SirMaiden: Est ce que coucher avec un robot c'est tromper ?
Bernardo8: Je pense pas
SirMaiden: d'accord
Bernardo8: Je pense qu'on est plus sur de la masturbation
SirMaiden: mais genre un robot très humanoide quand meme
Bernardo8: tant qu'il a pas une réelle conscience je pense pas
Bernardo8: pourquoi y'a un robot qui te fais de l'oeil ?
SirMaiden: Ahah non c'est une question philosophique qu'on aura a se poser un jour
SirMaiden: Ouais mais ta meuf peut se poser des questions
SirMaiden: vis a vis du robot c'est sur qu'on s'en tape
SirMaiden: Genre imagine ta meuf qui te dit qu'elle s'est tapé un robot qui ressemble a brad pitt osef ?
Bernardo8: ben ouais c'est un peu comme un gode élaboré
SirMaiden: Mais genre il parle et tout
SirMaiden: Il est réaliste
SirMaiden: Si tu sais pas tu crois que c'est un humain normal
Bernardo8: ha mais si le robot a une consience élaborée là ouais c'est chaud
SirMaiden: ouais c'esst une IA un peu
Bernardo8: s'il passe le test de Turing c'est tromper
SirMaiden: ahah meilleure détermination qu'on m'ait sorti pour l'instant
SirMaiden: Et si il le passe mais que c'est un robot exprès pour le cul ?
Bernardo8: ben c'est comme aller voir une pute
SirMaiden: Pas faux
SirMaiden: Ca me plait bien comme solution
Bernardo8: à ton service
:')
Une entrevue entre Snowden et Lessig (Jónsdóttir ne parle quasiment pas) à propos de la démocratie, des manières de la faire renaître, de la corruption, de nos peurs que la classe dirigeante utilisent pour nous contrôler, de l'espoir, du militantisme.
J'apprends rien de nouveau, mais la détermination et l'espérance d'autrui sont toujours belles à voir. :) J'ignorais que Snowden était aussi guimauve : il évoque la création d'une fraternité au-delà les frontières permettant ainsi de s'extraire de la notion de classes sociales et de résister tous ensemble. :)
Je note trois points :
Un documentaire, datant de 2016, centré sur l'Allemagne, qui nous cause de la médecine numérique : capteurs corporels, télémédecine, etc.
#Mastodon is a bit like the New World for the discontented british people in the 16th-17th centuries: some move because they want more freedom, some (Puritans on the Mayflower) because they want to be the persecutors, not the persecuted like they were in England / on Twitter.
Il y a de tout dans ce reportage, du bon, comme du mauvais…
Docu-fiction sur les Suffragettes, mouvement pour revendiquer le droit de vote des femmes au Royaume-Uni au début du 20e siècle. Ce film illustre assez bien qu'un combat pacifique ne suffit pas toujours à se faire entendre et que la violence / terreur (destruction de vitrines, de boites aux lettres et d'une partie du réseau télégraphique) est parfois utile. Ce film illustre bien la violence exercée sur ces femmes : ignorées par leur mari et par les politiciens, réprobation sociale, campagnes de presse pour les humilier et porter atteinte à leur intégrité, agressions sexuelles au taff et dans la rue, tabassage par les flics, isolement et rupture de leur vie de famille, etc.
Bon film, à voir.
La vie d'un couple d'artistes résidant en RDA espionné par la Stasi sur ordre d'un ministre qui a un mauvais présentement à leur encontre. Ce film illustre à la fois l'étendue de la surveillance d'alors, sauf à l'encontre des vénérables hauts dignitaires du vénérable parti, bien entendu, et la possibilité de lui échapper (utilisation d'une machine à écrire différente, sentimentalisme d'un espion, impossibilité de contrôler tous les espaces, etc.). Nous pouvons également constater le chantage "vous collaborez ou nous faisons en sorte que vous ne puisez plus exercer votre art en RDA, donc que votre vie devienne aussi ennuyeuse que la mort".
Comment savoir si une personne ment selon la Stasi ? Elle ne s'énerve pas de l'injustice de son interrogatoire, elle répète mot pour mot ses justifications apprises par cœur et elle est arrogante (« vous pouvez vérifier mon alibi en faisant ci ou ça »).
Bon film, à voir.
Bousti : Les amis, c'est comme les règles. Ça débarque toujours un peu à l'improviste, mais on est rassuré de les voir.
:D
Dans les commentaires :
T'es rassurée 10min et puis après tu rages pendant 5 jours xD
Quand ils sont là t'évites de baiser aussi
Quand ils sont là c'est sodomie ?
:')
Benoît Delépine a rencontré pour Siné Mensuel Pierre Jouventin, éthologue, ancien directeur de recherche au CNRS, spécialiste en écologie comportementale et auteur de L’Homme, cet animal raté. Entretien.
Pourquoi ce titre pour votre livre : L’homme, cet animal raté ?
Parce que notre espèce est incapable de s’adapter à long terme à son milieu comme le fait n’importe quel animal moins intelligent. Comme directeur de recherche au CNRS et comme directeur de laboratoire d’écologie, j’ai passé quarante ans à suivre les animaux sauvages dans la nature. Après avoir étudié de près une vingtaine d’espèces, passé plus de huit ans en Antarctique et sur les îles qui l’entourent, trois ans en forêt équatoriale au Gabon, j’ai voulu appliquer mes connaissances à l’animal le plus énigmatique, celui qui s’est « autodomestiqué », comme disait Konrad Lorenz, c’est-à-dire à l’homme. Donc je l’étudie en naturaliste dans ce livre en appliquant les découvertes récentes en paléoanthropologie, génétique, écologie scientifique, éthologie…À votre avis, si on mettait les êtres humains les uns contre les autres debout, quelle serait la surface géographique qu’ils occuperaient ?
