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  • Campagne de dons 2016 : aidez La Quadrature du Net à développer ses actions ! | La Quadrature du Net

    Ding, ding, il faut remettre des pièces pour que le petit lapin continue à taper sur son tambour. :)

    La Quadrature du Net lance aujourd'hui sa campagne de soutien annuelle. Afin de poursuivre et intensifier ses actions pour la défense des droits fondamentaux à l'ère numérique en toute indépendance, La Quadrature appelle ses soutiens et sympathisants à soutenir financièrement ses actions.

    [...]

    Les principaux dossiers sur lesquels nous travaillons en ce moment (et nous travaillerons en 2017) sont :

    Infrastructure et Réseaux :

    • Après le Règlement européen sur les Télécoms, veiller à une réelle application de la Neutralité du Net
    • Travailler sur le nouveau Paquet Telecom
    • Démarrage d'une campagne pour l'ouverture des réseaux wifis et leur promotion

    Droits de l'Homme à l'ère numérique :

    • Travail de sensibilisation politique et de campagne citoyenne sur le projet de directive européenne ePrivacy (concernant les données personnelles)
    • Défense et promotion du droit au respect de la vie privée (notamment via la protection du chiffrement)
    • Lutte contre la censure (par le blocages de sites Internet ou la censure privée)
    • Campagnes et outils pour la protection des données personnelles et de la vie privée (chiffrofêtes, sites et matériel d'information)
    • Travail d'action contentieuse avec le groupe des « exégètes amateurs » contre les lois de surveillance et de censure

    Partage de la culture et de la connaissance, reconnaissance des Communs :

    • Travail sur la réforme du droit d'auteur (directive européenne sur le Copyright)
    • Campagnes de sensibilisation des créateurs et contributeurs à la création sur les propositions alternatives au système traditionnel de droit d'auteur
    • Action contentieuses pour défendre les exceptions au droit d'auteur, le domaine public ou les licences libres

    Actions de terrain

    • Organisation d'ateliers de sensibilisation sur le chiffrement et sur la protection des données personnelles
    • Participation avec d'autres associations et organisations à des campagnes de sensibilisation en France et en Europe
    • Développement de l'action locale de La Quadrature du Net et décentralisation de ses ateliers
    • Renouvellement, développement et création d'outils de prise en main du débat politique (Memopol, PiPhone etc)
    10/11/2016 19:06:04 - permalink -
    - https://www.laquadrature.net/fr/campagne-dons-2016
  • [ L'homme nu. La dictature invisible du numérique par Marc DUGAIN et Christophe LABBE ]

    Un bouquin, écrit par un journaliste du Point spécialiste des questions de défense, de police et de renseignement et un romancier, qui part du big data pour décrire une société dystopique despotique, totalitaire, induite par la surveillance massive de chacun-e d'entre nous.


    Les avantages proposés par les nouveaux maîtres du monde sont trop attrayants et la perte de libertés trop diffuse pour que l'individu moderne souhaite s'y opposer.


    Infos intéressantes

    • https://fr.wikipedia.org/wiki/Acxiom - Acxiom, data broker, société commerciale qui détient des profils détaillés sur 700 millions de personnes à travers le monde… sans que personne ne connaisse son nom.

    • Les photos souvenirs et les selfies sont un leurre faisant croire que la capture de l'instant présent est supérieur à la réalité, à l'émotion vécue de l'instant qui, elle, n'est pas numérisable.

    • Gouvernance par algorithmes : « gouvernement opérant par configuration anticipative des possibles, plutôt que par réglementation des conduites et ne s'adressant aux individus que par voie d'alertes provoquant des réflexes, plutôt qu'en s'appuyant sur leurs capacités d'entendement et de volonté ».

      • Réduire préventivement les possibles, ça me fait penser à la police administrative qui se met doucement en place en France. Ça me fait aussi penser aux pratiques anti-neutralité des réseaux (http://shaarli.guiguishow.info/?mZ7MCA ).

      • Les stimuli me rappellent la société de consommation, par essence même mais aussi les techniques mises en place par les gros silos pour capter l'attention de leurs utilisateur-rice-s, voir http://shaarli.guiguishow.info/?BTnhCQ .
    • Le mythe des algorithmes qui seraient neutres : Lantana Sweeper, profe à Harvard tapant son nom et prénom sur Google Search voit des pubs pour des services judiciaires lui proposant de consulter son casier judiciaire. Pourquoi ces résultats suggérant qu'elle pouvait avoir un casier sont apparus ? Simplement parce que son nom et son prénom sont à consonance Afro-Américaine donc la probabilité d'avoir des ennuis judiciaire est plus élevée. Au-delà de cette anecdote, les algorithmes sont écrits par des humain-e-s imparfait-e-s, qui ont des biais de perception et d'interpréation, n'oublions jamais cela.

    • Sommes-nous hyperconnectés les un-e-s aux autres grâce au numérique ou chacun-e est connecté-e à sa bulle personnelle ? Chacun-e de nous ne voit pas les mêmes résultats de recherche sur Google Search, pas les mêmes pubs, pas les mêmes informations sur un portail d'information ou sur les réseaux sociaux qui appliquent des filtres pour afficher que ce qui est "pertinent".

    • Je compète ma définition de la vie privée avec ça : « La vie privée, ce n'est pas ce que l'on dissimule, c'est de l'espace non public, quelque chose dont nous avons besoin pour ensuite jouer notre rôle sur l'agora. Elle est aussi vitale socialement que le sommeil l'est biologiquement. » Jean-Claude Ameisen. Ça complète la définition de jz, « La protection de la vie privée, c'est la protection de nos intimités. C'est se laisser la possibilité d'êtres libres seul-e ou à plusieurs. C'est la possibilité d'expérimenter sans se faire juger. C'est important. », et celle de Sonntag : http://shaarli.guiguishow.info/?peLLrQ

    • « La transparence totale s'apparente à une nouvelle Inquisition. Car que veut dire être transparent ? Que l'on voit au travers de vous et donc que l'on ne vous voit plus ? On nous fait confondre honnêteté et transparence. Il faut se pose la question : est-ce que le seul moyen que j'ai d'être honnête, c'est d'être mis sous surveillance H24 ? Si la réponse est oui, cela signifie que l'on a inventé l'honnêteté totalitaire. ».

    • « En juin 2013, le directeur de la NSA assura que les programmes de surveillance des télécommunications avaient permis de déjouer des douzaines de «complots terroristes». En octobre, il révisa son estimation à la baisse, évoquant 13 «événements» en rapport avec le territoire américain, avant d’admettre que le nombre de menaces étouffées dans l’œuf par le programme de collecte des métadonnées téléphoniques se montait à une ou peut-être deux. En fin de compte, ne resta qu’un seul complot à avoir été déjoué par plus de dix ans de collecte massive de fadettes téléphoniques : un habitant de San Diego arrêté pour avoir envoyé 8 500 dollars à un groupe militant somalien. ». Source : http://www.liberation.fr/france/2015/04/14/loi-sur-le-renseignement-les-bugs-du-big-data_1241075

    • La surveillance automatique, par des programmes informatiques, ça élimine les cas de conscience. C'est donc d'autant plus dangereux.

    • Croyance forte en la neutralité des moteurs de recherche : deux chercheurs américains ont demandé à 2 100 Australiens, répartis en 3 groupes, de taper le nom de l'un des deux aspirants pour le poste de Premier ministre aux elections élections de 2010, sur un moteur de recherche truqué pour que les premières pages web affichent des résultats favorables, défavorables ou neutre. Les intentions de votes pour l'un ou l'autre candidat basculaient de 37% en fonction de l'orientation donnée par les moteurs de recherche. Une influence incomparable à celles des médias traditionnels car les internautes font beaucoup plus confiance à l'informatio piochée sur le net. Voir : http://www.pnas.org/content/112/33/E4512.abstract

    • Les GAFA ne veulent pas de réglementations strictes car ces sociétés pensent pouvoir en créer de meilleures que le gouvernement. Elles ne veulent pas non plus que la société civile leur impose des règles éthiques car elles pensent que leur jugement éthique est supérieur par définition même. C'est vrai mais ça ne concerne pas que les GAFA : l'industrie d'Hollywood est persuadée de diffuser la bonne parole, les bonnes valeurs, dans le monde entier. Big Pharma et l'industrie agro-alimentaire ne veulent pas non plus de réglementations, c'est tout l'enjeu des traités de libre échange à outrance !

      • Et si ça se trouve, c'est peut-être vrai que les GAFA produisent de meilleures réglementations en se basant sur une méthode scientifique. Mais ce n'est pas la question. La question est : il n'y a pas un semblant de démocratie ni de transparence (qui peut connaître l'intégralité des règles du jeu ?) dans les règles fixées par les GAFA. De plus, tout gros business cherche à s'émanciper des États et pense avoir raison or, les règles de vivre-ensemble fixées par une minorité sont inacceptables par essence.
    • Je découvre la culturomique : http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/info-sciences/connaissez-vous-la-culturomique_1740973.html . L'étude de la culture et de la pensée humaine dans le temps. Apparition et disparition d'un mot, changement de sens, etc. Exemple : Google qui, grâce à Google Book, constate que l'usage du mot « Dieu » s'effondre à partir de 1860 jusqu'à 1900 pour rester relativement stable et ne pas redécoller ensuite. Je trouve ça impressionnant car avec cet outil, aurait-on pu prévoir la suite logique, aka la loi de 1905 en France, par exemple ? Et si oui, qu'aurait fait les églises et leurs fans avec cette information ?

    • Je découvre un nouvel acronyme bullshit, NATU : Netflix, Airbnb, Tesla, Uber… … …

    • Pour l'instant le transhumanisme est dans sa phase "prévenir les toooous premiers signes d'une maladie" grâce à des nanoparticules qui se promènent dans tout l'organisme humain. Objectif : gagner de l'espérance de vie (20 ans d'ici 2035). Visiblement, ce courant de pensée porté par Google et d'autres est loin d'avoir pigé la vieillesse et donc de pouvoir atteindre leur objectif : effacer la mort.

    • Les nouveaux outils génèrent « une frustration, celle de ne pas réussir à faire tout ce que l'on veut, et une insatisfaction, de mal faire ce que l'on fait. » Hartmut Rosa, philosophe.

    • « Dans une démocratie, je considère qu'il est nécessaire que subsiste un espace de possibilité de fraude. Si l'on n'avait pas vu fabriquer de fausses cartes d'identité pendant la guerre, des dizaines de milliers d'hommes et de femmes auraient été arrêtés déportés, sans doute morts ». Raymond Forni, père de la CNIL que l'on décrit comme un homme qui a « toujours été partisan de préserver un minimum d'espace sans lequel il n'y a pas de démocratie »


    Points contestables

    • L'origine de la surveillance de masse serait les attentats du 11 septembre 2001 pour les USA tandis qu'en France ça serait la fusion DST + RG en DCRI (opérée en 2008) qui aurait fait perdre le maillage local d'informateurs qu'avait les RG. Sauf qu'Echelon (https://fr.wikipedia.org/wiki/Echelon) existait avant le 11 septembre. Tout était prêt avant les attentats, aux USA comme en France, juste les politiques de carrière ne savaient pas comme mettre en place ces arsenals liberticides. Les attentats font sauter les derniers freins, rien de plus.

    • 12 organismes géreraient la racine du DNS et seulement 2 seraient en dehors des US. Ce n'est pas 2 organisations mais 3, voir http://root-servers.org/ et ce n'est pas le nombre d'opérateurs de la racine qui est important puisqu'ils assurent uniquement un rôle technique de diffusion mondiale d'un fichier préparé, dans les faits, par le gouvernement US (via l'ICANN et le département du commerce). C'est là que se situe l'enjeu de pouvoirs, pas chez les opérateurs de la racine.

    • Non, toutes les fibres optiques mondiales ne passent pas toujours par les US, voir http://www.cablemap.info/ . Dire cela pour mettre en avant la toute puissance de la NSA, c'est éluder la coopération entre tous les services de renseignement autour du globe qui s'échangent des renseignements, aka ce qui circule sur les câbles dépendant de leur juridiction. Du coup, ça amène une erreur de lecture plus loin dans le livre : si les élu-e-s européen-ne-s se sont couché-e-s trèèès rapidement quand la presse a indiqué que les téléphones avaient été mis sous écoute par la NSA, c'est par peur que la NSA divulgue les accords de coopération qui montrent que les services secrets européens ne sont pas non plus des anges.

