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  • Les dindons de la retraite

    On n’arrête plus le progrès social : la majorité des retraités français vont être obligés de casquer afin de se prémunir contre un risque qui ne les menace plus, le chômage. Une mesure décidée au nom de la « solidarité nationale » et qui touchait déjà les fonctionnaires.

    Heu, c'est le principe de base de la mutualisation… Tu payes jusqu'à la fin de ta vie l'école, même quand t'as pas/plus d'enfants en âge d'être scolarisé. Pire, l'ouvrier⋅e finance les universités alors que sa progéniture à une probabilité très faible d'y aller pour un bac +5. Idem pour l'autorité, la Justice et les prisons. Tu payes jusqu'à la fin de ta vie les infrastuctures de transport, même si tu fais 3 pas en dehors de chez toi (par choix ou par handicap). Tu payes jusqu'à la fin de ta vie un système de santé que tu n'utiliseras peut-être pas. Remettre en cause sans cesse la solidarité est un non sens, les questions pertinentes me semblent être celles de la collecte (avec une harmonisation des cas compliquées ?) et la redistribution (qui ne protège pas tout le monde comme elle le devrait).


    Même lorsqu’il cumule sa retraite avec un emploi et perd ce dernier, le retraité n’a jamais droit à une allocation de chômage. A compter de 2018, les cotisations réglées par les seuls salariés — chômage (2.4 % du salaire) et maladie (0.75 %) — vont progressivement être supprimées et remplacées dès le 1er janvier, par une hausse de 1,7 % de la CSG… pour toutes les catégories de revenus. Y compris les retraités, donc, du moins ceux dont la pension est supérieure à 1 200 euros (le minimum vieillesse pour un couple), Le manque à gagner équivaut à la suppression de presque une semaine de pension par an : 265 euros pour une personne touchant une retraite nette moyenne (1 300 euros par mois). Ces mêmes retraités avaient déjà été matraqués, en 2014, par Hollande.

    L’accord sur l’assurance-chômage signé le 22 mars de cette année prévoit que les plus de 65 ans — salariés ou retraités reprenant un emploi salarié — doivent acquitter une cotisation chômage de 2,4 %. Coût de cette augmentation : 375 euros par an pour une pension moyenne. Cotisation à fonds perdus, là encore, le retraité étant certain de ne jamais en retirer le moindre avantage.

    Conscient de la légalité douteuse de cette assurance n’assurant rien du tout, le gouvernement l’a baptisée « contribution spécifique de solidarité ».

    Des fois qu’un ingrat retraité, surprotégé contre le chômage, saisisse le Conseil constitutionnel ?

    Dans le Canard enchaîné du 30 août 2017.

    Tue Sep 5 20:03:54 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?CoomXQ
  • Elève Google, au tableau !

    Pourquoi s’alarmer ? Si, le 12 mai, alors que Macron venait juste d’être élu, Mathieu Jeandron, le directeur du numérique pour l’Education, a déclaré qu’il n’émettait « pas de réserve générale » sur l’arrivée de Google et compagnie dans les établissements scolaires et universitaires, c’est que tout baigne, non ? Pourquoi les syndicats d’enseignants, les fédérations de parents d’élèves, la Ligue des droits de l’homme grimpent-ils aux rideaux (« Le Monde », 24/8) ?

    Les multinationales américaines veulent faire chez nous ce que Google vient de réussir en Suisse (« Le Temps », 26/6) : tout offrir gratis aux élèves. Des applications en ligne, des « outils collaboratifs », des tablettes à prix cassé… Cadeau !

    Certes, cette évangélisation a un but : convertir les jeunes têtes blondes à l’usage massif de Google, Apple , Facebook, Amazon et Microsoft. Et permettre à ces géants du Web de s’emparer, à l’occasion, de juteuses montagnes de données personnelles.

    Quoi ? les données scolaires sont aussi sensibles que les données médicales ? Quand Google connaîtra le parcours scolaire de chaque élève, ses bulletins, son nombre d’heures de colle, ses mauvaises notes en maths, et qu’il vendra tout ça au Medef, ça créera quelques petits problèmes à l’embauche ? Mais non, voyons. Puisqu’on vous dit que l’ordinateur à l’école c’est l’avenir…

    Dans le Canard enchaîné du 30 août 2017.

    Tue Sep 5 20:03:05 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?yHfazg
  • How to Rewrite Location Response Header in a Proxy Setup with Apache - Stack Overflow

    Soit un proxy web avec Apache httpd qui transfert les requêtes des client⋅e⋅s à un serveur Tomcat. Le proxy force le client à revenir lui causer en HTTPS, mais transfert les requêtes en HTTP, c'est-à-dire en clair, au Tomcat (car ce sont deux machines virtuelles sur le même hyperviseur donc le risque est quasi nul et que configurer Tomcat, pour mettre en œuvre HTTPS ou autre chose, c'est une plaie donc no way).

    Problème : si l'application exécutée par le Tomcat envoie une redirection HTTP, elle code le protocole, http, en dur dans la réponse. Apache httpd transfert ça au client… qui demande la bonne ressource au proxy… en clair. Ainsi l'HTTPS initial est détourné : n'importe qui sur Internet, entre le client et le proxy, voit les ressources qui sont demandées. Pas le contenu, certes, mais l'URL précise tout de même… C'est préoccupant d'un point de vue vie privée.

    Pour s'en rendre compte, on utilise wget :

    $ wget https://lala.example.net
    --2017-09-05 11:51:37--  https://lala.example.net/
    Résolution de lala.example.net (lala.example.net)… 192.0.2.1
    Connexion à lala.example.net (lala.example.net)|192.0.2.1|:443… connecté.
    requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 302 
    Emplacement : http://lala.example.net/mon_appli/index.html [suivant]
    --2017-09-05 11:51:39--  http://lala.example.net/mon_appli/index.html
    Connexion à lala.example.net (lala.example.net)|192.0.2.1|:80… connecté.
    requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 302 Found
    Emplacement : https://lala.example.net/mon_appli/index.html [suivant]
    --2017-09-05 11:51:39--  https://lala.example.net/mon_appli/index.html
    Connexion à lala.example.net (lala.example.net)|192.0.2.1|:443… connecté.
    requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 
    Taille : 11080 (11K) [text/html]
    Sauvegarde en : « index.html »

    Pour résoudre cela, on ajoute ce qui suit dans la configuration d'Apache httpd, en plus des directives ProxyPass habituelles :

    Header edit Location "(^http://)([^/]+)" ""

    Ainsi, l'URL de redirection sera tronquée du protocole, elle sera relative. Le client web comprendra qu'il faut revenir en HTTPS et non pas en HTTP.

    On reload Apache httpd et on vérifie :

    $ wget https://lala.example.net
    --2017-09-05 11:52:01--  https://lala.example.net/
    Résolution de lala.example.net (lala.example.net)… 192.0.2.1
    Connexion à lala.example.net (lala.example.net)|192.0.2.1|:443… connecté.
    requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 302 
    Emplacement : /mon_appli/index.html [suivant]
    --2017-09-05 11:52:01--  https://lala.example.net/mon_appli/index.html
    Réutilisation de la connexion existante à lala.example.net:443.
    requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 
    Taille : 11080 (11K) [text/html]
    Sauvegarde en : « index.html.1 »
    Tue Sep 5 11:34:27 2017 - permalink -
    - https://stackoverflow.com/questions/16297233/how-to-rewrite-location-response-header-in-a-proxy-setup-with-apache
  • Blog Stéphane Bortzmeyer: Le prix Nobel d'Économie pour étudier les biens communs

    C'est vieux, mais c'est une excellente synthèse approfondie.

    Mais il y a un point qui me tient à cœur dans le problème de la tragédie des biens communs qui est rarement mentionné : c'est que le problème est artificiellement déséquilibré. Dans la description classique du problème, le pré est public mais les moutons sont privés. Donc, les dépenses (d'entretien et de régénération du pré) sont partagées entre tous alors que les bénéfices reviennent à 100 % au berger. Pas besoin d'être prix Nobel d'Économie pour voir que, dans ce cas, l'intérêt rationnel de chaque berger est d'épuiser le pré le plus vite possible. En effet, s'il y a N bergers et qu'ils sont en même temps, en tant que membres de la communauté, responsables équitablement du pré, les dépenses D provoquées par le surpâturage seront de D/N par berger, alors que le bénéfice dû à ce surpâturage, même s'il est très inférieur à D, est entièrement pour le berger. Le choix rationnel individuel est vite fait et, comme souvent, il mène à la ruine de tous. On voit ce genre de phénomènes tous les jours ; par exemple, dans le transport routier, le patron d'une entreprise de transport ne paie qu'une partie de l'usure de la route due à ses camions, via ses impôts, alors qu'il garde tous les bénéfices : les moyens de transport collectifs comme le train ne peuvent donc pas lutter.