Je ne sais pas.On n’est pas loin de 8 milliards, et donc à quatre par mètre carré, ça tient dans le Lac Léman. Comment expliquez-vous que des quasi-bactéries qui tiennent dans le lac Léman aient réussi à foutre en l'air la planète aussi vite ?
C’est tout l’objet de mon livre. L’Histoire commence il y a quelques milliers d’années alors que notre espèce est vieille de 300 000 ans et la famille humaine de 2,5 millions d’années. À partir de la révolution néolithique, il y a seulement 10 000 ans, on se sédentarise en passant à l’élevage et à l’agriculture. On change radicalement de mode d’exploitation de la nature et de démographie. Au lieu de faire un enfant tous les quatre ans, les femmes mettent au monde presque tous les ans. Tous les animaux savent éviter de se trouver en surnombre et se régulent alors que, sur notre voiture, il n’y a pas de marche arrière. De nombreuses personnalités se rendent compte qu’on va dans le mur mais, collectivement, c’est le déni. Surtout par ceux qui nous dirigent et dont le mandat ne dépasse pas cinq ans. Le système capitaliste est fondé sur la compétition. Si celle-ci est naturelle, il existe une autre force naturelle : la coopération. Aujourd’hui, le social, qui est indispensable à notre équilibre, est mis sur la touche et il ne reste que la compétition car elle rapporte. Et c’est pour cette raison que l’écologie est une science subversive, remettant en question un « développement infini dans un monde fini ».Vous démontrez que l’homme est un animal qui, pour survivre, s’est mis à chasser en petits groupes parce qu’il était relativement faible dans la savane. Votre théorie est que chasser à plusieurs, en poursuivant les grands animaux, a peu à peu fait grossir le cerveau de l’homme, et lui a fait gagner ce qu’on appelle une forme d’intelligence. Aujourd’hui, à 8 milliards, on conserve ce cerveau qui nous permet de nous entendre avec une dizaine de personnes, les amis, la famille… On est efficace en petits groupes mais dès qu’on est plus nombreux, on n’arrive plus à concevoir sur le long terme.
Pendant plus de 95 % de notre existence, nous avons été le seul primate qui chassait en groupe. Comme les loups avec qui nous partagions la même niche écologique de chasseur coopératif du gros gibier. On est sorti de la forêt pour coloniser la savane et se trouver devant une nourriture abondante, c’est-à-dire les grands herbivores mais aussi des carnivores dangereux. Dans ce milieu ouvert, l’homme ne pouvait survivre et se nourrir qu’en bandes. Il a donc grandement développé au cours de son évolution les techniques de chasse et les liens sociaux. Je pense, contrairement à ce qui est dit partout, que l’animal le plus proche de nous n’est pas le chimpanzé ni le bonobo, bien que génétiquement ce soit indéniable. Aux plans social et psychologique, nous sommes plus proches du loup par convergence écologique, seule à expliquer notre originalité de primate super-prédateur.Si on était si proche que ça psychologiquement du chimpanzé, on aurait des chimpanzés domesfiqués.
Bien sûr ! Pourquoi cohabitons-nous si bien avec des chiens mais pas avec des chimpanzés ? Parce que les chiens sont très proches de nous malgré les appa— rences. Ils ont le sens de la hiérarchie sociale et de l’entraide. Pourquoi et comment l’homme a-t-il « inventé » le chien ? Les hommes préhistoriques ont d’abord trouvé dans leurs tanières de jeunes loups. ils se sont aperçus que les loups s’intégraient au groupe, défendant le campement. Ils multipliaient par trois la prise de gibier, d’après les études effectuées dans des clans de chasseurs-cueilleurs. À partir de cette association avec le descendant du loup, le perfectionnement des armes de jet et surtout l’agriculture, les hommes pouvaient nourrir beaucoup plus d’enfants. Pourquoi ne pas en être resté au loup ? Quand il devient mature socialement vers 3 ans, il essaie de monter dans la hiérarchie du clan, c’est-à-dire dans la famille qui l’a hébergé, et il entre parfois en conflit avec les humains. Du coup, nos ancêtres ont sélectionné les louveteaux les plus dociles de chaque portée, et ils ont obtenu des loups qui restent infantiles et ne remettent jamais en question l’autorité du chef de meute : le chien est donc un « ado éternel ».C’est pour ça que le football est le sport mondial : ce sont de petites bandes de mecs qui s’affrontent. On revient donc au schéma de base de l’être humain. C’est une bande d’une dizaine de personnes chassant une proie…
Dans tous les domaines humains, c’est la base biologique sur laquelle reposent la sexualité, le pouvoir, l’amitié. Le football est un développement hypertrophié de la défense collective de la tribu.On connaît la célèbre phrase : « L’homme est un loup pour l’homme. » Mais l’homme est pire qu’un loup pour l’homme.
Cette phrase a été reprise de l’Antiquité par Thomas Hobbes qui considérait que les hommes étaient tellement méchants qu’il fallait les protéger, et donc qu’il fallait un État pour y parvenir. Je pense comme vous et Rousseau que c’est l’inverse : « L’homme est naturellement bon mais la société actuelle le rend méchant. » En effet, les chasseurs-cueilleurs étaient nomades et travaillaient deux à trois heures par jour d’après les ethnologues (ce que j’ai pu constater chez les Pygmées). Après la révolution néolithique, le temps contraint exige trois fois plus de travail. La nourriture augmente et la population aussi. il faut alors stocker les réserves contre les pillards et les sociétés dites « égalitaires » deviennent inégalitaires. Les chefs, jusque-là symboliques, deviennent des tyrans. La violence a toujours existé mais la guerre apparaît seulement au néolithique, puis l’armée et la police. L’individu s’inquiète et les dirigeants lui font expliquer par des penseurs comme Hobbes qu’il faut un État pour le protéger, puisque l’homme est namrellement mauvais…En plus le cerveau humain rétrécit !
