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  • Fiche de lecture : les accords Toltèques

    La première fois que j'ai lu quelque chose sur les accords Toltèques, c'était chez Zythom. Il y a quelques mois, une collègue m'en a reparlé. Cela tombe bien puisque je lis actuellement d'autres livres de la catégorie développement personnel. Pas par passion, par besoin… J'essaye de trouver de la documentation potable pour améliorer mes relations avec autrui, qui ont pris une bonne dose de plomb dans l'aile ces dernières années, tendance perte de foi totale en l'humanité et cœur ostracé.

    Bon, je te rassure tout de suite, je ne perçois pas les accords Toltèques comme le Guide ultime, mais on y trouve tout de même des notions qui gagnent à être diffusées : le fait que les propos d'autrui, y compris les insultes, ne t'engagent pas tant que tu ne le décides pas, le fait que l'amélioration de tes relations avec autrui commence par l'amélioration de tes relations avec toi-même, le fait que tout le monde vit dans un monde qui lui est propre, créé par son interprétation du réel, etc.

    Il me reste un point d'incompréhension malgré mes quatre lectures : comment appliquer les accords toltèques au quotidien, c'est-à-dire comment effectuer un suivi de nos comportements ? Un suivi subjectif a-t-il un intérêt ?


    Les quatre accords Toltèques

    Le livre de référence de Don Miguel Ruiz. Il nous présente 4 accords qui forment une philosophie de vie qui nous aide à nous débarrasser des accords limitants que l'on a conclus (parole blessante que l'on a cru, croyance destructrice que l'on a cru, etc.) et à retrouver la liberté personnelle. Je le trouve moins bien écrit que Le cinquième accord Toltèque en cela qu'il n'explique rien : tout est présenté comme une évidence, une vérité incontestable. Quand l'auteur manipule des concepts de sociologie ou de psychologie, il ne les mentionne pas et il préfère les substituer par son propre jargon. Je trouve ça dommage, car ça empêche l'adhésion des personnes qui ont besoin de comprendre, de tout expliquer.

    Mes notes ci-dessous.

    Généralités :

    • Notre domestication (éducation) est basée sur la peur d'être puni ou de ne pas être récompensé. Cela nous amène à rechercher en permanence l'attention d'autrui, par peur d'en manquer. C'est aussi lors de la domestication que l'on inculque les croyances et les valeurs de la société (ce que l'auteur nomme le rêve de la planète). L'auteur accorde très peu de liberté à l'adulte moyen, qu'il ne semble pas croire capable de changer de valeurs ;

    • Cette domestication crée dans notre esprit un Juge et une Victime. Le premier juge tous nos comportements et actes à la lecture du Livre de la loi qui est la somme de nos croyances, de nos interprétations, etc. La deuxième subit la décision du premier « je ne suis pas assez bon », « je suis moche », etc. . L'auteur note que ce mécanisme n'est pas juste, car, contrairement à la justice, nous nous jugeons et nous nous punissons plusieurs fois pour un même comportement en nous en souvenant et/ou en rabâchant aux autres leurs erreurs passées ;

    • Nous recherchons la vérité, car nous ne contrôlons pas notre besoin de donner tort aux autres ;

    • La recherche de la perfection, inatteignable, provoque forcément des dégâts sur l'estime de soi… d'où un mal-être permanent ;

    • Il faut faire ce que l'on veut, ce dont on a envie, être soi-même, sauvage comme un enfant avant la domestication, il faut faire face à nos peurs. Il n'y a pas de liberté tant que nous agissons dans le but de plaire à quelqu'un d'autre que nous ;

    • Appliquer la recette Toltèque : dresser un inventaire des croyances limitatives et les briser une à une ;

    • Pardonner, ce n'est pas faire une fleur à autrui, c'est aussi agir par compassion avec soi-même ;

    • Les accords Toltèques ne consistent pas à réprimer ses émotions (elles sont utiles !), mais à les contrôler, c'est-à-dire de les exprimer au bon moment, sous le bon format ;

    • Les accords Toltèques consistent à jouir de la liberté dans la sagesse, non dans l'innocence comme le fait un enfant. La différence, c'est la connaissance de ce qui nous limite et l'action permanente pour tenter de s'en émanciper ;

    • Ne pas juger autrui, ne pas chercher à avoir toujours raison ;



    1er accord : que votre parole soit impeccable - parlez avec intégrité, dites uniquement ce que vous pensez, n'utilisez pas la parole contre vous-même ou pour médire autrui

    • Ne pas utiliser la parole dans un but de revanche, de peur, de haine, de médisance, de culpabilisation, de mensonge (même par omission) ;

    • Ne pas dire des choses contre soi (exemple : « je suis mauvais ») ;

    • Toujours exprimer précisément ce qui ne va pas. Ainsi, à un enfant bruyant alors qu'on a mal à la tête, ne pas dire « silence ! t'as une voix horrible ! », mais dire « silence ! j'ai mal à la tête ». La première formulation amène l'enfant à se forger une opinion négative de lui-même : quelqu'un m'a dit que j'ai une voix horrible, je ne prendrais plus la parole en public, je ne chanterai plus, et je souffrirai de ne pas le faire. La deuxième décrite mieux la réalité : le problème n’est pas la voix de l’enfant, mais le mal de tête ;

    • Je reste bloqué sur un point : dire « tu devrais faire ci ou ça » est une parole empoisonnée alors que dire « moi je fais comme ci, comme ça » ou « viens, on va faire ci ou ça » est une parole impeccable. Pour moi, dans les deux cas, le message de fond reste identique : tu fais mal… ;



    2e accord : quoi qu'il arrive, n'en faites pas une affaire personnelle - ce que les autres disent et font n'est qu'une projection de leur interprétation de la réalité, de leur rêve à eux

    • Une insulte ne te concerne pas. Elle est la parole empoisonnée d'autrui qui exprime un malaise. Elle est son interprétation de la réalité. Cette interprétation n'est pas meilleure que la tienne. Exemple : « t'es gros » est une croyance, un sentiment, la peur de ce qui est différent de soi. Gros par rapport à qui, à quoi ? Répondre à cela, c'est défendre un point de vue, vouloir avoir raison à tout prix et chercher à se faire accepter… alors que personne d'autre que nous sait qui nous sommes. L'auteur expose même que lui dire « Ho Miguel, tu es dégoûtant, comment peux-tu dire ça ! » ne l'affecte pas, pas plus que les remontrances d'un chef de bureau ;

    • Tout nous concerne, mais il faut sortir de l'idée que nous sommes responsables de tout ce qui arrive et, qu'en cela, nous y pouvons quelque chose. Notons que je déforme la parole de l'auteur : lui explique que rien de ce qui nous entoure nous concerne, mais je trouve ça dangereux (je pense au changement climatique, par exemple) ;

    • Il convient de ne pas en faire une affaire personnelle car, quand trop de voix intérieures nous parlent, on ne sait plus ce que l'on veut, donc on n'agit plus. C'est ce que l'auteur nomme le mitote ;

    • Il n'y a pas besoin de s'en remettre à autrui, pas besoin de faire confiance à ce qu'autrui dit ou fait, mais seulement de faire confiance à notre capacité de faire des choix responsables (en accord avec nos valeurs ? L'auteur n'explicite pas ce point) ;

    • Si autrui rejette ta demande, ce n'est pas grave, il n'a pas porté un jugement sur toi, mais sur l'intégration de ta demande à son rêve (ses croyances, son interprétation de la réalité, etc.) ;



    3e accord : ne faites pas de suppositions - ayez le courage de poser des questions et d'exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendu et drame

    • Exemple de poison : « on est ensemble depuis x mois, on s'aime, tu aurais dû savoir et combler mon attente ». Ceci ne fonctionne pas, jamais. Il faut avoir le courage de poser des questions, d'exprimer ce que l'on ressent, d'exprimer ce que l'on veut. Ne pas supposer qu'autrui pense et ressent comme nous ;

    • Nous recherchons des réponses à tout pour nous rassurer, alors autant trouver la bonne réponse, c'est-à-dire pas une de substitution qui nous permet d'éviter d'aller au front ;



    4e accord : faites toujours de votre mieux - votre « mieux » change d'instant en instant, quelles que soient les circonstances, faîtes simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d'avoir des regrets

    • L'auteur parle bien de « votre mieux », pas de « toujours mieux ». Il ne s'agit pas d'essayer de faire plus que ce dont on est capable, mais de s'assumer tel quel. Notre mieux fluctue. Exemple : si l'on est malade (toux carabinée), notre mieux est de rester au lit. Ce n'est pas glorieux, mais si c'est le maximum que nous pouvons faire, alors c'est OK ;

    • Il faut agir par envie, non par appât d'une récompense, sinon on court droit à la frustration ;

    • Il faut apprendre de ses erreurs, qui sont inévitables, ne pas se blâmer en boucle pour ça ;

    • Il ne faut pas vivre dans le passé, se souvenir en permanence de ce qui nous fait mal, de nos échecs, des paroles blessantes que l'on a reçues, etc. ;

    • Il faut appliquer les accords Toltèques progressivement : un jour entier, puis une semaine entière, puis un mois, puis… Il y aura forcément des échecs, des moments de rechute. Il faut accepter de tomber et de recommencer ;



    L'auteur énonce aussi des idioties :

    • « Quel animal peut parler ? ». Heu… Quasiment tous ? Même les arbres échangent de l'information… ;

    • Hitler aurait foutu la grouille tout seul rien qu'avec sa parole. Heu… L'auteur éclipse quand même tout le volet misère économique qui a entraîné une misère sociale donc une violence sociale… ;


    Le cinquième accord Toltèque

    Dans cet autre livre, Don Miguel Ruiz expose les 4 accords Toltèques sous un jour nouveau, y ajoute un cinquième accord à passer avec soi-même, et présente la Voie Toltèque (maîtrise progressive de soi). Je trouve cet ouvrage plus précis, mieux rédigé, plus agréable à lire et plus pédagogique que l'ouvrage de référence présenté ci-dessus. Même si l'auteur ne source toujours pas les notions de sociologie et de psychologie bien connues qu'il utilise, il explique beaucoup plus les notions qu'il manipule, assez pour qu'elles ne semblent plus tomber de nulle part.

    Bref, je recommande la lecture de ce livre, plutôt que du livre Les quatre accords Toltèques.

    Mes notes ci-dessous.

    • Autrui défini qui nous sommes par effet miroir, ce que l'on doit être, ce que l'on doit faire ou non, l'apparence à avoir ou non. Sauf que ce miroir est déformant, il correspond à la seule volonté de celui qui énonce. Tiens, on retrouve des concepts chers à Sartre :) ;

    • Il y a une contradiction de fond : nous recherchons la perfection pour plaire à autrui, mais, comme elle est inatteignable, cela diminue notre estime de soi (qui est la différence entre ce que nous croyons être et ce que nous voulons être), ce qui nous rend tristes ;

    • Nous recherchons la beauté, la liberté, le bonheur, etc. comme une échappatoire afin de revenir à un état de liberté personnelle, comme le bébé qui explore le monde, qui évite la douleur, qui profite de sa vie et qui ignore qui il est et à quoi il ressemble, état que nous avons perdu lors de notre domestication ;

    • Nos interprétations sont des accords en cela que nous les reconnaissons vraies, sans quoi elles ne peuvent pas nous affecter. Exemples d'interprétation : le sens d'un mot, d'une œuvre d'art, d'un arbre. Un arbre n'est pas beau, grand, petit, moche, il est l’ensemble des propriétés que nous rangeons sous le terme plus simple d’« arbre » (c'est la réalité), c'est nous qui le voyons petit et moche en fonction de nos croyances, des concepts que nous avons manipulés dans le passé (c'est une interprétation). Nous percevons la réalité, mais nous comprenons et exprimons un point de vue de la réalité, une interprétation. C'est que l'auteur nomme le rêve permanent ;

    • Nous préférons accuser les autres de la souffrance que nous cause notre propre rêve permanent au lieu d'en assumer la responsabilité puisque c'est notre rêve. Personne peut nous sauver. Le seul sauveur de notre monde, c'est nous même ;

    • Il n'y a pas un rêve permanent unique, mais un rêve permanent par personne. Chacun de nous vit dans un monde dédié, un rêve distinct, un film, une histoire propre. Chacun se soucie avant tout de lui-même. C'est pour ça qu'il ne faut pas se soucier de l'image que nous donnons de nous-même dans notre rêve : les autres s'en fichent, ils jouent dans leur film et re-interprêtent leur perception de nous-même pour l'intégrer à leur rêve, à leur film ;

    • Les conflits entre personnes viennent d'ici : on veut que les personnages secondaires de notre film (nous sommes le personnage principal) jouent dans notre film de la manière dont nous le voulons. Sauf qu'ils s'en fichent, ils jouent déjà dans un autre film dans lequel ils ont le rôle principal : leur film ;

    • Il faut ignorer le rejet, le refus, la médisance, les reproches, les opinions. Il ne faut pas y répondre. Il ne faut pas croire la déformation du réel que sont notre rêve et le rêve de la planète (l'ensemble des croyances communément admises). Si tu revenais au 14e siècle, les gens de l'époque auraient peur de tes croyances et de ton savoir ! Nous sommes toujours ignorants. Les croyances futures ne seront pas celles d'aujourd'hui. Il faut différencier le réel de l'interprétation, comprendre l'intention qui sous-tend les symboles (les mots, par exemple), c'est ce que l'auteur nomme la conscience ;