    • Est-ce que ce sont les contrats de sous-traitance de la Défense US et les investissements de la part de fonds d'investissements liés aux services secrets US (genre In-Q-Tel pour la CIA, voir http://shaarli.guiguishow.info/?8gqkSQ pour plus d'infos sur le sujet) ou bien la législation genre Patriot Act qui ont le plus corrompu les GAFA ? Le livre a un préjugé pour le premier cas alors que moi, je n'en suis pas si sûr, je pense que le Patriot Act a aussi beaucoup joué dans la porosité entre services de renseignement US et GAFA.

    • Le livre désigne l'avarice d'une oligarchie technocratique comme bouc-émissaire de tous les maux du monde à venir. Je n'ai jamais été convaincu de cela : on reconnaît une logique issue de la théorie de l'évolution derrière Internet aka les humain-e-s avaient besoin de diffuser le savoir plus largement et de communiquer plus vite, mais on renie une telle propriété au libéralisme économique accru : en quoi ce libéralisme (voire ce libertarisme) ne pourrait-il pas être nécessaire à l'évolution de la société ou, à défaut, être la moins mauvaise organisation de celle-ci connue à ce jour ? Je n'ai pas de réponse, c'est une question ouverte que je me suis toujours posé.

    • Les auteurs pensent que la robotisation accrue réservera le travail à une élite qui sera du coup abusivement rémunérée. Les auteurs pensent à des travaux créatifs, par exemple. Je suis d'accord mais d'un autre côté, si l'humanité accouche de plusieurs vraies intelligences artificielles complètes alors même ces tâches ne seront pas exclues de la robotisation. Partant de là, les auteurs estiment que le revenu de base est une chimère libertarienne car il sera attribué en échange de temps de présence en ligne (source de production de données qui seront monétisées). Plusieurs points de leur analyse se contredisent : par qui sera distribué ce revenu s'il n'y a pas d'état (vœux des libétarien-ne-s dont certains gus-sse-s de la Silicon Valley font partie) ? Par les GAFA ? Donc il faudra que les données monétisées par personne rapportent plus que le revenu versé, ce qui est loooooin d'être le cas aujourd'hui (on est à 4$ par utilisateur sur un trimestre en moyenne mondiale, voir http://www.nextinpact.com/news/101990-facebook-benefice-et-revenus-records-au-troisieme-trimestre.htm ). Pourquoi les GAFA paieraient les revenus de base de toute personne qui s'est fait remplacer par un robot alors que ces sociétés ne seront pas responsables de toute la robotisation du monde ?


    Définition et enjeux du big data :

    • Perso, j'aime beaucoup cet épisode de DataGueule sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=5otaBKsz7k4 . Là où le livre est intéressant, c'est qu'il énonce très bien toutes sortes de dangers liée à cette collecte massive bien au-delà des exemples de l'assurance voiture ou santé adaptée que l'on présente assez rapidement en premier auprès de personnes qui méconnaissent le sujet.

    • Big data : collecte massive de données sur tout le monde pour analyse. L'idée et d'affiner les statistiques et surtout les probabilité : si l'on a des données sur tout le monde, on perd la marge d'erreur liée à la qualité de l'échantillon. L'idée est de faire des corrélations entre toutes les données capturées et archivées afin d'en déduire des tendances (foyers des épidémies, prix de l'immobilier, etc.) mais aussi de personnaliser toujours plus les services auprès de chaque individu dans les domaines de la santé, de la sécurité, etc. L'objectif final est une rationalisation ultime de tout ce qui peut l'être, d'effacer la notion de risque, d'effacer les émotions, d'effacer le hasard. C'est-à-dire effacer la créativité humain-e et ce que fût l'évolution humaine jusqu'ici (suite de hasards, notamment génétiques). Notons que la fiabilité de la prévision des foyers d'épidémies ne fait pas l'unanimité : http://science.sciencemag.org/content/343/6176/1203 .

    • Enjeux :
      • Nudité / transparence de l'humain-e : intimités, habitudes, comportements, profil commercial, profil psychologique et idéologique aux mains de sociétés commerciales et d'État tout-puissant-e-s et marginalité pour ceux-celles qui refuseront ce système.

      • Servitude volontaire pour obtenir des services gratos et personnalisés en échange. Services qui nous procurent du confort, aucun doute là-dessus et c'est bien le problème. Là où aucune police politique (la Stasi, par exemple), ni aucun État totalitaire n'a jamais réussi à tout savoir sur tout le monde, le big data y arrive grâce à ce tour de passe-passe. Le changement de modèle de société est subtile, non-violent et indolore d'où il est difficile à contrer.

      • Kobo (fabricant de liseuses de livres électroniques et partenaire de la FNAC) est capable de dire que seulement 7,3 % des lecteur-rice-s de la version numérique du dernier livre de Zemmour l'ont lu en entier. Voir : http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/12/15/seuls-73-acheteurs-ont-lu-zemmour-jusquau-bout-caftent-les-ebooks-256537 . C'est d'ailleurs pour cela que le livre papier dérange : il est inerte. Son lecteur ne produit pas de données qui auront un intérêt commercial après son achat, puisque la lecture se fait hors réseau. Le livre électronique et ses mouchards, c'est beaucoup mieux : on peut revendre aux éditeurs des tendances sur ce qui intéresse les gens, les morceaux de chaque bouquins lus et zappés, etc.

      • L'enjeu est-il de simplifier la vie ou de réduire tout un-e chacun-e à l'état de consommateur-rice impulsif, but ultime du libéralisme économique ? Quand on voit les boutons connectés d'Amazon, qui permette de commander un produit d'une simple pression, on voit très clairement l'association à des marques donc une emprise de la marque toujours plus forte jusqu'à être matérialiser par une objet chez nous. On est au même stade que Frigidaire (marque de General Motors, pour rappel ;) ). Même chose pour les villes connectées : si tout est géré par des programmes informatiques, alors il n'y a plus de politique (au sens gestion de la vie de la cité) donc il n'y a plus de citoyen-ne-s donc il ne reste plus que des consommateur-rice-s.

      • Les capteurs physiques et psychologiques modélisent notre vie : tant de pas effectués dans la journée, tant de graisse, tant de cholestérol, tant de sommeil. Où est le plaisir ? Où est l'imperfection humaine ? On est ici dans le summum de la société de la performance : il faut se conformer à un modèle statistique qui défini ce qu'est la vie parfaite. Or, une vie parfaite ne nous rendra pas forcément heureux car l'humain-e est imprévisible et imparfait-e par nature. On en trouve une première illustration dans l'épisode Bart-Ball des Simpsons (http://www.simpsonspark.com/episodes/bart_ball.php ). Autre illustration : http://rue89.nouvelobs.com/2016/09/09/lhomme-plus-connecte-monde-sest-fait-devorer-donnees-264377

      • Toute cette surveillance s'approprie illégitimement notre temps (voir http://shaarli.guiguishow.info/?BTnhCQ ) et notre espace genre les caméras de surveillance dans l'espace public et l'analyse en temps réel de leurs images qui permettent de dicter un code de conduite dans l'espace public au-delà de la loi.

      • Les GAFA choisissent les contenus qui s'affichent (sur le mur Facebook (fonctionnalité EgdeRank) ou dans le flux Twitter ou sur Google) et les contacts avec qui on va entrer en relation afin d'harmoniser les relations inter-humain-e-s. Mais s'il n'y a pas de confrontation des points de vue, il n'y a pas d'évolution, pas de changements des mentalités, pas de révolte, pas d'évolution.

      • Le livre évoque plusieurs fois le contrôle de nos pensées. Les exemples donnés n'ont pas percuté chez moi mais j'ai trouvé un autre exemple : l'autocomplétion sur Google Search corrige nos saisies et les guide. C'est donc bien là une influence sur notre mode de pensée : notre question est substituée par une question suggérée par Google comme étant équivalente mais plus populaire, plus mieux, etc.

      • Summum : enregistrer toute notre vie, tous nos faits et gestes dans une sorte de bibliothèque personnel consultable à souhait ? Un ingénieur de Microsoft y a pensé : http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/01/06/total-recall-de-gordon-bell-et-jim-gemmel_1461648_3260.html . Quid de l'oubli qui permet le pardon social ?


    Mon avis

    D'un côté, ce livre est plutôt confus, surtout au niveau des premières (et dernières) définitions données : big data = GAFA = géants américains du net, Deep web = Darknet = web caché. Bon, je suis mauvaise langue, le terme « hacker » est remarquablement bien expliqué. On mélange toute forme de surveillance : privée (GAFA, etc.), étatique (lois privatrices de libertés, déploiement massif de caméras de surveillance dans l'espace public, etc.), on fait le lien entre GAFA et renseignement (ce lien est avéré, on est bien d'accord), on fait le lien entre GAFA et problèmes écologiques. Tout ça pour arriver à une vision despotique et dystopique du monde : une seule société humaine asservie par une oligarchie technocratique mondiale transcendant les États. Tout est mélangé sans dire si les auteurs pensent que tout cela est la face d'un même objet aka une société qui va aller encore plus mal ou si c'est lié à une incompréhension des origines multiples des multiples maux de la part des auteurs, par exemple.

    D'un autre côté, les auteurs accablent les GAFA de tous les maux du monde alors que la plupart des maux pré-existaient, ce qui n'aide pas à poser le bon diagnostic. Petite sélection :

    • Le numérique favoriserait un butinage compulsif de l'information, une pensée qui s'émiette, une réflexion qui se fait pas spasmes. Comme avec les journaux TV ? :))))

    • Impuissance de la politique politicienne : quand les sénateur-rice-s US ont interrogé Tim Cook pour les pratiques d'évasion fiscale pratiquées par Apple, il-elle-s lui passent de la pommade et le complimente. Et ? En UE (et aussi en France), on protège nos petits champions. D'autres multinationales pratiquent l'évasion fiscale. Big Pharma est tout autant protégée, hein, rien de spécifique aux GAFA.

    • Les GAFA sont en mesure de générer des émotions durables en manipulant les contenus affichés, c'est ce que démontre l'expérience de Facebook (http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/06/30/des-utilisateurs-de-facebook-manipules-pour-une-experience-psychologique_4447625_4408996.html ). Oui, tout comme les journaux TV. Rien de neuf, c'est à ça que sert la plurité de la presse, ce vieux principe.

    • Les GAFA de déploient dans d'autres secteurs économiques, c'est horrible. Oui, tout groupe commercial qui génère de la thune se diversifie toujours, c'est une vieille logique économique de survie élémentaire. Les GAFA le font dans tous les domaines où le traitement de l'information apportera de la plus-value car ils savent très bien faire cela. Rien de surprenant.

    • Les autres médias raccourcissent tout autant le temps, la politique politicienne aussi. Les deux montent en épinglent nos émotions. Les deux tentent d'amoindrir la pensée. Rien de neuf.

    • Les objets connectés et les GAFA (par le traitement des contenus affichés) incitent à garder la forme, au bonheur, au bien-être, en permanence, ce qui n'est qu'un avatar de la société de la performance. Or, ceux-celles qui n'y parviennent pas peuvent éprouver de la culpabilité et partir en dépression. Là aussi, les GAFA ne sont qu'un vecteur d'injonctions parmi d'autres.

    Enfin, quand on commence à lire et que l'on voit la noirceur du tableau (je ne dis pas que c'est faux factuellement parlant, hein), on se demande si les auteurs parleront un jour des solutions. Hé bah oui. \o/ À la fin, quelques solutions abstraites (mais nécessaires) sont proposées : se réapproprier l'espace et le temps, lutter contre l'uniformisation, accepter l'imprévisibilité et l'imperfection humaine, remettre l'humain-e au centre du système en lieu et place des robots. Des solutions concrètes sont également proposées : TOR, logiciels libres (nommés logiciels ouverts mais l'objectif est très bien expliqué) et chiffrement.

    Au final, les enjeux derrière le big data sont très bien expliqués et c'est en cela que j'ai envie de recommander la lecture de ce livre. D'un autre côté, les références sont parfois inexpliquées ou survolées rapidement, ce qui fait qu'un bagage préalable semble utile (mais pas indispensable). Le tableau est volontairement noirci. Le texte est parfois confus (transitions difficiles). Etc. Tout cela me fait me demander si je conseillerai ce livre à des personnes non initiées… Le côté "paranoïaque" et le côté "impuissance de chacun-e dans ce problème global" peuvent faire perdre pied. Pour les initié-e-s, on y apprend quand même des choses.

    10/11/2016 18:58:29 - permalink -
    - http://www.plon.fr/ouvrage/l-homme-nu-la-dictature-invisible-du-numerique/9782259227797
    fiche-lecture
  • Avec Vitis, Netgem fait ses premiers pas comme FAI dans la fibre

    Hasard du calendrier. A peine la Commission européenne validait le mode de financement du Plan France Très Haut Débit qu’un nouvel opérateur « fibre » voyait le jour. Netgem, la Caisse des Dépôts et Océinde annoncent, ce mercredi 9 novembre, le lancement de Vitis.

