Un débat vraiment clair et structuré autour de la question de la neutralité des intermédiaires techniques / neutralité du net. Plein de termes du débat sont expliqués sous un jour nouveau avec beaucoup de pédagogie : neutralité du net, zéro-rating (discrimination positive d'un service sur Internet), racket des fournisseurs de contenus par les fournisseurs d'accès à Internet, différenciation par service ou par type de service, services spécialisés (le cas de la VOIP sur les box des FAI est abordé), les exceptions à la neutralité du net permises par le Règlement européen (ce qui montre que le Règlement n'est pas aussi contraignant que les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) tentent de faire croire), etc.
J'en recommande vivement l'écoute, notamment à des non-initiés.
Via https://twitter.com/JFrHernandez/status/1037645555554557953 via https://twitter.com/bayartb/ .
Non seulement, le groupe Bolloré réclame une indemnisation de 250 millions d’euros pour la résiliation du contrat Autolib’ au syndicat mixte intercommunal associant Paris et sa banlieue, mais le groupe garde jalousement la mainmise sur les logiciels gérant les quelque 3 244 homes électriques permettant de recharger les véhicules !
Résultat : elles sont inutilisables, ou plus exactement ingérables… La Mairie a annoncé qu’elles seraient mises à la disposition des Parisiens propriétaires de véhicules électriques d’ici à l’année prochaine. Mais Quentin Elhaik, patron d’une entreprise informatique, s’indigne dans une tribune publiée par « Les Echos » (22/8) : « Etant donné la procédure des marchés publics et la nécessité de passer par un appel d’offres, les recours éventuels dans l’attribution du marché, le temps incompressible d’écriture des spécifications, de développement et de test du logiciel, le calendrier annoncé d’une remise en fonction de ces bornes pour janvier 2019 tient du vœu pieux, du miracle providentiel ou de l’escroquerie intellectuelle. »
Bref, c’est la faute à la Mairie, qui n’a pas prévu la « réversibilité du logiciel » lors de la signature du contrat d’exploitation en 2010 sous Delanoë… Et voilà comment Bello règne en gardant les clés virtuelles du programme !
Logiciel libre, j'écris ton nom. :) C'est bon, tu comprends désormais ce que signifie « le logiciel libre donne du pouvoir aux utilisateurs face au marchand de logiciels ? » Ce n'est pas tellement la réversibilité du logiciel qu'il fallait prévoir, mais plutôt la cession du logiciel et de sa recette de fabrication, en même temps que l'achat des bornes.
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a condamné la France pour le licenciement de la salariée voilée de la crèche Baby Loup. Une condamnation moins remarquable par ses effets — elle n’en aura évidemment aucun sur un licenciement approuvé en 2013 par la Cour de cassation en séance plénière — que par la qualité de ceux qui l’ont prononcée.
Le Conseil des droits de l’homme, qui a succédé en 2006 au Comité des droits de l’homme — lequel fut notamment présidé par la Libye de Kadhafi et a nommé en 2017 l’Arabie à la Commission de la condition des femmes —, réunit en effet en son sein quelques-uns des meilleurs défenseurs des droits de l’honnne de la planète. Parmi eux, la Chine et l’Arabie — champions des décapitations —, Cuba, l’Egypte, le Pakistan, la République démocratique du Congo, etc. Jamais le Conseil n’a émis la moindre condamnation contre les pratiques de ses membres, dont la moitié ne répond pas aux critères d’une société démocratique.
Le Conseil, il est vrai, est assez occupé par ailleurs. Sous l’influence de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), il a, depuis sa création, adopté plus de résolutions condamnant Israël (67) que tous les autres pays du monde (61), toutes dictatures confondues. Au point qu’en 2008 le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était « déçu par la décision du Conseil de choisir seulement un dossier régional spécifique, le conflit israélo-palestinien, malgré l’étendue et la portée des allégations de violations des droits de l’homme dans le monde entier ». Et certains de ses membres œuvrent aujourd’hui à un ambitieux projet : inscrire le blasphème religieux comme une forme de racisme.
Rien n’arrêtera l’avancée des droits de l’homme, à l’ONU.
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.
