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  • La ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal considère que les présidents d’universités sont tenus à « un devoir d’obéissance » et doivent appliquer la hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers. Pas tout à fait. - Les Surligneurs

    L’article L712-2 du code de l’éducation1 fixe le statut du président de l’université ainsi que les différentes missions qui lui incombent. Il « est élu à la majorité absolue des membres du conseil d’administration parmi les enseignants-chercheurs, chercheurs, professeurs ou maîtres de conférences (…) », et à ce titre il est en charge notamment de la direction de l’université. Or une université, en tant qu’établissement public, est en charge d’un service public, c’est-à-dire d’une activité entièrement régie par les lois et règlements. Donc le président applique – obligatoirement – des lois et règlements. Or les frais de scolarité relèvent d’un arrêté du ministre, pas du président.

    […]

    En effet, le président d’université détient un pouvoir réglementaire comme tout chef de service, qui lui permet d’exercer, au nom de l’université, de définir par exemple les conditions d’examens ou l’organisation des services de l’université, mais ce pouvoir ne porte pas sur les frais de scolarité. […]

    […]

    Comme nous l’avions rappelé dans un précédent article4, le président d’université, en qualité d’enseignant-chercheur, jouit d’un principe d’indépendance qui constitue même un principe fondamental reconnu par les lois de la République selon le Conseil constitutionnel5 et le Conseil d’État6. Cela signifie qu’il n’est pas en tant qu’enseignant sous la hiérarchie du ministre et n’a pas à lui « obéir ». Mais en tant que président, il doit appliquer les textes.

    […]

    Si l’arrêté est publié, aucun président ne pourra le contourner, car aucun comptable public ne pourra encaisser des droits pour un montant qui ne correspond pas à celui de l’arrêté ministériel. Ce serait une faute grave du comptable public, et un président qui obligerait le comptable à commettre cette faute serait lui-même en faute.

    Ça clôt beaucoup de discussions abstraites, même si, puisqu'il y a faute, j'aimerais bien savoir la sanction encourue. Si elle est inexistante, alors le respect de la réglementation serait juste pour la beauté du geste, ce qui redonne du pouvoir au président d'université.

    22/01/2019 22:35:25 - permalink -
    - https://lessurligneurs.eu/la-ministre-de-lenseignement-superieur-frederique-vidal-considere-que-les-presidents-duniversites-sont-tenus-a-un-devoir-dobeissance-et-doivent-applique/
  • Transférer le contenu d'une machine virtuelle GNU/Linux d'un hébergeur à un autre

    Système non chiffré mono-partition, sans volumes logiques

    Je dispose d'une sauvegarde au format tar de toute l'arborescence. Attention aux UID/GID, aux file capabilities et aux chemins relatifs lors de la création de cette sauvegarde.

    Pour la restaurer sur une machine virtuelle de même architecture (exemple : amd64) fraîchement déployée et fonctionnant avec le même système d'exploitation (exemple : Debian GNU/Linux Stretch) :

    • Restaurer la sauvegarde, en root : cd / && tar xf sauvegarde.tar.lzma --xattrs --xattrs-include='*' ;

    • Corriger /etc/fstab si la désignation de la partition a changé (utiliser blkid pour obtenir le nouvel UUID de la partition) puis mettre à jour l'initramfs avec update-initramfs -u -k all ;

    • Changer la configuration réseau dans /etc/network/interfaces ;

    • grep -R '<anciennes_IPv4_et_v6>' /etc pour vérifier que les anciennes adresses IP ne traînent pas dans des configurations.


    Système chiffré multi-partitions (« /boot » en clair et « / » chiffrée), sans volumes logiques

    Je pourrais utiliser la même méthode que pour un système non chiffré, mais cela nécessite au préalable de reformater la machine virtuelle (afin d'avoir deux partitions) et d'écraser le système par un conteneur chiffré dans lequel je décompresserai ma sauvegarde. Ceux que cette piste intéresse peuvent s'inspirer de la documentation suivante : Stockage chiffré intégral sur serveur distant.

    Autre méthode :

    • Démarrer la nouvelle machine virtuelle sur un système minimaliste comme un liveCD ou le mode rescue d'un hébergeur ;

    • Exploser la table des partitions de la nouvelle machine (avec dd if=/dev/zero, of=/dev/sdX, par ex.) et informer le noyau de ce changement : apt-get install parted && partprobe ;

    • Sur l'ancienne machine, arrêter les services réseaux (serveur web, emails, etc.) ;

    • Depuis l'ancienne machine virtuelle, exécuter la commande suivante en root : dd if=/dev/vda | ssh root@<ma_nouvelle_VM> "dd of=/dev/sdb". Évidemment, attention à ne pas se tromper de disques ;

    • Informer le noyau du changement de la table des partitions : partprobe ;

    • Vérifier l'état des partitions (avec parted et fdisk) et des systèmes de fichiers (avec fsck) ;

    • Monter les partitions. Si l'erreur « Cannot use device /dev/sdb2 which is in use (already mapped or mounted) » se produit lors d'une tentative de montage du conteneur chiffré : apt-get install udisks2: && udisksctl unlock --block-device /dev/mapper/sdb2 ; udisksctl unlock --block-device /dev/sdb2 (en root). Dans mon cas, la première commande udisksctl s'est terminée en silence et la deuxième a craché l'erreur suivante : « Error unlocking /dev/sdb2: GDBus.Error:org.freedesktop.UDisks2.Error.Failed: Error unlocking /dev/sdb2: Command-line 'cryptsetup luksOpen "/dev/sdb2" "luks-2e9a6ffa-5138-4e5d-b93c-be86d6d64a49"' exited with non-zero exit status 5: Device luks-2e9a6ffa-5138-4e5d-b93c-be86d6d64a49 already exists ». Cela m'a tout de même permis de monter mon conteneur chiffré de manière habituelle : mount /dev/mapper/luks-2e9a6ffa-5138-4e5d-b93c-be86d6d64a49 /mnt/chroot ;

    • Changer la configuration réseau dans /mnt/chroot/etc/network/interfaces ;

    • grep -R '<anciennes_IPv4_et_v6>' /etc pour vérifier que les anciennes adresses IP ne traînent pas dans des configurations ;

