Une petite satire (bien en deçà de la réalité) du fonctionnement des métiers qui tournent autour de l'informatique et du monde de l'emploi en général (société commerciale comme administration, même combat).
Beaucoup de choses sont dites : une hiérarchie de folie (mille équipes / sous-division / départements) déshumanisante avec un peu de team building bullshit afin de tenter une cohésion d'équipe artificielle ; une externalisation démesurée (mille prestataires et leur sur-facturation qui prennent masse de temps à être encadrés) ; des certifications qualité à gogo alors que, dans la réalité, le produit ne fonctionne pas ; des réunions de pilotage, de stratégie, de décision etc. avec mille petits chefs qui comprennent rien mais qui veulent en être ; des types de contrat (stage, intérim, CDD, etc.) utilisés à mauvais escient, et le petit rictus « c'est un peu technique » afin d'essayer de dissuader le pékin moyen de comprendre la problématique.
Via FRnOG, une liste de discussion entre opérateurs de réseaux.
Résumé : les logiciels de téléphonie indiquent souvent une mauvaise adresse IP à leur interlocuteur, surtout quand ils sont utilisés avec un VPN partiel / split tunnel / VPN sans route par défaut. Les VPN peuvent bricoler les paquets SIP contre la volonté de l'administrateur systèmes et réseaux. La fonctionnalité d'apprentissage RTP du commutateur téléphonique Asterisk est plutôt chatouilleuse aux interférences. Certaines versions de logiciels de téléphonie résistent plus ou moins bien aux magouilles d'un VPN. Pour toutes ces raisons, si tu dois fournir de la téléphonie d'entreprise à des personnels en télétravail et que ça foire de manière aléatoire, ajoute les lignes nat=force_rport,comedia et directmedia=no dans la définition de chaque ligne SIP dans le fichier sip.conf d'Asterisk ou dans les paramètres (paramètres avancés pour « directmedia ») d'une ligne SIP dans XiVo. La première réécrit l'adresse IP contenue dans le paquet SIP/SDP avec l'adresse IP source de ce paquet, garantissant ainsi que l'IP est la bonne. La deuxième fait circuler les flux audio via le commutateur téléphonique plutôt qu'en pair-à-pair, ce qui évite les ratés de l'apprentissage RTP, les bidouilles d'un VPN et la sensibilité des softphones.
Rappel sur le fonctionnement de la téléphonie sur Internet. D'un côté, il y a la signalisation (je veux appeler untel, il a décroché, il met en attente, il reprend l'appel, etc.) avec le protocole SIP. Cet échange se fait via un commutateur téléphonique. La voix transite via le protocole RTP (et son protocole de contrôle RTCP). Il y a un flux audio par interlocuteur. Les flux audio sont échangés en pair-à-pair, sans passer par le commutateur téléphonique. L'adresse IP, le port UDP ("envoie ton flux RTP ici") et les codecs à utiliser sont négociés via le protocole SDP lui-même relayé par SIP, donc via le commutateur.
J'ai déjà exposé notre architecture de téléphonie. Notre commutateur téléphonique est donc un Asterisk empaqueté dans produit avec interface web, API, etc. nommé XiVo. On dira qu'il a l'adresse IP 192.0.2.1 avec une seule route par défaut vers le routeur global de notre organisation. Nous avons des téléphones IP de la marque SNOM. Ils sont dans le réseau 198.51.100.0/24. Il y a donc du routage / du niveau 3 entre nos téléphones et le commutateur téléphonique. Nous avons également quelques rares softphones / logiciels de téléphonie Linphone (choisi car un des seuls logiciels libres encore maintenus + interface agréable depuis la version 4.X). On utilise ça depuis des années sans problème.
Depuis environ six mois, nous avons quelques logiciels de téléphonie utilisés depuis l'extérieur (mise en place progressive du télétravail) à travers un VPN, car notre XiVo n'est pas joignable depuis l'extérieur (filtrage volontaire). Il s'agit d'un VPN partiel / split tunnel : il ne donne pas accès à Internet, seulement aux réseaux internes de l'organisation. Il n'installe donc pas une route par défaut sur le client, mais une route pour chacun de nos réseaux internes. Tous les clients sont dans un même réseau, disons 203.0.113.0/24. Notre VPN ne fait ni filtrage ni NAT. Donc, le commutateur téléphonique voit l'IP VPN d'un client. Exemple : « Registered SIP 'bczhcigi' at 203.0.113.42:62633 ». 203.0.113.42 est bien l'IP que le client VPN a sur son interface réseau VPN. Nos clients VPN peuvent se parler entre eux : un netcat TCP et UDP entre deux clients VPN fonctionne. Notre VPN est un Cisco ASA. Ces personnels en télétravail ne nous ont pas signalé de problème.
Avec le Covid-19, il a fallu généraliser le télétravail, donc fournir une ligne de téléphone et un logiciel de téléphonie à chaque personnel. Et là ça ne fonctionne plus. Enfin, si, mais pas pour tout le monde ni tout le temps ! On est donc sur un problème aléatoire, les plus chiants à diagnostiquer…
Entre un poste téléphonique SNOM du bureau (ou un numéro externe 0[1-9]) et un Linphone à domicile, l'appel a lieu mais la personne à domicile entend rien. Entre deux Linphones, chacun dans un domicile différent, personne s'entend.
Ça, c'est le signe classique d'un filtrage ou d'un NAT. Mais, comme écrit ci-dessus, notre VPN ne NAT pas et il ne filtre pas. Il n'y a pas d'autres filtrages en interne. Il n'y a pas de filtrage aux extrémités puisqu'on a désactivé les pare-feux.
Si l'on effectue une capture réseau avec tcpdump (sur le commutateur téléphonique) et wireshark (sur l'ordinateur de télétravail), on constate que, dans la négociation SDP, Linphone ne communique pas l'adresse IP de l'interface réseau VPN (vpn0, disons), mais celle de l'interface eth0 (ou wlan0), c'est-à-dire celle sur le réseau local du domicile du personnel (genre 192.168.0.X). Forcément, l'interlocuteur ne peut pas émettre un flux audio vers cette destination.
Parfois, Linphone communique la """"bonne"""" adresse IP, celle de l'interface réseau VPN, et dans ce cas-là, tout fonctionne. Cela peut, en partie, expliquer pourquoi nos personnels en télétravail depuis six mois ont rien signalé.
On pourrait penser qu'il suffit de lancer Linphone après avoir établi le VPN, mais non, car, parfois, Linphone échoue même quand il a été démarré après l'établissement du VPN. De plus, on ne peut pas attendre de nos personnels qu'ils se préoccupent de lancer tel logiciel après tel autre.
On peut configurer Linphone pour forcer la communication de l'adresse IP de l'interface réseau VPN. C'est l'option « nat gateway ». Les appels fonctionnent alors dans 100 % des cas. Mais cette option a disparu dans la version 4.X, celle que l'on utilise (parce que son interface est agréable). De toute façon, tous les logiciels qui permettent de configurer l'adresse IP (microSIP, Linphone, etc.) ne conviennent pas : sur notre VPN, nous distribuons des IPs de manière dynamique : à chaque connexion, l'adresse IP du client VPN change. On ne peut pas demander à nos personnels de configurer leur téléphone à chaque fois.
On notera que, dans le cadre de webRTC, les navigateurs web sont mieux équipés que les logiciels de téléphonie ! Dans la config' avancée de Firefox, la clé « media.peerconnection.ice.force_interface » permet de sélectionner l'interface à utiliser, par exemple. Donc ça fonctionnerait impec avec les IP dynamiques de notre VPN. Ça a aussi ses inconvénients : quelqu'un qui voudrait faire de la téléphonie professionnelle (supposons avec VPN) et personnelle (sans VPN) devrait en changer la valeur en permanence…
On peut utiliser ICE, une méthode qui consiste à échanger tous les couples IP+port possibles lors de la négociation SDP et à les tester un par un. J'ai activé ICE dans Linphone et sur le commutateur (même si ça a aucun sens puisqu'il a une seule adresse IP) : ça ne fonctionne pas. D'après mes connaissances, c'est très curieux, mais c'est ainsi.
On peut utiliser STUN, un serveur qui se contente de répondre "voici l'adresse IP source du paquet IP avec lequel tu viens de me causer". On ne peut pas utiliser l'un des serveurs STUN public, car il retournerait l'adresse IP publique de la box Internet du personnel. En revanche, si l'on installe un serveur STUN en interne, la communication avec ce serveur sera contrainte, par le routage, de passer par le VPN. Donc l'adresse IP retournée sera toujours celle de l'interface réseau VPN.
Je ne veux pas trop toucher à notre commutateur téléphonique afin de rien casser (surtout qu'avec le confinement, on ne reviendra pas au bureau avant longtemps, donc on ne saura pas que l'on a cassé l'existant). De plus, nous avons un contrat d'assistance (support) et de maintenance pour notre commutateur et on n'a pas envie de l'invalider avec des modifications trop conséquentes. Pour installer un serveur STUN, j'ai utilisé le logiciel coturn. Avec Debian GNU/Linux, un simple sudo apt-get install coturn ; sudo systemctl start coturn suffit.
STUN fonctionne parfaitement. Mais il y a des limites.
Une meilleure solution est de demander au commutateur téléphonique, Asterisk, de réécrire l'adresse IP contenue dans les messages SDP avec l'adresse IP source des paquets IP (on est sûr qu'il s'agit de celle de l'interface réseau VPN car elle a été choisie par le système d'exploitation en fonction de l'interface de sortie).
Avec Asterisk, cela se fait en ajoutant une ligne nat=force_rport,comedia pour chaque ligne téléphonique de télétravail dans le fichier sip.conf. Dans XiVo, cela se fait dans l'onglet « Général » de chaque ligne de télétravail (note : XiVo recharge automatiquement la configuration d'Asterisk quand on modifie une ligne ;) ). On peut aussi appliquer cette option sur l'ensemble du parc, mais je ne le fais pas pour les raisons sus-mentionnées : ne pas casser l'existant et ne pas invalider notre contrat d'assistance / maintenance.
Des personnels continuent de ne pas entendre leur interlocuteur. wireshark / tcpdump montre des messages SDP parfaitement valables qui contiennent la """"bonne IP"""" de l'interlocuteur (celle sur l'interface réseau VPN, donc). Si l'on regarde, il y a le début de l'appel (SIP INVITE, SIP TRYING, SIP RINGING, SIP ACK, etc.) puis un premier message SDP est émit par le commutateur téléphonique contenant son adresse IP, donc Linphone émet un flux audio RTP à destination du commutateur puis il reçoit le SDP émis par l'interlocuteur (et réécrite par le commutateur, voir chapitre précédent). Il cesse alors d'émettre le flux RTP. Pourquoi Linphone ne respecte-t-il pas la dernière négociation SDP ?
Je précise que changer la destination des flux RTP en cours de route est parfaitement normal. C'est comme ça que fonctionne la mise en attente ou le fait de se rendre muet : en renégociant en SDP.
Activons le journal de Linphone. Menu -> « Préférences » -> « Avancé » -> « Logs activés ». Le dossier qui contiendra le journal peut également être consulté / changé.
Lisons ce journal. Linphone reçoit bien le dernier SDP, l'analyse et le consigne : « Change audio stream destination: RTP=203.0.113.1:7078 RTCP=203.0.113.1:7079 ». L'adresse IP est la """"bonne"""". Pourquoi Linphone l'ignore-t-il ? Je n'aurai pas la réponse.
Dans le journal du commutateur, Asterisk, je remarque qu'à chaque fois que le problème constaté côté Linphone survient, l'apprentissage RTP ne va pas à son terme. L'apprentissage RTP ou RTP learning ou RTP autolearning est une tambouille interne d'Asterisk qui fait un peu de la magie dans le but d'identifier la """"bonne"""" IP à utiliser.
Quand tout fonctionne bien, le journal consigne une ligne « Strict RTP learning after remote address set to 203.0.113.1:7078 » pour chaque IP de chaque interlocuteur puis une unique ligne « Strict RTP learning complete - Locking on source address 203.0.113.1:7078 » pour chaque interlocuteur.