ÉDIT DU 16/09 À 12H14 : dans le Canard du 05/09 : « « Le Canard » s’est emmêlé les palmes, la semaine dernière, dans l’article intitulé « Guignolade onusienne ». Il a attribué au Conseil des droits de l’homme de l’ONU la « condamnation » — en fait, un simple avis — prononcée contre la France pour le licenciement de la salariée voilée de la crèche Baby Loup. En réalité, c’est le Comité des droits de l’homme qui a émis cet avis. Une différence qui n’est pas que de nom : le Conseil onusien réunit une cinquantaine de pays, dont certains fort peu préoccupés par les droits humains, alors que le Comité est composé de 18 « experts » indépendants. Le coupable s’engage à apprendre par cœur l’organigramme des Nations unies. » FIN DE L'ÉDIT DU 16/09 À 12H14.
Les Lecteurs qui ont ouvert « Le Figaro » le 18 août ont dû s’étonner de l’intérêt soudain de Natacha Polony pour un suiet brûlant : l'amour que portent les Japonais à la gastronomie Française ! Dans une tribune enflammée — « Leçon japonaise sur la France » -, la consœur établit un parallèle audacieux avec la France qui brade ses fleurons industriels (comme Alstom) alors que des Japonais viennent à Chinon (Indre-et-Loire), cet été, suivre les cours de l'institut Français du goût. L'intérêt de Polony pour cette colossaie délégation nippone (de 10 personnes) a trouvé son explication, depuis, dans un article de « La Nouvelle République » (20/8) : la journaliste vient de prendre la présidence de l'Institut du goût, ce qu'elle avait, bien sûr, omis de préciser dans sa vibrante tribune.
En matière de journalisme aussi, les Japonais ont beaucoup à apprendre des Français !
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.
En trimballant leurs flingues partout, les flics les perdent n’importe où… jusqu’au bois de Boulogne. Mortel !
Le pistolet automatique avec lequel, le 17 août, la prostituée transsexuelle Vanesa Campos a été tuée, au bois de Boulogne, était celui d’un policier ! Depuis l’autopsie de la victime, réalisée au lendemain du meurtre, les enquêteurs de la crim’ savent que la balle mortelle de 9 mm a été tirée par un Sig Sauer de service. Gros malaise au cabinet du préfet de police de Paris, où l’on a aussitôt fait le rapprochement avec un incident signalé sept jours plus tôt.
Le 9 août, à 1 h 20 du matin, au même bois de Boulogne, un poulet en goguette après une journée de travail laisse dans sa voiture sa carte de police, son brassard et… son arme avec un chargeur. De retour de sa petite virée, il découvre qu’il s’est fait barboter ce barda. La suite est connue… Le préfet de police a de quoi se mettre en pétard !
Depuis que les flics, menace terro oblige, ont le droit de se balader enfouraillés en dehors des heures de boulot, on ne compte plus les flingues volés ou égarés : 24 depuis le début de l’année rien qu’en Ile-de-France. Et les armes retrouvées ne sont pas comptabilisées. En avril, par exemple, lors de l’inventaire d’un stock d’armes appartenant à la Direction de l’ordre public — un service dépendant de la Préfecture de police (PP) —, les armuriers se sont aperçus que trois Sig Sauer et un pistolet mitrailleur Beretta manquaient au râtelier. Les quatre flingues n’ont, à ce jour, pas été récupérés par la police des polices, chargée de l’enquête.
Un alibi à deux balles
Autre fait d’armes sur lequel la PP est restée discrète : la perte abracadabrantesque, en février, sur l’autoroute A6, de trois autres pistolets mitrailleurs dernier cri, des HK UMP 9, dont ont été dotés policiers et gendarmes après les attentats du 13 novembre 2015. Le 5 février, à 8 h 10, miracle ! un membre de la fameuse brigade de recherche et d’intervention au flair de Rantanplan a « découvert sur la route au sol (sic) », non seulement les flingues, mais aussi « six chargeurs, les cartons d’emballage de ces derniers, ainsi que diverses pièces ».
Dans le rapport adressé à son chef, le poulet Sébastien D. écrit : « Je me suis alors rendu compte qu’il s’agissait de pistolets mitrailleurs supportant l’inscription “Propriété de l’Etat”. » Fumant !
