Un des slogans préférés d’Anne Hidalgo pour défendre sa politique anti-bagnoles est de dire aux habitants de la région parisienne : « Pour éviter la pollution, prenez les transports en commun. » Malheureusement, c’est faux, si l’on en croit un document de la fédération CFDT des transports distribué la semaine dernière aux usagers du métro. Selon cette étude, ceux qui se sont aventurés à la station Les Halles le 28 juin entre 17 et 18 heures ont « respiré 330 microgrammes par mètre cube de particules fines ». Soit plus de sept fois les valeurs limites autorisées en surface.
Et il y a des milliers d’employés de la RATP qui passent des heures tous les jours là-dedans.
Dans le Canard enchaîné du 20 septembre 2017.
Plus d'infos en http://www.lemonde.fr/pollution/article/2017/09/14/pollution-l-air-irrespirable-des-travailleurs-du-metro_5185318_1652666.html :
L’organisation syndicale aurait aussi pu citer en exemple le 27 juin, quand des concentrations similaires de particules fines ont été mesurées à la même station sur la ligne 4 du métro entre 15 heures et 16 heures, ou encore le 4 juillet avec un pic à 438 µg/m3 entre 19 heures et 20 heures. Ces chiffres sont issus du réseau Squales de la RATP pour la surveillance de la qualité de l’air de l’environnement souterrain, qui relève heure par heure les principaux polluants dans deux stations de métro (Châtelet-Les Halles et Franklin-D. Roosevelt) et une gare RER (Auber).
Cumulées sur une journée, ces concentrations dépassent largement les valeurs limites (50 µg/m3 en moyenne journalière) en vigueur pour l’air extérieur, et rappellent ce qui ne va pas forcément de soi : l’air est plus pollué dans le métro que dans les rues de la capitale. A titre de comparaison, la station d’Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, installée près de Châtelet-Les Halles, ne mesurait que 27 µg/m3 de PM10 en surface le 4 juillet entre 19 heures et 20 heures.
Très très intéressant, à lire impérativement.
Expliquons-nous. Chaque année en juillet, le Conseil de l’Union européenne adopte des recommandations qui contiennent des grandes orientations de politique économique (GOPE). Elles ne sont pas obligatoires et si les États membres, dont la France, tentent malgré tout de s’y conformer, c’est parce que ce sont ces mêmes États membres qui en sont à l’origine : le Conseil européen, qui réunit les chefs d’États et de gouvernements a auparavant adopté par consensus des orientations générales de la politique économique. Cela signifie que la France dispose d’un moyen de contrainte si la politique envisagée ne lui convient pas. Ensuite, sur la base de cette ligne, la France formule un programme de réformes précis, qui sera repris et adopté par le Conseil de l’UE, sous forme de GOPE. On comprend alors comment ces GOPE peuvent être un moyen peu honnête pour les États de faire porter par l’Union l’initiative des réformes qu’ils se sont en réalité eux-mêmes imposés. Et Florian Philippot, comme d’autres, semble être tombé dans le panneau. C’est regrettable, pour un ancien député européen.
Une aquarelle qui ne dit rien de très nouveau de ce que j’ai toujours dit : je ne comprends pas comment on peut qualifier de « réaliste », de « raisonnable » et autre « responsable » les politiques qui consistent à chercher une croissance infinie dans un monde fini, en augmentant l’activité humaine déjà trop forte, en mettant plus de pression sur les ressources naturelles déjà insuffisantes, en exploitant des ressources fossiles amenées à se raréfier et donc à faire monter les tensions entre pays, en continuant à déstabiliser des régions entières pour subvenir à nos besoins en ces ressources, etc., etc.
Mais non, être pour la décroissance, c’est être irréaliste ; être pour la diminution du temps de travail, c’est être irresponsable.
Gros +1.
Il est plus que temps de sortir la santé du monde de la finance, non ?
Dans le numéro 82 de Fakir.
Dans le numéro 82 de Fakir qui se contente de citer le dernier classement des fortunes de France de Challenges de juin 2017.
Piqûres obligatoires, consultation bidon, lobbies à tous les étages… La vaccination, c’est l'anti-démocratie de la santé dans toute sa splendeur. Et c'est ainsi que le gouvernement veut « rétablir la confiance »…
Je ne sais pas
Je voudrais simplement vous dire mes doutes: le passage de trois à onze vaccins, suis-je pour ? Suis-je contre ? Aujourd’hui, je l'ignore.
Quand la ministre m’assène que « dix enfants sont morts de rougeole depuis 2008 », certes, ça me touche, ce sont dix de trop, mais faut-il pour cela vacciner 60 millions de Français ? Je m’interroge. Et j’aurais aimé un véritable débat, avec des scientifiques, me forger mon opinion, décider pour ma famille et moi, et nous.
Du coup, la façon d’imposer ça, le côté propagande, l’hypocrisie de la consultation, le poids des lobbies dans la décision, tout cela me hérisse. Fait de moi un opposant, moins sur le fond (je ne me prononce pas), que sur la procédure: le déni de démocratie. Et sur ce diagnostic, je n’ai aucun doute : cette histoire de vaccins, c’est un symptôme de notre démocratie en panne, de gouvernants qui sournoisement la contournent, de l’argent qui s’infiltre partout, mais aussi d’un refus du peuple qui, d'instinct, répond « non ».
« La prévention sera le pivot de la stratégie nationale de santé discutée à l'automne. » À l’Assemblée, Édouard Philippe nous alléchait, lors de son discours de politique générale. J’ai tendu l’oreille. Parce que, moi aussi, j’avais placé la « prévention » au cœur de ma campagne. Le Premier ministre allait-il accuser « la pollution de l'air, les perturbateurs endocriniens, les pesticides » ? Allait-il s’en prendre au travail, mal réparti, source de stress, de gestes répétitifs, de troubles musculo-squelettiques pour les uns, quand d’autres ne travaillent pas assez, pas du tout, et ce chômage qui provoque lui aussi du mal-être, débouche sur des affections ? Allait-il dénoncer la publicité, cette télé qui incite en continu nos enfants (et nous-mêmes !) à consommer des sodas, des hamburgers, des friandises ? Allait-il faire sortir la médecine de l’hôpital ou des cabinets, l’amener dans les quartiers, dans les campagnes, dans les lycées, dans les entreprises, et pas seulement pour des opérations : pour des discussions ? J’ai espéré, à l’écoute.
