La Commission Européenne, l'exécutif de l'Union Européenne, envisage de restreindre toujours plus l'utilisation de l'argent liquide au sein de l'Union. Évidemment, c'est pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée.
Ce shaarli pointe vers un sondage de type QCM (une question, des réponses préformatées) ouvert à tout⋅te⋅s destiné à prendre la température, à savoir si les citoyen⋅e⋅s de l'UE sont favorables ou non à des restrictions sur la circulation de l'argent liquide. C'est un moyen simple et rapide pour signifier un refus (ou une adhésion, ça ne me regarde pas) à cette idée. Ce sondage est ouvert jusqu'au 31 mai 2017 soit après-demain. ;)
Via https://mamot.fr/users/vincib/updates/231180 via https://social.atypique.net/@quota_atypique
D’après nos informations, cet élu proche d’Emmanuel Macron, investi par La République en marche (REM) aux législatives de juin prochain, a abusé de cette enveloppe de fonds publics à plusieurs reprises ces dernières années, non seulement pour acheter sa télévision mais aussi des tickets de cinéma, des parties de golf, ou encore lors de vacances au Club Med au Sénégal.
À la suite de nos découvertes et de nos questions, le député du Calvados s’est retourné en catastrophe, le 15 ou 16 mai dernier, vers le déontologue de l’Assemblée nationale pour prendre conseil et lui soumettre certaines dépenses litigieuses. Admettant plusieurs « erreurs d’imputation », Alain Tourret nous a fait savoir le 19 mai qu’il venait de rembourser plus de 16 000 euros, sans doute pour essayer d'éteindre l'incendie. Entamée sous contrainte journalistique, cette démarche tardive pourrait toutefois ne pas suffire. Alors que Mediapart a pu éplucher seulement onze mois de dépenses sur cinq années de législature (2012-2017), un examen élargi de son compte IRFM par les autorités semble désormais indispensable.
Ces informations, nous ne les avons pas volées mais tirées des Macron Leaks. Ancien radical de gauche (PRG), rallié à Emmanuel Macron dès 2016, Alain Tourret fait en effet partie des cinq victimes de ce « hacking », qui ont vu leurs boîtes mails déversées en vrac sur Internet à deux jours du second tour – l’élu a, depuis, déposé plainte. C'est là que Mediapart a déniché onze mois de relevés bancaires relatifs à son compte IRFM, répartis sur les années 2013, 2014 et 2016.
Ho, il n'y avait pas que du fake dans les Macron Leaks, c'est noté. :)
[…]
Les « faux pas » d’Alain Tourret sont d’autant plus fâcheux que cet avocat de métier, qui a continué d’exercer jusqu’en 2013 au moins (avec 13 000 euros d’honoraires), a conseillé Emmanuel Macron sur la moralisation de la vie publique. Dans une note secrète de mars 2017 destinée au candidat, il a lui-même recommandé que les parlementaires soient contraints, à l’avenir, de fournir une « présentation annuelle » de leur compte IRFM à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), déjà chargée de contrôler le patrimoine des élus.
[…]
« Des cravates ! », tranche Alain Tourret. […] Quant aux vins commandés sur Internet, « c’était pour recevoir dans le cadre de mon activité parlementaire ! » […] On bute également sur des places de cinéma à « l’UGC Mondeville », près de chez lui, à 19,20 euros la soirée. « Il s’agit de personnes que j’ai invitées comme parlementaire », se défend Alain Tourret. Des tête-à-tête ? «Je ne vais pas vous dire le film, je ne m’en rappelle pas ! » […] Des parties de golf sautent par ailleurs aux yeux : « 69 euros » par-ci, « 81 euros » par-là. « J’ai des golfs dans ma circonscription, je me bagarre pour eux, j’ai réussi à les sauver, réplique l’élu du Calvados, qui joue en été comme en hiver. À partir de là, qu’il y ait des liens qui se fassent entre le parlementaire et les responsables du golf... » […] « Je suis vice-président du groupe d’amitié France-Sénégalà l’Assemblée, avance Alain Tourret […] Je devais rencontrer des personnes, j’ai eu des tas d’entretiens. » Avec qui ? « Des responsables locaux de la communauté sénégalaise... » […] En réalité, le député n’était pas du tout en mission pour l’Assemblée, mais en vacances avec son épouse. « J’ai concilié les deux, je ne vais pas vous dire le contraire», concède Alain Tourret […] « Il n’est pas d’usage que l’institut paye ça », bouillonne Alain Tourret, qui plaide : « Ça a bien à voir [avec l’Assemblée],puisque c’est toute sa politique étrangère qu’on met en cause. »
J'adore les excuses que ces gens sont capables de sortir… C'est lamentable.
Que la justice mette son nez ou pas dans cette affaire, le patron du Palais-Bourbon, Claude Bartolone, pourrait a minima saisir le déontologue de manière officielle cette fois, « après avis du bureau [de l’Assemblée] », pour obtenir des « éclaircissements » et un rapport. Cette procédure de vérification (encore bien timorée) a en effet été introduite en février 2015, en même temps que l’Assemblée se décidait à fixer des règles d’usage de l’IRFM et listait enfin les dépenses autorisées – une première ! À l’époque, elle refusait en même temps d’introduire un contrôle systématique ou un système de remboursement sur notes de frais à l’anglaise. Ainsi en France, les 5 300 euros d’IRFM sont encore et toujours « réputés utilisés conformément à leur objet etne peuvent donner lieu à aucune vérification de la part de l'administration [fiscale] » !
Les scandales n’ont pourtant pas manqué. Dès 2012, Mediapart a révélé que Pascal Terrasse, député sortant de l’Ardèche, avait utilisé son indemnité pour se payer des vacances en Égypte, une escapade en Espagne, des billets de train pour sa femme, des accessoires pour piscine... Au lieu de faire pénitence, ce socialiste avait déposé plainte pour « vol de documents bancaires » afin de traquer nos sources, tandis que l’Assemblée regardait ailleurs. Par la suite, nous avons dévoilé que Jérôme Cahuzac dépensait son enveloppe chez un fabricant de hammams, que sa collègue Marie-Hélène Thoraval (LR) la siphonnait pour une croisière en Méditerranée, Bruno Retailleau (LR) pour un chèque au candidat Sarkozy, ou encore Yves Jégo (UDI) pour son micro-parti...
Chargée de comparer la richesse des parlementaires en début et fin de législature, l’institution présidée par Jean-Louis Nadal vient de constater que « l’IRFM avait contribué à un accroissement sensible du patrimoine de certains ». Dans son dernier rapport d’activité, elle dénonce une situation « problématique » à coups d’exemples anonymisés : « [L’IRFM] a parfois pu financer des biens immobiliers privés, être investie dans des instruments financiers (placement de la totalité de l’IRFM sur des SICAV), servir à régler des dépenses sans lien avec le mandat (...) ou a simplement été directement versée sur des comptes personnels. »
Le sujet devrait enfin atterrir sur le bureau du conseil des ministres grâce au projet de loi de « moralisation de la vie publique » promis par Emmanuel Macron, et annoncé pour les prochaines semaines. La « solution » envisagée par l'exécutif consiste à fiscaliser l’IRFM, ce qui autoriserait un inspecteur des impôts à réclamer des factures à un député. Mais pour beaucoup d’observateurs, c’est insuffisant. Certains réclament un contrôle plus systématique par une autorité indépendante et/ou une publicité des dépenses engagées, comme en Grande- Bretagne où les citoyens peuvent tout consulter. Outre-Manche, le fait de fournir une fausse note de frais est même devenu une infraction à part entière, punie d’un an de prison. La justice a ainsi envoyé l’ancien député Denis McShane derrière les barreaux pour... 15 000 euros de frais fantômes.
Un exemple parmi d'autres qui illustre pourquoi il nous faut agir pour la transparence de l'IRFM.
Ce qui me fait bien rire jaune, c'est que, lors de l'examen du projet de loi de réforme des délais de prescription en matière pénale, le député Tourret nous (moi et d'autres) avait qualifié de lobbyistes du monde de la finance. Aujourd'hui, on sait donc qu'il y avait deux participants à la vie politique ce jour-là : un prétendu lobbyiste d'un lobby influent et un député qui s'octroie au moins 16 000 € d'argent public. Je préfère être le prétendu lobbyiste, au moins le débat public n'était pas truqué de mon côté. Visiblement, il a été autant enclin à refuser le deuxième entretien avec Mediapart qu'il a été enclin à me raccrocher au nez après l'examen en deuxième lecture en séance publique.
Problème : un ordiphone Samsung Galaxy S3 i9305 fonctionnant avec le système LineageOS n'arrive pas à envoyer des MMS. Que ce soit en utilisant l'appli SMS/MMS par défaut, Silence, Signal, etc. C'est toujours le même problème : dès que j'envoie un MMS, l'ordiphone perd son accès à Internet (plus de résolution des noms de domaine, impossibles d'accèder à des sites web, etc.). Je peux bien redémarrer l'ordiphone ou juste désactiver/activer les données mobiles, mais tant que le MMS est dans la pile d'envoi d'un des logiciels sus-cités, le problème recommencera dès que ledit logiciel tentera d'envoyer le MMS. Le même problème se produit lors de la réception d'un MMS : perte d'accès à Internet. Si je réactive l'accès à Internet, le problème surviendra à nouveau dès que l'application tentera de télécharger le MMS (notons que l'application SMS/MMS par défaut demandera une action de ta part pour télécharger un MMS dont le téléchargement précédent à échouer, ça évite de devoir redémarrer ton ordiphone en boucle dès que quelqu'un⋅e t'envoie un MMS :D ).
Solution : normalement, dans Menu -> « Paramètres » -> « Sans fil et réseaux » -> « Plus » -> « Réseaux mobiles » -> « Noms des points d'accès », il y a deux points d'accès configurés : l'un pour l'Internet mobile, l'autre pour les MMS. Voir la documentation de Free Mobile à ce sujet, par exemple. Il faut supprimer le point d'accès dédié aux MMS, « Free MMS » dans mon cas. Puis, il faut modifier le point d'accès restant et attribuer la valeur « http://mms.free.fr » au paramètre « MMSC » et ajouter « ,mms » à la fin de la valeur de « Type d'APN ». Ne pas oublier d'enregistrer les modifications (menu en haut à droite -> « Enregistrer ») et de désactiver puis réactiver les données mobiles.