C’est classique chez les animaux domestiqués. Ils perdent jusqu’à un tiers de leur cerveau : le chien par rapport au loup, le porc par rapport au sanglier, la poule domestique par rapport à la poule bankiva. On oublie de signaler que l’homme actuel a moins de volume de cerveau que l’homme de Cro-Magnon et de Néandertal…D’ailleurs, vous avez vécu avec un loup…
À ma connaissance, je suis le seul à avoir élevé un loup non pas dans un enclos à côté de la maison, mais à l’intérieur. Dans mon livre Kamala, une louve dans ma famille, je raconte que, sans l’avoir recherché, notre famille a vécu en meute. Ce que nous avons découvert, c'est que le loup défend ses proches. Quand nous nous approchions d’un balcon, notre louve nous tirait par le pantalon. On l’a compris seulement quand on est allés se baigner en rivière. Ma femme se jetait à l’eau, et la louve sautait à son tour pour la ramener à la rive dix fois de suite. J’ai tout photographié et filmé (http://pierrejouventin.fr). Bref, à l’inverse de ce qui dit Hobbes, le loup est altruiste et donne une leçon à l’homme !Quand on se rend compte de notre évolution, ou non-évolution, elle explique beaucoup plus de choses que la philosophie ! Un milliardaire qui gagne 100 milliards, c’est ridicule. On se dit : « Pourquoi a-t-il besoin de 100 milliards ? Il n’arrivera jamais à les dépenser. » Il s’en fout, il fait partie d’un petit groupe et ne se rend pas compte du bordel qu’il a créé.
Lorsque j'étudiais sur le terrain un babouin forestier, le mandrill, j’ai vécu un moment dans une tribu de Pygmées. Là-bas, le chef, c’était celui qui allait planter la lance sous le ventre de l’éléphant ou qui parlait au nom des autres. S’il abusait de son pouvoir, les membres du groupe ne lui accordaient plus d’attention. Rien à voir avec nos présidents français qui peuvent déclencher une guerre sans consulter personne…Avant l’élection présidentielle, Macron se disait européen, quand tout le monde était contre l’Europe… Il assume ! Il assume le fait de gagner de l’argent ! Et tout le monde se dit : il assume, donc il croit en ce qu’il dit. Ça change un peu la donne.
Notre cerveau est tellement gros qu’il est difficile de savoir quand quelqu’un ment, surtout s’il est aussi doué que Macron qui s’est marié avec sa professeur de théâtre !Vous donnez aussi des pistes pour s’en sortir : pas plus d’un enfant, mais aussi l’énergie verte, le solaire, etc. Des solutions très difficiles à mettre en œuvre. Sauf de manière quasi autoritaire, on n’y arrivera jamais. Quel homme politique va dire : « À partir de demain, pas plus d’un enfant » ?
Les Chinois l’ont fait mais ils sont revenus en arrière et le contrôle des naissances n’a, de toutes nmnières, pas bonne presse. Même si les pays industrialisés prenaient conscience de la surpopulation, les pays du tiers-monde — qui ont bénéficié des avancées de la médecine et dont la démographie est explosive — combleraient les vides… Donc l’avenir sur ce point paraît difficile. En revanche, les énergies renouvelables vont nécessairement se développer puisque le capitalisme a trouvé comment en tirer profit. Notre pays est très en retard parce qu’il s’est fourvoyé dans le tout-nucléaire et ne sait plus comment sortir de cette impasse coûteuse…Il faudrait aller vers la décroissance. Mais les gens ne vont pas voter pour ça
Comment arriver à faire avaler à une majorité de gens qu’ils doivent se serrer la ceinture ? Ils préfèrent croire que tout le monde peut devenir riche en bossant comme un fou.On a tourné un film, qui va sortir en septembre-octobre, à l’Emmaüs de Pau pendant un mois et demi. Ils vivent une utopie extraordinaire : la décroissance.
Seules les petites initiatives peuvent marcher dans le contexte actuel. Il faut entrer en résistance et, dans la mesure du possible, ne plus marcher dans ce système qui piège. J’essaie simplement, en fonction des connaissances actuelles et de mon expérience, de comprendre comment, avec un si gros cerveau, notre espèce extraordinaire s’est engagée sur une voie de garage. Je ne vois pas comment on s’en sortira. Mais au train où nous allons, dans quelques dizaines d’années, ça va péter.On est trop nombreux pour redevenir des chasseurs-cueilleurs…
Bien sûr, mais regardez Notre-Dame-des-Landes! La vraie trouille des autorités, ce ne sont pas les « casseurs », comme ils disent. Leur crainte, c’est de voir se développer une contre-société avec des codes radicalement différents. Et, marginalement, cela va se développer de plus en plus. Pas question de prendre le pouvoir comme on l’imaginait en 36. On n’arrivera pas à remplacer nos hommes et femmes politiques qui sont imbattables dans leur pratique de la langue de bois. En revanche, on peut vivre de peu en dehors du système, d’une manière raisonnable qui nous satisfasse.La notion de progrès ne vous dit rien qui vaille…
On nous a piégés avec le progrès. Regardez le grand débat Rousseau contre Voltaire. Voltaire avait raison à son époque : l’avenir était souriant et le progrès libérateur. Mais autant Rousseau se ridiculisait en son temps, autant il redevient d’actualité, parce qu’il a vu plus loin, que ça ne pouvait pas aboutir à une solution durable. Et c’est lui qui est en train de gagner.S’ajoute enfin la grande escroquerie de la religion. C’est l’homme qui a inventé Dieu, ça c’est sûr !
Pour moi, la religion n’est qu’un exemple des dérives qui arrivent à partir du néolithique, comme la guerre, l’armée, l’État… Vous avez une tendance naturelle, même dans un groupe de Pygmées, a choisir un gars courageux qui défend le groupe et devient un ancêtre mémorable. Donc vous l’idéalisez et il devient un modèle. Or le Dieu des trois monothéismes, c’est LE modèle extrême. Pourtant, depuis Darwin, la Création — c’est-à-dire aujourd’hui la biodiversité — s’explique naturellement. Comment croire à un barbu qui surveille à partir du ciel les faits et gestes de tous les habitants de la planète ? Une admiration naturelle et utile, qui stimulait, est devenue une invraisemblance qui aide à vivre.Revenons à nos amies les bêtes. On est les plus forts mais pourquoi ne peut-on pas traduire les animaux ?