« Des maladies que l'on croyait éradiquées se développent à nouveau sur notre territoire. Des enfants meurent de la rougeole aujourd’hui en France. Dans la patrie de Pasteur ce n’est pas admissible. L'an prochain, les vaccins pour la petite enfance, qui sont unanimement recommandés par les autorites de santé, deviendront obligatoires. » Ratê.
La santé se réduisait à nouveau à de la chimie, à de la technique.
Vite fait, bien fait
Qu’on passerait de trois à onze vaccins, Agnès Buzyn en avait certes causé, mais ça restait un projet, je croyais, un parmi d’autres, on en causerait, on en mesurerait ensemble l’utilité. Mais non.
Si Édouard Philippe le sortait, ce mardi 4 juillet, devant les députés, s’il était prêt à cette dépense, lui dont le propos se résumait pour le reste à « réduction de déficits… réduction de déficits… réduction de déficits… », c’est que le gouvernement y tenait. D’ailleurs, le samedi suivant, à Aix-en-Provence, aux « rencontres économiques » (pas aux « rencontres du soin »), la ministre de la Santé enfonçait le clou : « Les vaccins, ça marche, ça fonctionne, ça a sauvé des centaines de millions de vie… Je regrette que, en France, la défiance envers les vaccins soit à ce point ancrée dans la population… Le problème, c'est qu'à force de ne plus vacciner les enfants, on a des épidémies de rougeole, on a des méningites, on a des gosses qui meurent chaque année de maladies évitables. C’est insupportable. » Au vu de cette urgence, ils agiraient vite fait, bien fait : « Avec une loi pour fin 2017, et une obligation début 2018. » Il n’y aurait aucune consultation, donc ? Non, répliquaient—ils, « elle avait déjà eu lieu ». Ah bon '?
Instance fantoche
Il faut remonter à l’an dernier, à 2016. Une enquête secoue le petit monde de la médecine : elle révèle que, parmi 67 pays, les Français sont les plus méfiants à l’égard des vaccins. Le seul en rouge très foncé sur la carte, répondant « non » à plus de 40 % à la question : « En général, je pense que les vaccins sont sûrs ». D’où l’idée d’une « consultation citoyenne ». Logiquement, elle devrait être confiée à la Conférence nationale de santé, qui siège depuis 1996. Mais voilà que son président, Thomas Dietrich, en claque la porte, dénonçant « une instance consultative fantoche ». Nous recopions ici largement son entretien avec LeLanceur.fr, tant sa position nous paraît juste :
Thomas Dietrich : Nous devions organiser un grand débat public sur la vaccination, notamment parce qu’il y avait beaucoup de questions à ce sujet. En fait, le jeu était biaisé. La ministre a commencé à vouloir relire les avis de la Conférence nationale de santé avant qu’ils ne soient publiés, notamment pour expurger les passages qui ne convenaient pas à son cabinet ministériel. Concernant le grand débat public sur la vaccination, le format que j’avais monté était jugé trop indépendant… L’organisation a donc été retirée à la Conférence nationale de santé pour la transférer à l’Agence nationale de la santé publique (ANSP), une agence sous tutelle de l’État qui, en parallèle, fait de la
publicité pour les vaccins.Le Lanceur : En réponse à une pétition critique d’un médecin anti-vaccins, Marisol Touraine avait déclaré en mai 2015 : « La vaccination, cela ne se discute pas. » Le format que vous aviez monté donnait-il une forte parole à des militants anti-vaccins ?
Thomas Dietrich : La CNS, c‘était des représentants d’un peu tous les acteurs du monde dela santé, donc de manière globale, au contraire, ce sont plutôt des gens pro-vaccins, même s’ils ont des réserves. il y avait par exemple une association, E3M, qui dénonce les méfaits des aluminiums dans les vaccins. La CNS était organisatrice du débat public, elle allait s’exprimer et surtout la consultation allait être beaucoup plus large que celle qui a finalement été faite. Il était aussi prévu un jury de citoyens et un jury de professionnels de santé qui était en dehors de la CNS. Mais la question n’était pas de s’exprimer pour ou contre la vaccination, mais de constater qu‘il y a des problèmes inhérents et une baisse du taux de couverture vaccinale afin d’organiser un débat qui permette à toutes les parties de s’exprimer pour trouver une solution. C’est mon propos. finalement, cela n’a pas été fait puisqu'on a fait à la place une sorte de débat biaisé. En revanche, j’ai été beaucoup récupéré par ce fameux professeur Henri Joyeux à l'origine de cette pétition, alors que je ne partage pas du tout son idéologie.
Le Lanceur : De quoi avait peur le ministère de la Santé en refusant l’organisation de ce débat par la CNS ?
