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  • Un perchoir pour Mailly

    Jean-Claude Mailly, qui avait annoncé son retrait de la vie syndicale dès qu’il aurait abandonné son fauteuil de secrétaire général de FO, ne tiendra pas longtemps parole. Car il vient de s’autodésigner représentant de Force ouvrière au Comité économique et social européen (Cese), à Bruxelles.

    Même la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui s'est engagée à le coacher dans sa nouvelle carrière, a été estomaquée par la rapidité de la manœuvre. Mailly, qui cédera sa place lors du congrès de FO, du 23 au 27 avril, aurait en effet dû attendre que le poste se libère, au début de l’été. Puis que son successeur, Pascal Pavageau, le nomme.

    La prochaine étape devrait être sa candidature au perchoir du Cese, qui réunit des représentants des syndicats et des patrons de l’ensemble de l’Union européenne. Pour y parvenir, il pourra compter sur le soutien de Macron et de sa ministre du Travail.

    Le syndicalisme indépendant mène à tout.

    Dans le Canard enchaîné du 4 avril 2018.

    Sun Apr 8 13:34:59 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?Bfc1rg
  • Marchandages constitutionnels

    Le 3 avril, à l’heure où bouclait « Le Canard », les négociations sur la réforme constitutionnelle et institutionnelle se poursuivaient encore entre l’Elysée et le président du Sénat, Gérard Larcher. Malgré la persistance de points de friction. un accord semblait probable. Au moins sous la forme d’ une cote mal taillée qu‘il sera toujours temps d’ajuster entre l’annonce des projets gouvernementaux — prévue ce mercredi — et le débat parlementaire du mois de juin.

    La majorité sénatoriale envisageait une concession de taille sur l’instauration de la proportionnelle à l’Assemblée. Opposée d’abord à tout dépassement du seuil de 10 %, elle paraissait prête à accepter la barre de 20 % voulue désormais par Macron — au lieu des 25 % exigés au départ par François Bayrou. Environ 80 députés seraient élus de cette manière, le Château étant d’accord pour ne réduire que d‘un quart le nombre de parlementaires, au lieu du tiers prévu.

    Autre sac de lest lâché par l’Elysée : les maires des communes de moins de 5 000 habitants échapperaient à la limitation du cumul des mandats dans le temps (pas plus de trois). De plus, les compteurs seraient remis à zéro après les prochaines élections. En clair : même élu depuis plus de vingt ans, un maire, un député ou un sénateur pourrait encore se représenter trois fois…

    Conclusion provisoire : la perspective d’un référendum constitutionnel. à l’issue toujours incertaine, s’éloigne. Au grand soulagement du Château…

    Que c'est beau, l'intérêt du peuple défendu par de braves chevaliers… :( Concours de taille de zboub entre politiciens, ouais… :( Le débat démocratique se résume à du racket "je suis Larcher, je peux te nuire, donc négocions". Lamentable… Qu'est-ce que tu veux faire avec ça… … …

    Dans le Canard enchaîné du 4 avril 2018.

    Sun Apr 8 13:29:02 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?BTxRxg
  • Où en est le CETA ?

    Depuis son entrée en vigueur provisoire en septembre 2017, la capitulation de la France (oui, je sais, Paris bricole un "veto climatique" qui n'est pas prévu dans le texte, donc dont l'application dépendra de la volonté des acteurs en présence d'où je nomme ça « capitulation ») et la saisie de la CJUE par la Belgique au sujet des tribunaux arbitraux, je me demandais où en est le CETA, cet accord de libre échange entre l'UE et le Canada.

    • Sept pays l'ont ratifié : la Croatie, le Danemark, la Lettonie, Malte, l'Estonie, le Portugal et la République tchèque ;

    • La Cour constitutionnelle allemande traite actuellement une plainte ;

    • La ratification par le Parlement français serait planifiée en automne 2018…
    Sun Apr 8 11:35:30 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?Mdvo-g
  • Big Brother habite Place Beauvau ? Exégèse en libertés [EN DIRECT] - YouTube

    Entrevue avec deux exégètes amateurs. Les questions sont de plus en plus mal formulées et mal enchaînées par Thinkerview, mais les pistes de réflexion apportées par Benjamin Bayart et Alexis Fitzjean O Cobhthaigh sont très très intéressantes. J'en recommande vivement le visionnage. Ci-dessus, je tente de résumer les pistes de réflexion que j'estime être pertinentes.

    Orange fail.

    • Le décret, pris en application de lois qui instaurent une censure policière, sans juge, sans contradictoire, de site web pédopornographique ou faisant l'apologie du terrorisme prévoit que les citoyen⋅ne⋅s qui consultent, volontairement ou non, de tels contenus soient redirigé⋅e⋅s automatiquement vers une page web hébergée par un prestataire pour le compte du ministère de l'intérieur.
      • Tout serveur web stocke, par défaut des journaux qui indiquent quelle adresse IP a consulté telle page en venant de telle autre page web à telle date+heure ;

      • Cela ressemble à un fichier de police qui ne respecte pas la procédure de création d'un tel fichier et s'exonère du contrôle de la CNIL, etc ;

      • Le Conseil d'État réagit d'un point de vue du droit et considère que, puisque le décret ne prévoit pas explicitement la création du fichier, il n'existe pas, donc le décret n'est pas illégal.

      • Quelques mois plus tard, Orange se goure dans l'implémentation de ce filtrage et redirige Wikipedia, Google et d'autres vers le site web du ministère. La presse numérique s'inquiète du fichage involontaire d'une grande partie des citoyen⋅ne⋅s. Le ministère publie un communiqué de presse disant qu'il a demandé au prestataire technique d'effacer les journaux de la veille… … … Avouant ainsi l'existence du fichier… ;

      • Les exégètes amateurs attaquent la décision révélée par ce communiqué. La réponse du ministère est curieuse. Elle ressemble à ça : "il n'existe pas de fichier, la preuve, on s'en sert pour faire des stats, et les stats, c'est pas grave, donc on a le droit de procéder sans autorisation". Le ministère se moque ouvertement de la loi informatique et liberté de 1978 qui interdit, par défaut, le fichage, sauf dans des cas prévus par la loi, car il estime que si son cas n'est pas prévu par les exceptions, alors il n'a pas à demander d'autorisation… … …

      • Dans son mémoire en défense, le ministère confirme aussi l'existence du fichier sur des serveurs redondés auxquels peuvent accéder uniquement un nombre restreint de personnes assermentées. :D

      • Il semblerait aussi que le ministère reconnaît qu'il utilise Xiti, un outil commercial de mesure d'audience… Donc, une société privée non prévue par les textes réglementaires semble recevoir implicitement la liste secrète des sites web bloqués… … …



    Droit à une expression politique et à une contestation politique en cours d'érosion ?

    On utilise l'état d'urgence pour emmerder les écolos pendant la COP21. En revanche, quand ils viennent jouer à la ba-balle, pendant la coupe d'Europe je crois, là, non, autorisation de manifester, de se rassembler, de faire la fête au stade, etc. Donc, en fait, pour la contestation politique, on utilise l'état d'urgence et l'antiterrorisme, et pour les rassemblements sportifs, ça c'est plus important donc on l'autorise pendant l'état d'urgence. C'est important. Ça dit des choses sur l'état de la société. C'est-à-dire que le droit à une expression politique et à la contestation politique n'est plus reconnu. […] Quand tu supprimes cette chaîne de contestation politique, quand il n'y a plus de négociation possible, c'est-à-dire qu'on peut manifester, ça ne change rien, les manifestations peuvent être pacifiques ou violentes, ça ne change rien, ça veut dire que la décision du pouvoir politique n'est plus négociable, donc qu'il n'y a plus de politique.



    Rétention des données de connexion.

    • La procédure devant le Conseil d'État n'a pas avancée depuis les dernières observations produites par les exégètes en février 2017. Pourtant, le vice-président du Conseil d'État a publiquement déclaré ceci lors d'un congré :

      C’est aussi le cas avec l’arrêt, plus récent, Tele2 Sverige du 21 décembre 2016[33] qui a précisé, dans un sens restrictif, la jurisprudence résultant de l’arrêt Digital Rights Ireland de 2014 invalidant la directive de 2006 sur la conservation des données au motif que la possibilité donnée aux États membres d’imposer aux opérateurs de communications de conserver l’ensemble des données de connexion des utilisateurs pour une durée maximale comprise entre six mois et deux ans méconnaissait le droit au respect de la vie privée des personnes et le droit à la protection des données personnelles[34]. Cette décision pouvait faire l’objet de deux interprétations : une interprétation souple selon laquelle la collecte et la conservation indifférenciées de données sont possibles à condition d’être justifiées par des objectifs sérieux et d’être assorties de garanties suffisantes ; une interprétation stricte conduisant à écarter toute forme de collecte et de conservation indifférenciée des données, y compris pour des motifs d’intérêt général. Dans son étude annuelle 2014[35], puis en formation juridictionnelle[36], le Conseil d’État avait pris position en faveur de la première interprétation. Par son arrêt Tele2 Sverige,la Cour de justice n’a pas retenu cette analyse et elle a considérablement réduit la marge d’appréciation des États en ce qui concerne la possibilité d’ordonner la conservation des données de connexion, y compris dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou la criminalité organisée.



    Fonctionnement de nos institutions.

    • Le président du Conseil d'État est le premier ministre. C'est un titre honorifique, il ne fait rien, même s'il peut présider les assemblées. Cela découle d'une tradition : le Conseil d'État est la version moderne du Conseil du Roi déjà modernisé par Napoléon. Donc le président du Conseil était l'empereur ou le président du Conseil ou le garde des Sceaux, en fonction de l'époque. La personne ayant le plus de responsabilité au Conseil d'État est donc le vice-président.

