Un énième documentaire de 2017 sur le lien entre robotisation et emploi, sur la suppression d'emplois (peu ou fortement qualifiés, aucune différence), le revenu de base, un remplacement éventuel des emplois actuels par du travail créatif et/ou à valeur sociale, etc.
Notes :
Un documentaire sans commentaire (voix off) tourné entre 2012 et 2014 sur la ZAD de NDDL. Les envies, les espérances, les doutes et les ennuis des zadistes. Dommage de ne pas avoir montré les lieux de prise de décision.
Notes :
Depuis plusieurs mois, je m'intéresse aux années de plomb, c'est-à-dire la période imprégnée de violence politique entre la fin des années 1960 et la fin des années 1980.
En Europe, une frange de l'extrême-gauche, faisant le constat de l'échec des autres méthodes de contestation politique, décide de passer à la lutte armée réfléchie et de commettre des attentats politiques ciblés (dégrader des bâtiments, poser des bombes, assassiner des personnalités politiques / économiques / culturelles, etc.). Les groupes autonomes se nomment, entre autres, Action directe en France, Cellules Communistes Combattantes en Belgique, Fraction Armée Rouge (aka Bande à Baader-Meinhof) en Allemagne et Bridages Rouges en Italie.
Les idéaux et pratiques de ses groupes tournent autour de l'antifascisme, de l'anti-impérialisme (principalement US), du communisme, et de l'anarchisme (autogestion, autonomie d'action, etc.).
Comme j'ai un esprit chauvin, j’ai cherché à me documenter en priorité sur Action Directe. À défaut d'être en capacité de lire les manifestes rédigés par le mouvement (Pour un projet communiste, Sur l'impérialisme, entre autres) qui sont introuvables, je me suis penché sur les productions audiovisuelles suivantes…
180 membres dont les leaders sont :
- Il est vrai que nous avons renoncé pour l'instant à des actions spectaculaires et violentes. Mais, si la situation ne change pas, si le gouvernement ne change pas de politique dans l'usine, s'ils ne mettent pas les patrons au pas, il est évident que nous reprendrons une action violente.
- Vous pensez que le parti socialiste, la gauche au pouvoir mettra les patrons aux pas ?
- Nous on voudrait un peu plus : qu'on les mette carrément à la porte sinon on les éliminera, on s'en débarrassera… rire
Il s'agit d'une fiction télévisée qui explore la piste d'une manipulation d'A.D. par des États étrangers. Je n'ai pas pu recouper les faits concrets en dehors de l'hypothèse d'un commanditaire étranger, ce qui m'a rendu très dubitatif sur la qualité de cette fiction. Pour moi, il faut passer son chemin.
Une fiction documentaire datant de 2008 qui retrace la vie de la première génération et de la deuxième génération de la Fraction Armée Rouge : manifestations contre la venue du Chah d'Iran (qui opprimait son Peuple) dans laquelle des étudiants pacifistes sont tabassés par des pro-Chah sous les yeux des flics qui restent passifs ; première prise de position de Meinhof en faveur des étudiants ; première action de Baader (bombe dans un magasin en avril 1968) ; libération de Baader par Meinhof ; entraînement dans un camp du Fatah ; braquages de banque, lutte contre l'impérialisme américain au Vietnam ; arrestation des leaders historiques en 1972 ; grèves de la faim en cellule ; procès chaotique en 1977 ; tentatives de libération (voyageurs en avion pris en otage ; prise d'otage à l'ambassade de l'Allemagne de l'Ouest à Stockholm ; suicide des leaders historiques en 1977.
Je déduis de ce film que la communication de Meinhof a permis de populariser les actions. De même, je déduis que la RAF a assumé plus de dégâts collatéraux qu'Action Directe.
La contestation, c'est lorsque je dis que ça ne me convient pas. La résistance, c'est lorsque je fais en sorte que ce qui ne me convient pas ne puisse pas durer plus longtemps.
Je pose ça là pour les personnes qui t'expliquent que t'es vulgaire quand tu t'opposes avec virulence à des idées ou à des pratiques tout à fait détestables sur un ton qui leur paraît inconvenant. À force de vivre dans un monde remplis de ces saloperies, on en perd notre boussole morale. C'est alors facile de pointer du doigt la forme du discours du gugus qui dénonce ces saloperies. La remise en question, c'est bien plus compliqué. Il faut faire simple et court.
