Pour une version synthétique, voir : Projet de loi sécurité publique : refusez ce débat expédié ! .
Le projet de loi sécurité publique a été examiné par chacune des chambres de notre Parlement. Il ne reste plus qu'un passage en commission mixte paritaire pour trancher les dernières divergences notamment sur l'extension de l'affaiblissement des conditions requises pour plaider la légitime défense aux forces de police municipale..
Là encore, ce texte envoie du lourd niveau atteintes aux libertés et droits fondamentaux. Je retiens :
On notera qu'il a suffit de 15 député-e-s présent-e-s en séance pour voter ce texte… PS + LR + FN sont du même avis.
Et comme d'habitude, cela se déroule dans un silence assourdissant.
Récemment, Fakir a fait un peu parler de lui parce que les Décodeurs du Monde, qui ont lancé un système de classement des sites d’infos (pour repérer les sites peu fiables, complotistes, etc.), l’ont classé en jaune, c’est-à-dire moyennement fiable. La justification ?
[...]
Déjà, on pourrait rétorquer que mettre dans la même catégorie les sites « orientés » et ceux qui publient des informations sans les vérifier, c’est un peu se foutre de la gueule du monde. Comme si les deux pratiques étaient à mettre au même niveau, comme si avoir une grille d’analyse politisée était équivalent à reprendre joyeusement des hoax à la chaîne. Mais passons.
Ce qui me fascine le plus, c’est l’accusation de « subjectivité ». Attention, soyons honnêtes, Fakir est bien « orienté » : le journal a clairement une culture de gauche avec des affinités ouvrières, syndicales et populaires. De même que je n’ai jamais caché la subjectivité assumée de mes différents blogs (plutôt bien à gauche également). Mais relever ainsi la subjectivité (assumée elle aussi) de Fakir, c’est sous-entendre en filigrane que les autres journaux, ceux classés en vert, sont « objectifs ». Et là, à mon sens, on touche du doigt le centre du problème avec la presse actuelle.
On a pas mal cité Valeur actuelles, qui est classé en vert alors que question politisation, il n’a rien à envier à Fakir sauf que lui est très à droite cette fois. Mais au-delà de ça : que Le Monde s’imagine objectif, ça m’inquiète beaucoup, d’autant plus que c’est un avis probablement partagé par pas mal de gens. Vous connaissez la rengaine : Libé c’est à gauche, Le Figaro à droite et Le Monde c’est « objectif ».
Sauf qu’il suffit de lire quelques articles du Monde avec un peu de recul pour se rendre compte qu’il est tout aussi politisé, orienté, guidé par une idéologie que tous les autres. Lorsque Le Monde donne pour titre « L’idée d’un rapprochement entre Hamon et Jadot fait son chemin » à un article dont le contenu aurait tout aussi bien pu inspirer le titre « Jadot refuse toute compromission pour une alliance avec Hamon », il est politique ; lorsque Le Monde titre « La primaire à gauche passée, Macron veut reprendre l’initiative », il est politique, il participe à infuser l’idée que Macron aurait quelque chose à voir avec la gauche, ce dont l’intéressé se défend lui-même à juste titre ; quand Le Monde titre « Le revenu universel, en attendant de s’attaquer aux vraies questions » comme si la problématique de l’organisation sociétale de l’emploi, du salaire et de la précarité n’étaient pas des vraies questions, il est politique.
Il n’y a pas plus subjectif que Le Monde et que les grands titres de presse en général, mais cette subjectivité est infiniment plus dangereuse que celle de Fakir parce qu’elle se donne l’apparence de l’objectivité. Tout le problème de l’idéologie dominante, c’est qu’on ne la perçoit même plus comme une idéologie. Ce qui permet de présenter tranquillement les tenants de cette idéologie comme des « réalistes », « pragmatiques » tandis que les autres seront de doux rêveurs, des utopistes voire même de dangereux extrémistes. Et cette rengaine est tellement martelée en permanence dans 90 % des médias qu’elle est totalement intégrée par leur public.
En cela, le succès de Macron est révélateur : la démonstration spectaculaire que n’importe quel technocrate aux dents longues peut arriver à 20 % dans les sondages tant qu’il soutient l’idéologie dominante, avec une belle gueule et un gros budget communication. Juste parce qu’à force de voir sa tronche partout, sur toutes les couvertures, dans toutes les unes, à force de le voir présenté comme un outsider crédible, la majorité finit par y croire. Comme une prophétie auto-réalisatrice, comme si un énarque, ex-banquier de Rothschild, ex-ministre de Hollande pouvait être une relève, un nouveau souffle politique.
Le succès de Macron m’inquiète presque plus que celui de Le Pen, parce que c’est la victoire du vide, de l’idéologie dominante définitivement acquise comme seule solution (cette chère Tina). Ce qui ne veut pas dire que je préférerais voir Le Pen au pouvoir que Macron, loin de là. Mais politiquement, Le Pen a au moins le mérite d’avoir une vision à long terme pour l’avenir. Une vision que je ne partage pas, une vision que je trouve souvent stupide voire même dangereuse, mais une vision quand même.
Oh, Macron n’a aucune vision à long terme, mais il a bel et bien un programme, ne nous y trompons pas. Le même que tous les responsables politiques depuis 30 ans. Productivité, flexibilité, « il n’y a rien de plus intéressant que travailler » (sic). Un exemple parmi d’autres ? Supprimer les cotisations sociales sur le SMIC – non, pas « les charges », arrêtez de parler le langage de l’ennemi. Ce qui revient à une baisse drastique de salaire. Oui, les cotisations, ce n’est pas de l’argent dans le vent, c’est du salaire indirect, c’est ce qui participe à votre niveau de vie. C’est ce qui participe à ce que la richesse créée profite à la société au lieu de partir dans le capital.
[…]
Attendez, pourquoi je parle au futur, moi ? Le détricotage du modèle social français est largement entamé. On passe déjà des heures aux urgences. Le personnel médical est déjà proche du burn-out généralisé. Nos gamins sont déjà dans des classes surchargées. Les écoles, collèges et lycées ressemblent déjà plus à des garderies qu’à des lieux d’apprentissage. Le retardement de plus en plus fort de l’âge de la retraite a commencé, sans fin prochaine annoncée, alors même que les vieux ne trouvent pas de boulot et que l’espérance de vie en bonne santé n’augmente plus. Ça vous plaît ? Eh bien faites-vous plaisir, continuez comme ça, votez pour Macron, le faux renouveau de la politique moisie, pour continuer à s’enfoncer tranquillement dans la merde, mais avec de jolis costards et des dents blanches. Ça change tout.
