Gee nous parle d'un possible effondrement de la civilisation causé par le dérèglement climatique couplé à l'épuisement des énergies fossiles couplé à l'épuisement des matières premières dont celles nécessaires pour nos bidules électroniques, l'amoindrissement de la biodiversité, une crise financière permanente, etc. Il y a aucun changement de société à l'horizon : ni abandon de la croissance, ni réduction drastique de l'activité humaine, ni partage des ressources, ni utilisation massive d'énergies alternatives.
Si on prend des mesures concrètes pour limiter la catastrophe et s'y préparer, la société se casse la gueule dans la minute ; si on ne le fait pas, elle finira quand même par se casser la gueule, mais en plongeant de plus haut et donc plus violemment.
‒ La montgolfière est hors de contrôle ! Il faut sauter maintenant !
‒ Mais on va se faire super-mal !
‒ La montgolfière ne peut plus redescendre doucement ! Plus on attend, plus la chute sera rude !
Gee résume ainsi le meilleur et le pire de l'humain⋅e : son immense capacité à espérer (que tout ce merdier va se résoudre de lui-même, par exemple) et son immense lâcheté (fuir le problème, laisser la génération suivante le traiter, par exemple).
La « collapsologie (de « collapse », « s'effondrer ») consiste non seulement à analyser les causes de l'effondrement, tenter d'en prévoir les effets concrets sur les populations humaines… mais aussi imaginer un après, car construire un autre monde (que nous espérons meilleur) sera non seulement enfin possible, mais carrément impératif !
Ce qui est porteur d'espoir, c'est que pas mal de gens (conscients ou non de la catastrophe qui vient) cherchent déjà des alternatives. Il n'y a qu'à voir la multiplication des initiatives comme Alternatiba, les jardins partagés, les initiatives pour relocaliser l'économie, AMAP, etc.
Ce n'est rien à l'échelle de l'économie mondialisée sur le point de craquer, mais je suis persuadé que ce seront par la suite des initiatives capitales pour ne pas sombrer dans le chaos.
Et c'est en cela que les mouvements autour du logiciel libre et des communs (comme Framasoft dont je fais partie) sont aussi importants : pas tant pour le « logiciel » - qui n'existera peut-être plus dans un futur proche - que pour le « libre » !
Les « qualités » valorisées par le capitalisme (esprit de compétition, réalisation individuelle, « que le meilleur gagne ») seront inutiles et même contre-productives dans une société post-effondrement où la recherche de l'abondance sera définitivement enterrée. Celles du partage, de l'entraide, de la collaboration, de la contribution, seront vitales !
Mon avis sur la collapsologie :
Le lendemain, une vidéo du drame, issue de la vidéosurveillance de la Préfecture de police – et que Le Parisien s’est refusé à diffuser – est lâchée sur les réseaux sociaux. Elle fait un macabre buzz… totalisant des centaines de milliers de vues.
« Ce sont bien des images police », confirme une source policière sous couvert d’anonymat. Elles ont été captées au smartphone sur le mur d’écrans de vidéosurveillance de la Préfecture de police ou d’un commissariat parisien. On y voit le doigt du « vidéaste », « qui attire l’attention du spectateur voyeur pour ne pas manquer le plot où l’homme va s’empaler ». Le logo Préfecture de police y figure d’ailleurs.
C'est une vidéo volée comme il en existe plein d'autres, mais ce qui me sidère, plus que le fait qu'elle soit tournée par un⋅e flic, c'est que quelques semaines après l'affaire Benalla, qui comporte tout un volet sur le mésusage de la vidéosurveillance publique parisienne, un⋅e flic de la Préfecture de Police de Paris se sent suffisamment tranquille pour diffuser une vidéo volée du système de vidéosurveillance sur WhatsApp et compagnie… Cela démontre que le système de vidéosurveillance publique de Paris est hors de contrôle, qu'il sera tenu aucun compte de l'épisode Benalla. Cela illustre, une nouvelle fois que l'encadrement légal de la vidéosurveillance (personnes habilitées, consignation des visionnages et des copies, etc.) est insuffisant.
La nouvelle a fait décoller l’action de Coca-Cola : le géant du soda envisage d’infuser du cannabis dans ses cannettes ! Si la Bourse a réagi avec euphorie, ce n’est pas tant pour l'effet « stupéfiant » de l’annonce, mais parce que la firme américaine pense avoir trouvé dans le chanvre la molécule magique pour remplacer le sucre.
Jamais le sucre n'a eu aussi mauvaise réputation, les preuves scientifiques s'accumulent sur sa responsabilité dans l’épidémie de diabète sucré qui frappe la planète et sur son rôle dans certains cancers. Au point que la France a instauré une nouvelle « taxe soda », entrée en vigueur cet été, qui module la fiscalité en fonction du taux de sucre dans les boissons.
Rapgelons qu'une cannette de Coca-Cola contient peu ou prou cinq morceaux de sucre et que, fait aggravant, ce tsunami calorique n'est pas comptabilisé par le cerveau car avalé sous forme liquide. Pour éviter les taxes tout en rassurant le consommateur, l'industrie agroalimentaire a parié sur les sucres allégés. Mais, patatras ! ses deux édulcorants phares, l’aspartame et la stevia, ont tour a tour été soupçonnés de dézinguer à long terme notre santé.