Aussitôt, la maison poulaga confie une enquête aux limiers de l’Inspection générale de la police nationale. Grâce à leurs numéros de série, ces derniers reconnaissent les pétards comme appartenant au service de « formation opérationnelle spécifique et tactique ». Le 6 février, les deux coupables sont identifiés et invités à rédiger des rapports à la suite de l’« incident de transport (sic) ». Le premier explique : « Trois cartons sont tombés du coffre de notre véhicule pendant le transport sans que nous puissions nous en rendre compte. » C’est ballot.
Et le second de préciser : « J’ai bien entendu du bruit côté coffre. » Malgré un arrêt et une brève vérification, « il m’était à ce moment-là impossible de m’apercevoir que des cartons avaient chuté du véhicule, car il faisait nuit, et les conditions météorologiques étaient difficiles du fait de la pluie verglacée puis de la neige ». Pour ne rien arranger, l’auteur du témoignage, de son propre aveu, « était souffrant (grippe) ».
Et un peu lent à la détente ?
Wooooh Wooooh Woooh… flippant. :O
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.
Un documentaire de 2012-2013, rediffusé début 2017 sur France 2, qui cause du mouvement féministe radical Femen.
Un documentaire diffusé sur France 2 début 2015 qui fait le tour des connaissances actuelles sur l'homosexualité : il y a des explications biologiques, génétiques, sociales et un choix des individus.
J'ai lu des textes exposant que ce documentaire est retrograde et je les trouve de mauvaise foi (le documentaire laisse plus de place au choix conscient des individus que ce que l'auteur écrit, même si c'est insuffisant, j'en conviens ; j'ai une autre interprétation du « homo ou hétéro, pas le choix ! » final qui est « pas le choix p'tit réact, faudra faire avec » ; vieux poncifs éculés ? comme invoquer la guérison de l'homosexualité ; le film expose justement que l'homosexualité humaine n'a rien à voir avec celles des espèces animales citées dans le texte et qu'il faut être prudent, etc.) et obscurantistes (si l'on arrête d'essayer de comprendre tout ce qui nous entoure, y compris le plaisir sexuel, l'orientation sexuelle, le genre, etc., y compris et surtout les choses que la société juge "normales", comme l'hétérosexualité, on va droit dans le mur).
J'en recommande vivement le visionnage. Comme il est quasiment impossible à trouver, j'en mets une copie à disposition. Oui, il manque le début.
Excellente intervention de Benjamin Bayart datant de janvier 2009 qui nous remet les idées en place sur le droit appliqué à Internet. Cette causerie est de pleine actualité, je trouve.
D’ailleurs, une de ses fonctions essentielles, à ton cerveau, c’est de confirmer ce que tu crois déjà. En gros, plus tu crois un truc, et plus ton cerveau va sélectionner dans la réalité des détails qu’il va mettre bout à bout pour te prouver que ce que tu crois, c’est la vérité ! […] Quand il te manque des infos sur quelque chose, ton cerveau comble automatiquement les trous en piochant dans ta tête dans les trucs dans ta tête que tu crois déjà savoir pour te construire une belle vision du monde, de toute façon limitée par ce que tu crois.
[…]
Du coup tu te rends bien compte que tout ce que tu penses consciemment, c’est qu’une toute petite sélection des informations qui existent ! Et cette sélection ridicule, elle est là pour te prouver tes croyances !
Oui c'est le cerveau, j'écoute. Sur quoi on porte son attention aujourd'hui ? Bouge pas. Ah bah tiens ça c’est le sens de sa vie, ça l'intéresse, ça, non ? Non il pense que la vie c’est de la merde. Ok ! Tu m’isoles le ciel gris, tu montes le son du marteau piqueur et tu m’fais un beau zoom sur la flaque de pisse à gauche là. Bah si, si comme ça avec un peu chance il va glisser dessus et ça va bien correspondre à l’opinion qu’il a de la vie.[…]
Et le critère qu’utilise ton cerveau pour te donner, ou pas, les informations qu’il te donne, c’est le sentiment que tu as de toi-même.