    Ce nouvel opérateur fixe entend se distinguer des autres sur deux points. Le premier est qu’il ne déploiera pas son propre réseau mais s’appuiera sur les infrastructures existantes pour opérer ses services. Le second est qu’il entend visiblement se limiter aux seuls réseaux d’initiative publique (RIP) pour commercialiser ses offres d’accès. Autrement dit les réseaux déployés à l’initiative des collectivités dans les zones peu denses où les opérateurs nationaux ne tirent généralement pas de fibre. A ce jour, Vitis est présent sur une vingtaine de communes de cinq départements (Nord, Charente, Essonne, Seine-et-Marne et communauté de communes du Pays Créçois,).

    Une façon pour ce nouveau FVNO (Fiber Virtual Network Operator) d’éviter une concurrence frontale avec les grands acteurs du secteur tout en valorisant les réseaux des collectivités trop souvent délaissés des opérateurs nationaux. [...]

    09/11/2016 14:18:08 - permalink -
    - http://www.silicon.fr/avec-vitis-netgem-fait-ses-premiers-pas-de-fournisseur-dacces-internet-fibre-162258.html
  • Le décret du fichier biométrique TES attaqué en justice - Politique - Numerama

    L’offensive judiciaire est lancée. Mardi, le collectif des Exégètes Amateurs a annoncé sa décision d’engager un recours au Conseil d’État — la plus haute des instances administratives en France — contre le décret du fichier TES (Titres Électroniques Sécurisés), qui a été publié discrètement au Journal officiel le 30 octobre 2016, en plein week-end de la Toussaint.

    Découvert à ce moment-là, le fichier TES inquiète. Il s’agit d’une base de données qui réunira les données personnelles et biométriques de la quasi totalité des Français. En effet, il est destiné aux passeports et aux cartes d’identité. Néanmoins, il inquiète par l’ampleur et la nature des informations qu’il est amené à recevoir. Surtout, il pourrait servir tôt ou tard à d’autres fins que celles actuellement prévues.

    La stratégie exacte des Exégètes Amateurs — qui rassemble La Quadrature du Net, la fédération de FAI associatifs FFDN et l’opérateur French Data Network (FDN) — contre le décret n’a pas été précisée. La coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net, Adrienne Charmet, a simplement indiqué sur Twitter que les détails seront communiqués ultérieurement.

    Les Exégètes Amateurs ne lâchent rien. Gros GG à eux-elles. < 3

    09/11/2016 09:29:41 - permalink -
    - http://www.numerama.com/politique/207252-le-decret-du-fichier-biometrique-tes-attaque-en-justice.html
  • Loi Numérique : on fait le point - Next INpact - GuiGui's Show

    La loi pour une République numérique a été adoptée au Parlement fin septembre 2016.

    Bon, je ne reviens pas sur tout ce qui a été sacrifié sur l'autel du pragmatisme : définition et cadre des Communs et du domaine commun informationnel, logiciels libres et formats ouverts dans l'administration (bon, en même temps entre le ministère de la défense, les ministères sociaux (santé, jeunesse, travail), l'éducation, la culture et les hôpitaux qui se servent chez Microsoft, c'était perdu d'avance), protection du chiffrement (là on a uniquement sa promotion par la CNIL), plaintes initiées par des assos pour utilisations abusives (dérives) des droits d'auteur notamment la réappropriation du domaine public.

    Je passe aussi sous silence les bouts de texte dont se gargarise Axelle Lemaire (tout en donnant des leçons de modestie dans la presse) alors qu'ils sont de simples transpositions ou applications de directives et de règlements européens : neutralité des réseaux, données personnelles (portabilité des données (mais pas suppression !), droit à l'oubli pour les mineurs et augmentation des sanctions de la CNIL).

    Je passe également sur les renforcements de pouvoirs qui n'ont jamais servi. Genre les pouvoirs de sanctions de la CADA ou les pouvoirs de perquisitions de l'ARCEP. Ça donne l'impression au législateur d'avoir trop bien bougé son cul et ça renvoie la balle de l'inaction dans le camp de l'autorité dont les pouvoirs ont été augmentés, c'est mignon tout plein mais ça s'arrête là.


    Open Data

    Voir : http://www.nextinpact.com/news/101397-on-vous-explique-volet-open-data-loi-lemaire.htm

    • Transparence autour des algorithmes utilisés par les administrations pour prendre des décisions individuelles ;

    • Open Data par défaut pour les administrations (et les délégations de service public, universités, etc.) mais des tas de conditions : nombre d'agents comme seuil emportant l'obligation de publication, uniquement les informations déjà dispos au format électronique, périmètre défini, exceptions (pas de données persos, propriété intellectuelle, etc.), etc. Les administrations sont tenues de mettre à jour les documents publiés et ça, c'est cool. Application progressive dans max 2 ans donc fin 2018 ;

    • Pas de redevance sur ces données sauf pour les organismes autofinancés à plus de 25 % (loi Valter et son décret d'application) ;

    • Sous un format librement réutilisable (ça évitera les documents inexploitables comme le code source Admission Post-Bac ou les déclarations d'intérêts) ;

    • Les codes sources des administrations sont des documents communicables… sauf exception de sécurité… … … ;

    • Ouverture des données de référence dont on ne sait pas encore vraiment ce que c'est… On parle du cadastre, du registre SIRENE, la base adresse nationale… ;

    • Hall of Shame CADA (publication du nom administrations qui ne suivent pas souvent ses avis), rapprochement CNIL/CADA, pouvoirs de sanctions augmentés (mais jamais utilisés donc booooon) ;

    • Mise à disposition des décisions de justice (aucune date, les greffes déjà surchargés, une analyse préalable des risques est requise, etc. donc on n'en verra jamais la couleur àmha), publication des "données essentielles" (arnaques à venir) autour des subventions > 23000€, publication, par le CSA des temps d'intervention télé et radio des personnalités politiques (et ça, c'est cool), informations sur les valeurs foncières par le fisc (mais que pour les assos d'info sur le logement, chercheurs et pros), publication de données agrégées par les fournisseurs de gaz et d'électricité, etc. ;

    • Prolongements possibles : nouveau statut pour les données de la recherche. Celles-ci sont de plus en plus souvent publiées par gros éditeurs en même temps que les publications. Il y a donc un risque de réappropriation privée. Pas d'embargo, ces données sont publiables ASAP. Accès libre pour les bases de données détenues par les universités (qui peuvent faire l'objet de demandes CADA si les universités ne publient pas d'elles-mêmes ;) )). « Donc la conclusion à laquelle nous devons aboutir, c’est que la loi numérique a bien créé un statut juridique remarquable pour les données de la recherche : elle en a fait des Communs de la connaissance. ». Voir : https://scinfolex.com/2016/11/03/quel-statut-pour-les-donnees-de-la-recherche-apres-la-loi-numerique/ .

    BTW, j'apprends la différence entre Open Access et accès libre :

    On sait en effet que les chercheurs constituent des agents publics qui ont la particularité de conserver pleinement leur droit d’auteur sur les œuvres qu’ils produisent dans le cadre de leurs fonctions (contrairement aux autres agents publics, dont les droits patrimoniaux sont exercés par leurs tutelles et dont le droit moral est réduit au droit à la paternité). Une des conséquences secondaires de cette titularité individuelle des droits pour les chercheurs sur leurs écrits est que ceux-ci ne deviennent pas automatiquement réutilisables lorsqu’ils choisissent de les publier en ligne dans des archives ouvertes ou sur un site personnel. Le droit d’auteur qui s’applique à eux est pleinement maintenu lors de la diffusion sur Internet. C’est le cas par exemple pour un article déposé par un chercheur sur HAL ou dans une archive ouverte institutionnelle : par défaut, si le chercheur ne fait rien d’autre que le déposer, l’article sera librement accessible, mais pas librement réutilisable. Il ne le deviendra que si le chercheur choisit d’opter par un acte positif pour une licence Creative Commons (ce que la plate-forme HAL permet depuis le passage à la v3).


    Données persos

    Voir : http://www.nextinpact.com/news/101511-on-vous-explique-volet-cnil-et-donnees-personnelles-loi-numerique.htm

    • Mort numérique : même sans directives du défunt, les héritier-e-s pourront clôturer des comptes utilisateur, et récupérer le contenu des boîtes mails et autres documents (genre des photos). Dommage pour la vie privée : on ne souhaite pas tout transmettre à ses héritier-e-s notamment quand il-elle-s sont des personnes éloignées dans l'arbre généalogique ;

    • Secret des correspondances : toujours autant de bullshit : analyse automatique (comme GMail qui "lit" les mails pour y mettre de la pub) est autorisée si consentement de l'utilisateur… Comme aujourd'hui, quoi (oui, les CGV parlent de ça ;) ) ;

    • CNIL : elle pourra être saisie sur plus de sujets (mais son avis est toujours consultatif et son budget restreint, faut pas charrier ;) ), nouvelles missions (promotion du chiffrement et réflexion autour de l'éthique des nouvelles technos), CNIL et ARCEP peuvent se saisir mutuellement pour avis ;

    • Action collective en justice contre les manquements à la loi informatique et libertés : mesure déportée dans la loi pour la justice du 21ème siècle. Uniquement pour faire cesser les manquements, pas pour dédommager. :-


    Réseaux

    Voir http://www.nextinpact.com/news/101547-fibre-ipv6-neutralite-du-net-ce-que-loi-numerique-change-aux-telecoms.htm

    • À partir de janvier 2018, tous les équipements vendus et loués doivent être compatibles IPv6. IPv4 pose de vrais problèmes de société mais les terminaux sont déjà compatibles IPv6, que ça soit les ordiphones, les box. C'est du Linux derrière, hein. Le problème, c'est les FAI et les FSI. Les équipements ne font pas partie des problèmes identifiés par l'ARCEP dans son rapport ( voir http://shaarli.guiguishow.info/?3JKbTw ) ! ;

    • On complète l'implémentation du statut "zone fibrée" prévu par la loi Macron. J'y suis toujours aussi réticent : parler de déploiements de réseaux THD suffisants sur une zone donnée pour justifier l'apparition de mécanismes de forçage de main pour que la population migre vers ces réseaux THD, ça me semble très bancal en 2016. Sans compter que cela pourra être un mécanisme favorable au premeir opérateur qui déploie tendance renforcement d'une position dominante… ;

    • Volonté que les réseaux d'initiatives publics se regroupent à des échelles supérieures genre départementale ou régionale. Pas un scoop : le plan THD du gouvernement Sarko prévoyait déjà des incitations à déployer à de grandes échelles. Même chose pour le plan THD de la gauche ;

    • On commence à parler d'inclusion numérique dans l'aménagement des territoires afin de developper les usages numériques sur les territoires. Biiiiien, enfiiiiiiin, mais c'est trop tard : la plupart des RIP ont déposé leur STDAN… … … ;

    • ARCEP : pouvoir de sanction étendu aux FSI. Hum… À voir ce que ça va donner.