L'Indemnité Représentative de Frais de Mandat, IRFM, est une indemnité d'environ 5 000 € versée chaque mois à tous les parlementaires pour couvrir leurs dépenses professionnelles. Cela vient en supplément de leur salaire. Évidemment, il n'y a aucune obligation de justifier les dépenses ni aucun contrôle de ce que les parlementaires font de cet argent public. Normalement, ça sert à payer les transports, les costumes, la restauration, le journal d'information aux électeur⋅rice⋅s, bref toutes les dépenses occasionnées par le travail de l'élu⋅e. Sauf que certain⋅e⋅s parlementaires s'en servent pour rembourser des prêts personnels, pour réaliser des achats de biens immobiliers à usage personnel, pour offrir des cadeaux à la famille et/ou aux ami⋅e⋅s, pour se faire un complément de salaire, pour payer des vacances, etc. Notons que si la somme d'argent n'est pas intégralement utilisée, elle n'est pas réclamée aux élu⋅e⋅s… Je trouve que c'est l'un des points clés du problème.
L'association Regards Citoyens, qui milite pour la transparence de la vie politique (l'asso est à l'origine des sites web Nos députés et Nos sénateurs) a lancé, il y a quelques jours, une campagne pour demander à chaque député⋅e d'exposer publiquement ses usages de l'IRFM.
Tout le monde peut participer : tu cherches un⋅e député⋅e sur le site web pointé par ce shaarli, tu imprimes un courrier type, tu l'envoies à l'élu⋅e en question en Lettre Recommandée avec Accusés de Réception au nom de l'association (donc tu n'as pas à décliner ton adresse postale ni ton identité) et tu saisis le numéro de l'envoi (1A XXX XXX XXXX X) sur le site web de Regards Citoyens (et tu fournis un scan du bordereau de remise La Poste si tu le souhaites). Et c'est tout. C'est à la portée de tout le monde. Je trouve que le site web de Regards Citoyens dédié à cette campagne a fait l'objet d'un vrai travail sur l'ergonomie et d'une conception orientée utilisateur⋅rice⋅s novices.
Je trouve cette initiative salvatrice et j'encourage le plus grand nombre à participer à cette campagne. Pour ma part, j'ai envoyé 15 courriers pour un coût de revient de 95 € : 11 € d'impression (oui, je me suis fait grave entourloupé par l'imprimeur pro vers lequel je me suis tourné…), 20 € pour 20 enveloppes et 64 € pour les recommandés.
En quelques mots, Lineage est un système d'exploitation libre et communautaire pour ordiphone (terme pour désigner un smartphone sans reconnaître la prétendue intelligence (« smart ») de ces appareils), basé sur Android, qui prend en charge un grand nombre de modèles.
Après avoir foiré son installation sur mon Samsung Galaxy S3 i9305, j'ai décidé de retenter avec un nouveau Samsung Galaxy S3 i9305 acheté d'occasion. La lecture du shaarli pointé par le début de la précédente phrase est fortement conseillée car je ne reprendrai pas son contenu ici. En gros, mon hypothèse finale est correcte : il est impératif de ne surtout pas effacer l'intégralité de la mémoire interne, sinon on efface aussi le firmware de la puce GSM et les données relatives au désimblockage.
La procédure à suivre pour installer Lineage sur un Samsung Galaxy S3 4G LTE i9305 est disponible sur le wiki du projet. J'en ferai ci-dessous une traduction des points clés.
Il nous faut l'outil heimdall. Pour ce faire, avec Debian GNU/Linux :
sudo apt-get install heimdall-flash
$ heimdall detect
Device detected
$ heimdall flash --RECOVERY twrp-3.0.2-1-i9305.img --no-reboot
Heimdall v1.4.0
Copyright (c) 2010-2013, Benjamin Dobell, Glass Echidna
http://www.glassechidna.com.au/
This software is provided free of charge. Copying and redistribution is
encouraged.
If you appreciate this software and you would like to support future
development please consider donating:
http://www.glassechidna.com.au/donate/
Initialising connection...
Detecting device...
Claiming interface...
Setting up interface...
Initialising protocol...
Protocol initialisation successful.
Beginning session...
Some devices may take up to 2 minutes to respond.
Please be patient!
Session begun.
Downloading device's PIT file...
PIT file download successful.
Uploading RECOVERY
100%
RECOVERY upload successful
Ending session...
Releasing device interface...
detect. Ci-après, ce que l'on peut lire à ce moment-là dans dmesg. Si cela se produit, il suffit de redémarrer l'ordiphone en download mode ou de changer de câble USB…
$ dmesg
[…]
[120414.717214] usb 3-2: new high-speed USB device number 28 using xhci_hcd
[120415.009115] usb 3-2: Device not responding to setup address.
[120415.209813] usb 3-2: Device not responding to setup address.
[120415.413981] usb 3-2: device not accepting address 28, error -71
[120415.526142] usb 3-2: new high-speed USB device number 29 using xhci_hcd
[120415.638288] usb 3-2: device descriptor read/64, error -71
Pour activer l'accès root pour les applications, il faut (traduction de http://www.theandroidsoul.com/root-lineage-os-su-addon-zip-download/ ) :
J'ai donc amélioré mon installation : j'avais un téléphone+GPS, acquis pour pas cher, avec toutes les fonctionnalités modernes (4G LTE) et rooté. Désormais, j'ai un téléphone+GPS, acquis pour pas cher, avec toutes les fonctions modernes (4G LTE, NFC) et une batterie amovible, orchestré par un système libre et rooté.
Prochaine étape ? Un ordiphone qui cumule tout ça avec une fabrication éthique (Fairphone) et/ou un ordiphone sur lequel la puce GSM (baseband) est isolée physiquement et n'a pas un accès privilégié à la mémoire et au stockage du système principal et/ou un ordiphone avec une pile GSM totalement libre (les puces Nvidia Tegra sont compatibles avec la radio logicielle donc openbts) ?
Avec 30,64 % d’abstention, 54,63% de votants ont répondu « non » au référendum de 2005. Votait-on contre un Jacques Chirac impopulaire qui appelait les Français à ne pas se « tromper de question » ? Votait-on contre un texte long et complexe qui, dans les fantasmes de Nicolas Dupont-Aignan, allait faire entrer la Turquie dans l’UE ? En réalité, bien heureux celui qui réussit à identifier les enseignements d’un référendum. Une seule certitude, on répond peu à la question qui est posée.
Quoiqu’il en soit, Nicolas Sarkozy est élu en 2007 Président de la République au suffrage universel sur une promesse : faire adopter un nouveau traité dont la ratification serait autorisée par le Parlement. Ce sera le Traité de Lisbonne. Le peuple a-t-il changé d’avis ? S’intéressait-il seulement à la question ? Toujours est-il que Nicolas Sarkozy a tenu cette promesse, mandaté par le peuple souverain qui, comme le disait Rousseau, « est toujours maître de changer ses lois ».
Avis complémentaire intéressant en http://www.touteleurope.eu/actualite/idee-recue-le-traite-de-lisbonne-a-ete-impose-aux-francais.html :
Des similitudes sont cependant présentes entre les deux traités. Selon Valéry Giscard d’Estaing, père du projet de constitution européenne, le nouveau traité en reprend intégralement les propositions institutionnelles, tout en les présentant dans un ordre différent. Pour le Sénat français, "le traité de Lisbonne reprend en règle générale le contenu du traité constitutionnel, même s’il le fait sous une forme complètement différente".
Même si le contenu des deux traités n'est pas identique, Marine Le Pen aurait donc raison de dire que le projet de Constitution européenne, rejeté en 2005, a été – en partie – proposé à nouveau en 2008. En effet, le nouveau texte prend en considération les exigences de réformes institutionnelles avancées en 2005, cependant avec un autre ton. Et c'est justement la forme qui marque la différence entre ces deux traités. Après les référendums de 2005, le mot "constitution" est définitivement abandonné et le processus d'intégration européenne est arrêté pendant trois ans. En outre, la possibilité de quitter l'Union est introduite dans le traité : cela n'a pas été le cas pendant les 50 premières années de l'intégration européenne. L'UE s'éloigne donc du rêve fédéraliste de ses fondateurs : la voix des Français et des Néerlandais a donc été écoutée.
[…] le Parlement européen est élu au suffrage universel direct, et les membres du Conseil, du Conseil européen et de la Commission soit sont issus d’élections au niveau national, soit émanent de leurs parlements nationaux ou sont investis par le Parlement européen. Tous ces « gens » sont donc loin d’être « non élus ».
Comme vous le savez, la DHT (Distributed Hash Table) est le mécanisme décentralisé utilisé par les logiciels Bittorrent pour échanger les informations sur les torrents, ainsi que les sources et pairs.
Ainsi lorsqu'on lance son logiciel Bittorrent, celui-ci va servir de relais pour une "branche" de la DHT. Ce qui permet donc de collecter des infohash qui circulent (rattachés ou non à un torrent authentique), et avoir un aperçu de ce qui est échangé sur le réseau.
Intéressant. :)
Il n’a certainement pas échappé à certains ou certaines d’entre vous que le stérilet hormonal Mirena est sous le feu des projecteurs et pas de la meilleure manière. Depuis une dizaine de jours, ce petit objet de silicone rempli d’hormones, semble être la cause de nombreux effets secondaires et pas des moindres. Crises d’angoisse, syndromes dépressifs, humeur sombre, vertiges, chute de la libido, troubles neurologiques, chutes spectaculaires de cheveux, prise de poids, inflammation des articulations, douleurs gynécologiques et j’en passe et des meilleures. […]
Il n’est pas besoin de remonter le temps bien loin pour observer que l’utérus de la femme a été souvent exploré d’une manière un peu péjorative par le monde des hommes. À la fin du dix neuvième siècle, on parlait des humeurs néfastes et polluantes utérines pouvant rendre folles les femmes. Le terme hystérie vient d’ailleurs du mot utérus. Ces messieurs de l’académie des sciences médicales décrivent des manifestations quasiment diaboliques de maladies mentales de femmes, qui semblaient possédées par cet utérus maléfique.
[…]
Quelques décennies plus tard, le lien est fait entre cerveau et hormones. L’hypophyse dans le cerveau se charge de la production hormonale et répond en fait à des commandes bien précises. Ces découvertes vont alors permettre l’émergence des thérapies hormonales contraceptives ou thérapeutiques.
[…]
Dans chaque culture, existent des rituels pour fêter cette entrée dans la vie adulte mais d’une culture à l’autre le regard des hommes sur ces menstruations est très différent et oscille entre dégoût et fascination voire respect. Toujours est-il qu’il n’est pas rare qu’elles soient considérées comme un processus de purification dont les femmes auraient besoin chaque mois.