    • Dans mon cas, lors du redémarrage, j'ai atterri dans le grub-rescue avec l'erreur « unknown filesystem », y compris si je tente de lire mes partitions (affichées avec ls) avec ls (hd0,msdos1). En rebootant sur le mode rescue, je me suis aperçu que je n'arrivais pas à monter la première partition de mon disque, celle non chiffrée, qui contient mon /boot. D'après dumpe2fs, l'UUID de son système de fichiers ext3 ne correspond pas à l'UUID de celui de mon ancienne machine virtuelle, son dernier point de montage a été « / » et sa taille dépasse la partition. Conclusion : pour une raison que j'ignore, dd n'a pas écrasé la première partition. J'ai donc lancé la commande suivante depuis mon ancienne machine virtuelle : dd if=/dev/vda1 | ssh root@<ma_nouvelle_VM> "dd of=/dev/sdb1". Cette fois, ça chemar \o/ ;

    • Dans /etc/crypttab et /etc/fstab, mon conteneur chiffré est désigné sous le nom « vda2_crypt ». Or, mon disque dur est désormais désigné sous l'appellation « sda ». J'ai peur que cela entraîne de la confusion chez moi à l'avenir, donc je décide de modifier ces deux fichiers, puis de mettre à jour mon initramfs avec update-initramfs -u -k all. Cela produit un avertissement : « cryptsetup: failed to determine cipher modules to load for /dev/mapper/sda2_crypt » ;

    • Comme il s'agit d'un avertissement, je décide de passer outre et de redémarrer. Grosse erreur ! J'échoue dans un initramfs après avoir vu défiler une cascade de « /scripts/local-top/cryptroot: line 1: /sbin/cryptsetup: not found » ;

    • Je redémarre sur le mode rescue de mon hébergeur. Cette fois-ci, j'ouvre mon conteneur chiffré sous l'appellation désirée : cryptsetup luksOpen /dev/sdb2 sda2_crypt. Je monte cette partition ainsi que la première partition de mon disque sur /mnt/chroot/boot, je mount -o bind /dev, /sys et /proc, je chroot, et je mets à jour mon initramfs avec update-initramfs -u -k all ;

    • Cette fois-ci, le redémarrage se passe bien et je suis satisfait du résultat. \o/
    21/01/2019 00:09:48 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?UPeRMw
  • Expérience utilisateur : rapide comparaison OVH versus Scaleway

    Lorsqu'il faut choisir entre OVH ou Scaleway (le nouveau nom chébran d'Online), chacun a son avis subjectif très tranché sur le sujet. Ce shaarli sans prétention résume vite-fait mes observations suite à ma dernière utilisation de ces deux fournisseurs.

    Je compare la commande et la mise en œuvre d'un seul service parmi tous les services proposés par ces deux sociétés commerciales : un VPS bas de gamme, peu de CPU, peu de RAM, peu d'espace disque SSD. En outre, je sais que chaque société commerciale a ses spécialités : je ne confierai jamais la gestion ou l'hébergement de mes noms de domaine à OVH (illustrations : 1 (mal justifiée ici), 2, 3, 4, 5), pas plus que je confierai l'hébergement de mes données à Gandi. Chacun ses domaines d'expertise acquis avec le temps.

    OVH

    • On est clairement désorienté à la fin de la commande d'un VPS, car l'interface utilisateur nous lâche sur un écran de validation de la transaction bancaire. Aucun message dans le manager. Le VPS n'apparaît pas encore dans la liste des services. La seule trace se trouve dans la section facturation du manager : « Livraison en cours ». Comment le nouvel arrivant sait qu'il doit attendre de recevoir un courriel lui indiquant la fin de la création de son VPS ? Plus de 10 minutes, c'est long pour un nouvel arrivant… ;

    • L'adresse IPv6 attribuée n'est pas configurée par défaut sur l'interface réseau d'un VPS SSD 2018 fonctionnant avec Debian GNU/Linux Stretch. IPv6, c'est toujours pour demain ;

    • Tout est un peu lent. Il faut 10 minutes pour redémarrer en rescue. Il faut 5 minutes pour redémarrer en mode normal après un rescue. L'interface web du manager dans son ensemble est lente, notamment pour choper la console virtuelle (dite KVM alors que c'est juste le protocole VNC…) après une action comme un redémarrage, ce qui fait qu'on arrive en console alors que le démarrage est déjà bien entamé, ce qui peut compliquer la compréhension du problème ;

    • L'interface web est parfois peu claire, comme quand il faut comprendre que des options ont disparu de l'interface, car le VPS est toujours en mode rescue, avant qu'un message sur fond orange vienne enfin nous en informer.


    Scaleway / Online :

    • Sur la page de présentation des produits, les informations techniques se font attendre : où sont géographiquement hébergés les données ? Quelles sont les technologies utilisées en sous-main (KVM, VMWare, etc.) ? Etc. Au moins OVH fournit ces informations ;

    • La validation de l'adresse email est un cauchemar. Pour que cela fonctionne, il faut activer la prise en charge intégrale du HTML dans Thunderbird (« HTML original ») et accepter d'afficher le contenu distant contenu dans ce courriel HTML. Sérieusement… ;

    • La validation d'un numéro de téléphone est aussi obligatoire que celle d'une adresse emails, pour de prétendues raisons de sécurité. Pinaise, mais fichez-nous la paix ! Je conchie la 2FA, ça complique la vie pour pas grand-chose comparé à un mot de passe solide. De plus, cette information est demandée après la saisie et la validation 3DSecure des coordonnées bancaires, ce qui accentue la pression sur le client ("je ne vais quand même pas tout annuler car je refuse de donner mon 06, si ?!"). Pas cool ;

    • Mon test s'arrête ici. J'ai tenté de filer un numéro de téléphone valide mais qui n'est pas le mien, mais ce genre de service est victime de son succès et la plupart des numéros sont cramés partout et, quand tu en trouves un valide, t'as déjà dépassé le nombre maximal de tentatives…

    • ÉDIT DU 05/02/2019 À 22H20 : Scaleway m'envoie un email titré « News from Scaleway ». J'ai rien demandé. Ça ne m'intéresse pas. La notice de bas de page indique « You received this email because you are a Scaleway customer. ». Je n'ai pas terminé la procédure de validation de mon compte, d'où tu me considères comme un client ?! Ceci dit, à une époque, OVH envoyait son magazine papier à la souscription… J'ai toujours pensé que c'était un moyen détourné de vérifier la véracité d'une adresse postale dans une sur-interprétation de la LCEN (qui ne contraint pas un hébergeur à vérifier la véracité des moyens de contacter un de ses clients). FIN DE L'ÉDIT.
    20/01/2019 22:57:58 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?NGbttA
  • ResizeEncryptedPartitions - Community Help Wiki - GuiGui's Show

    Je ne sais plus pourquoi j'ai écrit « y'a aucun outil simple pour agrandir une partition chiffrée », mais c'est faux, au moins pour le cas où la partition chiffrée à agrandir est la dernière du disque : parted /dev/sda resizepart 2 100% + cryptsetup resize <label> + resize2fs /dev/mapper/<label> = ça chemar.