    Droit d'auteur

    Voir : http://www.nextinpact.com/news/101549-on-vous-explique-volet-droit-d-auteur-loi-numerique.htm

    • Liberté de panorama (exception au droit d'auteur permettant de diffuser des représentations d'œuvres situées dans le domaine public) massacrée : uniquement des œuvres architecturales et sculptures qui sont placées en permanence sur la voie publique, réalisées par des personnes physiques, sans visée commerciale. Bref, exception rendue caduque ;

    • Autre exception au droit d'auteur ajoutée par cette loi : le "text and data mining" : en gros, les reproductions licites d'œuvres de recherche scientifiques peuvent être analysées dans le but de les exploiter dans le cadre de la recherche publique uniquement et sans visée commerciale. Là encore, c'est plutôt restrictif ;

    • Open Access (pour bien comprendre l'étendue du problème, je vous conseille cet excellent épisode de Datagueule : https://www.youtube.com/watch?v=WnxqoP-c0ZE ) : les publications scientifiques issues de travaux de recherche financés à au moins 50 % par de l'argent public pourront être publiées librement (sans visée commerciale, faut pas charrier donc ça restreint les licences qu'il est possible d'utiliser), dans un format ouvert, par leurs auteurs, 6 mois après la publication (12 pour les sciences sociales) même si les auteurs avaient accordé des droits exclusifs à un éditeur. On voit déjà une grosse limite : il faudra que les chercheur-euse-s soient informé-e-s de ce nouveau droit et qu'il-elle-s ne soient pas vus comme des gourous libertaires (c'est en cela qu'un Open Access imposé était une bonne idée) lorsqu'ils chercheront à intégrer un labo (en Allemagne, 10 % avaient profité de ce droit au bout d'un an). En retour, le gouvernement a prévu un accompagnement financier des éditeurs de revues scientifiques… Oui, de la thune publique va alimenter des grosses multinationales qui se réapproprient des recherches publiques depuis des années ! Pour les questions pratiques, voir chez l'excellent Calimaq : https://scinfolex.com/2016/10/31/open-access-quelles-incidences-de-la-loi-republique-numerique/ ;

    • Les hébergeurs et les plateformes ne sont plus contraintes d'agir avec diligence et de manière proactive contre la contrefaçon. On a échappé belle au filtrage proactif des contenus, une fois encore. :-


    Autre

    Voir : http://www.nextinpact.com/news/101526-les-15-mesures-cles-loi-numerique.htm

    • Il est possible de remonter des failles de sécurité à l'ANSSI puisque le devoir de tout fonctionnaire de dénoncer tout crime et délit est levé dans ce cadre-là. Sauf que le texte ne prévoit pas de délai pour fixer la faille… laissant l'occasion à une autre personne de la découvrir à des fins malveillantes, mettant ainsi en porte-à-faux le découvreur éthique. ;) Et comme dans Sapin 2 : qu'est-ce que la bonne foi ? Comment l'ANSSI protégera l'identité du découvreur ? La loi ne le dit pas. Voir : https://reflets.info/remonter-des-failles-a-lanssi-une-bien-belle-idee-sur-le-papier/ ;

    • « Traduction vidéo en langue des signes. D’ici cinq ans au plus tard, les administrations et entreprises chargées d’une mission de service public devront mettre à la disposition des personnes sourdes et malentendantes, au titre de leur accueil téléphonique, un service de traduction simultanée qui sera vraisemblablement accessible via logiciel de chat vidéo. Les plus grandes entreprises seront également contraintes de suivre ce mouvement, sous deux ans. ». Faut attendre la publication par décret du seuil de chiffre d'affaires au-delà duquel c'est obligatoire ;

    • « Maintien de la connexion à Internet. Sur le modèle de ce qui prévaut aujourd’hui pour l’eau, le téléphone où l’électricité, les départements devront accorder une aide à « toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières » pour payer ses factures d’Internet. Tant que les pouvoirs publics n’auront pas statué sur la demande d’aide, les opérateurs subissant des impayés ne pourront pas couper la ligne de l’abonné. Ils seront en revanche autorisés à en restreindre l’usage « sous réserve de préserver un accès fonctionnel aux services de communication au public en ligne et aux services de courrier électronique ». » ;

    • « Loyauté des plateformes. Les moteurs de recherches tels que Google et Bing devront fournir « une information loyale, claire et transparente » à leurs utilisateurs, notamment quant à leurs « modalités de référencement, de classement et de déréférencement des contenus ». » ;

    • En vrac : définition du revenge porn, reconnaissance de l'e-sport, reconnaissance des MOOC (un cursus pouvant être partiellement suivi par ce biais), recommandé électronique, certification des coffres-fort électroniques, remise d'un rapport par le gouvernement à propos de la création du fameux commissariat à la souveraineté numérique (qui n'a plus de missions, celles de concevoir un système d'exploitation souverain et du chiffrement souverain, lui ont été durant les débats), la plate-forme « dites-le nous une fois » (qui permet de centraliser les justificatifs que l'on fournit à plusieurs administrations (pour mieux se les faire pirater ? ;) ) est désormais ouverte aussi aux particuliers, bafouille sur l'identité numérique (reconnue fiable, mais il faut une certification ANSSI bullshit), etc.


    Ce qui a disparu

    Les dispositions qui ont disparues depuis mon dernier shaarli (celui pointé par ce shaarli :P ) :

    • Les avis du Conseil d'État sur les projets de loi et les ordonnances ne seront pas des documents communicables, finalement. C'était une promesse du Président, une de plus. Pourtant ces avis, rendus avant le Conseil des ministres (et donc avant l'examen par le Parlement) éclaireraient les débats publics car ça indique les erreurs du gouvernement, les problèmes de droit qu'une disposition pourrait créer, les points de vigilance. Ces avis sont cités dans le-s rapport-s des commissions et dans les amendements… ;

    • Le gouvernement devait produire un rapport, sur la nécessité de créer une consultation publique en ligne pour tout projet de loi ou proposition de loi avant son inscription à l’ordre du jour du Parlement. Il n'en est désormais plus question ;

    • Tout opérateur de plateforme ne doit plus déclarer les revenus de ses membres (y compris Le Bon Coin ou autre, donc) dès qu'ils dépassent 5000 € annuels. Disposition ajoutée par le Sénat qui n'a pas survécu à la CMP ;

    • Interdiction, pour un moteur de recherche en situation de monopole, de favoriser ses services. Voir http://www.numerama.com/business/167227-senat-adopte-disposition-contre-abus-de-google.html . Ça n'est plus dans la version finale du texte.
    08/11/2016 14:08:55 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?AN1cDQ
  • NKM veut condamner la consultation sur Internet des « prédications subversives » - Politique - Numerama

    Proposition de loi examinée le 13 octobre 2016 et rejetée suite à une motion de rejet préalable déposée et votée par la gauche. Mais je pose ça là pour info, en temps de primaire de la droite, tout ça.

    08/11/2016 10:18:24 - permalink -
    - http://www.numerama.com/politique/194352-nkm-veut-condamner-la-consultation-sur-internet-des-predications-subversives.html
  • Le DVD de "Merci Patron !" - Fakir Shop - GuiGui's Show - Choses vues, sur le web et ailleurs

    Déjà lu quand je cherchais une critique avant d'écrire la mienne. :)

    Je suis en désaccord sur certains mots employés (plus précisément sur leur disproportion) et sur les piques envoyées à Fakir (là-aussi à cause de leur disproportion et l'aspect "je colle une intention à toute une équipe, comme ça, gratos") mais oui, on converge sur plusieurs points.

    07/11/2016 20:05:56 - permalink -
    - http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?8QHdDw
  • Transparence de la vie économique : nos propositions [ Projet de loi Sapin 2 - protection des lanceur-euse-s d'alertes ] - GuiGui's Show

    Comme on est en procédure accélérée, il y a eu une seule lecture par chambre puis Commission Mixe Paritaire. La CMP n'ayant pas réussi à produire un texte consensuel, une deuxième lecture a eu lieu. Comme il n'y a toujours pas eu consensus, l'Assemblée va plancher sur la version définitive ("dernier mot à l'Assemblée") à partir de demain.

    Ce que j'en retiens :

    • Pour l'instant, la réduction de la durée de validité d'un chèque (bancaire) de 1 an à 6 mois n'est pas revenue ;

    • Je ne savais pas que ce texte tente d'ajouter à notre corpus législatif les « conventions judiciaires d'intérêt public » : une amende négociée en amont plutôt qu'un procès dans des affaires de corruption. Ça se nommait transaction pénale fût un temps et ça a été retoqué au Conseil d'État mais bon, faut bien retenter sa chance :- . Instaurer un tel mécanisme comme palliatif au fait que la justice française n'a jamais condamné définitivement une entreprise pour corruption active, c'est se moquer du monde ;

    • J'apprends que ce projet de loi avait pour ambition de créer un registre commun au Parlement, au gouvernement et aux collectivités territoriales pour l'enregistrement des lobbyistes. Sauf que le Sénat n'en a pas vu l'intérêt pour le Parlement qui dispose déjà de son registre et de ses règles propres. Les collectivités territoriales ont aussi été sorties du champ par le Sénat ;

    • Concernant les lanceur-euse-s d'alertes, l'étau se referme et la protection s'amoindrie :
      • Il y a enfin des sanctions prévues pour l'entrave du-de-la lanceur-euse d'alerte : 1 an et de 15 000 € (et 3 ans / 45 000 si c'est avec violence par une bande organisée) ;

      • Une aide et un secours financier par le Défenseur des droits sont vaguement prévus dans une proposition de loi qui avance en même temps : http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/competence_defenseur_droits_protection_lanceurs_alerte.asp . Je trouve cela trop vague : comment le Défenseur agira-t-il ? Sur quels critères accordera-t-il et refusera-t-il son secours financier ?

      • Le Sénat a envie que seuls les faits avérés (et pas les menaces potentielles) soient relevées par des lanceur-euse-s d'alerte … … …

      • On note que l'on est toujours sur une alerte lancée par « une personne physique », ce qui exclu les groupements de personnes comme les délégations du personnel. Juste histoire de dissuader un maximum de personnes de "jouer" au lanceur-euse-s d'alertes :- ;

      • On retrouve toujours la graduation pour lancer l'alerte : d'abord en interne auprès de la hiérarchie sauf exceptions si elle est elle-même corrompue puis aux autorités compétentes et enfin à la presse. Ceci est insensé et confus. Sans compter que le but non avoué est bien de faire en sorte que les alertes n'atteignent jamais la presse. De même, qu'est-ce qu'une « violation grave » ? ;

      • Qu'est-ce que la « bonne foi » du-de-la lanceur-euse d'alerte ? « Une brèche dans laquelle la partie adverse ne manquera pas de s'engouffrer. Elle aura tout loisir de mettre en lumière des éléments prouvant que l'intéressé ne l'était pas. Par exemple qu'il était en désaccord avec des personnes de l'entreprise et a voulu leur nuire, ou qu'il a fait du chantage pour négocier son départ en mettant dans la balance le fait qu'il avait un "dossier" sur l'entreprise. "En Angleterre, où il y a une législation sur le sujet depuis 1998, on a supprimé la notion de bonne foi en 2013. Ce qui importe, c'est de savoir si les allégations sont vraies ou fausses, c'est tout", remarque Patrick Thiébart. » (source : http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/pourquoi-le-statut-de-lanceur-d-alerte-sera-difficile-a-obtenir_1838699.html ) ;

      • Quid du lanceur-euse d'alertes de sécurité ? Un-e lanceur-euse d'alertes qui fait fuiter des docs, l'infraction me semble être constituée par la fuite elle-même alors que le-a lanceur-euse d'alertes de sécurité, on peut l'accuser d'avoir commis une infraction avant même qu'il divulgue : entrée et maintien dans un STAD, etc. ;

      • De même, l'agence n'est pas une autorité administrative indépendante. Elle sera donc sous la tutelle d'un ministère. Pas top du tout : un scandale n'arrange jamais le business d'un secteur. or, le ministère (santé, économie, industrie) est là pour chapeauter ce secteur d'où la possibilité de vouloir restreindre les alertes. Niveau budget : l'étude d'impact table sur 10-15 millions d'euros. Plus que la HADOPI ces temps-ci mais je ne sais pas ce que ça vaut ;

      • Bref, on est sur la création d'un parcours du combattant pour les lanceur-euse-s d'alerte, pas sur la définition d'une protection de ces personnes !
    07/11/2016 19:25:49 - permalink -
    - https://shaarli.guiguishow.info/?WSydzw
  • Projet de loi Création : copie privée, les articles validés

    La loi Création (de son nom complet « relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine ») a été adopté par le Parlement fin juin 2016.

    J'en retiens :

    • Les affectations de 25 % des recettes de la Redevance Copie Privée que les SRPD doivent réaffecter seront désormais publiques, accessibles en ligne, dans une base de données unique, dans un format ouvert et facilement réutilisable, régulièrement mis à jour. C'est important car ça permettra de voir le lobbying que permet cette affectation sur les élu-e-s locaux (qui réclament cette affectation pour monter des animations culturelles locales).

    • Redevance sur l'indexation des photos/œuvres graphiques par les moteurs de recherche (ou tout site web qui fait du référencement (et qu'est-ce que du référencement à part des liens ?) ;) ) : toute photo mise à disposition par ce biais sera automatiquement mise en gestion au profit d'une SRPD. Les moteurs devront signer des conventions avec les SRPD pour fixer le montant de cette redevance. Évidemment, osef des licences libres ou même que les photos soient des photos illégalement mises en ligne : on ne s'encombre pas de tels détails quand il s'agit de la thune qui ira dans les poches des SRPD. Côté positif : « le simple fait de mettre une photo ou une illustration sur le Web fait que Google a le droit de l’afficher ». Voir : http://www.numerama.com/politique/176565-toutes-vos-photos-vont-devenir-payantes-pour-google-allez-vous-gagner-de-largent.html

    • La Commission Copie Privée (qui décide du barème de la Redevance Copie Privée) devient enfin un peu plus transparente : publication de son règlement intérieur au Journal Officiel et déclaration d'intếrêts des membres transmises à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. On a aussi une nouveauté bullshit : « Le projet de loi initie l’arrivée d’un cortège de trois représentants des ministres chargés de la Culture, de l'Industrie et de la Consommation [...] avec voix consultative. »

    • Les magnétoscopes numériques sont désormais soumis à la Redevance Copie Privée. Le barème dépend du nombre d'abonné-e-s au service et de l'espace de stockage mis à disposition.

