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  • Au festival d'Avignon, on y danse, on y danse, au festival d'Avignon, on y danse tous en rond

    Le festival d'Avignon, qui se déroule annuellement tout le long du mois de juillet, transforme Avignon en ville-théâtre. Tout devient un théâtre : une salle de réception dans un hôtel, une chapelle, ou même une estrade à un coin de rue. Tout l'intra-muros s'anime : la circulation véhiculée se réduit, l'ambiance de rue est festive, les compagnies de théâtre y font de petits spectacles. Tout ça est fortement appréciable. :)



    En réalité, il y a deux festivals en même temps. Le festival IN et le festival OFF.

    • Le IN, c'est le festival officiel, prestigieux, flashy, organisé et majoritairement financé par les impôts. Les pièces de théâtre du festival IN sont jouées dans des lieux prestigieux comme la cour d'honneur du palais des papes. C'est évidemment là que l'on retrouve les bobos, attirés par une certaine reconnaissance sociale. On pourrait leur présenter n'importe quels spectacles, même la lecture du bottin téléphonique, qu'ils iraient, simplement parce que cela se déroule dans la cour d'honneur du palais des papes, tu comprends ;

    • Le OFF, c'est le reste, des pièces de théâtres différentes, de la débrouille, des lieux de spectacles inattendus, des artistes humbles qui font ce qu'ils veulent, etc.



    Le festival débute par un défilé des artistes dans les rues. Évidemment, c'est à but publicitaire (distribuer des tracts, te donner envie d'assister à leurs pièces), mais c'est aussi un joyeux bazar où chaque compagnie théâtrale tente de se démarquer. J'ai bien aimé. C'est même là que j'ai déniché les pièces auxquelles j'ai assisté. :)



    Comment acheter des billets pour une pièce de théâtre du OFF ? Nul besoin d'avoir la carte du festival, ni de réserver en ligne, ni même de réserver tout court. Il faut se rendre au "théâtre" 30-45 minutes avant la représentation et il est possible de payer en liquide. Le flicage par le site web, ton opérateur téléphonique et ta carte bancaire est donc parfaitement évitable.



    Concernant le déroulé du festival, deux choses m'ont déplu :

    • L'impact écologique. Le festival d'Avignon, c'est des dizaines de milliers de tracts papier, des milliers de bottins papier recensant toutes les pièces, des milliers d'affiches papier, etc. J'ai vraiment mal à ma forêt. Tout ça finit à la poubelle ou sur le sol des rues en moins de deux (coucou, la pluie)… Mais, ce n'est pas le pire. Le pire, c'est l'affichage publicitaire. Trois jours avant le lancement du festival, les artistes peuvent poser des affiches quasiment partout, c'est vraiment quasi openbar… Sur les balcons, sur les gouttières, sur les poteaux bordant les trottoirs afin d'empêcher le stationnement, etc. C'est vraiment surprenant quand on n'est pas habitué. Il y en a partout. Ça encore, ça va. Mais le pire, c'est quand une même compagnie théâtrale appose trouzemille fois l'affiche de son spectacle sur un même mur d'affiches. Et beaucoup de compagnies font ça ! Du coup, le mur d'affiches devient juste le mur de celui qui a posé le plus d'affiches. Ces murs d'affiches sont justes inutiles, car ils agressent l'œil qui ne peut pas tout analyser. En attendant, du carton a été gaspillé… Et je ne parle pas de toooout ce qui va se décrocher au premier coup de vent et traîner dans les rues… Bref, pas besoin d'être écolo pour se rendre compte qu'il y a un problème d'empreinte écologique… N'y-a-t-il pas moyen de réduire cette empreinte ? N'y-a-t-il pas moyen de vivre ce moment festif sans toute cette agression visuelle inutile ?

    • Quand elle se déroule durant plusieurs semaines, la distribution de tracts dans la rue devient vraiment, vraiment, vraiment pénible. J'aime bien marcher dans la rue en divagant, mon corps est là, mais mon esprit est ailleurs. Chaque distribution de tract me met vraiment mal à l'aise. Je déteste ça. Encore plus quand je suis pressé, que je marche vite, mais que l'artiste tente quand même sa chance… Durant le festival, il n'y a pas moyen de se déplacer sans interruption, c'est vraiment violent. C'est dans ce genre de moment que t'as une toute petite idée de la violence subie par les femmes au quotidien : la distribution de tracts ne porte pas atteinte à l'intégrité d'une personne, une main au cul ou des commentaires déplacés, si.



    Concernant les pièces de théâtre, une chose m'a marqué : en 2018, les connotations sexuelles et la sexualisation du corps des femmes ont aussi envahies le théâtre… Y'a pas moyen d'avoir une pièce avec une femme qui ne se trémousse pas, qui ne se caresse pas les seins ou autre… Peut-être que j'exagère et que c'est lié à la thématique des pièces que j'ai choisies d'aller voir…


    Pièces de théâtre

    Ici, je vais tenter un bilan des différentes pièces de théâtre auxquelles j'ai assisté (ordre chronologique).


    La grève du sexe

    Un cheminot responsable d'un syndicat qui se concentre (trop) sur ses actions militantes et délaisse sa femme. Pour se faire entendre, celle-ci décide d'utiliser la seule chose que son mari comprend désormais : la grève. Elle fera donc une grève du sexe.

    Un bon divertissement, plein de jeux de mots mélangeant sexe et grève (« conflit sans gland »). Je retiens :

    ‒ Qu'est-ce que l'amour ?
    ‒ Oui, mon amour… je sais… c'est regarder tous les deux dans la même direction
    ‒ Non, chéri, ça c'est la levrette !

    Sur le fond, oui, cette pièce est basée sur l'idée que les hommes veulent baiser, encore et toujours et que la femme est un produit d'excitation…

    J'ai constaté une idée communément admise : les hommes peuvent être cash, se parler d'une partouze à 20 avec sodomie par un cheval, mais quand il s'agit de s'amuser à gémir / pousser des petits hurlements en public pour alimenter un jeu théâtral, il n'y a plus personnes, alors que les femmes y vont cash. Du coup, l'interaction avec le public, qui repose sur l'idée que les hommes du public vont dominer les femmes du public en intensité sonore en prend un coup. :D


    Born to be in live

    Cette pièce met en lumière notre rapport (excessif) à la technologie. Plusieurs scènes du quotidien sont dépeintes, de manière exagérée pour l'occasion, comme le relou qui téléphone dans les transports en commun sans trop entendre la réponse de son interlocuteur ou la soirée entre potes où tout le monde dégaine son ordiphone ou l'enfant à naître qui a déjà sa page Facebook. On va jusqu'à un accouchement en live dans un jeu de téléréalité.

    Par ricochet, cette pièce met en lumière les métiers de la création publicitaire ainsi que notre rapport à tout ce qui est superficiel (genre dans le futur dépeint, il faudrait être maquillée pour accoucher).

    J'ai bien aimé (notamment la chanson de fin ;) ), même si on sentait l'accent parisien, les références parisiennes et les références bobos.

    Ironie : à la fin, c'est l'une des pièces qui nous a le plus incité à les encourager sur les réseaux sociaux. :')


    Mon Olympe

    Cinq femmes se retrouvent pour la réunion habituelle de leur club féministe. Mais, cette fois-ci, il y a des désaccords : l'une veut quitter le groupe car ça ne l'amuse plus, une autre le lui refuse implicitement (ce qui met sur le tapis la vieille question de l'engagement militant), une autre veut changer la définition du féminisme car l'actuelle fait trop peur aux mecs (ce qui met sur le tapis la vieille question du curseur idéologique à trouver dans une lutte militante) et toutes se demandent la "bonne manière" de militer (faut-il accepter cette invitation à une émission de TV ?).

    J'ai bien aimé cette pièce, car elle ne parle pas tellement du féminisme après les quelques rappels de base, mais plutôt de la manière dont il faudrait conduire cette lutte. Une pièce pleine de doute et d'humilité.


    Croissance, Reviens !

    Une pièce de théâtre qui mélange deux grandes religions, le christianisme et le capitalisme, dans une messe endiablée dont le public sera spectateur et acteur (chants, dégustation d'hostie , etc.). Le PAP'40 de l'Eglise de la Très Sainte Consommation accompagné de son fidèle assistant le Cardinal Triple A nous exposent un modèle de vie idéal : la surconsommation, le green-washing, la compétition entre les gens.

    Ces deux artistes vont vraiment très, très, très loin. Dès le début, la provocation extrême, le ton est méprisant "je te prends de haut", on sacre un "ultra-riche" désigné dans le public tout en qualifiant sa femme de femme-objet, on "punit" un infidèle du public qui n'a pas assez consommé, on mime une fornication avec la planète (une baudruche), etc. Je me suis dit que ce spectacle allait être long et insupportable. Mais il n'en est rien. Et quand j'y repense, s'ils n'en avaient pas fait des tonnes, leur spectacle aurait été un documentaire sur notre mode de vie. C'est parce que c'est aussi "too much" que notre monde actuel que c'est intéressant. Ils n'en ont pas fait trop, ils ont vraiment décrit notre monde.

    J'étais mal à l'aise avec certains comportements comme faire un doigt en disant « Amen, ton pèze ! » (pour l'image "le sexe c'est sale" que ça véhicule). J'étais mal à l'aise devant le traitement de femme-objet d'une personne du public (qui n'y était pas préparé et qui, parfois, était mal à l'aise dans ce rôle qu'on lui a attribué). Puis, je me suis rendu compte que ces comportements sont étroitement liés à l'idéologie économique actuelle, que ça forme un continuum. En cela, c'est une bonne chose de les dénoncer.

    Ironie : à la fin, c'est la pièce qui a essayé de nous faire acheter le plus de produits dérivés… :')


    Love & Money (compagnie (T)reves)

    Une pièce de théâtre qui met en lumière notre rapport à l'argent : que vaut une vie face à un endettement excessif ? Que vaut un système de compétition entre personnes ? Cette pièce relate le pouvoir de l'argent dans nos décisions, même quand il s'agit d'amour. L'une des sept séquences est vraiment poignante, une autre, mélangeant théâtre et jeu de lumière est vraiment intrigante et bizarre, on ressort de la représentation en mode "ha ouaaaaaais, peut-être que notre monde, c'est-à-dire chacun de nous a été trop loin".

    C'est une pièce très intellectuelle, il faut notamment décoder le décor, décoder l'histoire racontée à l'inverse. J'avoue ne pas avoir tout capté. :-


    Ouïe à la vie

    Un quasi muet malentendant aigu et sa sœur nous relate les difficultés que pose cet handicap à travers la reconstitution de scènes de la vie de tous les jours : l'école où la prof parle face au tableau, ce qui l'empêche de lire sur les lèvres ; les personnes qui considèrent ces handicapés comme des bêtes curieuses, leur parle trèèèèèès lentement, voire s'adresse à la personne valide la plus proche ; la manutentionnaire d'une grande surface qui peine à le renseigner car elle parle trop vite et qu'elle a l'impression d'être prise pour une conne (la surdité peut-être partielle, toucher seulement certaines fréquences du spectre, etc. donc tu peux entendre mieux certaines choses que d'autres) ; la femme en discothèque qui, parce qu'il ne lui répond pas car il n'a pas pu entendre ni lire sur ses lèvres, pense qu'elle s'est pris un vent et le rejette, etc.

    Cette pièce de théâtre est bien jouée et elle décrit très bien les problèmes. Je regrette un manque d'émotions qui aurait permis de rendre la pièce plus poignante.

    Je ne sais pas si ça fait partie du spectacle ou si c'est le lieu qui n'était pas en adéquation, mais la vidéo-projection des paroles et de l'interprétation de la langue des signes était illisible depuis le premier rang à cause d'une lumière scénique saturée.


    Don Juane

    On prend la pièce Don Juan de Molière, on inverse les rôles, les hommes deviennent des femmes et inversement, et s'interroge : est-il choquant de voir une femme dans un rôle de femme forte polygame, qui séduit à gogo ?

    Ma réponse ? Ça ne m'a pas choqué. La seule remarque que je me suis fait est la même que je fais le reste du temps : que tu sois un homme ou une femme, c'est pas cool d'être polygame, d'aller promettre un mariage à plusieurs personnes, sans l'annoncer à l'ensemble des personnes. Ce n'est pas le fait de draguer impulsivement qui me dérange, c'est le fait de ne pas être franc avec des partenaires qui ont tout autant le droit de réclamer une relation monogame ou autre. Homme comme femme.