Macron a le vent en poupe parce que la presse permet aux jeunes adultes aisés en pleine forme de penser que la population française est constituée uniquement de jeunes adultes aisés en pleine forme. Les autres peuvent aller se faire foutre. « En marche » ou crève. Et Fakir, qui tente de redonner de la visibilité aux oubliés de la machine, parfois avec succès (Merci patron), aura droit à son tampon jaune. « Moyennement fiable ». Les Décodeurs, comme n’importe quelle manifestation d’opinion humaine, voit le monde à travers ses intérêts de classe. Ce qui est parfaitement acceptable si c’est assumé et dit. Ça ne l’est pas.
Et dans le même temps, la presse réussit le coup de force de ressusciter une énième fois le PS, qu’on devrait pourtant pouvoir enterrer une bonne fois pour toutes. Je suis sur le cul quand je vois le nombre de personnes sur les rézozozios qui, il y a deux mois, juraient de ne plus jamais voter PS et qui font maintenant les yeux doux à Hamon comme si tout avait changé. Mais Hamon, c’est le PS, c’est le parti de Hollande, de Valls, de Cazeneuve. Il a été ministre sous Hollande, puis comme député, il a voté ses lois de merde (comme la Loi Renseignement). Et ce seront les mêmes personnes que vous retrouverez avec lui (sauf ceux qui se seront barrés chez Macron, ce qui en dit long sur l’état du PS).
Oh, Hamon a « frondé », oui. À partir du moment où cette « fronde » ne mettait pas en danger son petit confort de député, en prenant bien soin de ne jamais risquer de faire passer une motion de censure. De la rébellion de pacotille à bon compte. Et c’est révélateur du tempérament du bonhomme : en un mois de campagne pour les primaires, il a reculé et modifié son discours 10 fois sur le revenu de base. Qu’on soutienne ou pas l’idée, peu importe, mais quand les renoncements commencent avant même le début de la campagne présidentielle, c’est quand même mal engagé. Et quand un type se dit « frondeur » sans arriver à tenir tête à Hollande (!) jusqu’au bout, ne vous attendez pas à ce qu’il tienne tête à qui que ce soit en cas de mandat présidentiel. Sauf au peuple, peut-être, parce que ça, on a l’appareil pour.
[…] Seulement soyez bien conscients de ce que ça veut dire : ça veut dire que quand vous, vous passez un samedi soir avec vos potes, ce sont des cadres de LVMH que Hamon reçoit chez lui. Ce sont des responsables d’une multinationale du luxe qui méprise les travailleurs français et détruit le travail en France en délocalisant à tout va (Merci Patron, encore). Hamon appartient à la même oligarchie que les autres.
On en revient au problème de la soi-disante objectivité : vous pensez sincèrement que Hamon peut rester « objectif » et favoriser les « petits » français au détriment de ses proches ? De ses amis ? De la personne qui partage sa vie ? […]
Restez critiques, restez en alerte. Parce que si les Décodeurs étaient vraiment honnêtes avec eux-mêmes, tous les journaux seraient en jaune, à commencer par Le Monde.
Chez l'ami Duke (http://dukeart.netlib.re/shaarli/?8pZrSw), on trouve aussi ça : http://www.les-crises.fr/quand-le-monde-ressuscite-l-index-de-l-eglise-catholique/ et http://www.les-crises.fr/le-decodex-du-monde-decode-du-travail-de-pro/ . J'en retiens :
Une bonne vulgarisation de ce que sont (et ne sont pas) le deep web, les darknets, le Marianas Web. J'en recommande vivement la diffusion dans l'espoir de ralentir la progression du bullshit autour de ces termes…
Le « Deep Web » désigne, selon ceux qui l’utilisent, tous les contenus Web qui ne sont pas indexés par les moteurs de recherche. On laisse ainsi entendre, que si ce n’est pas indexé, c’est caché, et si c’est caché, c’est que ça doit être pas joli-joli.
Or les moteurs de recherche, s’ils ont beaucoup évolué, ne sont pas omnipotents. De plus, il existe une flopée de raisons pour que des contenus Web ne soient pas indexés. Les pages sans liens entrants échappent aux robots d’indexation, certains formats de contenus sont ignorés par les moteurs de recherche, d’autres sont exclus ou dépréciés par les moteurs eux-même ou à la demande des éditeurs de sites (coucou, robots.txt), des données sont accessibles uniquement via une saisie de formulaire. Plus simplement, des parties de sites sont privées, protégées par des mots de passe et sont, par la même, inaccessibles aux robots d’indexation : applications et bases de données d’entreprise, espaces de discussion nécessitant une inscription, votre déclaration d’impôts, votre compte Google, vos messages privés sur les réseaux sociaux… La liste est sans fin. Vous éditez des billets de blog, des articles depuis une interface d’édition ? Vous consultez vos emails via une interface Web ? Bienvenu dans le « Deep Web ».
[…]
À l’origine, il y a environ 40 ans, on appelait un « dark net » un réseau connecté au réseau ARPANET (le prédécesseur d’Internet) mais qui, pour des raisons de sécurité, n’apparaissaient pas dans les listes publiques.
[…]
Suite à un nouveau glissement sémantique, le mot a commencé à être familièrement utilisé pour désigner peu ou prou tous les réseaux « superposés » à Internet (overlay networks) et intégrant des fonctions d’anonymisation. Ici, il faut lire l’expression « réseau superposé à Internet » comme une métaphore technique. Elle désigne les réseaux qui définissent leurs propres modalités de communication entre machines, tout en s’appuyant sur Internet pour transporter concrètement les informations entre elles. En clair, c’est toujours Internet.
Les plus connus de ces « dark nets » sont I2P, Freenet, ou le célèbre Tor). Ces outils d’anonymisation sont utilisés pour des activités parfois criminelles, mais aussi par des journalistes, des activistes, des lanceurs d’alerte et autres ressortissants de pays aux régimes peu recommandables. On le mentionne rarement, mais il y a également nombre de personnes « normales » qui en font usage pour échapper au traçage, à la surveillance, au harcèlement, ou pour se prémunir contre des violences conjuguales.
[…]
Nous l’avons vu, cette théorie des « niveaux de profondeur » d’Internet n’a pas grand sens, mais cela n’empêche ni de voir ses avatars plus ou moins grotesques (Deep Web, Darknet, etc.) refaire régulièrement surface (vous l’avez ?), ni certains de les documenter avec un formidable aplomb. Parmi ces concepts, le fantasmatique Marianas Web bat tous les records d’absurdité.