    20/01/2019 18:33:55 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?FEXyZw
  • Lettre(s) aux Français | Grise Bouille

    Lettre(s) aux Français
    Le Président de la République Emmanuel Macron a envoyé une lettre à tous les Français.
    ‒ J'en ai même envoyé trois : L, B et D ! J'espère que vous les avez bien reçues… Niark niark niark !

    Énorme +1.

    14/01/2019 21:06:53 - permalink -
    - https://grisebouille.net/lettres-aux-francais/
  • [Pokémon] Du nom des villes dans Pokémon - Le Hollandais Volant

    Il n’y a pas si longtemps, je tiltais que l’espèce de flamme en forme de croix de l’attaque Déflagration (image d’en-tête) représentait le kanji « 火 », qui symbolise et signifie le feu.

    […]

    Une autre chose, bien plus ancienne, mais qu’on ne remarque pas quand on est petit et qu’on joue à pokémon Rouge ou Jaune, c’est le nom des villes du jeu. Saviez-vous que chaque nom provient d’une couleur ?

    Jadielle : provient de jade, une teinte de vert. Azuria : provient d’azur, référant au bleu. Carmin sur Mer : le carmin est un rouge sombre. Si l’on se souvient dans pokémon Jaune, un jeu plus récent que Rouge et Bleu qui pouvait utiliser les capacités de la Game Boy Color, on voyait chaque ville avec une couleur différente : les couleurs choisies correspondaient à leur nom.

    […]

    Chaque ville dispose d’un panneau quelque part, qui décrit la ville : « Argenta, le gris et le mat de la roche ». Ou bien, « Bourg Palette : un monde de couleur s’ouvre à vous ». Ça vous revient ? Et vous notez les jeux de mot à chaque fois ? La couleur de la roche grise est celle de l’argent ; quant au Bourg Palette, la palette symbolise le monde de couleur. Peut-être également un lien avec le pokémon Ho-oh (le pokémon arc-en-ciel), que Sacha aperçoit lors de son départ…

    […]

    Chaque ville représente quelque chose, un concept. Lavanville par exemple, dont la couleur est le pourpre clair : le lavandin, couleur de la lavande. Cette ville contient la tour pokémon, qui est le cimetière pokémon dans le jeu. La ville dégage une aura reposante et sereine (avec une touche de glauque, c’est vrai). Maintenant, que symbolise la lavande dans le langage des fleurs ?? Le repos et la sérénité.

    Un autre ?
    Carmin-sur-mer, le « port au crépuscule flamboyant » : sa couleur est le rouge carmin. Quelle est la couleur du soleil au crépuscule ? Rouge. Cette ville est également le port de la région : le navire qui part (au cours du jeu) symbolise la fin d’une histoire et le début d’une autre… comme un jour qui s’en va au crépuscule et un autre qui commence !

    13/01/2019 20:06:48 - permalink -
    - https://lehollandaisvolant.net/?d=2018/11/10/14/34/03-pokemon-du-nom-des-villes-dans-pokemon
  • c - Why does stdout need explicit flushing when redirected to file? - Stack Overflow

    On en apprend toujours : j'ai bloqué un moment sur du code C, pour comprendre pourquoi mes printf n'apparaissaient pas quand je faisais une redirection dans un fichier, et un tailf dessus…
    Forcément c'était une histoire de buffer, forcément un write allait être la solution. Mais je voulais quand même savoir, et effectivement le buffering n'est apparemment pas le même par défaut si on envoie sur de l'interactif (line-buffered) ou un fichier (full buffering) !

    13/01/2019 19:53:38 - permalink -
    - https://stackoverflow.com/questions/13932932/why-does-stdout-need-explicit-flushing-when-redirected-to-file/13933741
  • Patrimonialisation des données, que faut-il en penser ? - ITEANU Blog

    Depuis 15 ans nous dit Gaspard Koenig, « les données numériques sont une zone de non droit. Les grandes entreprises numériques en ont largement profité car il y avait une manne à prendre. »

    […]

    Cette situation peut s’expliquer de trois façons.

    • En premier lieu, le pouvoir politique, de qui vient le droit car c’est lui qui le décide, a limité le montant des sanctions que peuvent prononcer les autorités de contrôle européennes, c’est-à-dire les CNIL européennes qui sont des gendarmes des données personnelles.

    • La seconde explication réside dans l’inaction des pouvoirs publics européens qui ont failli dans leur rôle de protection de leurs citoyens. Ainsi et par exemple, la réglementation en matière de données personnelles connaît depuis 40 ans une sorte de double peine. D’un côté, il y a les sanctions administratives de la CNIL que nous venons d’évoquer. De l’autre, des sanctions pénales, avec de lourdes peines, en moyenne des peines maximales de 5 ans d’emprisonnement et de 300.000 euros d’amende. Le problème : ces sanctions ne sont jamais appliquées. Pire encore, l’action publique n’est jamais mise en mouvement. Cela tient au fait que les Parquets sont sans doute plus occupés à lutter contre le terrorisme, la fraude financière ou le harcèlement sexuel et qu’ils considèrent que les manquements aux données personnelles ne sont pas des troubles à l’ordre public suffisamment importants, pour mobiliser la machine policière et judiciaire. A cela s’ajoute, un problème plus général de moyens de la justice et une formation insuffisante des magistrats dans ces matières spécialisées.

    • Enfin, et c’est la troisième explication, les GAFAM ont tissé un « système » qui paralyse notre Etat de droit.

    Or, si on retient la patrimonialisation de la donnée, si on soumet la donnée à un droit de propriété, la situation serait alors toute différente. La personne qui, pour quelques euros, a cédé sa donnée en perd ainsi totalement le contrôle. Une fois la cession réalisée, le nouveau « propriétaire » en fait ce qu’il veut. Plus question non plus de revenir sur le consentement donné.