Il fallait donc trouver dare-dare un remplaçant au sucre, dont les tests effectués chez les rats ont montré qu'il avait un pouvoir addictit plus fort que la cocaïne ! On comprend mieux pourquoi les industriels de l'agroalimentaire nous en font surconsommer… A ce jour, le meilleur candidat a été trouvé dans le cannabis : il s'agit du cannabidiol, appelé aussi CBD, l’une des 200 molécules qui composent le chanvre. Un retour aux sources our Coca-Cola, qui jusqu’en 1929 incorportait de manière infinitésimale dans sa recette du cocaéthylène, mélange d’alcool et de cocaïne.
Avantage du CBD : les industriels peuvent miser sur son potentiel addictif en toute légalité puisqu'il n'est pas classitié comme un produit stupéfiant, contrairement au princripal ingrédient du chanvre, le THC. En plus du frisson transgressit, toujours bon pour le marketing, le cannabidiol est présenté comme ayant des vertus pour la santé. Il faciliterait le sommeil, serait antistress, anti-crampes, anti-nausée… n'en ietez plus ! Les marchands de sodas et de confiseries rêvent de se sucrer avec le CBD, tout comme Pernod Ricard ou le propriétaire de la bière Corona, qui a injecté 3,4 milliards de dollars dans une entreprise spécialisée dans le cannabis thérapeutique. Ca plane pour l'agroalimentaire !
Dans le Canard enchaîné du 3 octobre 2018.
‒ Je suis pour des réformes radicales… sauf dans le secteur sensible
‒ Et c'est lequel ?
‒ Le mien
Tout est dit.
Dessin de René Pétillon republié dans le Canard enchaîné du 3 octobre 2018 à l'occasion du décès du dessinateur.
On les appelle les « clients mystère » : « une sorte d’agent secret au service d’une marque et d’une enseigne », explique une pub de recrutement. Depuis les années 2000, la restauration, l’automobile, l’optique, la beauté, l’hôtellerie recourent à leurs services pour parfaire le contrôle de la qualité. Une technique venue des Etats-Unis, bien sûr.
Flicage mystère
Que fait un client mystère ? « Marie-Hélène, raconte le site spécialisé RefletClient, entre dans une boutique de mode. Mentalement, elle note que la musique d’ambiance est trop forte mais que la promotion de la semaine est bien affichée. La vendeuse a le sourire. Elle déballe un carton de marchandise et ignore les clients (…). L’hôtesse de caisse est aimable mais ne lui demande pas sa carte de fidélité… Après son shopping, elle complète une grille d’observation pour rendre compte de son expérience, ses remarques et impressions. Le chemisier qu’elle a pu garder après remboursement par RefletClient rend ses copines jalouses »…
Etre client mystère, c’est donc « se faire plaisir tout en participant activement à l’amélioration du service rendu aux clients ». La réalité est moins rose : ces visiteurs sont en général des précaires payés une misère pour aller fliquer d’autres salariés. Certains sont rétribués en bons-cadeaux, d’autres 15 euros la mission. Parfois, il n’existe ni bulletin de paie ni déclaration à l’Urssaf. Marie-Hélène, qui « s’est fait plaisir », va permettre à l’entreprise visitée de savoir que l’une de ses vendeuses « ignore les clients » ou que la caissière a oublié de demander la « carte de fidélité ». Les deux salariées vont-elles se faire remonter les bretelles ?
Balance ton vendeur
« Ne t’inquiète pas, assure le site « abcargent.com », qui fait de la retape pour le job, ces rapports n’ont pas pour but d’identifier des employés pour pouvoir les virer ensuite. »
Est-ce si sûr ? « Le Canard » s’est procuré plusieurs dizaines d’offres d’études de la société Presence, filiale du groupe Topo ; elles réclament explicitement à leurs clients mystère en visite chez Volkswagen, Audi, Skoda, Kia, Hyundai, Toyota, Lexus ou Renault de réaliser « un enregistrement audio » quand ils demandent à essayer un véhicule neuf. Pour reconnaître le salarié qui s’exprime ? Vérifier les questions du visiteur ? Fliquer les deux ? Confronté aux questions du « Canard », Presence a joué les absents.
En enregistrant un salarié à son insu sur son lieu de travail, le client mystère se rend pourtant coupable d’un acte illégal. Mais, s’il ne transmet pas l’enregistrement, il n’est pas payé. A quand une visite mystère de l’Inspection du travail chez les employeurs de visiteurs mystère ?
Encore une fois, où se situe la sottise crasse ? Chez les sociétés qui ont recours à ces prestations ? Chez les sociétés qui vendent ces prestations ? Chez les gens qui acceptent d'être des clients mouchards ? On a tou⋅te⋅s une responsabilité personnelle.
Dans le Canard enchaîné du 3 octobre 2018.
L’Elysée est à la recherche de son nouveau procureur de Paris. Les candidats se bousculent. Soumission appréciée.