    • Ni mon rêve, ni le tien, ni le rêve de la planète sont vrais, mais nous le supposons, ce qui nous rend perméables. Ma souffrance, c'est moi. C'est moi qui la génère par mes interprétations ;

    • Autre supposition idiote : « il est méchant, mais il obtient tout ce qu'il veut », donc je vais me comporter de la sorte ». Faire ça, c'est se laisser consumer par l'envie et la colère, c'est notre ombre noire qui parle, qui exprime un malaise causé par la manière (extrême ?) dont nous pratiquons nos croyances ;

    • 5e accord : soyez sceptique, mais apprenez à écouter. Toujours se demander si quelque chose est réel ou s'il s'agit d'une interprétation. Il n'y a pas lieu d'émettre une opinion sur l'idée d'autrui qui est uniquement l'expression de son rêve personnel. Elle se respecte. Ne pas se croire soi-même. « Ce que je comprends est ce que l'autre semble exprimer » est une interprétation. « Je suis moche, gros, etc. » est un mensonge (car, pour l'auteur tout le monde est parfait dans l'absolu), une parole envers soi-même qui n'est pas impeccable. Toujours se demander si un message décrit la réalité ou est une interprétation. Apprendre à écouter signifie lire le rêve d'autrui, son intention et le respecter ;

    • On peut apprécier sa vie comme l'on apprécie un roman ou un film : on sait que ce n'est pas vrai, mais on en profite car ça nous fait plaisir ;

    • Voie Toltèque : passage de l'attention première (attention captée par le rêve de la planète, perte de sa liberté personnelle) à l'attention seconde (déclarer la guerre aux mensonges et aux croyances limitatives), puis à l'attention tierce (absence totale de jugement, de soi et des autres, vision des choses telles qu'elles sont) ;

    • Il n'y a pas besoin de symboles (comme des mots) pour justifier l'existence. L'existence est, tout simplement ;

    • Il faut arrêter de chercher du sens dans absolument tout… Et surtout, ne pas se mentir : tu sais ou tu ne sais pas quelque chose, mais dans les deux cas, tu dois accepter cet état de fait et ne pas essayer de compenser ;

    • Ce livre contient aussi quelques idioties, comme le fait que l'ADN serait composée de lumière, que tout serait lumière dans l'univers… ;


    Les accords Toltèques au quotidien

    Un livre pratique qui résume les accords Toltèques, les applique à la vie quotidienne, procure des conseils et fournis des exercices d'application. Ce livre est très bien structuré : une partie par accord, plusieurs chapitres pour exposer les notions sous-jacentes mais complémentaires. J'apprécie la taille de la police de caractères et la mise en emphase des notions importantes : cela donne envie de ré-ouvrir le bouquin afin d'y relire les notions oubliées. Je déplore l'absence d'une correction voire d'exemples pour la plupart des exercices…

    Je recommande la lecture de ce livre si t'as besoin d'une grille de lecture pratique des accords Toltèques.

    Mes notes ci-dessous.

    1er accord :

    • Une parole impeccable nécessite de prendre en compte que tout le monde n'accorde pas le même sens aux mots. Il faut donc reformuler, s'assurer que l'on a bien compris ce que l'autre dit, etc. La conversation prend alors une tournure pompeuse, mais c'est nécessaire ;

    • De même, il est nécessaire de prêter attention au ton employé, qui change tout le sens d'une phrase ;

    • Même chose avec l'intention : que voulons-nous créer, quel sentiment voulons-nous inspirer ? Une envie de faire quelque chose ? Une volonté de freiner un projet ou de déstabiliser une personne ? Participer à créer un monde meilleur ou propager la merde ambiante ? ;

    • Non seulement vous souffrez d'être ce que vous croyez être, mais, peu à peu, à force de ne pas vous apprécier, vous vous sentez tellement mal à l'aise que vous avez des difficultés à supporter votre environnement. Lentement, mais sûrement, vous finissez par en vouloir aux autres, à tous les autres : les gens, votre travail, votre vie, le gouvernement ! Bref, dans ce système rien ne va jamais, surtout vous, et vous souffrez en outre d'un isolement que vous avez vous-même créé.

    • En plus d'en vouloir aux autres, tu développeras une forme de cynisme noir : « je ne vaux rien et les autres pas davantage ! » ;

    • Une communication impeccable suppose une sincérité absolue, l'absence de tromperie, de manipulation, et la prise en compte de la sensibilité d'autrui ;

    • On ne peut pas donner à autrui ce que l'on se refuse à soi (amour, bienveillance, parole impeccable, etc.). Médire permet de s'échapper de nos jugements, de notre mal-être à notre sujet ;

    • Est-ce qu'une croyance que l'on a sur soi-même est formulée positivement ? Est-ce qu'elle permet d'avancer ? On peut utiliser les synonymes atténués : borné⋅e -> persévérant⋅e ;

    • Ne pas être sur ses gardes en permanence en présumant que l'autre va nous blesser / mal faire quelque chose ;

    • Si l'on passe du temps à médire sur soi, on finit par ne plus avoir envie de voir autrui puisque l'on n'aime pas ce que l'on a à offrir. On fera alors tout ce qu'il faut pour se faire détester ;

    • Il n'est pas possible d'éviter les jugements, mais il est possible de filtrer les jugements négatifs ;

    • Toujours exprimer les jugements et les interprétations à la première personne du singulier. « Tu es incompréhensible ! » devient « Je ne saisis pas ce que tu veux dire ». C'est une application directe du principe selon lequel chaque personne est dans son rêve permanent et exprime ce qui s'y passe. Évidemment, il faut s'adapter au contexte : un ami de longue date comprendra très bien l'intention qui sous-tend un « tu es incompréhensible ». Le ton joue beaucoup ;

    • Avant de formuler une critique, toujours se demander si cela est utile pour la personne, pour moi, pour notre relation. Inutile d'embêter une personne que l'on ne reverra plus, car il sera impossible de la convaincre en une fois.

    • Évidemment, on évite de couper la parole, de menacer, d'insulter… Mouais… Couper la parole permet de reprendre un peu le contrôle d'une conversation monopolisée par un moulin à paroles, ce n'est pas forcément négatif, je trouve ;

    • Essayer d'adopter un autre point de vue sur une personne que l'on apprécie pas trop : elle ne rate pas tout, elle a forcément des traits de caractères appréciables. Exemple : une personne démotivée à son travail peut être un parent idéal ;

    • Ne pas chercher à avoir raison. Tu as exprimé ton point de vue, fin. Si la personne veut à nouveau échanger sur ce sujet, elle sait où te trouver. Si elle n'est pas ouverte sur le sujet, ça ne sert à rien de partir dans une conversation qui énervera tout le monde : la personne ne changera pas d'avis ;

    • À quoi sert l'information que je colporte ? Est-ce vrai ? Est-ce utile que telle personne en soit informée ? Est-ce bienveillant (donne une bonne image d'une personne, procure du plaisir, etc.) ? ;



    2e accord :

    • Qui nous connaît réellement à part nous même ? Personne ;

    • La réalité est complexe, plusieurs interprétations combinées peuvent être nécessaires pour la percevoir : métaphore des aveugles et de l'éléphant ;

    • « T'es gros ! ». Par rapport à qui ? Pourquoi n'est-ce pas toi qui est trop maigre ?! ;

    • Il faut apprendre à ne pas être accro aux compliments et à la validation d'autrui, car cela crée une dépendance qui nous force à jouer un rôle dans le but de plaire et d'être complimentés ;

    • Tenter de comprendre le point de vue d'autrui : il a raison par rapport à quoi / à qui ? Selon quels critères ? Il est possible de remettre en question ces critères, même s'ils sont admis par la masse ;

    • Une excuse doit avoir une causalité directe et absolue avec la situation qu'elle doit excuser, sinon elle est un prétexte ;

    • Il ne faut pas prendre personnellement un reproche lié à une erreur. D'abord parce que c'est une erreur, ça arrive, ensuite parce que cette erreur en est une dans la tête d'autrui, tu peux ne pas être d'accord ;

    • Une dispute est toujours une lutte de pouvoir : nous interprétons ce qu'autrui dit, nous y accordons de l'importance, ce qui donne du pouvoir à autrui, celui d'altérer notre vision du monde, puis nous cherchons à prendre le dessus, à récupérer le pouvoir perdu… ;

    • Lâcher prise, ce n'est pas ignorer la parole d'autrui ou se contenter de répondre « c'est ton point de vue / interprétation », car c'est un manque de sincérité qui est contraire à une parole impeccable. On peut répondre « je vais t'expliquer ma vision des choses »… seulement si ça en vaut la peine (inutile de faire cela avec un inconnu qu'on ne reverra plus ou dans un contexte de stress qui ne permettra pas un dialogue serein, bref, c'est de la stratégie habituelle) ;



    3e accord :

    • On ne peut rien faire face à l'auto-conviction. Exemple : un amoureux suppose qu'il sera trompé lorsque sa copine lui annonce qu'elle va passer la fin de semaine chez un ami. Il n'y a rien à faire contre cette supposition basée sur une peur ;

    • Il faut apprendre à sortir du scénario catastrophique que nous avons tendance à concevoir en permanence en décrivant factuellement la situation, ce que nous ressentons, ce que peut supposer l'autre, etc. On peut aussi inverser les rôles : conseiller plusieurs brides de solution à un ami imaginaire qui rencontrerait la situation que tu vis ;

    • Nous avons tendance à faire des suppositions sur tout, y compris les faits divers : un camionneur a eu un accident -> c'est un chauffard ; une société commerciale licencie -> le patron est une pourriture, etc. ;

    • Chaque soir, se focaliser sur le bien, le positif, le plaisir pris au cours de la journée ;

    • Ne pas hésiter à poser des questions pour lever les incertitudes en faisant attention aux mots, à l'intention et à l'intonation. Il faut accepter la réponse quoi qu'il arrive. Un mensonge concerne la personne qui l'émet, pas celle qui le reçoit (mais elle peut agir en fonction) ;

    • Toujours se demander : quelle peur ai-je eue ? Quelle supposition ai-je faite ? Laquelle de mes valeurs a été atteinte ? ;

    • « J'aime / J'aime pas / boarf » ne sont pas des opinions structurées et argumentées, mais elles se respectent faute de mieux ;

    • Dans un couple, pour parvenir à accepter les différences, il faut qu'elles ne remettent pas en cause tes valeurs ou que cela ne génère pas chez toi un sentiment négatif. Sinon, il faut laisser tomber, ça ne sert à rien de persister ;

    • Une relation toxique est une relation qui ne t'apporte pas de choses positives, qui énonce ses problèmes, qui demande des choses en permanence sans rien te donner en retour, qui émet régulièrement des remarques blessantes, qui formulent des vérités uniques sans que tu puisses exprimer ton point de vue, etc. ;



    4e accord :

    • Faire ce qui est à faire en fonction des moyens disponibles (qui sont limités en cas d'une maladie, d'une fatigue, etc.) ;

    • Définir des objectifs atteignables, pas de vains idéaux ;

    • Accepter des émotions négatives donc des idées négatives avant de revenir à la normale. C'est un processus sain ;


    50 exercices pour pratiquer les accords Toltèques

    Ce livre ne m'a pas convaincu : il comporte très peu d'explications et d'applications pratiques des accords Toltèques. La majorité des exercices n'a pas de solution ni de pistes pour comprendre quel spectre de réponses va dans le bon sens… Je ne vois pas comment cela peut aider à progresser…

    Mes notes ci-dessous.

    1er accord :

    • La parole impeccable est forcément une parole consciente, donc il faut éviter la parole automatique. Cela nécessite de prendre le temps avant de parler ;

    • À quoi sert la critique permanente ? « T'as fait une faute d'orthographe », « Ton gâteau est trop cuit », « Tu es toujours en retard ». Est-ce que cela profite à la personne ? Est-ce que ça lui apporte quelque chose ? Souvent, elle le sait bien, le problème n'est donc pas là : elle ne veut peut-être pas changer, elle ne considère peut-être ne pas être en tort, elle ne sait peut-être pas comment changer ;

    • Chercher des côtés positifs à une personne qui t'énerve permet d'éviter l'effet bouc-émissaire. Si tu n'y arrives pas à propos d'une personne qui t'a blessé, c'est que tu n'as pas encore pardonné et que tu souffres toujours, car tu es liée à cette personne par une émotion négative ;

    • Le silence n'est pas forcément une parole impeccable : laisser faire une injustice, ne pas prendre position, mentir par omission sont tout autant des sources de souffrances ;



    2e accord :

    • Toujours prendre du recul spatio-temporel sur une situation en se demandant comment réagirait telle personne dans xxx temps ;

    • Tu es concerné par les affaires des autres et par les affaires de la réalité (faim dans le monde, par exemple), mais tu n'y peux rien ;

    • Dire « tu devrais… », « il faudrait que… », c'est s'occuper d'autre chose que de nos affaires ;



    3e accord :

    • Ne pas rester à la surface d'une affirmation qui sera sûrement une interprétation. Exemple : « xxx m'a fait mal ». Physiquement ou moralement ? Pour accident, en croyant aider, ou délibérément ? « Je suis gros ». Pourquoi ? Par rapport à quoi / qui ? ;

    • Il y a 4 types de projections sur autrui : les traits de caractère non assumés (reprocher la sensibilité à autrui quand on est soi-même sensible), les traits de caractère que l'on a réprimé (exemples : sexe, art, etc.), les schémas que l'on reproduit (rejeter pour ne pas se sentir rejeté), et les peurs (échec, jugement, perte, manque, rejet, abandon) ;

    • Une situation que l'on craint se produit généralement (prophétie autoréalisatrice). Il faut donc aborder une situation ou une personne avec un regard neuf ;

    • Il faut donner aux autres ce que l'on attend d'eux : amour, attention, écoute, temps, etc. ;

    • Les défauts et les qualités se lisent dans les deux sens : excès de prudence = couardise, doute = vigilance, perfectionnisme = rigueur, entêtement = persévérance, etc. ;



    4e accord :

    • Présupposer que chacun fait toujours de son mieux en fonction des choix disponibles. Exemple extrême : boire de l'alcool ou fumer (en grande quantité), ce n'est pas forcément pour se faire mal, mais aussi pour se faire du bien, à défaut d'autres moyens ;



    5e accord :

    • Ce 5e accord contrebalance le 2e qui pourrait aller jusqu'à nous couper des autres (oui, c'est aussi ce que je me suis dit à la lecture du 2e accord Toltèque… content de voir que je ne suis pas le seul à l'avoir interprété ainsi) ;

    • Toujours chercher à en savoir plus :
      • « C'est mal de faire ça » = d'après qui ?

