L'assistant vocal Alexa équipe désormais certains fours à micro-ondes. Grâce à cette invention indispensable, il est possible de faire cuire un épi de maïs en prononçant à voix haute les mots « épi de maïs ». Le four règle alors lui-même le temps de chauffe. Le Huffington Post (21/9) raconte que, lors d'une démonstration, quand on a demandé à Alexa de prolonger la cuisson de trente secondes, l'assistant vocal a fait diffuser par le haut-parleur des chansons du groupe rock Thirty Seconds to Mars (« Trente secondes vers Mars »).
C'est plus poli que « Va te faire cuire un oeuf ! ».
Dans le Canard enchaîné du 26 septembre 2018.
Pas moins de 790 millions d’euros. C’est, selon la Cour des comptes, ce qu’aura coûté le musée de la Fondation Louis Vuitton, situé dans le bois de Boulogne, à Paris. Et non pas 100 « petits » millions, comme l’avait promis Bernard Arnault au moment de lancer le chantier. « Un projet immobilier au coût non maîtrisé », déplore la Cour, qui, dans un rapport d’observation provisoire que s’est procuré « Le Canard », confirme des calculs naguère effectués par « Marianne » (13/5/17). L’amour des arts, ça ne se contrôle pas…
Annonçant la création de la Fondation et du musée, Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture, avait lancé à Bernard Arnault : « Lorsqu’ils seront officiellement saisis de votre projet, les services de l’Etat l’examineront avec un intérêt très positif. » Aujourd’hui, le même Donnedieu siège au conseil d’administration de la Fondation. Lequel, selon la Cour, a tout d’un organe croupion : deux de ses six membres n’y ont jamais siégé, et il n’a jamais eu à débattre de la convention passée avec la Mairie de Paris prévoyant que la Ville reçoive 1 million d’euros annuel pour l’occupation de son terrain et récupère le musée au bout de cinquante-cinq ans. Cette redevance, note la Cour, correspond au montant brut annuel des cinq plus gros salaires de la Fondation.
C’est pas du luxe !
Derrière le flamboyant musée d’art contemporain imaginé par l’architecte américain Frank Gehry et réalisé par Vinci, les magistrats ont débusqué une **astucieuse opération d’optimisation fiscale***.
Aux termes de la loi, toute entreprise a, en effet, droit à une ristourne fiscale — 60 % du montant de son mécénat pour une fondation ou une association, dans la limite de 0,5 % de son chiffre d’affaires : une niche qui coûte 930 millions par an à l’Etat. Détail amusant : Jean—Jacques Aillagon, naguère ministre de la Culture et père de cette mesure, est aujourd’hui conseiller de François Pinault, fondateur du groupe de luxe Kering et grand rival d’Arnault. Le monde est petit.
Fiscalité cosmétique
Arnault a tiré un profit maximal de la loi Aillagon. Ainsi, 27 de ses sociétés (La Samaritaine, le joaillier Chaumet, les champagnes Moët & Chandon, la chaîne de cosmétiques Sephora, le couturier Christian Dior ou le groupe Les Echos…) ont versé, en onze ans, 863 millions d’euros à la fondation du groupe. Et, grâce à la défiscalisation, LVMH a récupéré 518,1 millions. L’Etat — donc le contribuable — aura ainsi financé aux deux tiers le musée du bois de Boulogne.
Dans le Canard enchaîné du 26 septembre 2018.
Macron n’a toujours pas digéré la précipitation avec laquelle Collomb a annoncé, le 18 septembre, son départ du gouvernement au printemps 2019, pour se lancer dans les municipales à Lyon.
« Il n’y avait pas d’urgence », s’est-il indigé devant des conseillers.Et le ministre de l’Intérieur vient d’aggraver son cas. Le 23 septembre, « La Dépêche du Midi » a publié des confidences de l’hôte de Beauvau recueillies lors d’un déjeuner, le 7 septembre. Collomb commence par un mea culpa :
« On n’a pas bien traité un certain nombre de problèmes, comme l’accueil des mineurs isolés, les 80 km/h. »Puis il passe à l’attaque :
« Les provinciaux — et j’en suis — ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête, les snobent. Or, des expressions comme la “nouvelle grammaire de la politique” ou la “start-up nation”, ils ne s’y reconnaissent pas… »Interrogé pour savoir s’il s’en est ouvert à Macron, le premier flic de France sort le calibre :
« Si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s’isoler. Car, par nature, l’Elysée isole. »Seconde salve :
« Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début : Ferrand, Castaner, Griveaux et moi. D’ailleurs, il va finir par ne plus me supporter. » C’est déjà le cas de Brigitte Macron. Assise entre Ferrand et Collomb, lors de la journée d’hommage aux victimes du terrorisme, le 19 septembre, elle n’a pas échangé un mot avec le ministre. Pour l’un de ses collègues du gouvernement, le divorce avec Macron est consommé et le ministre de l’Intérieur pourrait être « libéré » avant le mois de mai 2019, pour redonner du souffle à la fonction.