    Cette pièce actualisée est un bon compromis entre du théâtre classique, du théâtre engagé et du théâtre moderne. J'ai bien aimé l'intégration de musiques parfaitement à propos qui n'existait pas à l'époque de Molière comme Girls just want to have fun.

    Thu Aug 9 14:28:16 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?Sh-Xug
  • « DARKNET, L'AUTRE RÉSEAU » - Documentaire France 4 - YouTube

    Ce documentaire datant de 2016 tente de dédiaboliser le darknet. Il part du caractère effrayant qu'on lui prête puis évoque le refus de la surveillance et du contrôle, l'importance d'un espace de dissidence (les transformations sociales débutent toujours dans l'ombre), l'émergence d'un monde sans État (ledit État étant forcément à tendance autoritaire et bureaucratique), le mouvement cypherpunk (la cryptographie est considérée comme un moyen de garantir un espace de liberté), etc.

    Je pense que, de nos jours, il y a une forme de totalitarisme beaucoup plus subtile. Dehors, tu as toutes ces libertés : tu peux porter ce que tu veux, tu peux faire ce que tu veux, tu peux être gay, tout va bien, parce que, tu sais, nous sommes des gens libres ! Dans les systèmes totalitaires précédents, le fait de ne pas être libre était beaucoup plus clair pour les gens. Maintenance, c'est genre tu es ce consommateur heureux qui peut regarder tous les films sur Netflix. Mais que tu essayes vraiment de pousser un peu pour changer le système, tu te fais attaquer ! Tout le monde te dit « hé, c'est quoi ton problème ?! Like moi sur Facebook, c'est tout ! ».

    Nous ne cherchons pas une liberté réelle, mais une liberté relative. Juste ce qu'il nous faut pour nous sentir bien. C'est une recherche imparfaite et égoïste.

    Ce film contient beaucoup de sottises : confusion entre deep web et darknet pas vraiment rectifiée, utilisation du terme impropre « cryptage », confusion entre bitcoin et anonymat, confusion entre wikileaks et darknet, bitcoin présentée comme une monnaie alternative dans un contexte crypto-anarchiste alors qu'aujourd'hui, il faut la convertir depuis d'autres monnaies étatiques ou supranationales !

    Durant les 20 premières minutes, le montage "choc" avec des transitions rapides est gonflant.

    Thu Aug 9 00:50:41 2018 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=0MmWsGyO-NQ
  • La gratuité du numérique pour les nuls

    Via https://twitter.com/aeris22/status/965272406104379394 .

    Wed Aug 8 22:34:46 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/data/uploads/2018/08/gratuite_du_numerique_pour_les_nuls.jpeg
  • Improving the security of your SSH private key files — Martin Kleppmann’s blog

    Il existe deux formats pour stocker une clé SSH privée chiffrée. L'un d'eux repose sur une clé de chiffrement symétrique dérivée de la phrase de passe via la fonction cryptographique MD5 utilisée avec un sel, ce qui peut être compromis par une attaque par force brute ou par dictionnaire.

    Il n'y a pas lieu de s'alarmer car la faiblesse de ce format de stockage d'une clé SSH, connue depuis plus de 6 ans, est très théorique, car :

    • 1) qui, en 2018, ne chiffre pas sa partition (ce qui protège contre le vol quand la machine est éteinte) ? ;

    • 2) qui met un mot de passe simpliste qui se casse facilement sur sa clé SSH privée (ou ailleurs, d’ailleurs) ? Quand on utilise de la crypto, on utilise une phrase de passe robuste ;

    • 3) qui ne révoque pas sa clé privée SSH au moindre soupçon de compromission ?

    Note : si t'as une clé SSH ed25519, alors tu utilises forcément le nouveau (2013 tout de même) format de stockage, qui n'est pas vulnérable (car il repose sur bcrypt et 16 itérations). C’est le man ssh-keygen qui le dit.


    Théorie

    The private key is an ASN.1 data structure, serialized to a byte string using DER, and then Base64-encoded.

    […]
    cat test_rsa_key
    […]

    We’ve gained two header lines, and if you try to parse that Base64 text, you’ll find it’s no longer valid ASN.1. That’s because the entire ASN.1 structure we saw above has been encrypted, and the Base64-encoded text is the output of the encryption. The header tells us the encryption algorithm that was used: AES-128 in CBC mode. The 128-bit hex string in the DEK-Info header is the initialization vector (IV) for the cipher. This is pretty standard stuff; all common crypto libraries can handle it.

    But how do you get from the passphrase to the AES encryption key? I couldn’t find it documented anywhere, so I had to dig through the OpenSSL source to find it:

    1. Append the first 8 bytes of the IV to the passphrase, without a separator (serves as a salt).
    2. Take the MD5 hash of the resulting string (once).

    […]
    The digest algorithm is hard-coded to be MD5, which means that without changing the format, it’s not possible to upgrade to another hash function (e.g. SHA-1). This could be a problem if MD5 turns out not to be good enough.


    Pratique

    Vérifier le format de stockage utilisé

    grep 'BEGIN OPENSSH' $cheminVersLaCleÀTester

    Si cette commande retourne rien : la clé utilise le nouveau format. Si elle retourne une ligne, la clé utilise l'ancien format qui est vulnérable.


    Retrouver la passphrase d'une clé privée SSH

    Alors, alors, alors, comment on casse la passphrase d'une clé privée SSH ? J'actualise ce tutoriel : Recover Your GPG Passphrase using 'John the Ripper' trouvé via How to bruteforce an RSA private-key's passphrase?.

    • On installe la version jumbo de John The Ripper. Il s'agit d'une version améliorée par la communauté : « "Community enhanced" -jumbo versions add support for many more password hash types, including […] lots of other hash types, as well as many non-hashes such as OpenSSH private keys, S/Key skeykeys files, Kerberos TGTs, PDF files, ZIP (classic PKZIP and WinZip/AES) and RAR archives. » :

      $ git clone https://github.com/magnumripper/JohnTheRipper
      $ cd JohnTheRipper/src
      $ ./configure
      $ make -s clean && make -sj4
      $ cd ..


    • On convertit les infos contenues dans le fichier stockant la clé privée en un hash compréhensible par John : run/ssh2john.py ~/.ssh/id_rsa > maclessh.hash ;

    • On lance la recherche de la passphrase (ici, j'utilise la technique lente de la force brute, mais il est possible d'utiliser une attaque par dictionnaire de la manière habituelle avec John) :

      $ run/john --incremental maclessh.hash
      Using default input encoding: UTF-8
      Loaded 1 password hash (SSH [RSA/DSA/EC/OPENSSH (SSH private keys) 32/64])
      Cost 1 (KDF/cipher [0=MD5/AES 1=MD5/3DES 2=Bcrypt/AES]) is 0 for all loaded hashes
      Cost 2 (iteration count) is 1 for all loaded hashes
      Will run 4 OpenMP threads
      Note: This format may emit false positives, so it will keep trying even after
      finding a possible candidate.
      Press 'q' or Ctrl-C to abort, almost any other key for status
      tooree           (/home/guigui/.ssh/id_rsa)


    Comment se protéger de cette vulnérabilité ?

    En utilisant le nouveau format de stockage qui repose sur bcrypt() et 16 itérations. Cela se fait en utilisant la commande suivante : ssh-keygen -p -o -f <fichier_clé_privée_actuelle>.

    Via https://twitter.com/aeris22/status/1025769363935252481 .

    Wed Aug 8 18:48:36 2018 - permalink -
    - https://martin.kleppmann.com/2013/05/24/improving-security-of-ssh-private-keys.html
  • VIDEO. Regardez le documentaire "Envers et contre Trump" sur France 5

    Un documentaire de 2017 qui fait le bilan de la première année de la présidence Trump :

    • Travelban : suspendu par la justice puis restreint par la Cour suprême (moins de pays et moins de voyageurs concernés) ;

    • Mur avec le Mexique : trop coûteux, mais des barrières en métal ont déjà été posées sur 1/3 de la distance ;

    • Diplomatie : le canal dissident, qui permet aux diplomates américains d'exprimer leur désaccord avec leur gouvernement a été utilisé plus d'une centaine de fois, ce qui est inédit ;

    • Collusion avec la Russie : au départ, Trump n'était pas concerné par l'enquête, il s'est mis lui-même en porte-à-faux en limogeant Comey, le directeur du FBI. La défiance publiquement exprimée de Trump envers les services secrets à attiser la colère de ses derniers, qui ne vont pas le lâcher comme ça ;

    • Armes : les afro-américains et les femmes craignent pour leur vie, notamment à la position ambiguë de Trump sur les incidents de Charlottesville. On constate une hausse de l'achat d'armes, notamment des fusils automatiques 15 mm, et de la présence à des formations de maniement des armes.

    • Droits des femmes : l'interdiction des subventions publiques aux cliniques qui pratiquent l'IVG a été adopté. Le planning familial a vu son budget fondre de moitié (500 millions de dollars/an). Notons que, même avant Trump, l'accès à l'IVG n'est pas aussi facile qu'en France : il y a 5 cliniques pour la superficie du Colorado, de l'Utah, du Nevada et du Nouveau-Mexique. :O Mais depuis l'élection de Trump, certains États ont renforcé leur législation : les femmes doivent demander la permission d'aborter à leur partenaire sexuel (y compris violeur), le fœtus peut être représenté par un avocat, et les médecins peuvent mentir aux parents en ne les prévenant pas des malformations du fœtus ;

    • Santé : les tentatives de supprimer l'Obamacare (équivalent de la CMU, système de santé pour 23 millions d'américains les plus pauvres) ont échoué** à cause de division au sein même du parti présidentiel majoritaire au Congrès. Le documentaire évoque que le prix des mutuelles peut s'élever jusqu'à 900 dollars par mois. :O J'ai du mal à y croire, mais waoooh ;

    • Environnement : retrait de l'accord de Paris sur le climat et baisse des dotations de l'Agence pour la Protection de l'Environnement. Des États résistent et annoncent la hausse de la part d'énergies renouvelables dans leur mix énergétique ;

    • Destitution ? Improbable avec les deux chambres du Congrès qui sont à majorité du parti présidentiel, sauf si des démocrates accèdent au pouvoir aux élections de mi-mandat de fin 2018.
    Wed Aug 8 00:30:49 2018 - permalink -
    - https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/video-regardez-le-documentaire-envers-et-contre-trump-sur-france-5_2445514.html
  • vmtouch - the Virtual Memory Toucher - Johndescs's mini-recording

    Un outil sans dépendance pour gérer la mise en cache en RAM des fichiers par Linux.

    Visualiser si une arborescence ou un fichier est en cache (et quelles parties d'un fichier le sont) : vmtouch -v.

    Mettre un fichier en cache : vmtouch -vt. Attention : Linux peut retirer le fichier de la RAM s'il l'estime nécessaire.

    Mettre un fichier en cache et le verrouiller pour pas que Linux le retire : vmtouch -dl.

    Apparemment, il sera packagée dans la prochaine version stable de Debian, buster / 10. \o/

    Tue Aug 7 23:07:40 2018 - permalink -
    - https://jonathan.michalon.eu/shaarli/?6cowwQ
  • Quelques pistes en cas de litige avec ta banque

    Quelques informations en cas de litige avec ta banque :

    • Les banques sont régionales. On a pour habitude de dire « je suis au Crédit Mutuel »… Non. Tu es au Crédit Mutuel du Sud-Ouest, qui est une entité (une personne morale) totalement différente du Crédit Mutuel Centre-Est-Europe, par exemple. Les deux sont membres d'une même fédération nationale, mais c'est tout. Il n'y a pas forcément une politique de prix identique entre deux régions. Pour retirer des espèces au guichet entre deux banques régionales d'une même enseigne, il faut que ton agence fasse un virement à l'agence dans laquelle tu souhaites retirer puis que celle-ci mette les espèces à ta disposition. Bref, il existe plein de différences ;

    • Contrairement à mon antécédent avec Orange, la DGCCRF n'a pas traité mon dossier et m'a redirigé vers le Médiateur de la consommation auprès de la Fédération Nationale des Banques Populaires ;

    • Ne contacte pas ton agence, ce sont des pions. Il faut envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) au service réclamations du siège régional. Exemple : pour une agence Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, il faut contacter le siège social situé à Bordeaux ;

    • Si le point précédent ne suffit pas, contacte le Médiateur de la consommation auprès de ta banque ou de la fédération dont est membre ta banque régionale ;

    • N'hésite surtout pas à insister pour obtenir le remboursement des frais (impression des lettres, coût d'un LRAR, etc.) en joignant les justificatifs (ticket des automates La Poste, par exemple). Dans mon cas, dans ma lettre au service régional des réclamations, je demandais explicitement le remboursement de ces frais. Dans sa réponse, le service réclamations accédait à ma demande, mais ne disait mot sur un éventuel remboursement des frais. J'ai envoyé un nouveau LRAR demandant le remboursement des frais (qui, du coup, ont augmenté d'un LRAR supplémentaire :D ), et j'ai été remboursé de la totalité des frais. Nan mais ho, ça va bien à moment donné l'asymétrie dans les moyens de communication (ta banque peut te téléphoner ou t’envoyer une lettre simple pour te faire accepter un truc, alors que, de ton côté, tu dois envoyer des LRAR au bon endroit et à la bonne personne), ça constitue une forme de domination inacceptable.