      • « C'est bien de se lever tôt » = comment le savez-vous ?

      • « C'est comme ça » = est-ce votre avis ? N'est-il pas possible de faire autrement ?

      • « Il pleut, c'est une mauvaise journée », « elle ne sourit pas, elle n'est contente » = En quoi ceci (le fait qu'il pleuve ou qu'ellle ne sourie pas) signifie/prouve-t-il cela (que la jounée sera mauvaise ou qu‘elle n‘est pas contente) ?

      • « Il m'a fait des reproches, il me déteste » = n'avez-vous pas déjà adressé des reproches sans détester quelqu'un ? Était-ce votre personne ou une émanation de votre personne (comme le travail) qui était visée ?

      • « Il me rend triste » = en quoi ?

      • « Cela m'ennuie » = comment, spécifiquement ?

      • « Si j'échoue à ce test, alors ma vie est foutue » = qu'est-ce qui vous fait dire cela ? Y'a-t-il une causalité directe ?

      • « Je sais ce qu'il a voulu dire » = Ha bon ? Comment le savez-vous ?

      • « Il fait cela parce que… » = qu'est-ce qui vous fait dire cela ? Vous a-t-il dit quelque chose ?

      • « Si elle m‘aimait, elle ne me dirait pas ça » = qu'est-ce qui vous fait dire/croire cela ? Peut-être qu'elle a eu peur, justement par amour.

    Divers :

    • Transformer les objectifs de la forme « avoir / faire » en objectifs « être ». Exemple : arrêter de fumer (faire) = santé, estime de soi, indépendance = prendre soi de soi (être) ;

    • Ne pas transporter le passé avec soi et le ressasser, mais savoir le relire sous un jour nouveau pour en tirer des enseignements.
    Wed Sep 26 21:57:58 2018 - permalink -
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    fiche-lecture
  • Manifestations : on trouve de tout dans les canons à eau - Le Parisien

    Ces canons pulvérisent différents liquides. De l’eau, bien sûr, mais aussi plus généralement des émulsifs. Soit le même liquide mousseux que celui employé par les pompiers, qui peut être coupé avec différents additifs, ajoutés directement dans la citerne.

    Le plus courant pourrait être un gaz lacrymogène, mais de récents problèmes techniques en ont limité l’usage. Le 1er mai, à Paris, c’est une mousse très spéciale qui a été utilisée. Le canon projetait ainsi « des protéines de viande macérées, mélange de sang séché et d’os broyés », à l’odeur pestilentielle. « Les manifestants ont été réellement surpris, commente un opérateur. Ils ne savaient pas de quoi il s’agissait. »

    À terme devraient également être mis en œuvre des PMC, des produits de marquages codés, comme l’indique une touche spécifique dans le « cockpit » des engins. Inodores et invisibles, ils peuvent rester jusqu’à trois semaines sur la peau, beaucoup plus sur les vêtements, et ainsi matérialiser la présence d’un individu dans une manifestation. « Il suffit d’un éclairage ultraviolet pour les mettre en évidence, décrypte un spécialiste. C’est possible y compris depuis un hélicoptère. »

    Via https://twitter.com/fourmeux/status/1044851806533283841 via https://twitter.com/reesmarc/status/1044889788296437761 via https://twitter.com/bortzmeyer .

    Wed Sep 26 12:27:41 2018 - permalink -
    - http://www.leparisien.fr/faits-divers/manifestations-on-trouve-de-tout-dans-les-canons-a-eau-23-09-2018-7899438.php
  • #19963 - DTC Dans Ton Chat - BashFR - Humour perles citations

    Ragne: Ca va aller
    Ragne: On va sauver ce monde
    Ragne: On a une mission
    Ragne: Réaligner absolument toutes les bouches d'égouts de la planète
    Ragne: faire vaincre la symétrie et le parallélisme
    A: Dit-il à la super astigmate à l'oreille interne défaillante ><
    A: Tu peux trouver une meilleure Robin sur ce coup là Batman
    A: Je vais traduire ça dans ta langue : mon réticule n'est plus correctement aligné avec le viseur et mon gyroscope est foutu
    Ragne: Dis pas de bétises robin
    Ragne: Tu veux juste pas mettre le combo collant/porte-jarretelle
    Ragne: Mais on peut faire sans!

    :'D

    Wed Sep 26 12:25:22 2018 - permalink -
    - https://danstonchat.com/19963.html
  • Ganeti + plusieurs VG LVM : « Can't compute nodes using iallocator 'hail': Request failed: Group default (preferred): No valid allocation solutions, failure reasons: FailDisk: 2 »

    Sur une installation de Ganeti (logiciel qui permet de monter un agrégat d'hyperviseurs GNU/Linux), nous avions un Volume Group (VG) LVM qui contient toutes nos machines virtuelles (VM) existantes :

    $ sudo gnt-cluster info | grep -E "lvm|metavg"
    lvm volume group: vg0
    lvm reserved volumes: (none)
      metavg: vg0

    Ce stockage s'effectue sur des SSD. Désormais, nous avons également des disques dur de grande capacité dans nos hyperviseurs et nous voulons les utiliser avec Ganeti, au cas par cas, en fonction des VM. Nous avons créé le VG « vg_vpsstockage ».

    Si l'on suit la documentation qui correspond à notre version de Ganeti ainsi que la documentation pour manipuler plusieurs VG avec Ganeti, la commande suivante devrait créer une VM dans le VG stocké sur nos disques durs :

    $ sudo gnt-instance add -t drbd --no-wait-for-sync -disk 0:size=10G,vg=vg_vpsstockage,metavg=vg_vpsstockage -B memory=1024MB -o debootstrap+stretch --no-start <nom>

    Mais ce n'est pas le cas :

    Can't compute nodes using iallocator 'hail': Request failed: Group default (preferred): No valid allocation solutions, failure reasons: FailDisk: 2

    Le problème ne vient pas de DRBD puisqu'un sudo gnt-instance add -t plain -disk 0:size=10G,vg=vg_vpsstockage,metavg=vg_vpsstockage -B memory=1024MB -o debootstrap+stretch --no-start <nom> échoue tout autant.

    Si nous spécifions l'hyperviseur sur lequel créer la VM (-n hyperviseur1.domain.example), cela fonctionne, quel que soit l'hyperviseur utilisé. Ganeti est donc capable d'utiliser le nouveau VG sur chaque hyperviseur.

    Si nous utilisons DRBD en spécifiant le couple d'hyperviseurs à utiliser (sudo gnt-instance add -t drbd --no-wait-for-sync -disk 0:size=10G,vg=vg_vpsstockage,metavg=vg_vpsstockage -n hyperviseur1.domain.example:hyperviseur2.domain.example -B memory=1024MB -o debootstrap+stretch --no-start <nom>), cela fonctionne.

    C'est donc l'allocateur dynamique, le bout de logiciel qui aide à la répartition des VM sur les différents hyperviseurs en fonction des ressources (RAM, CPU, etc.) restantes, qui échoue.

    Un des tests d'intégrité doit échouer… Mais lequel. Désactivons-les pour voir (sudo gnt-instance add -t drbd --no-wait-for-sync -disk 0:size=10G,vg=vg_vpsstockage,metavg=vg_vpsstockage -B memory=1024MB -o debootstrap+stretch --no-start --ignore-ipolicy <nom>) : échec, toujours le même message d'erreur. Sans trop de surprise puisque la politique de notre cluster (sudo gnt-cluster info | grep -A 25 "Instance policy" pour l'afficher) prévoit des valeurs minimales inférieures aux besoins de notre VM de test et des valeurs maximales supérieures à ces mêmes besoins.

    Après quelques essais au pif, nous nous redons compte que l'allocateur échoue quand nous commandons la création d’une VM avec un disque dur virtuel d'une capacité supérieure à l'espace disponible dans le VG des SSD. Quand nous commandons une capacité inférieure, la création d'une VM fonctionne. Pourtant, nous sommes formels, Ganeti crée bien le disque dur de la VM dans le VG des disques durs… Pourquoi son allocateur vérifie-t-il le VG des SSD ? Mystère.

    Nous n'avons pas trouvé d'autre solution que de changer les paramètres globaux du cluster, de créer notre VM, puis de rétablir les paramètres globaux du cluster (utilisation du stockage SSD par défaut). Cela se fait de cette manière :

    $ gnt-cluster modify --vg-name vg_vpsstockage -D drbd:metavg=vg_vpsstockage > /dev/null
    $ gnt-instance add -t drbd --no-wait-for-sync -disk 0:size=10G -B memory=1024MB -o debootstrap+stretch --no-start <nom>
    $ gnt-cluster modify --vg-name vg0 -D drbd:metavg=vg0 > /dev/null

    Comme nous utilisons un script pour créer nos VM Ganeti, toute cette tambouille n'est pas gênante. Note : nous utilisons trap "gnt-cluster modify --vg-name vg0 -D drbd:metavg=vg0 > /dev/null" EXIT afin d'être sûr que la commande de rétablissement des paramètres globaux du cluster sera bien exécutée, quelle que soit l'embranchement de sortie du script.

    Sun Sep 23 20:17:18 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?Pjez4w
  • Manque de pot, nos yaourts ne sont pas si « nature »

    De la poudre de lait dégraissé, de la haute pression pour faire éclater les globules de gras, une flopée d'additifs… Et, au fond de la yaourtière, des marges crémeuses à souhait.

    Huit milliards ! C’est le nombre de pots qu’engloutissent chaque année les Français. L’Hexagone est la patrie du yaourt. Nos 15 kilos annuels par tête de pipe représentent sept fois la consommation moyenne des autres habitants de la planète ! Pourquoi un tel appétit ? Les experts, qui s’épuisent en hypothèses, soulignent que la France est aussi championne de l’ingestion de fromage. Nébuleux mystères lactés…

    Pour nous faire engloutir toujours plus de yaourts, le lobby laitier nous martèle, par exemple, que, ce presque dessert, c’est bon pour les os. Mouais… Là où un yoghourt nature affiche 188 mflligrammes de calcium, au maximum, pour 100 grammes, les amandes en recèlent 248 et la sardine en boîte près de 400 !

    Même battage à propos du côté naturel du produit. Sauf que neuf yaourts sur dix ne sont pas fabriqués avec du lait frais tout droit sorti du pis de la vache, mais avec de la matière première lactique reconstituée… Ainsi, le yoghourt industriel contient jusqu’à 10 % de poudre de lait dégraissée — cet ajout protéiné qui donne le « yaourt cantine », ultraferme et blanc connue neige. Exit, la goûteuse peau de lait des yoghourts tradi, que la grande distrib a décrétée non grata parce qu’elle fripe et jaunit.

    Cinquante nuances de lait

    Moins chère encore, et dotée des mêmes propriétés : la protéine de lactosérum, un « déchet » de fabrication que l’industrie fromagère utilise à l’envi. Une fois « déprotéiné », ce résidu est recyclé dans les biscuits, les laits infantiles, les produits de régime ou l’alimentation pour bétail. Avec 562 000 tonnes par an, la France en est le premier exportateur mondial. Encore un record !

    En plus d’être « standardisé », le lait pour les yaourts d’usine est homogénéisé — autrement dit, soumis à très haute pression (200 bars). Le but de la manip ? Faire éclater les globules de gras afin qu’ils restent emprisonnés dans la matière blanche et que le consommateur n’ait rien à égoutter… Une pratique qui fait bouillir les producteurs artisanaux. « On modifie la nature des molécules du lait sans avoir jamais vraiment étudié les effets sur la santé », s’emporte ainsi Marie-Laure Marilleau, fabricante de yaourts bio fermiers à Sonnac (Charente-Maritime). Pour alimenter notre fringale, les industriels déclinent aussi à l’infini les variétés de yaourts. Pas moins d’une cinquantaine de nouvelles références sont ainsi mises en rayons chaque année. Il est vrai que sortir une nouveauté est un jeu d’enfant : il suffit de modifier un chouia le taux de protéines ou de sucre dans une variante « ferme » ou « brassée » pour faire terroir.