Vous me trouvez grossier, et moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire. […] Dire « merde » ou « mon cul », c'est simplement grossier. Maintenant, voyons donc tout ce qui est vulgaire. Prendre une voix feutrée et sur un ton larvaire vendre avec les slogans au bon con d'auditeur les signes du zodiaque ou le courrier du cœur. Connaissant son effet sur les foules passives, faire appel à Jesus pour vanter la lessive. Employer les plus bas et les plus sûrs moyens. Faire des émissions sur les vieux, sur la faim, le cancer… Enfin jouer sur les bons sentiments afin de mieux fourguer les désodorisants. Tout cela, c'est vulgaire, ça pue, ça intoxique. Mais cela fait partie du jeu radiopĥonique : vendre la merde oui, mais sans dire un gros mot. Tout le monde est gentil, tout il monde il est beau !
Cette satire, « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », date de 1972. Je recommande de la visionner.
J'ai jamais compris cette histoire de faux positifs.
Si j'ai une machine qui trie les fruits pour sélectionner des pommes vertes, je peux avoir un système basé sur la couleur. Je me retrouve avec ceux qui sont verts. J'ai plein de faux positifs: plein de poires dans ma sélection.
Je peux aussi sélectionner basé sur la forme. Je me retrouve avec ceux qui sont ronds. J'ai plein de faux positifs: plein d'oranges dans ma sélection.
Mais en combinant les deux, j'élimine à la fois les poires et les oranges. Et le taux de faux positifs d'une méthode en particulier n'est pas important.
Une application réelle d'une recherche de terroriste via la surveillance automatique ne va jamais abandonner totalement les méthodes traditionnelles. Les réduire peut-être, mais pas les abandonner toutes. Pour savoir qui sont les terroristes, la procédure sera de demander quels sont les individus qui ont un score suffisamment élevé dans les deux procédures, et le nombre de faux positifs sera fortement réduis.
Mieux, les faux positifs de la méthode traditionnelle seront eux aussi réduit.
D'abord, un humain est peut-être un chouïa plus difficile à cerner qu'un fruit : ce n'est pas tellement ma taille ni mon régime alimentaire ni mes lectures ni mon appartenance à un parti politique qui permettent de savoir qui je suis et de me fixer une étiquette « terroriste » (ou une autre étiquette, d'ailleurs). Il va falloir aligner de nombreux critères pour que la méthode soit pertinente dans ce qu'elle remonte. Déjà qu'il y a des faux-positifs en virologie et en médecine en général…
Ensuite, tout ensemble de critères a ses limites. Une pomme n'est pas absolument ronde ni absolument verte. Il existe des nuances de formes de pommes et de couleurs qui tendent au vert et qui peuvent être la couleur d'une pomme. Donc, tu vas prévoir une marge d'appréciation… qui est une marge d'erreur… Tu obtiendras donc des faux positifs dans ton tri de fruits.
Dans le cas du terrorisme, il n'y a même pas de définition légale de ce que c'est. Du coup, une recherche manuelle ou automatique (la différence entre les deux, c'est le pouvoir de nuisance plus grand de la capacité de traitement informatisée) peut se faire uniquement sur des critères qui relèvent du fait du prince : je ne pense pas avoir la même définition de ce qu'est une atteinte à l'ordre public ou de ce qui relève des intérêts stratégiques de la Nation que Valls, Cazeneuve ou Collomb.
On en revient au flou inhérent de tout processus de détection d'une intention. Quand tu commences à faire une tambouille qui mélange ce qu'a lu une personne, ce qu'elle a écrit, ce qu'elle a acheté, qui elle fréquente, etc., tu obtiens des faux positifs. C'est tellement flou et détaché de la personne que c'est évident. Ce n'est pas parce que j'ai lu les manifestes d'Action directe, que j'ai écrit que c'est une organisation de la société qui me tente bien, et que j'ai acheté des produits ménagers qui permettent également de confectionner une bombe que je suis un terroriste d'extrême-gauche : je suis peut-être juste quelqu'un qui va nettoyer sa piaule en étant un peu plus cultivé. Tu peux remplacer « manifestes d'Action Directe » par « vidéos de propagande de l'État islamique », ça ne change rien, tu n'acquiers pas un semblant de début de commencement de certitude que je suis un terroriste. Et, en attendant, le pouvoir nous a fliqué et a conservé des infos sur nous.
