Ces derniers temps, les médias évoquent beaucoup la Turquie, son régime devenu fou et ses journalistes emprisonné⋅e⋅s, mais on entend peu parler de la Pologne. Dire que les eurodéputé⋅e⋅s polonais⋅e⋅s avaient mené un travail fabuleux pour enterrer ACTA… Comme quoi, tout peut changer très vite…
Comme Jaroslaw Kaczynski, le tout-puissant président du PiS (le parti Droit et Justice), au pouvoir en Pologne, doit regretter le bon temps où son jumeau, Lech, était le président du pays, avant sa mort dans un accident d’avion en 2010… Car voilà que l’actuel président polonais, Andrzej Buda, pourtant lui aussi membre du PiS, vient, contre toute attente, de le défier en mettant son veto, le 24 juillet, à deux des trois lois liberticides que le parti a fait voter…
La première de ces lois prévoit de virer tous les magistrats du Conseil national de la justice, dont les nouveaux membres doivent désormais être désignés par le Parlement, dominé par le PiS. Vous avez dit purge ? Et la deuxième, votée par le Sénat dans la nuit du 21 juillet, réduit le nombre de membres de la Cour suprême de 87 à 43, en l’inféodant au ministre de la Justice, qui est également le procureur général…
Dénonçant une violation de la séparation des pouvoirs, l’UE a aussi sec menacé la Pologne de lui retirer son droit de vote au Conseil européen, une sanction jamais utilisée. Mais le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a volé au secours de Varsovie… Un soutien encombrant !
Surtout, des dizaines de milliers de manifestants ont protesté pendant le week-end, y compris sous les fenêtres de Jaroslaw Kaczynski. Pas sûr, pour autant, que le président Duda, en cédant à la rue, se soit vraiment rebellé contre son chef de parti. D’après Radoslaw Markowski, un chercheur cité par « liberation.fr » (25/7), il s’agirait d’une manœuvre de « diversion » menée par les deux hommes, en attendant de refaire passer ces lois scélérates en douce, « une fois la pression populaire retombée ».
Ou alors il s'agit peut-être d'un épouvantail permettant de cristalliser la colère sur ces deux projets de loi alors que le véritable but a toujours été de faire passer la troisième loi. Le brave Peuple pense avoir été écouté, les deux projets de lois sont reportés, mais en fait, il a perdu : ils ont été créés et mis en scène uniquement pour permettre le passage de la troisième loi… ;)
D’ailleur, Duda a entériné, le 25 juillet, la troisième loi, qui donne tout pouvoir au ministre de la Justice de nommer les présidents de tribunaux ordinaires…
Pourvu que Bruxelles ne capitule pas sur la Vistule !
Dans le Canard enchaîné du 26 juillet 2017.
Ils s’entendaient comme larrons en foire. Ils s’en mettaient plein les poches. L’Europe était leur terrain de jeu. Ça a duré quatorze ans. Ils viennent d’écoper de la plus grosse amende jamais infligée pour des faits similaires : 2,93 milliards d’euros.
Au sein du cartel des camions se retrouvaient les six principaux constructeurs européens : le suédois Volvo, qui détient Renault, les allemands Daimler et MAN, détenus par Volkswagen (déjà bien connu pour sa grandiose arnaque sur les émissions de gaz polluants), le suédois Scania, le néerlandais DAF et l’italien Iveco. Entre 1997 et 2011, ils se sont entendus pour surfacturer le prix des camions sortis d’usine et ralentir l’introduction de technologies permettant de réduire les émissions de CO2. Et ce ne sont pas des petites économies qu’ils ont faites ainsi mais des fortunes : à eux seuls, ils fournissent 95 % du marché européen, soit jusqu’à 300 000 camions chaque année.
Comme toujours dans ce genre d’histoire, c’est l’un d’eux qui a lâché le morceau : l’allemand MAN, qui, du coup, a été dispensé de mettre la main à la poche. Il a raconté comment tout avait commencé, dans un grand hôtel de Bruxelles, puis comment, à l’occasion des salons annuels, les six constructeurs s’étaient rencontrés pour actualiser leur arnaque. Pendant ce temps-là, la Commission s’échinait à pondre des normes visant à freiner l’augmentation des émissions de gaz carbonique des camions…
Lesquelles ont bondi de 36 % entre 1990 et 2010, à la grande satisfaction du réchauffement climatique. Et ce ne sont pas les cars Macron qui vont arranger l’affaire…
Dans le Canard enchaîné du 26 juillet 2017.
Avec VirtualBox, il suffit d'installer les Guest Additions dans une machine virtuelle afin de copier/coller du contenu vers/depuis la machine virtuelle invitée et afin d'éviter que la souris soit capturée par le système invité.
Pour faire pareil avec KVM + virt-manager :
spice-vdagent chez Debian (et il faut qu'un environnement graphique soit installé et en cours d'exécution). Pour winwin, c'est par là : https://www.spice-space.org/download.html . Redémarrer à la fin de l'installation.Adblock filter list to block obtrusive EU cookie law notices.
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Après quelques jours de test, je garde : ça apporte quelque chose, surtout si t'es du genre à demander à ton navigateur de purger les cookies à sa fermeture (auquel cas les sites web ne peuvent se souvenir que t'as accepté le dépôt de cookies dans une session de surf précédente).
Pris de vertige devant le manque à gagner pour les caisses de l’État — 1,2 milliard par an, selon le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) — qui s’annonce avec la généralisation de la fourniture gratuite de journaux aux abonnés des opérateurs de téléphone, Bercy s’apprête à siffler la fin de la récré. Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, souhaite modifier la réglementation pour empêcher SFR et ses concurrents de se gaver au détriment des contribuables.
SFR avait ouvert le bal en 2015, avec une combine qui fleure bon l’abus de droit. « Le Canard » (14/6) avait expliqué le truc : en offrant à leurs clients l’accès gratuit à nombre de titres de journaux, les opérateurs appliquent à près de la moitié de la facture téléphonique le taux de TVA réservé à la presse (2,1 %), au lieu du taux normal (20 %). La facture du client demeure inchangée, mais l'opérateur, lui augmente sa marge, puisque la TVA qu’il règle à l’État diminue.
Une récente étude de la banque d’affaires américaine JPMorgan estime que SFR économise ainsi 400 millions d’euros par an, et Bouygues 260 millions. Soit 660 millions de taxe non perçue par l’État. Orange ne veut pas être en reste et va s’y mettre a la rentrée, suivi par Free. D’où le manque à gagner prévisible de 1,2 milliard d’euros par an. Une paille !
Saisi au début de l’année par des concurrents jaloux pour savoir si la combine de SFR était légale, Bercy s’était bien gardé de répondre. « La loi n’est pas précise », expliquait-on au ministère du Budget. Patrick Drahi, le proprio de SFR, a donc poussé son avantage.
Aujourd’hui, la ponction sur les finances publiques prend de telles proportions que Bercy doit agir. Difficile d’expliquer qu’on réduit les aides au logement de 5 euros par mois alors qu’on laisse les opérateurs s’engraissent [ NDLR : sic ] indûment de 1,2 milliard par an.
Damnanin voudrait donc imposer que la TVA à taux réduit s’applique uniquement au chiffre d’affaires « presse » des opérateurs. C’est-à-dire à la redevance qu’ils versent aux journaux, en contrepartie du droit de diffuser leurs articles. Des redevances qui sont microscopiques. Ainsi, pour SFR, elles s’élèvent à moins de 40 millions par an. Avec la réforme Damnanin, le bonus fiscal de la boîte de Drahi passerait de 400 à moins de 10 millions par an.
Pas sûr qu’avec ce régime les opérateurs continuent d’adorer la presse. Pas sûr non plus que la presse y perde, elle qui, avec ces pratiques, devient un simple produit d’appel pour opérateur de téléphonie, sans souci de son avenir.
Dans le Canard enchaîné du 26 juillet 2017.
Quand Maître Eolas part d'une amende de stationnement à 35 € pour t'expliquer les bases de notre société. À lire impérativement, surtout si t'es du genre à penser qu'il y a trop de réglementations en France.
Sébastien X. est l’heureux propriétaire d’un lot dans le Lot, sur lequel se trouve une maison d’habitation et un garage. On y accède par un portail donnant sur la voie publique, par lequel une automobile peut passer afin de rejoindre le garage. Le trottoir devant cet accès est abaissé, formant ce que l’on appelle une entrée carrossable et plus couramment un bateau. Un jour, mû par la flemme ou peut-être parce qu’il ne comptait pas rester longtemps chez lui, peu importe, Sébastien X. a garé sa voiture devant l’accès à sa propriété, au niveau du bateau. “Que diable, a-t-il dû se dire, je ne gêne pas puisque seul moi ai vocation à utiliser cet accès. Or en me garant ainsi, je manifeste de façon univoque que je n’ai nulle intention d’user de ce dit passage”. Oui, Sébastien X. s’exprime dans un langage soutenu, ai-je décidé. Fatalitas. Un agent de police passant par là voit la chose, et la voit d’un mauvais œil ; sans désemparer, il dresse procès-verbal d’une contravention de 4e classe prévue par l’article R.417-10 du code de la route : stationnement gênant la circulation. Sébastien X., fort marri, décide de contester l’amende qui le frappe, fort injustement selon lui.
