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  • Rappel de quelques propriétés des machines de Turing

    Récemment, on m'a rappelé quelques propriétés des machines de Turing (que sont nos ordinateurs, ordiphones, etc.) :

    • Le programme et les données sont confondus : rien ne permet de dire, a priori, ce qui est un programme et ce qui est une donnée, tout est 0 et 1. Seule l'interprétation permet de dire ce qui est une donnée ou un programme. Ainsi, il est parfaitement possible d'écouter, avec un lecteur multimédia, un exécutable quelconque : du son sera bien émis ;

    • On ne sait pas réduire le jeu d'instructions d'une machine de Turing à la demande. C'est pour cela que les DRM ne peuvent empêcher un ordinateur de copier du contenu, fut-il protégé. C'est aussi pour cela qu'on ne sait pas garantir que tel programme fera toujours uniquement ce que l'on désire, qu'il n'y a pas de fonctions cachées (des bombes logiques) ;

    • On ne sait pas prédire, a priori, avant de l'exécuter, la durée d'exécution d'un programme d'une machine de Turing, ni même dire si tel programme destiné à une machine de Turing comporte bien une fin. Je parle de manière générale, pour tout programme, évidemment qu'on sait prédire le comportement d'un « hello world » banal.
    23/06/2017 14:00:55 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?R1r28g
  • Réseau invariant d'échelle — Wikipédia

    Un réseau invariant d'échelle est un réseau qui continue à fonctionner (l'information circule d'un point à un autre) même si l'on supprime la majorité des nœuds du réseau, mais qui cesse de fonctionner si l'on supprime un petit nombre de nœuds très fortement interconnectés. Aucun nœud, soit faiblement connecté, soit fortement connecté n'est représentatif de l'ensemble. C’est pour cela que l’interconnexion de ces réseaux se modèlise avec une loi de puissance : un nœud quelconque à 4 fois plus de chances d’avoir juste la moitié des liens entrants d’un autre nœud alors que dans un réseau aléatoire, modélisé par une distribution de Poisson, la majorité des nœuds a un nombre de connexions proche de la moyenne et très peu de nœuds ont peu ou beaucoup de connexions (ce qui en fait un réseau plus démocratique, plus égal, mais plus vulnérable aux pannes/attaques).

    Des études montrent que c'est le cas d'Internet, du web, des mails (la plupart des individus reçoivent peu de mails, d'autres des avalanches), des réseaux sociaux (je ne parle pas de Facebook ou dde Twitter, mais de tout réseau social dans lequel il y a des affinités préférentielles qui se font genre famille > ami⋅e⋅s > reste du monde) des relations sexuelles (la plupart des individus ont peu de partenaires au cours de leur vie, mais un petit nombre d'individus en ont des centaines), des réseaux de collaborations scientifiques (quelques scientifiques sont présent⋅e⋅s dans des milliers de travaux scientifiques).

    La théorie des réseaux aléatoires échoue à décrire les réseaux énoncés ci-dessus car :

    • L'ensemble des nœuds n'est jamais connu à l'avance. Au contraire, il augmente parfois grandement en permanence (c’est le cas d’Internet et du web, par exemple) ;

    • Attachement préférentiel. Tout nouvel entrant dans ces réseaux préfère se connecter avec les nœuds les plus anciens qui sont les mieux connectés. Pensons au web : une majorité d'individus connaît une minuscule fraction de la toile.

    Ces réseaux invariants d'échelle sont très résistants à des pannes massives et à des attaques à l'aveugle. En revanche, ils sont très sensibles à des attaques ciblées et concertées. Des recherches ont montré que cibler de 5 % à 15 % des nœuds les mieux interconnectés peut entraîner l'effondrement du système.

    Il existe un seuil critique pour la propagation d'un virus dans une population donnée : tout virus dont le seuil de contagiosité est inférieur à ce seuil critique fini par disparaître. Au-delà de ce seuil critique, le virus se développe de manière exponentielle, infectant toute la population. Or, dans un réseau invariant d'échelle, ce seuil critique est nul selon les travaux de Pastor-Satorras et Vespigniani. Ainsi, dans un réseau invariant d'échelle, tous les virus, même les moins contagieux se propagent et perdurent.

    Source de tout mon blabla : « Dossier pour la science » numéro 66 de janvier-mars 2010.

    23/06/2017 13:00:31 - permalink -
    - https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_invariant_d%27%C3%A9chelle
  • Être condamné pour avoir refusé d’être inscrit au fichier national automatisé des empreintes génétiques est contraire au droit au respect de la vie privée - Cour Européenne des Droits de l'Homme

    Le 17 janvier 2008, M. Aycaguer participa à un rassemblement organisé par un syndicat agricole et par un groupement foncier mutualiste à l’occasion d’une réunion professionnelle dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Ce rassemblement se déroulait dans un contexte politique et syndical difficile. A l’issue de la réunion, une bousculade éclata entre les manifestants et la gendarmerie.

    M. Aycaguer fut placé en garde à vue et cité devant le tribunal correctionnel de Bayonne pour avoir volontairement commis des violences n’ayant entraîné aucune incapacité totale de travail sur personne dépositaire de l’autorité publique avec usage ou menace d’une arme, en l’occurrence un parapluie. M. Aycaguer fut condamné à deux mois d’emprisonnement avec sursis. Le 24 décembre 2008, à la suite d’une demande du parquet, M. Aycaguer fut convoqué pour que soit effectué un prélèvement biologique sur sa personne, sur le fondement des articles 706-55 et 706-56 du CCP. Le 19 mai 2009, il fut convoqué devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de se soumettre à ce prélèvement et le 27 octobre 2009, le tribunal de grande instance de Bayonne le condamna à une peine d’amende de 500 euros. La cour d’appel de Pau confirma ce jugement. M. Aycaguer forma un pourvoi en cassation qui fut rejeté.

    Si l’ingérence était prévue par la loi française et poursuivait un but légitime, il convient notamment de noter qu’en vertu de l’article R. 53-14 du Code de procédure pénale, la durée de conservation des profils ADN ne peut dépasser quarante ans s’agissant des personnes condamnées pour des infractions qui présenteraient toutes, selon le Gouvernement, « un certain degré de gravité ». La Cour relève qu’il s’agit en principe d’une période maximum qui aurait dû être aménagée par décret. Or, ce décret n’ayant pas vu le jour, la durée de quarante ans est en pratique assimilable à une norme plutôt qu’à un maximum.

    La Cour observe ensuite que le Conseil constitutionnel a rendu, le 16 septembre 2010, une décision déclarant que les dispositions relatives au fichier incriminé étaient conformes à la Constitution, sous réserve entre autres « de proportionner la durée de conservation de ces données personnelles, compte tenu de l’objet du fichier, à la nature ou à la gravité des infractions concernées ». La Cour note qu’à ce jour, cette réserve n’a pas reçu de suite appropriée. Elle relève qu’aucune différenciation n’est actuellement prévue en fonction de la nature et de la gravité de l’infraction commise, malgré l’importante disparité des situations susceptibles de se présenter, comme celle de M. Aycaguer en atteste. Or, les agissements de celui-ci s’inscrivaient dans un contexte politique et syndical et concernaient de simples coups de parapluie en direction de gendarmes qui n’ont d’ailleurs pas été identifiés. Ces infractions se différencient nettement d’autres infractions particulièrement graves à l’instar des infractions sexuelles, du terrorisme ou encore des crimes contre l’humanité ou de la traite des êtres humains.

    La Cour considère que le régime actuel de conservation des profils ADN dans le FNAEG n’offre donc pas, en raison tant de sa durée que de l’absence de possibilité d’effacement, une protection suffisante à l’intéressé et ne traduit donc pas un juste équilibre entre les intérêts concurrents, publics et privés, en jeu.

    La Cour conclut que l’État défendeur a outrepassé sa marge d’appréciation en la matière. La condamnation pénale de M. Aycaguer pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l’enregistrement de son profil dans le FNAEG s’analyse en une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et ne peut passer pour nécessaire dans une société démocratique.

    BOOOOOOOM.

    Via https://twitter.com/CharlesPrats/status/877805599211364353 via https://twitter.com/bluetouff

    22/06/2017 13:17:43 - permalink -
    - http://hudoc.echr.coe.int/app/conversion/pdf?library=ECHR&id=003-5758132-7319608&filename=Arr%EAt%20Aycaguer%20c.%20France%20-%20refus%20de%20se%20pr%EAter%20%E0%20l%27inscription%20au%20fichier%20national%20des%20empreintes%20g%E9n%E9tiques.pdf
  • Analyse à l'emporte-pièce du 2e gouvernement Édouard Philippe

    • Création de 7 postes supplémentaires (ministres et secrétaires d'État confondus). Il faut bien ça ;

    • Le Modem passe de 3 ministres à une ministre auprès du ministre de l'Intérieur et une secrétaire d'État à la Défense. Ouais, le Modem est tout près de la sortie, en gros ;

    • Ça sent toujours le vieux côté ministres et le jeune côté secrétaire d'État qui auront juste le droit de la fermer ;

    • La parité en responsabilité progresse légèrement : on a 2 femmes ministres régaliennes sur 5 postes régaliens. La parité en nombre est préservée ;

    • Plus que jamais, ça sent les vieux routard-e-s de la politique politicienne avec tout plein d'années de carrière politicienne derrière eux-elles et/ou cooptées par amitié/loyauté, que ce soit à la Justice, à la Défense, aux Affaires européennes, aux Affaires étrangères ou à l'Écologie ;

    • On note la percée des bras droit de Macron (secrétaire d'État à l'économie, secrétaire d'État à la cohésion des territoires) et du très proche de Le Maire (à l'économie) placé au secrétariat d'État de l'écologie ;)))) ;

    • C'est toujours la droite qui mène la barque : premier ministre, économie et finances publiques, action et comptes publics, des patronnes au Travail et à la Culture ;

    • Fun facts (enfin, c'est relatif) :
      • Donc, maintenant, on a des « ministre auprès du ministre » ?! À quand les ministres pour soutenir l'action des ministres de ministres ?

      • Le secrétaires d'État proche de Macron à l'Économie est l'auteur du livre « Salauds de pauvres ! Pour en finir avec le choix français de la pauvreté » ;)))) ;

      • Une des secrétaires d'État à l'Écologie a bossé dans le privé pour… Veolia ;)))) ;

      • Le Maire est désormais en charge des Finances publiques en plus de l'Économie ;)))) ;

      • J'appréce (et c'est sincère) de voir une professeure de droit qui a exercé au Conseil constitutionnel devenir ministre de la Justice. J'espère qu'elle se souviendra du respect de la Constitution dans les prochains textes législatifs que porteront ses collègues ;

      • Six ministres se sont présenté⋅e⋅s aux législatives alors qu'il⋅elle⋅s étaient ministres. Ainsi Richard Ferrand et Marielle de Sarnez siégeront à l'Assemblée puisque il et elle ne font plus partie du gouvernement. Jolie transition sans passage par Pole Emploi ! Les suppléant⋅e⋅s de Bruno Le Maire, de Mounir Mahjoubi, de Christophe Castaner et d'Annick Girardin vont occuper leur siège à l'Assemblée puis, quand les titulaires se feront dégager du gouvernement, un siège tout chaud les attendra de droit à l'Assemblée. C'est à vomir. Je ne comprends pas comment les citoyen⋅ne⋅s ont pu voter pour eux⋅elles aux législatives. :( La moralisation de la vie politique, ce n'est pas pour maintenant !



    Ministres :

    Premier ministre homme 46 ans LR haut fonctionnaire
    Intérieur homme 69 ans PS député, maire, sénateur
    Ministre auprès du ministre de l'Intérieur femme 66 ans Modem maire, conseillère générale, conseillère régionale, vice-présidente du Sénat
    Défense femme 54 ans PS haute fonctionnaire, secrétaire d'état, vice-présidente du conseil régional
    Justice femme 62 ans PS prof, adjointe au maire, vice-présidente du conseil régional, Conseil constitutionnel
    Affaires étrangères homme 69 ans PS maire, conseiller régional, ministre
    Économie et finances homme 48 ans LR diplomate, député
    Cohésion des territoires homme 69 ans Radical gauche sénateur, conseiller municipal, conseiller régional
    Action et comptes publics homme 34 ans LR maire, vice-président conseil régional, député
    Agriculture homme 47 ans PS député, conseiller régional
    Outre-mer femme 52 ans Radical gauche députée, secrétaire d'état, ministre
    Transports femme 56 ans ? haute fonctionnaire
    Affaires européennes femme 53 ans société civile haute fonctionnaire, directrice de l'ENA, DRH du ministère des Affaires étrangères
    Écologie homme 62 ans société civile journaliste, écrivain
    Solidarités/santé femme 54 ans société civile médecin
    Culture femme 65 ans ~ société civile patronne, a traîné dans un ministère belge
    Travail femme 62 ans société civile patronne habituée des grands Conseils d'Administration
    Éducation nationale homme 52 ans société civile juriste, a traîné 3 ans au ministère éduc' nat' sous Sarko
    Enseignement sup' et recherche femme 53 ans société civile professeure
    Sports femme 45 ans société civile sportive, consultante



    Secrétaires d'État :

    Porte-parole du gouvernement homme 51 ans PS maire, député, vice-président conseil régional
    Égalité hommes/femmes femme 34 ans apparentée gauche écrivain, militante, ajointe au maire
    Handicaps femme 56 ans ? militante
    Numérique homme 33 ans PS entrepreneur, ex-président du CNNum
    Écologie homme 31 ans LR assistant parlementaire, maire, président conseil général, conseiller dans des ministères
    Écologie femme 35 ans société civile assistante parlementaire, a exercé dans le privé pour Veolia, par exemple
    Affaires étrangères homme 40 ans LR maire, sénateur, conseiller général, conseiller dans des ministères
    Défense femme 61 ans Modem maire, conseillière départementale, conseillière régionale, députée
    Cohésion des territoires homme 36 ans En marche proche de Macron, directeur de son cabinet ministériel
    Économie et finances homme 39 ans En marche conseiller municipal, vice-président du conseil général, auteur du livre « Salauds de pauvres ! Pour en finir avec le choix français de la pauvreté »
    22/06/2017 12:32:06 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?2OcB4g
  • Quelques stats et notes sur les élections législatives 2017

    • Quelle légitimité ont des représentant⋅e⋅s élu⋅e⋅s dans des élections où l'abstention a été de 50 % au premier tour et de 57 % au second ? Pour moi, c'est dangereux, car cela conforte, par la pratique, le biais historique de la 5e République "pouvoir exécutif > pouvoir législatif". Cela peut aussi favoriser les dérives en mode "écouter un lobby minoritaire en nombre de personnes représentées n'est pas un problème vu que, toute façon, les citoyen⋅ne⋅s ne m'ont pas vraiment élu⋅e donc c'est kiff-kiff" ;

    • J'ai lu dans la presse que la moyenne d'âge de la nouvelle Assemblée passe de 54 ans à 48 ans… Mouais, c'est assez limité comme rajeunissement ;

    • 415 député⋅e⋅s (72 %) ont été élu⋅e⋅s pour la première fois ; 145 député⋅e⋅s sortant⋅e⋅s (qui avaient un mandat sur la législature 2012-2017) conservent leur fauteuil ; 17 député⋅e⋅s sont des ancien⋅ne⋅s c'est-à-dire des gens déjà élu⋅e⋅s par le passé, mais pas durant la législature 2012-2017 ;

      • La majorité de ces nouveux⋅elles élu⋅e⋅s sont En Marche (273 sur 415 soit 66 %) ou au Modem (43 soit 10 %) ou Républicains (43 soit 10 %) ou France Insoumise (17 soit 4 %) ou éparpillés (FN, Communistes, divers gauche, divers droite, etc. <= 1 % chacun) ;

      • Je ne sais pas trop quoi en penser : d'un côté, y'a du sang neuf et c'est super, mais, de l'autre, c'est des gens sans expérience ni culture politique qui voteront massivement ce que Macron dira de voter afin de se construire une carrière politicienne et/ou qui utiliseront le fait d'être novice pour justifier leurs choix/inaction. Pas sûr qu'on y gagne… ;
    • L'Assemblée compte désormais plus de femmes qu'avant (+45 % d'augmentation) mais on est encore loin de la parité : 223 femmes sur 577 élu⋅e⋅s (soit 39 %). 47 % des élu⋅e⋅s En Marche sont des femmes. 44 % au Modem et chez la France Insoumise ; 37 % chez les socialistes ; 24 % chez LR et au FN. 23 % chez les divers gauche, 20 % chez les Communistes. 17 % à l'UDI. Je n'ai pas calculé pour les autres partis car l'effectif total est trop faible pour être significatif, à mon avis ;

