5961 links
  • GuiGui's Show

  • Home
  • Login
  • RSS Feed
  • Tag cloud
  • Picture wall
  • Daily
Links per page: 20 50 100
◄Older
page 135 / 299
Newer►
  • Un monde sans travail ? | FranceTV Pro – Pressrooms du groupe France Télévisions

    Un énième documentaire de 2017 sur le lien entre robotisation et emploi, sur la suppression d'emplois (peu ou fortement qualifiés, aucune différence), le revenu de base, un remplacement éventuel des emplois actuels par du travail créatif et/ou à valeur sociale, etc.

    Notes :

    • Environ 150 000 employés dans les principales sociétés commerciales numériques génèrent une capitalisation de plus d'un trilliard de dollars… La richesse se génère avec toujours moins de personnes et se partage entre toujours moins de personnes. Rien de neuf, on retrouve là toute la théorie Marxiste sur la possession du capital et des moyens de production de laquelle découle le partage (ou non) des richesses ;

    • S'il y a moins d'employés, la question qui se pose est « qui consomme ? ». Et c'est là que le revenu de base pourrait débarquer non comme une mesure émancipatrice de l'humain (partage des richesses issues de la production robotisée et/ou partage du temps de travail), mais comme une mesure permettant d'entretenir le cycle de la consommation et de maintenir l'oppression des possédants de capital donc de robots sur les autres ;

    • En 2017, au moins deux expérimentations d'un revenu de base sont en cours en Europe : l'une en Finlande, l'autre aux Pays-Bas.
    Tue Aug 21 23:57:45 2018 - permalink -
    - http://www.francetvpro.fr/france-5/programmes/8564322
  • Le Dernier continent - film 2015 - AlloCiné

    Un documentaire sans commentaire (voix off) tourné entre 2012 et 2014 sur la ZAD de NDDL. Les envies, les espérances, les doutes et les ennuis des zadistes. Dommage de ne pas avoir montré les lieux de prise de décision.

    Notes :

    • Chronologie : le projet d'aéroport est annoncé en 1972, le rachat des terres se fait progressivement. L'occupation militante des lieux commence en 2007. L'État concède les terres à Vinci en 2010. Les derniers baux locatifs se terminent en 2012, donc les expulsions peuvent commencer ;

    • L'achat des terres agricoles par l'État a mis fin à la spéculation sur ces terres, ce qui rend possible l'émergence de projets alternatifs ;

    • Effet flamby : l'intervention policière de fin 2012 a fait tripler le nombre de zadistes en six mois ;

    • Je retiens deux mots d'ordre prononcés par la majorité des intervenants : 1) faire autrement, mais faire ; 2) des gens qui assurent avoir trouvé une plus grande cohérence entre ce qu'ils pensent et leurs actes, ce qui se nomme l'estime de soi ;

    • Je constate que le nouveau monde éventuel dépend de l'ancien monde : récupération des restes alimentaires jetés par les supermarchés & co, approvisionnement en eau (les puits sont insuffisants, apparemment ?) ;

    • Sur les images, je crois reconnaître les grenades lacrymos conçues par Alsetex, qui les exporte aussi au Bahreïn.
    Tue Aug 21 22:14:14 2018 - permalink -
    - http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=141047.html
  • Quelques ressources sur les années de plomb

    Depuis plusieurs mois, je m'intéresse aux années de plomb, c'est-à-dire la période imprégnée de violence politique entre la fin des années 1960 et la fin des années 1980.

    En Europe, une frange de l'extrême-gauche, faisant le constat de l'échec des autres méthodes de contestation politique, décide de passer à la lutte armée réfléchie et de commettre des attentats politiques ciblés (dégrader des bâtiments, poser des bombes, assassiner des personnalités politiques / économiques / culturelles, etc.). Les groupes autonomes se nomment, entre autres, Action directe en France, Cellules Communistes Combattantes en Belgique, Fraction Armée Rouge (aka Bande à Baader-Meinhof) en Allemagne et Bridages Rouges en Italie.

    Les idéaux et pratiques de ses groupes tournent autour de l'antifascisme, de l'anti-impérialisme (principalement US), du communisme, et de l'anarchisme (autogestion, autonomie d'action, etc.).

    Comme j'ai un esprit chauvin, j’ai cherché à me documenter en priorité sur Action Directe. À défaut d'être en capacité de lire les manifestes rédigés par le mouvement (Pour un projet communiste, Sur l'impérialisme, entre autres) qui sont introuvables, je me suis penché sur les productions audiovisuelles suivantes…


    50 ans de faits divers - Action directe : un terrorisme à la française

    • 180 membres dont les leaders sont :

      • Joëlle Aubron : issue d'un milieu bourgeois (sa famille possédait un château avec 20 hectares de terre en région parisienne) qu'elle rejette ;

      • Georges Cipriani : fraiseur chez Renault ;

      • Nathalie Menigon : issue d'un milieu modeste, comptable dans une banque ;

      • Jean-Marc Rouillan : vif, très vite contrarié par tout, très influencé par la lutte anti-franquiste (à laquelle ont prit part ses grand-parents) et la mort de son ami militant espagnol Salvador Puig i Antich. Il rejoint le MIL (lutte armée anti-franquiste) puis fonde les GARI (Groupes d'Action Révolutionnaire Internationalistes).
    • Action Directe, comme d'autres, est née d'un besoin d'engagement d'une génération qui a grandit dans le culte des héros de la Résistance (Jean Alfen, ex-membre d'A.D. déclare qu'il a agit par fidélité sa famille résistante en s'organisant pour refuser ce monde de merde, qu'il aurait eu honte de laisser faire ce monde-là en se réfugiant sur un projet individuel) et dans la déception de 1968 (certitude d'alors qu'il n'y avait pas d'illusion, que la révolution allait gagner, selon Jean Alfen). Jean Alfen : Action Directe est né du constat qu'« on ne peut pas supporter l'insupportable. Ce monde-là est une horreur, une erreur et on n'améliore pas une erreur, on la supprime » ;

    • Les années 70, c'est aussi l'époque des groupes Maoïstes : la cause du Peuple, la gauche prolétarienne, Sartre qui débat avec les maoïstes et les encouragent à être radicaux, car ils ont raison de se révolter ;

    • Février 1972 : un vigile de Renault assassine un employé militant, Pierre Overney, qui distribuait des tracts. Lors de ses obsèques, 200 000 personnes appellent à la vengeance. La gauche se désolidarise. À la fin des années 70, il n'y aura plus d'organisations politiciennes prêtent à cautionner la violence dans le cadre d'un refus social. En 1977, le vigile serait assassiné ;

    • Fin des années 1970 : Action Directe se constitue de manière informelle ;

    • 1er mai 1979 : première action d'Action Directe, le mitraillage du siège du CNPF (ex-MEDEF) ;

    • Jean Alfen : « on se serait bien passé de l'action, [ le but premier ] c'était d'expliquer ce qui se joue. [ L'attentat au ] Ministère de la coopération, c'était pour dénoncer la politique africaine de la France ». Mais, ça a échoué : les communiqués de presse étaient tronqués et le groupe n'avait pas les moyens de populariser ses actions ;

    • Financement du mouvement : braquage de banques, ce que le groupe nomme « réappropriation prolétarienne » (terminologie employée en Amérique latine) ;

    • Fin 1980, les RG tendent une souricière aux deux dirigeants d'A.D. (Rouillan - Menigon) en se faisant passer pour des ambassadeurs du terroriste Carlos qu'ils leur promettent de leur faire rencontrer ;

    • À la suite de son élection, Mitterrand (et la droite sénatoriale) votent une loi d'amnistie générale. Rouillan peut sortir, car il fût faiblement condamné. Menigon ne peut bénéficier de l'amnistie, mais profite d'une grâce médicale suite à ses grèves de la faim. Certains considèrent que la gauche vient de libérer ses enfants qui ont mal tourné ;

    • Action Directe se mobilise dans les squats, notamment pour venir en aide aux Turcs, et publie des manifestes ;

    • Se sentant harcelés par les flics et déçu par le pouvoir en place (Mitterrand tenait un discours de rupture en déclarant « celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi, politique, ça va de soi, c'est secondaire, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du PS), A.D. repasse à l'action en août 1982, en plein attentats islamistes à Paris, en faisant exploser une société commerciale spécialisée dans l'import de biens israéliens ;

    • Le groupe se rend compte que la violence doit monter d'un cran pour être audible quand l'AFP ignore le mitraillage de la voiture d'un agent du Mossad en exposant, à Jean Alfen, qui revendique le mitraillage par téléphone que l'AFP a bien dépêché quelqu'un, mais qu'il n'y avait personne dans la voiture. Il faut tuer pour être entendu. D'autres exposent que le goût du sang d'A.D. découle de la liquidation, en mars 1982, de la taupe qui a permis de monter la souricière fin 1980** ;

    • 1985 : A.D. assassine le général Audran, membre imminent du ministère de la Défense, responsable des ventes d'armes à l'étranger afin de dénoncer la politique militaire française alors que le monde assiste au conflit Iran / Irak ;

    • Novembre 1986 : assassinat du PDG de Renault, qui était encore une régie publique. A.D. le considère comme le symbole du capitalisme et de la puissance militaro-capitaliste de la France Besse a également procédé à 21 000 suppressions de poste en deux ans, soit 10 % des effectifs d'alors, et en prévoyait encore 5000 ;

    • La traque policière commence et les 4 membres principaux d'A.D mentionnés au début sont arrêtés dans une ferme que le couple Rouillan-Menigon loue sous un faux nom. Les gendarmes du coin n'ont rien remarqué alors que le portrait de Rouillan-Menigon est affiché dans leur commissariat sous ordre du ministère (mais elles datent de plus de 10 ans). L'info vient d'une femme de la DST rencardée par sa gynécologue de Tours qui a également reçu Menigon (le documentaire « Action Directe, 30 ans après » expose que c’est un villageois qui a informé son ami de la DST) ;

    • Dans la ferme, A.D. avait construit une prison du peuple : un emplacement permettant de loger un humain debout qui ne peut se mouvoir. Elle était destinée au directeur de la recherche technologique du CEA ;

    • À leur procès en 1989, les 4 membres d'A.D. refusent de participer à un débat dans lequel les jeux étaient faits d'avance, et la sanction connue d'avance, celle d'une justice bourgeoise qui ignore des révolutionnaires menant un combat politique et leurs motivations politiques ;

    • Certains membres d'A.D., comme Menigon, étaient en civière à l'un de ses procès à cause de la grève de la faim que le groupe menait. Ce qui fait dire à Jean Alfen que ce procès n'était qu'une parade du jugement qui n'était pas là pour juger des gens mais une image : « si vous vous opposez à notre logique, voilà comment vous terminerez ».