« Lorsque vous annoncez le moment de la fin, commente-t-il, c’est déjà la fin. »
Un propos très fin.
Le stratège
Pourquoi le ministre de l’lntérieur a-t-il annoncé si tôt sa volonté de quitter son poste en mai 2019, au risque de mettre le pagaille au sein du gouvernement ?
Primo, selon un membre de sa garde rapprochée, parce qu’« il voit bien qu’à Lyon Laurent Wauquiez et son équipe préparent très activement la reconquête de la ville, dont ils veulent faire un symbole de la renaissance de la droite. Il surveille aussi tout le petit jeu de Marion Maréchal. Du coup, il se dit qu’il faut impérativement accélérer. Ce n’est pas pour rien que son association politique s’appelle “Prendre un ttemps d’avance”… » Secundo, Collomb a voulu envoyer un message aux macronistes locaux. « Georges Képénékian, le maire de Lyon, et David Kimelfeld, le président de la métropole, ont tous les deux tenu des propos ambigus qui montraient qu’ils étaient prêts à tuer le père et étaient tentés par l'idée de se présenter eux-mêmes à la municipalité… Collomb se devait deny de calmer rapidement leurs velléités. »
Entre deux réunions sur la menace terroriste ?
Dans le Canard enchaîné du 26 septembre 2018.
Tels des gamins oubliés par le Père Noël, les hôpitaux ont regardé tous les jouets offerts par Macron avec son grand plan Santé, décliné mardi dans le budget de la Sécu. Cruelle déception : à peine « quelques miettes », se désole un responsable de la Fédération hospitalière de France (FHF), regroupant tous les hôpitaux publics. Au lieu d’augmenter de 2,3 % — comme l’avait annoncé Darmanin en juillet —, le budget de la santé, a claironné Macron, gonflera de 2,5 %, soit une rallonge de 400 millions. Sauf que la réalité est moins rose.
Avec le vieillissement de la population, en effet, en plus de l’inflation et d’autres assommantes considérations, les dépenses de santé augmentent mécaniquement de 4 % par an. Afin de limiter la hausse à 2,5 %, les hôpitaux devront encore réaliser… près de 1 milliard d’économies. « La rallonge de Macron diminue juste le montant des économies qu’on nous réclame, et de très peu, déplore la FHF. Les 400 millions serviront surtout à financer les assistants médicaux (qui épauleront les généralistes). Pour les hôpitaux, il restera, à tout casser, 150 millions. » Une goutte d’eau dans un océan de maux.
Certes, le plan Macron prévoit de désengorger les urgences en réorganisant la médecine de ville. Mais cette belle ambition mettra « au moins cinq ans » à porter ses fruits, a illico réagi le Pr Grimaldi, sur le site de « L’Obs » (l9/9). En attendant, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, qui depuis des mois agitait son futur plan, n’a plus de martingale. Une grève ? Une crise dans les Ehpad ? Un cri d’alarme des soignants ? Patience, psalmodiait—elle, le plan Santé soignera l’hôpital, ce grand malade « à bout de souffle ».
La potion fait déjà merveille. Le 20 septembre, deux jours après sa grande annonce, les hôpitaux psychiatriques de Rouen, Niort et Auch ont voté la grève. Le même jour, des syndicats ont manifesté au CHU de Nancy. Le lendemain, le CHU de Saint-Etienne a voté la grève générale. Et, le 4 octobre, la CGT appelle à une grève nationale et reconductible dans tous les Ehpad, hôpitaux et hôpitaux psychiatriques.
C’était donc ça, le « big bang » de la santé promis par Macron ?
Dans le Canard enchaîné du 26 septembre 2018.
Gee nous fait un petit rappel sur les acronymes, ces abréviations que l'on devrait prononcer comme un mot ordinaire… même s'il n'y a pas consensus (ONU = onu ou o-haine-u ? RMLL = air-aime-elle-elle ou reumeuleuleu ? MMORPG = mmorpg ou meuporg ?)