    • Aucune avancée concernant la représentativité socio-professionnelle de l'Assemblée : cadres et fonctionnaires écrasent tout, pas d'ouvrier⋅e ;

    • Au niveau des partis politiques : En marche (+ DIV, les non-investi⋅e⋅s par En Marche qui ont décidé d'y aller quand même) = 303 élu⋅e⋅s (+3) = 53 % = majorité absolue ; Les Républicains = 113 = 19 % = principal parti d'opposition (mais qui sera de mèche avec le programme libéral de Macron) ; Modem = 45 = 8 % ; Socialistes = 29 = 5 % ; France Insoumise = 18 = 3 % ; UDI = 18 = 3 % ; divers gauche = 13 = 2,25 % ; Communistes = 10 = 1,7 % ; FN = 8 (+1 apparenté) = 1,6 % ; divers droite = = 1,2 % ; REG (nationalistes Corses et Martinique) = 5 = < 1 % ; radicaux de gauche = 3 ; écologistes : 1. Si l'on compte les alliances : En Marche + Modem = 351 = 61 % versus LR + UDI = 131 = 23 %. On note l'éparpillement (notamment à gauche) qui fait perdre un certain nombre de contre-pouvoirs comme celui de saisir le Conseil constitutionnel, si les groupes sont créés en l'état… ;

    • Sur les thèmatiques qui me sont chères (défense des libertés, capitalisme/commerce < *, renouveau démocratique, numérique, etc.), je constate que nous perdons des soutiens de poids comme Coronado et Attard. Nous gagnons Ruffin et Mélenchon (mais ils ne sont pas assez nombreux pour agir et ils sont trop "grande gueule bien connue" pour qu'on les mette au parfum de magouilles en cours). Nous conservons Laure de la Raudière. En face, le FN (Le Pen fille, Collard, Ménard femme, Bompard, etc.) entre et PS/LR sont en forme puisque Ciotti, Larrivé, Jacob, Woerth, Le Maire, Dassault fils, Valls, Lambert Jérôme, sont toujours là. La conscience écolo assumée est morte et ça, ça en dit long sur l'avenir, je trouve (de Rugy est encore là, En Marche, mais c'est plus un problème qu'un soulagement). Je note néanmoins quelques visages bienveillants réélus sur lesquels je n'ai pas d'avis tranché : leurs assistant⋅e⋅s parlementaires étaient à l'écoute de la société civile mais les élu⋅e⋅s ont voté les textes liberticides ou se sont abstenu⋅e⋅s…

    Ce soir, tout me pousse à être triste et pessimiste sur la situation de mon pays. :(

    19/06/2017 20:09:24 - permalink -
    - http://www2.assemblee-nationale.fr/elections/liste/2017/resultats/RESULTAT
  • SSD temperature sensor readout with hddtemp - Ask Ubuntu

    Quand hddtemp affiche « pas de capteur », il est possible de le forcer à parser les attributs SMART.

    D'abord, identifier le numéro d'attribut SMART qui stocke la température (dans cet exemple, c'est l'attribut 190) :

    $ sudo smartctl -a /dev/sda | grep -i temp
    190 Airflow_Temperature_Cel 0x0032   062   053   000    Old_age   Always       -       38



    Ensuite, il faut repérer le nom donné par hddtemp à notre disque (ici : « Samsung SSD 850 PRO 256G B ») :

    $ sudo hddtemp /dev/sda
    /dev/sda: Samsung SSD 850 PRO 256G B              : pas de capteur



    Enfin, il faut ajouter une entrée dans /etc/hddtemp.db de la forme :

    "<nom_donné_au_disque_par_hddtemp>" <numero_attribut_SMART> C "<commentaire>"
    "Samsung SSD 850 PRO 256G B"        190  C  "Samsung SSD 850 PRO 256GB"



    hddtemp doit désormais afficher la température du disque de stockage.

    Si un logiciel qui se base sur hddtemp ne voit pas ce disque, c'est peut-être qu'il n'arrive pas à communiquer avec le démon hddtemp. Il faut reconfigurer hddtemp en répondant « Oui » / « OK » à tout :

    $ sudo dpkg-reconfigure hddtemp
    19/06/2017 13:23:36 - permalink -
    - https://askubuntu.com/questions/474669/ssd-temperature-sensor-readout-with-hddtemp/764039#764039
  • systemd-analyze

    systemd-analyze may be used to determine system boot-up performance statistics and retrieve other state and tracing information from the system and service manager, and to verify the correctness of unit files.

    Intéressant, systemd-analyze plot > boot.svg pour avoir un tableau de démarrage global : quoi démarre après quoi ? Qu'est-ce qui met du temps à démarrer ?

    18/06/2017 19:07:52 - permalink -
    - https://www.freedesktop.org/software/systemd/man/systemd-analyze.html
  • [ Aborder les gens, aller vers autrui ] #18822 - DTC - Où ? Dans Ton Chat (BashFR)

    Neige-Blanche : Comment aborder les gens en général ... J'ai l'impression que c'est le pb de bcp de monde.
    Neige-Blanche : Moi je suis une ancienne timide.
    Neige-Blanche : J'étais la timide qui ne parle pas, qui n'a rien à dire, qui N'OSE PAS.
    Neige-Blanche : Ensuite j'ai un peu travaillé dans des boutiques entant que vendeuse, j'ai été hôtesse d'accueil.
    Neige-Blanche : + 1000 pour le décoinçage, j'avoues.
    Neige-Blanche : Mais en entreprise, je persistais à être timide, réservée.
    Neige-Blanche : Les gens étaient plus intelligents que moi, avaient plus de choses à dire, et de surcroit des choses plus intéressantes.
    Neige-Blanche : Seulement voila. Un jour, je me suis rendue compte que ces gens intéressants s'appuyaient beaucoup sur moi pour se faire valoir.
    Neige-Blanche : Que j'étais de plus en plus en position de "Dindon de la farce" que ces gens étaient un peu cons, quand même.
    Neige-Blanche : Qu'en analysant bien leurs discours, j'avais des idées aussi valables que les leurs.
    Neige-Blanche : Puis un jour, la boutade de trop.
    Neige-Blanche : Mon boss très intelligent annonce à la cantonade que le rouge de mon chemisier ne va pas avec le rouge de mon rouge à lèvres.
    Neige-Blanche : Il ne riait pas.
    Neige-Blanche : Moi non plus.
    Neige-Blanche : J'ai donc placer que je m'en lavais les mains, le coeur timide et battant.
    Neige-Blanche : Puis, j'ai de plus en plus dit le fond de ma pensée, donner mon avis très souvent contraire sur les travaux en cours.
    Neige-Blanche : Je n'étais plus la gentille collègue timide mais la collègue au fort tempérament, celle qui fait Fuck.
    Neige-Blanche : Ca s'est généralisé au reste de ma vie, et depuis ça va.
    Neige-Blanche : J'ai envie de m'intégrer ? Je m'intègre partout.
    Neige-Blanche : Je ne suis culturellement pas au niveau de mes interlocuteurs ? Je m'intéresse à eux et apprends d'eux.
    Neige-Blanche : Le niveau de mon voisin est au ras des pâquerettes ? Je le suis.
    Neige-Blanche : J'ai eu affaire il y a 15 jours à un groupe de personnes assez fermé, je n'étais pas motivée pour les aborder, mais j'ai fait l'effort de m'imposer dans la converse... "Cette plaquette là ? Ah oui elle est très bien élaborée !"
    Neige-Blanche : Le regard franc mais pas insistant, le sourire, sont le début d'une intégration.
    Neige-Blanche : En Amour c'est idem
    Neige-Blanche : Pas besoin de grandes phrases pensées à l'avance
    Neige-Blanche : Un sourire, un regard, un "Salut ça va ?" Et hop tu poursuis ton chemin sans attendre la réponse.
    Neige-Blanche : Le lendemain, quand la personne te revoit, elle te dit Bonjour d'elle-même.
    Neige-Blanche : Bon, je vous souhaite bonne soirée, je vais me faire une tisane, ça fait du bien de lâcher ça...

    18/06/2017 17:22:10 - permalink -
    - https://danstonchat.com/18822.html
  • Dossiers du Canard Enchaîné : gourous, rétrospective 2015, liberté d'expression en danger, cinéma en folie

    Gare aux gourous - octobre 2015

    Je ne retiendrai pas grand-chose de ce numéro si ce n'est que tout est gourou… … … sauf la presse (alors que chaque journal à ses adorateur⋅rice⋅s et que certains cherchent une forme d'admiration comme « Cash Investigation ») et les éditorialistes (qui donnent leur avis sur tout sans avoir creusé la question, mais en se pavanant dans leur importance en tant qu'influenceur⋅euse⋅s de l'opinion publique), faut pas déconner.

    Le Canard ne fait pas la différence entre un gourou c'est-à-dire une personne, qui peut avoir des choses intéressante à exprimer sur un ou plusieurs sujets, a un style, une attitude, une gestuelle, une diction, des rites, etc. visant à prendre une forme d'ascendance idolâtre sur autrui (Stallman, Apple, etc.) et une personne qui, parce qu'il⋅elle a taffé son sujet a des choses intéressantes à raconter sans pour autant se mettre volontairement en scène en attendant une admiration (Bayart, Piketty, etc.). Il y a une différence entre vouloir être un⋅e gourou et subir l'admiration, en quelque sorte. Il ne suffit pas de défendre ses travaux et/ou ses convictions en public pour être qualifiable de gourou.

    Au moins, ce numéro me donne matière à réfléchir sur la notion de popularité : pourquoi certaines personnes sont mises en avant sans avoir travaillé leurs sujets ? Pourquoi d'autres personnes sont mises en avant parmi des tas de gens qui ont tout autant taffé le même sujet ? Bref, pourquoi certaines personnes et pas d'autres ? Est-ce juste une histoire d'avoir eu la bonne idée, sous la bonne forme, au bon moment ?


    L'année Canard 2015 - janvier 2016

    • Adrien Desport, ex-numéro 2 du FN de Seine-et-Marne, a été condamné, le 23 juillet 2015 (et il n'a pas fait appel), à 3 ans de prison ferme pour avoir, en bande, brûlé 13 voitures et recouvert de croix gammées le portail et le véhicule de cadres locaux du FN afin d'avoir un prétexte pour dénoncer, après-coup la montée de l'insécurité et le laxisme du maire communiste… J'invite à lire cette entrevue très intéressante. Morceau choisi : « Adrien Desport déclare qu’il s’imposera « de ne plus faire de politique ». Mais la flamme est toujours là. « Je suis sans rancune pour le FN. C’est une passion. On entre en politique pour changer les choses. Puis, tout vous pousse à ne pas respecter les règles. J’ai du mal à croire à l’honnêteté en politique. ».


    Liberté d'expression, l'état d'urgence - avril 2016

    Historique :

    • Quelle est l'étymologie du mot « censure » ? Un censor de la République était, à Rome, dès l'an 444 avant JC, une personne chargée du recensement (« census ») de la population, ce qui permettait le prélèvement de l'impôt, l'organisation des élections et de constituer l'armée. Mais, les « censors » s'octroient vite de nouvelles compétences comme celle de tenir le registre officiel des membres du Sénat pour mieux radier les personnes qu'ils jugent indignes de siéger (soupçons de corruption, soupçons d'avoir une vie de débauche, etc.), s'érigeant en moralisateurs.

    • La censure a toujours existé… Socrate qui avale du poison pour avoir propagé l'impiété et la corruption de la jeunesse en 399 avant JC… Le peuple qui demande des coupes dans les pièces de théâtre d'Euripide à la même époque… L'empereur chinois Qin Shi Huang qui fait brûler tous les livres du pays et fait assassiner les savants qu'il soupçonne d'avoir appris ces ouvrages interdits par cœur en 213 avant JC… Le privilège royal pour écrire en Angleterre dès 1408… Les fresques de Michel-Ange dont les personnages sont reculotté⋅e⋅s dès sa mort en 1565… À Chicago, en 1907 a eu lieu la première censure cinématographique : une danse du ventre a été jugée immorale. Dès 1910, le Préfet de Paris appellera les tenanciers de cinémas à exercer un « arbitraire bienveillant » concernant les films diffusés… Depuis, ça continue de tous les côtés : radio (certaines chansons de Gainsbourg ou de Balavoine, par exemple), TV, spectacles (Timsit et les handicaps à la fin des années 90, par exemple), affiches (Polnareff 1972, par exemple), cinéma, presse, etc.

      • Pourtant, tout le monde aime les moqueries sur les autres. Exemple : l'Iran adore la satire quand elle a pour thème l'État d'Israël (en 2006, à la sortie des caricatures de Mahomet, est lancé un concours national pour vitupérer contre les Juifs) ou contre Daesh (en 2015).
    • Les auteurs politiques des Droits de l'Homme ont restreint la liberté d'expression à peine l'avaient-ils énoncée. Ainsi, en 1791, en France, une loi est adoptée afin de réprimer l'écriture de textes conseillant la désobéissance aux lois. En 1793, le Comité de salut public rétablit la censure dans toute sa rigueur afin de cerner ses ennemis. Aux USA, en 1798 (soit 7 ans après la ratification du premier Amendement), les fédéralistes font adopter une loi qui interdit toute critique écrite ou oral du gouvernement… Elle fut invoquée pour condamner et emprisonner le parti d'opposition, mené par Thomas Jefferson. LALA ?

    • Les chaînes télévisées d'information en continue, accusées d'imprudence lors des attentats de Charlie et de l'hyper Cacher ont bon dos : en France, en 1870, la presse impériale et le Figaro révèlent les détails des positions des troupes de Napoléon III alors en guerre contre la Prusse. Cet épisode servira à justifier une censure a priori, militaire et politique en 1914 (reconduite en 1939).

    • Représenter la figure de Mahomet n'a pas toujours été tabou en terre d'islam : 2 œuvres du peintre Lutfi Abdullah furent commandées au 16e siècle par le sultan ottoman Mourad III. Pourtant, quand le magazine « Sciences et Avenir » les reproduit, sans malice, en 2015, vlam, le Maroc estime qu'il s'agit d'une provocation contre le sentiment religieux…

    De nos jours :

    • Un militant socialiste reprend le « casse-toi, pov' con » de Sarko devant ce dernier. L'alors chef de l'État porte plainte pour offense au chef de l'État. Le militant est condamné à 30 € d'amende avec sursis. Il va toquer à la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui estime qu'il s'agit-là d'un crime de lèse-majesté qui n'a plus sa place de nos jours. Bon, il reste toujours l'injure et la diffamation envers le Chef de l'État, avec des sanctions différentes de celles qui s'appliquent pour injure/diffamation d'un⋅e citoyen⋅ne, normal…

    • Alors que la technologie permet enfin à tout le monde de s'exprimer, on assiste à l'aseptisation, à la normalisation de la parole publique, via notamment des consutant⋅e⋅s qui interviennent partout, de l'entreprise, aux fonctions de l'état en passant par les sportif⋅ve⋅s, les éditeur⋅rice⋅s de livres, les chiens de garde de tout poil sur les réseaux sociaux, etc. On ne censure plus, on autocensure. On ne censure plus, on change les pratiques culturelles de masse afin que l'idée même de tenir tel ou tel propos disparaisse.

    • La liberté de la presse est également malmenée par les collusion d'intérêts (les médias sont détenus par très peu d'acteurs économiques), par la publicité (si un journal publie une critique d'un grand groupe, hop le journal ne bénéficiera plus du budget pub du grand groupe), par le copinage (en plaçant des "ami⋅e⋅s" partout, les puissant⋅e⋅s s'assure que rien de nuisible ne sera dit sur eux⋅elles par le simple jeu de la corde sensible "on est potos, quand même :'("), par l'uniformisation de la presse quotidienne généraliste régionale (175 titres en 1498, 50 aujourd'hui, concentrés dans des groupes qui les prie de publier un contenu similaire afin de réduire le nombre de journalistes au sein d'une joint-venture), par le secret des affaires toujours mieux protégé, par l'affaiblissement ponctuel de la protection des sources dont les lanceur⋅euse⋅s d'alerte, etc.

