Le festival d'Avignon, qui se déroule annuellement tout le long du mois de juillet, transforme Avignon en ville-théâtre. Tout devient un théâtre : une salle de réception dans un hôtel, une chapelle, ou même une estrade à un coin de rue. Tout l'intra-muros s'anime : la circulation véhiculée se réduit, l'ambiance de rue est festive, les compagnies de théâtre y font de petits spectacles. Tout ça est fortement appréciable. :)
En réalité, il y a deux festivals en même temps. Le festival IN et le festival OFF.
Le festival débute par un défilé des artistes dans les rues. Évidemment, c'est à but publicitaire (distribuer des tracts, te donner envie d'assister à leurs pièces), mais c'est aussi un joyeux bazar où chaque compagnie théâtrale tente de se démarquer. J'ai bien aimé. C'est même là que j'ai déniché les pièces auxquelles j'ai assisté. :)
Comment acheter des billets pour une pièce de théâtre du OFF ? Nul besoin d'avoir la carte du festival, ni de réserver en ligne, ni même de réserver tout court. Il faut se rendre au "théâtre" 30-45 minutes avant la représentation et il est possible de payer en liquide. Le flicage par le site web, ton opérateur téléphonique et ta carte bancaire est donc parfaitement évitable.
Concernant le déroulé du festival, deux choses m'ont déplu :
Concernant les pièces de théâtre, une chose m'a marqué : en 2018, les connotations sexuelles et la sexualisation du corps des femmes ont aussi envahies le théâtre… Y'a pas moyen d'avoir une pièce avec une femme qui ne se trémousse pas, qui ne se caresse pas les seins ou autre… Peut-être que j'exagère et que c'est lié à la thématique des pièces que j'ai choisies d'aller voir…
Ici, je vais tenter un bilan des différentes pièces de théâtre auxquelles j'ai assisté (ordre chronologique).
Un cheminot responsable d'un syndicat qui se concentre (trop) sur ses actions militantes et délaisse sa femme. Pour se faire entendre, celle-ci décide d'utiliser la seule chose que son mari comprend désormais : la grève. Elle fera donc une grève du sexe.
Un bon divertissement, plein de jeux de mots mélangeant sexe et grève (« conflit sans gland »). Je retiens :
‒ Qu'est-ce que l'amour ?
‒ Oui, mon amour… je sais… c'est regarder tous les deux dans la même direction
‒ Non, chéri, ça c'est la levrette !
Sur le fond, oui, cette pièce est basée sur l'idée que les hommes veulent baiser, encore et toujours et que la femme est un produit d'excitation…
J'ai constaté une idée communément admise : les hommes peuvent être cash, se parler d'une partouze à 20 avec sodomie par un cheval, mais quand il s'agit de s'amuser à gémir / pousser des petits hurlements en public pour alimenter un jeu théâtral, il n'y a plus personnes, alors que les femmes y vont cash. Du coup, l'interaction avec le public, qui repose sur l'idée que les hommes du public vont dominer les femmes du public en intensité sonore en prend un coup. :D
Cette pièce met en lumière notre rapport (excessif) à la technologie. Plusieurs scènes du quotidien sont dépeintes, de manière exagérée pour l'occasion, comme le relou qui téléphone dans les transports en commun sans trop entendre la réponse de son interlocuteur ou la soirée entre potes où tout le monde dégaine son ordiphone ou l'enfant à naître qui a déjà sa page Facebook. On va jusqu'à un accouchement en live dans un jeu de téléréalité.
Par ricochet, cette pièce met en lumière les métiers de la création publicitaire ainsi que notre rapport à tout ce qui est superficiel (genre dans le futur dépeint, il faudrait être maquillée pour accoucher).
J'ai bien aimé (notamment la chanson de fin ;) ), même si on sentait l'accent parisien, les références parisiennes et les références bobos.
Ironie : à la fin, c'est l'une des pièces qui nous a le plus incité à les encourager sur les réseaux sociaux. :')
Cinq femmes se retrouvent pour la réunion habituelle de leur club féministe. Mais, cette fois-ci, il y a des désaccords : l'une veut quitter le groupe car ça ne l'amuse plus, une autre le lui refuse implicitement (ce qui met sur le tapis la vieille question de l'engagement militant), une autre veut changer la définition du féminisme car l'actuelle fait trop peur aux mecs (ce qui met sur le tapis la vieille question du curseur idéologique à trouver dans une lutte militante) et toutes se demandent la "bonne manière" de militer (faut-il accepter cette invitation à une émission de TV ?).
J'ai bien aimé cette pièce, car elle ne parle pas tellement du féminisme après les quelques rappels de base, mais plutôt de la manière dont il faudrait conduire cette lutte. Une pièce pleine de doute et d'humilité.
Une pièce de théâtre qui mélange deux grandes religions, le christianisme et le capitalisme, dans une messe endiablée dont le public sera spectateur et acteur (chants, dégustation d'hostie , etc.). Le PAP'40 de l'Eglise de la Très Sainte Consommation accompagné de son fidèle assistant le Cardinal Triple A nous exposent un modèle de vie idéal : la surconsommation, le green-washing, la compétition entre les gens.