    • On ne peut pas sanctionner le Conseil d'État s'il ne fait pas son taff. C'est le problème de toute cour suprême : comment la sanctionner ? Qui la sanctionne ? Elle n'est donc pas suprême ? Normalement, on ne la sanctionne pas, parce que les gens qui sont là sont irréprochables… En France, il y a 3 potentielles cour suprême : la cour de cassation, le conseil d'État et le Conseil constitutionnel.
      • Le Conseil constitutionnel n'est pas une formation de juristes : actuellement, il est composé de 3 politicien⋅ne⋅s, de 4 diplômé⋅e⋅s en droit (1 licence, 1 maîtrise, 2 diplômes supérieurs en droit public (préparation au doctorat) et de 2 assimilé⋅e⋅s magistrat⋅e⋅s. Au total, nous avons donc une seule personne qui a pratiqué le droit, 5 personnes qui ont étudié le droit et 3 politicien⋅ne⋅s. En revanche, Benjamin Bayart semble idéaliser un peu trop la Cour constitutionnelle fédérale allemande (« les juges de la Cour sont nécessairement choisis parmi les personnes qui ont fait les longues études de droit, mi-théoriques, mi-pratiques, requises pour exercer les fonctions de juge, d'avocat ou de haut fonctionnaire. Bien plus, parmi les 16 juges que comprend la Cour, un certain nombre d'entre eux, soit six, doivent être recrutés parmi les juges appartenant à l'une des cinq cours de cassation ») : 10 des 16 juges peuvent être des hauts-fonctionnaires qui n'ont plus pratiquer le droit depuis leur formation, comme 5 de nos juges actuels…

      • Il y a plusieurs sections au Conseil d'État : section rapport et étude (qui produit des analyses), sections conseil (intérieur, travaux publics, finances) qui… conseillent le gouvernement, et section du contentieux. Le Conseil d'État mélange donc un tribunal qui devrait être indépendant de l'exécutif avec un vivier de conseillers dévoué à l'exécutif.



    Privacy Shield et positionnement de la France.

    • Les exégètes amateurs attaquent le Privacy Shield. Motifs : il n'assure pas suffisamment les droits fondamentaux (correction ou suppression de données personnelles nous concernant). Il ne prévoit pas l'intervention d'une autorité indépendante de contrôle côté USA. Il ne prend pas en compte la collecte généralisée interdite en UE par la Cour de justice. L'accès aux données n'est pas limité à ce qui est nécessaire.
      • La France est intervenue pour argumenter contre la plainte des exégètes. Depuis le scandale Facebook / Cambridge Analytica, les ministres et les commissaires européens expliquent que le droit européen est très protecteur. Mais à côté de ces textes protecteurs, il y a le Privacy Shield qui dit que c'est open bar pour Facebook et d'autres qui appliqueront le droit étasunien. Donc le droit européen est très protecteur, mais il ne contraint pas les acteurs américains. Donc, tout le gratin politicien explique que le droit européen est très protecteur, mais agit en justice pour préserver le Privacy Shield, donc tout ce gratin déclare implicitement que le droit américain est bien suffisant. Exactement le contraire de ce que tout ce gratin raconte face caméra. Business first?



    Neutralité du net.

    • Aux vœux annuels de l'ARCEP, il y avait Moscovici qui expliquait qu'en UE, il y avait une unanimité pour défendre la neutralité du Net… Foutage de gueule… On s'est battu pied à pied contre son gouvernement, virgule par virgule. Dans le gouvernement précédent, c'est Axelle Lemaire qui a réussi à faire basculer la position de la France. Pendant des années, La France, notamment Bercy, avec Orange à la manœuvre se battait pied à pied contre la neutralité du Net en UE et les politicien⋅ne⋅s défendaient le grand acteur national pour des questions de sous. Il a fallu faire la guerre à ces gens-là pour réussir à sauver les meubles en matière de neutralité du Net, car le texte est relativement faible par rapport à ce qui était sorti du Parlement européen.

    • Afin d'illustrer que le débat neutralité du net ou déploiement de la fibre optique (ou de la 5G) est en faux débat, Bayart avait suggéré, en 2012, à des conseillers de ministres de proposer un deal à Orange : OK, il n'y aura aucun texte sur la neutralité du net, mais vous vous engagez à déployer la fibre optique sans investissement public. Lors du colloque sur le sujet organisé par Bercy, le représentant de la Fédération Française des Télécoms (qui regroupe quasi tous les gros opérateurs) expose qu'il a entendu parler qu'il y avait des histoires sur les investissements fibre et qu'on ne parle pas des mêmes ordres de grandeur, l'un est en millions, l'autre en milliards, ça n'a rien à voir, il y a un facteur 1000 entre les deux.

    • Les réseaux numériques aux USA sont de faible qualité et il n'y a pas de concurrence d'un point de vue du consommateur qui peut choisir entre un opérateur cuivre sans concurrent et un opérateur câble sans concurrent. Les abonnements y sont (contrairement à ce que prétend Benjamin Bayart) deux à trois fois plus chers qu’en France. Il n'y a pas eu d'investissements ni entretien des réseaux. Ces réseaux étant de mauvaise qualité, il faut, pour ne pas les saturer, soit prioriser des contenus, soit moderniser le réseau. Les opérateurs US justifient donc la nécessaire absence de neutralité du net par la vétusté des réseaux, donc par leur absence de travail durant des décennies…

    • Si l'on regarde encore plus loin, sans neutralité des réseaux, on pourrait se retrouver avec des terminaux spécialisés : on n'acheterait plus un ordinateur et un abonnement Netflix, mais on achèterait un abonnement Netflix. On n'acheterait plus un ordinateur et un abonnement Spotify mais Spotify. On achèterait un abonnement GoogleNet ou FacebookNet. Les opérateurs disparaitraîent. Ce n'est pas que Netflix reverserait 10 % à Orange, c'est qu'Orange deviendrait un sous-traitant sans possibilité de promouvoir ses produits, sans possibilité de négocier sa marge et serait dépendant de quelques géants économiques. Un peu comme Dell qui sous-traite l'intervention sur site pour réparer un ordinateur ou UPS / DHL qui sous-traite la livraison des colis. Le⋅a citoyen⋅ne ne produirait plus de contenus, ne s'exprimerait plus, et accéderait uniquement aux contenus estampillés par le marchand.



    Facebook / Cambridge Analytica.

    • Kezako : des gens ont voulu accéder à une application Facebook de type "pseudo-enquête d'opinion pour rire". Quand tu fais ce genre de chose, tu dis à Facebook que telle appli peut siphonner tes données. Dans le cas présent, l'appli a siphonné. Si les profiles des """"ami⋅e⋅s"""" ne sont pas configurés tout bien comme il faut, ça siphonne aussi les données des """"ami⋅e⋅s"""" par ricochet. Ensuite, ces données ont été revendues, à Cambridge Analytica (entre autres), qui s'en est servi pour faire du marketing politique (entre autres). Benjamin Bayart voit cela comme un mésusage et un abus de confiance : les utilisateur⋅rice⋅s de Facebook avaient acceptées une collecte de données dans le cadre d'un sondage rigolo. Une collecte beaucoup plus vaste et l'utilisation des données collectées à d'autres fins est une trahison des utilisateur⋅rice⋅s.



    Comment savoir si un service te trahira un jour ?

    • De manière générale, si un service est financé par quelqu'un⋅e qui n'est pas l'utilisateur⋅rice du service, alors ce service sert d'autres intérêts que ceux de l'utilisateur⋅rice. Le service n'hésitera pas à faire du tort à l'utilisateur⋅rice pour satisfaire les personnes qui le financent. Si c'est financé par des abonnements, par du financement participatif, par des dons, c'est OK. Si 85 % des recettes d'un journal, comme Le Figaro, proviennent de la pub, c'est autre chose : la logique devient alors celle du temps de cerveau disponible : « à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible ». Les services en ligne vendent le même service aux annonceurs, à la différence près qu'ils permettent aux pubards d'adresser très finement leur message, presque personne par personne. Exemple : moi, annonceur, je veux que cette pub bien précise s'affiche uniquement sur l'écran des femmes française aisées, entre 25 et 35 ans, qui a tel niveau d'études, qui a telle sexualité, qui a une famille, qui pratique telle religion, etc. C'est l'offre Facebook for business. La manipulation commence ici. La transparence des algorithmes est du vent.



    Esprit critique et manipulations.

    • Esprit critique, définition : toujours se demander ce qui est réellement en train de se passer, quel est l'objectif derrière, quel est le message qu'on cherche à me faire passer, pour quoi veut-on me faire passer ce message, qu'est-ce qu'on attend de moi, quelle réaction s'attend cherche-t-on à provoquer chez moi, etc.

    • Tout ce qui vit de la publicité a besoin d'engagement (il faut te faire rester sur le service). Or, t'es beaucoup plus engagé quand tu n'es pas content. Donc, il faut t'afficher du contenu qui va t'énerver, du contenu percutant, provocateur, pas du contenu apaisant, pas du contenu rassurant. Il faut jouer sur les émotions : la peur, l'envie, la colère, la haine, les bons sentiments, etc. C'est pour cela que les algorithmes derrière ces sites web font monter, intentionnellement ou non ce type de contenus : ça fait de l'audience, donc du revenu publicitaire. Pour résister à ces manipulations : apprends à détecter quand on cherche à te manipuler : si un contenu t'énerve, ferme-le et fais une autre activité.
    Sun Apr 8 01:56:45 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=WPdbEbwNTcU
  • Enigmail / Forum / Enigmail Support:Enigmail toolbar icons disappeared with the 2.0 upgrade

    À partir de la version 2.0 d'Enigmail, extension pour le logiciel Thunderbird qui permet de chiffrer / signer ses mails afin d'en assurer la confidentialité, l'authenticité et l'intégrité, les icônes dans la fenêtre de rédaction d'un mail, celles qui permettaient de voir en un clin d'œil si un mail allait être chiffré et/ou signé et de changer ce comportement, disparaissent…

    Il est possible de les retrouver, en version amoindrie, en cliquant droit sur la barre de menus, puis « Personnaliser ». On glisse les icônes « Chiffrer le message », « Signer le message », « Joindre ma clé publique » et « Infos de chiffrement Enigmail » sur la « barre d'outils courrier ». Puis on « Termine » nos modifications.

    ÉDIT DU 07/04/2018 À 12H35 : avant, j'avais écris qu'il faut créer une nouvelle barre d'outils et y ajouter les icônes Enigmail. Or, cela n'est pas permanent pour une raison qui m'échappe. En effet, à la prochaine ouverture de la fenêtre de rédaction d'un mail, la barre d'outils nouvellement crée est toujours présente, mais elle ne contient plus aucune icône… Bug relevé sur Thunderbird 52.7.0 packagé dans Debian Stretch. Bref, il vaut mieux ajouter les icônes Enigmail à la barre d'outils courrier…FIN DE L'ÉDIT.