    A devenir chèvre

    Avec les yaourts aux fruits, c’est encore plus fastoche : on ajoute fraises, cerises, abricots, en couches ou mélangés, avec ou sans morceaux… Surtout, on utilise des additifs pour « texturer », colorer et aromatiser à moindres frais. Depuis 1988, un décret interdit l’ajout de colorants, épaississants et autres correcteurs d’acidité. Mais les multinationales du lait ont trouvé l’astuce : au lieu d’être délayés dans les yaourts, les additifs sont incorporés en amont dans les préparations de fruits. Le magazine « 60 Millions de consommateurs » (avril 2018) a ainsi décelé jusqu’à sept additifs dans un produit de grande marque. On touche le fond (du pot) !

    Cerise sur le lactose, sortir un nouveau produit permet de justifier un prix plus élevé que celui des marques de distributeurs, qui trustent déjà 60 % des yaourts nature. « Le but est aussi de freiner l’accès à un marché annuel de presque 2 milliards d’euros aux fabricants artisanaux, de plus en plus nombreux », avoue froidement un directeur marketing bossant dans l’agroalimentaire.

    Avec 4 % de marge, le yoghourt est, mine de rien, le produit le plus rentable du rayon laitiers, après les laits infantiles. D’autant que les grands producteurs — Lactalis, Danone, Sodiaal — récupèrent, en dégraissant le lait, 40 000 tonnes de crème par an, et autant de beurre, dont le prix, en une année, a doublé, pour atteindre 3 000 euros la tonne. Ça en fait, du gras !

    Pour soigner leurs bénefs tout en contournant la réglementation française, qui n’autorise, dans l’appellation « yaourt », que deux ferments lactiques (Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus), les industriels ont inventé les yoghourts à boire ( lire encadré) : des laits fermentés, ensemencés avec d’autres bactéries, qui ne méritent donc pas officiellement le nom de « yaourts » mais sont pourtant vendus comme tels.

    Seule et récente contrariété : une partie des consommateurs boude désormais le lait de vache. Ni une ni deux : les fabricants ont garni les linéaires avec des yaourts au lait de brebis ou de chèvre. L’engouement, porté par la mode du yaourt grec, ne tarit pas. Alors que les ventes de yoghourts classiques stagnent depuis dix ans, celles de laits fermentés de chèvre et, surtout, de brebis s’envolent : plus de 30 % pour le yaourt à la grecque. Vendu jusqu’à 8 euros le kilo, ce dernier est encore plus rentable que celui préparé au lait de vache (1,65 euro le kilo). De quoi bêler de joie.


    A boire et à manger

    Pour les nutritionnistcs, c’est un cauchemar liquide. Lancé par Yoplait (Sodiaal) en 1974 avec sa marque Yop, le yaourt à boire a fait des émules. En France, il s’en vend plus de 70 000 tonnes par au. Youpi ! Sauf pour la santé… Les bouteilles sont bourrées d’additifs et, surtout, de sucre — jusqu’à deux morceaux (soit 12 grammes) pour 185 grammes de yaourt. Autant de calories absorbées sous forme liquide que le cerveau n’arrive pas, pour cette raison, à comptabiliser.

    C’est ce qui s’appelle avoir du yaourt dans la tête ?



    Dans le Canard enchaîné du 12 septembre 2018.

    Sun Sep 23 12:46:43 2018 - permalink -
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  • Les prestations sociales « ajustées » en temps réel ?

    Le rapport remis la semaine dernière au Premier ministre par une députée En marche ! et un prof de Sciences-Po est apparemment très technique : il suggère, selon « Les Echos » (6/9), de s’acheminer « vers des prestations sociales “ajustées” en temps réel ». Quèsaco ?

    Le journal économique lâche le morceau et explique qu’il s’agit de calculer, notanment, les allocations de logement en fonction des revenus récents des bénéficiaires dans le besoin. « A la clé, précisent “ Les Echos”, 1,2 milliard d’euros d’économies par an. » On comprend mieux…

    La « lutte contre la pauvreté » commence bien.

    Dans le Canard enchaîné du 12 septembre 2018.

    Sun Sep 23 12:20:01 2018 - permalink -
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  • Tu parles, Charles…

    Le 60e anniversaire du 13 mai 1958 n’a pas été commémoré. En lisant “La guerre civile en France, 1958-1962” (La Fabrique ), de Grey Anderson, on comprend pourquoi.

    Les généraux ? « Tous des cons, des crétins, uniquement préoccupés de leur avancement, de leurs décorations. » Celui qui se confie ainsi au journaliste Pierre Viansson-Ponté, en juillet 1958, n’est ni gauchiste ni antimilitariste : c’est de Gaulle soi-même ! Ce livre passionnant de l’historien américain Grey Anderson raconte comment le retraité de Colombey-les-Deux-Eglises roula dans la farine la frange extrémiste de l’armée. Maître de l’équivoque, de Gaulle se fit acclamer, le 4 juin 1958 à Alger, en lançant son célèbre « je vous ai compris ». Mais qu’avait-il compris ?

    Auparavant, durant le printemps 58, ce Machiavel en képi avait subtilement joué. A Alger, ses fidèles complotaient avec l’extrême droite, tandis qu’à Paris le chef se présentait comme l’arbitre, l’homme de la réconciliation, le sauveur de la patrie. Alimenter l’incendie et apparaître comme le pompier suprême… Reçu par le président Coty à l’Elysée, voilà de Gaulle investi par l’Assemblée nationale le 1er juin. De la belle ouvrage !

    L’Histoire marche sur la tête : c’est l’ancien, l’homme du 18 juin 40, avec sa voix d’outre-tombe, qui balaie une arrière-garde de colonels et de capitaines souvent plus jeunes, nostalgiques des colonies. De Gaulle veut une armée moderne, technocratique et surtout apolitique. Il a une arme dans la poche : la bombe atomique française, prête à l’emploi en 1958. « Dans l’armée, le folklore, c’est fini ! » confie—t-il à Alain Peyrefitte. A bon entendeur, salut ! Les généraux sont priés de rester dans leurs casernes. Et de contempler dans le ciel saharien de Colomb-Béchar, le 13 février 1960, en même temps que le champignon de la première bombe atomique française, la fin de leurs illusions colonialistes.

    En face, l’OAS et les putschistes n’ont plus que leurs bombes artisanales. Dans la nuit du 17 au 18 janvier 1960, 18 attentats frappent la capitale. En Algérie, on en compte une trentaine par jour. Le 21 avril 1961, alors que de Gaulle assiste à une représentation de « Britannicus » à la Comédie-Française, quatre généraux — Challe, Jouhaud, Salan, et Zeller — tentent, depuis Alger, de soulever l’armée contre Paris. Des chars sont positionnés pour protéger l’Assemblée nationale. Mais, en quelques jours, le putsch se degonfle et de Gaulle ramasse la mise, imposant la procédure de l’article 11 contre l’avis du Conseil constitutionnel, pour instaurer l’élection du président de la République au suffrage universel.

    Conclusion désabusée de Jean-Marie Le Pen, très actif durant toute cette période : « L’armée a servi de trampoline pour le nouveau régime. » De Gaulle aura réussi l’exploit de présenter son retour au pouvoir comme la victoire sur une entreprise de subversion à laquelle il avait participé.

    Très documenté, écrit sur un ton placide, ce livre n’oublie pas les opposants et les insoumis, notamment Francis Jeanson et son réseau d’aide directe au FLN, Sartre, Vidal-Naquet, et autres Jérôme Lindon ou François Maspero. Au procès de Jeanson, un magistrat nommé Patin faisait la leçon à Simone de Beauvoir à propos de la torture : « Ces officiers, madame, vous leur avez fait du chagrin avec votre article… Je les ai vus à Alger… Je les ai interrogés : ils sont très bien élevés. » Juste un peu rugueux, parfois.

    Dans le Canard enchaîné du 12 septembre 2018.

    Sun Sep 23 12:17:05 2018 - permalink -
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  • Fausse note en Ré

    « Jazz au phare », le « festival de musique — et pas seulement de jazz — de l’île de Ré, attire, tous les étés depuis huit ans, les foules à Saint-Clément-des-Baleines. Têtes d’affiche, cette année : Selah Sue, Lucky Peterson, Catherine Ringer, Electro Deluxe. Le style est décontracté. Les spectateurs apportent leur pliant, leur coussin ou s’assoient par terre. Seuls quelques gradins sont montés, réservés aux partenaires du festival et à leurs invités.

    Les traitements particuliers de personnes dites importantes me navrent toujours autant…


    Le 6 août, en amateur averti, Jacques Toubon — ancien ministre de la Culture — et son épouse débarquent au concert de Lucky Peterson. ils sont venus les mains dans les poches et jettent leur dévolu sur deux fauteuils dans les gradins. « Ces places sont réservées, leur font aimablement remarquer les bénévoles chargés de l’organisation. — Réseruées pour qui ? Vous ne savez pas qui je suis ? »

    Apparemment, non. et le ton. monte rapido. Voilà que Toubon, actuel défenseur des droits, se met à défendre les siens haut et fort : il bouscule la bénévole, menaçant la « pauvre fille » d’utiliser son entregent pour la faire virer. « Si je n’étais pas là, ce festival n’existerait pas ! J’emmerde l’équipe de bénévoles et la sécurité ! » Son épeuse, malgré la présence d’une dizaine de témoins, vient en renfort pour en rajouter, sur un mode très châtié : « Ta gueule, pétasse ! Dégage, feignasse ! Petite pute ! »

    Effrayée, la responsable (salariée) des bénévoles fait intervenir le service de sécurité, qui réussit tant bien que mal à repousser les indélicats vers la sortie.

    Le président du festival, appelé lui aussi à la rescousse — et qui, contacté par « Le Canard », dira qu’il n’a pas « eu nouvelle de ça (sic) » —, n’en a pas moins rattrapé le couple pour le réinstaller sur les gradins.

    Le défenseur des droits ne le fera pas renvoyer ?

    « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser »… Big up Montesquieu.

    Dans le Canard enchaîné du 12 septembre 2018.

    Sun Sep 23 12:07:00 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?f1mtdA
  • Chez Citeo c‘est poubelle la vie

    Que ne ferait pas la presse pour sauver la planète ! En triant vos journaux, « Vous êtes sur “Le Point” de faire un beau geste » ; « Comme disait “Marianne”, “ah, ça triera, ça triera, ça triera !” » ; etc. Ce récent déferlement de pages de pub n’a pourtant rien de bien vert…

    Il résulte de la négociation menée par le Syndicat des éditeurs de la presse magazine avec Citeo, l’éco-organisme chargé de collecter la contribution des entreprises productrices et utilisatrices d’emballages et de papier.

    Le but ? Aider les collectivités tenitoriales à financer le tri. En réalité, lesdits journaux n’ont pas déboursé un centime : ils ont tout simplement troqué leur écocontribution contre… des encarts de pub. Ça, c’est du recyclage, coco !

    Citeo, qui est loin d’avoir rempli les objectifs de récupération fixés par l’Etat lors du Grenelle de l’environnement (75 % pour les emballages, 65 % pour le papier), a bien besoin de redorer son blason. En 2017, seules 3,4 millions de tonnes d’emballages (68 %) et 1,3 million de tonnes de papier (57,6 %) ont été collectées. Pourquoi tant de déchets dans le recyclage ?

    Bennes trouées

    Citeo présente un défaut congénital. Contrôlée par les emballeurs et par l’industrie agroalimentaire (Lactalis, Nestlé, Kronenbourg, L’Oréal, Evian, Coca-Cola), la boîte encaisse un pourcentage sur tous les emballages porteurs du « point vert » vendus dans le commerce : canettes de bière, boîtes de conserve, etc.

    En retour, Citeo verse des aides aux collectivités assurant le tri sélectif. Sauf qu’il les rétribue en fonction des tonnages d’ordures ramassées. Comme ces collectes municipales n’atteignent pas les objectifs fixés par le Grenelle, l’éco-organisme ne distribue pas la totalité des sommes récoltées auprès des consommateurs (690 millions cette année). Moins le tri fonctionne, plus Citeo s’enrichit ! Du coup, il dispose d’une incroyable trésorerie : 188,9 millions !

    Ce fonctionnement baroque n’incite guère les industriels actionnaires de Citeo à diminuer leur production d’emballages… « Nous sommes une société à but non lucratif », rétorque sa porte-parole. Une société qui reste toutefois très lucrative pour ses dirigeants : Citeo a versé une rémunération brute annuelle de 1,857 million d’euros au comité de direction (neuf personnes), soit 206 033 euros en moyenne. Combien pour son directeur général, Jean Hornain ? Secret, mais, en 2014, son prédécesseur touchait 370 367 euros, soit quasiment autant que le patron de la SNCF.

    S’il tenait ses promesses écologiques, il gagnerait peut-être autant que celui d’Airbus !

    Dans le Canard enchaîné du 12 septembre 2018.

    Sun Sep 23 12:00:49 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?TM9LFg
  • Muriel Pénicaud : « Je fais le pari que la négociation est possible »

    La baisse des indemnités est-elle un objectif du gouvernement ?

    Non. Le retour à l’activité durable est la raison première de ces négociations, mais ce serait irresponsable de fermer les yeux sur la dette accumulée de l’Unédic : 35 milliards d’euros, soit l’équivalent d’un an de cotisations. La réduction progressive de cet endettement est une condition de viabilité de l’Unédic, et nous allons discuter avec les partenaires sociaux des voies et moyens pour le faire.

