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  • Dégooglisons saison 3 : 30 services alternatifs aux produits de Google & co – Framablog

    Les nouveaux services alternatifs proposés par Framasoft :

    • Framalistes (lundi 03 octobre, aujourd’hui !) : cet outil qui repose sur le logiciel Sympa vous permettra de créer vos listes de diffusions, d’échanger des emails et de quitter Google Groups !

    • Framanotes (mar 04 octobre) : installez les applications Turtl, connectez-les à notre serveur pour créer, conserver et chiffrer vos notes, images, fichiers, marque-pages sur des tableaux… voire les partager avec d’autres ; et ainsi quitter en groupe Evernote !

    • Framaforms (mercredi 05 octobre) : basé sur Drupal et Webforms, il vous permettra de créer rapidement des formulaires pour votre doctorat, vos contributeurs ou votre site Web sans livrer les réponses des participants à Google Forms.

    • Framatalk (jeudi 06 Octobre) : avec Jitsi Meet installé sur nos serveurs, vous pourrez créer en deux clics une conversation audio ou vidéo, voire une conférence (si votre connexion le permet) et vous défaire peu à peu de Discord ou du Skype de Microsoft. L’affreux verbe « skaïper » deviendra enfin un mauvais souvenir.

    • Framagenda (vendredi 07 octobre) : nous avons amélioré pour vous le code de l’application « calendar » de ownCloud/Nextcloud, afin que vos agendas, contacts, rendez-vous, et plannings puissent être affichés, devenir publics, semi-publics ou complètement privés… Fini l’espionnage par Google/Apple/Microsoft Agenda.

    • MyFrama, c’est notre réponse au framabazar. Elle vous sera proposée le lundi 10 octobre. Basé sur Shaarli, il s’agit d’un récolteur/trieur d’adresses Web (à la Del.icio.us) [...]

    Et puis le mercredi 12 octobre marquera l’acte de naissance officiel du Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires : les CHATONS ! Annoncé en février dernier, c’est un nouveau travail sur le long terme que nous avons appelé de nos vœux, pour que vous puissiez trouver aisément un hébergement de services libres (dont du mail, oui oui) partageant la même éthique et proche de chez vous.

    05/10/2016 12:33:53 - permalink -
    - https://framablog.org/2016/10/03/degooglisons-saison-3-30-services-alternatifs-aux-produits-de-google-co/
  • Yahoo! accusé de surveiller les boîtes e-mail de ses utilisateurs pour le compte des Etats-Unis

    Yahoo! a conçu et mis en place en 2015 un programme informatique pour surveiller en temps réel les boîtes e-mail de tous ses utilisateurs, afin d’y détecter des mots-clés : c’est ce qu’affirme une enquête de l’agence Reuters, s’appuyant sur les témoignages de deux anciens employés. Selon Reuters, ce programme a été conçu pour répondre à une directive américaine, restée secrète, qui pourrait émaner d’une demande de la NSA (les services de renseignement) ou du FBI (la police fédérale).

    Yahoo! n’a démenti que très partiellement les accusations, se bornant à assurer que l’entreprise respectait les lois américaines.

    Sauf que la loi (Patrioct Act) dit précisément que c'est open-bar pour les services de renseignement pour surveiller un-e non-américain-e (et que pour savoir qui est américain ou non, ils jouent aux probabilités). Et quand je vois que Verizon avait filé toutes les données de connexion, même de citoyen-ne-s américain-e-s, je me dit que ça doit être toout autant open-bar pour les américain-e-s.


    Les détails de ce programme sont encore largement inconnus – tout juste sait-on que son but était d’identifier, en temps réel, des « sélecteurs », des mots-clés dans le jargon des services de renseignement, qui peuvent être aussi bien un mot qu’une adresse e-mail ou l’adresse IP d’une machine.

    [...]

    Pour Amnesty International comme pour le lanceur d’alerte Edward Snowden, qui a révélé l’existence du système de surveillance d’Internet mis en place par la NSA américaine, cette nouvelle affaire Yahoo! démontre dans tous les cas que les réformes du renseignement entreprises depuis 2013 n’ont été qu’une illusion. « Souvenez-vous, pendant les négociations sur l’accord sur les transferts de données entre l’Europe et les Etats-Unis, le gouvernement américain disait que ce type de choses n’arriverait jamais », écrit Edward Snowden sur Twitter.

    Ici, on parle du Privacy Shield, remplaçant du Safe Harbor (voir http://shaarli.guiguishow.info/?2QNnaA ). L'argument de la CJUE pour casser le Safe Harbor a été de dire, en gros, que la surveillance de masse opérée aux USA est incompatible avec le régime européen de traitement des données persos d'où il n'y a plus la possibilité d'un échange automatique de ces données. Et lors des discussions autour du Privacy Shield, on a en effet entendu de belles promesses des USA que la surveillance de masse avait cessée et tout et que donc un nouvel accord de libre échange des données persos est compatible avec le droit de l'Union. Trolololololololo.


    Sollicités ce 4 octobre par la presse américaine, Apple, Facebook, Microsoft et Google ont toutes nié avoir reçu une demande similaire à celle faite à Yahoo!.

    Là aussi, c'est du bullshit complet : la loi impose à ces sociétés commerciales de se taire. Point.

    05/10/2016 12:09:34 - permalink -
    - http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/10/05/yahoo-accuse-de-surveiller-les-boites-e-mail-de-ses-utilisateurs-pour-le-compte-des-etats-unis_5008385_4408996.html
  • xkcd: Work

    Sometimes I get overwhelmed thinking about the amount of work that went into the ordinary objects around me
    +
    9 hours of meetings [...] 4 hours of meetings [...] years-long negotiation.

    Tellement ça. :/

    03/10/2016 23:57:42 - permalink -
    - https://xkcd.com/1741/
  • Est-il constitutionnel de vendre des données publiques ? Regards Citoyens saisit le Conseil d’État « Regards Citoyens

    En 2013, l’excellent rapport Trojette sur l’ouverture des données publiques alertait le Premier Ministre sur les risques juridiques et constitutionnels des redevances mises en place par l’administration pour manipuler certaines données publiques.

    Trois ans plus tard, et malgré l’adoption de deux lois sur l’Open Data, ni la Loi Valter, ni la Loi pour une République Numérique n’ont permis de lever les doutes formulés sur les redevances. Pire, aucune étude n’a été conduite sur la question.

    Profitant de la parution au Journal Officiel du 30 juillet du décret Placé d’application de la loi Valter, l’association Regards Citoyens s’essaie à une nouvelle forme d’hacktivisme pour défendre l’ouverture des données publiques. Elle a déposé vendredi dernier un recours devant le Conseil d’État contre ce décret, soulevant notamment une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à propos des redevances sur la base, entre autres, des arguments avancés par M. Trojette dans son rapport.

    Le recours déposé par Regards Citoyens le 30 septembre 2016 prend la forme d’une requête introductive d’instance, à compléter sous trois mois d’un mémoire complémentaire. Il sera également nécessaire, si le Conseil d’État accède à la demande de QPC, de rédiger un mémoire pour le Conseil constitutionnel. Les ressources humaines de Regards Citoyens étant plus geek que juridiques, nous en appelons à l’aide de toute personne acquise à la cause de l’ouverture des données publiques, et qui aurait des compétences en droit, pour nous aider dans la rédaction de ces documents.

    Via #tetaneutral.net

    03/10/2016 16:27:56 - permalink -
    - http://www.regardscitoyens.org/est-il-constitutionnel-de-vendre-des-donnees-publiques-regards-citoyens-saisit-le-conseil-detat/
  • Note à moi-même : parlementaires et logique de groupe

    Petite réflexion : les parlementaires bossent souvent ensemble. Soit il-elle-s s'alignent sur la position du groupe voire vote en groupe ( voir http://www.regardscitoyens.org/delegation-de-vote/ ). Soit il-elle-s délèguent certains dossiers genre A s'occupe de la déchéance de nationalité, B de la loi Renseignement. Soit ils co-payent le salaire d'assistant-e parlementaire, ce qui fait que c'est l'assistant-e parlementaire de A qui bosse tel projet/proposition de loi pour A et B.

    Du coup, on sent bien que téléphoner aux X député-e-s / sénateur-rice-s du même groupe politique dans une même circonscription, ça peut ne pas avoir d'intérêt : on peut voir que vous forcez l'entrée. Ça peut aussi montrer que vous êtes réellement impliqué et que le projet/proposition de loi vous touche vraiment mais honnêtement, je pense plutôt qu'on vous colle l'étiquette "lobbyiste masqué" ou "mec floodeur pas sérieux".

    Du coup, lors de mes prochaines actions contre un projet de loi ou une proposition de loi, il faut que je pense à demander : 1) qui traite ce projet/proposition de loi dans le groupe ? ; 2) Est-ce que vous bossez en partenariat avec un-e élu-e de la circonscription et si oui, qui s'occupe le plus du texte de loi qui m'intéresse ?

    Après, je ne cesse de me demander : est-ce que faire infléchir la position du groupe suffit à faire voter des textes moins stupides, moins dangereux, moins liberticides ? Est-ce qu'à moment donné, tenter de convaincre un-e par un-e les député-e-s et sénateur-rice-s, ça ne peut pas être plus productif ? :/

    03/10/2016 15:15:44 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?la9Opw
  • Égalité et citoyenneté : la presse dans le viseur des sénateurs | Public Sénat

    [...]

    Adopté à une large majorité cette semaine en commission, il prévoit qu’une personne victime d’une infraction prévue par la loi de 1881 (injure, diffamation…) pourra demander une réparation en droit de la presse (droit de réponse par exemple) mais aussi, séparément, sur le fondement des articles 1382 et suivants du Code civil. Or, aujourd’hui, la jurisprudence (Cour de Cassation 12 juillet 2000) a prévu justement que « les abus de la liberté d’expression prévus et réprimés par la loi du 29 juillet 1881 ne peuvent être réparés sur le fondement de l’article 1382 du Code civil ».

    « Cela ne va pas à l’encontre du droit de la presse », estime le socialiste Alain Richard, co-signataire de l’amendement, qui ajoute : « C’est une plaisanterie ! Ce régime pose un vrai problème d’inégalité des victimes. On parle d’atteintes à la vie privée, à l’intégrité, qui peuvent être très graves pour les personnes et elles ne pourraient pas obtenir de réparation au civil sous prétexte que cela relèverait du droit de la presse ? Les éditeurs vont devoir s'y faire ».

    Heeeeeeeu sauf qu'un procès pour un délit de presse comporte un volet dommages et intérêts, hein.


    [...]

    En clair, certains dans la presse, craignent que les contenus litigieux ne soient plus appréciés à l’aune de la loi de 1881 qui contient une liste d’infractions très précises, mais soient laissés à « l’appréciation du juge et à sa subjectivité ». Conséquence : les journalistes pourraient alors s’auto-censurer car ils ne sauraient pas de façon précise à quoi ils s’exposent.

    [...]

    Autre proposition adoptée très majoritairement par la commission, la modification du délai de prescription pour la presse en ligne. [...] Pour les sénateurs, il faut plus de temps pour porter plainte car les contenus sur Internet peuvent avoir un retentissement gigantesque et parce qu’il peut être très difficile de retrouver l’auteur. Concrètement, cela pourrait donc être infini puisque de nombreux journaux conservent l’intégralité de leurs archives en ligne. Mais un compromis vient d’être trouvé avec le gouvernement, explique Alain Richard : « Nous pourrions fixer une date butoir dans le temps : l’auteur du contenu pourrait être attaqué dans les 3 mois qui suivent le retrait de l’article et dans une limite de 3 ans après la première publication sur Internet. »

    Le retentissement peut être gigantesque donc les plaignants ont laaaaargement assez de 3 mois pour porter plainte puisqu'ils voient passer les propos, CQFD ! La LCEN impose un temps de réponse court à l'éditeur avant de pouvoir demander l'identité de celui-ci à l'hébergeur. Si tout cela est en dehors du territoire national, c'est potentiellement perdu mais ça l'est même sans cette modification ! Dans tous les cas, c'est bien à la police de retrouver les auteurs, pas aux plaignants donc il faut porter plainte donc dans les 3 mois, CQFD.