    • Il n'est plus question que ça soit la HADOPI qui réalise les études d'usage (qui permettent d'établir le barème de la RCP). C'est bien mais du coup, on conserve l'opacité de la Commission Copie Privée alors que le rapport Maugüé préconisait que des experts soient choisis parmi les membres de la Cour des comptes, de l’Inspection générale des finances de l’Inspection générale des affaires culturelles, ou du Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies.

    Historique : http://shaarli.guiguishow.info/?C_DCjA

    07/11/2016 16:35:15 - permalink -
    - http://www.nextinpact.com/news/100337-projet-loi-creation-copie-privee-articles-valides.htm
  • Réforme de la prescription en matière pénale avec le doublement du délai en matière de crimes et de délits: les députés adoptent le 10 mars 2016 la proposition de loi Tourret-Fenech - Le blog de Thierry Vallat, avocat au Barreau de Paris (et sur Twitter:

    La première lecture de cette proposition de loi s'est terminée au Sénat le 13 octobre. Comme le texte a été modifié et que nous ne sommes pas en procédure d'urgence, une deuxième lecture est initiée.

    Comme ce n'est pas ma spécialité, j'ai noté seulement deux changements :

    • Le Sénat a introduit une modification de la loi sur la liberté de la presse pour augmenter le délai de prescription de l'action publique de trois mois à un an si les infractions ont été commises par voie électronique. Décidément, c'est la saison :- ;

    • Le Sénat a retiré l'imprescriptibilité des crimes de guerre liés à des crimes contre l'humanité proposée par l'Assemblée ;
    07/11/2016 14:24:48 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?c0Sfpg
  • Projet de loi égalité et citoyenneté : où en est-on ?

    Le Sénat a adopté ce texte en première lecture le 18 octobre. Comme on est en procédure accélérée, il y a une seule lecture par chambre. Donc la Commission Mixte Paritaire, chargée d'harmoniser/synthètiser la version Assemblée et la version Sénat s'est réunie le 25 octobre pour constater… qu'elle n'arrivera pas à produire un texte de consensus. On commence donc une deuxième lecture, à l'Assemblée à partir de demain. La version de travail est celle issue du Sénat, c'est-à-dire avec tous les articles qui posent question.

    Article 37 : modification de la loi relative à la liberté de la presse

    • Le délai de prescription de l'action publique passe à 1 an si l'infraction a été commise en ligne ;

    • Le-a plaignant-e n'est toujours plus obligé de qualifier précisément les faits (tel bout est de la diffamation, de l'injure, autre chose ?) car il-elle ne risque plus de voir sa plainte devenir nulle. De même, un juge peut requalifier l'infraction.

    • Il est toujours possible d'entamer une procédure au civil pour demander réparation des dommages sauf pour les journalistes qui adhérent à une charte de déontologie. Quid des sources ? Quid des citoyen-ne-s (oui car cette loi est le seul bout qui protège la liberté d'expression en France) ? Cette distinction pro/pas pro n'est pas sérieuse. :/

    • Il est toujours possible de demander la fermeture d'un site web en référé (donc juge judiciaire, hein) pour des cas de diffamation portant sur l'orientation, le sexe ou handicap.

    • Les peines sont aggravées lorsque les infractions sont commises par un dépositaire de l'autorité publique et pour les infractions portant sur l'orientation, le sexe ou le handicap.

    • Le Parquet peut toujours décider de continuer toute action engagée, même lorsque le-a plaignant-e se retire.



    Article 12 nonies : l'expérimentation d'un service civique obligatoire voulue par l'Assemblée n'est pas encore revenue.



    Même chose pour le droit à la cantine scolaire.



    Article 14 bis et 14 decies : toujours une déclaration préalable avant d'ouvrir une école privée hors contrat, des contrôles qui changent de nature (ajout de « moralité » et de « compétences » dans les points à vérifier). Pour l'instruction en famille : toujours une volonté que les contrôles se déroulent à domicile et de changer la nature des contrôles comme déjà dit.

    07/11/2016 12:43:20 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?o77i5A
  • Le DVD de "Merci Patron !" - Fakir Shop

    J'ai décidé de regarder ce film emblématique de la lutte contre la loi Travail et de Nuit Debout.

    • Le film traîne en longueur et n'apporte pas grand-chose genre 2 pages A4 de texte informeraient tout aussi bien.

    • Je suis extrêmement surpris que les petits tours de passe-passe aient fonctionné. J'veux dire : LVMH est acoquiné aux services de renseignement français si l'on en croit plusieurs médias et le groupe s'interroge sur la présence de magnétos mais n'en fait rien et le secrétaire général n'arrive pas à tenir sa langue et révèle l'accord de non-divulgation à trois reprise à un journaliste de Fakir que le groupe tient en ennemi ?! Je suis surpris que le groupe n'ait pas cherché à obtenir les données de connexion (fadettes) de Ruffin pour démasquer la supercherie "on va vous pourrir votre AG une fois de plus avec plein de copains-copines". Je suis aussi surpris que le groupe soit impressionné par Fakir mais pas par Mediapart. Il y a quelque chose de louche, quelque chose que je n'explique pas. Plus c'est gros, mieux ça passe ? :/

    • Le ton général du film m'a déçu : le gentil Ruffin a tout fait avancer tout seul contre le méchant Arnault. Pas les syndicalistes, Ruffin. Pas d'autres journaliste, Ruffin. Tout le ton du début est à gerber : vous avez été viré comme des malpropres ? Tentez le dialogue en devenant actionnaire pour participer à une AG dans laquelle les petit-e-s détenteur-rice-s d'actions n'ont jamais rien réussi à obtenir.

    Bref, je pense qu'il y a beaucoup plus sérieux à regarder et je n'arrive absolument pas à comprendre comment ce film a pu devenir le symbole de la lutte contre la loi Travail et de Nuit Debout compte-tenu qu'il n'y est nullement question de lutte collective.

    07/11/2016 01:21:18 - permalink -
    - http://www.fakirpresse.info/boutique/les-dvds/34-dvd-merci-patron.html
  • Tout ce que l'on sait sur l'attaque qui a rendu inaccessible une partie du web - Tech - Numerama

    Toutes ces attaques DDoS, que ça soit contre Dyn ou contre OVH me font rire jaune car la responsabilité est partagée et qu'on trouve des Picsou à tous les étages (ou presque) :

    • D'un côté, on a des équipementiers (et ça date d'avant l'IOT, faut pas charrier) qui voient la sécurité comme une contrainte financière : ça coûte de l'argent de dev' de bons produits. Ça coûte de la R&D donc du blé de trouver comment faire de la sécurité sur des tout petits objets qui ont que dalle d'électricité, de RAM, de CPU, etc. C'est un monde nouveau donc on se dit qu'on peut se passer de l'expérience acquise ces 20-30 dernières années en informatique "traditionnelle" ;

    • À cela s'ajoute des failles qui ne sont jamais patchées car personne n'a envie de mettre à jour ses XXXXX objets connectés ni même tous ses ordinateurs connectés à Internet de manière générale. C'est chiant, il fait beau dehors, affaire classée. Même chose pour les milliers d'équipements avec un mot de passe par défaut : c'est chiant de changer le mot de passe par défaut, faut s'en souvenir, l'utilisateur moyen ne sait même pas qu'il y en a un, bref, on veut du matos plug & forget. Et encore, là je parle des cas optimistes où il est possible de changer le mot de passe (on va y revenir au point suivant) et/ou que des mises à jour sont diffusées par l'équipementier et/ou que l'équipement puisse techniquement être mis à jour ;

    • À cela s'ajoute les backdoors, les accès privilégiés que se laissent les équipementiers… avec la meilleure intention : màj auto par l'équipementier, support client simplifié, etc. C'est une partie de l'attaque contre Dyn : https://boingboing.net/2016/10/24/xiongmai.html - « That’s because while many of these devices allow users to change the default usernames and passwords on a Web-based administration panel that ships with the products, those machines can still be reached via more obscure, less user-friendly communications services called “Telnet” and “SSH.” [...] “The issue with these particular devices is that a user cannot feasibly change this password,” Flashpoint’s Zach Wikholm told KrebsOnSecurity. “The password is hardcoded into the firmware, and the tools necessary to disable it are not present. Even worse, the web interface is not aware that these credentials even exist.” » ;

    • D'un autre côté, on a des sociétés commerciales (« Twitter, le PlayStation Network (PSN), PayPal, eBay ou encore Spotify, Netflix, etc. » - http://www.numerama.com/tech/203367-comment-des-cameras-de-surveillance-ont-rendu-inaccessible-une-partie-du-web.html), qui ont tout leur business sur le Net, qui comptent dans leurs rangs, des ingénieurs brillants qui savent quand même ce qu'est Internet… mais qui font le choix d'utiliser un seul et même hébergeur DNS. Allô. Internet, on essaye de ne pas créer de centre. Allô, ça fait des années et des années que les bonnes pratiques sont d'avoir plusieurs hébergeurs DNS qui utilisent des prestataires réseaux différents. Mais avoir une infra internationale redondée, ça coûte du blé. Avoir recours à plusieurs prestataires simultanément, ça fait grimper les charges sans rien apporter en produit lors d'un exercice comptable normal ;

    • Mais, enfin, éviter les centres, héberger chacun-e nos moyens de communication et de diffusion des savoirs chez nous ou dans la petite structure locale n'empêchera de pouvoir réduire des petits acteurs au silence : https://benjamin.sonntag.fr/DDOS-sur-La-Quadrature-du-Net-analyse . Une prise de conscience à tous les étages, des équipementiers, aux fournisseurs de services en passant par les utilisateur-rice-s d'objets connectés kikoos ou simplement d'ordinateurs quel que soit leur format, apparaît nécessaire.

    Bref, on pourra compter les DDoS, s'étonner devant leurs centaines de Mbps et aujourd'hui leurs Tbps mais ça n'aide pas : le changement à opérer est structurel et multi-acteurs. Mais, après tout : « à cœur vaillant rien d'impossible ».

    06/11/2016 21:46:22 - permalink -
    - http://www.numerama.com/tech/203367-comment-des-cameras-de-surveillance-ont-rendu-inaccessible-une-partie-du-web.html
  • LDAP Servers Can Amplify DDoS Attacks by 46 to 55 Times

    DDoS protection and mitigation outfit Corero says it detected DDoS attacks that leveraged LDAP servers to amplify DDoS attacks 46 times, on average, and up to 55 times at peak conditions.

    [...]

    After studying how the attackers utilized LDAP servers, Corero says it identified a zero-day in CLDAP (Connection-less Lightweight Directory Access Protocol), the LDAP protocol implementation used with Active Directory, a service that Microsoft developed for Windows domain networks and included in all Windows Server OS distributions.

    CLDAP = UDP.

    Via https://twitter.com/bearstech/status/791627138277449732 via https://twitter.com/bluetouff

    06/11/2016 21:11:18 - permalink -
    - http://news.softpedia.com/news/ldap-servers-can-amplify-ddos-attacks-by-46-to-55-times-509678.shtml
  • Malware Must Die!: MMD-0059-2016 - Linux/IRCTelnet (new Aidra) - A DDoS botnet aims IoT w/ IPv6 ready

    [...] The botnet is having DoS attack mechanism like UDP flood, TCP flood, along with other series of attack methods, in both IPv4 and IPv6 protocol, with extra IP spoof option in IPv4 or IPv6 too.

    Via https://twitter.com/bortzmeyer/status/793148787770400769

    06/11/2016 21:07:08 - permalink -
    - http://blog.malwaremustdie.org/2016/10/mmd-0059-2016-linuxirctelnet-new-ddos.html
  • Notes sur Nuit Debout

    Ça fait quelque temps que j'ai envie de prendre des notes pour me souvenir de Nuit Debout.