Mais en matière routière, vu la masse considérable de contraventions constatées (on parle de plusieurs millions par an), un système dérogatoire du droit commun a été mis en place qui donne à ces contraventions de faible gravité de plus en plus le caractère d’une sanction administrative : la procédure dite de l’amende forfaitaire, prévue par les articles 529 et suivants du code de procédure pénale. Ainsi, la plupart des contraventions routières ne passent pas devant un juge, ni même devant un magistrat du parquet. […] Pour faire simple : on vous propose de payer une somme réduite, paiement qui éteint l’action publique, c’est-à-dire que vous ne pouvez plus être poursuivi pour ces faits, comme si vous aviez déjà été jugé (alors que par définition, vous ne le fûtes point). Si vous payez spontanément dans un délai de généralement 45 jours, vous payez une amende forfaitaire minorée dont le montant est fixé par décret. Au-delà, vous passez à l’amende forfaitaire normale, en raison du surcoût du traitement du dossier. Si la contravention est mise en recouvrement forcée, c’est une somme majorée qui vous est réclamée. […]
[…]
La loi prévoit cependant une possibilité de recours. Fichu pays de droitdelhommiste, on ne peut être condamné sans avoir droit à défendre sa cause devant un juge. La procédure de l’amende forfaitaire est interrompue par l’envoi d’une requête au ministère public, qui dans ce cas doit porter l’affaire devant la juridiction compétente, aujourd’hui le tribunal de police […]
[…]
Le code de procédure pénale prévoit que l’appel n’est possible que d’un jugement prononçant une peine, ce qui par définition n’est pas le cas d’un jugement de relaxe. L’officier du ministère public, qui représente le parquet devant les juridictions de proximité et le tribunal de police, et qui était un fin juriste, s’est étranglé en lisant cela et a formé le seul recours possible contre cette décision : le pourvoi en cassation.
Pourquoi la cour de cassation a-t-elle mis à l’amende ce jugement ? Pour deux séries de motif dont chacun à lui seul justifiait la cassation.
Le premier, et donc le plus important, est une violation par le juge de l’article R. 417-10, III, 1° du code de la route, ce qu’un coup d’œil à l’article nous apprend qu’il dispose : “Est également considéré comme gênant la circulation publique le stationnement d’un véhicule :
1° Devant les entrées carrossables des immeubles riverains.”
Or, nous dit la cour de cassation, les mots “circulation publique”, désignent aussi celle des véhicules de secours ou de sécurité, et ainsi le stationnement, sur le domaine public, devant les entrées carrossables des immeubles riverains, est également applicable aux véhicules utilisés par une personne ayant l’usage exclusif de cet accès. Le juge de proximité s’est planté grave (ça c’est de moi, je résume).
Si l'on n'est pas d'accord, il faut donc demander un changement de la loi (par le biais de son⋅a député⋅e), pas s'attaquer à l'institution qui applique stricto-sensu cette loi.
Le second est un problème procédural qui fait les cauchemars des avocats plaidant devant les tribunaux de police : la force probante des procès verbaux en matière de police de la circulation. Alors que le principe, fort méconnu des magistrats il est vrai, est qu’un procès-verbal constatant une infraction n’a valeur que de simple renseignement (art. 430 du code de procédure pénale), en matière de police, ils font foi jusqu’à preuve contraire qui ne peut être apportée que de deux façons : par écrit ou par témoin (art. 537 du code de procédure pénale, très bien connu des magistrats celui-là). Il faut comprendre que les faits constituant une contravention sont par nature matériellement très simples (le feu était rouge, la voiture garée sur une piste cyclable, etc.). Les constater ne demande aucune analyse en droit, aucune interprétation des faits, juste de les constater. En conséquence, la loi donne à cette constatation une force probante qui suffit à triompher de la présomption d’innocence. Si le prévenu conteste, ce n’est pas parole contre parole, la loi dit que la preuve a été rapportée. Il faut dans ce cas battre cette preuve en brèche, en apportant la preuve que ce qui est constaté est inexact, soit en produisant un témoin des faits, soit un écrit qui prouve que les faits ne se sont pas produits comme le dit le procès-verbal. Or Sébastien X. n’a produit ni écrit ni témoin prouvant que son stationnement n’était pas gênant pour la circulation, contrairement à ce que dit le procès-verbal. Dans ces conditions, le juge de proximité ne pouvait pas se contenter de dire qu’il n’est pas contesté par l’officier du ministère public que le stationnement ne gênait ni la circulation des automobile ni celles des piétons. Le juge devait exiger que cette preuve fût rapportée, par écrits ou par témoin. En ajoutant au procès-verbal des précisions qu’il ne contenait pas, le juge de proximité a violé l’article 537 du code de procédure pénale.
Bref, ce jugement violait deux textes de loi. Et il faudrait s’émouvoir qu’un recours ait été formé pour l’annuler ?
[…] Le fait que l’enjeu était de 750 euros maximum et que l’affaire ne va probablement pas être rentable pour l’Etat n’a pas échappé au président Guérin, ni à M. Parlos, conseiller rapporteur, ni à M. Straehli, conseiller de la chambre ; ni à l’excellente Mme Guichard, greffière de chambre, ni à M. l’avocat général Cuny qui tous ont dû se pencher sur la question. Mais la question n’était pas financière, elle était juridique.
La loi, en interdisant de se garer devant un bateau, ne crée pas un privilège pour les occupants de la propriété concernée leur allouant à perpétuelle demeure une fraction du trottoir réservée à leur usage personnel. Elle ne crée pas une place de parking gratuite et réservée aux propriétaires fonciers. Comme le précise la cour de cassation, l’obligation de laisser cet accès libre est aussi destinée à permettre le cas échéant l’intervention des services de secours et d’urgence ; par exemple en cas d’incendie, le portail grand ouvert, au besoin par la force, permettra de faire passer tous les tuyaux et au personnel de circuler rapidement et aisément, pour évacuer des blessés. C’est cela que protège avant tout la loi, et cela protège toute personne se trouvant dans la propriété, qu’elle soit la seule personne usant le garage ou non. Cela peut paraître évident mais en fait ça ne l’est pas, et pas mal de gens croient à tort qu’ils peuvent se garer devant leur garage, puisque ça ne peut gêner personne d’autre qu’eux même. Dame ! Le juge de proximité de Cahors lui-même a fait cette erreur. Le problème est que laisser cette décision subsister, ne fut-ce que par pragmatique souci de faire des économies, crée une décision judiciaire validant cette erreur. Que ne commettra pas la juridiction voisine. Ce que ne comprendront pas les citoyens : pourquoi à Cahors peut-on se garer devant son garage et pas à Figeac ou à Guéret ?
L’égalité devant la loi est un principe fondamental. Les révolutionnaires, qui comme leur nom ne l’indique pas étaient de sacrés libéraux, l’ont dit eux-même un 26 juillet 1789 : la loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 5. Et oui, cela s’applique même aux règles de stationnement. Car si chaque citoyen commence à considérer que chacun peut adapter la loi à sa sauce, que le “bon sens”, ce sens qui curieusement nous donne toujours raison même quand on a tort, l’emporte sur les “réglementations”, ce sont rien de moins que la fondation de la société qu’on attaque. Sans hyperbole. Cela promeut l’idée que ceux qui suivent les règles sont au mieux des naïfs psychorigides et au pire des idiots. C’est une évidence qu’il faut pourtant rappeler : le respect généralisé de la loi est mieux que son irrespect généralisé (une simple ballade en voiture dans Catane en Sicile vous le démontrera) et ce respect généralisé repose sur une condition préalable : que ce respect soit imposé à tous de la même façon. Et c’est là l’essence du rôle du pouvoir judiciaire, depuis son invention par les Lumières.
Comme vous le voyez, les enjeux derrière cette décision dépassent largement Sébastien X., Cahors, ou 35 ou 750 euros.
Quand tu veux mettre à jour Ganeti et que :
… ben tu rencontres deux-trois problèmes qui sont documentés ici avec une solution possible.
Le principe de la fiscalité internationale est que la richesse doit être imposée dans le pays où elle se crée. Mais où se crée la richesse ? Selon la conception soutenue par l’OCDE, que la France a suivie, une entreprise ne doit régler des impôts dans un pays que si elle y bénéficie d’un «établissement stable», c’est-à-dire d’une «base matérielle fixe» dans laquelle elle exerce une «activité». Son paradigme est que la création de richesse s’effectue là où est produit un bien ou un service, et non là où il se vend ou s’utilise.
Ceci réduit l’administration fiscale à l’impuissance face à l’économie numérique et plus généralement face à l’économie de services. Dans le domaine de l’économie numérique, produire n’est pas grand-chose, et la «production» peut se localiser n’importe où dans le monde, là où se trouvent les serveurs et les informaticiens. La création de richesse n’est plus là : un site ne vaut que par le nombre de ses clients, ou tout simplement de ses utilisateurs gratuits lorsque le profit repose sur la collecte de données numériques de type big-data. En matière de commerce on-line, les créateurs de valeur sont les clients, alors que, selon nos conventions fiscales, une activité de livraison en France n’implique pas un établissement stable. Ce sont parfois tout simplement les clics qui font les recettes, même si les «cliqueurs» ne paient rien, comme dans le cas de Google précisément.
Les GAFA échapperont à l’impôt en France tant que la France suivra le modèle de convention fiscale internationale établi par l’OCDE, qui retient la notion matérielle et productiviste d’établissement stable comme critère de rattachement des bénéfices, et donc de répartition entre Etats du droit d’imposer.
[…]
La solution limitée consisterait à étendre la notion d’établissement stable pour y inclure la fourniture de services et la «présence fiscale numérique». En l’état actuel de nos conventions, si une société étrangère se borne à fournir des services dans un autre Etat sans y disposer des locaux de «production» de ces services, elle n’a pas d’établissement stable dans cet Etat. Pourtant, quelques rares conventions fiscales retiennent une définition plus large de l’établissement stable, en y incluant, même en l’absence d’installation fixe, la fourniture de services. Cette extension de l’établissement stable préserve le pouvoir d’imposition des pays consommateurs de services. L’OCDE y est farouchement hostile, considérant que les multinationales occidentales ont tout à y perdre.