Dans notre société occidentale soi-disant évoluée, le regard porté sur ces manifestations sanguines est de plus en plus paradoxal. Entre les femmes qui veulent les assumer pleinement au point de laisser couler leurs menstruations sans aucune protection, le fameux « flux instinctif libre », une société médicale qui prône de plus en plus l’arrêt des règles comme un progrès révolutionnaire libérant les femmes, on ne sait plus à quel sein se vouer. Le stérilet hormonal est d’ailleurs vanté pour l’arrêt des règles qu’il provoque, mais à quel prix pour certaines femmes?
En ce moment, je rencontre des femmes qui préfèrent souffrir mille maux que voir leurs anglaises revenir. J’ai même vu des femmes qui sont très malades et très affectées par les effets secondaires du stérilet mais qui décident de le supporter car leur compagnon ou mari est content de pouvoir profiter du corps de leur dulcinée quand ils le veulent… dommage, le Mirena enlève la libido à beaucoup de femmes. Je n’ose imaginer ce qui se passe dans les lits conjugaux.
Je crois que c’est le must de la soumission. Cette soumission qui nous habite depuis notre adolescence. Les règles ça peut faire mal, mais faut pas le dire. Aller chez un gynécologue, c’est humiliant et parfois douloureux mais faut pas le dire. Les retours de couche sont douloureux psychologiquement et physiquement mais faut pas le dire. Poser un stérilet peut faire très mal, mais faut pas le dire. Et le pire dans tout cela c’est que nous sommes des soumises volontaires, au point de se mentir entre nous, femmes, quitte à faire passer sa congénère pour une chochotte.
Pourquoi cette omerta mesdames ? Pourquoi supporter tout sans rien dire ? Pourquoi cacher que notre corps, parfois, est difficile à gérer dans ses douleurs et dans ses flux ? Pourquoi penser que si nous faisons disparaître nos règles alors nous serons des femmes libérées ?
La position gynécologique est un des actes les plus humiliants dans nos vies de patientes. Elle est pourtant imposée même dans des événements qui ne le justifient pas. En France, accoucher en position gynécologique est toujours de mise, alors qu’elle n’est pas une position naturelle pour accoucher, au contraire elle ne facilite pas la descente du bébé et est plus douloureuse. Il faut se battre dans les salles de travail pour pouvoir accoucher dans la position où on se sent le mieux.
Sans en arriver à l’accouchement, la visite chez le gynéco fait partie de nos vies depuis notre adolescence. La position est par elle même une position où nos moyens sont coupés. On ne voit pas ce qu’on nous fait. On ne voit pas le médecin. Les actes, s’ils ne sont pas annoncés par le médecin, sont surprenants et parfois douloureux. Et la consultation se passe comme si on avait laissé notre personnalité et nos capacités de refus dans le vestiaire avec notre petite culotte.
Est ce le fruit de cette position particulièrement inconfortable et humiliante ? Ou tout simplement de vieilles habitudes transmises de génération en génération de nous sentir honteuses de notre utérus et de ses manifestations ? Ou oserais-je le dire tout simplement le fruit de cette bonne vieille tradition judéo-chrétienne dont nous sommes tous imprégnés ?
[…]
Au delà de la volonté que les femmes qui souffrent soient reconnues et informées des risques de ce dispositif, mon propos est de réinterroger la position de la femme et le regard porté par le milieu médical mais aussi par la société toute entière sur nos caractéristiques principales, qui font que nous sommes des nanas.
Cette soumission utérine et hormonale est peut être la pire que nous vivons et celle à laquelle nous participons de notre plein gré. Si le combat des féministes devait se situer quelque part, il devrait peut être commencer là, dans les cabinets des gynécologues, dans notre éducation avec nos filles, mais aussi dans le partage quotidien de notre situation de femmes avec nos compagnons, maris, amants.
Pour ma part, j’ai pris conscience de ma soumission et j’arrête là ce cycle infernal. Je suis une femme qui ne veux plus souffrir quand on lui pose un stérilet, qui désire qu’on entende sa difficulté quand elle a ses règles, qui ne veut plus avoir honte d’avoir des problèmes de femme.
J'avais un ordiphone Motorola Moto G 4G LTE depuis 2 ans et demi. Système d'origine mais rooté. Celui-ci devenait de plus en plus inutilisable : reboot intempestifs, blocages intempestifs sur un écran noir duquel on sort en forçant le reboot en pressant le bouton on/off pendant environ 20 secondes et, surtout, il décrochait quasi tous les deux jours du réseau GSM tout en continuant à afficher le logo "4G" et les barres de signal qui vont avec mais les appels et SMS entrants étaient jetés et impossible de téléphoner / envoyer des SMS. Je décide donc de le passer sous Lineage. 1 jour et demi plus tard, en pleine nuit, je constate le fameux "écran noir" sauf qu'il est impossible de redémarrer le téléphone en appuyant 20 secondes sur on/off. Quelques heures plus tard, au réveil, brancher le chargeur fait que la LED blanche de façade reste allumée en permanence, même après 30 minutes de charge. Et rien n'apparaît sur l'écran alors que, avant, quand la batterie était vide, un logo "batterie en charge" s'affichait quelques minutes après le branchement du chargeur… J'essaye tous les trucs vaudou trouvés sur les forums comme maintenir on/off pendant 2 minutes, mais rien n'y fait. Des posts dans les forums se confirment entre eux : la batterie est foutue, ce qui peut expliquer les plantages à répétition de l'ordiphone… si la batterie délivre une tension incorrecte ou autre dysfonctionnement, forcément…
Il est hors de question que je fasse joujou à acheter une batterie sur le net. Je me dis alors que je vais profiter de cette mauvaise passe pour acheter un ordiphone qui remplit encore un peu plus mes critères : je veux un téléphone compatible Lineage et qui a une batterie amovible. Je cherche en neuf dans les catalogues qui proposent un critère de tri sur "batterie amovible" et je trouve aucun modèle supporté par Lineage… Je demande autour de moi et on me conseille le Samsung Galaxy S3 i9305. Il satisfait à tous mes critères donc j'en achète un d'occasion sur un site web d'achat/vente entre particuliers. Un système CyanogenMod 14.1 est déjà installé par le vendeur.
Compte-tenu de la mort de la confiance qu'on peut avoir en CyanogenMod (et aussi du fait que les Google Apps étaient installées), je tente de le passer en Lineage. Et là, c'est le début du calvaire :
Invalid block device 'vfat' in fstab line (y'a aussi des lignes où « vfat » est remplacé par « ext4 »). Bref, il faut utiliser une version antérieure de TWRP. Pour moi, cela fonctionne jusqu'à la version 3.0.2-1 d'avril 2016.
Analyse post-mortem : avant d'installer un nouveau système, il est recommandé d'effacer les partitions cache, data et system. Sauf qu'à l'une des fois, probablement la première, j'ai aussi effacé la "mémoire interne" dans l'espoir de virer tout le blabla de l'ancien propriétaire. Ben oui, mais quand tu y réfléchis, le "truc" qui dit que ton ordiphone est "débloqué tous opérateurs", il est forcément stocké quelque part, non ? Dans la mémoire interne, forcément. C'est donc là que j'ai dû commettre une grosse erreur. C'est aussi probablement pour cela que j'ai dû installer une ROM stock bidouillée qui elle, en plus du système d'exploitation, contient le firmware du modem GSM et le CSC package, le truc qui contient les infos spécifiques à une région géographique ou à un opérateur… firmware et csc package que j'ai probablement dézingués en effaçant la mémoire interne… Et si j'ai pris une version de la ROM stock bidouillée inadaptée à mon modèle bah lala.
Quel téléphone en remplacement ? Un Moto G 4G LTE ou un S3 i9305 ? D'un côté, je connais la procédure pour installer Lineage sur le Moto G 4G LTE mais elle dépend du bon vouloir de Motorola (il faut déverrouiller le bootloader avec un code fournis par le site web de Motorola) et je me retrouverai avec une batterie inamovible. D'un autre côté, j'espère avoir appris de mes erreurs et que la prochaine bidouille d'un S3 sera fonctionnelle, mais, quoi qu'il en soit, je devrais composer avec un Lineage capricieux (GPS, chiffrement de la mémoire interne non fonctionnel, serveur MTP qui plante, etc.). La logique voudrait que je choisisse le Moto G. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me dire que tout (technique, relation humaine, politique, etc.) peut toujours foirer et qu'il est donc vain d'éviter le fail mais qu'il faut apprendre à le gérer. En cela, la batterie amovible du Samsung S3 est un plus à partir du moment où j'arrive à avoir un Lineage fonctionnel. Bref, le Moto G est la facilité à court terme et la galère à long terme alors que le S3 est pile l'inverse… Fais ton choix, camarade !
Oki, y'a aucun outil simple pour agrandir une partition chiffrée.