    Je déplore ce choix… J'ai une petite pensée pour les débutant⋅e⋅s qui vont se demander WTF et se dire "rooooh, ce que j'ai appris lors d'un café vie privée / crypto party, ça ne fonctionne plus, pffff c'est nul, vas-y, je laisse tomber leur délire, là !"… … … Pourquoi, même dans le monde du logiciel libre, on se sent obliger de changer l'aspect visuel et le comportement de nos interfaces graphiques tous les 2 ans ?! Ça m'énerve, mais ça m'énerve !

    Tue Apr 3 23:28:46 2018 - permalink -
    - https://sourceforge.net/p/enigmail/forum/support/thread/843138a3/
  • Le Jeune Karl Marx — Wikipédia

    Docu-fiction relatant la vie de Karl Marx dans les années 1843 à 1848, de la censure du journal dont il était devenu rédac'-chef jusqu'à la publication du Manifeste du parti communiste avec Engels. Forcément, ce film relate partiellement la vie de contemporains de Marx : l'ami Engels, l'anarchiste Proudhon qui inspira Marx sur la propriété, le militant socialo-idéaliste Weitling, etc. On entrevoit également Bakounine.

    Ce film montre le génie de deux hommes qui ont fait avancer la pensée, mais aussi leur recherche (soif ?) du pouvoir intellectuel assouvie en "écrasant" les théories concurrentes (la charge contre Proudhon, et surtout celle contre Weitling et son idéalisme et sa non-théorisation de la lutte à venir, sont virulentes).

    Je retiens quelques points :

    • La nécessité de théoriser avant d'appeler à la Révolution sans quoi la révolution n'est qu'un regroupement d'ignorant⋅e⋅s pas libres à la solde d'un⋅e gourou. C'est d'ailleurs ce qui divise Marx et la Ligue des justes (future Ligue des communistes) dont Weitling (que ce film dépeint comme un militant actif de la cause, ce qui ne semble pas être acté) : il ne faut pas simplifier le discours pour ces raisons-là ;

    • Selon Proudhon, la propriété n'est pas naturelle car elle s'acquiert, se transmet et surtout parce qu'elle empiète nécessaire sur les droits sociaux fondamentaux et naturels que sont la liberté, l'égalité et la sécurité. C'est pour ça qu'il ne faut pas faire en sorte que tout le monde puisse accéder à la propriété, mais au contraire détruire la propriété ;

    • Marx s'oppose à Proudhon, notamment sur le fait que l'égalité des salaires ne peut pas être une solution au problème car cela consiste à améliorer un système qui est conçu pour produire de la misère au lieu de le changer fondamentalement ou de passer à un autre système ;

    • Posséder ou non, ce n'est pas des catégories abstraites éloignées du réel comme le théorise les hégéliens, mais bel et bien une réalité, d'où il est nécessaire d'analyser le système économique qui crée cela. On retrouve ici la pensée matérialiste de Marx (tout repose sur des choses matérielles, réelles, qui permettent de les expliquer. Rien d'abstrait, pas de représentations mentales. Point de bonheur, d'harmonie humaine comme but d'une lutte). Point de « Tous les hommes sont frères » (devise de la Ligue des justes), mais « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ». La première est un idéal pieux, la seconde est une solution (pieuse ?) basée sur des faits : l'inégalité naissant de la relation au système productif ;

    • La remise en question des religions amène le début de la fin de la féodalité, puis l'essor du commerce qui fait lui-même naître la bourgeoisie qui produit à son tour une organisation sociale bâtie sur la détention (ou non) des moyens de production prolongeant ainsi l'inégalité entre les humain⋅e⋅s ;

    • Engels documente la condition ouvrière dans « La situation de la classe laborieuse en Angleterre » en se basant sur les ouvrier⋅e⋅s des usines dont son père était copropriétaire ;

    • J'ignorais que Marx et sa famille vivait dans la pauvreté (certain de ses enfants sont morts de faim et de la maladie), malgré le soutien financier d'Engels. D'ailleurs, ce point est un peu ironique : refuser le monde bourgeois, critiquer négativement l'argent… pour vivre partiellement du soutien financier du fils d'un industriel exploitant ;

    Néanmoins, en faisant quelques recherches, j'ai l'impression que ce film s'octroie quelques libertés scénaristiques, notamment sur les apports de Mary Burns à la pensée de son mari Engels, sur le démantèlement du journal Rheinische Zeitung, sur la rencontre entre Marx et Proudhon, et sur la prétendue causalité entre le Manifeste et la révolution de 1848.

    Tue Apr 3 00:33:32 2018 - permalink -
    - https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jeune_Karl_Marx
  • xkcd: Star Lore

    Hahahaha. :'D

    ‒ That cluster was known to the ancients as the five sisters.
    ‒ The red one is a supergiant, and will probably explode within the next million years.
    ‒ Wow!
    There are too many status LEDs in my room.
    That one is a variable star which pulses every 30 seconds. Its name comes from a Greek word meaning "smoke alarm."

    Mon Apr 2 18:36:52 2018 - permalink -
    - https://xkcd.com/1973/
  • (Tenter de) Réparer apt / dpkg

    Bon, il existe déjà des centaines de tutoriels sur ce sujet, donc je vais faire vite.

    Soit une machine virtuelle qui IOwait à mort puis qui remonte automatiquement / en lecture seule. Il est impossible de le remonter en écriture avec les commandes usuelles. Je décide de reboot la machine virtuelle proprement depuis le système d'exploitation. Le shell distant m'est retiré, des démons sont arrêtés, mais ça reste bloqué à ce stade, pendant plus de 10 minutes. Je force un reboot côté hyperviseur. Au reboot, je tombe dans l'initramfs puisque le système de fichiers de la racine est en vrac… Je lance un fsck -y, je reboot… Reboot OK. Quelque temps après, j'essaye d'installer un logiciel et…

    # apt-get install ncdu
    Lecture des listes de paquets... Erreur !
    E: Splitting of file /var/lib/apt/lists/security.debian.org_dists_stretch_updates_InRelease failed as it doesn't contain all expected parts 0 1 0
    E: Les listes de paquets ou le fichier « status » ne peuvent être analysés ou lus.



    Si je lance un apt-get update, j'obtiens l'erreur suivante :

    Impossible d'ouvrir le fichier /var/lib/apt/lists/partial/security.debian.org_dists_stretch_updates_main_binary-amd64_Packages.xz - open (13: Permission non accordée) [IP : 2a04:4e42:1d::204 80]

    Solution :

    # rm -f /var/lib/apt/lists/* /var/lib/apt/lists/partial/*

    Retentons :

    # apt-get update
    […] 
    Lecture des listes de paquets... Erreur !
    E: Problem parsing dependency 47
    E: Erreur apparue lors du traitement de mount (NewVersion2)
    E: Problem with MergeList /var/lib/dpkg/status
    E: Les listes de paquets ou le fichier « status » ne peuvent être analysés ou lus.

    De même, dpkg ne semble pas être en forme :

    dpkg --get-selections
    dpkg: erreur: analyse du fichier '/var/lib/dpkg/status' vers la ligne 6135 paquet 'mount' :
     champ « Pre-Depends », référence à « libc6 » : version contenant «   » 

    En effet, si l'on ouvre /var/lib/dpkg/status avec un éditeur de texte, on constate qu'il est corrompu : y'a du n'importe quoi en plein milieu du fichier, après le paquet « mount ». La fin du fichier est également tronqué (il se termine en plein milieu d'une description d'un paquet).

    Le fichier /var/lib/dpkg/status-old permet de gérer ce genre de cas… Sauf qu'il est corrompu lui aussi (il commence en plein milieu d'une description d'un paquet). Pas aux mêmes endroits, mais corrompu tout de même. Les deux fichiers ne permettent pas d'avoir une vue d'ensemble correcte des paquets installés…

    On peut tenter de reconstruire le fichier status avec un script, à partir des infos contenues dans /var/lib/dpkg/info, mais je n'ai aucune idée de la fiabilité et de la viabilité de cette méthode.

    J'ai une sauvegarde du fichier status en date du 10 décembre 2017. Je décide de l'utiliser. Mais, si je tente d'installer un paquet, je reçois des milliers de lignes de la forme :

    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 1.
    Use of uninitialized value $item in hash element at /usr/share/perl5/Debconf/DbDriver/File.pm line 85, <__ANONIO__> chunk 10.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 589.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 18841.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 18842.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 18843.
    Use of uninitialized value $value in substitution (s///) at /usr/share/perl5/Debconf/Format/822.pm line 65, <__ANONIO__> line 18844.



    Je dispose d'une sauvegarde complète de cette machine en date du 10 décembre 2017. Je pourrais tout restaurer d'un coup pour en finir… D'autant que rien a changé sur la machine depuis cette date… Mais d'un côté, c'est "amusant" d'essayer de s'en sortir. D'autant que cette machine sert environ à rien, donc ce n'est pas grave si elle devient instable dans quelques mois à cause de ma tentative de réparation…

    Je décide de mettre à jour les paquets, afin que la version indiquée dans le fichier status corresponde à ce qui est réellement installé. Ben, oui, la version mineure de Stretch, 9.4, est sortie entre ma sauvegarde du fichier status et aujourd'hui.

    # apt-get upgrade
    # apt-get dist-upgrade

    Évidemment, je ne me focalise pas sur la palanquée d'erreurs qui est affichée et je refuse toutes les demandes de remplacement de fichiers de conf'.



