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  • Enveloppe parlementaire bien timbrée

    Faisant fi de sa majorité présidentielle pléthorique, l’Assemblée vient, en toute discrétion, d’infliger à Macron un joli camouflet. Durant la campagne, ce dernier avait promis que « l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) sera[it] intégrée à l’indemnité parlementaire et, à ce titre, fiscalisé ». Il n’en sera rien : la nouvelle réglementation, adoptée le 29 novembre par le bureau de l’Assemblée, ne contraint nullement les députés à déclarer dans leurs revenus cette IRFM, qui leur permet de régler divers frais (loyer, transport, repas) liés à leur fonction. Et les parlementaires se sont gardé quelques privilèges.

    Au grattage et au trrage

    Comme par le passé, ils peuvent piocher dans les 5 373 euros qui leur sont alloués chaque mois pour payer, dans le cadre de leur mission, « leurs transports aériens ». Mais le nouvel arrêté de questure ne dit rien sur les cartes de fidélité permettant aux voyageurs de s’envoyer en l’air aux frais de la princesse. Avec leur carte Club 2000 d’Air France, réservée aux meilleurs clients de la compagnie, les députés bénéficient de menus avantages (embarquement prioritaire, surclassement…) et accumulent des miles. Ils se sont « engagés sur l’honneur » à ne les utiliser que lors de leur missions. Un engagement qui ne manque pas d’air !

    Désormais, les élus peuvent aussi puiser dans l’IRFM pour s’offrir les services d’avocats dans le cadre de conflits du travail les opposant à leurs collaborateurs ! Ces derniers, eux, n’ont droit à rien.

    Si les députés ne peuvent plus payer leur adhésion à leur parti en puisant dans leur IRFM, l’utiliser pour régler leurs cotisations aux groupes politiques est permis. C’est pourtant grâce à ce procédé qu’entre 2003 et 2014 le groupe UMP du Sénat avait reversé en loucedé quelque 15 millions d’euros à certains de ses membres. La justice enquête…

    C’est désormais la déontologue seule — ce qui la laisse perplexe — de l’Assemblée qui vérifiera les dépenses des élus. Lesquels seront contrôlés par tirage au sort au cours de leur mandat. Les privilégiés radiographiés la première année n’auront, ensuite, plus rien à craindre jusqu’à la fin…

    Premier arrivé, premier servi ?

    Avant, les parlementaires pouvaient dépenser leur IRFM comme il⋅elle⋅s le souhaitaient la somme allouée. Certain⋅e⋅s parlementaires, comme le député Alain Tourret, s'en servaient pour rembourser des prêts personnels, pour réaliser des achats de biens immobiliers à usage personnel, pour offrir des cadeaux à la famille et/ou aux ami⋅e⋅s, pour se faire un complément de salaire, pour se payer des vacances, etc. Seule la presse faisait tomber quelques magouilleur⋅euse⋅s par-ci, par-là, et encore…

    Maintenant, l'indemnité sera toujours versée en intégralité aux élue⋅e⋅s… qui en feront toujours ce qu'il⋅elle⋅s en veulent… En revanche, il⋅elle⋅s devront conserver des justificatifs pour les maigres contrôles que devra réaliser, la⋅e seule déontholoque de l'Assemblée ou le comité de déonthologie du Sénat (qui est composé… de sénateur⋅rice⋅s… qui vont donc juger leurs pairs ;) ). Seule la presse fera toujours tomber quelques magouilleur⋅euse⋅s. Ça change tout, non ? Mais puisqu'on nous assure que la moralisation de la vie politique est en marche…

    Moi aussi, je vais demander à mon employeur⋅euse de me payer des soi-disants frais pros sans justificatifs préalables… La fin des régimes privilégiés, ce n'est pas encore pour aujourd'hui. :(

    Dans le Canard enchaîné du 6 décembre 2017 et https://www.publicsenat.fr/article/politique/frais-de-mandats-les-senateurs-font-presque-comme-les-deputes-80573 .

    Sun Dec 10 14:32:04 2017 - permalink -
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  • Balistique de langage

    Toujours plus haut, toujours plus fort ! Mercredi 29 novembre, le tyran nord-coréen a fait tirer un missile balistique intercontinental qui a volé 53 minutes et atteint une altitude de 4 475 kilomètres.

    Jusqu’ici, Kim Jong-un avait montré qu’il pouvait frapper jusqu’en Alaska. Avec ce tir-là, il prouve que New York ou Washington sont à sa portée. Estomaqué, Trump, qui affirmait, lors de sa récente tournée en Asie, que jamais Pyongyang n’aurait une technologie à la hauteur, n’a lâché qu’un faiblard : « On va s’en occuper ». De son côté, Macron a dénoncé ce tir « irresponsable ». Et l’ONU a annoncé de nouvelles sanctions — ce ne sera guère que la 9e fois. Tandis que le président sud-coréen montrait des signes de panique en priant les Etats-Unis de ne pas envisager de frappe préventive. Jamais, depuis la fin de la guerre froide, le monde n’a été si près d’un conflit nucléaire… Mais, bon, puisqu’on y a échappé jusqu’ici, pas de raison de s’inquiéter ?

    Le 10 décembre à Oslo, l’association Ican va recevoir le prix Nobel, qui lui a été décerné pour l’abolition des armes nucléaires. Elle a réussi à faire en sorte qu’en juillet pas moins de 122 pays fassent adopter par l’ONU un traité par lequel ils s’engagent ‘a ne jamais fabriquer, ni détenir, ni utiliser la Bombe. Ils ont, en prime, demandé aux neuf pays « nucléaires » de désarmer. Et n’ont reçu que ricanements en retour.

    La France a voté contre ce traité, évidemment, comme l’avait fait Hollande. Pour la cérémonie de remise du Nobel, la France, le Royaume—Uni et les Etats-Unis n’enverront pas leurs ambassadeurs, comme il est de coutume. Mais des diplomates de second rang. « Ils aiment tellement leurs armes nucléaires, et n’aiment pas ceux qui essaient de les interdire », a commenté Béatrice Fihn, la directrice d’Ican.