    […]

    Et pas besoin d'avoir un doctorat en mathématiques pour se dire que le problème peut être résolu d'un côté (privatiser la terre commune) ou de l'autre (remettre en cause la propriété privée des moutons) : c'est la contradiction entre les deux modes de propriété - dépenses publiques et bénéfices privés - qui est la source du problème. (Là, par contre, Hardin s'est arrêté avant ce point.)

    L'argument d'Ostrom est différent (mais pas incompatible) en insistant sur le fait que les biens communs ne sont pas seulement une ressource passive qu'on exploite mais aussi un espace politique, régulé par la communauté. Ce point a été traité, par exemple, par Eva Hemmungs Wirten dans ses études sur les glaneuses. Pour éviter qu'une glaneuse individuelle ne ramasse tout, un certain nombre de règles ont été élaborées par les glaneuses, ainsi qu'une méta-règle, glaner uniquement en plein jour, pour garantir la transparence du processus.

    Mon Sep 4 12:58:19 2017 - permalink -
    - http://www.bortzmeyer.org/communs-et-nobel.html
  • Le futur des fournisseurs d'accès associatifs se joue au Parlement européen | FAImaison

    Des votes ont lieu les 4 et 11 septembre au Parlement européen sur un texte qui touchera profondément et pour longtemps les fournisseurs d'accès à internet (FAI) associatifs de l'Union européenne (UE) : la future directive qui établira le Code des communications électroniques européen (CCEE).

    Envoyez des courriels et/ou appelez gratuitement un·e député·e grâce au PiPhone, en concentrant les efforts sur les membres de la commission parlementaire en charge de l'industrie (acronyme : ITRE), car c'est elle qui vote le 11 septembre.

    Pour une vision globale de ce qui se trame : le 2e Paquet Télécoms.

    Pour une vision dans le détail : liste des amendements à faire soutenir ou à faire rejeter.

    Sun Sep 3 15:01:25 2017 - permalink -
    - https://www.faimaison.net/actualites/appel-eurodeputes-code-communications-electroniques-europeen-2017.html
  • Everything about nothing: Seagate disk SMART values...

    While searching around I stumbled on a post Seagate's Seek Error Rate, Raw Read Error Rate, and Hardware ECC Recovered SMART attributes. In this post, the author explains that all the values are actually 48 bits, and due to the way they are encoded it follows that those values are large. More specifically, raw value of the Seek error rate attribute should be converted to hexadecimal and then upper 16 bits are number of errors, while lower 32 bits are total number of seeks.

    In this concrete case the raw value for Seek error rate is 17262017054, or 0x000404E57A1E. The first 16 bits is 0x0004 and the last 32 bits are 0x04E57A1E. What this means is that there were 4 seek errors (meaning the head wasn't positioned correctly after being moved to some track) but there were 82147870 seeks in total. So, this is very very small fraction of errors.

    Ooooook. Sur un disque dur Seagate, une valeur positive pour l'attribut SMART « Raw Read Error Rate » ou pour l'attribut « Seek Error Rate » ne signifie pas forcément que le disque commence à aller mal…

    Fri Sep 1 19:55:46 2017 - permalink -
    - https://sgros.blogspot.fr/2013/01/seagate-disk-smart-values.html
  • VMware : d'une image disque thick (pré-allouée / statique) à une image disque thin (sparse / dynamique)

    Dans le monde de la virtualisation, il y a deux types d'image disque :

    • Image statique / pré-allouée / thick provisioning : sur le support de stockage, le fichier image occupe réellement l'espace disque attribué à la machine virtuelle. Un disque dur virtuel de 50G occupe réellement 50G, même si la machine virtuelle n'utilise réellement que 5G d'espace. Avantages : les performances accrues et la prévisibilité de l'occupation des supports de stockage ;

    • Image dynamique / sparse image / thin provisioning : sur le support de stockage, le fichier image occupe réellement l'espace maximal utilisé par la machine virtuelle. Si notre machine virtuelle a un disque dur de 50G mais n'en a toujours utilisé que 5G tout au plus, le fichier image occupera 5G. Attention : si la machine utilise 15G puis redescend à 5G, le fichier image occupera toujours 15G. Cette faculté repose sur une fonctionnalité des systèmes de fichiers modernes : les fichiers sparses / comportant des zones vides. Avantage : réduction des coûts par densification et flexibilité, il est possible d'allouer plus d'espace que ce dont on dispose en réalité sur les supports de stockage donc on peut créer plus de machines virtuelles sur un même hyperviseur… en espérant que toutes les machines virtuelles ne réclament pas le max qu'on leur a attribué sinon ça va trèèès mal se passer tendance crash des machines virtuelles voire corruption de fichiers.

    Dans les deux cas, il est possible d'accroître la taille d'une image disque après coup : d'abord dans les paramètres de la machine virtuelle sur l'hyperviseur, puis à coup de gparted ou autre outil de gestion de disques à l'intérieur de la machine virtuelle, et enfin au niveau des systèmes de fichiers.

    En passant, à l'intérieur des machines virtuelles, le plus flexible est d'utiliser une seule partition avec du LVM. Ainsi, accroître la taille du volume logique pris entre deux autres volumes logiques ne nécessite pas de déplacer les données (ce qui est une opération chronophage est risquée si l'opération est interrompue) comme c'est le cas avec des partitions. J'enfonce des portes ouvertes ? Ce n'est pas encore acquis pour tout le monde en 2017.

    Comment faire pour passer d'une image statique (thick) à une image dynamique (thin) avec VMware ?

    Au préalable, il peut être intéressant de remplir de 0 l'espace disque non alloué de la machine virtuelle (ne pas réaliser l'étape comportant vmkfstools !). Ainsi, l'image thin n'occupera pas l'espace de l'image statique mais directement l'espace réellement utilisé par la machine virtuelle.

    On éteint la machine virtuelle.

    On active SSH sur l'ESXi. On se déplace jusqu'à l'emplacement des fichiers de la machine virtuelle : cd /vmfs/volume/<nom_banque_données>/<nom_machine_virtuelle>. Pour trouver ce chemin, rien de mieux que de regarder dans les paramètres de la machine virtuelle avec Vsphere client.

    On effectue la conversion : vmkfstools -i <nom_image_disque>.vmdk -d thin <nom_image_disque>-thin.vmdk.

    Avec le client Vsphere, on retire l'ancien disque de la machine virtuelle puis on ajoute le nouveau.

    On démarre la machine virtuelle.

    Si tout est OK, on peut supprimer l'image statique : rm <nom_image_disque>.vmdk.

    Fri Sep 1 16:20:00 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?ffS8kg
  • Récupérer l'espace disque non utilisé dans un fichier VMware vmdk

    Après avoir récupéré l'espace disque non utilisé dans un fichier qcow2 KVM, on voudrait récupérer l'espace disque non utilisé dans l'image disque d'une machine virtuelle fonctionnant sous VMware. Oui, je sombre dans la folie et la crasse.

    Si le système virtualisé est un GNU/Linux

    $ sudo -i
    # apt-get install zerofree
    # mount -o remount,ro /
    # # Évidemment, ça ne va pas fonctionner
    
    # echo u > /proc/sysrq-trigger
    
    # zerofree -v /dev/sdXy
    
    # poweroff

    Évidemment, il faut faire ça pour toutes les partitions…

    Si le système invité est un winwin

    Il faut utiliser l'utilitaire sdelete. La dernière version en date, la 2.0, ne fonctionne pas : elle reste bloquée à 100 %. Il faut donc récupérer la dernière version fonctionnelle, la 1.61. N'oublie pas d'utiliser VirusTotal. Je mets à disposition une copie : sdelete 1.61.

    Ensuite, on ouvre une console en administrateur (rechercher cmd, clic droit -> Exécuter en tant qu'administrateur) et on lance sdelete -z c:.

    Attention : contrairement à zerofree, sdelete va remplir de 0 toooouuuut l'espace disque (et pas juste les blocks non alloués) donc le fichier image de la machine virtuelle va grossir jusqu'à atteindre la taille max de la partition !

    Évidemment, il faut faire ça pour toutes les partitions…

    À la fin de l'opération, on éteint la machine virtuelle.

    Note : oui, au lieu d'utiliser sdelete, on aurait aussi pu démarrer la machine virtuelle sur un live CD GNU/Linux et utiliser la commande ntfswipe. Tout comme sdelete, ntfswipe fait monter l'espace disque utilisé par l'image disque à la taille de la partition, mais sdelete permet de maintenir le service en état de fonctionnement alors qu'un live CD interrompt immédiatement le service rendu par la machine virtuelle.