Ces deux artistes vont vraiment très, très, très loin. Dès le début, la provocation extrême, le ton est méprisant "je te prends de haut", on sacre un "ultra-riche" désigné dans le public tout en qualifiant sa femme de femme-objet, on "punit" un infidèle du public qui n'a pas assez consommé, on mime une fornication avec la planète (une baudruche), etc. Je me suis dit que ce spectacle allait être long et insupportable. Mais il n'en est rien. Et quand j'y repense, s'ils n'en avaient pas fait des tonnes, leur spectacle aurait été un documentaire sur notre mode de vie. C'est parce que c'est aussi "too much" que notre monde actuel que c'est intéressant. Ils n'en ont pas fait trop, ils ont vraiment décrit notre monde.
J'étais mal à l'aise avec certains comportements comme faire un doigt en disant « Amen, ton pèze ! » (pour l'image "le sexe c'est sale" que ça véhicule). J'étais mal à l'aise devant le traitement de femme-objet d'une personne du public (qui n'y était pas préparé et qui, parfois, était mal à l'aise dans ce rôle qu'on lui a attribué). Puis, je me suis rendu compte que ces comportements sont étroitement liés à l'idéologie économique actuelle, que ça forme un continuum. En cela, c'est une bonne chose de les dénoncer.
Ironie : à la fin, c'est la pièce qui a essayé de nous faire acheter le plus de produits dérivés… :')
Une pièce de théâtre qui met en lumière notre rapport à l'argent : que vaut une vie face à un endettement excessif ? Que vaut un système de compétition entre personnes ? Cette pièce relate le pouvoir de l'argent dans nos décisions, même quand il s'agit d'amour. L'une des sept séquences est vraiment poignante, une autre, mélangeant théâtre et jeu de lumière est vraiment intrigante et bizarre, on ressort de la représentation en mode "ha ouaaaaaais, peut-être que notre monde, c'est-à-dire chacun de nous a été trop loin".
C'est une pièce très intellectuelle, il faut notamment décoder le décor, décoder l'histoire racontée à l'inverse. J'avoue ne pas avoir tout capté. :-
Un quasi muet malentendant aigu et sa sœur nous relate les difficultés que pose cet handicap à travers la reconstitution de scènes de la vie de tous les jours : l'école où la prof parle face au tableau, ce qui l'empêche de lire sur les lèvres ; les personnes qui considèrent ces handicapés comme des bêtes curieuses, leur parle trèèèèèès lentement, voire s'adresse à la personne valide la plus proche ; la manutentionnaire d'une grande surface qui peine à le renseigner car elle parle trop vite et qu'elle a l'impression d'être prise pour une conne (la surdité peut-être partielle, toucher seulement certaines fréquences du spectre, etc. donc tu peux entendre mieux certaines choses que d'autres) ; la femme en discothèque qui, parce qu'il ne lui répond pas car il n'a pas pu entendre ni lire sur ses lèvres, pense qu'elle s'est pris un vent et le rejette, etc.
Cette pièce de théâtre est bien jouée et elle décrit très bien les problèmes. Je regrette un manque d'émotions qui aurait permis de rendre la pièce plus poignante.
Je ne sais pas si ça fait partie du spectacle ou si c'est le lieu qui n'était pas en adéquation, mais la vidéo-projection des paroles et de l'interprétation de la langue des signes était illisible depuis le premier rang à cause d'une lumière scénique saturée.
On prend la pièce Don Juan de Molière, on inverse les rôles, les hommes deviennent des femmes et inversement, et s'interroge : est-il choquant de voir une femme dans un rôle de femme forte polygame, qui séduit à gogo ?
Ma réponse ? Ça ne m'a pas choqué. La seule remarque que je me suis fait est la même que je fais le reste du temps : que tu sois un homme ou une femme, c'est pas cool d'être polygame, d'aller promettre un mariage à plusieurs personnes, sans l'annoncer à l'ensemble des personnes. Ce n'est pas le fait de draguer impulsivement qui me dérange, c'est le fait de ne pas être franc avec des partenaires qui ont tout autant le droit de réclamer une relation monogame ou autre. Homme comme femme.
Cette pièce actualisée est un bon compromis entre du théâtre classique, du théâtre engagé et du théâtre moderne. J'ai bien aimé l'intégration de musiques parfaitement à propos qui n'existait pas à l'époque de Molière comme Girls just want to have fun.
Ce documentaire datant de 2016 tente de dédiaboliser le darknet. Il part du caractère effrayant qu'on lui prête puis évoque le refus de la surveillance et du contrôle, l'importance d'un espace de dissidence (les transformations sociales débutent toujours dans l'ombre), l'émergence d'un monde sans État (ledit État étant forcément à tendance autoritaire et bureaucratique), le mouvement cypherpunk (la cryptographie est considérée comme un moyen de garantir un espace de liberté), etc.
Je pense que, de nos jours, il y a une forme de totalitarisme beaucoup plus subtile. Dehors, tu as toutes ces libertés : tu peux porter ce que tu veux, tu peux faire ce que tu veux, tu peux être gay, tout va bien, parce que, tu sais, nous sommes des gens libres ! Dans les systèmes totalitaires précédents, le fait de ne pas être libre était beaucoup plus clair pour les gens. Maintenance, c'est genre tu es ce consommateur heureux qui peut regarder tous les films sur Netflix. Mais que tu essayes vraiment de pousser un peu pour changer le système, tu te fais attaquer ! Tout le monde te dit « hé, c'est quoi ton problème ?! Like moi sur Facebook, c'est tout ! ».
Nous ne cherchons pas une liberté réelle, mais une liberté relative. Juste ce qu'il nous faut pour nous sentir bien. C'est une recherche imparfaite et égoïste.