La position de la France est alignée sur celle de ses partenaires de l’OCDE. Cependant, nos négociateurs ont dû céder devant l’exigence de certains pays émergents, et accepter cette extension dans nos conventions avec des pays tels que la Chine, Hong-Kong, la Colombie ou le Botswana. Si bien que, paradoxalement, la France adopte le point de vue «consommateur» avec les pays émergents, alors qu’elle conserve le point de vue «producteur» avec les Etats-Unis, pour qui nous sommes un pays de consommateurs. Nous sommes perdants sur les deux tableaux.
[…]
La solution radicale consisterait à sortir du carcan de l’établissement stable. Il faut imposer les entreprises là où se réalisent les recettes. Le droit fiscal international pourrait s’inspirer… du droit fiscal américain : les sociétés étrangères sont imposables aux Etats-Unis dès qu’elles réalisent du «trade or business» sur leur territoire. Pourquoi ne pas imposer les entreprises américaines selon les principes américains ?
[…] Les pays industrialisés, réunis dans l’OCDE, ont fait prévaloir l’imposition dans l’Etat du siège, favorable à leurs entreprises multinationales ; inversement, les pays émergents militent en faveur de l’imposition dans l’Etat de la source, car c’est de plus en plus chez eux que ces multinationales vont chercher les consommateurs dont elles ont crucialement besoin. […]
Oooooook. Tout ça c'est donc du bullshit autour de la notion de répartition des richesses au sein des territoires ! Fiscaliser Google en France, ça signifie perdre des bouts d'impôts aujourd'hui dus par nos sociétés nationales mais qui ne le seraient plus demain ! Et on voudrait gagner sur les deux tableaux… ou à défaut être sur le tableau le plus rentable du moment. Oooooook.
Quand la France comprendra-t-elle qu’elle est de moins en moins un pays de producteurs et de plus en plus un pays de consommateurs, notamment dans le domaine de l’économie numérique ? On pourrait s’en inquiéter, mais non le nier. A défaut de parvenir à constituer des Google et des Amazon français, on peut se demander si notre politique fiscale internationale ne devrait pas suivre les options de l’ONU plutôt que de celles de l’OCDE auxquelles nous nous accrochons, moitié sous la pression des multinationales françaises qui craignent d’avoir à payer davantage d’impôts en Inde ou en Colombie (mais paient-elles beaucoup d’impôts en France ?), moitié par résignation.
Que font donc les pauvres avec leur argent ? Il y a des réponses évidentes bien sûr : ils consomment, achètent de quoi se nourrir, se vêtir, ils payent leurs factures, leur loyer, etc. On sait qu'ils consomment relativement plus que les autres, la propension à épargner étant croissante avec les revenus (la propension à consommer est donc, logiquement, décroissante). Ce qui signifie, notamment, que des prélèvements tels que la TVA, non-progressive, pèsent plus lourdement (relativement) sur leurs épaules que sur celles des plus fortunés. Contrainte budgétaire oblige - ça, c'est l'économiste en moi qui parle - ils se privent et ont du mal à épargner. Tout cela fera sans doute l'objet d'un consensus. Au-delà de ces quelques banalités, tout débat sur les revenus modestes devient d'un seul coup plus compliqué.
Car, après tout, s'ils le voulaient, ils pourraient faire des efforts et épargner, morbleu ! Ils pourraient se priver un peu plus, ils pourraient faire attention, ils pourraient faire ceci et cela, et s'en sortir de leur pauvreté. La preuve, c'est que le meilleur ami du beau-frère de mon collègue connaît un gars dont la sœur a entendu l'histoire d'une famille pauvre qui s'en est sortie, alors ne me dites pas que ça n'arrive pas. Voilà ce que l'on entend si souvent. Et sont alors pointés les usages superflus, somptuaires ou simplement moralement condamnables de l'argent des pauvres : de l'écran plat au smartphone, en passant par la paire de baskets, la tournée offerte au café, le paquet de cigarettse, la barrette de shit ou encore les cadeaux aux enfants - cadeaux que l'on reprochera aux mêmes de ne pas faire, parce que la cohérence n'est pas de ce monde.
Face à ce type de discours, il est courant d'essayer de montrer que ces dépenses apparemment irrationnelles ne le sont pas tant que ça. Prenons l'exemple du smartphone et autres produits équivalents : il est possible aujourd'hui de s'en procurer des modèles anciens à moindre coût, voire, si l'on cherche un ordinateur ou une tablette, d'en récupérer dans les poubelles des grandes entreprises de la Défense. C'est en outre un objet dont on peut difficilement se passer, surtout lorsqu'il s'agit de la seule connexion à Internet que l'on peut avoir, via les wifi gratuits. Support relationnel, mode d'information, moyen de communication avec des administrations toujours plus dématérialisées... Le smartphone, comme bien d'autres choses, est une fausse dépense superflue.
Pour autant, faire des pauvres des modèles de vertu qui seraient simplement mal compris par des classes moyennes et supérieures un brin prétentieuses est un mode argumentatif limité. Si l'on observe un budget, quel qu'il soit, on pourra toujours y trouver des choses superflues, inutiles, dont on pourrait se passer. Les plus pauvres n'échappent pas à la règle : ce ne sont pas des saints qui ont une utilisation irréprochable de leur argent. Dans son ethnographie des expulsions à Milwaukke, Matthew Desmond refuse précisément de nier ces problèmes : "il y a deux façons de déshumaniser les gens", note-t-il, "leur nier toute vertu, les absoudre de tout péché" ("There are two ways to dehumanize : the first is to strip people all virtue, the second is to cleanse them of all sin", p. 378). Il rapporte ainsi le cas de Larraine : récemment expulsée, vivant chez son frère dans un mobile home, elle décide pourtant d'utiliser ses bons alimentaires (food stamps, distribués au titre de l'assistance) pour se faire un festin de homards, de crabes et de tarte au citron. En un repas, elle utilise toute son aide alimentaire. Elle achète aussi une grande télé neuve ou des crèmes onéreuses, et refuse de vendre ses bijoux même lorsque le prix de ceux-ci pourraient lui permettre de payer son loyer et d'éviter d'être mise à la rue. […]
[Pour beaucoup de personnes, dont sa fille], Larraine est pauvre parce qu'elle jette son argent par la fenêtre. Mais l'inverse est beaucoup plus vrai : Larraine jette son argent par la fenêtre parce qu'elle est pauvre.
Larraine aurait au moins pu économiser ce que lui coûtait son abonnement au câble. Mais pour une dame âgée vivant dans un mobile home isolé du reste de la ville, qui n'a pas de voiture, qui ne sait pas se servir d'Internet, qui n'a qu'occasionnellement un téléphone, qui ne travaille plus, et qui a parfois des crises de fibromyalgie et de migraines, le câble est un ami irremplaçable. Les gens comme Larraine vivent avec tellement de limitations différentes qu'il est difficile d'imaginer la quantité d'efforts, de contrôle de soi et de sacrifices qui leur permettrait de sortir de la pauvreté. La distance entre la pauvreté écrasante (grinding poverty) et une pauvreté à peine plus stable peut être si importante que ceux qui sont tout en bas n'ont que peu d'espoir de s'en sortir même en comptant chaque centime. Alors, ils choisissent de ne pas le faire. A la place, ils essayent de survivre avec un peu d'éclat (survive in color), d'adoucir la souffrance avec du plaisir. Ils fumeront un petit joint, ils boiront un petit verre, feront quelques paris ou s'achèteront une télévision. Ils peuvent acheter du homard avec leurs bons alimentaires (they might buy lobster on food stamp).
Larraine a très tôt appris à ne pas s'excuser pour son existence. "Les gens vous reprochent n'importe quoi", dit-elle. Ça ne lui fait rien que le vendeur la regarde de travers. On la regarde de la même façon quand elle achète du vinaigre balsamique à 14$ ou des côtes de boeuf. Larraine aime cuisiner. "J'ai le droit de vivre, et j'ai le droit de vivre comme je l'entends", dit-elle. […]
L'argent des pauvres passe donc pour partie dans des dépenses "inutiles", qui ne leur permettront pas de sortir de la pauvreté... mais qui, on le voit, leur permettront de ne pas se sentir complètement nié comme individu quand la pauvreté est un déni de soi permanent. Ce sur quoi insiste Matthew Desmond, et bien d'autres chercheurs, c'est que ces dépenses ne sont pas la cause de la pauvreté : tout au contraire, elles en sont la conséquence. C'est parce que l'on a si peu que tout utilisation vertueuse de son argent, toute tentative d'accumulation, d'épargne, de sauvegarde est vouée à l'échec. Ou plutôt demanderait des sacrifices si importants et si incertains qu'il est beaucoup plus rationnel de ne pas les faire : il vaut mieux se faire un festin de homard aujourd'hui, quitte à avoir faim tout le moins, plutôt d'avoir faim pendant plusieurs années pour pouvoir, peut-être, si la conjoncture et la providence le permettent, si l'on ne se fait pas voler ou tuer avant, si l'on ne tombe pas malade, et si l'on trouve comment faire, stabiliser un tout petit peu sa situation... […]
[…]
[…] Pour pouvoir participer aux activités de son groupe, le gars de la rue doit partager son argent avec les autres. S'il a de l'argent et que son ami n'en a pas, il est censé payer pour lui. On peut rester membre d'une bande tout en faisant des économies, mais on ne peut pas simultanément faire des économies et avoir un statut important dans la bande. Le prestige, l'influence sont en partie liés à la capacité de pouvoir dépenser sans compter. En règle générale, un gars de la rue ne dépense pas consciemment pour exercer une influence sur ses copains. Il s'adapte au schème de comportement de son groupe et sa conduite a pour effet d'accroitre son influence (p. 145).
[…]
Les dépenses de Doc ne sont pas plus irrationnelles, et pas plus évitables, que celle de Chick. Si le premier y est contraint et pas le second, c'est du fait de leur position vis-à-vis du quartier, et non d'une personnalité différente. Pour Doc, payer un verre à un copain est un investissement dans un capital social populaire, un capital d'autochtonie (des notions que n'utilisent pas Whyte, notons-le : c'est moi qui reformule), lequel est sa principale ressource. Y renoncer aurait un coût énorme. Chick, lui, est dans une position plus distante et ne bénéficie pas des gains attachés à une position locale élevé. Il est donc plus facile pour lui d'y renoncer et d'aller chercher la réussite ailleurs.