Initiales et acronymes peu connus :
Rétroacronyme : on trouve un nom court qui en jette et on utilise les lettres comme initiales pour développer le concept. Exemples : CHATONS (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) ou USA Patriot Act -Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act) ;
Acronyme récursif : l'une des lettres est l'initiale de l'acronyme lui-même. Exemple : GNU's Not Unix.
Acronyme récursif imbriqué : GTK : The GIMP ToolKit -> The GNU Image Manipulation Program ToolKit -> The GNU's not Unix Image Manipulation Program ToolKit -> The GNU's not UNiplexed Information and Computing Service Image Manipulation Program ToolKit.
N’empêche, on avait déjà évacué l’idée de train avec Voyages-SNCF : on évacue carrément l’idée de voyage avec Oui-SNCF. Et en soi, ça me semble révélateur d’un mouvement de fond : remplacer le sens par des marques. Vous allez me dire que le mouvement n’est pas neuf. C’est le principe même du capitalisme triomphant que de vouloir transformer tout, absolument tout, sans exception, en produit : les biens matériels, c’est établi, mais la santé, l’éducation… l’amour, même. La moindre parcelle d’activité humaine est sommée de tester sa pertinence face à un « produit » équivalent sur le marché.
Eh bien, quand je vois le TGV devenir inOui, ERDF devenir Enedis ou encore GDF transformé en Engie… je me dis qu’on est passés à la vitesse supérieure.
Parce qu’au départ, nous avions des noms qui avaient des sens : Train à Grande Vitesse, Électricité Réseau Distribution France, Gaz De France… Le problème que le capital a avec le sens des mots, c’est que ce sens fige les choses, qu’il leur donne justement du sens, à ces choses. Qu’il nous permet, en somme, de les analyser par le simple fait qu’elles veulent dire quelque chose, que chacun peut comprendre et donc critiquer par tel ou tel filtre de lecture. Je ne vais pas encore vous citer Franck Lepage, si ? Eh bah si, tiens, je viens de le faire.
[…]
France Télécom était un service public dont on attendait à peu près logiquement qu’il rende un service de télécommunications sur le territoire français (à vue de pif, hein). Mais Orange est une marque. Peu importe alors qu’Orange produise des gadgets connectés qui viendront presque immédiatement grossir nos dépotoirs, ou lance même une banque tout en proposant un service client qui n’a plus grand chose à voir avec un service public.Le TGV était un train à grande vitesse. Mais inOui est une marque, et le fait qu’un voyage Ouigo (la variante pour pauvre), par le jeu des correspondances iniques et des gares à Perpét-les-Oies qu’il faut rejoindre en bus, devienne plus long qu’un voyage en train à vitesse normale (tout en restant plus cher et contraignant), ça n’a pas d’importance. C’est une marque, pas un train à grande vitesse.
ERDF était un service public de distribution d’électricité. Mais Enedis est une marque. Et si Enedis souhaite à l’avenir développer l’exploitation de données personnelles de ses clients via les mouchards Linky, pourquoi s’en priveraient-ils ? C’est une marque, pas un service public.
[…]
Chaque aspect de nos vies doit être marketinguisé jusqu’à la moelle, sinon il ne vaut pas la peine d’être sauvé.Regardez ces stades que l’on est désormais sommés de nommer par le nom de leurs sponsors (pratique pudiquement vendue sous l’anglicisme naming) : au revoir le Palais Omnisport de Paris-Bercy, bonjour « AccordHotels Arena » (le nom le plus ridicule de la décennie, au passage) ; au revoir le Stade Vélodrome de Marseille, bonjour « Orange Vélodrome » ; bonjour encore le « Stade Allianz Riviera » à Nice… Parce qu’après tout, si même nos conversations autour d’événements sportifs ou de concerts peuvent se transformer en page de pub pour des compagnie d’assurance ou de télécom, c’est encore ça de gagné.
Tout doit être un produit.
[…]
Alors continuez donc. Continuez à retapisser les murs en espérant qu’on arrête d’y voir les fissures. Continuez à changer de nom comme le RPR, euh non l’UMP, pardon « Les Républicains » : comme on change la couche pleine de merde d’un moutard dont on se demande s’il finira par être propre un jour.