Ce film contient beaucoup de sottises : confusion entre deep web et darknet pas vraiment rectifiée, utilisation du terme impropre « cryptage », confusion entre bitcoin et anonymat, confusion entre wikileaks et darknet, bitcoin présentée comme une monnaie alternative dans un contexte crypto-anarchiste alors qu'aujourd'hui, il faut la convertir depuis d'autres monnaies étatiques ou supranationales !
Durant les 20 premières minutes, le montage "choc" avec des transitions rapides est gonflant.
Il existe deux formats pour stocker une clé SSH privée chiffrée. L'un d'eux repose sur une clé de chiffrement symétrique dérivée de la phrase de passe via la fonction cryptographique MD5 utilisée avec un sel, ce qui peut être compromis par une attaque par force brute ou par dictionnaire.
Il n'y a pas lieu de s'alarmer car la faiblesse de ce format de stockage d'une clé SSH, connue depuis plus de 6 ans, est très théorique, car :
Note : si t'as une clé SSH ed25519, alors tu utilises forcément le nouveau (2013 tout de même) format de stockage, qui n'est pas vulnérable (car il repose sur bcrypt et 16 itérations). C’est le man ssh-keygen qui le dit.
The private key is an ASN.1 data structure, serialized to a byte string using DER, and then Base64-encoded.
[…]
cat test_rsa_key
[…]We’ve gained two header lines, and if you try to parse that Base64 text, you’ll find it’s no longer valid ASN.1. That’s because the entire ASN.1 structure we saw above has been encrypted, and the Base64-encoded text is the output of the encryption. The header tells us the encryption algorithm that was used: AES-128 in CBC mode. The 128-bit hex string in the DEK-Info header is the initialization vector (IV) for the cipher. This is pretty standard stuff; all common crypto libraries can handle it.
But how do you get from the passphrase to the AES encryption key? I couldn’t find it documented anywhere, so I had to dig through the OpenSSL source to find it:
- Append the first 8 bytes of the IV to the passphrase, without a separator (serves as a salt).
- Take the MD5 hash of the resulting string (once).
[…]
The digest algorithm is hard-coded to be MD5, which means that without changing the format, it’s not possible to upgrade to another hash function (e.g. SHA-1). This could be a problem if MD5 turns out not to be good enough.
grep 'BEGIN OPENSSH' $cheminVersLaCleÀTester
Si cette commande retourne rien : la clé utilise le nouveau format. Si elle retourne une ligne, la clé utilise l'ancien format qui est vulnérable.
Alors, alors, alors, comment on casse la passphrase d'une clé privée SSH ? J'actualise ce tutoriel : Recover Your GPG Passphrase using 'John the Ripper' trouvé via How to bruteforce an RSA private-key's passphrase?.
On installe la version jumbo de John The Ripper. Il s'agit d'une version améliorée par la communauté : « "Community enhanced" -jumbo versions add support for many more password hash types, including […] lots of other hash types, as well as many non-hashes such as OpenSSH private keys, S/Key skeykeys files, Kerberos TGTs, PDF files, ZIP (classic PKZIP and WinZip/AES) and RAR archives. » :
$ git clone https://github.com/magnumripper/JohnTheRipper
$ cd JohnTheRipper/src
$ ./configure
$ make -s clean && make -sj4
$ cd ..
run/ssh2john.py ~/.ssh/id_rsa > maclessh.hash ;On lance la recherche de la passphrase (ici, j'utilise la technique lente de la force brute, mais il est possible d'utiliser une attaque par dictionnaire de la manière habituelle avec John) :
$ run/john --incremental maclessh.hash
Using default input encoding: UTF-8
Loaded 1 password hash (SSH [RSA/DSA/EC/OPENSSH (SSH private keys) 32/64])
Cost 1 (KDF/cipher [0=MD5/AES 1=MD5/3DES 2=Bcrypt/AES]) is 0 for all loaded hashes
Cost 2 (iteration count) is 1 for all loaded hashes
Will run 4 OpenMP threads
Note: This format may emit false positives, so it will keep trying even after
finding a possible candidate.
Press 'q' or Ctrl-C to abort, almost any other key for status
tooree (/home/guigui/.ssh/id_rsa)
En utilisant le nouveau format de stockage qui repose sur bcrypt() et 16 itérations. Cela se fait en utilisant la commande suivante : ssh-keygen -p -o -f <fichier_clé_privée_actuelle>.
Via https://twitter.com/aeris22/status/1025769363935252481 .
Un documentaire de 2017 qui fait le bilan de la première année de la présidence Trump :
Un outil sans dépendance pour gérer la mise en cache en RAM des fichiers par Linux.
Visualiser si une arborescence ou un fichier est en cache (et quelles parties d'un fichier le sont) : vmtouch -v.
Mettre un fichier en cache : vmtouch -vt. Attention : Linux peut retirer le fichier de la RAM s'il l'estime nécessaire.
Mettre un fichier en cache et le verrouiller pour pas que Linux le retire : vmtouch -dl.