Une application réelle d'une recherche de terroriste via la surveillance automatique ne va jamais abandonner totalement les méthodes traditionnelles.
Oui, c'est bien le problème. Il faudra aller vérifier la sortie de l'algorithme… Ce qui est impossible humainement et financièrement… Donc on flique tout le monde pour un résultat nul… Enfin, non, pas nul, car après un acte, ça permettra de se rassurer en tentant d'attacher son auteur à une mouvance, un groupe, une filière, etc. Impression de contrôle parfaite pour couvrir le temps médiatique.
En 2016, pour les 30 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, et 5 ans après l'accident de Fukushima, j'avais mis de côté ces deux documentaires parmi ceux diffusés à l'époque.
Cet excellent documentaire de 2006 contient de nombreuses images d'archives et de nombreux témoignages de personnes impliquées.
La structure du pouvoir en URSS et la nouveauté du problème (la délégation scientifique dépêchée sur place fût incapable de se prononcer pendant les 2 premiers jours de ses travaux) font que les autorités soviétiques sont informées par… la Suède, qui, le 28 avril, détecte dans son air des particules radioactives. Auparavant, Gorbatchev lui-même n'est informé que d'un incendie sans explosion… ;
Chronologie :
Ce deuxième documentaire, datant de 2016, est moins précis, plus désorganisé (on passe du passé au présent pour revenir au passé, de l'URSS à l'Allemagne, etc.), militant pour la fin du nucléaire, et il se répète beaucoup (les images d'archives sont toujours les mêmes, même quand ça ne correspond pas à la voix off…).
Alors que le gouvernement cherche désespérément les moyens de tenir la promesse électorale de Macron de réduire de 60 milliards les dépenses de l’Etat d’ici à la fin du quinquennat, ce n’est pas le moment de griller les fortunes pour restaurer des vieilles pierres.
Heureusement, titre « Le figaro » (4/8) en page « Eco », « la pub [est] au chevet des monuments historiques ». Le journal écrit que, depuis 2007, « 100 millions d’euros de travaux de rénovation ont pu être réalisés » grâce aux annonceurs, principalement des boîtes de luxe et de high-tech, genre LVMH, Bulgari, Dior, Apple ou Netflix. Et cela avec la bénédiction du ministère de la Culture.
Et grâce à une loi datant du bon Vieux temps de Nicolas Sarkozy !
Dans le Canard enchaîné du 8 août 2018 (le titre est de moi).
Aider les migrants demande parfois un peu d’aide.
C'est de tracas qui s’abat sur ceux qui aident les migrants. Les amendes, on ne les compte plus, tant elles sont généreusement distribuées, partout en France, aux imprudents garés trop près des lieux où se regroupent les exilés. « Stationnement dangereux », voire « très dangereux », mentionnent les PV à 135 euros, assortis de 3 points en moins sur le permis, même en l’absence d’un quelconque panneau d’interdiction. Les distributions alimentaires sont facilement qualifiées de « jets de détritus sur la voie publique » et d’« abandons de déchets » (tarif : 68 euros).
L’hiver dernier, il pelait, un bénévole de Calais a apporté du bois aux réfugiés pour qu’ils se réchauffent : « allumage de feu interdit » (tarif : 135 euros). « Nos équipes voient grimper le nombre de PV, parfois jusqu’à trois par jour », constate l’Auberge des migrants, à Calais.
Bénévoles à l'afflux
A Briançon, une jeune fille a été convoquée au commissariat pour « complicité de tentative d’escroquerie ». Elle avait, par mégarde, noté « Briançon » dans la case « lieu de naissance » en remplissant les documents d’un mineur isolé. N ’aurait-elle pas tenté de faire passer son protégé pour un Français ? Depuis juin, à Grande-Synthe, dans le Pas-de-Calais, tout près de l’ancienne « jungle », seuls les Français sont autorisés à apporter leur aide aux réfugiés.
