Pour préparer son université d’été, le Medef avait commandé une enquête à l’institut Viavoice sur la perception de l’avenir par les chefs d’entreprise. Les résultats ont été rendus publics en août. Et, à leur lecture, il est aisé de comprendre pourquoi l’organisation patronale n’a guère communiqué dessus.
Interrogés sur la façon dont ils imaginaient l’entreprise d’après-demain, les patrons ne sont en effet que 18 % à croire que celle-ci sera « proche de ses salariés, avec de nouvelles méthodes de travail », et seulement 12 % à considérer qu’elle sera « responsable, soucieuse de l’environnement, transparente et à l’écoute de ses clients et des différentes parties prenantes ». Le patronat sait nous promettre des lendemains enchanteurs…
Etrangement, les chefs d’entreprise sont, en revanche, beaucoup plus nombreux à considérer qu’ils devraient davantage prendre la parole sur les sujets écologiques (43 %) et sociétaux (42 %).
Pour prévenir leurs salariés qu’ils ne comptent pas, à l’avenir, se montrer plus écolos ni plus attachés à leur bien-être ?
SUURPRIIISE ! What did u expect, bro?
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Panique dans un collège de Val-de-Reuil (Eure), lors d'une simulation d’attaque terroriste (« Le Figaro », 6/9) : « La scène a été si réaliste, avec deux policiers municipaux encagoulés et armés qui faisaient éclater des pétards en poursuivant certains profs, que ces derniers, paniqués et en pleurs, sont allés se cacher et que des voisins du collège ont appelé la police. Le rectorat a dû ouvrir une cellule psychologique dans l'établissement. »
Pour calmer les policiers ?
Poin poin poiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin. Quand on explique que ces exercices sont des débilités qui crispent la société et attisent la défiance tout en conditionnant les gens par la création de traumas…
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Suite de Bercy veut tailler en presse les opérateurs de téléphonie.
Haro sur les opérateurs téléphoniques ! Dans un entretien au « Point » (7/9), Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, l’affirme haut et fort : « On ne peut pas fermer les yeux sur des comportements d’optimisation [fiscale]. » Le ministre vise principalement SFR (devenu Altice) et Bouygues. Sous le couvert d’offrir « gratuitement » à leurs abonnés un service de consultation de journaux en ligne, ces opérateurs ont amélioré leurs marges.
« Nous allons remettre à plat tout le système de la fiscalité appliquée aux opérateurs téléphoniques », souligne un ponte de Bercy. En effet, il y a urgence ! Du côté de l’administration des Impôts, le manque à gagner s’élève, au bas mot, à 1,2 milliard d’euros.
L’astuce fiscale réside dans les offres couplées proposées par les opérateurs (« Le Canard », 14/6). Depuis avril 2016, l’abonné au service de téléphonie Power de SFR (24,99 euros par mois) accède gratuitement aux grands titres de la presse française (Hormis « Le Monde », « Le Point » et « Le Canard »). Si l’on comptait les 19,99 euros correspondant au prix de ces publications, la facture devrait grimper à 44,98 euros. Elle reste pourtant inchangée : l’abonné bénéficie d’une remise immédiate équivalente au coût du kiosque numérique.
Simple comme un coup de fisc
Comment SFR peut-il se permettre une telle générosité ? Grâce à la TVA. Puisque l’opérateur offre des journaux à lire, il applique le taux de TVA réduit de la presse (2,1 %) à une bonne partie du forfait télécom (téléphone + Internet), théoriquement soumis au taux de 20 %. Et voilà une taxe divisée par dix ! Ebloui par ce stratagème, Bouygues Télécom a pris à son tour, en mai, le train de la presse numérique.
Orange et Free, qui ont lancé leur offre TV by Canal à l’automne 2016, ont eux aussi réalisé leur petite opération d’« optimisation » fiscale grâce à des taux différents de TVA. Dans leur forfait, ils ont fait jouer à la télé le rôle qu’occupent les journaux dans le package de SFR et de Bouygues. Sauf que, comme le précise un proche de Xavier Niel, le patron de Free, « la TVA sur la télévision est de 10 %, pas de 2,1 % ; l’écart n’est pas comparable avec celui de la presse ».
