Deux arrêts rendus le 31 mai dernier par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) sont passés un peu inaperçus. Pourtant il y avait une actualité à laquelle les relier. Dans une affaire contre la Pologne [ NDLR : heeeu ? La Roumanie, non ? ] et une autre contre la Lituanie, la Cour reconnaît que la CIA a joué un rôle dans la torture de civils, dans le cadre de son combat contre le terrorisme et que certains Etats européens, dont les deux cités précédemment, ont joué un rôle facilitateur. Cela tombe à point, au moment où les Etats-Unis nomment à la tête de l'agence de renseignement extérieur Gina Haspel, qui gérait une prison occulte pratiquant la torture en 2002.
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En ce qui concerne l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme : "Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants", la Cour estime que la Roumanie n'a pas agi contre un programme dont elle savait qu'il comportait des risques pour les personnes qui y étaient soumis et a même apporté son aide.
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Dans son arrêt sur la Lituanie, la Cour estime que la Lituanie était au courant de la présence sur son sol d'un centre de détention de la CIA
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Ce sont désormais cinq Etats européens qui ont été reconnus coupables par la CEDH pour leur participation au programme de torture des Etats-Unis : Macédoine, Italie, Pologne, Lituanie, Roumanie. Toutes décisions qui ne font ni chaud ni froid aux présidents Américains ayant succédé à George Bush, y compris Barack Obama qui s'est refusé à toute poursuite de l'Administration précédente. […]
Suite aux attentats du 11 septembre 2001, des pays européens ont accueilli des centres de détention secrets de la CIA sur leur sol, ont facilité la torture de personnes désignées par les USA comme responsables des attentats et ont permis leur extradition vers les USA (ce qui est contraire au droit UE puisque ces détendus allaient bénéficier d'un traitement moins favorable à leurs droits humains aux USA)… sans plus de procès et sans rendre de comptes… La Cour expose bien que ces pays n'ignoraient pas ce qu'ils faisaient, donc qu'ils sont complices…
Vie et assassinat d'un ado américain trans. Les scènes clés de ce film sont poignantes et le contraste entre la scène la plus tragique et l'une des plus belles scènes d'amour du ciné (au moins, elle sonne largement moins faux qu'un paquet d'autres) fait aussi son effet.
Inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé en 1993 aux USA. 25 ans plus tard, je perçois aucune évolution de nos sociétés, sur ce sujet comme sur d'autres et je constate que la tolérance est toujours une notion abstraite. Ce film s'inscrit malheureusement dans l'actualité.
À voir.
Maître de conférences à l’université de Rouen, Ludivine Bantigny a accompli un remarquable travail d’historienne pour son livre sur Mai 68. À partir d’archives consultées dans toute la France, souvent inédites, elle s’est attachée aux luttes petites et grandes et sort 1968 des clichés entretenus par les uns et les autres.
Première idée reçue : la France de 1968, prise dans le tourbillon des « Trente Glorieuses », se porterait bien économiquement.
Certes, on vit dans une société bien différente de celle de l’immédiat après-guerre qui avait souffert de toutes les pénuries. Là, on a un taux de croissance qui est confortable, plutôt stable, de l’ordre de 5 % par an. Mais derrière cette croissance se cachent des inégalités sociales très profondes. 5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, 2 millions avec des salaires de l’ordre de 400 ou 500 francs par mois, a peu près l’équivalent en euros aujourd’hui. La moitié des logements n’ont ni eau courante ni toilettes. Beaucoup de familles habitent dans une ou deux pièces à six, à huit. Il y a entre 470 000 et 500 000 demandeurs d’emploi. Évidemment par rapport aux chiffres actuels, ça paraît faible. Mais beaucoup d’entreprises ferment dans le textile, la métallurgie, la mécanique. On commence à dire que les conditions de production françaises ne sont plus assez compétitives, concurrentielles, dans un monde où le marché commun se met en œuvre, où le libre-échange se diffuse à l’échelle internationale. L’ANPE est créée en 1967. On ne crée pas une agence nationale pour l’emploi s’il n’y a pas de problème de chômage. La même année est créé le poste de secrétaire d’État à l’emploi occupé par Jacques Chirac ! Ses détracteurs l’appellent Monsieur chômage… On lit sur les banderoles de la CGT et même de la CFDT le 1er mai 68 : « Défense de l’emploi » « Non aux licenciements »…
Les jeunes étaient moins bien payés, pourquoi ?
Pour les jeunes, il y a l’abattement d’âge c’est-à-dire qu’ils ne touchent qu’un pourcentage du salaire des travailleurs adultes à travail égal. Concrètement, on a 16 ans et on gagne 60 % du salaire d’un adulte, à 17 ans 70 %… Ces très bas salaires pour les jeunes vont d’ailleurs être une des étincelles de la mobilisation, avant même mai 68.
Autre idée reçue : tout commence à Paris.
Les premiers pavés n’ont pas été lancés au quartier Latin mais à Quimper, en octobre 67, avec de grandes manifestations paysannes. À Caen en janvier-février 68, il y a des grèves très importantes de jeunes ouvriers, surtout dans les entreprises sous-traitantes de l’automobile. Les patrons avaient « délocalisé » en province, hors des bastions ouvriers traditionnels de la région parisienne, notamment dans l’Ouest. Ils espéraient que cette main-d’œuvre d’origine rurale serait plus servile, et les salaires sont beaucoup moins élevés à travail égal par rapport a la région parisienne. Ce sont ces jeunes—là qui vont se mobiliser les premiers dans une grève très dure où les rejoignent des paysans, des étudiants et des salariés du secteur tertiaire. Caen, c’est aussi une place forte de la jeunesse communiste révolutionnaire qui vient prêter main-forte aux grévistes. À tel point que le préfet du Calvados rédige des rapports quasiment chaque jour envoyés au ministère de l’Intérieur pour alerter sur cet alliage de groupes sociaux qui se rencontrent à la faveur de la grève, une situation qu’on pourrait, prévient-il, retrouver à l’échelle nationale. Pendant les événements, outre les régions très industrialisées, j’ai découvert avec surprise que, par exemple, dans les Vosges, il y avait des grèves avec occupation dans de nombreuses industries textiles, parfois implantées en milieu rural, avec dix ou vingt salariés.
Cela nous amène au troisième lieu commun : 68 ne serait qu’un petit mouvement d’étudiants
L’événement est défiguré partout par le discours médiatique un peu hégémonique — même s’il est en train de changer — qui dit que tout ça était une petite révolte de fils à papa qui ne savaient pas très bien ce qu’ils voulaient, qui jouaient à la révolution mais qui, ensuite, se sont bien tranquillement rangés. On a occulté pendant des décennies la grève générale, le mouvement social, les occupations d’usines, de bureaux, de magasins, de ports, de gares, de théâtres, de lycées, d’universités… Il y a eu cette occultation tout simplement pour éviter que ça ne se reproduise.