    Faites entrer l'accusé - Action directe, l'assassinat de Georges Besse

    • En novembre 1986, Menigon et Aubron assassinent Georges Besse, le PDG de la régie Renault afin de dénoncer la concentration industrielle et, semble-t-il, les suppressions de postes. Rouillan aurait participé aux repérages ;

    • Les deux femmes ignorent totalement la présence des témoins. Comme le note la femme de Besse, changer d'itinéraire routier afin d'assurer sa sécurité n'a servi à rien puisqu'il parait toujours du même point et il arrivait toujours au même point ;

    • En fondant les GARI, Rouillan participe, en 1974 à des incendies de cars espagnol, à la pose d'une bombe sur le tour de France et à l'enlèvement d'un banquier. Il est arrêté en 1974 et relâché en 1977 ;

    • En 1981, Rouillan déclare, à la radio, qu'à sa sortie de prison en 1977, il s'est « retrouvé face à une réalité sociale bloquée. J'ai pensé que l'action des partis de gauche et d'extrême-gauche ne pouvait pas dépasser ce blocage. J'ai pensé que la lutte armée était un des moyens qui pouvaient débloquer cette réalité sociale » ;

    • En 1981, Menigon raconte son engagement à la radio : « En 76, il y a eu une grève très dure. On a été mis à la porte de la CFDT parce qu'on voulait gérer nous-même notre lutte et qu'on était pour des actions plus radicales. À partir de ce moment-là, on a créé un collectif autonome dont le principal moyen d'action était le sabotage… d'ordinateurs, etc. ». C'est le déclic. Elle quitte son taff et participe aux actions des groupes autonomes : à cette époque, anarchistes, maoïstes, communistes et autonomes rêvent d'une percée historique de leurs idées ;

    • Rouillan et Menigon se rencontrent à Paris et forment la tête d'Action Directe. Aubron, qui ne supporte pas sa famille bourgeoise, va s'inscrire à la fac de Vincennes (celles des soixante-huitards, comme un message envoyé à sa famille), puis elle rejoint les squats dont l'un est celui où traîne A.D., qu'elle rejoint en 1982 ;

    • Cipriani découvre A.D. dans les squats allemands où se trouvent les mouvements autonomes ;

    • En 1980, avant l'arrestation de Menigon-Rouillan, les planques d'A.D. étaient infiltrées par les RG et 32 personnes sont interpellées ;

    • Entre 1981 et 85, il y aurait eu une volonté politique de ménager A.D. : quand ses membres sont interpellés pour des exactions mineures (comme le vol de la voiture de Jospin, par exemple), ils sont relâchés sous les ordres des plus hautes instances judiciaires ;

    • Rouillan, à la radio, en 1981 :
      • Il est vrai que nous avons renoncé pour l'instant à des actions spectaculaires et violentes. Mais, si la situation ne change pas, si le gouvernement ne change pas de politique dans l'usine, s'ils ne mettent pas les patrons au pas, il est évident que nous reprendrons une action violente.
      • Vous pensez que le parti socialiste, la gauche au pouvoir mettra les patrons aux pas ?
      • Nous on voudrait un peu plus : qu'on les mette carrément à la porte sinon on les éliminera, on s'en débarrassera… rire

    • Les membres d'A.D. restaient dans le coin (et ils allaient parfois remonter le minuteur) en attendant que leur bombe explose afin d'éviter des dommages collatéraux, même si c'est arriver comme Marie-France Vilela rendue aveugle par une bombe alors qu'elle promenait son chien plus tard que d’habitude (contre-carrant ainsi les repérages) ;

    • En 1985, A.D. s'unit avec la Fraction Armée Rouge ;

    • Lors de leur procès, les 4 membres d'A.D. sus-cités se sont montré désinvoltes et méprisants envers la justice. En outre, ils se passent des mots, se font des signes, dorment, se retire et décident de ne plus comparaître ;

    • Leur idéal politique reste incompris malgré la lecture d'un manifeste de 30 pages lors de leur procès.


    Action Directe, 30 ans après

    • Les membres imminents d'A.D ont-ils été des mercenaires employés par les Iraniens ou les Libannais ? Georges Besse était le président d'Eurodif dont le business nucléaire avec les Iraniens s'est mal passé (la France refuse d’exécuter le contrat et de livrer l’uranium enrichi depuis que l’Iran n’est plus dirigé par un ami des pays occidentaux). René Audran était responsable des contrats d'armement avec l'Irak, en guerre avec l'Iran.

    • Ce n'est pas mentionné dans le documentaire, mais, pour ma part, je pense que les cibles ne sont pas toujours évidentes… Faire sauter une société commerciale qui importe des fruits d'Israël pour dénoncer l'invasion du Liban par Israël ?!


    A.D. La guerre de l'ombre

    Il s'agit d'une fiction télévisée qui explore la piste d'une manipulation d'A.D. par des États étrangers. Je n'ai pas pu recouper les faits concrets en dehors de l'hypothèse d'un commanditaire étranger, ce qui m'a rendu très dubitatif sur la qualité de cette fiction. Pour moi, il faut passer son chemin.


    La Bande à Baader

    Une fiction documentaire datant de 2008 qui retrace la vie de la première génération et de la deuxième génération de la Fraction Armée Rouge : manifestations contre la venue du Chah d'Iran (qui opprimait son Peuple) dans laquelle des étudiants pacifistes sont tabassés par des pro-Chah sous les yeux des flics qui restent passifs ; première prise de position de Meinhof en faveur des étudiants ; première action de Baader (bombe dans un magasin en avril 1968) ; libération de Baader par Meinhof ; entraînement dans un camp du Fatah ; braquages de banque, lutte contre l'impérialisme américain au Vietnam ; arrestation des leaders historiques en 1972 ; grèves de la faim en cellule ; procès chaotique en 1977 ; tentatives de libération (voyageurs en avion pris en otage ; prise d'otage à l'ambassade de l'Allemagne de l'Ouest à Stockholm ; suicide des leaders historiques en 1977.

    Je déduis de ce film que la communication de Meinhof a permis de populariser les actions. De même, je déduis que la RAF a assumé plus de dégâts collatéraux qu'Action Directe.

    La contestation, c'est lorsque je dis que ça ne me convient pas. La résistance, c'est lorsque je fais en sorte que ce qui ne me convient pas ne puisse pas durer plus longtemps.

    Tue Aug 21 16:26:22 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?MOI4dw
  • Jean Yanne - Toute le monde il est beau.... - YouTube

    Je pose ça là pour les personnes qui t'expliquent que t'es vulgaire quand tu t'opposes avec virulence à des idées ou à des pratiques tout à fait détestables sur un ton qui leur paraît inconvenant. À force de vivre dans un monde remplis de ces saloperies, on en perd notre boussole morale. C'est alors facile de pointer du doigt la forme du discours du gugus qui dénonce ces saloperies. La remise en question, c'est bien plus compliqué. Il faut faire simple et court.

    Vous me trouvez grossier, et moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire. […] Dire « merde » ou « mon cul », c'est simplement grossier. Maintenant, voyons donc tout ce qui est vulgaire. Prendre une voix feutrée et sur un ton larvaire vendre avec les slogans au bon con d'auditeur les signes du zodiaque ou le courrier du cœur. Connaissant son effet sur les foules passives, faire appel à Jesus pour vanter la lessive. Employer les plus bas et les plus sûrs moyens. Faire des émissions sur les vieux, sur la faim, le cancer… Enfin jouer sur les bons sentiments afin de mieux fourguer les désodorisants. Tout cela, c'est vulgaire, ça pue, ça intoxique. Mais cela fait partie du jeu radiopĥonique : vendre la merde oui, mais sans dire un gros mot. Tout le monde est gentil, tout il monde il est beau !

    Cette satire, « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », date de 1972. Je recommande de la visionner.

    Mon Aug 20 19:34:06 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=12cBaujFBCM&t=117
  • Stanley Claisse, avocat et Stéphane Bortzmeyer, ingénieur système - CPU ⬜ Carré Petit Utile - GuiGui's Show - OpenNews

    J'ai jamais compris cette histoire de faux positifs.
    Si j'ai une machine qui trie les fruits pour sélectionner des pommes vertes, je peux avoir un système basé sur la couleur. Je me retrouve avec ceux qui sont verts. J'ai plein de faux positifs: plein de poires dans ma sélection.
    Je peux aussi sélectionner basé sur la forme. Je me retrouve avec ceux qui sont ronds. J'ai plein de faux positifs: plein d'oranges dans ma sélection.
    Mais en combinant les deux, j'élimine à la fois les poires et les oranges. Et le taux de faux positifs d'une méthode en particulier n'est pas important.
    Une application réelle d'une recherche de terroriste via la surveillance automatique ne va jamais abandonner totalement les méthodes traditionnelles. Les réduire peut-être, mais pas les abandonner toutes. Pour savoir qui sont les terroristes, la procédure sera de demander quels sont les individus qui ont un score suffisamment élevé dans les deux procédures, et le nombre de faux positifs sera fortement réduis.
    Mieux, les faux positifs de la méthode traditionnelle seront eux aussi réduit.