    Maintenant, je vais m'occuper des erreurs suivantes :

    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libapache2-mod-php5 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php-auth » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « softhsm » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « mysql-client-5.5 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-mysql » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libsofthsm » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libclamav7 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-pspell » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « softhsm-common » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-json » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-readline » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-intl » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libiperf0 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « mysql-server-core-5.5 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-mcrypt » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « libperl5.20 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « apache2-mpm-prefork » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-imap » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-cli » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-gd » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « linux-image-3.16.0-4-amd64 » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-common » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé
    dpkg: avertissement: le fichier contenant la liste des fichiers du paquet « php5-sqlite » étant manquant, il est considéré qu'aucun fichier du paquet n'est actuellement installé

    Nous pouvons déjà faire semblant de désinstaller les paquets qui n'existent plus dans Stretch (il est possible que certains paquets aient déjà été supprimés lors de l'upgrade/dist-upgrade précédent, auquel cas il faut les retirer de la liste au compte-gouttes) :

    # apt-get remove libapache2-mod-php5 php5-mysql php5-pspell php5-json php5 php5-cli php5-readline php5-intl php5-mcrypt php5-imap php5-gd php5-common php5-sqlite libsofthsm linux-image-3.16.0-4-amd64 apache2-mpm-prefork php-auth mysql-client-5.5 mysql-server-core-5.5

    Continuons avec les logiciels que je n'utilise plus dans cette version :

    # apt-get remove softhsm softhsm-common

    Terminons en réinstallant les paquets encore utilisés, mais qui sont en erreur :

    # apt-get install --reinstall libclamav7 libiperf0



    Attaquons-nous maintenant aux avertissements suivants (extrait) :

    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/uucp/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/games/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/mail/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/www-data/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/list/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/proxy/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/gnats/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/news/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/bin/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/sys/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/backup/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/daemon/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/nobody/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/irc/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/man/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.
    debconf: Attention : corruption possible de la base de données. Tentative de réparation en rajoutant la question manquante base-passwd/system/user/lp/shell/_bin_sh/_usr_sbin_nologin.

    Pour réparer, utilisons la commande suivante :

    # /usr/share/debconf/fix_db.pl



    Et voilà, nous avons enfin terminé ! \o/

    Mon Apr 2 14:05:06 2018 - permalink -
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  • Diagnostiquer et réparer une erreur SQL dans Tiny TIny RSS

    Après la mise à jour de mon Tiny Tiny RSS (agrégateur de flux RSS), le script de mise à jour des flux RSS (« update_daemon2.php ») que j'exécute avec systemd crachait ceci dans les logs :

    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: PHP Fatal error:  Uncaught PDOException: There is no active transaction in /var/www/ttrss/classes/rssutils.php:1177
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: Stack trace:
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: #0 /var/www/ttrss/classes/rssutils.php(1177): PDO->commit()
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: #1 /var/www/ttrss/classes/rssutils.php(190): RSSUtils::update_rss_feed('85', true, false)
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: #2 /var/www/ttrss/update.php(199): RSSUtils::update_daemon_common(50)
    Apr  1 18:58:20 hostname update_daemon2.php[827]: #3 {main}

    Au début, seuls deux flus RSS étaient concernés. Puis, progressivement, tous les flux ont été concernés…

    On peut supposer qu'il y a une requête SQL mal formée dans le lot de requêtes qui forme la transaction SQL qui est validée à la ligne 1177 de rssutils.

    La meilleure façon d'avoir de la visibilité sur cela est de se connecter à l'interface web de ttrss avec un compte disposant des droits d'administration et d'aller dans le menu « Actions » -> « Configuration » -> « Système » et de constater une erreur SQL qui se produit juste avant un commit SQL. Il est vain de modifier les fichiers index.php et update_daemon2.php pour y ajouter « error_reporting(-1); » en espérant voir l'erreur apparaître dans les logs du serveur web, car ttrss stocke les erreurs dans sa base de données…

    Dans mon cas, cette manipulation a mis en évidence l'erreur suivante : Unknown column 'width' in 'field list'. Probablement une colonne qui a été ajoutée lors d'une mise à jour… Pour savoir laquelle, il suffit de chercher dans les fichiers du dossier « schema/versions/mysql » (ou pgsql) : grep -Ri width .. Il s'agit de 126.sql.

    Il suffit de rejouer ce fichier sans la requête « update ttrss_version set schema_version = 126; » et c'est gagné.

    On peut jouer les autres fichiers SQL afin de s'assurer que la base de données de Tiny Tiny RSS soit OK : mysql -u <user> -p <nom_bdd_ttrss> < 127.sql. Si une modif' a déjà été effectuée, alors la transaction SQL échouera et la base de données ne sera pas écrasée.

    Mon Apr 2 13:00:38 2018 - permalink -
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  • N’ayons plus peur ! - Journal Fakir

    Très beau texte de François Ruffin, à lire en intégralité.

    « Vous parlez des Whirlpool, des Goodyear, des Parisot, des Abélia, mais pourquoi vous ne parlez pas de nous ? »
    C’est Claude et Patrice, des quinquas, au téléphone, qui nous ont reproché ça. Alors, on a pris rendez-vous avec eux : qu’est-ce qu’ils voulaient nous raconter ?
    « On était chauffeurs chez Mory-Ducros, de 1980, tous les deux, jusqu’à la fermeture, en 2014. Ils ont supprimé l’agence d’Amiens, elle se trouvait à la Zone, y avait quand même 75 personnes qui desservaient le département. En France, on était 5000.
    — Ils ont tout liquidé d’un coup ?
    — Non, ils ont commencé par la moitié, en 2014. Mais ils ont prévenu : ‘‘Si vous manifestez, si vous faites grève, on licencie les 5000.’’ En plus que monsieur Montebourg, celui-là on le retient, il nous a servi la même leçon, de ‘‘sagesse’’, de ‘‘responsabilité’’, qu’il ne fallait pas nuire au reste de l’entreprise. C’est pour ça qu’il n’y a pas eu de mouvement important. Le mot d’ordre, c’était : ‘‘Restez chez vous !’’
    — Mais ça n’a pas sauvé la boîte ?
    — Non. L’année d’après, ils balançaient tout.
    La deuxième moitié. Tout ça, c’était un truc de l’actionnaire, Arcole.

    […]

    — En revanche, excusez-moi, mais c’est normal qu’on ne parle pas de vous, vous ne pouvez pas nous le reprocher : si les salariés eux-mêmes ne se bougent pas, c’est pas nous qui allons le faire à votre place ! »
    Claude et Patrice opinaient.
    « Y a pas eu un jour de grève ?
    — Non.
    — Un feu de palette ?
    — Non. ‘‘Faut pas, faut pas…’’, nous disaient même nos délégués. On nous a jetés, même pour l’honneur on n’a pas réagi…
    — C’est comme si vous aviez consenti à votre propre meurtre ?
    — Voilà.
    — Comme si vous en étiez les complices… Mais maintenant, vous accepteriez qu’on tourne une petite vidéo ?
    — Ça serait compliqué…
    — Ou de grimper sur une estrade pour raconter ça ?
    — C’est difficile, on a retrouvé un employeur, en CDD…

    […]

    J’en ai marre.
    Je rencontre une dame qui travaille au RSI, le truc des artisans, qui me livre des documents et tout, mais qui ne veut pas témoigner parce que ceci cela. Idem dans une chaîne de supermarchés, faut pas livrer le nom de l’enseigne, ni des caissières. Idem pour un gars, dans une usine que vous ne saurez pas laquelle. Idem, encore, au Secours populaire, la double peine de la misère, la misère et la honte de la misère. C’est tout un monde souterrain qui ne veut pas, qui n’ose pas se dire, motus et bouche cousue, c’est toute une France invisible et qui se rend invisible.
    Règne de la peur, peur du chômage, de la sanction, peur aussi du regard des autres, la peur et les mille lâchetés qu’elle entraîne.

    […]

    Toujours, à l’Assemblée, montant au micro, je tremble.
    Ma voix chevrote.
    À cause de quoi ?
    Une illégitimité, encore, toujours, à être là, « petit » face aux « grands », pas à ma place.
    Comme si j’avançais sur une corde raide, aussi, entre le formidable et le ridicule, sans filet, avec la peur de chuter, et d’être aussitôt piétiné.
    La politesse, également, qu’on m’a enseignée, une docilité, la violence qu’il faut se faire, à soi, à son éducation, pour casser leurs codes de bonne conduite, non je n’attendrai pas mon tour, non je ne vous livrerai pas à l’avance ma question, non je n’emploierai pas à mon tour votre langue molle et creuse, anesthésiante.

    […]

    C’est une idée qui me traverse, je vais mal l’énoncer, avec des à-peu-près : on se sent d’une classe inférieure, d’une caste, presque d’une race inférieure.
    Quand on regarde Emmanuel Macron à la télé, au hasard, mais ça pourrait être François Fillon pareil, ou Bernard Arnault, quand on les écoute, dans leurs phrases, dans leurs corps, dans leurs intonations, dans leur gestuelle, on lit ça : que le pouvoir leur est naturel, que la domination leur est acquise, une autorité qui va de soi, comme si les rênes du monde étaient entre leurs mains depuis le fond des temps et pour l’éternité. Et nous, à côté, moi en tout cas, j’éprouve une infériorité. Il nous manque un truc. Causer comme eux, avec leur voix posée, sûre d’elle, leur ton calme et qui nous gronde pourtant, avec des silences au milieu, on n’y arrive pas, une assurance qui fait défaut.

    […]

    On le dit, on le répète :
    « Les hommes naissent libres et égaux en droits. Mais dans les faits et les fortunes, non. »
    Sauf qu’il y a pire, je crains : dans nos propres têtes, nous ne sommes pas leurs égaux.
    Alors, je viens chercher quoi, à l’Assemblée ?
    Et j’espère vous ramener quoi, par contagion ?
    De l’assurance.
    Que, à me voir apostropher ministres et PDG, ça vous contamine. Que vous trembliez moins devant votre hiérarchie, ou plutôt que, malgré le tremblement, vous défendiez votre collègue, que vous parliez en égaux à votre chef, ou à votre maire, ou au président de je ne sais pas quoi.
    En égaux, rien de plus.
    Déjà, c’est fait, on a dupé Bernard Arnault, on l’a cinématographiquement ridiculisé, ça le ramène sur terre, parmi nous.
    D’ailleurs, c’est lors d’un entretien en tête-à-tête avec ma députée, une socialiste, que j’ai songé : « Elle est nulle ! Pourquoi pas moi ? »
    Et là, maintenant, je vois de près le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, qui sue, qui hésite, qui se défile, « vos salariés sont à cinquante mètres, allez les rencontrer ! » je lui dis, lui à un mètre de moi, son malaise qui transpire, comme un poisson sorti de son aquarium.
    Et le Président de la République, sur le site de Whirlpool, on se met en travers de son chemin, on l’alpague pour les contrats aidés, nos corps se heurtent, à peine mais un peu, sacrilège.
    Et la ministre de la Santé, qui me persifle, qui me traite de mytho à demi-mots, et j’encaisse, je me tasse sur mon siège, un peu honteux, avant de repartir au micro : « Je continuerai à le dire, et de plus en plus fort si nécessaire, parce que vous êtes sourde à la douleur des familles », applaudi par les miens, et c’est elle qui se tait.
    Le Parlement, c’est l’occasion, chaque jour, de joutes sans danger : seul l’orgueil s’y blesse.
    Ça fatigue, ça épuise, les conflits, avec la masse hostile contre nous.
    Qu’y gagne-t-on, néanmoins ? De l’assurance.
    D’autres, dans le groupe, prennent cette assurance techniquement, par la maîtrise des budgets, par la connaissance des législations, des règlements, des alinéas.
    Mais c’est la même chose, au fond : détenir les armes, les armes intellectuelles, spirituelles je dirais, pour bientôt les combattre, les convaincre d’égal à égal.