Pas sûr que cette argumentation suffise à convaincre un gouvernement en mal de recettes. Gérald Darmanin a promis « une clarification dans le projet de loi de finances pour 2018, avec une entrée en vigueur dès le 1er janvier ».
On entend déjà les opérateurs : « Non mais, allô, quoi ! »
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Promesse de campagne de Macron : le CETA ne sera appliqué en France que s'il ne nuit pas au climat.
Décisions du Macron élu :
Les promesses n'engagent que ceux et celles qui y croient…
Dernier recours possible du peuple : se manifester auprès de nos parlementaires qui peuvent encore dégager le CETA à terme (il sera tout de même appliqué partiellement le temps que tous les parlements nationaux se prononcent). Pour l'instant, la Wallonie et la Pologne rechignent à ratifier le CETA. Pour combien de temps ?
Pendant ce temps-là, la Belgique saisie la Cour de Justice de l'UE afin qu'elle se prononce sur les tribunaux arbitraux, de faux tribunaux (il n'y a aucun juge) qui permettront aux multinationales d'attaquer des États qui nuisent, selon elles, au libre échange et à leurs profits. Ainsi les grosses sociétés commerciales pourront contester des interdictions de mise sur le marché ou le principe de précaution ou…
De son côté, la Commission européenne annonce déjà deux nouveaux traités de libre échange : l'un avec l'Australie et l'autre avec la Nouvelle-Zélande. Ces accords ne contiendront pas les tribunaux arbitraux afin de relever de la seule compétence de l'UE, ce qui permet de ne pas demander leur avis aux parlements nationaux.
Démocratie, santé, environnement et agriculture, j'écris votre nom. :( Gerbant.
Pour les gens proches de Strasbourg : ARN, FAI associatif en Alsace organise sa première réunion-apéro de la rentrée au Shadok, sur la presqu’île André Malraux à Strasbourg.
C'est ouvert à tout le monde, sans inscription préalable. Ça se termine vers 22h et ça se prolonge par un repas à l'extérieur (lieu défini à l'arrache) pour ceux et celles qui le désirent.
Au programme : accueil des visiteur⋅se⋅s, discussion sur les sujets numériques autour de Strasbourg, faire le point sur les projets de l'association, faire avancer les projets d'ARN sous forme de groupes de travail. Liste non exhaustive.
Travailler utile pour la société ou travailler rentable pour engraisser des intermédiaires inutiles tout en pourrissant notre planète ? La prospérité commerciale est-elle le seul vecteur de la liberté individuelle et du progrès de nos sociétés ? Ne devrions-nous pas nous accorder sur un nouveau juste milieu entre tout ça ?
‒ Sorry, you can't empty the garbage yet. A paper towel in here is currently in use by some object in your house.
‒ Which one?
‒ I dunno, it's your house. Just check each object.
‒ Check it for what?
‒ Whether it looks like it might have touched a paper towel at some point and then forgotten to let go.
‒ ...
‒ You can also Google to learn how to check which things are using which resources.
‒ You know, I'll just leave the towel there and try again tomorrow.
:D
Depuis août 2016, pour faire appel d'une décision prise par un Conseil de Prud’hommes, il faut nécessairement être représenté⋅e par un⋅e avocat⋅e ou par un⋅e défenseur syndical⋅e. Normal, la même loi raccourcie les délais et complexifie la procédure donc forcément qu'il faut un⋅e spécialiste pour débroussailler tout ça…
C'est un bout de justice supplémentaire qui échappe aux citoyen⋅ne⋅s. Qu'il faille un⋅e avocat⋅e en cassation, pas de problème pour moi car le but de cette étape est de discuter de la bonne application du droit lors des jugements précédents donc il faut des spécialistes qui parlent la langue (comme il te faut un administrateur systèmes pour résoudre un problème corsé). Qu'il faille un⋅e avocat⋅e en appel, procédure par laquelle on rediscute des problèmes concrets du dossier, c'est exprimer que les citoyen⋅ne⋅s sont des imbéciles incapables d'expliquer leur point de vue, de suivre une procédure et de s'encapaciter (de la même manière qu'il ne devrait point être nécessaire d'être administrateur systèmes pour utiliser un ordinateur et débloquer les problèmes essentiels), c'est instaurer une justice de privilégié⋅e⋅s à destination des privilégié⋅e⋅s qui permet aux privilégié⋅e⋅s de résoudre leur petits problèmes entre eux⋅elles. Justice de caste.