On a aussi occulté les victimes
Il y a quand même eu six morts en 68. Le 12 juin, par exemple, Pierre Beylot et Henri Blanchet, deux ouvriers de Peugeot Sochaux, meurent lors des affrontements avec les CRS, dont l’un d’une balle en pleine tête. Deux morts dans la plus grosse usine de France. Que fait la CGT ? Elle appelle à un débrayage d’une heure ! Ça paraît assez fou ! La grève générale du 13 mai comme la grande manifestation du même jour s’organisent contre les violences policières. Et donc on aurait pu avoir le 15 juin quelque chose d’encore plus gigantesque étant donné que, cette fois, il y avait des morts ! Eh non, il ne se passe rien. Il y a encore un peu plus de 2 millions de grévistes à cette date-là; c’est encore beaucoup même si, au sommet de la grève, il y en avait 9 ou 10 millions. Mais il s’agit de préparer les élections, et de les gagner. Donc il ne faut pas que la grève reparte.
Le PCF et la CGT ont joué un rôle ambigu…
La ligne du Parti communiste, c’était la voie française au socialisme. Ça ne sera pas une révolution, ça ne sera pas Pékin, ni Alger, ni La Havane, ça sera la voie française, une forme de programme commun, d’union de la gauche. Le PC est persuadé d’y arriver : les élections législatives de 67 avaient vu les différentes organisations de gauche être tout près de les remporter. Et tout ce qui peut troubler cette stratégie est dangereux. Donc les gauchistes, c’est le vocable qui revient tout le temps, sont soit naïfs, soit romantiques, soit manipulés, voire pire. Certains dirigeants du PC laissent entendre qu’ils seraient, pour certains, des flics, en tout cas qu’ils feraient le jeu du pouvoir en voulant créer une situation de guerre civile. Pareil pour la direction de la CGT, j’insiste sur le mot direction car, section par section, ça se décline très différemment. Elle met en avant des revendications matérielles, notamment des augmentations de salaire. Au-delà, le reste n’est que littérature. Le discours de De Gaulle du 30 mai qui annonce la dissolution de l’Assemblée nationale arrange bien le PC. Georges Séguy qui dirigeait alors la CGT raconte dans ses mémoires que de Gaulle lui avait expliqué : au fond, on a au moins un intérêt en commun, c’est de faire cesser cette grève, et après, on verra qui remporte les élections.
La CFDT est sur la même position ?
Non, à l’époque, la CFDT est très politique dans ses revendications. Elle parle clairement d’autogestion, elle pose la question du pouvoir, en lien d’ailleurs avec le FSU. Et Rocard, à l’époque, tient des discours quasiment révolutionnaires : pouvoir aux ouvriers, pouvoir aux étudiants, pouvoir aux paysans.
Il y a aussi une grosse répression envers les immigrés
Oui. Les étrangers sont particulièrement fichés, interpellés et arrêtés par la police. Beaucoup de militants et d’ouvriers qui viennent du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne. La répression se traduit soit par des expulsions, des centaines en juin 68 — d’où les affiches « Non aux expulsions de nos camarades étrangers » — soit par des interdictions d’accès au territoire français pour tous ceux qui ont à un moment donné quitté la France. Il y a aussi des phénomènes de solidarité : beaucoup d’étudiants qui font des collectes pour contribuer à aider les familles de grévistes, notamment étrangères et notamment dans les bidonvilles. L’exemple qui va marquer le plus les esprits mais qui n’est que l’arbre qui cache la forêt, c’est celui de Daniel Cohn-Bendit. Il se rend en Allemagne pour faire le pont avec Berlin-Ouest. Quand il veut revenir, il est interdit d’accès au territoire français. Toute la police de France et de Navarre est mobilisée. J’ai vu dans les archives les consignes du ministre de l’Intérieur, des télégrammes « très urgents » : « Tout mettre en oeuvre pour que l’individu Cohn-Bendit ne franchisse pas la frontière. » C’est ahurissant. Quand le patronat des mines de fer lorraines demande au préfet de Meurthe-et-Moselle de liquider les piquets de grève, il refuse : « Toutes nos forces sont mobilisées à la frontière pour empêcher le retour de Cohn-Bendit. »
Quel est le rôle des étudiants dans tout ça ? Qu’est-ce qui se passe à Nanterre ?
Nanterre est une université implantée en banlieue, au coeur des bidonvilles. Les étudiants sont tout a fait conscients d’être des privilégiés. Ils représentent une toute petite minorité par rapport à l’ensemble des jeunes. Il y a moins de 10 % d’enfants d’ouvriers, moins de 7 % d’enfants d’agriculteurs dans les facs. Parmi ceux qui se mobilisent, il y a ce sentiment qu’on ne peut pas être que des étudiants, qu’on n’est pas là pour être de futurs rouages du système, pour devenir les futurs exploiteurs des ouvriers. Il y a une conscience marxiste et libertaire très importante, et aussi très internationaliste : la solidarité internationale avec les peuples qui se soulèvent dans ce qu’on appelle à l’époque le tiers-monde, et bien sûr le Vietnam. Ce sera l’une des étincelles du 22 mars, puisque les étudiants de Nanterre décident d’occuper la tour administrative après l’arrestation de leurs camarades qui, lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam, ont brisé les vitres de l’agence American Express. Ils se mobilisent aussi contre le carcan moral. C’est le règlement des cités universitaires où filles et garçons n’ont pas le droit de se rencontrer, un monde de non—mixité devenu insupportable pour ces jeunes. Il y a une troisième dimension qui est l’université comme lieu de reproduction de l’élite… Beaucoup ont été marqués par le livre de Bourdieu, Les Héritiers, publié en 1965. Ces trois facteurs se regroupent dans un quatrième, la solidarité entre eux et les salariés, les facs ouvertes aux travailleurs. D’emblée, ils refusent de s’isoler du mouvement social.
A l’inverse de la peur, des morts, vous parlez de la joie. Comment la définiriez-vous ?
Les gens sentent qu’ils vivent un événement extraordinaire. Ils étaient isolés les uns des autres, métro-boulot-dodo, et là tout à coup, ils se mettent à parler entre eux, discutent de sujets trop rarement abordés. Ils se sentent plus forts, à la fois comme individus et comme collectif. Et puis il y a beaucoup d’humour. Siné le raconte très bien.
Alors, 1968-2018, comparaison est-elle raison ?
Beaucoup d’ingrédients sont réunis, même si ce n’est pas du tout la même époque, les mêmes enjeux. L’immense précarité du travail rend les jeunes beaucoup moins confiants dans l’avenir. En 68, les gens se mobilisaient en espérant vraiment que le monde serait meilleur et qu’ils pourraient le changer, avec plus de justice sociale, plus d’égalité, plus d’émancipation… Aujourd’hui, c’est quand même plus difficile d’avoir ces espoirs ! Ce qui me frappe en allant dans les Zad, sur les places occupées comme pendant Nuit debout, c’est le retour, avec les difficultés et les limites que tout ça comporte, d’une grande force d’imagination politique. Le capitalisme, en plus dans sa version néo-libérale, néo-managériale, a fait tellement de ravages qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes se disent : « Ce n’est plus possible. » Donc ils se remettent à penser, et non seulement à penser mais à mettre en accord leurs pensées politiques et leurs pratiques.