Comme le prouve un enregistrement réalisé, en juillet, par Refugee Women sur place. Les CRS demandent les cartes d’identité. Les Anglais sont refoulés. « Y a que les Français qui rentrent ! Ah, ça vient d’en haut ! Appelez le président de la République ! Nous, on nous dit de faire ça, on fait ça ! » répond un flic, ajoutant :« Si demain on nous dit : “Plus de Français, que des Belges !”, il y aura que des Belges ! »
« L’objectif est de décourager les gens d’aider les autres », souligne Violaine Carrère, du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). « C’est vrai, souffle un gradé du ministère de l’Intérieur, on a une sorte de politique non officielle de harcèlement continu… » Au point que les associations ont conçu une plateforme recensant ces « harcèlements » et des formations pour y résister.
« D’un côté, c’est un peu décourageant de subir quinze minutes de contrôle juste pour apporter des chaussures. De l’autre, ça galvanise les aidants, tellement c’est bête », sourit Caroline Cottet, de Refugee Women.
Pour une fois que la bêtise est utile…
Dans le Canard enchaîné du 8 août 2018.
Très attendu, très polémique, ce rapport au Parlement rédigé par le patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), Didier Leschi, est tombé dans les pattes du « Canard ». Il est consacré à une procédure très sensible : l’attribution d’un titre de séjour aux étrangers malades, contraints de rester en France, faute de traitement dans leur pays. Accusé de donner lieu à des fraudes et de coûter des fortunes, ce dispositif a profité à 14 713 victimes de graves maladies en 2017. Soit 1 200 par mois.
En 2017, le taux d’« avis defavorables » (au titre de séjour) rendus par les médecins de l’0fii a grimpé à 47 %, contre 23 % en 2013. Nommé fin 2015 à l’Ofii, Leschi s’en félicite : c’est « une véritable rupture ». Les gens seraient-ils moins malades qu’avant ? Les soins dans les pays pauvres auraient-ils tellement progressé ? Le rapport n’ap-porte aucune réponse rassurante sur ce plan !
Et ça va sûrement s’améliorer ! Car les médecins de 1’0fii chargés, depuis janvier 2017, de délivrer le précieux sésame sont, selon les associations, soumis à la pression du ministère de l’Intérieur, dont dépend leur employeur…
Pognon de, malades
En 2017, les malades mentaux étaient en tête des demandeurs. Rejetés à 73,5 %. C’est fou ! Alors que le stress post-traumatique, très fréquent, a été contracté dans leur pays en guerre… Pas grave puisque, selon l’Ofii, les thérapies ne serviraient pas à grand-chose : il suffirait d’une bonne « écoute » pouvant se tenir « dans le pays d’origine ».
Mieux considérés, les diabétiques sont acceptés à 49 %. Même à 69 % quand ils cumulent d’autres pathologies. Et 53 % de 468 tuberculeux ont eu leur « avis favorable », Sans oublier les malades du sida — 4 940 demandes en 2017 —, avec 94 % d’acceptations.
Très bien ! Mais qu’est-ce qu’un « pays sûr» où, selon l’Ofii, on peut être soigné ? La « Bibliothèque », une base de données citée dans le rapport, fournit « des informations précises et pratiques aux médecins pour les aider à apprécier la capacité du pays d’origine à prendre en charge une personne atteinte d’une maladie grave ».
Aïe ! c’est bizarre… Il y a quelque temps, l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE), qui regroupe de nombreuses associations, dont Médecins du monde, a montré, vérifications à l’appui, qu’une flopée de ces informations étaient « fausses ».
Un cas très éloquent : les hépatites B et C, potentiellement mortelles — 4 938 demandes en 2017 —, bénéficient d’un maigre taux d’acceptation de 10,8 %. Bien soignées au pays, alors ? Dans certains d’entre eux, les malades sont seulement traités en cobayes via des protocoles expérimentaux…
L’an dernier, dans une lettre ouverte, l’ODSE dénonçait ces « dérives » du dispositif auprès de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’étonnant, par exemple, que « le service médical de l’Ofii estime qu’en Angola, au Cameroun ou au Mali les soins soient accessibles aux malades mentaux ». Alors que, d’après les informations sur place de l’ODSE, ces soins sont « insuffisants », voire « inexistants ». Ce rapport leur montre qu’ils ont dû rêver…
Dans le Canard enchaîné du 8 août 2018.