Ho, j'entends la bonne excuse qui a justifié ce massacre : il faut que ça aille vite, la procédure génère des angoisses chez les salarié⋅e⋅s. Je réponds qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Si l'on veut de la vitesse, on octroie plus de moyens (financiers, humains, etc.) à notre système judiciaire et on produit du droit limpide. Les jugements iront vite sans pour autant prendre les citoyen⋅ne⋅s pour des imbéciles.
Devine quelle loi a introduit cette mascarade ? La loi Macron de 2015 (loi numéro 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques de son nom complet).
Une câlinothérapie syndicale pour rassurer le président Macron.
Édouard Philippe le répète : les organisations syndicales et patronales qui ont discuté les ordonnances ont été « traitées sur le même pied d’égalité ». Et de souligner à quel point le gouvernement entend rompre avec les anciennes pratiques des conciliabules top secrets. Beau… mais faux !
Alors que les discussions entre le gouvernement et les syndicats étaient officiellement closes, le patron de FO, Jean-Claude Mailly, a secrètement rencontré Macron, lundi 28 août, au petit matin à l’Elysée. Puis, le soir, toujours secrètement, il s’est rendu chez Muriel Pénicaud en compagnie, cette fois, du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, pour une réunion tout aussi secrète. Motus absolu : les syndicalistes n’en ont alors pas soufflé mot à leurs états-majors.
Ces impromptus ont eu lieu à la demande de Macron, qui s’inquiétait du pouvoir de nuisance de Mélenchon et de Martinez, le leader de la CGT. Le président de la République puis la ministre voulaient s’assurer que les deux chefs syndicaux — notamment Mailly — tenaient bien leur base. Pénicaud a aussi demandé leur avis aux deux compères sur les dernières exigences de Gattaz. Berger a tenté une dernière fois d’obtenir un renforcement de la présence des syndicats au sein des conseils d’administration et de sauver leur implantation dans les petites boîtes. En vain.
Syndicat de conscience
Du coup, le patron de la CFDT ne décolère pas contre le chef de l’Etat et son entourage. « Ils ont loupé l’occasion de faire le choix de la démocratie sociale. Ils ont préféré les vieilles recettes », râle-t-il en privé. Mailly, qui a ensuite continué de discuter au téléphone avec Macron, est ravi, au contraire, d’avoir obtenu des garanties sur le rôle des branches professionnelles. Le successeur de Marc Blondel s’imagine déjà en interlocuteur privilégié du pouvoir à la place de Berger. Mais les dirigeants de FO ne sont pas tous sensibles àla séduction macronienne, tant s’en faut. Mailly a connu un moment orageux, ce lundi 4 septembre, devant la commission exécutive de FO.
Cette réunion des 33 plus hauts gradés, qui devait se terminer à midi pour l’apéro, s’est poursuivie jusqu’à 16 heures. Outre ceux des départements de l’Ouest, les dirigeants de l’Ile-de-France - entre autres - et de nombreux syndicats, dont les incontournables dames pipi, reprochent à leur secrétaire général de s’être fait enfumer par Macron. Et certains envisagent de manifester avec la CGT le 12 septembre. « On ne comprend pas pourquoi il faut dire oui aux ordonnances Macron, qui sont pires que la loi El Khomri, contre laquelle on a manifesté », peste un opposant.
Au cours de cette commission exécutive, le boss de FO est sorti plusieurs fois de ses gonds. « Si je suis battu devant le comité confédéral national (le “Parlement” de FO, qui réunit les patrons de toutes les unions départementales et de toutes les fédérations), je démissionnerai, et vous serez bien emmerdés », a-t-il menacé.