Quand l'un des interlocuteurs ne s'entend pas et qu'un Linphone n'émet plus de flux RTP en contradiction avec le dernier SDP, je remarque que, soit il n'y a pas de « Strict RTP learning complete […] », juste des « Strict RTP learning after remote address set […] » pour chaque interlocuteur, soit il y a un seul « Complete », pour un seul des interlocuteurs.
Pourquoi l'apprentissage RTP d'Asterisk échoue-t-il ? Comment le désactiver afin d'être sûr qu'il est bien l'origine du problème ? Aucune idée.
Quand les deux interlocuteurs s'entendent, il est possible qui cela coupe après 32 ou 36 secondes de communication. Cela dépend de qui téléphone. Si A téléphone à B, ça peut couper alors que ça ne coupera pas si c'est B qui téléphone à A. Ce point est constant : c'est toujours dans le même sens que cela foire. Cela semble dépendre de la version de Linphone. Si une 4.1.1 téléphone à une 3.11 / 3.12, alors ça coupera. Pas l'inverse.
Avec wireshark, on voit un message SIP BYE avec un entête « X-Asterisk-HangupCause: no user responding » destiné au Linphone 3.X. Dans le journal d'Asterisk, on lit « Packet timed out after 32000ms with no response ».
Ajouter session-timers=refuse dans la définition d'une ligne téléphonique dans sip.conf ou dans l'onglet « Avancé » des paramètres d'une ligne téléphonique dans XiVo, n'aide pas.
Qui peut bien être responsable de tout ce qui précède ? Le seul qu'on n'a pas encore remis en cause est le VPN ASA.
Dès le début du diagnostic, nous avons désactivé son ALG (« no inspect sip ») et constaté que les timeouts UDP et SIP étaient déjà de plusieurs minutes. Pour savoir ce qu'est un ALG et les emmerdes pratiques que cela pose parfois, je te renvoie vers cet article : Le lulz de la VOIP - Tome 3 : Numericable.
Dans un coin, j'ai un PFSense (routeur, pare-feu, VPN, etc. en logiciel libre pour lequel on peut acheter des appliances, de la prestation d'intégration, de l'assistance, etc.) de test avec un OpenVPN de test déjà configuré. Niveau 3 (TUN). Tous les clients dans un même réseau /24. Aucun filtrage. Pas de NAT. Il a donc la même architecture que notre VPN ASA.
Je décide de tester. Ça fonctionne moyen. D'un côté, certains couples de testeurs qui ne s'entendaient pas s'entendent, ce qui est un gain. De l'autre côté, la coupure après 32 / 36 secondes d'appel en fonction des clients demeure. De même, le RTP autolearning d'Asterisk continue de foirer quelques fois. Mais, quand ça arrive, la communication pair-à-paire fonctionne systématiquement.
Du coup, le VPN ASA est en cause sur l'un des trois problèmes (communication pair-à-pair dysfonctionnelle). Néanmoins, ce n'est pas lui qui fait parfois échouer le RTP autolearn ni qui provoque une coupure après 32 / 36 secondes d'appel.
Ne sachant pas désactiver le RTP autolearn d'Asterisk, j'ai décidé de faire transiter les flux audio par le commutateur téléphonique. Ainsi, le résultat de l'apprentissage RTP aura peu d'importance, donc il n'y aura pas de bascule vers une communication pair-à-pair qui pose parfois problème avec notre VPN Cisco ASA.
Pour ce faire, il faut ajouter une ligne directmedia=no dans la définition de chaque ligne SIP de télétravail dans le fichier sip.conf d'Asterisk ou dans l'onglet « Avancé » d'une ligne téléphonique dans XiVo. Comme le reste, on peut activer ça pour tous les clients SIP, mais on ne le veut pas afin de ne pas détraquer le reste du parc qui fonctionne très bien et de ne pas rendre caduc notre contrat d'assistance / maintenance.
Ça fonctionne parfaitement. Tous les appels aboutissent. Aucun se termine après 32 / 36 secondes.
VICTOIRE \o/
Si tu ne veux pas charger ton commutateur téléphonique (d'après les pros de FRnOG, c'est relatif, c'est """"juste"""" de la copie de paquets RTP ) tout en obtenant le même résultat, tu peux le décharger en faisant transiter tes flux audio via un serveur TURN interne.
Que retenir de tout ça ?
nat=force_rport,comedia et une autre ligne directmedia=no dans la définition de chaque ligne SIP dans le fichier sip.conf d'Asterisk ou dans les paramètres (onglet « Avancé » pour directmedia=no) d'une ligne dans XiVo. La première réécrit l'IP contenue dans le paquet SDP avec l'adresse IP source de ce paquet, garantissant ainsi que l'IP transmise à l'interlocuteur est la bonne. La deuxième fait circuler les flux audio via le commutateur téléphonique plutôt qu'en pair-à-pair, ce qui évite les ratés de l'apprentissage RTP, les bidouilles de l'ASA et la sensibilité de certains softphones.Lors d'un diagnostic de VoIP, ne prend pas les problèmes un par un, séparément, sinon tu ne vas pas t'en sortir. Si tu commences à noter que telle version de tel logiciel de téléphonie ne fonctionne pas ou que telle version a un comportement différent sous winwin et GNU/Linux ou que tel logiciel fonctionnait et ne fonctionne plus, tu ne vas pas t'en sortir car il y a trop d'éléments variants. Essaye de penser global, de revenir aux bases de la VoIP.
Soit vigilant à l'environnement de test : un testeur qui lance deux instances du VPN et, vlam, la """"mauvaise"""" IP se retrouve dans le paquet SDP ; un testeur qui ré-active le pare-feu winwin et, pouf, tes conditions de test changent ; un testeur lance un appel entre deux Jitsi sur deux ordinateurs situés dans le même LAN et constate que ça fonctionne très bien… car le flux ne passe pas par le VPN, mais par le LAN, etc.
Merci aux gens qui fréquentent FRnOG, une liste de discussion entre opérateurs de réseaux / téléphonie, pour leurs coups de main. :)
Résumé : pour interagir avec un service vocal téléphonique (« tapez 1 pour joindre le service truc »), un logiciel de téléphonie peut envoyer le flux audio qui correspond à la fréquence d'un numéro (DTMF) ou un message texte. Si tu n'arrives pas à interagir avec un service vocal interactif depuis un logiciel de téléphonie, (tu presses la touche demandée, mais le service reste muet avant de te dire « je n'ai pas compris »), c'est probablement que ton logiciel de téléphonie n'utilise pas la bonne méthode pour coder les DTMFs. Ouvre sa configuration. Si t'es en RFC 2833 (la valeur par défaut dans Linphone, par exemple), passe en SIP INFO et inversement.
VOIP = téléphonie sur Internet. Toute la téléphonie (box, mobile, téléphonie d'entreprise) passe par Internet à moment donné. J'ai écrit les trois premiers volets de la série il y a bientôt cinq ans : Tome 1 : Free Mobile, Tome 2 : des implémentations bancales et Tome 3 : Numericable. Depuis, je me suis tenu à l'écart de la VOIP… jusqu'à récemment. Et là, c'est le drame.
Les codes DTMF, c'est l'envoi de fréquences audio pour composer les numéros de téléphones et pour interagir avec des services vocaux (saisir le code PIN d'un salon de conférence, « tapez 1 pour joindre le service truc », etc.). Les téléphones analogiques à cadran utilisaient des impulsions électriques. Les téléphones analogiques plus récents utilisent des fréquences audio. Les logiciels de téléphonie utilisent les DTMF uniquement pour interagir avec les services vocaux interactifs, plus pour la composition des numéros.
Avec la VoIP, il y a deux manières d'envoyer ces signaux. Soit on envoie les fréquences audio dans un flux audio avec le protocole de transport de flux médias RTP (c'est le RFC 2833), soit on envoie un message d'information avec le protocole de signalisation téléphonique SIP (SIP INFO), auquel cas le signal n'est plus un flux audio mais un simple message texte (« 5 » si le chiffre pressé est le 5, par exemple). Les box Internet encapsulent les fréquences vocales émises par un téléphone analogique branché sur un de leur port téléphone dans un flux RTP ou elles convertissent ces flux audio en messages SIP INFO.
Si tu n'arrives pas à interagir avec un service vocal interactif depuis un logiciel de téléphonie, (tu presses la touche demandée, mais le service reste muet avant de te dire « je n'ai pas compris »), c'est probablement que ton logiciel de téléphonie n'utilise pas la bonne méthode pour coder les DTMFs. Ouvre sa configuration. Si t'es en RFC 2833 (la valeur par défaut dans Linphone, par exemple), passe en SIP INFO et inversement.
Même quand on sait tout ce que je viens d'écrire, on se fait avoir et c'est toujours rigolo. :)
Un moteur de recherche pour le réseau PeerTube : https://peertube-index.net/ . Attention : les vidéos marquées avec le tag Not Safe For Work par leur auteur ne sont pas affichées. Je regrette qu'il soit compliqué de trouver un éditeur de contenus en particulier (je veux trouver toutes les vidéos publiées par machin, peu importe leur titre).
PeerTube est un logiciel libre qui permet à quiconque de publier des vidéos sur le web. Chaque installation (instance) rejoint une fédération afin de partager les vidéos et de les rendre visibles, mais elle reste autonome, elle dispose de ses propres règles, de sa propre modération, donc adieu la censure arbitraire. Ce logiciel est développé par l'association française Framasoft qui œuvre pour des services numériques éthiques et la culture libre.
Ce site web parcourt les instances PeerTube afin de découvrir les vidéos et les autres instances.
Via une liste de discussion du fournisseur d'accès à Internet FDN.
Résumé : L'interface de Linphone, l'un des rares téléphones en logiciel libre encore maintenu devient agréable (et unifiée sur Windows/Android/GNU/Linux) à partir de la version 4.X. Attention si tu utilises un VPN sur ton ordiphone (smartphone) Android. Si Linphone est démarré après le VPN ou pendant qu'Android n'a pas encore pris en compte les serveurs DNS récursifs du fournisseur de VPN, alors il échouera à s'enregistrer sur le serveur téléphonique sans lever d'alerte explicite. Les autres logiciels de téléphonie disponibles sur F-Droid (Lumicall, Sipdroid, SIP Caller) sont confrontés au même problème. Il faut alors fermer et ré-ouvrir Linphone (Paramètres Android -> « Applications » -> « Linphone » -> « Forcer l'arrêt »). Si ça ne suffit pas, remplacer le nom du serveur téléphonique par son adresse IP dans le champ « Serveur mandataire » de la configuration d'un compte SIP dans les options de Linphone sans modifier le reste de la valeur de ce champ + cocher l'option « Outbound proxy - Faire passer tous les appels via le serveur mandataire SIP » + redémarrer Linphone. À utiliser avec parcimonie car l'adresse IP associée à un nom peut changer sans préavis, ce qui rend caduque la configuration.
VOIP = téléphonie sur Internet. Toute la téléphonie (box, mobile, téléphonie d'entreprise) passe par Internet à moment donné. J'ai écrit les trois premiers volets de la série il y a bientôt cinq ans : Tome 1 : Free Mobile, Tome 2 : des implémentations bancales et Tome 3 : Numericable. Depuis, je me suis tenu à l'écart de la VOIP… jusqu'à récemment. Et là, c'est le drame.
Linphone est l'un des téléphones en logiciel libre encore maintenu. Il faut être honnête, l'interface graphique s'est bonifiée avec le temps, notamment à partir des versions 4.X. Interface plus simple à prendre en main et unifiée pour winwin / GNU/Linux / Android.
J'ai une ligne téléphonique souscrite chez OVH. Forfait « VOIP découverte ».
Je veux l'utiliser sur mon ordiphone (smartphone) Android. En 2017, j'utilisais le logiciel CSIPSimple. Il était disponible sur F-Droid, le magasin d'applications libres pour Android. Il fonctionnait impeccable sans faire chier. C'était la crème. Sauf qu'il n'est plus maintenu et qu'il a été retiré de F-Droid. Linphone est disponible dans F-Droid, alors allons-y.
J'ajoute mon compte SIP à la configuration de Linphone en utilisant l'assistant. « Utiliser un compte SIP ». « Nom d'utilisateur » = « Login / User name » dans l'email d'OVH = numéro de téléphone. « Mot de passe » = celui que j'ai créé dans le manager d'OVH. « Domaine » = « Domain / Registrar » dans l'email d'OVH = « sip5.ovh.fr » dans mon cas. Transport = UDP (OVH ne prend pas ne charge TLS, ce qui est dommage).