    Mais si, voyons, puisqu’ils veulent l’interdire à la Corée du Nord !

    Dans le Canard enchaîné du 6 décembre 2017.

    Sun Dec 10 14:31:00 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?73TvHw
  • Papa Noël radin

    Bruno Le Maire fait depuis plusieurs jours le siège de l’Elysée pour obtenir la désindexation non seulement du smic mais aussi des minima sociaux.

    Le ministre de l’Economie souhaite que le salaire minimum et un certain nombre d’allocations cessent d’augmenter en fonction de la hausse des prix.

    Le sujet est explosif. Jusqu’à présent, Macron a botté en touche. Mais — ballon d’essai ? — le gouvernement a tout de même annoncé que la prime de Noël resterait au même niveau, comme en 2015 et en 2016.

    Macron attend sans doute de voir si ce genre de mesure « désindexe » sa courbe de popularité…

    … … … :'(

    Dans le Canard enchaîné du 6 décembre 2017.

    Sun Dec 10 14:30:19 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?u-nn7g
  • Le skippeur Niel se dévoile

    Un vrai Robespierre de la fiscalité, ce Xavier Niel ! Interrogé par « Vanity Fair » (décembre 2017), le patron de Free et coproprio du « Monde » et de « L’Obs » assène : « Je pense qu’il faut surtaxer les yachts et les voitures de luxe. Ce serait sain. » Pas de chance, l’entretien a été réalisé avant la sortie des « Paradise Papers ». Dans lesquels figuraient les documents de bord du « Phocéa ». Naguère propriété de Tapie, ce voilier géant appartient désormais à Niel, qui l’a fait immatriculer… à Malte,

    Une île où l’on « surtaxe » avec beaucoup de modération. Car on y aime vraiment les bas taux.

    Niel, comme Tapie avant lui, se défendra qu'il loue le bateau à une société croisiériste, donc que ce bateau n'est pas à usage personnel, donc que ça ne compte pas vraiment, circulez, y'a rien à voir. Faites ce que je dis, pas ce que je fais, énième épisode.

    Dans le Canard enchaîné du 6 décembre 2017.

    Sun Dec 10 14:28:38 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?jJR8mA
  • Les élites obscurcissanles vous suluent bien

    Comment expliquer qu’il y ait désormais de très puissants et très actifs producteurs d’ignorance ? Des entreprises, des gouvernements qui se donnent beaucoup de peine pour dissimuler les faits et enfumer le populo ? Philosophe et directeur scientifique de Sciences-Po Paris, Bruno Latour les appelle les « élites obscurcissantes » (1). Et pose l’hypothèse qu’on ne comprend rien à ce qui se joue actuellement sur la scène politique mondiale « si l’on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation ».

    Latour persiste et signe (2) : selon lui, les classes dirigeantes ont compris avant les autres que nous étions entrés dans un nouveau régime climatique et que, si elles voulaient survivre à leur aise, « il ne fallait plus faire semblant, même en rêve, de partager la terre avec le reste du monde ». Sinon, comment expliquer, par exemple, qu’au début des années 90 la compagnie ExxonMobil, après avoir publié d’excellents articles scientifiques sur les dangers du changement climatique, ait pris sur elle d’investir massivement « à la fois dans l’extraction frénétique du pétrole et dans la campagne, tout aussi frénétique, pour soutenir l’inexistence de la menace » ?

    Ayant compris qu’il leur serait impossible de partager ce monde (du moins, les quelques territoires qui en ce monde resteront vivables) avec les masses — et, surtout, avec les masses « de couleur » chassées de chez elles — les « élites obscurcissantes » ont décidé de se débarrasser au plus vite du fardeau de la solidarité — d’où, partout, les coups de boutoir de la dérègulation, et l’explosion des inégalités. Donald Trump, dit Latour, a « beaucoup clarifié ces questions » en se retirant, le 1er juin dernier, de l’accord de Paris sur le climat. Ce retrait signifie, contre toute vraisemblance, que le réchauffement climatique n’existe pas. C’est comme si Trump déclarait : « Nous, les Américains, n’appartenons pas à la même Terre que vous. La vôtre peut être menacée, la nôtre ne le sera pas. »

    Mensonge, bien sûr, cette idée que les Etats-Unis peuvent s’isoler dans une forteresse et ne plus laisser passer ni réfugiés ni cyclones. Mensonge qui permet le business as usual, l’extraction de gaz de schiste à gogo et le maintien suicidaire de ce way of life que Bush père avait, dès Rio 92, décrété « non négociable »… Comment se prétendre réaliste quand on l’est si peu ? « Comment appeler matérialistes des gens capables de glisser par inadvertance dans une planète à + 3,5 ou qui infligent à leurs concitoyens d’être les agents de la sixième extinction ? »

    On ne cesse d’opposer économie et écologie, dit Latour. On nous somme de choisir entre l’homme et la nature… Et de rappeler que l’homme en fait partie, de la nature ! Et de trouver « génial » le slogan des zadistes : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. »

    Un directeur d’études à Sciences-Po qui ne prend pas les zadistes pour des rigolos, tiens, tiens. ..

    Plus jeune, je m'étais fait la même réflexion, mais, d'une part, les inégalités, l'envie d'écraser son prochain, la quasi absence de solidarité étaient présentes bien avant la connaissance qu'un changement climatique était en cours : une première vague de dérégulation a eu lieu au début du 20e siècle tandis que l'envie d'écraser son prochain trouve de nombreux échos dans l'histoire (seigneurs/serfs, esclavagisme, guerres, etc.). De plus, rien ne montre que l'obscurantisme d'aujourd'hui est plus conséquent que l'obscurantisme d'hier.