Thomas Dietrich : Le ministère avait peur que ce débat libère la parole. En fait, il y avait surtout la peur d’une sorte de curée contre la vaccination qui soit orchestrée par les ligues anti-vaccinales, qui, soit dit en passant, sont assez virulentes, voire violentes. De mon côté, j’ai toujours dit que tous les méfaits de la démocratie sont remédiables par davantage de démocratie. Le but était d’organiser un vrai débat, pour qu’on pose les bonnes questions et qu’on arrête d’avoir une baisse de la couverture vaccinale. Donc, après m’être engueulé tous les quatre matins avec ma hiérarchie et avoir eu des réunions à ne pas en finir, j’ai effectivement quitté mon poste et j’ai écrit un rapport. Je pense que ce qui a pu toucher à sa lecture, c’est le fait que les citoyens étaient dépossédés de leur parole. C’est-à-dire que, très clairement, on ne les écoutait plus et ils n‘étaient pas pris en compte. La construction des politiques publiques est faite de manière complètement autiste, sans retour de terrain, et on ne peut plus agir comme cela. Les personnes ont des choses à dire, même ceux qui ne sont peut-être pas des experts. Quand vous faites venir des gens de Guyane ou de Martinique en avion, qu’ils doivent payer leur taxi depuis l’aéroport, que vous faites venir des personnes en fauteuil avec leurs accompagnateurs, que des personnes prennent des journées de congé pour venir à la CNS et que finalement ils ne sont pas écoutés, cela s’apparente pour moi à se foutre de leur gueule. Supprimer ces instances, cela a au moins le mérite d‘être clair sur la volonté de vouloir des avis et des idées qui sont maillés à la verticale, mais on ne fait pas de l’hypocrisie en organisant un semblant de démocratie sanitaire.
Fiasco déonthologique
« Le semblant de démocratie » va néanmoins se poursuivre, via un « Comité d'orientation de concertation citoyenne de la vaccination ». Avec pour but, donc, de rétablir la confiance… Mais quelle en est la composition ? « Les déclarations publiques d'intérêts de trois des seize membres du comité d’orientation mentionnent des liens d'intérêts avec des laboratoires développant des vaccins », note Le Monde. Plus un quatrième, « le professeur Thierry May qui ne mentionne pas des dizaines de conventions et avantages avec des laboratoires pharmaceutiques, dont MSD et Sanofi ». Plus une cinquième, « Claire-Anne Siegrist, professeur de vaccinologie et de pédiatrie, qui entretient des liens avec DBV Technologies, qui étudie un vaccin épicutané sous forme de patch de rappel contre la coqueluche. » Plus un sixième, le président du comité : « Le professeur fischer n'a pas mentionné le prix Sanofi-Institut Pasteur reçu pour ses recherches sur les déficits immunitaires, d'un montant de 100 000 euros. » Et tout ça,
alors que « promouvoir une réelle pédagogie de la transparence » est une priorité du comité.L’association Pormindep, qui œuvre pour une information médicale indépendante, évoque un « fiasco déontologique ». Bref, de quoi rétablir une pleine « confiance »...
Plan Macron-Philippe-Buzyn
Qu’à cela ne tienne : fort de cette immense légitimité, le 1er décembre 2016, le professeur Alain fischer et son comité présentent leurs recommandations : « Pour faire vite, écrit Libération, les vaccins (coqueluche, rougeole, hépatite B...) aujourd'hui “recommandés” pour les enfants de moins de deux ans devraient devenir gratuits et “obligatoires”, mais de façon temporaire, le temps de restaurer la confiance face aux doutes des Français. » « Dans le contexte actuel de perte de confiance et de baisse de la couverture vaccinale, il apparaît nécessaire de réaffirmer le bien-fondé de la vaccination », affirme le comité.
D’où cette idée d’agir en deux temps : d’abord élargir l’obligation vaccinale, puis à terme, supprimer l’obligation vaccinale comme ailleurs en Europe. Pour les récalcitrants, serait proposée une clause de refus : les parents réfractaires signeraient un document « pour leur faire prendre conscience qu’ils prennent une responsabilité, une prise de risque pour leur enfant et pour la communauté des gens qui vivent autour d ’eux et qu’ils risquent aussi que leur enfant puisse être refusé par une directrice de crèche, ajoute le médecin. Toutefois, s'il y avait trop de refus de la vaccination, cette possibilité d 'exempti0n pourrait être supprimée. » C’est exactement le plan, aujourd’hui, de Macron - Philippe - Buzyn.
Après cette formidable consultation, le Premier ministre peut le proclamer : « Les vaccins pour la petite enfance sont unanimement recommandés par les autorités de santé. »
Pas de débat.
Pas de démocratie.
Pas de contradiction.2009 : La pandémie n'a pas lieu
À l'automne 2009, la catastrophe approchait. C’était « un défi majeur pour la santé publique ». La guerre était déclarée à la grippe H1N1 : « C’est tous ensemble que nous ferons face ! » Par bonheur, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait déjà pris les devants : dès l’été, pour le vaccin, elle avait commandé 94 millions de doses. Deux par Français. En novembre, elle ouvrait des centres de vaccination, mobilisait les médecins militaires, recrutait cinq mille contrats aidés… qui ont dû bien s’ennuyer. Car les clients ne sont venus qu’au compte-gouttes : 5,74 millions de vaccinés, à peine 10 %, malgré une propagande à médias continus. La pandémie n‘a pas eu lieu. On a juste fait des gros chèques aux labos, pour un coût final — d’après la Cour des comptes - d’à peu près 600 millions d‘euros.
Mais qui était, au fait, chef d’orchestre de cette magnifique opération ? Comme l’avait à l’époque révélé Fakir, la belle Roselyne avait quelque peu expurgé son CV:
On s'ennuie au bureau alors sur Google, on tape « Bachelot ». Voir qui elle est, un peu. La grippe A l’a si bien propulsée sous le feu des caméras. Sur Wikipedia, c’est marqué ça : « Roselyne Bachelot-Narquin a occupé, avant d’entrer dans la politique au début des années 1980, le poste de déléguée à l’information médicale au sein du laboratoire ICI Pharma de 1969 à 1976, puis elle est chargée des relations publiques chez Soguipharm de 1984 à 1989 ». Tiens tiens, on ne savait pas. Mais faut vérifier, hein, Wikipédia raconte parfois n’importe quoi…
D’autant que son CV officiel, sur le site du ministère de la Santé, ne cause pas de ça du tout. On apprend plein de choses passionnantes, que « ses deux parents étaient docteurs en chirurgie dentaire », qu’elle a « approfondi ses recherches en spectrophotométrie infrarouge », qu’elle est même balèze sur « l’influence des atomes métalliques sur les liaisons carbone-hydrogène dans les molécules complexes », etc. Mais rien sur les douze années qu'elle aurait — conditionnel de rigueur — passées au service de l‘industrie pharmaceutique. Un trou, là.