Apparemment, il sera packagée dans la prochaine version stable de Debian, buster / 10. \o/
Quelques informations en cas de litige avec ta banque :
Si ça peut t'aider pour un problème similaire…
Sammyfisherjr, tu comprends peut-être pour quoi je ne dialogue jamais « poliment et sans menaces » avec mon agence bancaire ? Car ça ne mène à rien. Ça fait au moins 10 ans que ça ne mène à rien. Les conseillères se sont succédées, mais rien n'a changé, c'est toujours les petites règles décidées par les tocards gradés, couverts par la bureaucratie (un client ne rencontrera jamais les décideurs, même lors des assemblées générales des sociétaires), qui s'appliquent et tu dois la fermer. La politesse est un des moyens utilisés par les puissants pour contrôler les personnes qu'ils pensent plus faibles qu'eux en mode « je satisferais peut-être éventuellement sans doute par hasard sans garantie ta demande si t'es gentil ». Nan mais pour quoi ou qui ils se prennent ?!
Tu comprends peut-être aussi pour quoi je ne peux pas leur envoyer de petits emails choupinous ? Parce que quand tu ignores une LRAR, tu ignoreras un email. Parce que la verticalité, l'asymétrie des moyens de communication, est l'un des moyens utilisés par les puissants pour se protéger du reste du monde (qui a déjà réussi à téléphoner à son député ou même à parler au PDG de l'entité qui l'emploie ? Y'a toujours un secrétariat). Donc je refuse de jouer les faux semblants en envoyant des emails : on n'est pas copains, je suis client, tu fais ce que je veux, point barre.
Comme tu peux le constater dans le shaarli que tu pointes, j'ai demandé une « procédure » pour « désactiver / résilier sans frais le service de paiement sans contact de ma carte bancaire ». Je n’ai pas eu de réponse. Que faire quand ce n'est pas la première fois ? Dessiner des fleurs et des papillons à côté de la question qui fâche ?
Oui, ma manip' est inutilement compliquée. La faute à qui ?
Alors, la bonne volonté de ta banque était toujours de mise en mai ? :)
Pour quoi suis-je toujours client de cette banque si c'est la galère pour dialoguer depuis plus de 10 ans ?
Un logiciel libre (avec des dépendances à des trucs pas libres au sens strict du terme) qui permet d'extraire les sous-titres d'une vidéo Youtube. Attention, il s'agit des sous-titres ajoutés par Google, pas des sous-titres incrustés dans l'image par l'auteur de la vidéo.
Je m'en sers pour réaliser des transcriptions de vidéos. La qualité du résultat ne repose pas sur ce logiciel, mais sur la capacité de reconnaissance vocale de Google (qui génère les sous-titres). Ainsi, cela fonctionne plus ou moins bien selon les vidéos.
Notons que le format de sortie est le format SRT. Lors d'une transcription, il faut encore virer les timecode et les retours à la ligne et autres à coup de sed.
On peut aussi se servir de ce logiciel pour faire une recherche par mot-clé dans une vidéo : extraire les sous-titres, les ouvrir avec un éditeur de texte, utiliser la fonction recherche. ;)
Une entrevue avec Julian Assange tournée en avril 2016.
Je n'en retiens pas grand-chose : en juin 2015, WikiLeaks a publié le fait que les présidents français et allemands étaient espionnés par la NSA, alors que je croyais que c'était Snowden qui avait publié cette information ; Julian nous parle du marché noir du renseignement dans lequel les services secrets coopèrent entre eux ; Julian pense que les services de renseignement sont forcément inefficaces à cause de leur opacité qui empêche leur mise en concurrence et la vérification de leur boulot ; Julian critique l'ICIJ qui n'a pas publié tous les documents des Panama Papers et qui est financée par des milliardaires américains (ce que l'ICIJ ne nie pas, c'est publié sur son site web…) ; Julian pense que l'élimination sans procès des leaders de l'État Islamique par la CIA a créé une organisation dans laquelle les chefs sont interchangeables, ce qui est encore plus dangereux et ce qui aurait endurci l'EI.
Dans mon enregistrement, l'entrevue avec Julian Assange est suivie d'un documentaire sur les lynchages de masse réguliers et institutionnalisés qui se déroulent au Guatemala. Les lynchages sont organisés, genre les habitants bloquent les entrées d'un village durant un lynchage. Les lynchages sont perpétrés par une majorité des habitants d'un village. Toute action peut être passible de coups de machette, de mutilations, de mort par le feu : contourner une manifestation étendue sur une route, voler, etc. Certaines entités (comme le plus grand marché de la capitale) se payent des gardes privés qui assassinent le moindre voleur.
Qu'est-ce qui explique ça ? 36 ans de guerre civile, ça laisse des traces. Plus une justice corrompue qui punie seulement 2 % des infractions. Plus des flics grandement en sous-effectif. Tout ça fait que les gens veulent se faire justice eux-mêmes.
Un bel exemple de lutte contre les inégalités d’accès à l’enseignement, dénoncées haut et fort par les ministres Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal ! Les prestigieuses Ecoles centraies de région (Lille, Lyon, Marseille et Nantes), établissements publics créés pour former des ingénieurs de haut niveau, viennent tout juste de… quadrupler leurs frais de scolarité !
Maladroits de scolarité
Dès la rentrée prochaine, les futurs étudiants devront négocier avec leurs parents (ou leur banquier) pour lâcher 2 500 euros par an, contre 615 euros jusqu’à présent, comme l’a rapporté le site Educpros (24/7). Si cette decision du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dont dépendent les différentes Ecoles centrales, a cueilli à froid leurs élèves, elle réjouit leurs dirigeants, qui réclamaient une hausse des droits d’inscription depuis bien des années.