Rien ne vaut le dernier jour d’une session parlementaire, à la veille des grands départs en vacances, pour enterrer, ni vu ni connu, une promesse présidentielle. Lors de la campagne électorale de 2017, le candidat Emmanuel Macron s’y était formellement engagé : « Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent. » Une promesse réaffirmée dans le programme législatif de son parti, qui précisait ainsi ses contours : « Tous les cinq ans, chacun y aura droit s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel. »
Un peu plus d’un an est passé et, le 1er août, la ministre du Travail a fait adopter par les députés un texte qui vide de toute substance l’engagement de l’ex-candidat Macron. Grâce à une multiplication des critères techniques permettant de bénéficier dudit chômage, seuls 20 000 a 30 000 « démissionnaires », selon l’aveu même de Muriel Pénicaud, à la tribune de l’Assemblée, pourront s’affilier à l’Unédic. Un chiffre qui inspire ce commentaire au « Monde » (2/8) : « Il témoigne de la portée très limitée de la mesure ! » C’est le moins que l’on puisse écrire. Surtout s’il est comparé à celui des démissions : 1 million par an !
Lors de cette même campagne électorale, le même Macron avait pris un autre engagement, que le quotidien (2/8) lui rappelle aussi : « Nous permettrons à tous les travailleurs d’avoir droit à l’assurance-chômage. Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection. »
Une question se pose aujourd’hui : faudra-t-il attendre le dernier jour de la prochaine session parlementaire, à la veille des vacances de Noël, pour que cette autre promesse subisse le même escamotage ?
Dans le Canard enchaîné du 8 août 2018.
Intéressante table ronde sur la surveillance numérique réalisée une semaine après l'attentat de novembre 2015.
Notes :
Un excellent documentaire de 2013-2014 sur le mouvement hacker. Tout y est : origine (joints, lutte contre les oppressions), buts (questionner le monde et le comprendre, défense des libertés, réappropriation de la technologie), rassemblements en des lieux communautaires (hackerspaces), autonomie, décentralisation, logiciel libre, personnes sociales (partage des connaissances, du stress, création et participation à des événements sociaux), etc. La surveillance de masse des réseaux informatiques et les lanceurs d'alerte sont également évoqués.
J'apprécie la militante pour les droits de l'homme venue du Bahreïn qui expose bien que le printemps arabe, c'est avant tout des gens sur le terrain et qu'il ne s'agit pas d'une révolution Facebook ou Twitter, qui n'ont été que des mégaphones face au silence continu des journaux internationaux.
Toutefois, on peut reprocher à ce documentaire d'entretenir la confusion entre le web et Internet (le web est un des usages possibles du réseau nommé Internet), de présenter les hackers d'une façon extrêmement prétentieuse en mode sauveurs du monde alors qu'ils sont uniquement une partie de la solution, et d'être centré sur un hacker en particulier, Okhin.
Je recommande vivement de faire visionner ce documentaire sous licence libre à des débutants.
Un documentaire de 2016-2017 sur les risques des tampons hygièniques.
Ce film est extrêmement alarmiste (« frôler la mort », « aucun médecin trouvait une solution », « des vies dévastées », etc.) et essaye de se faire mousser en permanence (« personne n'avait fait ça avant nous » répété jusqu'à plus soif), mais il contient des infos intéressantes.
Ce livre, sans droit d'auteur, disponible en PDF sur le site web de l'éditeur, nous parle de la nécessité d'abolir la peine de prison et même toute forme de peine, toute forme de système pénal au motif (je simplifie) que la peine est nécessairement inhumaine.
C'est un excellent ouvrage, j'en recommande vivement la lecture.
Mes notes ci-dessous.
Définitions :
Compenser un mal par un mal a toujours existé, dans toutes les civilisations humaines. Cela nous vient en partie du châtiment religieux. Évolution : plaire aux dieux en punissant les offenses -> féodalité à la justice imprévisible, car le droit coutumier était de rigueur -> droit écrit -> la peine doit être proportionnée (Cesare_Beccaria, 18e) et socialement utile -> futur = estimation prédictive d'une dangerosité ? ;
Il y a 3 grandes justifications de la peine :
Prisons :
Pourquoi abolir toute forme de peine ?