Je continue pour ma part à espérer qu’on continue à voir le sens à travers la couche de vernis, et qu’on se scandalise un peu plus de la direction qu’il prend, ce sens ; à espérer qu’ils n’aient pas encore réussi à laver totalement nos cerveaux avec ces linceuls en cellophane dont ils habillent notre quotidien, nos voyages, nos rêves, nos désirs.
Gros +1.
En début d'année 2018, Gee a recensé quelques trucs qui font flipper d'un point de vue des libertés…
ÉPISODE 1 : Hikvision
La société chinoise Hikvision possède un cinquième du marché mondial des camérés de surveillance (avec reconnaissance de visages et de démarches). Elle est détenue à 40 % par l'État chinois qui assied ainsi la surveillance généralisée nécessaire au maintien de la dictature. Ses clients incluent l'armée étatsunienne.
En chine, la vidéosurveillance fait partie intégrante d'un système de « crédit social » bien plus flippant : notation des relations d'amitiés, notation du remboursement des crédits (comme aux USA), notation des bonnes actions (comme le don du sang), empêchement de prendre le train ou l'avion, afficher les petites incivilités (traverser une rue au vert) sur des écrans à des dizaines de carrefours, accès prioritaire à l'hôpital pour les "bons" citoyens bien notés, etc. Voir : http://shaarli.guiguishow.info/?Br7PSA et http://shaarli.guiguishow.info/?2b4K8w .
ÉPISODE 2 : Life on Mars
Marseille, France. « L’Observatoire de la tranquillité publique » rassemble, entre autres, les images des caméras de surveillance, les mains courantes déposées à la police, la météo ou les grandes tendances des réseaux sociaux… tout cela pour anticiper les troubles à l'ordre public et optimiser leur gestion. Caroline Pozmentier, adjointe au maire, évoque un « big data de la tranquillité publique, premier pilier de la smart city marseillaise ».
‒ Mmh… je me demande quelle chute aura cet épisode.
‒ L‘algo ne va faire qu'exacerber les biais présents dans les données d'entraînement et devenir réactionnaire et xénophobe ?
‒ Maaaais non, jsuis sûre que c‘est juste l'adjointe qui a été remplacée par un robot générateur aléatoire de phrases anglichonantes stupides et vides de sens.
‒ Attends, mais ça c'est pas de la SF, ça s'appelle « la politique française ».ÉPISODE 3 : Tits or GTFO
Pour lutter contre le « revenge porn », qui consiste à publier des photos érotiques (supposées rester privées) pour humilier son ex—partenaire, Facebook propose a ses utilisateurs d'envoyer leurs photos intimes (susceptibles d‘être utilisées) à titre de prévention : seul un « hash », un code permettant d‘identifier la photo, sera conservé et permettra, par comparaison, d'empêcher l'ex méprisable de publier la photo en question.
‒ Responsable de l‘anti-Revenge Porn chez Facebook ? MEILLEUR. BOULOT. DU MONDE.
‒ Hé, Jacky ! Vendredi soir, comme d'hab ? Tu nous fais un diaporama best-of chez toi ? Je ramène les cahuètes.
Google a également bien joué en exigeant une copie de documents d'identité avant d'exercer le droit à l'oubli applicable en UE… Tu peux exercer ton droit, mais on te flique en échange.
ÉPISODE 4 : Are You Eighteen?
MindGeek, propriétaire d'une grande partie des sites de streaming porno, devient le plus gros fournisseur de solution de vérification d‘âge (imposée par le gouvernement britannique pour lutter contre la fréquentation des sites pornos par les mineurs). Ces solutions impliquent de numériser son passeport, d‘utiliser le numéro de téléphone ou la carte de crédit pour que le fournisseur certifie l‘âge de son client, ou encore de laisser un algorithme d‘apprentissage automatique analyser le contenu de ses réseaux sociaux…
‒ Et on confirme le piratage massif dont a été victime MindGeek cette nuit… Deux milliards d'identites certifiées ont été rendues publiques, associées aux historiques des recherches et vidéos regardées.
‒ Hoooouu, j'aimerais pas être à la place des gens qui sont sur cette liste ! Hein, chéri ? … chéri ?
‒ Allô ? Oui ? Ce serait pour un aller-simple pour Alpha du Centaure, s'il vous plaît.ÉPISODE 5 : Six Lines
Le Département d‘Immigration étatsunien met en place un algorithme pour détecter les éventuelles menaces posées par des détenteurs de visa aux Etats-Unis en analysant le contenu de leurs réseaux sociaux.