Bon, bah elle est bien cette teuf ! Comment il se sent ? Peur du rejet, peur du jugement. Bon bah très bien ! Tu vois le groupe qui a l'air sympa là ? Ouais, bah nan, on va focaliser son attention sur l’aquarium de la cuisine. Si, y'a un poisson crevé dedans comme ça on va pouvoir le regarder en faisant la gueule. Ah bah nan mais comme ça il va être sûr d’être rejetable. […][…]
Comme ta vision du monde, elle dépend entre autres du sentiment que tu as de toi bah t’as plutôt intérêt à ce que ce sentiment soit pas tout pourri ! Tu t’es déjà demandé si ce que tu croyais, ça te rendait heureux·se tous les jours ? Le moyen le plus simple que tu as d'améliorer ce sentiment, bah c'est de commencer à croire des trucs qui te rendent heureux ! Parce que si tu fais ça, ton cerveau il va isoler dans la réalité des trucs nouveaux qui vont te prouver que ce tu crois maintenant, c’est également la vérité.
[…]
[…] Il a réussi à sortir avec elle 3 fois quand même là, il doit être content ! *Peur de l’abandon…* Alors tu m’affiches en grand le temps écoulé depuis son dernier texto et tu me lances une réinterprétation de tout ce qu’elle dit s'il te plait, ouais. Contre lui. Si si, comme ça ça va bien lui foutre la pression et avec un peu de chance, elle va finir par le larguer bien comme il faut. Ouais si si on sera bien raccord.
En tout cas, ça rappelle que ton système de valeurs, il vaut mieux pour toi que tu te le prennes en main… Parce qu’au final, il s’agit quand même de ton identité ! Parce que quand on est gamin·e, on grandit dans un environnement qui nous impose des valeurs qu’on choisit pas forcément. Donc au passage, quand t’es grand, et qu’on essaye de t'incruster des valeurs dans la tronche à grand coups de principes du genre le travail c’est la santé, bah ça veut dire qu’on t’infantilise ! […]
[…]
La colonne vertébrale de ton identité : c’est les valeurs que tu choisis.
[…]
[…] Si tu choisis pas toi-même tes valeurs au bout d’un moment, tu risques de ressentir un gros malaise, voire de rester bloqué et ton estime de toi elle finit dans l'eau potable de tes toilettes ! Du coup après, pour sauver les toutes petites miettes de ce qu’il reste de ton vrai toi, ton cerveau va déformer ta perception de la réalité pour te convaincre que, après tout, tu es toujours cohérent avec tes valeurs.
[…]
Et sinon parfois, tu te radicalises, parce que tu peux plus supporter la différence entre ce que tu voudrais vivre et ce qui se passe vraiment. Du coup comme tu veux plus lâcher tes valeurs, bah elles évoluent plus, et tu commences à vouloir imposer ta façon de les pratiquer à tout le monde. […]
Mais tu te rends bien compte que quand tu en es réduit·e à ça, c’est que tu confonds tes valeurs et tes croyances ? Pour être clair : une valeur, c’est « pourquoi » tu fais les choses. Alors qu’une croyance, c’est le « comment » tu fais les choses pour pratiquer cette valeur !
Oui oui, Dieu a dit : « aimez-vous les uns les autres », tout à fait, oui. Mais l’amour est une valeur qui a des règles précises ! Précises, oui. Non monsieur les hommes ensembles ça ne fonctionne pas. A trois ? Quelle horreur non ! Pas du tout, ça fait pas de l’amour ça ! C'est pas chacun qui fait comme il veut ![…]
[…] Ce qui fait que t’es toi et pas un autre, c’est aussi la hiérarchie que t’apportes à tes valeurs !
La violence. Tu sais ? C’est le truc auquel tu comprends rien et qui te fait faire des trucs improbables qui se terminent dans de la souffrance véritable.
[…]
Un acte violent, c’est de la responsabilité de celui qui le produit !
C’est aussi un truc qui te prend par surprise et auquel on a quand même donné des espèces de « nuances ». Par exemple : mettre un coup de boule à une mamie dans la rue, c’est une « agression ». Shooter dans un yorshire c’est de la « cruauté ». Et gifler un enfant, c’est de « l’éducation ». Mais tu vois bien que même si tu changes de mot, c’est toujours de la violence ?