S'étaler de tout son long sur le parquet. C’est ce qu’a réussi Emmanuel Macron avec la succession de François Molins, procureur de Paris et grand manitou de la magistrature française. Un psychodrame politico-judiciaire inédit sous la Ve République.
D’un trait de plume, Macron a donc biffé les noms des trois postulants — dont celui de Marc Cimamonti, actuel procureur de Lyon et pourtant favori de la ministre de la Justice, du Premier ministre et du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Il a ainsi montré sa volonté de mainmise totale sur le parquet. Sur son ordre, un nouvel appel à postuler a été publié. Les candidats sont prévenus : audace et indépendance d’esprit seront vivement appréciées !
Chirac, déjà, s’était fait une spécialité de « passer outre » les avis du CSM pour avoir des procureurs à sa main. Ainsi avait—il nommé Yves Bot procureur de Paris, en s’asseyant sur les propositions du CSM. La nomination par Sarkozy de François Molins, alors directeur de cabinet du garde des Sceaux, avait également envoyé un « signal fort »…
Justice nulle part
Si l’autoritarisme présidentiel est aujourd’hui plus bruyant et assumé que jamais, il s’y mêle désormais une forte dose d’amateurisme. Le rejet de Cimamonti, président de la Conférence des procureurs, qui n’avait cessé d’appeler à couper le lien entre le parquet et le pouvoir politique, a fait passer la garde des Sceaux pour une potiche.
Le 15 décembre 2017, le site du ministère de la Justice commentait ainsi la rencontre de Cimamonti avec Nicole Belloubet. « Aujourd’hui, déclarait la ministre, il existe un consensus pour réformer le statut du parquet, mais, depuis vingt ans, personne n’y est parvenu (…). Je souhaite être la garde des Sceaux qui va faire changer le statut du ministère public. » Gagné.
L’épisode des trois noms rayés jette aussi, rétrospectivement, un joyeux éclairage sur les déclarations, en janvier dernier, du président de la République devant la Cour de cassation. Tout en appelant de ses vœux un parquet « rattaché à l’autorité du garde des Sceaux », il affirmait vouloir « veiller à son indépendance ». La démonstration est éloquente !
Ecrits imprudents
Au CSM, selon un témoin, « les collègues les plus calmes sont particulièrement énervés par cette immixtion du président de la République, qui donne l’image d’une justice vassalisée ». Il vise aussi l’« incroyable dilettantisme » de la conseillère justice de Macron et du cabinet de Belloubet. « La première est transparente, sans relais ni poids ! Tout aussi faible et inexpérimenté est l’entourage de la garde des Sceaux », relève un haut magistrat.
Selon ce vieux briscard, la stratégie veut que la ministre ou son cabinet soumettent leur choix des postes sensibles à l’Elysée : « S’ils sentent que le président de la République n’est pas emballé, alors la ministre remballe… » En somme, ils auraient dû tâter le terrain plutôt que pousser le Président à retoquer si ostensiblement les trois prétendants.
« L’Elysée et la Chancellerie ont complètement déconné ! analyse avec finesse l’un de ses collègues. Pourquoi la directrice adjointe de Belloubet et la conseillère de Macron n’ont-elles pas anticipé cette pagaille ? Elles connaissent pourtant bien la question pour avoir rédigé ensemble, en 2011, un rapport destiné à la fondation Terra Nova… » Le document dénonçait sévèrement le système actuel, le « déséquilibre historique français d’une justice dominée par le pouvoir exécutif » et « un pouvoir judiciaire conçu comme un relais de l’exécutif (…), une justice sous tutelle, voire sous influence ». Quel flair !
A quel heureux magistrat Macron réserve-t-il donc ses faveurs ? Aujourd’hui, c’est le nom du directeur des affaires criminelles et des grâces, Rémy Heitz, 54 ans, qui circule avec insistance. Ses collègues le décrivent comme un homme « sympathique », « ambitieux », « gendre idéal », « aussi prudent qu’obéissant ». Un profil de rêve.
Balance ton proc
Seul hic : Rémy Heitz a passé sa carrière à sauter de cabinets ministériels en juridictions — chaque fois deux ans maximum. « Il n’a été procureur que brièvement et n’est jamais resté le temps normal à ses postes. Le CSM risque de le recaler. Il faut espérer que Macron en a été prévenu ! » relève un proche de l’institution. Mal informé, le Président risquerait donc d’agir comme un débutant ? Impensable !
Ce festival de maladresses vient d’être en partie corrigé par un heureux hasard. Le 21 septembre, avec un peu d’avance sur le planning, le secrétaire général de la Chancellerie a été brusquement poussé dehors. Le poste ainsi libéré est revenu à Véronique Malbec, la procureure générale de Versailles, qui sera remplacée par… oui, gagné ! Marc Cimamonti, le candidat évincé du parquet de Paris. Lequel s’est donc abstenu de protester au sujet de l’épisode précèdent… L’image du parquet et son indépendance sortent grandies de cette belle histoire.
Dans le Canard enchaîné du 3 octobre 2018.
Sac de nœuds dans l’hémicycle à l’ouverture de la session ordinaire, le 1er octobre à 15 heures. Une séance consacrée au renouvellement des membres du bureau de l’Assemblée chargé de gérer son organisation.