Cette entrevue n'en fait pas mention, mais 1968, c'est aussi la (re)naissance des envies d'aventures collectives, ce qu'on nomme aujourd'hui les sociétés coopératives (scop), par exemple.
Dans Siné mensuel de mai 2018.
George Orwell imaginait une dictature s’armant d’une novlangue propre à enterrer la pensée. Trump le fait ! Le maître de la Maison—Blanche tente d’évincer les mots qualifiant les problèmes de santé publique qui le dérangent.
Aux États-Unis, le réseau des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) est une institution des plus respectées dont l’autorité en matière de surveillance des pathologies lui vaut reconnaissance internationale. Les CDC sont particulièreménten charge de la prévention de la morbidité et de la mortalité dans les maladies transmissibles, les maladies dues à l’environnement, les maladies chroniques, les lésions traumatiques et les risques professionnels. Traduits en langage trumpien, les CDC sont des empêcheurs d’exploiter, de polluer, d’empoisonner à petit feu, de laisser mourir les malades du Sida, de la tuberculose, etc. C’est ainsi que l’on peut interpréter la décision, le 16 décembre 2017, de la direction du CDC d’interdire à ses cadres d’utiliser sept mots dans leurs écrits officiels : « transgenre », « diversité », « foetus », « le droit a… », « fondé sur des preuves », « vulnérable » et « fondé scientifiquemen » que l’on conseille de remplacer par « la science au regard des normes et des souhaits de la communauté ».
Cette directive vaut pour les documents budgétaires, par pour les écrits scientifiques en eux-mêmes. Pour l'instant ?
Le grand effacement
Dans le monde du « fait alternatif » de Donald Trump — comme aime à justifier ses mensonges sa conseillère particulière, Kellyanne Conway — bannir des mots suffirait à réfuter l’existence de ce qu’ils recouvrent. En interdisant le mot « foetus », on effacerait l’avortement; en supprimant « transgenre », ce dernier devient transparent; en gommant « vulnérable », il n’y a plus ni pauvres, ni problèmes sociaux, ni victimes potentielles des armes à feu.
Une autre piste est celle de maximiser les chances des CDC de débloquer des crédits en n'utilisant pas de mots qui font flipper les vieux réacs conservateurs du Congrès, ceux-là même qui octroient les crédits. En gros, cette directive de l'administration Trump serait dans l'intérêt des CDC. Lolilol.
Mais quels mots choisir pour les turpitudes de Brenda fitzgerald, l’ex-directrice du CDC ? Après les mots interdits en décembre, le CDC s’est lancé en janvier 2018 dans la préparation des esprits à la guerre nucléaire, avec une conférence en ligne intitulée « La réponse de la Santé publique lors d’une déflagration nucléaire ». Son but : apprendre à planifier et préparer les interventions d’urgence en cas de détonation nucléaire. Faut-il y discerner un désir présidentiel de passer du rêve à la réalité ?
En février, Alex Azar, secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, l’autorité de tutelle du CDC, a annoncé dans un « trumpien » parfait que les « intérêts financiers complexes » de Brenda Fitzgerald l’obligeaient à accepter sa démission. En fait, c’est le journal américain Politica qui a fait sortir les mots justes — conflit d’intérêts — en révélant que la directrice du CDC nommée par Trump avait depuis lors investi des sommes d’argent importantes dans des actions d’une multinationale du tabac, dans des laboratoires pharmaceutiques et dans une compagnie d’assurance santé.
Dans Siné mensuel de mai 2018.
Les sciences n’échappent pas à deux travers des religions et de la politique : le culte de la personnalité et le plagiat. C’est le cas en biologie, dans les théories sur l’histoire de la vie. Celles-ci n’ont pas eu un essor facile : leurs découvertes, comme celles de l’astronomie, réfutent les dogmes stupides de vieilles religions jadis toutes-puissantes. Face aux évidences observées, les scientifiques maquillaient leurs découvertes si elles contredisaient les inepties des livres sacrés. Sous peine de finir cuisinés. Ainsi, quand Buffon écrivait que l’âne et le cheval auraient pu avoir un ancêtre commun, que l’on pourrait imaginer que tous les êtres vivants soient issus de transformations, c’était pour, dans le paragraphe suivant, démentir ces « hypothèses absurdes » niant la divine création.
Lamarck a profité de la courte fenêtre de tir matérialiste de la révolution pour enseigner, en 1800, que l'histoire de la terre a duré des millions d’années et que tous les vivants sont apparus au long de généalogies parties des êtres les plus simples, eux-mêmes issus de la matière inerte. La théorie de l’évolution était écrite dès 1801 et développée dans la Philosophie zoologique, en 1809, année de naissance de Darwin. Mais l’Empire ramena les bigots au pouvoir et la Restauration aggrava les choses. Un Lamarck bashing qui persiste de nos iours !
Un demi-siècle plus tard, après avoir admis le mérite de Lamarck, Darwin prétendit ne rien lui devoir. Son originalité en évolution se limitait pourtant à la sélection naturelle, imaginée par Malthus et volée à Wallace. Darwin a plein d’autres mérites, pas ceux—là ! Ce qui n’empêche pas un culte religieux du soi-disant « père de l’évolution » dans les pays anglo- saxons, importé en France par des intégristes darwiniens incultes.
On en oublie même les autres apports de Lamarck, en particulier les propositions de méthode et philosophie des sciences de son dernier ouvrage, qui vient d’être republié. On y trouve aussi des observations étonnantes sur la façon dont les humains détruisaien la nature et ses espèces… en 1820 ! Et sur la façon dont le conflit entre instinct et raison les conduit à des comportements absurdes, destructeurs et compromettant l’avenir… Lamarck a inventé le mot biologie, mais pensait déjà écologie et biologie du comportement !
Dans Siné mensuel de mai 2018.
L'étude a échautfé les esprits. Selon plusieurs chercheurs en agronomie et en botanique, l'augmentation du CO2 dans l’atmosphère à cause du réchauffement climatique va abaisser la qualité nutritive du riz, la céréale la plus cultivée du monde. Et pas qu'un peu. D'ici à la fin du siècle, 8 % des minéraux comme le fer se seront tait la malle, 10 % des protéines et iusqu'à 30 % des vitamines B (« Science Advances », 23/5). Vous vous dites que c’est fâcheux, mais que d'ici cent ans on a le temps de voir venir.
Sauf que, déjà, certains fruits et légumes poussent dans cette atmosphère saturée en CO2 qu'on subira d'ici une centaine années. Prenez la tomate de table. Sur les 600 000 tonnes produites tous les ans dans l’Hexagone, 10 % poussent en plein champ, les pieds dans la terre. Le reste est cultivé sur un substrat nutritif, alimenté au goutte-à-goutte, dans des serres chauffées quasiment toutes enrichies en C02.
Le dioxyde de carbone est en effet un puissant fertilisant, qui, vaporisé dans la serre, fait grossir de 30 % les rendements. Plus la plante capte de CO2, plus elle transforme efficacement l'énergie du soleil en matières organiques. D'où l’usage de l’éclairage artifificiel, a condition de ne pas dépasser 18 heures d'affilée : si le légume n'a pas ses 4 heures d’obscurité, elle s’épuise, c'est le burn-out. La où une tomate de plein champ donne des fruits quatre mois de l'année, au rythme d’une récolte hebdomadaire la « carbonée » se cueille deux fois par semaine, 11 mois sur 12, et elle est plus grosse !