    • Des chiens de garde souvent cathos conservateur, genre l'association « Promouvoir », agissent en justice afin d'obtenir que des films soient classés "-18 ans", ce qui tue le film dans l'œuf (il sera très faiblement diffusé). Même chose dans les arts (on se souviendra du gode place Vendôme, par exemple). Remarque, Napoléon III attaquait « Madame Bovary » et « Les Fleurs du mal » pour offense à la morale publique… L'article 227-24 du Code pénal (interdiction de diffuser un message à caractère violent, porno ou qui porte atteinte à la dignité humaine s'il est susceptible d'être vu par un enfant) remplace le délit d'outrage aux bonnes mœurs supprimé en 1994 et permet de contenir la liberté artistique. Évidemment, les termes « violence » et « pornographie » ne sont pas définis dans la loi, ce qui laisse place à l'interprétation la plus large. ;)

    • À côté de ça, les USA ont une tradition toute différente de la liberté d'expression : le premier Amendement de leur Constitution ne serait souffrir d'aucune exception. On peut donc coller des affiches demandant à Obama d'aller au diable, on peut brûler le drapeau américain, on peut se vêtir de signes religieux en public (y compris voile intégral et signes religieux à l'école), un groupuscule néonazi peut défiler dans les rues, etc. Tout cela repose sur une conviction fondamentale : toutes les idées se valent, le gouvernement doit rester neutre sur le marché des idées. Néanmoins, les USA ont une forte culture normative : pas de zboubs, pas de seins, pas de vraie culture de la satire, etc. Les délits de diffamation et d'injure existent, mais sous un régime différent : c'est au⋅à⋅la plaignant⋅e de montrer la mauvaise foi de l'auteur⋅e (et de l'éditeur⋅rice du media), pas à l'accusé⋅e de montrer sa bonne foi, comme c'est le cas en France. La Cour suprême a aussi posé une limite à la liberté d'expression quand celle-ci amène directement à commettre une violence illégale sur une ou plusieurs personne⋅s.


    Le cinéma pique sa crise - juillet 2016

    • Je savais que l'« exception culturelle française » désigne des quotas obligatoires de diffusion d'œuvres françaises mais j'ignorais que c'était aussi le nom d'un vaste système de financement redistributif destiné à financer le cinéma d'art et d'essai :

      • Taxe spéciale additionnelle : depuis 1948, 11 % du prix d'une entrée en salle, quel que soit le film (donc même Star Wars ou Avatar, des productions étrangères, contribuent à financer les productions françaises) pour produire des œuvres cinématographiques françaises. En 2015, cela représentait 140 millions d'euros ;

      • Taxe sur les services de télévision. Les chaînes hertziennes analogiques doivent consacrer 3,2 % de leur chiffre d'affaires annuel à la production ou l'achat d'œuvres cinématographiques européennes, dont 2,5 % pour des œuvres françaises. Canal+ doit consacrer 12,5 % de son CA pour des films européens dont 10 % français. Cela représentait 504 millions d'euros en 2015. D'où le cinéma tremble quand Bolloré impose sa vision business et cinéma rentable au sein de Canal+ ou quand ces chaînes préfèrent aider à produire des séries qui sont plus rentables pour elles (une série, ça fidélise l'audimat qui revient pour chaque épisode) ;

      • Crédits d'impôt : environ 30 % du budget total d'un film. Un plafond est toutefois fixé ;

      • Les régions contribuent à hauteur de 235 000 € environ, soit 6 % du budget d'un film. Cette moyenne cache une forêt d'inégalités entre les régions (Picardie : 160 000 euros versés en 2015 alors que Nord-Pas-de-Calais a versé plus de 3 millions sur la même période) ;

      • Sur chaque entrée en salle, 70 centimes sont prélevés pour un fond de soutien dédié à la production du film : un bide à 300 000 entrées permet de constituer une cagnotte de 210 000 euros qui permettent à la production de ce bide de pouvoir lancer le projet d'un nouveau film ;

      • Aide aux cinémas du monde : versement de subventions aux pays en voie de développement pour la production de films. Conditions : coproducteur⋅rice français⋅e + dépenser au moins la moitié de la subvention en France (postproduction par exemple) ;

      • L'équipement des cinémas indépendants (qui représente souvent 1/4 de leur budget de fonctionnement) est subventionné par le CNC, par l'État, par les collectivités locales, etc.

      • C'est le centre national du cinéma qui gère tout ce fric. C'est donc la profession qui décide, en famille, sans regard extérieur, de la répartition de ces fonds… Donc forcément, il y a des abus (faux frais pour financer des vacances, faire co-financer le film dans un pays où les règles strictes du CNC ne s'applique pas, investir le fond de soutien dans le film d'un⋅e poto cinéaste qui le reverse moyennant une commission) puisque personne ne moufte car tout le monde se tient (si je dénonce, je n'aurais pas de fric pour mon film). Ça explique aussi partiellement pourquoi on trouve des dynasties familiales dans le cinéma français, comme les Seydoux : car tout le monde se connaît, réseautage, petit monde de l'entre-soit, pas d'obligation de profits donc on peut se permettre de faire tourner la nièce incompétente de tel⋅le ami⋅e, etc.
    • J'ignorais que l'exception culturelle française, c'était aussi l'interdiction de diffuser des films à la TV les mercredis soir, vendredi soir, samedi et dimanche (avant 20h30) afin de ne pas faire d'ombre aux cinémas… Tu m'étonnes que les gens se tournent massivement vers Netflix…

    • Qui fait quoi dans le financement d'un film ?

      • Le⋅a producteur⋅rice est le⋅a chef⋅fe d'orchestre : il⋅elle trouve le scénario, le⋅a réalisateur⋅rice, le casting, le financement, etc. C'est eux⋅elles qui financent les premiers pas d'un film (écriture du scénario et/ou achat des droits pour une adaptation). Le risque pris par le⋅a producteur⋅rice ne dépasse pas 30 % du budget d'un film. L'inspection générale des affaires culturelles estiment qu'en France, grâce aux subventions, les producteur⋅rice⋅s ne prennent quasiment aucun risque ;

      • Les distributeur⋅rice⋅s essayent de garantir le nombre d'écrans sur lesquels sera projeté le film et il⋅elle⋅s prennent en charge le budget de promotion du film ;

      • Les autres diffuseur⋅euse⋅s (comme les chaînes de télévision) prennent aussi un risque équivalent à environ 30 % du budget.
    18/06/2017 17:16:33 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?HCqhJA
  • Neutralité du Net : un an après, un bilan gris foncé | La Quadrature du Net

    Excellent résumé, par la Quadrature, du laisser aller du gendarme des télécoms. À lire.

    Si le rapport de l'ARCEP fait apparaître quelques points positifs, il dresse un bilan un peu trop élogieux, laissant dans l'ombre tout ce qui ne progresse pas. La Quadrature souhaite donc dresser son propre bilan, plus sombre, de l'état de la neutralité du Net, et plus largement, du rôle des intermédiaires techniques dans l'exercice des libertés fondamentales dans l'environnement numérique.

    Sur tous ces points, le régulateur a été alerté, par nous et par d'autres. Sur tous ces points, il s'informe. Reste qu'il n'agit pas (toujours). Et quand il y a incontestablement matière à agir, l'ARCEP préfère parfois attendre d'être saisie par les utilisateurs pour imposer aux opérateurs de respecter les règles édictées au niveau européen. Le régulateur est trop frileux pour se mettre en avant, pour dire ce qu'il constate, préférant se cacher derrière des particuliers ou des associations de consommateurs.

    Le président de l'ARCEP nous invitait, il y a un an, à juger sur pièce. Un an plus tard, le régulateur n'a pas agi. Il nous disait hier que, la phase de dialogue pro-actif étant terminée, l'ARCEP allait maintenant agir. Il nous invitait implicitement à attendre pour juger sur pièces les actions... Cela fait deux fois. C'est beaucoup.

    […]

    « Ce que nous souhaitons, ce ne sont pas des études, des sanctions, des rapports, du dialogue, de la législation, ou une incantation. Ce que nous souhaitons c'est que les opérateurs cessent les comportements abusifs qu'ils ont vis-à-vis de leurs abonnés. L'ARCEP est l'autorité en charge de ce dossier, et le dossier n'avance pas. » conclut Benjamin Bayart, cofondateur de La Quadrature du Net.

    […]

    En matière de VOD ou VOIP, certains opérateurs profitent de leur situation pour proposer leur propre offre, ou celle d'un partenaire, favorisant le trafic de ce service. Ce type de pratique est totalement contraire au règlement sur l'internet ouvert. Ainsi, les flux de VOD (ou VOIP) de toutes les offres du marché, quel que soit le fournisseur, devraient passer par cet accès priorisé, sous peine d'empêcher la création de nouveaux services qui ne bénéficient pas des mêmes avantages : barrières à l'entrée sur le marché, mais aussi choix réduit de l'utilisateur en fonction des choix de l'opérateur. La priorisation du trafic n'est pas en elle-même un problème. C'est le fait que cette priorisation se fasse pour un seul service de VOD (ou VOIP) qui est un problème, et que le service qui en bénéficie est choisi par l'opérateur et non par l'utilisateur final.
    Jusqu'à présent le régulateur n'a pas dépassé l'étape du « dialogue proactif » avec les opérateurs, mais dans la mesure où ce type de pratique demeure, il semblerait nécessaire de passer à l'étape suivante, sans attendre les plaintes des consommateurs.

    Chez les opérateurs mobiles, les DNS menteurs, les proxys intrusifs (qui modifient le contenu et gardent des traces) et les portails captifs restent fréquents, et le « dialogue proactif » de l'ARCEP tarde à se muer en une intervention résolue du régulateur pour mettre fin à ces pratiques inacceptables. Pourtant, ces pratiques empêchent les utilisateurs de contourner la censure privée des opérateurs, et permet au contraire à ces derniers d'agir sur le contenu (redirection vers de la publicité, filtrage, compression, etc.) sans transparence ni moyen pour l'utilisateur de s'en protéger.

    Le leitmotiv des opérateurs aujourd'hui, y compris dans le cadre des négociations sur le paquet télécom, est que le seul moyen de gérer correctement le réseau 5G, de rentabiliser les investissements et de favoriser l'innovation est de permettre de revenir sur le règlement européen garantissant la neutralité du Net. […] L'ARCEP ne semble pas suivre cette voix des opérateurs et c'est une bonne nouvelle. On attendrait cependant du régulateur français comme de la Commission européenne une dénonciation claire de ce chantage des opérateurs dominants.

    Le règlement européen indique que l'utilisateur final peut utiliser le terminal de son choix, règle nécessaire pour assurer un internet ouvert. Sur ce point, des travaux sont en cours du côté de l'ARCEP, mais aucun progrès n'est constaté dans la pratique, et ce n'est pas faute d'en avoir parlé. Ainsi aujourd'hui, l'utilisateur final est toujours soumis à la vente liée des opérateurs fixes (la box) et ne peut toujours pas opter pour l'équipement terminal de son choix, pourtant fondamental pour permettre par exemple d'utiliser des logiciels libres, et pour pouvoir contrôler la connexion au réseau, s'émancipant ainsi d'opérateurs qui ne respectent pas toujours la neutralité complète du réseau.
    L'ARCEP fait une analyse assez bonne des problèmes sur les terminaux mobiles : omniprésence des solutions fermées dans des environnements contraints (iOS et Android), fermeture des environnements applicatifs (Markeplace et autre Store), situation de duopole de fait, position contraignante d'intermédiaire technique dans l'accès au réseau, etc. Un rapport sur le sujet a été publié en même temps que celui sur l'état d'Internet. Mais ce sujet est d'autant plus facile à analyser pour le régulateur qu'il est en dehors de son champs de compétence : facile d'analyser quand on n'agira pas.

    La situation s'est dégradée dans plusieurs États membres. Le zéro-rating, accepté par le régulateur belge et la justice néerlandaise est contraire à l'esprit qui présidait à la préparation du règlement. Les opérateurs sélectionnent ce que leurs abonnés sont supposés pouvoir voir sans limite, s'arrogeant un pouvoir anormal dans la façon dont les citoyens accèdent à l'information. En Allemagne aussi, une offre de Deutsch Telekom porte atteinte à la neutralité du Net depuis début avril, sans réaction du régulateur.
    Le manque de clarté des lignes directrices du BEREC ne permet aujourd'hui pas d'assurer une application uniforme du règlement dans toute l'UE, et le mécanisme de coordination au sein du BEREC - présidé actuellement par Sébastien Soriano - semble insuffisant. Faudra-t-il en passer par des recours auprès de la Cour de justice de l'UE (CJUE) ?
    C'est particulièrement inquiétant, parce que sur le zero-rating, les régulateurs européens ont bien identifié la pratique comme risquée et peu souhaitable, et cependant elle se propage. Cet effet désastreux force à s'interroger. Pour défendre l'inérêt général, pour limiter les abus des puissants, la régulation des télécoms est-elle un outil stérile ?

    Le développement de gros groupes possédant à la fois le réseau, des services culturels et des médias et le développement d'offres intégrant ces divers services, posent la question de la liberté d'expression et du droit d'accès à l'information, mais aussi du pluralisme des médias.
    Ainsi le règlement dans son considérant 7 prend en compte les effets néfastes sur les droits et libertés d'offres proposées par des fournisseurs de services qui auraient une position dominante sur le marché. Que dire donc des offres de bouquet TV largement répandues, mais aussi des offres SFR Presse et du récent Bouquet Presse de Bouygues ?
    Sur ces points encore, l'ARCEP se contente d'attendre que des plaintes soient déposées. Regrettable, là encore.

    Je suis en désaccord sur un point : la Quadrature parle d'une action trop lente, ce qui permet à Soriano, le président de l'ARCEP de la tacler facilement en répondant « La régulation a besoin d'une société civile vigilante et exigente ...mais pas trop impatiente quand même :) » (source). Or, le problème de fond, ce n'est pas le temps, c'est le manque d'ambition politique de l'ARCEP et son manque d'autorité qui la contraignent à se reposer sur la société civile, ce qui est un comble ! La Quadrature sait pertinemment tout cela et devrait le mettre en lumière.

    08/06/2017 18:20:53 - permalink -
    - https://www.laquadrature.net/fr/Neutralit%C3%A9-du-Net-bilan-gris-fonc%C3%A9
  • xkcd: Dubious Study

    ‒ Are you sure this study is legit?
    ‒ Sure, It says it was accepted for publication*
    ‒ Where?
    ‒ Hmm… The National Academy of Proceedings.

    If something is formated like a serious scientific paper, it can take me a while to realize it isn't one.

    Sounds fine. I looked up the Academy, and it says on their MySpace page that their journal is peer-viewed and downloaded biannually.

    :')

    07/06/2017 09:52:00 - permalink -
    - https://xkcd.com/1847/
  • « État d’internet en France » : l’Arcep publie un premier rapport, pour garantir le développement d’internet comme un bien commun

    Conformément à ses obligations légales, l’Arcep publie ce jour, pour la première fois, un rapport sur « l’état d’internet en France », qui identifie les menaces qui pourraient peser sur le bon fonctionnement et la neutralité d’internet, et présente l’action du régulateur pour les contenir. Ce document aborde plusieurs thématiques :

    • l’interconnexion des données
    • la transition vers IPV6
    • la qualité de service d’internet fixe
    • la neutralité d’internet
    • au-delà des réseaux, contribuer à l’ouverture des plateformes.

    Là encore, il s'agit d'un très bon travail de récolte d'informations et de synthèse du travail effectué par le gendarmes des télécoms. Toute la section 2 étant pensée pour être lisible par le plus grand nombre de personnes, j'en recommande vivement la lecture afin d'appréhender les tendances du moment, les évolutions (ou régression, c'est selon) technologiques, les enjeux de la régulation des télécoms, etc.


    Chiffres marquants

    Commençons par quelques chiffres qui ont retenu mon attention :

    • Selon Cisco (qui a tout intérêt à grossir les chiffres pour expliquer qu'il faut de grosses machines, qu'elle vend justement, pour faire tourner Internet), le trafic Internet mondial représente 89 exaoctets (soit 89 000 000 téraoctets) par mois. Ce chiffre augmente de 20 % par an en moyenne.

    • En France, nous passons en moyenne 18 heures par semaine sur Internet pour nos usages personnels. À titre de comparaison, nous passons 20 heures par semaine en moyenne devant la télévision.

    • 55 % du débit cumulé entrant chez les 4 plus gros FAI français provient de 5 acteurs : Google, Netflix, Facebook, Akamai et Canal+. Cela illustre la concentration de nos usages entre peu d'acteurs qui font de la vidéo, qui représente 50 % des usages en France à l'été 2015. Au total, ces principaux FAI voient entrer 8,4 Tbps sur leurs réseaux.