    • Un mouvement parmi d'autres, comme Les Indignés d'Espagne et Occupy Wall Street : des happenings joyeux et puis… c'est tout (bon, Podemos prend ses racines dans Indignés mais bon, un blocage politique qui reconduit les vieux routards de la politique politicienne, ce n'est pas une réussite, àmha) ;

    • Le truc qui m'avait le plus fait rire jaune sur le vif, c'était les jeunes qui s'y croyaient en mode "OMG les gens de tout horizon se parlent, on n'a jamais vu ça, on apprend la démocratie mais OMG quoi c'est trop inédit OMG !" (exemple ici : https://www.youtube.com/watch?v=RJqhRNH5Uzc ). Pour moi, Nuit Debout est un prolongement des débats ouverts qui avaient lieu à la Sorbonne et ailleurs en 68. Pour moi, c'est un prolongement des lieux d'échange que l'on a sur le net. Pour moi, on est loin d'une révolution de la parole libérée qui occupe un espace, on est sur une ré-édition. Ça n'enlève pas les vertues du mouvement mais ça aide à mieux se positionner et à se présenter ;

    • Ma remarque la plus négative sur le mouvement était et est toujours son inaptitude à bouger en dehors de l'organisation de trucs choupis comme des stands, une bibliothèque, des pirate box ou une cuisine populaire (là encore des modes d'action vus et revus). Voir : https://odieuxconnard.files.wordpress.com/2016/04/nuitdebout.jpg . Dans ma tête, je fais le parallèle avec l'IETF qui, à l'inverse, fonctionne : ça discute beaucoup, par écrit et en public, au-delà de simples considérations techniques, parfois sur des points clés sur lesquels une masse de personnes n'est jamais d'accord, mais pourtant, ça produit des normes techniques et du « running code » par consensus sans dire si ça sera utilisé/appliqué ensuite "dans la vraie vie". Nuit Debout, comme Occupy et les Indignés, a foiré sa transition, àmha. On pourra m'objecter que le profile démographique n'est pas du tout comparable mais je ne pense pas que ça change tout : qu'est-ce qui empêche la spécification du projet "nuit debout" d'aboutir ? C'est ça, la question ;

    • Pour nuancer le point précédent, je reconnais aussi que Nuit Debout a produit des choses intéressantes : des hackathons à visée politique (mais y'a pas que Nuit Debout sur ce créneau-là, loin s'en faut), des jeux vidéos militants, l'apprentissage de la lutte et de la construction en temps et terrain hostiles (même si je n'ai pas vu beaucoup de documentation en sortir :( ), apprendre à ne pas se faire bouffer par la communication (voir http://www.regards.fr/web/article/nuit-debout-anticapitalistes-et-bisounours-se-disputent-la-communication ) et les politiques de carrière (chose qui a dépassé le Parti Pirate qui niait ce besoin d'apprendre l'existant et comment se jouer de lui) ;

    • Est-ce qu'on est sur un mouvement inclusif ? Pas sûr : le mouvement s'est construit sur l'anti-élite et la lutte contre le fascisme, à partir de là, y'a déjà de l'exclusion (mais c'est contre des personnes dominantes donc ça passe, probablement). Voir : https://www.youtube.com/watch?v=D7kmQer2wOg . On voudrait que tout le monde participe sauf les relou-e-s arbitrairement désigné⋅e⋅s. Sauf qu'il faudra faire société avec eux-elles à moment donné, hein. Ouais, on refait une élite, quoi. On voudrait faire un mouvement Politique apolitique alors qu'il y aura toujours des avis divergents donc des "clans" qui n'auront pas la même définition du projet de société à conduire. On voudrait un mouvement disruptif mais consensuel. Et c'est peut-être pour cela que la spécification du projet "nuit debout" échoue : on essaye de synthétiser tous les avis divergents pour produire ZE projet de société. Décider, c'est quand il n'y a pas de choix idéal, ce n'est pas faire plaiz' à 100 % de la population française ou mondiale. Parler au nom des 99 % quand t'as un public en majorité jeune, blanc et qui a fait des études, c'est mignon aussi. De même pour les femmes qui ont eu du mal à se faire entendre et à se faire respecter sur place (voir https://www.slate.fr/story/117733/nuitdebout-agressions-sexuelles-sexisme ) ;

    • De là à vouloir basher les personnes présentes aux Nuits Debout comme l'ont fait Copé ("personnes déconnectées de la réalité") et Sarko ("des personnes sans cerveau"), de là à vouloir interdire ces rassemblements et à les dégager par la force, faut pas pousser ;

    • La question posée par Nuit Debout comme par les autres mouvements sus-cités est la même : comment prolonge-t-on les débats, c'est-à-dire comment agit-on et sous quelles formes ? Une question sous-jacente est : comment re-motiver les déçu-e-s du mouvement (comme le fût Renaud vis-à-vis de 68) ?
    06/11/2016 19:35:18 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?6moPaQ
  • L’observatoire de la résilience de l’Internet français fête ses 5 ans avec la sortie du nouveau rapport | Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information

    Un rapport qui se bonifie d'années en années en ajoutant des métriques intéressantes : en plus de BGP/route/RPKI+ROA et DNS/DNSSEC, on a désormais la dispersion des serveurs de mails entrants (introduit en 2014) et TLS (introduit en 2015).

    L’observatoire encourage l’ensemble des acteurs de l’Internet à s’approprier les bonnes pratiques d’ingénierie admises pour les protocoles BGP [3], DNS [4], et TLS, et à anticiper la menace que représentent les DDoS [5]. D’autre part, l’observatoire énonce les recommandations suivantes :

    • surveiller les annonces de préfixes et se tenir prêt à réagir aux usurpations ;

    • utiliser des algorithmes supportant la confidentialité persistante, et abandonner SSLv2 et SHA-1 au profit de mécanismes plus robustes ;

    • diversifier le nombre de serveurs SMTP et DNS afin d’améliorer la robustesse de l’infrastructure ;

    • appliquer les bonnes pratiques notamment celles rappelées dans ce document, pour limiter les effets des pannes et des erreurs d’exploitation ;

    • poursuivre les déploiements d’IPv6, de DNSSEC, et de la RPKI, afin de développer les compétences et d’anticiper d’éventuels problèmes opérationnels.

    [...]


    BGP

    [...]

    En 2015, à l’aide de la méthode définie dans les précédents rapports, l’observatoire a identifié 1588 AS français. Parmi ceux-ci, 1001 sont visibles dans les archives BGP, c’est-à-dire qu’ils ont annoncé au moins un préfixe pendant l’année. Un noyau dur de 869 AS actifs annonce au moins un préfixe par jour tout au long de l’année 2015, ce qui représente environ 87 % du nombre total d’AS distincts visibles au cours de l’année. Parmi les 13 % d’AS visibles restant, environ 50 % d’entre eux l’ont été pendant la moitié de l’année. Enfin, 587 AS répertoriés n’ont pas annoncé de préfixe en 2015.

    [...]

    [...] Pour IPv6, il est intéressant de noter que le graphe de connectivité comporte beaucoup moins d’AS qu’en IPv4.

    [...]

    L’Internet français dépend d’AS étrangers pour faire transiter le trafic entre certains AS français. L’enveloppe de l’Internet français contient l’ensemble des AS français et tous les AS se trouvant entre deux AS français sur un AS_PATH. La figure 1.5 montre, qu’en IPv4, leur nombre a crû lentement tout au long de l’année pour atteindre 293, un nombre légèrement inférieur à celui observé en 2014. En IPv6, comme en 2013 et 2014, une cinquantaine d’AS étrangers sont nécessaires pour interconnecter tous les AS français.

    [...]

    L’impact de la panne d’AS pivots est un élément important qui permet d’évaluer la robustesse de la connectivité. La figure 1.7 montre qu’en IPv4, seuls 7 AS pivots affecteraient au moins 10 AS en cas de défaillance. Il s’agit d’une légère amélioration par rapport à 2014. En revanche, l’AS pivot le plus critique aurait un impact sur 42 AS, contre 35 en 2014. Ce résultat, sans être dramatique, pointe cependant la nécessité d’être vigilant quant aux évolutions de dépendance des AS. Pour IPv6, la figure 1.8 montre qu’il existe moins d’AS pivots qu’en IPv4 [ NDLR : 4 versus 7 en IPv4 ]. Cependant, vis-à-vis de 2014, le nombre d’AS pouvant être déconnectés a augmenté. Il s’agit d’un résultat intéressant qui découle naturellement de l’évolution de l’Internet IPv6 français, et de la croissance du nombre d’AS IPv6 pivots.

    [...]

    En IPv6, le nombre d’AS a augmenté de 13 % en 2015, contre 6 % l’année précédente. Le nombre d’AS pivots a quant à lui légèrement augmenté. Cela semble indiquer un accroissement du déploiement d’IPv6 par les AS français.

    [...]

    En 2015, l’observatoire a détecté 6392 conflits d’annonces. Ils ciblent 344 AS français distincts, et 1350 préfixes. [...] Ainsi, seuls 2070 conflits anormaux seront considérés lors de l’identification des usurpations. [...] Sur les 2070 conflits anormaux, 1480 conflits correspondent à des réannonces de table globale [ NDLR : 71 %, quoi ] . [...] Au cours de l’année 2015, l’observatoire a mis en évidence 149 conflits anormaux qui correspondent à des protections contre les DDoS [...] Le filtrage basé sur la similarité des noms des AS a permis d’identifier 4 conflits entre un opérateur et sa filiale française. Celui sur les numéros d’AS a mis en évidence une erreur de configuration d’un routeur BGP ayant engendré 5 conflits distincts. Ces filtres automatiques limitent efficacement les analyses manuelles à effectuer. Seuls 89 conflits anormaux, doivent ainsi être étudiés attentivement. À l’issue des analyses automatiques et manuelles, il reste 40 conflits anormaux qui pourraient être des usurpations de préfixes. Afin de réduire leur nombre, seuls les conflits anormaux comportant des annonces plus spécifiques sont conservés. Il apparait ainsi que 26 conflits anormaux correspondent à des usurpations dont les durées vont de cinq minutes à quatre jours.

    [...]

    Une fois la corrélation effectuée, seuls 35 AS sont à l’origine de réannonces de table globale. Certains AS ayant fait des réannonces plusieurs fois en 2015, ces résultats correspondent à 38 réannonces de table globale dans l’année, soit plus de 3 par mois. Parmi ces 35 AS, seulement 14 ont été en conflit avec des AS français aux dates où les réannonces de table globale ont été détectées, impactant 175 AS français au total.

    [...]

    L’algorithme utilisé est restrictif et tend à minimiser le nombre de faux positifs au détriment du nombre de faux négatifs. Une analyse manuelle a confirmé que le nombre total de réannonces de table globale dépasse les 38 détectées.

    [...]

    Au cours de l’année 2015, l’observatoire a mis en évidence 149 conflits anormaux qui correspondent à des protections contre les DDoS, allant de quelques heures à plusieurs mois. Les AS français protégés sont de natures différentes, comme des hébergeurs, des assurances, ou des sites de paris en ligne. Il est intéressant de souligner qu’aucun des opérateurs spécialisés utilisés n’était français.

    [...]

    Début juillet, un AS russe a été à l’origine de 5 conflits distincts ciblant un AS français. Ce comportement est suspect, et similaire aux observations effectuées en 2014 liées aux campagnes de spam [17]. Durant l’année, il a annoncé près de 150 préfixes différents ne lui appartenant pas. Parmi les autres conflits anormaux, une dizaine correspond très probablement à d’autres campagnes de spam utilisant BGP. Un AS roumain identifié dans le rapport précédent a effectué ce type d’usurpations en 2015.

    [...]

    Finalement, 15 conflits anormaux possèdent des caractéristiques semblant indiquer qu’il s’agit très probablement d’usurpations de préfixes ayant touché des AS français.

    [...]

    Les destructions d’objets route et objets route6 inutilisés ne sont pas systématiques et restent très marginales par rapport aux nouvelles déclarations.

    [...]


    RPKI+ROA

    [...]

    L’étude des déclarations effectuées dans le dépôt du RIPE-NCC de la RPKI montre que le nombre d’AS participants a crû au cours de l’année 2015. Au début du mois de janvier, 198 AS français avaient des ROA dans la RPKI. Au 31 décembre, la RPKI contient des déclarations issues de 237 AS français, ce qui représente une croissance de près de 20 %. On remarque que cette augmentation est bien plus faible que celle observée au cours de l’année précédente. En 2014, le nombre d’AS participant à la RPKI avait augmenté de près de 80 % entre le début du mois de janvier et la fin du mois de décembre.

    [...]

    Au 31 décembre 2015, environ 65 % de l’espace d’adressage est valide selon la RPKI. En parallèle, les pourcentages de l’espace d’adressage non couvert et de l’espace d’adressage invalide sont restés stables au cours de l’année. Au 31 décembre 2015, 34,4 % de l’espace d’adressage n’était pas couvert. Le pourcentage de l’espace d’adressage invalide reste, quant à lui, relativement faible au cours de l’année. À la fin de l’année 2015, ce pourcentage est de 0,4 %. En ce qui concerne IPv6, l’espace d’adressage géré par les AS français est très faiblement couvert par les déclarations de la RPKI. À la fin de l’année 2015, les ROA couvraient moins de 1 % de cet espace d’adressage. Il n’y a donc pas eu d’évolution significative de cette couverture depuis 2014.