Tout cela fait le bonheur des marchands de C02. Rien qu'en France un millier d'hectares de serres, abritant surtout des tomates, mais aussi des concombres, des poivrons et des aubergines, sont enrichis en dioxyde de carbone, et ce à des niveaux de deux à trois fois plus élevés que dans l’air ambiant actuel. Le précieux gaz, vendu liquéfié par des sociétés comme Air liquide, se négocie environ 100 euros la tonne. Sinon, dès qu'ils le peuvent, les maraîchers injectent le CO2 récupéré dans les fumées de la chaudière qui chauffe leur serre.
Selon les rares études sur le suiet, les fruits et légumes « carbonés » contiennent moins de nutriments avec plus de sucres et de flotte. Quid des conséquences pour la santé ? L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation a promis d'étudier la question. En attendant, pour la tomate, ça gaze !
Dans le Canard enchaîné du 6 juin 2018.
Le régime mauritanien séduit députés et personnalités pour redorer son image et combattre ses opposants.
C’est officiel : dans un mois, Macron va s’inviter au sommet de l’Union africaine en Mauritanie. Jolis salamalecs à Nouakchott, capitale d’un régime qui ne brille guère par sa libéralité : il vient, par exemple, de promulguer une loi rendant « obligatoire » la peine de mort pour des « propos blasphématoires ». Morbleu !
Mohamed Ould Abdel Aziz, le président de la République islamique, s’emploie pourtant, depuis quelques mois, à rendre la devanture de son pays plus avenante. Allié de poids de Macron dans la lutte (au sein du G5 Sahel) contre Al-Qaida au Maghreb islamique et autres djihadistes, il a invité, le 30 mai, une délégation de députés français conduite par Jacques Maire (LRM). Emu, le vice-président de la commission des Affaires étrangères a salué « de réels progrès pour les populations, tant au plan de la sécurité que du développement ».
La Mauritanie a aussi rouvert au tourisme, avec le soutien (prudent) du Quai d’Orsay, des régions jusqu’ici déconseillées. Pour illustrer cette capacité d’ouverture, elle a invité, fin novembre, trois députés En marche ! tous frais payés pour une semaine. Ainsi Jean François Mbaye (Val-de-Marne), Liliana Tanguy (Finistère) et Amal Amélie Lakrafi (Français établis hors de France) ont-ils fait la tournée des dignitaires du régime et enchaîné quelques visites culturelles, non sans séjourner en de plaisants hôtels.
Régime sec
Organisateur du voyage et figure de proue de l’entreprise de séduction du régime, le juriste Jemal Taleb, qui travaille à Paris dans un cabinet anglosaxon d’avocats, revendique le titre d'« ambassadeur itinérant ». Après l’escapade des trois parlementaires, il a créé le Groupe de liaison des amis de la Mauritanie (Glam), avec pour président l’ex-député PS François Loncle.
Le Glam accueille aussi l’ancien ministre sarkozyste Eric Besson et le conseiller régional PS Ali Soumaré. Sans oublier le juge antiterroriste Jeau—Louis Bruguière, qui a officié pendant un an comme « conseiller spécial » du président Aziz. Rémunération : 100 000 euros. '
Le lobbying de Nouakchott vise également à dénigrer deux « cibles » bien introduites en France. D’abord, Mohamed Ould Bouamatou, qui, avant de faire fortune dans la banque et le commerce de cigarettes, fut le compagnon (dans l’opposition) et le mécène du futur chef de l’Etat.
Aujourd’hui opposant d’Aziz, ce businessman est actif à Paris. Il fait travailler des juristes, des communicants (de l’agence Havas, notamment}, des sites d’information, d’anciens policiers et des associations anticorruption telles que Sherpa, dirigé par l’avocat William Bourdon.
Autre grand ennemi du régime : un certain Moustapha Chafi. Naguère conseiller du président burkinabè déchu Blaise Compaoré, Chafi a servi d’intermédiaire dans une série de prises d’otages au Sahel. Il faut dire qu’il connaît par leur petit nom plusieurs chefs et preneurs d’otages islamistes - l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, entre autres, avec qui il a plusieurs fois « négocié ».
Au nom de cette proximité, Nouakchott a lancé un mandat d’arrêt international contre Chafi pour « appui logistique et financier à des groupes terroristes en activité dans le Sahel ». Problème : ce dernier a de bons amis au sein des services de renseignement français. Dur de faire de la diplomatie sans fâcher personne…
Dans le Canard enchaîné du 6 juin 2018.
Toujours désireux de s'instruire, « le Canard » a mis la patte sur la liste des « invitations déclarées » par les sénateurs « effectuant des déplacements financés par des organismes extérieurs ».
Depuis le 1er octobre 2014, une poignée de sénateurs se sont vu offrir 311 voyages. Parmi les plus invités : Jean-Marie Bockel (25 fois), Nathalie Goulet (23) et Jean-Pierre Raffarin (17). Les destinations les plus prisées de tous ces parlementaires-trotteurs sont la Chine (59 voyages), les pays du golfe Arabique (30) et l’Azerbaïdjan (23). Que des démocraties florissantes ! En revanche, l’Afrique ne fait pas partie des territoires prisés par ces messieurs-dames. Sans doute une question de confort…
Evidemment, il est impossible d’établir le coût de chacun de ces voyages. Et encore moins de dire combien ils ont rapporté — en amendements, interventions, coups de pouce et autres — à la puissance invitante. La SNCF, par exemple, a payé à des sénateurs une quinzaine de voyages en Chine, aux Etats-Unis ou en Iran, sous prétexte d’une énigmatique « mission ferroviaire ».
C’est pour changer les sénateurs de leur train-train ?
Dans le Canard enchaîné du 6 juin 2018.
Henri de Castries, ancien pédégé d’Axa, qui n’a pas renoncé à peser sur la vie publique, à défaut d’avoir pu entrer dans le gouvernement fillon, s’est lancé dans la bataille du Medef. Il avait apporté un soutien appuyé au président du groupe Michelin, Jean-Dominique Senard. Avec le succès que l’on sait…
Après la disqualification de Senard, l’assureur à la retraite a « juré », selon un connaisseur des arcanes patronales, de « se venger de ceux qui ont eu la peau du patron de Michelin ».
Dans le viseur du fusil de ce grand chasseur : Roux de Bézieux et Saubot. Depuis décembre, Castries ne rate pas une occasion de les flinguer et roule pour un troisième homme, Patrick Martin, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes.
Coïncidence: Gattaz, lui aussi, roule pour Martin. Il vient même de le nommer, avec deux de ses lieutenants. au conseil exécutif qui se prononcera lors du conseil exécutif [ NDLR : sic ! ] du 11 juin [ NDLR : ce conseil émettra un avis sur les candidats à la succession de Gattaz ;) ]. Le verrouillage évitera-t-il la dérouillée ?