    Mais bien sûûûûûûûr réduire la dette et, en même temps ne pas dégraisser les allocations, alors même que le pognon de dingue ne tombe pas d'un arbre magique. Méga crédible. Ce gouvernement ne peut-il donc pas traverser la rue pour se trouver un autre boulot ?

    Via le Canard enchaîné du 12 septembre 2018.

    Sun Sep 23 11:52:54 2018 - permalink -
    - https://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2018/09/07/muriel-penicaud-la-reduction-de-la-dette-de-l-assurance-chomage-est-une-condition-de-viabilite-de-l-unedic_5351513_823448.html
  • Dessine-moi un porte-conteneurs…

    Il pourrait accueillir la tour Eiffel dans ses cales ! 400 mètres de longueur ! Une hélice de 100 tonnes ! La capacité de transporter pas moins de 20 000 conteneurs ! Le plus gros porte-conteneurs français ! L’un des plus gros du monde ! Fabriqué à Singapour !

    Le « symbole de notre ambition économique : avoir une France compétitive et conquérante, capable d’exporter aux quatre coins du monde », a triomphé Bruno Le Maire, jeudi 6 septembre, en balançant une bouteille de champagne sur sa coque. Un joli nom qui fait rêver : le « Saint-Exupéry ». Le Petit Prince aurait adoré !

    Notre ambition économique : faire fabriquer notre étendard de cette ambition à l'étranger. :')


    Et Hulot aussi, qui, une semaine auparavant, en annonçant sa démission, disait de cette « superbe performance technologique » : « Est-ce bon pour la planète ? La réponse est non. »

    Détrompe-toi, Nicolas. Ce navire va « respecter l’environnement ». Il va même « préserver les océans et la biodiversité ». Son armateur, CMA CGM, l’affirme : en passant de 10 000 à 20 000 conteneurs, on divise par deux la consommation de combustible, non ? Certes, cela va permettre d’exporter — et d’importer — de plus en plus, mais passons. Le « Saint-Ex » dispose de moteurs d’un nouveau type, qui lui permettront « une baisse de 3 % des émissions de CO 2, en moyenne » : admirable ! Et « une réduction significative de la consommation d’huile : -25 % » : génial ! Seulement 1 litre de carburant par conteneur et par centaine de kilomètres parcourus : épatant ! Certes, ça fait quand même 8 000 tonnes de combustible pour un simple aller-retour Le Havre-Shanghai. Qu’importe… En prime, il a une double coque : en cas d’accident, aucune marée noire à craindre ! Et les eaux de ballast seront traitées par filtre et lampes UV pour éviter un fléau bien connu, le transport massif d’espèces invasives d’un port à l’autre, comme l’arpenteuse de l’orme, l’escargot géant africain, les fourmis d’Argentine, la punaise marbrée… Malin !

    Bon, les esprits chagrins expliqueront que cette course au gigantisme reste affreusement polluante et énergivore, et ne fait qu’accélérer la délocalisation de nos industries vers la Chine, où l’on achète déjà tout, de nos fringues à nos équipements high-tech en passant par nos, pierres tombales… Par—dessus bord, les esprits chagrins !

    Tristesse…

    Dans le Canard enchaîné du 12 septembre 2018.

    Sun Sep 23 11:51:25 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?LDnGvA
  • Cash investigation - Plastique : la grande intox (Intégrale) - YouTube

    Un documentaire de septembre 2018 sur les déchets plastiques. Plutôt médiocre.

    Quelques notes et remarques :

    • Les industriels se défaussent en rendant les consommateurs responsables. Ainsi, les lobbies industriels financent tout un tas de structures qui militent contre le dépôt volontaire de déchets dans la nature : Vacances propres / Gestes propres (association financée, entre autres, par Danone, Cristaline, Nestle, Procter&Gamble (Head Shoulders), Haribo, Coca Cola), Keep america beautiful (Coca Cola), Clean Europe Network (Pack2go, lobby de l'emballage dont Eamonn Bates, secrétaire général, est aussi le secrétaire général de Clean Europe Network) ;

      • Je suis mitigé : oui, le consommateur est responsable de sa manière de consommer (quand les oligopoles lui en donnent l'opportunité, c'est là que la régulation politique est utile) et oui, quand le consommateur jette ses déchets (plastiques ou non) dans la nature et/ou n'importe comment, c'est entièrement de sa responsabilité. Ce n'est pas parce que les industriels refusent de changer leur mode de production (en partie car les consommateurs refusent de payer plus cher un même bien produit plus sainement ;) ), que ça autorise les consommateurs à faire n'importe quoi. Chacun sa responsabilité ;
    • Recyclage du plastique :

      • Très peu de plastiques parmi ceux que nous consommons sont recyclables ;

      • L'économie circulaire du plastique est une tromperie, car le plastique recyclé n'a pas les qualités du plastique de première utilisation. C'est pour cela que le plastique recyclé est mélangé à du plastique de première utilisation ;

      • Coca Cola promettait 25 % de plastique recyclé en moyenne dans une bouteille en 2015… En 2018, ses efforts parviennent à 7 % de plastique recyclé en moyenne au niveau mondial ;

      • Ce que Coca Cola nomme « plastique réutilisable » est du plastique couplé à des matières végétales, comme le maïs. Ce qui cause d'autres problèmes (déforestation et consommation d'eau pour les cultures, etc.) ;

      • Coca Cola est opposé à la consigne, car c'est coûteux (remboursement client, collecte, transport, lavage, etc), ainsi qu'à une augmentation des taux de collecte et de recyclage ;
    • Le plastique recyclé que l'on retrouve dans des objets habituellement dépourvus de retardateurs de flammes peut contenir des retardateurs de flammes (qui sont des perturbateurs endocriniens) issus du broyage du plastique de matières fortement aspergées de retardateurs de flammes comme l'électroménager. Je ne suis pas surpris, ça me semble même plutôt logique ;

    • Le plastique pollue les océans (continent de plastique), mais aussi les sols, car il se dégrade sous forme de microparticules. Il est avalé et respiré par les poissons et les animaux dont l'humain ;

    • Quelles solutions ? Réduire l'emballage / éviter le tout jetable (dans la vente culinaire à emporter, la vaisselle jetable, etc.) ; La vente en vrac (sans emballage) ; La consigne couplée à des emballages moins polluants (comme le verre), etc. ;

    • Je pense que Cash investigation se trompe sur deux points :
      • Je ne trouve pas anormal que le lobby européen de l'emballage porte plainte contre la loi française d'interdiction de la vaisselle jetable d'ici à 2020, car elle estime que cette loi est contraire au droit européen. Une loi peut partir d'une bonne intention, mais si elle n'est pas rédigée correctement, c'est normal qu'elle soit contestée, indépendamment de la qualité (bien/mal) que l'on prête à l'idée de départ. Analogie : ce n'est pas parce qu'une loi protège prétendument le citoyen contre les méchants terroristes (ce qui part d'une bonne intention), que cette loi ne peut pas être contestée si elle n'est pas conforme au droit européen ;

      • La bouteille en verre consignée est présentée comme « la solution écologique par excellence ». 10 secondes avant, le rapport lu et affiché à l'écran expose qu'il faut qu'une telle bouteille soit ré-utilisée 15 fois avant que le geste devienne "rentable" écologiquement ! Sans compter que, dans un monde globalisé, les transports pour le retour à l'usine polluent un max, ce qui n'a pas dû être pris en compte à sa juste valeur dans les années 70, date de rédaction du rapport présenté. Bref, prudence avec les « solutions écologiques par excellence ».
    Sat Sep 22 22:51:27 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=wZT3drAYIzo
  • Dell PowerEdge R710 + PERC H200 + disque dur SATA 2,5 pouces 5 To = « mpt2sas_cm0: discovery errors(device blocked): sas_address(0x4433221101000000), handle(0x000a) »

    Nous avons un serveur Dell PowerEdge R710 équipé d'un contrôleur SATA/RAID PERC H200. Nous voulons lui ajouter un disque dur Seagate Barracuda 2,5 pouces 5 To. Cette même opération s'est bien déroulée sur un serveur IBM X3650 M2 7947 équipé d'un contrôleur SATA/RAID M1015. Mais, sur notre Dell, le disque n'apparaît pas dans l'arborescence /dev/ sous Debian GNU/Linux Stretch. Dans le journal kern.log, nous lisons : mpt2sas_cm0: discovery errors(device blocked): sas_address(0x4433221101000000), handle(0x000a).

    Mes moteurs de recherche habituels répondent rien qui puisse nous guider. Nous tentons de redémarrer le serveur au cas où un branchement à froid du disque dur change quoi que ce soit (ça ne devrait pas, mais bon, sur un malentendu…) : pas mieux. Peut-être le slot est-il hors-service ? Nous insérons le disque dur dans un autre slot : même message dans kern.log et le disque n'est pas accessible. Nous insérons un disque dur SATA 2,5 pouces 150 Go dans l'un des slots précédemment : cela fonctionne, nos slots sont donc fonctionnels. Peut-être que notre disque dur 5 To est hors-service ? Nous l'insérons dans notre serveur IBM : cela fonctionne. De même, insérer, dans notre Dell, le disque dur initialement inséré dans notre IBM ne fonctionne pas. C'est donc notre serveur Dell qui a un problème.

    Peut-être que la grande capacité de notre disque dur est incompatible avec le contrôleur SATA/RAID de notre Dell ? Quelques recherches sur le web évoquent une mise à jour du firmware dudit contrôleur afin qu'il reconnaisse les disques dur d'une capacité supérieure à 2,2 To. Dans une note de publication d'une version du firmware, on lit « Added Support for >2.2TB SAS HDDs ».

    Vérifions la version du firmware de notre contrôleur PERC H200 en entrant dans l'outil de gestion du contrôleur en pressant Ctrl+C au bon moment lors du démarrage du serveur, puis en appuyant sur Entrée si le bon contrôleur est surligné dans l'interface. « Package version : 07.02.42.00 ». La prise en charge des disques dur > 2,2 To a été implémentée dans la version 07.03.05.00. Cela explique pourquoi notre contrôleur ne voit pas notre disque dur.

    Les outils de mise à jour Dell sont conçus pour le système GNU/Linux Red Hat. L'outil de mise à jour du firmware du PERC H200 ne fonctionne pas avec un système Debian GNU/Linux (ou alors, je n'ai pas trouvé comment faire). J'ai donc utilisé un système CentOS Live GNOME. Comme d'habitude, j'ai dd l'iso sur un disque dur USB raccordé au serveur R710.

    Pour faire démarrer un Dell PowerEdge R710 sur un disque dur USB, il faut presser la touche F11 (« BIOS Boot Manager ») lors du démarrage du serveur puis sélectionner « Hard drive ». Un sous-menu va s'afficher. Il contiendra le disque dur interne et le disque dur USB. Il faut surligner le disque dur externe et appuyer sur Entrée.

    Une fois le système live démarré, il faut faire la configuration réseau et télécharger l'installeur. Comment trouver le bon ? Bonne question. J'ai effectué une recherche dans la section « support » du site web de Dell : Support pour PowerEdge R710. Mot-clé : « H200 ». Système d'exploitation : « Red Hat Linux 7.0 ». Quatre firmwares sont proposés. Je ne sais pas comment choisir le bon, mais seul le « Dell PERC H200 Integrated FW, version 07.03.05.00, A09 » a voulu s'installer, les autres m'ont affiché une erreur « This package is not compatible with your installation ».

    On exécute l'utilitaire de mise à jour depuis un terminal et avec les droits root (sudo -i, pas de mot de passe) : bash SAS-RAID_Firmware_8H5PK_LN32_07.03.05.00_A09.BIN. On quitte les notes en appuyant sur la touche « q », on confirme qu'on veut bien mettre à jour notre firmware avec « Y », et on accepte de redémarrer le serveur avec « Y ».

    Au redémarrage, le disque dur SATA 5 To apparaît bien dans la liste des disques durs branchés affichée par le contrôleur puis dans l'arborescence de notre système Debian GNU/Linux. Mission accomplie. \o/

    Sat Sep 22 19:06:58 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?bosfBQ
  • Caisse enregistreuse Casio SE-S400 : imprimer un numéro SIRET ou n'importe quelle information sur les tickets client

    Maintenant que notre caisse enregistreuse Casio SE-S400 formate sa carte SD et imprime ses rapports quotidiens sans erreur, on souhaite imprimer un numéro SIRET ou n'importe quelle autre information sur nos tickets clients.