    02/10/2016 11:00:14 - permalink -
    - http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/egalite-citoyennete-presse-viseur-des-senateurs-1504794
  • Au nom d’abus sur Internet, la loi sur la liberté de la presse menacée

    C’est un projet de loi qui ratisse large, de la réserve citoyenne de la police à l’abolition d’une ordonnance de Charles X. Un texte minutieux aussi, qui entend remplacer dans le code du commerce « l’appel à la générosité publique » par « l’appel public à la générosité », et sera examiné par le Sénat à partir de mardi 4 octobre. Le projet de loi « égalité et citoyenneté » pourrait vider discrètement de son contenu la vénérable loi du 29 juillet 1881 qui régit le droit de la presse.

    L’initiative est née en juillet d’un rapport de deux sénateurs, François Pillet (Les Républicains, Cher) et Thani Mohamed-Soilihi (Parti socialiste, Mayotte), sur les abus d’Internet. [...] Pour Me Basile Ader, spécialiste du droit de la presse, « dès les premières pages du rapport, on est frappé par la méconnaissance de la réalité du contentieux ». Les élus n’ont en tout cas pas jugé bon d’interroger un seul responsable de médias. [...]

    « La loi sur la presse consacre un principe de liberté, résume Me Christophe Bigot, également spécialiste du droit de la presse, elle décrit des comportements très précis, les infractions. Le projet du Sénat s’attaque à ces piliers, et fait tomber toute la loi de 1881. »

    [...] Le Sénat entend aujourd’hui faire commencer la prescription sur Internet trois mois « à compter de la date à laquelle cesse la mise à disposition du public du message ». Or les articles ne sont (quasiment) jamais retirés des sites d’information. « Les infractions de presse deviendraient de fait imprescriptibles », résume Me Bigot. Le Conseil constitutionnel a pourtant déjà tranché en 2004 : il ne peut pas y avoir de différence de régime entre presse écrite et numérique.

    Deuxième pilier : les garanties de procédures. C’est à celui qui s’estime diffamé ou injurié de dire exactement par quel passage, et de qualifier le délit, sans cela la procédure est nulle – le Conseil constitutionnel l’a confirmé en 2013. Le Sénat entend aujourd’hui supprimer la sanction (la nullité de la procédure) et laisser au juge le soin de choisir et de qualifier lui-même les passages contestés.

    Enfin, les sénateurs autorisent simplement le contournement de la loi de 1881, en permettant les actions en justice sur une faute civile. « N’importe quel particulier ou quelle entreprise pourra poursuivre un article qui lui déplaira, dit Me Bigot. En s’affranchissant de toutes les contraintes de la loi sur la presse. »

    « Toutes ces règles, posées depuis près de deux siècles, ne sont pas une lubie, a souligné Me Renaud Le Gunehec dans Le Point du 29 septembre. Elles sont le moyen voulu par le législateur d’encadrer strictement les procédures touchant à la liberté d’expression. On ne débat pas ainsi d’une des lois fondatrices de la République. »

    Gros +1.

    02/10/2016 10:53:48 - permalink -
    - http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/10/01/au-nom-d-abus-sur-internet-la-loi-sur-la-liberte-de-la-presse-menacee_5006595_3224.html
  • Panorama des menaces sur la liberté d’expression et la presse au Sénat

    Rappel : l'équilibre de la liberté de la presse et de la liberté d'expression est sur la sellette du Sénat. Y'a-t-il des citoyen-ne-s dans la salle pour se bouger auprès des élu-e-s pour éviter cette atrocité ? Il reste jusqu'à mardi.

    Le projet de loi sur l’égalité et la citoyenneté sera discuté en séance publique à partir du 4 octobre au Sénat. Retour sur les dispositions relatives à la liberté d’expression et leurs effets sur les publications en ligne, professionnelles ou non.

    À l’occasion des débats autour de ce texte d’origine gouvernementale, les parlementaires ont eu pour riche initiative de modifier des pans entiers du droit de la presse. Derrière le vocable, pas de confusion : ce ne sont pas des règles réservées aux seuls journaux, mais bien tout l’arsenal qui permet à une prétendue victime de trainer une personne pour abus de la liberté d’expression, notamment sur les réseaux. [...]

    L’arrêt d’un site aux contenus discriminatoires

    Depuis 2007, l'article 50-1 de la loi du 29 juillet 1881 permet au ministère public et à toute personne ayant intérêt à agir de demander au juge des référés d'ordonner l'arrêt d'un site Internet. Il suffit que celui-ci contienne des messages de provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale et de contestation des crimes contre l'humanité. Et que ces messages constituent « un trouble manifestement illicite ».

    Avec ce projet de loi, le gouvernement et les parlementaires ont étendu ce mécanisme à la diffamation ou l’injure envers une personne ou un groupe de personnes « à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Mais aussi à raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle ou de leur handicap.

    Un juge pourra ainsi ordonner l’interruption d’un site à raison de ces contenus à caractère discriminatoire. Et puisque le ministère public pourra être à l’origine de cette procédure, il ne sera pas nécessaire d’identifier l’auteur des propos incriminés.

    Fermeture d'un site web pour diffamation/injure alors que l'attaque en diffamation est l'instrument de défense utilisé à tout bout de champ même quand l'info est véridique et rapportée en bonne et due forme, est-ce bien sérieux ? Est-ce que la peine n'est pas disproportionnée ?


    La requalification s’invite dans la loi de 1881

    Il sera donc possible pour un juge de requalifier les faits dont il est saisi. Ainsi, une procédure en diffamation pourra déboucher sur une sanction pour injure, et inversement.

    Et il est beaucoup plus difficile de se défendre d'injure alors que la diffamation est plutôt bien encadrée : aspect "c'est la vérité", bonne foi, etc. ;) L'idée est également que cela supprime une contrainte sur le plaignant puisqu'à l'heure actuelle, celui-ci est obligé de qualifier précisément les propos et s'il se trompe, vlam, nullité de la procédure.


    Aujourd’hui, en cas d’erreur d’aiguillage, le magistrat est lié par la qualification du réquisitoire ou de la plainte avec constitution de partie civile. Demain, si la disposition survit, alors le prévenu ne pourra plus être relaxé, la requalification étant possible à l’audience.

    Le point de départ de la prescription

    Les trois mois (délai de droit commun) ou un an (pour certaines infractions) débuteraient non à la date de publication, mais à celle à laquelle cesse la mise à disposition au public d’un contenu en ligne (que soit un journal en ligne, un post sur Facebook, un tweet, un blog, etc.). Pour la presse papier, par contre, on en resterait aux règles actuelles.

    Cette disposition a été soufflée par le rapport d'information « L'équilibre de la loi du 29 juillet 1881 à l'épreuve d'Internet », présenté l’été dernier par ses auteurs, François Pillet (LR) et Thani Mohamed Soilihi (PS)

    Ok donc droite comme gauche sont d'accord sur ce point, intéressant à noter.


    Se souvenant que le Conseil constitutionnel avait épinglé une telle réforme en 2004, le gouvernement refuse une telle réforme : voilà des dispositions « excessives », qui « portent une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression ». Et pour cause, il sera possible de poursuivre indéfiniment une personne pour peu qu’un message posté des années avant reste accessible quelque part en ligne.

    Sans compter que, de fait, il n'y a plus de prescription qui est l'un des aspects fondamentaux de notre droit : le pardon au bout d'un certain temps ! De plus, une personne physique ou morale peut très bien porter plainte des années et des années après la publication d'un contenu. Exemple ? Les sociétés commerciales non cotées qui essayent de s'acheter une virginité avant d'entrer en bourse. Cas concret : http://www.nextinpact.com/archive/64648-cgu-sebsauvage-tuto4pc-eorezo-adware.htm .

    Que les contenus restent en ligne ad vitam æternam n'est pas un problème : la prescription des délits de la presse n'empêche pas d'attaquer pour d'autres motifs et d'utiliser, par exemple, la LCEN pour exiger le retrait de contenus. Illustration : https://framablog.org/2014/03/14/getty-images-vie-privee/


    Extension des possibilités de réparation

    « permettre une réparation des préjudices nés des abus de la liberté d’expression sur le fondement de la responsabilité civile de droit commun »

    Quelles conséquences ? La mesure, qui vient renverser une jurisprudence de la Cour de cassation, va rendre possible « d’autres réparations que celle associée à la condamnation pour une infraction de presse », explique le rapport de la commission des lois. Cela implique également la possibilité de jouer sur des délais de prescriptions plus longs, sans avoir à s’embastiller dans les trois mois actuels.

    En gros, ça signifie qu'un plaignant pourra obtenir des réparations au civil pour des faits dont il aura été jugé qu'ils ne sont pas un abus de la liberté de la presse et de la liberté d'expression. Cela permettra de faire dégager des articles, des contenus, qui peuvent gêner par leur négativité mais ne pas être pour autant un délit de presse. À quoi je pense ? Aux grands patrons & co qui attaquent en diffamation (qui est un des délits de presse) tout article légèrement négatif au sujet de leur société commerciale. Genre Xavier Niel, patron de Free, est un spécialiste du domaine. On accentue d'autant plus la pression sur la presse et les citoyen-ne-s.


    Plus d’automaticité de la fin des poursuites

    Aujourd’hui, en cas de désistement du plaignant, les procédures engagées s'arrêtent. Le rapport précité plaide pour la fin de cette règle. Le texte examiné au Sénat passe des écrits aux actes.

    Selon les auteurs de l’amendement (le trio Thani Mohamed Soihili, Alain Richard et François Pillet), le régime actuel permet à une prétendue victime d’instrumentaliser ce levier : j’engage une poursuite puis je me retire, avec, entre ces deux moments, l’assurance d’une sale période pour le prévenu.

    En supprimant la fin de l’automaticité, les sénateurs savent aussi que toute action engagée va permettre de continuer son bonhomme de chemin jusqu’à l’éventuelle condamnation.

    Le prétexte est bien formulé mais je pense que la motivation est toute autre, quelque chose qui me rappelle l'affaire Bluetouff/ANSES : le plaignant se retire en première instance, le parquet fait appel, condamnation alors que l'ANSES elle-même ne savait plus où se mettre dans cette affaire.

    [...]

    Au Sénat, il sera néanmoins difficile de freiner l’ardeur des parlementaires. Il suffit en effet de relire quelques échanges relevés par nos soins lors de la présentation du rapport Thani Mohamed Soihili et François Pillet

    Ok, toujours des propos aussi fleuris et à côté de la plaque. Avoir du verbe, c'est bien, comprendre un monde qui change, c'est mieux.

    02/10/2016 10:25:42 - permalink -
    - http://www.nextinpact.com/news/101602-panorama-menaces-sur-liberte-d-expression-et-presse-au-senat.htm
  • Neutralité du Net : l'ORECE dans la bonne direction, ne relâchons pas la pression | La Quadrature du Net

    Un bon résumé historique de LQDN à propos de la neutralité des réseaux. À lire.

