Un bouquin écrit par Laurent Obertone (pseudonyme) qui a déjà écrit plusieurs brûlots dont j'ignorais l'existence. Celui-ci aborde la domestication de l'Homme par l'Homme, c'est-à-dire la transformation désirée de la société française à l'état d'esclave par le pouvoir de la volonté générale (c'est ce que l'auteur nomme Big Brother). Pour l'auteur, tout ce qui sort de notre nature est bidon et il nous faut revenir à cet état de nature. Ainsi, les hommes doivent être virils et être des gardiens/protecteurs/chasseurs. Les femmes sont assignées à la reproduction et à la sélection naturelle. Bref, Laurent est là pour nous prévenir : nous nous faisons dévorer tout crû par la morale établie bien-pensante que nous avons collectivement instauré. L'école (et la formation continue), les médias, les politocards, l'art, la bien-pensance bobo, etc. voudraient, selon l'auteur, arracher tout individu à tous ses déterminismes qu'ils soient sociaux, culturels, ethniques, intellectuels, familiaux, etc. pour en faire un être policé à la morale commune, banalisée, inapte à la révolte/rébellion.
Toute l'argumentation de l'auteur repose, au bout du bout, sur le pivot « ce n'est pas naturel ». La méritocratie est justifiée car le fort doit écraser le faible car c'est naturel. L'homme doit se bastonner, s'imposer, notamment pour séduire sa femelle parce que c'est naturel (la testostérone n'est pas là par hasard, n'est-ce pas ?). La solidarité organique est un concept stupide car, à cause d'elle, très peu de personnes savent chasser et/ou se défendre d'une agression. On se fait donc domestiquer, on est dépendant. Une égalité en droit serait stupide pour compenser une inégalité de fait : y'a des gens moins intelligents que d'autres, y'a des gens moins musclés que d'autres, les femmes sont inférieures car elles peuvent procréer moins souvent, etc. et il faut faire avec, laisser la sélection naturelle opérer (ce qui fait qu'aux yeux de l'auteur, les prestations sociales sont une hérésie car elles servent à entretenir des personnes déficientes qu'il faudrait laisser de côté).
L'intégralité du livre est le reflet d'un mode de pensée très libéral mais aussi très conservateur d'un point de vue social, très orienté autour de la morale judéo-chrétienne en mode la vie c'est la souffrance, il faut souffrir pour vivre (d'où l'euthanasie est vue par l'auteur comme la domestication suprême), mériter ce que l'on est et ce que l'on a. Le progressisme serait un truc de bobos qui passent à la TV, le vieux cliché s'il en est. En gros : c'était mieux avant, quand l'Homme tapait sur des cailloux et montrait qui est le vrai Mâle alpha. On retrouve également des principes anarchistes : fuck l'État qui n'est qu'un maître de trop et dont la providence nous asservie, se dresser soi-même au lieu de se faire dresser par quelqu'un-e d'autre, etc.
L'auteur joue dans tous les registres : absence de sources pour les affirmations chocs (l'auteur se contente d'une vague description comme « une étude démontre que », charge à nous de retrouver la référence, LOL), déformation des résultats de recherche et des termes pour servir son propos (exemples : effet Pygmalion, anisogamie), exagération des faits (notamment sur l'ajustement du barème de l'épreuve de maths du Bac S de 2014), personnification du Mal (le Mal, c'est BHL, Plenel, Hollande et quelques autres noms qu'il faudra envoyer au peloton), théorie du complot (tou-te-s les boss de la presse seraient membres du Siècle ou Francs-maçons, personne sauf l'auteur n'aurait évoqué la présence d'Hollande, de Mélenchon et de tant d'autres au pot de départ d'une journaliste de l'AFP sauf que : https://www.google.fr/#q=pot+de+d%C3%A9part+AFP+m%C3%A9lenchon+hollande …), précipitation (exemple : l'auteur évoque ce qui serait un faux document publié par Médiapart dans l'affaire du financement libyen de la campagne de Sarko alors que l'affaire est toujours en cours et que le motif de faux n'a pas été retenu jusqu'à présent par la justice, voir http://www.lesechos.fr/03/06/2016/lesechos.fr/021995324202_financement-libyen---le-document-entre-sarkozy-et-kadhafi-est-authentique--selon-la-justice-francaise.htm ), utilisation de faits divers pour généraliser (j'ai beaucoup rit avec "on trouve parfois des câbles d'ascenseur rongés par l'urine des usagers [...] donc c'est la tragédie des communs, omg", par exemple …) et, enfin, l'auteur agit précisément de la manière qu'il dénonce (exemples : critiquer les spécialistes que nous vendent les médias pour faire autorité mais en appeler soi-même à la rescousse, lynchage de personnes ("booooouh telle personne n'a pas fait d'études supérieures !") en mode TPMP dont l'auteur dénonce préalablement les méthodes, se dresser contre la pensée unique tout en en proposant une autre en filigrane, la tolérance serait le masque de l'intolérance, etc.). Bref, ce livre est plus de la soupe qu'autre chose. :-
