Conformément à ses obligations légales, l’Arcep publie ce jour, pour la première fois, un rapport sur « l’état d’internet en France », qui identifie les menaces qui pourraient peser sur le bon fonctionnement et la neutralité d’internet, et présente l’action du régulateur pour les contenir. Ce document aborde plusieurs thématiques :
- l’interconnexion des données
- la transition vers IPV6
- la qualité de service d’internet fixe
- la neutralité d’internet
- au-delà des réseaux, contribuer à l’ouverture des plateformes.
Là encore, il s'agit d'un très bon travail de récolte d'informations et de synthèse du travail effectué par le gendarmes des télécoms. Toute la section 2 étant pensée pour être lisible par le plus grand nombre de personnes, j'en recommande vivement la lecture afin d'appréhender les tendances du moment, les évolutions (ou régression, c'est selon) technologiques, les enjeux de la régulation des télécoms, etc.
Commençons par quelques chiffres qui ont retenu mon attention :
Ce rapport met en exergue l'impuissance de l'ARCEP (au sujet du déploiement d'IPv6) et son attitude qui consiste à déléguer tout son travail à la société civile sans le dire, sous l'apparence de la collaboration participative qui sonne si branchée de nos jours (cas de l'application du règlement européen sur la neutralité des réseaux et des mesures de la qualité des accès à Internet).
En matière d'application du règlement européen consacrant la neutralité des réseaux, l'ARCEP privilégie le dialogue pro-actif avec les opérateurs. Cela signifie une co-construction, avec les sociétés commerciales régulées, de la vision de la neutralité des réseaux, de l'interprétation du règlement européen que l'ARCEP leur appliquera. C'est comme si j'expliquais au⋅à⋅la juge qui s'occupe de mon cas suite à une bêtise de ma part, la vision, l'interprétation de la loi qu'il⋅elle est prié⋅e d'avoir avant même d'examiner mon cas. La bonne démarche serait : application ferme du principe de neutralité donc ouverture, par l'ARCEP d'une procédure contentieuse avec tous les opérateurs problématiques pendant laquelle chaque opérateur peut se défendre et expliquer son comportement puis décision de l'ARCEP.
L'ARCEP est obligée d'avoir recours à ces tours de passe-passe car elle manque d'autorité et de moyens pour défendre sa vision de la neutralité des réseaux dans une procédure contentieuse face à 4 gros FAI qui ont des armées d'avocat⋅e⋅s pour défendre leur vision business des choses. On est typiquement dans le cas d'une justice à l'américaine où la société commerciale se paye des armadas d'avocat⋅e⋅s pour se blinder et défendre ses positions pro-businnes à coup de lobbying et d'intimidation ("si tu me régules dans un sens qui ne me plaît pas, je t'envoie mes avocats pour une looooongue procédure contentieuse, en plus de dire à la société civile que tes décisions me forcent à licencier massivement !"). Exemple concret : d'autres gendarmes des télécoms d'autres membres de l'Union européenne ont tenté de sanctionner des pratiques de zero-rating et ont vu leurs décisions contestées devant un tribunal (cas des Pays-Bas, de la Suède, et probablement de la Hongrie) et ont parfois perdu (cas des Pays-Bas) même si le verdict n'est pas encore définitif (il reste encore l'appel, la cassation, la possibilité de saisir la justice européenne, etc.).
Ce qui me dérange le plus, c'est que l'ARCEP n'a aucune ambition politique (au sens organisation de la vie de la cité, intérêt général, etc.) ou se refuse à en porter une alors qu'elle identifie très bien les enjeux politiques de la neutralité des réseaux, de la liberté de choix du terminal d'accès à Internet, des interconnexions entre opérateurs réseaux, d'IPv6, etc. Ça transpire à grosses gouttes dans ce rapport, comme dans l'étude sur les terminaux d'accès, comme dans les consultations concernant le déploiement de la fibre optique en France. Pourtant, les citoyen⋅ne⋅s se sont exprimé⋅e⋅s auprès de leurs représentant⋅e⋅s au Parlement européen lors du vote du règlement sur la neutralité des réseaux en 2014-2015 puis encore lors de l'écriture des lignes directrices expliquant comment appliquer ce règlement, donc une vision politique propice à l'intérêt général à défendre, il y en a une toute tracée : application ferme du principe de neutralité des réseaux. Tout à l'ARCEP est réalisé selon la doctrine "on va voir avec les opérateurs ce qu'ils veulent bien accepter et on dira que c'est la ligne rouge après laquelle on sanctionnera éventuellement". Je n'admets pas qu'une autorité publique capitule aussi rapidement.
Bref, tous les sujets sur lesquels l'ARCEP est attendue qu'elle évoque dans ce rapport traînent en lenteur par manque de conviction.
Bref (bis), mon shaarli d'il y a quelques jours dans lequel je dénonçais l'hypocrisie de l'ARCEP entre ses prises de position publiques et ses actes ainsi que la recherche de l'épuisement de la société civile, restera d'actualité encore quelques temps…
Smartphones, box internet, box TV, ordinateurs, consoles de jeux vidéo, TV connectées, objets connectés … L'Autorité publie une première analyse sur l'influence que peuvent avoir les terminaux sur la capacité des utilisateurs à accéder à internet
Cette étude de l'ARCEP est tout à fait lisible par le commun des mortel⋅le⋅s et il y a de jolies infographies bien pensées, donc j'en recommande la lecture (si t'as un peu de temps à perdre).
Selon moi, ce travail de recherche est de qualité. L'ARCEP a plutôt bien compris les enjeux qui découlent de la liberté de choisir son terminal d'accès à Internet : entraves à la concurrence, vie privée, etc. Néanmoins, il lui manque les angles d'analyse suivants : choisir mon terminal = contrôle de mon réseau domestique privé, choisir mon terminal met fin à la location forcée et la liberté de choisir le terminal est une garantie que les atteintes à la neutralité des réseaux ne seront pas réalisées par le terminal au lieu d'être réalisées par le réseau (puisque c'est désormais censé être interdit).
Pour moi, le gros point noir est le passage quasiment sous silences de la box des accès à Internet fixe. Peut-être que l'avenir est à l'Internet mobile, mais, comme le relève elle-même l'ARCEP, l'Internet mobile n'est pas un outil de production de contenus (car pas d'IP publique, car pas d'IPv6, car pas de clavier & compagnie) mais de pure consommation, ce n'est donc pas Internet au sens du règlement européen sur la neutralité des réseaux. Donc, aujourd'hui, les box posent des problèmes que l'ARCEP se refuse de lister et à travailler dessus. Elle préfère faire des analyses dans des domaines pour lesquels elle n'est pas mandatée par la loi donc pour lesquels elle n'aura / ne pourra rien à faire, c'est beaucoup plus simple ainsi. Pourtant, cette étude aurait été l'occasion parfaite pour définir la vision de l'ARCEP de ce qu'est l'interface publique du réseau des FAI (et donc, par exclusion, ce que l'abonné⋅e peut changer à sa guise) : le modem / le convertisseur fibre (approche la plus cohérente) ou la box ou bien… À ce sujet, voir : Liberté de choix du terminal sur le blog de FDN. Dans le même temps, l'ARCEP évoque la (absence de) concurrence entre les systèmes mobile, entre les magasins d'applications (et leur politique éditoriale parfois restrictive), entre les navigateurs (WTF ?! Internet != web !), les plateformes dites collaboratrices (l'ARCEP cherche-t-elle à réguler le contenu ?!), etc. Autant de sujets importants, mais qui dépassent le cadre de ses missions.
Autre point faible, l'ARCEP considère qu'il y a des problèmes avec les box des réseaux fixes uniquement pour les utilisateur⋅rice⋅s avancé⋅e⋅s… Mais bien sûr… L'offre de téléphonie d'OVH, par exemple, est aussi facile à utiliser que celle du FAI. Pourtant elle ne sera pas privilégiée par la box (ni par l'opérateur) donc elle saccadera. C'est une atteinte à la concurrence parfaitement compréhensible par n'importe quel⋅le citoyen⋅ne. Après, que le⋅a citoyen⋅ne ne voit pas en quoi c'est grave de remettre tous ses moyens de communication entre les mains des mêmes grosses sociétés commerciales, c'est autre chose…
Enfin, il y a quelques erreurs techniques :
Ce travail est un premier jet. L'ARCEP souhaite écouter tous les acteurs du milieu dans les 6 prochains mois avant de produire un rapport plus complet.