    La Quadrature du Net a défendu, dès 2009 et les premières annonces de travaux européens sur la neutralité du Net, une approche de la question résolument tournée vers les questions de droits fondamentaux : sécuriser la neutralité du Net, c'est défendre l'accès de tous à tout le réseau Internet, c'est permettre de recevoir et d'émettre de l'information avec les mêmes conditions pour tous, c'est donc garantir les conditions techniques d'un exercice libre et équitable de la liberté d'expression et d'information.

    Cela n'allait pas de soi : dès que le sujet a commencé à être présent dans les discours des opérateurs Télécoms et des grandes entreprises numériques, tout a été fait pour que l'on envisage la neutralité du Net uniquement sous l'angle du financement du trafic Internet et non comme un enjeu majeur d'équilibre du réseau, qui détermine par conséquent la qualité d'accès et de circulation de l'information et des services pour l'ensemble des utilisateurs.

    [...]

    Au fur et à mesure des années, le dossier de la neutralité du Net a oscillé entre espoir et douche froide. En 2009, après les propositions d'amendement de l'opérateur américain AT&T visant à légaliser les pratiques de gestion de trafic discriminatoire, La Quadrature avait été la première association européenne a s'y opposer. En dépit d'un réel effort d'information des élus et des citoyens sur ce sujet complexe, nous n'étions alors pas parvenu à contraindre le Parlement et les États membres à inscrire dans le Paquet Télécom alors en cours de révision une disposition protégeant ce principe. Néanmoins, la Commission européenne s'était engagée à l'issue du processus législatif à étudier le sujet et à intervenir s'il en établissait le besoin (voir l'annexe 2 au communiqué de novembre 2009 saluant l'adoption du Paquet Télécom).

    S'ensuivirent près de quatre années de louvoiements divers et variés. Alors qu'en France, l'Arcep et certains parlementaires montaient en compétence à force de colloques, d'auditions et de rapports consacrés au sujet, la Commission européenne — et en particulier Neelie Kroes, chargée de l'Agenda numérique — faisait le dos rond. En 2011, face au refus persistant des autorités européennes de prendre conscience de l'ampleur du problème, La Quadrature fut à initiative du projet RespectMyNet, une plateforme permettant aux internautes européens de documenter les atteintes à la neutralité du Net.

    Malgré les rapports parlementaires appelant à l'adoption d'une législation en la matière, Neelie Kroes s'y refusait. Pire, entre 2011 et 2013, elle ne cessa de s'afficher toujours plus proche des positions défendues par les grands opérateurs télécoms européens, lesquels embrayaient un nouveau cycle de concentration dans le secteur. Dans ce contexte, Neelie Kroes prit la société civile de cours en annonçant, à l'été 2013, son projet de règlement sur les télécommunications, qui, bien que présenté comme un outil de défense de la neutralité du Net, reprenait en fait très clairement les propositions des géants des télécommunications. Depuis trois ans, un consortium de grands industriels de télécoms et d'université venait alors de « démontrer » - à grands renforts de financements provenant de l'Union européenne - que la seule voie possible pour l'avenir consistait en une priorisation du trafic sur Internet afin de financer la modernisation du réseau--, ignorant bien entendu les arguments des partisans de la neutralité du Net.

    L'équilibre du projet de Neelie Kroes était le suivant :

    • priorisation du trafic pour permettre aux télécoms de conclure des accords avec les gros fournisseurs de contenu, réseaux sociaux, etc. (Google, Facebook...) afin que ces contenus soient acheminés en priorité - discriminant ainsi tous les petits fournisseurs de contenus, PME, TPE, personnes privées, organisations citoyennes qui n'auraient pas les moyens ou refuseraient de payer.
    • création d'un statut de services spécialisés bénéficiant d'un trafic priorisé, alors que des services équivalents - mais ne payant pas ou pas suffisamment - seraient de facto plus difficiles d'accès.
    • mise en place d'offres de type zero rating et autres systèmes de tarification en fonction du volume et des accords commerciaux, priorisant encore une poignée de fournisseurs de contenu.

    Le Parlement européen s'est ensuite emparé du texte en débutant de façon désastreuse par le choix de Pilar del Castillo Vera (PPE, ES) comme rapporteur, qui s'est empressée de suivre la voie tracée par la Commission européenne et des télécoms.

    Voici en novembre 2013 le tableau noir de la neutralité du Net qui a conduit quelques organisations citoyennes dont La Quadrature du Net à s'organiser autour de la campagne SaveTheInternet.eu. Et c'est à l'issue de quelques mois de négociations houleuses que le Parlement a voté in extremis le 3 avril 2014 un texte très favorable à la neutralité du Net, une grande victoire, mais précaire, pour la coalition SaveTheInternet.eu et la poignée de parlementaires qui ont dès le début cherché à défendre les droits et libertés.

    Précaire, car le Conseil de l'Union européenne, en charge de transmettre ensuite sa position sur le texte, s'avère moins sensible aux voix citoyennes qu'au pouvoir des grosses entreprises de télécommunications avec lesquels les États membres entretiennent souvent des relations incestueuses. Et il a fallu maintenir pendant près d'un an et demi la pression sur le Parlement européen pour obtenir en octobre 2015 un vote sur un texte ambigu et qui laissait une grosse marge d'interprétation pour l'ORECE, en charge dans un délai de neuf mois de définir les lignes directrices d'application du règlement.

    Après une consultation qui a recueilli près de 500 000 réponses provenant de particuliers, d'associations et de professionnels des télécoms, l'Organe des régulateurs européens des communications électroniques a ainsi publié et présenté publiquement le 30 août dernier ses lignes directrices, précisant notamment les principes retenus pour coordonner la mise en application d'un Internet ouvert. L'ORECE a joué son rôle en restant ferme face aux industries des télécoms et en encadrant notamment certaines pratiques qui avaient été pointées du doigt par la coalition SaveTheInternet.eu, comme les services spécialisés et les mesures de gestion de trafic. En outre, si le « zero rating » n'est pas nommément interdit, l'interprétation des lignes directrices ne devraient pas permettre de mettre en pratique ce type d'offres.

    Je suis plutôt en désaccord sur ce point. La seule certitude que l'on a, c'est que toute application (ou service ou types d'applications) devra être traité pareil lorsque le quota de data mobile est atteint, même les offres zéro-rating. Le reste, ça dépendra du bon vouloir des régulateurs nationaux des télécoms (se bougeront-ils ? Avec quelle vigueur ? Comment la décision d'un régulateur sera-t-elle propagée dans l'EU si l'atteinte se produit dans plusieurs États membres ? Les lignes directrices ne disent rien sur tout cela) mais l'arsenal, les critères pour évaluer si une pratique de zéro-rating limite les droits des utilisateur-rice-s sont plutôt flous (c'est globalement orienté sur des atteintes au Saint-Marché donc au droit de la concurrence) et l'atteinte à la liberté d'expression et au pluralisme des médias a été relégué en note de bas de page du document final, pour donner une idée certes en échange d'un paragraphe protecteur qui se veut de portée générale.


    Quelques limites importantes sont notamment à noter, concernant les offres commerciales des opérateurs, pourtant susceptibles pour certaines de limiter drastiquement la liberté d'accès à l'information et la liberté d'expression. Ces offres restent dans une zone de gris et seront à évaluer au cas par cas par les autorités de régulation nationales (ARN, l'ARCEP en France), le temps que les régulateurs européens se coordonnent et élaborent une forme de jurisprudence dans le temps, au fil de leurs contrôles.

    Là, on est d'accord. :)


    D'autre part, dans notre réponse commune avec la Fédération FDN à la consultation [Lien], nous avons soulevé quelques points malheureusement non pris en compte par l'ORECE :

    • Les lignes directrices (paragraphe 16) prévoient d'autoriser la fourniture d'une seule adresse IP (soit IPv4, soit IPv6). Or actuellement les adresses IPv4 sont épuisées et de nombreux FAI tardent à déployer IPv6, sans toutefois être en mesure de fournir une IPv4, comme c'est le cas dans la plupart des offres d'accès à Internet via mobile. Sans le déploiement rapide d'IPv6, les utilisateurs sans IP publique, voire fixe, seront de plus en restreints dans leurs droits de fournir du contenu et des applications. Ainsi, les atteintes à la neutralité du Net opérées par les fournisseurs d'accès à Internet mobile pourraient rapidement s'étendre si les autorités nationales de régulations (ARNs) ne mettent pas un terme à ces pratiques.
    • Au paragraphe 50 (anciennement 47 2), il est prévu que tout le trafic doit être traité de façon égale, à l'exclusion des pratiques d'interconnexion entre opérateurs. Or une mauvaise interconnexion, par exemple avec un service concurrent à celui de l'opérateur, peut engendrer une discrimination d'accès à certains contenus, comme cela a été le cas un temps en France avec les vidéos YouTube discriminées depuis un accès à Internet fourni par Free ou par Orange.

    Oui, ça fait partie des problèmes qui restent, avec une définition plutôt molle de la liberté de choix du terminal par l'utilisateur final. Or, on peut craindre que les futures atteintes se dérouleront sur les terminaux d'accès.


    [...]

    Après plus de sept années passées à tenter de faire inscrire la neutralité du Net dans la législation européenne, La Quadrature du Net ne peut que constater, soulagée, que les pires menaces ont été repoussées, et que les plus graves pratiques de blocage ou de ralentissements de certains flux, encore observées il y a quelques années, sont largement sur le déclin.

    Pour autant, nous devrons rester extrêmement vigilants lors de la mise en application concrète du règlement et à l'activité future des régulateurs européens.

    Gros +1. Les régulateurs peuvent décider de prendre des années avant de contraindre un opérateur à cesser une atteinte. Les régulateurs peuvent évaluer de manière molle les pratiques de zero-rating et services spécialisés qui posent problèmes de manière à n'y voir aucune atteinte à la neutralité. Tout reste à jouer.


    La Commission européenne vient d'annoncer une codification du droit européen des télécoms qui pourrait s'accompagner d'une remise en cause des quelques avancées législatives obtenues ces dernières années. Les opérateurs télécoms, lancés dans des stratégie de convergence avec les grands groupes médias, sont des acteurs politiques extrêmement influents qui continueront à mener bataille pour renforcer leur contrôle des réseaux et de l'économie numérique. Plus que jamais, l'implication des citoyens européens dans le contrôle de l'effectivité des mesures adoptées doit se faire au quotidien, afin que les régulateurs sachent et sentent qu'ils ont derrière eux des utilisateurs attentifs et attachés au principe d'un Internet libre, ouvert et neutre.

    Gros +1.

    01/10/2016 16:01:30 - permalink -
    - https://www.laquadrature.net/node/10066
  • L'Arcep propose au Gouvernement un plan d'actions pour garantir la liberté des utilisateurs sur internet et accroître le rayonnement de la France auprès de la communauté numérique mondiale

    Le 11 janvier 2016, Axelle Lemaire a saisi l'Arcep d'une demande d'avis sur l'état de déploiement du protocole d'adressage IPv6. L'Autorité rend aujourd'hui public son rapport au Gouvernement.

    [...]

    La gestion actuelle de la pénurie d'adresses IPv4 conduit à brider certaines applications ou certains usages, limitant le caractère pleinement ouvert d'internet et la liberté des utilisateurs. Pour autant, la migration vers IPv6 est une opération complexe, qui implique la mobilisation de l'ensemble des acteurs de la chaîne d'internet : fournisseurs d'accès à internet, hébergeurs, fournisseurs d'applications, fabricants de terminaux, etc.

    [...]