Pour l'auteur, tout est de la servitude sans aucune nuance. Militer pour obtenir des droits ou ne pas en perdre ? De la servitude aux grands syndicats bien établis qui toucheront des thunes de l'État tout en prétendant lutter contre ses réformes + de la servitude envers l'État : on lui demande une faveur + le Système est conçu pour tolérer les gentilles manifs et oppositions qui ne le menacent pas. Donc ne faisons rien ou faisons des révoltes dans le sang ? Défendre la liberté d'expression ? De la servitude aux grands médias bien établis qui toucheront de la thune de l'État et/ou des Puissants de ce monde car eux-seuls ont une capacité de diffusion de masse. Sauf que je peux défendre la liberté d'expression et être opposé aux aides d'État à la presse. Je peux vouloir défendre les micro-journaux locaux, pas que les grands médias bien établis. Je peux vouloir défendre la liberté du plus grand nombre à s'exprimer sur le net (voir https://shaarli.guiguishow.info/?2ZpWQA ). Bref, pour l'auteur, tout et son contraire est le Système, tout et son contraire fait le jeu du Système. ÉDIT DU 11/12/2016 À 12H : Par contre, cela m'inspire qu'il faut roder nos communications militantes. Exemple concret pour aider à la compréhension : quand le Peuple demande à être plus souvent écouté, on lui propose du référendum (c'est dans le programme de plusieurs candidats à la présidentielle 2017) et des consultations publiques (ça a été la mode ces dernières années). Sauf que quand le Peuple est noyé sous des consultations purement consultatives pour lesquelles les délais pour participer sont scandaleusement courts comme le fût la loi République numérique en France ou la réforme actuelle du droit d'auteur dans l'UE (voir http://shaarli.guiguishow.info/?VZhgmw ) alors le Peuple a perdu. On a avancé mais on a aussi beaucoup reculé. Pourtant, les élu-e-s ont écouté. Juste, nous n'avons pas la même notion de ce qu'est l'écoute d'autrui. Là où je veux en venir, c'est qu'il faut être clair sur nos exigences et ce, dès le début de toute action militante. Est-ce que ces consultations biaisées dès leur conception ne sont pas le reflet de notre inaction initiale ? Je veux dire, on a demandé à être écouté au lieu de prendre directement la parole (en contactant, chacun-e nos élu-e-s ou en proposant des actions de terrain, par exemple). Le Maître État a satisfait à notre demande de la manière qui l'arrange, pour reprendre la terminologie d'Obertone. Si l'on avait directement pris la parole, il n'y aurait pas eu cette dérive. Si le nombre de citoyen-ne-s qui se bougent le cul spontanément pour participer à la vie politique était plus important, les élu-e-s pourraient-il-elle-s encore les ignorer au point de forcer ces citoyen-ne-s à demander des consultations ? Pas sûr du tout. FIN DE L'ÉDIT.
En revanche, là où je suis d'accord avec l'auteur, c'est sur sa conclusion : qu'on partage ou non l'analyse qu'il dresse, les situations présentes n'existent que parce que le plus grand nombre de personnes le veut ou, tout du moins, ne fait rien ni ne propose rien pour aller dans une autre direction. L'exemple le plus flagrant est que l'on demande aux politocard-e-s « que comptez-vous faire sur le sujet X ? ». On attend tout d'eux-elles. On attend des solutions et de la considération des Puissants. C'est à eux-elles de créer de l'emploi, d'enlarger les pénis, etc. On attend le mensonge des Puissants, qui doit être toujours plus parfait. Pour moi, la bonne méthode est : faire (make) sans attendre quoi que ce soit et militer auprès des politocard-e-s. Ces deux modes d'action sont complémentaires. Voir : http://shaarli.guiguishow.info/?xo1oaQ
Sur la forme, le ton percutant ne me dérange pas mais le paquet de répétitions, si. Elles doivent représenter 150-200 pages. De plus, la 4e de couverture est plutôt trompeuse : « enquête sur un sujet tabou » + « Recueillant les confidences de journalistes, politiques et hommes d'influence repentis, [...] » + « République des écrans ». Je n'ai rien lu de cela. Je n'ai lu que des propos issus de coupures de presse, des pensées de l'auteur et des propos non sourcés. De plus, en quoi cela forme-t-il une enquête ? Il s'agit une analyse toute personnelle de la société française étayée par des coupures de presse, rien de plus.
Au moment de conseiller ou non la lecture de ce bouquin, je suis mitigé. D'un côté, lire une analyse et des postulats totalement différents des siens, c'est important pour l'esprit critique, c'est formateur. D'un autre côté, quand c'est si mal écrit sur la forme et le fond, quel intérêt ? :/
L'instrument de contrôle social le plus puissant, c'est que l'humain-e a peur d'être sanctionné-e par le groupe, a peur d'être isolé-e par le groupe. Cette réflexion de l'auteur me fait penser, qu'en effet, notre solution à tout est l'exclusion : l'exclusion d'un groupe social (association, par exemple mais il faut prendre groupe social au sens abstrait), l'exclusion de la société (prison, voir https://www.youtube.com/watch?v=AtI_CQuBxlI ), l'exclusion de la Nation (déchéance de nationalité). Est-ce bien raisonnable ? :/
P.-S. : ce shaarli pointe sur la première édition mais j'ai lu l'édition de poche publiée par La Mécanique Générale. Je ne trouve pas le bouquin sur le site web de celle-ci et j'ai pas franchement envie de faire un lien vers Amazon ou la FNAC.