[…]
Pour les fumeurs interrogés, la cigarette est le moyen par lequel on rappelle à soi et aux autres les règles essentielles d’une socialité souvent en péril. Le coût élevé de ce bien, le manque qu’il provoque lorsqu’il est difficile de se le procurer font de lui un pivot par lequel il devient possible de reconstruire les règles d’un lien social particulièrement ténu pour les personnes les plus précaires. Grâce au tabac, celles-ci peuvent ainsi tenter de se réinscrire dans une société qui tend à les exclure. On comprend dès lors pourquoi il est si difficile d’arrêter pour ces fumeurs. D’une certaine façon, leur dépendance au tabac n’est pas seulement physique ou psychologique, elle est aussi sociale.
Bref, deuxième élément de réponse à la question "que font les pauvres avec leur argent ?" : ils l'utilisent en partie pour maintenir des liens avec les autres, pour se garantir un minimum d'intégration, pour faire jouer certaines formes de solidarités... qui sont souvent autant de stratégie d'entretien de sa situation, quand il ne s'agit pas de question de survie, fut-elle aussi sociale que physique. La sociabilité, pour les plus pauvres, coûte cher - dans le cas de la cigarette, ce coût se supporte à la fois de façon pécuniaire et en termes de santé... Et pourtant, elle est incontournable : la sortie de la pauvreté apparaît improbable, le cancer des poumons est une menace éloignée dans le temps, mais l'isolement ou le rejet sont des réalités immédiates.
[…]
Professionnels de l'interaction sociale comme les démonstrateurs de foire qu'étudie Ronan Le Velly, les démarcheurs à domicile ne font jamais que profiter de la pauvreté d'autrui. Si l'on se demande où va l'argent des plus pauvres, il faut peut-être s'interroger sur à qui appartiennent les poches où il finit par tomber : ici des classes moyennes et des grandes entreprises, trop heureuses de trouver une population sur laquelle exercer quelques formes de domination - le coup de la blouse blanche, on connaît ça depuis Milgram - quand il ne s'agit pas plus simplement de rester très flou sur des contrats que l'on encourage à ne pas lire... surtout auprès d'une population pour laquelle on se doute que l'accès à la loi et à la justice n'est pas la chose la plus simple du monde.
Mais plus encore, Desmond note que c'est bien la pauvreté qui enrichit Sherrena. Son logement le plus vétuste est également le plus rentable. Les loyers qu'elle pratique sont élevés. C'est qu'elle profite, très concrètement, d'une population qui ne peut pas se loger ailleurs, moins parce qu'elle n'en a pas les moyens que parce qu'on ne la laisse pas aller ailleurs :
Quand les immeubles ont commencé à apparaître à New York au milieu du XIXe siècle, les loyers dans le pire ghetto étaient 30% plus élevé que dans les beaux quartiers. Dans les années 1920 et 1930, les loyers pour les habitations vétustes des ghettos noirs de Milwaukee, de Philadelphie et d'autres villes du Nord était plus élevés que ceux pour de biens meilleurs logements dans les quartiers blancs. A la fin des années 1960, les loyers dans les plus grandes villes était plus élevés pour les Noirs que pour les Blancs pour des logements équivalents. Les pauvres ne se concentre pas dans les quartiers en mauvais état parce que les loyers y sont moins élevés. Ils sont là - et c'est tout particulièrement le cas pour les Noirs pauvres - parce qu'ils y sont autorisés.
Les loyers représentent, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, l'un des postes budgétaires le plus important, et ce encore plus pour les plus pauvres. Ce que suggère ici Matthew Desmond, c'est qu'il y a bien là quelque chose qui explique la pauvreté des plus fragiles : une forme d'exploitation de leur précarité, qui permet aux classes supérieures et moyennes propriétaires des logements de capter une part considérable des revenus de ces catégories. […]
Evidemment, les Etats-Unis ne sont pas la France. Peut-être l'exploitation par les loyers y est-elle moins forte de ce côté de l'Atlantique... Mais l'un des arguments qui préside à la baisse et, peut-être, à la suppression des APL est que cela conduira à la baisse des loyers. Et derrière, l'idée qu'un marché immobilier libéralisé serait plus efficace. Les économistes sont nombreux à défendre cette idée : avec moins de réglementation, les expulsions seront peut-être plus nombreuses mais si les gens retrouvent un logement plus facilement derrière, il n'y a pas de problème. Les Etats-Unis offrent un exemple parfait de cette prospective : le marché immobilier y est très libéralisé, et sa fluidité est importante. L'ouvrage de Matthew Desmond souligne que, quoi qu'ils en disent, les économistes n'ont peut-être pas bien compris comment fonctionne le marché immobilier, car cette plus grande fluidité ne s'est pas accompagnées de moindres difficultés pour se loger pour les plus pauvres, loin de là, et les conséquences sur la pauvreté en général ont été terribles : des ménages sans cesse déplacer, privés de leurs ressources locales, incapables de s'investir dans des quartiers où ils ne font que passer en attendant la prochaine expulsion... […]
Cette décision du Conseil constitutionnel exprime des choses intéressantes en rappelant des évidences oubliées par les ayants-droit :
[…] la communication au public d’un phonogramme par les services de radio par internet en cause ouvre droit à une rémunération, dont le montant est réparti par moitié entre les artistes-interprètes et les producteurs, versée par le service de radio, en fonction des recettes produites par l’exploitation ou, à défaut, évaluée forfaitairement. Selon les articles L. 214-3 et L. 214-4, le barème et les modalités de versement de cette rémunération sont établis par des accords spécifiques à chaque branche d’activité entre les organisations représentatives des artistes-interprètes, des producteurs de phonogrammes et des personnes utilisant les phonogrammes ou, à défaut d’accord, par une commission administrative paritaire. Il résulte de ces dispositions qu’une rémunération équitable est assurée aux titulaires de droits voisins au titre de l’exploitation des phonogrammes.
Vous nous aviez proposé de nous rencontrer mardi soir dernier afin de discuter ensemble du site NosDéputés.fr. Nos premiers échanges téléphoniques avec vous et vos collaborateurs nous avaient laissé penser que l’objectif de cette réunion serait de recueillir vos suggestions d’améliorations de notre site, dans le respect de son objet […]
À notre profond regret, l’échange a pris la forme d’un « procès » de notre association et de la plateforme développée qui, pour reprendre des formulations exprimées mardi, serait un « système pervers », qui porterait le ferment d’un « antiparlementarisme » et contribuerait à la « valorisation des trolls parlementaires ». Nous ne voulons pas y voir une volonté des questeurs de l’Assemblée nationale de casser l’un des seuls instruments permettant de prendre la température de l’activité parlementaire dans sa diversité. Si nous comprenons parfaitement combien notre action et notre outil peuvent parfois gêner, ils ne sont pas conçus pour plaire ni pour déplaire mais pour retracer des éléments objectifs.
[…] Le plus souvent fructueux, ces différents échanges ont contribué au fil du temps à enrichir à la fois la transparence du Parlement, le site officiel de l’Assemblée et le nôtre :
- mise en œuvre des sanctions réglementaires inappliquées début 2010 ;
- diffusion des amendements de commission en format accessible en 2011 ;
- systématisation des listes d’auditionnés dans les rapports et établissement du registre enrichi des lobbyistes en 2013 ;
- mise à disposition en Open Data de la réserve parlementaire par nos soins en 2013, puis officiellement à partir de 2014 ;
- publication des noms de l’ensemble des votants sur les relevés de scrutins publics en 2014 ;
- ouverture de la plateforme Open Data de l’Assemblée en 2015 ;
- sans oublier la numérisation, avec l’aide de 8 000 citoyens, des données déclarées manuellement auprès de la HATVP en termes de lutte contre les conflits d’intérêts.
[…]
Nous proposons depuis 2010 une solution techniquement très simple pour remédier à cela : la transparence des délégations de vote, c’est-à-dire expliciter sur le relevé de chaque scrutin public et solennel lorsqu’un votant absent a chargé un autre député présent de porter son vote. Cette transparence, qui est la norme dans la plupart des parlements modernes, permettrait de prendre enfin en compte les scrutins électroniques comme sources d’information sur la présence en hémicycle, comme nous le demandent régulièrement de très nombreux anciens et nouveaux députés depuis près de huit ans.
Le fonctionnement des délégations est déjà informatisé en amont des séances et intégré au mécanisme de scrutin électronique, de sorte que lorsqu’un député vote depuis l’hémicycle, le vote de son éventuel délégant est immédiatement et automatiquement intégré au décompte du scrutin. Ainsi, comme nous l’ont confirmé de nombreux interlocuteurs au sein des services de l’Assemblée, aucun obstacle technique n’empêche l’application d’une telle mesure dans le processus de publication des scrutins.
[…]
Afin de pouvoir mieux refléter l’investissement des parlementaires lors de l’ensemble des missions d’information, d’application ou de contrôle, des auditions organisées par les rapporteurs, ou encore des réunions d’organes essentiels comme le Bureau ou la Questure, il serait très simple de publier au Journal Officiel les relevés de présences des parlementaires à ces travaux.
En effet, les réunions des commissions et de certains comités, offices et délégations font déjà l’objet d’un tel relevé de présences publié au Journal Officiel. À titre d’exemple, le Journal Officiel du 21 juillet 2017 détaille les relevés de présences de sept réunions de commissions, alors que plusieurs d’entre elles n’ont pas fait l’objet de feuille d’émargement ni même de compte-rendu.