Linphone ne parvient pas à s'enregistrer auprès d'OVH. « Connexion en cours » puis « Connexion échouée », affiche-t-il. Vu les ratés de l'assistant sans la version GNU/Linux de Linphone, je modifie les paramètres du compte SIP à la main dans les paramètres : ça ne fonctionne pas mieux.
Les autres logiciels de téléphonie disponibles sur F-Droid (Lumicall, Sipdroid, SIP Caller) sont confrontés au même problème.
À court d'idées, j'active le journal de Linphone. C'est dans le menu -> « Options » -> « Avancé » -> « Activer les traces de débogage ». Il faut fermer et ré-ouvrir Linphone : Paramètres Android -> « Applications » -> « Linphone » -> « Forcer l'arrêt ». Le journal sera stocké dans /data/data/org.linphone/files/linphone1.log (source). Je le copie sur ma carte SD à l'aide du gestionnaire de fichiers Android Ghost Commander. J'imagine qu'on peut également le récupérer avec adb.
Que lit-on dans ce journal ? ERROR channel_res_done: DNS resolution failed for sip5.ovh.fr.
Hum… Pourtant plus haut, on lit aussi :
MESSAGE Resolver is using DNS server(s):
MESSAGE 89.2.0.1
MESSAGE 89.2.0.2
MESSAGE 80.67.169.12
MESSAGE 80.67.169.40
Hum… J'utilise un VPN OpenVPN (avec l'application non officielle mais disponible sur F-Droid OpenVPN for Android) qui débouche chez un Fournisseur d'Accès à Internet de confiance. On a vu Bouygues Telecom modifier les réponses DNS, on a vu SFR modifier les réponses web, etc.
J'utilise également le pare-feu Android AFWall+. Comme tous les logiciels, Linphone est contraint d'émettre uniquement via le VPN. Je bloque les adresses IP des récursifs DNS de mes opérateurs (mobile, Wi-Fi, etc.) afin d'éviter les fuites DNS c'est-à-dire quand la résolution des noms s'effectue via le VPN mais en utilisant les serveurs DNS récursifs de mes opérateurs plutôt que ceux de mon fournisseur de VPN, ce qui informe mes opérateurs de mes usages alors que si j'utilise un VPN, c'est précisément pour qu'ils en sachent rien.
Linphone mélange les serveurs DNS récursifs de mon opérateur réseau (Numericable) et les serveurs DNS récursifs de mon FAI de confiance. Forcément, une fois le VPN établi, les récursifs DNS de Numericable ne répondent plus à Linphone (car ils répondent uniquement aux clients, identifiés par leur adresse IP), donc il échoue à résoudre le nom du serveur de téléphonie d'OVH.
C'est bizarre. Ce VPN pose problème à aucun autre logiciel ! Où Linphone a-t-il récupéré cette liste de serveurs DNS récursifs ? Il le consigne dans son journal :
MESSAGE [Platform Helper] [Network Manager 24] Found DNS host 89.2.0.1 from network WIFI with default route
MESSAGE [Platform Helper] [Network Manager 24] Found DNS host 89.2.0.2 from network WIFI with default route
MESSAGE [Platform Helper] [Network Manager 24] Found DNS host 80.67.169.12 from active network VPN
MESSAGE [Platform Helper] [Network Manager 24] Found DNS host 80.67.169.40 from active network VPN
Ok, donc par Android lui-même. Ça va être compliqué d'aller contre ça.
Si je tentais d'utiliser que des adresses IP dans la configuration de Linphone ? Dans les paramètres de Linphone (Menu -> « Options »), je sélectionne mon compte SIP. Je change la valeur du champ « Domaine » pour « 91.121.129.29 », c'est-à-dire l'adresse IP associée au nom « sip5.ovh.fr » à l'heure actuelle (attention, ça peut changer sans préavis !). Je remplace aussi « sip5.ovh.fr » par son IP dans le champ « Serveur mandataire » sans toucher au reste de la valeur du champ. Je coche l'option « Outbound proxy - Faire passer tous les appels via le serveur mandataire SIP ». Je redémarre Linphone.
Ça ne fonctionne toujours pas. Cette fois-ci, Linphone reste bloqué sur « Connexion en cours ».
Que consigne-t-il dans son journal ?
MESSAGE channel [0x8785b0c0]: received [345] new bytes from [UDP://91.121.129.29:5060]:
SIP/2.0 404 Domain not bound
CSeq: 23 REGISTER
Hum… Linphone reçoit une réponse du serveur téléphonique d'OVH à son message d'enregistrement (SIP REGISTER) lui disant « Domain not bound ».
Si, dans les paramètres du compte SIP, je laissais l'adresse IP dans le champ « Serveur mandataire » et que je remettais « sip5.ovh.fr » dans le champ « Domaine », alors Linphone contacterait le serveur d'OVH sans tenter de résoudre son nom grâce au champ « Serveur mandataire » puis il lui demanderait à s'enregistrer sur le domaine « sip5.ovh.fr » connu d'OVH.
Je fais ça. Je redémarre Linphone. Ça fonctionne \o/
En vrai, ce cas est difficile à reproduire. Il semble se produire quand Linphone a été démarré avant le VPN et/ou qu'Android n'a pas encore pris en compte les récursifs DNS appris par le VPN.
Plutôt que de changer la configuration de Linphone, je recommande de le fermer et de le ré-ouvrir (Forcer l'arrêt dans les paramètres Android, voir ci-dessus). C'est plus pérenne que d'enregistrer une adresse IP dans une configuration, car, par définition, elle peut changer sans préavis, ce qui mettra Linphone hors service.
Mais, si Linphone refuse ponctuellement de fonctionner même s'il a été (re)démarré après le VPN et/ou que t'es dans l'urgence, tu sais quoi faire : remplacer le nom du serveur téléphonique par son adresse IP dans le champ « Serveur mandataire » de la configuration d'un compte SIP dans les options de Linphone.
Résumé : Flatpak est un énième gestionnaire de logiciels qui, comme tous, promet monts et merveilles. Utiliser plusieurs gestionnaires (apt-get, flatpak, appimage, etc.), c'est devoir jongler entre eux pour installer et mettre à jour des logiciels. C'est chiant, comme télécharger le binaire Windows sur le site web de chaque éditeur… Sans compter la mise à jour de chaque logiciel lors d'une faille de sécurité dans une bibliothèque commune… Si Flatpak ne crée par un raccourci dans le menu des logiciels installés, il faut trouver l'identifiant du logiciel avec flatpak list (ou flatpak list -v si l'identifiant est tronqué) puis lancer le logiciel avec flatpak run <identifiant>. On peut créer un raccourci dans le menu des logiciels en remplissant le champ « commande » avec ça.
Flatpak est un gestionnaire de logiciels pour GNU/Linux. Il vient avec ses propres dépôts de logiciels. Le but est d'embarquer tout un logiciel et ses dépendances dans un environnement cloisonné du reste du système.
La distribution du logiciel serait ainsi facilitée : plus besoin de créer un paquet pour chaque système de la famille GNU/Linux et plus besoin de se demander quelle version de telle dépendance est embarquée dans tel système, etc.
Les inconvénients ? Le premier est qu'on duplique les gestionnaires de logiciels, donc on complexifie l'installation et la mise à jour des logiciels d'un système : tel logiciel se met à jour avec flatpak update, tel autre avec apt-get upgrade, etc. Comment rien oublier ?! Le deuxième inconvénient est qu'il faut mettre à jour chaque logiciel à chaque fois qu'une faille de sécurité est trouvée dans une bibliothèque de fonctions commune à plusieurs logiciels (OpenSSL, par exemple).
Bref, pour moi Flatpak est une mauvaise idée.
J'ai été amené à utiliser Flatpak pour installer la dernière version de Linphone, un logiciel de téléphonie en logiciel libre.
Je constate que, même pas un mois après, Linphone utilise AppImage, un autre moyen de distribuer des logiciels… … … Vive la stabilité des choix !
La marche à suivre pour installer Linphone était donnée sur le site web officiel de Linphone :
sudo apt-get install flatpak
flatpak --user install --from https://linphone.org/flatpak/linphone.flatpakref
À la fin de l'installation, Flatpak dit créer une entrée dans le menu des applications. J'ai bien regardé : ce n'est pas le cas avec mon menu Mate. L'origine du problème doit être de mon côté, car cela fonctionne sur des Ubuntu.
Du coup, comment démarrer un logiciel Flatpak ? Évidemment, saisir son nom dans un terminal ne fonctionne plus…
Il faut utiliser la commande flatpak run <identifiant_unique_du_logiciel>.
Comment récupère-t-on l'identifiant unique d'un logiciel Flatpak ? Colonne « Application » dans la sortie de la commande flatpak list.
Et si cet identifiant n'est pas complet ? Exemple : ça affiche « …m.belledonnecommunications.linphone ». Il faut utiliser flatpak list -v.
On récupère l'identifiant complet, « com.belledonnecommunications.linphone » que l'on peut utiliser : flatpak run com.belledonnecommunications.linphone.
Youpi !
On peut créer un raccourci dans notre menu Mate (commande = flatpak run com … ).
Merci Flatpak, mais non merci !
Résumé : L'interface de Linphone, l'un des rares téléphones en logiciel libre encore maintenu devient agréable (et unifiée sur Windows/Android/GNU/Linux) à partir de la version 4.X. L'assistant de configuration de la version 3.12 empaquetée dans Debian GNU/Linux ne permet pas l'ajout d'un compte SIP existant. Il faut soit utiliser la version 4.X de Linphone distribuée sur le site web officiel de l'éditeur, soit ajouter le compte à la main depuis les préférences en copiant l'adresse du domaine dans le champ « Adresse du proxy SIP ».
VOIP = téléphonie sur Internet. Toute la téléphonie (box, mobile, téléphonie d'entreprise) passe par Internet à moment donné. J'ai écrit les trois premiers volets de la série il y a bientôt cinq ans : Tome 1 : Free Mobile, Tome 2 : des implémentations bancales et Tome 3 : Numericable. Depuis, je me suis tenu à l'écart de la VOIP… jusqu'à récemment. Et là, c'est le drame.
Linphone est l'un des téléphones en logiciel libre encore maintenu. Il faut être honnête, l'interface graphique s'est bonifiée avec le temps, notamment à partir des versions 4.X. Interface plus simple à prendre en main et unifiée pour winwin / GNU/Linux / Android.
La version 3.12 empaquetée dans Debian GNU/Linux Buster (dernière version stable à ce jour) comporte un bug qui prolongue celui déjà présent dans la version 3.6 de Linphone empaquetée dans Debian GNU/Linux Stretch : l'assistant de configuration est inutilisable pour ajouter un compte SIP existant à la configuration de Linphone. Si tu ne veux pas être embêté, utilise la version 4.X distribuée sur le site web officiel de Linphone.
J'ai une ligne téléphonique souscrite chez OVH. Forfait « VOIP découverte ».
Je démarre l'assistant de configuration de comptes de Linphone. Je coche que j'ai déjà un compte SIP. Nom d'utilisateur = « Login / User name » dans l'email d'OVH = numéro de téléphone. Mot de passe = celui que j'ai créé dans le manager d'OVH. Domaine = « Domain / Registrar » dans l'email d'OVH = « sip5.ovh.fr » dans mon cas. L'email d'OVH ne dit pas de configurer un proxy SIP, donc je ne le fais pas. Je clique sur le bouton « Appliquer ». Le message suivant s'affiche « Merci. Votre compte est maintenant configuré et prêt à être utilisé. ».
L'assistant Linphone n'a pas ajouté ma ligne téléphonique à sa configuration. Même si je remplis le champ proxy avec la même valeur que le domaine, Linphone n'ajoute pas ma ligne téléphonique.
Avec la version 3.6 de Linphone sous Debian GNU/Linux Stretch, on avait un problème similaire : le compte été ajouté, mais il n'était pas affiché dans la liste des comptes disponibles lorsqu'on le créeait depuis cet endroit. Il fallait fermer les paramètres de Linphone et les ré-ouvrir pour voir le compte apparaître dans la liste.