    Quelles seront les pratiques des grandes entreprises du digital pour obtenir de l’individu la donnée convoitée ?

    Par quels contrats ? Car en effet, s’il y a propriété, donc appropriation possible, et qu’il y a cession, cela donne forcément lieu à un contrat.

    Ce contrat sera-t-il celui bien connu que nous rencontrons quasi quotidiennement, les CGU que personne ne lit ?

    Chacun sait que ce sont des documents, on a peine à dire des contrats, qui sont surtout faits pour ne pas être lus ? Où les droits du plus fort, c’est-à-dire du rédacteur du document, sont respectés et c’est tout ?

    13/01/2019 19:46:35 - permalink -
    - http://preprodblog.iteanu.com/index.php?post/2018/02/26/Patrimonialisation-des-donn%C3%A9es%2C-que-faut-il-en-penser
  • Le brevet de la NSA qu’on n'explique pas* - ITEANU Blog

    « Device for and method of computer intrusion anticipation, detection, and remediation », c’est le titre d’un brevet n°8,898,784 B1 déposé à Washington par … la NSA ! […] Le brevet en question[1] traite du thème général de l’intrusion dans les ordinateurs, et surtout à l’analyser de près, il s'agit d'une méthode de lutte contre ces intrusions.

    […]

    Imaginons qu’une société présente sur le marché américain, développe une technique d’intrusion, d’anticipation, de détection et de remise en état des suites d’une intrusion, qui intéresse la NSA.

    Elle l’intéresse par exemple parce que cette technique fait échec à des pratiques de la NSA ou parce que la NSA entend que cette technique ne tombe pas dans d’autres mains.

    L’existence d’un tel brevet ne serait-il pas l’arme juridique idéale qui viendrait menacer le business de cet acteur ? Face à cette menace, cette Société ne se verrait elle pas contrainte de coopérer avec la NSA ?

    Cette façon de faire a un nom, on l’appelle la Law Intelligence ou comment utiliser le droit à des fins autres que la justice.

    13/01/2019 19:43:38 - permalink -
    - http://preprodblog.iteanu.com/index.php?post/2017/10/19/Le-brevet-de-la-NSA-qu%E2%80%99on-n-explique-pas%2A
  • A qui appartiennent les profils publics des membres Linkedin ? - ITEANU Blog

    Sans surprise, et par application d’une réglementation spéciale, la Loi Informatique et Libertés de 1978 qui l’a créée, la CNIL disait dans sa Délibération n°2011-203, que « la circonstance que des profils personnels sont affichés publiquement sur internet ne permet pas pour autant à un organisme tiers (en l'occurrence PagesJaunes) de procéder à une collecte massive, répétitive et indifférenciée de ces données sans avertir les personnes concernées » et condamnait PagesJaunes à un avertissement rendu public.

    […]

    Dans cette décision du 21 septembre 2011 confirmée par le Conseil d’Etat le 12 mars 2014, le gendarme des données personnelles français ne répond pas directement à notre question, mais la position qu’il prend rend un fieffé service à la société de Mountain View en Californie.

    En effet, en interdisant à tous tiers d’accéder et de capter les données des profils publics Linkedin sans l’accord des intéressés, accord en pratique impossible à mettre en oeuvre, la CNIL réserve ses données à Linkedin. La solution a donc la couleur de l’appropriation et de la propriété …

    À mettre en relation avec la partie « EU DisinfoLab » de l'affaire Benalla (collecte et classification des tweets ayant trait à l'affaire par une ONG Belge).

    13/01/2019 19:41:36 - permalink -
    - http://preprodblog.iteanu.com/index.php?post/2017/09/12/A-qui-appartiennent-les-profils-publics-des-membres-Linkedin
  • ffserver Documentation

    ffserver is a streaming server for both audio and video. It supports several live feeds, streaming from files and time shifting on live feeds. You can seek to positions in the past on each live feed, provided you specify a big enough feed storage.

    Via https://imil.net/blog/2018/05/12/MacBook-webcam-streaming-with-ffmpeg/

    13/01/2019 19:00:58 - permalink -
    - https://www.ffmpeg.org/ffserver.html
  • date over HTTP | iMil.net

    I always manage to get myself into weird issues… I have this (pretty old) wrt54g router that works well with dd-wrt v3.0-r34311 vpn release […] The apartment is located on a small mountain and electricity is not exactly stable, from times to times power goes down and comes back up. And I noticed the openvpn link sometimes fails to reconnect.

    After some debugging, I finally noticed that for some reason, the enabled NTP feature sometimes do not fetch the current time, and so the router’s date is stuck to epoch. In order to be sure the access point gets the right time, I took a different approach, when booting, it will fetch current time online and setup date accordingly.

    nginx ssi‘s module has interesting variables for this particular use, namely date_local and date_gmt.

    13/01/2019 18:57:12 - permalink -
    - https://imil.net/blog/2018/05/05/date-over-HTTP/
  • Quelques remarques sur « L’affaire du siècle » (par Kevin Amara et Nicolas Casaux) – Le Partage

    […] Les États ne parviennent jamais à atteindre leurs objectifs. D’abord parce qu’ils ne font rien pour, mais aussi et surtout parce qu’ils ne le peuvent pas. Croire que l’État pourrait mettre un terme au réchauffement climatique, à la destruction des écosystèmes et au massacre des autres espèces, c’est croire qu’un marteau pourrait faire office de télescope. Ça ne fonctionne pas, peu importe à quel point on le souhaite, on ne voit rien. Ce n’est pas dans ses cordes, ce n’est tout simplement pas sa fonction. L’État moderne organise le système capitaliste mondialisé (la civilisation industrielle), fondé sur l’exploitation et la destruction perpétuelles de la nature. […]

    Par ailleurs, ces ONG, ces youtubeurs, tous ces gens animés à n’en pas douter de la meilleure volonté du monde, ignorent-ils que les États ne disposent plus que d’une latitude très limitée en ce qui concerne la création et l’édiction des lois qui gouvernent nos sociétés ? Le transfert de souveraineté des États vers des entités supra-étatiques, plus importantes commercialement parlant, a longtemps été un secret de polichinelle : il a récemment été débattu publiquement, dans les médias, discuté à l’Assemblée… Le TAFTA (pour ne citer qu’un exemple) ne leur évoque-t-il donc rien ?