    D'autre part, les mécaniques de notre monde actuel s'expliquent sans invoquer un quelconque complot : avidité et individualisme (croyance que soi vaut mieux que tout le reste du monde et qu'on peut vivre tout seul tout le temps) inscrits dans le patrimoine génétique de l'animal « humain », la croyance que l'évolution de nos technologies permettra de nous sauver in extremis (c'est toujours le pari actuel des USA), incapacité naturelle du cerveau humain à se projeter dans le réchauffement climatique par manque d'expérience émotionnelle du sujet d'où des décisions inadaptées, intérêt d'hier, d'aujourd'hui et de demain des élites à ce que la masse soit ignorante, passive et soumise, car ça simplifie grandement le maintien au pouvoir.

    Dans le Canard enchaîné du 29 novembre 2017.

    Sun Dec 3 20:13:57 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?e-5QOg
  • Tuyaux antiterro bons pour le panier

    De graves lacunes dans la sécurité d’un aéroport. Les fragilités d’un port de plaisance. La consultation de sites djihadistes… Ces alertes, actionnées — en pure perte — par les flics de Marseille, ont conduit, le 20 novembre, à la descente de deux commissaires venus de Paris pour auditer le renseignement territorial des Bouches-du-Rhône. Le patron de la sécurité publique s’étonnait de la maigreur (et de l’indigence) des notes produites par le plus gros service de renseignement départemental de France (111 poulets)…

    Une semaine durant, les deux émissaires, épaulés par un collègue local, ont épluché les archives du service. Ils n’ont pas été déçus… Le chef du rens’ marseillais gardait dans ses tiroirs un tas de notes sensibles, sur l’islam radical, notamment, et sur le risque terroriste. Autant de soucis en moins pour le responsable de la sécurité publique du département, le préfet de police de Marseille et, bien sûr, la Place Beauvau. Autant de paperasse épargnée à la base de données Agec, utilisée par tous les agents du renseignement territorial…

    Ben, il fallait faire diminuer les chiffres de la criminalité, non ?


    Balance ton port ?

    Ainsi cette note de cinq pages (16 novembre 2015) rédigée par le « groupe islam » sur les failles de sécurité de l’aéroport Marseille-Provence, où œuvrent 150 entreprises sous-traitantes. Les badges donnant accès aux pistes ou aux coulisses de l’aéroport y sont accordés, explique le document, avant même la fin de l’enquête de police et ne sont pas retirés immédiatement en cas de veto. Mieux : certains employés se feraient remplacer par un ami, un frère ou un cousin. Résultat ? Le badge se retrouve « en possession d’inconnus à la dangerosité de facto non évaluée », précisent les flics du renseignement.

    Le doc pointe également une zone aéroportuaire mitoyenne des pistes d’envol où « il semble relativement facile » d’introduire « un engin explosif à l’intérieur d’un carton reconditionné, lequel franchirait le grillage pour être ensuite embarqué ». Et que dire de cette note passée à la trappe qui, en juillet, révélait deux points de vulnérabilité en cas d’attaque terroriste sur le terminal du port de Marseille accueillant les bateaux de croisière ? Une vraie galère.

    Salade niçoise

    Les flics, qui en avaient ras les plumes de pondre des rapports pour rien. ont tout raconté aux commissaires chargés de l’audit. Ce qui a mis le feu au poulailler, c’est une enquête, menée en octobre 2016 par le groupe islam, sur la consultation de sites salafistes au sein d’une bibliothèqne municipale. Deux suspects ont été identifiés. Huit mois plus tard, on a appris que l’un des deux avait abreuvé le président d’une association catho niçoise d’insultes et de slogans djihadistes du genre « La France, on la mettra à genoux, inch’Allah ».

    Alertés, les flics marseillais se sont révélés incapables de ressortir la fiche. Normal elle n’avait jamais été enregistrée par leur taulier ! En déclenchant une enquête interne au lieu de saisir la police des polices, le boss de la sécurité publique espérait ne pas ébruiter l’affaire.

    C’est gagné.

    C'est le côté positif (et négatif) des lois sécuritaires : grâce à l'éternelle faillibilité humaine, on a une probabilité non nulle de passer à travers leurs mailles liberticides, même si elles sont renforcées année après année.

    Dans le Canard enchaîné du 29 novembre 2017.

    Sun Dec 3 20:12:59 2017 - permalink -
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  • Une enquête claire comme de l'eau de Roche

    Y aurait-il anguille sous Roche, à l’Autorité de la concurrence, le gendarme chargé de lutter contre les pratiques déloyales des entreprises ?

    Le 21 novembre, cette autorité administrative indépendante a lancé une vaste enquête sur le « fonctionnement de la concurrence dans le secteur du médicament et de la biologie médicale ». L’instruction, qui s’intéressera notamment « à la distribution des médicaments, au mécanisme de régulation de leurs prix, ainsi qu’aux opportunités de développement de l’activité des pharmaciens », devrait déboucher, d’ici un an, sur des recommandations aux pouvoirs publics « susceptibles de dynamiser la concurrence dans la distribution des médicaments et la façon dont leurs prix sont fixés ».

    Or, et c’est là que la potion est amère, cette enquête hautement sensible sera menée par un service dont la cheffe, Sarah Subrémon — rapporteure générale adjointe de l’Autorité de la concurrence —, est accessoirement la femme de Michael Lukasiewicz, directeur médical du laboratoire pharmaceutique Roche !

    La principale intéressée ne comprend pourtant pas le soupçon de conflit d’intérêts : « La décision de me confier le dossier s’est faite en toute transparence et avec l’aval de la présidence de l’Autorité. » On respire. D’ailleurs, « à la différence d’une enquête contentieuse, qui peut aboutir à sanctionner des entreprises, une enquête sectorielle se veut extrêmement générale, ne débouche que sur un avis consultatif et ne cible aucun acteur particulier ». Les recommandations promettent d’être explosives !

    Cordonnier mal chaussé

    Quant aux laboratoires, ce ne sont « que des parties prenantes parmi d’autres du marché du médicament ». A se demander s’ils jouent même le moindre rôle.