La loi Sapin 2 a été examinée par le Conseil Constitutionnel. Voir mes notes sur cette loi : http://shaarli.guiguishow.info/?5I1VRQ
Alors qu'une vingtaine de « cavaliers législatifs » ont été identifiés, le Conseil a surtout censuré l'épineux article sur le reporting public « pays par pays ». Une mesure visant à instaurer un « contrôle citoyen » sur les stratégies d'optimisation fiscale des multinationales, mais qui avait suscité une levée du bouclier du patronat. Motif : elle porte « une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre », a indiqué le Conseil constitutionnel. [...]
[...]
Le Conseil constitutionnel s'est par ailleurs prononcé sur la définition du lanceur d'alerte, un sujet pointé par l'opposition. En la matière, la censure est moins importante que ce que certains craignaient. La définition a été déclaré conforme. En revanche, les « Sages » ont invalidé l'aide financière offerte par le défenseur des droits.
Les juges constitutionnels ont également rejeté un article sur l'inéligibilité aux fonctions de député des personnes condamnées pour manquements à la probité, au motif que cela ne pouvait être institué que dans une loi organique, et non une loi ordinaire.
[...]
Autre mesure rejetée: celle qui accordait à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) la possibilité de contrôler le départ de hauts fonctionnaires vers le privé, compétence jusqu'alors dévolue à la seule Commission de déontologie de la fonction publique. Pour le Conseil, le législateur "avait au cas particulier adopté des dispositions contradictoires qui, dans certains cas, affirmaient une compétence concurrente des deux autorités".
Les Sages du Palais Royal ont aussi jugé contraire à la Constitution l'article attribuant une compétence exclusive au parquet national financier en matière économique, fiscale et financière. Il a justifié cette censure par l'absence de mesures transitoires, "seules de nature à prévenir les irrégularités procédurales susceptibles de résulter de ce transfert de compétence".
[...]
Parmi les autres mesures validées, "le vote de l'assemblée générale des sociétés cotées sur la politique de rémunération des dirigeants et l'approbation par cette assemblée de certains éléments de rémunération", destiné à éviter les dérives sur les salaires des grands patrons, la protection des biens des Etats étrangers poursuivis en justice, ou encore la possibilité accordée au Haut conseil de stabilité financière (HCSF) de limiter les retraits de l'assurance-vie pour une durée maximale de six mois.
Seuil de pauvreté défini par l'ONU et l'UE : 60 % du revenu médian soit 1008 €/mois pour une personne seule. En France, en 2014, 8,8 millions de personnes étaient sous ce seuil dont 2 millions de travailleur-euse-s pauvres. L'emploi ne protège même pas de la pauvreté !
L’Assemblée nationale et le Sénat vont devoir débattre à nouveau sous la contrainte d’un calendrier serré d’un projet de loi de prorogation de ce dispositif de pouvoirs exceptionnels confiés au ministère de l’intérieur. L’une des conséquences directes de la démission du gouvernement de Manuel Valls, mardi 6 décembre, est en effet de mettre fin à l’état d’urgence. L’article 4 de la loi de 1955 définissant ce régime d’exception prévoit que « la loi portant prorogation de l’état d’urgence est caduque à l’issue d’un délai de quinze jours francs suivant la date de démission du gouvernement ou de dissolution de l’Assemblée nationale ».
[...]
Selon nos informations, l’avant-projet de loi est déjà rédigé et a été transmis pour avis au Conseil d’Etat à la veille du week-end du 3 décembre. Ce projet de loi est limité à une poignée d’articles. Outre les mois de prolongation, il prévoit de répondre à la question de la durée maximale à laquelle une personne peut être assignée à résidence dans le cadre de l’état d’urgence. L’avis du Conseil d’Etat sur ces deux points aura une grande importance, même s’il ne s’impose pas au gouvernement.
[...]
Dans l’hypothèse où le vote de la nouvelle loi serait impossible dans le délai de deux semaines, le gouvernement nouvellement nommé de Bernard Cazeneuve pourrait par un simple décret en conseil des ministres instaurer un nouvel état d’urgence pour douze jours. Ce qui offrirait autant de délais pour mener à son terme le travail parlementaire. Le vote par la majorité et une partie de l’opposition de la prorogation de l’état d’urgence ne fait guère de doute. Mais, alors que la campagne pour l’élection présidentielle a commencé, ce nouveau débat devant le Parlement pourrait donner lieu à une nouvelle surenchère sécuritaire.
:(
Via la liste de discussion de LQDN
Times when I tought "I'm not really happy here, but maybe this is the best I can expect and i'll regret giving it up"… it turned out I… should have left sooner.
Gros +1.
Technique des élu-e-s pour faire réaliser des économies en achat de terrains à des grosses sociétés commerciales : faire évaluer les terrains par France Domaine (agence de l'État obligatoire pour la vente de terrain appartenant à des collectivités) alors qu'ils sont encore classés inconstructibles dans le plan local d'urbanisme (PLU), laisser le privé acheter les terres et, enfin, changer le PLU pour que ces terres deviennent magiquement constructibles. C'est parfaitement légal… Gerbant.