La pratique des feuilles d’émargement n’est en vigueur que le mercredi matin afin de permettre aux services de l’Assemblée de mettre en œuvre les sanctions financières encourues par les parlementaires en cas d’absences répétées à ces réunions. Mais les administrateurs relèvent les parlementaires présents à la plupart des réunions et assurent la publication quotidienne de ces relevés au Journal Officiel. Il serait donc très simple et peu chronophage pour les administrateurs de systématiser cette pratique dès lors qu’ils sont sollicités pour une audition ou une réunion.
[…]
Concernant la publication de l’agenda individuel de tel ou tel député, nous vous en félicitons et encourageons naturellement ces pratiques transparentes. Ces données n’auront cependant pas vocation à être intégrées directement au sein de NosDéputés.fr, tant que ces pratiques ne seront pas systématiques, officielles et sous un format uniforme pour l’ensemble des députés. Elles mélangent par ailleurs des activités très diverses, pas nécessairement liées aux missions constitutionnelles des parlementaires. C’est en revanche un outil très utile et un important gage de confiance qui vient parfaitement compléter l’ensemble des sources d’information sur les activités publiques des élus. N’hésitez pas à en signaler le lien (URL) aux services de l’Assemblée afin qu’ils puissent l’ajouter à la liste de vos sites. Nous serons ravis de le voir alors apparaître également pour les visiteurs de NosDéputés.fr.
[…]
Comme pour les auditions des commissions ou les réunions du Bureau, il nous semblerait utile que les citoyens puissent être informés des activités de la questure, qui reste parmi les organismes les plus opaques de l’Assemblée. Un simple relevé de décisions à l’image des compte-rendus des réunions du Bureau constituerait d’ores et déjà un important progrès. En complément, un simple relevé par un administrateur des députés participant à chaque réunion, et sa publication dans le flux quotidien du Journal Officiel, suffiraient là encore à offrir une plus grande visibilité à ce travail.
Le fonctionnement budgétaire et financier reste par ailleurs totalement inaccessible : alors que c’est un document central qui régit l’ensemble de l’activité financière de l’Assemblée, l’accès au Réglement budgétaire comptable et financier de l’Assemblée nationale est refusé tant aux députés ne participant pas aux réunions du Bureau qu’au déontologue. Il est bien sûr également refusé à tout citoyen.
Il en va de même pour les documents comptables de l’Assemblée dont seul un résumé très succinct est publié, et seulement depuis 2014.
Moralisation de la vie politique ou moralisation politicienne de la vie politique ?
Il y a un sujet que je souhaite évoquer, mais je ne suis pas sûr de la manière dont il faut l'aborder ni de ce que j'attends en le racontant ici…
Chez l'un de mes anciens employeurs, une petite PME informatique du sud de la France, nous étions 20 salariés et 2 salariées. L'une des salariées occupe un poste administratif et a, de ce fait, un bureau pour elle seule. Elle force le respect des jeunots par son âge, tendance « ça pourrait être ma mère donc bon ». L'autre est une jeune ingénieure R&D qui a son bureau dans l'open space, comme le reste des informaticiens.
Je me suis assez vite rendu compte que, de manière récurrente (au moins une fois par semaine et parfois plusieurs fois en une seule demie journée), cette deuxième personne faisait l'objet de """"blagues"""" désobligeantes en rapport avec son sexe, en provenance de plusieurs collègues de même niveau hiérarchique, toujours les mêmes. C'est tellement banalisé dans notre société que je n'ai pas mémorisé ces petites phrases du quotidien. Je me souviens seulement un peu du jour où j'ai décidé d'intervenir. Trois """"blagues"""" venaient d'être enchaînées dont l'une disait que vu que la collègue portait le badge de la société autour de son cou « comme une vache », c'était forcément pour aller « faire la vaisselle ». Ce badge ouvre juste le local de la société hein, l'avoir avec soi ne dit pas qu'on est le⋅a préposé⋅e aux tâches ménagères des parties communes. Et la majorité des collègues hommes que j'ai fréquenté dans ma carrière mettent aussi leur badge autour de leur cou. Bref, ce propos n'a aucun sens. Je me souviens d'avoir protesté d'un « roooh mais stop quoi ! » agacé qui n'a bien rien changé. Ouais, on a connu plus énergique comme protestation.
Il y avait également des mentions relatives à la pauvre femme frileuse qui nous demandait parfois de couper la clim'. Ouais, pour ces gens-là, c'est difficile d'admettre que la climatisation peut déranger certaines personnes à la longue, même des vrais hommes (!), notamment les personnes enrhumées ou sensibles au pollen, en fonction de la pureté de l'air, de la localisation de la personne par rapport aux buses de climatisation, du réglage de la puissance, etc. Et si t'écoutais la collègue, tu savais son motif.
Depuis quand emmerde-t-on ses collègues comme cela ?! Est-ce acceptable ? Si l'on suit la règle « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse », alors c'est inacceptable à mes yeux.
Je sais ce que certains vont penser : peut-être était-ce un jeu entre personnes consentantes ayant un certain degré d'amitié ? Si c'était le cas, il faudrait m'expliquer ces deux choses :
Je ne doute pas que lesdits """"blagueurs"""" sont globalement bienveillants mais mal informés de la réalité et de l'impact de ce qu'ils pensent être des blagues. En effet, s'ils étaient malintentionnés, on pourrait s'attendre à des blagues racistes visant la même collègue. Or, il n'en est rien. Parce qu'on a presque tou⋅te⋅s intériorisé que le racisme c'est quand même pas gentil donc nous sommes racistes, mais nous ne l'exprimons plus.
N'empêche, j'ai une profonde admiration pour cette collègue : subir ce type de comportements à longueur de journées depuis plusieurs années sans broncher… Il faut vraiment avoir un mental d'acier. Je ne sais pas si ça sonne bien de l'écrire à cet endroit, mais c'est sincère. Évidemment, je ne lui ai jamais dit, car ça aurait été le malaise over 9000 pour nous deux, je pense.
À part ça, il y avait la recherche des minois féminins sur le web. En effet, cette société commerciale propose du support client⋅e⋅s par téléphone et tickets. Si un homme représentant une société cliente envoyait un mail de demande d'assistance, les collègues y répondaient sans commentaire (sauf sur l'éventuelle difficulté à communiquer avec cette personne, parfois bornée, parfois incompétente). En revanche, si c'était une femme représentante d'une société cliente qui envoyait un mail, certains collègues (les mêmes, les auteurs des """"blagues"""" visant la collègue, étonnamment) cherchaient son profile LinkedIn, sa photo et tout ce qu'il est possible de trouver en trois clics sur le web avant de lui répondre. Évidemment, ils se targuaient de commentaires à haute voix sur le physique de la dame et de comparaisons entre les clientes façon FaceMatch. En fonction des commentaires, des gens situés à l'autre bout de l'open space se déplaçaient parfois pour admirer les trouvailles…
On pourrait en douter, mais je parle là de personnes qui ont quasiment la trentaine et qui sont en couple. J'en profite pour rappeler qu'être un mec en couple avec une meuf n'apporte aucune garantie sur ta présumée bonne conduite : mention spéciale aux violences conjugales (une femme était assassinée tous les 3 jours en France en 2014) et à la non répartition de la charge mentale dans les tâches ménagères.
Non, mais je comprends : il ne peut pas exister de sujets de discussion plus intéressants que de réduire une catégorie de personne à des objets qui se doivent d'être jolies à regarder. Il ne peut pas y avoir plus important que de discuter du physique des gens. Pour le reste, Emma explique mieux que moi les problèmes fondamentaux que pose ce comportement dans sa BD « le regard masculin ».
Je n'écris pas ce shaarli pour absoudre mon inaction.
D'une part parce que je ne mérite pas l'absolution car je fais partie du groupe dominant oppresseur, par définition. J'ai opprimé, j'opprime et j'opprimerai des personnes, inconsciemment ou consciemment. La choupie défense « tous les hommes ne sont pas comme ça » est un mensonge : je suis bien comme les mecs que je dénonce dans ce shaarli. Je le suis à des degrés différents, peut-être, mais je le suis tout de même. Car je siège sur un privilège. Certes, un privilège inné que je n'ai jamais demandé ni même voulu, mais un privilège quand même. Toute la question est de savoir ce que j'en fais : est-ce que j'en descends pour le remettre en question ou est-ce que je m'en sers pour écraser autrui ?
D'autre part car, bien avant d'être confronté au cas décrit dans ce shaarli, j'avais lu de la documentation féministe (je ne sais pas si ça se dit, ça me semble sonner faux…) et j'en avais conclus que je ne peux pas résoudre ce problème car je suis en partie le problème. Je ne peux pas sauver les femmes (ou toute autre ""minorité"" opprimée) car je ne suis pas un sauveur et que les opprimé⋅e⋅s n'en ont de toute façon pas besoin ! Ce n'est pas à moi d'affirmer qu'une personne a trop besoin de mon aide en mode américain⋅e qui va semer la paix partout dans le monde à l'aide d'armes. Le maximum de ce que je peux faire pour améliorer les choses, c'est réduire la voilure de mon oppression : comprendre et identifier où, comment et pourquoi je nuis et cesser de nuire. Mais je ne peux pas être à l'avant-garde du combat. Il reste la question d'apporter l'aide / l'assistance mutuelle à laquelle chaque personne a le droit. Quels sont alors les signes qui marquent la volonté d'une personne de recevoir de l'aide ? La mise en danger d'autrui ? Le simple fait de constater une infraction pénalement répréhensible comme l'est le harcèlement moral ? Et si ce qui nous semble être une victime n'a pas envie de monter au fight malgré tout ? Sentir une quelconque forme de détresse comme cela se produit lors d'agressions dans les transports en commun ? Pas évident, pas simple.