Dans le Canard enchaîné du 6 juin 2018.
Miam, miam. Microsoft possède désormais physiquement les dépôts de code d'une majorité des projets libres et open source… Microsoft va probablement pourrir tout ça comme Sourceforge s'est sabordé avec de la pub puis des bundles puis des usurpations d'identité… Microsoft évoque déjà l'usage de Github comme cheval de Troie pour promouvoir ses outils de dev'… L'histoire ne se répète pas, mais elle rime…
Microsoft dispose désormais de LinkedIn et de Github… Parfait pour fliquer la recherche d'emploi d'un⋅e dev' par les deux bouts.
Microsoft dispose aussi d'Electron, le framework qui permet de dev' des applications de bureau multi-plateformes… Il est notamment utilisé dans l'appli Mattermost (dont on peut très bien se passer vu que ça affiche simplement une page web dans une simili-appli)…
Et je ne parle pas des outils de gestion des dépendances (npm, bundler, pip, go) qui vont désormais tout chercher sur Github… Une dépendance qui manque (à cause d'une suppression """"accidentelle"""" d'un dépôt) et pouf de nombreux projets libres ne compileront plus… Il va falloir perdre à nouveau du temps à adapter les outils…
Je ne parle pas des simili-sites web hébergés sur Github Pages / github.io…
Ça devait arriver… C'était prévisible, prévu et documenté. Je ne comprends pas comment les dev' ont pu être aussi aveugles… L'humain⋅e recommence ses erreurs en boucle… Nous créons les géants qui nous piétineront allègrement juste parce que leur taille leur permet de se rendre incontournable… Pourquoi ?! Je répète une énième fois, au cas où : Internet permet d'avoir des dépôts git répartis un peu partout, c'est dommage d'avoir recours a une application centralisée aux mains d'une seule société commerciale, non ?
Alternatives ? Héberger un gitlab ou un gogs ou en rejoindre un existant comme la communauté framagit ou, plus largement, les CHATONS.
La dernière étude d’Oxfam (« L’Express », 23/5) révèle une flambée de l’écart entre les rémunérations des patrons du CAC 40 et celles de leurs salariés. En 2016, ces derniers ont gagné, en moyenne, 119 fois plus que leurs sous-fifres, contre 97 fois plus en 2009.
Et quel patron a tiré le gros lot ? Ce n’est ni le milliardaire Bernard Arnault, 4e fortune mondiale, qui se verse une misère — 216 fois plus que ses petites mains de LVMH —, ni Carlos Ghosn (Renault), Jean-Paul Agen (L’Oréal) ou Patrick Pouyanné (Total) — défrayé « seulement » 123 fois plus que ses pompistes. C’est Georges Plassat, ex-pédégé de Carrefour, dont la rémunération 2016 a représenté 536 fois le salaire moyen de ses caissières ! L’étude ne dit pas à quoi pensait le génie des Caddie en inspectant ses magasins.
Qu’on donne des brioches à ces braves gens ?
Oui, mais tu comprends, ces gens-là ont d'énoooooooooooooormes responsabilités, ils ont le destin de plusieurs milliers de grouillots entre leurs mains, ils décident à longueur de journée, font des choix vitaux pour l'entreprise, blablabla. Sottises ! Ils ne font aucun choix, ils appliquent l'évidence pour engranger plus de profit. Si c'est évident, alors ce n'est pas un choix. Ils n'assument pas leurs prétendues responsabilités, ils se défaussent sur des notions abstraites comme la compétitivité internationale dès qu'ils doivent justifier un de leur comportement. Quant aux destins de leurs grouillots, ils s'en moquent éperdument, il n'y a qu'à voir les licenciements de masse. Qu'est-ce que qui justifie donc ces rémunérations ? Quelle est l'utilité sociale de ces personnes ? La croyance collective qu'il existe des personnes exceptionnelles, qui valent mieux que le commun des humain⋅e⋅s, qui savent prétendument prendre des décisions courageuses. Et ça, c'est profondément ancré dans la tête de chacun⋅e. Ils sont grands car nous sommes à genoux.
Dans le Canard enchaîné du 30 mai 2018.
Un bon bougre, au fond. Serge Dassault avait beau être le 5° homme le plus richissime de France, il était resté simple et franc du collier. Il adorait la chasse. Dans sa vaste propriété, il traquait le gros gibier du haut de la tourelle de son 4 X 4. Il disait tout ce qui lui passait par la tête. Les chômeurs ? « C’est anormal de donner de l’argent à des gens qui ne veulent pas travailler. » Le mariage hmosexuel ? « On va avoir un pays d’homos, et dans dix ans il n’y a plus personne. » Les ventes d’armes ? « Quand on vend du matériel, c’est pour que les clients s’en servent. »
Il était très content que son fameux avion de guerre, le Rafale, se vende enfin par dizaines à l’étranger et puisse balancer des missiles dans le monde entier. Il n’avait pas d’états d’âme. C’était un polytechnicien, un ingénieur, un capitaine d’industrie, un bâtisseur d’empire. Enfin, presque. C’est à l’âge de 62 ans qu’il avait hérité celui de son père, Marcel. On le prenait pour un vieux benêt ? Il a multiplié la fortune familiale par dix. Sans prendre de gants.
Pour lui, tout pouvait s'acheter, La démocratie ? Une mascarade : il avait corrompu des leaders socialistes wallons (et écopé de 2 ans de prison avec sursis). Pour remporter la mairie de Corbeil-Essonnes, il avait acheté des votes, puis acheté les « grands frères », qui lui promettaient la paix dans la cité des Tarterêts (l’un deux, Younès Bounouara, a pris, la semaine dernière, 15 ans pour tentative d’assassinat).
En 2004, il avait acheté « Le Figaro », où il exposait régulièrement sa vision de la vie (supprimer les syndicats, les grèves, plein de postes de fonctionnaires).
Il cachait au fisc des comptes à l’étranger tellement bourrés à craquer qu’en février 2017 il avait été condamné à 5 ans d’inéligibilité et 2 millions d’amende (seul son « grand âge », dirent les juges, lui avait épargné la prison).
Son empire industriel n’aurait pu tenir sans les commandes massives de l’armée française et, donc, le soutien massif de l’Etat. Ainsi, il aimait indistinctement tous les chefs d’Etat, Chirac, Sarkozy, Hollande (dont le ministre Le Drian s’était démené avec succès pour qu’il vende ses Rafale partout). Il adorait Macron, qui a fait « en sept mois » des réformes « que la France attendait depuis trente ans ». C’était un vrai guerrier.
La paix soit avec lui.
Une nécrologie revigorante après l'hommage national aux Invalides et l'hommage au Sénat, tous deux absolument scandaleux et indignes car démontrant, une fois encore, que tous les comportements se valent et que l'éthique, voire même le sentiment d'humanité, n'a pas d'importance dans notre Ripoublique.
Dans le Canard enchaîné du 30 mai 2018.