Au préalable, tous les groupes parlementaires, à l’exception de La France insoumise, s’accordent autour d’une liste unique qui reconduirait les six vice-présidents de la dernière session — les trois premiers vice-présidents étant issus de la majorité (LEM ou MoDem).
Mais, surprise ! à l’annonce des résultats du vote (effectué à bulletins secrets), trois députés de l’opposition arrivent en tête et trustent les trois premiers postes de vice-président du bureau.
A savoir : Annie Genevard (LR), avec 211 voix, Marc Le Fur (LR) et Maurice Leroy (UDI), avec 210 voix. Les candidats MoDem et LRM sont relégués derrière, à quelques voix près.
Genevard est désormais première vice-présidente et assurera l’intérim de Ferrand en cas d’absence ! Qui l’eût cru ?
« C’est la première fois depuis 1968 qu’un premier vice-président de l’Assemblée est issu de l’opposition », s’agace un député influent de la majorité. Avant de désigner le coupable : « Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que Le Gendre (le nouveau prési- dent du groupe) nous a envoyé un message pour nous dire de ne surtout barrer aucun nom sur la liste. On s’est exécutés sagement. »
Et le même d’expliquer : « Sauf que les Rep, eux, ont été plus malins que nous. Ils n’ont pas hésité à barrer les noms de nos candidats. Pour ses débuts, Le Gendre n’aura pas été si idéal. »
Les politiques issus de la société civile n’ont plus qu’à apprendre le métier.
Dans le Canard enchaîné du 3 octobre 2018.
Envoyé en correctionnelle pour fraude fiscale et corruption, Patrick Balkany racle les fonds de tiroir. Le 26 septembre, le maire de Levallois-Perret a fait voter par son conseil municipal une augmentation de 56 % de son indemnité de maire, qui vient de passer de 3 131 euros au montant maximum légal, soit 4 896 euros.
Cette somme va s’ajouter à sa retraite de député d’environ 5 850 euros net (selon les calculs de « L’Obs », 28/9) et à ses 2 000 euros d’indemnités perçues au titre de ses fonctions de vice-président de l’établissement public territorial Paris Ouest La Défense. Soit près de 13 000 euros, au total.
Pour doper ses revenus, Balkany a puisé sans se gêner dans les poches de ses adjoints. Tous ont vu leurs propres indemnités rétrécir de 76 euros. Et tous ont, sans rechigner (du moins publiquement), voté cette ponction en faveur d’un malheureux maire nécessiteux.
À qui la faute ? Au maire qui propose un abus ? Aux élus et aux administrés qui ont voté et accepté cet abus ?
Dans le Canard enchaîné du 3 octobre 2018.
Bien, ce court-métrage. Quantifier prétendument scientifiquement les émotions + jalousie, paranoïa et sur-interprétation à la veille d'un mariage. Seul défaut : en 2018, j'ai toujours du mal avec les grossesses surprises (couple stable depuis des années dont l'un des deux n'est pas au courant), car ça devrait être une décision réfléchie.
Tirade essentielle :
*En colère, met à la vue de l'autre un test de grossesse* Voilà ! T'es content ?! T'es satisfait ?! Tu sais tout, là ?! Tu veux savoir autre chose ?! Vas-y, pose-moi des questions, je t'écoute, là ! Je voulais te l'annoncer pendant le mariage, ça aurait été beau, non ?! Ha non, non, non parce que si monsieur ne sait pas tout sur tout avec l'égo de monsieur, faut que monsieur fasse sa crise, hein parce que monsieur a toujours eu tout ce qu'il voulait et moi par contre, on s'en bat les couilles, j'peux aller me faire foutre ! Tu t'ai demandé une seule fois comment je vivais le mariage, la pression, l'organisation ! Tu ne m'a pas demandé une seule fois comment ça allait ! Je me sens comme une merde, voilà, à devoir dépendre de toi et ta famille parce que c'est eux qui payent tout. Je me sens comme une merde à ne pas pouvoir t'aider à écrire ton bouquin, à ne pas t'inspirer ! Et toi, tout ce que tu trouves à faire pendant cette période, c'est passer un putain de test pour savoir à quel point on serait compatible ?! Je ne sais pas ce que ça veut dire ce résultat, « une tierce personne », j'en sais rien ! Peut-être que parfois, oui, je pense à mon ex avec qui j'ai passé six ans de ma vie, voilà, parce que c'est une relation qui m'a aidé, qui m'a forgé, qui m'a construite, mais c'est pas de l'amour, c'est de l'attachement, c'est de l'affection, c'est toi que j'aime ! J'suis au maximum, là, c'est tout ce que je peux t'offrir. Tu ne veux pas de moi, trouve quelqu'un d'autre.
Le moto-ball est un sport collectif qui se joue avec un ballon et dont les joueurs pilotent des motos de 250 cm3.
En France, le Vaucluse compte le plus grand nombre de clubs.
Via le numéro de septembre 2018 du Ravi, enquêtes et satire en PACA.
Analyse de la dernière cuvée du fonds de soutien aux médias d'information sociale de proximité.