‒ Richelieu a dit : « qu'on me donne six lignes écrites de la main du plus honnête homme, j'y trouverai de quoi le faire pendre ». Moi, je dis : qu'on nous donne accès à l'intégralité de la vie sociale en ligne du plus honnête homme… Haha !
‒ Et jackpot. C'est qui, Richetruc ? C'est le nouveau du cinquième ?
Alors que des analyses de réseaux sociaux ont déjà foiré aux USA et conduit à des arrestations d'innocents (relâchés après d'intenses vérifications). Je crois que c'est le film Nothing to hide qui les mentionne.
ÉPISODE 6 NetFlix and (nil)
Dernier épisode un peu plus léger mais bien plus ironique et « méta ». Le téléphone OnePlus ST n‘intègre pas un DRM qui permet de lire NetFlix ou encore Google Play Movies en haute définition (le constructeur a annoncé qu‘il serait intégré prochainement). Les clients sont donc réduits à visionner des films en basse définition sur un appareil à Fécran d‘une définition immensément supérieure. Tout cela a cause d'une limitation purement artificielle provoquée par l'ineptie du système de protection de l'industrie audiovisuelle.
[…] Mille ans ont passé. Les humains ont perdu le contrôle des DRM. Des milliards d'œuvres sont produites chaque jour mais sont illisibles, stockées chiffrées dans des datacenters auxquels plus personne ne sait accéder. Tout cela est financé par les taxes de copie privée sur les supports numériques. L'industrie du divertissement fonctionne en circuit fermé. Tout est parfait.
Au-delà de ce gag d'un circuit fermé, la pérennité du patrimoine mondial, perturbée par ces protection artificielles et par l'obsolescence technologique très rapide, me préoccupe vraiment.
Une excellente BD de Gee qui traite de Google Home, le mouchard de Google à installer soi-même qui fait aussi assistant vocal, et de Google Clips, l'appareil photo qui filme en permanence afin de détecter le meilleur moment pour prendre une photo…
[…] Comment souvent avec les GAFAM, la réalité rejoint la caricature : le blogueur Artem Russakovskii a révélé sur AndroidPolice.com avoir remarqué un « bug » qui faisait que son Google Home enregistrait absolumment tout le son qu'il captait 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et l'envoyait sur son compte Google…
‒ J't'avais dit de pas écouter !
‒ Mais j'ai juste laissé tourner mon microphone, encodé le résultat en format audio compressé, envoyé les fichiers sur les serveurs de Google qui ont horodaté et archivé le tout… J'AI PAS ÉCOUTÉ !Le truc « drôle » ici, c'est que le seul vrai « bug » que l'on peut constater c'est l'enregistrement des fichiers dans l'espace perso de l'utilisateur. Tout le reste, ça n'est pas un bug : c'est la fonctionnalité ! Google Home enregistre et analyse absolumment TOUT ce que son microphone capte, 24 haures sur 24, 7 jours sur 7, et c'est son fonctionnement NORMAL.
‒ Attends, mais normalement, le Google Home n'écoute que si j'ai dit « OK Google », non ?
‒ D'accord, mais s'il n'écoute pas avant… alors comment fait-il pour savoir que tu as prononcé « OK Google » ?C'est toute l'absurdité de la notion « d'écoute » dans ce cas-là ! Pour détecter que vous avez prononcé « OK Google » (ou, par exemple, « Alexa » dans le cas de l'équivalent d'Amazon), le Google Home doit enregistrer et analyser tout ce que son microphone capte… Sinon, ce serait un peu comme si un médecin vous disait cela :
‒ Alors, on va faire un scanner pour détecter une éventuelle tumeur…
‒ Mais alors, je vais être irradié ?
‒ Oui, mais la bonne nouvelle, c'est que le scanner ne fonctionnera QUE SI vous avez une tumeur !
‒ Euuuh… mais du coup le scanner sait DÉJÀ que j'ai un tumeur ?
Spoiler : non. Et en effet, ça serait complètement débile. La seule différence, dans le cas de Google Home, c'est que si son analyse révèle que la phrase ne commence pas par « OK Google », les éventuelles commandes données après ne seront pas traitées comme des commandes à exécuter. Mais il les enregistre tout autant que celles qu'il exécute !Dans le même genre d'idée, Google (oui, encore) a dévoilé un appareil photo, Clips, dont le principe est de détecter lui-même le meilleur moment pour prendre une photo.