[…]
Quand tu hurles sur quelqu’un pour lui transmettre une information, t’obtiens un choc traumatique qui engendre un état de sidération. Ça fait que ton cerveau, il imprime plus rien, oui encore moins qu'avant. Parce qu’en fait, il sécrète des produits similaires à de la morphine et à la kétamine ! Non, c’est pas pour être défoncé, c’est pour protéger ton cœur de la crise cardiaque !
[…]
Sans compter qu’à force de réprimer ses émotions à grands coups de sidération le cerveau se développe mal et devient moins capable d’empathie et plus réactif au stress ! Du coup il se met à produire de la violence plus facilement du coup il reproduit le schéma sur les autres et au final ça produit encore plus de gens violents !
[…]
La violence, dans ton cerveau c’est une alarme qui t’indique qu’il y a trop de pression parce que t’as trop de besoins que t’as pas satisfait.
Ok ! Alors tu me lèves le volume de hurlement à 12 et ensuite on va se mettre à tout insulter. Ensuite on va taper 4 fois avec le couteau sur la table, et on va finir par un lancé d’assiette à travers sa gueule, comme ça on va bien finir par se faire comprendre et avec un peu de chance on va finir par remplir un de nos besoins. Comment ça lequel ? Bah je sais pas la question ! J'en ai rien à foutre ! ACTION !
Je voudrais juste revenir sur un tout petit détail ton cerveau, ça te dit un truc ? Bon, en vrai je devrai dire tes cerveaux, parce que en fait t'as des neurones dans ton ventre, dans ta tête, et dans ton coeur.
Pour simplifier, t'as quatre émotions principales : la colère […], la tristesse, […], la peur […], et la joie. Et quand une de ces émotions se manifeste, ce qu'elle veut c'est te pousser à faire un truc. L'émotion, c'est ton cerveau qui te dit : « réagis ! ».
Par exemple, la colère, elle te dit pas : « mais tu vois pas que c'est rouge, connard ! », elle te dit : « J'ai besoin que mes valeurs soient respectées ». […]
La tristesse, elle te dit pas : *gérémiades*, elle te dit : « désormais, je suis disponible pour un renouveau ». Donc en gros quand t'es triste, c'est que ton cerveau a compris que c'était fini, mais pas toi et que si tu commences autre chose, et ben t'arrêtes d'être triste.
La peur, elle te dit pas « Haaaaaaaaaaah ! », elle te dit : « voilà ce qui pourrait arriver si tu ne réagis pas ». Ça veut dire : « bouge ton cul ! »
[…]
Donc en gros c'est 3 signaux qui te disent tous la même chose : « fais une action, pour revenir à ton émotion de base : la joie ». […] C'est la seule de tes émotions que ton cerveau essaie de reproduire en permanence.
Un débat de juin 2016 sur un revenu de base inconditionnel.
Les personnes qui disent « je ne regarde pas la TV » me font marrer. Ça donne un petit côté intellectuel qui ne se laisse pas manipuler facilement. C'est toujours aussi tendance et mignon. Ce qui est marrant, c'est de laisser passer le temps : l'écrasante majorité de ces grands penseurs finira par mentionner, un jour, pour argumenter, un reportage diffusé sur Arte ou France 2 ou… Ho, si tu leur en fait la remarque, l'excuse suivante sera vite dégainée : « nan, mais je l'ai regardé sur Youtube, je n'ai pas la TV, t'es ouf ! ». Oui, enfin tu as regardé un contenu audiovisuel construit au format TV et financé par une chaîne de télévision, donc, bon, à moment donné il faut bien dire ce qui est : tu regardes la TV. Désolé pour ton image de grand intellectuel.