Que fait la police quand elle réalise qu’elle compte trop de fichés S pour pouvoir tous les surveiller ? Elle en crée d’autres, bien sûr ! Les Shadoks ne sont pas loin…
La semaine dernière, les 2 500 fonctionnaires du Service central du renseignement territorial (SCRT) ont été sommés par leur directeur de coller dare-dare une fiche S à toutes les personnes inscrites dans le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste.
Petit rappel : depuis Mohamed Merah en 2012, sur les 31 terros passés à l’acte sur le sol français, 20 étaient fichés S.
Dans sa note envoyée par courrier électronique, que « Le Canard » a pu lorgner, la cheffe de la division D3, chargée du suivi de l’islam radical, déplore le fait de comptabiliser des fiches S sur « seule- ment un individu sur trois pris en compte par le SCRT ». Effarés, les poulets du Renseignement territorial ont fait le calcul : ils vont devoir ajouter plus de 5 000 noms aux 10 500 individus déjà fichés S pour radicalisme islamiste. Et ce avant le 18 juin.
« On va devoir inventer des prétextes pour ficher S des gens qui n’ont pas de raison de l’être, alors que l’on a déjà du mal à suivre les radicalisés dangereux », s’agace un officier du Renseignement. C’est la barbe.
Je ne sais pas trop quoi penser de cela… D'un côté, ça illustre, une fois de plus, l'abus de pouvoir que représente le fichage S : une personne se retrouve fichée sans cause réelle voire factuelle afin de servir une politique du chiffre décidée par des trouillard⋅e⋅s qui craignent pour leur emploi si chèrement rémunérateur. Cela plaide pour l'abolition de ce système. De l'autre, cela ajoute du bruit qui complique mécaniquement la surveillance, ce qui rend le système inutile en pratique… C'est cool, mais le problème initial de l'impact sur les libertés de chacun⋅e et de la qualité du tissu social demeure entier.
Dans le Canard enchaîné du 30 mai 2018.
Le Cloud Act, adopté il y a deux mois par Washington, permet aux Etats-Unis de pomper — à notre insu — tous nos secrets stockés sur Internet.
Vous envoyez vos e-mails via une messagerie Windows ? Vous stockez vos documents confidentiels dans un cloud Google ? Vous racontez votre vie sur Facebook ? Vous papotez sur WhatsApp ou par Skype ? Vous utilisez un logiciel (même français) dont les données sont stockées chez Amazon ? Alors vous n’avez plus rien à cacher : l’administration américaine, qui vient de se doter d’un permis officiel d’espionnage, peut désormais fourrer son nez dans tous vos petits secrets. Le Cloud Act, promulgué en catimini par Donald Trump le 23 mars, exige en effet que les opérateurs et fournisseurs de services électroniques américains révèlent les données de leurs clients lorsqu’elles intéressent les autorités US, et ce « quelle que soit leur localisation (…), à l’intérieur ou à l’extérieur des Etats-Unis ».
Sombre nuage
Le texte de ce Cloud Act (« Cloud » étant l’abréviation, en anglais, de : « clarification sur l’utilisation légale de données étrangères ») précise qu’il s’agit de corriger une insupportable anomalie : « Les Etats-Unis étaient [jusqu’à présent] gênés par l’impossibilité d’accéder aux données stockées à l’étranger. » [ NDLR : par des sociétes commerciales américaines ]. Les USA, commente la Cnil — la Commission nationale de l’informatique et des libertés —, ont « élargi leurs prérogatives au monde entier. Une nouvelle manifestation de l’extraterritorialité du drott américain ». Mais pas de rébellion pour si peu : « Nous étudions le texte avec nos homologues européens », indique prudemment la Commission. Depuis deux mois ?
L’affaire a commencé en 2013, quand la justice US a sommé Microsoft de lui fournir les courriels d’un de ses clients en Irlande, soupçonné de trafic de drogue. Le groupe américain — soucieux de se présenter en champion de la confidentialité de ses clients — a refusé. Saisie par le gouvernement, la Cour suprême devait se prononcer en juin. Ce ne sera plus nécessaire : en quatrième vitesse, Trump a fait intégrer dans les 2 282 pages du budget fédéral le fameux Cloud Act, qui n’a même pas fait l’objet d’une discussion spécifique. Windows [ NDLR : Microsoft, pas Windows, qui est une marque ], de son côté, s’est félicité de cette nouvelle législation, qui va l’autoriser à satisfaire les requêtes des autorités US (justice, mais aussi police et administration), sans pour autant passer pour une balance aux yeux de ses clients !
Pour l'historique, voir :
Paralysie européenne
« C’est une claque politique à l’Europe », estime Servane Augier, directrice du développement de Dassault Systèmes, 2e fabricant européen de logiciels. A peine mis en place par l’UE, le 25 mai, le règlement général sur la protection des données (RGPD) est en effet déjà piétiné par le Cloud Act — l’article 48 du RGPD, notamment, qui précise que les demandes de données par un pays tiers doivent être effectuées dans le cadre d’un accord international. Evidemment, rien de tel ici : la nouvelle loi américaine est parfaitement unilatérale.
Les exigences des Etats-Unis seront d’autant plus difficiles à contester que l’intéressé n’en sera même pas avisé ! Le fournisseur de services informatiques recevra la demande de l’administration américaine de manière confidentielle. Lui seul pourra éventuellement s’y opposer (pendant deux semaines) devant un tribunal américain. Mais pourquoi perdrait-il son temps et son argent quand tout indique qu’il se fera envoyer aux pelotes ?
Tant bien que mal, l’Europe essaie de bricoler un accord en réponse au Cloud Act américain. Le 17 avril, la Commission a soumis aux 28 pays membres une « proposition ». Cette dernière prévoit, entre autres, que « les sociétés étrangères aient un représentant légal en Europe, obligé de fournir les données de leurs clients que leur demanderont les pays européens », explique une collaboratrice de la commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova. Mais ce n’est pas gagné : certains répugnent à ce que des pays soupçonnés de ne pas respecter les règles démocratiques —— la Pologne ou la Hongrie, par exemple - obtiennent en direct des informations sur des opposants à leur gouvernement.
On retrouve une fois encore l'ambiguité de l'UE et de ses pays membres : tout ce beau monde ne veut pas abolir la surveillance, tout ce beau monde veut pouvoir jouer avec les mêmes jouets de surveillance que les USA. Le RGPD est un écran de fumée.
Quand on n’est pas d’accord entre Européens, la défense collective ne vaut pas un cloud.
Dans le Canard enchaîné du 30 mai 2018.
Macron a été aussi agile et rapide que Mamoudou Gassama, ce Malien de 22 ans qui, au péril de sa vie et à la force du poignet, a escaladé la façade d’un immeuble parisien pour sauver un enfant de 4 ans et demi, suspendu dans le vide. Après cet exploit, le jeune homme était récupéré, en urgence, sous les ors de l’Elysée, dûment assis en face du Président, qui lui garantissait la nationalité française dans les meilleurs délais. Et une belle médaille. De leur côté, les pompiers de Paris faisaient savoir qu’ils étaient prêts à embaucher le courageux sans-papiers. Séquence émotion…
Et joie sans mélange ? Pas vraiment. A droite, la mauvaise humeur était palpable. Va pour Mamoudou, mais il ne faudrait pas que trop de clandestins se mettent à sauver des gosses… Après Lassana Bathily, qui, le 9 janvier 2015, a sauvé des otages de l’Hyper Cacher, cela fait deux clandestins valeureux régularisés en trois ans. Honni soit qui Mali y pense ! Faut-il fixer des quotas de héros ou imposer une épreuve d’escalade aux candidats à la naturalisation ? La France peut-elle accueillir tous les Spiderman du monde ? Vaines questions : l’essentiel est d’avoir de temps à autre notre « bon » migrant couvert de lauriers, preuve que la France est un pays ouvert et généreux.