    Je lis le manuel. Aller dans « PGM » puis dans « Messages ». Chaque message représente une ligne personnalisable sur le ticket : plusieurs logos, plusieurs lignes d'entête nommées « commercial », et plusieurs lignes nommées « final » qui seront insérées après la liste des achats. On suit les instructions : échec, mes textes ne sont pas imprimés sur les tickets…

    Je téléphone au service assistance des caisses enregistreuses Casio, 08 92 49 22 92, appel facturé 0,35 €/minute. Verdict : il faut faire une manipulation qui ne se devine pas (ÉDIT DU 17/10/2018 À 20H45 : en fait, le code est expliqué aux pages 67 et 74 du manuel, à l'exception du premier « 3 » dans la combinaison « 0300300000 » qui n'est pas censé être un chiffre autorisé… 3 = mode de programmation, xx22 = réglage détaillé, donc 2122 = réglage détaillé des méthodes d'impression des messages (la table de correspondance est page 66), 0300300000 = code de programme. FIN DE L'ÉDIT DU 17/10/2018 À 20H45) :

    • Aller dans « PGM » ;

    • Aller dans « Programme système » ;

    • Taper 3 (avec le clavier noir, pas avec la partie blanche) ;

    • Appuyer sur la touche « Sub total » ;

    • Taper 2122 (toujours avec le clavier noir) ;

    • Appuyer sur la touche « Sub total » ;

    • Taper 0300300000 (toujours ;) ) ;

    • Appuyer sur la touche « CA/AMT TEND » ;

    • Appuyer sur la touche « Sub total » ;

    À présent, on peut suivre la documentation : les messages ajoutés ou modifiés dans le menu « PGM » -> « Messages » seront imprimés. Le technicien à l'autre bout du téléphone m'a donné une information supplémentaire : il se peut que les modifications ne soient pas imprimées. Dans ce cas, il faut recommencer la manipulation décrite ci-dessus…

    Qu'en penser ? Selon un collègue qui a un peu bossé dans le domaine de la monétique, le modèle économique du secteur ne repose pas sur la vente d'un matériel, mais sur la vente d'une prestation, c'est-à-dire soit le commerçant souscrit une formation, soit il assume de payer plusieurs appels surtaxé au support technique. Dans ce contexte-là, une manipulation aussi tordue s'explique (je n'ai pas dit que le modèle économique est légitime, nuance ;) ).

    Fri Sep 21 22:20:06 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?ndUBTQ
  • Caisse enregistreuse Casio SE-S400 : rapport quotidien des ventes = E203 ; formatage de la carte SD = E200

    J'interviens sur une caisse enregistreuse Casio SE-S400 neuve qui a été mise en service il y a deux semaines. Je sais rien de la configuration effectuée.

    Normalement, son mode « Z » permet d'imprimer le rapport quotidien des ventes (chiffre d'affaires, TVA, etc.) puis de réinitialiser ces compteurs dans la mémoire interne de la caisse (qui a une capacité extrêmement limitée). Or, ce n'est pas le cas : le rapport est imprimé, l'écran affiche « Attendez, svp », puis une erreur s'affiche quasi immédiatement : « E203 - Mémoire insuffisante ». Une ligne supplémentaire est imprimée : « Carte SD Erreur fin ». Les compteurs ne sont pas réinitialisés : la caisse imprime à chaque fois le bilan des deux semaines d'activité.

    Je lis la notice : l'erreur E203 n'y est pas documentée. Sur le web, je récupère la version numérique FR de la notice et je fais une recherche informatisée dedans : non, pas d'erreur E203… Même absence de résultat avec la version anglaise. L'erreur E203 est mentionné dans une notice rédigée en finnois, la langue de la Finlande… Elle signifie : « La mémoire de la cartouche mémoire RAC-9 ou de la mémoire flash ne suffit pas ». Aucun remède est indiqué.

    Je tente une déduction : la carte SD est saturée. Mais je doute : une carte SD d'une capacité de 1 Go saturée par les ventes sur deux petites semaines d'un tout petit commerce ?! De plus, l'enregistrement n'a jamais fonctionné, me dit-on. Je tente de reformater la carte SD avec la caisse enregistreuse (PGM -> SD settings -> SD format) : « Attendez, svp » suivi, quelques secondes après, d'une erreur « E200 insérer carte SD ». La carte SD est insérée depuis longtemps. Je recommence la procédure : pareil. Parfois, j'obtiens également l'erreur E203, la fameuse…

    Je lis la notice : « Code d'erreur : E200 ; Signification : La carte SD est réglée. ; Remède : Réglez la carte SD. »… Whaaat ?! o_o Je consulte la version numérique anglaise : même chose. Je tente une nouvelle déduction : peut-être qu'il ne s'agit pas d'une erreur, mais d'une confirmation cryptique que tout s'est bien passé (oui, je suis naïf, je me suis cru dans le monde HTTP avec son code retour 200 OK). Je lis la carte SD avec un ordinateur : elle est vierge, il n'y a pas de table des partitions, rien. Le formatage a donc bel et bien échoué.

    Je teste plusieurs cartes microSD dont l'une d'une capacité de 16 Go et plusieurs adaptateurs microSD -> SD : échec.

    Je cherche sur le web : il n'y a pas grand-chose, mais il serait possible de désactiver l'enregistrement sur une carte SD lors de l'édition d'un rapport des ventes avec ou sans réinitialisation des compteurs. Pour ce faire, il faut aller dans PGM, puis dans « General settings », et passer la valeur de « EJ/Sales -> SD (after X/Z) » de « Oui » à « Non ». Ça ne résout pas mon problème. Si je reviens dans ce menu, je constate que la valeur « Oui » est toujours surlignée. Peut-être n'est-il pas possible de la changer ? Au moment de rédiger ce shaarli, je sais que j'ai également confondu la consignation des ventes et le journal électronique (Electronic Journal, EJ ;) ).

    Et si le lecteur de cartes SD de la caisse enregistreuse était défectueux, tout simplement ?

    Je téléphone au service assistance des caisses enregistreuses Casio, 08 92 49 22 92, appel facturé 0,35 €/minute. Verdict : il ne faut pas utiliser une carte microSD avec un adaptateur vers le format SD, mais une vraie carte SD.

    Je suis dubitatif : comment la machine peut-elle faire la différence ?! Les pins de la microSD sont mappés sur ceux de l'adaptateur, l'adaptateur devrait être transparent… J'achète quand même une carte SD HC 8 Go premier prix, j'essaye, et… … … ça fonctionne ! La caisse enregistreuse formate la carte SD. Je commande l'impression d'un rapport quotidien des ventes sans réinitialisation des compteurs : ça fonctionne (j'avais également une erreur E203). Je commande l'impression d'un rapport quotidien des ventes avec réinitialisation des compteurs : ça fonctionne.

    ÉDIT DU 18/09/2018 À 20H : un collègue m'a expliqué que la vraie cause du problème était très probablement un adaptateur microSD/SD d'une qualité douteuse, car c'est le cas le plus fréquent. Il y a fort à parier que la caisse enregistreuse accepte une carte microSD avec un adaptateur de qualité. FIN DE L'ÉDIT DU 18/09/2018 À 20H.

    Le technicien à l'autre bout du téléphone m'a donné quelques infos supplémentaires :

    • Casio recommande d'utiliser une carte SD d'une capacité de 16 Go (ce n'est évidemment pas précisé dans la notice) ;

    • Le comportement attendu est bien de ne pas réinitialiser les compteurs de vente tant qu'ils ne sont pas sauvegardés sur une carte SD. Cela serait un impératif légal en France puisque ces informations doivent être conservées et présentées au fisc en cas de contrôle. Pourtant, la notice ne mentionne pas l'obligation d'utiliser une carte SD : « Vous pouvez conserver les données de vente ou les données de programme sur une carte SD ou vous pouvez rétablir les données de la carte SD sur la caisse enregistreuse. »

    Que retenir de cette expérience ?

    • Dans le monde de la monétique, lire la documentation, c'est pour les faibles… J'ai rarement vu une documentation aussi incomplète et faillible. Apparemment, il faudrait lire la documentation qui correspond précisément à la version du logiciel installée sur la caisse enregistreuse… Reste à savoir comment la trouver, puisque le fabricant fournit une seule doc' papier lors de l'achat et une seule doc' numérique sur son site web à un instant T ;

    • À l'heure des ordiphones avec des interfaces utilisateur trop top kikoos, on a encore des caisses enregistreuses austères avec un écran noir et blanc et des claviers pauvres en touches.

    À demain pour découvrir comment imprimer le nom du commerce et son numéro SIRET sur l'entête des tickets clients. Car, là aussi, tout ce qu'explique la documentation ne fonctionne pas… LALA…

    P.-S. : dans un autre manuel de Casio, visiblement destiné aux formateurs, on peut lire une procédure pour remettre à zéro les chiffres d'affaires : il faut maintenir pressé le bouton « Feed » tout en sélectionnant le mode « PGM ». Il faut ensuite relâcher le bouton « Feed ». L'écran affiche « 000000000 ». Il faut saisir le nombre « 8888888888 » puis presser le bouton « VAT ». On peut se servir de cette procédure tous les soirs en attendant d'appliquer la véritable solution présentée ci-dessus, après avoir imprimé un rapport quotidien des ventes (toujours dans l'optique d'un contrôle fiscal).

    Tue Sep 18 00:28:07 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?EZuifg
  • JCSA15 : Retour sur la Journée du Conseil scientifique de l’Afnic 2015

    Petit résumé des causeries que j'ai retenues de la JCSA 2015.

    Enjeux et complexité de la mesure de la QoS Internet : présentation de l’Observatoire ARCEP (réseaux fixes)

    L'ARCEP, le régulateur français des télécoms, réalise des observatoires afin d’être en mesure de justifier ses décisions : mesure de la couverture des opérateurs de téléphonie mobile, mesure de la qualité des accès à Internet fixe, etc.

    Rien est facile :

    • Faut-il mesurer la qualité de service (aspect technique) ou la qualité de l'expérience utilisateur (ressenti personnel) ? L'ARCEP utilise la QoS pour effectuer des contrôles (de couverture, par exemple) et la QoE pour l'accès fixe à Internet et des mesures intermédiaires ;

    • Faut-il mesurer le cœur du réseau d'un FAI (qui est la seule partie placée sous son autorité) ou aussi ses interconnexions avec le reste d'Internet (qui influent lourdement sur le ressenti utilisateur) ? Faut-il prendre en compte l'installation d'un utilisateur comme le Wi-Fi ou un système d'exploitation, Windows, qui acquitte moins souvent les paquets IP quand le CPU est lourdement sollicité (ce qui fait que la sonde de mesure émet plus de paquets afin d'augmenter le débit, conformément à la norme TCP, débit que la ligne mesurée ne peut encaisser, ce qui induit de la perte de paquets artificielle) ?

    • Il ne faut pas seulement des mesures, mais également tout un écosystème humain afin de maintenir les mesures dans le temps, de prendre des décisions, d'arbitrer une difficulté technique quand elle survient, etc.

    • Cas concret pour illustrer que rien est simple : le prestataire retenu par l'ARCEP pour effectuer les mesures, IP-Label, utilisait des salves ICMP pour mesurer la perte de paquets. Oui, mais ICMP n'est pas représentatif de l'usage habituel car c'est un protocole de signalisation. De plus, les sondes émettaient 10 paquets par salves, ce qui est un très faible échantillon statistique. IP-Label a produit une nouvelle mesure qui déduit 240 indicateurs liés à la perte de paquets sur un téléchargement HTTP en mesurant les retransmissions TCP. Oui, mais que faire face à un OS qui fait de l'acquittement non régulier (voir 2e point ci-dessus) ? Il faut que l'outil de mesure soit peu gourmand en CPU. Oui, mais une retransmission TCP peut survenir après une perte de paquet ou un réordonnancement des paquets, comment savoir dans quel cas se situe une mesure ? Méthodologie non précisée par l'orateur. Quand l'outil a été utilisé en pratique, on a constaté une perte de paquets plus élevée sur des mires proches que sur des mires lointaines… Après analyse, il s'avère que c'est la file d'attente dans le DSLAM (buffer) qui était remplie (100 ms de décalage dans le pcap, car ce buffer était en moyenne capable de stocker 100ms)… Et, évidemment, cette taille est différente en fonction des équipementiers donc des FAI, ce qui fausse les mesures… Quid des proxy HTTP transparents ? Bref, c'est sans fin.


    Détection d’usurpations BGP en temps réel

    Depuis plusieurs années, l'Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information étudie les usurpations BGP visant les opérateurs Internet français.

    • Usurpations : erreurs commises par des humains travaillant chez les opérateurs ou appât du gain : détournement de Bitcoin, spam, etc. ;

    • Méthodologie générale : récupérer les mouvements de l'Internet perçus depuis les collecteurs RIS du RIPE (mesure passive) et utiliser les sondes RIPE Atlas pour caractériser les différents conflits détectés (mesure active). Il faut être au bon endroit sur Internet pour caractériser un conflit, la répartition des sondes Atlas permet cela ;

    • Les journaux des mouvements BGP enregistrés par le RIPE représentent 550 Go par an ;

    • Machinerie interne pour analyser les mouvements BGP : parser maison qui envoie dans une moulinette Python parallélisée (orchestrateur Luigi et stockage "big-data-like" disco) qui simule un routeur en reconstruisant une table de routage et qui y applique des algos de détection des conflits. Une dernière étape de consolidation se fait en faisant correspondre les conflits potentiels avec un import quotidien des bases de données des IRR (whois) dans une base de données PostgreSQL (avec des modules maison permettant de s'adapter au format des whois) ;

    • Sur un an, pour environ 1500 opérateurs français : 70 millions de messages BGP conflictuels qui, agrégés, donnent 5136 conflits dont 1096 sont des usurpations dont 300 sont anormaux et nécessitent un examen manuel (1 journée de taff de quelqu'un qui connaît très bien la topologie de l'Internet français ;


    Utilisation pratique des sondes RIPE Atlas pour des mesures / diagnostics réseau

    Présentation et tutoriel du système RIPE Atlas, qui est une plateforme de métrologie (mesures actives) d'Internet accessible à tout le monde.