    • Fin 2016, 50 % des interconnexions étaient du transit, 39 % du peering et 11 % du cache interne aux FAI. En termes d'usages, fin 2016, chez les 4 principaux FAI commerciaux, environ 55 % du trafic entrant entrait via des prestations de transit, 40 % par des peering privés et 5 % par du peering public (les fameux points d'échange Internet ou IX).

    • Entre 2012 et 2016, le peering a progressé face au transit : il représentait 61 % en 2012 contre 55 % en 2016. Le revers de la médaille, c'est que c'est le peering privé payant qui a augmenté, passant de 22 % à 36 %, pas le peering public gratuit (les IX).

    • Le transit IP se monnaye autour de 10 centimes d'euros par mbps par mois quand on est gros, plusieurs euros par mbps par mois quand on est petit. Le peering payant se monnaye 25 centimes d'euros par mbps par mois quand on est gros, plusieurs euros quand on est petit. Selon les calculs de l'ARCEP, le transit représenterait un marché français de 4 millions d'euros, une paille en comparaison des investissements dans les infrastructures.


    Globalement

    Ce rapport met en exergue l'impuissance de l'ARCEP (au sujet du déploiement d'IPv6) et son attitude qui consiste à déléguer tout son travail à la société civile sans le dire, sous l'apparence de la collaboration participative qui sonne si branchée de nos jours (cas de l'application du règlement européen sur la neutralité des réseaux et des mesures de la qualité des accès à Internet).

    En matière d'application du règlement européen consacrant la neutralité des réseaux, l'ARCEP privilégie le dialogue pro-actif avec les opérateurs. Cela signifie une co-construction, avec les sociétés commerciales régulées, de la vision de la neutralité des réseaux, de l'interprétation du règlement européen que l'ARCEP leur appliquera. C'est comme si j'expliquais au⋅à⋅la juge qui s'occupe de mon cas suite à une bêtise de ma part, la vision, l'interprétation de la loi qu'il⋅elle est prié⋅e d'avoir avant même d'examiner mon cas. La bonne démarche serait : application ferme du principe de neutralité donc ouverture, par l'ARCEP d'une procédure contentieuse avec tous les opérateurs problématiques pendant laquelle chaque opérateur peut se défendre et expliquer son comportement puis décision de l'ARCEP.

    L'ARCEP est obligée d'avoir recours à ces tours de passe-passe car elle manque d'autorité et de moyens pour défendre sa vision de la neutralité des réseaux dans une procédure contentieuse face à 4 gros FAI qui ont des armées d'avocat⋅e⋅s pour défendre leur vision business des choses. On est typiquement dans le cas d'une justice à l'américaine où la société commerciale se paye des armadas d'avocat⋅e⋅s pour se blinder et défendre ses positions pro-businnes à coup de lobbying et d'intimidation ("si tu me régules dans un sens qui ne me plaît pas, je t'envoie mes avocats pour une looooongue procédure contentieuse, en plus de dire à la société civile que tes décisions me forcent à licencier massivement !"). Exemple concret : d'autres gendarmes des télécoms d'autres membres de l'Union européenne ont tenté de sanctionner des pratiques de zero-rating et ont vu leurs décisions contestées devant un tribunal (cas des Pays-Bas, de la Suède, et probablement de la Hongrie) et ont parfois perdu (cas des Pays-Bas) même si le verdict n'est pas encore définitif (il reste encore l'appel, la cassation, la possibilité de saisir la justice européenne, etc.).

    Ce qui me dérange le plus, c'est que l'ARCEP n'a aucune ambition politique (au sens organisation de la vie de la cité, intérêt général, etc.) ou se refuse à en porter une alors qu'elle identifie très bien les enjeux politiques de la neutralité des réseaux, de la liberté de choix du terminal d'accès à Internet, des interconnexions entre opérateurs réseaux, d'IPv6, etc. Ça transpire à grosses gouttes dans ce rapport, comme dans l'étude sur les terminaux d'accès, comme dans les consultations concernant le déploiement de la fibre optique en France. Pourtant, les citoyen⋅ne⋅s se sont exprimé⋅e⋅s auprès de leurs représentant⋅e⋅s au Parlement européen lors du vote du règlement sur la neutralité des réseaux en 2014-2015 puis encore lors de l'écriture des lignes directrices expliquant comment appliquer ce règlement, donc une vision politique propice à l'intérêt général à défendre, il y en a une toute tracée : application ferme du principe de neutralité des réseaux. Tout à l'ARCEP est réalisé selon la doctrine "on va voir avec les opérateurs ce qu'ils veulent bien accepter et on dira que c'est la ligne rouge après laquelle on sanctionnera éventuellement". Je n'admets pas qu'une autorité publique capitule aussi rapidement.

    Bref, tous les sujets sur lesquels l'ARCEP est attendue qu'elle évoque dans ce rapport traînent en lenteur par manque de conviction.

    Bref (bis), mon shaarli d'il y a quelques jours dans lequel je dénonçais l'hypocrisie de l'ARCEP entre ses prises de position publiques et ses actes ainsi que la recherche de l'épuisement de la société civile, restera d'actualité encore quelques temps…


    Neutralité des réseaux

    • La neutralité des réseaux est très majoritairement perçue sous son seul aspect performance des accès à Internet et droit de la concurrence… C'est triste. On peut pourtant exprimer des choses formidable avec peu de débit et faire des choses inutiles avec beaucoup de débit. On peut lire le monde sous d'autres spectres que celui de Saint Marché qui va tous nous sauver… Dommage. Une occasion manquée de plus…

    • Dans ce rapport, l'ARCEP réussi à rendre ambigus et soumis à discussion consensuelle avec les opérateurs des points limpides du règlement européen, notamment sur l'interdiction général de bloquer certaines applications. À ce rythme, le port 25 (qui sert à envoyer des mails) bloqué et indéblocable par l'abonné⋅e passera pour une mesure légitime afin de protéger le réseau du FAI…

    • Selon sa première analyse, l'ARCEP semble converger vers le fait que la téléphonie et la télévision sont des services gérés parfaitement légitimes, au motif que ces services ont des besoins spécifiques en qualité. L'ARCEP ne veut pas faire la différence entre un service priorisé et le service d'un acteur donné priorisé : dans le premier cas, l'opérateur priorise, via une option désactivable par l'abonné⋅e tous les services de télévision et de téléphonie disponibles en vente libre tandis que, dans le deuxième cas, l'opérateur priorise arbitrairement uniquement son service de téléphonie et de télévision à lui, ce qui constitue une atteinte franche à la concurrence.

    • Se contenter d'attendre les signalements de la société civile (associations et tout un⋅e chacun⋅e), c'est très insuffisant, mais cela contraint l'ARCEP à constater que les abonné⋅e⋅s à Internet existent et peut-être, je le souhaite, à adopter un regard d'abonné⋅e (qu'est-ce qu'il⋅elle veut, qu'est-ce qui porte atteinte à ses droits et libertés, quel cadre de régulation lui est bénéfique, etc.), et pas uniquement un regard d'opérateur, sur la régulation qu'elle pratique. Il y a plusieurs manières de voir le marché des télécoms et s'ouvrir permettrait peut-être à l'ARCEP de prendre des décisions en faveur de l'interêt général plus fortes. Le⋅a citoyen⋅ne a toujours été le parent pauvre de la régulation.

    • « En la matière, l’une des inquiétudes souvent exprimées par la société civile, dans le cadre des débats sur la neutralité d’internet, était que les FAI puissent être tentés de dégrader au cours du temps la qualité générale du service d’accès à internet de manière à proposer, à plus ou moins brève échéance, des services payants (ou plus chers) d’une qualité plus satisfaisante. Les courbes qui précèdent [ NDLR : de mesure de la qualité général d'un accès à Internet ] ne semblent pas en attester. ». Mauvaise foi détectée ! C'est bien la tournure de phrase retenue dans les lignes directrices d'application de la neutralité des réseaux mais les militant⋅e⋅s pro-neutralité des réseaux n'ont jamais dit ça : on ne dit pas que l'accès à Internet sera moins bon en général mais qu'un opérateur peut être tenté de dégrader (ou de ne pas accorder la même priorité sur le réseau) un service concurrent au sien, dégradation vers une ou plusieurs destinations qui peut échapper aux mesures de l'ARCEP.


    Prochaines étapes

    • L'ARCEP souhaite travailler sur la liberté de choix du terminal d'accès à Internet jusqu'au début 2018. À suivre.

    • À partir de demain, et pour un mois, au niveau européen, le BEREC, interrogera les acteurs sur les bonnes pratiques d'interconnexion compatibles avec la neutralité des réseaux. Sujet à surveiller de près. À la fin de l'année, l'ARCEP envisage une modification de la manière dont elle collecte les informations relatives à l'état des interconnexions. Il est très probable qu'elle se range derrière l'avis du BEREC.

    • À partir de demain, le BEREC interrogera les acteurs sur la méthodologie de mesure de la qualité des accès à Internet à utiliser et sur l'outil à préconiser pour réaliser lesdites mesures.

    • L'ARCEP va continuer à brasser du vent sur des préconisations censées favoriser le déploiement d'IPv6, préconisations que je jugeais inutiles il y a quelques mois. Je n'ai pas changé d'avis.
    06/06/2017 20:26:32 - permalink -
    - https://www.arcep.fr/index.php?id=8571&tx_gsactualite_pi1[uid]=2051
  • Smartphones, box internet, box TV, ordinateurs, consoles de jeux vidéo, TV connectées, objets connectés … L'Autorité publie une première analyse sur l'influence que peuvent avoir les terminaux sur la capacité des utilisateurs à accéder à internet

    Smartphones, box internet, box TV, ordinateurs, consoles de jeux vidéo, TV connectées, objets connectés … L'Autorité publie une première analyse sur l'influence que peuvent avoir les terminaux sur la capacité des utilisateurs à accéder à internet

    Cette étude de l'ARCEP est tout à fait lisible par le commun des mortel⋅le⋅s et il y a de jolies infographies bien pensées, donc j'en recommande la lecture (si t'as un peu de temps à perdre).

    Selon moi, ce travail de recherche est de qualité. L'ARCEP a plutôt bien compris les enjeux qui découlent de la liberté de choisir son terminal d'accès à Internet : entraves à la concurrence, vie privée, etc. Néanmoins, il lui manque les angles d'analyse suivants : choisir mon terminal = contrôle de mon réseau domestique privé, choisir mon terminal met fin à la location forcée et la liberté de choisir le terminal est une garantie que les atteintes à la neutralité des réseaux ne seront pas réalisées par le terminal au lieu d'être réalisées par le réseau (puisque c'est désormais censé être interdit).

    Pour moi, le gros point noir est le passage quasiment sous silences de la box des accès à Internet fixe. Peut-être que l'avenir est à l'Internet mobile, mais, comme le relève elle-même l'ARCEP, l'Internet mobile n'est pas un outil de production de contenus (car pas d'IP publique, car pas d'IPv6, car pas de clavier & compagnie) mais de pure consommation, ce n'est donc pas Internet au sens du règlement européen sur la neutralité des réseaux. Donc, aujourd'hui, les box posent des problèmes que l'ARCEP se refuse de lister et à travailler dessus. Elle préfère faire des analyses dans des domaines pour lesquels elle n'est pas mandatée par la loi donc pour lesquels elle n'aura / ne pourra rien à faire, c'est beaucoup plus simple ainsi. Pourtant, cette étude aurait été l'occasion parfaite pour définir la vision de l'ARCEP de ce qu'est l'interface publique du réseau des FAI (et donc, par exclusion, ce que l'abonné⋅e peut changer à sa guise) : le modem / le convertisseur fibre (approche la plus cohérente) ou la box ou bien… À ce sujet, voir : Liberté de choix du terminal sur le blog de FDN. Dans le même temps, l'ARCEP évoque la (absence de) concurrence entre les systèmes mobile, entre les magasins d'applications (et leur politique éditoriale parfois restrictive), entre les navigateurs (WTF ?! Internet != web !), les plateformes dites collaboratrices (l'ARCEP cherche-t-elle à réguler le contenu ?!), etc. Autant de sujets importants, mais qui dépassent le cadre de ses missions.

    Autre point faible, l'ARCEP considère qu'il y a des problèmes avec les box des réseaux fixes uniquement pour les utilisateur⋅rice⋅s avancé⋅e⋅s… Mais bien sûr… L'offre de téléphonie d'OVH, par exemple, est aussi facile à utiliser que celle du FAI. Pourtant elle ne sera pas privilégiée par la box (ni par l'opérateur) donc elle saccadera. C'est une atteinte à la concurrence parfaitement compréhensible par n'importe quel⋅le citoyen⋅ne. Après, que le⋅a citoyen⋅ne ne voit pas en quoi c'est grave de remettre tous ses moyens de communication entre les mains des mêmes grosses sociétés commerciales, c'est autre chose…

    Enfin, il y a quelques erreurs techniques :

    • Les sites web modernes sont tout autant capable d'afficher de la 3D et des trucs qui clignotent de partout que les applications mobiles. Cet argument est irrecevable quand il s'agit de mettre en avant le fonctionnement actuel "un problème, une application" qui me semble dangereux et naze. À ce sujet, voir : Non, je ne veux pas télécharger votre &@µ$# d’application ! sur le Framablog

    • Les professionnels achèteraient peu de terminaux. Ben, c'est loué avec la prestation d'accès, tout comme sur le marché des particuliers. Donc, forcément… Et surtout, c'est souvent lié à une prestation d'infogérance et/ou d'intervention sur site.

    • Pour moi, l'ARCEP comprend mal la fragmentation du parc Android en fonction de la version du système. Le problème n'est pas que ce système soit open-source. Le problème vient de la diversité d'acteurs sur un marché sans cesse renouvelé : une société qui vend des téléphones n'a aucun intérêt à déployer les mises à jour, car elle préfère vendre un nouveau téléphone. Une autre partie du problème est que le seul moyen d'avoir un parc peu fragmenté, c'est de mettre en place un contrôle total de la chaîne à la Apple et, ça, c'est une chose que je refuse car c'est forcément liberticide et dangereux pour la vie privée et l'innovation. Une dernière partie du problème, peut-être minoritaire, c'est que le téléphone est verrouillé pour ne pas obéir à son propriétaire et que les mises à jour ont tendance à désactiver un éventuel déverrouillage.

    Ce travail est un premier jet. L'ARCEP souhaite écouter tous les acteurs du milieu dans les 6 prochains mois avant de produire un rapport plus complet.

    06/06/2017 17:05:08 - permalink -
    - https://www.arcep.fr/index.php?id=8571&tx_gsactualite_pi1[uid]=2050
  • Quelques notes sur les BMC IBM Integrated Management Module

    Une BMC, c'est une carte contrôleur greffée à la carte mère d'un ordinateur (on trouve ça plutôt sur les serveurs) qui permet le management à distance (via Internet) de la bécane (accès console, reboot, monitoring bas niveau,...). C'est super utile en cas de panne ou de fausse manip' puisque ça évite de bouger au datacenter où les machines sont hébergées pour debug.

    Quelques notes sur les BMC IBM IMM :

    • Le login par défaut est « USERID ». Le mot de passe par défaut est « PASSW0RD » (0 est le chiffre zéro). On ne rappellera jamais assez qu'il faut se créer un nouveau compte avec le même niveau de droits et un mot de passe plus résistant puis supprimer le compte par défaut, surtout si la BMC est exposée sur Internet.

    • L'interface est très fluide, en comparaison d'un ILO 2 ou d'un iDRAC 6. C'est très agréable à utiliser.

    • Chez moi, avec un Firefox avec un profil tout propre sans aucune extension, les liens pour ouvrir la console me faisaient télécharger deux fichiers jnlp. Tout comme chez Dell, il faut ouvrir ces fichiers avec icedtea (sous GNU/Linux, au moins). Sauf que là, ça ne fonctionnait pas : Java n'arrivait pas à se connecter à la BMC pour télécharger le code Java supplémentaire à exécuter. Plus de problème en mettant à jour le firmware de la BMC à la version 1,51 (datée de mai 2016), la dernière disponible à ce jour : le lien me fait télécharger un unique fichier jnlp et il fonctionne.

    • La mise à jour du firmware, parlons-en : il faut 4 minutes après la demande de redémarrage de la BMC pour qu'elle recommence à ping. Il faut ajouter 6 minutes supplémentaires (soit 10 minutes au total) pour qu'elle recommence à répondre en SSH et via le web. Après la mise à jour, il faut effacer les cookies, le cache, enfin tout quoi, sinon une erreur s'affiche à la connexion : « Your session has been terminated due to account deletion, account disabled, session termination, or session inactivity. Click here to start a new session ».
    05/06/2017 18:06:39 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?Yo8neg
  • Quels effets produit un RAID5 logiciel avec deux supports de stockage qui foirent ?