Ledit comité est programmé pour les 28 et 29 septembre, soit après les manifs de la CGT et de Mélenchon. Macron et Philippe ne vont sûrement pas s’en plaindre.
Les petits hommes qui ont besoin de se sentir fort et de museler les troupes dans des conciliabules top secrets… Une certaine image de la démocratie. Gerbant. Le nouveau monde, c'est maintenant !
Dans le Canard du 6 septembre 2017.
Complétons la collection des élus cumulards qui ne veulent rien lâcher :
Député de la Haute-Marne, François Cornut-Gentille (LR) a fait sa rentrée le 31 août à Biarritz, où, à l’invitation des Ateliers de la République, il est intervenu au sujet de la moralisation de la vie politique, « entre vérité et illusion ».
Pour ce qui est de l’« illusion », Cornut est un artiste ! Réélu à l’Assemblée pour la sixième fois le 18 juin, il s’est vu contraint d’abandonner son mandat de maire de Saint-Dizier, qu’il détenait depuis 1995. Dès 2012, lors d’un débat public, il avait prévenu qu’en dépit de la limitation du cumul des mandats il resterait aux manettes. En se réclamant du grand exemple russe : « Je ne sais pas qui sera Medvedev, mais je serai Poutine ! On comprendra où sera le pouvoir. »
Comme la nouvelle loi lui interdit d’être premier adjoint, Cornut-Gentille est devenu simple conseiller municipal et a cédé son siège de maire à l’une de ses anciennes adjointes, choisie par ses soins. En précisant bien qu’il souhaitait « rester impliqué dans la vie politique de Saint-Dizier » et en demandant à garder son bureau à la mairie. « Symboliquement », bien sûr !
Cornut-Gentille a également dû lâcher son mandat de président de l’agglomération au profit de son ancien premier adjoint. La loi lui interdisant toute vice-présidence et ne l’autorisant qu’à être membre du bureau, il a créé un « comité stratégique » qui réunit la nouvelle mairesse, le nouveau président et son premier vice-président, ainsi que sa pomme ! Un comité stratégique qui aura, bien entendu, la haute main sur les grandes décisions de l’agglo… et qu‘il pilotera personnellement, pas peu fier de présenter ce dispositif comme « une innovation » !
Il fallait oser.
Dans le Canard enchaîné du 6 septembre 2017.
En attendant que les instituts d’études politiques rendent publiques leurs savantes analyses électorales sur les législatives de juin 2017, les experts électoraux du « Canard » se sont amusés à examiner le report des voix dans certaines circonscriptions. Et leurs découvertes ne manquent pas d’intérêt.
Le premier fait marquant de ces plégislatives est connu mais n’a pas été assez souligné. C’est, en effet, la première fois sous la Ve République que le nombre des abstentionnistes a été supérieur, au premier comme au second tour, à celui des votants. Si l’on ajoute aux abstent1onmstes les électeurs qui ont voté blanc ou nul c’est plus de 61 % du corps électoral qui, le 18 juin, a refusé de se prononcer pour un candidat. Ce phénomène réjouissant pour la démocratie s’est amplifié au second tour, privant sans doute les « marcheurs » d’une victoire encore plus éclatante.
Le second fait frappant est la confirmation d’une réelle perméabilité entre une partie de l’électorat FN et celui de La France insoumise. C’est particulièrement visible dans un certain nombre de bureaux de vote qui, traditionnellement, constituaient pour le PCF et même le PS des fiefs et qui comptent aujourd’hui un pourcentage de chômeurs bien supérieur à la moyenne nationale.
L’exemple de la 1re circonscription de la Somme est, à ce sujet, édifiant. Le désormais célèbre François Ruffin, journaliste et auteur du film à succès « Merci patron! », y a été élu, à la surprise générale, avec 55,97 % des voix, alors qu’il était en ballottage très défavorable.
Rappel des résultats : au premier tour, le candidat LRM recueille 13 394 suffrages, contre 9 545 à Ruffin, qui rerésente LFI, le FN étant éliminé ; au second tour, Ruffin l’emporte avec 19 329 voix, contre 15 205 pour LRM. Le candidat mélenchoniste a donc plus que doublé son score, avec un gain de 9 784 voix, alors que LRM n’a engrangé que 1 811 suffrages.