On n‘est pas rancunier rue de Valois. Alors que l‘an dernier, le Ravi avait communiqué un peu vite les résultats du fonds de soutien aux médias d‘information sociale de proximité (Cf n°154), le ministère de la Culture a bien voulu faire le point sur la 3ème salve.
Si l‘enveloppe reste la même - 1,6 millions d‘euros — le nombre de médias aidés baisse un peu (126 contre 132) comme le nombre de candidats (240 contre 256), ceux ayant touché l‘aide maximale (18 000 euros) étant, eux, en légère hausse. Ce que le ministère appelle un « effet d'apprentissage. Ceux qui ne correspondent pas aux critères ne candidatent plus et la qualité des dossiers des autres progresse ».
Alors, on prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait puisqu‘il y a « 20 % de nouveaux ». Avec une attention particulière pour ceux intervenant dans les « quartiers » ou en « rural ». Reste que la répartition des médias « pas pareils » est loin d'être uniforme. Si l‘Île-de-France est en tête (avec 18 médias), suivie de peu par l'Occitanie, dans le Nord, seuls 4 médias ont été aidés, « la situation économique et sociale n'encourageant pas à l'émergence de medias dynamiques ».
En Paca, après un très bon cru 2017 (un peu plus de 200 000 euros d‘aide pour 17 médias sur 34 candidats), on assiste à un recul, tant du nombre de candidats (25) que de lauréats (13) et de l'enveloppe allouée (163 640 euros). Sept médias sont aidés depuis le début (dont le Ravi), on compte trois nouveaux. Mais trois autres, aidés jusque-là, se sont vus retoqués « par manque de renouvellement des contenus » ou « parce que les productions ont été jugées d'un niveau insuffisant et de moindre qualité ».
Alors qu‘il n'y a ni rallonge ni nouvelle ligne en vue (sans parler de la nécessité de roder des dispositifs comme celui des « résidences de journalistes »), pas toujours simple donc de toucher le fonds. Alors que toucher le fond, c'est facile. En atteste la précarité de nos médias. Ou les querelles intestines au Média!
Je ne connaissais pas cette aide publique à la presse qui juge apparemment le contenu avant de distribuer les sous… Les montants alloués ne semblent pas être publiés par le ministère de la Culture. Je ne trouve pas le Ravi dans les aides publiques directes à la presse, par exemple. ÉDIT DU 08/04/2020 À 18 H 15 : la liste des médias aidés chaque année (2017 - 2019 à ce jour) est disponible sur le site du MiniCul, mais pas le montant de l'aide (mais si l'on divise le montant total, 1,58 M€ par le nombre de journaux aidés, 130, on obtient une aide moyenne de 12 k€ et comme l'aide est plafonnée à 18 k€ d'après Le Ravi ‒ je n'ai pas réussi à recouper cette info ‒, on se dit que l'écart à la moyenne doit être faible). FIN DE L'ÉDIT.
Dans le numéro de septembre 2018 du Ravi, enquêtes et satire en PACA.
16
Je suis le nombre de mois durant lesquels la Méditerranée va devoir encore supporter les rejets de l’usine Altéo de Gardanne (13). Fin juillet, le tribunal administratif de Marseille, statuant sur une série de recours d'associations de défense de l'environnement, a en effet décidé de réduire de deux ans - 24 mois - la dérogation accordée en 2015 par la préfecture à l'industriel dans la gestion de ses rejets en mer.
Tout en mettant fin à 50 années - 600 mois ! - de vomissements de zinc, plomb, arsenic - les fameuses boues rouges - au large de Cassis, dans une zone située en plein cœur du parc national des Calanques, le préfet du gouvernement PS d'alors y avait autorisé, durant une période transitoire de 6 ans (72 mois), un cocktail toujours aussi peu inoffensif pour l’environnement composé notamment d'aluminium, d'arsenic et de fer.
Mais dans 16 mois, fin 2019, l’industriel n'en aura pas encore fini avec la gestion de ses déchets toxiques. Le tribunal l'a enjoint de réaliser d'ici fin janvier - dans 5 mois - une étude d'impact et une enquête publique sur le stockage des résidus de ses boues rouges sur le site de Mange-Garri, à Bouc-Bel-Air. Comme l'a déjà raconté le Ravi (Cf n°133, octobre 2015), cette fois ce sont les humains qui sont directement impactés…
Dans le numéro de septembre 2018 du Ravi, enquêtes et satire en PACA.
Siné (hebdo puis mensuel) fête ses 10 ans. À cette occasion, 3 pages du numéro de septembre 2018 exposent les courriers reçus de la part des lecteur⋅rice⋅s.
Pyramide des âges des lecteur⋅rice⋅s sélectionné⋅e⋅s :
Ça sent le soixante-huitard nostalgique qui s'est fait happer par le système, qui est clairement le fonds de commerce affiché de Siné mensuel, et le trentenaire qui fait son baroud d'honneur après avoir découvert que son taff, son couple et sa banque le brident de partout. Si avec ça on n'arrive pas à lancer une révolution ! Sinon, elle est où la relève ? Occupée à voter Parti Socialiste ou France Insoumise en pensant voter à gauche ?