Mais si, on les traduit ! C’est mon métier de comprendre ce que disent les oiseaux et les mammifères.Vous savez nous dire ce qu’ils ont envie de dire ?
Quand on connaît bien une espèce, on entre dans sa tête et c’est bien plus facile que pour l’homme. C’est le plus souvent par ignorance que les gens se font mordre. En réalité, un chien vous avertit presque toujours. Aucun ne m’a mordu parce que je vois bien s’il est amical ou pas. Mais chaque animal a un code différent, parfois à l’inverse l’un de l’autre : un chien qui met les oreilles en arrière ou qui bat de la queue manifeste sa joie ; un chat, c’est quand il n’est pas content ! Si vous les étudiez sérieusement, c’est très facile de comprendre les animaux.L’orque et le perroquet gris du Gabon ont un langage, dites—vous…
Tous les animaux communiquent entre eux par des signaux innés, mais les espèces très sociables qui vivent en groupe en permanence doivent apprendre des autres et on peut donc les leurrer. Si vous prenez un jeune mainate ou perroquet et que vous l’isolez de ses congénères, si vous le caressez régulièrement, il vous considère comme un compagnon et vous imite en prononçant les mêmes mots dans le même contexte. Comme les jeunes enfants, il est programmé pour imiter ses congénères mais vous vous substituez à eux pour qu’il vous imite.Et les orques s’appellent entre eux ?
Chaque espèce d’orque possède une signature vocale qui lui est propre, chaque famille a sa signature commune et chaque individu aussi. Sous l’eau, ils ne se voient pas mais quand ils chassent en meute, ils doivent savoir où chacun se trouve pour se coordonner dans leur traque.Une anecdote que j’ai adorée dans votre bouquin, c’est la technique du coq pour avoir une poule !
Quand il veut sauter une poule, le coq émet le cri qu’il pousse quand il a trouvé un ver. Et même s’il n’y en a pas, la poule arrive et hop ! Mais quand il y a un mâle dans les parages, s’il voit un ver, il ne chante pas, pour éviter qu’on le lui pique ! Les corbeaux et les geais, quand ils trouvent quelque chose, le cachent. S’ils voient qu’un congénère les a repérés et risque de venir le déterrer, ils attendent un petit moment qu’il regarde ailleurs, et puis ils le changent de place.Le mensonge, c’est une forme d’intelligence quand même.
Bien sûr. Nous sommes de loin les plus doués dans ce domaine du fait du développement de notre cortex…Pour terminer sur une note positive, une action qui a été utile pour notre environnement ?
J’ai été l’expert en biologie de la délégation française lors des réunions internationales sur la « mise en réserve » de l’Antarctique. Je puis témoigner que nous avons eu une chance extraordinaire d’avoir un Premier ministre, Michel Rocard, qui était amoureux des pôles. Pour une fois, la France, qui est généralement à la traîne en écologie, a été pilote au niveau international. Nous sommes ainsi parvenus à interdire l’exploitation des ressources minérales d’un continent entier jusqu’en 2048 au moins !
Je ne suis pas d'accord sur plusieurs points.
Je pense que le déni (écologique, politique, autre) est individuel c'est-à-dire que chacun⋅e voit bien les dégâts que nous provoquons, mais personne n'a envie de se sacrifier, de changer de style de vie, simplement, car il⋅elle n'a pas la certitude d’être suivi, il y a une probabilité non-nulle de trahison. C'est ça qu'il manque aux théories écolos : la certitude que si je joue le jeu, je ne pourrais pas me faire entourlouper voire voler, que je ne ferai pas de vains efforts. Le collectif sert uniquement de justification à la mauvaise conduite (qui n'a jamais dit « je ferai des efforts quand les autres en feront » ?), mais il n'en est pas la véritable cause, selon moi.
Je pense que l'apparition des États et leur légitimité n'est pas liée à une prétendue gentillesse ou méchanceté de l'humain⋅e, mais pour le besoin de réguler les interactions sociales (donc les comportements) au sein d'une espèce animale éminemment sociale dont le nombre de membres augmentait très vite (ce que décrit l’interrogé). Qui définit les règles de la vie en société ? Qui les fait respecter ? Comment ? Il fallait une émanation de la volonté collective. Vivre en petits groupes, avec des règles spécifiques (tel groupe autorise le vol, un autre l’interdit, tel groupe s'exprime pleinement, tel autre groupe considère que certains types de propos n'ont pas à être tenu, par exemple) est une solution qui marche, mais alors, comment se met-on d'accord sur les règles qui s'appliquent à une interaction entre deux individus issus de deux groupes différents ? Comment gère-t-on l'inflation d'un groupe dont les règles plairaient beaucoup ? De plus, même dans les petites communautés humaines, il y a quelqu'un⋅e qui, par son autorité morale ou ses muscles ou ses mérites, définit les règles de la communauté, il y a rarement une autonomie pure et parfaite des individus couplée à une autorégulation. Bref, l'État, sous sa forme actuelle, était le modèle théorique le plus simple pour satisfaire ces critères. Je parle bien de l'État en tant que modèle, pas des politicien⋅ne⋅s qui sont une des implémentations possibles et dont on pourrait très bien se passer… le jour où l'humain⋅e ne sera plus une grosse feignasse qui aime bien déléguer les bâtons merdeux afin de fuir.