Or, si l’on additionne au score de Ruffin toutes les voix que celui-ci pouvait raisonnablement espérer (PS, LO, extrême gauche, plus un peu de LR a la margee) on arrive à un total proche de 13 400. Il en a raflé 6 000 de plus. Lesquelles ne peuvent venir, pour une bonne part, que des 6 255 électeurs qui ont voté FN au premier tour et des 623 électeurs de Debout la France.
Et/ou, comme l'expose le numero 81 de Fakir, les voix supplémentaires ont été obtenu au terme d'une longue et intense campagne de terrain misant sur le populisme de gauche.
Vases communicants
Même s’il est moins accentué, un phénomène identique se répète dans 12 circonscriptions au moins : Allier (1re), Bouches-du-Rhône (13e), Hauts-de-Seine (1re), Nord (1re, 2e), Puy-de-Dôme (5e), Seine-Maritime (3e, 6e, 8e) et Seine-Saint-Denis (4e, 11e). Dans toutes ces circonscriptions, le nombre de voix obtenues par LFI ou le PCF au second tour est très largement supérieur aux réserves des voix de gauche et d’extrême gauche. Comme il est difficile de croire que les abstentionnistes ainsi que les électeurs de droite ont voté en grande masse, au second tour, en faveur d’un candidat LFI ou PCF, il ne reste qu’une hypothèse crédible : un nombre significatif d’électeurs qui avaient choisi au premier tour le candidat de l’extrême droite se sont reportés au second sur le candidat de l’extrême gauche et ont permis son élection.
Le mouvement inverse - électeurs LFI et PC filant au second tour vers le FN - peut également être observé dans plusieurs régions. Il est particulièrement visible dans six circonscriptions, dans le Nord (19e), le Pas-de—Calais (3e, 10e, 11e, 12e) et les Pyrénées-Orientales (2e).
Dans ces circonscriptions, c’est l’apport des voix venues des candidats LFI et PC qui a très probablement provoqué l’élection de six députés FN (sur les huit que compte le parti de Marine Le Pen).
Conclusion : le Parti communiste et La France insoumise, d’une part, le Front national, d’autre part, s’affirment comme antagonistes irréductibles, mais une partie de leur électorat est engagée dans un flirt poussé, partageant sans doute le même appétit pour la radicalisation, le « dégagisme », la fibre nationaliste et le refus de Bruxelles.
Ainsi, les élections législatives de juin ont vu la naissance d’un électorat éclectique, qui a souri aux Marcheurs. Et d’un autre électorat qui, dans la France du Nord et de l’Est, à forte proportion ouvrière, et dans le Midi méditerranéen, un dimanche vote FN et, la semaine suivante, vote pour le PCF ou La France insoumise. Ou vice versa.
Dans le Canard enchaîné du 6 septembre 2017.
Trop longue, trop coûteuse, l’instruction concerne moins de 2 % des affaires pénales. Et le chiffre baisse chaque année. Et tous les jours aux « flags » défilent des auteurs présumés de « violences volontaires ». A l’exception du député LRM M’jid El Guerrab, qui a filé deux coups de casque de moto au socialiste Boris Faure, lui occasionnant, certificat médical provisoire à l’appui, 30 jours d’interruption de travail.
C’est que, selon le procureur de Paris, « l’affaire est complexe, les versions contradictoires doivent être éclaircies, et la gravité des blessures, au vu de l’interruption de travail, doit être réexaminée »… Chaque jour, et pas seulement à Paris, sont pourtant jugés en comparution immédiate des prévenus qui nient de graves violences ou justifient leurs actes par « une provocation » des plaignants… Dans ce cas, le tribunal statue sur la culpabilité, inflige une peine et renvoie à plus tard l’examen des blessures.
Il faut croire que la pratique n’est pas la même selon qu’on est député ou simple menant.
Oui, justice de caste.
Dans le Canard enchaîné du 6 septembre 2017.