(oui, je suis au courant que cette pyramide des âges souffre de plusieurs biais : les courriers publiés ont été sélectionnés sans garantie de représentativité sur l'âge, tout le monde ne prend pas le temps d'écrire au journal qu'il lit, le public d'un journal fortement marqué - auteurs, style, etc. - est lui-même fortement marqué, etc.)
World Clean Up Day 1, c’est le nom officiel de la journée du 15 septembre dont l’objectif est que chaque habitant de la planète nettoie les tas de déchets a côté de chez lui. Ce grand ménage est ambitieux, audacieux même, mais il pousse avant tout à réfléchir à nos modes consommation et de production.
L'un de nos ennemis redoutebies, celui des océans et de notre devenir commun demeure le plastique. Les rapports des scientifiques se suivent et se ressenblent, la plastification de notre planète est en cours, et elle aura des conséquences redoutables. Quelques chercheurs travaillent sur une alternative. En France, une chercheuse, Soraya Bornaz, ingénieure en modélisation physique, consacre tout son temps à un bioplastique. « Ce plastique existe, j'en ai fabriqué », nous explique-t-elle. Elle le produit à partir de la chitine, une molécule que l‘on trouve dans l’exosquelette des crevettes, des écrevisses et des insectes. elle a installé son labo dans une petite salle de l'École des ponts, à Paris, sans financement. « Je suis seule en France, j'ai deux collègues en Espagne. On se débrouille comme on peut. » Après un processus de désacétylation de la chitine, on obtient du chitosan. C’est la molécule brûleuse de graisse que l’on trouve partout. Pour gagner du temps et de l‘argent, elle achète directement le chitosan sur les sites en ligne de diététique. Après ? Elle mélange le chitosan à de l’acide acétique et obtient une pâte qui sèche et devient du plastique nouvelle génération.
Toutes les qualités
Les propriétés de cette chitine sont hallucinantes.
Primo, elle apsorbe les métaux lourds. En inde, elle est utilisée pour purifier l’eau.
Deuxio, elle est utilisée comme engrais. En Égypte, on a développé une filière de recherche et de développement pour l’utiliser comme tel. imaginez un sac plastique que vous jetteriez dans votre jardin pour
aider les plantes à pousser.Tertio, elle est un bon antibactérien. On la retrouve d’ailleurs dans la composition des gels intimes. Bref, le remède miracle qu’on l‘on cherchait depuis des années était sous nos yeux. Reste à voir le temps de dégradation dans la nature du sac biopiastique. « C'est ce sur quoi je travailie. Mais quoi qu’il en soit, comme c’est comestible, ce ne fera aucun mal à la biodiversité, bien au contraire », ajoute Soraya Bornaz.
Ouais, le cyanure aussi, c'est comestible. La « raw water » aussi.
Seul bémol : les ressources en chitine. Si les crevettes et autres crustacés sont les fournisseurs de la sacre-sainte molécule, il y a fort à parier que ces espèces seront pêchées en masse et disparaîtront rapidement des fonds marins.
Non, sans blaaaaaaaague ?!
Certains ont déjà commencé à miser sur les insectes, comme l‘usine de fabrication Ynsect à Évry. Reste d’autres molécules comme l’amidon —— déjà exploité « et la gélatine ou la lignine qui, à leur tour, pourraient être étudiées. Mais la nature a plus d'un tour dans son sac et nous a proposé une alternative : les champignons. De récentes études ont par exemple montré que la chitine contenue dans les pieurotes était exploitable**. Or. pour développer ces champignons, il faut des arbres et donc créer des forêts. Bingo ! On résout plusieurs problématiques en un seul coup.
On déplace le problème, oui. Aura-t-on assez de ces champignons ? Pour en avoir assez, faudra-t-il faire une monoculture des arbres sur lesquels ils se développent ? Planter des arbres alors qu'on les massacrent afin d'obtenir des champs pour cultiver de quoi nourir la viande que nous consommons, c'est une blague ?!
L’avenir peut ne pas être si sombre que prévu. Mais pour ça, il faut aider les scientifiques comme Soraya Bornaz et ses collégues à aller plus loin et plus vite.
Je retiens que tout ça sonne très bullshit… Autant que le pastique « plastique réutilisable » de Coca Cola, qui est du plastique couplé à des matières végétales, comme le maïs, ce qui cause d'autres problèmes (déforestation et consommation d'eau pour les cultures, etc.)… Sans compter qu'il reste toujours des microparticules de plastique dans le mélange… qui ne sont pas biodégradables, qui polluent les océans et s'infiltrent dans les sols, etc. Ça me fait halluciner, tout ce que nous sommes prêt à faire pour ne surtout pas changer sérieusement nos petites habitudes…
Dans le Siné mensuel de septembre 2018.