    Derrière la question de la migration vers IPv6 se cache un enjeu de compétitivité. Les pays qui sauront accélérer vers IPv6 pourront développer une expertise et un savoir-faire qui contribueront à leur rayonnement international. L'enjeu est donc aussi l'attractivité de la France sur la scène numérique mondiale.

    Comme l'y invitait la ministre, l'Arcep entend mettre en place un observatoire de la transition IPv6 en France (dans le cadre de l'action n° 4). Cet observatoire permettra, de manière récurrente, de dresser l'état des lieux des déploiements, de contribuer à la transparence sur les intentions des acteurs majeurs et d'identifier d'éventuelles sources de blocages. Une version bêta de cet observatoire sera mise à disposition du public fin 2016.



    J'ai lu le rapport de l'ARCEP.

    Les bons points

    • L'ARCEP a su s'entourer des bonnes personnes pour conduire sa mission. L'AFNIC a déployé IPv6 y'a 15 ans environ et elle participe à l'observatoire de la résilience de l'Internet français qui procède à des mesures IPv6. Très bon choix.

    • L'ARCEP semble se montrer volontariste, à suivre.

    • L'ARCEP a très bien identifié les enjeux non-techniques d'IPv6 et exprime très clairement une vision politique :

      • Internet est un bien commun (page 5). À propos de la transition IPv6 : « il en va de la préservation du foisonnement qui a contribué au succès d’internet dès ses débuts et, plus généralement, de la préservation d’un internet ouvert, pérenne, innovent et résilient. ».

      • Les coûts cachés pour maintenir IPv4 sous perfusion (CGN) + le marché gris de revente de blocs IPv4 + la pénurie en elle-même représentent de la complexité et une barrière à l'entrée de nouveaux acteurs pour proposer de nouveaux services. L'ARCEP a très bien compris qu'on ne peut pas construire un réseau aujourd'hui si l'on n'obtient pas d'IPv4.

      • Le fait que certains acteurs traînent des pieds entraîne des externalités négatives pour d'autres acteurs genre frein à l'adoption du protocole ou entrave au fonctionnement d'un protocole (genre le P2p). Il y a donc une possible atteinte à l'innovation.

      • Les CGN et autres méthodes pour garder IPv4 en vie créer des centres névralgiques artificiels dans les réseaux, ce qui nuit directement à la résilience du réseau.

      • Les sociétés commerciales qui exploitent IPv6 ont des compétences et un rayonnement. L'ARCEP note que pour l'instant, ce rayonnement se passe à l'étranger.
    • L'ARCEP a bien identifié les freins à l'adoption d'IPv6 :

      • IPv6 n'apporte pas de bénéfice commercial immédiatement : il n'y a pas de killer-app qu'IPv4 n'aurait pas (comment ça la tortue dansante de http://www.kame.net/ n'est pas une killer-app ? :( ) et les utilisateurs finaux s'en fichent (et à juste titre : IP doit être invisible). Je pense que ce dernier argument est dangereux : l'utilisateur final ne demande pas IPv6 mais sont quand même demandeurs des avantages qu'il procure comme le fait de pouvoir proposer du contenu depuis chez soi.

      • Il faut que toute la chaîne technique migre, de l'éditeur d'un service à l'hébergeur en passant par les intermédiaires techniques et les FAI et les équipements. Or, personne ne veut y aller tant qu'il ne sait pas à quelle date les autres maillons auront déployé. Ben oui, si c'est pour déployer un IPv6 qui ne sert à rien car IPv4 sera utilisé en repli, c'est mauvais pour le business.

      • La maturité des solutions. Ça, c'est un truc que le geek moyen de veut pas entendre alors que c'est une réalité : il y a encore plein de choses qui ne fonctionnent pas en IPv6 à un niveau de fonctionnalités similaire à IPv4. Les logiciels métiers (qui peuvent avoir besoin du net pour réaliser certaines de leurs fonctions), ECN, forcer la source pour une route donnée, gestion des DDoS, appliances (pare-feu, load-balancer, etc.) placées devant des serveurs. De même, il y a quelques années, les pare-feu n'étaient pas prêts en IPv6 (mauvaise gestion du balayage de ports -> booom) et Linux ne gérer pas bcp38 / rp_filter en IPv6. Bref, les exemples sont nombreux et il faut en tenir compte.

      • Connaissances et compétences. Je trouve ce point très curieux quand j'entends par ailleurs que dans nos métiers, nous sommes trop forts, on apprend à apprendre et tout taktak. M'aurait-on menti ?

      • Je suis assez surpris que l'ARCEP n'ai pas identifié les coûts en support client de la migration. Toute la transition ne va pas se dérouler sans accroc, ne rêvons pas. Donc il y aura des appels aux supports clients des hébergeurs et des opérateurs. Ça suppose que le support client soit formé à la question. Si la part des appels devient trop grande, alors on peut considérer qu'IPv6 a un coût de support en lui-même.
    • L'ARCEP a bien noté que les sites web gouvernementaux et les services publics (CPAM/CAF) ne sont pas accessibles en IPv6 et ça, c'est bien.

    • Ce rapport est un révélateur. Nos ministres (je ne parle pas des député-e-s et sénateur-rice-s) nous font croire qu'ils sont idiots et qu'ils ne comprennent pas ce que l'on raconte sur le numérique. On sait que c'est faux car ils ont des conseillers pour leur expliquer (voir http://shaarli.guiguishow.info/?blS5jw ). On en a ici une illustration flagrante : ce rapport est destinée à une secrétaire d'état et cause de routage, BGP, transitaires, serveur, administrateur, ipsec, internet est composé de plusieurs réseaux, etc. et le glossaire ne couvre pas tous ces termes & notions. Pourtant Axelle Lemaire va parfaitement comprendre ce rapport.


    Les mauvais points

    • Dans la liste des acteurs sollicités pour préparer le rapport, je ne vois pas de petites structures. Comme d'habitude. :( En revanche, comme à chaque travail produit par l'ARCEP, Orange est cité. C'est d'autant plus malhonnête qu'Orange a commencé le déploiement IPv6 en 2016. Certes, leur réseau est complexe, on n'est pas obligé de leur cracher dessus pour leur retard. Mais on n'est pas non plus obligé de les encenser comme le fait le rapport en soulignant que le taux de pénétration d'IPv6 chez les utilisateurs français a doublé depuis qu'Orange a franchi le cap car c'est une conséquence du fait qu'Orange est un gros acteur. Tout ça conduit l'ARCEP à écrire « qu’une réelle dynamique de transition s’est enclenchée en France. ». Bullshit.

    • Encore une fois, l'ARCEP se concentre assez peu sur l'utilisateur final : peut-il accéder à tous les services sur Internet aujourd'hui ? J'aimerais savoir si de tels indicateurs existent. Peut-il fournir des services et des applications comme le règlement européen sur la neutralité des réseaux le lui octroie ?

    • Y'a tout un aspect qualitatif que l'ARCEP n'a pas encore vu / pris en compte. Exemple flagrant : 70 % des réseaux de transit auxquels les FAI et FSI français ont recours sont compatibles IPv6. Ouiiii, sauf que la qualité de la prestation IPv6 en terme de latence, en terme d'accès à tout l'Internet v6 et parfois en terme de débit est parfois largement en dessous de la prestation IPv4. Prenez Cogent (interrogé par l'ARCEP pour produire ce rapport) : HE et Google sont inaccessibles en IPv6, voir http://shaarli.guiguishow.info/?aNpSPQ . Prenez Interoute : le taux de paquets perdus dépasse 50 % dans la plupart des cas, voir http://shaarli.guiguishow.info/?nNMTjQ .

      • C'est un peu le même problème pour les services réellement disponibles en IPv6 : le site vitrine peut être en IPv6 mais pas les services commercialisés. Du coup, attention à ce que l'on mesure dans l'indicateur taux de pénétration d'IPv6 chez les FSI.
    • Plusieurs points du plan d'action prêtent à sourire :

      • IPv6 pour les sites web de l'État et enseignement IPv6, oui, bien évidemment mais rappeler ça encore en 2016, allô, il ne faudrait pas plutôt se demander pourquoi rien n'a été fait avant ?!

      • Créer des espaces d'échanges et de retour d'expérience. L'association G6, les JRES, FRnOG, FRsAG, etc. sont autant de canaux d'échanges d'expérience qui fonctionnent dans tant d'autres domaines, pourquoi ça foirerait avec IPv6 ?!

      • La publication des intentions de déploiement de chaque acteur, c'est très franco-français dans un réseau mondialisé donc peu porteur.

      • Informer l'utilisateur avant l'achat d'un terminal. Y'a déjà eu un amendement (non retenu) en ce sens sur le projet de loi numérique. Franchement, osef, tous les équipements vendus aujourd'hui sont compatibles. Y'a que le vieux matos achetés y'a des années et des années qui n'est pas compatible et risque de ne plus fonctionner une fois IPv4 éteint (dans 30 ans…).

      • Forcer les FAI qui ont plus d'un million d'abonné-e-s à déployer IPv6 : pourquoi pas vu que l'ARCEP constante que ce sont les acteurs à la traîne en ce moment (chiffres Google et chiffres AFNIC).
    • La préservation d'un Internet ouvert, innovant et tout, ça se fait en assurant que les IPv6 attribuées par le FAI soient fixes. Or Orange déploie de l'IPv6 dynamique, par exemple.

    • Pour mesurer le taux de pénétration d'IPv6 chez l'utilisateur final, pourquoi l'ARCEP ne demande-t-elle pas les chiffres aux FAI en complément des méthodes "utiliser les FSI" ? Un questionnaire bidon genre est-ce que vous déployez IPv6 ? Partout ou en fonction de la techno et du secteur géographique ? Combien cela représente-il de foyers et en pourcentage de votre parc ? Et niveau trafic, c'est-à-dire IPv6 réellement utilisé, vous voyez quel pourcentage de trafic ? Avez-vous été pro-actif afin de connaître les raisons de l'écart entre la théorie déployée et la part de trafic constatée ? etc, etc.

    • L'idée fausse favorable aux FAI que c'est les FSI qui doivent déployer car c'est eux qui feraient l'attrait d'IPv6 est présente dans le début du rapport et je trouve ça dommage. Toute la chaine technique doit déployer IPv6.
    01/10/2016 14:06:52 - permalink -
    - http://www.arcep.fr/index.php?id=8571&no_cache=1&tx_gsactualite_pi1%5Buid%5D=1905&tx_gsactualite_pi1%5BbackID%5D=26&cHash=db8f454f3ec95dee93f605fbd2010694
  • Appels téléphoniques à mes sénateur-rice-s concernant le projet de loi égalité et citoyenneté

    Suite à une énième horreur dans le projet de loi égalité et citoyenneté dont j'entends parler, la modification du droit de la presse, j'ai décidé de téléphoner à mes sénateur-trice-s pour leur faire part de mes inquiétudes et de ma volonté que le bullshit s'arrête dès maintenant.

    Le projet de loi sera examiné en plénière du Sénat dès mardi prochain (le 4 octobre) pour un vote sur l'ensemble du texte le 18 octobre. Il n'y avait donc pas assez de temps pour envoyer des mails. Sachant que, de toute façon, la limite pour poser des amendements est dépassée. On est en procédure accélérée (une seule lecture par chambre puis CMP).


    Modifications de la loi sur la liberté de la presse de 1881 (article 37)

    En commission spéciale du Sénat, nos élu-e-s ont ajouté :

    • Aujourd'hui, la prescription de l'action publique (délai après lequel une infraction ne peut plus être faire l'objet de poursuites) en matière de délit de la presse court (= est enclenché) à partir de la date de la première publication du contenu litigieux (ou d'une ré-édition d'après la jurisprudence établie). Les amendements sénatoriaux font que ce délai pourrait désormais courir à partir de la date de retrait du contenu, uniquement pour la presse en ligne.