Alternatives aux peines :
Organiser des médiations entre le criminel et la victime ou sa famille, comme ce fût le cas à la fin de l'apartheid en Afrique du Sud ou comme c'est le cas au Canada (on notera que c'est vaguement inefficace puisque l'auteure nous informe qu'il y avait 129 détenus pour 100 000 habitants au Canada au début des années 2000, alors que ce ratio était de 90 pour 100 000 en France).
Erreurs :
Divers :
Il y a quelques années, j'ai installé et configuré un serveur VOIP Asterisk sans prétention. L'ennui, c'est que des robots essayent en permanence de trouver un couple identifiant+mdp valide dans l'objectif de dénicher des appels nationaux / internationaux. Il suffit ensuite à leur propriétaire de souscrire à une offre de fourniture d'un numéro surtaxé puis de faire téléphoner ses robots au numéro ainsi obtenu afin d'encaisser de l'argent. Asterisk consigne toutes ces tentatives dans un fichier de log… qui grossit et sature notre espace disque (le conteneur LXC qui héberge ce serveur Asterisk est dimensionné pour juste ce qu'il faut).
Soit on réduit la verbosité d'Asterisk, soit on ajuste la politique de conservation du log Asterisk, soit on filtre les pénibles. Je refuse la première solution, mais j'ai appliqué les deux autres.
La configuration de logrotate fournie par le paquet Debian contenant Asterisk ne compresse pas les logs. Changeons ça :
On évite que dpkg nous informe de la modification du fichier et nous demande ce que nous souhaitons faire à chaque mise à jour :
sudo dpkg-divert --add --no-rename --divert /etc/logrotate.d/asterisk.dpkg-dist /etc/logrotate.d/asterisk
Puis, on active la compression en ajoutant les lignes suivantes dans /etc/logrotate.d/asterisk :
compress
delaycompress
La compression du log Asterisk a résolu mon problème à elle seule : l'espace disque n'est plus jamais saturé. Mais ça n'empêche pas de vouloir dégager les pénibles.
Puisqu'on peut repérer une tentative pour trouver un couple identifiant+mdp depuis le log Asterisk, fail2ban est l'outil idéal : il va analyser ce fichier avec des regex et il bannira temporairement les pénibles avec iptables. Le paquet fail2ban fournit par Debian contient déjà un jeu de règles pour identifier quelques attaques contre un serveur VOIP.
sudo apt-get install fail2banActiver les règles de filtrage Asterisk de fail2ban en créant un fichier /etc/fail2ban/jail.d/asterisk.conf contenant :
[asterisk]
enabled = true
Désactiver l'envoi d'un mail à root à chaque fois qu'une IP est bloquée en commentant la ligne %(mta)s-whois[name=%(__name__)s, dest="%(destemail)s"] dans la section [asterisk] du fichier /etc/fail2ban/jail.conf :
sudo dpkg-divert --add --no-rename --divert /etc/fail2ban/jail.conf.dpkg-dist /etc/fail2ban/jail.conf
sudo $EDITOR /etc/fail2ban/jail.conf # commenter « %(mta)s-whois[name=%(__name__)s, dest="%(destemail)s"] » dans la section « [asterisk] »
Désactiver l'envoi d'un mail à root à chaque fois qu'un jeu de règles de filtrage est activé ou désactivé en créant un fichier /etc/fail2ban/action.d/sendmail-common.local contenant :
[Definition]
actionstart =
actionstop =
Par défaut, fail2ban insère des règles netfilter qui envoient un message ICMP au robot spammeur bloqué (« -j REJECT »). On peut changer ce comportement :
sudo dpkg-divert --add --no-rename --divert /etc/fail2ban/action.d/iptables-common.conf.dpkg-dist /etc/fail2ban/action.d/iptables-common.conf
sudo sed -i -e 's#blocktype = REJECT --reject-with icmp-port-unreachable#blocktype = DROP#' /etc/fail2ban/action.d/iptables-common.conf
On peut aussi désactiver le jeu de règles de filtrage pour sshd :
sudo dpkg-divert --add --no-rename --divert /etc/fail2ban/jail.d/defaults-debian.conf.dpkg-dist /etc/fail2ban/jail.d/defaults-debian.conf