Techniques du sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb :
La Quadrature du Net a choisi de publier l'état de ses réflexions sur le délit d'entrave numérique à l'interruption volontaire de grossesse, dont la discussion législative est prévue à l'Assemblée nationale à partir du jeudi 1er décembre 2016. Sur ce dossier complexe où interfèrent plusieurs droits fondamentaux, il est important de prendre le temps de mesurer l'impact d'une création d'un nouveau délit tel que proposé par le gouvernement et les parlementaires de la majorité présidentielle.
La question de l'entrave numérique à l'interruption volontaire de grossesse s'est posée suite au constat de l'existence de sites Internet, très bien référencés dans les moteurs de recherche, qui sont dès lors une source d'information pour les personnes cherchant à se renseigner sur l'IVG ou sur la conduite à tenir lors d'une grossesse non désirée. Ces sites se donnent pour but de freiner le recours à l'IVG chez les femmes qui cherchent de l'information. Leur apparence, leur discours, sont dénoncés comme trompeurs.
La Quadrature du Net tient à rappeler que le droit à l'interruption volontaire de grossesse est l'une des composantes d'un droit fondamental, le droit au respect de la vie privée et familiale. En tant qu'organisation de défense des droits humains et de leur exercice effectif, La Quadrature du Net condamne toute action visant délibérément à entraver l'exercice de ce droit.
Cela étant rappelé, l'opposition idéologique au droit à l'IVG n'est pas un délit en France, et comme toute opinion non délictueuse elle est protégée par le droit à la liberté d'opinion, d'expression et d'information.
[...]
Cette proposition de loi peut être découpée en deux parties distinctes.
[...]
La notion de pression psychologique sur les femmes et leur entourage devrait être interprétée strictement, c'est-à-dire par « communication directe adressée aux femmes ou leur entourage pour faire pression sur elles de façon à les dissuader de recourir à l'avortement ». La volonté d'y inclure ce qui relève de la mise à disposition de contenus sur Internet dont l'accès est volontaire de la part de l'utilisateur risque de rendre la notion de pression psychologique bien trop extensible et, appliquée éventuellement dans l'avenir à d'autres opinions, de devenir une source de dérives importante.
[...]
L'inclusion de la simple publication de contenus dans le délit d'entrave numérique créerait un précédent d'atteinte à la liberté d'opinion et d'expression inacceptable. Le fait que la visibilité de ces contenus soit excessive ne peut être corrigé par la création d'un délit, mais relève de la mobilisation positive sur Internet en faveur des droits, ou de la lutte contre la position dominante de moteurs de recherche et la façon dont ils en abusent. La création d'un délit pour mise à disposition de contenus, fussent-ils douteux, écoeurants ou opposés à la liberté de choix des personnes, porte indiscutablement atteinte à la liberté d'expression. Or, cette dernière n'est pas faite uniquement pour ceux avec qui nous sommes d'accord.
[...] Il serait souhaitable que les politiques publiques et les structures travaillant avec les personnes ayant recours à l'IVG se tournent davantage vers les méthodes employées par les sites qui sont visés par cette proposition de loi et travaillent à une mobilisation plus intense sur l'espace numérique, plus adaptée aux méthodes de référencement actuelles, plus tournée vers les pratiques réelles d'information du public concerné, plutôt que de créer un nouveau délit porteur dans son fondement de problèmes juridiques et d'atteinte aux droits très lourds.
Moi je tiens à vous le dire comme je le pense, je suis très choquée par l'intervention de l'ONG La Quadrature du Net. D'ailleurs, j'ai été choqué bien avant puisque, lorsqu'on travaillait sur ce rapport, il y avait des mails demandant aux parlementaires de ne surtout pas appuyer ni mon rapport et encore moins les mesures qu'on préconisait.
Rachida Dati, au parlement européen, le 29/11/2016, lors de l'audition « Prévenir et combattre la radicalisation et l’extrémisme violent » en commission LIBE. Cette audition est un point de suivi de son rapport Dati adopté l'an passé. Notons que l'attaque n'a pas été faite dans le dos : Adrienne, de LQDN était présente dans l'hémicycle.
Bon, Dati y redit aussi son amour pour la censure qui, en matière de pédoporn est apparemment capable d'empêcher des pédophiles de passer à l'acte ou de retrouver des pédophiles qui agissent depuis des années. Comment ? Elle ne le dit pas. En matière de terrorisme, Rachida Dati en est sûre : toutes les personnes les plus radicalisées passeront à l'acte… (novlangue pour "je soutiens l'enfermement préventif" ;) ).
Via https://twitter.com/laurentchemla/status/803938526056349696 via https://twitter.com/bortzmeyer
J'avais complètement oublié qu'il faut aller faire une manip' dans pavucontrol lorsqu'on veut enregistrer le son qui sort de la carte son :
Ce texte a passé sa deuxième lecture à l'Assemblée mardi et mercredi derniers. Prochaine étape : deuxième lecture au Sénat à une date encore inconnue. Il devrait y avoir encore des désaccords profonds, ce qui fait que le texte repassera probablement en dernière lecture à l'Assemblée.