Je sais que certains pensent que "roooh quand même, on ne va pas se flageller sur cette histoire d'oppression des sexes, stop quoi, c'est boarf mais c'est comme ça". C'est une bonne excuse pour justifier le maintien du rapport de force actuel entre dominants et dominé⋅e⋅s car les personnes qui tiennent ce discours sont du bon côté de la fracture. Tout comme le Seigneur n'avait pas à réfléchir à la condition du⋅de⋅la Serf⋅ve. Tout comme le patronat n'a pas à réfléchir à l'oppression qu'il fait subir au salariat (après tout, il croit lui fournir un emploi, merde quoi, c'est bien suffisant, il ne va quand même pas réfléchir sur une manière de travailler mieux et plus humainement avec les salarié⋅e⋅s !). Tout comme les classes sociales dominantes qui votent pour des hommes et des femmes politiques qui sont de plus en plus sécuritaires / autoritaires et qui proposent toujours le même individualisme et la même compétition constante entre les personnes, n'ont pas à réfléchir aux dégâts que ces politiques causent sur des pans entiers de la population (travailleur⋅euse⋅s pauvres, pauvres, croyant⋅e⋅s, demandeur⋅euse⋅s d'asile, burn-out, salarié⋅e⋅s, etc.). Tout ce beau monde cherche juste à maintenir ses privilèges, tant pis si ça détruit plein d'autres gens qu'eux⋅elles, ce n'était pas voulu consciemment… mais c'est bien l'effet que ça produit. On voit bien que ce raisonnement simpliste "je m'en foutiste / pas en mon nom / boarf" n'est qu'une idiotie de plus pour maintenir la domination, fut-elle implicite.
Que conclure ? Que de tels comportements existent en dehors de l'imagination des feministes et que nous sommes incapables de tous les identifier et de les qualifier. N'oublions pas que d'un point de vue du Seigneur, la condition du⋅de⋅la Serf⋅ve était parfaitement normale, tout allait bien, merci, mais du point de vue du⋅de⋅la Serf⋅ve ? Certes, il⋅elle⋅s s'étaient résigné⋅e⋅s à accepter le sort construit pour eux⋅elles, mais ça ne démontre rien.
En tout cas, ces comportements ont été l'un des facteurs clés qui ont fait que j'avais envie de me barrer de cette société commerciale. L'autre facteur étant qu'à la signature du contrat, j'avais sur-évalué ma capacité à relever le défi que constituait l'une de mes missions. Je suis parfaitement incapable d'expliquer pourquoi et en quoi ces comportements déplacés parvenaient à m'atteindre et à m'attrister. Après tout, je suis dans le groupe dominant, rien à battre, non ? Peut-être parce que c'est l'un des marqueurs d'une mentalité individualiste merdique plus globale qui faisait qu'il n'existait pas, par ailleurs, de vrai esprit d'équipe ni de vraie entraide ? Peut-être parce que je ne pense pas échapper positivement à un jugement basé sur la beauté ?
This is just to inform you that this procedure works fine under Ubuntu 16.04 LTS. There was no driver for our Konica Minolta Bizhub c224e, but I selected the driver "KONICA MINOLTA 500/420/360PS(P)" that was available on the list and works like a charm printing in full colour.
Just remember to change Device URI from the default one to something like lpd://10.1.0.13/print - you can check the IP address in the menu on the printer display.
Le Conseil constitutionnel :
Les Exégètes ont contribué à refermer un peu la brèche, temporairement… Le Conseil semble en effet affirmer qu'un patch législatif satisfaisant pourrait être un nombre limité de personnes surveillées parmi l'entourage. Mais, avec un tel patch, on passerait d'une surveillance "open bar" à une surveillance ciblée, donc on aura déjà réduit la brèche et protégé les droits et libertés. GG aux exégètes. < 3
Via https://twitter.com/bayartb/status/893384523743981568 et https://twitter.com/N_Hervieu/status/893384429892239360
Début mars 2017, je souscris un abonnement pour un accès à Internet par fibre optique sur le site web d'Orange. Rassure-toi, je sors toujours couvert : l'intégralité de mon trafic Internet passe toujours dans un VPN de mon FAI associatif préféré, pas folle la guêpe.
J'interromps déjà mon récit pour te dire de toujours souscrire via le web : les employé⋅e⋅s des boutiques Orange ne font que remplir le même formulaire (et l'amabilité est fluctuante, comme chez toute personne) et ce traitement humain coûte 9 €/mois supplémentaire durant un an soit 108 € (yep, un abonnement en ligne est 9 €/mois moins cher pendant un an).
Quinze jours après ma souscription, un employé d'un sous-traitant d'Orange vient fibrer mon logement. Cela me permet de documenter les coulisses d'un déploiement de fibre optique à la maison (avec de zolies photos) et la manière de supprimer la Livebox. Jusque là, ça va.
Le hic, c'est que je ne reçois ni le contrat ni mon identifiant permettant de m'identifier sur le site web d'Orange. L'identifiant permet de consulter les factures et de désactiver les options (genre demander à ne pas recevoir de spams) comme nous le verrons ci-dessous. Le contrat est important puisque, pour rappel, toute l'idéologie de la Commission européenne pour retarder l'adoption de la neutralité des réseaux en UE était que "les opérateurs n'ont qu'à indiquer, en tout petit dans leur contrat, toutes les atteintes à la neutralité du réseau qu'ils commettent et toutes celles qu'ils envisagent de commettre et le gendarme des télécoms se contentera de vérifier si le contrat évoque l'intégralité des atteintes en cours sur le réseau et sanctionnera pour manquement à la transparence le cas échéant. Si la neutralité des réseaux est un critère important pour les consommateurs, alors ceux-ci, en acteurs libres et éclairés liront le contrat et choisiront l'offre d'accès à Internet sur laquelle il n'y a aucune atteinte". Que fait-on sans contrat ?
Comme je le raconte dans un précédent shaarli, à la demande d'une employée d'Orange, il a fallut triturer mon adresse postale dans le système informatique d'Orange pour qu'elle corresponde au déploiement de la fibre optique dans mon immeuble. Il n'est donc pas forcément étonnant que je ne reçoive rien, l'adresse n'ayant aucune signification pour La Poste, même si un⋅e programmeur⋅euse informatique dirait tout de suite que normalement, on découple l'adresse de facturation de l'adresse de livraison du service…
Le 18 mars, je téléphone au service client⋅e⋅s d'Orange (le fameux numéro de téléphone « 39 00 »). Nous modifions mon adresse postale et l'employé du sous-traitant d'Orange déclenche l'envoi d'un duplicata du contrat. N'ayant toujours rien reçu, je ré-itère ma démarche le 8 avril. Cette fois, on me dit que nous modifions mon adresse postale aujourd'hui mais qu'il faudra téléphoner à nouveau dans 1 semaine pour déclencher l'envoi du duplicata, afin d'être sûrs que la modification de l'adresse est bien prise en compte. Je téléphone le 29 avril : l'adresse n'est toujours pas la bonne… Rebelote. Je téléphone le 27 mai : toujours pas OK.
Je décide de saisir la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
J'interromps à nouveau mon récit pour rappeler que, depuis 2009, à l'échelle de chaque département, les DGCCRF ont fusionné avec le service départemental vétérinaire, le service départemental de protection de l'environnement et le service départemental de protection de la santé. Les effectifs et les moyens (locaux, par exemple) ont été réduit à peau de chagrin. Cela a pour but de faire des économies, paraît-il. Désormais, pour toute question des cons sommateur⋅rice⋅s, il y a un service national avec des hommes⋅femmes-robots qui tentent de répondre en faisant une recherche dans la littérature… qui est déjà accessible sur le web. Je me souviens encore du temps où l'on pouvait aller dans leurs locaux pour poser des questions… C'était il y a moins de 15 ans ! Ça me met dans un état de rage. L'inspection du travail est aussi en train de se faire plomber méchamment… Le business d'abord, merde ! Travaille, consomme et tais-toi ! C'est bien triste. :'(
Dans notre malheur collectif, la DGCCRF propose tout de même un formulaire en ligne qui permet de les informer d'un litige commercial. Étant donné le nombre limité de caractères, j'ai envoyé un PDF d'une demie page expliquant mon problème. J'ai informé la DGCCRF de mon litige le 29 mai. J'ai eu une réponse quasi humaine le 1er juin. Rapide. Réponse qui m'informe que mon dossier a été transmis au médiateur interne à Orange et que si ça ne donne rien, je pourrais saisir l'association Médiation Communications électroniques et que si ça ne donne rien, je pourrais tenter un procès.
Le 20 juin, une directrice du « service national consommateurs » d'Orange me téléphone. Elle m'informe que la DGCCRF a bien toqué à sa porte, que mon adresse postale de contact / facturation enregistrée dans le système info d'Orange est bien la bonne, que le contrat n'est jamais envoyé par courrier (il faut se débrouiller à le trouver sur le site web d'Orange, hahahaha) et que les identifiants ne sont jamais re-envoyés par courrier (pourquoi le service client⋅e⋅s a-t-il une procédure pour cela, alors ? ;) ). Avant de m'adresser au service client⋅e⋅s d'Orange, je m'étais créé un compte sur le site web d'Orange. Mais pour obtenir les droits sur mon contrat fibre, il fallait saisir mon numéro de client qui se trouve sur une facture qui se reçoit… sur le compte dont je n'ai pas le mot de passe. L'employée ne peut pas me le communiquer ni le changer de force (dafuck ?!), mais elle peut me filer mon numéro de client afin que je me fasse procuration à moi-même…
Mes deux demandes (contrats et identifiants) étant satisfaites, je clôture le dossier à la DGCCRF le jour même par retour de mail.