Revenons à la version 3.12. Il faut ajouter le compte à la main. Je vais dans le menu « Options » -> « Préférences » -> onglet « « Gérer mes comptes SIP » -> bouton « Ajouter ». « Votre identité SIP » = sip:<Login>@<Domain>. On ne peut pas valider tant que l'on ne saisit pas un proxy (c'était déjà le cas avec Linphone 3.6). Allons-y : « Adresse du proxy SIP » : « sip:sip5.ovh.fr. Je peux enfin valider et mon compte est enfin ajouté.
J'ai pensé à une erreur dans la traduction (« registrar » traduit à tort en « proxy »), mais, en demandant l'utilisation de la langue anglaise dans « Préférences » -> « Interface utilisateur », on constate que ce n'est pas le cas.
Les versions 4.X de Linphone n'ont pas ce bug : l'assistant de configuration y est parfaitement fonctionnel. Quand j'ai écrit, en intro, que l'interface graphique s'est bonifiée, je ne plaisantais pas. :D
Résumé : L'interface de Linphone, l'un des rares téléphones en logiciel libre encore maintenu devient agréable (et unifiée sur Windows/Android/GNU/Linux) à partir de la version 4.X. La version Windows crashe parfois quand le codec Opus est utilisé, donc il faut le désactiver. Parfois, il est impossible de répondre à un appel car l'application ne réagit plus. Je déconseille la version provenant du Windows Store : si l'on réduit la fenêtre lors d'un appel, le son ne circule plus…
VOIP = téléphonie sur Internet. Toute la téléphonie (box, mobile, téléphonie d'entreprise) passe par Internet à moment donné. J'ai écrit les trois premiers volets de la série il y a bientôt cinq ans : Tome 1 : Free Mobile, Tome 2 : des implémentations bancales et Tome 3 : Numericable. Depuis, je me suis tenu à l'écart de la VOIP… jusqu'à récemment. Et là, c'est le drame.
Linphone est l'un des téléphones en logiciel libre encore maintenu. Il faut être honnête, l'interface graphique s'est bonifiée avec le temps, notamment à partir des versions 4.X. Interface plus simple à prendre en main et unifiée pour winwin / GNU/Linux / Android.
Sur Windows (winwin), il y a actuellement deux versions : celle disponibles sur le site web officiel de l'éditeur et celle disponible dans le winwin store.
La version winwin "standard" crashe parfois lorsque le codec audio libre Opus est utilisé… L'origine est souvent l'installation d'un pack de codecs (qui fait encore ça en 2020 au lieu d'utiliser VLC ?!). A priori, ce n'était pas le cas. Il faut donc désactiver, à regret (c'est un bon codec), Opus dans la rubrique audio des paramètres de Linphone.
Parfois, cette même version se met à devenir extrêmement lente genre la fenêtre de Linphone est ouverte, tu entends sonner, mais tu ne peux pas cliquer pour répondre. Soit parce que l'application est en mode « ne répond plus », soit parce qu'actionner le bouton répondre est vain.
J'ai gardé le meilleur pour la fin. Avec la version winwin store de Linphone, si, durant un appel, tu réduis la fenêtre afin qu'il reste uniquement l'icône de Linphone dans la zone de notification, alors pouf, le son ne circule plus. L'appel suit son cours, il n'est pas terminé, mais aucun interlocuteur entend l'autre. Linphone version winwin store peut être mis en arrière-plan (c'est-à-dire qu'il y a un autre logiciel au premier plan), mais pas être réduite dans la zone de notification. :D
Des confinés privés de joies
Pape et confinés : messes sans foules
Confinés sans avoir de perm
Plus de bises pour les confinés !
Manon a deux petites croix !
Que fait ce verrat dans ce champ ?
Ce vieux cru gate le goût du blanc !
Des parrains se butent, et ces brutes sont privés de Pâques
Vu des photos de péniches dans les vécés
Parés côté tennis, des taupins trichent sur des maths
Des fessés, ça fait mal à la nuque
Mes trouvailles :
Des confinés privés de joies (des cons figés privés de noix)
Pape et confinés : messes sans foules (paf et cons pinés, fesses sans moules - ‒ paf étant l'organe de monsieur)
Confinés sans avoir de /perm
Plus de bises pour les confinés ! (plus de baise pour les cons finis)
Manon a deux petites croix !
Que fait ce verrat dans ce champ ? (que fait ce Veran dans ce chat ‒ chat étant l'organe de madame)
Ce vieux cru gate le goût du blanc !
Des parrains se butent, et ces brutes sont privés de Pâques (des putains se barrent, et ces braques sont privés de putes)
Vu des photos de péniches dans les véc/és (vu des photos de pénis dans l'évêché)
Parés côté tennis, des taupins trichent sur des ma/ths (Tarés côté penis, des tapins trichent sur des mottes ‒ motte étant l'organe de madame)
Des fessés, ça fait mal à la nuque (déféquer, ça fait mal à l'anus)
Dans le Canard enchaîné du 15 avril 2020.
Résumé : une morale est relative à un contexte temporel éco-socio-culturel. Transformer de nécessaires usages communs à un instant T en morale, c'est leur octroyer de la légitimité après-coup afin de définir qui est dans le camp du bien et de justifier l'immobilisme. Droite comme gauche se réclament de valeurs et tout le monde prêche le bien et l'intérêt général, donc en faire grief seulement à la gauche (camp du bien, bien-pensance, etc.) n'est pas sérieux. Vouloir changer des choses / de système, c'est être immoral, il faut affronter la morale de l'époque qui a l'avantage de pré-exister donc d'être enracinée. Il faut remplacer la morale par la raison (arguments, mesures, etc.), sinon on obtient un non-débat valeurs contre valeurs, morale contre morale. L'organisation de la vie en commun doit rester neutre aux valeurs et elle doit créer le cadre qui permet à plusieurs morales de co-exister. Pourtant, on continue à vouloir insuffler de la morale partout (économie, politiciens, école) car ça permet de nier la défaillance d'un système pour la remplacer par la faillite morale des méchants individus. Il m'apparaît très difficile d'avoir en tout temps un argumentaire basé sur la raison (on n'a pas de chiffres sur tout, on se questionne uniquement en fonction de la morale actuelle, tout ne se démontre pas par des chiffres, etc.).
Mais, cela conduit un non-débat valeurs contre valeurs, morale contre morale. Il faut remplacer la morale par la raison, ne pas respecter aveuglément des valeurs. Les valeurs dispersent, la raison peut créer du consensus. La politique (organisation de la vie de la cité) doit rester neutre aux valeurs. Elle doit créer le cadre qui permet à plusieurs morales de co-exister, ne jamais dire quel mode de vie est le bon.
Résumé : énième critique du développement personnel. Vrai besoin face au violent marché de l'emploi, à l'exclusion, à l'absence de sens dans ce que nous faisons, à l'impuissance générale, à l'individualisme rampant qui nous rend vulnérable. Le dév personnel nous invite à trouver la solution en nous, à prendre soin de nous, à survivre, à trouver le bonheur contre autrui, comme si notre vie dépendait seulement de nous (ce qui renforce le problème initial), à changer notre regard sur les choses, à nous auto-persuader que tout va bien, tout est bien. C'est une Injonction permanente au bonheur… qui nous rend plus vulnérables encore. Plus question de s'organiser collectivement pour être plus fort face à nos oppresseurs / problèmes. Plus question de changer ce qui ne va pas, mais d'accepter les choses comme si elles étaient immuables. Évidemment, comme dans tout domaine, les arnaqueurs en profitent pour vendre livres et coaching. À quoi bon travailler sur soi afin de se conformer aux attentes d'un monde qu'on sait être injuste et cynique ? Je pense que le dév perso draine des concepts sains, mais c'est vrai qu'on pourrait les retrouver en philo, psycho, etc., mais moins clé en main.
Je note que la critique du développement personnel est d'actualité. Ici Usul au début de l'année 2019. Siné mensuel traite le sujet dans son édition de janvier 2020. J'en ai aussi lu ailleurs.
Résumé : l'humain produit la richesse par son travail. Le capitalisme fait de l'humain une marchandise. L'humain produit plus de valeur que celle de sa rétribution. La différence, la plus-value, ne lui sera pas payée mais accaparée par l'acheteur de la force de travail, le capitaliste. Il y a donc accumulation de capital par une minorité de personnes. La manière d'exercer le travail (emploi) façonne les gens et les relations entre eux, donc la société. Cette structuration produit les idées dominantes : ce n'est pas la société qui forme le capitalisme, mais l'inverse. Cela signifie qu'un raisonnement au cas par cas, "bon ou mauvais patron", est hors sujet : même le bon patron est dans l'incapacité de redistribuer l'intégralité de la plus-value, sinon il n'y a plus de capitalisme. Le capitalisme produit exploitation, globalisation et impérialisme, même si le gentil patron ne le souhaite pas. Le capitalisme n'est pas un système stable : il est traversé par des crises régulières inhérentes à sa contradiction : pour augmenter les gains, il faut virer l'humain… qui produit la valeur. L'histoire est écrite par les peuples, il n'y a pas de grands hommes (rois, empereurs). Les idées sont produites par les conditions de vie (quantité de temps libre, pauvreté, infériorité, etc.). Les malheurs des humains trouvent leur origine dans les faits (économiques, historiques), pas dans l'abstrait et les représentations mentales. Le communisme, c'est produire les richesses utiles à la société sans artifices et sans exploitation, tout en restant un groupe. Cette production devient donc un projet commun.
Le communisme fait peur depuis que des régimes autoritaires se sont réclamés de lui. On mélange la chute de ses régimes à celui du communisme.
Alors on évite de prononcer son nom et celui de son premier théoricien. On ne sait même plus ce que communisme signifie.
Principes de l'analyse marxiste :
Pour en savoir plus, Le Capital (œuvre de Marx / Engels) version manga est un bon point d'entrée. Mon avis et mes notes de lecture sont disponibles.
Résumé : gauche / droite = égalité / liberté ? La droite échoue pourtant sur la liberté (ordre, sécurité, exploitation, etc.) et réclame aussi égalité / solidarité / fraternité pour les bourgeois. La gauche échoue sur l'égalité (héritage, propriété et impôts timidement encadrées) et réclame aussi la liberté (émancipation, auto-organisation, etc.). Droite et gauche partagent des valeurs et un même fait amène une confrontation de valeurs opposées. Droite et gauche font éclater des tabous et défient les valeurs établies. Donc les valeurs ne sont pas le bon discriminant. Droite / gauche = pragmatisme / idéalisme ? La droite aussi est idéaliste (pas besoin de réguler, la liberté est absolue, etc.) et la gauche aussi est pragmatique (des déterminismes minent notre libre arbitre, réduire les inégalités afin de ne pas se taper dessus). En revanche, la droite pense qu'il y a des forces au-dessus de l'organisation des hommes (Dieu, le roi, le marché économique, l'ordre naturel, la tradition) et qu'il faut simplement adapter la société à ces puissances en limitant le champ d'action du politique (moins de règles) là où la gauche pense que tout doit être organisé par les hommes, que l'organisation va changer la vie des hommes et que la recherche en commun de nouvelles règles va produire une meilleure société.
À droite, on n'aime pas trop partager, on préfère assumer tout simplement qu'on est radin. À gauche, on est tellement gentil, on voudrait tout partager, surtout l'argent des riches.
Macron dit :
La droite, c'est une famille politique française, pour laquelle le plus important, c'est la liberté. Et, la gauche, c'est une famille politique française qui a son histoire aussi, pour laquelle le plus important, c'est sans doute l'égalité. Que les gens aient les mêmes droits. À droite, c'est que les gens soient libres. Y'en a qui vont réussir, d'autre non. Tant pis. À gauche, c'est que les gens soient égaux, mais ils ne sont pas forcément libres.
Gauche / droite, c'est un clivage égalité / liberté ? Vraiment ?
La droite c'est la liberté ?! De qui ?! L'ordre (+ de prisons, réprimer les mouvements sociaux, + de flics) réclamé par la droite, c'est la liberté ?! Refuser des droits (avortement, pacse, etc.), c'est la liberté ?! L'exploitation qui née du salariat, c'est la liberté ?! Le flicage des chômeurs réclamé par la droite, c'est la liberté ?! La droite semble défendre la seule liberté du bourgeois de tout acheter et de faire bosser les autres et rien d'autre.