    D'abord, un humain est peut-être un chouïa plus difficile à cerner qu'un fruit : ce n'est pas tellement ma taille ni mon régime alimentaire ni mes lectures ni mon appartenance à un parti politique qui permettent de savoir qui je suis et de me fixer une étiquette « terroriste » (ou une autre étiquette, d'ailleurs). Il va falloir aligner de nombreux critères pour que la méthode soit pertinente dans ce qu'elle remonte. Déjà qu'il y a des faux-positifs en virologie et en médecine en général…

    Ensuite, tout ensemble de critères a ses limites. Une pomme n'est pas absolument ronde ni absolument verte. Il existe des nuances de formes de pommes et de couleurs qui tendent au vert et qui peuvent être la couleur d'une pomme. Donc, tu vas prévoir une marge d'appréciation… qui est une marge d'erreur… Tu obtiendras donc des faux positifs dans ton tri de fruits.

    Dans le cas du terrorisme, il n'y a même pas de définition légale de ce que c'est. Du coup, une recherche manuelle ou automatique (la différence entre les deux, c'est le pouvoir de nuisance plus grand de la capacité de traitement informatisée) peut se faire uniquement sur des critères qui relèvent du fait du prince : je ne pense pas avoir la même définition de ce qu'est une atteinte à l'ordre public ou de ce qui relève des intérêts stratégiques de la Nation que Valls, Cazeneuve ou Collomb.

    On en revient au flou inhérent de tout processus de détection d'une intention. Quand tu commences à faire une tambouille qui mélange ce qu'a lu une personne, ce qu'elle a écrit, ce qu'elle a acheté, qui elle fréquente, etc., tu obtiens des faux positifs. C'est tellement flou et détaché de la personne que c'est évident. Ce n'est pas parce que j'ai lu les manifestes d'Action directe, que j'ai écrit que c'est une organisation de la société qui me tente bien, et que j'ai acheté des produits ménagers qui permettent également de confectionner une bombe que je suis un terroriste d'extrême-gauche : je suis peut-être juste quelqu'un qui va nettoyer sa piaule en étant un peu plus cultivé. Tu peux remplacer « manifestes d'Action Directe » par « vidéos de propagande de l'État islamique », ça ne change rien, tu n'acquiers pas un semblant de début de commencement de certitude que je suis un terroriste. Et, en attendant, le pouvoir nous a fliqué et a conservé des infos sur nous.


    Une application réelle d'une recherche de terroriste via la surveillance automatique ne va jamais abandonner totalement les méthodes traditionnelles.

    Oui, c'est bien le problème. Il faudra aller vérifier la sortie de l'algorithme… Ce qui est impossible humainement et financièrement… Donc on flique tout le monde pour un résultat nul… Enfin, non, pas nul, car après un acte, ça permettra de se rassurer en tentant d'attacher son auteur à une mouvance, un groupe, une filière, etc. Impression de contrôle parfaite pour couvrir le temps médiatique.

    Mon Aug 20 12:15:28 2018 - permalink -
    - https://www.ecirtam.net/opennews/?wXo0yA
  • Quelques documentaires sur la catastrophe de Tchernobyl

    En 2016, pour les 30 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, et 5 ans après l'accident de Fukushima, j'avais mis de côté ces deux documentaires parmi ceux diffusés à l'époque.


    La bataille de Tchernobyl

    Cet excellent documentaire de 2006 contient de nombreuses images d'archives et de nombreux témoignages de personnes impliquées.

    • Origine de la catastrophe : enchaînement d'erreurs humaines dans un test de la redondance électrique ;

    • La structure du pouvoir en URSS et la nouveauté du problème (la délégation scientifique dépêchée sur place fût incapable de se prononcer pendant les 2 premiers jours de ses travaux) font que les autorités soviétiques sont informées par… la Suède, qui, le 28 avril, détecte dans son air des particules radioactives. Auparavant, Gorbatchev lui-même n'est informé que d'un incendie sans explosion… ;

    • Chronologie :

      • 26 avril 1986, 1h23 : explosion ;

      • Le 26 avril, 27 pompiers tentent d'éteindre ce qu'ils pensent être un incendie ;

      • Le 27 avril à 14h, la ville de Pripiat située à 3 km est évacuée avec 1200 autobus ; Un mélange de sable et de Bore est largué par avion dans le réacteur afin d'éteindre le cratère ;

      • 1er mai : dans un rayon de 30 km, la forêt brunit… Le même jour, les manifestations de la fête du travail sont maintenues afin d'éviter la panique ;

      • 5 mai : la dalle sous le réacteur se fissure, le magma risque d'entrer en contact avec l'eau déversée par les pompiers, ce qui provoquerait une explosion… Un bataillon de pompiers mourra en purgeant l'eau… Dans le même temps, des hélicos déversent du plomb dans le cratère afin qu'il cesse définitivement de recracher des particules radioactives, tant pis pour la dangerosité du plomb inhalé par les organismes humains…

      • 11 mai : un accès à la salle du réacteur via les corridors techniques permet de se rendre compte qu'il faut renforcer la dalle sous le réacteur afin que le magma n'atteigne pas l'eau de la nappe phréatique, l'une des plus interconnectées avec des mers et des fleuves… ;

      • 12 mai : des mineurs de la région de Moscou et des pays voisins (Biélorussie) sont réquisitionnés pour aménager un accès sous-terrain permettant d'installer un dispositif de refroidissement par azote liquide. Aucun des 2500 mineurs s'en sortira indemne… mais le refroidissement ne sera jamais installé… ;

      • Dans le même temps, 500 000 soldats réservistes, nommés liquidateurs, sont chargés de coller la poussière au sol en procédant à des largages aérien de produits coagulants, puis de nettoyer la couche de poussière sur les sols et les habitants (si ce n'est pas possible, les bâtiments sont détruits), puis de tuer tous les animaux, puis de racler la terre à proximité de la centrale. Le tout est enterré dans de grandes fosses ;

      • Août : utilisation de robots pour récupérer les débris de l'explosion ;

      • Septembre : des morceaux de graphites hautement radioactifs (les robots cessent de fonctionner à leur contact !) présents sur les toits de la centrale empêchent la mise en place du sarcophage. Des hommes seront réquisitionnés pour dégager ces déchets… ;

      • Octobre-décembre : la construction du sarcophage est terminée ;
    • Bilan : 27 pompiers sacrifiés, 600 pilotes sacrifiés, 500 000 réservistes exposés (malades ou mort), 2500 mineurs malades ou mort, 130 000 personnes exilées, 200 000 personnes rendues invalides, 8 millions de personnes vivant sur des terres irradiées, des malformations à gogo sur la descendance… Ces chiffres sont flexibles, car le taux de contamination a changé plusieurs fois afin de minimiser l'impact de la catastrophe et qu'aucune étude n'a été conduite durant 20 ans… ;

    • Cette catastrophe et la chute du cours du pétrole expliquent, en partie, la chute du bloc soviétique ;

    • Tchernobyl rend concret le processus de désarmement nucléaire quand on se rend compte que le plus puissant missile russe peut disperser autant de particules radioactives que 100 catastrophes de Tchernobyl… ;

    • L'iode provoque un goût métallique persistant. Les robots et les appareils photos cessent de fonctionner. La radioactivité génère des flashes blancs sur les photos ;

    • Point négatif : ce documentaire cautionne le mythe du nuage radioactif arrêté aux frontières de la France. Les autorités françaises n'ont jamais déclaré ça et leur communiqué annonçant la détection de particules dans l'air a mis 2 jours à se diffuser compte-tenu de la fête du 1er mai…


    Tchernobyl, 30 ans après

    Ce deuxième documentaire, datant de 2016, est moins précis, plus désorganisé (on passe du passé au présent pour revenir au passé, de l'URSS à l'Allemagne, etc.), militant pour la fin du nucléaire, et il se répète beaucoup (les images d'archives sont toujours les mêmes, même quand ça ne correspond pas à la voix off…).

    • Lors du démantèlement d'une centrale nucléaire, on utilise de l'acide phosphorique pour détacher les particules radioactives des supports contaminés. Le liquide acide devient contaminé, on le conserve séparément. Comme je le supposais : on n'élimine pas la radioactivité, on la déplace… ;

    • L'ancienne mine de sel d'Asse (Allemagne) a été utilisé pour enfouir des déchets nucléaires. Problème : l'exploitation passée de la mine a fragilisé le sous-sol. De l'eau s'infiltre dans les galeries et des éléments radioactifs y sont relâchés… Il faut donc extraire les fûts radioactifs emmurés puis les stocker ailleurs… ;

    • Le sarcophage construit en 1986 sur la centrale de Tchernobyl s'est usé plus vite que prévu : pluie, neige (donc risque de contamination de la nappe phréatique par infiltration), radioactivité… Un nouveau sarcophage a été construit et installé de 2012 à 2016. Il a été cofinancé par les pays du G7. 1,5 milliards d'euros. Il a encore fallut nettoyer le sol avant intervention… Évidemment, ça ne corrige pas le problème : il faut toujours récupérer le combustible et le stocker de manière sécurisée… ;

    • En 1986, les exilés nucléaires étaient rejetés par le reste de la population, ajoutant une misère sociale à la misère économique de personnes qui avaient perdu toutes leurs possessions… ;

    • Temps de démantèlement d'une centrale : échec allemand en 25 ans pour démanteler Lubmin ;

    • Aujourd'hui, il y a 440 centrales nucléaires en activité dans le monde.
    Mon Aug 20 02:59:23 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?cHDIBA
  • Où en sommes nous dans l’année ? - le hollandais volant

    Ho, excellent. :O

    Sun Aug 19 20:59:36 2018 - permalink -
    - https://lehollandaisvolant.net/tout/tools/progression-calendar/
  • La pub au chevet des monuments historiques

    Alors que le gouvernement cherche désespérément les moyens de tenir la promesse électorale de Macron de réduire de 60 milliards les dépenses de l’Etat d’ici à la fin du quinquennat, ce n’est pas le moment de griller les fortunes pour restaurer des vieilles pierres.

    Heureusement, titre « Le figaro » (4/8) en page « Eco », « la pub [est] au chevet des monuments historiques ». Le journal écrit que, depuis 2007, « 100 millions d’euros de travaux de rénovation ont pu être réalisés » grâce aux annonceurs, principalement des boîtes de luxe et de high-tech, genre LVMH, Bulgari, Dior, Apple ou Netflix. Et cela avec la bénédiction du ministère de la Culture.