Perso, j'analyse cette fausse catégorisation sous le prisme du pouvoir sur autrui qu'elle procure : éclater un concept unique en sous-entités, inventer un terme pompeux adéquat et prétendre connaître ce qu'il recouvre permet d'avoir un pouvoir sur autrui : le pouvoir de savoir, le pouvoir de se sentir supérieur. À l'opposé de la diffusion de la connaissance, de ce que sont les réseaux d'anonymisation et ce qu'ils permettent, c'est une forme d'obscurantisme, de narcissisme technologique.
Le candidat Emmanuel Macr, quant à lui est un pur bijou de l’amnésie collective. Imaginez un instant qu’il vient de sortir de 2 ans d’activité intense au ministère de l’économie et se permet d’expliquer à qui mieux mieux comment il va redresser économiquement la France tout en améliorant la redistribution des richesses.
L’homme qui a pondu les lois travail les plus régressives, de précarisation généralisée des salariés, laissé le chômage continuer d’exploser, vient donner lui aussi la leçon sur la bonne gestion économique du pays. Son échec au ministère de l’économie, avec une faculté à appliquer une politique entièrement basée sur les demandes du MEDEF, devrait — si l’amnésie collective était moins forte — définitivement le discréditer. Sans compter que si cette politique pro MEDEF avait au moins « relancé l’économie » et fait grimper la croissance du PIB, il serait possible de suivre notre Macr dans ses délires de « baisse des charges » (les cotisation sociales) à venir, ou autre solutions pro-capital mises en œuvre depuis plus de 20 ans.
Mais non : l’économie n’est plus celle des années 80, et toutes les solutions du premier de la classe ont été déjà appliquées, sans succès. Ce qui ressort de ce candidat, est avant tout une capacité hors du commun à renier ses propres actions tout en recyclant les solutions qu’il a déjà appliquées… en comptant sur l’amnésie collective bien française pour réussir à faire avaler la pilule.
Sur Macron, je retiens aussi : Emmanuel Macron, le candidat de l’oligarchie et « La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler ! [...] Non, la jeunesse n'est pas que désespérée, y'en a une qui veut bosser ».
[...]
En gros, Ham n’a pas franchement de programme, mais des mesures qu’il a improvisées vite fait sur un coin de table d’une péniche parisienne pour séduire l’électorat qui ne supportait ni Valls ni Montebourg (les autres ne comptaient pas). Cet électorat est en grande partie : les cadres un peu bourgeois mais qui ne veulent pas l’assumer et sont « super concernés par l’état de la société vraiment trop injuste avec tous ces pauvres et ces précaires, mais laissez-moi faire fumer mon American Express. »
Une fois cette étape effectuée, Benoit Jambon Ham va tenter de séduire une partie des fans de Mélench, tout en se propulsant sauveur du PS, dernier rempart contre l’implosion finale du gros machin plein d’éléphants corrompus. Sorti de ces calculs électoralistes, Ham est un gentil escroc, disciple de Hollande : chez lui tout est promesses radicales ou synthèse douce, fonction du vent, du public, et des échéances. Son revenu universel est tout sauf inconditionnel, ni de base, il n’est en réalité qu’une sorte de « RSA jeunes » généralisé, qui — si plein de conditions sont réunies — pourrait s’appliquer à d’autres que les jeunes, mais plus tard. Sauf qu’un RSA, même filé à tout le monde, ça ne sert pas à grand chose. Ca ne modifie pas du tout la société en profondeur comme le véritable revenu universel pourrait le faire. Quelqu’un à certainement montré le revenu universel à Benoit, et Benoit a regardé le doigt de celui qui lui montrait. Un doigt très XXème siècle, que Benoit a pris pour une révolution du XXIème…
Je ne cite pas les paragraphes sur Fillon et Mélenchon car je pense que ce ne sont pas les angles d'analyse les plus pertinents.
Pour Fillon, j'ai déjà mis ça de côté : Fillon promet d’envoyer la gendarmerie à ceux qui s'opposent à son choc libéral, Qu'a vraiment dit François Fillon sur l'avortement ? et Comparateur des programmes des candidats à la primaire de la droite.
Pour Mélenchon, d'une part, je retiens le flou total (d'où l'absence de crédibilité à mes yeux) avec lequel il espère réformer la Constitution et passer en 6e République en prétendant que ça corrigera nombre de problèmes ou, à défaut, que ça sera moins pire qu'aujourd'hui (je ne veux de toute façon pas me contenter de moins pire, ça fait des décennies que l'on essaie en vain) : référendum (répondre « oui » ou « non » à l'intégralité d'un projet de Constitution = L-O-L), pas de garanties que les citoyen-ne-s fassent partie de l'assemblée Constituante (le programme officiel, trouvable en librairie, en pose la possibilité, sans plus), tromperie qui est celle de croire que l'on peut tout changer en changeant uniquement la Constitution alors que c'est le début du taff notamment car il faudra modifier les textes (loi, décrets, règlements) sous-jacents (du coup, quelles positions a-t-il sur ces textes sous-jacents et que propose-t-il pour les adapter ? Personne ne le sait). D'autre part, je retiens ses contradictions comme défendre un patriotisme économique farouche (que je trouve dangereux : l'isolement sur soi n'a jamais rien apporté, mais passons) tout en ayant recours à un logiciel américain, NationBuilder, pour son site web de campagne, ce qui est, pour moi, le marqueur d'une compromission pré-électorale (qu'est-ce que ça sera post-élection ?!).
ATTENTION : Ça date mais un extrait, qui résume très bien ce qu'est réellement l'innovation merdique qu'on nous vante sans cesse, attire mon attention
Il faut avouer que d’un point de vue technique, vu le nombre d’app équivalentes qui existent, on se demande bien ou est la rupture technologique de l’app Uber. Et c’est justement là le génie d’Uber : la disruption est ailleurs que dans la technologie en tant que telle. Elle est dans la capacité à balayer plein d’autres choses, issues du vieux monde ancien poussiéreux qui nous ennuie tant, comme : le code du travail et ses contrats pénibles avec sa protection sociale qu’un employeur offre normalement à une personne en lien de subordination, les règlementations toutes pourries sur les taxis, ces gros ringards qu’on aimerait bien désormais voir uniquement dans des films historiques. Et puis, cerise sur le gâteau de la disruption, la notation du client envers le chauffeur, qui, s’il n’a pas assez câliné ses clients, peut voir sa note baisser en dessous de 4,7/5 et se faire éjecter par son pseudo employeur disruptif, Uber, qui n’en est pas un, mais prend quand même 20% de comm pour chaque course (et a imposé désormais 25%). Génie !