sudo sed -i -e 's#enabled = true#enabled = false#' /etc/fail2ban/jail.d/defaults-debian.conf
[asterisk] du fichier /etc/fail2ban/jail.conf, on ajoute une ligne : banaction = iptables-ipset-proto4 ;sudo systemctl restart fail2ban ;sudo tail -f /var/log/asterisk/messages /var/log/fail2ban.log et sudo iptables -t filter L -n -v (et sudo ipset list f2b-asterisk-udp si l'on a activé l'utilisation des ipset).En attendant d'avoir le temps de me pencher sur fail2ban pour la première fois, j'ai utilisé cette règle de filtrage :
sudo iptables -A INPUT ! -s $SUBNET_RESEAU -d $IP_SERVEUR/32 -p udp -m udp --dport 5060 -m hashlimit --hashlimit-above 5/min --hashlimit-burst 10 --hashlimit-mode srcip --hashlimit-name RL-SIP-GLOBL-v4 --hashlimit-srcmask 24 -m comment --comment "RL SIP QUERIES 5/min burst 10/min" -j DROP
Elle autorise 5 paquets par minute destinés au port UDP 5060 du serveur VOIP en vitesse de croisière et 10 paquets/minute par à-coups. Les utilisateurs membres du réseau ont la garantie de ne pas être filtrés grâce à « ! -s $SUBNET_RESEAU ».
Je rends cette règle de filtrage résistante à un redémarrage avec le logiciel netfilter-persistent.
Si cette règle de filtrage n'est pas idéale, elle a le mérite de calmer le jeu. Elle n'empêche pas le trunk SIP avec notre fournisseur de fonctionner normalement en vitesse de croisière, mais il ne faut pas effectuer plusieurs tentatives d'appel en une minute. Bref, cette règle fonctionne uniquement parce que je connais la plage IP des usagers de ce serveur VOIP, qu'ils sont très peu nombreux, et qu'ils n'utilisent pas compulsivement le téléphone.
En environ 3 mois d'utilisation, cette règle de filtrage a produit le résultat suivant :
Chain INPUT (policy ACCEPT 13M packets, 1285M bytes)
pkts bytes target prot opt in out source destination
83M 31G DROP udp -- !$SUBNET_RESEAU $IP_SERVEUR/32 udp dpt:5060 limit: above 5/min burst 10 mode srcip srcmask 24
Elle a filtré 31 Go (!!!) de merde, mais elle en a aussi laissé passer 1,2 Go. Bref, pas idéal.
Porteus Kiosk est un système GNU/Linux minimal verrouillé équipé d'un navigateur web verrouillé qui est le seul logiciel utilisable. Il permet d'obtenir, très rapidement, des kiosks pour un accueil (affichage d'un site web de démonstration en boucle) ou des PCs en libre-service qui permettent l'accès à un/plusieurs sites web autorisés (via un proxy local, Porteus lui-même), l'ouverture d'une clé USB, l'affichage d'un PDF (avec la visionneuse PDF intégrée au navigateur web), etc.
La configuration des kiosks (ou d'un groupe de kiosk ou d'un kiosk) se crée à l'aide d'un assistant graphique en démarrant sur la clé USB d'installation. Elle peut être stockée à distance, sur un serveur web, en TLS (sinon une attaque de l'homme du milieu est possible), car il s'agit d'un fichier texte avec la syntaxe « clé=valeur ». Dans ce cas-là, Porteus Kiosk récupère automatiquement la configuration lors de son démarrage et l'applique (ce qui occasionne 2 redémarrages). Si la configuration doit devenir immédiatement effective alors que le kiosk est allumé, on peut activer un serveur SSH sur le kiosk et l'utiliser pour redémarrer le kiosk à distance.
Au taff, nous utilisons Porteus Kiosk pour donner un accès à un processus interne d'inscription, ce qui inclut :
Porteus Kiosk posséde d'autres fonctionnalités comme la fermeture+ouverture automatique de la session après un délai d'inactivité, le positionnement d'un fond d'écran (qui apparaît très tôt durant le démarrage, ce qui est appréciable), la configuration d'un proxy externe, le positionnement d'actions régulières (un arrêt programmé tous les jours à 20 h, par exemple), etc.