    […]

    Des cas de ce genre, il en existe pas loin de 500, à en croire ce papier[4] du Monde Diplomatique. Ce que l’on appelle l’arbitrage international est de plus en plus utilisé par les sociétés. Peu importe, finalement, que dans le cas évoqué plus haut l’État ait eu gain de cause sur l’industriel. Ce qui importe ici est de comprendre la portée de l’événement : une multinationale est tout à fait en mesure d’attaquer un État « souverain ». Que faudra-t-il faire, alors, pour interdire le dernier produit phare de Bayer lorsque la France aura émis une loi l’interdisant mais que la multinationale aura eu gain de cause et aura contraint le pays à revenir sur sa décision ? Qui attaquera-t-on en justice, à ce moment-là ? […]

    […]

    Nous pouvons sauver la civilisation industrielle (prolonger, pour un temps limité, son existence, grâce aux énergies et technologies dites « vertes » et à la géoingénierie), ou nous pouvons sauver le monde vivant qu’elle détruit (et nous sauver par la même occasion). Il faut choisir. Il n’est pas possible de sauver les deux ensemble.

    […]

    On nous rétorquera qu’il s’agit toujours de quelque chose, et que ce quelque chose vaut toujours mieux que rien. Affirmation douteuse. Primum non nocere : d’abord, ne pas nuire. La multiplication frénétique de ces initiatives citoyennistes (le mois dernier a vu naître l’initiative « On est prêt », et juste avant elle l’initiative « Il est encore temps », et voilà maintenant « L’affaire du siècle ») semble remplir un vide. Semble. En réalité, la prolifération de ce type d’initiatives est incroyablement nuisible, en ce qu’elle fait naître, qu’elle encourage ou qu’elle renforce un espoir naïf et absurde, une illusion. À grand renfort de moyens techniques stimulants, à l’image des vidéos des youtubeurs écolos, et du clip de promotion de cette « Affaire du siècle » : le format est « cool », le montage dynamique, la propagande réussie. Seulement, la lutte écologique n’a pas vocation à être « cool ». Notre mode de vie — la civilisation industrielle — constitue une menace pour l’ensemble des espèces et de la toile du vivant. Une extermination (les scientifiques parlent, plus insidieusement, d’extinction) de masse est en cours. Il faut se rendre à l’évidence : le combat nécessaire pour sortir de cette civilisation qui porte la mort comme la nuée porte l’orage sera long et douloureux.

    Étant donné tout ce qui précède, force est de constater que les initiatives de ces ONG, de ces youtubeurs et de ces figures de l’écologie médiatique, loin de sensibiliser l’opinion publique aux problématiques socioécologiques, ne servent qu’à alimenter les illusions et les faux espoirs dominants, notamment en promouvant les idées suivantes :

    • L’idée selon laquelle notre problème se résumerait au réchauffement climatique, à un taux de CO2 atmosphérique qu’il nous faudrait contrôler.
    • L’idée selon laquelle le « développement durable » (les énergies dites « renouvelables », l’efficacité énergétique, etc., en bref : un ajustement technologique de la société industrielle) pourrait nous tirer d’affaire, endiguer le réchauffement climatique — et faire en sorte, accessoirement, même si cela a de plus en plus tendance à être éclipsé par la focalisation sur le climat, que la société industrielle devienne soutenable, respectueuse du monde naturel.
    • L’idée selon laquelle à l’aide d’un ajustement économique (qu’on appellerait économie sociale et solidaire, économie du partage, économie collaborative, économie contributive, ou quelque jolie expression que les experts du marketing auraient inventée), la société industrielle pourrait devenir socialement juste, en plus de soutenable.
    • L’idée selon laquelle, bien que récalcitrant, l’État serait techniquement en mesure de réaliser les fantasmes précités, et qu’il nous faudrait seulement l’y contraindre.

    […] Nous avons besoin de rien de moins que du démantèlement complet de la société industrielle mondialisée, de l’État, du capitalisme. Nous avons besoin d’une décroissance radicale, d’une dissolution de la société de masse au profit d’une multitude de sociétés véritablement démocratiques — fondées, donc, sur des technologies démocratiques. Ce que ni l’État ni son système judiciaire ne permettront ni n’encourageront jamais. Il va falloir se battre.

    Gros +1.

    Via https://dukeart.netlib.re/shaarli/?UDbaqg .

    13/01/2019 18:39:41 - permalink -
    - http://partage-le.com/2018/12/quelques-remarques-sur-laffaire-du-siecle-par-kevin-amara-et-nicolas-casaux/
  • Propagande de Guerre, festival de médias mensonges et complot ? - YouTube [ Thinkerview ]

    Entretien avec Michel Collon, journaliste-écrivain, à propos de géostratégie et des mensonges permettant de justifier une guerre. C'est très intéressant, j'en recommande vivement le visionnage.

    • 1990-91 : festival de mensonges permettant de justifier la première guerre d'Irak. Affaire des couveuses volées : sur les conseils de la société de communication Hill & Knowlton, la fille de l'ambassadeur du Koweït à Washington se fait passer pour une infirmière et prétend qu'à l'hôpital de Koweït City, les militaires irakiens ont volé les couveuses des prématurés en jetant ceux-ci à terre (les condamnant ainsi à mort). La marée noire prétendument causée par l'Irak dans le Golfe persique qui porte atteinte aux mignons cormorans. Ça y est : dans l'opinion publique, les Irakiens sont les méchants, on peut aller leur bombarder la tête ;

    • 1991-95 : les attaques contre la Bosnie/Croatie puis la prétendue libération du Kosovo en 1999 ciblaient la Yougoslavie afin d'y faire tomber le reliquat de communisme qui foutait la trouille ("on va perdre notre mode de vie, notre voiture, notre maison à crédit !"). Les sociétés nationalisées sont plus souvent la cible de bombardements que les émanations de multinationales ;

    • Les incidents du golfe du Tonkin (deux navires US prétendument attaqués par le Vietnam) permirent aux USA d'intensifier les opérations dans le bourbier du Vietnam ;