Le barbare Uber a envahi plus 240 villes dans le monde avec son système de maquignon digital, et permis ainsi à des hordes de chômeurs ou de travailleurs pauvres de faire chauffeur pauvre à 15 heures par jour 6 ou 7 jours sur 7, sous pression de clients proprets, avides de confort et de « rupture digitale ». Ils sont nombreux, ces clients, à trouver Uber « formidable », et maudire tous ces taxis grognons et pas pratiques. Comme on les comprend. Ils ont en plus la possibilité de donner leur avis, émettre une opinion sur la créature servile qui les charrie, et peuvent, ô comble du pouvoir digital du doigt, lui faire perdre son travail, ou le conforter dans sa servitude au géant californien, par la grâce d’un simple clic…digital. Émouvant. Efficace. Moderne.
La vie n’est pas un paquet cadeau, et la suffisance narcissique technologique de ceux qui veulent profiter de toutes les innovations, ne devrait pas — normalement — permettre un tel mépris envers la partie de la population, toujours précarisée et instrumentalisée par les barbares digitaux. Mais à terme, les mêmes qui aujourd’hui s’enthousiasment pour la disruption, seront eux aussi remplacés par des machines. […]
Voilà, Uber n'a rien inventé, rien innové, il a juste mis en œuvre l'ultra-libéralisme dans un nouveau secteur, rien de plus. Les clients d'Uber ne sont pas des gens hypes, mais uniquement des moutons qui suivent les tendances qui visent à penser uniquement à soi tout en asphyxiant autrui. Rien de neuf : Amazon a permis à des moutons d'asphyxier les librairies au détriment du Code du travail, n'importe quel supermarché a permis à des moutons d'asphyxier le petit commerce au détriment du respect des personnes et de celui de la nourriture, permettant également le massacre des filières qui vivent du commerce (je pense aux agriculteur-rice-s, par exemple). Etc., etc. Mais au fond du fond, les moutons qui voulaient augmenter leur confort tout en dépensant moins se sont déjà fait asphyxier : il-elle-s payent moins cher leurs biens et services, mais les fins de mois sont toujours aussi difficiles. Elle est là, l'arnaque. Et c'est un cercle vicieux.
Devenir Mozillien, c’est à dire faire partie de la grande famille Mozilla, composée de ses employées mais aussi de ses milliers de bénévoles qui donnent de leurs temps, de quelques heures par mois à plusieurs heures par semaines...
On ne sait pas toujours par où commencer, ce qu’il est possible de faire et c’est là que le site What can I do for Mozilla ? https://whatcanidoformozilla.org/ intervient.
En arrivant sur le site on tombe sur une question aléatoire et en fonction de la réponse, on aura soit plus de détails, soit une autre proposition. Ainsi, on sera aiguillé peu à peu vers un projet, une forme de contribution qu’il est possible de faire, avec une redirection vers le site Internet correspondant au sein de la sphère Mozilla.
Ho, bien le site web de Mozilla qui aide n'importe qui à trouver sa place et à s'impliquer dans la communauté. :)
Avancées d'avant la séance publique au Sénat :
J'en retiens :
En séance publique au Sénat :
Des scrutins publics a été demandé par le groupe Les Républicains : sur les amendements de suppression, sur l'ensemble du texte. En gros, ça nous donne :
En lisant le compte-rendu de la séance, j'ai noté ce qui me semble être plusieurs erreurs et incompréhensions (je choisis de ne pas reprendre les propos sur lesquels j'ai déjà contre-argumenté) :
François-Noël Buffet a dit « On dit qu'internet facilite l'information des victimes, mais un message faux, injurieux, diffamant, attentatoire à la vie privée peut être publié sur un blog confidentiel avant que des mois plus tard, des dizaines voire des centaines de tweets ou de posts Facebook ne pointent un lien vers cet article. ».
François-Noël Buffet a dit « Le délai d'un an reste inférieur au droit commun, et le Conseil juge que le principe d'égalité ne fait pas obstacle à ce que des situations différentes soient soumises à des règles différentes. ».
Yves Détraigne a dit « À la différence d'un écrit publié sur un support papier, un message peut être publié une première fois sur un réseau social, puis reproduit des mois plus tard sans que la jurisprudence puisse distinguer ces infractions. ».
François Pillet a dit : « À la différence de la presse écrite, où le directeur de la publication est responsable de l'ensemble des contenus publiés, le régime de détermination de la personne responsable de propos publiés sur internet est particulièrement complexe. ».
Le titre est bullshit mais le contenu est intéressant.
Il y a quelques semaines, je vous avais parlé je crois d’une entreprise britannique du nom de Cambridge Analytica, à laquelle avait eu recours l’équipe de Donald Trump pendant la campagne présidentielle. Aujourd’hui, on sait un peu mieux comment fonctionne Cambridge Analytica, et c’est assez dingue. A la base, il y a un modèle de psychologie comportementale adaptée aux réseaux sociaux, c’est-à-dire la possibilité de déduire des traits de personnalités, à partir de comportements numériques. Pour vous donner une idée, l’homme à la base de ce modèle avait prouvé en 2012 qu’en observant une moyenne de 68 likes Facebook d’un usager, on pouvait déduire à 95% sa couleur de peau, à 88% son orientation sexuelle, à 85% ses préférences politique. Mais qu’on pouvait aussi bien en déduire son niveau d’étude, sa religion, sa consommation d’alcool, de cigarette, de drogue, et même si ses parents avaient divorcé. Le modèle permet donc de classer des types de personnalités selon des critères comme l’ouverture d’esprit, le rapport aux autres, ou l’aptitude à se mettre en colère. Mais encore faut-il, pour établir ces profils très fins sur un nombre conséquents d’individus, avoir des données le permettant, d’autres données que des likes Facebook. Or, il existe dans le monde de l’économie numérique ce qu’on appelle des data-brokers - des vendeurs de données - qui rassemblent et vendent des données de tous ordres, et notamment les données personnelles des Américains, dans un pays où elles sont peu protégées. Ainsi Cambridge Analytica se vante d’avoir pu établir les profils de l’ensemble des adultes américains, soit 220 millions personnes, d’avoir créé une sorte de moteur de recherche des personnes où, si vous cherchez des mères des famille blanches, au chômage, vivant en zone rurale, peu socialisées et favorables aux Républicains, et bien on vous sort des noms, des mails et des numéros de téléphone. La dernière étape, c’est l’élaboration de messages ciblés, qui vont être adressés par exemple via ce qu’on appelle les “dark posts” de Facebook, c’est-à-dire les messages sponsorisés (donc payés par l’émetteur) qui ne seront adressés qu’à des profils ciblés, et pas visibles par les autres. […]
[…]
Ensuite, bien sûr, on pourrait soutenir que l’on retrouve avec ces outils un vieux phénomène de la vie politique qui consiste à s’adresser différemment à des publics différents (les hommes politiques ont toujours parlé différemment à une assemblée du Medef et devant des syndicalistes enseignants, par exemple), mais ces communautés étaient identifiées. Là, s’impose une logique d’individualisation extrême construite sur des comportements et non plus des appartenances revendiquées. Ce qui est très différent.