    Donc RPKI+ROA progresse mais doucement et uniquement en IPv4.


    [...]

    Ces résultats montrent qu’en cas de filtrage strict basé sur la RPKI, près de 12 % des AS actifs à la fin de l’année 2015 verraient l’ensemble de leurs préfixes propagé dans l’Internet. Cette proportion est comparable à la valeur observée en 2014.


    DNS

    [...]

    Le risque d’un TLD indisponible n’est pas théorique. Par exemple, en décembre 2015, le TLD .tr a subi une attaque DDoS 7 pendant trois semaines [21], avec des périodes où l’ensemble de ses serveurs DNS étaient inaccessibles.

    [...]

    Le nombre d’enregistrements NS par zone déléguée reste suffisant pour permettre une bonne résilience, du point de vue de cet indicateur. En effet, moins de 1 % des zones n’utilisent qu’un seul enregistrement NS, qui pourrait donc constituer un SPOF.

    [...]

    [...] Le déploiement d’IPv6 sur les serveurs DNS faisant autorité a stagné en 2015. Ainsi, environ 41 % des zones ne sont accessibles qu’en IPv4.

    [...]

    En 2015, le nombre moyen d’AS par zone reste équivalent à celui de 2014, et stagne à 1,2. Par ailleurs, la quantité de zones hébergées par un seul AS reste stable depuis 2011, culminant à 83 % des zones étudiées.

    [...]

    Répartir, ou être en mesure de répartir, ses serveurs de noms dans des préfixes /24 en IPv4 et /48 en IPv6 distincts peut également constituer une bonne pratique de résilience 9 . Cela permet notamment de limiter les zones de pollution BGP et d’accroître l’agilité face aux dénis de service distribués.

    Ha ouaiiiis, j'y avais jamais pensé : si l'on ne peut pas externaliser ses zones dans plusieurs AS, une dispersion par préfixe permettra de réagir, certes de manière rustique, à une attaque DDoS.


    L’étude de la répartition des serveurs de noms dans des préfixes est effectuée uniquement sur les zones étant hébergées sur au moins deux adresses IP. En IPv4, la figure 2.4a montre que 87 % des zones peuvent être ou sont annoncées dans des préfixes /24 distincts. En IPv6, ce chiffre s’élève à 98 % pour des préfixes /48 distincts, comme détaillé dans la figure 2.4b.

    [...]

    Comme pour les années précédentes, en 2015, tant en IPv4 qu’en IPv6, près de 82 % des zones étudiées sont servies exclusivement par des serveurs faisant autorité situés dans un même pays. *En IPv4, les zones dont tous les serveurs DNS faisant autorité sont dans un même pays étranger représentent 27 % des zones étudiées. Il convient néanmoins de noter que 75 % d’entre elles sont hébergées dans un pays ayant une frontière terrestre avec la France métropolitaine. Cette situation ne présente donc, a priori, pas un risque significatif. Pour près de 20 % de ces zones, le constat est plus mitigé, ces dernières étant hébergées en Amérique du Nord.

    Pour IPv6, les zones hébergées dans un seul pays étranger représentent 30 % des zones ayant des serveurs DNS accessibles en IPv6. Parmi celles-ci, près de 85 % sont hébergées dans un pays ayant une frontière terrestre avec la France métropolitaine.

    [...]


    DNSSEC

    [...]

    Un peu moins de 9 % des zones étudiées mettent en œuvre DNSSEC en 2015. La croissance est essentiellement due à la création de nouvelles zones en 2015.

    On voit le poids de l'inertie mais aussi la centralisation : il suffit qu'un gros hébergeur DNS propose une option "DNSSEC en 1 clic" et lala.


    [...]

    Près de 92 % des zones étudiées mettent en œuvre l’algorithme de hachage SHA-1, jugé insuffisant d’après les bonnes pratiques actuellement admises en cryptographie. À l’inverse, près de 98 % des zones étudiées utilisent bien l’algorithme de hachage recommandé SHA-256 pour créer la chaîne de confiance DNSSEC.

    Parce que c'est les bureaux d'enregistrement qui poussent en SHA-256 de manière automatique, peut-être ?


    [...]


    SMTP

    [...]

    Un seul relais de messagerie est renseigné pour 38 % des zones déléguées. Le risque d’impossibilité de recevoir de nouveaux messages électroniques est donc accru par la présence d’un SPOF.

    [...]

    Un unique enregistrement MX ne signale pour autant pas la présence d’un SPOF au niveau du plan d’adressage. En effet, plusieurs adresses IP peuvent être indiquées pour un même nom de domaine ou une IP peut être annoncée sur l’Internet en employant la technique de l’anycast. De même, une adresse IP peut être virtuelle et répartie sur plusieurs serveurs physiques, grâce à des répartiteurs de charge.

    [...]

    IPv6 reste peu déployé. Ainsi, pour près de 89 % des zones, aucun des noms de serveur contenus dans les enregistrements MX n’a d’adresse IPv6 associée. Parmi les 11 % restants, pour 81 % de ces zones, un seul nom contenu dans les enregistrements MX peut être résolu en une unique IPv6.

    Ainsi, IPv6 progresse au niveau routage mais on ne voit pas encore de répercussions au niveau service (DNS et SMTP) ?


    [...]

    Jusqu’à 86 % des zones étudiées introduisent au moins un SPOF dû au choix des noms de leurs relais de messagerie. En particulier, 64 % des zones étudiées créent deux SPOF en utilisant des noms situés dans un nom public situé sous un unique TLD tiers.

    [...]

    [...] En particulier, 71 % des relais de messagerie sont hébergés par quatre opérateurs. Cette concentration peut parfois aider à la mutualisation des moyens. Cela peut présenter un intérêt pour la défense contre certaines attaques en déni de service. Le filtrage du courrier indésirable peut également être partagé. Il convient de noter, néanmoins, un risque de défaillance collective en cas d’incident affectant les composants mis en commun.

    Concentration SMTP aussi forte que DNS (70 % des zones hébergées par 4 hébergeurs DNS en 2013 selon le même rapport.


    [...]

    L’essentiel des relais de messagerie des zones étudiées est localisé en France, tant en IPv4 qu’en IPv6.

    [...]

    La concentration des relais de messagerie entrants sur quelques opérateurs réseaux est significative. En IPv4, un opérateur est responsable de la connectivité de 47 % des relais des zones étudiées. En IPv6, ce chiffre monte à 69 %.

    [...]


    TLS

    [...]

    Les mesures de l’observatoire se sont concentrées sur les ressources web accessibles à travers l’Internet français. Elles concernent plus spécifiquement les ressources exposées via le port 443, traditionnellement alloué par les serveurs aux échanges HTTPS. Les enjeux liés aux ressources de messagerie en ligne diffèrent en plusieurs points [45] et ne sont pas abordés dans le présent rapport.

    Les noms de domaine issus du registre maintenu par l’Afnic 5 ont été préfixés de www. avant d’être résolus. Par exemple, les mesures effectuées sur le domaine afnic.fr correspondent à l’adresse IPv4 résolue pour www.afnic.fr. Lorsque le port 443 du serveur interrogé était ouvert, l’observatoire a envoyé différents stimulus ClientHello, dont les variations visaient à évaluer plusieurs capacités du serveur, telles que sa prise en charge de la confidentialité persistante ou encore sa tolérance envers des versions obsolètes du protocole.

    [...]

    L’extension SNI 6 [41] n’ayant pas été utilisée au sein des ClientHello, les mesures ne réunissent pas l’ensemble des ressources exposées via HTTPS sur la zone .fr. En interrogeant de ce fait un serveur par nom de domaine résolu, un sous-ensemble de 61 216 serveurs accessibles a ainsi été interrogé en juillet 2015, contre 26 261 en février 2014.

    [...]

    75 % des serveurs sont aptes à négocier une session TLS 1.2, en nette augmentation par rapport aux 54 % de 2014.

    [...]

    TLS 1.2 est couramment pris en charge par les serveurs de la zone .fr en 2015. TLS 1.0 est présent à égale mesure, mais clients comme serveurs devraient privilégier la version la plus récente du protocole.

    [...]

    En 2015, l’offre de confidentialité persistante s’est généralisée sur la zone .fr. Les serveurs doivent privilégier cette méthode auprès des clients qui la prennent en charge.

    On passe de 50 % à 74 %.


    [...]

    En 2015, de nombreux serveurs tolérant SSLv2 sont apparus. Cette version de protocole doit être abandonnée au plus vite.

    WTF sérieux…


    [...]

    Le tableau 3.1 fait état du nombre de certificats distincts relevés au cours des deux campagnes de mesure lancées sur la zone .fr en 2014 puis 2015. À près de dix-huit mois d’écart, la proportion de certificats auto-signés de 41 % est restée inchangée.

    Comme quoi, Let's Encrypt partout, ce n'est pas le mot d'ordre de tout le monde (et à juste titre selon moi, voir http://shaarli.guiguishow.info/?i-OcNA ).


    [...]

    Mi-2015, le taux de présence de SHA-2 est monté à 55 %, et le taux de présence de SHA-1 est descendu en conséquence à 44 %. [...]

    06/11/2016 14:22:37 - permalink -
    - http://www.ssi.gouv.fr/actualite/lobservatoire-de-la-resilience-de-linternet-francais-fete-ses-5-ans-avec-la-sortie-du-nouveau-rapport/
  • Sarkozy ne connaît pas « Le Bon Coin » : pourquoi c'est un problème - Politique - Numerama

    Je voulais revenir sur ça à tête reposée.

    Bon, déjà, confidence : je ne savais pas que Le Bon Coin fait dans les offres d'emploi (et l'apprendre n'a pas changé ma vie). Mais, de la même manière que je n'ai pas idée de comment fonctionne les numéros 4 (Facebook en ce moment), 6 (Amazon), 8 (live.com), 9 (yahoo) et le numéro 10 (orange fr) du top 500 alexa FR. Parce que je n'ai jamais utilisé ces sites web, je n'ai jamais rien posté sur FB par conviction, je n'ai jamais rien acheté sur Amazon par conviction, je n'ai jamais utilisé Le Bon Coin pour trouver du boulot car ma profession est mieux représentée par d'autres sites web (APEC, RemixJobs, Lolix, etc.), je n'ai plus utilisé l'annuaire Yahoo depuis la fin des années 90's donc j'ai totalement oublié comment cela fonctionnait (et j'ignorais que ce service a été fermé en 2014). Et ma connaissance du reste du top 500 est tout aussi approximative. Donc, si je suis le raisonnement, je ne suis pas technophile ? Je suis totalement déconnecté de la vie numérique des français-e-s ? Je ne sais donc rien du « monde numérique qui irrigue toute l’économie du pays » (ouais parce que le numérique, ça sert uniquement à faire du blé, c'est bien connu). Tout ce que je raconte en matière de numérique n'a donc aucune valeur ? Tu peux connaître le fonctionnement des sites web les plus fréquentés au monde sans n'avoir rien pigé des enjeux du numérique. Et inversement : tu peux comprendre les enjeux de la législation/régulation sans avoir vendu tes données sur Facebook et sans avoir été complice des violations du Code du travail d'Amazon.

    On me répondra que la différence, c'est que Sarko aspire à diriger à nouveau le pays. Oui, mais ça ne change rien. Un-e président-e de la République n'a pas à connaître les sites web les plus fréquentés du monde. Pas plus qu'il-elle n'a à connaître la dernière société commerciale qui a produit des capotes innovantes (alors que c'est un enjeu de santé publique). Pas plus qu'il-elle n'a à connaître le nom de tous les labos pharma influents par cœur. Pas plus qu'il-elle n'a à connaître la dernière innovation en matière de guerre (alors que c'est un enjeu de défense nationale). Pas plus qu'il-elle n'a à connaître par cœur toute la géopolitique mondiale (alors qu'il est pourtant l'un-e des dirigeant-e-s du monde). Il-elle aura des ministres et des diplomates pour cela. Et tout ce monde, président-e et ministres, aura des conseiller-e-s. Le but de ces conseiller-e-s, c'est d'expliquer les grandes lignes et les grands enjeux, pas de présenter chaque site web dit "important dans la vie des français". Et ça suffit parfaitement pour éviter des erreurs législatives et de régulation. Voir : http://edgard.fdn.fr/blog/index.php?post/2016/08/12/Limiter-le-chiffrement .