    • Aujourd'hui, une plainte en matière de délit de presse s'interrompt automatiquement si le plaignant se retire. Le projet de loi propose que cet automatisme ne soit plus acquis.

    • Le juge aurait désormais la possibilité de requalifier un délit civil et les plaignants auraient la possibilité d'une réparation des préjudices sur le fondement de la responsabilité civile de droit commun.



    Ce que j'en comprends :

    • Ce texte intervient dans un contexte et avec un historique. Faire taire la presse, c'est un vieux rêve. Je rappelle que plusieurs député-e-s ont déposé des amendements lors la première promulgation de l'état d'urgence, en novembre 2015, pour explicitement contrôler la presse, la radio, le cinéma, etc. Ce n'est donc pas anodin de retrouver des miettes dans ce projet de loi !

    • J'interprète l'asymétrie de traitement entre presse papier et presse en ligne comme une volonté de censurer les médias en ligne qui sont ceux qui ont révélé les plus grosses affaires ces derniers temps genre les prétendus millions libyens de la campagne 2012 de Sarko, genre les prétendus agissements sexuels de Baupin, genre les documents de l'affaire Bettencourt, etc.

    • Les contenus sur Internet sont faits pour durer dans le temps donc un délai de prescription qui court à compter de la date de retrait n'a aucun fondement. Cela signifie en réalité qu'il n'y a plus de prescription. Une personne physique ou morale peut très bien porter plainte des années et des années après la publication d'un contenu. Exemple ? Les sociétés commerciales non cotées qui essayent de s'acheter une virginité avant d'entrer en bourse. Cas concret : http://www.nextinpact.com/archive/64648-cgu-sebsauvage-tuto4pc-eorezo-adware.htm . Au-delà de ça, tout notre droit est basé sur l'idée qu'au bout d'un moment, on pardonne, on oublie, on n'est plus capable de recevoir des preuves fiables, etc. Revenir sur cela me semble être extrêmement dangereux.

    • La requalification et la réparation des préjudices pourront permettre de faire dégager des articles, des contenus, qui peuvent gêner par leur négativité mais ne pas être pour autant un délit de presse. À quoi je pense ? Aux grands patrons & co qui attaquent en diffamation (qui est un des délits de presse) tout article légèrement négatif au sujet de leur société commerciale. Genre Xavier Niel, patron de Free, est un spécialiste du domaine.

    Il faut bien comprendre que la diffamation est devenue la meilleure arme de défense, y compris quand les faits relatés en bonne et due forme sont avérés ! Les journaux ont autre chose à faire que d'aller en justice en permanence ! Cela a aussi un effet de concentration de la presse : ne peuvent exister que les grands groupes qui ont les moyens de payer des avocats. Ce n'est pas acceptable.

    C'est pour ça que je pense qu'il ne faut pas modifier l'équilibre apporté par la loi de 1881.



    Ce que mes interlocuteur-rice-s m'ont dit :

    • Le principal point de désaccord porte sur le fait qu'Internet est très viral et qu'on y retrouve tout des années après alors qu'un article de presse papier, ça s'oublie dans les jours qui suivent sa publication.
      • Pour moi, il ne faut pas croire que le moindre contenu qui sera publié aura des millions de vues. Mes interlocuteur-rice-s m'ont assuré qu'on parlait bien de la même chose c'est-à-dire de la grosse feuille de chou en ligne bien établie. OK. Il ne faut pas croire non plus que les papiers vieux de 5 ans et plus apparaissent comme cela dans un moteur de recherche, surtout quand les sociétés commerciales et les personnalités publiques font de l'optimisation SEO.

      • Ensuite, pour moi, la viralité des contenus de presse est le reflet de la société : oui, quand je vois un truc crade, je le partage, à l'oral au bistro, à l'écrit sur mon shaarli, dans mes associations préférées. Internet change l'ampleur du partage, oui, mais j'ai envie de dire qu'un truc crade n'a pas besoin de cela pour se diffuser dans la société. Et la colère que cette action crade suscite est partagée au-delà des RT et like que l'on voit sur le web. Nier ça, c'est être dans le mythe du gros rageux derrière son écran !

      • Internet change la temporalité. Oui, mais c'est à double tranchant :
        • En tant que citoyen-n-e, homme-femme politique, société commerciale, association, je n'avais pas le temps d'éplucher toute la presse papier y compris la presse locale qui peut me tirer dessus (parce que j'ai un site de ma société commerciale dans le secteur, parce que j'ai été un-e élu-e local-e, etc.) ou tirer sur un-e ami-e local qui m'éclaboussera. 3 mois pour vérifier tout ça, c'est compliqué. Même avec des personnes payées pour produire des revues de presse. Avec le numérique, vérifier que la presse parle de moi, c'est facile, ça ne prend pas 3 mois. Y'a les alertes Google et les services du même genre sans compter l'immédiatement de l'information. Il n'y a donc pas besoin d'allonger ou de supprimer le délai de prescription.

        • Que les contenus restent en ligne ad vitam æternam n'est pas un problème : la prescription des délits de la presse n'empêche pas d'attaquer pour d'autres motifs et d'utiliser, par exemple, la LCEN pour exiger le retrait de contenus. Illustration : https://framablog.org/2014/03/14/getty-images-vie-privee/


    Instruction en famille et écoles privées hors contrats (article 14 bis et 14 dices)

    Le gouvernement a proposé :

    • L'ouverture d'une école privée hors contrat serait désormais soumise à une autorisation préalable délivrée par l'autorité compétente de l'État. ÉDIT : non, à une déclaration préalable. Pas de contrôle systématique avant ouverture. FIN DE L'ÉDIT.

    • L'instruction en famille serait soumise à des contrôles plus nombreux et à domicile.



    Ce que j'en comprends :

    • Là encore, ces articles de loi ont une histoire : droite dure sécuritaire, risque de radicalisation tout ça, voir http://shaarli.guiguishow.info/?QGLM4Q et https://shaarli.guiguishow.info/?_-WFTA. Donc on est calibré pour empêcher la radicalisation, blabla.

    • J'ai déjà longuement présenté les différentes alternatives à l'école de l'éducation nationale et leurs modalités de déroulement / contrôle, voir les liens ci-dessus donc je ne reviens pas là-dessus.

    • Il n'est pas question d'autorisation préalable pour une catégorie de méthodes d'enseignement et pas les autres. On ne doit pas chercher à entraver préventivement. Je veux dire : personne ne m'empêche préventivement de tuer quelqu'un-e. Si je le fais, la justice me rattrapera. Même chose pour une école.

    • Même chose pour l'augmentation du nombre de contrôles visant l'IEF : je veux un traitement égal des différentes méthodes d'enseignement. Si on renforce les contrôles IEF, on renforce les contrôles des écoles labellisées éducation nationale. Si l'on change la nature d'un contrôle (genre la proposition de loi de 2016 voulait vérifier que les écoles privées hors contrats sont sont conformes « aux valeurs de la République »), on le fait pour toutes les catégories.

    • Ce qui me gêne dans les deux cas (écoles privées hors contrat et IEF), c'est qu'il y a une présomption de culpabilité, un a priori négatif : ces deux cas vont forcément faire l'objet de dérives, vont forcément foirer. Ce n'est pas acceptable.



    Ce que mes interlocuteur-rice-s m'ont dit :

    • Tous les lieux d'enseignement ne se valent pas : les écoles de l'éduc' nationale ont des profs dont c'est le métier et la passion, blablabla. Donc, il n'est pas hallucinant d'appliquer des contrôles plus nombreux et/ou renforcés à IEF et hors contrat. Or, pour moi, toutes les alternatives se valent.

    • L'État doit veiller sur tous-toutes les futur-e-s citoyen-ne-s. Si quelque chose se passe mal dans une école privée hors contrat ou en IEF, alors le bon peuple gueulera que l'État est responsable. Et puis, on fait quoi des "déchets" qui n'auront pas le niveau en fin de course et échoueront leur entrée dans la vie active ? Ce à quoi je réponds : un contrôle égalitaire suffit à dire que l'État à jouer son rôle auprès des personnes qui considèrent que l'État doit être derrière le cul de tout le monde, tout le temps pour résoudre tous les problèmes du monde.

    • Incompréhension de la motivation des IEF. Croyance que ces personnes expriment forcément de la défiance envers l'État. Je trouve ça curieux : quand on parle d'AMAP, il-elle voit très bien que ce n'est pas forcément de la défiance vis-à-vis de la grande distribution mais aussi une envie de consommer local, de participer à la vie économique locale, etc. Quand on parle de FAI associatif, il-elle voit que ce n'est pas forcément de la défiance vis-à-vis des opérateurs existants et qu'on ne cherche pas à nuire/remplacer Orange. On a donc 3 contextes de réappropriation. On a 3 alternatives qui peuvent toutes engendrer des dérives graves. On a 3 alternatives qui peuvent être accusées d'exister uniquement par défiance vis-à-vis de la norme. Mais l'IEF focalise la peur… Ce n'est pas logique.

    • Il y a très clairement l'idée que ceux-celles qui pratiquent l'IEF ou qui sont scolarisés dans des écoles privées hors contrat veulent s'exclure et ne pas faire société. Il y a une très forte idée que le système majoritaire est trop bien et que les alternatives minoritaires sont vaseuses. C'est trop bizarre car l'avis change du tout au tout quand on parle d'AMAP…


    Divers

    • Les député-e-s avaient introduit un droit à la cantine scolaire pour tous et toutes qui a été dégagé par la commission spéciale du Sénat. Voir http://www.politis.fr/articles/2016/09/pas-de-droit-a-la-cantine-35403/ . D'après ce que m'a expliqué une assistante parlementaire, le débat s'est cristallisé sur "mais qui va payer les nouveaux locaux qu'il faudra construire pour accueillir tout le monde ?". Pour moi, c'est évidemment du bullshit vu le taux d'élèves qui mangent à la cantine. Évidemment, je soutiens les député-e-s qui voulaient de la solidarité et le fait qu'un-e gosse ne soit pas exclu parce qu'un des parents est un chômage et autres cas concrets qui se voient tous les jours.

    • Je refuse l'expérimentation d'un service civique obligatoire ajouté par les député-e-s (ÉDIT DU 03/10/2016 À 9H40 : ça a été supprimé en commission spéciale du Sénat et il faut que ça le reste FIN DE L'ÉDIT). Un service civique volontaire, ça peut s'envisager. J'y suis réticent mais je peux accepter cela en compromis. Mais pas de service civique obligatoire, jamais.

    • Je suis totalement d'accord avec le gouvernement qui veut que les logements sociaux ne soient pas tous groupés ensemble mais qu'un certain pourcentage de ces logements soit intégré au reste de la ville. l'idée étant de ne pas avoir des classes moyennes avec uniquement des classes moyennes, des riches avec des riches et des pauvres uniquement avec des pauvres. On peut tous et toutes traverser une mauvaise passe et devenir pauvre. Ajouter l'exclusion à la pauvreté, ça ne peut que mal se terminer.



    En gros, selon moi : pour l'instruction en famille et les écoles privées hors contrat, les dés sont déjà lancés. Même chose pour le droit à la cantine et l'expérimentation du service obligatoire. Des amendements défendant la liberté de la presse ont été déposés par… le gouvernement. Les logements sociaux vont couler beaucoup d'encre semble-t-il genre le gouvernement ne semble pas vouloir lâcher. Le dernier mot irait donc à l'Assemblée après une CMP échouée ?