Sur les 4 points que je surveille, rien n'a changé sauf sur l'article 37 qui modifie la loi sur la liberté de la presse.
Il est proposé qu'un appel à la violence ou un appel à la haine ou une injure ou de la diffamation en raison de l'identité sexuelle de quelqu'un-e englobe désormais l'identité de genre. C'est donc positif. Amendement proposé par le rapporteur.
Je note qu'il y a eu une tentative du groupe LR de supprimer l'article 47 portant sur le droit à la cantine scolaire pour tou-te-s indifféremment de la situation financière de la famille.
Je note que le député Bompard, trolleur ex-FN est toujours aussi en forme : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/4191/AN/514.asp et http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/4191/AN/548.asp ( pour bien comprendre : article 30 loi sur la liberté de la presse et article 31)
Tous les 36 du mois, je peux ponctuellement avoir besoin de Skype pour des impératifs de la vie. La dernière fois que cela m'est arrivé, j'avais utilisé un Debian GNU/Linux 32 bits stocké sur une clé USB dédiée à cet usage. Sauf que cette fois-ci, je n'ai plus de clé USB en rabe à gaspiller et le paysage a pas mal changé. Du coup, un petit panorama s'impose.
Vu l'échec de la solution précédente, je me suis dit "autant installer Skype sur le winwin 7 installé sur un PC dédié (aka "sur lequel je n'ai pas mes données persos dessus") à une de mes pulsions crades occasionnelles : les jeux vidéos bien bourrins (genre Doom 2016)". Au moins le Skype joue à domicile, sur un produit Microsoft, ça devrait pas faire chier. Sauf que l'installeur de Skype me crache « Impossible de trouver ou de charger le programme d'installation Microsoft. Merci de mettre à jour votre ordinateur et de relancer Skype. ».
Sauf que la recherche de mise à jour tourne en boucle sans jamais se terminer (= proposer des mises à jour) ni afficher une erreur. J'ai attendu 4h. La connectivité au réseau est OK, ofc.
Vu l'échec de la solution précédente, je me suis dit que l'idée la moins mauvaise était encore d'installer c'te daube sur mon ordiphone : cette fois-ci, j'y ai des données persos (mais moins que sur mon ordi principal), mais de toutes façons, un ordiphone Android n'est pas de confiance, par définition même, même si je suis root sur l'appareil. Comme je n'ai pas le Google Play cheppa quoi (je tourne à F-Droid), je trouve un apk sur le web, je le fais examiner par VirusTotal et je tente de l'installer sur mon ordiphone.
Je me résigne à installer Skype sur un système Debian GNU/Linux, celui à côté de mon winwin 7, celui sur lequel je n'ai aucune donnée personnelle. Le wiki de Debian, https://wiki.debian.org/fr/skype , indique que la solution à privilégier à l'heure actuelle, c'est Skype For Linux Alpha.
Au sujet de la version GNU/Linux et 4.3 de Skype, le wiki de Debian nous informe « Il est important de noter qu'en utilisant l'ancienne version du client Skype, vous ne serez pas en mesure d'envoyer des messages ou d'appeler des personnes utilisant la nouvelle version de Skype sur Windows ou Linux, et vice-versa. Les appels et messages avec l'ancienne version du client fonctionneront seulement entre utilisateurs de la version 4.3.0.37 de Skype pour Linux. ».
J'avais retenu de mon utilisation antérieure que le deb fournit par MS n'était pas au point et foirait avec le multiarch de Debian. Ce n'est aujourd'hui plus le cas, les instructions pour Jessie sur le wiki Debian fonctionnement parfaitement.
Pour compartimenter Skype, on n'est pas obligé d'avoir recours à un autre ordinateur physique : une machine virtuelle fait l'affaire. Le microphone physique est bien accessible à la VM. L'écrasante majorité des webcams sur les ordis portables sont des périphériques USB que l'on peut très bien demander à un VirtualBox de faire passer à la VM, par exemple.
Petite anecdote : 30 minutes avant la visio, je prépare le matos et je tente un essai de Skype et… … … impossible de me connecter : mon compte a été suspendu et il faut que j'aille voir sur accounts .live .com pour en savoir plus. Mon compte aurait été utilisé pour envoyer du spam. LOL. Mon compte est protégé avec un mot de passe 20 caractères généré par pwgen donc lala. Je me suis connecté à ce compte Skype-là depuis une seule adresse IP. Le fait de changer de version de Skype (for Linux Alpha, winwin, etc.) verrouille-t-il le compte ? Mon sentiment personnel est que Microsoft tente de collecter nos 06. MS n'a rien eu de moi puisque j'ai utilisé http://receive-sms-online.com/ .
Du coup, venir me raconter que Skype c'est simple d'utilisation, ouaaaaaaaaaaaaais. Sur un environnement Windows récent et sans cas de conscience éthique, ouais, peut-être mais sinon c'est franchement hard. :/
François président, ça envoie beaucoup de rêve.
[...] Aux forces de résistance et autres syndicats « arc-boutés sur leurs acquis », il opposera la gendarmerie.
Invité ce lundi 5 septembre au soir par une dizaine d’associations libérales (Contribuables associés, Students for liberty, Association pour la liberté économique et le progrès social, etc.) à se plier au jeu des questions/réponses sur son programme, François Fillon a passé plus d’une heure et demie à essayer de convaincre que, cette fois, le pays était mûr pour le grand soir libéral.