Séquencer les gènes est une avancée majeure de la biologie. Mais qui pose problème : ce n'est pas parce que l'on a séquencé des gènes que l'on comprend comment ils fonctionnent et comment s'en servir. la suite nécessaire s'est révélée plus compliquée que le séquençage de l'ADN lui-même, et ceci pour des résultats spéculatifs. L'effort de recherche industriel qui parvint au séquençage du génome humain - une prmeière en biologie - a provoqué l'intrusion d'investisseurs et de financiers, et la sélection parmi les chercheurs, de leaders pour lesquels l'argent passe avant la recherche. Pour justifier les investissements, il fallait promettre de l'argent, pas des connaissances ! On promit donc de guérir toutes les maladies génétiques. Mais - malheur pour le bizness-plan ! - celles-ci sont nombreuses, la plupart rares et atteignent des patients qui n'ont pas les moyeens de payer. De plus, transférer des gènes dans des cellules est bien plus difficile en pratique qu'en théorie, et souvent nocif. À côté de succès isolés, le « génie génétique » médical connaît de très nombreux échecs et reste bien loin de la rentabilité. Aussi, les start-up qui s'apprêtaient à séquencer des millions de génomes cherchent-elles d'autres débouchés. Certaines en ont trouvé, loin de la science, dans des applications de police et de sécurité ; d'autres exploitent, sans scrupules, la crédulité de publics qui ne comprennent pas grand-chose à leur activité. On raconte aux gens ce qu'ils veulent savoir de leurs origines : de quels villages d'Afrique venaient les ancêtres des Noirs américains. Avez-vous des ancêtres scandinaves ? Quel est le pourcentage de vos ancêtres juifs, trucs ou papous ? Le problème est que ces « résultats » proposés sur Internet contre un échantillon de mucus buccal et plus ou moins d'argent, sont totalement bidonnés. Aucune technique ne permet de reconstituer une généalogie à partir d'une séquence d'ARN, encore moins d'affirmer où et comment vivaient de lointains ancêtres.
Cette « astrologie du passé » est donc pure imposture !
Dans le Siné mensuel de septembre 2018.
Ma tante Henriette, elle gueule quand il n’y a plus d’épicerie dans son bled, mais c’est la première à courir à l’hypermarché à cinq bornes. Moins cher, plus rapide, le chaland (même de gauche !) file chez Leclerc, et après lui le déluge. C’est vrai que les vieux, en plus d’être pingres, sont souvent pressés. Alors certes, ils regrettent leur coopette, le sourire de la crémière, mais ni ses prix ni sa file d’attente. Côté téléphonie, elle est passée chez SFR, l’Henriette. Parce que c’était moins cher que chez Orange. Orange, ultime avatar d’un lointain service public. Mais voilà, SFR, ça dléconne tout le temps. Pourquoi ? C’est une boîte gérée par un requin. Un type qui presse le citron, puis la pulpe, puis les pépins. Oh, question management, France Télécom (Orange) n’est pas en reste, certes ! Mais SFR, c’est l’incarnation de la vanité de l’ouverture à la concurrence. C’est moins cher… mais ça marche pas. Et qu’est-ce qu’elle fait l’Henriette quand ça marche pas ? Elle appelle les PTT… Orange quoi. Parce qu’en se vautrant sur les offres SFR, elle a pas bité qu’elle quittait le service public, qu’elle plongeait dans le matigot de l’offre et de la demande. Et quand la dame marocaine de la plateforme Orange lui explique tout ça, elle l’engueule, l’Henriette. Pourquoi ? Parce qu’elle veut rien comprendre. Pour les pigeons comme elle, la SNCF a créé Ouigo. Une filiale lowcost avec du personnel moins formé, des prestations à la carte selon des règles incompréhensibles. Alors l’Henriette, elle va se précipiter, elle et toutes les autres alouettes qui vont s’écraser dans le fameux miroir. Dans quelques années, Ouigo sera privatisé, ses tarifs auront explosé, le personnel pas forcément compétent, les retards seront la règle. Et l’Henriette ira se plaindre aux « fainéants » de la SNCF… qui'l’enverront chier. Bien fait pour sa gueule.
Gros gros +1.
Dans le Siné mensuel de septembre 2018.
On a beau le savoir, c’est toujours bien d’en avoir confirmation : les dirigeants d’entreprise, qu’ils soient français ou européens, qu’ils se présentent comme des amis de la planète ou non, se fichent du dérèglement climatique comme de leur premier coup de soleil.
Voyez BusinessEurope, le Medef européen. Il rassemble toutes les organisations patronales des Vingt—Sept. C’est le sémillant Pierre Gattaz qui le préside depuis peu. La semaine dernière, le site Euractiv a publié un mémo interne qui fournit à ses membres les éléments de langage qu’ils devront utiliser à Bruxelles lors des prochaines discussions sur les réductions d’émissions de C02 (« Libération », 20/9). Trois bons conseils.
Un, tant qu’il s’agit d’un blabla sans conséquence, c’est-à-dire sans aucun effet sur la législation européenne en vue de 2030 (car ils voient loin…), ne pas hésiter à être « plutôt positif » sur la nécessité de réduire les émissions.
Deux, dès que des mesures concrètes de réduction d’émissions sont envisagées, « utiliser les arguments habituels, selon lesquels nous ne pouvons agir seuls dans un marché mondialisé et ne pouvons pas compenser pour les autres ».