    Une grappe RAID 5 tolère la panne d'un seul support de stockage (oui, même si tu as 6 disques, tu n'a pas une tolérance de 3 disques, mais toujours d'un seul disque). Que se passe-t-il si deux disques d'une même grappe foirent quasiment en même temps et s'il n'y a pas de disques de spare que mdadm peut automatiquement utiliser (ou que le rebuild n'a pas eu le temps d'être mené à terme) ?

    Je n'ai pas de matériel physique en quantité suffisante pour tester donc j'ai utilisé des machines virtuelles.

    Avec VirtualBox, il n'est pas possible d'installer un Debian Stable sur un RAID5 : VirtualBox freeze totalement durant l'installation, à des moments aléatoires : une fois pendant « décompression de wget » durant l'installation de base, une fois pendant la « préparation de Linux », une fois pendant… Il faut killer VirtualBox. De plus, VirtualBox ne sait retirer un périphérique de stockage à chaud.

    Avec qemu-kvm + libvirt + virt-manager, l'installation d'un système Deiban Stable se passe bien.

    Le problème, c'est que ni virt-manager, ni virsh ne semblent permettre de retirer à chaud un disque dur… Exemple avec virsh (sudo pour qu'il identifie les VM) : sudo virsh detach-disk <nom_vm> <nom_disque> --persistent (source), ça ne fonctionne pas : « error: Operation not supported: This type of disk cannot be hot unplugged ». Note : pour trouver le nom du disque, il faut lire le fichier xml de définition de la VM avec virsh dumpxml <nom_vm> ou less /etc/libvirt/qemu/<nom_vm>.xml et y trouver quelque chose de la forme : <target dev='sdc' (ici le nom à utiliser est sdc).

    On se dit qu'on va utiliser le moniteur qemu. Sauf qu'en utilisant virt-manager (et la libvirt), il n'est apparemment pas rendu disponible sur une socket (UNIX ou réseau) : un ps aux | grep qemu ne met pas en évidence un « -monitor unix:[…] ». Solution : passer par virsh (source). Exemple : sudo virsh qemu-monitor-command --hmp <nom_vm> 'info block' pour afficher les périphériques de type block de la VM. On supprime un disque : sudo virsh qemu-monitor-command --hmp <nom_vm> 'drive_del <nom_support>' (un nom de disque, ça peut être « drive-sata0-0-3 », trouvable avec « info block »). L'information que le disque a été retiré n'est pas remontée au noyau Linux de la VM donc mdadm ne peut prendre aucune mesure alors qu'on voit bien, sur l'hôte, que la date de dernière modification du qcow correspondant au disque retiré ne change pas contrairement aux 3 autres qcow (car on écrit sur la grappe ;) )… Encore plus surprenant, au reboot hard (depuis l'hyperviseur), mdadm ne rebuild pas ce disque, comme si tout c'était toujours bien passé. Et il ne semble pas y avoir d'incohérence des données. :O

    Je cherche sur le web, je cherche… et je finis par trouver : le sata hotplug avec KVM est uniquement possible si l'on utilise virtio. Logique. Je change cela dans virt-manager pour chacun de mes disques virtuels. je démarre la VM, je lance un sudo virsh detach-disk <nom_vm> <nom_disque>. Et, cette fois-ci : « Disk detached successfully ». À la prochaine lecture ou écriture sur la grappe, mdadm virera le disque. \o/

    Notons qu'on aurait aussi pu utiliser le trick suivant dans la VM : echo 1 > /sys/block/<disque>/device/delete. Le résultat est strictement identique à l'arrachage sauvage d'un disque virtio.

    Enlevons un deuxième disque. Que se passe-t-il ? À la première lecture ou écriture, / passe en lecture seule. Normal, il y a l'option errors=remount-ro dans le fstab. Ma partition de test située sur un autre volume logique LVM sur la même grappe RAID, /mnt, est aussi passée en lecture seule à la première écriture que j'ai tentée. Pourtant, dans fstab, elle a uniquement l'option defaults, qui, d'après le man, n'inclus pas errors=remount-ro. Même avec l'option errors=continue, après 2-3 tentatives d'écriture, le système de fichiers est automatiquement remonté en lecture seule. À partir d'ici, il y a donc des bouts de fichiers qui sont perdus, donc des exécutables qui ne peuvent plus être lancés : « Erreur d'entrée/sortie », « Error while loading shared librarie. ». D'autres fonctionnent parfaitement puisque leur contenu est en RAM puisque je les ai utilisés avant d'arracher les disques. Bref, on a de la perte de données avérée. C'est parfaitement cohérent avec les spécifications du RAID 5.

    Comme nos disques ne sont pas morts (et n'ont pas de secteurs défectueux ou autre), mais qu'ils ont juste été arrachés, on est dans un cas de figure spécial où l'on peut reconstruire la grappe. Au reboot, mdadm nous informe qu'il n'a pu assembler la grappe car il a marqué deux disques comme étant défectueux. On tombe donc dans l'initramfs. On lance : mdadm -A --scan --force. Cela a pour objet d'assembler la grappe RAID en réintégrant le dernier disque sorti qui est parfaitement fonctionnel et à jour puisqu'après son retrait, les systèmes de fichiers sont passés en lecture seule. Ensuite, on réintègre le premier disque dur arraché : mdadm --manage /dev/md0 --add /dev/vdd2 (pense à adapter le nom du disque). Forcément, mdadm lance un rebuild : ce disque dur-là n'est plus à jour, il y a eu des écritures depuis son retrait. Il peut aussi être nécessaire de faire un fsck manuel… Je note que errors=continue est moins sûr que errors=remount-ro, car il a conduit à la perte du fichier que j'ai essayé d'écrire avant que le système passe en lecture seule.

    On peut se demander ce qu'il se passerait si l'on ajoutait une couche de DRBD entre le RAID logiciel et le système de fichiers. J'ai aussi testé ça avec une simple partition mutualisée (point de virtualisation ou autres services compliqués). Si la panne RAID arrive sur le secondaire DRBD, DRBD passe en « UpToDate/Diskless » et l'oos s'accumule. Le primaire DRBD peut toujours écrire et continuer sa vie. Et si jamais la grappe RAID est réparée, alors le DRBD secondaire rattrape son retard. Il n'y a donc pas de perte de fichiers. Si la panne RAID arrive sur le primaire DRBD, DRBD passe en « Diskless/UpToDate ». Il est encore possible d'écrire sur le DRBD : toute l'écriture se fait en réseau. Sur le secondaire DRBD, on voit l'oos augmenter alors qu'il reste à 0 sur le primaire DRBD en panne. Si jamais la grappe RAID est réparée, alors le DRBD primaire rattrape son retard lors d'une synchronisation initiale, avant qu'il faille le nommer primaire et que la réplication se remette en marche. Aucune perte de données à déplorer dans ce cas-là non plus.

    05/06/2017 14:48:53 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?uKGFpw
  • L'ARCEP se moque de la neutralité du Net (et du reste)

    Sous l'impulsion de son nouveau (depuis 2015, tout de même) président, L'ARCEP, le gendarme des télécoms, l'autorité administrative chargée de s'assurer que la concurrence est libre et non faussée (et, accessoirement, que les droits des citoyen⋅ne⋅s sont respectés) sur le marché des télécoms et de la fourniture d'accès à Internet, se donne une image d'administration cool, accessible, branchée, avec laquelle on peut dialoguer.

    Cela se concrétise par un Sébastien Soriano (le président de l'ARCEP) un peu pompette lors des 20 ans de l'ARCEP, par le fait que l'ARCEP invite plus souvent qu'avant la FFDN (et d'autres ;) ) à venir dialoguer, par des tweets et des propos vaguement piquants de niveau cour de récréation pour hauts fonctionnaires (https://twitter.com/i/web/status/852812197889622016, https://twitter.com/JFrHernandez/status/818783298306666497) voire flatteurs / optimistes (https://twitter.com/sorianotech/status/819301965624655880, https://twitter.com/sorianotech/status/833959349240393728) et des propos de jeune branché comme le coup de l'ARCEP qui, désormais, ferait de la régulation par la data (quoi que ça veuille dire) : ça en jette, mais ça fait déjà plus de 5 ans que l'ARCEP utilise des données pour motiver ses (non) décisions (sur la qualité des accès à Internet, par exemple) et toutes les administrations qui font un boulot économétrique en ont toujours fait…

    Waaah, de telles prises de position, ça éblouit, on se sent en confiance, on a enfin un régulateur qui va agir dans le sens de l'intérêt général, c'est trop beau, c'est trop génial. Et puis, il y a la réalité.

    • Il y a les bons vieux transferts entre le public et le privé (exemple : https://twitter.com/TFurette/status/869891878220648449) accompagnés par les transferts de compétences et des positions politiques de régulation qui vont avec, ce qui donne un avantage concurrentiel. Et puis, le boss Soriano a beau être convaincu, il est nommé pour 6 ans "seulement" et c'est les petites mains qui font le taff quotidien… Et, à l'ARCEP, comme à Bercy, il y a des ancien⋅ne⋅s des PTT qui distillent encore et toujours la position favorable à Orange ;

    • Les atteintes à la neutralité du Net perdurent : on a toujours des services gérés (téléphones et télévision) sur nos box sans notre consentement, la liberté de choix du terminal d'accès (donc de la box, en gros) est toujours aussi très virtuelle, on a toujours SFR-Presse, on a toujours des ports bloqués qui ne peuvent être débloqués à la demande de l'utilisateur⋅rice, on a toujours des atteintes plus brutales comme l'altération du trafic (exemple : https://davenull.tuxfamily.org/mitm-as-a-service-3g-edition-by-bouygues/) ;

    • À trop demander l'avis des acteurs du marché, il n'y a plus que les gros qui pourront donner le leur. Oui, répondre aux consultations publiques de l'ARCEP, ça mange du temps. Oui, se déplacer dans les locaux de l'ARCEP pour causer, ça demande du budget et de la disponibilité. À ce jeu-là, il n'y a que les gros acteurs qui peuvent employer une ou plusieurs personnes à temps plein pour bosser ces questions-là. Tout ça sous l'apparence de l'ouverture et de la bonne écoute de tous les opérateurs, l'est pas belle, la vie ? Quand, 3 jours après avoir reçu l'accusé de réception de sa réponse à la consultation sur le statut zone fibrée, la FFDN est invitée à venir causer du sujet, ça flatte l'égo, mais, soit on le voit sous l'aspect positif "chic, elle veut écouter ce qu'on raconte, c'est super !", soit on lit aussi ça sous l'aspect de l'épuisement de la société civile. En effet, notre réponse fait 7 pages, ne parle pas technique et n'aborde aucune notion que nous n'avons pas déjà abordé lors d'une réponse précédente qui a déjà fait l'objet d'un rendez-vous. Lire suffit, pas besoin de blablater.

    • Une ARCEP à l'écoute ? Oui, tant qu'on ne l'égratigne pas trop. Quand la société civile (FFDN et La Quadrature) écrit une tribune qui dépasse un peu, hooooo, elle est modifiée par l'ARCEP avant publication dans son rapport sur l'état de l'Internet.

    Et puis, surtout, il y a les aveux. Comme celui lors de la réunion du 18 avril 2017 entre la FFDN et l'ARCEP portant sur le rapport sur l'état de l'Internet : la société civile ne serait pas assez présente, ne ferait pas assez de retours, sous-entendu : tant que la société civile n'est pas là pour faire pression, on va roupiller, bisous. Voilà, tout est dit. C'est une inversion complète de la charge : les textes (lois et règlements) instituent l'ARCEP comme gendarme des télécoms mais non, elle refuse, c'est à la société civile d'exercer en permanence ce rôle-là, bénévolement, en plus ! De qui se moque l'ARCEP ?! J'pense que, moi aussi, j'vais déléguer mon boulot d'adminsys à la société civile, ça me rendra la vie plus facile. Nan mais please quoi…

    En matière de neutralité du net, tout aura été fait pour traîner les pieds. Après l'adoption du règlement européen, les régulateurs télécoms européens nous ont joué l'air de pipeau "on ne sait pas comment appliquer ces règles trop imprécises et faudrait se mettre d'accord pour appliquer tout bien tout pareil dans toute l'Union" (et cette prise de position a du sens !). Tout ça pour publier des lignes directrices communes qui, certes, affirment des principes forts, mais qui, sur les points conflictuels (zero-rating et services gérés/spécialisés, par exemple), laissent beaucoup de latitude (et donc d'insécurité à agir) à chaque régulateur national pour interpréter le texte… L'objectif de départ n'est donc point rempli et les régulateurs ne sont pas incités à agir. Maintenant que les règles sont à peu près fixées, l'ARCEP fait le coup de fermer les yeux et de se boucher les oreilles en disant "tant que je ne vois aucune atteinte à la neutralité du net, tout va bien". Sérieusement…

    Je réfute la position de Soriano selon laquelle il faut que la société civile soit patiente (source : https://twitter.com/sorianotech/status/869854982190895105) : les magouilles perdurent des années et permettent à ceux qui les commettent d'engranger des milliards d'euros avant que le régulateur ne se bouge, tout ça pour infliger une amende de seulement quelques millions tout au plus. À ce jeu-là, les gros acteurs n'ont aucune raison de devenir honnête donc c'est trop facile. Sans compter les services qui ne voient pas le jour à cause des pratiques anti-concurrentielles que l'ARCEP laissent être commises ! Cela fait 20 ans que la société civile (et les petits et moyens opérateurs) rabâche les mêmes biais dans l'ouverture du marché qui profite au gros historique en situation de monopole qui a ainsi pu profiter des bienfaits de l'ouverture sans en subir les éventuels méfaits (du point de vue du gros acteur, c'est-à-dire la concurrence libre et non faussée)… Pourtant, en 2017, l'ARCEP semble toujours découvrir la vie (sur la qualité des interconnexions, sujet vieux d'au moins 7 ans ou sur la liberté de choix du terminal, par exemple)…

    Alors oui, c'est vrai, l'ARCEP travaille ses nombreux sujets, produit du papier, mais ça, elle l'a toujours fait, sans pourtant essayer de briller en société. Oui, l'ARCEP ne prenait pas ce ton décomplexé avant, donc il y a du changement. Mais un ton ne sert à rien sans actes. Quand est-ce qu'on passe aux actes ? Pour l'instant, je vois uniquement une belle vitrine, mais rien de concret. Toute la position publique de l'ARCEP n'est que du marketing. La tyrannie du cool est encore passée par là.

    Bref, méfions-nous du miroir aux alouettes et continuons de surveiller collectivement toutes les prises de positions et les décisions de l'ARCEP avec un regard fortement critique.

    02/06/2017 12:20:00 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?qCCbxw
  • Enercoop - L'énergie militante

    Enercoop est un ensemble de coopératives situées un peu partout en France dont les objectifs sont d'être un fournisseur coopératif d'électricité (au même titre qu'EDF) provenant à 100 % de sources renouvelables et de fédérer producteur⋅rice⋅s locaux et consommateur⋅rice⋅s. Il y a également un objectif fort de traçabilité (qui produit mon énergie ?) qui est rempli en ayant un contrat direct avec chaque producteur⋅rice d'énergie. Il y a enfin une volonté d'encapaciter le plus grand monde concernant la maîtrise de son empreinte énergétique.

    J'ai rejoint Enercoop Midi-Pyrénées en mars 2017 en tant que consommateur. Tu comprends donc que je découvre le milieu de la fourniture d'énergie et qu'il faudra prendre le reste de ce shaarli avec des pincettes. Lors de l'Assemblée Générale 2017 d'Enercoop Midi-Pyrénées, j'ai constaté qu'il y avait des motivations très diverses pour prendre part à Enercoop : consommer autre chose que du nucléaire, traçabilité de sa consommation électrique, etc. Pour ma part, j'ai adhéré pour comprendre comment se déroulent la production et la fourniture d'énergie en France. : quels sont les tours de passe-passe de l'acteur historique (EDF) et de l'État ? comment cela fonctionne-t-il techniquement (qui met de l'électricité dans ma maison et comment ?) et administrativement (acteurs, facturation, etc.) ? Quels sont les problèmes éthiques et politique (vie de la cité) qui se posent dans ce secteur et comment peut-on les résorber ?