« Un de mes concurrents, pour m’attaquer, a dit : “Mais il est thatchérien !” ; il s’est trompé, car cela m’a fait plaisir ! » lance pour commencer le candidat à la primaire de la droite sous les applaudissements de la salle. « On peut lui reprocher plein de choses, mais c’est elle qui a remis debout l’économie britannique, ajoute-t-il. Qu’est-ce qui restera du quinquennat de M. Hollande dans les livres d’histoire ? Rien. Thatcher, on sait. »
Lorsqu’il évoque la suppression de toute durée légale de travail, comme l’une des six ou sept mesures à prendre d’urgence, la salle applaudit à tout rompre. [...]
Le code du travail – « aujourd’hui plus de 3 000 pages » – sera ramené avec lui à 150 pages, tout le reste étant soumis à la négociation. « Pourquoi je veux des accords d’entreprise ? Parce qu’après personne ne pourra revenir dessus. Même en cas d’alternance ! » se réjouit-il d’avance.
[...]
Sur l’estrade, un autre intervenant – qui dit se réjouir de l’annonce de la suppression de l’ISF, un impôt « stupide, immoral et destructeur »– l’interroge alors sur sa volonté de s’attaquer à la suppression de la progressivité de l’impôt sur le revenu, qui « punit les talents ». Faire contribuer plus ceux qui gagnent plus ? Un « tabou qui règne en France », affirme-t-il. Fillon, tout sourire, promet à tout le moins de « baisser cette progressivité » et surtout assure que « [sa] priorité sera d’envoyer, dès le mois de juillet, un signal très fort aux entreprises ».
Ainsi, parmi les mesures d’urgence à prendre afin de « recréer un capitalisme français alors qu’on n’a eu de cesse d’essayer de le faire partir » : alléger de 60 milliards d'euros les charges qui pèsent sur les entreprises, supprimer l’ISF et instaurer une « flat tax » de 30 % sur les revenus du capital. Autant de mesures qui ne profiteront qu'aux plus riches contribuables.
[...]
« Pensez-vous vraiment qu’on puisse réformer l’école publique si nous ne la mettons pas en concurrence ? » s’agace quelqu’un dans le public, vantant les succès de l’enseignement privé « obligé de refuser du monde ». Celui qui se voit en dynamiteur de tous les conservatismes assure qu’il faudra revoir le contingentement – tacite – qui plafonne à 20 % le nombre d’établissements privés sous contrat. « Il faut faire sauter tout cela », concède-t- il, se disant favorable à l’expansion des écoles privées. « À condition que ces établissements soient compatibles avec les valeurs qui sont les nôtres... Vous comprendrez ce que je veux dire », ajoute-t-il avec un sourire entendu à une salle qui n’a, dans le climat actuel, pas besoin qu’on lui explique qu’il vise l’enseignement privé musulman.
Il reconnaît que, à l’instar de Mme Thatcher, sa potion libérale devra s’imposer à la hussarde. La Constitution de la V e République offre, fort heureusement, quelques possibilités. « On procèdera par ordonnances, s’il le faut, dès le mois de juillet », précise le candidat Fillon, qui veut, en plus de réduire leur nombre, imposer aux parlementaires de travailler durant tout ce premier été. Pour, admet-il, « passer en force ».
[...]
Pour lui, les syndicats en sont aujourd’hui réduits « à des actions désespérées comme le blocage des dépôts de carburant. Nous, on a envoyé la gendarmerie, cela s’est très bien passé [lors des blocages contre la réforme des retraites en 2010 – ndlr]. S’il faut le faire, on le refera ! ». Autre menace, qui fait trembler le pouvoir, « la grève par procuration : on envoie les lycéens faire la grève à leur place. Mais là, agir en juillet, août, septembre... C’est pas mal ! » s’amuse-t-il.
Soit une installation nginx + php-fpm + mysql tout à fait standard avec un CMS (WordPress mais ce qui suit est applicable à tout script PHP) fraîchement installé (aucun plugin, aucun thème mais peut-être du contenu) mais pas par nous. Pas de modules PHP "chelous" installés (ls -lh /etc/php5/mods-available) comme memcached. Quand on accède au site web, nginx nous répond « 502 Bad Gateway Error ».
Dans le log de nginx, on a :
recv() failed (104: Connection reset by peer) while reading response header from upstream
Dans le log php-fpm (/var/log/php5-fpm.log par défaut sous Debian), on a :
[...] child [...] exited on signal 11 (SIGSEGV) after [...]
À chaque fois que l'on accède au WordPress, vlam, segfault. Si l'on n'y accède pas : il ne se passe rien. Ce n'est pas le paramètre « pm.max_children » qui est atteint.
On a assez de RAM (1,5G libre :D ). La valeur de memory_limit, 128M, est amplement suffisante pour un WordPress (même mon WP avec des posts longs d'une centaine de pages A4 se contente de 64M :D).
Sur un moteur de recherche, on trouve que cela peut être un problème d'accès en écriture au dossier dans lequel sont créés les fichiers relatifs aux sessions, session.save_path (/var/lib/php5/sessions par défaut sous Debian). Il n'en est rien pour moi.