Enfin, comme me le rappelait Emmanuel Laurentin ce matin, on pensait avec Orwell que l’autoritarisme de demain reposerait sur l’usage des technologies pour matraquer en continu un message à une masse d’individus presque indistincts. Et bien, c’est peut-être une combinaison plus subtile qui se met en place, la technologie aidant aussi à une hyper-individualisation du message, un phénomène de fragmentation extrême de la communauté politique, où, en dernier recours, c’est l’individu qui est visée. Ou comment l’informatique vient achever le travail du post-modernisme. Il va falloir apprendre à faire de la politique avec ça.
Complémentaire à Datagueule 68 - Marketing politique : Démocra-ciblée.
Via https://twitter.com/xporte/status/828881615849979904 via https://twitter.com/bortzmeyer
Le délire du jour avec gpg-agent et sa fonctionnalité agent SSH… ssh-add ~/.ssh/id_rsa -> Enter passphrase for -> Identity added -> The agent has no identities.
gpg-agent copies keys that you add with ssh-add to a special directory under ~/.gnupg (specifically ~/.gnupg/private-keys-v1.d with gpg2).
It seems, and I really think this should be reported as a bug, that if the key you're trying to add with ssh-add already exists in that directory it won't actually add the key to ~/.gnupg/sshcontrol which in turn means it won't be presented by gpg-agent. [...]
Once you remove the specific key and try adding again it should work. [...]
Avancées :
Notes intéressantes :
[…] As part of an FBI fraud investigation, a Philadelphia judge has ordered Google to obey search warrants for emails stored on servers outside the US. The court ruled that transferring the messages to the US didn't count as seizing foreign information, since there was no "meaningful" damage to the email account holder's "possessory interest" in that data. The privacy violation occurs when emails are disclosed in the US, the judge says.
Needless to say, Google isn't pleased. It directly cited Microsoft's victory as precedent, and argued that it had obeyed the warrant by handing over info that was stored in the US. The company believes that the judge "departed" from that precedent and intends to appeal the decision.
[…] Either way, the ruling shows that there isn't yet a final answer on handling data beyond US borders.
Notons que la victoire de Microsoft n'est pas encore totale puisque la Cour Suprême peut se prononcer sur ce cas.
Hop, le Conseil constitutionnel est passé par là (voir le communiqué de sa décision 2016-745 DC) :
Voici le mail que je viens d'envoyer au sénateur François Pillet concernant les propos qu'il a tenus lors de l'examen, en commission des Lois, de l'article 3 de la ppl de réforme des délais de prescription en matière pénale dont je n'arrrête pas de parler ici même :
Bonjour,
Je vous écris en tant que citoyen. Je ne représente aucune structure (commerciale ou non).
J'ai lu le compte-rendu de la commission des Lois du 01/02/2017 et notamment la partie sur la ppl de réforme de la prescription pénale, ppl à laquelle je m'intéresse depuis le début, car je considère que l'augmentation des délais de prescription est un vrai sujet de société qui nécessite une discussion de fond qui ne devrait pas être limitée aux parlementaires dans le cadre d'une ppl fort discrète.
Tout d'abord, vous avez déclaré : « Je rappelle que la prescription que nous voulons allonger ne vise que des délits, en l'occurrence ceux commis sur Internet : dès lors qu'il ne s'agit pas d'injures ou de diffamation, l'expression d'opinions ou de sentiments et la divulgation d'informations n'en seraient absolument pas gênées ! ».Justement, tout le problème est que les infractions de presse que sont l'injure et la diffamation, par exemple, sont systématiquement utilisées comme première ligne de défense, comme diversion, dès la publication du moindre contenu, même si les faits sont avérés et que l'expression est de bonne foi. On le voit avec des journaux tels que Mediapart mais c'est également le cas au niveau citoyen. À titre d'exemple, je vous rappelle la situation vécue par Émilie Colin, citoyenne accusée de diffamation pour avoir publié le prénom+nom des négociateurs français du traité international ACTA. Et elle n'est pas un cas isolé. Systématiquement, ces journaux et ces personnes gagnent en justice, mais doivent en assumer le coût et notamment celui de la fatigue mentale. C'est de la remise en question de cet équilibre de la loi de 1881 dont il s'agit en réalité dans le fond de vos propositions !
Ensuite, vous avez déclaré : « Vraiment, j'aimerais comprendre pourquoi 34 députés ont voté la suppression de ces dispositions... Quelle image cela donne-t-il des accords entre le Sénat et l'Assemblée nationale [...] »Quelques explications potentielles : parce que ces député-e-s écoutent les syndicats de presse déjà échaudés par les dispositions liberticides qui fut un temps contenues dans l'article 37 du pjl égalité et citoyenneté ? Parce que ces député-e-s écoutent également les citoyen-ne-s, comme moi, qui essayent d'expliquer en quoi cette modification de la loi de 1881 est une mauvaise idée ? Parce que ces député-e-s considèrent, et je leur apporte mon soutien, qu'un petit arrangement en coulisse entre les deux chambres de notre Parlement est insupportable et sans valeur, surtout lorsqu'il vise à restreindre une liberté (celle d'expression) afin de promulguer une faible disposition visant à faciliter la poursuite des infractions financières dissimulées qui ne sera jamais utilisée en pratique ! Je me contrefiche des accords entre le Sénat et l'Assemblée, je leur préfère une législation bien pensée, bien écrite et co-produite en bonne intelligence.
Enfin, je souhaite réagir à votre invitation « Vraiment, j'aimerais comprendre la motivation réelle de ceux et de celles qui vont sans doute continuer ce week-end à nous persécuter sur Internet... » et vous exposer mes motivations :
Expliquer à nos élu-e-s qu'il-elle-s se trompent lorsqu'il-elle-s considèrent Internet comme étant une circonstance aggravante. Il s'agit uniquement d'un support. Pas plus, pas moins que du papier.
- La croyance selon laquelle tout ce qui est publié quelque part sur le web est forcément lu par au moins 3 milliards de personnes est fausse : un article sur mon blog personnel est 100 fois moins lu qu'un article dans le Canard Enchaîné ! La force de diffusion de mon Twitter est très largement inférieure à celle de n'importe quelle station de radio ou TV ! De plus, ces supports traditionnels ne réalisent pas non plus forcément un contrôle approfondi en amont de la diffusion. Illustrations : le direct, les émissions de libre antenne, les divertissements qui volent bas et qui regorgent d'atteintes au respect de la personne humaine, etc.