À côté de ça, le socialisme, ce serait d'arriver à l'égalité totale en contraignant tout le monde (donc aboutir à une absence de liberté). Le stalinisme a été brutal. C'est bien une preuve, ça, non ? La gauche veut des normes, un principe de précaution, un code du travail, etc. Des trucs contraignants et chiants. N'est-ce pas une deuxième preuve ?
C'est oublier que la liberté existe dans le socialisme : celle de mener sa vie, de s'auto-organiser, de s'émanciper (du patron, du sachant, etc.). Ce n'est pas dans la vidéo, mais, à l'inverse, le socialisme a aussi des velléités de surveiller et de réprimer (loi surveillance 2015, lois relative à l'État d'urgence 2015-2017, etc. Ce n'est pas dans la vidéo, mais la gauche se vautre sur l'égalité quand elle avalise les héritages, la propriété et les impôts en les encadrant maladroitement (sans redistribution juste), par exemple.
Je rappelle (ce n'est pas dans la vidéo) que la droite en appelle aussi à la solidarité et à la fraternité pour mutualiser les pertes (liées au covid-19, à une crise financière, etc.) et les trucs coûteux (la protection sociale est arrivée en 1937 aux USA sous l'impulsion des riches qui voulaient réduire le coût du travail créant ainsi les charges salariales ponctionnées par l'État) . La droite en appelle aussi à l'égalité (de traitement, des chances, etc.) comme quand les mutuelles demandent une garantie de non-concurrence à l'État.
Sans compter que, ce n'est pas dans la vidéo), de quel bord est une valeur ? La prétendue valeur travail est-elle de droite ou de gauche ? La droite veut s'en débarrasser par l'emploi (donc l'exploitation) et par la rente (capitaux, immobilier, etc.). La gauche veut aussi s'en débarrasser en le limitant la production au minimum nécessaire à la société, en limitant sa pénibilité, etc. et par la rente (artistique, mais pas que).
(Tout ce bloc n'est pas dans la vidéo).
La différence droite / gauche, ça ne peut pas être les valeurs. On vient de voir qu'une même valeur (liberté ou égalité) peut être brandie par la droite et par la gauche.
De plus, un même fait, le partage des richesses par l'impôt, par exemple, peut être dénoncé comme étant immoral par la droite, car il entre en conflit avec les valeurs travail, mérite et justice (il est injuste de prendre son gain à quelqu'un qui a réussi à la sueur de son front). À l'inverse, la gauche y voit les valeurs justice (une réussite est jamais individuelle, tu utilises des savoirs, des outils, des matières premières d'autrui, donc il faut redistribuer le gain) et vertu (l'accroissement des inégalités ne sont pas saines car ça attise le rejet de l'autre). Sur un même sujet, des valeurs s'affrontent et on ne peut pas trancher : quelle valeur est la plus importante ? C'est un choix personnel.
La différence, c'est peut-être que la gauche fait éclater des tabous, défie les valeurs existantes (avortement, fin de la peine de mort, mariage pour tous) alors que la droite prospère sur des valeurs établies (propriété, emploi, famille, patrie, etc.) ? Aux premières heures de la république, ce qui deviendra la droite luttait pour la restauration de la monarchie, par exemple.
Je ne pense pas que ce soit le bon discriminant. La droite a aussi fait éclater des tabous : l'autonomie (dont le paroxysme est l'individualisme) contre la famille, la réussite décomplexée, le gain décomplexé en échange d'une (prétendue) responsabilité.
(Tout ce bloc n'est pas dans la vidéo).
Peut-être que la droite c'est le pragmatisme et la gauche l'idéalisme ? Non plus.
La droite est aussi ses idéaliste : il n'y a pas besoin de réguler la vie en société, tout va fonctionner tout seul comme par magie ; la liberté est absolue (t'aime pas ton patron ? change-en, qu'est-ce que tu attends ?!).
La gauche est aussi pragmatique : réduire les inégalités afin d'éviter de se taper dessus ; plein de déterminismes éco-sociaux-culturels minent notre libre arbitre.
Alors, quelle est la différence fondamentale entre la droite et la gauche sur tout sujet ? Ce qu'est la politique, sa place, ses limites et le pouvoir du politicien.
La gauche s'en fait la plus haute idée, celle selon laquelle l'organisation des hommes va changer leur vie, que si l'on se met à plusieurs pour se chercher de nouvelles règles, on peut faire une meilleure société, ou, au moins, une société plus adaptée aux besoins qu'elle voit émerger. Les besoins matériels, mais aussi humains, tel que l'égalité qui est conçue comme une demande sociale qui, si elle n'est pas contentée, risque de faire exploser tout le groupe (la montée de la misère entraîne un repli sur soi donc le rejet de l'autre, testée en 1929 et actuellement).
La droite pense qu'il y a un ordre naturel des choses qu'il ne faut pas toucher sinon on va tout détraquer, nous autres, petites merdes. Il y a donc des forces au-dessus du politique : Dieu, le roi de droit divin, la tradition, l'ordre naturel ((cette parenthèse n'est pas dans la vidéo) la compétition est naturelle, il y a des gens intelligents et des cons / des faibles et des forts, la femme est génétiquement inférieure à l'homme, l'handicapé est un rébus condamné à la sélection natuelle, etc.), le marché économique, etc. Il faut seulement adapter la société à ces puissances supérieures en limitant le champ d'action politique (moins de règles, moins d'État pour les appliquer), afin que les forces (Dieu, le Marché) ne s'énervent pas. Mais, ce n'est pas dans la vidéo, ça n'empêche pas la droite d'aimer la loi et la régulation administrative quand ça sert les forces supérieures.
ÉDIT DU 19/04/2020 À 16 H 35 : suite à la publication de ce shaarli, j'ai échangé avec Johndescs, et je me suis dis que y'a des éléments intéressants à rapporter en public. J'ai mis ça dans cet autre shaarli. FIN DE L'ÉDIT DU 19/04/2020.
En juin / août, cela fera dix ans que ce domaine (guiguishow.info) et son blog existent (ce shaarli a 7 ans). Auparavant, j'avais d'autres sites web persos qui sont tombés dans l'oubli.
Cela fait quinze ans que j'utilise GNU/Linux et du logiciel libre. Tout tremblant avec un LiveCD Kaella puis dual boot winwin / Fedora/Ubuntu/Debian afin de jouer aux jeux vidéos dernier cri puis bascule totale perso + taff et amour pour Debian stable, le tout parsemé de quelques contributions aux logiciels libres (rapports de bug, patchs, bouts de code mis sous licence libre, financement, etc.).
Cela fait quinze ans que j'essaye d'expliquer, à nos élus et au plus grand nombre, les dangers de certaines législations autour d'Internet, mais pas que. DADVSI, ça ne nous rajeunit pas.
Allez, dans quelques années, quelques autres dates symboliques passeront le compteur de la décennie. :)
Résumé : dégageons, par la loi, la sonorisation (rappels des promotions, radio / musique, etc.) des magasins ! Même quand on n'est pas sensible au bruit, une fois qu'on y a pris goût, il est difficile de revenir en arrière et de ne pas considérer la sonorisation comme une agression (cessons d'avoir peur des mots). Rêvassons dans les magasins ! Cessons de reprocher aux magasins qui n'agressent pas auditivement leurs clients d'être des appâts pour bobo-pigeons afin de les faire consommer plus, car c'est inexact au regard de l'histoire de la sonorisation de ces lieux et c'est de la rhétorique "tous les choix sont pourris donc autant rien changer". Cette interdiction permettrait l'accès aux magasins à des gens qui en sont exclus pour raison médicale.
Depuis plus de six mois, je fréquente un magasin alimentaire dans lequel il n'y a pas de sonorisation (radio / musique, rappels des promotions, messages entre personnels ‒ « X pour la caisse Y, merci »). Depuis le même laps de temps, je fréquente également un marché couvert.
C'est une évidence, mais il faut le dire, l'écrire, le répéter : que ça fait du bien ! Ne pas entendre les spots publicitaires hurleurs sur la dernière promotion du moment ni la musique, quelle tranquillité, quel plaisir (relatif, hein, c'pas non plus le plus grand orgasme de ma vie) ! Pourtant, je ne suis pas une personne sensible au bruit, je suis même quelqu'un de plutôt bruyant (ceux qui bossent dans le même bureau savent).
Je vis la sonorisation des magasins de la grande distribution comme une agression. Je réfléchis, je compare des produits, ou je suis perdu dans mes pensées, et là, vlam, message avec un volume sonore plus important que le fond habituel. Ça gâche la réflexion, les rêves, etc. !
Ceci dit, la grande distribution n'est pas la seule blâmable. L'animateur engagé pour l'anniversaire de l'inauguration du marché couvert, c'était bien pareil : il me gonflait sévèrement ! Le bruit de fond d'un marché couvert (ça résonne) est épuisant sur le long terme (pour les gens qui y travaillent toute la journée ‒ si, 6 h - 13 h, ça fait une journée ‒), mais n'est pas dérangeant le temps des courses. En revanche, une voix dont l'intensité sonore fluctue et dénote avec le reste, ça l'est. J'en conviens, ce combat-là, contre cet type d'animation ponctuelle, est voué à l'échec.
En salle de pause, un collègue a émis l'idée que le silence dans les magasins bio ou dans les rayonnages « bien-être » de certains magasins de la grande distribution, c'est un tour de passe-passe pour te faire dépenser plus : on te choie, on fait mine de te respecter, etc. afin que t'achètes des produits vendus plus chers. Il dénonçait, en sus, une forme d'élitisme.
J'étais mitigé sur le lien "absence de musique et de rappels audio de promos = dépenser plus". On rappelle que les spots pubs et la musique, c'est comme le rayonnage, les senteurs et l'éclairage, c'est travaillé par la grande distribution afin de faire consommer plus. Bien sûr, il y a une part de mensonge : quand un marketeux annonce à un client qu'il va tripler ses ventes s'il suit sa méthode magique, c'est faux, le client ne triplera pas, mais son chiffre d'affaires augmentera quand même. Pour revenir au sujet, mes maigres cours d'économie me rappelant qu'un effet volume rapporte parfois plus qu'une grande marge sur quelques ventes, il m'apparaît difficile de conclure quel profil de consommation a, au final, rapporté plus d'argent.
Du coup, je ne valide pas l'aspect "agresser auditivement les clients = ne pas les agresser = hausse du chiffre d'affaires", car, en plus d'être contestable, ça produit un raisonnement de la forme "tous les choix sont pourris donc autant rien changer" alors qu'en pratique, mes oreilles et mon cerveau prennent plus de plaisir (relatif, bien entendu) dans un magasin dénué d'agression sonore.
J'étais convaincu par l'aspect élitiste, mais je n'arrive pas à la même conclusion. Oui, je déplore qu'il faille, in fine, payer plus cher des produits afin de ne pas se faire agresser. Par défaut, personne devrait se faire agresser. Mais, pour revenir au point précédent, ce n'est pas en reprochant aux magasins qui n'agressent plus de ne pas agresser que cela adviendra.
Si l'on vise une égalité totale, qui, de surcroît, ouvrirait la porte des magasins à des gens qui en sont aujourd'hui exclus, il y a deux solutions : soit distribuer de l'argent magique afin que tout le monde puisse consommer dans des petites structures respectueuses de l'humain, soit interdire l'agression sonore dans les magasins. Dans les deux cas, ça passe par une loi. Je sais que pour beaucoup, c'est un gros mot, mais c'est bien là qu'on définit une bonne partie des règles de la vie en commun.
En ce qui me concerne : j'y suis très favorable.
Quand j'ai lu les articles du Canard enchaîné (4 mars 2020) et de Marianne (article 1, article 2) à propos du procès du couple Fillon, un truc m'a marqué.