    N’empêche : le fait de confier à l’épouse d’un haut dirigeant de laboratoire pharmaceutique une enquête — même non punitive — sur le secteur de la santé est une pilule que certains cadres maison ont bien du mal à avaler. « L’Autorité de la concurrence ne se prive pas pour donner des leçons aux entreprises, c’est même son cœur de métier, confie l’un d’eux, très remonté. Et ses membres ne sont même pas capables de comprendre lorsqu’ils se retrouvent dans une situation flagrante de conflit d’intérêts ? C’est à désespérer. »

    A l’Autorité, qui combat les ententes (entre sociétés), celle qui règne entre collègues n’est pas toujours des plus cordiales…

    Faites ce que je dis, pas ce que je fais, xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxe démonstration ?

    Dans le Canard enchaîné du 29 novembre.

    Sun Dec 3 20:12:01 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?O-8ztg
  • Elle se promène librement

    C'est un village de la Meuse tout ce qu’il y a de plus tranquille. Mandres-en-Barrois, même pas 150 habitants. Lesquels en ont marre. Bure est à deux pas. Leur maire ayant cédé les 220 hectares du bois Lejuc pour qu’y soient creusés des puits d’accès à ce qui sera la plus grande poubelle souterraine nucléaire française, une poignée d’activistes se sont installés à demeure. Ils veillent jalousement sur la forêt. Il faut dire que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) s’était mise à défricher et à bétonner ce bois en toute illégafité. En mai, la cour d’appel de Nancy a ordonné à l’Andra d’arrêter les travaux.

    Pour surveiller les activistes qui surveillent la forêt, il y a des tas de gendarmes. A demeure, eux aussi. Un peloton de surveillance et d’intervention, carrément : un pandore pour deux habitants !

    Comme les gendarmes ne sont guère physionomistes, ils n’arrêtent pas de contrôler les mêmes personnes. Non seulement les activistes, mais aussi les villageois les plus innocents qui soient ! Plusieurs d’entre eux sont allés voir le maire. Lequel leur a délivré une belle attestation, qu’ils prennent soin désormais d’avoir en poche afin de pouvoir circuler librement.

    Quand « Le Canard » lui demande combien d’attestations il a délivrées, le maire aboie : « Vous êtes de la police ? » Et il raccroche.

    Ce n’est pas demain la veille qu’il délivrera la même attestation aux méchants activistes…

    France, 2017, il faut une attestation pour se promener quasi-librement dans un village au bord d'un site à visée industrielle… Magnifique, non ? :(

    Dans le Canard enchaîné du 29 novembre 2017.

    Sun Dec 3 20:11:10 2017 - permalink -
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  • Massacre à la tronçonneuse pour la forêt française

    Stéphane Le Foll avait donné le premier coup de hache quand il était ministre de l’Agriculture de Hollande. Emmanuel Macron, lui, prend la tronçonneuse pour tailler dans le statut des « forêts de protection ». Etabli en 1922, ce texte vise à sauvegarder la faune et la flore d’espaces boisés fragiles : aujourd’hui, ces derniers sont menacés par l’avancée des villes et des prédateurs comme les centres commerciaux et les usines. Les plus grands massifs protégés se situent d’ailleurs en Ile-de-France. Concrètement, il est rigoureusement interdit de porter, si peu que ce soit, atteinte à ces écosystèmes.

    Mais voilà, quelques semaines avant la présidentielle, Le Foll avait concocté un projet de décret censé vider ce statut de son contenu (« Le Canard », 22/2), vite bloqué par les associations écolos. Vendredi 24 novembre, un groupe de travail était donc convoqué par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, pour examiner une nouvelle mouture du projet de son prédécesseur.

    Celle-ci offre sur un plateau deux cadeaux aux lobbys : les forêts de protection pourront voir tomber leurs arbres si on y découvre des gisements de gypse ou des traces archéologiques. Les carrières de gypse (ou « plâtrières ») dévastent le paysage. Côté archéologie, tout chantier de fouilles commence par un abattage des arbres suivi de l’arrivée des pelleteuses. « Après leur passage, il ne reste plus qu’à déclasser le terrain ravagé pour le rendre constructible », râle un défenseur des biches et des petits oiseaux.

    Concession aux écolos : les anciennes forêts de protection, comme celle de Fontainebleau, demeurent toujours « sous protection ». Mais malheur à celles dont le classement est récent, tel le bois de Montmorency. Sous cette ravissante forêt se cache une immense carrière souterraine de 30 km2. Il suffira de faire la jonction entre les bulldozers du sous-sol et ceux de la surface.

    Au-delà de ces deux cas (gypse et fouilles), le gouvernement vient, pour la première fois depuis 1922, d’utiliser l’arme absolue : le déclassement pur et simple d’une parcelle de forêt de protection. Ainsi, et en se passant de l’avis de Nicolas Hulot, Stéphane Travert a ouvert aux pelleteuses pas moins de 82 ha de la forêt de Saverne, en Alsace, pour faciliter l’agrandissement d’une usine de fabrication de matériels agricoles.

    Bienvenue aux défonceurs de la nature.

    :'(

    Dans le Canard enchaîné du 29 novembre 2017.

    Sun Dec 3 20:10:34 2017 - permalink -
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  • FN : le gros soupçon de la Banque de France

    La brusque fermeture de 18 comptes du Front national dans trois banques différentes, qualifiée par Marine Le Pen de « fatwa bancaire », ne traduit pas « un dysfonctionnement des banques (…) et ne laisse pas supposer de discriminations ». C’est ce qu’affirme la Banque de France dans un long communiqué (4 pages) publié le 28 novembre. Mais, alors, pourquoi cette vague de clôtures ? La Banque de France est « incapable » de l’expliquer, a assuré la présidente du FN sur RMC (28/11).