- Au contraire de la presse papier avec laquelle les revues de presse étaient fastidieuses et incomplètes, le web permet de mettre en évidence très rapidement les éventuelles infractions de la presse. Pour cela, il suffit de chercher régulièrement son prénom+nom dans un moteur de recherche. Mieux, chacun-e peut utiliser un système d'alertes automatiquement (dont certains sont gratuits et faciles d'utilisation comme Google Alerts) afin d'être informé, en temps réel, des publications le-a concernant. Ces systèmes peuvent être configurés pour éviter la surcharge d'alertes en cas de forte activité sur Twitter, par exemple. Internet est un support compatible avec un délai de prescription de 3 mois !
- La croyance selon laquelle il n'y aurait plus de droit à l'oubli, que tout contenu est forcément très visible et très bien référencé ad vitam æternam, est tout aussi fausse. Produire du contenu récent qui parle de nous "éloigne" systématiquement les contenus plus anciens. Illustration : cherchez le prénom+nom d'un-e élu-e actif-ve, Alain Juppé, par exemple : les premières pages de résultats ne font pas état de sa condamnation judiciaire passée. Pour trouver cette information, il faudra délibérément utiliser les bons mots-clés, le contenu n'apparaît pas de manière magique. Quelle différence avec un-e passionné-e d'une thématique et ressortira de vieilles coupures de presse papier quand l'occasion se présentera, de même que la presse papier refait sortir les vieux dossiers régulièrement ? Illustration : l'interview passée de Pénélope Fillon exhumée par Envoyé Spécial. La remise en question ponctuelle du droit à l'oubli n'a pas besoin d'Internet pour exister et, là encore, il s'agit d'un équilibre entre la liberté d'information et celle du respect des personnes.
- Il est vain d'opposer citoyen-ne et journaliste professionnel-le : tous d'eux peuvent informer (qui mieux qu'un-e citoyen-ne local-e sait ce qui se trame dans son conseil municipal ?!), tous deux peuvent avoir de la déontologie, tous d'eux peuvent se tromper, être manipulés ou être induit en erreur. Tous deux peuvent savoir s'exprimer et argumenter. Tous deux sont dotés d'une capacité d'analyse (contrairement à ce que vous affirmiez en octobre 2016).
- M'opposer à tout changement de la loi de 1881 qui serait une atteinte à la liberté d'expression. Je refuse de participer à créer un monde inacceptable dans lequel seules les personnes les plus solides mentalement peuvent prendre le risque de s'exprimer. Je refuse de participer à créer un monde dans lequel tout organe de presse doit s'accoler à un cabinet d'avocats, ce que ne pourront faire que les plus gros ce qui nuit à la pluralité des médias (qui permet l'existence de journaux locaux citoyens). Je pense que les propositions que vous avez formulées avec vos collègues, dont la modification du délai de prescription fait partie, sont des atteintes disproportionnées à la liberté d'expression qui contribueraient à créer ce monde malsain que je décris.
Afin de vous illustrer que je ne m'exprime pas uniquement sur Internet, je téléphonerai à votre permanence en début de semaine afin de vérifier si ce mail vous a bien été transmis.Cordialement.
Oui, j'ai du temps à perdre dans ma vie…
ATTENTION : ça date mais c'est volontaire : se souvenir, ne pas oublier, tout ça.
Il lui aura fallu deux ans, pour que le tribunal administratif lui accorde l’accès à des documents que le ministère de l’Intérieur lui refusait. Hervé Lebreton, professeur de mathématiques, président de l’Association pour une démocratie directe, et ancien candidat aux législatives à Villeneuve-sur-Lot, a donc rendu public le détail des 10 374 subventions accordées en 2011 au titre de la réserve parlementaire.
«Je me suis lancé dans cette démarche pour prouver que chacun d’entre nous avait la possibilité d’agir en démocratie, explique à Libération Hervé Lebreton. Mais je n’ai pas reçu l’aide des parlementaires - alors que c’est leur rôle d’être transparents sur cette réserve - ni celle des ministères. Il a fallu une décision de justice et encore, on m’a fourni une liste incomplète. Il n’y a ni les noms des ministres concernés par la réserve ministérielle, ni les noms des associations.»
C'est bien ce qu'il me semblait : la publicité des distributions de fric au titre de la réserve parlementaire (des millions d'euros que les parlementaires peuvent distribuer à leur guise, sans aucun contrôle de l'utilité et du bon usage, pour financer des structures (associations, collectivités, etc.) dans leur circonscriptions) n'a pas été octroyée par les lois sur la transparence de la vie politique de fin 2013 qui faisaient suite à l'affaire Cahuzac mais découle d'une décision de justice préalable allant dans ce sens rendue en juin 2013. En bref : un collectif citoyen s'est bougé et le reste a suivi.
Merci guerby de m'avoir rafraîchi la mémoire. :)
Du coup, je dirais qu'il reste à :
- Prendre contact avec l'assistante parlementaire d'Esther Benbassa et avec l'équipe d'André Gattolin et celle de Corinne Bouchoux, toujours dans l'optique de récolter des informations, de la stratégie, etc. Pour ces deux dernières personnes, il est fort probable que nous serons redirigés vers Esther Benbassa qui est cheffe de file du groupe écolo mais avoir un échange avec lui et elle sera toujours utile puisqu'il faudra forcément des sénateur-rice-s pour agir en séance.
Fait. J'ai appris :
Que le passage d'un délai de prescription de 3 mois à 1 an uniquement pour les contenus publiés sur Internet a été ré-introduit en Commission des Lois du Sénat mercredi dernier, as expected. :(
Vraiment, j'aimerais comprendre la motivation réelle de ceux et de celles qui vont sans doute continuer ce week-end à nous persécuter sur Internet... Je rappelle que la prescription que nous voulons allonger ne vise que des délits, en l'occurrence ceux commis sur Internet : dès lors qu'il ne s'agit pas d'injures ou de diffamation, l'expression d'opinions ou de sentiments et la divulgation d'informations n'en seraient absolument pas gênées !