Que vient faire la notion de progrès dans cette entrevue ? Je ne vois pas le lien avec le reste… Je pense, comme Kant, que le progrès peut être responsable, en tout cas que son usage peut être moralisé. Je ne pense pas que l'humanité soit obligée de mettre en œuvre le pire aspect de ses découvertes. Mais oui, gare aux discours nous récitant que le progrès, la technologie est la solution à tous nos problèmes, car c’est un mirage. Les solutions se trouvent dans les interactions entre individus.
Pierre Jouventin se contredit : si le chien est la version domestiquée du loup, qui aime bien la hiérarchie, alors l'humain⋅e est plus proche du chien que du loup insoumis, non ?
Dans le numéro juillet-août 2018 de Siné mensuel.
Le Canard nous parle de tou⋅te⋅s les assoiffé⋅e⋅s de pouvoir : présidents, princes, magnat de la presse, startupeur de la Silicone Valley, juges, etc.
Mes notes :
[…] certains neuropsychiatres prétendent que gouverner ne rend pas fou mais plus intelligent. Ce miracle serait dû à la dopamine, une molécule épatante qui fait circuler l'information au sien du système nerveux. Le pouvoir, l'eau neuve de vos neurones ? Tout dépend de la dose. Selon le psychologue Ian Robertson, « le pouvoir absolu inonde le cerveau de dopamine. Il crée aussi une addiction ».
[…] Viktor Orban […] a été conforté par une victoire électorale écrasante […]. Grâce à un mode de scrutin taillé sur mesure, son parti, le Fidesz, et ses alliés ont obtenu, avec moins de 49 % des voix, 133 des 199 sièges du Parlement, pile la majorité des deux tiers, qui permet tout ;
Des essais d'Hyperloop devraient avoir lieu en France, à Limoges [ NDLR : en 2019 ]
Durant l'été 2013, [ NDLR : Jeff Bezos ] a acquis le prestigieux « Washington Post » pour 250 millions de dollars. Il s'agit d'un achat réalisé à titre personnel, et non pas par l'entreprise [ NDLR : Amazon ]. En réaction, l'ONG américaine Roots, dédiée à la défense des libertés publiques, a demandé au quotidien, devenu propriété de Bezos, de publier des informations sur le contrat à 600 millions de dollars signé entre Amazon et la CIA. [ NDLR : pour lui construire un cloud privé, mis en service en 2014 ].
Avec 49 % des adultes français en surpoids en 2015 (stable depuis 2006), le Canard fait un état des lieux de ce que nous mangeons… La baguette du boulanger est de plus en plus industrielle (sauf si « tradition ») et que dire de la galette des rois ou des viennoiseries du boulanger…, le beurre est gorgé d'eau (beurre normal : jusqu'à 16 %, beurre allégé : jusqu'à 40 % d'eau, etc.) tout comme certaines viandes, les fruits et les légumes sont gorgés de pesticides, fongicide et insecticides, les viandes (lapin, volailles, etc.) sont gorgés de médicaments, les perturbateurs endocriniens, le sucre (ou l'aspartame, plus addictif, ou l'isoglucose) et le sel sont partout en trop grande quantité, etc.
Évidemment, depuis que les industriels ont découvert l'importance du marché végan et s'y sont mis, ces préparations sont gorgées de sucre, de sel, de gras, d'additifs.
Je constate beaucoup de tromperies dans les plats préparés (au sens large) genre on nous vend de la mozzarella alors qu'il n'y en a que 3 %, le reste n'étant que du formage à bas coût. Genre le plat est composé de très peu de vraie viande, le reste étant du minerai ou de la puple de poisson. Etc., etc.
Mes notes :
Si les produits laitiers sont riches en calcium, notre corps assimile mieux le calcium du chou et des légumes secs. Sans compter que les produits laitiers acidifient le corps, ce qui favorise une déminéralisation osseuse.
Il est, dans l'île d'Oléron, un irréductible village qui se bat contre le géant McDo ! Dolus-d'Oléron, en Charente-Mafitime, refuse, depuis plus d'un an, l’implantation d'un fast-food. Le maire a créé sur le site une « ZAD », « zone d'alimentation durable », baptisée « Mac Dol », soit le « Mouvement pour une alimentation citoyenne sur Dolus-d'Oléron ». Il a proposé, à la place, un projet de restauration durable en circuit court. En septembre dernier, le tribunal administratif a annulé le refus de permis de construire et a enjoint à la mairie de délivrer le document, sous peine d'une astreinte de 300 euros par jour. La municipalité a lancé une collecte et paie l‘astreinte chaque jour… dans l’attente d'une décision de la cour d'appel de Bordeaux.
Je déconseille vivement de commander quoi que ce soit sur UnixStickers.com : ma commande n'a pas été livrée en 7 mois, et je n'ai pas reçu de réponse à mes mails et à mon courrier papier. J'ai été remboursé grâce à l'action de la DGCCRF et du CECF.
Chronologie (si ça peut t'aider pour un problème identique…) :
J'ai commandé quelques stickers le 29 décembre 2017. J'avais même gonflé ma commande, satisfait que j'étais de ma première commande, en 2015. J'ai payé par virement bancaire le 2 janvier 2018.
N'ayant rien reçu, je leur ai envoyé un email, rédigé en anglais, le 3 février 2018 et une relance le 11 février 2018.
Comme cette société commerciale postait plusieurs messages par semaine sur Twitter tout en ne répondant pas à mes emails, j'ai tenté de m'y inscrire afin d'entrer en contact avec elle. Échec côté Twitter qui bloque mon compte tout fraîchement créé avant toute tentative de contact.
J'ai envoyé un courrier postal, rédigé en anglais, le 19 février 2018 à l'adresse postale indiquée sur leur site web, dans les mentions légales. Comme la société commerciale est basée en Italie et que je ne savais pas si un recommandé avec accusé de réception serait bien délivré et s'il aurait une valeur probante, j'ai envoyé un courrier simple. Je n'ai toujours pas de réponse à cette interrogation.