À l’Elysée, lundi, Mamoudou Gassama a remercié le Président, mais aussi Dieu. Et Macron ne s’est même pas vexé. C’est dire si nous venons de vivre un moment exceptionnel.
Énorme +1. Tout ça n'est que pure hypocrisie. D'où il faut être méritant⋅e pour obtenir la nationalité ?! D'où il faut être méritant⋅e pour vivre ?! Dégueulasse.
Dans le Canard enchaîné du 30 mai 2018.
Le gendarme des barbouzes vient de faire un drôle d’aveu. Chargée de surveiller les écoutes administratives (qui ne sont pas soumises à l’autorisation d’un juge), la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) présentait, le 18 mai, son rapport annuel d’activité. A cette occasion, son président, Francis Delon, a reconnu que la CNCTR « n’a[vait] pas les moyens » de vérifier l’utilisation effective de certains gadgets de haute technologie.
Il s’agit des Imsi-catchers, des appareils portatifs qui permettent de siphonner tout ou partie des données transmises par un relais téléphonique. Idéal pour identifier le téléphone utilisé par un suspect, mais aussi pour capter les conversations vocales ou numériques émises ou reçues dans un secteur donné.
Non, l'IMSI-catcher se fait passer pour un relais téléphonique auprès de TOUS les téléphones qui se trouvent dans son périmètre géographique. L'idée est que les téléphones portables s'accrochent dessus, que l'IMSI-catcher les convainc éventuellement de passer à un protocole d'échange moins sécurisé, puis que l'IMSI intercepte éventuellement TOUS les appels et les SMS, quitte à faire le tri après coup dans les flux pechés.
Sur le papier, tout semble pourtant verrouillé. Les barbouzes doivent consigner dans un registre chaque utilisation de leurs Imsi-catchers, dont la mise en œuvre est soumise, au cas par cas, au feu vert préalable de la CNCTR. De plus, leur usage est contingenté : il est interdit d’utiliser plus de soixante de ces engins simultanément sur l’ensemble du territoire français.
Mais la Commission ne peut pas pousser plus loin ses vérifications car les lmsi—catchers en service sont étrangement dépourvus de tout système de contrôle de leur fonctionnement. Rien n’empêche donc un agent de s’en servir en loucedé. Les services peuvent également rouler la CNCTR dans la farine en lui demandant l’autorisation d’espionner une cible indiscutable pour mieux en surveiller une autre, inavouable celle-là.
Autre source de fraude potentielle : les lmsi-catchers peuvent aussi servir pour des missions judiciaires, mais la CNCTR ne dispose pas des compétences nécessaires pour vérifier qu’un juge a bel et bien donné son accord à leur usage.
« Au risque de paraître naïfs, nous devons faire confiance aux fonctionnaires », a lâché Francis Delon au cours de sa conférence de presse, avant de souligner que l’existence de lourdes peines devrait suffire à dissuader les fraudeurs.
Et on est priés de le croire sur parole…
Dans le Canard enchaîné du 23 mai 2018.
Quel gros malin, ce leader de Podemos, la gauche radicale espagnole… Avant de s’acheter une villa à 600 000 euros, avec piscine et jardin de 2 000 m2, dans une bourgade cossue au nord de Madrid, Pablo Iglesias avait eu la bonne idée de critiquer ceux qui font pile-poil pareil.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais, gogolième épisode… Crédibilité = 0. Mais que savent faire les leaders de la gauche à part jacter d'un monde auquel ils n'envisagent pas une seconde de prendre part, mais qui est juste un moyen pour prendre le pouvoir puis de servir leurs intérêts, comme un programme dit de droite ?
La presse n’a pas mis longtemps à exhumer son tweet de 2012 visant un ministre de l’Economie : « Confierais-tu la politique économique du pays à quelqu’un qui dépense 600 000 euros dans un penthouse de luxe ? » Ou cette autre saillie, en 2015 : « Ça mesemble dangereux, ces politiques qui s’isolent, vivent dans des banlieues riches, dans des maisons, qui ne savent pas ce que c’est que de prendre les transports publics. » Aïe, aïe, aïe…
Certes, le salaire d’Iglesias est plafonné à 2 200 euros, comme celui de sa femme, porte-parole de Podemos, et le couple a emprunté 540 000 euros sur trente ans. Mais ce n’est pas une excuse, dézinguent leurs propres camarades : la charte du parti impose de « vivre comme les gens ordinaires », a balancé le maire de Cadix, tandis qu’un autre élu Podemos torpillait un achat « incompatible » avec la défense « des plus nécessiteux ».
Mouiiiiiiiii le salaire est plafonné, mais Iglesias a très probablement d'autres entrées d'argent, comme des droits d'auteur ou des revenus sur capitaux issus de ses émissions TV qui l'ont amené où il est. Un peu comme Ruffin qui déclare plafonner son salaire au SMIC et vivre seulement de ça… après Merci Patron !, son succès en salle et les droits d'auteur qui en découlent… … … On se moque du monde…
Heureusement, nos Insoumis nationaux sont plus compréhensifs. « Un couple d’Espagnols s’endette sur trente ans pour acheter une maison de très grande banlieue et l’oligarchie espagnole fait mine d’appeler cela un privilège », a tweeté l’Insoumise salariée de Bolloré, sur C8 , Raquel Garrido. Tandis que Mélenchon s’en est pris aux « méthodes pourries » du « parti médiatique », lui qui avait déclaré un patrimoine de près de 1 million d’euros lors de la présidentielle de 2017.
Un débat (de pierre) de taille…
Dans le Canard enchaîné du 23 mai 2018.
Malgré ses déclarations, le gouvernement n’a rien à opposer aux sanctions “secondaires” US, qui vont s’imposer au monder entier.
Ce n'était pas la joie, mardi 15 mai, à la réunion convoquée par Bruno Le Maire et Jean-Yves Le Drian à Bercy. L’objectif du raout ? Rassurer une soixantaine d’entreprises françaises désireuses de travaillser en Iran, malgré l’embargo dont Donald Trump vient d’annoncer le rétablissement — après avoir dénoncé le traité signé en juillet 2015 avec le pays des mollahs.