    Notes sur les Statuts

    De prime abord, dans les Statuts de la coopérative Midi-Pyrénées, il y a des éléments qui sont à la limite de ce que je considère acceptable :

    • L'élection des membres du CA en AG se fait à bulletin secret #transparence ;

    • Il est possible que des informations confidentielles ne soient pas communiquées aux membres de la coopérative #transparence ;

    • Les mandats du CA sont de 4 ans #cristallisation_de_la_structure #création_de_superhéros_indéboulonnables ;

    • Il est possible d'avoir des jetons de présence, donc de la rémunération de la participation #dérives ;

    • Le⋅a directeur⋅rice général⋅e est nommé (on ne sait comment) par le président lui-même élu par le CA lui-même élu par les membres. #complexitude.

    Notons qu'il y a aussi des choses positives. J'aime bien le vote dichotomique : pour une résolution ou contre. L'abstention se compte comme un vote contre.


    Informations pratiques pour souscrire un abonnement de fourniture d'électricité chez Enercoop

    • En t'abonnant à Enercoop, tu ne risques pas de subir des coupures électriques ou cheppa quels autres délires : tu es raccordé⋅e au même réseau électrique habituel, celui possédé par le public et opéré par Enedis (ex-ErDF). Enercoop n'intervient que dans un jeu de facturation. On n'opère pas sur le réseau électrique en devenant fournisseur d'électricité d'une manière aussi libre que ce que l'on opère en devenant Fournisseur d'Accès à Internet alternatif, qui, pour le coup, peut plonger ses abonné⋅e⋅s dans le noir.

    • La souscription à une offre de fourniture d'électricité par Enercoop se fait totalement sur leur site web. Si tu souscris à une puissance électrique différente de l'actuelle, alors un⋅e technicien⋅ne Enedis (ex-ErDF) devra se déplacer jusqu'à ton compteur, donc j'imagine qu'il y a un coût supplémentaire ;

    • T'es invité⋅e à devenir sociétaire (entrer dans le capital, avec droit de vote en AG tout ça), mais ce n'est pas obligatoire (et l'ouverture d'une ligne te coûtera alors 36 € TTC de frais de dossier Enercoop) ;

    • Si Enercoop n'est pas sûre d'avoir assez de producteur⋅rice⋅s pour fournir ton compteur, alors tu seras en attente. L'ouverture d'une ligne peut donc être instantanée ou prendre plusieurs mois ;

    • Payer mensuellement (mensualisation) est uniquement possible après 1 an d'ancienneté. Si tu ne disposes pas d'un chauffage électrique, tu peux demander ta mensualisation au bout de 4 mois d'ancienneté ;

    • Enedis (ex-ErDF) applique un profil type de consommation en fonction de la puissance souscrite. Genre j'ai souscris un compteur 3 kVA, c'est évident que je vais consommer 67 kWh sur un mois… sauf que non : je consomme environ la moitié. Il est possible d'auto-déclarer sa consommation sur l'agence en ligne Enercoop qui communique directement ce chiffre à ErDF. On va bien voir si ErDF m'applique un profil moins gourmand dans les mois à venir.


    Mes notes sur le monde merveilleux et opaque de la production et de la fourniture d'électricité

    • La fourniture d'énergie est d'une complexité folle. J'entends des personnes se plaindre que l'informatique c'est compliqué, que les Fournisseurs d'Accès à Internet associatifs c'est hyper giga méga difficile à appréhender, hé bah, la fourniture d'énergie, c'est bien pire. Il y a une multitude d'acteurs (les régies communales/intercommunales à qui appartiennent le réseau de distribution qui est donc public, les entreprises locales de distribution (genre Électricité de Strasbourg), les opérateurs de transports (ErDF pour le réseau capillaire et RTE pour les lignes haute-tension), les producteur⋅rice⋅s, etc.), il y a de la réglementation bien lourde à digérer (genre telle taxe t'es remboursée si tu fais ci ou ça…), il y a des modèles économiques pas simples à appréhender, etc. Je retiens principalement que, macroscopiquement, le marché de l'énergie ressemble au marché de la fourniture d'accès à Internet : à un moment donné de l'histoire, on a voulu ouvrir le marché à la concurrence mais attention, faut pas que ça fasse bobo à notre champion national en situation de monopole (EDF sur l'énergie, Orange sur l'accès à Internet). Donc, on a ouvert le marché tout en posant des règles suffisamment tordues et compliquées pour que le géant soit le moins embêté possible tout en veillant à ce que ça soit suffisamment ouvert pour ne pas se faire taper sur les doigts par l'Union Européenne… Ainsi, on a fait de l'ouverture de marché qui profite au gros historique en situation de monopole : cet acteur a pu profiter des bienfaits de l'ouverture sans en subir les éventuels méfaits… Du protectionnisme d'État, dirigé vers un seul acteur, en gros. Et, quoi que tu fasses, tu finiras par croiser la route de l'acteur dominant, sauf à monter ton propre réseau… ce qui est infaisable à l'échelle d'une association ou d'une coopérative.

    • Je note qu'Enercoop est encore très centralisé, très Jacobin : tout est piloté par Enercop national. Tous les contrats sont signés avec Enercoop national : le⋅a producteur⋅rice et le⋅a consommateur⋅rice signent avec Enercoop national. Quand Enercoop national décide de faire un emprunt obligataire, pouf les coopératives Enercoop régionales doivent y souscrire dans la foulée, sans avoir pu consulter leur AG (vive le pouvoir de décision !). Les Enercoop régionales ne servent qu'à faire de la communication auprès du public, à démarcher des producteur⋅rice⋅s locaux et à avoir un tissu humain entre membres de la coopérative. Enercoop national reverse une commission pour tout nouveau⋅elle producteur⋅rice démarché⋅e par une Enercoop régionale. Même chose pour un⋅e consommateur⋅rice. Cette commission est payée une seule fois, au moment où le contrat est apporté. C'est donc le meilleur moyen de s'assurer que les Enercoop régionales n'ait pas beaucoup de moyens financiers. À ce sujet, les choses bougent tout doucement et Enercoop national devrait devenir peu à peu Enercoop Paris et avoir le même poids que les autres coopératives.

    • De l'énergie provenant à 100 % de sources renouvelables, vraiment ? Techniquement, Enercoop ne peut pas garantir qu'un électron issu d'une centrale nucléaire n'ira pas dans l'habitation d'un⋅e abonné⋅e Enercoop. En effet, il y a un seul et même réseau électrique : d'un côté, les producteur⋅rice⋅s et, de l'autre, les consommateur⋅rice⋅s, avec, au milieu, un équilibreur, c'est-à-dire une société qui s'assure que, dans le réseau, il y a, à chaque instant, autant d'énergie produite que d'énergie consommée (si y'en a moins -> coupure de courant, si y'en a trop -> problème car on ne sait pas la stocker). Le réseau ne sait pas router pour identifier une ligne et dire "ici j'envoie que du renouvelable", toute l'énergie injectée sur le réseau est mélangée, peu importe son origine. Tout ce qu'Enercoop peut garantir, c'est qu'elle a acheté autant d'électricité renouvelable à des producteur⋅rice⋅s locaux que le profil de consommation cumulé de l'ensemble de ses membres. C'est donc une couverture légale, pas du tout une réalité technique. Mais, ça respecte parfaitement la définition légale de "100 % renouvelable".

    • 100 % en contrat direct, vraiment ? Un des objectifs d'Enercoop, c'est de connaître tous les producteur⋅rice⋅s qui lui vendent de l'énergie. Néanmoins, les années passées, il y a eu des pics de consommation couplés à des baisses de l'approvisionnement genre des producteur⋅rice⋅s n'ont pas eu le rendement espéré/contracté à cause des intempéries, Enercoop n'a pas su trouver autant de producteur⋅rice⋅s que nécessaire pour accompagner son augmentation croissante et rapide du nombre de consommateur⋅rice⋅s, etc. Du coup, de l'énergie a été achetée à d'autres collectifs (et non plus en direct à des producteur⋅rice⋅s), notamment belges. C'est toujours de l'énergie renouvelable (avec le tampon qui le prouve), mais plus en contrat direct. À toi, le⋅a fidèle défenseur⋅euse du nucléaire, je voudrais t'informer que non, le nucléaire n'est pas plus indépendant du climat : à chaque vague de chaud, des réacteurs nucléaires sont éteints ou ralentis en France, faute de pouvoir les refroidir suffisamment (17 réacteurs lors de la canicule de 2003 soit 4 gigawatts de moins produits (3,5 % de la production nationale), et 8 gigawatts à l'été 2009, source). Nucléaire ou renouvelable, il n'y a point de production constante assurée.

    • Enercoop (dans son ensemble) essaye de pallier aux problèmes des points précédents mais c'est un problème très difficile à résoudre. Le seul moyen de garantir une consommation 100 % renouvelable d'origine 100 % contrôlée, c'est de construire un réseau électrique parallèle. Pour l'origine directe, on peut : soit acheter sur la bourse/le marché de l'énergie (chose qu'Enercoop a toujours refusé de faire, par éthique), soit souscrire des contrats de production surdimensionné mais l'énergie produite en surcapacité coûtera plus cher à produire que ce qu'on pourra espérer la revendre sur le marché, soit on produit l'énergie nous-même mais alors le ticket d'entrée dans la coopérative ne sera pas du tout le même (or, les Statuts actuels veulent une coopérative accessible au plus grand nombre de personnes), tout comme le délai avant d'avoir une ligne électrique facturée par Enercoop.

    • Pour ma part, j'ai noté qu'il y a encore trop peu de supports de formation permettant de comprendre le fonctionnement d'Enercoop (genre les commissions d'Enercoop national) et le fonctionnement de la production et l'acheminement d'électricité, ce qui n'aide pas à s'encapaciter sur la question de la production et la fourniture d'énergie électrique. J'ai vraiment senti un manque chez plusieurs participant⋅e⋅s à l'AG d'Enercoop Midi-Pyrénées. Mais, il suffit de demander et, généralement, tu trouves un⋅e interlocuteur⋅rice qui peut te filer plus d'infos que tu ne peux en digérer. Idem sur la transparence, il y a des progrès à faire : Enercoop national décide encore trop tout seul (cas du prêt obligataire), il a fallut du temps à plusieurs militants avant de faire publiquement reconnaître que l'objectif « 100 % contrat direct » n'a pu être tenu les dernières années, les 3 dernières résolutions votées en 2 minutes et sans explication à la fin de l'Assemblée Générale 2017 d'Enercoop Midi-Pyrénées, etc. Mais, là aussi, y'a une volonté de s'améliorer donc c'est OK pour moi, affaire à suivre.

    • Je comprends désormais l'intérêt du Linky, le compteur électrique "connecté" fortement poussé par ErDF (Enedis, qu'il faut dire pour être jeune et branché⋅e) à coup de lobbying intensif : c'est un investissement qui permettra, à terme, de réduire le risque d'impayés et d'augmenter les marges. Ben oui, plus besoin de facturer des profils-type pour ensuite facturer le trop-consommé ou de rembourser le trop-perçu : avec le Linky, le gestionnaire du réseau, ErDF, a immédiatement la consommation réelle au lieu d'attendre 1 an qu'un⋅e technicien⋅ne se déplace et valide définitivement la consommation. Cela signifie que ça permet également un équilibrage (brassage entre producteur⋅rice⋅s et consommateur⋅rice) plus fin, donc d'acheter à flux tendu pile poil l'énergie nécessaire, ce qui signifie pas besoin de revendre sur le marché, possiblement à perte, l'énergie achetée en surcapacité. Et, évidemment, ça permet de ne plus payer de prestataires pour faire le relevé annuel du compteur, bien que sur ce point, je n'y suis pas totalement défavorable en cela que ça m'apparaît être un bullshit job… qui permet néanmoins d'employer des gens en l'absence de salaire de base ou équivalent. J'ai cru comprendre que le Linky bénéficierait aussi aux fournisseurs alternatifs (comme Enercoop), en cela que ça réduit la provision budgétaire que ce fournisseur doit conserver pendant un an. Après réflexion, je pense que ce n'est pas le point clé qui rend compliquée la vie des fournisseurs alternatifs et que, de toutes façons, même avec le Linky, l'asymétrie entre le géant EDF et les nains est préservée voire amplifiée donc, partant de là…


    Comment contribuer à Enercoop ?

    Alors, de ce que j'ai retenu (liste forcément non exhaustive) :

    • Devenir sociétaire : plus de capital -> plus de projets ;

    • Faire de la pub et de la sensibilisation auprès des consommateur⋅rice⋅s et démarcher de nouveaux⋅elles producteur⋅rice⋅s dans la localité de ta coopérative d'adhésion. À ce sujet, au moins chez Enercoop Midi-Pyrénées, il y a la volonté de créer des groupes locaux, c'est-à-dire des entités informelles qui travaillent à une granularité inférieure à celle d'une Enercoop régionale et qui ont pour but de fédérer les gens, de créer du lien social, de faire de la communication, de démarcher des producteur⋅rice⋅s, etc. partout où plusieurs volontaires Enercoop sont disponibles, au plus près du terrain.
    01/06/2017 18:27:30 - permalink -
    - http://www.enercoop.fr/
  • [ Mes notes du THSF #8 ] THSF #8 - 25-28 mai 2017

    Du 25 au 28 mai 2017, c'était le 8e Toulouse Hacker Space Factory, événement dédié au hacking et à l'art. Voici mes notes concernant les conférences auxquelles j'ai assisté.


    Projet Neo900 : smartphone matériel et logiciel libre.

    Origine du projet : dès 2006, OpenMoko. Plusieurs modèles furent imaginés : gta01 (réservé aux devs), gta02 / freerunner, gta03 (resté à l'état de prototype), gta04 n'a jamais vu le jour. Une boîte Allemande, Golden Delicious, qui est la société d'un des dev principaux d'OpenMoko a sorti une version gta04 améliorée. À partir de ce moment-là, il s'est diffusé dans la communauté un message de désespoir "c'est impossible à faire".

    2010 : Neo900, reprend le design (la conception) du Nokia N900 en y ajoutant plus de RAM et un CPU plus véloce. L'équipe pensait ne pas avoir à changer le hardware mais perdu, zont voulu faire entrer un modem plus gros qui a obligé à de grosses modifs. On est actuellement au prototypage v2. But du Neo900 ? Ouvrir la voie à d'autres.

    Le Neo900 est totalement Open Hardware même si l'étape de layout (dessiner le circuit imaginé) est secrète car y'a que quelques gros acteurs commerciaux qui ont le matos pour faire ça. Le projet se concentre sur le matériel, il n'y a pas de système fourni avec. On pourra y mettre du Replicant ou du Mimo Devuan (Debian pour ordiphone).

    Qu'est-ce qu'on cherche à faire ? Pour avoir l'autorisation de vendre un téléphone sur le marché, il y a des règles très strictes concernant la puce radio GSM, ce qui fait qu'il y a très peu d'acteurs économiques qui en produisent et en vendent. C'est donc un milieu opaque. La puce radio (nommée baseband) est pourtant un deuxième ordinateur au sein de nos téléphones : il y a le processeur principal, celui qui fait tourner Android et les applications et il y a la baseband. Celui-ci a parfois accès à la RAM du système Android et à la carte SD. C'est comme cela que fonctionne le verrouillage à distance des téléphones après un vol : le réseau GSM donne un ordre à la baseband qui a le pouvoir de l'exécuter. Mais donc, ça signifie que la baseband peut servir à tout : espionner, exfiltrer des données, détruire un téléphone, etc.

    Il existe 3 téléphones qui protègent contre l'espionnage par le réseau GSM :

    • Neo900. Cette protection se fait par un isolement physique de la puce baseband sur le circuit imprimé. Toute demande d'accès, toute action passe par le CPU principal donc par le système Android qui peut l'autoriser ou la refuser. Ainsi, le mode avion prive totalement d'électricité la puce baseband.

    • CryptoPhone 500. Conçu par des gens du CCC. Il s'agit d'un reverse engineering de la baseband et d'un pare-feu logiciel qui bloque tout ce que la basebandd émet/reçoit et qui ne plaît pas. Inconvénient : il faut être sûr d'avoir complètement reversé la puce sinon le pare-feu laisse passer des choses…

    • Bull Hoox M2. Il est équipé d'un processeur cryptographique. Tout ce qui circule sur le circuit imprimé serait chiffré donc in-interceptable par la baseband. Inconvénients : Bull + le fait que le processeur cryptographique a une architecture fermée.

    Il y a moyen de transformer un Nokia N900 en Neo900 en dessoudant des composants et en en soudant d'autres. L'ennui, c'est de trouver des stocks de composants. Le projet a 250 "kits" en stock sur les 800 précommandes. À cela s'ajoute le coût de l'impression des prototypes : à plusieurs milliers d'euros pour une impression, mieux vaut ne pas se tromper. À côté de ça, Samsung peut perdre 3 milliards d'euros dans un rappel commercial pour une batterie défectueuse. On ne joue vraiment pas à la même échelle.