Une BMC, c'est une carte contrôleur greffée à la carte mère d'un ordinateur (on trouve ça plutôt sur les serveurs) qui permet le management à distance (via Internet) de la bécane (accès console, reboot, monitoring bas niveau,...). C'est super utile en cas de panne ou de fausse manip' puisque ça évite de bouger au datacenter où les machines sont hébergées pour debug.
Quelques notes sur les BMC IBM IMM :
Une grappe RAID 5 tolère la panne d'un seul support de stockage (oui, même si tu as 6 disques, tu n'a pas une tolérance de 3 disques, mais toujours d'un seul disque). Que se passe-t-il si deux disques d'une même grappe foirent quasiment en même temps et s'il n'y a pas de disques de spare que mdadm peut automatiquement utiliser (ou que le rebuild n'a pas eu le temps d'être mené à terme) ?
Je n'ai pas de matériel physique en quantité suffisante pour tester donc j'ai utilisé des machines virtuelles.
Avec VirtualBox, il n'est pas possible d'installer un Debian Stable sur un RAID5 : VirtualBox freeze totalement durant l'installation, à des moments aléatoires : une fois pendant « décompression de wget » durant l'installation de base, une fois pendant la « préparation de Linux », une fois pendant… Il faut killer VirtualBox. De plus, VirtualBox ne sait retirer un périphérique de stockage à chaud.
Avec qemu-kvm + libvirt + virt-manager, l'installation d'un système Deiban Stable se passe bien.
Le problème, c'est que ni virt-manager, ni virsh ne semblent permettre de retirer à chaud un disque dur… Exemple avec virsh (sudo pour qu'il identifie les VM) : sudo virsh detach-disk <nom_vm> <nom_disque> --persistent (source), ça ne fonctionne pas : « error: Operation not supported: This type of disk cannot be hot unplugged ». Note : pour trouver le nom du disque, il faut lire le fichier xml de définition de la VM avec virsh dumpxml <nom_vm> ou less /etc/libvirt/qemu/<nom_vm>.xml et y trouver quelque chose de la forme : <target dev='sdc' (ici le nom à utiliser est sdc).
On se dit qu'on va utiliser le moniteur qemu. Sauf qu'en utilisant virt-manager (et la libvirt), il n'est apparemment pas rendu disponible sur une socket (UNIX ou réseau) : un ps aux | grep qemu ne met pas en évidence un « -monitor unix:[…] ». Solution : passer par virsh (source). Exemple : sudo virsh qemu-monitor-command --hmp <nom_vm> 'info block' pour afficher les périphériques de type block de la VM. On supprime un disque : sudo virsh qemu-monitor-command --hmp <nom_vm> 'drive_del <nom_support>' (un nom de disque, ça peut être « drive-sata0-0-3 », trouvable avec « info block »). L'information que le disque a été retiré n'est pas remontée au noyau Linux de la VM donc mdadm ne peut prendre aucune mesure alors qu'on voit bien, sur l'hôte, que la date de dernière modification du qcow correspondant au disque retiré ne change pas contrairement aux 3 autres qcow (car on écrit sur la grappe ;) )… Encore plus surprenant, au reboot hard (depuis l'hyperviseur), mdadm ne rebuild pas ce disque, comme si tout c'était toujours bien passé. Et il ne semble pas y avoir d'incohérence des données. :O
Je cherche sur le web, je cherche… et je finis par trouver : le sata hotplug avec KVM est uniquement possible si l'on utilise virtio. Logique. Je change cela dans virt-manager pour chacun de mes disques virtuels. je démarre la VM, je lance un sudo virsh detach-disk <nom_vm> <nom_disque>. Et, cette fois-ci : « Disk detached successfully ». À la prochaine lecture ou écriture sur la grappe, mdadm virera le disque. \o/
Notons qu'on aurait aussi pu utiliser le trick suivant dans la VM : echo 1 > /sys/block/<disque>/device/delete. Le résultat est strictement identique à l'arrachage sauvage d'un disque virtio.
Enlevons un deuxième disque. Que se passe-t-il ? À la première lecture ou écriture, / passe en lecture seule. Normal, il y a l'option errors=remount-ro dans le fstab. Ma partition de test située sur un autre volume logique LVM sur la même grappe RAID, /mnt, est aussi passée en lecture seule à la première écriture que j'ai tentée. Pourtant, dans fstab, elle a uniquement l'option defaults, qui, d'après le man, n'inclus pas errors=remount-ro. Même avec l'option errors=continue, après 2-3 tentatives d'écriture, le système de fichiers est automatiquement remonté en lecture seule. À partir d'ici, il y a donc des bouts de fichiers qui sont perdus, donc des exécutables qui ne peuvent plus être lancés : « Erreur d'entrée/sortie », « Error while loading shared librarie. ». D'autres fonctionnent parfaitement puisque leur contenu est en RAM puisque je les ai utilisés avant d'arracher les disques. Bref, on a de la perte de données avérée. C'est parfaitement cohérent avec les spécifications du RAID 5.
Comme nos disques ne sont pas morts (et n'ont pas de secteurs défectueux ou autre), mais qu'ils ont juste été arrachés, on est dans un cas de figure spécial où l'on peut reconstruire la grappe. Au reboot, mdadm nous informe qu'il n'a pu assembler la grappe car il a marqué deux disques comme étant défectueux. On tombe donc dans l'initramfs. On lance : mdadm -A --scan --force. Cela a pour objet d'assembler la grappe RAID en réintégrant le dernier disque sorti qui est parfaitement fonctionnel et à jour puisqu'après son retrait, les systèmes de fichiers sont passés en lecture seule. Ensuite, on réintègre le premier disque dur arraché : mdadm --manage /dev/md0 --add /dev/vdd2 (pense à adapter le nom du disque). Forcément, mdadm lance un rebuild : ce disque dur-là n'est plus à jour, il y a eu des écritures depuis son retrait. Il peut aussi être nécessaire de faire un fsck manuel… Je note que errors=continue est moins sûr que errors=remount-ro, car il a conduit à la perte du fichier que j'ai essayé d'écrire avant que le système passe en lecture seule.
On peut se demander ce qu'il se passerait si l'on ajoutait une couche de DRBD entre le RAID logiciel et le système de fichiers. J'ai aussi testé ça avec une simple partition mutualisée (point de virtualisation ou autres services compliqués). Si la panne RAID arrive sur le secondaire DRBD, DRBD passe en « UpToDate/Diskless » et l'oos s'accumule. Le primaire DRBD peut toujours écrire et continuer sa vie. Et si jamais la grappe RAID est réparée, alors le DRBD secondaire rattrape son retard. Il n'y a donc pas de perte de fichiers. Si la panne RAID arrive sur le primaire DRBD, DRBD passe en « Diskless/UpToDate ». Il est encore possible d'écrire sur le DRBD : toute l'écriture se fait en réseau. Sur le secondaire DRBD, on voit l'oos augmenter alors qu'il reste à 0 sur le primaire DRBD en panne. Si jamais la grappe RAID est réparée, alors le DRBD primaire rattrape son retard lors d'une synchronisation initiale, avant qu'il faille le nommer primaire et que la réplication se remette en marche. Aucune perte de données à déplorer dans ce cas-là non plus.
Sous l'impulsion de son nouveau (depuis 2015, tout de même) président, L'ARCEP, le gendarme des télécoms, l'autorité administrative chargée de s'assurer que la concurrence est libre et non faussée (et, accessoirement, que les droits des citoyen⋅ne⋅s sont respectés) sur le marché des télécoms et de la fourniture d'accès à Internet, se donne une image d'administration cool, accessible, branchée, avec laquelle on peut dialoguer.