N'ayant toujours pas reçu de réponse, j'ai saisi la DGCCRF le 21 mai 2018 via leur formulaire en ligne. J'ai joins l'email confirmant ma commande, un justificatif de paiement, les emails que j'ai envoyés et le courrier postal que j'ai envoyé.
S'agissant d'un litige entre un résident français et une société commerciale établie hors de France mais en UE, la DGCCRF a transmis ma réclamation au Centre Européen des Consommateurs France le 29 mai 2018. Notons que ce centre met à disposition un formulaire en ligne pour tout litige entre deux pays de l'UE, ce n'est donc très probablement pas la peine de passer par la DGCCRF.
Malgré mon ouverture pour être livré plutôt que d'être remboursé (je voulais toujours mes stickers), Unix Stickers a insisté pour me rembourser. Virement bancaire reçu le 20 juillet 2018.
Qui a dit que l’Histoire ne repassait pas les plats ? On se souvient de l’annonce, en 2013, par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, de l’abandon de Louvois. Du nom du logiciel fou de paie des militaires, responsable d’une armada de cafouillages, entre paiements en retard, partiels ou trop-perçus… La facture de l’abandon du logiciel ? 470 millions d’euros, mon général !
Et rebelote ! Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a, lui, décidé de débrancher définitivement Sirhen, le logiciel de gestion des personnels de la maison, qui n’en finissait pas de bugger (« Les Echos », 20/7).
Lancé en 2007, ce système informatique avait été initialement conçu pour prendre en charge les ressources humaines des 850 000 enseignants et la préparation des rentrées scolaires. Coût estimé : 60 millions d’euros. Mais l’informatique a ses raisons que la raison ne connaît point. Au fil des années, les développements du logiciel se sont multipliés tant et si mal que la facture de Sirhen s’élève aujourd’hui à… 320 millions d’euros ! Cerise sur le mille-feuille : le système n’est capable de gérer la paie que de 18 000 fonctionnaires, à des années-lumière des 850 000 prévus dans le devis initial…
Blanquer l’assure : Sirhen sera remplacé par un dispositif « plus agile et plus efficace au bénéfice de notre mission de service public ».
Chiche !
Louvois et Sirhen ne sont pas les seuls logiciels de gaspillage d'argent public… À force de recourir massivement à des cons sultans (consultant⋅e⋅s) temporaires qui ignorent le contexte et aux mêmes grosses sociétés commerciales rigides (Capgemini dans le cas présent) qui veulent juste faire du fric…
Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.
L'affaire ne fait pas rire la questure de l’Assemblée nationale. Le 28 juin, c’était branle-bas de combat : une association avait mis ces honorables parlementaires hors d’eux. Résumé des débats ? « Pas question de se laisser faire, nous prendrons un avocat, et on leur fera rendre gorge. De quoi se mêlent ces justiciers ? »
L’histoire remonte à mai 2017. L’association Regards citoyens demande aux députés sortants les relevés bancaires de leurs comptes IRFM (indemnité représentative de frais de mandat). Cette enveloppe, aujourd’hui contrôlée, servait, en général, à louer une permanence, à acheter du matériel informatique ou des costumes ; mais elle n’était pas toujours utilisée aussi sagement. Certains députés s’en étaient servis pour acheter, par exemple, leur permanence parlementaire — ou carrément une maison.
Ou pour rembourser des prêts bancaires personnels ou pour offir des cadeaux ou pour s'offir des vacances ou pour se faire un complément de revenus ou pour payer son adhésion au parti politique d'appartenance ou pour… Bref, les abus étaient nombreux.
Seuls huit députés répondent positivement. Regards citoyens saisit alors la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs) et réclame les fameux documents ; la Commission se déclare incompétente. Entêtée, l’association décide, en mai dernier, de saisir le tribunal administratif.
La questure réconforte les députés et ex-députés concernés : l’Assemblée assurera leur défense et paiera leurs frais d’avocat. Elle appelle ça la « protection fonctionnelle ». Chez François de Rugy et à la questure, on se dit confiants. Selon le principe de la séparation des pouvoirs, le juge ne doit pas marcher sur les pieds du législateur.
Mais les juristes de Regards citoyens rétorquent que la justice, à plusieurs reprises, s’est mêlée des oignons des députés. Lors de l’affaire Fillon, elle a demandé des précisions sur les activités d’une collaboratrice prénommée Penelope…
Juges fureteurs
A l’occasion aussi de l’affaire dite « des enveloppes » — ces « compléments de revenus » versés entre 2009 et 2014 à des sénateurs de l’ex-groupe UMP en détournant des sommes destinées à des collaborateurs —, elle a aussi épluché les finances des groupes parlementaires au Sénat.
Enfin, Regards citoyens exhibe la récente jurisprudence de la Cour de cassation, qui, le 27 juin, a jugé que les parlementaires étaient chargés d’une mission de service public. Or, lorsque la Cada s’était déclarée incompétente pour répondre aux demandes de l’association, c’était précisément en contestant cette mission de service public…
Avec ces grands serviteurs de l’Etat, c’est drôle comme le noir d’un jour peut virer blanc le lendemain.
Bien joué, Regards citoyens ! < 3 .
Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.
Une consolation pour Macron : l’affaire Benalla est parvenue à éclipser le contenu explosif du rapport CAP 22, qui préconise 30 milliards d’économies à la hache dans les services publics, et dont la publication a viré à la guignolade…
Le 19 juillet, alors que les grandes lignes du rapport viennent de fuiter dans « Le figaro », Edouard Philippe reçoit à Matignon les 44 membres du Comité d’action publique 2022, pour les remercier de leurs travaux. Le Premier ministre, soucieux d’éviter une série de polémiques, s’accroche encore à son calendrier et leur affirme : « Nous publierons quatre ou cinq textes de transformation publique d’ici à fin octobre et nous publierons le rapport complet à ce moment-là. » Las ! le lendemain, 20 juillet, le syndicat Solidaires du ministère de l’Economie met le rapport intégra]. en ligne, au nez et à la barbe de Matignon. Et même à la barbe… des membres de CAP 22, qui n’avaient toujours pas eu droit à une copie ! Ils ont dû attendre le soir du même jour pour que la coprésidente de CAP 22 leur en adresse enfin un exemplaire, par mail.