    « Incapable » ? Marine Le Pen n’a sans doute pas pris la peine de lire avec l’attention qu’elle mérite la prose de la BdF. Sur le ton hypocfite propre aux banquiers, la Banque de France consacre une demi—page à une hypothèse, et une seule : une fermeture « liée (…) à la lutte anti-blanchiment ». Dans ce cas, explique la BdF, les banques sont « soumises à des obligations très strictes de confidentialité ». Même le client n’est pas informé du motif de la fermeture. Mais la Banque de France n’a « pas pris l’attache avec Tracfin, service compétent dans le domaine de la lutte contre le blanchiment ».

    Dans le genre coup de pied de l’âne, c’est bien donné.

    Mouiiiiii… La BdF évoque « la conformité aux dispositifs mis en place par les établissements pour gérer leur approche par les risques » dont le blanchiment fait partie. Mais il y a aussi les défaites électorales récentes qui peuvent laisser douter de la solvabilité du FN ou bien les prêts russes qui peuvent sentir le souffre… À suivre.

    Dans le Canard enchaîné du 29 novembre 2017.

    Sun Dec 3 20:09:40 2017 - permalink -
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  • ”Opération chasse d‘eau” au Palais-Bourbon

    Ça dégraisse sévère, à l’Assemblée nationale. De mémoire de haut fonctionnaire, « il n’y a jamais eu autant de départs de collaborateurs parlementaires. Beaucoup d’embauches de juin ne se sont pas pérennisées. C’est une hécatombe ». Si, officiellement, les services du Palais-Bourbon n’avancent pas le moindre chiffre, arguant que « les recrutements se poursuivent encore », la moitié au moins des nouveaux députés auraient discrètement changé tout ou partie de leur équipe de collaborateurs. Comment ? En ne renouvelant pas des contrats à durée déterminée Entre eux, les visés parlent d’une « opération chasse d’eau ». Charmant…

    Laëtitia Romeiro Dias (LRM, Essonne) a viré ses trois collaborateurs. Sur cinq recrues, Florian Bachelier, le premier questeur (LRM, Finistère), en a déjà écarté deux. Bruno Fuchs (MoDem, Haut-Rhin) a pris le pli : trois contrats non renouvelés. « Il n’y a rien d’illégal, se défend un parlementaire licencieur. C’est souvent du quitte ou double. C’est l’avantage des CDD. »

    Sitôt leur élection acquise, les néodéputés ont souvent procédé à un recrutement rapide. « On a embauché des gens avec qui nous avions mené campagne, témoigne un député Marcheur. Je voulais les remercier en les embauchant. J’ai fait une erreur : ce sont des militants de grande qualité, mais, collaborateur parlementaire, c’est autre chose » Résultat : deux départs sur trois ; le survivant est demeuré sur la circo.

    Service compris

    Plus prévoyants, certains nouveaux élus ont embauché des collaborateurs de députés sortants et/ou battus, dans l’espoir de bénéficier de leur savoir-faire. « J’ai travaillé durant le quinquennat précédent au groupe socialiste, témoigne une ex-petite main. J’ai fait une offre de services a un député En marche ! Je lui ai ouvert toutes les portes, je lui ai appris le fonctionnement et les codes de cette maison, et il me vire. J’ai l’impression qu’il me jalouse. Il m’a dit : “Je te vire parce que c’est moi le député ! ” » Un autre « ancien » raconte : « C’est moi qui ai pris la décision de partir. Il m’a pris pour son larbin : il fallait que j’appelle sa femme, que je m’occupe de son abonnement de téléphone, etc. Lui ne s’intéresse qu’aux dîners et aux Quatre-Colonnes. En fait, il voulait changer le monde, et il s’est retrouvé à se battre pour une virgule dans un texte de loi. »

    Forcément, ça crispe.

    Dans le Canard enchaîné du 29 novembre 2017.

    Sun Dec 3 20:09:01 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?PeTyZg
  • La purge de l'État (et des collectivités territoriales)

    Selon le Canard enchaîné du 22 novembre 2017, le gouvernement veut se débarrasser, sur 4 ans, de 120 000 emplois publics (50 000 employé⋅e⋅s de l'État, 70 000 employé⋅e⋅s des collectivités territoriales). Il faudra également économiser 26 milliards d'euros (10 milliards pour l'État, 16 milliards pour les collectivités)…

    De même, la Sécurité sociale devra économiser jusqu'à 10 milliards d'euros.

    C'est trop génial, non ? Des services publics toujours plus rentables et toujours moins utiles socialement… Toujours moins de fonctionnaires, toujours plus de privé… Toujours moins d'État providence, toujours plus chacun⋅e pour sa gueule. C'est tellement triste et navrant. :'(

    Sun Dec 3 15:13:36 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?7L_Gnw
  • A la fiche !

    Les données concernant une journaliste « figuraient illégalement » dans les fichiers de la Direction du renseignement militaire (DRM), vient de révéler le Conseil d’Etat dans un arrêt du 8 novembre. La consœur, Camille Polloni, du site d’information Les Jours, s’était elle-même adressée aux juges. Mais il lui a fallu attendre six ans — et un changement de législation — pour que la procédure parvienne à son terme.

    Les juges ont d’abord fait chou blanc dans les services réputés s’intéresser aux activités des journaleux, comme la DGSl et la DGSE (Sécurité intérieure et extérieure) ou la DRSD {l’ex-Sécurité militaire). En revanche, ils ont fait bonne pioche à la Direction du renseignement militaire.

    Etrange, car, comme le claironne sa devise, « Renseigner nos armées pour préparer la victoire », le boulot de ce service rattaché au chef d’état-major des armées se résume à savoir si l’ennemi va attaquer par-devant ou par-derrière.

    D’autres journalistes étaient-ils concernés ? Quels renseignements étaient stockés ? On ne le saura sans doute jamais. La loi Renseignement, votée en 2015, confie les minces possibilités de recours à une formation spécialisée du Conseil d’Etat qui ne peut dévoiler le contenu de ses trouvailles aux plaignants.

    Camille Polloni vient de déposer une plainte auprès du procureur de la République de Paris pour — entre autres délits — « collecte et conservation illégale de données personnelles » et « atteinte à la vie privée et au secret des correspondances ».