Les réponses de Pénélope Fillon bouclent : « C'est mon mari qui décidait de […] », « c’était mon mari qui s’en occupait », « les détails administratifs, c'était mon mari », « pour les congés, il faut voir avec mon mari », « [ NDLR : les rapports écrits, ] je les ai donnés à mon mari, je ne sais pas ce qu'il en a fait ensuite ». Elle a écrit « des petits rapports », des « petites revues de presse », « de petits résumés ». Elle a voulu « minimiser [ NDLR : son implication auprès de la presse anglaise ] »… Elle a toujours voulu « se cacher », « rester au fond de la salle ». François Fillon déclare lui demander « d’être attentive à ce que les dossiers avancent. C’est très important. Cela ne nécessite pas une grande intelligence… ».
Ce qui me frappe, c'est la mauvaise image que cette femme a d'elle-même et de son travail pourtant présenté comme stratégique par son mari et la défense du couple.
Ce qui me marque, c'est l'image que cela donne à voir de la femme dans notre société. Une femme sans « grande intelligence » qui ne sait rien dont la vie est totalement organisée par son mari. La femme qui permet à son mari d'exister dans l'espace public, comme le décrit la blogueuse Emma (paragraphe sur la charge émotionnelle). Le plus réconfortant que j'ai lu, c'est la phrase suivante : « Penelope passait une grande partie de son temps à me rappeler ce que je n’avais pas fait et ce que j’avais laissé derrière ». Elle met en lumière une toute petite partie du travail social que les femmes assument en silence et gratuitement. Mais c'est bien insuffisant pour compenser sur la balance.
Je ne suis pas naïf. Évidemment qu'il s'agit d'une stratégie de défense : faire porter le chapeau à François Fillon d'un maximum de choses et dédouaner madame afin de réduire sa peine. L'un des avocats du couple a même plaidé que le parquet a fait de Pénélope Fillon une « femme fictive ». Évidemment qu'il s'agit aussi d'une stratégie médiatique : François Fillon pourra ainsi se plaindre qu'il s'est fait abattre par des lâches qui ont utilisé sa femme plutôt que de l'attaquer droit dans les yeux. Il a déjà déclaré cela dans un discours joliment remis en forme par Khaled Freak.
Mais, je pense qu'il n'y a pas que ça, je pense qu'il y a de la sincérité. On rappellera la présence des cathos intégristes de Sens commun, le mouvement né de la frange la plus dure de la Manif' pour tous dans la campagne de François Fillon.
Cette représentation de l'image d'une femme m'attriste.
Évidemment, si l'aspect fictif de l'emploi de Pénélope Fillon est confirmé par le tribunal, il faudra que les deux membres du couple Fillon soient condamnés (en proportion des responsabilités de chacun, etc.) et que l'intégralité des salaires de Pénélope Fillon dans le public (au moins 800 k€ et plus si l'on tient compte des disparités en fonction des périodes et si l'on compte les indemnités de licenciement) soit remboursée. Tout ce que j'ai écrit ci-dessus ne change pas cette évidence.
Résumé : l'utilisation de DNS over HTTPS (DoH) se généralise et on lit beaucoup d'idioties. Je vais essayer de faire moins pire. Je déplore le "tout sur HTTP" dont il est l'énième illustration. Je déplore l'énième réponse technique qu'il tente d'apporter au problème social et politique qu'est la censure. Comme toute parade à la censure, DoH va la pousser plus loin (par IP, par nom en clair dans une connexion chiffré dit SNI), ce qui peut renforcer la centralisation des contenus chez quelques acteurs économiques. DoH s'occupe uniquement de la résolution des noms, donc la vie privée continuera à fuiter, notamment dans les adresses IP de destination et les connexions chiffrées (SNI ; encrypted-SNI est très expérimental), y compris dans la connexion au service DoH (le SNI y apparaît), donc, comme avec toute protection, ne te sens pas excessivement protégé. Par leur nature même, et comme tout service DNS externe, les services DoH publics cassent les vues DNS / split DNS / domaines privés / racines alternatives / TLD alternatifs. Pour un gestionnaire de parc informatique, DoH fait perdre le bénéfice d'une configuration centralisée au niveau du système d'exploitation de la résolution des noms et demande plus (+) de boulot : se tenir informer sur l'usage de DoH par les applications du parc, apprendre à diagnostiquer un service DoH (des outils sont disponibles, mais pas encore empaquetés dans Debian) ; désactiver ou configurer DoH dans chaque logiciel qui l'utilise afin que que la vie privée des utilisateurs ne fuite pas vers un service DoH externe (Mozilla propose CloudFlare par défaut) et afin de rétablir le fonctionnement des vues DNS si besoin ; baisser le TTL lors de migrations (et se préparer à une migration forcée imprévue car DoH = double lame).
DoH, c'est DNS over HTTPS. Pour ceux et celles qui veulent approfondir koikeC : version texte et version vidéo.
Fin février, Mozilla a annoncé qu'après une période de test, elle active DoH par défaut dans Firefox pour les utilisateurs localisés aux États-Unis Source. L'activation par défaut va viendre pour la France. Pas d'annonce des concurrents, mais ils suivront, car le segment marketing « protection de la vie privée » est juteux.
Depuis l'annonce de Mozilla, je vois des imbéciles recommander d'activer DoH partout sans prise de recul (le mimétisme de l'humain me désole). Mes arguments contre une généralisation à outrance de DoH sont les suivants :
Le "tout sur HTTP" est dangereux pour la liberté de création / d'entreprise. On a eu l'échange de fichiers sur HTTP, puis le mail sur HTTP (webmail), puis la discussion instantanée sur HTTP (FB Messager ou Mattermost ou…) puis… Cela rend plus compliqué le développement de nouveaux protocoles réseaux (genre SCTP), car, puisque tout est sur HTTP, nombre de Fournisseurs d'Accès à Internet et d'administrateurs systèmes et réseaux font de la merde en bloquant / altérant le fonctionnement des autres protocoles ;
Mon avis n'a pas d'importance, DoH existe, il sera utilisé, donc le gestionnaire d'un parc informatique doit s'y adapter (il faut gérer la merde générée et imposée par autrui, comme d'hab). Qu'est-ce que DoH change, qu'est-ce qu'on en retient, qu'est-ce qu'il faut adapter ? Je me base sur ce que je connais, c'est-à-dire un parc informatique français de plusieurs centaines de machines sans modèle de menace spécifique géré par quelques clampins en sous-effectif.
Un logiciel comme un navigateur web avec DoH activé n'utilise plus le service DNS configuré sur le système d'exploitation que ce soit manuellement (/etc/resolv.conf) ou en utilisant DHCP. Ce qui signifie que l'on pourra constater une différence de comportement entre un logiciel, un navigateur web, d'une part et un autre logiciel d'autre part, notamment les outils de diagnostic (ping, dig, host, nslookup). L'un pourra dire "ce nom n'existe pas" pendant que l'autre dira "chez moi, ça marche".
curl --doh-url, par exemple), etc.Une conséquence du point précédent (utilisation, par défaut, d'un service DNS différent de celui voulu par le gestionnaire du parc) est qu'avec DoH, sur une infrastructure qui mélange serveur DNS qui fait autorité et serveur DNS récursif, la mise en cache des noms DNS se fera désormais côté service DoH, et non plus du côté du service DNS interne au parc. Les utilisateurs dépendent de cette mise en cache. La préconisation évidente est d'abaisser le délai de mise en cache avant une migration. Chez nous, je le préconise depuis deux ans, mais nous le faisons peu à l'heure actuelle. Il faudra s'y mettre. En soi, rien de neuf, nous sommes déjà censés travailler ainsi car, sinon, lors d'une migration, on perd d'or-et-déjà les utilisateurs qui ne sont pas connectés à notre réseau c'est-à-dire ceux qui utilisent d'autres services DNS et les machines qui ont un cache local + renvoi vers nos récursifs DNS (Ubuntu a dnsmasq / systemd par défaut, par exemple). DoH augmentera le nombre d'utilisateurs impactés.
Certaines organisations fonctionnent avec des vues DNS (aussi nommées « split DNS ») : quand on est connecté au réseau interne, un nom se résout différemment de quand on est à l'extérieur. Comme il est peu probable que l'organisation ait envie d'installer un récursif DoH interne dans l'immédiat (ça apporte rien aux employés puisqu'ils doivent à nouveau faire confiance à leur employeur), cela signifie qu'avec DoH, ce mécanisme de vue DNS ne fonctionnera plus. Là encore, rien de spécifique à DoH : tout service DNS externe a le même comportement.
À l'heure actuelle, il existe peu de services DoH (publics comme privés / internes). Par défaut, Mozilla Firefox utilise CloudFlare DNS. Cela pose un problème de respect de la vie privée et de concentration des activités numériques sur un petit nombre d'acteurs économiques, d'absence d'un contrat et de garantie de fonctionnement, d'ajout d'une dépendance externe, etc. Plutôt que de désactiver DoH, on peut aussi chercher des services DoH éthiques de confiance (mais la question d'absence de contrat et de garantie de fonctionnement revient) ou installer le sien (à plusieurs, sinon ça a aucun intérêt puisque ça revient à faire confiance au service DNS local) . Dans les trois cas, il faut configurer chaque application qui utilise DoH.
Ce qui ressort des points qui précèdent, c'est qu'avec des applications qui utilisent DoH par défaut, le gestionnaire d'un parc informatique perd la maîtrise de son infrastructure : les requêtes DNS ne passent plus par son service DNS interne. Sur ce point, Stéphane Bortzmeyer se trompe. Afin d'illustrer que DoH change rien, il évoque les logiciels qui effectuent déjà, sans DoH, des résolutions DNS sans utiliser le paramétrage du système, c'est-à-dire les logiciels malveillants et les logiciels merdiques, en gros. Or, DoH va concerner les usages légitimes et les rendre plus compliqués à diagnostiquer. On passe de "l'exception était pénible à diagnostiquer" à "le commun, notre taff quotidien, devient pénible à diagnostiquer".
Au final, faut-il désactiver DoH sur un parc informatique ? Je n'en suis pas convaincu, sauf à avoir une démarche militante « le tout sur HTTP est merdique » (ce qui va être mon cas à titre perso + continuer à utiliser DoT). Ça dépend du parc.
Résumé : non, il ne faut pas généraliser le moteur de recherche Qwant. Il est immature techniquement. Les résultats retournés n'ont pas la pertinence de ceux de Google, donc le généraliser maintenant va dégoûter les citoyens lambda des alternatives à Google. Qwant sous-traite à Microsoft, ce qui n'est pas grave pour débuter (il faut faire un peu de mousse pour obtenir la thune et attirer les compétences), mais Qwant n'est pas transparent sur la proportion que représente la sous-traitance, quitte à caviarder les résultats de son moteur de recherche et à mettre la pression sur des journalistes afin de servir son propos, ce qui fait douter de la confiance qu'on peut lui accorder. Qwant moucharde un bout de la vie privée de ses utilisateurs à Microsoft (compte-tenu de l'architecture technique des administrations, il s'agit d'un morceau conséquent). Je passe mon tour sur le management brutal, car il y en a aussi dans tout un tas de structures, mêmes associatives / alternatives. Même s'il devenait un énorme succès, Qwant n'est pas LA solution : on ne remplace pas un géant par un autre et la liberté d'accès à l'information ne peut pas être garanti par un seul acteur. Plutôt que de généraliser Qwant, il faut apprendre à tout citoyen à chercher indépendamment de tout moteur, à se construire une toile d'informateurs et financer le développement d'un moteur de recherche alternatif qui serait libre et décentralisé (nos tentatives ont échoué). On peut aussi généraliser Qwant auprès de gens connaisseurs, consentants et motivés, car cela contribuera à l'améliorer. La crédibilité de la direction interministérielle du numérique est remise en question, sauf si l'on part bille en tête qu'elle a été mandatée afin de permettre à Qwant d'obtenir une masse critique d'utilisateurs afin que l'engagement (blabla et thune) de l'État puisse être tenu.
En mars 2020, la direction interministérielle du numérique (DINUM, ex-DINSIC), un bidule rattaché au premier sinistre, a rendu publique sa note demandant l'utilisation par défaut du moteur de recherche Qwant sur tous les terminaux fournis aux agents des ministères. Si jamais elle disparaît, la machine à remonter le temps du web en a une copie.