De même, les personnes qui prétendent ne pas regarder la TV, mais qui ont un abonnement Netflix ou qui regardent quelques chaînes Youtube me font tout autant rire : tu regardes un nombre limité de contenus choisis par quelqu'un d'autre que toi, donc tu es toujours dans un mode de diffusion vertical de l'information. Comme avec la tévé, quoi. Nan, parce que, bon, regarder quelques chaînes Youtube mises en avant par le logiciel de Google parmi un nombre infini de chaînes, ça revient bien au même que de regarder l'ORTF dans un monde fini de fréquences hertziennes (et donc de chaînes) : c'est une petite partie du contenu et il t'a été mis sous le nez par quelqu'un d'autre que toi. Quand on me rétorque que « Youtube est moins pire, car il n'y a pas de ministre de l'information ni de chiens de garde », je désespère de l'humanité : il y a le conformisme social auquel tu te soumets ainsi qu'un logiciel dont tu ignores tout de son fonctionnement qui te préconise des contenus à visionner en fonction de ce que tu penses déjà (on nomme ça une bulle), garantissant ainsi que le conformisme social s'applique. Bref, ce n'est pas parce que tu regardes Youtube ou Netflix ou autre que tu n'as pas un comportement similaire à quelqu'un qui regarde la tévé. Désolé pour ton image de grand intellectuel, bis.
Cette distorsion de la réalité à propos de qui regarde la TV ou non fausse un autre débat : celui de la contribution à l'audiovisuel public que personne veut payer. En ce qui me concerne, je suis pour que cet impôt soit inconditionnel : tu possèdes une télé ? Tu payes. Tu ne possèdes pas de TV ? Tu payes. Tu possèdes aucun moyen de visionner un quelconque contenu audiovisuel, pas même Internet ? Tu payes. Pourquoi ?
Parce que la télé publique profite à tout le monde, même aux personnes qui n'en regardent pas les contenus. Les documentaires qu'elle (co)finance alimentent le débat public. Cash investigation, par exemple, rend les gens moins ignorants, et a permis l'ouverture de procès. Les jeux qu'elle finance et diffuse créent de la cohésion sociale (en plus de rendre les gens moins ignorants en fonction des jeux) quand des gens en discutent voire se retrouvent pour les regarder ensemble, notamment les personnes âgées. Même les prétendus (tout est question de point de vue) navets qu'elle finance (comme Plus belle la vie, que l’on me cite souvent en contre-argument), permettent à des gens de se faire plaisir, d'éteindre leur cerveau, et ainsi de ne pas être aigri comme les anti-TV de base. Bref, tout le monde y trouve son compte et la société dans son ensemble y gagne.
La plupart de ces contenus coûtent trop cher à produire pour pouvoir être financés spontanément par du financement participatif, compte-tenu de leur fréquence (notamment). Et rien ne dit que le citoyen financerait des contenus totalement nouveaux qui iraient dans le sens de l'intérêt général, notamment en matière de journalisme d'investigation où le but est justement d'éclairer "de force" le citoyen sur des sujets qu'il ignore afin qu'il demeure citoyen. Si l'on donne au citoyen ce qu'il veut en matière d'information, alors on court à l'uniformisation et à l'affaiblissement de l'esprit critique. De l'autre côté, rien permet d'affirmer que le privé financerait tout ça, surtout les documentaires qui ne vont pas dans le sens de leur business.
Tu chipotes sur la redevance TV quand tu prétends ne pas la regarder, mais tu finances l'école publique même quand tu n'as pas d'enfant, tu finances la recherche scientifique sur une maladie que tu n'auras jamais ou sur un concept que tu n'envisageras jamais d'utiliser, tu finances les infrastructures routières ou maritimes ou télécoms ou… même celles que tu n'utiliseras jamais de ta vie, etc., etc. Ça se nomme « jouer collectif » et, globalement, ça crée une société moins pourrie.
Mais, en vrai, tout le monde profite des choses financées. Exemples : l'école publique profite à tout le monde, même aux personnes stériles, car elles peuvent adopter, bien sûr, mais surtout car elles bénéficient d'une société rendue (un peu) moins ignorante par l'école publique. Tu profites au quotidien de la recherche fondamentale apparemment inutile, etc., etc. Tout le monde profite de la TV pour les raisons indiquées dans le 4e paragraphe ci-dessus.