De même, on trouve que cela peut être relatif à opcache dans des cas très particuliers. Exemple : https://serverfault.com/questions/629231/how-can-a-bog-standard-wordpress-install-break-php . Même en désactivant opcache (mv /etc/php5/mods-available/opcache.conf /root/ ; systemctl restart php5-fpm), ça ne fonctionne pas.
On tente d'exécuter l'index du WP avec php-cli genre sudo php /chemin/vers/WP/index.php. sudo pour éviter les problèmes de permissions pour les « require() ». « Erreur de segmentation ». Même erreur, donc.
Bon, on se résout à sortir strace : sudo strace php /chemin/vers/WP/index.php. On voit PHP communiquer avec MySQL pour récupérer les articles, les commentaires, etc. puis une 20aine d'appels systèmes « brk() » puis SIGSEGV. brk() permet d'allouer de la RAM. Pourtant, on a déjà vu que l'on a bien assez de RAM. Ha, pour que strace ne tronque pas les paramètres des appels systèmes : strace -s 9999.
On se résout à demander la création d'un core dump et à l'analyser. Voir cet excellent tuto : https://ma.ttias.be/generate-php-core-dumps-segfaults-php-fpm/ . Sous Debian, il faut aussi installer les symboles de debug qui sont packagés séparément (car ça consomme de l'espace disque sans pour autant être utile au plus grand nombre de personnes) : apt-get install php5-dbg.
On constate que notre bt a plus de 30 000 appels de fonctions et que c'est toujours les 3 mêmes :
#30829 0x002219c0 in execute_ex (execute_data=execute_data@entry=0xb87988) at /build/php5-3mKzyG/php5-5.6.27+dfsg/Zend/zend_vm_execute.h:363
#30830 0x001ee2f6 in dtrace_execute_ex (execute_data=0xb87988) at /build/php5-3mKzyG/php5-5.6.27+dfsg/Zend/zend_dtrace.c:73
#30831 0x0026d460 in zend_do_fcall_common_helper_SPEC (execute_data=) at /build/php5-3mKzyG/php5-5.6.27+dfsg/Zend/zend_vm_execute.h:592
Conclusion : il y a une boucle infinie dans un des fichiers .php et l'erreur de segmentation vient du fait que PHP explose sa pile.
Pour savoir dans quel fichier et quelle ligne, soit on installe xdebug (mes notes sont ici http://shaarli.guiguishow.info/?7b7cDA ) soit on tente sa chance en cherchant les derniers fichiers modifiés genre find -type f -mtime -2. Sur un CMS où la craderie peut avoir été faite n'importe où, la deuxième méthode est intenable sauf sur un coup de chance (et quand xdebug vous rebute, vous croyez subitement à la notion de chance :D).
Au final, on se souvient qu'il n'y a pas de limite de récursion par défaut en PHP. Cette limite existe uniquement si l'on a installé xdebug.
Si PHP-FPM est configuré pour écouter sur une socket TCP et que, dans les logs nginx vous avez l'erreur « upstream timeout (110: Connection timeout) while connecting to upstream » et que PHP-FPM est bien en cours d'exécution et qu'il a bien ouvert son port, et que la valeur de listen.allowed_clients est OK dans /etc/php5/fpm/pool.d/www.conf , essayez de faire un telnet sur le port de PHP-FPM genre telnet 127.0.0.1 5900. Si ça ne fonctionne pas, vérifiez les règles de filtrage de votre pare-feu. ;)
Petits rappels sur les listes de contrôle d'accès au système de fichiers POSIX.
Un service gratos et sans enregistrement préalable pour recevoir des SMS sur des numéros jetables consultables par tous-toutes. Le yopmail du SMS, en somme. Pas prise de tête, ça juste fonctionne.
C'est super pratique quand un GAFAM demande impérativement un numéro de téléphone pour recevoir un foutu code de sécurité, par exemple.
Évidemment, il ne faut pas utiliser ce service pour recevoir des infos sérieuses ou des infos récurrentes (la pérennité des numéros n'est clairement pas assurée). Donc, ne pas utiliser ce service pour de l'authentification à deux facteurs ou sur un site web qui conservera votre numéro pour un usage légitime futur, par exemples. Mais c'est super utile pour des comptes fake sur un certain nombre de sites web gourmands en données personnelles.
Ce mercredi le Parlement européen a décidé de rejeter par 419 voix contre 258 (et avec 22 abstentions) une résolution demandant la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, le CETA.
Sans surprise. :(
Leur maîtrise instinctive des nouvelles technologies est souvent mise en avant, mais les adolescents américains peinent majoritairement à différencier les fausses actualités publiées en ligne des articles fiables, selon l’étude menée par l’université Stanford auprès de 7804 élèves du collège aux études supérieures.
Le prestigieux établissement installé au cœur de la Silicon Valley a pu constater que 82 % des collégiens se montrent incapables de faire la différence entre une publicité présentée comme un « contenu sponsorisé » et un véritable article d’actualité. Plus de deux adolescents sur trois ne voient ainsi aucune raison de se méfier d’un article rédigé par un banquier incitant les jeunes adultes à se faire aider pour gérer leur patrimoine.