    Sur l'hyperviseur

    On active SSH sur l'ESXi, on s'y connecte puis on utilise la commande : vmkfstools -K /vmfs/volumes/<nom_banque_données>/<nom_machine_virtuelle>/<nom_image_disque>.vmdk. Pour trouver ce chemin, rien de mieux que de regarder dans les paramètres de la machine virtuelle avec Vsphere client. On attend et on démarre la machine virtuelle. \o/

    Note : je ne sais pas comment cela se passe en présence de snapshots : je les ai supprimé avant de faire cette manipulation.

    Fri Sep 1 15:22:01 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?UxjbTg
  • Récupérer l'espace disque non utilisé dans un fichier qcow2 avec un système virtualisé winwin

    Au boulot, nous avons une machine virtuelle KVM avec winwin 10 comme système invité. Le disque dur de cette machine virtuelle se matérialise sur le stockage de l'hyperviseur par un fichier qcow2.

    Par défaut, le format qcow2 produit des sparse files : le fichier image n'aura pas la taille du disque dur entier (exemple : 50G) mais celle de la quantité maximale de données réellement écrite par le système invité (33G, par exemple).

    Winwin 10 et les mises à jour occupent 33G. On peut utiliser le nettoyage de disque pour virer les sauvegardes qui sont réalisées automatiquement avant les mises à jour. Cela permet de récupérer 18G. Pourtant, sur l'hyperviseur, la taille réelle du qcow, obtenue avec ls -s, est toujours de 33G (d'où mon « maximale » dans le paragraphe précédent ;) ). Comment récupérer ces 18G dans le fichier image ?

    Le système invité doit être éteint, puis :

    $ sudo apt-get install qemu-utils kpartx ntfs-3g
    
    $ sudo modprobe nbd max_part=8
    $ sudo qemu-nbd -c /dev/nbd0 winwin.qcow2
    
    $ sudo kpartx -av /dev/nbd0
    add map nbd0p1 (254:6): 0 1024000 linear 43:0 2048
    add map nbd0p2 (254:7): 0 102082870 linear 43:0 1026048
    add map nbd0p3 (254:8): 0 1742848 linear 43:0 103110656
    
    $ sudo ntfswipe -av /dev/mapper/nbd0p2
    […]
    37700389936 bytes were wiped (excluding undelete data)
    
    $ sudo kpartx -dv /dev/nbd0
    
    $ sudo qemu-nbd --disconnect /dev/nbd0
    $ sudo modprobe -r nbd
    
    $ sudo fallocate -d winwin.qcow2

    Attention : ntfswipe va consommer l'intégralité de l'espace disque de la partition winwin. Sur l'hyperviseur, assure-toi d'avoir suffisamment d'espace pour que le qcow puisse grossir jusqu'à sa taille maximale configurée sinon ntfswipe affichera Failed to sync device /dev/mapper/nbd0p2: Erreur d'entrée/sortie.

    Comment sais-je qu'il faut travailler sur la deuxième partition ? J'ai pu monter chaque partition et regarder son contenu avec mount /dev/mapper/nbd0p<X> /mnt + ls lh /mnt, tout simplement.

    Après cela, le fichier qcow2 occupe réellement 15G sur le stockage de l'hyperviseur. \o/

    Notes en vrac :

    • La commande cp est suffisamment intelligente pour copier toute seule un fichier contenant des zones vides (sparse file) (sinon, il faut ajouter --sparse=always), mais ce n'est pas le cas de caja, le gestionnaire de fichiers de MATE, qui copie donc la taille maximale configurée… ;

    • Avec un GNU/Linux comme invité (et un système de fichiers ext), on aurait fait tout pareil, mais en utilisant zerofree -v /dev/mapper/nbd0p<X> au lieu de ntfswipe.
    Sun Aug 27 00:02:04 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?gIyAKg
  • Plus je pense au Monde et à son Decodex... - Guillaume Champeau | Facebook - GuiGui's Show - Choses vues, sur le web et ailleurs

    • je trouve la dernière phrase comlpétement fausse par-contre : "la confrontation des idées est moins importante que le fait de ne pas exprimer "les mauvaises idées". Trouve t-il que nous manquons de gens qui n'osent pas "exprimer les mauvaises idées" ? J'ai au contraire l'impression que l'on n'entend plus qu'eux...

    Je ne comprends pas la prose de gchampeau de cette manière. Pour moi, ce qu'il exprime, c'est que l'on régresse dans la production d'une pensée politique (vie de la cité) au niveau de chaque individu par le manque de confrontation à des idées que ne font pas partie d'un même continuum préalablement admis par l'individu. L'illustration la plus documentée, c'est les bulles de confort que créent pour nous certains services comme les moteurs de recherche et les réseaux sociaux : tu liras, automatiquement, en majorité, des idées qui te plaisent, qui confortent ce que tu penses, qui vont dans ton sens, qui ne heurtent pas frontalement ta petite vision du monde. On n'a jamais autant produit de contenus divergents, mais on n'a jamais autant lissé notre accès à l'information non plus.

    Mais cela va beaucoup plus loin. gchampeau évoque très justement la presse qui est plutôt fade à mon goût : tu n'y trouves rien qui te révolte, qui te confronte à de l'inconnu et te fais réfléchir. Je parle bien de la manière dont l'information est traitée, pas de l'info elle-même qui peut t'échauffer la bile. La presse est conçue pour ne pas heurter la petite vision du monde de ses lecteur⋅rice⋅s, pas folle la guêpe. Même le Canard, Mediapart et Arrêt sur Images… Le choix des sujets abordés (les projets de loi sont très peu décortiqués pour que le⋅a citoyen⋅ne les comprenne avant la séance plénière et puisse agir, par exemple), la manière de les traiter, le ton, les personnes / expert⋅e⋅s interrogées, tout cela est fait pour ne pas choquer, pour que les propos fassent sens pour le lectorat habituel : un journal orienté à gauche n'heurtera pas une personne orientée à gauche. On flatte l'intellect et l'appartenance politique du lectorat habituel, on est entre nous, en somme. Ce qui est d'autant plus vrai que les journalistes viennent, en majorité, du même milieu que leur lectorat (blanc⋅he⋅s, CSP+, diplomé⋅e⋅s, etc.)…

    Même chose pour les prétendus débats télévisés / radiophoniques qui, en réalité, mettent en scène des gens provenant du même monde qui sont parfaitement d'accord entre eux⋅elles et qui s'écharpent sur de jolis points de détail pour faire de la mousse.

    C'est la même chose en ce qui concerne nos lectures sur le web et les RSS : nous lisons volontairement des contenus auxquels nous nous attendons, qui sont en continuité des sujets qui nous passionnent. Nous nous regroupons sur des moyens de communication pour discuter de sujets convenus implicitement : il n'y a point de surprise dans nos conversations, nous sommes entre nous. Illustration : on est du même milieu tous les deux (diplômés, CSP+, etc.) donc les sujets que je traiterai sur ce shaarli te sembleront naturels, ils feront sens, même ceux dont tu ignorais l'existence. On aura des points de désaccord de façade, mais globalement, on se comprend, on siège sur le même tas de privilèges et on regarde dans la même direction, peut-être avec un angle légèrement différent, mais sans plus. Sur ce shaarli, il n'y a rien qui va révolutionner tes pensées.

    Cette atrophie de la pensée politique par manque de confrontation se manifeste aussi dans la qualification de tout, à tout-va, de troll ou de fake news… Dès que t'as un avis divergeant borné, hop, c'est du troll, même si ça ne correspond pas à l'étymologie du mot. Les fake news sont la version institutionnalisée de cela : tout ce qui gratte doit se voir qualifier de ce terme péjoratif. C'est bien pratique pour fermer les écoutilles. Il y a quelques mois, un ami nous interrogeait (lui et moi) sur le fait qu'il est possible de discuter de tout, mais pas avec tout le monde. L'idée étant que globalement, tu laisseras très vite tomber une discussion face à un⋅e raciste convaincu⋅e, par exemple. Évidemment, j'ai nié : "sisi, je dialoguerai jusqu'au bout". Après réflexion, c'est un mensonge. Il n'y a qu'à voir comment je lâche assez vite dès qu'on me dit qu'en défendant la neutralité du réseau, je défends le harcèlement sur les réseaux sociaux ou que les grosses sociétés commerciales en oligopole sont trop importantes pour le progrès humain… On échange mais on reste dans nos communautés d'opinion.

    Cela se manifeste aussi dans l'exigence de bienveillance telle qu'elle est usitée aujourd'hui : derrière l'étendard d'une communication plus humaine (discuter avec de vrais arguments, sans agressivité superflue, etc.) dont je ne nie pas la légitimité et la nécessité, on essaye de museler autrui pour ne plus qu'il⋅elle nous heurte lorsqu'il⋅elle s'exprime. En faisant mine que c'est la forme qui nous choque, nous avons de plus en plus tendance à exiger, en réalité, qu'autrui n'exprime plus le fond.