    Chronologie

    Si ça peut t'aider pour un problème similaire…

    • Le 20 novembre 2017 au matin, j'ai voulu réaliser un retrait d'espèces depuis un distributeur automatique de billets (DAB) extérieur adossé à une agence de ma banque (j'ignorais alors que c'était la même enseigne nationale, mais pas la même entité) ;

    • Mon compte étant suffisamment provisionné, le DAB a accepté l'opération, m'a distribué un reçu, mais ne m'a pas distribué les billets : la LED associée à la trappe de distribution clignotait, mais elle ne s'est pas ouverte, puis l'écran est revenu tout seul à la page d'accueil (« insérez votre carte ») ;

    • À mon arrivée à l'intérieur de l'agence, les guichetières étaient en train de traiter ce problème avec un autre client qui a eu le même souci que moi quelques minutes auparavant. Les guichetières m'informent qu'elles ne peuvent rien pour moi car je dépends d'une autre banque régionale de la même enseigne (la filiale Centre Atlantique au lieu de la branche Méditerranée) ;

    • Lors de ma pause déjeuner, je constate que le DAB est désormais marqué comme étant hors service, ce qui semble confirmer l'existence d'un problème. Je n'avais pas d'appareil photo, sinon j'aurais pris une photo. Je pense que ça m'aurait servi dans mes démarches ;

    • Le 25 novembre 2017, je constate, sur mon relevé bancaire en ligne, que la somme correspondante à cette tentative de retrait d'espèces a été débitée de mon compte ;

    • Le 27 novembre 2017, j'ai envoyé une LRAR accompagnée du reçu du DAB à la conseillère bancaire en charge de mon dossier dans mon agence. J'y réclame que l’erreur soit constatée et que mon compte bancaire soit crédité. J'y joins une copie du reçu émis par le DAB. J'ai reçu l'accusé de réception le 30 novembre ;

    • Le 1er mai 2018, soit 5 mois et demi plus tard, je constate que mon compte bancaire n'a toujours pas été crédité. Mon agence n'a même pas cherché à me contacter… Je saisis la DGCCRF. Je joins une copie de mon courrier adressé à mon agence (y compris le reçu du DAB), une copie de l'avis de réception de ma lettre, et une copie caviardée d'un extrait de mon relevé bancaire en ligne attestant l'effectivité du débit ;

    • Le 18 mai 2018, la DGCCRF m'invite à contacter le service réclamations du siège social régional de ma banque puis à saisir le Médiateur de la consommation auprès de la Fédération Nationale des Banques Populaires ;

    • Le 21 mai 2018, j'envoie une LRAR au service réclamations du siège régional de ma banque, à Bordeaux. J'expose à nouveau le problème et ce que je réclame. J'indique avoir saisi la DGCCRF et que je tente ce courrier en dernier ressort suite aux conseils de celle-ci. Je demande également le remboursement de deux LRAR soit 8,80 €. J'y joins une copie du courrier adressé à mon agence (y compris le reçu du DAB), une copie de l'avis de réception de ce courrier, et une copie caviardée d'un extrait de mon relevé bancaire en ligne attestant du débit effectif ;

    • Le 1er juin 2018, je reçois un courrier postal provenant du siège de ma banque m'indiquant le remboursement de la somme débitée à tort. La banque se réserve néanmoins le droit de « débiter [ mon ] compte à réception des justificatifs valides ou de remboursement direct par la banque. ». À tes souhaits ! ;

    • Le 4 juin 2018, je reçois un courrier postal provenant du siège de ma banque, m'indiquant « que les investigations menées ont permis de révéler un dysfonctionnement sur cet automate ». Cette fois-ci, la banque ne se réserve plus le droit de quoi que ce soit ;

    • Le 9 juin 2018, j'envoie une nouvelle LRAR au service réclamations du siège régional de ma banque. J'y expose que mes dépenses en LRAR dépassent 10 % de la somme que je souhaitais retirer en espèces, donc que je maintiens mon exigence d'être remboursé des frais qui s'élèvent désormais à 13,75 € (un LRAR de plus ;) ) et que je me réserve la possibilité de poursuivre mon action auprès de Médiateur de la consommation. J'y joins des copies des LRAR et des justificatifs de paiement des automates de La Poste ;

    • Le 22 juin 2018, je reçois un courrier postal provenant du siège de ma banque. Ma banque vient de me rembourser les 13,75 € de frais.


    Toutes pourries ?

    Sammyfisherjr, tu comprends peut-être pour quoi je ne dialogue jamais « poliment et sans menaces » avec mon agence bancaire ? Car ça ne mène à rien. Ça fait au moins 10 ans que ça ne mène à rien. Les conseillères se sont succédées, mais rien n'a changé, c'est toujours les petites règles décidées par les tocards gradés, couverts par la bureaucratie (un client ne rencontrera jamais les décideurs, même lors des assemblées générales des sociétaires), qui s'appliquent et tu dois la fermer. La politesse est un des moyens utilisés par les puissants pour contrôler les personnes qu'ils pensent plus faibles qu'eux en mode « je satisferais peut-être éventuellement sans doute par hasard sans garantie ta demande si t'es gentil ». Nan mais pour quoi ou qui ils se prennent ?!

    Tu comprends peut-être aussi pour quoi je ne peux pas leur envoyer de petits emails choupinous ? Parce que quand tu ignores une LRAR, tu ignoreras un email. Parce que la verticalité, l'asymétrie des moyens de communication, est l'un des moyens utilisés par les puissants pour se protéger du reste du monde (qui a déjà réussi à téléphoner à son député ou même à parler au PDG de l'entité qui l'emploie ? Y'a toujours un secrétariat). Donc je refuse de jouer les faux semblants en envoyant des emails : on n'est pas copains, je suis client, tu fais ce que je veux, point barre.

    Comme tu peux le constater dans le shaarli que tu pointes, j'ai demandé une « procédure » pour « désactiver / résilier sans frais le service de paiement sans contact de ma carte bancaire ». Je n’ai pas eu de réponse. Que faire quand ce n'est pas la première fois ? Dessiner des fleurs et des papillons à côté de la question qui fâche ?

    Oui, ma manip' est inutilement compliquée. La faute à qui ?

    Alors, la bonne volonté de ta banque était toujours de mise en mai ? :)

    Pour quoi suis-je toujours client de cette banque si c'est la galère pour dialoguer depuis plus de 10 ans ?

    • La certitude que c'est pareil ailleurs. La marque change, l'esprit de domination demeure : elles ont le pouvoir, tu t'inclines immédiatement. Je ne suis pas un client intéressant. Je n'ai pas de crédits. Je ne suis pas un travailleur pauvre, on ne peut pas me prendre des agios à gogo. Je n'ai pas d'épargne. Je ne rapporte rien, donc j'ai aucun pouvoir (oui, j'ai déjà tenté d'être sociétaire avec plusieurs parts, et j'ai déchanté quand j'ai vu le giga-méga-lolilol que constituent les assemblées générales des sociétaires) ;

    • Le prix. Dans le dernier comparatif que j'ai réalisé, en 2011, c'était la banque qui avait les plus petits frais de tenue de compte par rapport à mes besoins. Donner peu de fric, c'est une manière de lutter contre ces organismes vautours ;

    • Je n'ai pas trouvé plus éthique.
      • Le crédit coopératif utilise le réseau de la BPCE donc de ma banque actuelle. Le crédit coopératif joue avec des placements financiers pourris ou sans éthique, comme les autres ;

      • Malgrè plusieurs années de militantisme, la NEF n'arrive toujours pas à proposer des comptes courants, seul produit qui m'intéresse, à cause des contraintes réglementaires. Pour son système d'information, la NEF a choisi d'utiliser un logiciel tout fait leader du secteur plutôt que du logiciel libre (cette piste a été examinée), ce qui contredit mes valeurs. La NEF se repose sur le crédit coopératif pour garantir sa solvabilité, pour réaliser ses audits et pour avoir pignon sur rue. Le crédit coopératif a une action de contrôle sur la NEF, or, tu sais ce que je pense du crédit coopératif depuis le point précédent ;

      • J'aurai aimé participer à créer une banque associative… Malheureusement, les contraintes réglementaires sont difficilement surmontables… Interconnexion avec les autres banques pour les échanges inter-bancaires (il faut bien pouvoir échanger du fric avec des gens non membre de la structure…), partenariats avec des banques pour permettre aux membres de retirer des espèces, démonstration de la solvabilité auprès de l'État qui nécessite plusieurs millions d'euros afin d'obtenir la licence pour ouvrir des comptes courants, etc.
    Tue Aug 7 17:39:39 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?aqgBLQ
  • Google2SRT download | SourceForge.net

    Un logiciel libre (avec des dépendances à des trucs pas libres au sens strict du terme) qui permet d'extraire les sous-titres d'une vidéo Youtube. Attention, il s'agit des sous-titres ajoutés par Google, pas des sous-titres incrustés dans l'image par l'auteur de la vidéo.

    Je m'en sers pour réaliser des transcriptions de vidéos. La qualité du résultat ne repose pas sur ce logiciel, mais sur la capacité de reconnaissance vocale de Google (qui génère les sous-titres). Ainsi, cela fonctionne plus ou moins bien selon les vidéos.

    Notons que le format de sortie est le format SRT. Lors d'une transcription, il faut encore virer les timecode et les retours à la ligne et autres à coup de sed.

    On peut aussi se servir de ce logiciel pour faire une recherche par mot-clé dans une vidéo : extraire les sous-titres, les ouvrir avec un éditeur de texte, utiliser la fonction recherche. ;)

    Tue Aug 7 14:48:07 2018 - permalink -
    - https://sourceforge.net/projects/google2srt/
  • Les vérités de Julian Assange | ARTE Info

    Une entrevue avec Julian Assange tournée en avril 2016.

    Je n'en retiens pas grand-chose : en juin 2015, WikiLeaks a publié le fait que les présidents français et allemands étaient espionnés par la NSA, alors que je croyais que c'était Snowden qui avait publié cette information ; Julian nous parle du marché noir du renseignement dans lequel les services secrets coopèrent entre eux ; Julian pense que les services de renseignement sont forcément inefficaces à cause de leur opacité qui empêche leur mise en concurrence et la vérification de leur boulot ; Julian critique l'ICIJ qui n'a pas publié tous les documents des Panama Papers et qui est financée par des milliardaires américains (ce que l'ICIJ ne nie pas, c'est publié sur son site web…) ; Julian pense que l'élimination sans procès des leaders de l'État Islamique par la CIA a créé une organisation dans laquelle les chefs sont interchangeables, ce qui est encore plus dangereux et ce qui aurait endurci l'EI.


    Lynchages au Guatemala

    Dans mon enregistrement, l'entrevue avec Julian Assange est suivie d'un documentaire sur les lynchages de masse réguliers et institutionnalisés qui se déroulent au Guatemala. Les lynchages sont organisés, genre les habitants bloquent les entrées d'un village durant un lynchage. Les lynchages sont perpétrés par une majorité des habitants d'un village. Toute action peut être passible de coups de machette, de mutilations, de mort par le feu : contourner une manifestation étendue sur une route, voler, etc. Certaines entités (comme le plus grand marché de la capitale) se payent des gardes privés qui assassinent le moindre voleur.