    Et grâce à une loi datant du bon Vieux temps de Nicolas Sarkozy !

    Dans le Canard enchaîné du 8 août 2018 (le titre est de moi).

    Sun Aug 19 20:54:06 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?tMgngg
  • Méchancetés sans frontières

    Aider les migrants demande parfois un peu d’aide.

    C'est de tracas qui s’abat sur ceux qui aident les migrants. Les amendes, on ne les compte plus, tant elles sont généreusement distribuées, partout en France, aux imprudents garés trop près des lieux où se regroupent les exilés. « Stationnement dangereux », voire « très dangereux », mentionnent les PV à 135 euros, assortis de 3 points en moins sur le permis, même en l’absence d’un quelconque panneau d’interdiction. Les distributions alimentaires sont facilement qualifiées de « jets de détritus sur la voie publique » et d’« abandons de déchets » (tarif : 68 euros).

    L’hiver dernier, il pelait, un bénévole de Calais a apporté du bois aux réfugiés pour qu’ils se réchauffent : « allumage de feu interdit » (tarif : 135 euros). « Nos équipes voient grimper le nombre de PV, parfois jusqu’à trois par jour », constate l’Auberge des migrants, à Calais.

    Bénévoles à l'afflux

    A Briançon, une jeune fille a été convoquée au commissariat pour « complicité de tentative d’escroquerie ». Elle avait, par mégarde, noté « Briançon » dans la case « lieu de naissance » en remplissant les documents d’un mineur isolé. N ’aurait-elle pas tenté de faire passer son protégé pour un Français ? Depuis juin, à Grande-Synthe, dans le Pas-de-Calais, tout près de l’ancienne « jungle », seuls les Français sont autorisés à apporter leur aide aux réfugiés.

    Comme le prouve un enregistrement réalisé, en juillet, par Refugee Women sur place. Les CRS demandent les cartes d’identité. Les Anglais sont refoulés. « Y a que les Français qui rentrent ! Ah, ça vient d’en haut ! Appelez le président de la République ! Nous, on nous dit de faire ça, on fait ça ! » répond un flic, ajoutant :« Si demain on nous dit : “Plus de Français, que des Belges !”, il y aura que des Belges ! »

    « L’objectif est de décourager les gens d’aider les autres », souligne Violaine Carrère, du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). « C’est vrai, souffle un gradé du ministère de l’Intérieur, on a une sorte de politique non officielle de harcèlement continu… » Au point que les associations ont conçu une plateforme recensant ces « harcèlements » et des formations pour y résister.

    « D’un côté, c’est un peu décourageant de subir quinze minutes de contrôle juste pour apporter des chaussures. De l’autre, ça galvanise les aidants, tellement c’est bête », sourit Caroline Cottet, de Refugee Women.

    Pour une fois que la bêtise est utile…

    Dans le Canard enchaîné du 8 août 2018.

    Sun Aug 19 20:51:29 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?nfUgHA
  • Soigne ta tuberculose ailleurs !

    Très attendu, très polémique, ce rapport au Parlement rédigé par le patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), Didier Leschi, est tombé dans les pattes du « Canard ». Il est consacré à une procédure très sensible : l’attribution d’un titre de séjour aux étrangers malades, contraints de rester en France, faute de traitement dans leur pays. Accusé de donner lieu à des fraudes et de coûter des fortunes, ce dispositif a profité à 14 713 victimes de graves maladies en 2017. Soit 1 200 par mois.

    En 2017, le taux d’« avis defavorables » (au titre de séjour) rendus par les médecins de l’0fii a grimpé à 47 %, contre 23 % en 2013. Nommé fin 2015 à l’Ofii, Leschi s’en félicite : c’est « une véritable rupture ». Les gens seraient-ils moins malades qu’avant ? Les soins dans les pays pauvres auraient-ils tellement progressé ? Le rapport n’ap-porte aucune réponse rassurante sur ce plan !

    Et ça va sûrement s’améliorer ! Car les médecins de 1’0fii chargés, depuis janvier 2017, de délivrer le précieux sésame sont, selon les associations, soumis à la pression du ministère de l’Intérieur, dont dépend leur employeur…

    Pognon de, malades

    En 2017, les malades mentaux étaient en tête des demandeurs. Rejetés à 73,5 %. C’est fou ! Alors que le stress post-traumatique, très fréquent, a été contracté dans leur pays en guerre… Pas grave puisque, selon l’Ofii, les thérapies ne serviraient pas à grand-chose : il suffirait d’une bonne « écoute » pouvant se tenir « dans le pays d’origine ».

    Mieux considérés, les diabétiques sont acceptés à 49 %. Même à 69 % quand ils cumulent d’autres pathologies. Et 53 % de 468 tuberculeux ont eu leur « avis favorable », Sans oublier les malades du sida — 4 940 demandes en 2017 —, avec 94 % d’acceptations.

    Très bien ! Mais qu’est-ce qu’un « pays sûr» où, selon l’Ofii, on peut être soigné ? La « Bibliothèque », une base de données citée dans le rapport, fournit « des informations précises et pratiques aux médecins pour les aider à apprécier la capacité du pays d’origine à prendre en charge une personne atteinte d’une maladie grave ».

    Aïe ! c’est bizarre… Il y a quelque temps, l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE), qui regroupe de nombreuses associations, dont Médecins du monde, a montré, vérifications à l’appui, qu’une flopée de ces informations étaient « fausses ».

    Un cas très éloquent : les hépatites B et C, potentiellement mortelles — 4 938 demandes en 2017 —, bénéficient d’un maigre taux d’acceptation de 10,8 %. Bien soignées au pays, alors ? Dans certains d’entre eux, les malades sont seulement traités en cobayes via des protocoles expérimentaux…

    L’an dernier, dans une lettre ouverte, l’ODSE dénonçait ces « dérives » du dispositif auprès de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’étonnant, par exemple, que « le service médical de l’Ofii estime qu’en Angola, au Cameroun ou au Mali les soins soient accessibles aux malades mentaux ». Alors que, d’après les informations sur place de l’ODSE, ces soins sont « insuffisants », voire « inexistants ». Ce rapport leur montre qu’ils ont dû rêver…

    Dans le Canard enchaîné du 8 août 2018.

    Sun Aug 19 20:43:42 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?40JhDQ
  • Une promesse à la trappe

    Rien ne vaut le dernier jour d’une session parlementaire, à la veille des grands départs en vacances, pour enterrer, ni vu ni connu, une promesse présidentielle. Lors de la campagne électorale de 2017, le candidat Emmanuel Macron s’y était formellement engagé : « Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent. » Une promesse réaffirmée dans le programme législatif de son parti, qui précisait ainsi ses contours : « Tous les cinq ans, chacun y aura droit s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel. »

    Un peu plus d’un an est passé et, le 1er août, la ministre du Travail a fait adopter par les députés un texte qui vide de toute substance l’engagement de l’ex-candidat Macron. Grâce à une multiplication des critères techniques permettant de bénéficier dudit chômage, seuls 20 000 a 30 000 « démissionnaires », selon l’aveu même de Muriel Pénicaud, à la tribune de l’Assemblée, pourront s’affilier à l’Unédic. Un chiffre qui inspire ce commentaire au « Monde » (2/8) : « Il témoigne de la portée très limitée de la mesure ! » C’est le moins que l’on puisse écrire. Surtout s’il est comparé à celui des démissions : 1 million par an !

    Lors de cette même campagne électorale, le même Macron avait pris un autre engagement, que le quotidien (2/8) lui rappelle aussi : « Nous permettrons à tous les travailleurs d’avoir droit à l’assurance-chômage. Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection. »

    Une question se pose aujourd’hui : faudra-t-il attendre le dernier jour de la prochaine session parlementaire, à la veille des vacances de Noël, pour que cette autre promesse subisse le même escamotage ?

    Dans le Canard enchaîné du 8 août 2018.

    Sun Aug 19 20:36:22 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?tR2P8g
  • Stanley Claisse, avocat et Stéphane Bortzmeyer, ingénieur système - CPU ⬜ Carré Petit Utile

    Intéressante table ronde sur la surveillance numérique réalisée une semaine après l'attentat de novembre 2015.

    Notes :

    • La surveillance a toujours existé sous une forme ou une autre, mais l'informatique permet une surveillance à bas coût (stockage pas cher, plus besoin d'avoir des humains derrière chaque espionné, etc.), réalisée depuis plusieurs acteurs (un journal, son hébergeur, ses régies publicitaires, le fournisseur d'accès à Internet de celui qui le consulte, etc.), et avec un contrôle forcément moindre (contrairement à un facteur indélicat ou au clic de déclenchement d'un enregistreur téléphonique à l'ancienne, l'ouverture d'une correspondance privée numérique ne se voit pas, se consigne difficilement de manière fiable donc se prouve difficilement) ;

    • Si l'on invente un algorithme de détection des terroristes fiable à 99,5 % (ce qui serait déjà un exploit), alors le coût des faux positifs serait énorme sauf s'il y a plusieurs centaines de milliers de terroristes, ce qui le rend inutile puisqu'il faudra des moyens financiers et humains impossibles à mobiliser pour contrôler ces faux-positifs. Si l'on part sur un postulat de 1000 terroristes potentiels, l'algorithme en détectera 995 (1000 * 0.995) et produira 335000 (67000000-1000 * 0.005) faux positifs ;

    • Le média le plus consulté d'une époque est toujours le plus censuré. Dans les années 60-70, la presse papier était moins censurée que la télévision (ORTF, ministre de l'information, etc.), qui était le média le plus regardé ;

    • Vinton Cerf explique que Google (son employeur) ou un service étatique peut bien surveiller tout le monde car, dans tout petit village, tout le monde surveille tout le monde en permanence. Il oublie de mentionner que, dans le petit village, il y avait réciprocité de la surveillance : X sait ce que fait Y qui sait ce que fait X. Il oublie également que les villageois avaient conscience du processus. Dans les deux cas, ce n'est pas le cas avec un service de renseignement ou un service numérique ;

    • Il n'est pas délirant d'exiger du citoyen un socle minimal de compétences numériques. Lire et écrire furent des compétences réservées à une élite avant de se démocratiser et d'être un pré-requis quotidien.
    Sun Aug 19 13:27:55 2018 - permalink -
    - https://cpu.dascritch.net/post/2016/06/29/Stanley-Claisse%2C-avocat-et-St%C3%A9phane-Bortzmeyer%2C-ing%C3%A9nieur-syst%C3%A8me
  • Les gardiens du nouveau monde, doc 55', VF - YouTube

    Un excellent documentaire de 2013-2014 sur le mouvement hacker. Tout y est : origine (joints, lutte contre les oppressions), buts (questionner le monde et le comprendre, défense des libertés, réappropriation de la technologie), rassemblements en des lieux communautaires (hackerspaces), autonomie, décentralisation, logiciel libre, personnes sociales (partage des connaissances, du stress, création et participation à des événements sociaux), etc. La surveillance de masse des réseaux informatiques et les lanceurs d'alerte sont également évoqués.