Pour moi, la question pour décider de financer ou non un service public n'est pas de savoir si nous l'utilisons effectivement, mais si ce service est utile à l'intérêt général et si l'on veut que ce service existe indépendamment du gain individuel immédiat qu'il pourrait nous apporter (autrement dit : l'impôt n'a pas pour but exclusif d'être utile à ta petite personne). Derrière la question de la contribution à l'audiovisuel public se cache la question : veut-on un service public de financement et de diffusion de contenus audiovisuels ? Pour moi, la réponse est oui (pour les raisons exposées dans le 4e paragraphe ci-dessus), donc, pour moi, tout le monde doit financer ce service public, pas uniquement les détenteurs de matériel de réception.
Il reste la question de l'usage des impôts. Si tu penses que l'école publique est malsaine ou que telle ou telle chaîne TV a massivement diffusé du contenu qui est contraire à l'intérêt général ou que tu es scandalisé de constater que 105 k€ ont été gaspillé pour la rénovation du bureau du PDG de Radio France (société commerciale financée à 90 % par la redevance TV), ou que telle infrastructure a coûté trop cher ou que… tu devrais pouvoir l'exprimer et être entendu. Je n'ai pas de problème avec l'impôt, j'ai un problème avec son mauvais usage et l'absence de réel contrôle démocratique de cet usage que la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789 m'octroie pourtant. C'est cela qu'il faut changer. Supprimer l'impôt revient à se faire du mal. Contrôler son usage profite à la communauté. Ce n'est pas en t'attaquant à l'impôt que tu te feras entendre sur les dérives de telle ou telle dépense financée avec.
Débat plutôt stérile autour de l'état d'urgence.
Notes :
Un numéro de C dans l'air d'août 2016 sur le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Intéressant à regarder alors que le Canard enchaîné de ce jour expose que Macron hésite à le faire entrer en vigueur au 1er janvier 2019.
Notes :
Une causerie datant de 2014 de Stéphane Bortzmeyer sur les systèmes permettant de prouver qu'une opération a eu lieu ou non, notamment la publication transparente totale.
Méthode traditionnelle : un organisme centralisé désigné par la loi, le marché, etc. à qui l'on fait confiance. La confiance repose sur la réputation de l'organisme qui souhaite continuer à exister. Évidemment, la confiance est irrationnelle, elle se donne et se retire sans forcément de bonnes raisons. Or, tout organisme qui a du pouvoir sera tenté de l'utiliser pour céder à des pressions internes comme l'appât du gain ou pour faire stopper des pressions externes (tentative de régulation, tentative d'intimidation, etc.). Pour amoindrir les aspects néfastes d'un organisme centralisé, on met en place de la supervision, des contre-pouvoirs, etc., ce qui fait qu'un système centralisé n'est pas aussi simple (à comprendre) qu'on le fait croire ;
Autre méthode : tout est public, tout le monde peut vérifier. Exemples :
J'accorde aucun égard au politicien, mais j'éprouve un profond respect pour l'homme qui, après avoir avalé de force un grand nombre de couleuvres (« je me surprends tous les jours à me résigner, à m'accommoder des petits pas »), s'émancipe d'un gouvernement-carcan dans lequel il n'a pas pu faire autant que l'enjeu écologique le nécessite.
Un homme qui dénonce le poids des lobbys (exemple : Thierry Coste, de la Fédération nationale des chasseurs, était présent, sans invitation, à la réunion gouvernementale du 27 août 2018 sur la chasse) et des postures politiciennes (notamment au Sénat).
Un homme qui « ne veut plus se mentir » et qui renoue ainsi avec son estime de soi. Un homme qui ne veut plus servir de caution morale : « je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeux-là », « si je les [ Macron et Philippe ] avais prévenu [ de sa démission ], peut-être qu'ils m'en auraient encore une fois dissuadé ».
Un homme qui en a marre des prétendus petits compromis qui sont en réalité de vraies compromissions éthiques qui ne permettent pas de changer l'issue : « Petit à petit, on s'accommode de la gravité et l'on se fait complice de la tragédie qui est en cours de gestation. »
Hulot fait appel à la responsabilité collective. C'est l'ensemble de la société qui doit porter ses contradictions :
Posons-nous une question centrale sur notre propre responsabilité sur nos propres contradictions. En tant que citoyen, on peut aussi se poser la question. Ça va vous paraître là aussi totalement dérisoire, mais quand j'vois qu'on continue à jeter ses mégots par terre, que le petit geste élémentaire… est-ce que notre société est bien prête à des grands changements ? Est-ce qu'on est prêt à remettre en cause nos modes de consommation, nos modes de production ?