    Qu'est-ce qui explique ça ? 36 ans de guerre civile, ça laisse des traces. Plus une justice corrompue qui punie seulement 2 % des infractions. Plus des flics grandement en sous-effectif. Tout ça fait que les gens veulent se faire justice eux-mêmes.

    Mon Aug 6 23:50:56 2018 - permalink -
    - https://info.arte.tv/fr/les-verites-de-julian-assange
  • Écoles d‘ingénieurs : les frais d'entrée effraient !

    Un bel exemple de lutte contre les inégalités d’accès à l’enseignement, dénoncées haut et fort par les ministres Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal ! Les prestigieuses Ecoles centraies de région (Lille, Lyon, Marseille et Nantes), établissements publics créés pour former des ingénieurs de haut niveau, viennent tout juste de… quadrupler leurs frais de scolarité !

    Maladroits de scolarité

    Dès la rentrée prochaine, les futurs étudiants devront négocier avec leurs parents (ou leur banquier) pour lâcher 2 500 euros par an, contre 615 euros jusqu’à présent, comme l’a rapporté le site Educpros (24/7). Si cette decision du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dont dépendent les différentes Ecoles centrales, a cueilli à froid leurs élèves, elle réjouit leurs dirigeants, qui réclamaient une hausse des droits d’inscription depuis bien des années.

    « Notre budget est de plus en plus contraint, explique Frank Debouck, vice-président du Groupe des Ecoles centrales. Sur la seule Ecole centrale de Lyon, que je dirige, nous avons besoin de rénover le campus, vieux de cinquante ans, mais aussi de financer les nombreuses formations que nous avons ouvertes en quelques années, ainsi que l’augmentation sensible de la taille des promotions. »

    Et de rappeler que la réforme de la taxe d’apprentissage en 2014 a provoqué une baisse notable des montants que les grandes écoles d’ingénieurs collectaient par ce biais. « A Lyon, nous avons perdu 400 000 euros d’un coup, sur un budget de 40 millions. Cette hausse des frais de scolarité ne fera que compenser l’argent perdu. »

    Heu, lol ? 400 000 € c'est 1 % de 40 000 000…


    Il n’empêche. Le dirigeant a beau préciser que les Ecoles centrales accueilent environ 80 % de boursiers et qu’« aucun élève ne sera laissé sur le bord de la route », cette explosion des droits d’entrée ne va-t-elle pas dissuader les étudiants d’origine modeste ou issus des classes moyennes de s’engager dans cette voie ?

    D’après une enquête — citée par « Les Echos » (17/5) — réalisée par le site d’éducation spécialisé News Tank, le coût moyen des écoles publiques d’ingénieurs a déjà bondi de 28 % en cinq ans (de 707 euros en 2012 à 908 euros en 2017), et treize d’entre elles ont doublé leurs frais de scolarité.

    « Le modèle des écoles d’ingénieurs est en train de rejoindre celui des écoles de commerce, très segmenté, entre élèves boursiers d’un côté et élèves issus de familles aisées de l’autre, déplore Grégory Barrère, du Bureau national des élèves ingénieurs. Il est urgent de repenser le choix des sources de financement des écoles publiques si nous ne voulons pas aller vers un système à l’anglo-saxonne. » Pourquoi ? C’est un modèle qui déplaît au sommet de l’Etat ?

    Dans le Canard enchaîné du 1er août 2018.

    Mon Aug 6 18:23:08 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?V72Zaw
  • Caméras de surveillance textes, mensonges et vidéo

    Sans l’affaire Benalla, le pot aux roses n’aurait peut-être jamais été découvert. Depuis des années, la Préfecture de police (PP) fait un usage immodéré, et surtout illégal, des vidéos enregistrées par les caméras de surveillance dont elle a truffé les rues de Paris. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui tombe des nues, vient de déclencher une enquête et un contrôle sur pièces pour connaître l’ampleur des cachotteries. La Cnil l’a d’autant plus mauvaise qu’elle a réalisé l’année dernière une enquête sur la durée de conservation des vidéos de la police parisienne !

    Le rapport est presque achevé, mais il va falloir en durcir les conclusions. Désormais sommé de s’expliquer, docs à l’appui, le préfet de police s’éponge le front : trois de ses flics sont mis en examen pour avoir, le 18 juillet, transmis sous le manteau à Benalla une vidéo tournée deux mois et demi plus tôt, place de la Contrescarpe, par une caméra de la Préfecture de police.

    Open barbouzes

    Des images qui auraient dû être détruites automatiquement au bout de trente jours en l’absence de réquisition judicaire, comme l’exige la loi. Les auditions menées par la police des polices, auxquelles « Le Canard » a eu accès, lèvent le voile sur un système d’archivage clandestin des vidéos mis en place au plus haut niveau de la PP. Dans le dos de la Cnil et des magistrats, les poulets parisiens ont pris l’habitude de faire leur marché parmi les images capturées par les 2 739 caméras de « voie publique », mais aussi dans celles enregistrées par 33 430 « caméras partenaires » implantées dans des gares, des musées, des grands magasins et des centres commerciaux. Puis de les archiver sur DVD-ROM autant de temps que ça leu1 chante.

    Les flics croient pouvoir justifier cette pratique parfaitement illégale en interprétant une note du 21 fémier 2017 signée du directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC) ! Ce document organise la cellule Synapse censée faire de l’analyse stratégique à partir des films vidéo de manifs ou de grands événements. lnvoquant la note du patron de la DOPC, les poulets récupèrent et conservent toutes les images souhaitées. Buffet à volonté !

    Cuisiné par les « bœufs-carottes », le patron de Synapse, poursuivi dans le dossier Benalla pour « détournement d’images de vidéoprotection » et « violation du secret professionnel », a juré ne pas savoir que cette pratique était interdite. Mieux : à l’en croire, tous les pontes de la PP étaient dans la même ignorance. Seul le directeur de l’ordre public a reconnu sur procès-verbal, et du bout des lèvres, « une difficulté juridique ». Mais il a fini par làcher le morceau : « C’est une pratique qui concerne toutes les directions de la Préfecture de police qui ont accès au PVPP (systéme de vidéosurveillance de la Préfecture). » D’habitude peu répressive, la Cnil va-t-elle aller jusqu’à punir les directeurs de la PP en les privant du joystick qui leur permet, depuis leur bureau et zoom à la clé, de piloter n’importe laquelle des caméras qui surveillent la capitale ? Ce serait affreux !

    Résumons :

    • Des vidéos conservées au-delà du délai légal (source). La Préfecture de police de Paris a confirmé. Elle n'avait pas le choix, la vidéo ayant fuité sur des comptes Twitter pro-En Marche, plusieurs journaux ont pu constater que la vidéo provient d'une caméra fixé sur un lampadaire (car, oui, le délai de conservation est porté à 6 mois pour les caméras portatives que les flics ont sur eux, R241-4 du Code de la sécurité intérieure, source). Il y a peut-être d'autres vidéos, soumises, elles à un délai de 6 mois, mais y'a au moins une vidéo dont la durée de conservation est illégale ;

    • Benalla a été spontanément contacté par la PP afin que les images lui servent de preuve suite à la médiatisation de son affaire : « Le soir de la révélation par le quotidien de son implication dans les violences du 1er mai, le chargé de mission aurait reçu « un appel vers 22 heures de quelqu’un à la préfecture de police ». « Alexandre, on a la vidéo du gars et de la fille en train de jeter des projectiles sur les CRS, est-ce que tu la veux pour te défendre ? » lui aurait dit le fonctionnaire. ». Source. La caste de copains, quoi ;

    • Toute la procédure d'accès et d'extraction des images prévue par la loi et la réglementation a été bafoué. C'est bien beau de prévoir des procédures, un registre de consignation des enregistrements et de leur destruction, et tout et tout, quand elle peut être contournée les doigts dans le nez ;

    • L'encadrement pour l'accès aux images n'a pas été bafoué une seule fois, mais plusieurs. La presse évoque même une sorte de routine. La loi n'est donc pas respectée ;

    • Comme d'habitude, la CNIL a œuvré dans l'inefficacité absolue, ce qui signifie que l'un des contre-pouvoirs est totalement aveugle à de pareil faits.

    Si seulement cela peut servir de leçon à toutes les personnes qui ordonnent la pose de toujours plus de caméras dans l'espace public tout en nous promettant que les vidéos seront stockées de manière sécurisée (quoi que ça veuille dire), que leur consultation ne sera pas open bar car il y aura un registre de consignation, qu'elles seront seulement extraites et visionnées sur réquisition judiciaire, etc. Pipeau. En voici une démonstration parmi tant d'autres.


    36 000 yeux espions

    Les policiers parisiens qui ont accès aux images captées par les 36 169 caméras installées dans les rues, le métre, les grands magasins ou les sous-bois sont censés être eux-mêmes surveillés de près. Depuis 2009, un comité d’éthique — composé de persannalités et d’élus nommés par la Ville de Paris et par la Préfecture de police (PP) — est chargé de traquer les abus et de veiller au respect de la vie privée des millions de personnes filmées chaque année. Sauf que ce comité, créé à la demande de l’équipe Delanoë, semble plus tenir du guignol que du gendarme…

    Depuis neuf ans, ses membres n’ont réussi à pondre que deux rapports d’activité, dont le plus récent date de… 2014. Ils ne se sont même quasiment jamais réunis en 2015 et en 2016, malgré les plaintes récurrentes des élus Verts au Conseil de Paris. Depuis, un miracle est survenu : comme l’avoue pudiquement la Mairie, le comité fonctionne « de nouveau depuis le 2 février 2017 ».

    « Fonctionne » est un bien grand mot : ses membres sont dénués de tout pouvoir. Ils n'ont pas le doit de farfouiller dans les ordinateurs de la Préfecture ou de regarder les images archivées dans la salle de commandement de la PP, reliée aux 36 000 caméras.

    En pratique, leur compétence se limite à traquer les caméras qui sont en positien de filmer l’intérieur des appartements (c’est iliégal) et à défendre le droit d’accès des citoyens aux images qui les concernent (une centaine de demandes par an). Et, pendant que le comité d’éthique joue les utilités, le parc de caméras grossit. Depuis 2009, elles ont été multipliées par environ 33 ! Avec l’aide discrète de la Mairie de Paris, qui a obligeamment branché sur la Préfecture ses propres appareils installés dans des parkings et des cités HLM. Mais aussi la collaboration de la RATP, de la SNCF et des patrons de centres commerciaux.

    En toute « éthique », bien entendu…

    Encore un contre-pouvoir bien utile, tiens…

    Dans le Canard enchaîné du 1er août 2018.

    Mon Aug 6 18:12:35 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?vnoQSQ
  • VIDEO. Regardez en avant-première le documentaire "Comment je suis devenue invisible"

    Ce documentaire tourné en 2015 et diffusé en 2016 est un retour d'expérience d'une journaliste qui tente de vivre avec des pratiques du 21e siècle sans pour autant être surveillée en permanence.

    Il y a du bien et du moins bien dans ce film. Les risques sont plutôt bien exposés (flicage par les services numériques, flicage vidéo d'État dans la rue, flicage à usage commercial par les cartes de fidélité et les cartes bancaires, flicage par les compagnies de transport, etc.). En revanche, les bouts de solution sont donnés à toute vitesse (et parfois pas du tout, comme le nom de l'application pour chiffrer ses appels téléphoniques, impossible pour un téléspectateur de noter quoi que ce soit. De même, j'ai un peu de mal à accepter la présente de charlatans de la protection d'identité ainsi que la réponse totalement à côté de la plaque (concernant les solutions possibles) de la présidente de la CNIL.

    Ce que j'aime beaucoup dans ce documentaire, et ce qui le différencie de nombreux autres, c'est qu'il nous force à admettre qu'il faut faire des compromis (c'est-à-dire choisir quelle surveillance est inévitable pour conserver notre mode de vie) et nous adapter en permanence, car il n'y a pas de solution miracle qui résout tous les problèmes d'un coup. Le documentaire expose également qu'il faut agir dans le domaine politique pour changer la législation. Et ça, c'est très rare dans un documentaire.