En gros :
cryptsetup resize, pvresize, lvresize, etc.) ;Dans mon cas, je voulais copier tout le contenu de mon SSD interne sur un autre SSD plus grand et agrandir mes deux partitions chiffrées (car je manque d'espace sur les 2). J'ai 4 partitions primaires:
Ce que j'ai fait :
dd urandom sur l'intégralité du nouveau disque (afin qu'on ne puisse pas faire la différence entre l'espace réellement occupé par les données chiffrées l'espace vide) ;dd l'intégralité de l'ancien disque sur le nouveau (branché en USB) ;crypsetup resize, je pvresize, je lvresize, je resize2fs, tout comme dans le tuto pointé par ce shaarli ;Avec gparted, je crée une nouvelle partition non formatée. J'en fais un volume chiffré, je l'ouvre, j'y mets un système de fichiers ext4 ;
À ce stade, ma table des partitions est la suivante :
df indique qu'il reste 92 G dde libre ! Sauf que df -i montre que la table des inodes est pleine… Ben oui, en créant mon système de fichiers, j'ai viré l'espace réservé à root et j'ai défini un type d'usage "ce disque stockera peu de fichiers mais ce seront de gros fichiers", comme je le fais sur tous mes système de fichiers sur mes supports dédiés au stockage. Sur un disque de 2 T, ça fait environ 466 000 inodes. Sur un disque de 256 G, ça fait seulement environ 36 000 inodes… Évidemment, ce n'est pas un paramètre modifiable à chaud donc je recrée un système de fichiers ext4 avec la commande mkfs.ext4 -L nom -m0 -T largefile /dev/sdXy. Cette fois-ci, mon système de fichiers peut loger environ 143 000 inodes dans sa table, c'est bien suffisant. Je copie à nouveau tous les dossiers et fichiers de l'ancienne partition vers la nouvelle ;Ministres :
| Premier ministre | LR | 46 ans | haut fonctionnaire |
| Intérieur | PS | 69 ans | député, maire, sénateur |
| Défense | MoDem | 52 ans | députée, conseillère dans les hautes sphères |
| Justice | MoDem | 65 ans | ministre, député |
| Affaires étrangères | PS | 69 ans | maire, conseiller régional, ministre |
| Économie | LR | 48 ans | diplomate, député |
| Cohésion des territoires | PS | 54 ans | conseiller régional, conseiller général, député |
| Action et comptes publics | LR | 34 ans | maire, vice-président conseil régional, député |
| Agriculture | Radical gauche | 69 ans | sénateur, conseiller municipal, conseiller régional |
| Outre-mer | Radical gauche | 52 ans | députée, secrétaire d'état, ministre |
| Transports | ? | 56 ans | haute fonctionnaire |
| Affaires européennes | MoDem | 66 ans | conseillère municipale, députée européenne |
| Écologie | société civile | 62 ans | journaliste, écrivain |
| Solidarités/santé | société civile | 54 ans | médecin |
| Culture | ~ société civile | 65 ans | patronne, a traîné dans un ministère belge |
| Travail | société civile | 62 ans | patronne habituée des grands Conseils d'Administration |
| Éducation nationale | société civile | 52 ans | juriste, a traîné 3 ans au ministère éduc' nat' sous Sarko |
| Enseignement sup' et recherche | société civile | 53 ans | professeure |
| Sports | société civile | 45 ans | sportive, consultante |
Secrétaires d'État :
| Porte-parole du gouvernement | PS | 51 ans | maire, député, vice-président conseil régional |
| Égalité hommes/femmes | apparentée gauche | 34 ans | écrivain, militante, ajointe au maire |
| Handicaps | ? | 56 ans | militante |
| Numérique | PS | 33 ans | entrepreneur, ex-président du CNNum |
Quelques notes :
Quand on devient parent, on apprend assez vite diverses techniques de manipulations^w éducation bienveillante pour faire coopérer son enfant. « on va au bain ? ». Le but étant de l'amener à faire ce qu'on a décidé en lui laissant croire que c'est lui qui a choisi : « tu veux aller au bain avec le petit poney ou avec le spiderman ? ». « Avec le petit poney ! » « Très bien, comme tu veux. Hihi ». Les éducateurs appellent ça « l'intervention démocratique ».
J'ai mis plusieurs années à comprendre qu'on nous faisait voter pour la même raison : nous donner l'impression d'avoir choisi pour nous faire accepter docilement le traitement qui s'en suit. On vote pour le spiderman PS ou le petit poney UMP.
Alors avec les enfants, le problème, c'est qu'ils sont un peu anarchistes. Une instruction, ça doit être justifié. Mais les gens, on ne peut pas qu'ils demandent des explications. Alors on les habitue très tôt à croire en l'autorité d'autres personnes. À l'école, on leur parle beaucoup de grands hommes sans qui tout se serait mal passé, parce que les gens normaux, c'est rien que des nuls.
Et puis on raconte aux gens que leurs ancêtres, ils se sont battus pour avoir le droit de choisir un chef, pas pour être libres. Et qu'élire un chef, c'est ça la démocratie.
Les gens y croient de moins en moins, mais à chaque élection, entre à peu près la moitié d'entre eux vont docilement choisir qui décidera à leur place. « Je suis trop super libre ! ».
Alors au premier tour, il y a quand même des candidats dont on veut pas, mais alors pas du tout. Parce que leur programme, c'est de mettre fin à cette histoire de chef et de laisser les gens décider de ce qui est bien pour eux. Ce sont les candidats des partis révolutionnaires. Ils pensent que contrairement aux chefs, qui sont même pas foutus de conduire leur voiture tous seuls, les gens « normaux » sont suffisamment pragmatiques pour gérer ensemble les affaires publiques. Ils appellent ça « l'intelligence collective ». On a très peur que les gens commencent à écouter ces partis. Du coup, on demande aux médias de les ridiculiser.
Ça marche assez bien, et au deuxième tour, il n'y a plus que les bons candidats. Là, il n'y a plus qu'à faire croire aux gens qu'il y a un choix très important à faire. Il faut que les candidats aient des noms très opposés « gauche, droite » et qu'ils se disputent très fort à la télé. En vrai bien sûr, les candidats ne sont pas du tout opposés. Ils veulent juste la place du chef. « À moins le bureau rutilant, le coiffeur à 8000 boules par mois, le chauffeur et les 7 collaborateurs à vie !!! ».
Pour ça, ils apprennent très tôt les techniques pour se faire élire, à peu près tous dans les mêmes écoles. Et c'est tout ce qu'ils savent faire. Ils ne savent pas […] gérer un pays. C'est pas grave, parce qu'en vrai, c'est pas eux qui prennent les décisions : ils font juste ce qu'on leur dit.
« On », bien sûr, c'est ceux à qui tout ça profite. Car les gens rendus dociles travaillent très dur pour les rendre riches.
Au bout d'un moment, comme le candidat n'a tenu aucune de ses promesses, les gens ne votent plus pour lui. Mais il s'en fiche parce qu'il a le droit à une indemnité à vie. Et puis, en échange d'avoir été gentil avec les riches, il pourra aller travailler comme conseiller dans leurs entreprises.
Bon. Pour en revenir aux enfants, un autre souci, c'est que quand ils ont trop de contraintes, ils finissent pas s'énerver. Alors là, la technique, c'est de leur donner des moyens inoffensifs d'exprimer leur colère : ça peut être taper dans un oreiller, crier très fort ou lancer un ballon en mousse. « je comprends ta colère, tu as le droit d'être fâché (mais tu iras au bain quand même) ».
C'est pareil avec les gens. Si à un moment ils s'énervent, on les laisse manifester et signer des pétitions : ça leur fait du bien et ça change pas grand chose. « Nous comprenons votre colère mais nous pensons que c'est un problème de communication : notre loi sur l'allongement du temps de travail et la baisse des salaires a simplement été mal comprise. ».
Mais si les gens commencent à vraiment vouloir changer de système (nuit debout, ZAD, justice et vérité), alors là… on leur fait peur et on leur fait mal.
Les enfants, eux, comprennent assez vite qu'on est en train de les arnaquer. « Je prends ni le petit poney, ni le spiderman mais dès que je sens trop mauvais, promis, je vais au bain tout seul. ». Heureusement, ils grandissent et pour les trucs chiants, ils finissent par s'organiser tous seuls. Pour les gens, on dirait que c'est toujours pas gagné pour l'instant « en marche avec toi, fais battre mon cœur, ho oui, prends mon argent ».
Quand le partenaire attend de sa compagne qu'elle lui demande de faire les choses, c'est qu'il la voit comme la responsable en titre du travail domestique. Elle = cheffe du projet « gestion maison », lui = « exécutant ». C'est donc à elle de savoir ce qu'il faut faire, et quand il faut le faire.
Le problème avec ça, c'est que, planifier et organiser les choses, c'est déjà un travail à plein temps. Moi, au boulot, quand j'ai commencé à gérer des projets, j'ai vite arrêté d'y participer. Je n'y arrivais pas.
Alors, quand on demande aux femmes de faire tout ce travail d'organisation, et en même temps d'en exécuter une grande partie, ça représente au final 75 % du boulot.
Les féministes appellent ce travail la charge mentale. La charge mentale, c'est le fait de toujours devoir y penser. Penser au fait qu'il faut ajouter les coton tiges à la liste des courses, que c'est le dernier délai pour commander le panier de légumes de la semaine, et qu'on est en retard pour les étrennes du gardien. La charge mentale repose en quasi totalité sur les femmes. C'est un travail épuisant et c'est un travail invisible.
Du coup, alors que la plupart des hommes hétérosexuels de mon entourage affirment partager les tâches à égalité avec leur compagne, lesdites compagnes ont un point de vue assez différent.
Boarf, ça c'est aussi la conséquence du fait qu'il est de plus en plus socialement inadmissible de dire que c'est la dame du foyer qui s'occupe de tout. C'est juste de l'autocensure dans l'expression.
Pour moi, l'existence de cette charge devient flagrante quand je décide de m'atteler à une corvée simple comme débarrasser une table. Je commence par prendre un objet à ranger mais sur le chemin, je vais marcher sur une serviette sale, que je vais aller mettre dans le panier que je vais trouver plein. je vais du coup faire une lessive et tomber sur mon panier de légumes qu'il faut mettre au frais. Et ainsi de suite. Au final, je parviendrai à ranger ma table au bout de 2 pénibles heures.
Si je demande à mon copain de ranger la table, il va juste ranger la table. La serviette va rester par terre. Les légumes vont pourrir sur le plan de travail. C'est ainsi que ma copine J., qui, en allant se coucher, demande à son conjoint : « Tu pourras sortir le biberon du lave vaisselle quand il aura fini ? » trouve, au premier réveil nocturne, le lave vaisselle ouvert, avec juste le biberon sorti et tout le reste encore à vider.
En fait, ce que disent nos partenaires, en nous demandant de leur indiquer les tâches à faire, c'est qu'ils refusent de prendre leur part de charge mentale.
[…]
Et alors que les femmes accèdent de plus en plus au marché du travail, elles restent malgré tout les seules responsables du foyer.
Quand nous devenons mères, cette double responsabilité nous explose au visage. Car 11 jours après l'épreuve de l'accouchement, notre partenaire va retourner au travail. Et ça lui semblera normal. Durant cette période, tout en récupérant de nos sutures entre deux nuits entrecoupées, nous allons intégrer mentalement tout le nécessaire pour gérer un bébé : le choix d'une nounou, l'achat des vêtements, les rendez-vous médicaux et la préparation des repas. Et à la reprise du travail, nous entrerons dans un rythme si infernal, qu'il sera moins épuisant pour nous de continuer à faire toutes ces choses, que de batailler avec notre partenaire pour qu'il en prenne sa part. Voilà comment on trouve des pères d'enfants âgés de plusieurs années, qui ne savent toujours pas où leur acheter des vêtements, quoi leur préparer à manger, la date du prochain vaccin ou même le numéro de la nounou.
Alors, c'est sûr que rien ne nous oblige à faire toutes ces choses. Le problème, c'est que quand on arrête, ça pénalise toute la famille.