Cela se concrétise par un Sébastien Soriano (le président de l'ARCEP) un peu pompette lors des 20 ans de l'ARCEP, par le fait que l'ARCEP invite plus souvent qu'avant la FFDN (et d'autres ;) ) à venir dialoguer, par des tweets et des propos vaguement piquants de niveau cour de récréation pour hauts fonctionnaires (https://twitter.com/i/web/status/852812197889622016, https://twitter.com/JFrHernandez/status/818783298306666497) voire flatteurs / optimistes (https://twitter.com/sorianotech/status/819301965624655880, https://twitter.com/sorianotech/status/833959349240393728) et des propos de jeune branché comme le coup de l'ARCEP qui, désormais, ferait de la régulation par la data (quoi que ça veuille dire) : ça en jette, mais ça fait déjà plus de 5 ans que l'ARCEP utilise des données pour motiver ses (non) décisions (sur la qualité des accès à Internet, par exemple) et toutes les administrations qui font un boulot économétrique en ont toujours fait…
Waaah, de telles prises de position, ça éblouit, on se sent en confiance, on a enfin un régulateur qui va agir dans le sens de l'intérêt général, c'est trop beau, c'est trop génial. Et puis, il y a la réalité.
Et puis, surtout, il y a les aveux. Comme celui lors de la réunion du 18 avril 2017 entre la FFDN et l'ARCEP portant sur le rapport sur l'état de l'Internet : la société civile ne serait pas assez présente, ne ferait pas assez de retours, sous-entendu : tant que la société civile n'est pas là pour faire pression, on va roupiller, bisous. Voilà, tout est dit. C'est une inversion complète de la charge : les textes (lois et règlements) instituent l'ARCEP comme gendarme des télécoms mais non, elle refuse, c'est à la société civile d'exercer en permanence ce rôle-là, bénévolement, en plus ! De qui se moque l'ARCEP ?! J'pense que, moi aussi, j'vais déléguer mon boulot d'adminsys à la société civile, ça me rendra la vie plus facile. Nan mais please quoi…
En matière de neutralité du net, tout aura été fait pour traîner les pieds. Après l'adoption du règlement européen, les régulateurs télécoms européens nous ont joué l'air de pipeau "on ne sait pas comment appliquer ces règles trop imprécises et faudrait se mettre d'accord pour appliquer tout bien tout pareil dans toute l'Union" (et cette prise de position a du sens !). Tout ça pour publier des lignes directrices communes qui, certes, affirment des principes forts, mais qui, sur les points conflictuels (zero-rating et services gérés/spécialisés, par exemple), laissent beaucoup de latitude (et donc d'insécurité à agir) à chaque régulateur national pour interpréter le texte… L'objectif de départ n'est donc point rempli et les régulateurs ne sont pas incités à agir. Maintenant que les règles sont à peu près fixées, l'ARCEP fait le coup de fermer les yeux et de se boucher les oreilles en disant "tant que je ne vois aucune atteinte à la neutralité du net, tout va bien". Sérieusement…
Je réfute la position de Soriano selon laquelle il faut que la société civile soit patiente (source : https://twitter.com/sorianotech/status/869854982190895105) : les magouilles perdurent des années et permettent à ceux qui les commettent d'engranger des milliards d'euros avant que le régulateur ne se bouge, tout ça pour infliger une amende de seulement quelques millions tout au plus. À ce jeu-là, les gros acteurs n'ont aucune raison de devenir honnête donc c'est trop facile. Sans compter les services qui ne voient pas le jour à cause des pratiques anti-concurrentielles que l'ARCEP laissent être commises ! Cela fait 20 ans que la société civile (et les petits et moyens opérateurs) rabâche les mêmes biais dans l'ouverture du marché qui profite au gros historique en situation de monopole qui a ainsi pu profiter des bienfaits de l'ouverture sans en subir les éventuels méfaits (du point de vue du gros acteur, c'est-à-dire la concurrence libre et non faussée)… Pourtant, en 2017, l'ARCEP semble toujours découvrir la vie (sur la qualité des interconnexions, sujet vieux d'au moins 7 ans ou sur la liberté de choix du terminal, par exemple)…
Alors oui, c'est vrai, l'ARCEP travaille ses nombreux sujets, produit du papier, mais ça, elle l'a toujours fait, sans pourtant essayer de briller en société. Oui, l'ARCEP ne prenait pas ce ton décomplexé avant, donc il y a du changement. Mais un ton ne sert à rien sans actes. Quand est-ce qu'on passe aux actes ? Pour l'instant, je vois uniquement une belle vitrine, mais rien de concret. Toute la position publique de l'ARCEP n'est que du marketing. La tyrannie du cool est encore passée par là.
Bref, méfions-nous du miroir aux alouettes et continuons de surveiller collectivement toutes les prises de positions et les décisions de l'ARCEP avec un regard fortement critique.
Enercoop est un ensemble de coopératives situées un peu partout en France dont les objectifs sont d'être un fournisseur coopératif d'électricité (au même titre qu'EDF) provenant à 100 % de sources renouvelables et de fédérer producteur⋅rice⋅s locaux et consommateur⋅rice⋅s. Il y a également un objectif fort de traçabilité (qui produit mon énergie ?) qui est rempli en ayant un contrat direct avec chaque producteur⋅rice d'énergie. Il y a enfin une volonté d'encapaciter le plus grand monde concernant la maîtrise de son empreinte énergétique.
J'ai rejoint Enercoop Midi-Pyrénées en mars 2017 en tant que consommateur. Tu comprends donc que je découvre le milieu de la fourniture d'énergie et qu'il faudra prendre le reste de ce shaarli avec des pincettes. Lors de l'Assemblée Générale 2017 d'Enercoop Midi-Pyrénées, j'ai constaté qu'il y avait des motivations très diverses pour prendre part à Enercoop : consommer autre chose que du nucléaire, traçabilité de sa consommation électrique, etc. Pour ma part, j'ai adhéré pour comprendre comment se déroulent la production et la fourniture d'énergie en France. : quels sont les tours de passe-passe de l'acteur historique (EDF) et de l'État ? comment cela fonctionne-t-il techniquement (qui met de l'électricité dans ma maison et comment ?) et administrativement (acteurs, facturation, etc.) ? Quels sont les problèmes éthiques et politique (vie de la cité) qui se posent dans ce secteur et comment peut-on les résorber ?
De prime abord, dans les Statuts de la coopérative Midi-Pyrénées, il y a des éléments qui sont à la limite de ce que je considère acceptable :
Notons qu'il y a aussi des choses positives. J'aime bien le vote dichotomique : pour une résolution ou contre. L'abstention se compte comme un vote contre.
Alors, de ce que j'ai retenu (liste forcément non exhaustive) :
Du 25 au 28 mai 2017, c'était le 8e Toulouse Hacker Space Factory, événement dédié au hacking et à l'art. Voici mes notes concernant les conférences auxquelles j'ai assisté.
Origine du projet : dès 2006, OpenMoko. Plusieurs modèles furent imaginés : gta01 (réservé aux devs), gta02 / freerunner, gta03 (resté à l'état de prototype), gta04 n'a jamais vu le jour. Une boîte Allemande, Golden Delicious, qui est la société d'un des dev principaux d'OpenMoko a sorti une version gta04 améliorée. À partir de ce moment-là, il s'est diffusé dans la communauté un message de désespoir "c'est impossible à faire".
2010 : Neo900, reprend le design (la conception) du Nokia N900 en y ajoutant plus de RAM et un CPU plus véloce. L'équipe pensait ne pas avoir à changer le hardware mais perdu, zont voulu faire entrer un modem plus gros qui a obligé à de grosses modifs. On est actuellement au prototypage v2. But du Neo900 ? Ouvrir la voie à d'autres.
Le Neo900 est totalement Open Hardware même si l'étape de layout (dessiner le circuit imaginé) est secrète car y'a que quelques gros acteurs commerciaux qui ont le matos pour faire ça. Le projet se concentre sur le matériel, il n'y a pas de système fourni avec. On pourra y mettre du Replicant ou du Mimo Devuan (Debian pour ordiphone).