Toujours prompt à défendre les consommateurs, Michel-Edouard Leclerc s’est emparé des oeufs contaminés au fipronil. Un peu hâtivement, cette fois. Dans son blog, intitulé « De quoi je me MEL » (ses initiales), le pédégé de l’enseigne se plaint que l’accusation soit portée contre les distributeurs plutôt que contre les fabricants. Admirable façon de se dédouaner de ses responsabilités !
MEL l’a opportunément oublié : Leclerc vend aussi des produits sous le label « Marque Repère » ou Eco+, fabriqués spécialement pour Leclerc. Or, selon le dernier pointage du ministère de l'Agriculture, établi le 24 août, sur les 32 produits retirés des linéaires, 80 % sont des marques distributeur, ou MD (« Huffmgton Post », 25/8). Et, sur ces 26 produits, 6 le sont dans les magasins Leclerc. La peste soit des brownies et des gaufres aux œufs frais !
Excédé par les caquètements de Michel-Edouard Leclerc, le président de Nestlé France, Richard Girardot, a fait une entrée fracassante dans la basse-cour en accusant le distributeur de « pousser les fournisseurs à la faute en s’exonérant lui-même des contraintes du droit français ».
Le patron de Nestlé (Perrier, KitKat, Herta…) pointe du bec la situation d’Eurelec Trading, la centrale d’achats créée par Leclerc et son confrère allemand Rewe à Bruxelles. Une structure qui « négocie, commande, fait livrer et facturer depuis la Belgique des produits français à destination d’entrepôts français, de magasins français, pour des consommateurs français ».
Ce dispositif permet en effet de bénéficier d’une fiscalité avantageuse et, surtout, de contourner la loi française sur la limitation des marges arrière, seuils de vente à perte, les conditions de ristourne, etc. Des dizaines de marques sont contraintes de facturer leurs ventes en Belgique et non plus en France (« Challenges », 31/8) .
Et voilà pourquoi le patron de Nestlé monte sur ses ergots, dans ce combat de coques !
Intéressant, je me suis toujours demandé quelles sont les ficelles des marques distributeur.
Dans le Canard enchaîné du 6 septembre 2017.
"Lorsqu’un étudiant prend son lit pour une barre de tractions ou quand le matelas se transforme en canapé pour dix personnes, nous sommes au courant", explique le créateur des lits connectés, cité par le quotidien.
En cas d'urgence, un SMS est envoyé à un agent qui peut intervenir. "Notre objectif est seulement de planifier l’entretien préventif et d’observer l’usure du lit, pas de sanctionner les élèves", assure le Crous.
[…]
Ils précisent par ailleurs que le programme, qui n'a pas débuté, "sera mené sur la base du volontariat" et que les données collectées seront anonymes.
C'est anonyme mais un agent reçoit quand même un SMS pour intervenir… Stop prendre les gens pour des imbéciles… T'interviens comment si tu balances pas le numéro de la chambre ?! Si tu balances le numéro de la chambre, alors t'as aussi l'identité du locataire donc ce n'est pas anonyme.
Le CROUS est toujours dans son délire "il ne faut inviter personne dans sa chambre" et "il faut vivre seul dans sa chambre" (ouais, baiser et/ou héberger un⋅e ami⋅e, c'est mal, y'a des chambres voisines à louer à un prix exorbitant pour ça). C'est à ça que serviront ces capteurs.
My least favorite aspect of typing notifications
Over the years I've decided I'd rather have them on than not, but I'm glad there aren't "has opened a blank note to compose a reply to you" notifications.
:')
Sur Internet, il est possible d'émettre en utilisant des adresses IP qui ne nous ont pas été attribué. Tout comme il est possible d'envoyer des courriers postaux avec une fausse adresse d'expédition. Cela permet parfois le contournement d'une politique de sécurité basée sur du filtrage par IP. Cela permet (trop) souvent de conduire des attaques par déni de service larvées. Comme toujours, le NAPT n'est pas une protection.
Différentes contre-mesures existent depuis fort longtemps mais elles sont très peu déployées car c'est chiant, ça demande du temps et ça ne rapporte pas immédiatement des sousous, comme toute la sécurité (informatique) d'ailleurs.