« Notre budget est de plus en plus contraint, explique Frank Debouck, vice-président du Groupe des Ecoles centrales. Sur la seule Ecole centrale de Lyon, que je dirige, nous avons besoin de rénover le campus, vieux de cinquante ans, mais aussi de financer les nombreuses formations que nous avons ouvertes en quelques années, ainsi que l’augmentation sensible de la taille des promotions. »
Et de rappeler que la réforme de la taxe d’apprentissage en 2014 a provoqué une baisse notable des montants que les grandes écoles d’ingénieurs collectaient par ce biais. « A Lyon, nous avons perdu 400 000 euros d’un coup, sur un budget de 40 millions. Cette hausse des frais de scolarité ne fera que compenser l’argent perdu. »
Heu, lol ? 400 000 € c'est 1 % de 40 000 000…
Il n’empêche. Le dirigeant a beau préciser que les Ecoles centrales accueilent environ 80 % de boursiers et qu’« aucun élève ne sera laissé sur le bord de la route », cette explosion des droits d’entrée ne va-t-elle pas dissuader les étudiants d’origine modeste ou issus des classes moyennes de s’engager dans cette voie ?
D’après une enquête — citée par « Les Echos » (17/5) — réalisée par le site d’éducation spécialisé News Tank, le coût moyen des écoles publiques d’ingénieurs a déjà bondi de 28 % en cinq ans (de 707 euros en 2012 à 908 euros en 2017), et treize d’entre elles ont doublé leurs frais de scolarité.
« Le modèle des écoles d’ingénieurs est en train de rejoindre celui des écoles de commerce, très segmenté, entre élèves boursiers d’un côté et élèves issus de familles aisées de l’autre, déplore Grégory Barrère, du Bureau national des élèves ingénieurs. Il est urgent de repenser le choix des sources de financement des écoles publiques si nous ne voulons pas aller vers un système à l’anglo-saxonne. » Pourquoi ? C’est un modèle qui déplaît au sommet de l’Etat ?
Dans le Canard enchaîné du 1er août 2018.
Sans l’affaire Benalla, le pot aux roses n’aurait peut-être jamais été découvert. Depuis des années, la Préfecture de police (PP) fait un usage immodéré, et surtout illégal, des vidéos enregistrées par les caméras de surveillance dont elle a truffé les rues de Paris. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui tombe des nues, vient de déclencher une enquête et un contrôle sur pièces pour connaître l’ampleur des cachotteries. La Cnil l’a d’autant plus mauvaise qu’elle a réalisé l’année dernière une enquête sur la durée de conservation des vidéos de la police parisienne !
Le rapport est presque achevé, mais il va falloir en durcir les conclusions. Désormais sommé de s’expliquer, docs à l’appui, le préfet de police s’éponge le front : trois de ses flics sont mis en examen pour avoir, le 18 juillet, transmis sous le manteau à Benalla une vidéo tournée deux mois et demi plus tôt, place de la Contrescarpe, par une caméra de la Préfecture de police.
Open barbouzes
Des images qui auraient dû être détruites automatiquement au bout de trente jours en l’absence de réquisition judicaire, comme l’exige la loi. Les auditions menées par la police des polices, auxquelles « Le Canard » a eu accès, lèvent le voile sur un système d’archivage clandestin des vidéos mis en place au plus haut niveau de la PP. Dans le dos de la Cnil et des magistrats, les poulets parisiens ont pris l’habitude de faire leur marché parmi les images capturées par les 2 739 caméras de « voie publique », mais aussi dans celles enregistrées par 33 430 « caméras partenaires » implantées dans des gares, des musées, des grands magasins et des centres commerciaux. Puis de les archiver sur DVD-ROM autant de temps que ça leu1 chante.
Les flics croient pouvoir justifier cette pratique parfaitement illégale en interprétant une note du 21 fémier 2017 signée du directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC) ! Ce document organise la cellule Synapse censée faire de l’analyse stratégique à partir des films vidéo de manifs ou de grands événements. lnvoquant la note du patron de la DOPC, les poulets récupèrent et conservent toutes les images souhaitées. Buffet à volonté !
Cuisiné par les « bœufs-carottes », le patron de Synapse, poursuivi dans le dossier Benalla pour « détournement d’images de vidéoprotection » et « violation du secret professionnel », a juré ne pas savoir que cette pratique était interdite. Mieux : à l’en croire, tous les pontes de la PP étaient dans la même ignorance. Seul le directeur de l’ordre public a reconnu sur procès-verbal, et du bout des lèvres, « une difficulté juridique ». Mais il a fini par làcher le morceau : « C’est une pratique qui concerne toutes les directions de la Préfecture de police qui ont accès au PVPP (systéme de vidéosurveillance de la Préfecture). » D’habitude peu répressive, la Cnil va-t-elle aller jusqu’à punir les directeurs de la PP en les privant du joystick qui leur permet, depuis leur bureau et zoom à la clé, de piloter n’importe laquelle des caméras qui surveillent la capitale ? Ce serait affreux !
Résumons :
Si seulement cela peut servir de leçon à toutes les personnes qui ordonnent la pose de toujours plus de caméras dans l'espace public tout en nous promettant que les vidéos seront stockées de manière sécurisée (quoi que ça veuille dire), que leur consultation ne sera pas open bar car il y aura un registre de consignation, qu'elles seront seulement extraites et visionnées sur réquisition judiciaire, etc. Pipeau. En voici une démonstration parmi tant d'autres.