    Bref, on, aussi bien l'individu que le journal, cherche à plaire à autrui, par nécessité (sinon c'est l'exclusion sociale et l'humain⋅e est un animal social) et c'est beaucoup plus vicieux que le classique "on m'empêche de m'exprimer". C'est plutôt "il m'est impossible de penser". C'est un cran en amont. Donc on produit une pensée politique de meute. Elle peut être de gauche radicale ou de droite dure, mais c'est une pensée politique de meute.

    Quant à savoir si c'était mieux avant, je ne suis pas de cet avis, je pense que nous avons globalement évolué par rapport aux siècles derniers, mais je constate que ce risque de rupture dans la production croissante d'une pensée politique individuelle nous guette. Et ça m'inquiète.

    Quant à savoir si l'on peut améliorer cela, je pense que oui, mais dans une certaine mesure. On peut échapper aux bulles en utilisant d'autres outils, on peut échapper aux débats télévisés bidons en éteignant la TV, on peut réellement user de la pluralité de la presse afin de lire des propos à l'opposé des nôtres… Mais les limites sont là. Nous manquons de temps pour ce faire parce que d'autres personnes fixent notre agenda et notre rapport au temps, du travail jusqu'à l'ordre du jour et les timings de l'Assemblée Générale de l'association du coin en passant par les medias et les politicien⋅ne⋅s. Or, il m'apparaît évident que la politique ne peut se faire que que sur du long terme, avec de longs délais de réflexion. Et puis, nous manquons de facultés cognitives : le système cognitif de l'humain⋅e est une machine à fabriquer des habitudes car il a des ressources limitées donc nous éprouvons une résistance naturelle face aux propos qui ne vont pas dans notre sens. On peut aussi essayer d'aller vers une compréhension de l'autre, mais quand je vois la stigmatisation des électeur⋅rice⋅s FN qui, du coup, se mangent une double peine (subir la précarité (économique, affective, en matière de sécurité, etc.) qui les a fait basculer + la stigmatisation elle-même), ça me semble mal engagé…

    Mon Aug 21 22:28:38 2017 - permalink -
    - http://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?4NU3Cg
  • Plus je pense au Monde et à son Decodex... - Guillaume Champeau | Facebook

    Très très intéressante réflexion de gchampeau. Je la recopie ici parce que Facebook, bon…

    Plus je pense au Monde et à son Decodex qui cherche à dire quels sont les médias respectables et ceux qui ne le sont pas, plus ça me fait penser à un vieil article que j'avais écrit il y a une dizaine d'années.

    A l'époque on était encore en plein débat public sur la loi DADVSI (précurseur de l'Hadopi), donc sur la lutte contre les échanges d'œuvres en P2P, de la main à la main entre les internautes. Je venais de lire l'excellent "We The Media" de Dan Gilmore, dans lequel il prophétisait que l'État chercherait à s'attaquer au P2P, non pas pour protéger les droits d'auteur, mais surtout pour combattre la désintermédiation du partage de l'information.

    A l'époque nous étions aussi en pleine explosion de la blogosphère. Tout le monde voulait avoir son blog sur lequel s'exprimer, et de fait beaucoup de monde l'avaient. A l'époque, on utilisait encore des lecteurs de flux RSS pour se tenir informé des publications des uns et des autres. Il n'y avait pas (ou peu) d'intermédiaire. Tout se faisait en direct, en pair à pair, donc en P2P...

    Or ce que disait le ministre de la culture de l'époque, Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV), c'est qu'il fallait "s'attaquer au problème de la presse et de l'internet", avec une labellisation des sites de presse de qualité, écrits par des journalistes professionnels. Les blogueurs amateurs, eux, n'auraient pas le précieux label, que pourraient prendre en compte des logiciels de filtrage parental. En s'attaquant au P2P, en ostracisant les sites non labellisés, on regagnerait le contrôle sur l'information. A l'époque, le projet avait fait bondir la blogosphère, qui était très puissante, beaucoup plus finalement que la presse traditionnelle moribonde.

    Dix ans plus tard, RDDV a gagné, mais pas comme prévu. La réintermédiation s'est faite, par notre propre faute. Qui a encore son blog aujourd'hui, à part quelques illuminés toujours mieux éclairés que nous ? Les Rue89, Figarovox, Le Monde, HuffPost, etc. sont venus agréger les blogs qui sont progressivement repassés au second plan. En tant qu'internautes on s'exprime tous désormais (la preuve) sur Facebook, Twitter, Instagram... Ce sont eux les intermédiaires qui choisissent ce qu'on peut ou ne pas dire.

    Et pour ceux qui passent encore en P2P avec des blogs auto-édités, voilà que le projet de labellisation se fait par la presse elle-même. Par Le Monde et son Decodex. Sans doute avec la meilleure intention du monde, ils ont privatisé le projet de RDDV. Ici la pastille vert pour les bons (mais gare à ne pas tomber dans l'orange), ici la pastille rouge pour les pas bon. Il n'y a pas encore de filtrage parental, mais il y a l'extension Chrome ou Firefox qui dit "attention".

    D'un certain côté, quand on voit par exemple ce qu'est hélas devenu Agoravox (à qui je ne jetterai pas la pierre, ce n'était pas simple à modérer), je comprends le besoin de labelliser. D'un autre côté, le problème principal de l'information aujourd'hui n'est pas que trop de monde s'exprime, c'est que plus assez d'entre eux sont visibles. A l'époque de la blogosphère, on débattait, on s'engueulait, on se répondait entre blogueurs. On n'avait pas les idées des autres et c'est précisément pour ça qu'on allait les lire. En tant que lecteurs, on s'enrichissait de tous les points de vue, et on se forgeait le nôtre. Qu'on exprimait, et qu'on mettait en débat. C'était vertueux.

    Aujourd'hui nous avons Facebook qui choisit ce qu'on lit en fonction de (ce) qui va nous plaire. Le Monde, Libération, Le Figaro, etc., ont mis les blogs et leurs bloggueurs à l'arrière plan, pour ne plus avoir de points de vue qui choquent le lecteur et nuisent à leur marque. Même mon cher et tendre Numerama ne se risque plus que trop rarement à choquer le lecteur et ses confrères. Parce que nous sommes, globalement, passés dans une autre époque, où la confrontation des idées est moins importante que le fait de ne pas exprimer "les mauvaises idées". Et à force de ne plus les confronter, on ne sait plus très bien pourquoi une idée est mauvaise, ou pourquoi une idée est bonne.

    L'article en question pour ceux qui veulent le lire : http://www.numerama.com/magazine/2698-rddv-precise-son-projet-de-censure-des-blogs.html

    Via https://seenthis.net/messages/569474

    Mon Aug 21 13:41:28 2017 - permalink -
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  • Gattaz le stratège

    Quel général entraînera à sa suite ce patronat de combat ? En réponse à l’article du « Canard » (19/7) annonçant son projet de départ anticipé de la présidence du Medef, Pierre Gattaz a assuré à l’AFP (20/7 ) qu’il resterait en poste, « comme prévu, jusqu’en juillet 2018 » et que la campagne de succession « ne débutera[it] qu’en janvier ». Étonnant, quand on sait que le patron du Medef a déjà convoqué pour le 13 septembre le comité statutaire de l’organisation patronale. Au menu ? Sa succession, pardi !

    « Pierre Gattaz veut obtenir une modification des statuts pour permettre à Jean-Dominique Senard de se porter candidat sans risque de se faire retoquer », explique un fin connaisseur des arcanes patronaux. Le président du groupe Michelin, qui a soufflé ses 64 bougies en mars, part avec un petit handicap. Le Medef a en effet fixé l’âge limite de son président à 65 ans…

    Le patron des patrons a trouvé la parade : plutôt que de repousser l’âge du capitaine, il compte proposer une « réinterprêtation » des textes. Ainsi, toute personne pourrait se présenter au mandat de président tant qu’elle se trouverait dans sa… soixante-cinquième année !

    Le boss du Medef est prêt à toutes les concessions juridiques pour convaincre Jean-Dominique Senard — réputé proche de Macron — de prendre le job. Ainsi, à l’occasion de l’université d’été des patrons, qui se tiendra à Jouy-en-Josas à partir du 29 août, il a convié le président de Michelin à ouvrir la conférence de 20 heures. Le thème : « Quelle équipe de France pour conquérir le monde ? »

    Conquérir la croissance et l’emploi serait déjà un bon début…



    Ouais, quand les règles ne permettent pas de satisfaire une envie personnelle ou une lubie collective à la mode, on les change brutalement ou on fait mine de les comprendre différemment tout en faisant appel au bon sens pour asséner que l'interprétation originale est désuète. Ça marche aussi bien chez les élu⋅e⋅s qui modifient la loi (voire la Constitution) à l'arrache que dans les associations qui modifient leurs Statuts à l'arrache. Bref, je n'ai pas plus envie que ça de cracher sur le Medef sur ce point, ce shaarli est plutôt une illustration d'une pratique qui m'insupporte et que j'espère voir disparaître… aussi bien dans la petite asso du coin que chez nos élu⋅e⋅s que dans la grosse structure représentative.