Alors, qui dit vrai ? Wikipedia ou le ministère dela Santé ? Et puis, on tombe sur ce document.
C'est son CV, lorsqu’elle était au Parlement européen, en 2004. Tout en haut, juste sous « née le 24 décembre 1946 à Nevers », elle détaille son « activité professionnelle » : « Déléguée à l’information médicale - laboratoires ICI Pharma - de 1969 à 1976. Chargée des relations publiques chez Soguipharm de 1984 à 1989. » C’était une fierté, apparemment, à l’époque : la preuve qu’elle avait travaillé dans la vraie vie. Celle de l’entreprise…
Mais pourquoi, alors, le cacher maintenant ? Pourquoi oublier ces douze années, qui pèsent quand même dans une (brève) carrière ? Pourquoi cette omission, alors que Roselyne Bachelot promet que « la transparence sera la plus totale, suivie scrupuleusement » ? Pourquoi ce silence, alors que la loi oblige les experts à déclarer leurs « conflits d’intérêts » ?
Le plus simple, c‘était de lui demander. On a essayé. On s’est entêtés, même. En vain. Durant des semaines, elle nous a fuis, s’échappant même d’une conférence de presse par la porte de derrière (article
complet sur notre site). On se demande bien, après tout ça : mais pourquoi les Français manquent de confiance dans les vaccins ?
Ce qui m'avait rendu très suspicieux à l'époque de la grippe H1N1 c'était : 1) les médias se mettent à en parler non stop, tendance on va tou⋅te⋅s crever ; 2) un vaccin est développé à une vitesse folle… WTF ?! ; 3) le gouvernement lance une campagne de vaccination massive sans passer par les médecins généralistes et en préconisant la vaccination à tou⋅te⋅s et pas juste les personnes à risque… Dans ma tête, ça avait déclenché la clochette "no way, je ne me ferai pas injecter c'te merde dans mon corps". Puis le soufflet était retombé malgré le refus massif de la vaccination… Magie…
Dans le numéro 82 de Fakir.
Darwin a des envies meurtrières. Bon, plutôt qu’il ne passe à l’acte et ne fabrique en série des martyrs, on préfère qu'il se défoule dans Fakir. Ce mois-ci, il est allé faire un tour sur les sites de rencontres. Il n’a pas été déçu.
« Elle veut une photo de mes fesses, bizarre… » s’interroge mon collègue Loïc me racontant ses derniers exploits. Inscrit depuis quelques mois sur AdopteUnMec il a coché sur sa fiche les cases « bricoleur » et « sportif » quand bien même ses abdos ramollos font songer à des rillettes plutôt qu’à du chocolat en tablettes. Divorcé depuis peu, Loic est bien décidé à « se recaser » mais ses tentatives vaines et désespérées pour « choper » me font songer à ces bestioles se noyant dans un seau, non en dépit mais à cause même de leurs efforts désordonnés. Sans s’en douter il me place face à un dilemme : le briefer sur ce site de rencontres, un des plus toxiques du moment. Ou, pour préserver ses illusions, le laisser doucement couler face à une armada de naïades pixellisées.
Adopte des cons, des glands, pas des gens
AdopteUnMec, l’entreprise fondée par Florent Steiner et Manuel Conejo, est un business juteux. En chiffres, c’est 600 000 membres actifs, 18 millions de messages par mois, 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015. C’est aussi l’application (hors jeux) qui génère le plus de profits en 2016 dans l’Hexagone (L'Express, 10/2/2017). Ce site se propose d’inverser sur le terrain de la séduction le rapport de force hommes / femmes. Seulement passer de la misogynie à la misandrie, est-ce un progrès ? Car sur « Adopte », c’est bien cet état d’esprit qui sévit sous couvert de l’alibi, commode et ressassé, du second degré. La page d’accueil, drapée dans un rose crépusculaire, annonce de façon subliminale la couleur : rien d’autre à vivre ici que des amours fanés. Pour reprendre leur terminologie, dans ce « supermarché de la rencontre » les « clientes régionales » peuvent jeter leur dévolu sur de « nouveaux arrivages » : « du roux », « de l'intello », « du barbu ». L’usage de l’article partitif, provoc assumée, rabaisse le girlpower au niveau du kéké désireux d’accumuler des trophées. D’ailleurs le logo du site est sans ambiguïté : un type jeté dans un caddie comme un produit. L‘obsolescence de la relation à venir, avant même qu’elle ne soit nouée, est revendiquée. Comment s’étonner, dès lors, que Loïc, pourtant grand, prévenant, aussi doué pour le nonsense qu’un Anglais, oscille entre râteaux et choux blancs ?
Quand il me résume ses innombrables « plans Adoptelaloose » je comprends combien ce site doit être addictogène puisqu’il continue de le fréquenter. A chacun de ses rencarts décevants il accole un nom marrant — c’est sa façon de ne pas mariner dans la tristesse. Il y a eu « la DRH numéro 1 » m’explique-t-il puis « la 2 », « la 3 » aux exigences comiques à force de précisions : « il faudra que tu te mettes à la pâtisserie », « vaut mieux que tu aimes comme moi la randonnée et les chats ». La « sadique » lui ayant demandé dès le premier soir de choisir trois accessoires pour le changer en « soumis », dans un tiroir, « contenant plus d'outils que sur l'établi d'un garagiste ». La « pipelette » qu’il a vue pendant des semaines « sans avancer » jusqu’à comprendre qu’elle ne cherchait qu’une oreille attentive pour se soulager de sa logorrhée, etc. En somme, clic après clic, sur ce site, c’est l’amour qu’on assassine.