    J'apprécie la militante pour les droits de l'homme venue du Bahreïn qui expose bien que le printemps arabe, c'est avant tout des gens sur le terrain et qu'il ne s'agit pas d'une révolution Facebook ou Twitter, qui n'ont été que des mégaphones face au silence continu des journaux internationaux.

    Toutefois, on peut reprocher à ce documentaire d'entretenir la confusion entre le web et Internet (le web est un des usages possibles du réseau nommé Internet), de présenter les hackers d'une façon extrêmement prétentieuse en mode sauveurs du monde alors qu'ils sont uniquement une partie de la solution, et d'être centré sur un hacker en particulier, Okhin.

    Je recommande vivement de faire visionner ce documentaire sous licence libre à des débutants.

    Sun Aug 19 00:54:01 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=t5tBsVX5g0g
  • Tampon, notre ennemi intime - YouTube

    Un documentaire de 2016-2017 sur les risques des tampons hygièniques.

    Ce film est extrêmement alarmiste (« frôler la mort », « aucun médecin trouvait une solution », « des vies dévastées », etc.) et essaye de se faire mousser en permanence (« personne n'avait fait ça avant nous » répété jusqu'à plus soif), mais il contient des infos intéressantes.

    • Les tampons synthétiques offrent un terreau de développement à une variété particulière du staphylocoque doré, d'autant qu'un tampon bloque le flux menstruel à l'intérieur, ce qui le favorise d'emblée. Vive les serviettes ? Rien de neuf, tout ceci est connu depuis la fin des 70's et le début des 80's, quand Procter & Gamble (Tampax) a dû retirer du marché ses tampons mega absorbants Rely. 22 victimes récensées en 2014 ;

    • Le vagin est-il conçu pour que le flux menstruel y reste bloqué par l'action d'un tampon ? Le tampon s'est-il imposé par construction sociale ? Après tout, la féminité est associée à la propreté, au contrôle, donc les femmes doivent gérer leurs cheveux, leur pilosité, l'espace qu'elles occupent (d'où le croissement des jambes). Les tampons permettent des règles propres, saines, invisibles, même aux yeux des femmes elles-mêmes ;

    • Les tampons sont fabriqués à partir de cellulose qui est blanchie par l'utilisation de dioxyde de chlore… :O On y trouve une trentaine de produits chimiques dont un membre de la famille des phtalates classé comme cancérigène vraisemblable… Comme les fringues, le maquillage, mais directement à l'intérieur de ton corps… ;

    • Je ne suis pas totalement convaincu du lien entre composition d'un tampon et choc toxique : un choc toxique causé par le staphylocoque doré peut aussi être déclenché par la réutilisation d'un tampon ou une fréquence de changement trop faible, le documentaire l'expose lui-même. Aucun lien est encore établi entre le dioxyde de chlore et l'endométriose, qui peut aussi être favorisée par le régime alimentaire. C'est d'ailleurs la conclusion de l'ANSES en juillet 2018.
    Sat Aug 18 23:06:59 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=BBWXQi2wScs
  • Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l'abolition du système pénal - éditions tahin party

    Ce livre, sans droit d'auteur, disponible en PDF sur le site web de l'éditeur, nous parle de la nécessité d'abolir la peine de prison et même toute forme de peine, toute forme de système pénal au motif (je simplifie) que la peine est nécessairement inhumaine.

    C'est un excellent ouvrage, j'en recommande vivement la lecture.

    Mes notes ci-dessous.



    Définitions :

    • Compenser un mal par un mal a toujours existé, dans toutes les civilisations humaines. Cela nous vient en partie du châtiment religieux. Évolution : plaire aux dieux en punissant les offenses -> féodalité à la justice imprévisible, car le droit coutumier était de rigueur -> droit écrit -> la peine doit être proportionnée (Cesare_Beccaria, 18e) et socialement utile -> futur = estimation prédictive d'une dangerosité ? ;

    • Il y a 3 grandes justifications de la peine :

      • Légalisme, moralisme et non utilitarisme : la loi c'est la loi, elle exprime une forme de bien universel, il faut punir tout manquement. La peine ne doit avoir aucune utilité que celle d'être une peine ;

      • Individualisme, réalisme et utilitarisme individuel : l'individu éprouve un profond malaise, il faut donc le punir pour expier son malaise par la souffrance et ainsi le faire revenir à un état nominal de socialisation. La peine doit donc être utile et profitable à l'individu (formations en prison, aménagements pour que la prison ne soit pas trop dure, etc.). Les sanctions découlent des droits de l'homme en cela qu'elles humanisent le châtiment. Pour Kant, la raison dépasse les désirs, donc suivre la loi morale qui en découle apporte la liberté à l'individu. La loi consiste donc à faire bénéficier du discernement de tous au mécréant ;

      • Humanisme et utilitarisme social : la fédération d'individus en société nécessite des valeurs communes qui forment une croyance (sociologue Durkheim), donc on doit être puni si l'on refuse de jouer le jeu. La société veut rassurer et récompenser les "bons" : la société les protège des troubles-fêtes. Ainsi, la prison est utile, car elle permet de protéger la société contre les "méchants" par éloignement. Il faut punir afin que l'acte ne se reproduise pas. Mécaniquement, l'individu cherche à échapper à ce poids de la société et aux peines. Cela conduit la société à rechercher une dangerosité innée et à vouloir du prédictif, afin d'avoir la sensation de se protéger toujours plus ;
    • Aujourd'hui, 5 fonctions sont attribuées à la peine : la neutralisation (faire cesser un comportement), l'exemplarité (faire en sorte que le comportement ne soit pas reproduit par d'autres), l'intimidation (afin que l'individu cesse son comportement), l'amendement (l'individu s'améliore, change de comportement) et la rétribution (les personnes au bon comportement se sentent valorisées dans leurs choix et actes par la condamnation d'un déviant).



    Prisons :

    • L'auteure expose ce que j'avais déjà appris dans cet épisode de Datagueule : Prisons : l'écrou et ses vices. Taux de récidive, lieux de radicalisation criminelle, torture par l'ennui, l'intimidation, l'abus de pouvoir, etc. ;

    • On interne de plus en plus de manière abusive pour motif psychiatrique à la fin des lourdes peines dans l'optique de ne pas les libérer afin de préserver la société contre un méchant individu ;

    • Les prisons ne contiennent pas les profils auxquels on s'attend : il n'y avait que 6 % de meurtriers au début des années 2000 dont 3/4 seraient des accidents / impulsifs / passionnels. Il y a beaucoup de violeurs, de voleur et de dealers ;

    • Les gardiens qui réclament d'être masqués et que tout soit pilotable à distance de manière électronique courent vers le danger : en effet, l'absence de contact générera de l’inconnue (donc de la peur) et de la provocation au tabassage. Le fait de ne pas connaître l'autre, sa vie en dehors du pénitencier, permet de lui mettre sur la gueule plus facilement ;

    • Ces dernières décennies, on a augmenté les peines, le public concerné (mineurs et malades psy, par exemple) par une infraction et le nombre d'infractions. La perpétuité et les peines sèches de 20-30 ans ont remplacé la peine de mort. La prison se remplace doucement par des peines tout aussi violentes : contrôle judiciaire, ajournement de peine (la peine est décidée après-coup en fonction du comportement), suivi psycho dans les terribles centres spécialisés, bracelet électroniques, etc. C'est pour ça que, pour l'auteure, il ne faut pas combattre la prison, mais la notion même de peine, sinon un nouveau glissement vers de nouvelles peines sera opéré dès que la prison sera abolie ;



    Pourquoi abolir toute forme de peine ?