    30/09/2016 22:12:09 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?yKeokA
  • Le droit de la presse menacé par le projet de loi relatif à l'égalité et à la citoyenneté | Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne

    Communiqué commun du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), du Syndicat de la presse quotidienne départementale (SPQD), du Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM), de la Fédération nationale de la presse spécialisée (FNPS), de la Fédération de la presse périodique régionale (FPPR), du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et du Groupement des éditeurs de contenus et de services en ligne (GESTE)

    Paris, le 30 septembre 2016. - Le projet de loi relatif à l'égalité et à la citoyenneté, tel qu'issu de la commission spéciale du Sénat, comporte plusieurs dispositions qui mettent en danger la loi de 1881 sur la liberté de la presse. [...]

    Comme l'ensemble des syndicats d'éditeurs de presse l'ont encore souligné l'année dernière, la loi de 1881 est régulièrement menacée, dans une inspiration qui traduit une certaine méfiance à l'égard de l'information en ligne. Ses dispositions en matière de défense de la liberté d'expression comme d'engagement de la responsabilité des médias sont pourtant essentielles à notre vie démocratique. Son équilibre complexe, validé par une abondante jurisprudence, doit être pleinement préservé, comme le Conseil Constitutionnel et la Cour européenne des droits de l’homme le rappellent régulièrement.

    [...]

    Le texte en discussion prévoit de permettre au juge civil de requalifier un délit de presse. Le Sénat y ajoute la possibilité d'une réparation des préjudices nés des abus de la liberté d'expression sur le fondement de la responsabilité civile de droit commun (article 1382 du Code civil), alignant de ce fait les délais de prescription.

    Ainsi pourraient être attaqués tous les propos ou articles estimés négatifs ou péjoratifs qui ne constitueraient pas une infraction à la loi sur la presse.

    La nature pénale et la philosophie de la loi de 1881, basée sur une énumération d’infractions très précises, seraient ainsi entamées. [...]

    [...]

    Aujourd'hui, le délai de prescription en matière de délit de presse (papier ou numérique) court à compter du premier jour suivant la mise à disposition des utilisateurs du message.

    Le projet de loi relatif à l'égalité et à la citoyenneté issu de la commission spéciale repousse, pour la presse numérique uniquement, le point de départ du délai de prescription au jour où cesse la mise à disposition du public du contenu mis en cause.

    [...]

    Dans les faits, elle supprime la prescription, puisqu’une publication en ligne a vocation à rester accessible sans limite de temps. Ce faisant, elle porte gravement atteinte aux équilibres du droit de la presse, sans atteindre le cœur du problème : les abus sous couvert d’anonymat.

    Dit autrement : l'auteur-e d'un contenu qui n'a pas posé de problèmes pendant 15 ans pourra être attaqué du jour au lendemain parce que d'un coup, quelqu'un considère que ce contenu lui porte désormais préjudice ou préjudice à son business. C'est extrêmement dangereux.

    Je rappelle également que la loi de 1881 est le seul bout de texte qui définisse un peu la liberté d'expression dans notre corpus législatif. C'est pour ça qu'elle est importante et c'est pour cela qu'il ne fait pas la modifier à la légère.

    Via https://twitter.com/bearstech/status/781844622213541889 via https://twitter.com/bluetouff

    30/09/2016 15:22:28 - permalink -
    - https://www.spiil.org/20160929/droit-de-presse-menac-projet-de-loi-relatif-l-galit-citoyennet
  • Le Frido, un livre de mathématique libre pour l’agrégation - LinuxFr.org

    Le Frido est un livre de mathématique libre du niveau de l’agrégation. Fort d’un peu plus de 1 600 pages, il couvre la quasi entièreté du programme. Ce cours de mathématique est libre au sens de la licence FDL, et ses sources LaTeX sont sur GitHub depuis le début du projet.



    Sur le site web de l'auteur ( http://laurent.claessens-donadello.eu/feed/frido_vente.html ) :

    Au départ le règlement de l'agrégation demandait aux ouvrages d'avoir un ISBN datant d'au moins 6 mois avant les oraux pour pouvoir être utilisés par les candidats. Le but de la règle des 6 mois étant évidemment que tous les candidats aient le temps de prendre connaissance de l'ouvrage avant les oraux. J'avais donc demandé à l'AFNIL à avoir des numéros d'ISBN et c'est ainsi que pour les sessions 2013 et 2014, le Frido était disponible dans la bibliothèque de l'agrégation. C'était une version d'environ 600 pages.

    Ce sont alors passées deux choses :

    • Des gens m'ont pratiquement accusé d'avoir triché en utilisant mon propre livre lors des oraux 2013 (où j'ai été admis, effectivement en grande partie grace au fait que j'aie eu mon livre avec moi). Peu de ces personnes ne se sont posé la question piège : est-ce que ça prend plus de temps de taper 600 pages en LaTeX ou bien d'étudier une cinquantaine de développements ? Ces personnes n'ont probablement pas non plus pensé au fait que mon livre était disponible pour tout le monde, qu'il avait été publié, avec les sources LaTeX, sous une licence libre, des années plus tôt.
    • Il semblerait que l'année suivante (suivant mon exemple ?) de nombreux candidats ont obtenu des ISBN pour des textes nettement moins reluisants que le mien. Des abus dit-on ...

    Pour l'une ou l'autre de ces deux raisons, ou pour une troisième allez savoir, le jury a décidé de changer le règlement pour la cession 2015, et a donc envoyé le Frido au pilon. Maintenant un livre peut être utilisé sans permission si

    • il est commercialisé,
    • il est suffisamment diffusé.

    LALA :'(


    Afin de respecter le nouveau règlement, j’ai décidé de mettre mon livre en vente, tout en laissant la licence FDL. Pour cela, j’ai opté pour l’auto‐édition chez TheBookEdition.com, qui me permet de vendre le livre tout en gardant mes droits d’auteurs.

    30/09/2016 12:06:50 - permalink -
    - https://linuxfr.org/news/le-frido-un-livre-de-mathematique-libre-pour-l-agregation
  • Firefox ready to block certificate authority that threatened Web security | Ars Technica [ Les autorités de certification WoSign et StartCom dans le collimateur de Mozilla ]

    The browser-trusted WoSign authority intentionally back-dated certificates it has issued over the past nine months to avoid an industry-mandated ban on the use of the SHA-1 hashing algorithm

    [...]

    hey also accused WoSign of improperly concealing its acquisition of Israeli certificate authority StartCom, which was used to issue at least one of the improperly issued certificates.

    [...]

    "Taking into account all the issues listed above, Mozilla's CA team has lost confidence in the ability of WoSign/StartCom to faithfully and competently discharge the functions of a CA," Monday's report stated. "Therefore we propose that, starting on a date to be determined in the near future, Mozilla products will no longer trust newly issued certificates issued by either of these two CA brands."

    WoSign's practices came under scrutiny after an IT administrator for the University of Central Florida used the service to obtain a certificate for med.ucf.edu. He soon discovered that he mistakenly got one for www.ucf.edu. To verify that the error wasn't isolated, the admin then used his control over the github subdomains schrauger.github.com and schrauger.github.io to get certificates for github.com, github.io, and www.github.io. When the admin finally succeeded in alerting WoSign to the improperly issued Github certificates, WoSign still didn't catch the improperly issued www.ucf.edu certificate and allowed it to remain valid for more than a year. For reasons that aren't clear, Mozilla's final report makes no explicit mention the certificates involving the Github or UCF domains, which were documented here in August.

    [...]

    WoSign built a system where applicants could add extra arbitrary domains to their certificates before issuance. Even when mis-issuances happened they did not determine the root cause and eliminated the flaw only in an unrelated system upgrade.

    [...]

    WoSign has an “issue first, validate later” process where it is acceptable to detect mis-issued certificates during validation the next working day and revoke them at that point.

    [...]

    The level of understanding of the certificate system by their engineers, and the level of quality control and testing exercised over changes to their systems, leaves a great deal to be desired. It does not seem they have the appropriate cultural practices to develop secure and robust software.

    [...]

    For reasons which still remain unclear, WoSign appeared determined to hide the fact that they had purchased StartCom, actively misleading Mozilla and the public about the situation.

    [...]

    WoSign’s auditors, Ernst & Young (Hong Kong), have failed to detect multiple issues they should have detected. (Issue J, Issue X)

    Mozilla envisage de ne plus faire confiance aux nouveaux certificats émis par l'AC chinoise WoSign (qui a racheté StartCom) au-delà d'une date qui n'est pas encore fixée. La mesure vaudra pour un an minimum avant que cette AC soit autorisée à repasser la certification de Mozilla si elle a procédé à des changements drastiques dans ses process.

    Le monde des autorités de certification x509 est toujours aussi sérieux… :'( Certificats x509 auto-signés + DNSSEC + DANE partout et basta.

    Via FRsAG.

    28/09/2016 19:22:04 - permalink -
    - http://arstechnica.com/security/2016/09/firefox-ready-to-block-certificate-authority-that-threatened-web-security/
  • Retour d'expérience sur l'autohébergement

    Cela fait un peu plus de 3 ans que j'autohéberge mes mails et ma messagerie instantanée chez moi, principalement. J'avais envie de faire un retour des bonnes et des mauvaises idées. Si ça peut guider des gens…

    Bon, j'dois avouer que l'expérience auto-hébergement s'est interrompue temporairement depuis juillet 2016 puisque les deux ordinateurs monocarte dans lesquels j'avais investi au départ sont HS : un des circuits de l'OLinuXino a cramé en pleine nuit. Le RPi a terminé en miettes après un bon gros coup de sang bien stupide. :S Je voudrais refaire un comparatif des cartes existantes mais je ne veux pas prendre le temps de faire ça maintenant, on verra plus tard.


    Ordinateur de bureau ou ordinateur monocarte ?

    Le choix dépend vraiment de votre profil.

    En faveur des ordinateurs monocartes, on a les arguments suivants (liste non ordonnée) :

    • Facilement transportable (même sans véhicule) chez un-e ami-e ou de la famille pour les vacs, en cas de coupure durable de votre accès à Internet, etc. Même chose pour les étudiant-e-s et les personnes qui commencent leur carrière et qui bougent beaucoup : ça ne prend pas de place lors d'un déménagement.

    • Cela permet de tester l'auto-hébergement sans trop investir : je n'ai jamais vu un ordinateur au format bureau au même prix qu'un ordinateur monocarte (en dessous de 80 €). Pas besoin d'un écran ni d'un adaptateur SATA <-> USB pour installer et configurer un ordi monocarte, un lecteur de carte SD suffit, alors qu'il faut au moins un adaptateur SATA <-> USB pour écrire sur le disque dur d'un autre ordi quand on n'a pas d'écran à portée de main.

    • Ça ne consomme rien au niveau électrique, ce qui est bien pour ceux-celles qui ont des besoins contraints genre chambre universitaire du CROUS ou maison autonome en électricité (certains ordinateurs monocarte comme les OLinuXino proposent une batterie pour moins de 10€ supplémentaires alors qu'un ordinateur de bureau nécessite l'investissement dans un onduleur à plusieurs dizaines d'euros pour obtenir le même résultat). En cas de déplacement chez un-e ami-e ou de la famille, il n'est même pas nécessaire de le-la convaincre que ça consommera que dalle (oui, il y a vraiment des gens chatouilleux sur ce sujet).