    • La guerre de Libye a aussi eu ses mensonges : Kadhafi forçait ses soldats à utiliser du Viagra afin de violer les femmes en masse (le viol est un classique des mensonges de guerre), Kadhafi bombardait sa propre population à Benghazi, etc. En réalité, l'occident voulait le fric de Kadhafi, notamment son or et le fond souverain libyen, et, surtout, empêcher le financement alternatif de projets de développement en Afrique, ce qui nuit aux intérêts les multinationales qui pillent l'Afrique ;

    • Guerre par intermédiaire : la CIA, aidée financièrement par l'Arabie Saoudite et le Qatar, et logistiquement par la Turquie, a formé, dans des camps d'entraînement en Jordanie, des "rebelles" des pays alentours envoyés en Syrie afin de prétendument faire tomber le méchant Bachar et, en réalité, de continuer le plan occidental de recolonisation du Moyen-orient. C'est l'opération Timber Sycamore. Les "rebelles" formés se sont, comme d'habitude, retournés contre les pays occidentaux et ça donne les attentats terroristes islamiques de ces dernières années. Le même genre d'opérations avaient été organisées en Afghanistan contre le méchant Ben Laden. Le terrorisme a aussi été utilisé contre Cuba, le Venezuela, etc. ;

    • Le lien entre les réseaux stay-behind dont le réseau Gladio fait partie et des actes terroristes visant à faire passer l'envie aux gens d'être et de voter communiste n'est pas aussi avéré que le laisse entendre Michel Collon. Les réseaux stay-behind étaient des "armées" clandestines basées dans les pays de l'Europe de l'Ouest et coordonnées par l'OTAN visant à repousser un éventuel assaut soviétique durant la guerre froide ;

    • Le fameux plan américain de reconquête / recolonisation du Moyen-Orient en 5 ans évoqué deux points plus haut a été énoncé publiquement par le Général US à la retraite Wesley Clark (va savoir comment il est entré au Pentagone en étant à la retraite…). Ce plan viserait 7 pays : Irak, Syrie, Liban, Libye, Somalie, Soudan et Iran. Si le terme (5 ans) est écoulé, si certains pays semblent aujourd'hui hors d'atteinte des USA (l'Iran, qui détient possiblement la bombe) et si les propos proviennent d'un seul gus (fut-il général), force est de reconnaître qu'on a pu constater une déstabilisation de l'Irak, de la Libye et de la Syrie. De même, les déstabilisations en Afghanistan ont permis de créer un rapport de force basé sur l'approvisionnement en énergie de la Chine. Le contrôle du Pakistan est également important pour contrôler en partie l'océan indien, lieu stratégique pour approvisionner notre monde en choses inutiles. C'est aussi une réponse à la stratégie chinoise du collier de perles qui, d'ailleurs fait monter la tension entre la Chine et l'Inde (l'Inde, rivale économique, se sent encerclée par la Chine).
    13/01/2019 15:19:36 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=_jSPkz_0UZw
  • Les conséquences | Emma

    Suite de la charge mentale ménagère :

    • Injonctions à la beauté, à la minceur, à être épilée, à être habillée "sexy" mais pas "comme une pute" et remarques désobligeantes pour celles qui osent s'éloigner de ces critères. Cela crée une charge implicite que tout le monde n'est pas capable de surpasser ou de neutraliser avec des stratégies d'évitement (ne plus se regarder dans un miroir, ne plus se faire prendre en photo, etc.) ;

    • Regards permanents, harcèlement, agressions ;

    • Contraception. Entre les hommes qui ne veulent pas utiliser de capotes "parce que c'pas la même sensation", la quasi-inexistence de méthodes de contraception masculines, le renouvellement des méthodes de contraception genre la pilule (avec le docteur X parti à la retraite, le docteur Y qui n'est pas disponible avant des mois et le docteur Z qui prend pas de nouveaux clients), la gestion des effets secondaires (genre avoir mal au bout des seins…), etc.

    Je pense qu'une partie des injonctions "à la beauté" est aussi imposée aux hommes : être "gros", ce n'est pas bien vu, que tu sois un homme ou une femme ; tous les styles vestimentaires, toutes les barbes et toutes les coupes de cheveux ne sont pas permis sans devoir affronter le regard et les remarques désobligeantes de l'autre (je parle d'expérience), etc. Et tous les hommes ne sont pas plus capables de les surpasser que les femmes.

    Les hommes ont aussi une charge mentale quasi permanente, basée sur l'injonction d'être viril, de ne pas exprimer des sentiments "de chochotte", de s'imposer, de résoudre les problèmes avec une quelconque forme de violence, de se défendre (savons-nous tous faire ?), etc. Elle est dénoncée par les féministes comme quelque chose d'indésirable, certes, mais, en attendant, elle existe, au même titre que les injonctions mentionnées dans cette BD.

    Les commentaires me font me remémorer des situations que j'ai connues genre quand maman est malade au point de vouloir rester dans le lit, elle doit quand même s'occuper de l'enfant, notamment l'alimentation, alors que papa ne travaille pas. Bizarrement, quand c'est papa qu'est malade au point de rester au lit, maman doit s'occuper du gosse… et être aux petits soins de papa qui, sinon, pique sa crise (il est malade le pauvre chou, faut le comprendre, bordel !).

    J'aime (ironie) les raisonnements qui s'appuient sur une inégalité d'accès à l'emploi pour justifier que les femmes ont plus de temps en dehors du boulot donc que c'est normal qu'elles portent plus de charge mentale ménagère. Même chose pour les inégalités de salaire qui augmenteraient légitimement la charge mentale professionnelle de l'homme (s'il perd son boulot, les conséquences financières seront plus importantes que si sa femme perd son boulot). Utiliser une situation pourrie (voire son maintien) pour justifier une autre situation pourrie… Ingénieux.

    12/01/2019 20:18:33 - permalink -
    - https://emmaclit.com/2018/11/15/les-consequences/
  • Des nouvelles de Chine

    Fin de l'enfant unique ?

    Cinq and après avoir assoupli la règle de l’enfant unique, instaurée en 1979 pour limiter la surpopulation, la Chine « envisage, écrit “Le Figaro” (28/12), de mettre fin au contrôle des naissances » dès cette année.

    Il faut dire que la Chine devient un pays de Vieux : ils seront 487 millions en 2050, soit 35 % de la population, si les couples continuent de se restreindre.