Parce que c'est stupide de faire une différence en fonction du support, d'autant plus quand celui-ci permet de mettre plus rapidement en évidence les éventuelles infractions ? Parce que le Conseil Constitutionnel a déjà estimé, il y a plus de 10 ans ( !!!), qu'il s'agit d'une atteinte disproportionnée ? Parce que le motif de diffamation est utilisé à tort et à travers pour allumer un contre-feu pour faire diversion lors de de parutions dans la presse ou sur le net même quand les faits sont avérés (à titre d'exemple, qui se souvient du cas d'Émilie Colin dans le dossier ACTA ?). Il y a beaucoup d'incompréhensions sur Internet, notamment la croyance que tout ce qui est publié quelque part sur le web est immédiatement lu par 7 milliards de personnes (du coup c'est plus grave de diffamer sur mon blog qu'au 20h de TF1) ou que tout est visible et très bien référencé ad-vitam æternam. Forcément, ça conduit à vouloir transformer les infractions de la presse commises en ligne en infractions continues et à aggraver les sanctions…
Vraiment, j'aimerais comprendre pourquoi 34 députés ont voté la suppression de ces dispositions… Quelle image cela donne-t-il des accords entre le Sénat et l'Assemblée nationale, des explications de vote de la quasi-totalité des groupes, de l'avis du garde des sceaux, parfaitement cohérent avec la position des députés et des sénateurs ! Cette position est curieuse et ne laisse pas de m'étonner, mais je ne désespère pas de comprendre les raisons profondes et sans doute particulièrement légitimes qui l'ont inspirée.
- Identifier les chef-fe-s de file de chaque groupe politique au Sénat pour cette proposition de loi. Pour ça, rien de mieux que de contacter le-a président-e de chaque groupe politique au Sénat, àmha. Une fois identifié, il faudra les convaincre de voter conforme. :)
J'ai essayé de m'en occuper. Je n'ai pas réussi à joindre tous les groupes.
Les "hauts fonctionnaires entrés par copinage", ça m'intéresse. Des noms ? Après, je sens que les intéressé-es ont droit à des exceptions à l'exceptions, genre fait du prince et compagnie, "le président n'a pas à rendre de compte sur le choix de ses collaborateurs", etc.
Exemple : Agnès Saal, tout juste condamnée et recasée au Ministère de la culture. Certes, elle s'est pris une suspension temporaire. C'est l'exemple qui me revient, là, tout de suite mais ce n'est pas le seul dont j'ai entendu parler dans la presse.
Ce qui m'a interpellé dans cette loi (proposition ou projet ? Porté par qui ? Il va falloir que j'aille voir sur le site de l'AN) [...]
C'est dans la citation incluse dans mon shaarli : « propositions de loi portées par Fanny Dombre-Coste (PS) ».
est-il précisé que le/la condamnée-e doivent être démis-e de ses fonctions électives ? Je ne sais pas pourquoi, je ne le pense pas...
C'est le code électoral qui sera(it) modifiée par cette disposition donc non, tu termines ton mandat tranquillou. :)
D'autant plus qu'il s'agit généralement d'une peine complémentaire à la peine principale : amende/prison + inéligibilité pour x années.
Oui. :) Dans le meilleur des cas, ça prolonge une peine d'inégibilité puisque l'éligibilité sera seulement acquise par l'effacement du fichier. Dans le pire ces cas, tu peux voir cette proposition de loi comme le moyen de forcer la main à la justice dans le sens où la personne sera inéligible de fait sans que la justice n'ait à prononcer une peine d'inégibilité.
Tu dis que la loi ne concerne pas les élus locaux... je rajouterais aussi que l'on pourra continuer à être ministre et avoir un casier long comme le bras. C'est chouette.
J'ai écris « tout-e personne non élu-e- ». Au-à-la lecteur-rice de décliner : ministre, assistant-e parlementaire, directeur-rice de cabinet, conseiller-e, préfet-e, recteur-rice, etc., etc. Sans compter les mandats locaux. Toutes ces professions ne sont pas concernées. En gros, pour tout ce qui n'est pas président-e de la République, député-e ou sénateur-rice, ça sera business as usual. Et à ce sujet : Liste, non exhaustive, des 57 CONDAMNÉS toujours au Gouvernement ou au Parti Socialiste. (attention, il y a des cas invalides où le casier était probablement proscrit lors du mandat post-sanction).
À l'unanimité, les députés ont adopté mercredi soir les deux propositions de loi portées par Fanny Dombre-Coste (PS). L'enjeu ? Imposer aux candidats à une élection, comme c'est déjà le cas pour des centaines de métiers aujourd'hui, d'avoir un casier judiciaire "vierge". Sont concernées toutes les personnes condamnées pour infractions criminelles, manquements à la probité, fraude fiscale ou électorale, et violences sexuelles.
[...]
Le calendrier parlementaire très serré laisse peu d'espoir que cela arrive avant la fin des travaux du parlement, fin février. Ce sera donc à la prochaine vague de parlementaires de reprendre - ou non- à son compte, cette réforme...
La liste des infractions qui conduisent à l'inéligibilité me semble plutôt complète : toutes les infractions criminelles, fraude fiscale ou électorale, harcèlement et agression sexuelle, corruption, recel, blanchiment , trafic d'influence, etc.
Je vois plein de limites à cette zolie déclaration de principe :
Je me mets ça de côté parce que j'en ai marre de le retrouver de tête à chaque fois (et d'oublier des règles à chaque fois) :
*filter
:INPUT DROP [0:0]
:FORWARD DROP [0:0]
:OUTPUT ACCEPT [0:0]
-A INPUT -m state --state RELATED,ESTABLISHED -j ACCEPT
-A INPUT -i lo -j ACCEPT
-A INPUT -p ipv6-icmp -m icmp6 --icmpv6-type 134 -m comment --comment RA -j ACCEPT
-A INPUT -p ipv6-icmp -m icmp6 --icmpv6-type 135 -m comment --comment NS -j ACCEPT
-A INPUT -p ipv6-icmp -m icmp6 --icmpv6-type 136 -m comment --comment NA -j ACCEPT
-A INPUT -p udp --sport 546 --dport 547 -m comment --comment DHCPv6 -j ACCEPT
-A INPUT -p ipv6-icmp -m icmp6 --icmpv6-type 128 -m comment --comment ping6 -j ACCEPT
COMMIT
Un jeu de règles de filtrage minimaliste pour IPv6, au format ip6tables-save (restaurable au boot avec netfilter-persistent).
Il est nécessaire d'autoriser les messages ICMPv6 Router Advertisement (RA) afin de prendre connaissance du ou des routeurs de sortie du réseau car cette information n'est plus distribuée via DHCP comme c'était le cas en IPv4.
Il est nécessaire d'autoriser les messages ICMPv6 Neighbor Solicitation (NS) afin de répondre aux demandes de résolution IP->MAC d'une de nos adresses IPv6, prérequis à tout échange réseau. Équivalent d'une requête ARP en IPv4.