    Mais la justice ne trouvera pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et pour cause : le Conseil d’Etat a lui-même ordonné la destruction du fichier litigieux.

    Dans le Canard enchaîné du 22 novembre 2017.

    Sun Dec 3 15:02:10 2017 - permalink -
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  • Pôle emploi en marche

    « Nous sommes en marche, et en marche accélérée. Il faut mettre en œuvre la politique voulue parle président de la République ! » s’est exclamé — avec une docilité forçant le respect — Jean Bassères, le patron de Pôle emploi, lors du comité d’entreprise qui a suivi l’élection présidentielle. Cela commencera parla mise en application des vœux du Président sur la surveillance des chômeurs.

    Ex-membre de la garde rapprochée du candidat Macron, Bassères vient d’annoncer, pour 2018, le passage de l’effectif des contrôleurs des demandeurs d’emploi à 2 000, contre 200 actuellement. Bassères vient aussi de nommer un directeur général adjoint discrètement militant : Paul Bazin de Jessey, ancien de la Manif pour tous et toujours militant de Sens commun, époux — par ailleurs — de la directrice adjointe du cabinet de Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics. L’argent ne devrait pas manquer pour contrôler les sans-emploi.

    Dans le Canard enchaîné du 22 novembre 2017.

    Sun Dec 3 15:01:36 2017 - permalink -
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  • Le CIO fait main basse sur Paris

    Le président Macron avait réuni le gratin, le 14 novembre au soir à l’Elysée, pour plancher sur un projet de loi d’exception. Sur le terrorisme ? Non, sur… l’Olympisme. Un projet répondant aux oukases du Comité international olympique (CIO) avant les Jeux de Paris 2024, qui privatisent rien de moins qu’une partie du droit français.

    Premier oukase, l’article 2 de la loi vise à « étendre le champ des éléments relevant de la propriété olympique », et, parmi eux, les « termes “olympique”, “olympien” et “olympienne” ». Ces adjectifs, qui figurent pourtant dans le dictionnaire, seront à l’usage unique du CIO. Le Conseil d’Etat a fait la moue, mais le gouvernement a passé outre. On ne badine pas avec l’exploitation des produits dérivés.

    Deuxième oukase : selon les articles 3 et 4 de la loi, le CIO pourra s’affranchir du Code de l’environnement. En affichant, par exemple, ses slogans sur les immeubles classés ou les monuments historiques comme la tour Eiffel ou le Grand Palais. La dérogation est consentie pour sept ans — le temps, pour le CIO, de se faire un peu d’argent.

    Troisième oukase : le CIO enverra valser le Code de l’urbanisme pour les constructions temporaires de Paris 2024. Celles qui resteront, tels le village ou la piscine olympiques, verront, pour leur part, les procédures de consultation publique et d’expropriation facilitées.

    Seule concession au droit français, les dirigeants du Comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo) devront adresser des déclarations de patrimoine à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Et la Cour des comptes contrôlera leur gestion. Tony Estanguet, futur président du Cojo, ainsi que son directeur général, à qui une note du budget promettait des salaires de 450 000 euros annuels (« Le Canard », 11/10), devront donc rendre des comptes. C’est très sport !

    C'est à gerber… :'(

    Le projet de loi « relatif à l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques 2024 » sera examiné au Parlement à partir du 6 décembre 2017.

    Dans le Canard enchaîné du 22 novembre 2017.

    Sun Dec 3 15:00:46 2017 - permalink -
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  • Première transaction pénale en faveur de la HSBC

    Moderne, aussi, et furieusement dans le vent de l’Histoire, cette trouvaille de la justice française : « Pour éviter un procès, écrit “Le Monde” (16/11), HSBC paie 300 millions d’euros. Accusée de blanchiment de fraude fiscale, la filiale suisse du géant britannique a signé un accord avec le parquet national financier. Cette trasaction à l’américaine est une première en France. »

    Truauds et fraudeurs savent ce qu’il leur reste à faire.

    Ho, la première convention judiciaire d'intérêt public. Ces transactions pénales nouvelle version, qui sont possibles uniquement en matière de corruption et de fraude fiscale ont été instaurées par la loi Sapin 2. J'en avais parlé. Moins d'un an entre l'ajout au corpsus législatif et la première utilisation, ça n'a pas traîné !

    Dans le Canard enchaîné du 22 novembre 2017.

    Sun Dec 3 15:00:07 2017 - permalink -
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  • Le beurre et l’argent du beurre

    Vous n'avez sûrement jamais entendu parler du TB du lait. Pourtant, le « taux butyreux », comme on l'appelle, a fort a voir avec la pénurie de beurre sur laquelle les médias tartinent depuis des semaines. Le TB, c'est la quantité de matières grasses contenue dans le lait. En France, depuis que nos ingénieurs agronomes le mesurent, il n'a jamais été aussi faible : 39,3 grammes par litre soit 1,6 gramme de moins qu’il y a vingt ans. Vu que nos vaches produisent 23,8 milions de tonnes de lait par an, cela lait, a la louche, 38 000 tonnes de matières grasses laitières qui manquent chaque année. Pas de bol : c’est justement avec elles que l'on fabrique du beurre. Ah, la vache !

    Durant des lustres, l'industrie laitière a encouragé les éleveurs à produire toujours plus. La sélection génétique et conçu de véritables usines sur pattes, capables de fournir plus de 9 tonnes de lait par an. Sauf que, plus une vache donne, plus ce qui sort du pis est appauvri en matières grasses et en protéines. Quand on est tombé à moins de 30 grammes de protéines par litre, les fromagers, qui n'arrivaient plus a faire leurs frometons, ont demandé à l'institut national de la recherche agronomique (lnra) de trouver dare-dare une solution. D'autant que la protéine de lait exportée sous forme de fromage ou de poudre dégraissée fait du bien a la balance commerciale. Raison pour laquelle, plus le lait est protéiné, plus il est payé cher a l'éleveur.