    • Qu'est-ce que le bien ? C'est forcément relatif. Qu'est-ce qui est éthique ? La justice est ainsi le processus de mise en conformité de l'individu à la norme sociale établie par la puissance dominante dans la société. Le contrat social n'est pas vraiment consenti par l'individu : il peut ne pas y reconnaître ses valeurs, mais il est quasiment impossible de trouver un pays où toutes les lois nous conviennent ;

    • De même, qu'est-ce qui est juste ? Est-il plus juste de ne rien posséder que de voler le bien d'autrui afin de posséder un peu ? Un criminel peut aussi chercher une forme de justice, de paix intérieure, d'égalité, de liberté, dans l’acte criminel qu’il a commit ;

    • Une peine, c'est l'incarnation d'une lutte impuissante contre l'adversité. On tuait les oracles qui se trompaient dans leurs prédictions pour masquer l'impuissance à agir face "au destin". L'impuissance à endiguer sa colère ou un autre sentiment peut conduire à décocher une baffe impulsive. Un meurtre nous rappelle l'imprévisibilité de la menace et la mortalité humaine et nous nous sentons impuissants, ce que nous ne supportons pas. Une peine nous permet d'expier chez quelqu’un d’autre une frustration née d'une transgression que nous ne nous autorisons pas ;

    • Dans l'acte de punir, il y a toujours une relation de pouvoir, de domination, d'humiliation. Le condamné doit capituler, il doit renier certains de ses faits comme étant externe à l’huamin qu'il est devenu afin d'espérer une libération conditionnelle ou tout autre traitement de faveur ;
    • Il n'existe pas de sanction lorsque l'on trompe son mari ou sa femme. Les deux personnes se pardonnent ou cesse de se voir. Il existe des sanctions lorsque l'on trompe son associé ou un client. On constate qu'il y a une valeur marchande associée à la peine, même si je nuance en disant que ces deux types d'actes ne sont pas forcément de la même gravité. Mais, oui, j'ai toujours trouvé curieux les dédommagements financiers de meurtres… ;

    • Les procès aux assises (ou en comparution immédiate, même si l'auteur n'en parle pas) sont des pièces de théâtre dans lesquelles il faut faire apparaître un criminel au lieu d'un homme. On ignore ses bons côtés, car la foule est là pour jubiler ;

    • La justice entretient et propage la vengeance de pair à pair : la famille du condamné, ses amis, les personnes qui pratiquent les mêmes actes (car elles sentent l'étau se refermer), etc. ;

    • La justice est sélective, surtout en comparution immédiate : les pauvres, les jeunes désorientés par le monde qui les entoure, les opprimés, les malades psychologiques ou sexuels sont âprement condamnés à de la prison. Le reste de la population (cadres, politiciens, criminels en col blanc, etc.) échappe aux sanctions, c'est même un jeu pour ces personnes ;

    • Il existe un précipice entre l'équité à laquelle chacun aspire et le fonctionnement de la justice qui fait fonctionner la machine sociale au détriment de relations libres entre les êtres ;

    • Nous sommes dans une société sadique : on constate une hausse du plaisir de punir en dehors de la justice. Le châtiment est jouissance ;



    Alternatives aux peines :

    • Limiter le nombre de lois. Une loi est éthique (elle va de soi) ou elle est ignorée. J'ai du mal à suivre l'auteure sur ce point : une peine est-il plus juste quand elle venge une loi considérée comme éthique / saine par un plus grand nombre de gens ? C'est très bancal, je trouve ;

    • Prévenir les facteurs sociaux qui sont à la source du crime (misère sexuelle pour les viols, répartition des richesses pour les vols, etc.). Il nous faudrait malgré tout apprendre à vivre avec les quelques délinquants qui se rebelleront contre des injustices que nous n'aurions pas encore constatées et/ou traitées ;

    • Appliquer des solutions matérielles : un rond-point pour forcer les conducteurs à ralentir, une porte blindée et ranger son porte-feuilles dans sa poche de pantalon pour se protéger du vol, etc. Personnellement, je n'ai pas envie de faire ces efforts-là, je veux juste que mon prochain me foute la paix. J'ai pas envie que des infrastructures techniques nous contraignent à bien agir sinon on court à la disparition de la morale humaine (plus d'infras = je vais nawak) et à un transfert de la responsabilité de ce qu'est être un être libre vers des fabricants d'infrastructures qui nous contrôleront afin d’éviter des sanctions ;

    • Apprendre à maîtriser sa violence, à l'exprimer autrement : danse, sport de combat, critique littéraire / cinéma, etc. L'auteur ne le mentionne pas, mais cela peut être mené à bien uniquement si l'on réduit les facteurs sociaux de la violence auparavant ;

    • L'auteure préconise des relations humaines dans le respect, l'attention de l'autre, la compréhension, l'explication en cas de différends, notamment dès l'enfance. Je pense que c'est louable, mais que ça ne protège pas du pire, c'est-à-dire de quelqu'un qui ne pense pas pareil… Autrement dit, cette démarche fonctionne uniquement si tout le monde la pratique. S’il y a des exceptions, des personnes qui ne pratiquent pas, pouf, c'est foutu, tu ne sauras pas les gérer ;

    • Organiser des médiations entre le criminel et la victime ou sa famille, comme ce fût le cas à la fin de l'apartheid en Afrique du Sud ou comme c'est le cas au Canada (on notera que c'est vaguement inefficace puisque l'auteure nous informe qu'il y avait 129 détenus pour 100 000 habitants au Canada au début des années 2000, alors que ce ratio était de 90 pour 100 000 en France).

      • Attention à ne pas trop institutionnaliser ces médiations, sinon ça générera mécaniquement de la violence dès lors qu'un groupe social s'octroiera le droit de réparer le tissu social (on retomberait alors sur le problème de la justice des dominants) ;

      • Comme le reconnaît l'auteure, ces médiations restent dans le registre de la peine puisqu'on y inflige, implicitement une forme de honte / humiliation semi-publique et qu'il faut tout autant y renier ses actes, c'est-à-dire renier une partie de soi et adopter la version de ce qu'est le bien et le mal selon autrui ;

      • Il faudrait remettre au goût du jour les lieux d'asiles qui seraient un refuge pour le criminel en attendant la médiation. Objectif : éviter le justicier sauvage.
    • Supprimer le système pénal ne signifie pas qu'il n'y a plus de justice. Il reste le civil, c'est-à-dire réparer la faute commise, sans y ajouter une peine, sans y ajouter une souffrance pour en soulager une autre. J'ai du mal à concevoir comment réparer un viol ou un meurtre, m'enfin… ;

    • À mon avis, il y a des peines dans tous les domaines de notre vie : réprobation sociale par nos amis ou collègues, marchandage avec nos collègues et notre partenaire, etc. Je pense qu'il va être très difficile de sortir d'un système pénal, fût-il implicite…



    Erreurs :

    • L'auteure utilise à mauvais escient l'adage « nul n'est censé ignorer la loi ». Voir : http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/citoyennete/definition/devoirs-definition/que-signifie-nul-n-est-cense-ignorer-loi.html ;

    • L'auteure semble considérer, comme Rousseau, que l'homme naît bon et que c'est la société qui le corrompt. Ainsi, elle voit, à presque juste titre, aucun criminel en puissance, juste des humains qui ont perdu pied compte-tenu de leur passé, du contexte social et d'autres facteurs. Il m'apparaît qu'elle élude quand même les crimes crapuleux mafieux : une même personne qui réitère une série de crimes et de délits, ça existe bel et bien, de même que les meurtres avec préméditation qui vont donc au-delà du crime passionnel ou impulsif…



    Divers :

    • Rousseau était un humaniste, mais il ne peut pas être considéré comme faisant partie du courant des Lumières en cela qu'il refusait la réponse du progrès technique contre tout mal ;

    • Nomenclature des prisons :
      • Maison d'arrêt : courte peine (< 5 ans) ou en attente de jugement. Elles sont situées au cœur des villes. Elles sont dirigées in fine par le puissant lobby des matons ;

      • Centres de détention : peines > 5 ans et < 15 ans ou fin d'une longue peine ;

      • Centrales (une douzaine en France) : les longues peines. Elles, tout comme les centres de détention, sont plus proches du ministère et plus dirigé par celui-ci ;
    Sat Aug 18 17:06:09 2018 - permalink -
    - http://tahin-party.org/baker.html
    fiche-lecture
  • Au secours, mon log Asterisk déborde !

    Il y a quelques années, j'ai installé et configuré un serveur VOIP Asterisk sans prétention. L'ennui, c'est que des robots essayent en permanence de trouver un couple identifiant+mdp valide dans l'objectif de dénicher des appels nationaux / internationaux. Il suffit ensuite à leur propriétaire de souscrire à une offre de fourniture d'un numéro surtaxé puis de faire téléphoner ses robots au numéro ainsi obtenu afin d'encaisser de l'argent. Asterisk consigne toutes ces tentatives dans un fichier de log… qui grossit et sature notre espace disque (le conteneur LXC qui héberge ce serveur Asterisk est dimensionné pour juste ce qu'il faut).

    Soit on réduit la verbosité d'Asterisk, soit on ajuste la politique de conservation du log Asterisk, soit on filtre les pénibles. Je refuse la première solution, mais j'ai appliqué les deux autres.


    Debian, Asterisk et Logrotate

    La configuration de logrotate fournie par le paquet Debian contenant Asterisk ne compresse pas les logs. Changeons ça :

    • On évite que dpkg nous informe de la modification du fichier et nous demande ce que nous souhaitons faire à chaque mise à jour :

      sudo dpkg-divert --add --no-rename --divert /etc/logrotate.d/asterisk.dpkg-dist /etc/logrotate.d/asterisk


    • Puis, on active la compression en ajoutant les lignes suivantes dans /etc/logrotate.d/asterisk :

      compress
      delaycompress



    La compression du log Asterisk a résolu mon problème à elle seule : l'espace disque n'est plus jamais saturé. Mais ça n'empêche pas de vouloir dégager les pénibles.


    Filtrer les pénibles

    Fail2ban

    Puisqu'on peut repérer une tentative pour trouver un couple identifiant+mdp depuis le log Asterisk, fail2ban est l'outil idéal : il va analyser ce fichier avec des regex et il bannira temporairement les pénibles avec iptables. Le paquet fail2ban fournit par Debian contient déjà un jeu de règles pour identifier quelques attaques contre un serveur VOIP.