En gros, il reconnaît les visages de votre famille, estime à quel moment vous êtes les plus photogéniques et prend alors une photo tout seul comme un grand.
Eh ben que les choses soient claires : pour pouvoir faire son analyse (dont je ne doute pas qu'elle doit être une prouesse technologique remarquable), le Google Clips vous filme. Oui. Il. Vous. Filme. En. Permanence.Pour finir, rappelons que cette problématique du « on doit écouter pour savoir s'il fallait écouter », on la retrouve jusque dans les fameuses lois liberticides qu'on se mange en boucle depuis quelques années (loi Renseignement, Loi Terrorisme, Loi Machintruc, etc.).
En effet, quand bien même votre algorithme de détection des terroristes serait efficace, cela signifie quoi qu'il arrive une perte de vie privée radicale pour 100 % de la population.
De la même manière que même si moins d'un millière des mots que vous prononcez sont « OK Google », Google Home enregistera quand même tous les autres. Et que même si vous n'êtes photogénique que quelques secondes dans la journée… Google Clips vous filmera en permanence.En conclusion : il y a un mouvement général de surveillance massive de la population qui se met en place à la fois par des acteurs privés et étatiques. La première étape pour lutter contre ça, c'est de ne pas participer à notre propre surveillance… [ en n'achetant pas des gadgets polluants inutiles qui enregistrent tout en permanence dans le seul but de mieux te connaître donc de mieux te cibler pour te vendre en permanence une énième merde polluante donc tu n'as pas besoin ].
Gee explique en BD les principes de la compression informatique sans perte d'information. Deux principes : factoriser les répétitions et utiliser un arbre de tri qui permet de coder les symboles les moins utilisés (dans un message donné) sur moins de bits que les symboles les plus utilisés (c'est toute la différence entre la lettre « e » et « w » dans un texte rédigé en français). Pratique pour réviser le B2I / C2I. :D
Excellente planche dessinée.
Le Medef et les gouvernants prônent un contrôle quotidien des chômeurs afin de s'assurer d'une recherche effective d'emploi… alors que ce qui déséquilibre le ratio dépenses/ressources de l'assurance chômage, c'est Pôle emploi… Contrôler plus fermement les chômeurs conduira à endetter toujours plus l'assurance chômage. La France a assez d'argent issu des cotisations pour financer le chômage de tout le monde, année après année. Ce point est d'ailleurs au centre des débats actuels autour de l'assurance chômage.
Dans un même temps, selon un rapport de la DARES et un autre de la Cour des comptes, Pôle emploi est inefficace : en 2015, moins de 15 % des chômeurs ont trouvé un emploi grâce à Pôle emploi, à l'exception des contrats aidés. J'ai déjà relaté cela.
Sur l'humiliation et le contrôle social exercé par Pôle emploi, voir l'excellente conférence de Hacking social au THSF 2017 (mes notes).
L'assurance chômage est, comme son nom l'indique, une assurance : vous cotisez à un droit et vous profitez de ce droit quand vous en avez besoin (en l'occurrence, en cas de perte d'emploi). L'injection à rechercher activement un emploi n'est qu'une des façons qu'à l'État d'attaquer et de dévoyer cette assurance chômage.
Je pense que cette BD fait un raccourci : l'Unedic, n'est pas autogérée. Seuls des membres imminents (membres du sérail, quoi) des fédérations nationales (adieu le niveau local) des syndicats représentatifs (adieu les autres syndicats) ont droit au chapitre. Et les syndicats de travailleurs sont seulement une des trois parties prenantes.
Il conviendrait aussi d'argumenter sur deux points : 1) qu'est-ce qui a mis l'Unedic dans le vert en 2008 ? Les réformes déjà antisociales de Sarkozy (c'était déjà l'époque du "si tu refuses trois taffs, t'es radié) ? 2) Ne peut-on pas dire que ce qui maintient l'Unedic à flot, au moins en partie, c'est justement la réforme permanente de l'usage de cette assurance par le législateur ?
#qotd J'adore la comparaison free beer / free speech mais il y a un 3e côté, le «free puppy». Si tu ne t'en occupes pas il va crever et tu seras un salaud. L'opensource où il faut maintenir un peu les choses, il faut comprendre que ça ne s'alimente pas d'amour et d'eau fraîche.
Gros +1.
PUBLIEZ ! 📚
Même une petite astuce, une simple ligne de commande, une idée.