Bon. Alors je sais déjà ce que certains vont me dire : « C'est pas vrai, moi je fais la moitié des choses à la maison. ». Hé bin, je vais vous dire, tant mieux (mais confirmez quand même avec votre partenaire). Que ça soit comme ça chez vous ne change rien au problème : statistiquement, ce sont encore en grande majorité les femmes qui gèrent le foyer : d'après l'INSEE, les femmes consacrent encore 2,5 fois plus de temps aux tâches ménagères que les hommes. Et si cet écart diminue avec le temps, ce n'est pas parce que les hommes en font plus mais parce que les ménages les plus aisés externalisent ces tâches, le plus souvent en les déléguant à des femmes immigrées et précaires. On ne peut pas vraiment dire que ça soit une bonne solution.
Pour changer les choses, il me semble évident que les hommes doivent apprendre à se sentir responsables de leur foyer. Il serait déjà bien utile que les pères revendiquent le droit d'être auprès de leur famille dans les premiers mois de leur enfant. Pour l'instant, seules les féministes réclament l'allongement du congé paternité, sans grand succès d'ailleurs.
Pour moi, c'est un problème bien plus vaste que le cadre d'un foyer de personnes hétéros (mais ce n'est pas pour autant que ça minimise le problème ou qu'il ne faut pas chercher à le résoudre) : on a la même problématique dans nos associations. Essaye de participer à un hackerspace, soit un lieu autogéré, et tu constateras que c'est toujours les mêmes qui doivent se taper le ramassage des emballages de pizzas et l'administratif relou. Lieu autogéré mais où la merde incombe toujours aux mêmes personnes. Même chose dans une association : c'est toujours les mêmes personnes sur qui reposent les tâches ingrates. Et toute nouvelle personne qui débarque dans l'asso sort « comment puis-je aider ? ». Tu peux répondre la liste des projets en cours et tout ce que tu veux, tu auras les réponses-type : « ça, ce n'est pas pour moi », « ça je comprends pas », « ça, je comprends mais je ne vois pas comment l'exécuter ». Au final, très peu de personnes se sentent concernées par le projet associatif. Le seul moyen de faire bouger les lignes, c'est d'interroger les membres genre « toi tu sais faire ça, tu ne voudrais pas t'occuper de telle action ? ». Et vlam, t'es devenu-e un-e chef-fe du projet « vie associative de l'asso bidule ». Et en face de toi, tu n'as plus des membres, mais des exécutant-e-s. Si tu oublies quelque chose, ça ne se fera pas et le reproche tombera sur toi : bah ouais, c'toi qui organise le taff des gens donc t'es responsable, normal. Ho, une charge mentale.
C'est le même problème dans nos taffs : on passe notre temps à dire du mal des chef-fe-s de projets et des chef-fe-s. Mais d'un autre côté, nous sommes majoritairement incapables de nous prendre en main, de prendre en main la responsabilité partagée de la société dans laquelle nous taffons. Hé ouais, être chef-fe, c'est du boulot (charge mentale), suffit pas de se commander un nouveau gratte-dos en ivoire payé avec le sang des salarié-e-s. Le trip « tout le monde autoentrepreneur » de Sarko (ou la startup nation de Macron), c'est choupi mais nous n'y sommes mentalement pas prêt-e-s, en grande majorité.
De nombreuses personnes me contactent en disant « J’aimerais bien faire quelque chose, au-delà des élections, mais je n’ai aucune expérience/je n’y connais pas grand-chose, je ne sais pas par où commencer, qui contacter, quoi faire ? »
[…]
Beaucoup de réponses sont en vous – oui, cette phrase sonne comme un guide de développement personnel, tant pis. Il n’y a pas une réponse applicable à tout le monde, ou tout du moins, ce n’est pas moi qui vous donnerai une réponse de type : « Va là-bas, viens ici ».
Beaucoup de réponses peuvent aussi être autour de vous : vos ami.e.s peuvent avoir des renseignements, mais vous n’en avez jamais parlé ensemble auparavant ; les murs de certaines villes affichent des informations, des appels ; des journaux, radios, médias indépendants et alternatifs existent dans de nombreuses communes. Jetez un coup d’œil. Faites aussi une recherche Internet (« média/radio/collectif alternatif/indépendant + nom de votre commune/département »). Enfin, il existe de nombreux bars et locaux associatifs où l’on peut trouver une multitude de renseignements et où les collectifs locaux affichent, donnent des conférences, des formations, des points de rendez-vous. Ces lieux pourront vous donner des infos utiles.
Je complète : d'une manière générale, il faut s'informer. Lire la presse généraliste, la presse spécialisée dans tes domaines de compétences, des blogs, l'information partagée par tes ami-e-s (les réseaux sociaux servent à cela, en vrai). Sans savoir, il est impossible d'agir. Avant d'agir, il faut développer sa curiosité.
Si quelque chose t'indigne, te scandalise, dans tes lectures, c'est le signe qu'il te faut agir.
Avant toute chose, il me paraît important de rappeler que les luttes sociales se font ensemble, dans la rue, ce qui peut être au sens propre (manifestations) ou au sens figuré (aller aider les gens/militer via des organisations, donc hors de chez soi, mais pas nécessairement dans la rue).
Yep, la pétition en ligne, le commentaire rageux, c'est choupi mais c'est en complément d'autres actions qui sont plus porteuses.
Première question à se poser : pouvez/voulez-vous aller en manif ?
Considérant les violences et la répression exercées par les autorités lors des manifestations sur l’année écoulée notamment, il n’est pas illégitime d’avoir peur d’aller manifester. Par ailleurs, des contingences peuvent vous empêcher de vous rendre en manif (situation de handicap, enfant en bas âge, isolement géographique, précarité…). La présence aux manifs n’est pas un impératif, ni une médaille de combattant.e.
[…]
Le site Médias libres https://mediaslibres.org/ globalise les informations des principaux sites d’informations de grandes villes et de grands courants, tels que Paris Luttes https://paris-luttes.info/, Rebellyon https://rebellyon.info/, Indymedia Nantes https://nantes.indymedia.org/ (à noter qu’Indymedia est présent dans plusieurs grandes villes, Grenoble, Lille… et vise à offrir un média indépendant), Mars Infos http://mars-infos.org/… Sur le côté droit du site de Médias libres, une liste de nombreux sites d’informations. Le site Démosphère propose un agenda alternatif en ligne (carte des villes disponibles) https://demosphere.eu/fr.
[…]
Si vous n’êtes jamais allé.e en manif ou si vous ne connaissez personne dans cette manif, et que vous êtes soucieux.se, n’hésitez pas à vous joindre à un cortège (l’une des tranches de hamburger) de votre choix, tous vous accepteront sans broncher, même si vous n’êtes pas syndiqué.e, pas adhérent.e d’une organisation ou association, pas membre d’un collectif – évitez en revanche de chanter des trucs en radicale opposition avec ce que chantent les autres autour de vous ; exemple : au milieu d’anarchistes, on ne crie jamais « Vive Staline » (de façon générale, ne criez jamais « Vive Staline »).
[…]
Sauf raison particulière ou impérieuse bien entendu, essayez de marcher sur la route plutôt que sur le trottoir. Si on se moque des différences du nombre de manifestants entre les syndicats et la police, c’est parce que les syndicats comptent tout le monde et la police compte les personnes qui sont sur la voie publique (le trottoir, l’abri-bus et les branches du platane ne sont pas la voie publique).
L’équipement pour aller en manif est une question qui revient souvent. Un foulard porté au départ autour du cou (même en été) permettra pour celleux qui ne prennent aucun autre équipement d’amoindrir légèrement l’effet des lacrymogènes. Sinon, du sérum phy (qui s’achète en pharmacie), ou bien du Maalox (pharmacie également) dilué avec de l’eau dans une bouteille sont les plus efficaces pour soulager les brûlures de lacrymo aux yeux (ne pas se frotter les yeux/la bouche, considérez que vos mains sont inutilisables car remplies de gaz ; tenir la tête en arrière et penchée sur le côté, vider le sérum/Maalox dans l’oeil de l’intérieur vers l’extérieur pour le rincer). Jamais de maquillage (gaz lacrymo ou au poivre passent dessous, des heures de souffrance en plus). Évitez les bijoux (bagues qui s’accrochent, les doigts viennent avec ; colliers résistants, ça étrangle ; bracelet dur, gros hématome ; bracelet en plastique, ça fond sur la peau…). Évitez les shorts/jupes ou les pantalons en toile fine qui risquent de se déchirer facilement et de laisser votre peau exposée au bitume en cas de chute ; privilégiez un bon vieux jean et ne venez pas en tongs. Des baskets, des bottes, n’importe quoi, mais pas de sandales ou de chaussures ouvertes.
J'ajoute : éviter les lentilles oculaires. Du lacrymo entre elles et l'œil = souffrances supplémentaires.
En manif, on reste solidaire de ses camarades, y compris si on ne les connaît pas. On ne reste pas tout.e seul.e et on ne laisse personne tout.e seul.e. […] Si vous êtes témoin de violences policières et que vous ne pouvez rien faire, si vous en avez la possibilité et le temps, tweetez avec le hashtag de la manif du jour (exemple : #manif8mai #frontsocial) en donnant votre position (rue, indication « devant tel café »), dites ce qui se passe (« les flics tapent deux gars devant moi, venez vite »), filmez, sauvez vos vidéos (et vos miches). Avant de mettre la vidéo en ligne, assurez-vous qu’elle n’expose pas des camarades qui n’ont rien demandé. L’application Obscuracam https://guardianproject.info/apps/obscuracam/ permet de flouter vos photos et vidéos et d'effacer les données EXIF qui donnent en temps normal la géolocalisation/horaire de la photo et la marque et le modèle de votre portable. Ne tentez pas d’action héroïque de type se jeter tout.e seul.e sur 20 flics, ça finit au poste dans le meilleur des cas.
Une autre question revient : est-ce que ça sert vraiment à quelque chose d’aller en manif ? Oui, ça sert à quelque chose d’aller en manif, c’est dans la rue et par la rue que le pouvoir a toujours plié, ça ne veut pas dire que c’est simple, c’est même usant, et l’acharnement qu’ils mettent à nous matraquer pour nous décourager d’y aller montre bien qu’ils savent que c’est par là qu’on gagne (entre autres, j’y reviens) et qu’ils nous préféreraient derrière des écrans à rager sur des statuts Facebook indignés inoffensifs.
Oui, on a des luttes en travers de la gorge, à commencer par celle contre la Loi Travail de l’année dernière, mais non elle n’a pas servi à rien, elle a au moins servi à éveiller certaines consciences, et à faire bouger les lignes, grossissez les rangs pour les faire éclater, ces lignes.