Trois, pour freiner, retarder, empêcher les mesures de réduction mettre en doute les calculs en « demandant plus de transparence », réclamer des « études d’impact », agiter le « risque de créer de l’instabilité ».
Cocasse, non ? Depuis l’accord de Paris sur le climat, en 2015, on entend tous les jours dans les médias les patrons expliquer que, loin de voir dans la lutte contre le dérèglement climatique une entrave à l’activité économique, ils la considèrent, eux, comme une formidable opportunité et se posent en leaders du combat pour un monde moins ravagé par les gaz à effet de serre.
L’enfumage, c’est tout un art…
Dans le Canard enchaîné du 26 septembre 2018.
Coucou la revoilà,la défiscalisation des heures supplémentaires ! Sarkozy l’avait inventée en 2007 pour torpiller les 35 heures. En 2012, Hollande l’avait supprimée parce qu’il ne fallait rien garder de l’héritage. Mais elle a la vie dure : la défiscalisation revient, sous le joli nom de « désocialisation », dans le budget 2019.
Evidemment, à la mode Macron : un peu de Sarko — on supprime les cotisations sociales des salariés sur le temps de travail au-delà de 35 heures par semaine ; et — « en même temps » — les heures sup continueront d’être soumises à l’impôt sur le revenu, comme l’avait voulu Hollande.
Un peu de pouvoir d’achat, mais pas trop de trou budgétaire : ce travail de dentellière bute toujours sur la même absurdité. Depuis la mise en place des 35 heures, à partir de 2000, l’Etat verse chaque année aux entreprises (en réductions de charges) une quinzaine de milliards. Et, « en même temps » que l’Etat (c’est-à-dire le contribuable) dépense cet argent pour réduire le temps de travail, il en dépense encore plus — 2 milliards chaque année — pour inciter à son augmentation.
Sapeur Camember, réveille-toi, ils sont devenus fous !
Dans le Canard enchaîné du 26 septembre 2018.
L’Institut national de l'audiovisuel, dont le siège est à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), loue des bureaux dans Paris, près de la gare de Lyon, mais va bientôt déménager dans le plus accueillant VIIe arrondisse-ment. L'augmentation de loyer n’est pas faramineuse (de 77 500 à 90 000 euros par an), mais le bail est audacieux : l’INA, entreprise publique, va louer ses nouveaux locaux à Molotov, le roi privé de la télé par Internet, avec lequel il est par ailleurs en affaires. Depuis cet été, l'INA a lancé sa chaîne sur la plateforme vidéo Molotov, où sont diffusés ses archives et les moments cultes de la télé.
Après le partenariat public-privé, le partenariat public-privilégié !
Dans le Canard enchaîné du 26 septembre 2018.
Avez-vous déjà entendu parler des agents de plumaison et d'épilation ? Pour ne pas perdre trop de temps, en début de chaîne d'abattage, à débarrasser les poulets de leurs plumes et à rendre imberbes les cochons, l’industrie volaillère et charcutière a trouvé la solution : les pauvres bêtes, une fois zigouillées, sont automatiquement plongées dans un bain chimique contenant, au choix, de l'alkylaryl sulfonate de sodium ou de l'éter d’éther alkyltriglycolique.
Un traitement au poil qui n’est pas mentionné sur l'étiquette des filets de porc ou des cuisses de poulet en barquettes, tout comme les autres « auxiliaires technologiques » dont raffole l’industrie agroalimentaire, pour produire plus vite et plus facilement ses aliments transformés : antimousse dans l'eau de lavage des légumes congelés, agents de clarification pour jus de fruits ou décolorants dans les huiles alimentaires… N'en jetez plus !
Si ces auxiliaires technologiques sont cachés, c’est parce qu'on ne les consomme pas en tant qu'« ingrédients alimentaires » mais sous forme de résidus indésirables. Dès lors, les industriels ont obtenu de Bruxelles qu’ils échappent à tout étiquettage. Avec déjà 300 additifs à indiquer, cela aurait fait beaucoup de noms sur la boîte. Une goûteuse exemption que l’association Foodwatch vient de dénoncer. De plus, tous les auxiliaires technologiques ou presque peuvent être commercialisés dans l'Union européenne sans que les agences sanitaires aient leur mot a dire. Seuls les agents de décontamination, utilisés, par exemple, pour laver les salades en sachets, les enzymes pour faciliter la décantation du vin et les solvants d'extraction qui permettent d'extraire l'huile des graines de tournesol ou de colza doivent montrer patte lanche avant d'être mis sur le marché.
Une fois n’est pas coutume, la France a fait du zèle en concoctant sa propre liste d’auxiliaires technologiques « soumis à autorisation préalable ». Cocorico ! Sauf que la Répression des fraudes ne contrôle pas, ensuite, pour voir s’il reste des résidus dans les produits. Et, surtout, un auxiliaire technologique retoqué par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation peut très bien, s'il est fabriqué chez l'un de nos voisins qui se contente d'appliquer la réglementation européenne, revenir dans nos assiettes en toute légalité.
On est dans les choux (de Bruxelles) !
Dans le Canard enchaîné du 26 septembre 2018.