    Sans cela, sans cette assurance, nous ne changerons rien demain.
    Quelle est la source, avant tout, de la Révolution française ? C’est la montée en puissance de la bourgeoisie, pendant un siècle : à force de lire, d’écrire, de s’enrichir, elle prend confiance, elle s’estime l’égale des aristocrates, et s’en va réclamer ses droits aux États généraux.
    Mais même la grande jacquerie, partie de Picardie en 1358, quelle en est la cause ? C’est la bataille de Poitiers, deux ans plus tôt, en 1356. Face aux troupes anglaises, et malgré le surnombre, l’affrontement tourne à la débâcle.
    Les nobles officiers ont fui, lâchement fui, abandonnant le terrain et le roi, au vu et au su de leurs paysans-soldats. La honte ! La déculottée !
    Les jambes à leur cou ! Et après ça, de retour sur leurs terres, ils voulaient jouer aux seigneurs ?
    Ils souhaitaient que les manants réparent leurs châteaux ? Terminée, l’obéissance ! Cette supériorité des maîtres, les Jacques n’y croyaient plus, et c’était le préalable à leur révolte.
    On connaît tous la maxime de La Boétie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »
    Eh bien, à notre modeste mesure, nous participons à ça.
    À remettre notre gauche debout.
    À nous afficher comme leurs égaux.
    À les faire chuter de leur piédestal, à l’occasion.
    Qu’on vous offre cet exemple, malgré le tremblement, comme représentants. Qu’en un mouvement historique, et forcément lent, dont nous ne sommes qu’une étape, on fasse émerger une nouvelle élite, nous, vous, confiante, face à l’internationale des riches et de leurs supplétifs.
    C’est un choc psychologique, qu’il faut.
    Le noeud est dans nos cerveaux.
    Que nous soyons conscients de notre force commune, d’abord.

    […]

    C’est notre tour d’apporter cet oxygène, et à la force de nos bras, de nos pieds, de nos porte-à-porte, nous avons conquis ça : une tribune régulière.
    Rien de plus, rien de moins.
    Nous ne passerons pas une loi, bien sûr, ils nous retoqueront le moindre amendement, ça va de soi. Et le travail législatif relève, pour moi, du simulacre, pour prolonger notre effort idéologique : les propositions de loi, les interventions dans l’hémicycle, les interpellations en commission ne visent pas à transformer le réel maintenant. Mais à dire, à répéter, à faire savoir que ce monde-là, nous n’en voulons plus. Et que nous en préparons un autre.
    Devant nos vidéos, sur Facebook, sur Youtube, il y a des « vues » par milliers, souvent par centaines de milliers, il arrive qu’on dépasse le million. Des internautes écrivent : « Vous me redonnez confiance dans la politique », c’est un bout du chemin, ça. Parfois, nos formules sont reprises ailleurs, « président des riches », « la saignée des emplois aidés », « Robin des bois à l’envers », et l’on n’est même plus certains d’en être l’auteur, peut-être y en a-t-il plusieurs.
    Bref, on sème à la volée, un peu tous azimuts.

    […]

    J’ai longtemps cité ce propos de Philippe Gavi, fondateur de Libération, comme un emblème, lui qui voulait un « quotidien démocratique qui donnera la voix au peuple, aux ouvriers, aux grévistes, aux paysans », qui « ne parlera plus de ‘‘révolution’’ avec des stéréotypes, des idées toutes faites, des affirmations triomphalistes, mais avec toute la force explosive que la parole représente quand l’imaginaire et le réel se fondent avec les mots ».
    « Au commencement était le Verbe. »
    Ainsi s’ouvre l’Évangile selon Saint-Jean.
    Au commencement de la démocratie aussi, se trouve le Verbe. Or le Verbe est aujourd’hui enchaîné, contrôlé, surveillé.

    […]

    Mais dans les interstices de cet ennui parlementaire, comme le chiendent pousse entre deux pavés, comme le diable surgit de sa boîte, tel est mon rôle, ma petite utilité, à ma mesure, ma pierre à l’édifice, je crois : libérer ma parole pour libérer la vôtre.
    Non pas pour dire tout et n’importe quoi, une logorrhée, un comptoir permanent. Au contraire, peu mais bien, les mots qui vont à l’âme, à l’os, au nerf, pour qu’à votre tour, camionneurs de chez Mory, ouvriers de chez Whirlpool, soignants du CHU, vous prononciez les mots qui vous rongent, qui pourrissent en vous, que vous les exprimiez, exprimer au sens littéral, que vous les poussiez dehors, comme un poids, comme une douleur, comme une tumeur. Que Claude et Patrice les aient en face, les dirigeants de Mory-Ducros, et Montebourg dans la foulée, qu’ils balancent leurs quatre vérités, qu’ils échangent en égaux, enfin, sans mépris, sans arrogance.
    Et qu’en attendant ce jour, je les représente, symboliquement, que je le fasse à leur place, avec le dirigeant qui me tombe sous le coude.

    Sun Apr 1 13:07:51 2018 - permalink -
    - http://fakirpresse.info/n-ayons-plus-peur
  • Appel à l'élite (infiltrée) !

    Je leur rendais visite par curiosité, un peu comme au zoo, à Antoine et ses camarades polytechniciens : à quoi ça ressemble, des X, de près?

    « Là, on a Patrick Kron, major de Polytechnique, haut fonctionnaire du ministère de l'Industrie, passé au privé, condamné pour corruption, et qui a ensuite négocié un mariage contraint et forcé avec General Electric. » Ce matin, en Commission des affaires économiques, face à Bruno Le Maire, je pilonne les « X », comme on dit. Tous ces polytechniciens qui ont dirigé l’industrie française, et qui, par pans entiers l’ont détruite : « Avec Pechiney, c’est Jean-Pierre Rodier, Polytechnique toujours… Pour Alcatel, c’est Serge Tchuruk… On pourrait citer, encore, Jean-Marie Messier… » Ça fait des années que ça me démange. Dénoncer « la nullité et la consanguinité des élites françaises » qui, en une histoire toujours recommencée, mènent un à un nos fleurons vers le gouffre, tandis qu’ils accusent « les charges », « le coût de la main d’œuvre », etc. L’ironie du sort c’est que, le soir même, je dîne avec… quatre polytechniciens !

    Monsieur le Député, Cher François,

    Nous sommes six, même si le cercle, petit à petit, s'élargit. Six amis : Nicolas, Julien, Guillaume, Samuel, Vincent, Antoine, de la même génération que la tienne.

    En trois mots, tu nous qualifierais de « petits bourgeois éduqués ». Sociologiquement, nous aurions dû voter avec entrain pour Macron, comme l‘ont fait 90 % de nos amis, collègues, ou anciens camarades de promo. Et nous satisfaire tranquillement des premières mesures annoncées. Pourtant, nous avons voté France insoumise. Il manquait en effet un 4e terme pour nous qualifier : « petits bourgeois éduqués INFILTRÉS ». Infiltrés en Macronie, infiltrés dans le temple du TINA [There Is No Alternative, « Il n’y a pas d’alternative », selon la réplique de Thatcher], infiltrés au milieu d’esprits doués de réflexion et pourtant sourds à la possibilité d'un dépassement de ce système qui nous plombe, fatalistes, par intérêt, par cynisme, par lobotomisation, par inconscience, peu importe en fait. Pour nous, écologie, économie circulaire, relocalisation, partage du temps de travail, éducation… forment pourtant la vraie modernité.

    Notre cheminement politique est divers. On compte par exemple un cadre dirigeant qui votait encore Sarko en 2007 et pose maintenant des jours de congés pour manifester contre la loi Travail, ou encore un repenti du LBO qui navigue maintenant dans l‘économie sociale et solidaire. Nos parcours, nous en sommes convaincus, ne sont pas uniques. Nous sommes certains que d'autres, de notre milieu, pensent déjà comme nous ou bien hésitent encore, tâtonnent, mais ne sont pas loin de franchir le pas. Nous sentons que le basculement est possible et que nous pouvons modestement y contribuer. Déjà par notre exemple. Ensuite parce qu’on les connaît par cœur, nos amis et collègues macronistes, ou pour les plus radicaux d’entre eux hamonistes.

    Nous avons commencé à réfléchir à des actions possibles, et il nous semble que tenter d'identifier et de fédérer un grand nombre d’infiltrés serait une première étape dans nos cordes.

    A bientôt, j’espère.

    « Petits bourgeois », je les trouvais modestes, Antoine et ses potes. « Hauts fonctionnaires », ou « grosses têtes », auraient mieux convenu. Mais qu’importe, ça me paraissait une priorité, de les rencontrer. Pourquoi ?

    Je les écoutais, ce soir, m’ouvrir comme une fenêtre sur leur milieu : « Y’a trop de cash.
    — Qui dit ça ? je m’informais, la bouche pleine de gâteaux apéros.
    — Les investisseurs que je rencontre. Il y a trop de liquidités. Ils ne savent pas où le mettre. Ils sont bien embêtés. Alors qu'à côté, il y a six millions de chômeurs… Mais ils cherchent du 20 % de rendement, alors forcément ca limite. » Un coup de rouge, et : « On est entourés de collègues super-éduqués, mais qui sont zéro en politique. Ils se réveillent quand il y a Le Pen au deuxième tour. Ils nous agressent, ils sont antifascistes pendant deux semaines et puis ils se rendorment pendant cinq ans. »

    Ils me remerciaient d’ être venu, comme un refrain, toutes les dix minutes, « merci ». Faut pas. Je leur rendais visite par curiosité, comme au zoo : à quoi ça ressemble des X, de près ? Ben en fait, ces spécimen-là, ils ressemblaient assez à mes copains, avec des running-blagues et des fous-rires… J’étais là, surtout, par intérêt, comme je leur expliquais alors, comme je complète 1ci :

    « Jusqu’à maintenant, j'étais un contre-pouvoir picard, ce qui est quand même assez éloigné des hautes responsabilités. À notre regretté Antoine, un prof d'éco trop humble, je lui disais toujours. “Prépare-toi à devenir préfet, ou directeur de cabinet.” Parce que c’est un problème : si jamais on devait arracher le pouvoir demain, nous n’avons pas l'élite de remplacement.