La présence aux manifs n’est pas un impératif, mais il est impératif de permettre à un maximum de personnes de venir manifester. Pour cela, seule notre solidarité, notre respect des formes de lutte de chacun.e, notre capacité aussi à animer une manifestation plutôt que de marcher tristement telle une procession funèbre, notre volonté à croire en nos aspirations et révoltes sont essentiels. C’est ensemble, par nos luttes que nous gagnerons.
[…]
L’organisation politique
Ce qui implique, avant toute chose, de savoir si vous avez déjà des convictions politiques forgées, plus ou moins, si vous vous sentez proche de tel ou tel courant d’idéologie.
Un point tout de même sur le terme d’organisation politique. Tout groupement, mouvement, fédération, qui réfléchit à l’organisation de la société est une organisation politique au sens large, noble du terme. Il n’y a pas que des partis politiques (ainsi, un groupement anarchiste est une organisation politique).
Si vous avez déjà une idée, contactez l’antenne locale de l’organisation politique en question pour, dans un premier temps, participer à une réunion d’information, ce que quasiment tous les groupements proposent. […]
[…]
L'association
Les associations qui militent quotidiennement pour faire évoluer les choses sont légion en France et elles manquent cruellement de bénévoles (et d’argent).
[…] c’est à vous de savoir pour quoi / contre quoi vous souhaitez lutter. Aider les migrant.e.s, l’écologie, l’antiracisme, le féminisme, les enfants, les SDF, lutter contre l’illettrisme, les violences policières, la pauvreté rurale…
Avec ce qui vous tient à cœur, vous pouvez consulter le site Internet de votre commune ou vous rendre en mairie pour connaître la liste de toutes les associations. Vous pouvez également faire une recherche Internet ciblée, exemple « aide aux migrants Carcassonne ». […]
[…]
Les associations sont toutes tenues par des êtres humains, qui sont comme vous et moi, faillibles. Certains sont d’extraordinaires militant.e.s et leur association soulève toutes les montagnes des environs ; d’autres l’ont été et ne le sont plus, voire ne l’ont jamais été, et leur association n’est qu’une belle façade où il ne se passe rien. Par ailleurs, certaines associations ont des contraintes ou choisissent des objectifs de partenariat qui ne sont pas nécessairement annoncés sur la devanture (c’est notamment le cas pour les associations d’aide aux migrant.e.s, où beaucoup concluent des partenariats avec l’État, sont subventionnées et sont mains liées pour en critiquer l’action ensuite, voire collaborent franchement aux exactions commises).
Idem quant à la façon d’approcher une association : la contacter (mail/téléphone) ou encore mieux en se rendant sur place si vous le pouvez. Il y a de fortes chances pour qu’on ne réponde pas à votre mail/message du premier coup. La raison est simple : les bénévoles de l’association sont totalement débordé.e.s et se sont dit « je le ferai après » et ont oublié (raison pour laquelle il vaut mieux y aller). Insistez. Plutôt que de demander mille renseignements par mail, demandez s’il est possible de passer un jour, proposez directement vos disponibilités. Vous pourrez ainsi voir comment la structure fonctionne, faire connaissance avec les bénévoles et voir si cela vous intéresse de vous y investir. Au pire vous aurez perdu quelques heures et vous essaierez dans une autre ; au mieux ce sera le coup de foudre immédiat. Mais, par pitié, n’abandonnez pas parce que vous n’avez pas eu de réponse immédiate, car votre aide est non seulement bienvenue, mais elle est nécessaire.
[…]
Le collectif
À la différence d’une organisation politique (parti, fédération, groupement…) ou d’une association, un collectif n’a, a priori, aucune structure ou statut juridique (il n’est pas déclaré, le truand). Cela ne l’empêche pas d’avoir une structure organisationnelle, ce n’est pas parce qu’aucun statut n’a été déposé en préfecture qu’un collectif est un champ labouré sur le plan de son fonctionnement ; ses membres peuvent parfaitement avoir décidé d’un nom, de règles de fonctionnement, d’acceptation de nouveaux membres, d’exclusion, de réunions, d’actions, etc.
Le collectif peut remplir les mêmes fonctions que les deux précédents : être politique et/ou apporter de l’aide à des populations localement.
Quelle différence, hormis cette non-déclaration dans ce cas ? Eh bien ma foi, généralement c’est gratuit. Pas de cotisation, pas d’adhésion. Et vous savez ce qu’on dit : quand c’est gratuit, c’est vous le produit.
J'ajoute qu'un collectif peut regrouper facilement des personnes de milieux divers qui sont membres de diverses assos ou structures. Le côté informel permet ce regroupement, ce mélange des compétences et des expériences, etc. sans prise de tête et sans formalités. C'est par exemple le cas des Exégètes Amateurs, collectif d'individu⋅e⋅s qui s'appuie sur La Quadrature du Net, la Fédération FDN et FDN pour mener leurs actions juridiques contre les lois qui favorisent la surveillance généralisée des citoyen⋅ne⋅s.
j’ai peur de pas servir à grand-chose ; je sais pas à quoi je pourrais servir.
La réponse est sans appel : TOUT LE MONDE EST SUPER UTILE, MERCI D’ÊTRE LÀ !
Il y a toujours quelque chose à faire, quelles que soient vos disponibilités, vos possibilités. Chacun.e selon ses moyens.
Quelques exemples en vrac, selon les contextes, et loin d’être exhaustifs pour que ce soit plus parlant peut-être : organiser des réunions, les animer, les modérer ; faire des comptes rendus, prendre les notes, les écrire, les mettre en ligne, les envoyer ; faire des banderoles, trouver les supports, chercher des cartons, des draps, du tissu, découper des pochoirs, acheter la peinture ; gérer la communication, les listes de mails, répondre aux questions, où est la prochaine manif, c’est à quelle heure, où est le local, comment se rendre sur place, y a un covoiturage, mettre un article en ligne, faire une newsletter, écrire un article de blog, corriger les fautes d’autres rédacteur.trice.s ; écrire les tracts, les affiches, concevoir le texte à plusieurs, l’imprimer, massicoter les tracts, les distribuer, coller les affiches ; développer une commission inexistante ou peu existante sur un point de vue qui nous est cher : écologie, féministe, santé, personnes incarcérées… ; organiser des conférences/débats, trouver une salle, gérer les inscriptions, la bouffe, les intervenants, trouver quelque argent pour financer tout ça ; lancer un rassemblement pour répondre à une problématique urgente, mobiliser, lancer des appels sur les réseaux sociaux, alerter les contacts, solliciter les camarades de luttes, les partenaires associatifs ; remplir la paperasse administrative, faire les comptes, le budget, les demandes de subvention, les déclarations de manif ; tenir une permanence, organiser un groupe de parole ; gérer le collectif, faire à manger, prévoir des couchages ; le service d’ordre, l’organiser, l’équiper, le former ; les actions, les organiser, les mener ; prendre des photos, les retoucher, des tirer, mettre en forme ; coudre des fringues, en raccommoder…
C’est aussi apporter son expertise professionnelle ou son savoir-faire : expérience médicale en manif (médic), auprès des réfugié.e.s dans la rue ou en CAO (Centre d’Accueil ou d’Orientation) ; juridique partout, tout le temps, on a toujours besoin de conseils juridiques ; éducative (auprès des enfants réfugié.e.s encore, et selon la matière pour apporter une éducation populaire au groupe) ; graphique, pour donner plus de force aux textes ; manuelle, la liste est infinie : menuiserie, ferronnerie, soudage, peinture, jardinage…, que de talents précieux ; informatique, idem, c’est indispensable et un gain de temps incroyable sans parler de la sécurité que le groupe y gagne ; sportive…
[…]
Se syndiquer ?
Un syndicat est une organisation de défense de l’intérêt des personnes d’une même branche professionnelle : salarié.e.s sous différents statuts, il existe des syndicats d’intermittent.e.s, mais aussi fonctionnaires, précaires…
Être syndiqué.e est important. Cela signifie que votre syndicat vous soutient face à votre employeur/hiérarchie en cas de litige, vous informe sur vos droits, vous assiste, vous aide à remplir vos dossiers administratifs le cas échéant (CAF, impôts, etc.), peut vous assister juridiquement aux prud’hommes. Par ailleurs, le syndicat propose des formations, apporte une quantité phénoménale d’informations sur les droits des travailleur.se.s, s’oppose au patronat et souvent informe en interne et en externe sur ce que peut bien trafiquer ce dernier.
[…] L’apport des syndicats n’est pas négligeable non plus pendant les mouvements sociaux de forte importance et qui durent, car ils disposent de caisses de grève qui leur permettent de reverser à leurs adhérent.e.s une petite compensation pour les journées de salaire perdues.
Le travail des syndicats se fait au quotidien, dans les entreprises et l’administration et n’est pas forcément visible du grand public qui a tendance à n’en entendre parler qu’au travers des manifestations plutôt que via le phénoménal boulot journalier d’assistance qu’ils apportent aux travailleur.se.s.
[…] Question souvent posée : quel syndicat choisir ? Impossible de répondre. Il y a, des syndicats plus, comment dire, révolutionnaires que d’autres (Solidaires (qui rassemblent tous les SUD (Sud Rail, Sud Éduc, Sud Santé…)), la CNT (syndicat autogestionnaire)), des syndicats plus gauchistes (CGT, FO…) et d’autres… qui appellent à voter Macron comme la CFDT.
[…]
Comme les assos et tout le reste, les sections syndicales sont aussi animées par des gens, qui ici sont super et là sont de vrais abrutis, donc Machin de tel syndicat pourtant super va être nul ici, Machine de tel syndicat nul va être super là-bas, inversement, tout dépend, voilà vous êtes bien avancé.e maintenant. Mais : si cela vous semble important, syndiquez-vous.
Pourquoi on déteste les syndicats ? Certainement parce qu’on connaît mal leur action au quotidien, je l’ai dit ; ensuite parce que souvent les grands syndicats négocient avec le gouvernement alors que leur base (les grévistes) souhaitaient continuer le mouvement. La différence est à faire entre les directions syndicales et le taf de terrain, colossal. Enfin parce que lorsqu’on perd une lutte sociale (les retraites en 2010, la loi travail…), l’opinion publique tend à cristalliser sa colère sur les syndicats, dont on considère qu’ils ont « mal mené la lutte » et ont échoué. Si des critiques sont à leur faire, il me semble essentiel de garder le patronat et l’autorité en ligne de mire.
J'ajoute que les avancées sociales à l'époque où la classe ouvrière était majoritaire ont été obtenues, en partie, par la force de frappe que représentaient les syndicats de l'époque et que cette force venait du nombre d'adhérent⋅e⋅s. Visiblement, quand les salarié⋅e⋅s ont choisi de se faire moins représenter et respecter, c'est partie en sucette, les syndicats n'ayant plus de réel poids n'ont eu qu'à s'écraser. SURPRISE ?!