    • Installer fail2ban : sudo apt-get install fail2ban

    • Contrairement à ce qu'expose la documentation de fail2ban, il n'est pas nécessaire d'activer le log de la sécurité (security log) même si l'on a un une version d'Asterisk >= 10. Activer ce log le rend encore plus verbeux ;

    • Activer les règles de filtrage Asterisk de fail2ban en créant un fichier /etc/fail2ban/jail.d/asterisk.conf contenant :

      [asterisk]
      enabled = true


    • Désactiver l'envoi d'un mail à root à chaque fois qu'une IP est bloquée en commentant la ligne %(mta)s-whois[name=%(__name__)s, dest="%(destemail)s"] dans la section [asterisk] du fichier /etc/fail2ban/jail.conf :

      sudo dpkg-divert --add --no-rename --divert /etc/fail2ban/jail.conf.dpkg-dist /etc/fail2ban/jail.conf
      sudo $EDITOR /etc/fail2ban/jail.conf # commenter « %(mta)s-whois[name=%(__name__)s, dest="%(destemail)s"] » dans la section « [asterisk] »


    • Désactiver l'envoi d'un mail à root à chaque fois qu'un jeu de règles de filtrage est activé ou désactivé en créant un fichier /etc/fail2ban/action.d/sendmail-common.local contenant :

      [Definition]
      actionstart =
      actionstop =


    • Par défaut, fail2ban insère des règles netfilter qui envoient un message ICMP au robot spammeur bloqué (« -j REJECT »). On peut changer ce comportement :

      sudo dpkg-divert --add --no-rename --divert /etc/fail2ban/action.d/iptables-common.conf.dpkg-dist /etc/fail2ban/action.d/iptables-common.conf
      sudo sed -i -e 's#blocktype = REJECT --reject-with icmp-port-unreachable#blocktype = DROP#' /etc/fail2ban/action.d/iptables-common.conf


    • On peut aussi désactiver le jeu de règles de filtrage pour sshd :

      sudo dpkg-divert --add --no-rename --divert /etc/fail2ban/jail.d/defaults-debian.conf.dpkg-dist /etc/fail2ban/jail.d/defaults-debian.conf
      sudo sed -i -e 's#enabled = true#enabled = false#' /etc/fail2ban/jail.d/defaults-debian.conf


    • Si l'on veut toucher du doigt la modernitude, on peut activer un filtrage utilisant les ipsets. Dans la section [asterisk] du fichier /etc/fail2ban/jail.conf, on ajoute une ligne : banaction = iptables-ipset-proto4 ;

    • On redémarre fail2ban : sudo systemctl restart fail2ban ;

    • On profite du spectacle : sudo tail -f /var/log/asterisk/messages /var/log/fail2ban.log et sudo iptables -t filter L -n -v (et sudo ipset list f2b-asterisk-udp si l'on a activé l'utilisation des ipset).


    Rate-limiting avec netfilter

    En attendant d'avoir le temps de me pencher sur fail2ban pour la première fois, j'ai utilisé cette règle de filtrage :

    sudo iptables -A INPUT ! -s $SUBNET_RESEAU -d $IP_SERVEUR/32 -p udp -m udp --dport 5060 -m hashlimit --hashlimit-above 5/min --hashlimit-burst 10 --hashlimit-mode srcip --hashlimit-name RL-SIP-GLOBL-v4 --hashlimit-srcmask 24 -m comment --comment "RL SIP QUERIES 5/min burst 10/min" -j DROP

    Elle autorise 5 paquets par minute destinés au port UDP 5060 du serveur VOIP en vitesse de croisière et 10 paquets/minute par à-coups. Les utilisateurs membres du réseau ont la garantie de ne pas être filtrés grâce à « ! -s $SUBNET_RESEAU ».

    Je rends cette règle de filtrage résistante à un redémarrage avec le logiciel netfilter-persistent.



    Si cette règle de filtrage n'est pas idéale, elle a le mérite de calmer le jeu. Elle n'empêche pas le trunk SIP avec notre fournisseur de fonctionner normalement en vitesse de croisière, mais il ne faut pas effectuer plusieurs tentatives d'appel en une minute. Bref, cette règle fonctionne uniquement parce que je connais la plage IP des usagers de ce serveur VOIP, qu'ils sont très peu nombreux, et qu'ils n'utilisent pas compulsivement le téléphone.



    En environ 3 mois d'utilisation, cette règle de filtrage a produit le résultat suivant :

    Chain INPUT (policy ACCEPT 13M packets, 1285M bytes)
    pkts bytes target prot opt in out source destination
    83M 31G DROP udp -- !$SUBNET_RESEAU $IP_SERVEUR/32 udp dpt:5060 limit: above 5/min burst 10 mode srcip srcmask 24

    Elle a filtré 31 Go (!!!) de merde, mais elle en a aussi laissé passer 1,2 Go. Bref, pas idéal.

    Fri Aug 17 12:29:44 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?HISXbA
  • Porteus Kiosk - free and open source kiosk software for web terminals.

    Porteus Kiosk est un système GNU/Linux minimal verrouillé équipé d'un navigateur web verrouillé qui est le seul logiciel utilisable. Il permet d'obtenir, très rapidement, des kiosks pour un accueil (affichage d'un site web de démonstration en boucle) ou des PCs en libre-service qui permettent l'accès à un/plusieurs sites web autorisés (via un proxy local, Porteus lui-même), l'ouverture d'une clé USB, l'affichage d'un PDF (avec la visionneuse PDF intégrée au navigateur web), etc.

    La configuration des kiosks (ou d'un groupe de kiosk ou d'un kiosk) se crée à l'aide d'un assistant graphique en démarrant sur la clé USB d'installation. Elle peut être stockée à distance, sur un serveur web, en TLS (sinon une attaque de l'homme du milieu est possible), car il s'agit d'un fichier texte avec la syntaxe « clé=valeur ». Dans ce cas-là, Porteus Kiosk récupère automatiquement la configuration lors de son démarrage et l'applique (ce qui occasionne 2 redémarrages). Si la configuration doit devenir immédiatement effective alors que le kiosk est allumé, on peut activer un serveur SSH sur le kiosk et l'utiliser pour redémarrer le kiosk à distance.

    Au taff, nous utilisons Porteus Kiosk pour donner un accès à un processus interne d'inscription, ce qui inclut :

    • À l'ouverture du navigateur, afficher le site web du processus ;

    • Accès à une liste de sites web autorisés internes et externes ;

    • Impression du document à conserver généré par le processus ;

    • Lire des documents PDF stockés sur une clé USB, car il y a des documents à fournir dans le processus ;

    • Enregistrer les sites web autorisés dans les marques-pages du navigateur web afin de simplifier les démarches.

    Porteus Kiosk posséde d'autres fonctionnalités comme la fermeture+ouverture automatique de la session après un délai d'inactivité, le positionnement d'un fond d'écran (qui apparaît très tôt durant le démarrage, ce qui est appréciable), la configuration d'un proxy externe, le positionnement d'actions régulières (un arrêt programmé tous les jours à 20 h, par exemple), etc.

    Fri Aug 17 10:33:27 2018 - permalink -
    - http://porteus-kiosk.org/
  • L'imprévisibilité pour lutter contre l'ennui

    Je me suis longtemps demandé pour quelles raisons un⋅e humain⋅e recherche la compagnie constante d'autres humain⋅e⋅s : ami⋅e, colocation, vie de couple, vie de famille, etc. Je me suis longtemps interrogé sur la pertinence d'une vie en couple s'entendant comme vivre ensemble toutes nos heures hors du travail alors que la survie de l'espèce et le plaisir sexuel n'imposent pas un tel mode de vie.

    Pourquoi, alors ? Une des réponses me semble être que la vie, c'est ennuyeux. Nous cherchons à noyer l'ennui en faisant des choses. Des choses inutiles, mais l'important est de faire, afin de passer le temps, car l'humain⋅e est peut-être la seule espèce animale consciente du temps qui passe et la seule qui mesure cet écoulement. Faire des choses suppose d'être moteur. Or, un⋅e humain⋅e normalement constituée ne peut pas être moteur en permanence, il⋅elle n'est pas fait pour ça, son cerveau est une machine qui crée et maintient des habitudes. Du coup, il faut que la lutte contre l'ennui lui soit extérieure et qu'elle se propage à lui⋅elle via des interactions sociales.

    Une vie de couple, d'autant plus une dans laquelle l'on vit l'un sur l'autre en permanence tous les jours en dehors du taff, nécessite de mettre d'accord deux personnes qui ont des envies et des volontés divergentes sur tout un tas de choses, d'où beaucoup sont futiles (mais ce n'est pas la question). Ça génère forcément des discussions, des disputes, des désaccords, des compromis. Bref, ça occupe.

    Quand on a maîtrisé ça, que l'on a trouvé un ensemble de méthodes rodées pour résoudre les différends, l'ennui revient. Il est l'heure d'introduire un nouveau générateur d'aléatoire : un enfant. La grossesse, la préparation de sa venue puis la gestion de ses nuits puis la maternelle puis la fameuse adolescence, puis… tout ça va entraîner de profonds changements et déséquilibres que le couple va devoir apprendre à gérer. Bref, ça occupe.

    Quand le couple sera rodé, il sera temps de changer de partenaire, histoire de recommencer la recherche de méthodes pour vivre à plusieurs étant entendu qu'il n'y a pas de méthode universelle, ou de vivre ses vieux jours avec un animal de compagnie. Jeune, de préférence, afin qu'il pisse partout, qu'il casse des objets, bref qu'il génère de l'anti-ennui. Bien entendu, il n'est pas nécessaire de vivre en couple pour vivre avec un animal de compagnie, on peut aussi avoir envie d'y avoir recours dans la lutte contre l'ennui quand on est seul⋅e.

    Le raisonnement est similaire pour les ami⋅e⋅s et la colocation : il faut mettre d'accord plusieurs volontés divergentes, ça prend du temps, de l'énergie, ça crée des sentiments, qu'il faut gérer et comprendre, etc. Bref, ça aide à passer le temps.

    À mon avis, ce que certain⋅e⋅s nomment « l'économie du changement » s'inscrit dans ce cadre-là : occuper les gens. C'est le lit des bullshit jobs, mais, au fond, ce n'est qu'un prolongement de la tristesse de nos vies, tristesse qui existe de base à l'état de nature. L'économie du changement, c'est, entre autres :

    • La vente d'un nouveau produit vanté comme miraculeux renouvelé en permanence. Il n'apporte rien de transcendant, mais acquérir de quoi se l'offrir, se l'offir, appréhender ses quelques nouveautés, ça prend du temps, c'est cool. En coulisse, il faut mobiliser des gens pour le concevoir, le maintenir, le marketer, le vendre, le réparer, pour endiguer ses effets néfastes, etc. Bref, l'objet ne sert à rien, mais c'est cool, car ça occupe ;

    • Le nouveau formulaire administratif et sa nouvelle procédure constamment renouvelés (je ne vise pas uniquement les administrations, mais aussi les sociétés commerciales, comme les banques). Le grouillot de base occupe son temps à comprendre ce qu'on lui demande, c'est cool. En coulisse, il faut former du personnel à la compréhension du nouveau Schmilblick, à répondre aux usagers qui n'y comprendront rien, à contrôler la bonne application du bouzin, etc. C'est cool, ça occupe ;

    • Le corpus législatif et réglementaire qui grossit en permanence. Là encore, le grouillot de base est occupé et ça occupe des gens pour produire les nouveaux textes, évaluer leur conformité avec d'autres textes, les faire appliquer, contrôler l'application qui en est faite, défendre des gens contre ce texte, etc. C'est cool, ça occupe ;

    • Le jeu politicien, le cirque médiatique, la recherche du conflit (armé ou non, ce n'est pas la question) entre des individus ou des groupes, tout ça (et plus) fait aussi partie de la gestion de l'ennui.