    Il va nous falloir un peuple, animé, dans la rue, c’est une chose. Parce que, un bon président de la République, un Premier ministre vraiment de gauche, ça ne suffira pas. Face a la Commission européenne, aux médias, au Sénat, au Conseil constitutionnel, une poussée populaire sera nécessaire. Mais a l'autre bout, en haut, pour tenir les ministères, les banques, Bercy, les préfectures, combien il nous faudra de cadres à la fois conscients et compétents, dévoués au changement ? Cette élite de remplacement, aujourd’hui, nous ne l’avons pas.

    Gramsci me racontait : “La bourgeoisie du XXe siècle a su produire, ou s’allier, tous ces types d’intellectuels, et en grand nombre. D’où toute une série d’écoles spécialisées : pour les ingénieurs, pour le commerce, pour les ressources humaines, pour la politique, pour la magistrature, etc. Cette hégémonie, le prolétariat la conteste aujourd’hui. Comme il aspire, et de façon réaliste, à l’exercice du pouvoir, il forme des intellectuels au niveau hégémonique, par le Parti, par les écoles qu’il met sur pied, par les médias qu’il emploie, par l’éducation de ses militants…”

    Je ne sais pas si vous mesurez la difficulté ? Quand j’y songe, ça n’est pas souvent, mais quand ça me vient, c’est un défi vertigineux. En Marche ! arrive aux affaires, c’est facile pour eux : tous les technos de Bercy, toute l’administration, pensent déjà Macron. Et lui, d'ailleurs, il a connu une gradation dans ses responsabilités : haut fonctionnaire, secrétaire de l'Élysée, ministre, maintenant président. Nous, si on l'emporte, on passera si abruptement de l’opposition au sommet ! Et on se formera dans une folle adversité, avec un déchaînement contre nous…

    Avec, surtout, cette tâche ardue : transformer, user de ce pouvoir pour bouleverser l’ordre des choses, en profondeur… Quand j'y réfléchis, oui, ce défi m’effraie. Nous ne devons pas l’affronter seuls. Voilà pourquoi je suis ici, ce soir, parmi vous. Parce qu’on a besoin de tous les cerveaux, construits, cadrés, de ce pays. »

    « Donc, il s’agirait de bâtir un réseau dans les grandes écoles ? résume efficacement un X.
    — Ouais, c’est ça. Dans la Résistance, ils appelaient ça des réseaux dormants (puisqu’il faut toujours que je la ramène avec mes références).
    — Y a pas de souci, hein, les gars ? On a plein de relations chez les anciens, et même a l’intérieur. On va vous monter ça. »

    Et la Fronde partira de Polytechnique…

    Dans le numéro 83 (décembre 2017 - janvier 2018) de Fakir.

    Sun Apr 1 12:19:37 2018 - permalink -
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  • L'esprit d'ascenseur

    Les « lobbies de la finance » feraient pression, de l’extérieur, sur nos gouvernants ? Non, c‘est de l'intérieur, et de leur plein gré, qu’ils en sont les complices quotidiens. La preuve par Moscovici.

    Je sors de mon entretien avec Nicolas Demorand, sur France Inter, je me suis débrouillé il me semble, j’ai passé le message que je souhaitais, « Paradise papers : les politiques complices », mais la, à la Maison de la Radio, en reprenant l’ascenseur, me vient la réplique qui tue. Trop tard. Et zut.

    Nicolas Demorand : « Il y a un chemin contre l'évasion fiscale ? Parce que, effectivement, c’est Pierre Moscovici qui disait hier que “le monde opaque de l’évasion fiscale apparait soudain au grand jour”, c'est le “soudain” qui a été souligné…

    — Je pense que maintenant, il faut détourner le regard des entreprises vers le politique. Pourquoi ? Parce que Whirlpool va déjà chercher le coût du travail le moins cher en Pologne, pourquoi on serait surpris qu’ils fassent tous les montages financiers, aussi, pour ne pas payer d’impôts ? Glencore, on l'a vu dans le Cash Investigation, remarquable, d'Elise Lucet, ils n'ont aucun complexe à polluer les terres, les rivières des paysans africains, pourquoi ils en auraient a défiscaliser ? Désormais, ce qu’il faut mettre en lumière, c’est la complicité du monde politique avec les dirigeants économiques. Pierre Moscovici en est une illustration. Qu’il feigne de découvrir ca, ou qu'il dise : “C’est super, il va y avoir une pression de l’opinion, on va pouvoir mettre des mesures en œuvre”, ça n’est pas vrai. Ils en sont aujourd'hui les complices, au moins par leur inaction dans la durée.

    — C'est légal, François Ruffin… », m’a relancé Demorand. Et j’ai répondu à sa question. Du coup, j’ai oublié le truc que j’avais sur le bout de l’esprit. Ça me revient la, dans l’ascenseur. Car Moscovici, c’est le Cercle de l’Industrie.

    Moscovici a vice-présidé, durant des années, jusqu’en 2012, le Cercle de l’Industrie. Kézako ? Un lobby. Un lobby patronal. Qui, je recopie leur site, « rassemble 40 grandes entreprises françaises » : Total, L’Oréal, Lafarge-Holcim, Dassault, Sanofi, etc. « Créé en 1993, le Cercle de l’Industrie est un lieu de dialogue et d’échanges destiné aux grandes entreprises industrielles… Il se distingue par sa spécificité industrielle, son engagement pour la construction européenne et son bipartisme politique… »

    Une fois quittée la vice-présidence du Cercle, Pierre Moscovici le fréquente toujours, mais comme invité. En tant que ministre de l’Economie (le 10 juin 2013), puis comme Commissaire européen aux affaires économiques et financières (8 juillet 2015, 1er juin 2017).

    Comment est né ce lobby ? À l’initiative de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’Industrie, comme le narrent Véronique Le Bihon et Vincent Giret dans Les Vies cachées de DSK :

    Ce petit matin de février 1993, tout le CAC 40 défile en haut des Champs-Élysées. De leurs voitures avec chauffeur, descendent Lindsay Owen—Jones (PDG de L’Oréal), Didier Pineau-Valencienne (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Pechiney), Louis Schweitzer (Renault), Jean-René Fourtou (Rhône-Poulenc), Bertrand Collomb (Lafarge), François Michelin, Francis Mer (Usinor), Guy Dejouany (Compagnie générale des Eaux), Serge Tchuruk (Total)… À l’appel de leur ministre, Dominique Strauss-Kahn, trente-cinq patrons se rendent au siège de Publicis. Et à sa demande, encore, ils acceptent de verser 200 000 francs chacun pour son futur “Cercle de l’industrie”. C’est que DSK le sait, déjà : les carottes sont cuites. Le Parti socialiste sera balayé aux prochaines législatives. Mieux vaut préparer son reclassement, dès maintenant. « Ministre délégué à l’Industrie et au Commerce extérieur », (…) il a bien rempli son carnet d’adresses, des amitiés sont nées, et une idée : défendre les intérêts des industriels à Bruxelles.

    Pour bâtir l’Europe sociale, voilà qui parait urgent à Dominique Strauss—Kahn : créer un nouveau cénacle patronal… « Il est sûr que son travail au Cercle a contribué à asseoir sa popularité parmi les patrons », témoigne Bertrand Collomb, le boss des ciments Lafarge. Il fallait bien, plaiderait-il ensuite, « connaitre la vie des entreprises »…

    « Populaire parmi les patrons », il sera ainsi, logiquement, nommé ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Jospin en 1997. Tout comme le « populaire » Jacques Delors le fut du gouvernement Mauroy. Tout comme le « populaire » Moscovici le sera du gouvernement Ayrault. Tout comme le « populaire » Macron du gouvernement Valls. Les patrons choisissent ainsi leurs propres ministres. Parmi leurs lobbyistes…

    « Comment Moscovici veut en finir avec l'évasion fiscale. » C’est BFM qui annonce ça, et sans ironie. Et de résumer : « Le commissaire européen aux Affaires économiques a d'abord rappelé son souhait d'établir une “liste noire des paradis fiscaux”, une proposition que Bruxelles doit examiner “dans un mois”. “Il faut des sanctions”, a-t-il martelé, appelant à “frapper au portefeuille” les entreprises et les pays encourageant ce genre de pratiques. » C’est rigolo, non ? Car quelles multinationales sont prises les doigts dans le pot de confiture ?

    Total (aux Bermudes) : membre du Cercle de l’Industrie. Dassault (aux Bermudes, à l’Ile de Man) : membre du Cercle de l’Industrie. Lafarge (en Syrie, avec Daesh) : membre du Cercle de l’Industrie. Vous lui faites confiance, vraiment, pour faire la chasse à ses copains ? Pour les traquer financièrement ? Pour leur envoyer Europol aux fesses ? Et sous la houlette de qui ? Du président de la Commission Jean-Claude ]uncker… qui fut, durant dix-huit ans, de 1995 à 2013, premier ministre du Luxembourg ! Ce paradis fiscal, interne à l’Europe qui héberge la lessiveuse Clearstream. Et l’on compte sur ça, pour défendre les peuples contre la Finance ? C’est Al Capone qui se ferait juge d’instruction au parquet financier !

    Tout ça prend néanmoins un nouvel éclairage quand on sait que le jeudi 20 juillet, Edouard Philippe se rendait en catimini sur le site Sanofi de Vitry. Il n’avait prévenu ni les salariés ni les Français, ni les médias ni les syndicats. Sur place, il était accueilli par le PDG, Serge Weinberg. A l’initiative de qui, pour mémoire, se déroulait cette visite, discrète sinon secrète ? Du Cercle de l’Industrie.