« Les ministres nous ont expliqué que l’interdiction faite aux entreprises européennes de travailler avec l’Iran [était] inacceptable et [nous ont] assurés de leur détermination à nous défendre, explique un homme d’affaires iranien présent sur place. Mais, après l’indignation, rien. Ils sont restés secs. » Et un collaborateur du ministre des finances de confirmer, en privé : « Nous ne sommes pas optimistes. »
On le comprend. Les Américains ont mis en place une punition qui a tout de la bombe atomique : les sanctions « secondaires ». Depuis la signature de l’accord avec l’Iran, seules étaient appliquées des sanctions « primaires », ne visant que les US persons : les Américains, donc, ainsi que les étrangers travaillant aux Etats-Unis, les entreprises américaines ou leurs filiales à l’étranger — tous menacés d’amendes, voire de prison, en cas de business avec l’Iran.
Pestiféré bancaire
Cette interdiction est désormais étendue à n’importe quelle entreprise ou individu dans le monde (les fameuses sanctions secondaires). Quelle que soit leur nationalité, les traîtres à la cause pourront tomber sous le coup de mesures administratives décidées par le seul Trump, non contestables en justice. Un boulanger français exportant en Iran ses croissants fabriqués en France avec du beurre et de la farine français, sur des machines françaises, par des ouvriers français et réglés en euros, risque désormais de tomber sous le coup des 12 sanctions secondaires prévues par l’Iran Sanctions Act : inscrit au fichier international SDN (« ressortissants spécialement désignés », en français), il ne verra plus les grandes banques mondiales lui apporter leur concours. Il ne pourra plus travailler avec des fournisseurs, des clients ou des actionnaires US ; ses actifs aux Etats-Unis seront gelés, et lui-même ne pourra plus mettre les pieds sur le territoire américain sous peine d’être arrêté.
En principe, ces peines ne s’appliquent qu’aux Etats-Unis. Mais un robuste chantage les étend à la France —— sur le modèle de ce qui est arrivé en 2014 à la BNP, dont la filiale suisse avait financé (en dollars) des opérations pétrolières sous embargo américain, notamment en Iran. Les Américains lui ont laissé ce choix cornélien : soit le paiement d’une amende astronomique (8,9 milliards de dollars), soit l’interdiction de toutes ses activités aux Etats—Unis, ce qui aurait entraîné sa mort.
Rebelote avec Total, qui a préféré prendre les devants. Le groupe pétrolier a annoncé, le 16 mai, qu’il abandonnait le gigantesque gisement gazier de South Pars 11, justifiant ainsi sa décision : « Total ne peut se permettre d’être exposé à des sanctions secondaires américaines » qui lui feraient perdre le financement en dollars de 90 % de ses opérations dans le monde. En outre, ses 30 % d’actionnaires américains détaleraient (entraînant l’effondrement de son cours en Bourse), et ses 10 milliards de dollars d’actifs aux USA seraient gelés.
Droit du plus fort
« Si les Etats-Unis arrivent à imposer ainsi leurs décisions, estime l’avocat d’affaires Jean-Michel Darrois, ce n’est pas par le droit, c’est par la force. Si la République de Saint-Marin avait banni la BNP de son territoire, ça ne lui aurait fait ni chaud ni froid. » Les Saint-Marinais vont voir rouge !
En 1996, les Etats-Unis avaient déjà mis en place des sanctions similaires. L’Europe, alors unie, avait porté l’affaire devant l’Organisation mondiale du commerce, obligeant les USA à reculer. Mais, le 17 mai, au sommet européen de Sofia, Macron a refusé la perspective d’une « guerre stratégico-commerciale avec les Etats-Unis sur le cas de l’Iran ». Il serait d’ailleurs un peu seul : l’Allemagne ne veut pas entendre parler d’un affrontement avec les Etats-Unis et les pays d’Europe centrale, qui se défient de la Russie, chérissent l’Otan.
Grand-père à sauver
Restent « des mesures au coup par coup », indique-t-on à la Direction du Trésor. « Bruno Le Maire a demandé au secrétaire américain au Trésor des dérogations aux sanctions et l’application de la “clause du grand—père”, qui prévoit que les investissements déjà initiés en Iran ne soient pas remis en question ». Les Etats-Unis, dont le but avoué est d’asphyxier l’Iran, seront sûrement très réceptifs à la demande européenne.
Trois autres initiatives sont pour le moins mal parties. Primo, la Banque publique d’investissement (BPI) a mis fin à son projet de banque 100 % étanche par rapport au dollar pour financer en euros le commerce avec l’Iran. « Les Etats-Unis ne pourraient pas attaquer ce financement, mais les entreprises, elles, resteraient menacées par les sanctions secondaires », indique un participant à ce projet.
Deuzio, Bruxelles a réactivé, le 18 mai, le « règlement européen » de 1996 autorisant les entreprises à ne pas se conformer aux sanctions américaines. On imagine mal Total et ses pairs se faire hara—kiri aux USA pour les « autorisations » de la Commission.
Tertio, Bruno Le Maire a proposé, le 20 mai, que « le coût d’éventuelles sanctions financières imposées par les Etats-Unis soit pris en charge par l’Union européenne ». Après, bien sûr, que Bruxelles aura obtenu le vote de tous les pays européens et trouvé les dizaines — voire les centaines — de milliards à verser à Washington.
Une simple formalité.
Impérialisme US entretenu par un manque de courage politique de l'UE (pourtant fondée sur l'idée de devenir une puissance économique à même de pouvoir résister à ce genre de pressions extérieures) et par une discordance des politiques économiques des membres de l'UE face à un pouvoir fédéraliste qui, de fait, est mieux organisé. Mais d'un autre côté, le géant US est un géant parce que nous le rendons géant (nous consommons toute la merde qu'il nous propose)… Œuf et poule…
Dans le Canard enchaîné du 23 mai 2018.
C’est avec discrétion que François Hollande devait se rendre, dans la matinée du 22 mai, devant les frères de la loge Roger-Leray, l’« une des plus politiques », selon un dignitaire du Grand Orient de France. Cette loge a longtemps compté parmi ses membres un certain… Jean-Luc Mélenchon. Depuis qu’il n’a pas appelé explicitement à battre Le Pen au second tour de la présidentielle, le leader de La France insoumise est en délicatesse avec la maçonnerie. Certains frères ont même demandé son exclusion…
À l'occasion de cette « tenue blanche fermée » — non publique —, le grand maître de l’obédience en personne, Philippe Foussier, devrait faire le déplacement. Il connaît parfaitement Hollande. Membre du Parti socialiste, il a profité de son discours annuel, le 1er mai au Père-Lachaise, pour accuser Macron de « complaisance » avec les religions et ainsi de « porter atteinte » au principe de séparation des Eglises et de l’Etat. Pas très fraternel !
Après son triomphe dans les supermarchés, l’ancien chef de l’Etat devrait envisager une tournée des temples…
Dans le Canard enchaîné du 23 mai 2018.
Il est bien, ce documentaire sur le financement présumé de la campagne présidentielle de Sarko par Kadhafi. Toutefois, il y a quelques malhonnêtetés intellectuelles à souligner comme le fait de cumuler des factures personnelles payées par Claude Guéant sans en préciser l'étalement sur plusieurs mois ou comme la voix off qui ne lit pas exactement le document affiché à l'écran alors que la partie passée sous silence à l'oral met en lumière une discordance entre deux témoignages exposés dans le documentaire.
Je note :