Un jour, ça rendra service à quelqu'un.
Gros +1. J'avais exposé d'autres bonnes raisons de publier tout et n'importe quoi dans ce shaarli.
Avant de conquérir le fauteuil de Pierre Gattaz à la présidence du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux se targuait d’être un bouffeur de syndicalistes. Mais, à peine intronisé, le 3 juillet, il commençait à les cajoler ! **François Hommeril, l’intransigeant patron de la CFE-CGC, le rencontre une fois par mois. Mieux : l’homme, qui a longtemps fait campagne pour que le Medef déserte tous les organismes paritaires, veut désormais sauver l’assurance-chômage de l’étatisation macronienne.
Du beau, du bon, du Béré
Face à la « nationalisation rampante » que, selon lui, prépare l’Elysée, le nouveau patron du Medef propose un système hybride : l’Etat créerait un régime de solidarité financé par la CSG, au côté duquel subsisterait une assurance complémentaire obligatoire, payée par les entreprises et « gérée par les partenaires sociaux ». Une Unédic bis serait donc cogérée uniquement par les partenaires sociaux et financée par les seules cotisations, sans que l’Etat y mette son nez. A côté du système de base voulu par Macron, l’ensemble du dispositif ressemblerait à la réforme mise en place en 1984 par Bérégovoy, alors ministre des Affaires sociales, et supprimée par Chirac deux ans plus tard. Curieuse référence, pour un libéral radicalisé…
En privé, le patron de FO, Pascal Pavageau, voit dans cette proposition du Medef la main d’Emmanuel Macron, qui chercherait à sortir du bourbier dans lequel il s’est mis tout seul.
Son collègue Hommeril est d’un autre avis : « C’est un moyen de régler notre problème avec l’Etat, lance-t-il. Avec l’Unédic, les partenaires sociaux affichent un bon bilan, car le régime serait équilibré sans une dette que l’Etat a contribué à creuser. »
Une allusion à la tonte du régime d’assurance-chômage à laquelle les gouvernements procèdent chaque année afin de financer Pôle emploi.
Il n’est donc pas sûr que l’Etat se passe d’une telle vache à lait. Edouard Philippe donnera sa réponse à la fin de la semaine au terme d’un « symposium » avec les syndicats et les patrons.
En attendant, le président du Medef, ancien des commandos de marine, propose à ses nouveaux amis syndicalistes un kit de survie en milieu hostile. Aux armes !
Dans le Canard enchaîné du 19 septembre 2018.
Qui remplacera François Molins à la tête du parquet de Paris ? Et, surtout, qui choisira son successeur ? D’ordinaire, la décision revient àla garde des Sceaux, avec un « avis conforme » du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Mais les choses traînent depuis juin, quand Nicole Belloubet a reçu les trois candidats au poste de superproc.
Elles traînent tellement, même, que les regards se tournent désormais vers l’Elysée, où tout se décide. « Le président de la République va choisir, et c’est lui qui bloque… » s’inquiètent, en chœur, nombre de magistrats siégeant dans les instances professionnelles. « Une telle attente, on ne l’avait jamais vue, râlent les mêmes. Macron prend son temps parce qu’il veut des gens à sa main. Ça en dit long sur sa conception de l’indépendance de la justice… »
La main de Macron
Les choses auraient dû être rondement menées. Dès le 5 juillet, le CSM donnait son feu vert à la nomination de Molins comme « procureur général près la Cour de cassation », proposée par le pouvoir politique. Puis, plus rien. Alors même qu’il avait été demandé au CSM de se grouiller : il s’agissait d’éviter toute vacance à la tête du parquet de Paris, où se jouent les affaires politiques ou terroristes : impossible de laisser un lieu aussi stratégique sans chef, impossible de ne pas y nommer un magistrat de confiance. Macron n’aurait-il pas trouvé son bonheur parmi les trois candidats ?
Du beau linge, pourtant. Maryvonne Caillibotte, avocate générale à Paris, brillante ex-main droite d’Yves Bot, un ancien proc de Paris proche de Sarkozy. Marie-Suzanne Le Quéau, ensuite, procureure générale à Douai, ex-directrice des affaires criminelles sous Taubira (c’est elle qui, en juillet 2013, avait révélé avoir transmis 54 comptes rendus sur l’affaire Cahuzac à sa ministre en trois mois). Dernier prétendant, Marc Cimamonti, le procureur de Lyon, vers qui pencheraient Belloubet et le CSM. C’est bien joli, mais — personne n’en doute plus — ce ne sont pas eux qui tranchent.