    Interrogé sur la Dépakine, les 14 000 victimes probables, les milliers de postes de chercheurs supprimés, que répondait Edouard Philippe à l’Assemblée ? « On ne doit pas dénigrer une grande entreprise française. » Toujours à propos de Sanofi, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, avait déjà énoncé : « Il ne faut pas critiquer une entreprise qui réussit. »

    Tout est dit. C’est théorisé, presque. Posé comme un dogme. Et ne parlons même plus de « lobby », comme si la pression s’exerçait de l’extérieur sur nos gouvernants. C’est de l’intérieur, et sans pression, de leur plein gré, qu’ils en sont les complices quotidiens. Les dirigeants politiques et économiques ont fusionné. Ils ne forment désormais qu’une seule et même caste.

    Dans le numéro 83 (décembre 2017 - janvier 2018) de Fakir.

    Sun Apr 1 11:28:03 2018 - permalink -
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  • Macron et la presse : la fin de la transparence | _I N T É G R A L E S _

    La présidence de la République a fait savoir, par l’intermédiaire de Sibeth Ndiaye, conseillère de communication d’Emmanuel Macron, que la salle de presse à l’intérieur de l’Elysée déménagerait d’ici l’été dans une annexe hors du Palais. […]

    Depuis quarante ans, les médias accrédités par la présidence jouissaient d’un accès à une salle de presse donnant sur la cour de l’Elysée à certaines occasions (Conseils des ministres, réceptions de dirigeants étrangers…). Les agences de presse à l’instar de l’AFP y avaient d’ailleurs accès en permanence, note la journaliste Laurence Benhamou dans une dépêche AFP datée du 14 février.

    « La présidence a décidé d’un déménagement de la salle de presse» dans une annexe située rue de l’Elysée, « afin d’augmenter sa taille », a justifié Sibeth Ndiaye mercredi auprès de journalistes. Cette décision a été prise « pour une raison fonctionnelle », l’Élysée souhaitant également « élargir le champ des accréditations permanentes », a complété la conseillère communication de l’Elysée.

    Il est probable que Macron profite de ce moment opportun pour exaucer un souhait qu’il n’avait pas tu dès le début de sa mandature : tenir les journalistes hors du Palais. Ainsi, ces derniers ne seraient pas en permanence tenus informés des visiteurs du président de la République.

    […]

    Mitterrand était prêt à davantage de « transparence » dans la mesure où il pouvait lui-même presque entièrement maîtriser le degré de transparence qu’il voulait bien offrir aux citoyens via le truchement de la presse. Cette transparence officielle était un effet de lumière, un artifice pleinement intégré à la stratégie de communication de l’exécutif.

    A cet égard, le « secret », cette zone de parole qui paraît lumineuse à celui qui a le droit d’y pénétrer et qui permet à l’émetteur de protéger à l’ombre ce qu’il veut ne pas dire, n’est-il pas une modalité du discours diplomatique et politique ? En un sens, l’on peut dire que la transparence participe de la culture du secret, et qu’Emmanuel Macron, en y renonçant, cherche à dépasser cet âge de la communication politique.

    L’ancien ministre de François Hollande – celui qui voulait de lui-même ne rien cacher, n’a pas pour sa part l’intention de laisser traîner une caméra sur les tapis de son bureau ni d’envoyer dix Snaps par jour. Il a conscience que la transparence à l’heure des réseaux sociaux ne peut être qu’illimitée et infinie. Elle ne peut donc effectivement que lui échapper entièrement.

    Par souci de s’assurer que la communication qu’il mène dans le but de légitimer ses options politiques auprès du peuple français soit portée par la presse – et se répercute en conséquence dans l’opinion à un degré plus haut que les tweets émis ou inspirés par les journalistes en charge de couvrir l’Elysée, Emmanuel Macron tient à distancer les journalistes, qui pour la plupart entretiennent un compte Twitter à leur nom, de la Cour d’honneur de l’Elysée, lieu de passages et carrefour de confidences.

    Twitter véhiculerait les informations produites par les journalistes ou par des relais à bien plus grande vitesse que tout acte de communication présidentielle ; si bien que les réseaux sociaux mettent rapidement et abondamment les Français au courant des rumeurs, alors même que les finalités et les modalités des réforme en cours les atteindraient moins vite.

    Macron estime que la situation de la salle de presse au centre névralgique du pouvoir exécutif ne peut qu’augmenter rumeurs et « fuites » de faits qu’il n’a pas envie de rapporter aux Français, ou bien auxquels il entend donner un écho moindre dans l’opinion.

    Je suis mitigé sur cette décision de notre président.

    D'un côté, une vue permanente sur la cour d'un lieu de pouvoir est une bonne chose. Savoir qui visite réellement le président, en dehors de ce qui est consigné dans les zolis registres officiels, est vital. Les décisions prises à l'Élysée appartiennent à chaque citoyen⋅ne, comprendre comment elles ont mûrit, qui sont les protagonistes à la manœuvre, etc., est capital.

    D'un autre côté, seules les agences de presse accréditées, c'est-à-dire l'AFP, Reuters, AP et Bloomberg, ont un accès permanent, c'est-à-dire des organisations qui n'ont, à mes yeux, pas brillées par la qualité de leurs contenus depuis des années et des années. Sans compter que cela ne va pas dans le sens de l'indispensable pluralité médiatique. Remédier à cette situation me semble tout aussi important.

    De plus, je me demande si cette proximité ne produit pas forcément un journaliste de connivence : il faut se faire bien voir, ronronner gentiment, rapporter au public seulement ce qu'on te demande de rapporter, devenir un intime, tout ça, afin de rester accrédité. C'est cela, pour moi, la « zone de parole qui paraît lumineuse à celui qui a le droit d’y pénétrer et qui permet à l’émetteur de protéger à l’ombre ce qu’il veut ne pas dire ». Est-ce que de l'information peut vraiment sortir de cela ?

    De même, d'après les propos de journalistes accrédités rapportés par le Canard enchaîné du 28 mars 2018, leur présence ne leur permet pourtant pas de décrocher des entrevues avec les conseiller⋅e⋅s de Macron. Il⋅elle⋅s évoquent « une fois en neuf mois ». Tout ça me laisse à penser que le problème de fond n'est pas le déménagement de cette salle de presse, mais le fait que le pouvoir prend ses distances avec la presse.

    Et, en effet, ce déménagement est une énième mesure contestable du pouvoir élyséen pour se retrancher dans l'ombre, après les journalistes triés sur le volet lors des voyages officiels, après l'interdiction de filmer les ministres dans la cour du Château, après l'étau qui semble se resserrer autour de l'audiovisuel public, etc. J'ai le sentiment que les journalistes n'arrivent plus à collecter les paroles et les actes de Macron à part les journalistes people élogieux de Paris Match.

    Le travail journalistique autour de l'Élysée est évincé par la communication. Et ça, c'est très dangereux, avec ou sans salle de presse au sein du Château.

    http://www.snj.fr/article/les-journalistes-bannis-de-lelys%C3%A9e-1078519621 :

    Quelle est cette conception de la démocratie qui consiste à « privatiser » l’Elysée en se débarrassant de tout témoin des activités qui y sont exercées ? Quelle est cette conception de la liberté de la presse qui consiste à considérer les journalistes comme des communicants aux ordres, qu’on convoque quand cela arrange et qu’on renvoie ?



    Via le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    Sat Mar 31 21:19:00 2018 - permalink -
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  • Une Cour de cass sauce suprême ?

    Adressée, le 15 mars, à la garde des Sceaux, la lettre du premier président de la Cour de cassation, Bertrand Louvel, propose de transformer de fond en comble l’honorable institution. Il s’agit, explique « le Premier » dans son courrier, d’instituer un « filtrage des pourvois », à la discrétion des magistrats eux-mêmes. Le tri se ferait en fonction de « critères (…) fondés sur l’intérêt que présente une affaire pour le développement du droit » ou « lorsque est en cause une atteinte grave à un droit fondamental ».

    Autrement dit, si, pour les juges, l’affaire ne présente aucun de ces hauts intérêts pour le Droit avec un grand « D », c’est plié. Les justiciables pourront remballer leurs minables requêtes contre des décisions mal fichues, aberrantes ou illégales (oui, ça existe !). Les juges choisissent leurs affaires comme le font ceux de la très chic Cour suprême, aux USA. Quel rêve !

    M. le Premier président suggérait à la ministre de la Justice que ce bouleversement soit « intégré au projet de loi de programmation de la Justice en cours d’élaboration ». Hélas, ça n’a pas marché… Le refus de la Chancellerie a pu s’appuyer sur un avis du Conseil constitutionnel que Bertrand Louvel fait semblant d’ignorer, Le Conseil a en effet jugé que le pourvoi en cassation « constitue une garantie fondamentale ». Pas moins.

    En tout cas, les questions du « Canard » ont tant déplu aux hautes hermines qu’elles ont reproché à Louis Boré, le président de l’Ordre des avocats, les « informations données par des avocats à ce journal… ». Le secret des sources serait-il déjà écarté des affaires dignes de l’« intérêt » de la Cour de cassation et de ces messieurs ?

    Dans le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    Sat Mar 31 20:36:09 2018 - permalink -
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  • Moscovici fait un tabac

    Quel étourdi, ce Pierre Moscovici ! Le 11 avril, le commissaire européen à l’Economie est invité à participer à une chouette conférence subventionnée… par le géant de la clope Philip Morris, pour y causer aux côtés d’un patron… de Philip Morris. Sauf que c’est interdit. A Bruxelles, toute « interaction » avec l’industrie du tabac est prescrite, hormis dans des cas « strictement nécessaires », lesdits cas excluant toute causerie autour d’un buffet de petits-fours sous un prétexte fumeux.

    Mais Mosco a accepté, les yeux — un peu trop — fermés, l’invitation à cette conférence « avec cocktail », organisée par la très officielle Fondation Robert-Schuman sur le thème : « Contrebande, contrefaçon et financement du terrorisme ». Parmi les invités, du beau linge ! Les anciens juges anti-terroristes Baltasar Garzon et Jean-Louis Bruguière, le directeur adjoint d’Europol, le patron de Tracfin, Bruno Dalles, et le vice-président à la stratégie de Philip Morris International (PMI), Alvise Giustiniami. Le nom de ce lobbyiste en chef figure en toutes lettres dans le programme officiel, de même que cette petite mention, en bas de page : « Ce colloque est organisé avec (…) l’appui financier du programme PMI Impact », modeste fonds de Philip Morris, doté de 100 millions de dollars.