Ne sachant pas si nous sommes concernés, notre directeur des systèmes d'information nous a demandé notre avis ("faut-il généraliser Qwant chez nos agents ?"). Je ne suis pas naïf : quand un chef demande l'avis de ses sous-fifres, c'est que le sujet ne comporte pas d'enjeux. C'est l'une des constantes de l'univers. Quand il y a des enjeux, aucun chef demande l'avis des grouillots ou sinon, il n'en tient pas compte. Comme les consultations publiques (consultation sur la loi pour une République numérique, consultations ARCEP, consultation sur l'épandage de pesticides, consultations CNIL, etc.). Mais le sous-fifre / citoyen a pu s'exprimer, alors il en est reconnaissant au grand chef à plumes. Après tout, rien est plus important pour quelqu'un que sa propre importance. La servitude est volontaire.
Ci-dessous, l'avis que j'ai émis comme un gentil toutou, expurgé des bouts qui ont rien à faire en public (« je suis d'accord avec X », « pour le projet Y, on pourrait utiliser Z », etc.). J'y ai aussi ajouté un peu de pédagogie et de mise en scène.
La note contient un mensonge : en mars 2020, Qwant n'a pas vraiment d'indexeur. Ce ne sont pas des machines de Qwant qui parcourent le web, analysent les pages, les ordonnent et en restituent une synthèse sous forme de pages de résultats. Enfin, pas tout. La majorité est déléguée à Microsoft et à d'autres sociétés commerciales. Sources :
Pour moi, l'utilisation de Bing par Qwant n'est pas censée être gênante, car le simple fait que Qwant soit un intermédiaire entre Microsoft et les utilisateurs protège la vie privée de ces derniers. En théorie. Au moment de publier ce shaarli (donc après avoir écrit la phrase précédente à mes collègues en étant plus affirmatif encore), je me rends compte que je me suis trompé : Qwant communique à Microsoft une partie significative de l'adresse IP de l'utilisateur ainsi que la marque et le modèle de son navigateur web (« User-agent »).
Quand on réfléchit à une généralisation à l'administration française, on se souvient que, souvent, chaque agent dispose d'une adresse IP publique. Donc, Microsoft est en mesure de lier une recherche à une administration. Si une recherche vient d'une IP « 193.50.161.XXX », alors l'agent travaille au ministère de l'éducation nationale. Si elle vient de « 130.79.0.XXX », l'agent travaille dans l'enseignement supérieur et la recherche à Strasbourg. Si elle vient de « 193.17.19.XXX », l'agent travaille au ministère de l'économie. Tout cela est public. On est donc pas dans le même cas qu'une adresse IP de téléphonie mobile ou à celles du réseau d'un fournisseur d'accès à Internet qui sont associables à des centaines / milliers d'abonnés.
Je savais qu'un mouchardage était techniquement possible, mais pas que Qwant le faisait sous couvert de respecter ma vie privée (c'est dans le slogan)… Comment puis-je avoir confiance après ça ? Comment être sûr que Qwant ne brade pas ma vie privée ? Comme d'habitude avec les services numériques en ligne, je ne peux pas, et Qwant en a un peu profité. Pourquoi « un peu » ? Je ne reconnais pas la légitimité des bonnes excuses techniques dégainées par Qwant, "lutte contre la fraude aux pubs + il faut connaître le matériel de l'utilisateur afin d'augmenter la pertinence des réponses et d'afficher la pub comme il faut" (+ celle que Qwant ne donne pas : il faut géolocaliser afin d'augmenter la pertinence des réponses), mais je reconnais aussi que si l'on veut obtenir la même expérience utilisateur que Google, il faut en partie en passer par là (sauf l'aspect pub) ou accepter que l'utilisateur moyen n'adoptera pas Qwant.
Produire un moteur de recherche nécessite de la thune donc de la visibilité, des gens compétents qu'il faut attirer, du travail. Se reposer sur Microsoft Bing dans un premier temps permet d'acquérir tout cela, de commencer à construire une alternative en bricolant des trucs pour exciter les financiers et les décideurs. Ce n'est pas déconnant. C'est du même tonneau que Free qui utilise le réseau GSM d'Orange afin de se lancer sur le marché de la téléphonie mobile ou les fournisseurs d'accès à Internet associatifs qui utilisent l'infrastructure de FDN, le plus ancien d'entre eux (et les bas prix de l'opérateur Internet Cogent), pour se lancer. Je voudrais bien qu'on fasse autrement (financement participatif, bidouilles dans un garage, etc.) mais, avant Qwant, environ rien avait émergé (j'y reviens plus bas). Si ma vie privée ne fuitait pas (voir ci-dessus), Qwant m'irait bien, y compris ses imperfections et ses gros ratés récents.
En revanche, je trouve inadmissible la dénégation récurrente de Qwant dans la presse et auprès du public, et surtout, le caviardage des résultats de recherche afin de masquer leur utilisation massive de Bing. Exemple toujours valable fin 2019 : dans les résultats de la recherche avec le mot clé « whatsmyip », les x.x.x.x dans les résultats sont ajoutés par Qwant afin de masquer l'adresse IP de l'indexeur de Bing, démontrant ainsi que c'est bien ce dernier qui a indexé la page affichée par Qwant. Si Qwant me ment sur ça, comment puis-je avoir confiance ? Comment m'assurer que Qwant ne porte pas atteinte à ma liberté d'accès à l'information en bricolant les pages de résultats ?
Du coup, la crédibilité de l'audit interministériel, et donc de la DINUM, en prend un coup quand elle écrit « Cédric O a annoncé que l’Etat privilégierait [… les] moteurs de recherche qui respectent […] la vie privée. Parmi ceux-ci il semble pertinent de configurer […] un moteur […] disposant également de son propre indexeur. Qwant réunit, à ce jour, l’ensemble de ces qualités, dont les aspects techniques ont été vérifiés par un audit interministériel ». Mais l'État a blablaté sur la souveraineté numérique (qui est importante) et la Caisse des Dépôts et Consignations a investi dans Qwant, donc l'État ne peut probablement pas échouer à nouveau, comme sur le cloud souverain, ce qui peut expliquer la marche en avant de la DINUM.
Cela me rappelle que, de prétendus messieurs sérieux encravatés en haut lieu qui me disent que tout est OK, je m'en fiche, je veux pouvoir vérifier par moi-même. Un peu comme la loi Cazeneuve anti-terrorisme de 2014 qui laisse une personnalité désignée par la CNIL vérifier la légitimité des blocages demandés par la police (article 6-1 de la LCEN). Toute vérification / certification / labellisation qui repose sur une seule personne / entité est insuffisante. Cet audit gouvernemental de Qwant en est un très bon exemple.
Ceci étant dit, faut-il généraliser Qwant au sein de l'administration française ? J'y suis défavorable. Même pas à cause des éléments sus-cités. Ça fait plus d'un an et demi que j'utilise en même temps les moteurs de recherche StartPage, DuckDuckGo, Qwant et Searx. Qwant est l'un de ceux qui me fournissent les résultats les moins pertinents toutes thématiques confondues. Si je connais le sujet de ma recherche et qu'il est franco-français, ça va encore. Mais si je ne connais pas le sujet, Qwant me trouve rien de pertinent. Il n'y a même pas la découverte de résultats surprenants / points de vue différents qui est la conséquence de sortir de la bulle Google Search (Google te traque / profile / analyse tellement, qu'il t'affiche des résultats conformes à ce que tu penses, sans essayer de t'ouvrir l'esprit). L'intérêt pratique d'utiliser Qwant est nul.
Qwant me semble être inutilisable par M. ToutLeMonde. Forcer l'usage de Qwant à l'heure actuelle est le meilleur moyen de dégoûter les gens des alternatives à Google Search. Je pense que Qwant est encore dans un stade où il faut le faire utiliser par une masse croissante de gens conscients, volontaires qui ont un peu de temps à "perdre" à chaque recherche. Cela permettra à Qwant de s'améliorer (il faut forcément du public pour ce faire) avant une éventuelle généralisation.
D'un autre côté, l'Assemblée nationale, France Télévisions, le ministère des armées et d'autres utilisent Qwant depuis 2018, donc peut-être que c'est moi qui ne sais pas utiliser Qwant…
Je suis mitigé quant à la nécessité qui semble être faite de descendre en flammes Qwant à propos du management brutal qui y règne, des antécédents et de la personnalité de son chef, etc. C'est la réalité, d'après, au moins, Next Inpact, Mediapart et le Canard enchaîné (article Concurrencer Google ? Qwant ça veut pas… publié le 7 août 2019), et c'est moche. Mais. On fait tous de la merde et il y a des cons partout (quel que soit le sens et la gravité que l'on donne à ce mot). Dans nos emplois, dans nos familles, dans nos amis, dans les associations, à titre personnel, etc. Pourtant, on ne quitte pas tous ces milieux-là. Du coup, discriminer Qwant sur ça, ouais, boarf, non ?
Google maltraite aussi ses employés, notamment les précaires sous-payés qui écoutent les utilisateurs de Google Assistant / Home afin d'améliorer la compréhension vocale de Google Home ou ceux qui améliorent la compréhension sémantique des requêtes adressées à Google Search. Non, la "magie" de Google (ou Amazon ou Facebook ou Twitter ou…) ce n'est pas de l'intelligence artificielle, mais bien de l'humain maltraité (sources : plein de journaux + série documentaire Les travailleurs du clic + livre En attendant les robots et les travaux d'Antonio Casilli d'une manière générale).
Pour un domaine donné (fournisseur d'énergie, fournisseur Internet, bouffe bio, semences libres, logiciel libre, etc.), aucune alternative ni aucune personne correspond à l'intégralité des valeurs d'une personne (démocratie, pas de blabla mais se sortir les doigts, respect de l'humain, indépendance, intelligence, etc.). Si tu restes sur une ligne dure de recherche de l'initiative parfaite, tu finis seul chez toi. T'as la paix, mais tu fais rien avancer. Source : ma vie actuelle.
Pour Qwant, les questions sont : combien de temps leur donne-t-on pour redresser la barre, jusqu'où peuvent-ils aller, etc. Qwant ou pas Qwant, je ne sais pas comment faire ça, je ne sais même pas s'il y a un absolu. Il était nécessaire que la presse parle de ce qui se passe chez Qwant, comme ça l'était pour la coopérative Kokopelli, mais je ne pense pas que ça puisse justifier de ne pas utiliser Qwant… ou alors il faut couper la tête de tout un tas d'autres sociétés commerciales / associations / projets.
Sur le fond, il y a de vrais enjeux : démantèlement du monopole Google, liberté d'accès à l'information, etc. Mais peu d'alternatives sérieuses. Ça a déjà été identifié par l'ARCEP (l'autorité de contrôle des télécoms) dans son rapport de 2018 sur les terminaux. Qwant ne pourra pas être une solution à tous ces enjeux, d'où sa généralisation est une mauvaise réponse à un vrai problème.
L'intention de la note de la DINUM est positive, mais pas la manière de faire. Dire que, puisqu'il n'y a pas d'alternative, on va utiliser le poids de la puissance publique pour financer et donner de l'audience à un nouveau bidule en construction, ce n'est pas nouveau et ce n'est pas déconnant… s'il y a des garanties publiquement vérifiables (sur la technique, sur le management brutal, sur…), ce qui ne semble pas être le cas (voir ci-dessus).
De même, sauf à réfléchir sous le seul prisme de l'argent (la Caisse des Dépôts et des Consignations a investi dans Qwant), réserver l'initiative à Qwant est problématique : ça revient à désigner un élu. La note aurait dû laisser le jeu ouvert : rappel de la problématique, de son importance, rappel des (méta-)moteurs existants, demande d'en choisir un dans le lot en fonction des catégories de public, etc.
Enfin, si c'est pour remplacer un géant (Google), par un autre (Qwant ?), ça ne m'intéresse pas. Tout géant trahira. Tout géant fera de la merde. Tout géant chiera sur ses utilisateurs. Pas par dessein malveillant, juste parce qu'il aura la puissance économique pour le faire sans en subir de conséquences. Je préfère des petites structures et des solutions décentralisées, ça limite mécaniquement les effets tyranniques. C'est ça, conceptuellement, Internet.