    Bref, je trouve que c'est un bon documentaire pour mettre le pied à l'étrier à quelqu'un. Évidemment, comme dans toute vulgarisation, il y a pas mal d'oublis et d'erreurs…

    Je retiens :

    • Le kit de survie en ville sensible avec le GPS qui fait volontairement faire des détours, les sous-vêtements qui indiquent la présence de lecteurs RFID dans les parages, le parapluie qui empêche le flicage vidéo de détecter et suivre les mouvements grâce à 256 LED infrarouge, entre autres ;

    • Déjouer la surveillance avec du maquillage. Je connaissais, mais je n'avais pas compris qu'il faut peindre en foncé ce qui est supposé être clair et inversement. Je me demande si cela fonctionne encore à l'heure où, comme le dit un intervenant dans ce documentaire, les caméras sont devenues très précises, au point de comparer la textures et les différentes courbures (visage, nez).
    Sun Aug 5 23:29:20 2018 - permalink -
    - https://www.francetvinfo.fr/internet/securite-sur-internet/video-regardez-en-avant-premiere-le-documentaire-comment-je-suis-devenue-invisible_1371885.html
  • [ Pour tout résoudre, cliquez ici ] L'aberration du solutionnisme technologique. Evgeny Morozov | FYP Editions - Questions de société - Prospective - Cultures numériques - Nouvelle économie

    Un livre qui cause de l'inconscience technologique (on va résoudre tooooous nos problèmes avec la technologie genre un pad, un wiki, un réseau social !), du réductionnisme que constitue une analyse chiffrée de tout, du paternalisme numérique, mais pas que, qui nous empêche de comprendre le monde et d'interagir avec lui, de la ludification de tout dans l'optique de faire participer le citoyen que l'on dénude de tout sens civique, de nos comportements de rats de laboratoires qui réagissons uniquement à des impulsions constamment renouvelées émises par nos joujous numériques, etc.

    Si je devais résumer ce livre en quatre phrases :

    • « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » ;

    • Il ne suffit pas d'acheter sa nourriture à Biocoop pour résoudre les problèmes de la paysannerie et de la production alimentaire, il faut déconstruire les processus et les structures cachés derrière la jolie façade du supermarché, quel qui soit ;

    • L'inefficacité nous protège de l'inhumanité du taylorisme et des marchés financiers (entre autres) ;

    • La technologie ne devrait pas apporter de réponses fermes, mais plutôt de nouvelles questions, de nouveaux débats, de nouvelles délibérations.

    Bien que ce livre soit pompeux, que son auteur soit excessivement agressif dans la manière de présenter les théories et les auteurs qu'il va tenter de déconstruire, il est rigoureux et sourcé, donc j'en recommande vivement la lecture, notamment aux personnes qui pensent qu'un outil numérique (Wikipedia, Internet, le fact-checking, etc.) peut, en lui-même, en dehors d'une analyse plus poussée, résoudre un problème complexe. Comme ceux qui pensent que l'on peut remplacer les agents de la DGCCRF par une FAQ sur le net : un moteur de recherche ne sait pas analyser une situation et y appliquer des compétences juridiques, il sert uniquement à pointer de l'information. Ce n'est pas le même service. Comme ceux qui pensent traiter les problèmes de solitude, de rejet, de manque de confiance en soi dans les relations amoureuses en vendant des poupées gonflables hyper giga mega réalistes. Ce n'est pas du tout la même chose (sans compter la réduction amour = sexe).

    Mes notes ci-dessous.

    Généralités :

    • L'auteur déconstruit deux courants de pensée qui sont liés : le solutionnisme et le webcentrisme.

      • Solutionnisme : idéologie consistant à vouloir quantifier et optimiser tout problème immédiat, de manière superficielle, sans questionner l'éthique de la solution proposée, sans s'intéresser aux structures (sociales, économiques, politiques, économiques, historiques, etc.) dans lesquelles s'inscrit le problème. Recherche de la perfection, de l'efficacité et d'une récompense immédiate en tout temps, pour toute chose, car l'efficacité est considérée comme étant supérieure à l'éthique. Le tout s'inscrit dans la certitude que nous vivons une époque formidable et unique dans l'histoire qui suffit à justifier la solution incomplète proposée. Le solutionniste voit souvent des problèmes où il n'y en a pas. Exemple : vouloir réduire les conflits et l'inefficacité des systèmes politiques est une erreur, car la vie en commun cause des divergences difficilement arbitrables d'où en ressors une vision arbitraire de la politique menée d'où l'on se sent impuissant. La politique est justement le nom de l'on donne à la manière de débarre et de gérer ces conflits.

      • Webcentrisme (que l'auteur aurait dû nommer « internet-centrisme…) : déterminisme technologique. Idéologie selon laquelle ce n'est pas Internet qui doit être régulé, normé, etc., mais les structures existantes qui doivent évoluer. Inutile de préserver la vie privée, Internet l'a transformé en vestige du passé, il faut faire avec ! Non, les échanges numériques de contenus sous droit d'auteur ne doivent pas être régulés, c'est à l'industrie du disque de s'adapter ! Même chose pour le monde de l'édition ou la politique ! L'auteur n'admet pas que les outils techniques comme Internet soient considérés comme étant figés, sur lesquels les hommes ne pourraient rien, comme si ces outils étaient externes à l'histoire, à la culture et aux pratiques humaines. Le webcentrisme est la croyance en laquelle toute chose doit forcément adopter les caractéristiques que l'on prête à Internet (ouverture, transparence, horizontalité, etc.) sans qu'il y ait besoin de s'interroger, car cela découle naturellement. Pourtant, n'y a-t-il pas des cas où l'horizontalité aide à la prise de décision, étant entendu que l'horizontalité la ralentit ? Même remarque pour les autres qualités prétendument intrinsèques à Internet. L'auteur nous invite à faire la distinction entre ce que permet une technologie et ce que nous en faisons. L'auteur note avec malice que la plupart des qualités que l'on associe à Internet sont fantasmées. L'horizontalité ? Essaye d'envoyer un mail au président de la République ou à un chef d'entreprise : t'auras des intermédiaires humains entre toi et lui. L'ouverture ? Celles des normes pour construire le réseau, oui, mais pas le fonctionnement des entités qui jouent sur le net. Le collaboratif d'égal à égal ? Sur Wikipedia / OpenStreetMap, t'as des petits chefs qui censurent et décident de la ligne éditorial.

    • Selon moi, l'auteur n'est pas technophobe. Comme il l'expose, il est de ceux qui préfèrent la cuisine basse température ou la cuisine moléculaire, qui reposent sur de la technologie (circulateurs thermiques, impression de papier comestible, seringues, etc.) et qui contribuent à perfectionner un art et des pratiques, à une cuisine assistée par une application smartphone voire par un ensemble de caméras qui te corrigent le moindre de tes mouvements afin de les optimiser. De même, je préfère une ville intelligente bardée de capteurs (sous réserve de respect de la vie privée) dans laquelle les capteurs récoltent des informations, mais où la décision de s'il faut changer quelque chose, quoi et comment est prise par les citoyens, pas par une machine.

    • L'auteur déconstruit les "politiques du chiffre". D'abord, car toute donnée, y compris chiffrée, doit être interprétée dans son contexte socio-éco-politique. Que nous dit le taux de présence à l'Assemblée nationale ou le taux de réussite à l'école ou le taux d'incarcérations ? Exemple des tendances Twitter : Twitter a fait des hypothèses sur ce qu'est une tendance dans un échange d'idées. Il a choisi une mesure résultant de son hypothèse, il réalise la mesure puis il diffuse ce qui en résulte. Ce n'est donc pas une analyse statistique de tout ce qui est échangé sur le réseau Twitter, juste le regard au travers d'un filtre prédéfini en amont qui biaise la réalité. On réduit donc la qualité d'une information. Ensuite, car chiffrer ne permet pas de résoudre un problème. On mesure les inégalités, les émissions carbones, la hausse de l'obésité et puis ? On a des chiffres, mais plus de compréhension de notre monde. On ignore ce qui se passe derrière notre arrivée d'eau potable, derrière notre arrivée électrique, derrière la collecte de nos ordures, derrière le mot cloud… Or, ce qui se passe derrière tout ça (les processus, les structures, etc.) pourrait avoir un impact environnemental, bien plus qu'une réduction d'une consommation individuelle. Enfin, les chiffres restent dans le carcan de nos normes. Exemple : pour réduire notre impact environnemental, ne devrions-nous pas remettre en question nos pratiques comme laver notre linge après un unique usage, cesser d'utiliser la clim et changer nos méthodes de construction, etc. au lieu de mesurer et réduire nos consos ? Enfin, les chiffres sont une absence de sens qui nous paralyse : « que faire ?! » Sans compter l'effet trompe-œil : réduire notre consommation de graisse ne dit rien de notre consommation de sel. Réduire notre consommation en eau ne dit rien sur la qualité de la production et de la qualité du circuit de livraison… S'il perd 40 % de la flotte, nos petites économies ne pèseront pas lourd.

    • Pour l'auteur, l'autosuivi avec des capteurs corporels constitue du solutionnisme car c'est basé sur une politique du chiffre et ça ne prend pas en compte le contexte socio-économique. En effet, que fait-on des pauvres ou des malades qui n'ont pas le temps de se mettre à l'autosuivi, car ils font plusieurs jobs pour survivre ? Et s'ils s'y mettent, que vont-ils découvrir ? Qu'ils manquent mal avec trop de graisse, par manque de revenus pour se payer mieux ? Qu'ils ne vont jamais au club de gym car l'adhésion est chère et qu'ils manquent de temps ? L'autosuivi profite aux riches et aux bien portant. Pour les autres, ça sera une prime d'assurance en hausse, une confirmation de leur impuissance en ce monde qui déclenchera peut-être une dépression. Sans compter que les capteurs peuvent relever de la prophétie autoréalisatrice : si les capteurs de qualité du sommeil détectent un truc qui nous a échappé jusque-là, cela peut générer de l'anxiété… à même de causer des troubles du sommeil…

    • Pour déconstruire la prédiction du crime, l'auteur la considère comme une incapacité morale. Elle empêchera le citoyen d'être disposé à l'honnêteté. Elle mettra la morale en pilote automatique. Dès lors, la responsabilité sera transférée au créateur de l'objet qui était censé empêcher ce citoyen de faire une action. Pour se protéger, ce créateur aura tendance a vouloir toujours plus maîtriser et contrôler le citoyen.

    • La mémoire infinie constituera une tyrannie de commodités sociales. L'auteur cite l'exemple d'une personne qui prend toute sa vie en note et en photo (1 toutes les 30 secondes). Lors de l'anniversaire d'un ami, celle-ci s'est senti obligée de faire un discours avec tout un tas de références à des moments vécus avec son ami… C'est quand même la moindre des choses, non, quand on a une bonne mémoire ? Je pense pour ma part que l'on entrera dans une tyrannie du non pardon et de la rancune. La nostalgie ne consiste pas à se souvenir de tout avec précision, mais consiste à sélectionner des moments forts d'un temps révolu et à les déformer.

    • La ludification, c'est-à-dire de faire de toutes les situations du quotidien un jeu avec des récompenses, fera que la réflexion et l'éthique ne détermineront plus la vie politique. Elles seront remplacées par une combinaison d'incitations (et non plus d'arguments) qui seront détournées pour le profit d'un petit nombre de personnes. Cela constitue une fuite de nos responsabilités citoyennes. Deviendrions-nous incapables de résoudre des problèmes qui n'auraient pas étaient transformés en jeu au préalable ? La ludification constitue une coercition douce. L'URSS attribuait des points et des badges aux étudiants afin de les forcer à la récole dans les champs.

    • L'auteur nous parle également des infrastructures de contrôle. Il compare ainsi le métro de New York à celui de Paris. L'architecture de celui de New York est construit pour éviter toute fraude (les portiques sont complets, impossible de jouer à saute-mouton avec). Celui de Paris est plus libre et repose sur des contrôles a posteriori (et un peu de surveillance, l'auteur oubli de le mentionner). L'auteur expose que l'architecture de New York constitue du solutionnisme : elle a était construite dans un but chiffré de rentabilité sans se poser plus de questions. L'auteur trouve cela dangereux car il pense que nous allons devenir incapable d'avoir un bon comportement quand l'infrastructure ne nous y contraindra pas.