Le poids des mots, le choc des râteaux
Dans un style à la fois acéré et poétique, le talentueux Giulio Minghini dissèque dans Fake les causes pour lesquelles « l’accélérateur de rencontres Adopte » le conduit toujours à se crasher contre le mur des lamentations. Telle la fonctionnalité, trop tentante pour être ignorée, des « mots—clefs » permettant de choisir les ingrédients de son prochain plan « comme pour une pizza ». Plus de place pour l’imprévu quand la combinaison « blonde, grande, tatouée » donne accès à quantité de profils bien ciblés. Et sans cesse renouvelés. C’est d’ailleurs la, selon lui, l’écueil principal vouant aux « naufrages sentimentaux » les imprudents. Trop de personnes, ou plutôt de « produits », et nulle autre limite que le temps pour « en tester un max ». Minghini concède que l’addiction sexuelle est sans doute constante quelles que soient les époques mais elle est selon lui décuplée à cause d’internet, incitant « le monstre libidinal qui sommeille chez beaucoup a se déchaîner ». Ainsi passe-t-il d’une ébauche d’amourette à des coups d’un soir se succédant « sans gloire », puisque ce site « est un repère de névrosées ». Au final, plus désoeuvré encore qu’avant son odyssée sexuelle, Minghini conclut qu’Adopte, auquel il fut longtemps accro, « distribue des rentes pour actionnaires » en entretenant ce contre quoi ses créateurs prétendent lutter : la tristesse des esseulés. J’ai mesuré ce qu’il aura fallu de vaillance à cet auteur pour se déconnecter en allant moi-même voir de quoi il retournait. Allez vérifier. Tout est conçu sur cette interface pour y rester scotché.
La lumière qui clignote pour avertir que tel profil est connecté, comme un fanal indiquant un port où accoster. Le score des filles, accessible aux non inscrits, qu’elles augmentent en recevant les mails et les « charmes » de leurs prétendants (par exemple Ginlie de Saint-Quentin, créditée de 767 345 points, 67 541 visites, 16 847 charmes au dernier relevé). Des annonces culottées comme celle de Sarah, « chiante, idiote, mais avec ce qu'il faut où il faut ! » ou de Yellow qui recherche « un toutou ou à la rigueur un hamster s'il a le poil long ». Autant d’occasions, me dis-je, de recevoir des leçons d’humilité. Ce que mon collègue Loïc me confirme. « J'ai envoyé un charme à chacune de ces filles. Sans succès. Tu sais, j’me la raconte pas. Je pourrais être grossiste en râteaux pour Truffaut avec ce que je me suis mangé ces derniers mois. Plus jamais je ne serai heureux, car c’est du site dont je suis amoureux. » Je bloque sur son regard au moment de cet aveu. Eteint. De lourdes poches sous les yeux. A force de surveiller celles qui savent rendre attrayants leurs globes oculaires avec de l’eye-liner.
Le comble de l'obscénité
Alors je rêve. je rêve d’un monde où AdopteUnMec serait devenu obsolète, leurs créateurs ruinés, car on n’y perdrait plus son temps à photoshoper pour choper. D’un futur où la rencontre amoureuse se ferait sans grande difficulté, l’atomisation sociale orchestrée par le capitalisme ayant été dépassée. Je rêve de villes où on pourrait miser tranquillement sur le beau temps, le hasard, les passants pour qu’en un sourire, quelques mots, se craquelle aussitôt la glace relationnelle qui nous tient aujourd’hui séparés. Plus personne n’ayant à se faire de souci pour ses prochaines parties de touche-pipi, du temps serait libéré en quantité pour se lier autrement. L’amour et la fraternité, comme des médicaments, pourraient alors infuser dans le corps social en vue d’aider les nécessiteux ou rééduquer les méchants. Grâce à des sites comme AdopteUnMigrant ou AdopteUnPolitique corrompu pour lui apprendre la vertu. Oui. Je le reconnais. Les tentations de tous les sites de rencontres confondus sont bien convenables en comparaison de fantasmes aussi tordus.
Dans le numéro 82 de Fakir.
Excellente analyse de la loi soi-disant de moralisation de la vie politique.
J'en retiens que c'est une loi de circonstance : il fallait calmer le⋅a prolo après l'affaire Fillon, pas folle la guêpe, les privilégié⋅e⋅s tiennent à leurs postes. Je suis plutôt factuel : ce texte de loi excelle uniquement en interdiction des emplois familiaux (et encore : un⋅e parlementaire ou un⋅e élu⋅e local peut toujours engager sa maîtresse ou un membre de la famille d'un⋅e autre élu⋅e ou… on se soutient entre membres de la même caste), tout le reste est très faible ou provient de lois précédentes.
Aucun des sujets qui me semblent importants n'est abordé… Ni les transferts incessants entre public et privé (et vice versa) qui génèrent du conflit d'intérêt (il ne s'agit pas de les interdire, mais de veiller à l'impact qu'ils ont sur la vie politique), ni le cumul des mandats dans le temps, ni les indemnités délirantes et les avantages (chauffeur, sécurité, sécurité de l'emploi par copinage, etc.) de tout ce beau monde, ni le contrôle du lobbying (il faut des limites à toute chose), ni le contrôle des frais de représentation du président (8k€/mois de maquillage, 10k€/mois de coiffeur, 26k€ de maquillage en trois mois, etc.), du gouvernement et des hauts fonctionnaires (47k€ de taxi en 10 mois), ni la fin de la justice d'exception pour les membres du gouvernement (Cour de justice de la République), ni du statut pénal / de l’immunité du chef de l'État, ni les magouilles pour retrouver un poste d'élu⋅e local⋅e rémunérateur à tout prix, ni… Bref, cette loi de confiance dans la vie politique n'a aucune ambition. :(
Le projet de loi avait été mis en consultation publique sur la plateforme Parlement & Citoyens et, évidemment, rien d'intéressant n'a été retenu de cette consultation dans la loi finale…
Que nous dit cette loi ?