    Dans le Canard enchaîné du 16 août 2017.

    Sat Aug 19 18:40:21 2017 - permalink -
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  • Le Medef clame dans une note son dépit amoureux pour Macron

    Je retiens que le Medef (sans doute autoradicalisé) n'est pas disposé à lâcher les moindres miettes, et c'est son droit le plus strict. Nous aurons donc l'obligation d'être aussi fermes dans la rue début septembre pour lutter contre le détricotage de nos droits en tant que salarié⋅e⋅s. Les cartes de l'adversaire sont sur la table et elles sont claires.


    Après lui avoir lancé des fleurs, l’organisation patronale recense “mesures négatives”, taxes et prélèvements dont le Président va les accabler.

    Entre les patrons et Emmanuel Macron, ce devait être une romance. Contrairement à son prédécesseur, François Hollande, le nouveau président, qui a grandi à l’ombre de la maison Rothschild, ne déteste ni les riches ni le grand capital. À l’époque de l’instauration de la taxe de 75 % sur les hauts salaires, alors conseiller, il s’était même récrié : « C’est Cuba sans le soleil ! » Hélas, la lune de miel risque de tourner court…

    À la fin de juillet, le Medef a élaboré une note sobrement intitulée : « Point sur les sujets fiscaux d’actualité ». Ce document de trois pages, sur lequel « Le Canard » a mis son bec, salue l’« effort de baisse des dépenses publiques » et se félicite que « les mesures entrepreneuriales du programme d’Emmanuel Macron soient mises en œuvre dès 2018 ». Un beau bouquet de fleurs — mais les épines ne tardent pas à pointer. « Nous restons vigilants sur l’équilibre global des mesures fiscales à venir. » Et la. « vigilance » de faire rapidement place à la méfiance. Ainsi, le Medef tient à attirer l’attention de ses responsables sur une possible dérive. Évoquant le taux d’imposition sur les sociétés (IS), censé descendre à 25 % en 2022, il rappelle qu’il « privilégie une première tranche de baisse uniforme dès 2018 », alors que le gouvernement étudie d’autres paliers alternatifs. Macron serait—il tenté de jouer la montre ?

    Après quoi, l’organisation patronale prend carrément ses distances. Si elle approuve, évidemment, la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) envisagée pour début 2018, elle voit d’un très mauvais œil l’instauration d’un impôt sur la fortune immobilière (Ifi). « Il faut s’assurer, recommande la note, que l’immobilier nécessaire à l’activité de l’entreprise ne sera pas taxé, quel que soit le dispositif juridique (SCI, location… ). »

    Patronat martyrisé

    Vient enfin la franche hostilité. Au chapitre des « mesures négatives », le Medef cible trois projets en particulier.

    Primo, l’institution, pour trois ans, d’un prélèvement sur le revenu des grandes entreprises. Il est destiné à compenser le coût des contentieux (de 5 à 6 milliards) perdus par l’État face à ces mêmes grosses boîtes ! Et cette façon de reprendre ce qu’on ai perdu dans les caisses du bénéficiaire est jugée « inacceptable » et « incohérente ». Voilà qui pourrait annuler en partie une promesse du candidat Macron : la suppression dès 2018 de la taxe de 3 % sur les dividendes.

    Secundo, une augmentation de la taxe carbone à 44 euros la tonne, contre 39 euros initialement prévue. Dans son style si littéraire, le Medef estime que « les PMI et les entreprises de transport seront très impactées ».

    Tertio, la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), qui s’élève actuellement à 7 % de la masse salariale, en baisse de charges sociales (6 %) ne lui convient pas du tout. La perte pour les entreprises, a-t-il calculé, serait de 5 à 7 milliards d’euros !

    À la rentrée, si les syndicats de salariés la jouent conciliants (FO et CFDT ont semblé séduits), c’est le Medef qui va descendre dans la rue !


    L’État en marche passe à la caisse

    Si Macron prend le risque de fâcher (un peu) le patronat avec la perspective de nouvelles taxes (lire ci-dessus), ce n’est pas de gaieté de cœur. Au sein du budget 2018, il lui faut en effet dégager une quinzaine de milliards pour financer les largesses promises dans son programme… et celles consenties par Hollande pendant la période électorale — sans que le moindre financement ait été prévu.

    Côté héritage, c’est 5 milliards qu’il convient de dénicher afin de compenser, notamment, une première tranche de baisse de l’impôt sur les sociétés.

    Mais, le gros morceau, ce sont les promesses de Macron lui-même. Entre les baisses de recettes prévues et les dépenses imprévues, il y en a, cette année, pour 11 milliards environ.

    • La transformation de l’ISF en impôt sur la fiscalité immobilière lui coûte ainsi 3 milliards de recettes.

    • La suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables vaporise 3 milliards dès cette année, et 7 autres les deux années suivantes.

    • Le taux d’imposition unique à 30 % pour les revenus du capital fait maigrir les recettes de 1 milliard.

    • La taxe de 3 % que les entreprises payaient jusqu’ici sur les dividendes distribués à leurs actionnaires a été déclarée illégale par la Cour de justice européenne en mai. Et voilà 2 milliards de plus escamotês. Sans oublier les 6 milliards que l’État va devoir rembourser aux boîtes ayant indûment versé, par le passé, cette taxe à 3 % : 2 milliards cette année et 4 autres les deux suivantes.

    Avec ce pactole qui leur tombé du ciel, Macron va pouvoir demander un petit effort aux patrons !



    Je retiens que tout cet équilibrage fiscal est pitoyable. Alors je retire 3 sous ici, j'ajoute 2 sous ici et 1,5 sous ici (le 0,5 c'est le surplus en douce ;) )… Sérieusement… À quand les profondes réformes cohérentes (en faveur des citoyen⋅ne⋅s, pas des sociétés commerciales, bien entendu) ?

    Dans le Canard enchaîné du 16 août 2017.

    Sat Aug 19 18:30:11 2017 - permalink -
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  • La discrète niche à conseillers de Bercy

    Ha, la bonne vieille blague de la limitation du nombre de conseiller⋅e⋅s par cabinet ministériel continue encore et toujours. :') Le nouveau monde de Macron ressemble étrangement au monde habituel…


    Le ministre de l’Economie et des finances, Bruno Le Maire, n’a rien à envier en termes de créativité à son collègue de la Place Beauvau, Gérard Collomb, pour passer outre le décret publié au « Journal officiel » du 19 mai. Un texte qui interdit à tout cabinet ministériel de compter plus de dix membres.

    « Le Canard » saluait en effet, le 28 juin, les méthodes inventives du ministre de l’Intérieur pour contourner cette règle, pourtant imposée par le chef de l’État.

    Le premier flic de France a créé ex nihilo « une mission opérationnelle de sécurité et de défense » composée de neuf membres directement rattachés à son directeur de cabinet… sans pour autant faire partie de l’équipe officielle de son cabinet !

    Bruno Le Maire a eu une idée tout aussi efficace pour gonfler en douce ses effectifs : il s’est servi de la Direction générale du Trésor pour caser ses conseillers surnuméraires.

    Le 3 août, la secrétaire générale du Trésor, Astrid Milsan, a ainsi envoyé un courriel à tous les agents de l’administration centrale du ministère (lire l’entête du document, ci-dessous) pour les prévenir de l’arrivée dans leurs murs de Pierre Ferrand et d’Anna Klarsfeld, « conseillers discours, veille, synthèse de la direction générale ». Ces derniers sont notamment chargés de la « rédaction des projets de discours du ministre et du secrétaire d’État sur lesquels la DG Trésor sera sollicitée ». Si ce n’est pas un travail typique de conseiller ministériel, ça y ressemble étrangement…

    Dans ce même document, Astrid Milsan insiste sur le fait qu’« une contribution aux activités du futur porte-parolat du ministère » sera également attendue de la part de Pierre Ferrand et d’Anna Klarsfeld, tout comme un travail de « veille et synthèse d’ouvrages contemporains en matières géostratégique, économique et financière ». Là encore, des missions classiques de conseillers…

    Et, dans leurs heures sup, les deux nouvelles recrues joueront aussi le rôle de nègre de Bruno Le Maire pour ses romans ?

    Dans le Canard enchaîné du 16 août 2017.