Je me suis longtemps demandé pour quelles raisons un⋅e humain⋅e recherche la compagnie constante d'autres humain⋅e⋅s : ami⋅e, colocation, vie de couple, vie de famille, etc. Je me suis longtemps interrogé sur la pertinence d'une vie en couple s'entendant comme vivre ensemble toutes nos heures hors du travail alors que la survie de l'espèce et le plaisir sexuel n'imposent pas un tel mode de vie.
Pourquoi, alors ? Une des réponses me semble être que la vie, c'est ennuyeux. Nous cherchons à noyer l'ennui en faisant des choses. Des choses inutiles, mais l'important est de faire, afin de passer le temps, car l'humain⋅e est peut-être la seule espèce animale consciente du temps qui passe et la seule qui mesure cet écoulement. Faire des choses suppose d'être moteur. Or, un⋅e humain⋅e normalement constituée ne peut pas être moteur en permanence, il⋅elle n'est pas fait pour ça, son cerveau est une machine qui crée et maintient des habitudes. Du coup, il faut que la lutte contre l'ennui lui soit extérieure et qu'elle se propage à lui⋅elle via des interactions sociales.
Une vie de couple, d'autant plus une dans laquelle l'on vit l'un sur l'autre en permanence tous les jours en dehors du taff, nécessite de mettre d'accord deux personnes qui ont des envies et des volontés divergentes sur tout un tas de choses, d'où beaucoup sont futiles (mais ce n'est pas la question). Ça génère forcément des discussions, des disputes, des désaccords, des compromis. Bref, ça occupe.
Quand on a maîtrisé ça, que l'on a trouvé un ensemble de méthodes rodées pour résoudre les différends, l'ennui revient. Il est l'heure d'introduire un nouveau générateur d'aléatoire : un enfant. La grossesse, la préparation de sa venue puis la gestion de ses nuits puis la maternelle puis la fameuse adolescence, puis… tout ça va entraîner de profonds changements et déséquilibres que le couple va devoir apprendre à gérer. Bref, ça occupe.
Quand le couple sera rodé, il sera temps de changer de partenaire, histoire de recommencer la recherche de méthodes pour vivre à plusieurs étant entendu qu'il n'y a pas de méthode universelle, ou de vivre ses vieux jours avec un animal de compagnie. Jeune, de préférence, afin qu'il pisse partout, qu'il casse des objets, bref qu'il génère de l'anti-ennui. Bien entendu, il n'est pas nécessaire de vivre en couple pour vivre avec un animal de compagnie, on peut aussi avoir envie d'y avoir recours dans la lutte contre l'ennui quand on est seul⋅e.
Le raisonnement est similaire pour les ami⋅e⋅s et la colocation : il faut mettre d'accord plusieurs volontés divergentes, ça prend du temps, de l'énergie, ça crée des sentiments, qu'il faut gérer et comprendre, etc. Bref, ça aide à passer le temps.
À mon avis, ce que certain⋅e⋅s nomment « l'économie du changement » s'inscrit dans ce cadre-là : occuper les gens. C'est le lit des bullshit jobs, mais, au fond, ce n'est qu'un prolongement de la tristesse de nos vies, tristesse qui existe de base à l'état de nature. L'économie du changement, c'est, entre autres :
Prolongement de ce shaarli : L’humanité a-t-elle trouvé le sens de la vie ?
Un excellent documentaire de septembre 2015 sur le business de la sécurité : biométrie, flicage vidéo, ventes à des dictatures, etc.
Biométrie (œil, face, empreintes, voix, etc.). On en trouve partout : à l'hôtel, à l'aéroport, au bureau, à la cantine scolaire des enfants (histoire de les habituer ?), à la maison, pour le paiement, dans nos téléphones…
Experts en sécurité et études bidons. Les experts en sécurité pullulent sur les plateaux TV : Alain Bauer (architecte des mesures sécuritaires de Sarkozy), Xavier Raufer, Christophe Naudin, etc.
Vidéo-flicage sur la voie publique. De 2007 à 2011 : on vire 9000 flics et gendarmes, que l'on remplace par un grand plan de flicage vidéo. La loi est même modifiée pour parler de vidéoprotection, au lieu du vulgaire vidéosurveillance.
Un excellent documentaire de 2014 sur ce qui se cache dans nos téléphones portables prétendument intelligents.
Notes :