    L'aide « effective » de la collaboration des hackers lors d'investigation (présentation de l'association Nothing2hide)

    Nothing2hide : association de formation aux journalistes. Non, les cryptos parties ne sont pas adaptées à la formation de journalistes car les journalistes sont avant tout… des journalistes donc expliquer direct le chiffrement à des gens qui ne savent pas qu'un ordinateur a un disque dur ni comment fonctionne Internet dans les grandes lignes, ça ne sert à rien. Il faut de la formation dans le temps et il faut des outils qui fonctionnent.


    Les petits secrets de la redevance « copie privée »

    Origine : loi Lang du 3 juillet 1985 sur les droits voisins du droit d’auteur puis directive européenne de 2001

    Fonctionnement : pour une copie réalisée par un particulier, à partir d'une source licite, les sociétés de gestion des droits d'auteur touchent une somme d'argent comme un dédomaggement pour la copie réalisée

    Combien : 236 millions d'euros/an en France. La France représente 39 % de toute la redevance copie privée reçue en Union Européenne.

    Problèmes :

    • Le barème est compliqué : il dépend du support et la méthode de calcul change (il y a des calculs par frais fixe, d'autres par taux, d'autres par durée, d'autres par quantité, etc.)

    • La barème et l'assiette (les supports assujettis) sont décidés dans une commission administrative rattachée au ministère de la culture. Statutairement collégiale, mais, en réalité, on y retrouve les bénéficiaires de la redevance contre les redevables et les voix des redevables sont éparpillées entre deux collèges aux intérêts divergeants. Ça et le "hasard" des nominations décidées par le ministère de la culture font que cette instance représentante uniquement les intérêts des sociétés de gestion des droits d'auteurs.

    • Les barèmes sont établis en fonction d'études d'usage (sondage auprès de la population) secrètes. Sauf que la question était mal posée jusqu'en 2007/2008 car elle prenait aussi en compte les copies réalisées à partir d'une source illicite alors que la loi spécifie clairement qu'il faut prendre en compte uniquement les usages licites. L'orateur a eu accès au questionnaire du sondage et il prévoit que le sondeur demande une fouille du disque dur par ses soins afin d'identifier les usages ! Ensuite, le sondeur demande « est-ce que tout cela est légal ? ». Forcément que le sondé ment… donc ça majore la redevance copie privée.

    • En France, on a choisi de prélever cette redevance au plus haut niveau de la chaîne, lors de l'importation sur le territoire national. Sauf qu'à ce moment-là, on ne sait pas si les supports seront destinés à un usage pro ou particulier. Or, la loi spécifie que seuls les particuliers sont redevables. Les pros doivent se faire rembourser. La procédure est prévue depuis 2011 (seulement !) mais sous réserve de fournir une facture détaillée qui indique la redevance payée… Sauf que les revendeurs ne l'indiquent pas car il faut avoir un système d'information à jour, comprendre le barème imbitable, etc. Donc remboursement impossible.

    • Plusieurs barèmes ont été annulés par le Conseil d'État (à cause des copies illicites et des usages pros pris en compte à tort). Les sociétés de gestion des droits d'auteurs n'ont rien remboursées car les gens floués sont trop nombreux et répartis qu'il est impossible de les identifier et d'identifier précisément la somme à leur verser. On estime que 500 millions d'euros ont été prélevés à tort depuis 2001.

    • L'État n'a aucun intérêt à changer ce système : la redevance copie privée s'applique sur le prix hors taxes. Donc la TVA est calculée sur le prix du support + la redevance. Donc l'État reçoit 20 % de la redevance soit 20 % de 236 millions d'euros chaque année.

    • 25 % de la somme perçue par les organismes de gestion des droits doit servir à financer les animations et spectacles de rue. C'est donc un bon moyen de garder le contact avec les élu⋅e⋅s locaux : leur attention sera plus aiguisée lors de lobbying. Cela peut expliquer pourquoi les parlementaires (qui cumulent souvent avec des mandats exécutifs locaux) votent en très grande majorité les textes soutenus par les ayants-droits. Les 75 % restants doivent être redistribués aux artistes mais aussi à financer l'organisme de gestion des droits, y compris les actions de lobbying (c'est explicitement prévu dans la loi).

    • Le ministère de la culture n'a aucun intérêt à changer ce système : il y a moins de sous à sortir/trouver pour financer les animations de rue et les spectacles vivants.

    • Depuis la loi Création de juin 2016, les affectations des 25 % des sommes perçues doivent être publiques, régulièrement mises à jour, accessibles en ligne, dans un format facilement réutilisable. L'Open Data est en marche… Sauf que le décret de mise en œuvre n'est toujours pas sorti et que la loi ne prévoit aucune sanction pour les sociétés de gestion des droits qui publieraient rien.

    • Apparemment, les ordinateurs fixes et portable ne sont pas soumis à la redevance. Les sociétés de gestion de droits envisagent de soumettre les PC hybrides (ordinateurs avec écran pliables, à mi-chemin entre la tablette et l'ordinateur). Si elles y parviennent, ce sera ensuite le tour des PC portables puis des PC fixes. Elles réfléchissent aussi à étendre la redevance aux imprimantes 3D.


    « titre [placeholder] mystérieux »

    La non conférence de jz. jz souhaite partager ses questionnements et entendre le public.

    Questionnements :

    • Comment peut-on essayer d'apprendre à chercher au-delà de nos habitudes ? Exemple : à chaque loi liberticide, LQDN sort un communiqué et le piphone. Est-ce le plus adapté ? À chaque problème qu'on identifie, on se ligue en association. Est-ce toujours la solution la plus adaptée (on peut penser à des groupes informels, par exemple) ? Le format de conférences à chaque événement "hacker" est-il le plus adapté ?

    • Quel format pour être ensemble ? Inclusivité mais pas seulement.

    • Comment éviter le piège de l'institutionnalisation ?

    Brides de réponses de la salle :

    • Expérience concrète en direct : il ne suffit pas de passer le micro à une minorité identifiée (une femme, dans le cas présent) pour que magiquement, cette minorité se mette à parler.

    • Il faut des lieux symboliques pour faire naître des projets par la réunion improbable de gens. Exemples : un banc dans un couloir (la personne évoque que son taff se passe comme ça) ou un bar dans les hackerspace afin d'obtenir un mélange des discussions type bar PMU.

    • Il faut revenir sur la division du travail / des tâches : plus on divisera, plus on favorisera l'individualité.

    • Y'a des techniques pour faire tourner la parole. Exemple : cercle Samouran (je ne suis pas sûr de la manière de l'écrire), 2 cercles de chaises, un externe, un interne. Le cercle interne est actif, c'est là où se déroule la parole. Il doit être petit afin que le dialogue se fasse et il doit toujours avoir une chaise vide. Le cercle externe est en observation. Si quelqu'un⋅e du cercle externe veut participer, une personne du cercle interne doit passer dans le cercle externe.

    À mon avis, l'inclusivité, l'ouverture aux autres, le travail collaboratif, tout ce que tu veux, ne se décident pas taktak, de même que la sécurité informatique est un long processus continu et pas un but final en elle-même : il faut que le groupe ait la volonté d'être ouvert/participatif/tout_ce_que_tu_veux. Sans ça, on pourra utiliser toutes les méthodes d'organisation de la prise de parole que l'on veut, rien ne fonctionnera. Exemple : la méthode du cercle Saouran ne fonctionnera pas car une personne du cercle externe n'osera jamais rejoindre le cercle interne car ça signifie faire dégager quelqu'un⋅e qui participe au débat. Ça revient au même que de faire circuler des micros aux minorités présentes en espérant que, magiquement, elles prennent la parole.


    Pourquoi Pôle Emploi nous déprime et comment y remédier ?

    Dossier complet à retrouver en http://www.hacking-social.com/2016/08/29/pe1-pourquoi-le-pole-emploi-nous-deprime-et-comment-y-remedier/ . Objectif de ce site web : comprendre les normes/représentations sociales, ce qui nous borne, ce qui nous conditionne.

    • Factuellement, Pôle Emploi (Popole) n'est pas efficace en dehors des contrats aidés pour aider à retrouver du travail. Voir : https://i1.wp.com/www.hacking-social.com/wp-content/uploads/2016/08/pole-emploi-fail.png?resize=768%2C458

    • Il règne chez Popole une atmosphère de suspicion constante que le⋅a chômeur⋅euse a mal fait les choses. Même quand Popole perd une pièce justificative. Le⋅a chômeur⋅euse est toujours fautif⋅ve.

    • Parfois, les agent⋅e⋅s de Popole sont humiliant⋅e⋅s : l'orateur raconte qu'il a un jour osé demander son mot de passe Popole après l'avoir oublié et qu'il s'est retrouvé inscrit à une formation sur le fonctionnement d'Internet…

    • Popole est infantilisant. Cas de cette infographie, par exemple : http://www.ledauphine.com/social/2017/05/24/pole-emploi-l-infographie-qui-fait-polemique . Le⋅a coupable, c'est le⋅a chômeur⋅euse, il⋅elle ne fait rien pour avoir une attitude de vainqueur ! Dans notre société, il faut être compétitif, bon sang !

    • Posons du vocabulaire : attribution causale = trouver la cause d'un comportement. Il y a deux types de causes :

      • Interne : on explique la conséquence par la personnalité, l'individu. Exemple : monsieur Dupond a l'air résigné ce matin à Popole donc l'agent⋅e lui prescrit un stage de motivation. Ben oui, M. Dupond ne fait aucun effort, c'est à lui d'être motivé !

      • Externe : on explique la conséquence par l'environnement externe social, culturel, etc. Exemple : l'agent⋅e essaye de comprendre pourquoi notre même M Dupond tire la tronche ce matin : il n'est pas motivé car il vient d'être victime d'un licenciement économique et se retrouve, pour la première fois de sa vie à Popole, à 50 ans. Y'a plus valorisant et gratifiant dans la vie.
    • Ainsi :

      • Une personne « interne allégeante » expliquera tout ce qui lui arrive par des causes internes, sans tenir compte de l'environnement. Exemple : "je n'ai pas obtenu cette prime car je n'ai pas fait assez d'efforts pour la recevoir donc je ne la mérite pas ".

      • Une personne « externe allégeante » expliquera tout ce qui lui arrive par des choses externes à sa personne mais sans remettre en cause l'environnement et/ou la structure. Exemple : "je n'ai pas obtenu cette prime alors que j'ai fait tout ce que j'ai pu car je n'ai pas eu de chance, c'est comme ça".

      • Une personne « externe non allégeante » expliquera tout ce qui lui arrive par des choses externes à sa personne, mais en prenant en compte l'environnement et/ou la structure. Exemple : "je n'ai pas eu de chance pour obtenir cette prime, cela semble signifier que la prime n'est pas attribuée au mérite mais sur des critères plus obscurs et pas forcement valables". Cette personnes a des germes de contestation sans se donner les moyens de critiquer ni d'agir pour identifier et bannir la cause sous-jacente (l'injustice, dans notre exemple).

      • Une personne « interne non allégeante » expliquera tout ce qui lui arrive par des choses à la fois interne à sa personne (elle sera s'attribuer une victoire ou un fail personnel) mais aussi identifier et critiquer un problème dans l'environnement et/ou la structure en considérant son rôle social, en se considérant comme un individu dans un tout. Exemple : "je méritais cette prime mais elle n'est pas attribuée au mérite et je ne l'ai pas obtenue à cause de mon rôle social : être syndiqué et m'être opposé à la hiérarchie y'a pas longtemps". Le contexte social, être syndiqué dans cet exemple, est mis en valeur sans pour autant nier les fails personnels.
    • Nous adoptons des attributions interne/externe sur commande, afin de plaire aux autres dans une situation donnée. Nous intégrons le principe d'internalité (tout expliquer par la personnalité, l'individu) à partir de 8 ans.

    • Choisir une cause au détriment d'une autre, c'est une erreur d'attribution. Exemple : expliquer à une femme violée qu'elle l'a bien cherchée avec ses fringues et/ou son comportement. Il s'agit d'une attribution interne sans regarder l'environnement… Même chose quand on explique l'échec scolaire exclusivement par des attributions causales internes à un⋅e élève alors que l'Éduc' Nat' n'est pas toute blanche non plus.

    • Des études ont été réalisées : dans la fonction publique, il n'y a pas de différence entre les cadres et les petites mains, l'internalité allégeante est privilégiée au même niveau. Cela semble s'explique par une hiérarchie bien établie. Dans le privé, l'internalité allégeante est toujours privilégiée mais il y a une réelle différence entre les cadres et les exécutant⋅e⋅s : les cadres sont plus internes allégeant⋅e⋅s. D'une manière générale, l'internalité allégeante est caractéristique des groupes sociaux favorisés. Quand il s'agit de recruter, forcément ces gens préfèrent des internes allégeant⋅e⋅s même moins performant⋅e⋅s au détriment de personnes externes performant⋅e⋅s.

    • Les assistant⋅e⋅s sociales et les institutions de travail social (missions locales, par exemple) et Popole donnent de meilleurs pronostics de s'en sortir aux personnes internes allégeant⋅e⋅s. Les internes/externes allégeant⋅e⋅s ont tou⋅te⋅s un bon pronostic pour leur retour à l'emploi. L'interne allégeant⋅e est toujours décrit⋅e avec des termes positifs, ce qui n'est pas le pas des internes non allégeant⋅e⋅s. L'interne allégeant⋅e n'est associé⋅e à aucune pathologie psychique alors que l'interne non allégeant⋅e se voit attribuer au moins une pathologie psychique. De là découle un formatage de ces institutions.

    • Tu te sens écrasé⋅e par Popole ? C'est que tu n'es pas dans ce formatage institutionnalisé de l'internalité allégeante. C'est peut-être une bonne nouvelle, non ? :)

    • Les personnes internes allégeantes se comparent selon leur salaire, leur grade, leurs compétences, etc. Il faut forcément se comparer à l'autre. Popole n'est qu'un reflet de la société ?

    • Ne pas oublier que le chômage est aussi un temps de construction. À force de taffer, on oublie qu'il y a d'autres activités au moins aussi utiles que le travail.

    • Certain⋅e⋅s chômeur⋅euse ne s'inscrivent pas à Popole pour ne pas subir le formatage, l'humiliation, etc. Plutôt vivre dans une précarité sévère plutôt que Popole. Une personne dans le public a témoigné agir ainsi depuis « longtemps ». Il faut repenser nos institutions, repenser nos organisations de travail (exemple de FAVI, http://www.favi.com/management/, société commerciale autogouvernée, libérée et humaine).

    À mon avis, ce talk était méga intéressant. Je regrette juste un peu la fin où l'orateur a essayé de (trop) flatter un auditoire hacker en disant "regardez, le⋅a hacker⋅euse est un⋅e interne non allégeant⋅e, c'est trop génial"… On n'a pas autant besoin de se regarder le nombril.


    Les exégètes amateurs, deux ans de militantisme judiciaire

    Collectif de juristes et d'informaticiens, qui s'appuie sur La Quadrature du Net, FDN et la Fédération FDN, qui attaque en justice toutes les lois visant à instaurer de la censure sans contrôle d'un juge et de la surveillance globalisée en France.

    Une victoire éclatante : la fin de la surveillance sans borne des communications hertziennes (GSM, Wi-Fi, faisceaux hertziens, etc.).

    La notion de cible pour les services de renseignement a été progressivement élargie. On est passé de "cible = individu qui présente une menace" (loi Renseignement de l'été 2015) à "cible = personne susceptible de présenter une menace + son entourage" (loi de prolongation de l'état d'urgence de juillet 2016).

    À ce jour, le Conseil d'État est borné sur la rétention des données de connexion (qui parle avec qui, quand, à quelle fréquence, quelle volumétrie d'échange, quelle localisation) et refuse de prendre en compte les décisions judiciaires européennes.

    Les exégètes ont attaqué le Privacy Shield au niveau européen. L'idée : faire admettre aux plus hautes juridictions européennes qu'il faut protéger les citoyen⋅ne⋅s de l'Union et que la surveillance généralisée US est inutile et imprécise. Si la Cour européenne confirme, les exégètes espèrent un ricochet sur les lois françaises.