Les policiers parisiens qui ont accès aux images captées par les 36 169 caméras installées dans les rues, le métre, les grands magasins ou les sous-bois sont censés être eux-mêmes surveillés de près. Depuis 2009, un comité d’éthique — composé de persannalités et d’élus nommés par la Ville de Paris et par la Préfecture de police (PP) — est chargé de traquer les abus et de veiller au respect de la vie privée des millions de personnes filmées chaque année. Sauf que ce comité, créé à la demande de l’équipe Delanoë, semble plus tenir du guignol que du gendarme…
Depuis neuf ans, ses membres n’ont réussi à pondre que deux rapports d’activité, dont le plus récent date de… 2014. Ils ne se sont même quasiment jamais réunis en 2015 et en 2016, malgré les plaintes récurrentes des élus Verts au Conseil de Paris. Depuis, un miracle est survenu : comme l’avoue pudiquement la Mairie, le comité fonctionne « de nouveau depuis le 2 février 2017 ».
« Fonctionne » est un bien grand mot : ses membres sont dénués de tout pouvoir. Ils n'ont pas le doit de farfouiller dans les ordinateurs de la Préfecture ou de regarder les images archivées dans la salle de commandement de la PP, reliée aux 36 000 caméras.
En pratique, leur compétence se limite à traquer les caméras qui sont en positien de filmer l’intérieur des appartements (c’est iliégal) et à défendre le droit d’accès des citoyens aux images qui les concernent (une centaine de demandes par an). Et, pendant que le comité d’éthique joue les utilités, le parc de caméras grossit. Depuis 2009, elles ont été multipliées par environ 33 ! Avec l’aide discrète de la Mairie de Paris, qui a obligeamment branché sur la Préfecture ses propres appareils installés dans des parkings et des cités HLM. Mais aussi la collaboration de la RATP, de la SNCF et des patrons de centres commerciaux.
En toute « éthique », bien entendu…
Encore un contre-pouvoir bien utile, tiens…
Dans le Canard enchaîné du 1er août 2018.
Ce documentaire tourné en 2015 et diffusé en 2016 est un retour d'expérience d'une journaliste qui tente de vivre avec des pratiques du 21e siècle sans pour autant être surveillée en permanence.
Il y a du bien et du moins bien dans ce film. Les risques sont plutôt bien exposés (flicage par les services numériques, flicage vidéo d'État dans la rue, flicage à usage commercial par les cartes de fidélité et les cartes bancaires, flicage par les compagnies de transport, etc.). En revanche, les bouts de solution sont donnés à toute vitesse (et parfois pas du tout, comme le nom de l'application pour chiffrer ses appels téléphoniques, impossible pour un téléspectateur de noter quoi que ce soit. De même, j'ai un peu de mal à accepter la présente de charlatans de la protection d'identité ainsi que la réponse totalement à côté de la plaque (concernant les solutions possibles) de la présidente de la CNIL.
Ce que j'aime beaucoup dans ce documentaire, et ce qui le différencie de nombreux autres, c'est qu'il nous force à admettre qu'il faut faire des compromis (c'est-à-dire choisir quelle surveillance est inévitable pour conserver notre mode de vie) et nous adapter en permanence, car il n'y a pas de solution miracle qui résout tous les problèmes d'un coup. Le documentaire expose également qu'il faut agir dans le domaine politique pour changer la législation. Et ça, c'est très rare dans un documentaire.
Bref, je trouve que c'est un bon documentaire pour mettre le pied à l'étrier à quelqu'un. Évidemment, comme dans toute vulgarisation, il y a pas mal d'oublis et d'erreurs…
Je retiens :
Un livre qui cause de l'inconscience technologique (on va résoudre tooooous nos problèmes avec la technologie genre un pad, un wiki, un réseau social !), du réductionnisme que constitue une analyse chiffrée de tout, du paternalisme numérique, mais pas que, qui nous empêche de comprendre le monde et d'interagir avec lui, de la ludification de tout dans l'optique de faire participer le citoyen que l'on dénude de tout sens civique, de nos comportements de rats de laboratoires qui réagissons uniquement à des impulsions constamment renouvelées émises par nos joujous numériques, etc.
Si je devais résumer ce livre en quatre phrases :
Bien que ce livre soit pompeux, que son auteur soit excessivement agressif dans la manière de présenter les théories et les auteurs qu'il va tenter de déconstruire, il est rigoureux et sourcé, donc j'en recommande vivement la lecture, notamment aux personnes qui pensent qu'un outil numérique (Wikipedia, Internet, le fact-checking, etc.) peut, en lui-même, en dehors d'une analyse plus poussée, résoudre un problème complexe. Comme ceux qui pensent que l'on peut remplacer les agents de la DGCCRF par une FAQ sur le net : un moteur de recherche ne sait pas analyser une situation et y appliquer des compétences juridiques, il sert uniquement à pointer de l'information. Ce n'est pas le même service. Comme ceux qui pensent traiter les problèmes de solitude, de rejet, de manque de confiance en soi dans les relations amoureuses en vendant des poupées gonflables hyper giga mega réalistes. Ce n'est pas du tout la même chose (sans compter la réduction amour = sexe).
Mes notes ci-dessous.
Généralités :
L'auteur déconstruit deux courants de pensée qui sont liés : le solutionnisme et le webcentrisme.