Notons que le Conseil constitutionnel a censuré, entre autres, la peine d'inéligibilité obligatoire (mais pas vraiment) applicable aux infractions de presse aggravées (diffamation ou injure en raison de la race, du sexe, du genre, d'un handicap, de la nationalité, etc. + appel à la commission de crimes + négationnisme + etc.) au motif que « la liberté d'expression revêt une importance particulière dans le débat politique et dans les campagnes électorales » et que cette disposition serait donc disproportionnée. Je comprends la décision du Conseil : la loi appliquait la peine d'inéligibilité aux délits de presse aggravés punis d'une peine de prison. Avec un périmètre aussi flou, on peut très vite rendre inéligible n'importe qui pour n'importe quel propos en modifiant la loi sur la liberté d'expression et de la presse de 1881… Avec les surenchères récentes en matière de sanction des infractions de presse, cette décision du Conseil m'apparaît plutôt sage.
Gérard Collomb a listé mardi douze projets d’attentats déjoués en France depuis le début de l’année 2017 […]
[…] Sur les douze projets d’attentats déjoués, dont le degré d’élaboration et l’ampleur potentielle étaient variables, trois n’avaient jamais été jusque-là rendus publics par les autorités. Parmi eux figure un projet déjoué le 2 mai visant l’Ecole de l’air de Salon-de-Provence, a affirmé le ministre, sans apporter de précisions.
Le maire explique ne pas avoir été informé (pourtant, qui de mieux que les autorités locales pour aider à gérer l'événement ?!) et les sources de La Provence expliquent qu'il y avait plusieurs cibles et qu'aucun repérage n'a été effectué. Ça semble bien vague pour être qualifié d'attentat déjoué mais bon, soit…
Un deuxième projet, qui ciblait "une caserne, un commissariat de police ou un supermarché avec prise d’otages", a été déjoué le 23 janvier et un troisième le 21 juin prévoyait "une attaque à l’arme blanche sur la voie publique", a précisé le ministre.
[…]
Le ministre a fait également allusion à un projet déjoué le 10 février "contre un lieu touristique parisien ou un lieu de fête montpelliérain", avec l’arrestation de quatre djihadistes, en possession d’explosifs dans l’Hérault.
[…]
[…] un homme arrêté le 4 septembre en région parisienne, qui voulait commettre une attaque "à la kalachnikov" contre les forces de l’ordre.
Y'a pas à dire : c'est limpide… une vague idée du lieu de l'attentat, une vague idée de la cible, mais ça n'empêche pas un ministre d'annoncer que ses services ont déjoué un attentat… T'es sérieux ? :/
Fin août, un homme de Seine-Saint-Denis, soupçonné de vouloir commettre "un acte violent" notamment contre des boîtes de nuit, avait été mis en examen et écroué.
[…]
Le ministre a fait aussi état d’une "action violente" non déterminée, déjouée le 5 juillet
Parce que c'est bien connu : « action violente » forcément égal « attentat ». Les mots ont un sens.
Je viens de regarder à quoi ressemble le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » après son passage au Sénat et en commission des Lois à l'Assemblée :
Pour l'étude des questions de fond qui sont en jeu dans ce projet de loi, je préfère ne pas me répéter et te pointer cet excellent texte de La Quadrature : L'état d'urgence En Marche pour toujours.
Prochaine étape : Commission Mixte Paritaire (CMP), composée de député⋅e⋅s et de sénateur⋅rice⋅s pour trancher les points de désaccord entre les deux chambres…
Qui dit mieux ? Après le Sovaldi, qui avait débarqué en France au prix bisou de 41 000 euros le traitement, place à une nouvelle génération de médocs encore plus chers. Cette fois, il s’agit d’un anti-cancéreux, le Kymriah, mis au point pour combattre une forme de leucémie des jeunes adultes et des enfants. Forcément, leur vie n’a pas de prix. Ou plutôt si : le labo Novartis l’a adjugé à 475 000 dollars aux Etats-Unis. Mais, attention, comme un robot ménager, c’est satisfait ou remboursé ! Si cette thérapie génique ne fonctionne pas au bout d’un mois, pas besoin de payer. A quand la vente aux enchères ?
Chaque fois, les labos mettent en avant l’oseille claquée dans la recherche. Mais l’arrière-boutique est un poil plus triviale. Une commission d’enquête du Sénat américain a déjà prouvé que le prix du Sovaldi avait été fixé par le laboratoire Gilead, non pas en fonction de son coût d’investissement, mais après une fine étude marketing. En interrogeant des assureurs, un cabinet de consultants avait établi le prix maximal au-delà duquel les « payeurs » et l’opinion se révolteraient…
Apparemment, il y avait de la marge : le Kymriah est dix fois plus cher…
Hé oui, en 2013, dans le monde, 9 des 10 plus grandes entreprises pharmaceutiques ont dépensé plus d'argent en marketing (notamment en consultant⋅e⋅s pour convaincre les médecins de prescrire leurs médocs) qu'en recherche et développement. Source : #DataGueule 37 - Maladies à vendre. LALA la bonne excuse de la recherche qui coûte trop chère mouin mouin.
C'est juste ignoble… Je présume que les autorités publiques françaises ne lèveront que très tardivement le petit doigt alors que la législation leur en donne les moyens… Il ne faut pas se fâcher avec Big Pharma. :(
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Pour préparer son université d’été, le Medef avait commandé une enquête à l’institut Viavoice sur la perception de l’avenir par les chefs d’entreprise. Les résultats ont été rendus publics en août. Et, à leur lecture, il est aisé de comprendre pourquoi l’organisation patronale n’a guère communiqué dessus.
Interrogés sur la façon dont ils imaginaient l’entreprise d’après-demain, les patrons ne sont en effet que 18 % à croire que celle-ci sera « proche de ses salariés, avec de nouvelles méthodes de travail », et seulement 12 % à considérer qu’elle sera « responsable, soucieuse de l’environnement, transparente et à l’écoute de ses clients et des différentes parties prenantes ». Le patronat sait nous promettre des lendemains enchanteurs…
Etrangement, les chefs d’entreprise sont, en revanche, beaucoup plus nombreux à considérer qu’ils devraient davantage prendre la parole sur les sujets écologiques (43 %) et sociétaux (42 %).