[…]
Tout l'été, les résistances anti-éoliennes, alors, OK, on ne veut pas d'éoliennes, on ne veut pas de centrales nucléaires, on ne veut pas de centrales thermiques. Comment on fait si l'on additionne tous les refus ?! Ceux qui critiquent, à tort ou à raison, qu'est-ce qu'ils proposent ? Qui vient enrichir le débat écologique ? Qui vient apporter ses pièces pour construire la société de demain, le modèle de demain ?!
Un homme humble : « peut-être n'ai-je pas su convaincre, peut-être n'ai-je pas les codes », « ‒ Aviez-vous les épaules pour être ministre ? ‒ Peut-être pas, la question vaut d'être posé, peut-être pas ».
J'espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde.
Causerie datant de 2016 dans laquelle Stéphane Bortzmeyer interroge l'infrastructure actuelle de ce que l'on nomme, à tort, objets connectés : une architecture centralisée est-elle nécessaire ?
Qu'est-ce qu'un objet connecté ? Tout ce qui n'est pas perçu comme un ordinateur alors qu'il en a les propriétés mathématiques. Un réfrigérateur est un ordinateur équipé d'un refroidisseur. Un smartphone est un ordinateur équipé d'un téléphone. La notion d'ordinateur s'efface au profit de la fonctionnalité principale vendue ;
La sécurité est parfois difficile à implémenter : ces objets n'ont pas de générateur de nombre pseudo-aléatoires ni d'interface utilisateur permettant la saisie d'un mot de passe ;
Une architecture centralisée présente des avantages :
Excellente causerie de Stéphane Bortzmeyer datant de juin 2016 qui essaye d'examiner dans quelle mesure les caractéristiques techniques et organisationnelles de l'Internet facilitent ou découragent l'application des Droits Humains.
J'en recommande fortement le visionnage. En prolongement, il est possible de lire le livre « L'aberration du solutionnisme technologique ».
De l'autre, une technologie n'est pas neutre, elle a forcément un impact et des conséquences indépendamment des gens qui l'utilisent. On parle de déterministe technologique. Exemple : le choix français en matière de nucléaire civil empêche sa démocratisation (pour des raisons techniques et organisationnelles genre la sécurité). La technologie peut fermer des portes dans sa conception même. C'est l'idée que Larry Lessig développe dans son « Code is Law ». L'existence ou non d'une infrastructure routière limite un déplacement en voiture. Dans le nord des USA, certaines plages étaient uniquement accessibles via de petites routes sinueuses dans le but d'interdire, par l'infrastructure, les transports en commun dans le but inavoué d'avoir des plages réservées aux Blancs (seules personnes équipées d'une voiture à l'époque) ;
En vrai, il faut nuancer :
Quelques exemples d'interactions entre l'infrastructure d'Internet et les Droits Humains :
J'ai un peu de mal avec l'hypocrisie qui consiste à exposer qu'une arme à feu aurait une seule fonction, tuer, donc qu'il faudrait en contrôler l'usage, tout en exposant qu'un couteau aurait plusieurs usages, donc qu'il serait neutre. Le couteau a une seule fonction : trancher, transpercer ou déchirer des tissus ou des objets. On peut s'en servir pour se nourrir, pour se défendre ou pour se venger. Comme une arme à feu.
Et dans les deux cas, on peut y appliquer des considérations éthiques : ce n'est pas forcément bien de tuer un animal, même pour se nourrir. C'est pour cela que je trouve ténu le lien entre une technologie et des usages et entre ces usages et des Droits Humains qui justifieraient, ou non, d'interdire ou de contrôler la technologie. Exemple : les personnes qui exposent qu'Internet c'est mal parce que tout le monde peut s'y exprimer. Non, Internet le permet, mais ne l'impose pas. L'aspect maléfique relève de leur perception alors que la société a déjà décidé que la liberté d'expression est une bonne chose en 1789 puis en 1948 et revenir sur cette liberté ne ferait pas disparaître Internet.