Qu'est-ce qu'on cherche à faire ? Pour avoir l'autorisation de vendre un téléphone sur le marché, il y a des règles très strictes concernant la puce radio GSM, ce qui fait qu'il y a très peu d'acteurs économiques qui en produisent et en vendent. C'est donc un milieu opaque. La puce radio (nommée baseband) est pourtant un deuxième ordinateur au sein de nos téléphones : il y a le processeur principal, celui qui fait tourner Android et les applications et il y a la baseband. Celui-ci a parfois accès à la RAM du système Android et à la carte SD. C'est comme cela que fonctionne le verrouillage à distance des téléphones après un vol : le réseau GSM donne un ordre à la baseband qui a le pouvoir de l'exécuter. Mais donc, ça signifie que la baseband peut servir à tout : espionner, exfiltrer des données, détruire un téléphone, etc.
Il existe 3 téléphones qui protègent contre l'espionnage par le réseau GSM :
Il y a moyen de transformer un Nokia N900 en Neo900 en dessoudant des composants et en en soudant d'autres. L'ennui, c'est de trouver des stocks de composants. Le projet a 250 "kits" en stock sur les 800 précommandes. À cela s'ajoute le coût de l'impression des prototypes : à plusieurs milliers d'euros pour une impression, mieux vaut ne pas se tromper. À côté de ça, Samsung peut perdre 3 milliards d'euros dans un rappel commercial pour une batterie défectueuse. On ne joue vraiment pas à la même échelle.
Nothing2hide : association de formation aux journalistes. Non, les cryptos parties ne sont pas adaptées à la formation de journalistes car les journalistes sont avant tout… des journalistes donc expliquer direct le chiffrement à des gens qui ne savent pas qu'un ordinateur a un disque dur ni comment fonctionne Internet dans les grandes lignes, ça ne sert à rien. Il faut de la formation dans le temps et il faut des outils qui fonctionnent.
Origine : loi Lang du 3 juillet 1985 sur les droits voisins du droit d’auteur puis directive européenne de 2001
Fonctionnement : pour une copie réalisée par un particulier, à partir d'une source licite, les sociétés de gestion des droits d'auteur touchent une somme d'argent comme un dédomaggement pour la copie réalisée
Combien : 236 millions d'euros/an en France. La France représente 39 % de toute la redevance copie privée reçue en Union Européenne.
Problèmes :
La non conférence de jz. jz souhaite partager ses questionnements et entendre le public.
Questionnements :
Brides de réponses de la salle :
À mon avis, l'inclusivité, l'ouverture aux autres, le travail collaboratif, tout ce que tu veux, ne se décident pas taktak, de même que la sécurité informatique est un long processus continu et pas un but final en elle-même : il faut que le groupe ait la volonté d'être ouvert/participatif/tout_ce_que_tu_veux. Sans ça, on pourra utiliser toutes les méthodes d'organisation de la prise de parole que l'on veut, rien ne fonctionnera. Exemple : la méthode du cercle Saouran ne fonctionnera pas car une personne du cercle externe n'osera jamais rejoindre le cercle interne car ça signifie faire dégager quelqu'un⋅e qui participe au débat. Ça revient au même que de faire circuler des micros aux minorités présentes en espérant que, magiquement, elles prennent la parole.
Dossier complet à retrouver en http://www.hacking-social.com/2016/08/29/pe1-pourquoi-le-pole-emploi-nous-deprime-et-comment-y-remedier/ . Objectif de ce site web : comprendre les normes/représentations sociales, ce qui nous borne, ce qui nous conditionne.
Popole est infantilisant. Cas de cette infographie, par exemple : http://www.ledauphine.com/social/2017/05/24/pole-emploi-l-infographie-qui-fait-polemique . Le⋅a coupable, c'est le⋅a chômeur⋅euse, il⋅elle ne fait rien pour avoir une attitude de vainqueur ! Dans notre société, il faut être compétitif, bon sang !
Posons du vocabulaire : attribution causale = trouver la cause d'un comportement. Il y a deux types de causes :
Ainsi :
À mon avis, ce talk était méga intéressant. Je regrette juste un peu la fin où l'orateur a essayé de (trop) flatter un auditoire hacker en disant "regardez, le⋅a hacker⋅euse est un⋅e interne non allégeant⋅e, c'est trop génial"… On n'a pas autant besoin de se regarder le nombril.
Collectif de juristes et d'informaticiens, qui s'appuie sur La Quadrature du Net, FDN et la Fédération FDN, qui attaque en justice toutes les lois visant à instaurer de la censure sans contrôle d'un juge et de la surveillance globalisée en France.
Une victoire éclatante : la fin de la surveillance sans borne des communications hertziennes (GSM, Wi-Fi, faisceaux hertziens, etc.).
La notion de cible pour les services de renseignement a été progressivement élargie. On est passé de "cible = individu qui présente une menace" (loi Renseignement de l'été 2015) à "cible = personne susceptible de présenter une menace + son entourage" (loi de prolongation de l'état d'urgence de juillet 2016).
À ce jour, le Conseil d'État est borné sur la rétention des données de connexion (qui parle avec qui, quand, à quelle fréquence, quelle volumétrie d'échange, quelle localisation) et refuse de prendre en compte les décisions judiciaires européennes.
Les exégètes ont attaqué le Privacy Shield au niveau européen. L'idée : faire admettre aux plus hautes juridictions européennes qu'il faut protéger les citoyen⋅ne⋅s de l'Union et que la surveillance généralisée US est inutile et imprécise. Si la Cour européenne confirme, les exégètes espèrent un ricochet sur les lois françaises.
Censure et surveillance sont liées : la censure des sites web pédoporn et d'apologie du terrorisme est caractéristique d'un régime autoritaire car c'est la même administration qui caractérise l'infraction et qui la punie, il n'y a pas de séparation des pouvoirs. Les sites censurés sont redirigés vers une page d'information imprécise du ministère de l'intérieur qui a avoué conserver les journaux du serveur web (qui indiquent que telle adresse IP a cherché à consulter tel site censuré), ce qui relève de la surveillance. Notons que le Conseil d'État a rejeté le recours des exégètes au motif qu'il n'y a pas de surveillance dans la censure car la surveillance n'est pas prévue par les textes donc elle ne peut pas exister. Plusieurs mois après, le fail Orange fait avouer le ministère sur la conservation des journaux de connexions…
Limites aux actions du collectif :
Obsolescence programmée : il a été demandé à des étudiant⋅e⋅s de concevoir une fraise de dentiste à usage unique. Cela fût fait avec un alliage à mémoire de forme. Même chose avec un verre jetable qui doit fuir assez rapidement pour forcer le débit d'absorption du liquide.
Prosommateur : consommateur et producteur en même temps. Exemples : cuisiner notre repas ; épicerie ou ferme collaborative (t'emporte gratuitement un panier en échange de taff).
Limite à l'auto-production : quelqu'un a voulu réaliser un grille pain en remontant toutes la chaîne c'est-à-dire en utilisant le moins possible de composants déjà tout prêt. Bilan : environ 1300 € de matos, 9 mois de réalisation et grille pain hors service après la première tranche grillée…
Il y a plein d'approches pour faire soi-même : on peut acheter en pièces détachées et assembler le produit fini (exemple : acheter du tissu pour fabriquer des vêtements) et/ou remonter la chaîne (fabriquer soi-même les composants qu'il faudra assembler pour fabriquer l'objet désiré).
Le droit d'auteur s'applique uniquement sur l'aspect général d'un objet et sur la notice d'utilisation (la notice Art libre est équivalente à CC BY SA mais adaptée à la fabrication d'objet). La technique (genre une charnière) est une invention qui se protège par un brevet et il y a des coûts de départ et réccurents. d'où il s'agit d'une impasse pour l'autoproduction.
Pour que l'autoproduction fonctionne, il faut plusieurs choses : l'accessibilité de la diffusion (si l'on diffuse que sur un site web, on exlu une partie de la population), le niveau de langue employé (parler le langage de la bureaucratie ffrançaise, ça risque de pas marche), la technicité voire le mélange de plusieurs disciplines hyper pointues, la langue (s'il faut parler anglais pour fabriquer…), la capacité des personnes à fédérer, le mode de prise de décision, les problèmes physiques pour reproduire les objets (si cela nécessite des machines outils coûteuses, par exemple), tout cela peut être des freins à l'auto-production.
Les orateur⋅rice⋅s représentent l'association grenobloise « Entropie » qui promeut un modèle alternatif de production des objets : libre, éco-conception, autoproduction. Elle fait des ateliers de production d'objets et de la sensibilisation.