Le gouvernement avait pourtant pris toutes ses précautions : les membres du Comité avaient été invités à consulter le rapport « entre 12 heures et 15 heures (sic) », dans une pièce fermée, le 25 avril, sans pouvoir l’emporter et en laissant leurs téléphones à l’entrée pour éviter les photos…
C’était bien la peine !
Que c'est beau à en pleurer, la transparence de la vie politique à la française ! :(
Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.
C'était le gadget qui tue, inventé à l’été 2017 pour calmer les députés LRM de gauche qui ne digéraient pas la quasi-suppression de l’ISF. Pour compenser les quelque 3,2 milliards qui n’entreraient plus dans les caisses de l’Etat, on allait taxer à donf les signes extérieurs de richesse : yachts, grosses cylindrées, bijoux… Ah mais !
A l’arrivée, le résultat n’est pas à la hauteur des proclamations d’intention de Bercy. Selon le bilan de ces mesures présenté mercredi 18 juillet par le rapporteur du Budget à l’Assemblée, Joël Giraud (radical de gauche-LRM), un seul propriétaire français de yacht a été taxé. Et ce pour la somme faramineuse de 7 500 euros. A quand un comité de défense ? Heureusement que six autres navires, étrangers ceux-là, ont pu être harponnés par le fisc. Globalement, ces sept malheureux ont réglé la somme de 82 500 euros. Soit 121 fois moins que l’estimation inscrite dans le Budget (10 millions).
Concernant la taxe additionnelle sur les voitures sportives, la Direction de la législation fiscale s’est dite dans l’impossibilité de fournir le moindre chiffre au rapporteur. Faute de disposer d’une loupe assez puissante ?
Quant à la taxe sur les biens précieux, elle est apparemment passée aux oubliettes.
Vite, un avis de recherche !
SURPRIIIISE !
Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être incapable de répondre à la question : « Que feras-tu dans un an, cinq ans, dix ans ? Qui seras-tu ? Où seras-tu ? »
Parce qu’avant de pouvoir répondre à ces questions, il y a des enjeux plus immédiats à résoudre. La question n’est pas de savoir où tu seras dans cinq ans mais comment tu vas t’en sortir demain, dans une semaine, dans un mois. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? Comment vas-tu pouvoir y répondre ? Quelles stratégies vas-tu devoir mettre en place ? Et quelles stratégies dois-tu déjà mettre en place pour éviter une rechute ? Quels sont les points de vigilance que tu dois avoir dès à présent, maintenant que tu commences à avoir une certaine connaissance de ton fonctionnement ?
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être incapable de se projeter dans le futur. Parce que le futur, tu ne le connais pas, c’est nouveau, et c’est un nombre éprouvant de paramètres à prendre en compte. C’est tellement rempli de possibilités que tu n’as aucune prise là-dessus. Et tu es incapable de te projeter dans le futur parce qu’il y a un enjeu plus immédiat, c’est de réussir à lâcher prise. L’enjeu à résoudre, c’est de te battre en permanence pour ne pas que l’anxiété revienne. C’est un plan d’actions qui se construit en permanence, un champ de bataille qui ne s’arrête jamais et qui ne connaît aucune frontière. C’est une lutte perpétuelle. Et tout ça te demande une énergie considérable.
Voilà pourquoi tu es fatiguée le matin, pourquoi tu es fatiguée l’après-midi, pourquoi tu es fatiguée le soir, le week-end, pendant tes vacances. Parce que tu es sans arrêt sur tes gardes. Tu es sans arrêt sur la défensive. Tu dois sans arrêt t’adapter, sans arrêt lutter contre la nécessité de t’adapter, te faire violence pour sortir de ta zone de confort alors que ça te coûte terriblement. Et ces efforts qui te semblent surhumains, c’est tous les jours que tu dois les mettre en œuvre. Cette vigilance que tu dois avoir, elle est permanente et omniprésente.
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être dans l’obligation de pouvoir répondre à ce que tu vas faire demain, ce que tu vas faire après-demain et tout le reste de la semaine. C’est d’avoir tout planifié, tout millimétré, tout anticipé. Avec qui tu seras. Où tu seras. Le contrôle de ton emploi du temps te donne la maîtrise de la situation. Et te permet de mettre en place certaines de tes stratégies préventives.Vivre dans l’insécurité permanente, c’est vivre dans l’insécurité d’être incapable de faire face à l’imprévu. C’est de devoir élaborer et réfléchir à des stratégies sur lesquelles tu pourrais t’appuyer si jamais l’imprévu devait frapper à ta porte. C’est pour ça que tu anticipes tout en permanence, que tu analyses tout, de manière à te protéger l’imprévu.
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est vivre dans la sécurité de l’illusion. C’est avoir conscience de cette illusion, mais le lâcher-prise te demande une telle énergie que tu n’arrives pas à te résoudre.Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être en danger tout le temps, partout, avec tout le monde et n’importe qui. C’est ton corps qui se raidit lorsque l’autre pose sa main sur ton épaule en te saluant. C’est les tests que tu fais passer de manière inconsciente aux autres. Pour être sûre que tu peux accorder ta confiance.
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est devoir sans arrêter s’adapter à l’autre. Il faut sans arrêt s’adapter à l’environnement immédiat. Il faut sans arrêt composer avec la norme avant de demander à la norme de composer avec toi. Ce n’est plus une question de survie comme ça l’a été auparavant. Simplement, c’est devoir tout mettre en œuvre pour que ça reste une question d’adaptation et que jamais plus ça ne retombe dans une question de survie. […]Vivre dans l’insécurité permanente, c’est faire preuve d’une écoute et d’une bienveillance à toute épreuve. C’est tout entendre, tout comprendre, tout pardonner. Et avoir beaucoup de mal à intégrer que ça marche dans les deux sens. C’est apprendre à recevoir des compliments sans immédiatement les minimiser. C’est apprendre à accepter d’avoir des qualités au lieu de tout le temps mettre en avant des défauts et se concentrer exclusivement là-dessus.