    • Il existe plusieurs systèmes de mesure :

      • Samknows (commission européenne) : petit ordinateur TP-Link qui réalise des mesures actives afin de déterminer la qualité de l'expérience utilisateur au sein de l'UE (téléchargement de fichiers, par exemple) ;

      • Logiciels d'analyse de la qualité d'un accès à Internet : Grenouille, Netalyzr, etc. ;

      • NLNOG Ring : machines virtuelles GNU/Linux Ubuntu avec des outils préinstallés afin de diagnostiquer une panne ;

      • Orientés recherche : Planet Lab, CAIDA (solution basée sur le Raspberry Pi) ;

      • Systèmes de mesures de sociétés commerciales privées : Dyn (ex-Renesys) ;

      • Tous ces systèmes sont différents : certains permettent des mesures personnelles (comme Atlas), certains nécessitent d'être un volontaire sélectionné (Samknows et CAIDA, qui refusent de distribuer une sonde à un résident d'un pays très bien couvert), certains sont communautaires et public (Atlas) alors que d'autres sont fermés (Dyn) ou se limitent à la publication d’un rapport annuel (Samknows), etc. ;
    • Atlas : ensemble de sondes matérielles (petits ordinateurs TP-Link) qui réalise des mesures actives demandées par les autres utilisateurs, donc une sonde n'écoute pas le trafic Internet du lieu où elle est installée. Ces sondes sont fournies et gérées de manière centralisée (contrôleur qui distribue le travail à effectuer et permet de récupérer le résultat d'une mesure) par le RIPE, association néerlandaise qui distribue les ressources rares d’Internet (adresses IP) en Europe. Tout le monde peut héberger une sonde (à la maison, au boulot, au hackerspace du coin, etc.), il suffit de se porter volontaire. Le but est justement d'avoir des sondes dans un maximum de réseaux et dans un maximum de lieux géographiques ;

    • Tout est question de choix.

      • Une solution matérielle a été retenue, car elle permet une stabilité dans le temps (on ne vire pas une sonde matérielle aussi fréquemment qu'on formate son winwin), et un contrôle complet de la chaîne, qui permet des mesures reproductibles (qui ne dépendent pas de la consommation CPU des applications lancées parallèlement à une sonde logicielle) ;

      • Une solution centralisée a été retenue car ça évite les attaques Sybil difficiles à résoudre, ça résout très bien le problème de NAT, et ça permet l'autoconfiguration sans intervention humaine ;

      • Les mesures sont publiques par défaut et cette publicité est encouragée (il n'est plus possible de créer une mesure privée depuis l'interface web) ;
    • Atlas en chiffres : environ 18 000 sondes dans la nature en septembre 2018 dont seulement 8 500 environ sont connectées (les autres sont tombées en panne, ont été débranchées, ont été oublié lors d'un déménagement, etc., le taux de perte est plus important en Afrique). Environ 3 700 sondes sont marquées comme étant capable de communiquer en IPv6 (ça ne dit pas qu'IPv6 fonctionne pour de vrai !) ;

    • Pour demander au réseau de sondes d'effectuer des mesures, il faut posséder des crédits. Ceux-ci s'obtiennent en hébergeant une sonde (son uptime et les mesures qu'elle réalise pour le compte d'autrui rapportent des crédits journaliers), en s'en faisant transférer par un autre utilisateur d’Atlas, en étant une organisation membre du RIPE (qu'on nomme un LIR) ou un de ses sponsors, ou en hébergeant une ancre Atlas (voir ci-dessous). Ce mécanisme limite fortement les abus ;

    • En plus des crédits, Atlas implémente quelques mesures de protections : les mesures sont plutôt bas niveau (elles ne sont pas adaptées à une mesure de la qualité de l'expérience utilisateur) comme ping, traceroute, DNS, NTP, TLS, et HTTP [ avec pour seules cibles possibles les ancres] ), il peut y avoir qu'une seule cible par mesure, une mesure peut mobiliser 500 sondes tout au plus, il y a un nombre limité de mesures simultanées vers une même cible (c'est pour ça qu'une mesure vers 8.8.8.8 échoue souvent : car cette cible est très demandée) ;

    • Atlas souffre d'un biais de représentativité : Atlas est un projet initié en Europe, donc on trouve beaucoup plus de sondes localisées en Europe, l'hébergement d'une sonde est volontaire, donc on trouve des Atlas chez des gens plutôt technophiles, plutôt bien informés, etc., ce qui fausse la représentativité (IPv6 et DNSSEC fonctionnent mieux qu'ailleurs, par exemple) ;

    • Créer une mesure. Via l'interface web ou une API REST+JSON (l'interface web donne le bout de JSON correspondant à une mesure crée en clicodrome). Une mesure peut-être unique ou périodique. On peut sélectionner les sondes que l'on va utiliser (par pays, par réseau, par zone géographique, avec telle étiquettes, etc.). Cette granularité dans la sélection permet d'identifier des choses différentes : un problème de routage se met en évidence en sélectionnant des sondes à l’intérieur d’un même réseau alors qu'un problème de censure se met en évidence en travaillant à l'échelle d'un pays. Attention : le choix des sondes par le contrôleur n'est pas aléatoire, il repose sur un ensemble de critères internes ! Donc il n’est pas rare de retrouver les mêmes sondes entre deux mesures ;

    • Analyser les résultats. Ils se récupèrent au format JSON avec une requête HTTP. Soit on peut demander régulièrement le fichier de résultat jusqu'à ce qu'il soit produit (polling) ou on peut utiliser Atlas Resultat Stream, un mécanisme synchrone pour les attendre. Tout un tas de programmes et de bibliothèques existent pour analyser les résultats : Sagan (qui est même packagé dans Debian), Magellan, ripe-atlas-community-contrib, etc. ;

    • Conseils pour les développeurs : ne pas supposer que tous les attributs seront toujours présents (c'est le principe de JSON, qui est un format beaucoup moins strict que XML sur le caractère obligatoire de certains attributs), ne pas supposer que tout se passera bien (le contrôleur n'attribuera pas forcément le nombre de sondes demandé, des sondes ne retourneront pas forcément un résultat, etc.), toutes les données ne sont pas forcément retournées sous forme JSON (exemple : tous les attributs d'une réponse DNS ne sont pas représentés en JSON, si on les veut, il faut ouvrir le blob binaire contenues dans la réponse avec une librairie DNS) ;

    • Conseils pour les utilisateurs : utiliser régulièrement Atlas et pas uniquement en cas de problème. Cela permet de se rendre compte de l'état nominal. Exemples : 10 % de perte sur un ping IPv6 était une situation normale en 2015. Il y a parfois des limitateurs de trafic qui compromettent la fiabilité d'une mesure (non, Atlas ne permet pas de demander un délai entre une même mesure réalisées par des sondes différentes) ;

    • Ancres : ordinateur hébergé en datacenter par des organismes à but professionnels ou communautaire (l’achat de cet ordinateur est à la charge de l’organisme). Comme les sondes, elles permettent de réaliser des mesures, mais elles servent également d'amer, c'est-à-dire de cible "sans prise de tête" pour des mesures (pas besoin de réfléchir si une mesure est dangereuse, si elle peut surcharger une cible, etc. car les ancres sont là pour cela) ;

    • Atlas peut être utilisé pour superviser un réseau ou un service. Il suffit de créer une mesure périodique et de l'interroger via l'API status_check d'Atlas avec le check_http standard de ton outil de supervision préféré. Cette API positionne un attribut JSON « "global_alert":false » s'il n'y a pas d'erreur, true sinon. Il suffit donc de demander à check_http de rechercher cette chaîne ;

    • Par défaut, contrairement à GNU/Linux, les traceroute sont réalisés avec des paquets ICMP. Une option permet d'utiliser UDP ;

    • Le RIPE utilise les sondes pour superviser sa propre infrastructure (exemple : l'instance K de la racine du DNS) et d'autres services. Exemple : DNSMon qui supervise les zones DNS cruciales (com., net., fr., etc.). Comme il s'agit d'un outil externe et que les mesures sont publiques (donc vérifiables), cela permet de produire des indicateurs et des rapports fiables. L’Afnic utilise ce service, entre autres, pour produire les indicateurs demandés par le gouvernement français dans la convention qui les lie ;

    • Le type de mesure HTTP a été implémenté très récemment, car il pose des problèmes : quid des DoS (effet Slashdot) ? Quid des aspects politiques (HTTP est plus surveillé que ICMP ou DNS par les régimes autoritaires) ? Seule une ancre peut être utilisée comme cible d'une mesure HTTP ;

    • Les sondes sont étiquetées. Deux types de tags : système et manuel. Les tags système, préfixés par « system- » sont fiables (exemple : avec « system-ipv6-works », on est sûr de sélectionner une sonde qui dispose d'un accès IPv6 fonctionnel). Ces étiquettes peuvent être utilisés pour choisir ou exclure des sondes dans une mesure.
    Sun Sep 16 12:48:53 2018 - permalink -
    - https://www.afnic.fr/fr/l-afnic-en-bref/actualites/actualites-generales/9333/show/jcsa15-retour-sur-la-journee-du-conseil-scientifique-de-l-afnic-2015.html
  • Le nœud du problème

    Suivant l’exemple des épouses athéniennes imaginé par Aristophane dans « Lysistrata », des milliers d'Ougandaises ont fait savoir qu'elles entamaient « une grève du sexe » pour « punir les maris paresseux, dépensiers et irresponsables ». Le magazine « Amina » (septembre) précise que « ce qui était à l'origine une blague s'est répandu comme une traînée de poudre ». Mais la suite du mouvement laisse perplexe : certaines épouses « exigent désormais d'être payées pour un rapport sexuel si le mari ne change pas de comportement ».

    Avec des réductions s'il prend une carte de fidélité ?

    Dans le Canard enchaîné du 5 septembre 2018.

    Sun Sep 16 12:09:49 2018 - permalink -
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  • Collomb et le secret médical, une histoire de fou !

    Gérard Collomb n’a pas les idées très claires sur les radicalisés. En août 2017, le premier flic de France affirmait qu’« à peu près un tiers [d’entre eux] présent[ai]ent des troubles psychologiques ». Interrogé par « Le Canard », le cabinet du ministre fournit aujourd’hui de tout autres chiffres. Qui lui ont sans doute été soufflée par la Préfecture de police de Paris. Dans une note confidentielle du 25 juillet consultée par « Le Canard », la Direction du renseignement de la Préfecture recense « 275 personnes inscrites au fichier des personnes radicalisées et affectées de troubles psychiatriques dans l’ensemble de l’agglomération parisienne » — soit 11 % des 2 475 inscrits à ce fichier francilien. On est loin du « tiers » de Collomb…

    Dans le détail, les poulets en blouse blanche vont jusqu’à classer leurs « fous » en différentes catégories : « rouge plus, orange ou vert ». Hautement scientifique et propre à ravir les psychiatres, déjà enchantés à l’idée que la police fourre son nez dans le secret médical. Ce dont elle ne se prive pas. En mai, par exemple, la Direction générale de la sécurité intérieure somme un patron d’lîô» pital de la rancarder sur l’un de ses patients, à son insu. Tout y passe : téléphone portable, liste des personnes lui ayant rendu visite, contenu de ses conversations et comportement prosélyte vis-à-vis des autres malades…

    Le 24 mai, Collomb a obtenu de Buzyn un décret ordonnant à toutes les agences régionales de santé de communiquer aux préfets l’identité des internés d’office, soit 60 OO0 personnes par an, répertoriées dans un fichier baptisé « Hopsyweb ». Selon le syndicat des psychiatres hospitaliers, pourtant, qui s’apprête à contester le décret devant le Conseil d’Etat, « il n’existe aucune association démontrée entre pathologie mentale et risque terroriste ».

    Sans compter que surveiller de près 60 000 personnes va coûter un pognon… de dingue.

    Dans le Canard enchaîné du 5 septembre 2018.

    Sun Sep 16 12:04:37 2018 - permalink -
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  • Journées Réseaux de l'Enseignement et de la Recherche 2015

    Petit résumé des causeries que j'ai retenues des JRES 2015.

    Centralisé, décentralisé, pair à pair, quels mots pour l'architecture des systèmes répartis ?

    Une causerie sur le vocabulaire permettant de décrire des systèmes répartis à l'échelle de l'Internet, c'est-à-dire des systèmes multi-entités. L'objectif est d'éviter les débats épidermiques comme « IRC est acentré » ou « dns est centralisé » ou « dns est décentralisé car il y a plusieurs serveurs qui servent la racine ».

    • Proposition d'une nouvelle classification axée sur une seule question : qui décide de modifier l'état du système, qui empêche ou permet cette autorisation ?