Pour prévenir leurs salariés qu’ils ne comptent pas, à l’avenir, se montrer plus écolos ni plus attachés à leur bien-être ?
SUURPRIIISE ! What did u expect, bro?
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Panique dans un collège de Val-de-Reuil (Eure), lors d'une simulation d’attaque terroriste (« Le Figaro », 6/9) : « La scène a été si réaliste, avec deux policiers municipaux encagoulés et armés qui faisaient éclater des pétards en poursuivant certains profs, que ces derniers, paniqués et en pleurs, sont allés se cacher et que des voisins du collège ont appelé la police. Le rectorat a dû ouvrir une cellule psychologique dans l'établissement. »
Pour calmer les policiers ?
Poin poin poiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin. Quand on explique que ces exercices sont des débilités qui crispent la société et attisent la défiance tout en conditionnant les gens par la création de traumas…
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Suite de Bercy veut tailler en presse les opérateurs de téléphonie.
Haro sur les opérateurs téléphoniques ! Dans un entretien au « Point » (7/9), Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, l’affirme haut et fort : « On ne peut pas fermer les yeux sur des comportements d’optimisation [fiscale]. » Le ministre vise principalement SFR (devenu Altice) et Bouygues. Sous le couvert d’offrir « gratuitement » à leurs abonnés un service de consultation de journaux en ligne, ces opérateurs ont amélioré leurs marges.
« Nous allons remettre à plat tout le système de la fiscalité appliquée aux opérateurs téléphoniques », souligne un ponte de Bercy. En effet, il y a urgence ! Du côté de l’administration des Impôts, le manque à gagner s’élève, au bas mot, à 1,2 milliard d’euros.
L’astuce fiscale réside dans les offres couplées proposées par les opérateurs (« Le Canard », 14/6). Depuis avril 2016, l’abonné au service de téléphonie Power de SFR (24,99 euros par mois) accède gratuitement aux grands titres de la presse française (Hormis « Le Monde », « Le Point » et « Le Canard »). Si l’on comptait les 19,99 euros correspondant au prix de ces publications, la facture devrait grimper à 44,98 euros. Elle reste pourtant inchangée : l’abonné bénéficie d’une remise immédiate équivalente au coût du kiosque numérique.
Simple comme un coup de fisc
Comment SFR peut-il se permettre une telle générosité ? Grâce à la TVA. Puisque l’opérateur offre des journaux à lire, il applique le taux de TVA réduit de la presse (2,1 %) à une bonne partie du forfait télécom (téléphone + Internet), théoriquement soumis au taux de 20 %. Et voilà une taxe divisée par dix ! Ebloui par ce stratagème, Bouygues Télécom a pris à son tour, en mai, le train de la presse numérique.
Orange et Free, qui ont lancé leur offre TV by Canal à l’automne 2016, ont eux aussi réalisé leur petite opération d’« optimisation » fiscale grâce à des taux différents de TVA. Dans leur forfait, ils ont fait jouer à la télé le rôle qu’occupent les journaux dans le package de SFR et de Bouygues. Sauf que, comme le précise un proche de Xavier Niel, le patron de Free, « la TVA sur la télévision est de 10 %, pas de 2,1 % ; l’écart n’est pas comparable avec celui de la presse ».
Pas sûr que cette argumentation suffise à convaincre un gouvernement en mal de recettes. Gérald Darmanin a promis « une clarification dans le projet de loi de finances pour 2018, avec une entrée en vigueur dès le 1er janvier ».
On entend déjà les opérateurs : « Non mais, allô, quoi ! »
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Promesse de campagne de Macron : le CETA ne sera appliqué en France que s'il ne nuit pas au climat.
Décisions du Macron élu :
Les promesses n'engagent que ceux et celles qui y croient…
Dernier recours possible du peuple : se manifester auprès de nos parlementaires qui peuvent encore dégager le CETA à terme (il sera tout de même appliqué partiellement le temps que tous les parlements nationaux se prononcent). Pour l'instant, la Wallonie et la Pologne rechignent à ratifier le CETA. Pour combien de temps ?
Pendant ce temps-là, la Belgique saisie la Cour de Justice de l'UE afin qu'elle se prononce sur les tribunaux arbitraux, de faux tribunaux (il n'y a aucun juge) qui permettront aux multinationales d'attaquer des États qui nuisent, selon elles, au libre échange et à leurs profits. Ainsi les grosses sociétés commerciales pourront contester des interdictions de mise sur le marché ou le principe de précaution ou…
De son côté, la Commission européenne annonce déjà deux nouveaux traités de libre échange : l'un avec l'Australie et l'autre avec la Nouvelle-Zélande. Ces accords ne contiendront pas les tribunaux arbitraux afin de relever de la seule compétence de l'UE, ce qui permet de ne pas demander leur avis aux parlements nationaux.
Démocratie, santé, environnement et agriculture, j'écris votre nom. :( Gerbant.
Pour les gens proches de Strasbourg : ARN, FAI associatif en Alsace organise sa première réunion-apéro de la rentrée au Shadok, sur la presqu’île André Malraux à Strasbourg.
C'est ouvert à tout le monde, sans inscription préalable. Ça se termine vers 22h et ça se prolonge par un repas à l'extérieur (lieu défini à l'arrache) pour ceux et celles qui le désirent.
Au programme : accueil des visiteur⋅se⋅s, discussion sur les sujets numériques autour de Strasbourg, faire le point sur les projets de l'association, faire avancer les projets d'ARN sous forme de groupes de travail. Liste non exhaustive.
Travailler utile pour la société ou travailler rentable pour engraisser des intermédiaires inutiles tout en pourrissant notre planète ? La prospérité commerciale est-elle le seul vecteur de la liberté individuelle et du progrès de nos sociétés ? Ne devrions-nous pas nous accorder sur un nouveau juste milieu entre tout ça ?