    En faveur d'un ordinateur de bureau, on a les arguments suivants (liste non ordonnée) :

    • C'est des architectures x86 et amd64 standard alors que certains logiciels ne sont pas disponibles ou plantent dans leur version arm64 ou armhf. Exemple : http://www.guiguishow.info/2013/08/08/auto-hebergement-sur-raspberry-pi/#toc-3876-opendnssecsofthsm

    • C'est adapté à tous les usages alors qu'un Owncloud sur un OLinuXino, ça pédale un peu. Même chose pour un Tiny-Tiny RSS bien peuplé. Bref, ça dépend du nombre de logiciels gourmands que vous voulez utiliser.

    • C'est évolutif, extensible et polyvalent genre je désire une nouvelle fonctionnalité gourmande en RAM ? Hop, une barrette à pas chère et c'est fait. Envie que votre machine serve désormais de routeur & pare-feu pour votre réseau local ? Hop, une carte réseau en plus.

    • Pas besoin d'un PC pour joueur, n'importe quel PC premier prix est sur-qualifié pour faire office de serveur personnel. Le point bloquant est souvent la quantité de RAM.


    Brique Internet ?

    Le concept de la Brique Internet est génial et les efforts accomplis sont colossaux mais, pour en avoir debug 2-3 fin 2015, je pense que ce n'est pas encore utilisable par tout le monde et qu'il y a encore plein de bugs parfois bloquants à résoudre. Du coup, je ne la recommande pas encore à des novices. Si tu t'y connais et que t'as le temps de debug : juste go et contribue à l'améliorer. Si tu t'y connais mais que t'as pas le temps, installe ton propre serveur, t'iras plus vite.

    Pensez à vérifier que les logiciels qui vous intéressent sont bien disponibles dans YunoHost (l'interface au-dessus de Debian pour administrer facilement la Brique). Dans le cas contraire, ce n'est pas bloquant, y'a moyen de les installer à la main mais ça perd de son charme "plug and forget".


    Toujours utiliser un VPN

    Un VPN avec une IP publique statique et aucun port bloqué, genre ceux fournis par les membres de la FFDN, dédié à votre serveur, c'est juste royal pour l'autohébergement (liste non ordonnée) :

    • Là encore, le déplacement du serveur est facilité : pas besoin de changer d'IP donc pas besoin de modifier votre zone DNS et d'atteindre que les caches se vident. Le VPN est vraiment ce qui rend l'autohébergement "plug and forget".

    • Pas besoin de configurer le DNAT / l'ouverture de port sur la box. Pas besoin d'uPnP et autres saloperies dans le réseau. Installez et configurez le service désiré sur votre serveur et basta.

    • Pas de blocage de ports comme le 25 (ce qui empêche d'envoyer des mails).

    • De même, pas besoin de faire de DDNS auprès de services externes qui fermeront un jour et qui forcent à ne pas héberger vous-même toute votre infra DNS (c'qui est quand même un peu en contradiction avec l'envie de s'auto-héberger).

    • De l'IPv6 même si votre FAI n'en fournit pas.



    Bref, je n'envisage pas l'auto-hébergement sans VPN tellement ça simplifie la vie.


    Redondance = boarf

    Quand on débute, on se dit qu'on doit avoir une autre machine quelque part, qui tourne en permanence et qui agit en secondaire de notre serveur. Pour quand on a plus d'Internet. Pour quand on n'a plus d'électricité. Pour les orages qui nous obligent à débrancher le matos.

    La redondance a un coût : il faut synchroniser la base de données ou les fichiers statiques qui alimentent votre site web entre vos deux serveurs, il faut synchroniser votre roster Jabber, il faut synchroniser vos mails et tout ce qui va avec (états du logiciel de greylisting, états de l'antispam, etc.), etc. Tout cela entraîne de la maintenance humaine et créer de la conf pas forcément triviale à mettre en production et à entretenir dans le temps.

    Tout ça pour quoi ? On a quand même de l'électricité 99,9999 % du temps et de l'Internet 95 % du temps. Il n'y a pas non plus un orage par jour. Bref, les interruptions de service se produisent beaucoup moins souvent que ce que l'on psychotise quand on débute. Vraiment. De plus, durant un orage ou une coupure de courant ou d'Internet, vous n'utiliserez pas votre serveur secondaire… Quel intérêt d'en avoir un ?

    Sans compter que les serveurs de courrier électronique doivent garder les mails qui vous sont destinés. La durée standard est de 5 jours. Bien sûr, il y a des gens qui ne respectent pas l'esprit des normes (le mail n'est pas synchrone !) mais c'est quand même rare. C'est généralement des marchands genre agence de voyage & co avec qui vous ne communiquez pas en permanence donc la probabilité de perdre un mail est faible. Les personnes qui visitent votre site web perso et qui vous causent sur Jabber peuvent bien tolérer quelques heures d'indisponibilité, non ?



    Bref, monter un MX secondaire, un NS secondaire, un HTTPd secondaire, etc. m'apparaît très clairement overkill. Je n'ai pas de temps à consacrer à cela par rapport aux faibles avantages que cela va m'apporter. Je préfère réagir en cas de panne et m'adapter plutôt que d'essayer de prévoir toutes les pannes qui, au final, n'arriveront pas et laisseront place à une panne imprévue.

    En revanche, je m'assurais d'avoir du matos de rechange à la maison. Genre des supports de stockage neufs (carte SD pour ordi monocarte, disque dur / SSD pour ordinateur de bureau). Genre un ordinateur monocarte de secours (et encore… ça se commande & livre vite, ces bestioles) Genre un adaptateur secteur <-> USB de secours dans le cas d'un ordi monocarte (voir http://shaarli.guiguishow.info/?gEtikA ). Pas la peine d'avoir des pièces de rechange pour un ordi de bureau sauf si votre ville et alentours n'a pas un vendeur de matos informatique.



    Stéphane Bortzmeyer a aussi écrit un article centré sur l'absence de besoin vital de redonder le mail.


    Y-a-t-il une différence entre héberger chez moi ou dans l'asso du coin ?

    Ça dépend. Si l'asso héberge toute son infra chez un gros hébergeur style OVH ou Online ou derrière une ligne xDSL style Completel ou Orange, boarf, on ne gagne pas grand'chose, on n'a pas acentré les usages d'Internet, le contenu est toujours centralisé chez de gros prestataires. Certes, ce n'est plus Google et Facebook mais still. Si l'asso locale dispose de sa propre infrastructure Internet ou dépend d'un FAI ou d'un hébergeur associatif, alors là, l'autohébergement peut être avantageusement remplacé par une machine virtuelle dans cette asso.

    Il y a aussi une question de confiance que l'on accorde mais c'est bien pareil pour votre FAI.

    L'asso du coin a quand même des avantages : une machine virtuelle louée évite d'avoir à s'occuper des problématiques de pannes matérielles. L'asso du coin peut parfois gérer toute la partie technique, vous laissant ainsi l'opportunité de vous former petit à petit.


    Détails techniques

    Je me concentre sur le DNS car une fois que votre nom pointe sur votre serveur, tous les services fonctionnent d'eux-mêmes et il n'y a pas de délais auxquels il faut prêter attention.


    Cas d'une installation simple

    Pour migrer votre serveur en panne : soit vous utilisez un VPN avec une IP statique et il n'y a rien à faire. Soit vous changez d'IP et il faut modifier cette information dans votre zone parente via votre bureau d'enregistrement et ça prend du temps (la garantie que la migration sera totalement effective, pour tout le monde vient du TTL de la zone parente). Soit vous avez la main sur votre serveur de noms secondaire (parce que vous l'hébergez ou parce qu'il est hébergé chez un-e ami-e) et vous pouvez le passer temporairement en master sur votre zone et ainsi modifier et diffuser un nouveau fichier de zone. Le délai avant que la migration soit totalement effective dépend du TTL de votre zone, je vais y revenir.


    Cas d'une installation redondante

    Pensez bien à configurer le délai d'expiration de votre zone DNS. En effet, en l'absence de contact avec le serveur primaire, le secondaire conservera votre zone uniquement durant un certain temps, celui défini dans le champ « expire » du SOA de votre zone. Adaptez ce délai à vos prévisions. Genre des vacances durent en moyenne 2-3 semaines. Un retour SAV d'un PC, c'est 2-4 semaines. Même chose pour une ouverture de ligne ADSL / câble. Si c'est cas vous concernent, prévoir un délai d'expiration d'un mois soit 2592000 secondes n'est pas idiot.

    Pour les mails, si vous ne synchronisez pas vos mails (avec Dovecot, par exemple, voir http://jonathan.michalon.eu/shaarli/?76Smjg), mais que votre secondaire se contente simplement de les mettre en queue, pensez à augmenter la durée de rétention de votre secondaire. Voir https://wiki.arn-fai.net/technique:emails#configurer_un_serveur_de_mails_secondaire_simpliste


    Dans tous les cas

    Mettez des TTL courts dans vos zones. Genre 30 minutes (1800 secondes) ou 1 heure (3600 secondes). Ainsi, les caches seront vidés automatiquement après cet intervalle, vous apportant de la flexibilité : ajouter une info de votre zone et en supprimer une se devient rapidement effectif pour tout le monde. Attention également à changer le TTL négatif aka le dernier champ du SOA. Ce TTL indique combien de temps un récursif gardera en mémoire le fait qu'une information n'existe pas dans votre zone avant de reposer la question. Des TTL courts ne sont clairement pas un problème sur les réseaux et machines d'aujourd'hui, surtout pour un domaine peu fréquenté ce qui est le cas de l'autohébergement, normalement.

    Soyez quand même conscients que cela apporte de la flexibilité uniquement tant que vous restez dans votre zone. Exemple : si vous voulez changer l'IP de votre serveur de noms, vous dépendez forcément des TTL de votre zone parente pour changer les glue records genre 172800 secondes (2 jours) dans fr. Si pas de glue record parce que vos NS ont des noms d'une autre zone, vous dépendez bien entendu du TTL de cette autre zone.

    Si vous utilisez DNSSEC, n'oubliez pas que les clés n'ont pas de durée de vie (donc on peut manquer une rotation sans problèmes) mais que les signatures ont une durée de vie. Autrement dit : choisissez bien la durée de vie de vos signatures car votre signeur devra être en état de marche avant l'expiration de vos signatures. Là encore, les vacs c'est 2-3 semaines, un retour SAV c'est 2-4 semaines, etc. donc partir sur une durée de vie d'un mois pour les signatures, c'est tout sauf idiot. :)

    28/09/2016 18:30:55 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?wgU1VQ
  • xkcd: Fixing Problems

    Tellement vrai : un fix en entraîne toujours un autre. :)

    28/09/2016 10:59:27 - permalink -
    - https://xkcd.com/1739/
  • Tout ce qu'apportent les nouvelles versions de logiciels packagés dans Debian Jessie

    J'ai déjà parlé des tracas et des changements induits par le passage de Debian Wheezy à Jessie, voir http://shaarli.guiguishow.info/?fMCWbQ , mais je n'ai pas encore parlé de toutes les nouvelles fonctionnalités apportées par les nouvelles versions de logiciels packagés que j'ai remarquées. Liste non exhaustive, forcément.