Une semaine plus tard, devine ce que je trouve dans ma boîte aux lettres ? Mais oui, mon identifiant, celui qui est censé ne pas être renvoyé. Mais aussi mon identifiant de connexion (PPoE/DHCP). Évidemment, cela a été envoyé à la mauvaise adresse, celle qu'il a fallut fabriquer à la volée avec l'employée Orange pour valider l'intervention du technicien qui a fibré mon logement…
Et après tout ça, Orange t'envoie plusieurs enquêtes de satisfaction titrées « Votre avis est précieux »… Foutage de gueule… Le paradoxe entre une multinationale qui standardise au maximum mais qui cherche à personnaliser l'expérience utilisateur⋅rice parce que ça rapporte du blé. MA-GI-QUE. :')
Si ça peut t'aider, le numéro de téléphone du service national consommateurs d'Orange est le 08 00 00 76 56. Tu vas tomber au standard, demande Delphine Erpin (je ne suis pas sûr de la manière de l'écrire). Pour être crédible, t'as qu'à dire que c'est la DGCCRF qui t'a filé le numéro et le nom.
Maintenant que j'ai mon (et même mes) identifiant, je peux me connecter à l'espace client Orange et virer les options que me semblent fort déplaisantes :
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Du contenu, des offres et des bons plans vous sont proposés en fonction de vos thématiques préférées.
Pour qu'un navigateur web transmette un cookie à un site web, il faut que le cookie et le site web partage le même domaine (exemple : il faut que le site web shaarli.guiguishow.info ait une frame ou un contenu hébergé chez orange.fr pour que le cookie Orange soit envoyé par ton navigateur quand tu visites ce shaarli). Comme ce n'est pas le cas sur la majorité des sites web, on en déduit qu'Orange a signé un juteux contrat avec une régie publicitaire qui a de conséquentes parts de marché et qu'en échange, Orange propose quelques offres promotionnelles à ses client⋅e⋅s. Orange a donc connaissance de toutes les pages web qui intègrent la régie publicitaire consultées par un foyer lambda… Une bonne partie des lectures de ce foyer… Comme quelqu'un⋅e lisant au-dessus de l'épaule de millions de personnes. Un outil de surveillance.
J'en profite pour rappeler que la phrase « Les sites traitant des sujets suivants : religion, philosophie, origine raciale, sexualité, appartenance politique ou syndicale, santé ne sont pas pris en compte. » est autant un mensonge que de dire que les programmes informatiques autorisés par la loi Renseignement ne traitent pas les données des journalistes, des avocat⋅e⋅s et des autres professions protégées pour la simple bonne raison que la découverte qu'il s'agit d'un site web traitant de religion, de philo, de sexe, de syndicalisme ne peut être faite qu'a posteriori, au moment où les données collectées sont analysées. Or, la Cour de Justice de l'Union Européenne a été très claire dans son arrêt Digital Right Ireland : collecter, même sans traiter, c'est déjà de la surveillance de masse puisqu'il suffit de revenir sur sa décision de ne pas traiter telles donnéees et pouf, rien ne s'y oppose.
Encore aujourd'hui, le miroir digital n'est pas activé par défaut. Et contrairement à Numerama, je n'ai constaté aucun popup lors de ma connexion à l'espace client⋅e⋅s. Mais vu la ribambelle d'extensions Firefox que j'utilise, ce n'est pas étonnant. :D
Pour activer / désactiver le miroir, il faut cliquer sur ton nom en haut à droite -> « Gérer vos infos personnelles » -> « Voir toutes les préférences de contact » (tout en bas) -> l'onglet « Miroir digital » en haut.
Un jour, la chasse d'eau des WC ne semble plus fonctionner puisqu'après actionnement, de l'eau s'écoule en permanence dans la cuvette.
Ouvrons le capot du réservoir d'eau et voyons comment ça fonctionne à l'intérieur. Ha, oui, pour ceux et celles qui débutent, il faut d'abord dévisser le bouton qui actionne la chasse d'eau jusqu'à pouvoir le retirer complètement (il suffit de le dévisser de droite à gauche, comme un couvercle de conserve en verre).
En gros, à l'intérieur d'un réservoir de WC, il y a deux mécanismes : le tuyau d'arrivée d'eau et un flotteur d'un côté, le mécanisme d'actionnement de l'autre. Voir le schéma de https://www.bebe-et-tournevis.fr/conseils/r%C3%A9soudre-un-probl%C3%A8me-de-chasse-d%E2%80%99eau-sans-appeler-le-plombier.
Le fonctionnement est simple : un joint souple bloque la sortie vers la cuvette, l'arrivée d'eau remplit le réservoir, le flotteur reste à la surface de l'eau et s'élève en suivant le niveau de celle-ci puis, à un certain moment, bloque l'arrivée d'eau. Une pression sur le bouton d'action de la chasse soulève la cloche (la base du mécanisme d'actionnement quoi), ce qui provoque la libération rapide de l'eau dans la cuvette. Puis, le mécanisme d'actionnement remet la cloche en place donc le joint bloque la sortie vers la cuvette et rebelote.
Première vérification : est-ce que le flotteur est fonctionnel ? Monte-t-il avec le niveau de l'eau et parvient-il à stopper l'arrivée d'eau ? Dans mon cas, oui.
Deuxième vérification : est-ce que le flotteur arrête l'arrivée d'eau avant que le niveau de l'eau dans le réservoir n'atteigne le trop-plein (le tube au milieu du mécanisme d'actionnement) ? Sinon l'arrivée d'eau remplit trop le réservoir, le trop-plein le vide, l'arrivée d'eau remplit, le trop-plein vide, etc. Dans mon cas : oui.
Je me dis que le joint souple du mécanisme d'actionnement est foutu / rongé / entartré. Il faut démonter le mécanisme d'actionnement de la chasse afin d'avoir accès au joint. Pour démonter le mécanisme d'actionnement, il suffit de le prendre à pleine main et de le tourner un coup vers la gauche. Les loquets en plastique seront débloqués et il sera possible de soulever l'essentiel du mécanisme. Dans mon cas, le joint semble en bon état avec juste un peu de particules blanchâtres de tartre que j'ai enlevées avec de l'eau et de l'huile de coude. Pour remettre en place le mécanisme, il faut le remettre à sa place et tourner vers la droite. Plusieurs essais peuvent être nécessaires en fonction de l'emplacement des loquets et des encoches.
Je remonte le tout et ça fonctionne… quelques chasses… puis ça foire à nouveau. En revanche, il n'y a pas de fuite d'eau vers la cuvette entre deux chasses réussies. Je me dis que ça doit être le mécanisme d'actionnement sans trop savoir quoi donc je re-ouvre le réservoir, juste pour voir.
Avec l'arrivée d'eau coupée, je m'amuse avec le mécanisme d'actionnement et je comprends ce qui cloche : le mécanisme ne redescend pas toujours après actionnement, il est grippé, il ne coulisse plus donc, forcément, l'eau rejoint la cuvette en permanence. J'aurai dû comprendre plus tôt en écoutant le bruit des WC après chaque chasse ratée : je n'entendais pas le bruit sourd, « CLANG ! » caractéristique du mécanisme qui retrouve sa position fermée et du joint qui empêche brutalement l'eau de descendre dans la cuvette. Pour remettre le mécanisme en ordre de marche, il suffit juste de tirer sur le bitoniau sur lequel vient se visser le bouton d'actionnement.
J'étais partant pour dire que ça ferait bien l'affaire en l'état, mais ça fait quand même un réservoir entier qui se vide à chaque couac, ce qui constitue un gaspillage monstrueux d'eau…
Je me renseigne sur le prix d'un mécanisme de chasse d'eau à étrier à double débit : 25 € au magasin du coin. OK. Sauf que je comprends que pour remplacer le mécanisme central d'une chasse d'eau, il faut soulever le réservoir, ce qui implique de dévisser l'arrivée d'eau et le réservoir (qui est fixé à la cuvette par deux gros vis). Ben ouais, tu croyais que les loquets dont je parle ci-dessus se fixent dans quoi ? Dans un socle en plastique situé "sous" le réservoir… Cette opération dépasse mes compétences.
Pour l'instant, j'ai trouvé une manière de prévenir le problème : appuyer de manière minimale sur les boutons d'actionnement de la chasse. Ne pas rester appuyé, ne pas enfoncer les boutons à fond comme un bourrin, mais juste ce qu'il faut pour déclencher la chasse, petite ou grosse. Et si le système se grippe à nouveau, ce qui n'est pas arrivé depuis, hop, tirer sec sur le bouton d'actionnement sans tout démonter à nouveau et ça repartira.
Parfois, on signe un bail locatif avec un⋅e particulier propriétaire portant sur un appart' situé dans un immeuble. Parfois, on se retrouve avec le genre d'interphone pointé par ce shaarli. Parfois, on se retrouve avec un syndic de copropriété (l'organe exécutif, qui peut être un bidule professionnel, qui est choisi via une mise en concurrence par le syndicat des copropriétaires, le bidule informel qui regroupe tou⋅te⋅s les propriétaires d'un immeuble, similaire aux membres d'une association, les deux délibèrent d'ailleurs en Assemblée Générale annuelle) qui n'y va pas de main morte sur la tarification des services aux propriétaires / locataires. Dans mon cas, le syndic propose d'ajouter mon nom sur la liste située dessous l'interphone en échange de 50 €. Ben oui, le syndic fait intervenir un prestataire professionnel donc bon comprenez mon bon monsieur…
Il faut bien comprendre que dans une platine de rue (le bloc interphone + liste) comme celle-ci, la liste est juste un tableau imprimé sur une feuille A4 pliée et glissée entre deux plaques de plastique épais. Et que tout cela se démonte aisément…
Au premier abord, les vis pour démonter le cadre font peur : on dirait du torx avec une boule au centre. Normal : il s'agit de « security torx ». On se dit qu'il doit falloir un tournevis spécial pour les dévisser. Hé bah non, un tournevis plat de 2,5 mm (x 75 mm pour la longueur du manche, par exemple) suffit largement. Après cela, il suffit d'augmenter l'espace entre les deux plaques de plastique en dévissant 4 écrous (qui, dans mon cas, n'étaient pas serrés du tout donc dévissables à la main). Enfin, il suffira de retirer l'ancienne liste et d'en glisser une corrigée à la place avant de revisser le tout. Waaaaaaouh, ça valait bien 50 €.