Il est nécessaire d'autoriser les messages ICMPv6 Neighbor Advertisement (NA), qui sont les réponses aux NS afin de :
Gérer les cas de redondance VRRP/CARP du routeur de sortie. Lors d'un basculement d'un routeur physique à un autre, il y aura émission de messages NA non sollicités donc sans état dans Netfilter donc qui ne passeront pas la première règle du jeu de règles ci-dessus ;
Gérer le cache des associations MAC<->IPv6. En effet, pour établir une communication vers l'extérieur, il y aura un échange (RS-)RA afin de prendre connaissance des routeurs de sortie. L'adresse locale au lien et la MAC du routeur de sortie sont incluses dans le message RA. L'information sera mise en cache sur ta machine. Le cache expire. Ta machine enverra des messages NS afin de prendre connaissance de la MAC du routeur. Le routeur répondra. Ces messages RA ne sont pas reconnus/attrapés/mappés par Netfilter comme faisant partie d'une communication déjà établie ou relative à une communication déjà établie (probablement car les IP source et destination ne correspondent pas entre la question et la réponse à cause de l'utilisation du multicast et qu'il ne semble ne rien y avoir d'autre dans ICMPv6 pour créer un état) donc ils n'entreront pas sur notre machine via la première règle du jeu de règles ci-dessus. Donc la communication sera interrompue pendant plusieurs 10aines de secondes… … … jusqu'à ce que le routeur de sortie, ayant son cache qui expire, n'émette un NS (qui est autorisé à entrer sur notre machine par notre 4e règle de filtrage) qui permettra de renouveler notre cache (puisqu'il y a IP source et MAC source du routeur dans ce message ICMPv6 ;) ), permettant ainsi à la communication de reprendre jusqu'à la prochaine expiration et ainsi de suite.
watch ip -6 n sh montrera un cycle anormal du cache MAC<->IPv6 c'est-à-dire beaucoup de longs passages par les états « INCOMPLETE », « FAILED » et « PROBE ».Autoriser DHCPv6 permet de récupérer des informations complémentaires (serveurs DNS récursifs suggérés, serveurs NTP suggérés, etc.) aux RA sur les réseaux qui sont équipés d'un serveur DHCPv6.
Soit un réseau informatique sur lequel nous n'avons pas la main, nous sommes juste root sur une machine (que nous nommerons sonde ci-dessous) dans ce réseau.
En IPv4, aucun problème : on peut ping/traceroute/mtr. En IPv6, c'est plus compliqué : un ICMPv6 echo-request arrive à destination mais l'echo-reply n'arrive jamais jusqu'à la machine sondeuse. traceroute et mtr ne fonctionnent pas du tout dans le sens où aucun nœud réseau n'apparaît alors que les paquets sondeurs sortent pourtant bien de la machine. Aucun paquet ne parvient à la destination.
Plus étrange, un ssh -6 -p 22, un telnet -6 22 et un nmap -6 -p 22 fonctionnent, la machine qui sonde obtient bien un SYN-ACK. En revanche, un mtr -6 -T -P 22 ne fonctionne pas. Les paquets sont perdus sur le réseau et n'arrivent jamais à destination.
Les ports source sont identiques dans les deux cas : pris au pif dans la plage des ports éphémères.
Blusky m'a indiqué que cela pouvait être dû à une protection contre les scans de ports silencieux (nmap -sS), c'est-à-dire un scan qui contourne la poignée de main TCP : nmap envoie un SYN, la destination répond l'habituel SYN-ACK et la pile TCP de la sonde répond RST au lieu du drapeau ACK, ce qui montre que cette connexion n'était vraiment pas sérieuse donc scan "silencieux". Un scan "normal" (nmap -sT) est le défaut de nmap s'il n'est pas exécuté en root, sinon un scan silencieux sera réalisé. Certaines protections réseaux peuvent détecter les scans silencieux et les bloquer. Un tel blocage se détecte facilement : les premiers paquets passent puis, ho, pouf, plus rien. Or, dans mon cas, aucun paquet, même pas les premiers, ne parviennent à destination. De plus, nmap -sT -p 22 et nmap -sS -p 22 produisent le même résultat. Il ne s'agit donc pas de cela.
En comparant les paquets IP capturés avec Wireshark, je me dis que l'une des différences entre un traceroute/mtr et un ssh/telnet/nmap est le hop limit (le nom IPv6 du TTL IPv4). Il est positionné à au moins 64 pour ssh/telnet/nmap alors qu'il est positionné à 1 puis 2 puis 3 puis 4 puis… par traceroute/mtr dans l'optique que les routeurs renvoient des messages ICMPv6 « Time Exceeded » et dévoilant ainsi qu'ils sont sur le chemin de la communication. Pour tester cette hypothèse : ping6 -t 5 : rien n'arrive à destination. ping6 -t 10 : rien n'arrive à destination : ping6 -t 15 : hooo, les echo-request arrivent à destination !
On peut aussi mettre cela en évidence avec Scapy :
#!/usr/bin/python
#coding=utf-8
from scapy.all import *
import random
monPaquet = IPv6(dst="2a00:5881:8110:1000::1", hlim=15) / TCP(dport=22, flags="S")
monPaquet.payload.sport = random.randint(32768,61000)
send(monPaquet, verbose=0)
En faisant varier le hlim, on met clairement en évidence un filtrage basé sur le hop limit.
J'ignorais que des admins infos s'ennuyaient au point d'avoir le temps de mettre en place ce genre de craderies, et uniquement en IPv6. :(
Le titre est stupide (si j'ai un accès physique à ta personne, je te casse les genoux jusqu'à ce que tu m'avoues le secret que je cherche) mais l'article est intéressant :
À partir d’un simple jeu vidéo de sa conception, intitulé Flappy Whale, et de sept électrodes installés sur ses cobayes, elle a pu connaître les opinions personnelles de chacun(e) sur différentes marques de fast-foods et d’automobiles. Il lui suffisait pour cela de faire apparaître, pendant leur partie, ces différents logos de manière subliminale — pas plus de quelques millisecondes — mais de manière répétée. En captant les signaux électriques du cerveau perçus à chaque apparition, Bonaci et son équipe ont pu recueillir la perception subjective de chacun(e). [...]
Les hackers nécessitent toutefois d’avoir accès au corps de leur cible, ce qui pourrait permettre, selon Tamara Bonaci, aux fabricants de casques de réalité virtuelle, aux applis de fitness à base d’objets connectés au corps et tout type d’appareil ou de logiciel de ce genre de récolter secrètement ce genre de données tandis qu’on s’adonne à une activité annexe. [...]
Toujours plus de monétisation ?