    Importation de riz américain versus guerre commerciale

    Pour nourrir ses habitants, la Chine a besoin de toujours plus de bols de riz. Et, comme le pays ne produit pas suffisamment, Pékin a dû se résoudre, humiliation suprême, à accepter d’en importer. Et pas de n’importe où : des Etats-Unis. Un accord (« historique », se réjouit le ministre américain de l’Agriculture) en ce sens a été conclu récemment, annonce « Le Figaro » (29/12).

    Moralité : la « guerre commerciale » entre les Etats-Unis et la Chine souffre quelques exceptions.

    Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

    12/01/2019 17:00:37 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?B1zlLQ
  • Les Français croient à l'eur-hausse des prix

    A-t-il ou pas accéléré l’inflation ? Vingt ans après l’instauration de l’euro, 82 % des Français — selon un sondage Ipsos pour « Le Monde » (11/ 12) — restent persuadés que « leur pouvoir d’achat s’est dégradé » depuis la mise en place de la monnaie européenne. Rien n’y fait. Pas même la dernière étude détaillée de l’Insee, parue en 2017, qui montre que, depuis 2002 (année d’arrivée de l’euro comme moyen de paiement en France), les prix ont augmenté en moyenne de 1,4 % par an, soit un tiers moins vite que durant les quinze années précédentes (2,1 %). « Les ordinateurs et les écrans plats ont peut-être baissé, mais on n’en achète pas tous les jours. Regardez plutôt le prix de la baguette ou du café au comptoir », rétorquent les sceptiques. Vrai, reconnaît l’Insee : « L’effet d’arrondi lors du passage à l’euro a été nettement haussier pour les produits [tels] le pain (0,3 point) ou la consommation dans les cafés (1,5 point). »

    Mais ces exemples sont, pour l’institut de statistique, bien seuls face au rythme de hausse des prix des produits alimentaires, qui « n’a quasiment pas varié », ou des services, « qui ont crû moins fortement qu’au cours de la décennie précédant le passage à l’euro ». Sans parler du prix des produits manufacturés, qui ont carrément baissé — en moyenne de 0,1 % par an —, alors qu’ils augmentaient avant de 0,8 %.

    Pourquoi, alors, cette « divergence entre la mesure de l’inflation et la perception qu’en ont les ménages » ? D’abord, explique l’Insee, parce que lesdits ménages « accordent plus d’importance aux prix en hausse (…), qui peuvent constituer une menace pour l’équilibre de leur budget, qu’aux prix stables ou en baisse ». Mais aussi parce que les consommateurs « ont gardé ancré dans leur mémoire le dernier prix connu en francs ». Par exemple, la baguette d’avant l’euro reste pour l’éternité à son prix de 2001 : 4,30 francs, soit 0,66 euro. Aujourd’hui, elle est à 0,90 euro en moyenne, soit près de 50 % d’augmentation… Mais ça a pris dix-sept ans !

    Si les gilets jaunes avaient lu l’étude de l’Insee, ils auraient sûrement modéré leurs revendications en matière de pouvoir d’achat !

    Il faudrait lire l'étude de l'Insee en détail, car, à première vue, le Canard semble confondre la hausse des prix directement imputable à l'euro avec d'autres causes de la fluctuation des prix comme la stabilité des sources énergétiques (ce n'était pas gagné en 70-80, par exemple), la hausse constante de la productivité (robotisation, pressage des humains, etc.), la concurrence internationale ou la valeur que chacun d'entre nous accorde à des produits ou services démodés.

    Ce résumé reste tout de même intéressant pour illustrer que l'inflation a été contenue ces deux dernières décennies.

    Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

    12/01/2019 16:56:16 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?koWQZA
  • “C’est un trophée pour montrer aux copains !”

    Mercredi 26 décembre, tribunal de Valence. Quatre gilets jaunes comparaissent pour « violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Ils sont plus ou moins jeunes : Maria B., 37 ans, une boulangère bio inscrite au PC ; Tom, 22 ans, en formation de cordiste ; Dylan, 22 ans, ancien pompier, en BTS ; et Stéphane, 40 ans, vidéaste. Ils ne se connaissent pas. Aucun d’eux ne gagne plus que le smic. Leur casier est vierge,

    Après la dispersion d’une manif de gilets jaunes dans une zone commerciale, ils se trouvent pris dans une échauffourée. Alors qu’un homme ceinture un manifestant au sol, des gilets jaunes s’attroupent. Un individu s’interpose. Ils interviennent, échangent quelques coups avec les deux sans gilet. Pas de chance, c’étaient deux policiers en civil ! Celui qui est à terre est le directeur départemental et l’autre est son chauffeur. Leurs brassards « police » étaient-ils visibles ?

    Sur la vidéo projetée à l’audience, ça ne saute guère aux yeux. Certes, on voit l’un d’eux sortir son arme, l’agiter vaguement en direction des gilets jaunes avant de la rengainer. Cela ne fait pas reculer leurs adversaires (qui affirment n’avoir pas compris tout de suite de quoi il s’agissait). Pour le procureur, c’est bien le signe que ce sont des « bouffeurs de flics qui n’ont peur de rien »…

    Tout au long du procès, le président est à son affaire. Il raille les accusés : « Vous avez un masque de ski, ben oui, c’est la saison ! » Il multiplie les commentaires acides. Devant l’image d’un coup de pied : « Donc, là, on vous voit en train de faire cesser la violence ! » Un ancien gardien de la paix témoigne par écrit. N’ayant pas vu leurs signes distinctifs, il a demandé aux deux policiers de s’identifier comme tels et s’est pris en retour une décharge de Taser. Pour l’avocate de la partie civile, « un témoignage fantaisiste ».

    Dans la scène, filmée, elle voit « une déferlante, une vague de haine ! Ils sont entourés par une meute déchaînée qui voulait casser du flic !». La preuve : deux jours d’ITT pour l’un, trois jours pour l’autre. Le procureur s’enflamme : « Avec le mouvement des gilets jaunes, on a des gens qui vienne « C’est un trophée pour montrer aux copains ! Un bonnet de flic ! Elle chope le “trophée”, j’vous l’dis ! »** Dommage qu’elle ait abandonné le « trophée » à terre.

    Pour elle, 3 mois ferme et 6 avec sursis. Pour les autres prévenus, auteurs de quelques coups de pied, 1 an ferme et 6 mois avec sursis, 6 mois ferme et 6 avec sursis, et 4 mois ferme et 6 avec sursis. Et, pour tous, 3 ans d’interdiction de manifester.