Chacun⋅e peut fabriquer ses objets du quotidien (table, chaise, vaisselle, etc.) voire une petite maison (tiny house).
Depuis très récemment, Signal ne dépend plus de Google. C'est l'occasion de s'interroger sur le logiciel à utiliser pour chiffrer mes communications émises/reçues avec mon 06.
Notons qu'il est parfaitement possible d'utiliser plusieurs applications en même temps : Signal + Silence ou Silence + appli SMS/MMS par défaut ou Signal + appli SMS/MMS par défaut. C'est très utile quand on a un nombre similaire de contacts qui utilisent Signal et un nombre de contacts qui utilisent Silence : on peut dialoguer chiffré avec chaque communauté. Pour cela, il suffit de définir l'une des applications comme étant le logiciel par défaut pour la gestion des SMS/MMS et pas l'autre. Ainsi, Signal recevra les messages Signal et Silence les SMS/MMS chiffrés et non chiffrés, par exemple. Ça marche aussi avec Silence + l'appli SMS/MMS par défaut : dans ce cas, les deux logiciels recevront les SMS/MMS entrants (et notifieront l'utilisateur⋅rice) mais seul Silence saura déchiffrer les SMS/MMS chiffrés.
Tu l'as compris : j'utilise désormais un logiciel pour chiffrer mes communications textes et il s'agit de Silence.
Le statut zone fibrée est une saloperie d'initiative parlementaire introduite via la loi Macron (et complétée dans la loi pour une République Numérique). L'ARCEP pourra décerner une sorte de label à un périmètre géographique donné et/ou à un opérateur télécoms donné. Ce label marque le fait que, dans ce périmètre géographique défini, le déploiement des réseaux fibres optiques est suffisamment avancé pour que la fibre devienne le nouveau réseau de référence. Plusieurs obligations ou levées d'obligations pourront être greffées à ce statut. Pour l'instant, la seule qui est définie dans la loi, c'est qu'il n'est plus obligatoire de poser une ligne cuivre dans les nouvelles habitations situées dans une zone fibrée, mais l'ARCEP prévoit déjà l'extinction du réseau cuivre ou la fin des tarifs régulés sur le cuivre. Ce statut peut uniquement être lu comme quelque chose à même de fermer le marché, à évincer les petits opérateurs cuivre de la fibre optique et de cristalliser les positions dominantes.
Observations de la FFDN :
Sur un plan plus personnel, je suis heureux de constater que c'est la première réponse de la Fédération FDN à une consultation qui n'a pas été, in fine, validée par Benjamin Bayart. Si cela perdure, cela signifie que le groupe de travail de la fédération est en bonne santé. Je serai également attentif à ce que Quota Atypique ne devienne pas la nouvelle validatrice en cheffe : le travail au sein du groupe est censé être collaboratif et ça me paraît sain qu'il le soit, nous n'avons nul besoin de remplacer une personne centrale par une autre.
La Commission Européenne, l'exécutif de l'Union Européenne, envisage de restreindre toujours plus l'utilisation de l'argent liquide au sein de l'Union. Évidemment, c'est pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée.
Ce shaarli pointe vers un sondage de type QCM (une question, des réponses préformatées) ouvert à tout⋅te⋅s destiné à prendre la température, à savoir si les citoyen⋅e⋅s de l'UE sont favorables ou non à des restrictions sur la circulation de l'argent liquide. C'est un moyen simple et rapide pour signifier un refus (ou une adhésion, ça ne me regarde pas) à cette idée. Ce sondage est ouvert jusqu'au 31 mai 2017 soit après-demain. ;)
Via https://mamot.fr/users/vincib/updates/231180 via https://social.atypique.net/@quota_atypique
D’après nos informations, cet élu proche d’Emmanuel Macron, investi par La République en marche (REM) aux législatives de juin prochain, a abusé de cette enveloppe de fonds publics à plusieurs reprises ces dernières années, non seulement pour acheter sa télévision mais aussi des tickets de cinéma, des parties de golf, ou encore lors de vacances au Club Med au Sénégal.
À la suite de nos découvertes et de nos questions, le député du Calvados s’est retourné en catastrophe, le 15 ou 16 mai dernier, vers le déontologue de l’Assemblée nationale pour prendre conseil et lui soumettre certaines dépenses litigieuses. Admettant plusieurs « erreurs d’imputation », Alain Tourret nous a fait savoir le 19 mai qu’il venait de rembourser plus de 16 000 euros, sans doute pour essayer d'éteindre l'incendie. Entamée sous contrainte journalistique, cette démarche tardive pourrait toutefois ne pas suffire. Alors que Mediapart a pu éplucher seulement onze mois de dépenses sur cinq années de législature (2012-2017), un examen élargi de son compte IRFM par les autorités semble désormais indispensable.
Ces informations, nous ne les avons pas volées mais tirées des Macron Leaks. Ancien radical de gauche (PRG), rallié à Emmanuel Macron dès 2016, Alain Tourret fait en effet partie des cinq victimes de ce « hacking », qui ont vu leurs boîtes mails déversées en vrac sur Internet à deux jours du second tour – l’élu a, depuis, déposé plainte. C'est là que Mediapart a déniché onze mois de relevés bancaires relatifs à son compte IRFM, répartis sur les années 2013, 2014 et 2016.
Ho, il n'y avait pas que du fake dans les Macron Leaks, c'est noté. :)
[…]
Les « faux pas » d’Alain Tourret sont d’autant plus fâcheux que cet avocat de métier, qui a continué d’exercer jusqu’en 2013 au moins (avec 13 000 euros d’honoraires), a conseillé Emmanuel Macron sur la moralisation de la vie publique. Dans une note secrète de mars 2017 destinée au candidat, il a lui-même recommandé que les parlementaires soient contraints, à l’avenir, de fournir une « présentation annuelle » de leur compte IRFM à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), déjà chargée de contrôler le patrimoine des élus.
[…]
« Des cravates ! », tranche Alain Tourret. […] Quant aux vins commandés sur Internet, « c’était pour recevoir dans le cadre de mon activité parlementaire ! » […] On bute également sur des places de cinéma à « l’UGC Mondeville », près de chez lui, à 19,20 euros la soirée. « Il s’agit de personnes que j’ai invitées comme parlementaire », se défend Alain Tourret. Des tête-à-tête ? «Je ne vais pas vous dire le film, je ne m’en rappelle pas ! » […] Des parties de golf sautent par ailleurs aux yeux : « 69 euros » par-ci, « 81 euros » par-là. « J’ai des golfs dans ma circonscription, je me bagarre pour eux, j’ai réussi à les sauver, réplique l’élu du Calvados, qui joue en été comme en hiver. À partir de là, qu’il y ait des liens qui se fassent entre le parlementaire et les responsables du golf... » […] « Je suis vice-président du groupe d’amitié France-Sénégalà l’Assemblée, avance Alain Tourret […] Je devais rencontrer des personnes, j’ai eu des tas d’entretiens. » Avec qui ? « Des responsables locaux de la communauté sénégalaise... » […] En réalité, le député n’était pas du tout en mission pour l’Assemblée, mais en vacances avec son épouse. « J’ai concilié les deux, je ne vais pas vous dire le contraire», concède Alain Tourret […] « Il n’est pas d’usage que l’institut paye ça », bouillonne Alain Tourret, qui plaide : « Ça a bien à voir [avec l’Assemblée],puisque c’est toute sa politique étrangère qu’on met en cause. »
J'adore les excuses que ces gens sont capables de sortir… C'est lamentable.
Que la justice mette son nez ou pas dans cette affaire, le patron du Palais-Bourbon, Claude Bartolone, pourrait a minima saisir le déontologue de manière officielle cette fois, « après avis du bureau [de l’Assemblée] », pour obtenir des « éclaircissements » et un rapport. Cette procédure de vérification (encore bien timorée) a en effet été introduite en février 2015, en même temps que l’Assemblée se décidait à fixer des règles d’usage de l’IRFM et listait enfin les dépenses autorisées – une première ! À l’époque, elle refusait en même temps d’introduire un contrôle systématique ou un système de remboursement sur notes de frais à l’anglaise. Ainsi en France, les 5 300 euros d’IRFM sont encore et toujours « réputés utilisés conformément à leur objet etne peuvent donner lieu à aucune vérification de la part de l'administration [fiscale] » !