Je pense que l'auteur se trompe sur plusieurs points :
Divers :
Ainsi que 99 nouveaux dessins pour ne plus faire de fautes.
L'auteure nous propose d'utiliser des dessins mnémotechniques afin de se souvenir de la graphie des mots. J'ai trouvé l'idée originale, d'où ma lecture de ces deux ouvrages. D'autant que je me trouve trop dépendant des correcteurs orthographique et grammatical…
Ces livres se concentrent essentiellement sur les homophones, c'est-à-dire des mots qui se prononcent de la même façon, mais qui s'écrivent différemment (cession / session, pause / pose, quand / quant, détonant / détonnant, etc.), et sur des mots qui ont une orthographe proche mais un sens différent (exhausser / exaucer, discerner / décerner, collision / collusion, hiverner / hiberner, etc.). On y trouve aussi des rappels de règles d'utilisation des mots (comme le bon usage des verbes apporter un objet / amener une personne ou de naguère / jadis (plus vieux dans le temps) ou le fait que « autre alternative » et « double alternative » sont des pléonasmes), des rappels orthographiques (connexion, accueil, câlin, aborigène, marc de café, acquit de conscience, etc.) voir des rappels concernant des noms propres (Victor Hugo, Simone Weil (philosophe) / Simone Veil (IVG), etc.).
Ces livres devraient être lu par les opposants à la féminisation des mots et des expressions voire à toute forme d'évolution de la langue. Les nombreuses explications de l'auteure leur montrerait que notre langue a beaucoup évolué, avec de nombreuses guéguerres de linguistes / grammairiens : sens dessus dessous (c'en -> sans -> sens pendant plus de 7 siècles), amende / amande et ancre / encre (qui ont pris l'orthographe de l'autre au fil des siècles), etc.
Ce livre nous propose un bilan de l'état d'urgence qui a été instauré en France entre le 14 novembre 2015 et le 31 octobre 2017.
Il s'agit d'un bilan à mi-parcours : le livre ayant été publié en 2016, il ne prend pas en compte les derniers dénouements comme la censure constitutionnelle du fait que les préfets pouvaient autoriser les contrôles d'identité + les fouilles de bagages + les fouilles de véhicules sur de longues durées (24 heures renouvelables) et sur de larges zones géographiques (jusqu'à l'intégralité du département), ou le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » qui transpose toujours plus de mesures exceptionnelles de l'état d'urgence dans le droit ordinaire, ou la confirmation que le régime des perquisitions administratives est soi-disant conforme à notre Constitution sauf la copie / saisie de données informatiques qui nécessite une autorisation d'exploitation d'un juge (administratif) et qui ne peut pas être conduite si la perquisition ne permet pas de découvrir des infractions.
J'avais besoin de ce livre-bilan afin de sortir mon nez du guidon, d'avoir un panorama de tout ce qui a été fait pendant l'état d'urgence, et de m'en souvenir à l'avenir. En cela, ce livre, bien qu'un peu pompeux à lire, atteint son objectif : il donne une vision plutôt claire de tout ce merdier.
Je retiens : une législation d'exception inutile pour lutter contre le terrorisme, mais qui a bien servi contre des militants, un emballement de tous bords politique pour conduire une course à l'armement législatif, et des autorités de contrôle (Parlement, Conseil d'État, Conseil constitutionnel) dépassées par les événements.
Ci-dessous, mes notes.
Généralités :
Inefficacité et dérives des mesures utilisées
Et là, dans cette précipitation, il a fallut obéir à une politique des quotas comme le révèle le syndicaliste Alexandre Langlois, en poste aux Renseignements Territoriaux des Yvelines. « Lorsque l'État d'urgence a été décrété, notre chef de service nous a réunis pour nous transmettre les instructions ministérielles. Il nous a dit : « Maintenant, il faut faire des perquisitions administrative en masse. On doit donner au ministère un nombre de perquisitions à faire. Organisez-vous, il nous fait trois objectifs par nuit ! » Les premiers temps, ça allait. Les gens que l'on choisissait étaient des suspects sérieux. Petit à petit, on a fait le tour et le choix des objectifs a été de moins en moins pertinent ». L’état d’urgence s’éternise. Une nouvelle réunion a lieu. « Il nous a été dit : “Là, il faut ralentir la cadence. Il faut qu’on tienne sur le temps médiatique. Alors n’en faites pas trop car après on n’aura plus personne. Désormais, ce sera une perquisition par nuit ! Il faut que ça dure !” Mais, même comme cela, c’est devenu n’importe quoi. Je me souviens que pour l’un des perquisitionnés, cela reposait sur le simple fait qu’au travail, il avait refusé de serrer la main d’une femme mais c’était sa supérieure. Donc peut-être qu’il avait refusé de serrer la main, non pas parce que c’était une femme mais parce qu’il ne s’entendait pas avec son chef. C’est plutôt léger comme soupçon. Notre travail, en principe, c’est de faire la part des choses entre les gens vraiment dangereux et ceux qui ne le sont pas. Les commissariats locaux désignent eux aussi des objectifs à perquisitionner. « Mais, eux, leur filon d’islamistes s’est épuisé encore plus vite que nous, poursuit Alexandre Langlois. Alors pour remplir les quotas, certains ont fini par mettre sur la liste des gens qui n’avaient rien à voir avec l’islam radical ou le terrorisme. Les mauvais coucheurs de leurs circonscriptions, les petits délinquants qui leur pourrissent la vie, ceux insuffisamment condamnés à leur goût, etc. Les collègues des commissariats me racontaient : “Tiens, lui, le juge ne lui a pas mis le compte. Très bien, on va aller péter sa porte.” Voilà, c’est ça, l’état d’urgence. » Plusieurs policiers, dans différents services de renseignement, nous ont confirmé la pertinence très aléatoire des cibles choisies pour les perquisitions nocturnes. Sollicité par mail, le ministère de l’intérieur n’a pas répondu à notre proposition de commenter nos informations. (source)
Malgré tout, l'état d'urgence est élargit sans cesse… sans plus de résultats :
Les autorités de contrôle sont défaillantes :
Divers :
Ho, je n'avais pas suivi : la deuxième version du délit de consultation habituelle de sites web faisant l'apologie du terrorisme, introduite dans la loi relative à la sécurité publique de 2017, a été censurée par le Conseil constitutionnel en décembre 2017.