Pour corriger la feuille, je conseille d'en refaire une en intégralité. Sur du papier avec un faible grammage. J'ai choisi de coller une étiquette par-dessus le nom de l'ancien⋅ne locataire de mon appart' et, à la nuit tombée, ça se voyait, l'éclairage depuis l'intérieur de la platine ayant plus de mal à traverser deux couches de papier. Mais bon, 2 jours plus tard, le syndic' a refait toute la feuille… en prenant en compte ma modif'… sans rien me facturer jusque-là.
This is the latest chapter in a court proceeding that dates back to 2013, when Cloudflare initiated a challenge to the previous form of the NSL statute with the help of our friends at EFF. Our efforts regarding NSLs have already seen considerable success. After a federal district court agreed with some of our arguments, Congress passed a new law that addressed transparency, the USA FREEDOM Act. Under the new law, companies were finally permitted to disclose the number of NSLs they receive in aggregate bands of 250. But there were still other concerns about judicial review or limitation of gag orders that remained.
[…]
In its ruling, the Ninth Circuit upheld NSL gag orders by ruling that the current system does not run afoul of the First Amendment. Currently, the laws governing the issuance of NSLs permit a nondisclosure requirement so long as the requesting official certifies that the lack of a prohibition “may result” in certain types of harm. However, there is no judicial scrutiny of these claims before the gag order goes into full effect. Only once the restriction has already been imposed can a company seek judicial review before a court. Furthermore, the FBI must only reassess the gag order at three years in, or when investigation has closed.
Along with our co-petitioner, CREDO Mobile, Cloudflare challenged the NSL gag orders as a “prior restraint” on free speech. In First Amendment law, prior restraints are judicial orders or administrative rules that function to suppress speech before it ever takes place. There is a heavy presumption against the constitutionality of prior restraints, but they can be justified in narrowly defined circumstances or if the restraint follows certain procedural safeguards. In the context of NSLs, we considered those safeguards to be lacking.
The Appeals Court disagreed: in its ruling, the Court determined that NSL gag order was indeed a prior restraint subject to “strict” constitutional scrutiny, but that such orders were “narrowly tailored to a compelling state interest” and provided enough procedural safeguards to pass constitutional muster.
While we are still reviewing the specifics of the court’s decision, Cloudflare will continue to report on NSLs to the extent permitted by law. We will also continue to work with EFF as we weigh how to proceed: the next steps may be to make a request for an en banc appeal all the members of the 9th Circuit, or petition the U.S. Supreme Court to take up the case.
Un bon billet sur une des manières d'encapaciter des personnes. À lire.
Première, ça veut dire être en pleine lumière. Et ça me gêne. Ça veut dire que tous les autres élèves de la classe vont regarder ce que je fais, et surtout, qu’on va me prendre pour exemple. Les rares moments où la prof exhibait ma copie pour dire « prenez exemple, elle a tout bon », j’étais très gênée.
Déjà parce que c’est pas vrai. Je fais des erreurs, souvent. Et puis, c’est une dictée, je n’ai aucun mérite, c’est facile d’avoir tout bon, il suffit d’avoir retenu la forme des mots. Rien qui mérite les palmes et les honneurs.
Ensuite, c’est chiant parce que ça m’empêche d’essayer. Si tout le monde me regarde, je vais avoir peur de faire le moindre faux pas, et donc je vais moins prendre de risques : « han mais toi qui es si bonne en orthographe, tu as fait cette faute d’accord ! ». On pardonne moins aux gens qu’on prend en exemple.
[…]
A la Fédération, un jour on a proposé, sur le ton de la plaisanterie, mon nom comme candidate au bureau. Puis en mon absence (!) [1] à l'AG suivante, pof, vice-présidente.
C’est pas exactement comme forcer la main. Les gens qui m’ont « poussée devant » à chaque fois, ne m’ont pas fait faire quelque chose que je ne voulais pas. Je sais dire non, et j’ai déjà refusé des responsabilités que je ne voulais pas prendre. L’expression juste est « poussée devant ». Il y a eu cette impulsion qui disait : mais si, tu peux, allez. La main qui te pousse sur le devant de la scène alors que tu hésites à sortir des coulisses, et qui dit « allez ». Je ne sais pas si j’aurais fait ça de moi-même. Je serais certainement restée terrée dans les coulisses.
Alors c’est un peu malgré moi, mais c’est tant mieux.
Ce que ça a créé comme brèche, c’est que ça a opposé, à ma parole qui était « ce n’est pas à moi de juger que je suis utile, je ne le suis pas plus que tant d’autres, alors je ne vais pas me mettre en avant » (entendre : « je connais le texte par cœur et j’ai répété, mais quand même, je n’ai pas envie de faire capoter la pièce si je me trompe alors je vais rester dans les coulisses et souffler le texte aux autres, moins de risques »), une autre parole : « si, tu en es capable » (et tiens, te voilà sur la scène, au fait).
[…]
Ça a bien fini par arriver. L’autre sentiment que j’avais dans la voiture à Cholet, et qui m’emplissait de trouille, était que c’était irrémédiable. C’était trop évident. Pour tout le monde. Ça coulait de source. J’étais donc morte de trouille à l’idée que ça arrive, je ne me sentais pas du tout à la hauteur.
Pour que j’accepte simplement de présenter ma candidature au poste de présidente de la Fédération FDN, il a fallu un travail assez long. C’est des heures de discussions avec Benjamin, qui démontrait par a + b que si, ça tu sais faire, ça tu fais déjà, si si, ça tu as les épaules pour, si, ça tu vas apprendre et vite, donc pas d’inquiétude, etc. C’est un an et demie-deux ans à entendre, de la part de lui comme d’autres : « tu as les épaules pour faire ça », « tu es légitime ». La parole qui autorise.
Il faut, à un moment donné, cette parole qui dit « tu es légitime ». Sans quoi ça n’arrive jamais. On reste bloquée à « non mais, je suis trilingue, diplômée d’une prestigieuse fac de droit, j’ai vingt ans d’expérience en droit des affaires internationales, mais quand même, je ne vais pas m’autoproclamer experte en droit des affaires international ». Hmm, si tu peux, en fait. [2]
Benjamin a aussi, doucement, créé cette forme de poussée vers l’avant qui faisait que je n’avais pas d’autre choix que d’assumer des responsabilités comme une grande : me retrouver seule à représenter la Fédération à l’anniversaire de l’Arcep, par exemple.
J’ai repensé il y a quelques jours à l’un des meilleurs conseils qu’on m’ait donné. En prépa, devant notre apathie à préparer le concours de l’école normale supérieure (1 % de réussite, peu d’entre nous se sentaient réellement concernés par le concours), M. Jambet [3] referme le livre que nous commentions et s’énerve : « Cessez donc d’être des personnes en puissance et soyez des personnes en acte ! » « Vous êtes ici parce que vous avez les moyens de prétendre au concours : devenez ce que vous êtes ! » Devenez ce que vous êtes. Projetez-vous reçus au concours au lieu de vous dire que ce n’est pas pour vous. Autorisez-vous à faire ce dont vous êtes capables.
C’est ça, ce qu’il se passe, quand on ne s’autorise pas à avoir l’ambition pour ce dont on est capable : on ne s’autorise pas à devenir ce que l’on est. La présidente actuelle de mon association de doctorants est brillante, mais repoussait la responsabilité en disant qu’elle n’y arriverait pas. On l’a poussée devant et élue présidente. Je l’aie vue devenir présidente. Agir de manière présidentielle, prendre l’initiative sur tout, positionner l’association sur tel et tel événement. Il suffisait de s’autoriser, d’accepter que c’est sa place. Elle était déjà parfaitement capable. Elle était, en fait, déjà présidente. En puissance. Il manquait ce geste-là.
[…]
S’autoriser à être légitime, en fait, c’est aussi une conversion du regard, au sens fort et platonicien du terme. C’est cesser de regarder les autres en disant : « et si j’échoue ? », et poser la question autrement : « qui suis-je et quelle est ma place ? ». C’est la juste continuité de ce que je disais il y a quelques temps déjà : « [j]'ai compris que je serai vraiment utile non pas en essayant d'être ingénieur barbu comme eux, ça n'a aucun intérêt. En conjuguant mes apports d'avant avec ce que j'apprends des télécoms. Ça, ça me semble plus malin. Courir après ce qu’on n’est pas ne fait que renforcer le complexe. ». Une partie de la question « et si j’échoue ? » réside en fait dans « et si j’échoue à faire comme Benjamin ? ». C’est une mauvaise question, parce je suis sûre d’échouer : je ne suis pas Benjamin Bayart.
Changer de regard amène à considérer le fait que je peux tout à fait réussir à cette place avec ce que je suis. Parce que je suis quelqu’un d’autre. Et que si j’échoue c’est pas grave. Personne n’est parfait, ni lui ni moi. Et que ça ne remet pas en cause qui je suis ni à quoi je suis légitime de prétendre. C’est ma place, non ?
Heu... J'aimerai savoir pourquoi 4 SSD flanchent d'un coup ?
Aucune idée. Multiples chocs électriques envoyés par le contrôleur et/ou le backplane ? Firmwares vaseux ? 42 ? Nous ne savons pas.
Tout ce qu'on peut dire :
echo 0 - 0 > /sys/class/scsi_host/hostX/scan, il fallait rebooter. Ces événements ne nous inquiétaient pas outre mesure : un contrôleur SATA qui part en vrille et qui ignore un de ses ports, c'pas nouveau, c'était même parfaitement connu du support de Dell à une époque… De même, mdadm qui sort un disque d'une grappe parce que y'a eu un pet de mouche tout près, ça s'est déjà vu plusieurs fois ;