    Prolongement de ce shaarli : L’humanité a-t-elle trouvé le sens de la vie ?

    Thu Aug 16 21:12:44 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?FsSCrQ
  • Cash investigation - Le business de la peur (Intégrale) - YouTube

    Un excellent documentaire de septembre 2015 sur le business de la sécurité : biométrie, flicage vidéo, ventes à des dictatures, etc.

    • Biométrie (œil, face, empreintes, voix, etc.). On en trouve partout : à l'hôtel, à l'aéroport, au bureau, à la cantine scolaire des enfants (histoire de les habituer ?), à la maison, pour le paiement, dans nos téléphones…

      • L'iPhone 5S s'est fait berné en moins de 48 heures avec une fausse peau humidifiée réalisée à partir de colle à bois ;

      • Le MSO 301, le capteur d'empreintes dernier cri (à l'époque) de Safran Morpho, leader du marché, se faisait berner 9 fois 10 avec les réglages standards et 7 fois sur 10 avec les réglages les plus sûrs. Il équipe une partie des SAS Parafe dans les aéroports (1 million de volontaires se sont enregistrés dans ce système entre 2009 et 2015). L'équipe de Cash n'a pas réussi à utiliser une fausse peau, mais le SAS s'ouvre automatiquement sans lever d'alerte après quelques dizaines de secondes… ;

      • La biométrie par empreinte est inefficace par conception, car nous laissons des empreintes digitales absolument partout, tout le temps. Exemple du ministre de l'Intérieur Allemand dont les empreintes avaient été récupérées et publiées par le Chaos Computer Club afin de démontrer l'inefficacité du passeport biométrique qui arrivait en Allemagne ;

      • La biométrie par empreinte est dangereuse par conception, car nous n'avons que 10 doigts, soit 10 combinaisons possibles. Si une personne se les fait toutes voler, alors elle ne peut plus utiliser efficacement la biométrie…
    • Experts en sécurité et études bidons. Les experts en sécurité pullulent sur les plateaux TV : Alain Bauer (architecte des mesures sécuritaires de Sarkozy), Xavier Raufer, Christophe Naudin, etc.

      • L'usurpation d'identité, c'est le marronnier de l'automne : les journaleux nous le ressortent encore et encore… En 2009, le CREDOC avait réalisé une étude en collaboration avec un consultant externe, Christophe Naudin qui conclu à 212 000 cas avérés d'usurpation d'identité. Sauf qu'il s'agit d'un sondage téléphonique, qui laisse la possibilité aux sondés de croire qu'un vol de CB est considéré comme une usurpation d'identité… Le ministère de l'Intérieur compte 10 997 fraudes identitaires par an. Naudin a été rémunéré 2000 €/an par Fellowes, le fabricant de broyeuses à documents…
    • Vidéo-flicage sur la voie publique. De 2007 à 2011 : on vire 9000 flics et gendarmes, que l'on remplace par un grand plan de flicage vidéo. La loi est même modifiée pour parler de vidéoprotection, au lieu du vulgaire vidéosurveillance.

      • Les caméras ont été installées sans cohérence avec les lieux où se développent la criminalité. Exemple : Aulnay-sous-bois, l'une des citées échaudée en 2005, a installé 23 caméras pour 800 000 € dont seulement 2 près des cités. Ces caméras ont rapidement été vandalisées et abandonnées… 17 autres caméras sont également hors service ;

      • Aucune étude sérieuse sur l'efficacité du flicage vidéo a été mené en France à part un rapport ministériel largement déformé dans les médias. Celui-ci conclut à une incapacité à juguler les atteintes aux personnes en hausse dans notre société ces dernières années et à une absence d'effet sur l'élucidation des affaires (51 % d'élucidation des affaires relevant de la délinquance générale contre 52 % pour une ville sans flicage vidéo, 39 % / 42 % pour la délinquance de proximité, 38 % / 42 % pour les atteintes aux biens)… ;

      • Une quarantaine d'études ont été réalisées dans le monde. Celle réalisée à Londres conclut que le flicage vidéo est efficace dans des lieux confinés, mais qu'elle est inefficace sur la voie publique et / ou contre les atteintes aux personnes ;

      • La société commerciale Cofely Ineo, filiale du groupe Engie, qui équipe 450 villes françaises, est leader du marché. Son directeur des relations avec les élus expose que s'il n'y a pas de traitement humain dans la boucle, alors le flicage vidéo n'apporte rien ;

      • Le reportage s'arrête dans un petit village de France qui a déboursé 60 k€ pour 10 caméras afin d'avoir à l'œil les peluts, c'est-à-dire les babacools qui achètent des biens immobiliers dans le coin et qui, soi-disant, en plus de « fumer et boire », causeraient des dommages avec des détritus, leurs chiens errants, leur bain nus dans la rivière,… 60 000 € pour 10 caméras pour 256 habitants… Évidemment, les flics n'ont rien reproché aux peluts qui continuent de s'installer dans le coin. La peur et la bétise… ;
    • Systèmes de sécurité vendus par la France à des dictatures.
      • Amesys a vendu du matériel d'espionnage de l'intégralité du trafic Internet à la Libye de Kadhafi, qui s'en est servi pour traquer et torturer des opposants politiques comme des blogueurs et des universitaires ;

      • FinFisher, filiale du groupe Gamma. a vendu des logiciels d'espionnage des téléphones et des ordinateurs (via une fausse mise à jour acceptée par l'espionné) au Bahreïn, à l'Éthiopie, au Turkménistan, etc. ;

      • Alsetex a vendu des grenades lacrymogènes qui ont été tiré à bout portant par les flics du Bahreïn ;

      • Évidemment, toutes les ventes sus-citées se font avec l'accord du gouvernement français, voire du parlement français (cas des grenades fournis au Bahreïn, par exemple) ;

      • À Milipol 2013, le salon international de la sécurité, Valls, alors ministre de l'Intérieur, a reçu des représentants du Qatar, les Émirats Arabes Unis et du Bahreïn. Valls dit alors vouloir reprendre la coopération avec le Bahreïn ;

      • Notons le secret dans lequel veulent agir les sociétés commerciales qui s'exposent au Milipol. Ainsi, les gros bras de la sécurité s'en prennent violemment aux cadreurs de Cash…
    Wed Aug 15 17:32:21 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=5FdE8wrt2XA
  • Cash investigation - Les secrets inavouables de nos téléphones portables (Intégrale) - YouTube

    Un excellent documentaire de 2014 sur ce qui se cache dans nos téléphones portables prétendument intelligents.

    Notes :

    • Dans les usines d'assemblage en Chine on trouve : travail d'enfants, travail avec une cadence infernale, 13 heures pour jour, ambiance pourrie (mur de la honte sur lesquel sont référencés les employés qui ont foiré la moindre tâche), dortoir de 20 m² pour 8 employés, tout ça car une usine facture 2,38 € de main d'œuvre par téléphone, etc. ;

    • Nos téléphones sont composés de minerais. Aluminium d'Australie, étain de Malaisie, cuivre du Chili, lithium de Bolivie, tantale du Congo, néodyme de Baotou en Chine, etc. Or issu de l'orpaillage massif en Amazonie ? La richesse extraite ne profite pas aux mineurs qui sont payés 5,50 €/jour au Congo. Les éboulements sont fréquents, entraînant handicaps (donc familles dans la dèche financière) et mortalité. Les mineurs n'ont pas de contrat de travail. Il y a évidemment du travail d'enfants. MHI est le propriétaire des plus grosses mines de tantale du Congo. Parfois, ces minerais servent à financer les mercenaires d'une guerre, comme c'est le cas au Congo entre l'armée régulière et les rebelles qui s'affrontent pour le contrôle du sous-sol congolais riche en minerais. D'où l'appellation « minerais de sang » ;

    • Évidemment, l'industrie des métaux crée de la pollution de l'eau et des sols, comme c'est le cas dans la ville de Baotou (Chine) où la société Baogang group extrait 97 % du néodyme au niveau mondial. Cela se manifeste par un lac de déchets de 11 km² qui est classé radioactif… Eau acide, soude, arsenic, lithium, strontium, uranium, tout est bon. Cela entraîne des cancers du côlon et de l'intestin parmi la population locale… ;

    • Samsung invite les journalistes du monde entier à ses show et payent tous leurs frais… ;

    • En attendant, les fabricants de téléphones dégagent de conséquentes marges. 307 € sur un Samsung Galaxy S4, 340 € sur un Apple Iphone 5S ;

    • Comme le dit un médecin au Congo : « si je sais, je suis responsable », c'est pour ça que les fabricants d'ordiphones et les clients ne veulent pas voir le problème, sinon la facture augmenterait ;

    • Le documentaire donne une solution bidon (attendre une régulation des pouvoirs publics comme dans l'industrie de la chaussure de sport dans les années 80), donc j'en propose d'autres : prendre soin de son ordiphone afin de ne pas le casser en 3 mois ; ne pas acheter le dernier joujou à la mode, car un ordiphone reste un foutu ordiphone ; acheter des téléphones plus éthiques comme le Fairphone, etc.
    Mon Aug 13 23:39:11 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=w2PZQ-XprQU
Links per page: 20 50 100
◄Older
page 135 / 299
Newer►
Mentions légales identiques à celles de mon blog | CC BY-SA 3.0

Shaarli - The personal, minimalist, super-fast, database free, bookmarking service by the Shaarli community