Documentaire datant de 2017, sous licence CC-BY-NC-ND, qui traite de l'acceptation de la surveillance de masse dans nos sociétés et qui argumente contre le fameux « je n'ai rien à cacher ». J'ai participé à son financement participatif et j'en suis satisfait, car je le trouve compréhensible par le grand public. Les personnes interrogées sont intéressantes : Louis Pouzin, Jérémie Zimmermann, Fabrice Epelboin, Thomas Drake (lanceur d'alerte de la NSA avant Snowden), Vera Lengsfeld (personne espionnée par la Stasi), Joël Domenjoud (activiste écologiste français assigné à résidence sans jugement lors de la tenue de la COP 21 à Paris suite à des notes extrêmement floues qui peuvent tout et rien dire provenant des services de renseignement, notes qu'il a pu récupérer), etc.
Ce film expose les arguments habituels contre le fumeux « je n'ai rien à cacher » : on dit « je n'ai rien à cacher » de peur d'avoir à admettre que la surveillance de masse existe vraiment et de passer ainsi pour un fou coiffé d'un chapeau en aluminium ; en moyenne, 60 % des gens d'une population enfreignent régulièrement la loi (oui, les entorses au code de la route, ça compte) ; la surveillance détruit l'intimité, ces moments où nous sommes vraiment nous-mêmes seul ou à plusieurs, où nous expérimentons, où nous créons, où nous vivons ; si ta vie actuelle est sans intérêt, peut-être que, demain, tu te révolteras contre un projet d'expropriation de tes terres ; la surveillance octroie un pouvoir démesuré aux États qui peuvent devenir des États policiers très rapidement.
Ensuite, ce documentaire soumet une personne quasi lambda à une surveillance d'un mois de son téléphone et de l'historique de navigation web de son ordinateur. Lorsqu'on lui dresse son profil une fois l'expérience terminée, cette personne semble déstabilisée et mal à l'aise. Pourtant, il n'a rien fait de foufou, en effet. Notons que cette personne a demandé à ce que son graphe social (avec qui il échange, quand, à quelle fréquence) n'apparaisse pas. Notons bien que quand c'est un service numérique ou un État qui te flique, tu n'as pas ce choix.
Enfin, le film dresse une petite liste des outils habituels pour se protéger (Signal, TOR Browser, Duck Duck Go, profiter du droit européen pour demander à une société commerciale de te communiquer toutes les données qu'elle détient te concernant, etc.).
Un livre de Tristan Nitot, publié sous une licence libre (CC BY-NC), qui nous cause de la surveillance marchande et étatique des services numériques. Les risques qui pèsent sur nos données personnelles (piratage, constitution d'un dossier à charge à partir de ce que nous publions en ligne afin de nous faire chanter, employé malhonnête, dénonciation de comportements aux autorités par les services numériques selon leur propre morale interne, surveillance étatique) sont très bien exposés. Les pistes évoquées pour éviter de subir tout ça se trouvent dans un consensus acceptable donc atteignable par des débutants… même s'il ne me paraît pas sain d'encenser le modèle économique d'Apple basé sur la vente de matérielle plutôt que la revente en douce de nos données personnelles.
Je recommande la lecture de ce livre par des débutants.
Mes notes :
Je relève quelques fautes :
La quatrième de couverture de ce livre évoque l'analyse des injures (qui « renfermeraient des mystères »). Il n'en est rien, il y a des dictionnaires des injures pour ce faire. Non, ce livre nous expose ce qu'est une injure, dans quel contexte, quelles est sont ces utilités, etc. Malgré cela, ce livre est intéressant.
Mes notes :
Un documentaire, datant de 2013 (sortie française : 2016), centré sur les USA, qui nous cause des conditions générales d'utilisation des services numériques, de la non préservation de notre vie privée par ces mêmes services, de la police prédictive qui arrête des manifestants avant qu'ils agissent en Angleterre durant le mariage princier, et de la surveillance de masse pratiquée par les États, notamment US, sous couvert de tous ces services numériques via lesquels nous vivons et racontons nos vies sans nous poser de questions.
À de rares moments, ce documentaire est difficile à suivre en cela qu’il semble décousu, et il peut rendre extrêmement défaitiste la personne qui le visionne en cela qu'il balance de gros pavés dans la figure qui laissent à penser que l'adversaire est trop grand, que tout est perdu, qu'on ne peut rien faire, sans tenter de contrebalancer cette émotion. Malgré cela, j'en recommande le visionnage.
Mes notes :