Les scandales n’ont pourtant pas manqué. Dès 2012, Mediapart a révélé que Pascal Terrasse, député sortant de l’Ardèche, avait utilisé son indemnité pour se payer des vacances en Égypte, une escapade en Espagne, des billets de train pour sa femme, des accessoires pour piscine... Au lieu de faire pénitence, ce socialiste avait déposé plainte pour « vol de documents bancaires » afin de traquer nos sources, tandis que l’Assemblée regardait ailleurs. Par la suite, nous avons dévoilé que Jérôme Cahuzac dépensait son enveloppe chez un fabricant de hammams, que sa collègue Marie-Hélène Thoraval (LR) la siphonnait pour une croisière en Méditerranée, Bruno Retailleau (LR) pour un chèque au candidat Sarkozy, ou encore Yves Jégo (UDI) pour son micro-parti...
Chargée de comparer la richesse des parlementaires en début et fin de législature, l’institution présidée par Jean-Louis Nadal vient de constater que « l’IRFM avait contribué à un accroissement sensible du patrimoine de certains ». Dans son dernier rapport d’activité, elle dénonce une situation « problématique » à coups d’exemples anonymisés : « [L’IRFM] a parfois pu financer des biens immobiliers privés, être investie dans des instruments financiers (placement de la totalité de l’IRFM sur des SICAV), servir à régler des dépenses sans lien avec le mandat (...) ou a simplement été directement versée sur des comptes personnels. »
Le sujet devrait enfin atterrir sur le bureau du conseil des ministres grâce au projet de loi de « moralisation de la vie publique » promis par Emmanuel Macron, et annoncé pour les prochaines semaines. La « solution » envisagée par l'exécutif consiste à fiscaliser l’IRFM, ce qui autoriserait un inspecteur des impôts à réclamer des factures à un député. Mais pour beaucoup d’observateurs, c’est insuffisant. Certains réclament un contrôle plus systématique par une autorité indépendante et/ou une publicité des dépenses engagées, comme en Grande- Bretagne où les citoyens peuvent tout consulter. Outre-Manche, le fait de fournir une fausse note de frais est même devenu une infraction à part entière, punie d’un an de prison. La justice a ainsi envoyé l’ancien député Denis McShane derrière les barreaux pour... 15 000 euros de frais fantômes.
Un exemple parmi d'autres qui illustre pourquoi il nous faut agir pour la transparence de l'IRFM.
Ce qui me fait bien rire jaune, c'est que, lors de l'examen du projet de loi de réforme des délais de prescription en matière pénale, le député Tourret nous (moi et d'autres) avait qualifié de lobbyistes du monde de la finance. Aujourd'hui, on sait donc qu'il y avait deux participants à la vie politique ce jour-là : un prétendu lobbyiste d'un lobby influent et un député qui s'octroie au moins 16 000 € d'argent public. Je préfère être le prétendu lobbyiste, au moins le débat public n'était pas truqué de mon côté. Visiblement, il a été autant enclin à refuser le deuxième entretien avec Mediapart qu'il a été enclin à me raccrocher au nez après l'examen en deuxième lecture en séance publique.
Problème : un ordiphone Samsung Galaxy S3 i9305 fonctionnant avec le système LineageOS n'arrive pas à envoyer des MMS. Que ce soit en utilisant l'appli SMS/MMS par défaut, Silence, Signal, etc. C'est toujours le même problème : dès que j'envoie un MMS, l'ordiphone perd son accès à Internet (plus de résolution des noms de domaine, impossibles d'accèder à des sites web, etc.). Je peux bien redémarrer l'ordiphone ou juste désactiver/activer les données mobiles, mais tant que le MMS est dans la pile d'envoi d'un des logiciels sus-cités, le problème recommencera dès que ledit logiciel tentera d'envoyer le MMS. Le même problème se produit lors de la réception d'un MMS : perte d'accès à Internet. Si je réactive l'accès à Internet, le problème surviendra à nouveau dès que l'application tentera de télécharger le MMS (notons que l'application SMS/MMS par défaut demandera une action de ta part pour télécharger un MMS dont le téléchargement précédent à échouer, ça évite de devoir redémarrer ton ordiphone en boucle dès que quelqu'un⋅e t'envoie un MMS :D ).
Solution : normalement, dans Menu -> « Paramètres » -> « Sans fil et réseaux » -> « Plus » -> « Réseaux mobiles » -> « Noms des points d'accès », il y a deux points d'accès configurés : l'un pour l'Internet mobile, l'autre pour les MMS. Voir la documentation de Free Mobile à ce sujet, par exemple. Il faut supprimer le point d'accès dédié aux MMS, « Free MMS » dans mon cas. Puis, il faut modifier le point d'accès restant et attribuer la valeur « http://mms.free.fr » au paramètre « MMSC » et ajouter « ,mms » à la fin de la valeur de « Type d'APN ». Ne pas oublier d'enregistrer les modifications (menu en haut à droite -> « Enregistrer ») et de désactiver puis réactiver les données mobiles.
L'Indemnité Représentative de Frais de Mandat, IRFM, est une indemnité d'environ 5 000 € versée chaque mois à tous les parlementaires pour couvrir leurs dépenses professionnelles. Cela vient en supplément de leur salaire. Évidemment, il n'y a aucune obligation de justifier les dépenses ni aucun contrôle de ce que les parlementaires font de cet argent public. Normalement, ça sert à payer les transports, les costumes, la restauration, le journal d'information aux électeur⋅rice⋅s, bref toutes les dépenses occasionnées par le travail de l'élu⋅e. Sauf que certain⋅e⋅s parlementaires s'en servent pour rembourser des prêts personnels, pour réaliser des achats de biens immobiliers à usage personnel, pour offrir des cadeaux à la famille et/ou aux ami⋅e⋅s, pour se faire un complément de salaire, pour payer des vacances, etc. Notons que si la somme d'argent n'est pas intégralement utilisée, elle n'est pas réclamée aux élu⋅e⋅s… Je trouve que c'est l'un des points clés du problème.
L'association Regards Citoyens, qui milite pour la transparence de la vie politique (l'asso est à l'origine des sites web Nos députés et Nos sénateurs) a lancé, il y a quelques jours, une campagne pour demander à chaque député⋅e d'exposer publiquement ses usages de l'IRFM.
Tout le monde peut participer : tu cherches un⋅e député⋅e sur le site web pointé par ce shaarli, tu imprimes un courrier type, tu l'envoies à l'élu⋅e en question en Lettre Recommandée avec Accusés de Réception au nom de l'association (donc tu n'as pas à décliner ton adresse postale ni ton identité) et tu saisis le numéro de l'envoi (1A XXX XXX XXXX X) sur le site web de Regards Citoyens (et tu fournis un scan du bordereau de remise La Poste si tu le souhaites). Et c'est tout. C'est à la portée de tout le monde. Je trouve que le site web de Regards Citoyens dédié à cette campagne a fait l'objet d'un vrai travail sur l'ergonomie et d'une conception orientée utilisateur⋅rice⋅s novices.
Je trouve cette initiative salvatrice et j'encourage le plus grand nombre à participer à cette campagne. Pour ma part, j'ai envoyé 15 courriers pour un coût de revient de 95 € : 11 € d'impression (oui, je me suis fait grave entourloupé par l'imprimeur pro vers lequel je me suis tourné…), 20 € pour 20 enveloppes et 64 € pour les recommandés.
En quelques mots, Lineage est un système d'exploitation libre et communautaire pour ordiphone (terme pour désigner un smartphone sans reconnaître la prétendue intelligence (« smart ») de ces appareils), basé sur Android, qui prend en charge un grand nombre de modèles.
Après avoir foiré son installation sur mon Samsung Galaxy S3 i9305, j'ai décidé de retenter avec un nouveau Samsung Galaxy S3 i9305 acheté d'occasion. La lecture du shaarli pointé par le début de la précédente phrase est fortement conseillée car je ne reprendrai pas son contenu ici. En gros, mon hypothèse finale est correcte : il est impératif de ne surtout pas effacer l'intégralité de la mémoire interne, sinon on efface aussi le firmware de la puce GSM et les données relatives au désimblockage.