Chacun⋅e est capable de citer les dérapages commis par les dirigeant⋅e⋅s des unions syndicales. Genre la rénovation exorbitante du bureau de Thierry Lapeon, l'ex-secrétaire général de la CGT. Genre les nominations de chef⋅fe⋅s syndicaux par le gouvernement pour acheter la paix sociale. Et ces abus devraient justifier de ne pas se syndiquer. Ha… Et les abus de la grande distribution devraient justifier qu'on ne la fréquente plus, non ? Les abus du patronat devraient justifier qu'il ne devrait plus y avoir un⋅e seul⋅e salarié⋅e en France. Et pourtant. Bref, raisonnement illogique. Comme partout ailleurs, il faut des contrepouvoirs, garder un œil sur ce qui se passe, râler quand ça ne convient pas et changer de crémerie quand une quelconque avancée n'est possible. Les syndicats n'échappent pas à cela : il ne s'agit pas de déléguer ta contestation à un syndicat mais de faire partie d'un mouvement de contestation.
Les assemblées générales
C’est un rassemblement de personnes mobilisées, quels que soient leur statut et leur appartenance aux catégories précédemment citées. Lors d’une grève reconductible, il est commun de faire une AG des grévistes chaque jour, pour décider de la reconduire ou non déjà, pour parler des autres luttes, de l’actualité, des réactions du gouvernement, etc.
Les collectifs organisent des AG à leur rythme et accélèrent le rythme avec les moments de luttes sociales (idem pour les organisations). En période de luttes sociales, des AG sont souvent organisées à la fin des manifs (pas dans les grandes villes, trop de monde + manifs qui sont désormais dispersées par les violences policières), c’est l’occasion d’organiser les prochains rendez-vous, de donner des dates importantes, d’échanger des contacts, de poser des questions, de décider des actions à venir. C’est aussi la possibilité de donner son mail/son numéro de téléphone, pour pouvoir être informé.e des actions et mobilisations locales directement.
Enfin, les AG permettent de mettre en place des dispositifs efficaces, de convenir des covoiturages pour aller à un piquet de grève, à une manif, à un rassemblement, de voir qui est disponible tel jour pour telle tâche, de constituer des équipes réduites pour gérer ceci ou cela. Cette division des tâches est cruciale, ce travail collectif est essentiel, il ne permet pas seulement une cohésion entre les personnes en lutte, il permet aussi de réduire les coûts : coût en énergie, en manque de sommeil, en argent, en pollution. […]
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La solitude et la culpabilité
Vos potes partagent grosso modo vos idées, mais n’ont pas encore la flamme de la révolte dans leur cœur bouillonnant ; vous vous sentez déjà bien seul.e avec votre révolte et craignez de vous sentir encore plus seul.e si vous vous impliquez avec tous ces gens inconnus. Au contraire ! Dites-vous que tous ces gens inconnus sont aussi arrivés un jour en ne connaissant personne (car ce n’est pas une dynastie familiale) et l’entente que vous voyez là, vous allez pouvoir la partager aussi dans quelque temps tandis que vos autres potes seront toujours sur leur canapé tout seuls, bien fait pour eux.
Vous suivez sur les réseaux sociaux ou vous connaissez dans la vie des personnes militantes très engagées et vous culpabilisez de votre propre inaction, malgré vos idées et votre conviction qu’il faut faire quelque chose. Vous ne pouvez vous empêcher de comparer et de vous dire que vous ne saurez pas faire, etc. Comparaison n’est pas raison (disait ma grande-tante), tou.te.s les militant.e.s ont commencé un jour sans la moindre expérience.
N’hésitez pas à les contacter, à leur poser des questions ! Vous pensez les déranger ? Ils et elles seront ravi.e.s de vous renseigner ! (dans la mesure de leurs moyens et dans la limite des stocks disponibles) Qu’est-ce qui pourrait leur faire davantage plaisir que de voir d’autres personnes s’engager ? Rien (hormis pour ma part de caresser un marcassin mais c’est un autre délire).
Il n’y a pas grand-chose de plus stimulant que de partager des convictions qu’on met en action ensemble ensuite, plutôt que de les garder en soi et de les laisser nous faire vieillir prématurément de rage à force de se sentir impuissant.e derrière un écran, un journal, une radio.
Vous voulez faire quelque chose ? Faites-le, vous êtes bienvenu.e, on vous attend, on a besoin de vous ; bienvenue dans la famille, vous serez fantastiques.
J'ajoute qu'il y a encore plein d'autres manières de faire avancer les choses genre :
A toi, Pierrick, qui pense que l’on ne peut plus sortir tranquille, je veux simplement te rappeler que la dernière fois que quelqu’un s’est fait molester à St-Priest tu n’étais pas né… A toi Emile, qui pestes contre toutes ces aides sociales, je te rappelle que tu es celui qui a bénéficié des plus gros montants au titre de l’aide de la collectivité pour l’habitat et que ta mère perçoit l’APA… A toi Olivia, qui mets en avant que les logements sont réservés aux « autres », je te rappelle que tu habites un logement social à St-Priest… A toi Thierry qui grognes car les gens roulent trop vite, rappelle-toi que tu viens juste, mais pour d’autres raisons, de retrouver ton permis de conduire… A toi Daniel, qui veut faire payer les fraudeurs, je te rappelle que bosser au black, ce n’est pas la règle… A toi Céline, qui trouve que les associations perçoivent trop d’argent public, tu pourrais au moins une fois, emmener l’équipe de ta fille en déplacement au lieu de la déposer systématiquement devant la salle de sport sans même saluer les encadrants… A toi, Marcel qui honoreras de ta présence, la cérémonie du 8 mai, pense à ceux qui dans les années sombres, ont fui la guerre comme d’autres le font aujourd’hui… A toi Jean-Luc, tu n’es pas un imbécile, t’es douanier… Aux 143 autres, qui souhaitent une petite phrase avec leur prénom, je me tiens à leur disposition.
Via le Canard du 10 mai 2017.
Tout est excellent dans cette tribune de Gee. À lire en entier, vraiment.
Le seul problème, c’est que, bien qu’elle n’ait pas gagné, il y a de grandes chances que rien ne soit résolu avec Macron : les 11 millions de personnes qui ont voté pour Le Pen ne vont pas disparaître comme par magie après l’élection. Pire : la plupart des raisons qui expliquent le score élevé de Le Pen sont précisément le résultat des politiques que Macron défend.
Bienvenue dans une société polarisée qui, à l'heure où la technologie le permet pourtant, n'ayant pas appris à débattre publiquement sans se mettre sur la gueule, deviendra de plus en plus violente.
Tout d’abord, il faut comprendre que les gens qui votent Le Pen ne sont pas tous des racistes ou des nationalistes (heureusement). La plupart sont juste des gens qui voient leurs niveaux de vie fragilisés […]
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Les gens ne sont pas anti-Europe par essence ou par dogme : ils le sont parce qu’ils se rendent compte que l’UE, ces derniers temps, a surtout œuvré pour libérer le marché, pas les peuples ; qu’elle a surtout consisté à mettre les européens en compétition les uns contre les autres, en nivelant vers le bas la qualité de vie avec celles des pays les plus pauvres au lieu de niveler vers le haut la protection sociale avec celles des pays les plus riches. Si vous demandez aux gens, ils sont tous en faveur de l’union des peuples et de la paix éternelle entre les pays, mais ils ne sont pas idiots : ils se rendent bien compte que l’élite de l’UE manipule ces aspirations comme un prétexte pour forcer leur projet de capitalisme libéral de prédation.
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Qu’est-ce que Macron dans tout ça ? Macron est le pur produit du système qui a créé ces problèmes. J’ai lu dans beaucoup d’articles étrangers que Macron était « un renouveau », « un vent de changement » dans la politique française. À ce niveau, ce ne sont plus des fake news : ce sont de grosses conneries.
Laissez-moi vous résumer ça : Macron a été à l’ENA, une école fréquentée par à peu près 90% de nos politiciens (ils sont tellement des copies les uns des autres qu’on a inventé une expression pour : « énarques ») ; il était ministre sous le dernier président François Hollande et a été l’inspirateur de sa politique économique ; il a bossé comme banquier chez Rothschild, ce qui fait qu’il n’était pas hors du système (capitaliste) mais plutôt au sommet de ce système ; et la cerise sur le gâteau, il est soutenu par la moitié des dinosaures de la politique qui avaient déjà le pouvoir avant qu’il ne soit au lycée.
Il est jeune ? Ça nous fait une belle jambe. Le projet de Macron est à peu de chose près dans la continuité de ce qui a été fait dans notre pays depuis trente ans : réduction des droits des travailleurs, réduction de la protection sociale, accroissement de la pression de la compétition sur les gens en signant des accords de libre-échange avec des pays dont le code du travail est une blague. Comme s’il y avait quoi que ce soit à gagner à tenter d’être « compétitif » avec des travailleurs chinois ou bangladais. Le projet de Macron est exactement ce qui a poussé 11 millions de personnes vers Marine Le Pen.
C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont fait que beaucoup de gens de gauche (moi compris) étaient réticents à voter Macron pour « faire barrage » à Le Pen : en quoi voter pour le kérosène va « faire barrage » au feu ?
[…]
En parallèle, le Front National (parti de Marine Le Pen) s’est aussi vu accordée une large couverture médiatique, le présentant comme le choix contestataire par défaut. Le but, à peine caché, était d’avoir ce second tour Macron-Le Pen. Ce second tour est très pratique, parce que si Le Pen s’oppose bien au libéralisme brut de Macron (et encore, si on veut : le libéralisme ne la dérange pas tant qu’il est circonscrit au territoire de la France), elle construit ça sur de l’hyper-conservatisme, de la xénophobie et de l’europhobie. Donc bien entendu, beaucoup de gens (comme moi) n’iront jamais jusqu’à simplement envisager de voter pour elle parce qu’ils ou elles souhaitent une opposition juste, démocratique et respectable au libéralisme.
Et bien sûr, les médias qui avaient donné la parole au FN pendant des mois furent les mêmes qui exigèrent avec autorité que les électeurs éteignent ce feu qu’ils avaient allumé.