    • Au final, l'auteur nous expose qu'aucune des solutions modernes que nous trouvons géniale n'est vraiment innovante. Le LiquidFeedback du Parti Pirate est l'équivalent des réunions des permanences locales d'un parti politique traditionnel, des enquêtes et des sondages qui y circulent pour connaître les sujets d'intérêt de la base. Il faut plus qu'une plateforme comme cela pour politiser les citoyens avant l'action. De même, toute l'action du Parti Pirate, l'idée de croire que les gens peuvent transcender les partis, constituer leurs propres petits groupes pour défendre leurs intérêts particuliers, découle de la philosophie du volontarisme veille de plusieurs décennies. Il n'y a rien de neuf non dans l'autosuivi : Galton comptait et notait les femmes qu'il croisait et son ennui, Fletcher comptait sa mastication pour trouver celle qui serait idéale, etc. Tout ça prend place fin 19e siècle, début 20e… Le télégraphe, la radio, le cinéma et la TV ont aussi étaient perçues comme des manières de communiquer plus, de manière plus ouverte et de partager des cultures différentes, donc de réduire les malentendus entre peuples et ainsi de créer une meilleure humanité… Au final, même ce débat sur la technologie et le déterminisme technologie n'est pas nouveau : Voltaire et Rousseau avait déjà débattu dessus. Rousseau pensait que le progrès est libérateur. Voltaire non. Kant pensait que le progrès technique entraîne forcément un progrès moral, donc qu'il n'y a pas de déterminisme.



    Je pense que l'auteur se trompe sur plusieurs points :

    • Je pense que le besoin de réparer les choses (politique, éducation, culture, transmission du savoir, etc.) est induit par le côté encapacitant d'Internet, de sa structure qui incite à être actif, au faible coût pour intervenir sur le réseau. Ainsi, contrairement à l'auteur, je ne pense pas qu'une culture "je veux réparer le monde" constitue du webcentrisme.

    • L'auteur nous explique que les webcentristes sont des imbéciles, car ils ne voient pas la fin de leur invention. Il prétend que si l'on retournait dans le passé, qu'on informait les bidouilleurs de radios que leur techno sera supplantée, ils réagiraient forcément en mettant fin à leur invention, pas en voulant imposer à tout prix leur invention, comme ce que l'on fait aujourd'hui avec Internet. Je réponds que c'est impossible : Internet et ses caractéristiques leur seraient inconcevables. Nous passerions pour des fous et ils ignoreraient complètement notre tentative de les informer.

    • L'auteur confond parfois les usages qu'Internet peut avoir (casino, La Poste, supermarché, etc.) et ses propriétés (acentré, favorisant l'horizontalité, etc.).

    • L'auteur confond parfois le fait que nous nous engouffrions dans des pratiques technocratiques au motif que c'est nouveau, avec l'envie de tenter des choses. C'est ainsi le cas quand il évoque le parti pirate et sa volonté de faire de la politique autrement.

    • Pour nous faire constater la folie actuelle, l'auteur nous expose qu'il n'y a pas si longtemps encore, l'innovateur était considéré comme un tricheur, comme un hérétique. Je réponds que c'est la conséquence d'un contexte religieux pesant, pas d'une prise de conscience morale des sociétés passées.

    • L'auteur se contredit parfois, notamment quand il expose qu'on ne devrait pas réclamer la transparence pour la transparence, avant de le faire lui-même à propos des algorithmes Facebook qui devraient être connus de tous compte tenu de leur impact sur nos vies, ou quand il expose qu'une démocratie autre que représentative ne peut pas fonctionner car les citoyens ne sont pas omniscients, ils ont autre chose à faire… parce que les politiciens sont plus omniscients, peut-être ?



    Divers :

    • L'auteur confond solutionnisme et avis divergeant. Tout dépend de ce que l'on cherche à obtenir. Exemple : en ce qui me concerne, Yelp (une agglomération de l'avis des foules sur des restaurants) convient beaucoup plus à mes désirs qu'un guide gastronomique. Simplement, car je n'aime pas manger raffiné, je me moque de manger, je mange par nécessité. Suis-je solutionnisme pour autant ?

    • Problème de la démocratie liquide : comment, sur quels critères expertiser l'expert à qui l'on délègue tel ou tel sujet ? Où les trouver ? Celui qui gueule plus fort ? Celui qui est dans la même caste que la mienne ?

    • Automated Insight & Narrative Science pondent des articles de presse automatiques. L'auteur prédit que, bientôt, nous allons avoir des articles personnalisés selon les centres d'intérêt de chacun grâce au pistage. Ainsi, on renie toute volonté de changement, de s'ouvrir d'un citoyen.

    • Le numérique est-il vraiment synonyme de désintermédiation ? On passe d'un réseau de pair voire d'une agence matrimoniale à Meetic. On a ajouté un intermédiaire. On passe certes d'un éditeur+libraire+diffuseur à Amazon+opérateur réseau. On a concentré des fonctions, des rôles dans un même acteur. Sans compter tous les intermédiaires numériques (FAI, hébergeurs, fournisseurs de services)… Pour aller à la librairie, j'utilise une route financée par mes impôts.

    • Il existe des systèmes d'exclusion brutale (que l'on nomme « stratégie du videur ») ou une ambiance d'exclusion (exemple : un restaurant qui choisi sa clientèle par le prix, l'obligation de réserver, l'exigence d'une certaine tenue vestimentaire, des menus raffinés qui dissuadent les gens humbles, etc.). L'auteur cite par exemple les plages américaines réservées à telle ou telle communauté sur lesquelles il n'est quand même pas interdit de tenter de s'intégrer, alors que la stratégie du videur, préventive, ne donne aucun espoir. La stratégie du videur donne plus de contrôle à l'entité qui l'emploie. Dans le monde numérique, le videur a besoin de plus de données sur nous afin de mener à bien son tri.

    • L'auteur expose que le Printemps Arabes a été amoindri par l'horizontalité des militants utilisant Internet, car, quand il a fallut se structurer pour entrer dans le processus d'élection, vlam, le mouvement s'est heurté à son incompétence en la matière et a donc perdu face à des partis déjà très bien structurés pour ce type de combat. Mon avis est qu'il est très réducteur de penser qu'Internet a eu un impact décisif sur le Printemps Arabe, qui était avant tout un ensemble de révolutions conduites par des gens AFK motivés.
    Sun Aug 5 19:31:53 2018 - permalink -
    - http://www.fypeditions.com/resoudre-laberration-du-solutionnisme-technologique-evgeny-morozov/
    fiche-lecture
  • 99 dessins pour ne plus faire de fautes - - Sandrine CAMPESE (EAN13 : 9782360753611), Éditions de l'Opportun : découvrir, rire et surprendre

    Ainsi que 99 nouveaux dessins pour ne plus faire de fautes.

    L'auteure nous propose d'utiliser des dessins mnémotechniques afin de se souvenir de la graphie des mots. J'ai trouvé l'idée originale, d'où ma lecture de ces deux ouvrages. D'autant que je me trouve trop dépendant des correcteurs orthographique et grammatical…

    Ces livres se concentrent essentiellement sur les homophones, c'est-à-dire des mots qui se prononcent de la même façon, mais qui s'écrivent différemment (cession / session, pause / pose, quand / quant, détonant / détonnant, etc.), et sur des mots qui ont une orthographe proche mais un sens différent (exhausser / exaucer, discerner / décerner, collision / collusion, hiverner / hiberner, etc.). On y trouve aussi des rappels de règles d'utilisation des mots (comme le bon usage des verbes apporter un objet / amener une personne ou de naguère / jadis (plus vieux dans le temps) ou le fait que « autre alternative » et « double alternative » sont des pléonasmes), des rappels orthographiques (connexion, accueil, câlin, aborigène, marc de café, acquit de conscience, etc.) voir des rappels concernant des noms propres (Victor Hugo, Simone Weil (philosophe) / Simone Veil (IVG), etc.).

    Ces livres devraient être lu par les opposants à la féminisation des mots et des expressions voire à toute forme d'évolution de la langue. Les nombreuses explications de l'auteure leur montrerait que notre langue a beaucoup évolué, avec de nombreuses guéguerres de linguistes / grammairiens : sens dessus dessous (c'en -> sans -> sens pendant plus de 7 siècles), amende / amande et ancre / encre (qui ont pris l'orthographe de l'autre au fil des siècles), etc.

    Sat Aug 4 12:47:52 2018 - permalink -
    - https://www.editionsopportun.com/produit/82/9782360753611/99-dessins-pour-ne-plus-faire-de-fautes
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  • Contre l'état d'urgence - Paul Cassia - Dalloz - Grand format - Dalloz Librairie PARIS

    Ce livre nous propose un bilan de l'état d'urgence qui a été instauré en France entre le 14 novembre 2015 et le 31 octobre 2017.

    Il s'agit d'un bilan à mi-parcours : le livre ayant été publié en 2016, il ne prend pas en compte les derniers dénouements comme la censure constitutionnelle du fait que les préfets pouvaient autoriser les contrôles d'identité + les fouilles de bagages + les fouilles de véhicules sur de longues durées (24 heures renouvelables) et sur de larges zones géographiques (jusqu'à l'intégralité du département), ou le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » qui transpose toujours plus de mesures exceptionnelles de l'état d'urgence dans le droit ordinaire, ou la confirmation que le régime des perquisitions administratives est soi-disant conforme à notre Constitution sauf la copie / saisie de données informatiques qui nécessite une autorisation d'exploitation d'un juge (administratif) et qui ne peut pas être conduite si la perquisition ne permet pas de découvrir des infractions.

    J'avais besoin de ce livre-bilan afin de sortir mon nez du guidon, d'avoir un panorama de tout ce qui a été fait pendant l'état d'urgence, et de m'en souvenir à l'avenir. En cela, ce livre, bien qu'un peu pompeux à lire, atteint son objectif : il donne une vision plutôt claire de tout ce merdier.

    Je retiens : une législation d'exception inutile pour lutter contre le terrorisme, mais qui a bien servi contre des militants, un emballement de tous bords politique pour conduire une course à l'armement législatif, et des autorités de contrôle (Parlement, Conseil d'État, Conseil constitutionnel) dépassées par les événements.

    Ci-dessous, mes notes.

    Généralités :

    • Nous avons entendu beaucoup d' hyperboles (fin de l'état droit, etc.), mais qu'est-ce que l'état d'urgence ? C'est l'ajout et l'activation d'une législation exceptionnelle. L'état de droit est conservé, mais des garanties changent et les mesures répressives sont élargies à tout le monde au lieu d'être cantonnés à des suspects prévus par la loi (fiscalité, immigration, etc.). C'est un nouvel équilibre entre libertés individuelles et ordre public (ce dernier a toujours été privilégié par la France, par tradition). Dès sa création en 1955, les députés sont honnêtes sur la nature de l'état d'urgence : l'état d'urgence institue un état intermédiaire entre la situation normale et l'état de siège. Le second perturbe trop la vie du pays, la première ne permet pas de répondre au climat d'insécurité car le gouvernement est « entravé par le fait que le régime normal dans un pays de liberté a pour fondement le respect strict des droits individuels » ;

    • L'article 15 de la Convention européenne des droits de l'homme, ratifiée en 1974 par la France, prévoit qu'un État peut déroger aux droits et libertés qu'elle protège en cas de péril tout ça. La France a indiqué au Conseil de l'Europe que l'état de siège, l'article 16 de notre Constitution (plein pouvoir au Président) et l'état d'urgence entre dans ce cadre (#CEDH #dérogation);

    • Rappelons qu'il n'y a pas de définition de ce qu'est le terrorisme en droit français ;

    • Les mesures aggravées de l'état d'urgence (perquisitions, fouilles, etc.) sont prises dans un deuxième décret que celui qui instaure l'état d'urgence. Ce deuxième décret précise les territoires d'application de ces mesures aggravées.