La procédure à suivre pour installer Lineage sur un Samsung Galaxy S3 4G LTE i9305 est disponible sur le wiki du projet. J'en ferai ci-dessous une traduction des points clés.
Il nous faut l'outil heimdall. Pour ce faire, avec Debian GNU/Linux :
sudo apt-get install heimdall-flash
$ heimdall detect
Device detected
$ heimdall flash --RECOVERY twrp-3.0.2-1-i9305.img --no-reboot
Heimdall v1.4.0
Copyright (c) 2010-2013, Benjamin Dobell, Glass Echidna
http://www.glassechidna.com.au/
This software is provided free of charge. Copying and redistribution is
encouraged.
If you appreciate this software and you would like to support future
development please consider donating:
http://www.glassechidna.com.au/donate/
Initialising connection...
Detecting device...
Claiming interface...
Setting up interface...
Initialising protocol...
Protocol initialisation successful.
Beginning session...
Some devices may take up to 2 minutes to respond.
Please be patient!
Session begun.
Downloading device's PIT file...
PIT file download successful.
Uploading RECOVERY
100%
RECOVERY upload successful
Ending session...
Releasing device interface...
detect. Ci-après, ce que l'on peut lire à ce moment-là dans dmesg. Si cela se produit, il suffit de redémarrer l'ordiphone en download mode ou de changer de câble USB…
$ dmesg
[…]
[120414.717214] usb 3-2: new high-speed USB device number 28 using xhci_hcd
[120415.009115] usb 3-2: Device not responding to setup address.
[120415.209813] usb 3-2: Device not responding to setup address.
[120415.413981] usb 3-2: device not accepting address 28, error -71
[120415.526142] usb 3-2: new high-speed USB device number 29 using xhci_hcd
[120415.638288] usb 3-2: device descriptor read/64, error -71
Pour activer l'accès root pour les applications, il faut (traduction de http://www.theandroidsoul.com/root-lineage-os-su-addon-zip-download/ ) :
J'ai donc amélioré mon installation : j'avais un téléphone+GPS, acquis pour pas cher, avec toutes les fonctionnalités modernes (4G LTE) et rooté. Désormais, j'ai un téléphone+GPS, acquis pour pas cher, avec toutes les fonctions modernes (4G LTE, NFC) et une batterie amovible, orchestré par un système libre et rooté.
Prochaine étape ? Un ordiphone qui cumule tout ça avec une fabrication éthique (Fairphone) et/ou un ordiphone sur lequel la puce GSM (baseband) est isolée physiquement et n'a pas un accès privilégié à la mémoire et au stockage du système principal et/ou un ordiphone avec une pile GSM totalement libre (les puces Nvidia Tegra sont compatibles avec la radio logicielle donc openbts) ?
Avec 30,64 % d’abstention, 54,63% de votants ont répondu « non » au référendum de 2005. Votait-on contre un Jacques Chirac impopulaire qui appelait les Français à ne pas se « tromper de question » ? Votait-on contre un texte long et complexe qui, dans les fantasmes de Nicolas Dupont-Aignan, allait faire entrer la Turquie dans l’UE ? En réalité, bien heureux celui qui réussit à identifier les enseignements d’un référendum. Une seule certitude, on répond peu à la question qui est posée.
Quoiqu’il en soit, Nicolas Sarkozy est élu en 2007 Président de la République au suffrage universel sur une promesse : faire adopter un nouveau traité dont la ratification serait autorisée par le Parlement. Ce sera le Traité de Lisbonne. Le peuple a-t-il changé d’avis ? S’intéressait-il seulement à la question ? Toujours est-il que Nicolas Sarkozy a tenu cette promesse, mandaté par le peuple souverain qui, comme le disait Rousseau, « est toujours maître de changer ses lois ».
Avis complémentaire intéressant en http://www.touteleurope.eu/actualite/idee-recue-le-traite-de-lisbonne-a-ete-impose-aux-francais.html :
Des similitudes sont cependant présentes entre les deux traités. Selon Valéry Giscard d’Estaing, père du projet de constitution européenne, le nouveau traité en reprend intégralement les propositions institutionnelles, tout en les présentant dans un ordre différent. Pour le Sénat français, "le traité de Lisbonne reprend en règle générale le contenu du traité constitutionnel, même s’il le fait sous une forme complètement différente".
Même si le contenu des deux traités n'est pas identique, Marine Le Pen aurait donc raison de dire que le projet de Constitution européenne, rejeté en 2005, a été – en partie – proposé à nouveau en 2008. En effet, le nouveau texte prend en considération les exigences de réformes institutionnelles avancées en 2005, cependant avec un autre ton. Et c'est justement la forme qui marque la différence entre ces deux traités. Après les référendums de 2005, le mot "constitution" est définitivement abandonné et le processus d'intégration européenne est arrêté pendant trois ans. En outre, la possibilité de quitter l'Union est introduite dans le traité : cela n'a pas été le cas pendant les 50 premières années de l'intégration européenne. L'UE s'éloigne donc du rêve fédéraliste de ses fondateurs : la voix des Français et des Néerlandais a donc été écoutée.
[…] le Parlement européen est élu au suffrage universel direct, et les membres du Conseil, du Conseil européen et de la Commission soit sont issus d’élections au niveau national, soit émanent de leurs parlements nationaux ou sont investis par le Parlement européen. Tous ces « gens » sont donc loin d’être « non élus ».
Comme vous le savez, la DHT (Distributed Hash Table) est le mécanisme décentralisé utilisé par les logiciels Bittorrent pour échanger les informations sur les torrents, ainsi que les sources et pairs.
Ainsi lorsqu'on lance son logiciel Bittorrent, celui-ci va servir de relais pour une "branche" de la DHT. Ce qui permet donc de collecter des infohash qui circulent (rattachés ou non à un torrent authentique), et avoir un aperçu de ce qui est échangé sur le réseau.
Intéressant. :)
Il n’a certainement pas échappé à certains ou certaines d’entre vous que le stérilet hormonal Mirena est sous le feu des projecteurs et pas de la meilleure manière. Depuis une dizaine de jours, ce petit objet de silicone rempli d’hormones, semble être la cause de nombreux effets secondaires et pas des moindres. Crises d’angoisse, syndromes dépressifs, humeur sombre, vertiges, chute de la libido, troubles neurologiques, chutes spectaculaires de cheveux, prise de poids, inflammation des articulations, douleurs gynécologiques et j’en passe et des meilleures. […]
Il n’est pas besoin de remonter le temps bien loin pour observer que l’utérus de la femme a été souvent exploré d’une manière un peu péjorative par le monde des hommes. À la fin du dix neuvième siècle, on parlait des humeurs néfastes et polluantes utérines pouvant rendre folles les femmes. Le terme hystérie vient d’ailleurs du mot utérus. Ces messieurs de l’académie des sciences médicales décrivent des manifestations quasiment diaboliques de maladies mentales de femmes, qui semblaient possédées par cet utérus maléfique.
[…]
Quelques décennies plus tard, le lien est fait entre cerveau et hormones. L’hypophyse dans le cerveau se charge de la production hormonale et répond en fait à des commandes bien précises. Ces découvertes vont alors permettre l’émergence des thérapies hormonales contraceptives ou thérapeutiques.
[…]
Dans chaque culture, existent des rituels pour fêter cette entrée dans la vie adulte mais d’une culture à l’autre le regard des hommes sur ces menstruations est très différent et oscille entre dégoût et fascination voire respect. Toujours est-il qu’il n’est pas rare qu’elles soient considérées comme un processus de purification dont les femmes auraient besoin chaque mois.
Dans notre société occidentale soi-disant évoluée, le regard porté sur ces manifestations sanguines est de plus en plus paradoxal. Entre les femmes qui veulent les assumer pleinement au point de laisser couler leurs menstruations sans aucune protection, le fameux « flux instinctif libre », une société médicale qui prône de plus en plus l’arrêt des règles comme un progrès révolutionnaire libérant les femmes, on ne sait plus à quel sein se vouer. Le stérilet hormonal est d’ailleurs vanté pour l’arrêt des règles qu’il provoque, mais à quel prix pour certaines femmes?