    Sat Aug 19 17:46:58 2017 - permalink -
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  • Hulot ma non troppo

    C'est donc par un discret décret, paru en pleine torpeur estivale, le 11 août, que le gouvernement a géré le « cas Hulot ». Comme « Le Canard » (5/7) l’a raconté, Macron avait failli se débarrasser de son ministre écolo en découvrant l’ampleur de ses revenus et des potentiels conflits d’intérêts qui vont avec. Car, depuis les années 90, le télécologiste touche des royalties sur les produits de beauté de la marque Ushuaïa, fabriqués par L’Oréal. Et les montants ne sont pas vraiment anecdotiques...

    D’après sa déclaration d’intérêts, publiée le 11 août sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, Hulot s’est versé, via sa société Eole, entre 176 000 et 338 000 euros de salaire annuel de 2012 à 2016. De quoi rendre verts de jalousie ses collègues ministres, qui sont loin de gagner autant… Et il faut ajouter les dividendes, qui n’apparaissent pas dans cette déclaration. Selon les derniers comptes connus de la société Eole, ceux-ci atteignaient 40 000 euros en 2012 et 60 000 euros en 2013. Or tous ces menus revenus proviennent des produits Ushuaïa…

    Autre mélange des genres : la fondation présidée par Hulot a touché des centaines de milliers d’euros de mécènes aussi verts qu’EDF, Veolia ou L’Oréal. Plutôt gênant, au moment de prendre position, en tant que ministre, sur l’EPR ou sur les fermetures de centrales nucléaires…

    Après avoir demandé un avis confidentiel à la Haute Autorité, le gouvernement a tenté de résoudre ce double casse-tête par un décret qui tient en deux articles de deux lignes ! Le ministre, dit le texte en jargon administratif, « ne connaît pas des actes de toute nature relatifs à la Fondation Nicolas Hulot » ni des actes relatifs « au développement, à la fabrication et à la commercialisation de produits cosmétiques ». Sur ces questions, Hulot devra laisser la main à Matignon. Ça va être pratique pour gérer le dossier des perturbateurs endocriniens, qui concerne, notamment, les cosmétiques…

    Quant à la société Eole, « Nicolas Hulot ne percevra aucune rémunération de celle-ci, assure le ministère de l’Ecologie au “Canard”. Les royalties L’Oréal seront exclusivement versées à la société Eole ». Sauf que Hulot en est actionnaire à 99 % ! Toutes les royalties seront donc mises en réserve, et il les touchera simplement plus tard, quand il ne sera plus ministre, sous forme de bénefs pas vraiment cosmétiques…

    Dans le Canard enchaîné du 16 août 2017.

    Sat Aug 19 17:31:39 2017 - permalink -
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  • Greffe de pognon dans les tribunaux de commerce

    L'Open Data sur les données concernant les sociétés commerciales, c'est toujours pour demain.


    Toujours éloquents lorsqu’il s’agit de défendre leur chasse gardée (la commercialisation de données sur les boîtes privées), les greffiers des tribunaux de commerce sont, depuis quelques semaines, d’une discrétion de violette. Le Conseil d’État a pourtant rendu un arrêt, le 12 juillet, présenté par une partie de la presse comme signant la fin de leur lucratif business. Bien à tort…

    Ces greffiers, qui ne sont pas des fonctionnaires mais exercent une profession libérale — sauf en Alsace-Moselle et dans les collectivités d’outre-mer —, utilisent deux filons pour monnayer les informations transmises par les sociétés. Soit ils traitent directement avec les usagers (via le service Infogreffe), soit ils les revendent en gros à d’autres prestataires de services, comme « societe.com », « verif.com » et compagnie. Ce petit trafic génère, bon an mal an, un chiffre d’affaires de plus de 60 millions et permet aux greffiers des tribunaux de commerce les plus importants — surtout dans la région parisienne — de gagner largement plus de 100 000 euros par mois !

    Les greffiers avaient attaqué devant le Conseil d’Etat un décret pris par Emmanuel Macron quand il était ministre de l’Economie, qui les oblige à mettre gratuitement leurs données à la disposition de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Ils ont finalement perdu leur recours, mais ils s’en sortent très bien.

    Ce décret a été pris en application de la loi Macron de 2015 (loi fourre-tout, voir : radio lockdown, label zone fibrée, diverses dispositions numériques comme le délai de rétractation de 14 jours et le changement des prérogatives du gendarme des télécoms et son nouveau pouvoir de requalifier un service comme Skype en opérateur, l'impossibilité d'obtenir la destruction d'un bien immobilier quand le permis de construire associé est annulé alors que le bien est achevé, etc.) dont l'une des dispositions visait à rendre disponible, via l'INPI, le Registre du Commerce et des Sociétés (RGS) en Open Data (à l'exception des comptes financiers annuels si la sociéte en fait la demande explicite). Disposition reprise et généralisée par la loi pour un République numérique de 2016.


    En effet, l’Inpi n’offre pas le même service que les sites concurrents. Pas question de se contenter de taper un nom de dirigeant ou de société pour avoir accès aux informations. Il faut d’abord solliciter une « licence » et indiquer l’usage que l’on compte faire des précieuses données !

    Ministre serviable

    L’Inpi ne dispose aujourd’hui que de 400 clients pour ce service, ouvert depuis le mois de mars. Une goutte d’eau, comparé aux millions de connexions enregistrées par les autres sites spécialisés. Normal : contrairement à ces derniers, l’Institut ne délivre aucun compte rendu des assemblées générales d’actionnaires. Seulement des renseignements de base et des comptes annuels. Durant des décennies, l’Institut a pourtant proposé toutes les informations souhaitées au public. Mais il a dû laisser le champ libre aux greffiers en 2007, à la demande expresse de Pascal Clément, le dernier garde des Sceaux de Jacques Chirac.

    Et, aujourd’hui, cette sinécure semble partie pour durer… encore un peu ?

    Dans le Canard enchaîné du 9 août 2017.

    Sat Aug 19 17:20:47 2017 - permalink -
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  • Les milliardaires des médias sont les rois de l‘impayé

    Quand on sait que les droits d'auteurs ont été conçu pour protéger les artistes des marchands… Quand on pense qu'Internet n'est pas le seul vecteur du manque à gagner des artistes, loin s'en faut… Quand on sait que ces mêmes gugus⋅e⋅s (Canal+ = Vivendi, ), pas d'autres hein, mais bien eux, étaient dans les tribunes du Parlement français (pendant que les lobbystes de ces groupes étaient dans les bureaux des parlementaires) lors du vote des lois DADVSI et HADOPI afin de forcer l'adoption de mesures permettant soi-disant de protéger les pauvres artistes des méchant⋅e⋅s citoyen⋅ne⋅s… Faîtes ce que je dis, pas ce sur je fais. Écœurant.


    Droits d’auteur, productions audiovisuelles, services photo… Lorsqu’il s’agit de passer à la caisse et de régler leurs fournisseurs, les Bolloré et autres Drahi ou Niel, qui figurent parmi les douze premières fortunes de France, ont du mal à trouver leur chéquier.

    C'est devenu la marque de fabrique de nos milliardaires propriétaires de médias : ces honorables capitaines d’industrie ne paient plus leurs fournisseurs et leurs partenaires, ou alors très en retard, en exigeant, au passage, des ristournes de marchands de tapis.

    Dernier exemple de ces usages de pirates des temps modernes : l’affaire des droits d’auteur des employés de Canal Plus, que Vincent Bolloré a décidé de ne plus régler. Il y a un an, déjà, la Fédération des industries du cinéma, la ficam, avait été alertée par des petits producteurs de la chaîne, sidérés par son nouveau fonctionnement : Canal leur affirmait perdre 400 millions d’euros par an et donc être dans l’impossibilité de payer ses factures en retard. Elle proposait alors de régler tout de suite, mais seulement 80 % du montant. À prendre ou à laisser !

    Mécomptes d’auteurs

    Bolloré vient de tenter le même coup avec les droits d’auteur. Dès octobre, Canal a coupé le robinet de ses versements à la Sacem, à la SACD, à la Scam, etc., ces sociétés qui se chargent de redistribuer leurs droits aux musiciens, scénaristes, documentaristes, graphistes… Résultat : plus de 50 millions d’euros de moins pour 50 000 auteurs. Dans la foulée, au prétexte que ces auteurs se goinfrent pendant que le pauvre Canal compte ses centimes, les sbires de Bolloré ont voulu négocier, comme dans un vide-greniers du dimanche, des rabais dépassant les 60 % ! Censée être le fer de lance de l’exception culturelle française, la chaîne tape sur la création pour tenter de rattraper ses errements dans le sport, où elle s’est laissé doubler par Altice et beIN. À votre bon cœur, amis créateurs !