Près de 40 % des lycéens sont quant à eux persuadés, à la simple lecture d’un titre sur la pollution entourant la centrale nucléaire de Fukushima Daichi, que la photo de marguerites difformes publiée juste en-dessous prouve la véracité de cette information alors que rien ne permet de déterminer l’origine du cliché.
Les critères de vérification employés par les élèves se révèlent assez inquiétants puisqu’ils ont tendance à jauger la crédibilité d’un tweet d’actualité par rapport au nombre de détails qu’il contient ou à la présence d’une photo grand format.
Ho, ça veut dire que filer une tablette numérique et tout aux enfants et adolescents n'en fait pas pour autant des citoyen-ne-s éclairé-e-s dans la société de l'information ?! Je suis déception, j'y croyais pourtant. Bref, rien de neuf.
Après avoir écrit dans son livre-programme Faire que l'IVG était un «droit fondamental», l'ex-élu de la Sarthe est revenu sur ses propos lors d'un meeting à Aubergenville (Yvelines) le 22 juin dernier. «Ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c'est que c'est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l'avortement», a-t-il expliqué, comme le rappelle l'AFP.
Traduction : je suis un loup dans une bergerie, élisez-moi, on verra bien après si je fais volte-face ou non.
Un argumentaire repris le 27 octobre, sur le plateau de «L'Émission politique» de France 2. «Jamais personne, et certainement pas moi, ne reviendra sur l'avortement. Je n'ai pas à m'expliquer sur mes convictions religieuses. Je suis capable de faire une différence entre ces convictions et l'intérêt général. Je considère que l'intérêt général, ce n'est pas de rouvrir ce débat».
Traduction : l'IVG c'est un peu comme la liberté de la presse : on ne peut pas s'y attaquer frontalement sinon les gauchistes font chier alors on la vide de son essence petit à petit, lentement mais sûrement.
Comme le rappelle France Info, François Fillon a vivement critiqué la volonté du gouvernement d'assouplir les conditions de l'avortement en instaurant en 2014 un amendement supprimant la notion de «détresse» de l'IVG. «En choisissant de réécrire la loi de 1975 sur l'IVG, le gouvernement fait une faute morale et politique.
Alors que l’opération visait à clarifier la position du favori, certains propos tenus par ses partisanes n’ont pourtant pas contribué à lever les ambiguïtés sur la position de M. Fillon. Au contraire… Après avoir assuré que son candidat ne compte « pas remettre en cause le droit à l’avortement », la députée d’Ille-et-Vilaine, Isabelle Le Callennec, a lâché : « On ne peut pas banaliser l’IVG. Cela reste un acte qui n’est pas anodin. Chacun a ses convictions personnelles. » Interrogée sur le fait de savoir si l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est un « droit fondamental », elle a répondu par la négative : « C’est un droit qui est inscrit dans la loi. » Avant d’exprimer son agacement vis-à-vis des journalistes : « Ne cherchez pas à aller plus loin sur ce sujet car cela n’en est pas un. »
[...]
A moins que le but soit justement d’entretenir le flou, en pariant sur le fait que cela se révélera payant dans les urnes… C’est ce qu’explique un membre de l’équipe de l’ex-premier ministre, sous couvert de l’anonymat : « Les réserves de Fillon sur l’IVG plaisent à l’électorat de droite. La preuve, il a fait 44 % dimanche dernier », se targue cet élu, de manière cynique. Comme si finalement, cette polémique était un mal pour un bien pour M. Fillon.
Goût de vomi dans la bouche. Un sujet de société massacré pour encaisser des voix. Tranquille.
Par ailleurs, on rappelle que Fillon est toujours aussi peu ouvert sur les couples de même sexe, l'adoption par ces couples, PMA, GPA, etc. Remarquons que, sur ces sujets-là, Juppé est aligné à part sur la fin de l'adoption pour les couples de même sexe que lui n'appelle pas dans son programme.
J'apprends l'existence de ce comparateur des programmes des candidats à la primaire de la droite.
Supprimer l'ISF, augmenter le taux de la TVA, diminuer l'IS, augmenter l'âge légal de départ à la retraite, pas de revenu de base, taffer plus que 35h/semaine public comme privé, faciliter les modalités de licenciement, réformer par ordonnances, continuer le choix du nucléaire, supprimer le principe de précaution, créer toujours plus de places de prison (voir https://www.youtube.com/watch?v=AtI_CQuBxlI - DataGueule - Prisons : l'écrou et ses vices ), fin du tiers payant, déchéance de nationalité, double peine, modifier la libre circulation des personnes en Europe (novlangue pour "empêcher les sales étranger-e-s de venir profiter de notre État providence"), dégressivité des allocations chômage, simplification des seuils sociaux en entreprise (novlangue pour "supprimer", t'es là pour bosser, bordel ! ), réduire encore et toujours les dépenses publiques, etc. Tout ça est commun aux deux candidats.
Finalement, Fillon et Juppé, c'est la même merde, ils sont sur la même ligne sur beaucoup de sujets, il n'y a que les modalités qui changent. Super. À ton vote, camarade, tu as le choix entre bonnet blanc ou blanc bonnet, choisis bien. :)
Via Slash.