    Pourquoi pas à vie ?

    Comment de tels excités peuvent-ils être juge ou procureur ? :O Un minimum de calme et de mesure dans l'analyse des faits ferait un bien fou… Là, j'ai l'impression de regarder BFM TV à l'intérieur d'un tribunal…

    Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

    12/01/2019 16:45:59 - permalink -
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  • Dossiers judiciaires plantés faute de greffe

    Au mois quatre magistrats — sur une vingtaine — appartenant au pôle financier de Paris ont déclaré à la Chancellerie ne plus être en capacité d’instruire certaines affaires. Et non des moindres : celles sur les activités de Lafarge en Syrie, sur les emplois fictifs au MoDem ou sur les assistants parlementaires du FN. La faute, selon eux, à un turnover de greffiers trop important.

    « Depuis septembre, j’en ai vu passer quatre dans mon cabinet, témoigne l’un des juges grognons. Il est impossible dans de pareilles conditions de travailler sereinement et efficacement. Nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur qui pourrait compromettre l’avancée d’un dossier. »

    Pour un autre magistrat, ce retard à l’allumage est voulu : « Il y a quelques mois, je n’osais l’imaginer. Je croyais que le problème provenait des ressources humaines. Mais, depuis le temps que ça dure, j’en suis certain, cette fois : on emmerde trop la Chancellerie. » Traduction : la direction du ministère de la Justice ne souhaiterait pas que certaines affaires aboutissent rapidement…

    Un avis que n’est pas loin de partager Marie Dosé, avocate de l’association Sherpa dans l’affaire Lafarge : « Un cabinet sans greffier ouvre la voie à toutes les irrégularités. Dans un dossier sensible, aux enjeux importants, la défense est nécessairement à l’affût de la moindre erreur procédurale susceptible d’entraîner la nullité d’un pan important de l’instruction. » Faut bétonner !

    Novices de procédure

    Du côté des greffiers, on ne minimise pas le risque. « Nous sommes en sous-effectif chronique, avance Sophie Grimault, secrétaire générale adjointe du Syndicat des greffiers de France. Pour un corps de 10 000 fonctionnaires, il en manque au moins 500. » La situation est d’ailleurs plus préoccupante encore dans la capitale, où sont instruits la majorité des dossiers « sensibles » du moment.

    Les postes attribués en sortie d’école — sans expérience de l’instruction, donc — sont majoritairement parisiens. Mais, après leurs deux années obligatoires au sein de la même juridiction, les jeunes greffiers, payés autour de 1 500 euros en début de carrière, filent vers la province. Question de pouvoir d’achat, évidemment…

    Les greffiers jaunes, c’est pour bientôt ?

    Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

    12/01/2019 16:28:02 - permalink -
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  • Charbon contre énergie verte

    C'était donc bien cela ! Le nouveau roitelet de la presse, Daniel Kretinsky, voulait disposer d’instruments d’influence pour renforcer son emprise industrielle dans l’Hexagone. Après avoir mis la main sur plusieurs fleurons de la presse (« Elle » et les magazines du groupe Lagardère, « Marianne », participation dans « Le Monde »), le milliardaire tchèque, qui a fait fortune dans le gaz et le charbon, vient de lancer une première OPA sur le marché électrique français. Ça tombe bien : les mastodontes Total, Engie et EDF sont en train de rebattre les cartes du nucléaire, du carbone et des énergies renouvelables.

    Le 24 décembre, EPH, la holding de Kretinsky, est entrée en négociation avec Uniper France pour reprendre ses deux centrales à charbon de 600 mégawatts, situées à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et à Saint-Avold (Moselle). Bâti sur les cendres du géant allemand E.ON, Uniper souhaite s’en débarrasser au plus vite. Trop salissantes, sur le plan social et politique…

    Houille, houille !

    Le 27 novembre, le gouvernement avait confirmé sa décision de fermer, d’ici à 2022, les quatre dernières centrales fonctionnant au charbon sur le territoire français. Qui peut bien avoir envie de risquer son image dans le business de la houille ? Sûrement pas EDF, ni Engie ! Comme de nombreux énergéticiens européens, les deux sociétés, liées à l’Etat, ont, au contraire, décidé de se « décarboner » en cédant leurs actifs polluants au profit du solaire, de l’éolien ou de la biomasse. Au risque de perdre des activités très rentables. Même Total prétend se verdir : le 6 juillet, le pétrolier s’est offert Direct Energie, premier fournisseur « alternatif », desservant 2,1 millions de clients en France et en Belgique. Un cadeau à 1,4 milliard d’euros.

    Daniel Kretinsky s’est fait une spécialité d’acheter à la casse des outils de production un peu cracra. Deuxième entreprise européenne émettrice de C02, EPH s’est hissée, en huit ans, au 6e rang des pro- ducteurs d’électricité européens, avec 6 milliards de chiffre d’affaires… et autant de dettes. Ainsi, en 2016, la holding a arraché au suédois Vattenfall 8 000 mégawatts de tranches charbonneuses d’une valeur de 3,4 milliards d’euros dans deux régions d’ex-RDA.

    Les mains sales

    « Kretinsky parie sur le fait que, dans tous les cas de figure, il est gagnant, explique un spécialiste de l’énergie. Soit les pouvoirs publics ne parviennent pas à fermer les sites aux dates prévues, comme ce fut le cas en Allemagne après la sortie du nucléaire, soit il peut obtenir des subventions pour reconvertir les sites ou encore des indemnités en cas de fermeture définitive. »

    Dans le Monopoly de l’énergie hexagonal, Kretinsky joue le rôle de l’éboueur-pollueur. En rachetant à Uniper deux centrales à gaz promises à Total, il évite au géant de l’or noir de gérer les plans sociaux. Peur des taches d’huile ?

    « Daniel Kretinsky est en train de conduire une campagne de France plus rapide que Bonaparte », glissait récemment Yves de Chaisemartin, ex-propriétaire de « Marianne » (« Challenges », 6/12).

    Reste à espérer que cette course s’achèvera à Austerlitz, dans le futur quartier du groupe « Le Monde », plutôt qu’à Waterloo…

    Héhé, c'te pipeau de la repeinte en vert des géants de l'énergie. :)

    Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

    12/01/2019 16:22:58 - permalink -
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