    Le 18 juillet, le fiston Yannick Bolloré, patron de Havas, a résumé devant l’Association des journalistes médias la doctrine familiale : « Dans un monde normal, où il y a de la concurrence, quand une so- ciété va mal, elle demande de la productivité à ses partenaires. Ça, c’est dans toute industrie normale. » Et la maison mère de Canal, Vivendi, va très mal : sa « trésorerie disponible » n’est que de 4,016 milliards d’euros…

    Les sociétés d’auteurs ont décidé, en représailles, d’assigner Canal en justice, le 14 septembre. Un communicant de Bolloré philosophe : « En arrêtant de payer, on a créé volontairement un rapport de force pour renégocier des accords. Ce n’est peut-être pas bien, mais la méthode a le mérite d’être efficace. Et nous n’irons pas au tribunal, vous verrez, nous trouverons une entente avant… »

    Tout mauvais payeur qui se respecte compte en effet là-dessus : le créancier, pris à la gorge, renoncera en cours de route ! Primo, parce que, financièrement, il n’a pas les reins assez solides pour supporter le parcours du combattant : lettres de relance, courriers de mise en demeure, menaces d’avocat, puis poursuites judiciaires, injonction de payer, re-avocat, huissier, etc. Deuzio, parce qu’il a une trouille bleue de perdre son gros client. Et, dans ce cas-là, l’omerta règne. Lorsque la célèbre agence Capa rame pour se faire régler ses documentaires par Canal, impossible de trouver un membre de l’équipe pour pester publiquement. L’un d’eux lâche tout juste : « Le rapport de force est complétement déséquilibré. Notre chiffre d'affaires est sans commune mesure avec celui des diffuseurs et on ne peut pas perdre nos marchés… »

    Objectif thunes

    Mais l'impayé frappe à tous les étages, de l'auteur au producteur, en passant par le dessinateur et le traiteur ! Le groupe Le Monde, du trio Bergé-Niel-Pigasse, qui cumulait l'an dernier des retards de 29 millions d'euros auprès de ses fournisseurs, est en train de se taper une solide réputation dans le milieu. Certains attendent un règlement depuis 2015 ! « C'est une nouvelle technique de gestion. "L'Obs", autre fleuron du groupe, a reçu pour ordre de ne pas payer, persifle un créancier lassé. Même les bouchers et les primeurs qui livrent les salles à manger de l'hebdomadaire ont du mal à se faire payer. Récemment, la compta de l'hebdo a reçu du groupe une maigre enveloppe à distribuer. Mais elle s’arrache les cheveux : par quel créancier commencer ?

    Car les plus dépendants sont toujours remboursés les derniers, voire jamais. Exemple : la photo. « L’ Obs » paie les photographes avec huit à douze mois de retard, et jusqu’à dix-huit pour les étrangers. « Dès qu’une facture dépasse 300 euros, c’est problématique. À 900 euros, ils ne remboursent plus rien », balance un représentant du personnel. Pour cette raison, Dalle, une petite agence spécialisée dans le musical, a cessé de vendre ses clichés à l’hebdomadaire fondé par Jean Daniel. À l’AFP, l’arriéré oscille entre 300 000 euros et 500 000 euros, mais la pudique agence refuse d’en parler. Ces derniers mois, elle a coupé l’accès à son « fil » (textes, photos, vidéos) plusieurs jours pour obtenir un début de paiement…

    Un dirigeant de Sipa Press a aussi noté un grand changement dans les publications du nouveau groupe Altice Média (« L’Express », « Libération »…), propriété de Patrick Drahi, qui vient de s’offrir le premier groupe de télévision portugais. Le dirlo adjoint de Sipa, Mete Zihnioglu, le dit tout net : « Il y a un an, nous avions signé un accord de bonne conduite avec les médias au ministère de la Culture, mais nous avons toujours des problèmes. Avec Altice, on court toujours après les factures (…). Alors que Sipa est en procédure de sauvegarde et est en train de licencier six personnes. »

    Impayé pour un rendu

    Chloé Zanni, de l’agence Myop, est à l’origine d’une courageuse lettre ouverte aux mauvais payeurs, publiée le 19 décembre : « “L’Obs” nous a promis de régler toutes les factures depuis janvier au plus tard début juillet. Nous n’avons rien vu venir… »

    Serge Corre, patron d’une petite agence photo en Bretagne, Andia, a déjà dû licencier trois salariés sur neuf à cause des retards de paiement : « Quand Drahi a racheté “L’Express”, qui représente 30 % de mon chiffre d’affaires, tout a changé. Au début, son groupe nous a proposé de payer plus vite… si on acceptait de réduire la note ! J'ai dit non. »

    Un patron de presse qui connaît la musique et ses nouveaux chefs d’orchestre conclut : « Le système Niel-Drahi consiste à acheter des journaux en deboursant le moins d’argent possible. » Et d’évoquer une négociation mémorable avec Niel : « La question qu’il posait systématiquement était : “Est-ce qu’on peut investir dans cette boîte sans mettre de cash ?” » Tout ça pour obtenir a bas coût une influence politique qui peut rapporter gros.

    Les nouveaux rois des médias sont impayables. À quand une série de Canal sur leurs combines à zéro droit d’auteur ?

    Dans le Canard enchaîné du 26 juillet 2017.

    Sat Aug 19 16:20:32 2017 - permalink -
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  • Graines de violence sociale

    L'habit ne fait pas le moine et agir pour la liberté des semences agricoles ne signifie pas que l'on respecte les droits (et libertés) humains…


    Tomate charbonneuse, aubergine ronde de Valence, pourpier doré… Sans Kokopelli, ces espèces anciennes et goûteuses ne seraient peut-être plus cultivées dans les jardins. Basée au Mas-d’Azil (Ariège), cette association écolo fondée en 1999 par Dominique Guillet se bat pour « libérer » les semences potagères du joug de l’agro-industrie type Monsanto. Kokopelli commercialise 2 200 types de semences libres de droit et reproductibles issues de l’agriculture biologique. Et tant pis si Bruxelles tique et ne reconnaît que les seules semences industrielles homologuées… Les amoureux du potager applaudissent. Ils risquent donc d’être quelque peu surpris par « Nous n’irons plus pointer chez Gaïa » (1), un livre où quatre anciens salariés de Kokopelli se racontent. Et c’est du genre brutal…

    Julie, manutentionnaire en CDD en 2013, emballe des graines debout toute la journée : « Quand j’arrache une pause de dix minutes le matin, c’est bien sûr à condition qu’elle ne soit pas rémunérée. » Elle discute avec ses collègues, se fait recadrer : « Parler est interdit. Ça nuit à la productivité. » Proteste. Erreur : « Je suis surveillée en permanence. La direction dit que je suis un élément dérangeant, nuisible. »

    Amateur de la matrice

    Solen, préparatrice de commandes en CDD en 2014, se plaint du « climat oppressant » à une collègue. Bien mal lui en prend : celle-ci la dénonce au directeur, Ananda Guillet, fils de Dominique. Lequel gronde l’insolente, en présence du « témoin » ! Chargée de la campagne « Semences sans frontières », embauchée fin 2013, Laura se questionne sur le choix discutable d’envoyer, certes généreusement, des semences de salade reine des glaces… en Inde. « Les entretiens devant le directeur sont de plus en plus fréquents. Le père, la mère se joignent au fils pour me tancer. » Laura finit affectée aux papiers-cadeaux. Elle fait une dépression, et obtiendra un arrêt de travail pour harcèlement moral… Ah, il est beau, l’engagement écolo !

    Mais tout ceci n’est qu’un horrible malentendu. Car Dominique Guillet est en connexion directe avec Gaïa, notre terre mère. Sur le site « liberterre.fr », le « résistant » offre sa vision inspirée de John Lash, écrivain américain new age. Ainsi, quand Martin, gestionnaire des stocks, lui fait part d’un désaccord, Dominique Guillet répond : « Je ne tolérerai aucune perversion des règles gaïennes. Les règles et lois du monde de la Matrice (sic) ne m’importent que peu. » Alors, le droit au syndicat, on s’en tamponne… Curieusement, personne ne moufte. Florian Martinez, du syndicat Asso-Solidaires, décrypte ce paradoxe pour « Le Canard » : « Dans certaines associations, il y a un management à l’affect : si on se révolte, on nuit à la cause. » Et les vilains industriels se frottent les mains…

    Interrogé par le Palmipède, Ananda Guillet, l’actuel directeur, fustige les « mensonges » diffusés par ces « anars de comptoir » (sic). Et assume : « Kokopelli est une association qui fonctionne comme une entreprise. Moi, je bosse 90 heures par semaine ! » Preuve que ça rapporte, avec ses 20 salariés, Kokopelli a réalisé 3 millions de chiffre d’affaires en 2016. Et prévoit d’ouvrir une nouvelle boutique et un musée. Les auteurs du livre s’interrogent : « Nous pensions être complices de résistants anticapitalistes face à la justice, nous avons été les auxiliaires d’une imposture. Était-ce un aveuglement volontaire ? » Pourtant, la carotte jaune du Doubs, c’est bon pour la vue…

    Dans le Canard enchaîné du 26 juillet 2017.