    Inefficacité et dérives des mesures utilisées

    • Les mesures les plus utilisées durant l'état d'urgence ont été les perquisitions administratives, les assignations à résidence et les interdictions de séjour. Les deux dernières ont permis de boucler chez eux les contestataires politiques (COP 21, loi Travail). Les premières ont permis aux services de mettre à jour leurs bases de données. C'est pour ça que, dès novembre 2015, un régime de copie des données numériques locales et distantes a été introduit dans la loi. Les attentats contre Charlie et celui du Bataclan ont été organisés depuis la Belgique… À laquelle notre état d'urgence ne s'applique pas… Les terroristes sont venus en France au dernier moment, en mission éclaire. La DGSI l'a déclaré au Parlement : « Il n'y a pas de cellule logistique en France ». À quoi bon les perquisitions, alors ? ;

    • À quoi servent les assignations à résidence ? 81 % des assignés à résidence étrangers en attente de renvoi vers leur pays se font la malle. Durant l'état d'urgence, on a donc bien enfermé des innocents, sinon ils se seraient tiré pour commettre leur acte ou s'enfuir. De même, le couple de policiers tué le 13 juin 2016 à Magnanville était voisin de leur meutrier. L'assassin du curé de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray portait un bracelet électronique, il était dans son délai de sortie de quatre heures par jour et dans son périmètre de sortie (liberté conditionnelle, soupçonné d'appartenir à une association de malfaiteurs en relation avec entreprise terroriste) ;

    • 88 % des perquisitions conduites jusqu'en mai 2016 ont visé des personnes irréprochables sur le plan pénal. 100 % de ses perquisitions n'avaient aucun lien avec le terrorisme ;

    • Et là, dans cette précipitation, il a fallut obéir à une politique des quotas comme le révèle le syndicaliste Alexandre Langlois, en poste aux Renseignements Territoriaux des Yvelines. « Lorsque l'État d'urgence a été décrété, notre chef de service nous a réunis pour nous transmettre les instructions ministérielles. Il nous a dit : « Maintenant, il faut faire des perquisitions administrative en masse. On doit donner au ministère un nombre de perquisitions à faire. Organisez-vous, il nous fait trois objectifs par nuit ! » Les premiers temps, ça allait. Les gens que l'on choisissait étaient des suspects sérieux. Petit à petit, on a fait le tour et le choix des objectifs a été de moins en moins pertinent ». L’état d’urgence s’éternise. Une nouvelle réunion a lieu. « Il nous a été dit : “Là, il faut ralentir la cadence. Il faut qu’on tienne sur le temps médiatique. Alors n’en faites pas trop car après on n’aura plus personne. Désormais, ce sera une perquisition par nuit ! Il faut que ça dure !” Mais, même comme cela, c’est devenu n’importe quoi. Je me souviens que pour l’un des perquisitionnés, cela reposait sur le simple fait qu’au travail, il avait refusé de serrer la main d’une femme mais c’était sa supérieure. Donc peut-être qu’il avait refusé de serrer la main, non pas parce que c’était une femme mais parce qu’il ne s’entendait pas avec son chef. C’est plutôt léger comme soupçon. Notre travail, en principe, c’est de faire la part des choses entre les gens vraiment dangereux et ceux qui ne le sont pas. Les commissariats locaux désignent eux aussi des objectifs à perquisitionner. « Mais, eux, leur filon d’islamistes s’est épuisé encore plus vite que nous, poursuit Alexandre Langlois. Alors pour remplir les quotas, certains ont fini par mettre sur la liste des gens qui n’avaient rien à voir avec l’islam radical ou le terrorisme. Les mauvais coucheurs de leurs circonscriptions, les petits délinquants qui leur pourrissent la vie, ceux insuffisamment condamnés à leur goût, etc. Les collègues des commissariats me racontaient : “Tiens, lui, le juge ne lui a pas mis le compte. Très bien, on va aller péter sa porte.” Voilà, c’est ça, l’état d’urgence. » Plusieurs policiers, dans différents services de renseignement, nous ont confirmé la pertinence très aléatoire des cibles choisies pour les perquisitions nocturnes. Sollicité par mail, le ministère de l’intérieur n’a pas répondu à notre proposition de commenter nos informations. (source)

    • Tout l'arsenal de l'état d'urgence a pour effet de transférer une dangerosité collective, une responsabilité collective vers l'individu. De même, on mélange le comportement passé et des intentions futures présumées pour prendre des mesures de restriction de libertés (c'était déjà le cas lors de l'interdiction du spectacle de Dieudonné en 2014…) ;

    • L'état d'urgence a été appliqué aux départements d'outre-mer alors que les services de renseignement n'avaient pas d'alerte concernant ces localités ;

    • Le championnat de foot, qui a justifié une prolongation de l'état d'urgence pouvait être traité par la loi 2016-564.

    Malgré tout, l'état d'urgence est élargit sans cesse… sans plus de résultats :

    • L'élargissement des mesures répressives a été permanent en moins d'un an. On est passé d'une fouille des bagages autorisée par le procureur à une fouille autorisée par le préfet ; On est passé d'une fouille autorisée pour les véhicules et lieux de transport en commun (loi 2016-339) à une fouille de tout véhicule en tout lieu ; On est passé d'une interdiction de sortie du territoire limitée dans le temps en 2014 à une interdiction renouvelable à l'infini en 2016, etc. ;

    • On a un pêle-mêle de dispositions législatives : geler les avoirs financiers de personnes susceptibles de financer le terrorisme (loi antiterro de 2014) ; sanctionner l'entrave au blocage de site web faisant l'apologie du terrorisme (loi de réforme pénale de 2016) ; utiliser les techniques de renseignement (comme les données de connexion) pour prévenir le maintien d'une association dissoute (article 6.1 de la loi du 3 avril 1955 modifiée par la loi du 20 novembre 2015) ; le ministre de l'Intérieur peut ordonner le filtrage des sites web faisant l'apologie du terrorisme sans avis de la personne qualifiée de la CNIL, avis qui est nécessaire si l'on utilise la LCEN modifiée par la loi antiterro de 2014 (II de l'article 11 de la loi du 3 avril 1955 modifiée par la la loi du 20 novembre 2015) ;

    • Manuel Valls nous a vendu un attentat déjoué avant l'Euro… C'est vrai, mais ce n'est pas grâce aux mesures de l'état d'urgence, mais grâce au travail judiciaire des flics et juges dans le cadre d'une procédure judiciaire. Même chose pour Boulogne-Billancourt-Argenteuil ; La commission d'enquête parlementaire a identifié 10 projets d'attentats entre janvier 2015 et juin 2016, dont 5 se sont déroulés durant l'état d'urgence, et un seul lui semble réaliste (cas de MIK de Tours), bien qu'on lui prête de nombreuses intentions… ;

    • La DGSI et la DGSE ont déclaré au Parlement que toutes les mesures de l'état d'urgence sont inutiles, qu'il faudra utiliser d'autres méthodes pour endiguer le terrorisme. Voir : http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20160215/etr.html#toc3 . Elles sont rejointes par la NSA pour indiquer que le chiffrement rend la surveillance de masse de plus en plus inefficace. Voir : Attendats et chiffrements.

    Les autorités de contrôle sont défaillantes :

    • Dès 1999, le Conseil constitutionnel a restreint son interprétation de l'article 66 de notre Constitution qui prévoit que le juge judiciaire est garant des libertés individuelles. Petit à petit, il rattache la vie privée, la liberté d'aller et venir, l'inviolabilité du domicile, la retenue administrative durant une perquisition, la fouille de bagages & véhicules, etc. à d'autres articles Constitution et de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Il fait la différence entre une privation de liberté (qui nécessite un juge judiciaire) et une restriction (qui n'en nécessite pas). Cette différence est parfois contestable : une assignation de 12h (compromis entre les 8h voulu par le gouvernement et les 16h voulues par l'opposition) est une restriction, au-delà ce serait une privation. Ouais, les politiciens ont obtenu ce qu'ils voulaient, quoi.

    • Comme on le constate au point précédent, le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État ont transpiré pour justifier des mesures de l'état d'urgence… Ainsi, les dispositions législatives des perquisitions conduites entre le 14 et le 20 novembre 2015, placées sous le cadre de 1955, étaient illégales. Le Conseil constitutionnel l'a reconnu, mais il a refusé de les abroger, car ça aurait eu des effets démesurés. De même, l'interdiction de sortie du territoire, reconnue constitutionnelle, pourrait ne pas être conforme à la convention européenne des droits de l'homme qui dispose que toute personne peut quitter tout territoire… Le gouvernement craint son illégalité depuis le début… On peut supposer que les abrogations consenties (voir début de ce shaarli) l'ont été avec l'accord du gouvernement ;

    • Dans la loi de 1955, des délais étaient prévus pour que la justice administrative se prononce sur des interdictions de séjour et assignations. Si le délai était dépassé, cela profitait aux victimes de ces mesures : les mesures prenaient fin. Aujourd'hui, on fait confiance aux référé-liberté et référé-suspension… Qui ne s'appliquent pas à tout (notamment pas aux perquisitions qui ne peuvent être suspendues puisque elles sont terminées avant que le juge soit saisi…) et dont le délai prévu par les textes, 48h, est indicatif. Beaucoup de dossiers ont ainsi traîné durant l'état d'urgence…

    • Un juge judiciaire saisi a priori ne pourrait peut-être pas éviter les dérives que nous avons connues, car il sera saisi sur des notes blanches émanant des services de renseignement et il n'aura pas le temps de mener une enquête… Or, ces notes sont bâties exclusivement à charge et pour faire peur. Le livre expose le cas d'une personne accusée de monter des vidéos mettant en scène des référents religieux impliqués dans le djihad, de tenir des prêches à caractère prosélyte prônant l'instauration de la charia et le djihad armé, et de s'être rendu récemment en Syrie… Le juge administratif saisi après coup a constaté que tous ces éléments étaient faux… Ces notes blanches sont difficiles à démonter puisque l'accusé doit prouver ce qu'il n'a pas fait… ;

    • Malgré tout ça, 8 des 9 interdictions de séjour prises à l'encontre de militants anti loi Travail ont été cassées par les tribunaux. De même pour de nombreuses assignations à résidence de militants écolos. Notons l'argument employé devant le Conseil d'État pour justifier les assignations à résidence de militants écolos : leur mouvement contestataire pourrait détourner l'attention des flics, ce qui nuit à la lutte contre le terrorisme donc augmente le risque d'atteinte à l'ordre public…

    Divers :

    • Le fichier des personnes recherchées dont les fiches S sont une sous-section est maintenu par 13 agents, qui ajoutent des fiches suite à des soupçons émis par la famille et/ou les amis. Ces soupçons sont souvent n'importe quoi… ;

    • Un cavalier législatif, c'est-à-dire l'insertion, dans un texte en débat au Parlement, d'une disposition qui n'a aucun lien / rapport avec l'essence du texte en débat ne peut pas être retoqué lors d'une QPC. Seule une saisie du Conseil constitutionnel par le Parlement permet de faire analyser cette disposition…
    Sat Aug 4 12:39:57 2018 - permalink -
    - https://www.librairiedalloz.fr/livre/9782247168750-contre-l-etat-d-urgence-paul-cassia/
    fiche-lecture
  • Décision n° 2017-682 QPC du 15 décembre 2017 - Communiqué de presse | Conseil constitutionnel

    Ho, je n'avais pas suivi : la deuxième version du délit de consultation habituelle de sites web faisant l'apologie du terrorisme, introduite dans la loi relative à la sécurité publique de 2017, a été censurée par le Conseil constitutionnel en décembre 2017.

    Sat Aug 4 11:54:46 2018 - permalink -
    - https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2017-682-qpc-du-15-decembre-2017-communique-de-presse
  • | NOTHING TO HIDE

    Documentaire datant de 2017, sous licence CC-BY-NC-ND, qui traite de l'acceptation de la surveillance de masse dans nos sociétés et qui argumente contre le fameux « je n'ai rien à cacher ». J'ai participé à son financement participatif et j'en suis satisfait, car je le trouve compréhensible par le grand public. Les personnes interrogées sont intéressantes : Louis Pouzin, Jérémie Zimmermann, Fabrice Epelboin, Thomas Drake (lanceur d'alerte de la NSA avant Snowden), Vera Lengsfeld (personne espionnée par la Stasi), Joël Domenjoud (activiste écologiste français assigné à résidence sans jugement lors de la tenue de la COP 21 à Paris suite à des notes extrêmement floues qui peuvent tout et rien dire provenant des services de renseignement, notes qu'il a pu récupérer), etc.

    Ce film expose les arguments habituels contre le fumeux « je n'ai rien à cacher » : on dit « je n'ai rien à cacher » de peur d'avoir à admettre que la surveillance de masse existe vraiment et de passer ainsi pour un fou coiffé d'un chapeau en aluminium ; en moyenne, 60 % des gens d'une population enfreignent régulièrement la loi (oui, les entorses au code de la route, ça compte) ; la surveillance détruit l'intimité, ces moments où nous sommes vraiment nous-mêmes seul ou à plusieurs, où nous expérimentons, où nous créons, où nous vivons ; si ta vie actuelle est sans intérêt, peut-être que, demain, tu te révolteras contre un projet d'expropriation de tes terres ; la surveillance octroie un pouvoir démesuré aux États qui peuvent devenir des États policiers très rapidement.