    Censure et surveillance sont liées : la censure des sites web pédoporn et d'apologie du terrorisme est caractéristique d'un régime autoritaire car c'est la même administration qui caractérise l'infraction et qui la punie, il n'y a pas de séparation des pouvoirs. Les sites censurés sont redirigés vers une page d'information imprécise du ministère de l'intérieur qui a avoué conserver les journaux du serveur web (qui indiquent que telle adresse IP a cherché à consulter tel site censuré), ce qui relève de la surveillance. Notons que le Conseil d'État a rejeté le recours des exégètes au motif qu'il n'y a pas de surveillance dans la censure car la surveillance n'est pas prévue par les textes donc elle ne peut pas exister. Plusieurs mois après, le fail Orange fait avouer le ministère sur la conservation des journaux de connexions…

    Limites aux actions du collectif :

    • Le juge contrôle très superficiellement : en l'absence de problème manifeste, il ne veut rien entendre ;

    • Le juge refuse de bosser sur certains bouts de texte. Ces textes sont hautement politiques ;

    • Il y a des règles de procédures très strictes avant l'examen sur le fond de la question.


    Le design libre : enjeux politiques et leurs réalisations

    Obsolescence programmée : il a été demandé à des étudiant⋅e⋅s de concevoir une fraise de dentiste à usage unique. Cela fût fait avec un alliage à mémoire de forme. Même chose avec un verre jetable qui doit fuir assez rapidement pour forcer le débit d'absorption du liquide.

    Prosommateur : consommateur et producteur en même temps. Exemples : cuisiner notre repas ; épicerie ou ferme collaborative (t'emporte gratuitement un panier en échange de taff).

    Limite à l'auto-production : quelqu'un a voulu réaliser un grille pain en remontant toutes la chaîne c'est-à-dire en utilisant le moins possible de composants déjà tout prêt. Bilan : environ 1300 € de matos, 9 mois de réalisation et grille pain hors service après la première tranche grillée…

    Il y a plein d'approches pour faire soi-même : on peut acheter en pièces détachées et assembler le produit fini (exemple : acheter du tissu pour fabriquer des vêtements) et/ou remonter la chaîne (fabriquer soi-même les composants qu'il faudra assembler pour fabriquer l'objet désiré).

    Le droit d'auteur s'applique uniquement sur l'aspect général d'un objet et sur la notice d'utilisation (la notice Art libre est équivalente à CC BY SA mais adaptée à la fabrication d'objet). La technique (genre une charnière) est une invention qui se protège par un brevet et il y a des coûts de départ et réccurents. d'où il s'agit d'une impasse pour l'autoproduction.

    Pour que l'autoproduction fonctionne, il faut plusieurs choses : l'accessibilité de la diffusion (si l'on diffuse que sur un site web, on exlu une partie de la population), le niveau de langue employé (parler le langage de la bureaucratie ffrançaise, ça risque de pas marche), la technicité voire le mélange de plusieurs disciplines hyper pointues, la langue (s'il faut parler anglais pour fabriquer…), la capacité des personnes à fédérer, le mode de prise de décision, les problèmes physiques pour reproduire les objets (si cela nécessite des machines outils coûteuses, par exemple), tout cela peut être des freins à l'auto-production.

    Les orateur⋅rice⋅s représentent l'association grenobloise « Entropie » qui promeut un modèle alternatif de production des objets : libre, éco-conception, autoproduction. Elle fait des ateliers de production d'objets et de la sensibilisation.

    Chacun⋅e peut fabriquer ses objets du quotidien (table, chaise, vaisselle, etc.) voire une petite maison (tiny house).

    31/05/2017 16:16:02 - permalink -
    - https://www.thsf.net/
  • Signal ou Silence ? Deux messageries chiffrées, laquelle choisir ?

    Depuis très récemment, Signal ne dépend plus de Google. C'est l'occasion de s'interroger sur le logiciel à utiliser pour chiffrer mes communications émises/reçues avec mon 06.


    Signal

    •  + Signal gère les appels vocaux chiffrés, les messages textes chiffrés et les SMS/MMS non chiffrés ;

    •  + Signal est disponible sur IOS et Android ;

    •  +/- Les messages textes et les appels chiffrés sont échangés via les données mobiles. J'ai un forfait Free à 2 € (qui convient très bien à mes usages) avec 50 Mo de données mobiles, qui peut se consommer très vite genre un oubli d'allumer le Wi-Fi pour télécharger une mise à jour ou chercher une info sur des sites web lourds quand je n'ai pas d'autres accès à Internet sous la main. Je fais quoi pour communiquer quand j'ai épuisé mon forfait ? Je paye plus en faisant du hors forfait ? Alors que j'ai des SMS "illimités" en parallèle ? C'est du consumérisme forcené un peu idiot, non ? Je dialogue en clair ? Donc aucun intérêt d'utiliser le chiffrement…

    •  - Toutes les communications de Signal transitent par une même infrastructure technique, celle de l'éditeur de Signal, Open Whisper Systems. On a donc un point central qu'il suffit d'espionner ou de démanteler pour semer la zizanie. Pas top du tout. Sur Internet, on se doit de construire des infrastructures acentrées. Contrairement à SIlence, on ajoute un acteur en plus capable d'espionner, un peu comme utiliser une carte bancaire est pratique mais ajoute une myriade d'acteurs dans la boucle (la banque, le réseau Visa ou MasterCard, etc.), acteurs que l'on n'a pas avec de l'argent liquide. Il faut bien comprendre que, par cette position centrale, Signal peut altérer la communication et notamment l'échange des clés de chiffrement, donc qu'il peut très bien transmettre une clé de chiffrement dont il a le contrôle afin de lire les communications avant de les transmettre au⋅à⋅la destinataire légitime. Certes, on arrive là à une problématique qui dépasse le modèle de menaces de beaucoup de monde, moi y compris ;

    •  - Signal n'est pas disponible sur F-Droid (logithèque alternative à Google Play qui diffuse uniquement des logiciels libres) qui est la seule logithèque que j'utilise donc mises à jour manuelles donc "compliquées" et j'oublierai de le faire, ce qui peut être très compromettant si des failles de sécurité sont corrigées. Il s'agit d'un choix délibéré de l'éditeur : demander à installer des logiciels depuis des sources inconnues (autre que le Store pré-défini), c'est ouvrir une grande porte vers l'installation de logiciels véreux par des utilisateur⋅rice⋅s novices. Cette argumentation se tient, mais je suis un utilisateur conscient de ce qu'il fait donc je m'en moque ;

    •  - Lors de son premier démarrage, Signal me force à m'enregistrer : « Vérifier votre numéro de téléphone pour vous connecter avec Signal. Signal facilite la communication en utilisant votre numéro de téléphone et votre carnet d'adresses. Les amis et les contacts qui savent déjà comment vous contacter par téléphone pourront facilement entrer en contact avec vous via Signal. L'inscription transmet certaines informations de contact au serveur. Ces informations ne sont pas enregistrées. ». Ouais, boarf, balourder mon 06 et mon carnet d'adresses à l'éditeur de Signal ne me botte pas des masses, surtout que le « certaines informations » est flou alors que la loi informatique et libertés (et le futur règlement européen sur les données personnelles) impose un consentement explicite éclairé, chose que je ne peux pas avoir avec si peu d'infos. C'est ce point (cumulé avec infrastructure centralisée et mise à jour manuelle) qui m'a fait reculer et ne pas utiliser Signal.


    Silence

    •  - Silence gère uniquement des SMS/MMS chiffrés et des SMS/MMS non chiffrés. Point d'appels vocaux chiffrés. Je n'ai pas besoin de cette fonctionnalité à l'heure actuelle ;

    •  - Silence est uniquement disponible sur Android. Je m'en fiche, je n'ai pas de matos Apple. Je ne ressens de toute façon pas une envie de chiffrer nos communications chez le peu d'utilisateur⋅rice⋅s d'Apple que je connais ;

    •  +/- Les SMS/MMS sont échangés comme tout SMS/MMS donc si t'as un forfait SMS/MMS "illimités", c'est inclus dedans ;

    •  +/- Les communications transitent par les opérateurs télécoms habituels. Seuls les opérateurs de l'émmeteur⋅rice et du⋅de⋅la destinataire savent qui parle avec qui, quand, à quelle fréquence, quelle volumétrie d'échange, etc. On est sur une infrastructure acentrée malheureusement contrôlée à 100 % par de gros acteurs économiques en situation d'oligopole, mais pas de point central. La question est donc de savoir par qui tu as envie d'être possiblement espionné : ton opérateur télécoms avec qui tu as un contrat ou une entité étasunienne avec laquelle tu n'as aucun contrat ? Tu peux supposer qu'Open Whisper Systemes ne lâchera pas facilement face aux autorités (et ça semble être plutôt vrai jusqu'à aujourd'hui), mais tu n'en sais rien. La presse a déjà documenté que les opérateurs télécoms français collaborent sans se poser de questions. D'un autre côté, les opérateurs télécoms sont un poil plus surveillés par la presse et par les associations de défense des consommateur⋅rice⋅s que Open Whisper Systems d'où ça augmente la probabilité d'apprendre qu'un truc crade est fait sur le réseau. Les communications avec l'infrastructure technique de Signal, basée aux USA, sont soumises à la loi française concernant la Surveillance Internationale, qui protège bien moins le⋅a citoyen⋅ne que le reste du cadre légal français. De plus, avec Silence, il n'y a pas de point central qui peut altérer les communications. Certes, on est ici dans un modèle de menaces plus exigeant que ce que la plupart d'entre nous avons besoin ;

    •  + Silence est disponible sur F-Droid ;

    •  + Silence ne demande pas à exporter quoi que ce soit vers une infrastructure centralisée ;

    •  +/- Un des développeurs principaux fréquente les mêmes salons de discussions IRC que moi et parle ma langue natale, donc on peut supposer un contact facilité.


    Cumul

    Notons qu'il est parfaitement possible d'utiliser plusieurs applications en même temps : Signal + Silence ou Silence + appli SMS/MMS par défaut ou Signal + appli SMS/MMS par défaut. C'est très utile quand on a un nombre similaire de contacts qui utilisent Signal et un nombre de contacts qui utilisent Silence : on peut dialoguer chiffré avec chaque communauté. Pour cela, il suffit de définir l'une des applications comme étant le logiciel par défaut pour la gestion des SMS/MMS et pas l'autre. Ainsi, Signal recevra les messages Signal et Silence les SMS/MMS chiffrés et non chiffrés, par exemple. Ça marche aussi avec Silence + l'appli SMS/MMS par défaut : dans ce cas, les deux logiciels recevront les SMS/MMS entrants (et notifieront l'utilisateur⋅rice) mais seul Silence saura déchiffrer les SMS/MMS chiffrés.


    Conclusion

    Tu l'as compris : j'utilise désormais un logiciel pour chiffrer mes communications textes et il s'agit de Silence.

    30/05/2017 13:31:37 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?VNl8Hw
  • Réponse à la consultation de l'ARCEP portant sur le statut de « zone fibrée » | Fédération FDN

    Le statut zone fibrée est une saloperie d'initiative parlementaire introduite via la loi Macron (et complétée dans la loi pour une République Numérique). L'ARCEP pourra décerner une sorte de label à un périmètre géographique donné et/ou à un opérateur télécoms donné. Ce label marque le fait que, dans ce périmètre géographique défini, le déploiement des réseaux fibres optiques est suffisamment avancé pour que la fibre devienne le nouveau réseau de référence. Plusieurs obligations ou levées d'obligations pourront être greffées à ce statut. Pour l'instant, la seule qui est définie dans la loi, c'est qu'il n'est plus obligatoire de poser une ligne cuivre dans les nouvelles habitations situées dans une zone fibrée, mais l'ARCEP prévoit déjà l'extinction du réseau cuivre ou la fin des tarifs régulés sur le cuivre. Ce statut peut uniquement être lu comme quelque chose à même de fermer le marché, à évincer les petits opérateurs cuivre de la fibre optique et de cristalliser les positions dominantes.

    Observations de la FFDN :

    • Puisque le déploiement de la fibre est aujourd'hui plus avancé dans les grandes métropoles que dans les campagnes (par choix politique de laisser se faire le business au détriment d'une forme d'intérêt général), ce sont ces grandes métropoles, déjà attractives, qui seront mises en lumière. Cela accentue l'idée que nos terroirs sont dénués d'intérêt au lieu de les mettre en valeur. Il serait peut-être plus utile de valoriser les démarches visant à fibrer la cambrousse… Par là, et par le fait que le statut est facultatif, on accroît la fracture numérique : il y a les bouts de territoires où les droits et obligations liés à l'obtention du statut fibre sont appliqués et le reste de la France. Il n'y a donc plus un même accès à Internet sur l'ensemble du territoire national.

    • Les marchés cuivre et fibre ne sont aujourd'hui pas substituables : il n'y a pas, sur la fibre optique, la même variété d'offres que sur le cuivre et les petits opérateurs (TPE-PME) ne sont aujourd'hui pas assurés de pouvoir opérer sur le réseau fibre. C'est notamment pour cela qu'il faut des offres de gros passives et activées (bitstream), sinon les petits opérateurs seront évincés du marché alors qu'ils apportent souvent des services de proximité indispensables (suivi client⋅e humain, couverture de déserts par des offres adaptées à la topologie du territoire, autres motivations que la recherche du profit à tout prix, etc.).

    • Ce statut favorise la compétition forcenée entre les acteurs alors qu'il y a besoin, pour déployer la fibre optique sur l'ensemble du territoire, de coopération entre une multitude d'acteurs, dont les opérateurs télécoms. Cette compétition forcenée fermera le marché car les réglementations seront suivies a minima et les systèmes d'information seront incomplets. Tout sera fait pour choper du statut zone fibrée, pas pour faire un déploiement sain.

    • Ce statut n'est pas pensé pour être lisible et compréhensible par le plus grand nombre, il est pensé pour satisfaire les opérateurs en position dominante. En effet, dans certaines zones, le statut signifie qu'un opérateur désert la zone, alors que, dans d'autres cela signifie qu'un réseau est posé et que un ou plusieurs opérateurs peuvent venir proposer des services dessus. Le statut devrait, au contraire, être cohérent sur l'ensemble du territoire et signifier partout qu'il reste uniquement à câbler les derniers mètres, entre le "poteau télécoms" et l'habitation et que plusieurs opérateurs sont en capacité de desservir la grande majorité des habitations de la zone dans un délai convenable (qui ne soit pas un frein à un déménagement, par exemple).

    • L'ARCEP ne doit pas dynamiser d'avantage le marché à destination des entreprises en regard de celui à destination des particuliers, mais doit porter la même quantité de son attention sur les deux marchés.

    • Il manque une démarche d'amélioration à ce statut : il n'est pas prévu de révocation du statut si l'opérateur vient à manquer à ses obligations. L'ARCEP collectera semestriellement des indicateurs d'exploitation du réseau mais n'en fera rien…

    • On dirait que l'ARCEP y va au chantage pour faire appliquer ses décisions de régulation : plutôt que de les appliquer fermement sur l'ensemble du territoire comme elle est censée le faire, elle espère que les opérateurs seront gentils et respecteront ses décisions en échange de l'obtention du statut zone fibrée… L'ARCEP doit rester vigilante et ferme sur les zones fibrées comme sur l'ensemble du territoire national. Elle ne doit pas non plus se décharger de son travail sur le cuivre car c'est durant les périodes de transition que les atteintes aux droits sont les plus importantes et les plus ravageuses. Illustration : la difficulté pour contracter des offres d’accès de gros activées sur le marché de l’ADSL des débuts a conduit plusieurs petits FAI établis sur le 56k à cesser leurs activités. Les FAI associatifs, comme FDN, ont vu leur nombre d’adhésions chuter. Parallèlement, le droit de l’utilisateur final à choisir son FAI a été réduit dans la pratique : il a fallu de nombreuses années pour retrouver sur l’ADSL un niveau de concurrence similaire à celui qui existait sur le RTC.

    Sur un plan plus personnel, je suis heureux de constater que c'est la première réponse de la Fédération FDN à une consultation qui n'a pas été, in fine, validée par Benjamin Bayart. Si cela perdure, cela signifie que le groupe de travail de la fédération est en bonne santé. Je serai également attentif à ce que Quota Atypique ne devienne pas la nouvelle validatrice en cheffe : le travail au sein du groupe est censé être collaboratif et ça me paraît sain qu'il le soit, nous n'avons nul besoin de remplacer une personne centrale par une autre.

    30/05/2017 12:04:58 - permalink -
    - https://www.ffdn.org/fr/etude/2017-05-24/reponse-la-consultation-de-larcep-portant-sur-le-statut-de-zone-fibree
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