En ce moment, je rencontre des femmes qui préfèrent souffrir mille maux que voir leurs anglaises revenir. J’ai même vu des femmes qui sont très malades et très affectées par les effets secondaires du stérilet mais qui décident de le supporter car leur compagnon ou mari est content de pouvoir profiter du corps de leur dulcinée quand ils le veulent… dommage, le Mirena enlève la libido à beaucoup de femmes. Je n’ose imaginer ce qui se passe dans les lits conjugaux.
Je crois que c’est le must de la soumission. Cette soumission qui nous habite depuis notre adolescence. Les règles ça peut faire mal, mais faut pas le dire. Aller chez un gynécologue, c’est humiliant et parfois douloureux mais faut pas le dire. Les retours de couche sont douloureux psychologiquement et physiquement mais faut pas le dire. Poser un stérilet peut faire très mal, mais faut pas le dire. Et le pire dans tout cela c’est que nous sommes des soumises volontaires, au point de se mentir entre nous, femmes, quitte à faire passer sa congénère pour une chochotte.
Pourquoi cette omerta mesdames ? Pourquoi supporter tout sans rien dire ? Pourquoi cacher que notre corps, parfois, est difficile à gérer dans ses douleurs et dans ses flux ? Pourquoi penser que si nous faisons disparaître nos règles alors nous serons des femmes libérées ?
La position gynécologique est un des actes les plus humiliants dans nos vies de patientes. Elle est pourtant imposée même dans des événements qui ne le justifient pas. En France, accoucher en position gynécologique est toujours de mise, alors qu’elle n’est pas une position naturelle pour accoucher, au contraire elle ne facilite pas la descente du bébé et est plus douloureuse. Il faut se battre dans les salles de travail pour pouvoir accoucher dans la position où on se sent le mieux.
Sans en arriver à l’accouchement, la visite chez le gynéco fait partie de nos vies depuis notre adolescence. La position est par elle même une position où nos moyens sont coupés. On ne voit pas ce qu’on nous fait. On ne voit pas le médecin. Les actes, s’ils ne sont pas annoncés par le médecin, sont surprenants et parfois douloureux. Et la consultation se passe comme si on avait laissé notre personnalité et nos capacités de refus dans le vestiaire avec notre petite culotte.
Est ce le fruit de cette position particulièrement inconfortable et humiliante ? Ou tout simplement de vieilles habitudes transmises de génération en génération de nous sentir honteuses de notre utérus et de ses manifestations ? Ou oserais-je le dire tout simplement le fruit de cette bonne vieille tradition judéo-chrétienne dont nous sommes tous imprégnés ?
[…]
Au delà de la volonté que les femmes qui souffrent soient reconnues et informées des risques de ce dispositif, mon propos est de réinterroger la position de la femme et le regard porté par le milieu médical mais aussi par la société toute entière sur nos caractéristiques principales, qui font que nous sommes des nanas.
Cette soumission utérine et hormonale est peut être la pire que nous vivons et celle à laquelle nous participons de notre plein gré. Si le combat des féministes devait se situer quelque part, il devrait peut être commencer là, dans les cabinets des gynécologues, dans notre éducation avec nos filles, mais aussi dans le partage quotidien de notre situation de femmes avec nos compagnons, maris, amants.
Pour ma part, j’ai pris conscience de ma soumission et j’arrête là ce cycle infernal. Je suis une femme qui ne veux plus souffrir quand on lui pose un stérilet, qui désire qu’on entende sa difficulté quand elle a ses règles, qui ne veut plus avoir honte d’avoir des problèmes de femme.
J'avais un ordiphone Motorola Moto G 4G LTE depuis 2 ans et demi. Système d'origine mais rooté. Celui-ci devenait de plus en plus inutilisable : reboot intempestifs, blocages intempestifs sur un écran noir duquel on sort en forçant le reboot en pressant le bouton on/off pendant environ 20 secondes et, surtout, il décrochait quasi tous les deux jours du réseau GSM tout en continuant à afficher le logo "4G" et les barres de signal qui vont avec mais les appels et SMS entrants étaient jetés et impossible de téléphoner / envoyer des SMS. Je décide donc de le passer sous Lineage. 1 jour et demi plus tard, en pleine nuit, je constate le fameux "écran noir" sauf qu'il est impossible de redémarrer le téléphone en appuyant 20 secondes sur on/off. Quelques heures plus tard, au réveil, brancher le chargeur fait que la LED blanche de façade reste allumée en permanence, même après 30 minutes de charge. Et rien n'apparaît sur l'écran alors que, avant, quand la batterie était vide, un logo "batterie en charge" s'affichait quelques minutes après le branchement du chargeur… J'essaye tous les trucs vaudou trouvés sur les forums comme maintenir on/off pendant 2 minutes, mais rien n'y fait. Des posts dans les forums se confirment entre eux : la batterie est foutue, ce qui peut expliquer les plantages à répétition de l'ordiphone… si la batterie délivre une tension incorrecte ou autre dysfonctionnement, forcément…
Il est hors de question que je fasse joujou à acheter une batterie sur le net. Je me dis alors que je vais profiter de cette mauvaise passe pour acheter un ordiphone qui remplit encore un peu plus mes critères : je veux un téléphone compatible Lineage et qui a une batterie amovible. Je cherche en neuf dans les catalogues qui proposent un critère de tri sur "batterie amovible" et je trouve aucun modèle supporté par Lineage… Je demande autour de moi et on me conseille le Samsung Galaxy S3 i9305. Il satisfait à tous mes critères donc j'en achète un d'occasion sur un site web d'achat/vente entre particuliers. Un système CyanogenMod 14.1 est déjà installé par le vendeur.
Compte-tenu de la mort de la confiance qu'on peut avoir en CyanogenMod (et aussi du fait que les Google Apps étaient installées), je tente de le passer en Lineage. Et là, c'est le début du calvaire :
Invalid block device 'vfat' in fstab line (y'a aussi des lignes où « vfat » est remplacé par « ext4 »). Bref, il faut utiliser une version antérieure de TWRP. Pour moi, cela fonctionne jusqu'à la version 3.0.2-1 d'avril 2016.
Analyse post-mortem : avant d'installer un nouveau système, il est recommandé d'effacer les partitions cache, data et system. Sauf qu'à l'une des fois, probablement la première, j'ai aussi effacé la "mémoire interne" dans l'espoir de virer tout le blabla de l'ancien propriétaire. Ben oui, mais quand tu y réfléchis, le "truc" qui dit que ton ordiphone est "débloqué tous opérateurs", il est forcément stocké quelque part, non ? Dans la mémoire interne, forcément. C'est donc là que j'ai dû commettre une grosse erreur. C'est aussi probablement pour cela que j'ai dû installer une ROM stock bidouillée qui elle, en plus du système d'exploitation, contient le firmware du modem GSM et le CSC package, le truc qui contient les infos spécifiques à une région géographique ou à un opérateur… firmware et csc package que j'ai probablement dézingués en effaçant la mémoire interne… Et si j'ai pris une version de la ROM stock bidouillée inadaptée à mon modèle bah lala.
Quel téléphone en remplacement ? Un Moto G 4G LTE ou un S3 i9305 ? D'un côté, je connais la procédure pour installer Lineage sur le Moto G 4G LTE mais elle dépend du bon vouloir de Motorola (il faut déverrouiller le bootloader avec un code fournis par le site web de Motorola) et je me retrouverai avec une batterie inamovible. D'un autre côté, j'espère avoir appris de mes erreurs et que la prochaine bidouille d'un S3 sera fonctionnelle, mais, quoi qu'il en soit, je devrais composer avec un Lineage capricieux (GPS, chiffrement de la mémoire interne non fonctionnel, serveur MTP qui plante, etc.). La logique voudrait que je choisisse le Moto G. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me dire que tout (technique, relation humaine, politique, etc.) peut toujours foirer et qu'il est donc vain d'éviter le fail mais qu'il faut apprendre à le gérer. En cela, la batterie amovible du Samsung S3 est un plus à partir du moment où j'arrive à avoir un Lineage fonctionnel. Bref, le Moto G est la facilité à court terme et la galère à long terme alors que le S3 est pile l'inverse… Fais ton choix, camarade !