      • Classe 1 : une seule entité décide via le code ou des règles explicites. Exemple : les GAFA. Ces systèmes créent des conflits de gouvernance (qui autorise l'usage de tel identificateur ?), mais ils simplifient beaucoup de choses par leur similitude avec des systèmes répartis au sein d'une même organisation (déployer tel protocole ou telle règle, attribuer un identificateur, etc.) ;

      • Classe 2 : tout le monde gère un bout du système, mais il existe des entités privilégiées dans le système. Exemple : DNS. Ces systèmes-là sont des systèmes répartis efficaces, mais ils posent encore des conflits de gouvernances (exemple : le choix des nouveaux TLD) ;

      • Classe 3 : tout le monde gère un bout du système, tout le monde est égal, mais il faut un accord des autres, via des règles majoritaires, pour faire des choses. Exemples : Bitcoin (on ne peut pas écrire tout ce que l'on veut dans le journal des opérations, il y a des contrôles par les pairs), BGP (il faut des accords d'interconnexions basés sur des tas de règles explicites et implicites) ;

      • Classe 4 : tout le monde gère un bout du système, tout le monde est égal et il y a aucune dépendance aux autres. Exemples : GNUnet (qui, dans son mode radical permet de se passer d'IP via un nouveau protocole et son propre mécanisme de routage et, qui, dans sa version "over IP", propose un système de nommage de proche en proche comme ce que proposait l'UUCP des débuts) ou Babel (réseau pair-à-pair avec routage autoconfiguré) ;
    • Rien est parfait :

      • TOR : Les services cachés sont accessibles via un nom dérivé d'une clé cryptographique générée localement (ce qui en fait un système de classe 4) peu lisible ou par un nom parlant choisi localement mais approuvé par un vote du réseau (ce qui en fait un système de classe 3). Stéphane ne mentionne pas le choix des nœuds de sortie via un consensus du réseau afin de limiter certaines attaques… ;

      • BitTorrent : un système de classe 4 majoritairement utilisé avec des moteurs de recherche spécialisés (de classe 1) ou de la recherche dans la DHT (classe 3) et des trackers pour accélérer la mise en relation (classe 1) ;

      • Courrier : système de classe 4 (tout le monde peut installer son serveur emails), mais il est vite compliqué de s'envoyer des emails sans noms, or DNS, le principal mécanisme pour les résoudre, est un système de classe 2;

      • Les systèmes de classe 3 et 4 compliquent la lutte contre les comportements asociaux (spam dans BitMessage, pédoporn, etc.) ;

      • Les systèmes de classe 4 reposent majoritairement sur de la cryptographie pénible à gérer : il faut veiller à avoir des copies de sa clé privée sans quoi tout est perdu… tout en veillant à sa confidentialité, ce qui forme deux objectifs contradictoires ;
    • Internet lui-même n'est pas de classe 4 : tout le monde peut monter un réseau TCP/IP (mais pas à l'échelle internationale), mais il faut se mettre d'accord sur les protocoles utilisés (classe 3), il faut un système de nommage (l'actuel est de classe 2), etc.


    FranceConnect : un accès universel aux services en ligne

    • Service ministériel de tiers de confiance selon une architecture OpenID (fournisseurs d'identité, fournisseurs de services, fournisseurs de données, etc.) ;

    • Les fournisseurs d'identité vérifient plus ou moins fortement les identités et l'existence d'un lien entre une identité et une personne physique (ce qui différencie FranceConnect de FacebookConnect, par exemple). FranceConnect pourra utiliser des fournisseurs d'identités européens (utile pour un résident UE qui doit remplir de la paperasse en France, par exemple). L'harmonisation en matière de contrôle de l'identité sera cadrée par le règlement européen iDAS ;

    • Afin d'éviter les doublons, il y a une recherche dans le Registre National des Identités des Personnes Physiques, fichier géré par l'INSEE et accessible sur décision ministérielle ;

    • FranceConnect permet de mettre en relation des services qui ont besoin de données (exemple : un revenu fiscal de référence) et un fournisseur de données (exemple : la DGFIP). Les données échangées ne circulent pas par FranceConnect, seulement la mise en relation sécurisée ;

    • FranceConnect : OpenID ; Fédération d'identité Enseignement Supérieur et Recherche : SAML. Passerelle afin de faire communiquer ces deux mondes technologiques ;


    Passage à l'échelle de l'infrastructure réseau d'une solution de virtualisation avec VXLAN

    • Architecture : VLANs entre des pare-feux (OpenBSD) et des machines virtuelles (KVM-libvirt), avec tout un réseau dorsal entre les deux ;

    • Limites de 802.1q : explosion de la taille des tables de commutation, limitation à 4096 VLANs, et exploitation pénible (pour ajouter/modifier/supprimer un VLAN, il faut configurer l'hyperviseur, les pare-feux et toooous les switchs entre les deux) ;

    • Autre solution envisagée : MVRP, protocole de signalisation et de remontée automatique des VLANs à travers tout le réseau, depuis les commutateurs auxquels sont branchés les hyperviseurs, jusqu'aux commutateurs auxquels sont reliés les pare-feux. Ce protocole ne répond pas au cahier des charges : le nombre de VLANs reste limité et l'explosion de la table de commutation n'est pas endiguée ;

    • VXLAN : overlay network, encapsulation des trames ethernet dans des entêtes VXLAN qui fonctionne lui-même sur UDP ;

    • Comment gérer le trafic broadcast, multicast et unicast sans association MAC<->IP ? Préremplir les tables de commutation VXLAN des VTEP (nom des points d'entrés d'un réseau VLAN), ce qui dupliquera le trafic vers toutes les entrées de cette table, ou utiliser un groupe multicast pour transporter le trafic VXLAN, ainsi les infos clés (IP, MAC) sont distribuées partout et les tables de commut' se remplissent ;

    • Les pare-feux OpenBSD sont également des passerelles VXLAN entre le réseau VXLAN et l'extérieur (IP vers Internet, etc.) ;

    • VXLAN-EVPN permet d'avoir un control plane basé sur MP-BGP ;

    • VXLAN nécessite de réduire la MTU des hyperviseurs ou d'augmenter la MTU sur le réseau transportant VXLAN, car VXLAN induit un overhead de 50 octets minimum (14 octets pour Ethernet, 20 octets pour IP, 8 octets pour UDP, 8 octets pour les entêtes VXLAN).


    Bonnes pratiques de sécurisation de BGP

    Quelques rappels concernant la sécurité du routage Internet : bonnes pratiques (RFC 7454), RPKI+ROA pour valider cryptographiquement l'origine des annonces de route, BGPSec pour valider cryptographiquement le chemin complet des routes.

    • Le route flap dampering (suppression temporaire des routes instables) s'est remis de sa disgrâce d'il y a quelques années : le RFC 7196 le conseille avec une pénalité de 6000 (ce qui laisse la possibilité de 6 instabilités, chacune ayant une pénalité de 1000 points) ;

    • RFC 8097 : communauté BGP étendue non-transitive pour transmettre l'état de validation RPKI+ROA d'une route au sein d'un même AS.


    Caliopen - retrouver une vie privée en ligne

    Présentation de Caliopen par Laurent Chemla : écosystème (association, charte, garanties) libre d'instances fédérées agrégeant les communications (email, jabber, XMPP, message privé, SMS, etc.) par personnes participant à la conversation, plus par sujet de la conversation ou par protocole. La confidentialité s'améliorera grâce à des indices de confidentialité, des conseils, et un jeu pour faire progresser son évaluation publique. Projet peu soutenu par la communauté.

    • La publication des documents fuités par Snowden a permis une prise de conscience autour de la vie privée, mais cela n'a pas suffit à faire changer les habitudes. En cause, la surveillance coûte peu cher grâce à la centralisation des acteurs Internet, mais la vie privée demande d'importants efforts alors que les citoyens ne lui reconnaissent qu'une importance faible ;

    • La simplicité d'utilisation et la gratuité des plateformes centralisées empêchent l'émergence de solutions identiques, mais sécurisée et payantes, ce qui fait qu'un utilisateur de Protonmail, par exemple, a 1 chance sur 1000 de communiquer avec un autre utilisateur de Protonmail… tous ses autres échanges ne seront pas confidentiels. Les solutions plus radicales, comme Pond ou BitMessage font perdre l'essentiel des contacts ;

    • Dans Caliopen, améliorer la confidentialité de ses communications ne sera pas la fonctionnalité principale : d'abord on attire l'utilisateur par l'agrégation de ses communications et une expérience utilisateur satisfaisante, ensuite on l'aide à améliorer sa sécurité ;

    • Les indices de confidentialité permettent de retrouver une notion perdue avec le numérique : étudier l'aspect d'une enveloppe voire celui des enveloppes scellées par le sceau royal permettait d'attribuer un niveau de confidentialité à son courrier. Exemples d'indices évalués : chiffrement de bout en bout, chiffrement des métadonnées (TLS), utilisation d'un protocole acentré, utilisation d'un service sécurisé (pas un ordinateur dans un cybercafé à l'étranger, double authentification, etc) ;

    • Sur un terminal jugé de faible confidentialité, Caliopen affichera uniquement les messages d'un niveau de confidentialité faible. L'utilisateur pourra contourner cela, mais il perdra des points, et ses correspondants seront informés que tels messages sont devenus moins confidentiels, ceci afin de prendre conscience qu'il n'y a pas que lui dans une conversation et que le choix de sacrifier la confidentialité devrait être discuté ;

    • Caliopen utilisera DANE OpenPGP pour la diffusion et la récupération des clés publiques de chiffrement. Car les serveurs de clés OpenPGP sont compliqués à utiliser, qu'ils peuvent être submergés (xxxx clés soumises par un attaquant pour un même utilisateur) et que les certificats S/MIME dépendent d'autorités de certification qui ont montré leurs faiblesses ;

    • Un projet d'échange des clés publiques par le protocole d'envoi des mails (SMTP) a échoué sa normalisation : SMTP and SUBMISSION Service Extensions For Address Query. Selon moi, sa sécurité repose sur DANE TLSA qui permet de protéger un échange STARTTLS, donc autant utiliser DANE OpenPGP ;

    • Un RFC normalise le format des indices de confidentialité dans l'entête des emails ;


    Le SDN pour les nuls

    Une causerie sur les solutions de réseaux informatiques programmés (Software Defined Network - SDN).

    • SDN englobe beaucoup de choses. La définition a évolué avec le temps ;

    • À l'origine, il s'agissait de dissocier le plan de contrôle (intelligence, routage) et le plan de données (transport des données), dans le but de gérer plusieurs équipements réseaux avec un même contrôleur. Le réseau devient programmable. Exemple : OpenFlow permet de programmer des états dans les équipements réseaux ;

    • Objectif : faire évoluer rapidement le réseau informatique, qui est constamment sous pression (déploiement rapide d'applis, SaaS, Cloud), mais sur lequel les modifs sont moins rapides à déployer que le déploiement d'un logiciel (Docker, etc.) ;

    • Plusieurs catégories de solutions SDN :

      • Une application configure le réseau via différents mécanismes : SNMP, API REST, Puppet, CLI+rancid, OpenFlow, Opflex, etc. Il y a plusieurs solutions, car les besoins sont variés. Exemple : les opérateurs préfèrent Netconf ou OpenFlow pour maîtriser une certaine hétérogénéité de leur parc) ;

        • OpenFlow : protocole qui suit un modèle impératif (fais ça, ci, puis cela) ou hybride, qui intervient en couche basse pour créer une table des flux avec des actions (ajouter un entête GRE, transférer sur tel port, ajouter le paquet en file d'attente, etc.), qui sera parcourue pour chaque paquet reçu ;

        • Netconf (protocole de transport) + YANG (langage de description de ce que l'on veut faire), tous deux normalisés à l’IETF : modèle déclaratif (on déclare un objectif à atteindre, l'état voulu et l'équipement l'implémente comme il le souhaite) ;

        • Utiliser le matériel de commutation (qu'on nomme white box) et le logiciel de son choix qui utilise des API pour causer aux ASIC. Exemple : Cumulus OS. On perd la dépendance à un fournisseur de matériel grâce à l'abstraction… pour aller vers un modèle de dépendance envers un fournisseur d'ASIC ? Ce modèle peine à trouver son modèle de support (qui prend en charge un dysfonctionnement dans sa globalité, matériel+logiciel, sans se renvoyer la balle ?) ;

        • Le matériel est différent… Une API ne fait pas tout… Il existe des ASIC, des ASIC programmables, des CPU, des FPGA… Compromis entre la flexibilité / les fonctionnalités et le prix ;
      • Une application communique avec un contrôleur qui communique avec le réseau (OpenFlow, Netconf, etc.). Le contrôleur abstrait le réseau en une seule et même entité, un même système, mais le fonctionnement reste identique à celui de la première catégorie. Il existe plusieurs API de chaque côté (API nord entre l'application et le contrôleur, API sud entre le contrôleur et le réseau). On est dans un modèle déclaratif. Exemple de contrôleur : le consortium OpenDaylight, qui était cependant très peu utilisé en 2015 ;

      • Virtualisation des fonctions réseaux (NFV). Il s'agit de réseaux overlay qui abstraient les contraintes physiques. Exemples : VXLAN, firewall virtuel pour x clients plutôt qu'un firewall physique par client, box Internet virtuelle, etc. Cette catégorie suppose un effet de masse pour être rentable, ce qui suppose un outil d'orchestration, c'est-à-dire une abstraction des contrôleurs qui eux-mêmes sont une abstraction du réseau. Exemple : pour déployer telle application, il faut déployer tels VLAN et telles règles de filtrage dans le datacenter, ajouter telle QoS dans le LAN, faire telle modif sur le WAN, etc.
    Wed Sep 12 21:30:53 2018 - permalink -
    - https://2015.jres.org
  • Ce n'est pas une app | CommitStrip

    Tellement vrai et navrant… Pour l'explication longue, voir « Qu'est-ce que réellement l'intelligence artificielle ? ».

    Tue Sep 11 19:04:54 2018 - permalink -
    - https://www.commitstrip.com/fr/2018/09/11/its-not-an-app/
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