Et, à ce sujet, on est au point mort. C'est ça, qu'il faudrait financer. On a le méta-moteur SearX (instance de La Quadrature du Net), mais il s'agit d'un intermédiaire entre l'internaute et plusieurs moteurs de recherche, qui, de surcroît, ne fonctionne plus vraiment (quand Google et les autres bloquent SearX pour le motif « trop de recherches depuis une même adresse », SearX perd temporairement les résultats des moteurs concernés… c'est ce qui a tué l'instance SearX de Framasoft, or, il faut être suffisamment nombreux et d'horizons variés pour que la démarche ait un intérêt). On a un moteur de recherche complet et décentralisé en logiciel libre, Yacy, mais les résultats affichés ne sont pas pertinents.
D'où, en attendant un miracle, je pense qu'il y a un besoin de formation. Apprendre à chercher. Apprendre à ne plus dépendre d'un quelconque moteur de recherche.
Au passage, je suis sceptique sur l'utilisation de plusieurs moteurs de recherche (StartPage, Searx, Qwant, DuckDuckGo, etc.) simultanément comme je le fais depuis plus d'un an et demi. Au début, ça paraît sain. Au début, tu cloisonnes genre je cherchais des infos locales (date/lieu de tel événement, horaires de tel magasin, etc.) uniquement sur Qwant. Et très vite, quand tu trouves aucun résultat pertinent, tu passes au moteur de recherche suivant. Donc, au final, au lieu d'avoir un moteur de recherche qui sait tout de toi, tu en as 3-4…
Du coup, plutôt que de généraliser Qwant, je préfère proposer la voie suivante : apprendre à chercher + financer un moteur de recherche libre et décentralisé (genre Yacy) >= utiliser des moteurs de recherche alternatifs (Startpage > Searx > DuckDuckGo / Qwant) > utiliser Google Search.
Résumé : donner des cours de sécurité informatique à l'université ? D'un côté, opportunité de faire mieux que les minables cours de sécu existants orientés bullshit abstrait et sécurité par la paperasse et les gros chèques. De l'autre : forcer des gens à apprendre contre leur gré donc mission vouée à l'échec, emploi précaire de bouche-trou (contrat annuel, salaire moindre et absence de statut pour un même travail, donc inégalités entre personnes) rémunéré en retard dont les universités raffolent ces dernières années afin de réparer la merde (juste milieu entre ceux qui veulent un système d'éducation public, ceux qui n'en veulent pas et ceux qui veulent moins de prétendus branleurs de fonctionnaires) et de permettre aux responsables de la saignée des vrais profs (citoyens et politiciens) d'échapper à leurs responsabilités, cumul d'emploi (alors qu'il y a des sans-emploi), etc. Ça donne envie, hein ?
Il y a plus de six mois, on m'a proposé de donner des cours de sécurité informatique à l'université afin de remplacer un enseignant qui a quitté le navire.
Je te cache pas que j'ai eu les yeux qui brillent. J'avais carte blanche ou, a minima, l'opportunité d'avoir un cours de sécurité informatique tel que je le conçois : évoquer des choses concrètes (modèle de menace, types de chiffrement, pièges habituels de la sécurité comme les générateurs pseudo-aléatoires et la vulnérabilité des extrémités d'une communication, etc.) et pratiquer (du nmap, du mitmproxy, du ettercap, du OpenSSL, du Netfilter, comment traiter des requêtes CERT, comment réagir à des phishings, TLS, etc.). Adieu abstractions, chiffre de César et méthodos barbantes. Bref, un cours sans bullshit.
Puis j'ai parlé à une collègue munie d'un caractère plutôt positif. Qui a déjà donné un cours dans la même université, une année. Elle m'explique que les étudiants se foutaient totalement de son cours, que c'est comme pisser dans un violon, que c'est démotivant au possible. Je me suis revu étudiant et oui… je séchais la majorité des cours. Oui, j'en avais rien à foutre, des cours. Cette discussion m'a ouvert les yeux : oui, les étudiants seront mieux dans leur lit ou dans l'organe sexuel d'un⋅e partenaire ou dans une association, bref, ils seront mieux à faire ce qui les intéressent plutôt qu'à m'écouter parler. Toute leur carrière leur montrera que l'on s'en fiche, de la sécurité informatique : y'a pas le temps, pas le budget, ce n'est pas la priorité, etc. S'ils s'y intéressent, il y a des livres, des sites web et des vidéos. On apprend jamais mieux que quand on choisit son sujet d'étude. C'est pour ça qu'on retient assez peu de choses de ce qu'on étudie à l'école, qui est essentiellement un lieu de contrôle social (les pudiques disent « socialisation secondaire »).
On est sur l'éternelle question du « faut-il donner aux gens ce qu'ils veulent ou tenter d'agir contre eux / malgré eux ? » L'exemple qui revient souvent, c'est « tout le monde sait lire, écrire, compter », donc l'école, ça marche. Ce discours est en baisse ces dernières années puisqu'on mesure, que, Ô, surprise, de moins en moins de gamins savent lire et écrire à la sortie du collège. De plus, il y a une différence entre ces savoirs (lire, écrire) et d'autres : ils sont nécessaires pour l'animal social qu'est l'humain, donc je pense que n'importe qui serait désireux de les apprendre, même si on ne le forçait pas. En revanche, j'ai jamais pratiqué le théorème de Pythagore ou celui de Thalès, donc je les ai oubliés, donc c'était une perte de temps de me les faire apprendre de force. Pour enfoncer le clou : j'ai même oublié des notions de base de mes anciennes passions pré-informatique, car ça fait 20 ans que je n'ai pas pratiqué… Si l'on oublie jusqu'aux fruits de la passion, comment espérer retenir ce que l'on a appris de force ?
Ensuite, j'ai pensé à mon statut. N'étant pas maître de conférence et encore moins professeur, mon statut serait enseignant vacataire. En gros : sous-merde. Tu fais le même travail d'enseignement, mais avec un salaire moindre et sans le statut. Tu ne peux pas te projeter dans l'avenir car, tout ce que tu sais, c'est que t'as quelques heures d'enseignement pour l'année à venir. Certains diront que c'est normal, car ce type d'emploi vient en complément d'un emploi principal, afin de faire découvrir le monde de l'entreprise aux étudiants. Mais bien sûûûûr.
En vérité, le recours à des contractuels a explosé partout en France ces dernières années. Dans certaines universités, ils n'ont pas de contrat dans les temps. Dans d'autres universités, ils ne sont pas payés ou très en retard. C'est la merde complet. À ce sujet, lire « Pourquoi je démissionne de toutes mes fonctions (administratives) à l'université de Nantes ». Un enseignant vacataire, c'est un bouche-trou, une variable d'ajustement. C'est le produit d'un juste milieu entre ceux qui veulent un système d'éducation et de formation public et ceux qui veulent un système privé et ceux qui veulent moins de branleurs de fonctionnaires de merde et ceux qui s'en foutent mais qui veulent payer moins d'impôt (et qui sont assez naïfs pour croire qu'ils obtiendront ce qu'ils veulent en sabordant le service public alors que la thune économisée ira dans les poches de quelques-uns) et ceux qui s'en foutent. C'est beau, un juste milieu, hein ? C'est surtout une pratique de lâche pour éviter de prendre position, de choisir : on veut un système d'éducation public de pointe, mais avec moins de fonctionnaires, avec plus de précaires, le beurre et l'argent du beurre.
Je suis déjà contractuel de la fonction publique. Ça aussi, ça veut dire sous-merde. Je dois faire le même boulot qu'un fonctionnaire, mais je suis en CDD, je suis payé 495 € net/mois de moins que le junior que j'étais dans le privé et je n'ai pas le statut de fonctionnaire. Du coup, être enseignant vacataire, ça serait me faire pigeonner une deuxième fois en occupant deux emplois précaires au lieu d'un.
Être un intervenant extérieur, ça serait encore réparer la merde d'autrui. Si la société estime qu'il est nécessaire d'instruire ses enfants, alors elle doit s'en donner les moyens, y compris financiers. Alors on formerait des enseignants par vocation, on les payerait à la hauteur de l'utilité sociale de leur travail et on leur accorderait le statut. Même traitement pour tous, en somme. Ne pas parvenir à décider collectivement et dans la durée de ce que l'on veut (système d'instruction public, oui ou non ?) n'est pas un idéal de société.
Accepter d'être d'être un intervenant extérieur, c'est faire en sorte que ce système pourri perdure et que les responsables (le citoyen comme les politiciens) n'aient pas à rendre de comptes au motif que, oh, regardez, le système continue à fonctionner. Ne pas l'être, c'est (temporairement) faire payer à des innocents (les gamins) une situation qu'ils n'ont pas choisi, oui, on a rien pour rien.
Je revendique le droit à être considéré à part entière. Je n'ai plus la foi pour me faire pigeonner en pensant que je fais le bien autour de moi.
Un troisième problème éthique s'ajoute à ceux que je viens d'exposer (forcer des gamins à apprendre et emploi précaire) : j'ai toujours été opposé au cumul des emplois. Attention, je ne blâme absolument pas les personnes qui sont obligées d'exercer plusieurs emplois pour survivre. Je blâme notre société qui laisse une telle abomination se produire. Bref, je suis contre le cumul des emplois. Il n'est pas acceptable que des gens cumulent de bons emplois (comme informaticien et enseignant) quand d'autres sont privés d'emplois. Il est impératif de partager le temps de travail au sein d'une société humaine.
Côté pratique, il y a eu quelques contrariétés. Un de mes chefs m'a expliqué qu'il faudrait que je pose des congés afin d'assurer mes heures de cours / TD / TP. Aucun aménagement d'horaire possible au motif que "trop gros, ça passera pas les RH". OK, très bien, je ne cherche pas un deuxième emploi, donc si j'enseigne, c'est pour rendre service, donc non, je ne poserai pas des congés pour faire le gland devant des étudiants. Je l'aurais fait si j'étais demandeur, c'est bien normal, mais là… Je comprends que mon discours n'est pas tenable, mais c'est mon choix.
De même, le volume horaire à assurer étant conséquent, la personne qui essayait de me coopter me préconiser fortement de faire équipe avec l'autre personne qu'elle avait déniché… mon supérieur hiérarchique direct. D'une part, même si je n'ai pas de griefs à lui opposer, je le vois assez dans mon emploi principal, pas besoin de plus. D'autre part, nous sommes tous les deux désorganisés, à toujours faire les choses chiantes au dernier moment, donc impossible de se partager un cours, ça ne peut pas fonctionner vu qu'on ne saura pas dire à l'autre à l'avance "tu prends le relai semaine X sur telles et telles notions, j'aurais déjà présenté telles et telles notions sur lesquelles tu pourras t'appuyer".
Enfin, j'avais (et j'ai toujours) la volonté de redonner la priorité à ma vie personnelle. J'ai beaucoup de mal à voir la frontière entre perso et professionnel, j'ai beaucoup de mal à freiner mon entrain quand je suis lancé sur un sujet, j'ai beaucoup de mal à basculer d'une activité perso à pro et inversement. Tout se bouscule dans ma tête. La dernière activité perso ou pro stimulante continue de me faire cogiter, empêchant d'être à fond sur l'autre. Ma vie perso est très souvent empiétée. Ajouter une activité pro aurait amplifié ce phénomène. Pas cool. Même si ma vie perso n'avait (et n'a) pas de sens particulier, que j'en fait rien de transcendant, le simple fait de rien faire est déjà une bonne chose.
Plusieurs points de forme m'ont contrarié. D'abord, quand on trouve personne pour assurer un cours malgré plusieurs mois de recherche, c'est qu'il y a un os quelque part. Ce point a jamais été démenti lors de nos échanges. On m'a expliqué que les maîtres de conf' préfèrent se concentrer sur leurs recherches c'est-à-dire leur carrière et les employés ont pas envie de se faire chier (deux arguments de plus en faveur de mon « enseignant vacataire, c'est réparer la merde des autres ;) ). D'autre part, j'ai trouvé très maladroite l'attitude de la personne qui a essayé de me coopter : d'habitude, je peux bien crever dans un coin, elle s'en fiche plus ou moins. Après m'avoir fait sa demande, elle m'a prêté beaucoup plus d'attention qu'à l'accoutumée. Ça a saupoudré ma réflexion d'une dose de soupçon : quand on te prête une attention différenciée par rapport à la normale, c'est qu'on cherche à te berner.
En conclusion logique : j'ai décliné. Je pense que ça aurait été une expérience enrichissante, mais je ne suis pas un pigeon.