Depuis de nombreuses années déjà, Le Pen et le Front National ont servi, pour les médias et les autres partis, d’une arme contre la démocratie : mettez n’importe qui en face du FN dans une élection et il ou elle est presque certain de l’emporter. Et puisqu’ils ont compris qu’ils peuvent façonner ce choix impossible, les grands médias ont juste à présenter un unique candidat comme le choix raisonnable (de préférence, celui qui sert les intérêts des propriétaires de ces grands médias), à laisser le FN monopoliser le reste de la parole et le tour est joué.
J'ai un avis légèrement différent : ce n'est pas les médias, de leur propre chef qui ont façonné ce deuxième tour mais à la fois la vox populi (tu veux qu'on te traite comme un-e humain-e mais tu piétines chaque jour les autres humain-e-s, tu veux du business plus humain mais tu veux consommer, pour toujours moins cher, dans les mêmes temples de la surconsommation, tu ne veux pas que l'école, la poste et l'épicerie du coin ferment mais tu gueules que les impôts locaux te plombent, tu veux quelque chose et tu fais le contraire de ce qu'il faudrait faire pour l'obtenir, tu ne voteras jamais Mélenchon car tu le trouves trop radical car il est destructeur de certains de tes acquis, etc.) et les tenant-e-s du vieux monde qui veulent tout faire pour conserver ce monde ultralibéral qui les a fait riche et puissant. Dans les deux cas, vox populi et puissant-e-s, c'est le même problème bien humain derrière : ne jamais lâcher le moindre privilège acquis. Partant de là, les grands médias sont des diffuseurs de la pensée dominante tout comme ils le sont sur les autres questions (conservation des inégalités hommes/femmes, français/étranger-e-s, hétérosexualité/autre, etc.). Ils le sont pour pas que ça gratte, pour pas que t'éprouves un inconfort, pour que tu te sentes bien après le taff. Et ça leur rapporte de la thune en passant. Bref, accuser les grands médias, c'est trop choupi, ça permet de se donner bonne conscience sans faire un examen personnel de ladite conscience, mais c'est une partie seulement du problème : on t'a présenté le candidat que t'as voulu au fond de toi tout en prétendant l'inverse pour faire genre. En analysant les convictions, oui, il y a peut-être plus de Mélenchonistes+Poutouistes que de Macronistes+Fillonistes, mais en analysant les comportements quotidiens, il y a clairement plus de Macronistes+Fillonistes que de Mélenchonistes+Poutouistes, c'est ça l'essence de mon propos. Un peu comme l'électorat FN et ses contradictions, mais ça reste valable dans toutes les strates de la société et dans tous les camps politiques.
Le père de Le Pen était au second tour de l’élection présidentielle il y a quinze ans et nous avons joué au même jeu : les gens ont voté pour Chirac pour faire barrage à Le Pen même si pas mal d’entre eux n’avaient aucune sympathie pour Chirac. Chirac a obtenu plus de 80% des votes. On aurait pu penser qu’il allait appliquer une politique pour réparer cette société française et écouter la contestation populaire ? Loupé. Il a fait sa politique de droite comme si 80% des gens avaient voté pour lui par conviction. Et il y a de grandes chances que Macron fasse la même chose.
Le truc, c’est que cette stratégie devient dangereuse : les électeurs comprennent très bien ce qui se passe et ils sont de moins en moins enclins à participer à cette mascarade. Chirac a fait 80% en 2002, mais Macron n’a eu « que » 66% des votes contre Le Pen au second tour, accompagné d’un record d’abstention et de votes blancs. Et alors que Le Pen a entraîné presque deux fois plus d’électeurs que son père quinze ans plus tôt, Macron a vu moins de gens d’accord pour voter pour lui contre leurs propres convictions.
Yep, on passe d'environ 5 % de suffrages blancs et nuls en 2002 à plus de 11 % de tels suffrages en 2017. On passe de 20 % d'abstention au deuxième tour de 2002 à 25 % en 2017. Je ne vois pas de problème à cela : si, à défaut de construire un monde meilleur, on offre moins de légitimé aux tenant-e-s du monde pourri habituel en espérant que le système représentatif s'effondre de lui-même (comment tu gouvernes avec moins de 43 % ?), why not ? Quand t'es dans un deuxième tour comme celui-là, après avoir exprimé tes convictions et constaté que t'es en minorité, « la seule façon de gagner, c’est de ne pas jouer ». En revanche, oui, ce type d'effondrement se fera dans une société qui deviendra de plus en plus violente. Mais contre ça, il fallait vouloir tenter autre chose au premier tour et au quotidien.
[…]
Dans le même temps, Macron va appliquer sa politique libérale comme si tout allait bien. Lui et les médias vont continuer de marteler « IL N’Y A PAS D’ALTERNATIVE » en réponse à toute critique contre ça. De plus en plus de gens n’auront plus rien à perdre à s’abandonner à n’importe quel vote pour dire « assez ! ». Je ne vois pas comment cela pourrait finir bien.
Alors dans les prochains mois, vous entendrez peut-être qu’il y a encore une fois des grèves en France. Et avant que vous ne commenciez à blaguer sur le fait que nous sommes constamment en grève, dites-vous bien que nous essayons de protéger notre modèle social contre une énième attaque, et que nous sommes seuls, avec pratiquement toute l’élite française contre nous.
Notre modèle social a été notre force pendant toute la seconde moitié du XXe siècle, ce qui a par exemple mené à la création d’un système de santé reconnu mondialement. Et ce modèle social a été mis en place juste après la Seconde Guerre Mondiale, à un moment où le pays était dévasté et ruiné (ça, c’est pour le « on ne peut pas se le permettre »). Et il n’est ni dépassé ni inadapté : l’une des raisons qui fait que les français ont moins souffert de la crise des subprimes en 2008 que d’autres, ça a été précisément la robustesse de ce modèle social. Et je sais que nous avons la réputation de capituler aisément, mais sachez une chose : nous ne le laisserons pas crever sans combattre.
Je n'aime pas trop l'argument : oui, à la fin de la guerre, on était ruiné et dévasté mais justement, tout était à reconstruire donc le modèle capitaliste de croissance infinie allait fonctionner, on en était sûr-e-s, on allait consommer, on allait faire de la croissance, donc on pouvait ouvrir en grand les vannes du crédit, les prêteur-se-s savaient qu'il-elle-s reverraient leur argent.
Depuis le temps que j'avais envie de migrer mon Motorola Moto G 4G LTE peregrine X1039 (oui, la référence est longue mais toutes les infos serviront par la suite) à CyanogenMod, c'est désormais chose faite. Bon, compte-tenu des dérives de la société CyanogenMod Inc., ce n'est pas Cyanogen mais son fork communautaire, LineageOS.
En quelques mots, Lineage est un système d'exploitation libre et communautaire pour ordiphone (terme pour désigner un smartphone sans reconnaître la prétendue intelligence (« smart ») de ces appareils), basé sur Android, qui prend en charge un grand nombre de modèles.
Dans mon cas, la migration est rendue plus difficile car je passe d'un Android 4.4.3 à un Android 7.1.2. Cela améliore grandement ma sécurité et ma vie privée vu le nombre de failles de sécurité corrigées entre ces deux versions, mais cela oblige aussi à mettre à jour le bootloader et le firmware radio en plus du système en lui-même.
J'ai déjà déverrouillé le bootloader de mon téléphone afin d'être root sur le système vendu de base avec, donc je n'en fais pas mention ici, mais c'est un pré-requis avant de suivre ce shaarli.
Il nous faut fastboot et adb. Pour ce faire avec Debian GNU/Linux :
sudo apt-get install android-tools-fastboot android-tools-adb
$ fastboot flash recovery twrp-3.1.0-0-peregrine.img
target reported max download size of 536870912 bytes
sending 'recovery' (8314 KB)...
OKAY [ 0.282s]
writing 'recovery'...
OKAY [ 0.281s]
finished. total time: 0.564s
Si tu ne le fais pas, lors de la tentative de remplacement du système par Lineage depuis TWRP (le recovery), t'auras l'erreur suivante :
This package supports bootloader(s): 0x411A; this device has bootloader 0x4111.
$ fastboot flash motoboot motoboot.img
target reported max download size of 536870912 bytes
sending 'motoboot' (1953 KB)...
OKAY [ 0.089s]
writing 'motoboot'...
(bootloader) flashing tz ...
(bootloader) flashing rpm ...
(bootloader) flashing sdi ...
(bootloader) flashing aboot ...
(bootloader) flashing sbl1 ...
OKAY [ 1.281s]
finished. total time: 1.370s
$ adb push lineage-14.1-20170504-nightly-peregrine-signed.zip sdcard1
$ adb push addonsu-arm-signed.zip sdcard1
La baseband est un deuxième ordinateur logé dans nos ordiphones, à côté de l'ordinateur qui exécute nos applications, qui est chargé de dialoguer avec le réseau GSM voire d'exécuter des ordres venant du réseau genre effacer à distance le contenu d'un téléphone volé. Il a donc le contrôle, la priorité sur l'ordinateur qui fait tourner l'interface utilisateur-rice. Le réseau (donc l'opérateur mobile) à donc le contrôles des mobiles modernes au-delà de leur raccordement au réseau.
Si tu ne mets pas à jour son firmware, ton ordiphone ne s'accrochera à aucun réseau GSM : tu auras un ordiphone qui ne peut plus téléphoner ni envoyer des SMS/MMS ni utiliser l'Internet mobile.
$ fastboot flash modem NON-HLOS.bin
target reported max download size of 536870912 bytes
sending 'modem' (60232 KB)...
OKAY [ 1.906s]
writing 'modem'...
OKAY [ 1.592s]
finished. total time: 3.498s
$ fastboot erase modemst1
erasing 'modemst1'...
OKAY [ 0.040s]
finished. total time: 0.040s
$ fastboot erase modemst2
erasing 'modemst2'...
OKAY [ 0.045s]
finished. total time: 0.045s
$ fastboot flash fsg fsg.mbn
target reported max download size of 536870912 bytes
sending 'fsg' (517 KB)...
OKAY [ 0.086s]
writing 'fsg'...
OKAY [ 5.680s]
finished. total time: 5.766s
On peut désormais rebooter le téléphone sur notre nouveau système. \o/ Le premier démarrage est affreusement lent (2 minutes - 2 minutes 30 faciles sur le logo Lineage) donc sois patient.
Pour activer l'accès root pour les applications, il faut (traduction de http://www.theandroidsoul.com/root-lineage-os-su-addon-zip-download/ ) :
Venant d'Android 4.4.3, je ne sais pas ce qui relève d'une version récente d'Android ou de Lineage…
Un MVNO qui détient plusieurs marques commerciales (comme NRJ mobile et Auchan mobile) et qui vend de la marque blanche télécom à des opérateurs plus petits.