    Les éleveurs ont donc été incités à gaver les pauvres bêtes d’aliments hyperprotéinés, comme le tourteau de soja ou, trouvaille de génie, les farines de viande… jusqu'à ce que les vaches cannibales deviennent folles. Le taux de gras, lui, a continué de fondre comme motte de beurre au soleil, l'lnra conseillant même de verser dans les rations des acides gras polyinsaturés pour bloquer la synthèse de la matière grasse dans la mamelle. Les nutritionnistes baratinaient alors qu'il fallait remplacer le beurre par la margarine pour sauver nos artères.

    Depuis, non seulement le beurre a été réhabilité, mais il est désormais estampillé « bon pour la santé ». Les Américains et les Asiatiques, du coup, se sont rués dessus, faisant flamber les prix. Ajoutez-y nos laiteries qui préfèrent fourguer leur beurre à l'étranger car les grandes surfaces refusent de le payer au cours mondial.

    A moins que l'lnra nous bricole une vache qui fabrique directement du beurre, ça risque d'aller de mal en pis !

    Dans le Canard enchaîné du 15 novembre 2017.

    Sun Dec 3 13:13:30 2017 - permalink -
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  • L‘impôt, pas simple comme un coup de fisc

    Gérald Darmanin vient de donner le top départ : le prélèvement à la source entrera en vigueur le ler janvier 2019. Moderne, rapide, indolore… c’est ainsi que le gouvernement de François Hollande avait vendu la réforme consistant à imposer les contribuables sur leurs revenus en cours, et non sur ceux de l’année précédente. Un progrès pour les chômeurs et les retraités, sans doute. En revanche, bonjour la corvée pour les entreprises, censées collecter l’impôt à la place du fisc !

    Avant d’inscrire cette réforme dans le projet de loi de finances rectificatif, présenté au Conseil des ministres du 15 novembre, Gérald Darmanin a tenu à rassurer les entreprises qui devront s’équiper et se former au maniement de nouveaux logiciels de paie. Dans un rapport rendu le 10 octobre, l’Inspection générale des finances estimait le coût de l’opération entre 310 et 420 millions d’euros au démarrage, puis entre 60 et 70 millions d’euros annuels (formation, maintenance) en période de croisière. Sur la base d’autres études, la sénatrice LR Elisabeth Lamure, présidente de la délégation aux entreprises du Sénat, juge ces hypothèses « extrêmement optimistes » (« Les Echos », 30/10) et évoque, pour sa part, le chiffre de 1,2 milliard d’euros. A quelle source se fier ?

    Autre sujet d’inquiétude pour les boîtes : les erreurs ! En cas de mauvaises déclarations, les employeurs, pris entre le marteau fisc et l’enclume salariés, risquent de lourdes amendes. Magnanime, Gérald Darmanin a annoncé une réduction des sanctions de moitié : 250 euros la « défaillance déclarative ». C’est quasiment soldé !

    Taxe à la carte

    Enfin, l’administration fiscale prendra à sa charge les coûts d’information des contribuables. Bel effort. Mais cela ne rendra pas le choix du taux d’imposition moins complexe. Après examen de la déclaration d’impôt, au printemps 2018, le fisc déterminera le taux d’imposition de chaque assujetti et l’adressera à son employeur. Le salarié soucieux de préserver sa vie privée pourra exiger l’application d’un taux « personnalisé », empêchant la direction de son entreprise de connaître la rémunération de son conjoint. Des fois que cela dissuade son patron de l’augmenter…

    En ce qui concerne les revenus exceptionnels (patrimoine, héritage, droits d’auteur, etc.), le fisc puisera lui-même l’impôt correspondant. Deux collecteurs au lieu d’un seul : quelle simplification !

    Bercy avait pourtant une solution beaucoup plus simpie dans ses tiroirs : taxer directement les contribuables par prélèvement mensuel. Mais, ainsi que l’inspection l’admet dans son rapport, l’administration fiscale n’a pas les capacités techniques de collecter ces sommes en moins de deux ou trois mois ! Or Bercy souhaite, grâce à cette révision, remplir ses caisses fissa. C’est même une idée fisc !

    Dans le Canard enchaîné du 15 novembre 2017.

    Sun Dec 3 13:12:49 2017 - permalink -
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  • Le lobby du glyphosate illumine Bruxelles

    Ya plus de respect ! Dans la soirée du 24 octobre, à la veille d’un vote (finalement reporté) sur le glyphosate, de dangereux activistes se sont attaqués à la façade du Parlement européen et de la Commission de Bruxelles. Des écolos désespérés ? Pas vraiment. Armés d’un puissant matériel vidéo, des lobbyistes y ont projeté des images géantes en faveur du pesticide : « Glyphosate is safe » (« sans danger »), clamait l’une. Une autre affichait des chiffres impressionnants : « 3 300 études » parleraient en faveur du glyphosate, « une seule » serait contre ! Une énorme intox : des centaines d’études mettent en évidence la dangerosité de l’herbicide…

    L’action était menée par le plus gros lobby européen des pesticides, l’European Crop Protection Association (ECPA), qui a filmé son œuvre et balancé la vidéo sur YouTube et Twitter. Le genre d’opération commando qui aurait valu à Greenpeace un débarquement policier immédiat. Mais nos lobbyistes n’ont pas été inquiétés. Après le Parlement et la Commission, ce soir-là, ils ont projeté la même propagande sur la façade du Conseil de l’Union européenne. Une virée en toute impunité.

    Deux eurodéputés, le Français Eric Andrieu (PS) et le Belge Marc Tarabella (socialiste), s’en sont émus dans un courrier adressé, le 6 novembre, au président du Parlement, Antonio Tajani : « La façade du Parlement n’est pas un paillasson ! (...) Quelles sont les sanctions que prévoit le Parlement européen vis-à-vis de cette organisation ? »

    Vandales peinards

    Deux jours plus tard, en conférence des présidents, la réunion des chefs de groupes politiques, le président Tajani a promis « une réaction appropriée »… dès que les services du Parlement auront identifié l'« auteur de cette action ». Défense de rire ! L’« auteur », en effet, est très difficile à trouver : l’ECPA a pris soin de signer sa vidéo, avant de la poster sur son compte Twitter ! Michal Kicinski, l’un des lobbyistes en chef de l’ECPA, s’y met d’ailleurs tranquillement en scène.