    Branle-bas de combat, lundi 26 mars, après un appel du « Canard » : « On n’était pas au courant de ce financement, tousse le distrait porte-parole de Moscovici. Renseignement pris, il est préférable que le commissaire ne participe pas à cette conférence. » Et d’ajouter, sans rire : « On en profite sincèrement pour vous remercier de cette information, qui nous avait échappé. » Un problème de filtre, peut-être ?

    Philip Morris, lui, ne nourrit aucun complexe d’entrisme : le programme de la conférence prévoit aussi la venue de Julian King, le commissaire européen à la Sécurité, et d’un directeur adjoint de la Commission. Sans oublier deux enrodéputés français, Arnaud Danjean et Nathalie Griesbeck, eux aussi frappés de cécité : « Ah bon ? C’est financé par Philip Morris ? On n’avait pas vu », répondent en chœur leurs assistants parlementaires.

    Lobby grillé

    Le thème du colloque — la contrebande — n’est pas anodin. Malgré leurs grands numéros de vertu, tous les fabricants de clopes ont été condamnés, ces dernières années, pour contrebande… En 2019, afin de lutter contre le commerce parallèle, un code établissant sa provenance sera apposé sur chaque paquet. Ce système de traçabilité devait être totalement indépendant des fabricants de tabac. Et puis, coup de théâtre ! En décembre, la Commission européenne a autorisé les cigarettiers à choisir eux-mêmes les bôites qui assureront cette traçabilité. Une première — et énorme — victoire pour le lobby de la clope.

    Parmi les numéros de vertu, il y a le financement de la commission européenne, via des programmes de lutte contre le marché noir au niveau européen.


    La vigilance sans faille de Bruxelles aurait-elle été prise en défaut ?

    C'est la stratégie habituelle "tant que la presse à grand tirage ne me voit pas, je copine. Si la presse à grand tirage me voit, je plaide l'erreur, le #PasAuCourant".

    Dans le Canard enchapiné du 28 mars 2018.

    Sat Mar 31 20:26:56 2018 - permalink -
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  • Le Maire et Le Drian se disputent le Trésor de guerre

    La bagarre dure depuis plus de trente ans parmi les énarques. Le Quai d’Orsay réussira-t-il à arracher à Bercy la pleine autorité sur les hauts fonctionnaires chargés de la sacro-sainte « diplomatie économique » ?

    Dernière offensive en date : la tentative du Quai de profiter du programme de transformation du service public, Action publique 2022, pour capter, sous sa tutelle, l’ensemble des personnels rattachés à d’autres ministères travaillant dans les ambassades. Les quelque 700 agents du réseau des services économiques à l’étranger de la très influente Direction du Trésor sont les premiers visés, ainsi que le rapporte « Challenges » (21/2).

    Si Bruno Le Maire compte bien conserver sous sa coupe ce réseau, il n’est pas pour autant satisfait de leur action. Venu adresser ses vœux audit réseau le 11 janvier, le ministre de l’Economie et des Fi- nances a saisi l’occasion pour… leur faire sèchement la leçon.

    « Je ne vous cache pas, leur a-t-il d’emblée lancé, que j’ai parfois un peu le sentiment, quand je me déplace à l’étranger ou quand je vois les notes qui m’arrivent, qu’il n’y a pas suffisamment de clarté dans les missions qui vous sont fixées et que vous ne savez pas toujours exactement ce que vous devez faire. »

    Avant de s’agacer franchement : « Si les seules informations dont je dispose sur l’économie d’un pays c’est le journal, à un moment donné, on va se demander à quoi servent les services économiques régionaux. »

    Le Maire a conclu son intervention en rappelant aux hauts fonctionnaires qu’ils travaillaient pour le ministère de l’Economie : « Vous n’êtes pas au service de l’ambassadeur — si bien soit-il —, vous êtes au service de l’économie française. Ne l’oubliez jamais. Et, surtout, vous avez de la chance : vous avez un ministre de l’Economie et des Finances qui connaît le monde diplomatique mieux que personne. J’en viens. »

    Compris, Le Drian ?

    Dans le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

    Sat Mar 31 20:09:11 2018 - permalink -
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  • Note : astuce pour les chaussures qui puent - Le Hollandais Volant

    1) Mettez les chaussures une nuit au congélateur.
    2) Sortez-les du froid puis aspergez de l’alcool à 90° dessus et dedans : l’alcool est pratique car il s’évapore et ne laisse pas de traces ni d’odeurs).
    3) Laissez aérer à l’air (dehors de préférence :)) quelques heures.

    Il faut savoir que — tout comme quand on pu après le sport — ce ne sont pas les chaussures ni vous qui êtes responsables de l’odeur, mais les bactéries qui se nourrissent des cellules mortes et de la sueur. Il suffit de les tuer pour que la production des odeurs cesse.

    Le coup de froid et l’alcool est radical. Bien plus efficace que les désodorisants qui ne font que parfumer l’air ou casser les odeurs, mais ne tuent pas les bactéries.

    Ça marche. :)

    J'ai passé l'étape du congélo (trop petit, hygiène, tout ça). J'ai utilisé un pulvérisateur dévissé d'un produit ménager standard pour asperger uniformément de l'alcool à 90 degrés dans tout l'intérieur. Il faut compter une bonne journée pour que l'odeur de l'alcool disparaisse et qu'elle soit remplacée par une odeur agréable de chaussure quasi neuve. :O

    Sat Mar 31 19:50:28 2018 - permalink -
    - https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20140405153532
  • « Failed to init inotify - Too many open files »

    Si un programme affiche cette erreur, ou si incrond affiche l'erreur « Inotify::Inotify(): inotify init failed », et qu'il est normal que cette machine ait autant de fichiers ouverts et/ou suivis par inotify, alors on peut augmenter le nombre maximal de fichiers surveillés par inotify avec la commande sysctl -w fs.inotify.max_user_instances=256. La valeur "standard" est 128. On peut bien sûr pérenniser ceci dans un fichier posé dans /etc/sysctl.d.

    ÉDIT DU 06/04/2018 À 13H25 : le paramètre à modifier est fs.inotify.max_user_instances, pas fs.inotify.max_user_watches ! FIN DE L'ÉDIT.

    Fri Mar 30 18:34:09 2018 - permalink -
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  • inotify / incron : Lancer une commande en cas d’action sur un fichier/un répertoire | Admin Linux

    Plein de bonnes choses sur inotify et incrond. Notamment :

    • « Si les commandes sont exécutées plusieurs fois lors de la modification d’un fichier, c’est peut-être que le masque (le type d’événement surveillé) n’est pas tout à fait adapté. Vous pouvez empêcher l’exécution multiple en ajoutant au masque l’option « IN_NO_LOOP » qui désactive la notification d’événement tant que la première commande lancée n’est pas terminée :

    • Il est possible de passer des arguments à la commande lancée par incrond (exemple du manuel : « /tmp IN_ALL_EVENTS abcd $@/$# $% -> The first line monitors all events on the /tmp directory. When an event occurs it runs a application called 'abcd' with the full path of the file as the first arguments and the event flags as the second one. ») :
      • $@ : chemin complet du fichier/répertoire surveillé ;
      • $# : nom du fichier/répertoire sur lequel l’événement est intervenu ;
      • $% : nom (textuel) de l’événement intervenu ;
      • $& : numéro de l’événement intervenu ;
      • $$ : le caractère dollar (« $ ») ;
    Fri Mar 30 18:22:12 2018 - permalink -
    - https://www.admin-linux.fr/inotify-incron-lancer-une-commande-en-cas-daction-sur-un-fichierun-repertoire/
  • Pourquoi inotify arrête subitement de surveiller les modifications de mon fichier ?!

    Je veux utiliser inotify pour surveiller les modifications du contenu d'un fichier. L'objectif est de lancer un script de vérification sémantique sur ce fichier et de les faire remonter aux admins via l’envoi d’un mail. Une erreur sémantique est une erreur qui ne plantera pas le démon/programme qui lit son fichier de conf’, mais qui empêchera d'atteindre le service attendu.

    Pour ce faire, j'utilise incrond, donc j’ai ceci dans incrontab -e : <chemin_vers_fichier> IN_MODIFY <programme>.

    Ça fonctionne sur le vif, mais plus après quelques semaines… Je relance le démon avec service incron restart. Ça fonctionne à nouveau… pour quelque temps seulement…

    Explication : les éditeurs de texte en ligne de commande sérieux (vim, emacs, etc.) ne modifient jamais un fichier. L’événement inotify « IN_MODIFY » n’est donc jamais levé.

    En effet, ils créent un fichier temporaire contenant le nouveau contenu puis ils déplacent ce fichier temporaire à l'emplacement du fichier visé par les modifications. L'objectif est de garantir l'absence de corruption du fichier modifié. En effet, mv (et l'appel système sous-jacent, rename) est la seule opération atomique sur un même système de fichiers : tant que le fichier reste au sein d'un même système de fichiers, mv consiste simplement à changer l'inode associé à un nom de fichier dans la liste des fichiers d'un dossier, et à virer l'ancienne entrée nom+inode.

    Forcément, cette opération change l’inode (identifiant numérique d'un fichier dans la table des fichiers d'un système de fichiers) pointé par un nom de fichier dans la liste des fichiers d'un dossier. On peut vérifier cette hypothèse en exécutant un ls -lhi <fichier> avant et après la modification. Cela fait qu’inotify n’émet plus d’événements pour ce fichier qui a disparu, donc mon script n'est pas lancé par incrond.

    Solution :

    • inotify fourni un événement, « IN_IGNORED », qui est envoyé par Linux quand un fichier disparaît. D'après mes tests, incrond ne prend pas en charge cet événement ;

    • inotify permet de surveiller la suppression d'un fichier (« IN_DELETE_SELF ») ou son déplacement (« IN_MOVE_SELF »). D'après mes tests, « IN_MOVE_SELF » fonctionne mieux avec vim que « IN_DELETE_SELF ».

    Sans grande surprise, j’ai choisi la deuxième solution, donc ma ligne dans incrontab devient : <chemin_vers_fichier> IN_MODIFY,IN_MOVE_SELF <programme>. « IN_MODIFY » pour surveiller les modifs effectuées à l'arrache (echo, redirection shell, nano, etc.) et « IN_MOVE_SELF » pour les autres modifs (vim, etc.).

    Merci Gradator pour le rappel sur le comportement des "vrais" éditeurs de texte. :)

    Fri Mar 30 18:18:12 2018 - permalink -
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