Ce projet vise à recenser les réseaux qui autorisent l'usurpation de l'adresse source afin d'en faire un mur de la honte. Il fournit un logiciel sous licence libre (GPL) que chacun⋅e peut exécuter sur son ordinateur afin de tester le réseau de son opérateur et de contribuer à ce mur de la honte. Et si tu participes à l'administration d'un réseau informatique, cela permet d'avoir un test extérieur des contre-mesures mises en œuvre. :)
Les tests sont vraiment complets : envoi de paquets avec une IP source usurpée depuis l'intérieur du réseau, en IPv4 et en IPv6, avec des adresses voisines, avec des adresses n'appartenant pas au réseau et avec des adresses privées puis envoi de paquets avec une IP source usurpée depuis l'extérieur du réseau (les rapports publics ne font pas état de ces tests), en IPv4 et en IPv6, avec des adresses privées et des adresses publiques n'appartenant pas au réseau.
Pour ARN et Grifon, fournisseurs d'accès à Internet associatifs, le premier en Alsace, le second en Bretagne, tout est OK : https://spoofer.caida.org/as.php?asn=60630 et https://spoofer.caida.org/as.php?asn=204092 \o/ Pour la documentation sur notre manière de mettre cela en œuvre, c'est ici pour ARN : https://wiki.arn-fai.net/technique:bcp38. Et ici pour Grifon : https://www.swordarmor.fr/mettre-en-oeuvre-bcp38-avec-un-routeur-freebsd-en-utilisant-pf.html .
Je note que les personnes derrière ce projet sont accessibles et répondent rapidement : un bug signalé le 24 août était corrigé le 29 août. \o/
Des votes ont lieu les 4 et 11 septembre au Parlement européen sur un texte qui touchera profondément et pour longtemps les fournisseurs d'accès à internet (FAI) associatifs de l'Union européenne (UE) : la future directive qui établira le Code des communications électroniques européen (CCEE).
Vote repoussé au 2 octobre. Changement obtenu par le groupe parlementaire S&D pour essayer d'obtenir quelques compromis supplémentaires. Les groupes parlementaires Verts et GUE devraient voter selon nos convictions. Il faudrait encore que la société civile se mobilise auprès des groupes EPP et ECR à propos de l'ouverture du co-investissement sur la fibre optique (voir 2e Paquet Télécoms. II faudrait aussi soutenir les député⋅e⋅s S&D et ALDE, qui nous sont plutôt favorables, afin qu'il⋅elle⋅s flanchent.
On a donc du temps pour militer et convaincre. Je ne saurez trop te recommander de te documenter (en cliquant sur le contenu pointé par ce shaarli, par exemple) puis de téléphoner / d'envoyer un mail à nos député⋅e⋅s. L'appel téléphonique peut même être gratuit avec le PiPhone de La Quadrature du Net qui est un automate qui te téléphone pour te mettre en relation avec le⋅a député⋅e désiré⋅e (pour l'instant, ne choisir que des député⋅e⋅s membre de la commission ITRE car c'est au sein de cette commission qu'aura lieu le prochain vote du 2 octobre.
L’Assemblée va-t-elle abaisser de 15 à 10 députés le seuil à partir duquel un groupe parlementaire peut être constitué, avec les avantages y afférents ? Le 17 août sur France Inter, le député FN Sébastien Chenu a accusé François de Rugy, le président de l’Assemblée, de s’opposer à cette réforme pour priver Marine Le Pen d’un groupe à l’Assemblée. Lequel lui a fait répondre qu’une telle disposition ne relevait pas du président mais du règlement du Palais-Bourbon, et qu’il était disposé à lancer un débat sur le sujet à l’automne.
Un débat qui a de bonnes chances d’être animé, vu que Christian Jacob, le patron des Républicains, s’est déclaré favorable, lui, à ce que le nombre de députés nécessaires soit relevé à 60.
Quand l’un de ses interlocuteurs a fait remarquer à Jacob que ni le PS, ni le PC, ni les Insoumis ne pourraient alors créer un groupe parlementaire à part entière, sa réponse s’est révélée limpide :
« Le PS pourrait se regrouper avec les Insoumis et le PC . »
Et pourquoi pas avec La République en marche ?