    Ensuite, ce documentaire soumet une personne quasi lambda à une surveillance d'un mois de son téléphone et de l'historique de navigation web de son ordinateur. Lorsqu'on lui dresse son profil une fois l'expérience terminée, cette personne semble déstabilisée et mal à l'aise. Pourtant, il n'a rien fait de foufou, en effet. Notons que cette personne a demandé à ce que son graphe social (avec qui il échange, quand, à quelle fréquence) n'apparaisse pas. Notons bien que quand c'est un service numérique ou un État qui te flique, tu n'as pas ce choix.

    Enfin, le film dresse une petite liste des outils habituels pour se protéger (Signal, TOR Browser, Duck Duck Go, profiter du droit européen pour demander à une société commerciale de te communiquer toutes les données qu'elle détient te concernant, etc.).

    Fri Aug 3 23:14:32 2018 - permalink -
    - https://nothingtohidedoc.wordpress.com/
  • Livre Surveillance:// de Nitot - C & F Éditions

    Un livre de Tristan Nitot, publié sous une licence libre (CC BY-NC), qui nous cause de la surveillance marchande et étatique des services numériques. Les risques qui pèsent sur nos données personnelles (piratage, constitution d'un dossier à charge à partir de ce que nous publions en ligne afin de nous faire chanter, employé malhonnête, dénonciation de comportements aux autorités par les services numériques selon leur propre morale interne, surveillance étatique) sont très bien exposés. Les pistes évoquées pour éviter de subir tout ça se trouvent dans un consensus acceptable donc atteignable par des débutants… même s'il ne me paraît pas sain d'encenser le modèle économique d'Apple basé sur la vente de matérielle plutôt que la revente en douce de nos données personnelles.

    Je recommande la lecture de ce livre par des débutants.

    Mes notes :

    • Les données personnelles affectent la relation de pouvoir entre un citoyen et l'État et entre un citoyen et une société commerciale qui publie un service numérique. Exemples : comment puis-je avoir confiance en une société commerciale si je ne peux pas comprendre comment elle prend des décisions me concernant ? Comment vais-je réagir face à Facebook qui cachent certains messages de mes amis et m'en montre d'autres sans que je sache pourquoi ? Ces relations déséquilibrées sont frustrantes, car elles créent chez chacun de nous un sentiment de faiblesse et d'impuissance. La surveillance étatique augmente la défiance du citoyen envers l'État.

    • La vie privée est relative à un cercle d'individus : je partage ce que je veux, à qui je veux. En cela, nous avons tous quelque chose à cacher à quelqu'un.

    Je relève quelques fautes :

    • Le GPS ne permet pas de nous localiser. Le positionnement GPS est passif, l'équipement (comme un smartphone) récupère des ondes émises à touuuut le monde par des satellites et effectue une triangulation. Ce sont certaines applications qui font fuiter la position GPS, ce n'est pas une propriété intrinsèque d'un récepteur GPS ;

    • Le croisement des données personnelles de différents citoyens, bien que possible, serait imaginaire. Heeeeeeeeeeeeu… Quand on voit que quelques gros acteurs (Google, Facebook, Amazon, etc.) dominent l'écosystème numérique, c'est évident qu'un tel croisement se fait, juste nous n'en avons pas encore d'illustration, tout comme nous refusions de croire à une surveillance de masse étatique avant que Snowden nous montre les documents qui attestent son existence.
    Fri Aug 3 15:48:16 2018 - permalink -
    - https://cfeditions.com/surveillance/
    fiche-lecture
  • Injuriez-vous ! - Julienne FLORY - Éditions La Découverte

    La quatrième de couverture de ce livre évoque l'analyse des injures (qui « renfermeraient des mystères »). Il n'en est rien, il y a des dictionnaires des injures pour ce faire. Non, ce livre nous expose ce qu'est une injure, dans quel contexte, quelles est sont ces utilités, etc. Malgré cela, ce livre est intéressant.

    Mes notes :

    • Existe-t-il une différence entre insultes et injures ? Il n'y a pas d'accord entre les linguistes. Le droit français reconnaît seulement les injures. Contrairement au juron, l'injure et l'insulte présupposent un destinataire, c'est toute la différence entre un « putain ! » ou « merde ! » (jurons) et « putain, va ! » ou « grosse merde, va ! » (injures). Les injures forment un ensemble de mots et d'expressions plus vaste que les insultes, car elles reposent sur l'interprétation de l'énonciation (« pauvre cloche ! » peut être vu comme une insulte ou comme une injure, car elle ne nécessite pas d'interprétation : « ta mère est plus souvent au bistrot qu'au boulot » est une injure, car il faut interpréter). L'injure peut être perçue comme étant plus intentionnelle que l'insulte dans la volonté de blesser autrui ;

    • Les injures permettent de faire court quand il n'est pas possible d'établir un dialogue sur le temps long. Exemple typique : deux automobilistes s'injurent, car ils n'ont que quelques secondes pour échanger à propos de leur différend ;

    • Les injures reposent sur des tabous, sur des non-dits. C'est pour cela qu'elles sont très souvent à connotation sexuelles. Les injures sont donc des marqueurs de l'évolution de nos sociétés ;

    • Injurier peut être vu comme de l'anti-politesse, c'est-à-dire refuser le langage courant normé pour lui préférer, celui tout aussi normé, des tabous. D'où un petit côté « cool » quand cela est bien fait. De même, l'injure, tout comme le langage courant, permet d'identifier l'appartenance sociale d'une personne. Que dire de l'outrage envers le président de la République (qui n'existe plus depuis 2013) ? Un président peut poursuivre quelqu'un pour outrage tout en étant lui-même couvert de toute procédure pénale ;

    • Injurier peut tout aussi signifier que l'on essaye de s'auto-convaincre de notre propre domination (ce qui explique, là encore, la connotation sexuelle de la majorité de nos injures). C'est le principe même de l'humiliation, objectif recherché des injures. De même, nos peurs transparaissent au travers les injures que nous disons : peur de la passivité (« pédé »), de la crasse (« salope », « grosse merde », « sale chien »), de l'inceste (« va niquer ta mère »), de notre animalité (« fils de chien », « sale chien »), de la liberté sexuelle d'autrui (« pédé », « fils de pute », « salope », « sale chienne »). À ce sujet, voir : « Et tout le monde s'en fout #9 - La salope » ;

    • Une injure prend forme dans un contexte socio-culturel complexe : pays (un « sale chien » n'aura pas d'effet en Angleterre où le chien n'est culturellement pas perçu comme un truc crade qui doit rester en dehors du lieu de vie, « vache, va ! » n'aura pas d'effet en Inde où cet animal est vénéré) voire communauté (un « mange tes morts » ou « nique tes morts » sera perçu comme très véhément dans la communauté Manouche, compte-tenu de leur culture de grand respect des morts), temporalité (« démocrate » était une injure y'a encore 3 siècles), politique (« sale coco » fonctionne mieux aux USA qu'en France), etc. C'est l'habitus, qui doit être partagé entre l'injurieur et l'injurié, qui permet de distinguer ce qui est une injure ou non et de lui donner un sens. De même, des accords tacites ou non entre personnes peuvent rendre caduques des injures (injures sexuelles dans un contexte intime, « negro » quand c'est dit par un Noir, des mouvements sociaux ont repris à leur compte les injures proférées à leur égard, etc.) ;

    • « pédé », diminutif de pédéraste signifiait pédophile. « salope » est la juxtaposition de « sale hoppe », « hoppe » étant le nom lorrain de la « huppe », un oiseau réputé comme vivant dans la crasse. « poulet » vient du déménagement temporaire de la préfecture de Paris durant la Commune (1871) dans une caserne construite sur l'île de la Cité qui est… un ancien marché volaillé, avant que nous transposions aux flics les préjugés que l'on prête aux volailles (manque d'intelligence) ;

    • En droit français, le juge ne recherchera pas la véracité d'une injure, car ce n'est pas le sujet. Notons que la notion d'outrage envers des fonctionnaires met en exergue le fait que notre société considère que la fonction prévaut sur le reste.
    Fri Aug 3 15:07:06 2018 - permalink -
    - http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Injuriez_vous____-9782359250527.html
    fiche-lecture
  • Les Nouveaux Loups du Web - film 2013 - AlloCiné

    Un documentaire, datant de 2013 (sortie française : 2016), centré sur les USA, qui nous cause des conditions générales d'utilisation des services numériques, de la non préservation de notre vie privée par ces mêmes services, de la police prédictive qui arrête des manifestants avant qu'ils agissent en Angleterre durant le mariage princier, et de la surveillance de masse pratiquée par les États, notamment US, sous couvert de tous ces services numériques via lesquels nous vivons et racontons nos vies sans nous poser de questions.

    À de rares moments, ce documentaire est difficile à suivre en cela qu’il semble décousu, et il peut rendre extrêmement défaitiste la personne qui le visionne en cela qu'il balance de gros pavés dans la figure qui laissent à penser que l'adversaire est trop grand, que tout est perdu, qu'on ne peut rien faire, sans tenter de contrebalancer cette émotion. Malgré cela, j'en recommande le visionnage.

    Mes notes :

    • En 2000, la société commerciale Toysmart fait faillite et vend sa base de données clientèle : 195 000 clients avec leur identité, adresse postale, leurs factures, leurs habitudes d'achat, leur situation familiale, etc. ;

    • Les réglages par défaut des services numériques sont une plaie, car ils laissent volontairement accessibles beaucoup plus d'infos que ce que la plupart d'entre nous désirent. Sans compter que cela évolue en permanence : Facebook a rendu accessible de plus en plus de données entre 2005 et 2010 sous couvert des réglages par défaut ; Google a regroupé nos données accumulées sur leurs différents services alors que son PDG, Éric Schmidt, déclarait, 2 ans auparavant, que c'était un cauchemar donc que Google ne ferait jamais ça ;

    • En 2011, les USA tentent d'adopter une loi protectrice de la vie privée. Édulcorée sous l'action des lobbies, elle se contente d'apporter quelques garanties contre l'usurpation d'identité et le démarchage sauvage… sauf si les clients y consentent… dans les conditions générales d'utilisation de plusieurs dizaines de pages ;

    • « Total Information Awarenes » est le nom d'un programme lancé en 2002 par le gouvernement US visant à collecter toutes les transmissions numériques. Le but avoué est de faire le lien entre les activités bancaires, l'achat de billets d'avion, les activités en ligne, etc. pour lutter contre le terrorisme. Ce programme a, soi-disant, été abandonné en 2003 sous la pression des médias et du Congrès… Jusqu'à ce qu'on découvre, une décennie plus tard, que le développement de l'infrastructure sous-jacente a continué et a servi de base aux programmes de surveillance de masse de la NSA ;

    • On peut penser que la « doctrine du tiers », c'est-à-dire le fait que les citoyens US sont espionnés en direct par des sociétés commerciales privées plutôt que par le gouvernement (qui utilise les sociétés commerciales comme rebond) permet de contourner le 4e amendement en plus de faire des économies. Oui, il faut toujours se souvenir que la Constitution US est bâtie sur une défiance envers l'État, les droits qu'elle accorde (expression, vie privée, port d'arme, etc.) s'appliquent vis-à-vis de l'État… pas des tiers ;

    • La société commerciale américaine Carrier IQ produit un logiciel espion installé sur nombre de smartphone Android, notamment aux USA. Le FBI reconnaîtra, devant le Congrès, qu'il a pu avoir accès '""""par mégarde"""" à des données collectées via ce logiciel dans le cadre de sa coopération avec les opérateurs télécoms US ;

    • L'empire médiatique de Rupert Murdoch était lié à la police et à un cercle fermé de politiciens dans le piratage de boîtes vocales téléphoniques dans l'optique d'obtenir des scoops. Ces pratiques ont perduré plus de 10 ans avant d'êtres révélées !

    • Je note quelques fautes : en français, on dit « chiffrement », pas « cryptage » ; il est faux de parler d'anonymat dans la manière dont Google promettait d'exploiter les cookies dans sa première politique de confidentialité en 2000 : c'était déjà du bluff intégral. Un cookie est un identifiant unique plus ou moins temporaire de tel navigateur sur tel ordinateur. Dans un tel contexte, il n'y a pas d'anonymat.
    Thu Aug 2 23:26:59 2018 - permalink -
    - http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=222226.html
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