    Le vrai problème est en réalité que les conseiller-e-s sont des humain-e-s donc ils se trompent, ils sont influençables, ils ont fait toute leur vie dans une société commerciale dont la culture déborde sur eux-elles, etc. Le problème est donc que ces conseiller-e-s tournent en circuit fermé, qu'il n'y a que très peu de renouvellement, que c'est un clan fermé où tout le monde a le même diplôme. Si l'on extrapole, il y a un manque d'écoute de la société civile.

    À l'inverse, ceux et celles qui tapent sur Sarko savent-il-elle-s prendre des décisions (c'est-à-dire trancher quand il n'y a aucune solution idéale) ? Savent-il-elle-s participer à la vie politique ? Savent-il-elle-s diriger (ça peut être de manière collaborative, hein), entretenir la motivation tout ça ? Ont-il-elle-s des notions de politique (organisation de la vie de la cité) ? Hé oui, chacun-e ses envies, ses motivations, ses compétences.

    Hé sinon, vous avez remarqué que l'on parle d'un site web ? Vous n'avez pas l'impression que c'est totalement futile ? Nan parce que savoir de grandes théories, des théorèmes mathématiques, des raisonnements philosophiques, des connaissances en biologie, en sociologie, en informatique, etc., encore, ça peut se comprendre, mais connaître le nom d'un site web et ses fonctionnalités principales, c'est comme connaître le prix de la baguette de pain à Trifouilli : on s'en balance complet. C'est typiquement le genre d'info que l'on pourra retrouver. Et ça ne permet pas de faire un choix plus éclairé. Comme avoir été visité les locaux du Bon Coin ne fait pas de Sarko un plus grand stratège en matière de lutte contre le chômage.

    Là, on va me dire que je me prends la tête pour un non-fait, un fait divers bidon. Justement, non, cette histoire est un des reflets d'un mal profondément ancré dans la société française. Deux maux, même :

    • Croire que le-a chef-fe doit tout savoir et tout savoir faire. Dans le monde de l'entrepreneuriat, cette personne se doit de connaître/suivre/pratiquer la technique, l'entrepreneuriat, la gestion de projets, la gestion des équipes humaines et la comptabilité. Ce n'est pas un peu too much d'attendre autant de choses d'une seule personne ?! C'est le même problème en politique : on attend des choses invraisemblables de nos représentant-e-s alors que la seule qualité qu'il-elle-s devraient avoir, c'est l'écoute du Peuple, le relationnel.

    • Croire que l'on peut tout savoir, tout mémoriser. Déjà, ça n'a jamais eu vraiment de sens, même 5 siècles avant JC (https://fr.wikipedia.org/wiki/Je_sais_que_je_ne_sais_rien ), mais cela n'a plus aucun sens dans une société numérique où le savoir est accessible simplement et immédiatement. Au final, pour moi, ce sont les personnes qui ont bashé Sarko qui sont déconnectées de la société numérique : ces personnes n'ont pas compris qu'en 2016, retenir le nom d'un site web et ses principales fonctionnalités, on s'en fout car on saura retrouver l'information genre « offres d'emploi » dans un moteur de recherche et on trouve Le Bon Coin. Magie.
    06/11/2016 10:57:19 - permalink -
    - http://www.numerama.com/politique/170228-sarkozy-ne-connait-pas-le-bon-coin-pourquoi-cest-un-probleme.html
  • GNU/Linux s'ouvre à de nouvelles voix de synthèse ! - LinuxFr.org

    Jusque-là, speech-dispatcher, dont tous les modules sont sous licence libre, supportait déjà de nombreuses solutions: Espeak, Mbrola, Svox Pico, Festival, ibmtts, Flite, pour ne parler que de celles connues. Malheureusement, la qualité de ces outils restait franchement moyenne pour des utilisateurs lambdas, débutants, voire non informatisés. Le grand public, âgé ou en situation de handicap, à qui on montre GNU/Linux avec Espeak recule. Précisons que parmi ces outils, peu sont libres, puisque les meilleurs ne le sont pas totalement (mbrola, ibmtts, svox, Pico). Espeak a de réels atouts, mais reste réservée à un public résistant à la voix robotique.

    Or, d'autres synthèses (certes peu) ont déjà un support sur GNU/Linux. Elles ne sont pas libres non plus, mais leur qualité est supérieure en naturel et intelligibilité. Il ne restait donc qu'à les faire supporter par Speech-dispatcher pour que les gens y aient accès et découvrent un GNU/Linux sympathique dès le premier abord (eh oui, sauf à être sensibilisé, si le premier abord échoue, le grand public n'y revient pas, surtout vu l'exigence des populations pour qui l'informatique est un bien précieux au quotidien).

    Depuis aujourd'hui, un patch a été soumis pour que Speech-dispatcher intègre un nouveau module. Il s'agit de Kali. Ce module, libre, permettra :

    • d'accéder à 3 voix francophones supplémentaires, plus naturelles et intelligibles ;
    • d'accéder à deux voix supplémentaires en anglais ;
    • d'entendre l'ordinateur avec une voix féminine ou masculine.

    Certes, pour profiter de cette synthèse vocale, il en coûtera près de 85 euros. Le module Speech-dispatcher la faisant tourner sur GNU/Linux est libre, mais pas la synthèse elle-même. Il faut cependant préciser que les chercheurs qui travaillent sur ce produit depuis plus de 30 ans sont de loin plus accessibles que les grands services de R&D des entreprises faisant autorité sur le secteur. L'ouverture de ce code n'est peut-être pas si loin malgré tout.

    Je pense que cette sortie offre à ceux qui recherchent l'amélioration de la qualité vocale de nouvelles perspectives. Les personnes aveugles ou malvoyantes s'y intéresseront particulièrement. Grâce à ce module, Orca, le logiciel leur permettant de savoir ce qu'affiche leur écran, pourra leur parler avec une voix plus jolie. Et qui articule!

    05/11/2016 19:45:52 - permalink -
    - https://linuxfr.org/news/gnu-linux-s-ouvre-a-de-nouvelles-voix-de-synthese
  • Réponse au courrier du ministère de la Santé suite à mon mail concernant le décret pour l'application de la transparence entre médecins et labos pharma

    Le début est ici : http://shaarli.guiguishow.info/?3PkwNA

    Voici la réponse que j'ai reçue le mois dernier, par courrier postal (!), en provenance de la direction générale de la Santé (un scan de cette lettre est pointé par ce shaarli) :

    Monsieur,

    Par mail en date du 15 mai 2016, récemment transmis, vous faites part de vos interrogations sur le projet de décret permettant l’application de l’article 178 de la loi du 26 janvier 2016 relative à la modernisation de notre système de santé. Votre mail fait suite à un article du Canard enchaîné qui déplorait que le projet de décret soumis à la consultation des parties prenantes (associations, ordres professionnels, syndicats de l’industrie des produits de santé) ne comprenait pas de disposition sur l’identification du bénéficiaire final.

    Je tiens à vous remercier pour l’intérêt que vous portez au dispositif de transparence des liens d’intérêts et à vous assurer que je partage pleinement les principes que vous énoncez dans votre courrier.

    Aussi, je souhaite souligner que le projet de décret comportait bien la mention de l’identité du bénéficiaire final mais sans doute dans une formulation trop elliptique. Les différentes réunions avec les parties prenantes ont permis de reprendre la formulation de cette obligation. Vous pourrez en prendre connaissance lors de sa publication au Journal Officiel.

    Par ailleurs, le dispositif de transparence des liens d’intérêts est mis en œuvre depuis le mois de juin 2013, le décret d’application de la loi Bertrand étant sorti le 2l mai 2013 (décret n°2013-414 du 21 mai 2013).

    Ce décret oblige à publier les avantages d’un montant supérieur ou égal à 10€.

    Il a aussi prévu la rétroactivité de la publication des avantages et conventions accordés ou signés depuis le 1er janvier 2012. Les publications ont été, pour l’année 2012 et le 1er semestre 2013, réalisées sur le site internet des entreprises soumises au dispositif de transparence des liens d’intérêts. Les données ultérieures sont mises en ligne sur le site transparence-sante.gouv.fr. Certaines entreprises ont rapatrié les données 2012 et du 1er semestre 2013 sur ce site.

    Enfin, en application de l’article 178 de la loi de modernisation de notre système de santé, les données contenues dans la base ont été mises à disposition du public sur le site data.gouv.fr depuis le 9 mai dernier.

    Je vous pris d’agréer Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

    Le Directeur Général de la Santé
    Professeur Benoît VALLET



    Je suis forcé de constater que la sortie du décret est visiblement retardée une fois encore (ce que confirme une recherche sur le web), que cette réponse n'apporte aucune garantie concernant la publication du bénéficiaire final des conventions & contrats, que l'on mélange conventions/contrats et avantages pour mieux ne pas me répondre et que la fin est remplie d'inexactitudes sur le contenu du décret 2013-414. ÉDIT DU 04/11/2017 À 17H45 : Dudorino a remarqué que même l'URL donnée est incorrecte : transparence-sante.gouv.fr n'existe pas, le bon nom est transparence.gouv.fr . :D FIN DE L'ÉDIT.

    J'ai donc répondu ce jour ce qui suit :

    Monsieur,

    Par courrier en date du 18 octobre 2016, vous répondez à mon mail du 15 mai 2016 qui portait sur le décret permettant la pleine application de l'article 178 de la loi du 26 janvier 2016 dite de modernisation de notre système de santé.

    Tout d'abord, vous m'indiquez que je pourrais prendre connaissance de la nouvelle formulation du décret en question, afin de m'assurer qu'elle comprend bien la publication du bénéficiaire final (et non pas uniquement du nom d'une association qui sert d'intermédiaire) des conventions et des avantages, lors de sa publication au Journal Officiel. Pouvez-vous m'indiquer une date de publication, fût-elle approximative ? Une nouvelle version devait être soumise à consultation en juillet 2016. Où en est-on ? La transparence concernant les liens entre médecins et laboratoires pharmaceutiques est attendue par le public depuis 2011, tout de même.

    Ensuite, lorsque vous m'indiquez que le décret numéro 2013-414 oblige à publier les avantages (restaurant, frais de déplacement, etc.) d'un montant supérieur à 10 € dont bénéficient les professionnels de santé, vous éludez mes attentes qui portent sur le montant plancher (le seuil) qui rend obligatoire la publication des conventions et des contrats entre médecins (ou associations de médecins ou autres structures d'intermédiation) et les laboratoires pharmaceutiques. L'article 178 de la loi du 26 janvier 2016 prévoit que ce seuil soit défini par décret. J'interpellais le ministère sur le fait que celui-ci doit être suffisamment bas pour rendre la transparence intéressante c'est-à-dire que ça ne conduise pas à un fractionnement des conventions pour échapper à la publication. Pouvez-vous me communiquer le seuil qui est actuellement prévu dans le projet de décret ?

    Enfin, la dernière partie de votre réponse contient plusieurs inexactitudes.

    • D'abord, le décret numéro 2013-414 prévoit exclusivement la publication des conventions pour un secteur bien particulier : l’évaluation de la sécurité, de vigilance ou de recherches biomédicales pour les lentilles oculaires non-correctrices, les produits cosmétiques et les produits de tatouage. On est donc loin de la « publication des avantages et des conventions » dont votre courrier fait mention comme s'il s'agissait du cadre général.

    • Ensuite, les conventions conclues entre les professionnels de santé et les firmes pharmaceutiques étaient jusqu’ici déclarées sur le site web du ministère dédié à la transparence, comme vous le mentionnez, mais leur montant était secret. La publication doit, bien évidemment, comprendre les noms des parties ainsi que le montant. Ainsi, votre réponse me semble lacunaire.

    Or, la décision numéro 369074 du Conseil d'État en date du 24 février 2015 semble claire : la rétroactivité de la publication des conventions y compris de leur montant, à partir de janvier 2012 est acquise. Mais le projet de décret soumis à consultation en avril 2016 n'en faisait pas mention d'où le rappel du Formindep à préciser cette rétroactivité dans le futur décret afin que les laboratoires pharmaceutiques ne puissent pas arguer que la date de départ de la publication est celle de la loi du 26 janvier 2016. Je renouvelle donc mon interrogation : est-ce que ce projet de décret prévoit explicitement la publication de tout contrat ou convention en plus des avantages, à partir du 1er janvier 2012 ?

    Je renouvelle mon vif soutien à ces trois principes de base (publication du bénéficiaire final sans condition, seuil emportant publication défini à une valeur basse, rétroactivité jusqu'au 1er janvier 2012) sans lesquels il ne peut y avoir de transparence et j'espère voir leur application au plus vite.

    Vous pouvez me répondre par voie électronique, je vis dans le bon millénaire et j'ai suivi la transition numérique. Je vous communique à nouveau mon adresse email dans l'entête de ce courrier.

    Cordialement.

    04/11/2016 17:21:50 - permalink -
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