‒ Sorry, you can't empty the garbage yet. A paper towel in here is currently in use by some object in your house.
‒ Which one?
‒ I dunno, it's your house. Just check each object.
‒ Check it for what?
‒ Whether it looks like it might have touched a paper towel at some point and then forgotten to let go.
‒ ...
‒ You can also Google to learn how to check which things are using which resources.
‒ You know, I'll just leave the towel there and try again tomorrow.
:D
Depuis août 2016, pour faire appel d'une décision prise par un Conseil de Prud’hommes, il faut nécessairement être représenté⋅e par un⋅e avocat⋅e ou par un⋅e défenseur syndical⋅e. Normal, la même loi raccourcie les délais et complexifie la procédure donc forcément qu'il faut un⋅e spécialiste pour débroussailler tout ça…
C'est un bout de justice supplémentaire qui échappe aux citoyen⋅ne⋅s. Qu'il faille un⋅e avocat⋅e en cassation, pas de problème pour moi car le but de cette étape est de discuter de la bonne application du droit lors des jugements précédents donc il faut des spécialistes qui parlent la langue (comme il te faut un administrateur systèmes pour résoudre un problème corsé). Qu'il faille un⋅e avocat⋅e en appel, procédure par laquelle on rediscute des problèmes concrets du dossier, c'est exprimer que les citoyen⋅ne⋅s sont des imbéciles incapables d'expliquer leur point de vue, de suivre une procédure et de s'encapaciter (de la même manière qu'il ne devrait point être nécessaire d'être administrateur systèmes pour utiliser un ordinateur et débloquer les problèmes essentiels), c'est instaurer une justice de privilégié⋅e⋅s à destination des privilégié⋅e⋅s qui permet aux privilégié⋅e⋅s de résoudre leur petits problèmes entre eux⋅elles. Justice de caste.
Ho, j'entends la bonne excuse qui a justifié ce massacre : il faut que ça aille vite, la procédure génère des angoisses chez les salarié⋅e⋅s. Je réponds qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Si l'on veut de la vitesse, on octroie plus de moyens (financiers, humains, etc.) à notre système judiciaire et on produit du droit limpide. Les jugements iront vite sans pour autant prendre les citoyen⋅ne⋅s pour des imbéciles.
Devine quelle loi a introduit cette mascarade ? La loi Macron de 2015 (loi numéro 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques de son nom complet).
Une câlinothérapie syndicale pour rassurer le président Macron.
Édouard Philippe le répète : les organisations syndicales et patronales qui ont discuté les ordonnances ont été « traitées sur le même pied d’égalité ». Et de souligner à quel point le gouvernement entend rompre avec les anciennes pratiques des conciliabules top secrets. Beau… mais faux !
Alors que les discussions entre le gouvernement et les syndicats étaient officiellement closes, le patron de FO, Jean-Claude Mailly, a secrètement rencontré Macron, lundi 28 août, au petit matin à l’Elysée. Puis, le soir, toujours secrètement, il s’est rendu chez Muriel Pénicaud en compagnie, cette fois, du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, pour une réunion tout aussi secrète. Motus absolu : les syndicalistes n’en ont alors pas soufflé mot à leurs états-majors.
Ces impromptus ont eu lieu à la demande de Macron, qui s’inquiétait du pouvoir de nuisance de Mélenchon et de Martinez, le leader de la CGT. Le président de la République puis la ministre voulaient s’assurer que les deux chefs syndicaux — notamment Mailly — tenaient bien leur base. Pénicaud a aussi demandé leur avis aux deux compères sur les dernières exigences de Gattaz. Berger a tenté une dernière fois d’obtenir un renforcement de la présence des syndicats au sein des conseils d’administration et de sauver leur implantation dans les petites boîtes. En vain.
Syndicat de conscience
Du coup, le patron de la CFDT ne décolère pas contre le chef de l’Etat et son entourage. « Ils ont loupé l’occasion de faire le choix de la démocratie sociale. Ils ont préféré les vieilles recettes », râle-t-il en privé. Mailly, qui a ensuite continué de discuter au téléphone avec Macron, est ravi, au contraire, d’avoir obtenu des garanties sur le rôle des branches professionnelles. Le successeur de Marc Blondel s’imagine déjà en interlocuteur privilégié du pouvoir à la place de Berger. Mais les dirigeants de FO ne sont pas tous sensibles àla séduction macronienne, tant s’en faut. Mailly a connu un moment orageux, ce lundi 4 septembre, devant la commission exécutive de FO.
Cette réunion des 33 plus hauts gradés, qui devait se terminer à midi pour l’apéro, s’est poursuivie jusqu’à 16 heures. Outre ceux des départements de l’Ouest, les dirigeants de l’Ile-de-France - entre autres - et de nombreux syndicats, dont les incontournables dames pipi, reprochent à leur secrétaire général de s’être fait enfumer par Macron. Et certains envisagent de manifester avec la CGT le 12 septembre. « On ne comprend pas pourquoi il faut dire oui aux ordonnances Macron, qui sont pires que la loi El Khomri, contre laquelle on a manifesté », peste un opposant.
Au cours de cette commission exécutive, le boss de FO est sorti plusieurs fois de ses gonds. « Si je suis battu devant le comité confédéral national (le “Parlement” de FO, qui réunit les patrons de toutes les unions départementales et de toutes les fédérations), je démissionnerai, et vous serez bien emmerdés », a-t-il menacé.
Ledit comité est programmé pour les 28 et 29 septembre, soit après les manifs de la CGT et de Mélenchon. Macron et Philippe ne vont sûrement pas s’en plaindre.
Les petits hommes qui ont besoin de se sentir fort et de museler les troupes dans des conciliabules top secrets… Une certaine image de la démocratie. Gerbant. Le nouveau monde, c'est maintenant !
Dans le Canard du 6 septembre 2017.