    Trois semaines après ce squat mural, la Commission européenne, elle, n’a toujours pas porté plainte. « Nous étudions toutes les options », explique-t-elle, sibylline, au « Canard ». Les lobbyistes doivent claquer des dents…

    Dans le Canard enchaîné du 15 novembre 2017.

    Sun Dec 3 13:11:52 2017 - permalink -
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  • Comment la police marseillaise dégonfle les statistiques de la criminalité

    Pressions de la hiérarchie, logiciel de rédaction des procédures détourné… Des poulets dénoncent un bidouiIlage généralisé des chiffres de la délinquance. Ils en ont ras les plumes !

    Encore un règlement de comptes, ce week-end, à Marseille. Bilan : un mort de plus, soit neuf depuis le début de l’année. D’après les statistiques du ministère de l’Intérieur, pourtant, la sécurité dans la ville ne cesse de s’améliorer. En prenant ses fonctions cet été, le nouveau préfet de police a bien pris soin de le rappeler : « La délinquance est en baisse continue depuis 2012. » Et de chiffrer la diminution à « 60 % pour les vols avec violences, 20 % pour les atteintes aux personnes ». Un vrai triomphe !

    De quoi inciter Macron à revenir passer ses vacances d’été dans le coin et à rassurer les organisateurs des JO de 2024, qui ont choisi Marseille pour accueillir les épreuves de voile. Mais voilà qu’une trentaine de poulets dela Direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône — réunis au sein d’un collectif informel — dénoncent une drôle de bouillabaisse dans les statistiques de la délinquance. La Bonne Mère aurait-elle fait trop de miracles ?

    Infractions rebaptisées

    « Le Canard » a rencontré une dizaine de gardiens de la paix qui, tous, racontent avoir subi des pressions de leurs chefs pour maquiller les chiffres. « Histoire de diminuer les atteintes aux personnes, on te demande, par exemple, quand la victime n’est pas blessée, de requalifier les vols à l’arraché en “vols simples”, déplore l’un d’eux. Si tu ne cèdes pas, c’est l’enfer, tu te fais sacquer pour ta notation, on te refuse tout ce que tu demandes et on te sucre ta prime au mérite. »

    Les PV « arrangés », sur lesquels « Le Canard » a mis le bec, sont édifiants. Telle victime dont la serrure de l’appartement a été forcée avec un pied-de-biche retrouvé près de la porte repart avec une plainte pour « dégradation ou détérioration volontaire du bien d’autrui causant un dommage léger ». En lieu et place d’une « tentative de cambriolage », qui aurait inutilement alourdi les statistiques…

    Et, quand la troupe rechigne à minorer les délits, la hiérarchie repasse derrière. Le logiciel de rédaction des procédures de la police nationale (LRPPN), dans lequel les flics enregistrent leurs procès-verbaux, possède en effet une « chatière » qui permet de requalifier, après coup, la gravité de l’infraction. Un comble quand on sait que le LRPPN, qui abreuve la Place Beauvau de statistiques**, a notamment été conçu pour empêcher la triche.

    Plus ahurissant encore : ce sont parfois les « cellules contrôle qualité », mises en place pour corriger les erreurs de saisie au niveau des commissariats, qui travaillent à embellir les courbes de la délinquance ! « C’est très grave, s’offusque l’un des policiers marseillais qui ont accepté de parler. Cela s’apparente à un faux en écriture puisque l’on modifie [ainsi] l’intitulé de l’infraction qui figure sur la plainte de la victime. » Sur plusieurs documents consultés, des vols de téléphones, entre autres, deviennent, un ou deux jours plus tard, des « infractions non constituées », qui ne figureront jamais dans les stats des flics. Que fait la police ?

    Même tambouille pour les affaires non résolues, qui, au bout de trois mois, finissent tamponnées de la mention poétique « vaines recherches ». Une manip d’autant plus revigorante pour le taux d’élucidation qu’elle concernerait, de l’aveu de nos flics, plus de la moitié des plaintes enregistrées dans les commissariats des Bouches-du-Rhône ! « Toutes les “vaines recherches” finissent pêle-mêle dans de grands sacs plastique stockés au palais de justice, où aucun magistrat n’ira fourrer son nez. » Au parquet, certains juges s’étonnent des différences entre leurs propres statistiques et celles des policiers. Ils sont bien suspicieux…

    Le pastis déborde

    Mais la goutte d’eau qui a fait deborder le verre de pastis de tant de poulets marseillais, c’est le sort connu par l’un des leurs : pour avoir refusé de tremper ses plumes dans la magouille, ce dernier a été harcelé par ses chefs. La police des polices a recueilli des témoignages accablants confirmant l’ampleur de la triche. Sept mois plus tard, les « bœuf-carottes » semblent s’être endormis sur le dossier.

    Pour les réveiller, le syndicat CGT de la police s’est fendu d’un tract portant cet avertissement : « Collègue, attention, si on te demande de changer des qualifications d’infractions pour que ta hiérarchie ait de bonnes statistiques, tu risques une condamnation de 225 000 euros et 10 ans de prison. » Ni une ni deux, le patron de la sécurité publique départementale a déclenché, pour se couvrir, une enquête interne sur les tricheries. Manque de bol, le commandant chargé de l’audit s’est fait pincer par ses collègues, il y a quatre ans, alors qu’il bricolait la « main courante informatisée » pour gonfler le taux de présence de ses troupes sur la voie publique… Voilà un expert en sta— tistiques tout désigné !

    Dans le Canard enchaîné du 15 novembre 2017.

    Sun Dec 3 13:11:02 2017 - permalink -
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