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est réussir à se frayer un chemin dans la violence du regard de l’autre. C’est devoir apprendre à s’en détacher. Ça va être apprendre à s’en foutre.
C’est tout faire pour les autres, partout, tout le temps. C’est devoir apprendre à s’écouter. Ça va être apprendre à ne pas laisser autant de place aux autres. Rééquilibrer les priorités. Commencer à trouver des compromis pour soi. Pas juste pour les autres.Vivre dans l’insécurité permanente, c’est avoir peur en permanence du désamour et de l’abandon. C’est devoir anticiper et envisager les coups qu’on pourrait se prendre par effet de miroir avec les coups qu’on s’est déjà pris. C’est se taire lorsqu’il faudrait crier. Devoir apprendre à dire non avec un grand sourire. Apprendre à ne pas se décourager parce qu’il y a encore tellement de chemin à faire.
C’est ne plus cultiver le jardin intérieur de l’autre lorsque toutes les plantes sont mortes et fanées chez soi.Vivre dans l’insécurité permanente, c’est ne pas réussir à envisager que tout pourrait bien se passer. Comment réussir à se projeter dans cinq ans quand on ne sait toujours pas si la question de la survie est bel et bien réglée ? C’est avoir toujours avec un doute sur tout, tout le temps, avec tout le monde. C’est de ne plus avoir d’anxiété généralisée mais toujours pas de calme intérieur. C’est de ne pas réussir à voir ce qui se profile à l’horizon parce qu’il y a toujours un brume et un brouillard devant.
Très intéressant. :)
L'association « Nos oignons », qui maintient des nœuds de sortie TOR (exposés à des risques juridiques et nécessitant une stabilité que ne procure par une connexion ADSL/coaxiale/fibre à la maison), a lancé sa campagne de financement 2018, car TOR est pour tout le monde.
Un grand bravo à Arnaud Lagardère — un de plus — qui vient de vendre son siie internet Doctissimo à TF1 pour 15 millions d’euros et son site Mondocteur au groupe Doctolib pour 45 millions d’euros. Il y a un peu plus de dix ans, les investissements de Lagardère dans ces sites médicaux lui avaient coûté la bagatelle de 140 millions d'euros, soit plus de deux fois plus.
A la santé, Nono !
Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.
Cet arrêt du Conseil d’Etat belge (29 juin) ressemble à une — première — victoire pour les ONG bataillant contre les marchands de canons européens. La sanglante guerre au Yémen (10 000 morts en trois ans), alimentée par des industriels de l’UE, est une foire aux missiles et aux armes lourdes. L’arrêt du Conseil belge a retiré huit licences d’exportation d’armes à la Fabrique nationale Herstal. La région wallonne — l’actionnaire de ce groupe propriétaire des marques Winchester et Browning — n’a, en effet, pas « procédé à un examen minutieux et prudent » de la question du respect des droits de l’homme par l’Arabie saoudite, acheteuse, l’an dernier, de 153 millions d’euros d’armes wallonnes. A la tête d’une coalition de pays arabes, Riyad est le premier belligérant de ce conflit dirigé contre la rébellion houthie (chiite) au Yémen.
Commerce rentable
Pas de coup d’arrêt de cette sorte en France, où les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite et l’Egypte ont triplé depuis 2014, pour atteindre 1 milliard d’euros en 2016… Et les livraisons continuent en 2017 : 1,38 milliard à l’Arabie saoudite, et 210 millions aux Emirats arabes unis. Sur cette base, l’association Action Sécurité Ethique républicaines (Aser) a déposé, le 7 mai, devant le tribunal administratif de Paris un recours pour violation répétée du traité sur le commerce des armes (TCA).
Ce traité, solennellement ratifié par la France en 2014, interdit les « transferts d’armes classiques » si l’Etat du vendeur a connaissance de ce que « ces armes ou ces biens pourraient servir à commettre (…) des attaques dirigées contre des civils ou d’autres crimes de guerre ».
A l’Assemblée, une petite fronde est jugulée par Richard Ferrand, le patron du groupe LEM, et Marielle de Sarnez, la présidente de la commission des Affaires étrangères. Ils s’opposent depuis trois mois à une quarantaine de députés de la majorité présidentielle. A leur tête, Sébastien Nadot, député de la Haute-Garonne, qui, le 5 avril, a lancé un projet de commission d’enquête.
Présentez armes
A ce député trop curieux, Macron en personne a assuré en février que ces livraisons signées surtout sous Le Drian à la Défense portaient sur des « armes défensives » (sic). Puis, en juin, il l’a félicité pour son action de contrôle : « Je suis de très près ce que vous faites. » Mais il n’a pas fait débloquer sa commission d’enquête pour autant… Jupiter impuissant contre la foudre ? Crédible !
Un rapport commun de l’Observatoire des armements et de la FIDH (« Le Canard », 20/6) détaille pourtant des « indices de présence » recoupés d’armements français sur le théâtre des opérations au Yémen : des 4 x 4 blindés vendus à l’Arabie saoudite en 2016, des canons Caesar de 155 mm, mais aussi des chars Leclerc et des Mirage 2000 émiratis, certes vendus dans les années 90, mais nécessitant « munitions, formation, services et assistance », lesquels se trouvent dans le collimateur des députés. Preuve de son vif intérêt, Macron a convoqué à Paris, le 27 juin, une petite conférence humanitaire sur le Yémen mais qui a été trustée par les Saoudiens… et à laquelle il ne s’est finalement pas donné la peine d’assister.
Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.