopie est dirigée depuis près de trente ans par l’EPRDF, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, « au lourd héritage marxiste », comme dit « Le figaro ». Que ce gouvernement se convertisse à l’économie de marché et entreprenne d’industrialiser le pays à marche forcée, voilà qui ouvre des perspectives.

    La preuve : les Chinois et les Sri Lankais sont déjà là. C’est chez eux que l’Occident avait trouvé les salaires les plus bas de la planète et qu’il a longtemps tout fait fabriquer. Aujourd’hui, les anciens soutiers délocalisent à leur tour. Pour le plus grand profit de marques comme Guess, Levi’s et H&M…

    Très présents en Ethiopie, relate « Courrier international » (14/65), les Chinois y construisent des usines ultramodernes où ils installent leurs machines et leurs petits chefs puis vont au fin fond des campagnes chercher des femmes, qu’ils mettent au boulot. Salaire de base : 25 dollars (21,50 euros) par mois. Imbattable. Vingt fois moins qu’en Chine ! Et c’est ainsi que l’Ethiopie « est en passe de devenir l’échelon le plus bas de la chaîne d’approvisionnement qui nous inonde d’une mode jetable ».

    Certes, pour ces femmes, le travail en usine est une nouveauté. Pas très agréable : « Elles n’ont qu’une demi-heure pour déjeuner. Elles ont mal au dos. Elles sont épuisées. Ces boulots rendent tout le monde malade. » Pire, comme le note un DRH venu du Sri Lanka, « l’Ethiopie n’a jamais été colonisée. Les gens en sont fiers, ce qui engendre certaines résistances ».

    Certes, ça ne rigole pas : une jeune Ethiopienne diplômée explique avoir sombré dans la dépression durant les six semaines qu’elle a passées à surveiller 40 femmes travaillant sur une ligne de production de pantalons : « Chaque fois qu’une ouvrière n’atteignait pas l’objectif fixé, les chefs lui hurlaient dessus. » Les révolutions industrielles n’ont jamais été une partie de plaisir. Surtout menées par la Chine, dont le modèle industriel et consumériste a trouvé en Afrique de quoi assurer ses besoins colossaux et toujours croissants de matières premières et de produits manufacturés.

    Mais rassurons-nous : acheter pas cher la dernière fringue à la mode, c’est faire un geste humanitaire en faveur de l’Ethiopie, berceau de l’humanité et de l’australopithèque Lucy. Non ?

    Dans le Canard enchaîné du 4 juillet 2018.

    July 15, 2018 at 12:58:56 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?3qckhA
  • Des habits et des souliers vénéneux

    En pleins soldes d’été, voilà l’industrie du vêtement et de la chaussure habillée pour l’hiver ! L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rend, ce mercredi 4 juillet, un rapport sur la toxicité des fringues et des pompes. L’Anses a trouvé dans nos jeans, tee-shirts ou lingerie 15 cochonneries chimiques problématiques pour la santé, et pas moins de 17 dans nos escarpins, bottes et bottines : des colorants, des conservateurs, des stabilisateurs, des antiacariens, des imperméabilisants… En prêt-à-porter !

    Après avoir passé au tamis les études scientifiques sur les dermatites de contact, l’Agence a analysé la composition de 39 vêtements et paires de chaussures. Conclusion : 20 % des textiles recèlent du PPD, un colorant dérivé du goudron susceptible de déclencher des réactions allergiques à vie, 16 % sont chargés en métaux lourds, très toxiques, tels le cobalt, le cuivre ou le mercure (utilisés pour faire briller les matières ou fixer les teintures), et 20 % en NP et NPEO, imperméabilisants soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens.

    Sans aublier des substances carrément létales : 20 % des chaussures contiennent du chrome VI — un adjuvant employé pour le tannage du cuir et classé cancérogène avéré pour l’homme. Même problème avec la résine formaldéhyde, qui sert notamment à fixer les semelles. De quoi marcher à côté de ses pompes…

    Nickel-chrome

    La Commission européenne espère bien restreindre l’usage, pour les textiles et les chaussures, de tous les cancérogènes avérés ou supposés… mais en 2021 ! En attendant, l’Anses recommande a minima d’avertir le consommateur de la présence de ces substances. Elle préconise aussi de passer au lavage les vêtements neufs avant de les porter. Sauf que, en ce qui concerne les PPD, chaque tour de machine à laver imprègne encore un peu plus le vêtement de cette substance toxique.

    Les lecteurs du rapport de l’Anses vont pouvoir négocier des remises. Même après les soldes !

    Dans le Canard enchaîné du 4 juillet 2018.

    July 15, 2018 at 12:50:09 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?Lp6TJQ
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