Dans le Canard enchaîné du 30 août 2017
« Faut-il dégager les médias ? » C’était l’intitulé de l’un des ateliers organisés, le 26 août, lors des journées d’été de La France insoumise, à Marseille. Le débat s’est achevé avec des militants debout et bras levé, scandant : « Résistance ! »
Pourtant, Jean-Luc Mélenchon a tenu, le lendemain, à remercier les chaînes d’information BFMTV et LCI à l’occasion de son discours de clôture, et même à les faire applaudir par l’assistance parce qu’« elles retransmett[ai]ent [s]on discours en direct ».
Ouais, les médias c'est trop trop trop trop génial pour diffuser tes idées (sous forme de soupe) et c'est très très très très mal quand ça diffuse les idées des autres (sous forme de soupe) et/ou que ça pose des questions. Mélenchon n'en est pas à son coup d'essai en la matière. De là à ce que ses fidèles le suivent… À la décharge du mouvement : aucun mouvement politique d'envergure national, de l'extrême droite à la prétendue extrême gauche n'aime les médias et tous rêvent de serrer la vis (voir la section « Futur »). Dommage que la France Insoumise ne se différencie pas sur ce critère. :(
Alors que certains Insoumis criaient « merci », Méluche a refroidi l’assistance en lançant : « Faut pas en rajouter non plus ! »
Après quoi le chef des Insoumis a appelé à manifester le 23 septembre contre la réforme du Code du travail.
« Il faut que le peuple déferle à Paris, a-t-il lancé, contre le coup d ’Etat social, antidémocratique qui s’organise contre lui. Pas de bla-bla, du combat ! »
Porte-parole des Insoumis et épouse d’Alexis Corbière, la nunéro 2 du parti, Raquel Garrido, s’est montrée encore plus explicite :
« Nous n’allons pas attendre 2022 pour gouverner. Notre vocation à gouverner existe à tout moment. »
A bas le coup d’Etat social, vive le coup d’Etat tout court !
Dans le Canard enchaîné du 30 août 2017.
De mémoire de policier, c’est du jamais-vu : le 5 août, le ministère de l’Intérieur a passé un appel d’offres pour 1,2 million de grenades fumigènes, assourdissantes et lacrymogènes ! Une panoplie pétaradante à 22 millions d’euros, destinée à équiper CRS, gendarmes mobiles et compagnies d’intervention de la sécurité publique.
Cette information, publiée dans le « Bulletin officiel des marchés publics », annonce-rait-elle une rentrée sociale festive ? « Ça n’a rien à voir, s’énerve—t-on Place Beauvau. Il s’agit simplement d’un renouvellement d’appel d’offres arrivé à son terme. » Et d’insister sur le fait que la commande porte sur quatre ans, alors qu’auparavant les emplettes se faisaient chaque année. Certes, mais cela n’explique pas tout…
La triste réalité, découverte par « Le Canard » — qui a mis son bec dans les soutes à munitions de la Place Beauvau —, c’est que les stocks étaient à sec ! Durant le quinquennat de Hollande, les poulets ont dégoupillé dur. « Il y a eu Notre-Dame-des-Landes, Sivens, Calais, les manifs contre la loi Travail (déjà)… On n’a pas arrêté de grenader », décrypte l’un d’entre eux. L’année dernière, à Calais, les CRS ont tiré à eux seuls près de 2 000 grenades par mois, à 50 euros l’unité. Aux 22 000 grenades balancées sur les migrants s’ajoutent, bien sûr, celles des gendarmes mobiles. Boum !
Une frénésie explosive au service du made in France, puisque le principal fournisseur du ministère de l’Intérieur est le sarthois Alsetex, « leader des produits pour la gestion démocratique des foules » (sic). Un gagnant qui respecte l’environnement : comme le mentionne l’appel d’offres, les emballages abritant cette quincaillerie doivent être recyclables.
« Démocratie », écologie. Que redoute le peuple ?
Alsetex fait aussi dans la vente à de charmantes dictatures comme le Bahreïn.
Dans le Canard enchaîné du 30 août 2017.