    Sat Aug 19 15:24:32 2017 - permalink -
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  • Petites astuces et grosses ficelles pour des élus cumulards

    L'après non-cumul des mandats parlementaires et locaux… Qui est coupable ? Les élus en question et/ou les personnes qui votent en faveur des combines et/ou les citoyen⋅ne⋅s ? Un peu tout le monde. Comment se fait-il que ça magouille autant si proche du peuple (la mairie et la métropole c'est chez nous, pas "loin là-bas à Paris") ?


    Après avoir vilipendé la loi interdisant le cumul d’un mandat d’exécutif local avec celui de parlementaire, quelques dégourdis s’en accommodent fort bien. En témoignent les exploits d'une dizaine d’anciens députés-maires qui ont réussi à maintenir leur niveau de vie quasi inchangé, malgré la perte de leur indemnité parlementaire de base, s’élevant à 5 600 euros brut mensuels.

    Pour réaliser ce prodige, il leur a suffi d’augmenter fortement leurs indemnités municipales et d’y adjoindre une autre fonction locale, comme celle de président d’agglomération ou de métropole. De quoi atteindre ou frôler de nouveau le plafond autorisé pour les cumulards, fixé à 8 270 euros brut par mois…

    Le maire LR d’Orléans, Olivier Carré, a droit à une mention spéciale. Cet ex-député a fait voter par sa majorité municipale une hausse de 330 % de ses indemnités, passant de 960 à 4 120 euros mensuels.

    Si M. le Maire s’était arrêté la, il n’y aurait pas eu de quoi fouetter un électeur. En effet, pour que le plafond légal soit respecté, ses indemnités de maire avaient été réduites d’autorité lors de son entrée au Palais-Bourbon, en 2007. Il semble donc logique que, n’étant plus député, Olivier Carré récupère la totalité de son traitement municipal…

    Agglomération de pognon

    Mais cet élu astucieux a poussé le bouchon plus loin. Jusqu’à présent, moyennant une indemnité de 1 257 euros mensuels, il siégeait également, en tant que vice—président, au conseil d’Orléans Métropole. Surprise : au début de juin, le président LR de la métropole, Charles-Eric Lemaignen, a eu la chic idée de quitter son fauteuil et de le laisser à Olivier Carré. Avec, à la clé, une enveloppe de 3 680 euros mensuels. Résultat : le maire encaisse désormais un total de 7 800 euros, contre 8 000 auparavant. Vite, une souscription…

    Son collègue de Belfort, Damien Meslot (également LR), n’a pas démérité non plus. Lors de son élection à l’hôtel de ville, en 2014, ce petit malin avait cru bon de se faire mousser en claironnant qu’il renonçait à son « salaire » de maire. En réalité, Meslot — qui touchait par ailleurs ses indemnités de député et de président de la communauté d’agglomération — était déjà au plafond : il ne pouvait donc pas faire autrement, à moins de violer la loi…

    Cinq ans plus tard, ce maire d’élite a dû ramer pour expliquer à son conseil municipal que, tout compte fait, il verrait bien son indemnité passer de 0 à 3 180 euros. Pour faire bonne mesure, il a demandé et obtenu que son « salaire » de président d’agglomération soit gonflé de manière à lui permettre d’atteindre de nouveau le maximum légal…

    Cette épidémie d’augmentations a pareillement frappé le maire de Valenciennes, l’UDI Laurent Degallaix, et celui de Cholet, le divers-droite Yves Bourdouleix. Mais c’est leur collègue de Roanne, le LR Yves Nicolin, qui a fait le plus fort. Non content de doubler ses gains à la présidence de l’agglomération, Nicolin a, le même jour, joué les pères la rigueur en annonçant son intention de tailler dans les salaires des agents à temps partiel. L’élu, qui, en séance, avait lancé un vibrant « je ne connais personne qui vit de l’air du temps » pour justifier son augmentation, a dénoncé la situation de ces infâmes profiteurs, travaillant à 90 % de temps et payés… 91,25 % d’un salaire plein.

    Ces gueux sont d’une indécence…

    Dans le Canard enchaîné du 26 juillet 2017.

    ÉDIT DU 11/09/2017 À 20H15 : un cas gratiné pour compléter la série. FIN DE L'ÉDIT.

    Sat Aug 19 15:01:58 2017 - permalink -
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  • La CFDT ”hackée” à tous les vents

    Ce moment où l'on apprend que la CFDT ne semble pas être à même de protéger les données personnelles de ses syndiqué⋅e⋅s ni de les protéger financièrement lors des grèves ni même de respecter un semblant de justice. Bon, la CFDT n'est pas la seule à avoir des pratiques qui me semblent manquer d'éthique : entre les nominations de responsables CGT et FO par les pouvoirs publics et la rénovation, à un coût exorbitant, du bureau de l'ex-secrétaire général de la CGT…


    Les enfants de la deuxième gauche ont toujours prôné l’esprit d’ouverture. Mais de là à tout montrer ! Jusqu’au 21 juillet, les portes du site Internet de la CFDT étaient si béantes qu’en quelques clics le syndicat de Laurent Berger se transformait en maison de verre.

    La CFDT avait réuni sous un même portail son site Internet, consultable par tout le monde, et son Intranet, réservé à ses responsables. Or « Le Canard » a découvert que les cloisons entre les deux étaient aussi minces que dans un HLM des années 50.

    Nul besoin de « hacker » un code secret ou de « cracker » un mot de passe, un innocent tripotage de clavier permettait d’entrer comme dans un moulin dans le secret des délibérations du temple réformiste. Pour le moindre petit curieux, il était simple de passer de l’Internet à l’Intranet et aussi facile de suivre les entretiens de Laurent Berger avec Edouard Philippe que les étapes du Tour de France sur le site de « L’Equipe ».

    Les recettes d’une gestion syndicale efficace y étaient ainsi exposées aux yeux de tous. Un simple clic apprenait aux petits curieux que l’union régionale d’Ile-de-France avait claqué 4,8 millions d’euros pour moderniser son immeuble de la rue de Crimée, à Paris, travaux financés notamment par un prêt à 0,98 % accordé par la Caisse nationale d’action syndicale. Une institution interne à la CFDT fondée pour compenser les pertes de salaires des grévistes ou venir en aide aux victimes de la répression antisyndicale…

    Avec cet Intranet ouvert à tous les vents, chacun pouvait aussi être au courant des bides de la centrale, pourtant bien cachés. Ainsi, le 21 avril, la Confédération annonçait la tenue d’un grand barnum destiné aux jeunes, le Working Time Forum, au cours duquel des syndicalistes devaient disserter avec des « startuppers » de l’économie numérique. Las, le 3 mai, l’Intranet dela Confédération siffle la fin de cette grande journée de réflexion, faute d’un nombre suffisant de participants. Dur pour le premier syndicat du secteur privé.

    “Secret stories”

    Rien n’est épargné à l’internaute, pas même le lavage du linge de la famille. Le 27 avril, Patrice Sinoquet, responsable CFDT de l’usine Whirlpool d’Amiens, devant laquelle le candidat Macron avait été chahuté, annonçait qu’il voterait pour Marine Le Pen. Nombre de responsables de la CFDT suppliaient alors la direction de la Confédération d’exclure séance tenante ce suppôt des fachos. Pas si simple. Sinoquet a le soutien de la base et des responsables départementaux de la métallurgie. Il a fallu attendre 1e 10 mai pour qu’une circulaire interne tranche : « Nous allons suivre le circuit traditionnel de nos procédures afin de traiter cette situation en interne et non sous la pression médiatique. » Ben voyons…

    Le surfeur apprenait aussi en passant qu’en quelques semaines les syndicats d’Airbus Helicopters, des cheminots de Paris Sud-Est, des personnels de santé du Rhône et de la chimie de l’Ain avaient été placés sous tutelle. Bref, la sécurité informatique de la CFDT est aussi trouée que l’emmental.

    Cette faille, la centrale ne l’a découverte que prévenue par « Le Canard », le 21 juin. Les dirigeants de la CFDT ont alors bloqué tout le système puis verrouillé les entrées à double tour. « On n’a pas été assez vigilants », nous a confié Laurent Berger.

    Même à la CFDT, l’ouverture à ses limites.

    Dans le Canard enchaîné du 26 juillet 2017.

    Sat Aug 19 14:39:29 2017 - permalink -
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