Plus le bon vouloir de Macron se fait attendre, plus sa volonté de tout décider et diriger s’imprime. Et plus il manifeste de manière aussi éclatante que désinvolte son emprise sur les procureurs.
Dans le Canard enchaîné du 19 septembre 2018.
Enfin une décision courageuse à propos du Yémen ! En Espagne, le nouveau gouvernement socialiste a annoncé, le 4 septembre, qu’il bloquait la vente de 400 bombes de précision à guidage laser à l’Arabie saoudite. Au motif que ces bombes, prétendument chirurgicales, ne créant pas de dommage collatéral, sont susceptibles d’être larguées sur des civils au Yémen par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. C’est une bombe américaine semblable, guidée par laser, qui a tué 40 enfants dans un bus scolaire, le 9 août. Un dommage collatéral… ou délibéré ?
Mais, le 12 septembre, Madrid a finalement fait volte-face et a maintenu la vente, après s’être fait tordre le bras par Riyad, qui menaçait d’annuler en représailles la commande de cinq corvettes militaires pour 2 milliards d’euros à un chantier naval andalou ! De son côté, la France continue tranquillement de fourguer bombinettes, munitions et matériel lourd à l’Arabie saoudite et aux Emirats, en s’asseyant également sur le traité sur le commerce des armes, ratifié en 2014. Les droits de l’homme d’affaires, c’est un métier !
Dans le Canard enchaîné du 19 septembre 2018.
Ah, cette manie de s’en prendre aux petits et aux faibles, jamais aux riches et aux puissants !
Après avoir fait la leçon à un lycéen qui l’appelait « Manu », traité les ouvrières de Gad d’« illettrées », moqué les « Gaulois », qui ne veulent pas du changement, et les « fainéants », auxquels il « ne céder[a] rien », Macron tape un chômeur qui se plaint de ne pas trouver de boulot. Et lui assène avec superbe, dans les jardins de l’Elysée : « Je traverse la rue, je vous en trouve. » Morale : soit le jeune horticulteur est un imbécile qui ne sait pas chercher, soit il est flemmard. Et pourquoi pas les deux « en même temps » ? Pauvre Macron, qui n’a pas le peuple qu’il mérite.
Ou alors, il cherche un emploi dans un domaine et un secteur d'activité qui lui plaisent, le bougre ! :)
Est-ce ainsi qu’un président doit parler ? Il le croit, puisqu’il a fait de ces saillies brutales une arme de communication à répétition. Mais la leçon du Président est restée « en travers de la gorge » du chômeur et de quelques autres. Son ton condescendant est vexatoire, et sa morgue de classe préparatoire un rien contre-productive.
Macron sait peut-être où trouver du boulot, mais fait-il bien le sien, lui ? En admettant qu’il ait raison sur le fond — il y a plein de jobs, ce sont les chômeurs qui ne savent pas les trouver —, il gagnerait à être plus pédagogue. À éduquer sans casser, à informer sans brusquer, à conseiller sans vexer. Le kif, pas la trique !
Au lieu de ça, son parler vrai est un parler vieux. Il parodie Raymond Barre, qui, à propos du chômage, avait eu cette formule : « La meilleure façon de lutter contre le chômage, c’est de travailler. » Le parler Macron est emprunté à un très ancien monde. Vite un coup de barre ?
Dans le Canard enchaîné du 19 septembre 2018.
La saison 27, inédite en France et en Belgique, sera diffusée sur W9 à partir du samedi 06 octobre. Annoncées le 06 septembre 2017, la saison 27 et la saison 28 sont attendues dans les semaines à venir sur la petite chaîne française […]
carotte \ka.ʁɔt\ féminin
[…]
9 . Paquet de tabac à priser ou à chiquer ayant une forme bi-conique.
10 . (Par extension)(France) Enseigne rouge de forme fuselée signalant un bureau de tabac.
chantal: pk le machin me dit addresse invalide??
Sybr33d: Bonjour Chantal, tu as probablement rentré une adresse invalide.
chantal: ah oui!!!!!!!
chantal: il est vraiment con cet ordi!!!!!
J'adore ce commentaire :
C’est exactement le même principe qu’en voiture quand un poteau traverse la route sans regarder. T’as beau être un excellent conducteur, de nuit, un lampadaire qui te coupe la route c’est l’accident assuré.