    • Grub : même si ce n'est pas pris en charge de manière native par Debian-Installer, il est possible de chiffrer totalement son système, y compris la partition /boot. Voir http://shaarli.guiguishow.info/?SKMhQA

    • dnssec-trigger, qui permet, sur un laptop, d'activer une validation DNSSEC locale tout en tenant compte des spécificités de chaque réseau (blocage de ports, absence de prise en charge de DNSSEC, etc.), est désormais packagé dans Debian. Voir http://www.bortzmeyer.org/dnssec-trigger.html

    • openssh-client prend désormais en charge les condensats SHA256 dans les enregistrements SSHFP. Voir http://shaarli.guiguishow.info/?QWcOtQ

    • Le correcteur grammatical Grammalecte fonctionne désormais parfaitement. Je suis incapable de me souvenir de ce qui n'allait pas du temps de Wheezy, juste que ça n'allait pas. Voir http://linuxfr.org/news/grammalecte-correcteur-grammatical

    • Le noyau prend désormais en charge le NAT IPv6 (NAT66). C'est utile quand on veut faire de la redirection de port genre tous les ports pointent sur le port du serveur VPN.

    • Dovecot implémente la fonctionnalité NOTIFY d'IMAP qui permet au serveur de notifier immédiatement l'arrivée de nouveaux mails au client mail sans avoir besoin d'ouvrir une connexion par dossier stocké dans la boîte de messagerie comme le fait la fonctionnalité IDLE d'IMAP. Malheureusement, ce n'est toujours pas au programme de Thunderbird : rien de neuf depuis mi-2014 sur le bugtracker de Mozilla ( https://bugzilla.mozilla.org/show_bug.cgi?id=479133 ).

    • Netfilter récupère désormais les contre-mesures à l'usurpation d'adresses IP, en IPv4 comme en IPv6 dont la partie IPv4 était auparavant gérée par une autre partie du noyau et des sysctl. Voir https://wiki.arn-fai.net/technique:bcp38

    • La libc supporte désormais la résolution des noms totalement en TCP. Pour l'activer, il faut ajouter « options use-vc » dans /etc/resolv.conf

    • La version packagée de hplip prend nativement en charge l'imprimante-scanner HP OfficeJet 2620 . Voir http://shaarli.guiguishow.info/?8C_v0Q

    • Il devient possible de renforcer la configuration TLS de plusieurs logiciels serveur comme dovecot, ejabberd et apache httpd. Voir http://shaarli.guiguishow.info/?vjODJw

    • Même chose pour openssh-client qui prend en charge de nouveaux algos cryptographiques : ed25519, curve25519, chacha20-poly1305, aes128-gcm, aes256-gcm, hmac-sha2-256-etm, hmac-sha2-512-etm . Voir http://shaarli.guiguishow.info/?qQJoJQ

    • La fonctionnalité RRL, limitation du trafic pourri destiné à un serveur DNS faisant autorité, est désormais implémenté dans la version packagée de BIND et de nsd. Voir http://www.guiguishow.info/2014/08/23/comment-mettre-en-place-un-serveur-dns-recursif-cache-ouvert-dans-de-bonnes-conditions/#toc-5206-rrl

    • On peut désormais utiliser les I/O adapters d'OpenDNSSEC donc on peut se monter un serveur master furtif, en charge de signer les zones. Voir http://www.guiguishow.info/2012/08/21/domain-name-system-attaques-et-securisation/#toc-2827-gestion-des-cls . De plus, ldns, la librairie utilisée par OpenDNSSEC prend désormais en charge les enregistrements TLSA introduit par DANE.

    • Postfix prend désormais en charge DANE.



    J'ai déjà commencé ma liste de ce que la prochaine version stable de Debian, nommée Stretch, devrait apporter :

    • La qname minimisation sera disponible dans Unbound. Voir http://shaarli.guiguishow.info/?CBki4Q

    • OpenVPN prendra en charge TLS v1.2. Voir http://shaarli.guiguishow.info/?r6npkg
    28/09/2016 01:57:03 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?v-amDg
  • Media.fdn.fr [ Assemblée Générale 2015 de FDN et points de droit intéressants ]

    Dans la partie informelle de l'AG 2015 de FDN, il s'est dit des choses extrêmement intéressantes sur l'action juridique de l'asso. J'avais pris des notes mais je ne les ai pas publiées. Je les publie aujourd'hui car je pense qu'il y a des bouts intéressants qui n'ont pas été repris dans des interventions publiques plus récentes comme celle à PSSES 2015. J'ai essayé de ne pas spoiler les avancements des procédures qui n'étaient pas connus lors de cette AG.


    3 dossiers en cours

    L'équipe juridique commune à LQDN, FDN et FFDN, qui allait devenir les exégètes amateurs bossait sur 3 dossiers à ce moment-là :

    • Rétention des données de connexion.

      • Une 15aine d'années de lutte. Slogan du milieu des années 2000 : « Data Retention is not solution ». Combat perdu : plusieurs directives européennes (2002 et 2006) ont quand même organisé cette rétention.

      • Nouveauté : en avril 2014, la CJUE s'est prononcée et a dit que conserver tout, sur tout le monde, sans faire le tri, en permanence est contraire à la charte des droits fondamentaux de l'UE. La directive a été cassée. Une directive est transposée dans chacun des droits nationaux des États membres. Il faut donc les faire sauter. Cela se fait simplement auprès de la grande cour du droit administratif de chaque État. Sauf qu'en France, le cadre de la rétention des données de connexion est antérieur à la directive. La France étant l'un des pays qui poussait le plus fort pour une rétention massive et longue.

      • Il faut un prétexte ("la loi est pourrie" c'est un pseudo-argument, par un prétexte) pour aller toquer au Conseil d'État, cour de première instance dans le cadre d'un décret puisque celui-ci à une portée nationale, aucun tribunal administratif local n'est plus compétent qu'un autre. Or, le 24 décembre 2014, le gouvernement a publié le décret d'application de l'article 20 de la loi de programmation miliaire (LPM) qui prévoit qu'un nombre considérable de services administratifs peuvent accéder aux données de connexion (qui ne sont pas vraiment définies, « informations et documents ») sans passer par un juge et sans l'ombre d'un contrôle. On peut donc attaquer le décret et amener le CE à constater que tous les textes qui causent de data retention sont contraire au droit européen et espérer faire tomber tout le tas de merde.

      • Arguments principaux :

        • La loi (la LPM donc) ne précise pas ce qu'elle entend par « tout document et information » que l'administration peut récupérer. C'est précisé dans le décret. Sauf que garantir des bornes en matière d'atteinte aux libertés, ça relève du législatif, pas de l'exécutif. Incompétence négative du législateur (il devait faire quelque chose et ne le fait pas).

        • Le décret devait organiser le contrôle de l'accès aux données par la CNCIS. Incompétence négative du gouvernement.

        • Le décret est précis sur les informations et documents récupérables mais tout est flou : le décret envoie sur des articles de loi qui renvoient sur des articles qui se renvoient entre eux. Le tout forme un patchwork qui ne va pas dans le sens du texte genre il y a des obligations désirées qui n'apparaissent pas. Ce flou est totalement contraire au principe de prévisibilité du droit : les lois doivent être claires et compréhensibles.
      • 8-10 pays d'Europe ont déjà fait sauter la merde donc de bonnes chances de gagner. Mais, on ne sortira pas avec 0 conservation de données : on aura juste des points d'exception mieux cadrés au principe général d'interdiction de rétention (article L34-1 du CPCE).
    • Les décrets d'application de la loi de renforcement des mesures antiterrorisme de 2014 (dite loi Cazeneuve) sont sortis début 2015, à la suite de l'attentat de Charlie Hebdo. Cette loi instaure notamment le blocage administratif secret (le motif n'est connu de personne, pas même de l'éditeur) de sites web terroristes et faisant l'apologie du terro, par les FAI, sur décision de la police (sans juge, donc). Cette loi instaure aussi le déréférencement des mêmes sites web, dans la même absence de cadre.

      • Arguments principaux :

        • Le décret oblige les opérateurs à la délation puisque l'internaute est renvoyé vers une page l'informant du blocage. Cette page se situe sur les serveurs du Ministère de l'Intérieur. Ces serveurs récupèrent l'adresse IP et tout un tas d'information concernant le requérant. Cette mesure n'était pas prévue par la loi. Or, vu qu'il y a atteinte à des libertés, ça devrait être câblé par la loi.

        • Le décret n'est pas clair genre "une adresse électronique contient un domaine précédé d'un nom d'hôte". C'est important parce que du coup, pourrait être filtré tout ce qui comporte un nom de domaine. Une URL précise comporte un domaine. Une adresse mail aussi. Or, pour bloquer une URL, il faut du DPI donc ce n'est pas la même atteinte aux libertés.

        • Les mesures de blocage (avec juge ou pas) ne sont pas proportionnées : de meilleurs moyens existent pour atteindre les objectifs fixés par la loi. Genre ça serait mieux d'attaquer les producteurs du pédoporn', pas les intermédiaires techniques. La CEDH s'est déjà exprimée contre un arrêté ministériel français de 1939 qui visait à encadrer les publications provenant de l'étranger. Les décisions étaient publiques. Toujours bon de rappeler ce bout de jurisprudence.

        • Aucun contrôle effectif (secret). Le pouvoir de la police n'est pas encadré. Coucou les abus.
      • Peu de chances de gagner : l'ambiance est à la parano généralisée + le Conseil Constitutionnel a déjà validé que le filtrage du pédoporn' est OK. Mais là, on va au Conseil d'État pour poser des questions de formes et de cadrage du texte donc ce n'est pas pareil.
    • Il faudra botter le cul de la loi sur le renseignement.


    D'autres gens ne pourraient pas faire le job ?

    • La CNIL a été consultée sur ces projets de loi, elle a dit non mais elle a un avis purement consultatif. Et elle n'attaque jamais le gouvernement.

    • Le défenseur des droits (qui est une autre autorité indépendante) ? Il intervient uniquement sur des cas concrets d'envergure comme le blocage manifeste d'un site web important (comme celui du PS). Pas sûr qu'il ait envie d'intervenir sur les dossiers numériques, il n'a jamais fait un pas dans ce sens. Pas sûr qu'il puisse intervenir sur une procédure auprès du Conseil d'État car on n'y conteste pas une atteinte franche au droit des requérants, on conteste une possible atteinte aux droits de tout le monde.

    • Les FAI commerciaux d'envergure nationale sont capables d'attaquer des décrets quand ça cause pognon genre Free qui attaque la loi HADOPI pour être sûr qu'une compensation financière soit prévue au fait d'identifier des abonné-e-s. Mais là, osef de l'intérêt général et puis, il ne faut pas trop se fâcher trop fort avec le gouvernement car ces temps-ci, il distribue de la thune pour le déploiement de la fibre optique.


    Chonologie de la rétention des données de connexion et du renseignement

    • 1991 : loi sur les interceptions de sécurité faites par l'administration suite au scandale des écoutes illicites de l'Élysée (Mitterrand surveillait les journalistes pour pas qu'on cause de sa fille).

    • 1996 : tentative d'amendement au paquet télécom du député Fillon pour imposer de demander au CSA une "autorisation d'émettre" avant ouvrir un site web. La même année, c'est l'affaire Estelle Hallyday contre Altern : un des 35000+ sites web hébergés par Altern re-publie des photos parues dans la presse. Qui est responsable ? L'hébergeur (Altern) ou l'éditeur du site web ? La justice tranche pour "hébergeur responsable des contenus". On notera que la magistrate en appel était alors Marie-Françoise Marais (oui, l'ex-présidente de l'HADOPI). S'en suivent des jurisprudences identiques où les juges utilisent les textes prévus pour la TV faute de textes plus adaptés.

    • 2004 : on arrive à la LCEN, à la séparation des responsabilités entre hébergeur et éditeur et au principe de subsidiarité : un hébergeur n'est pas condamnable pour les propos tenus par un éditeur mais on peut lui demander de fermer un site web dans le cadre d'une procédure judiciaire et escalader s'il refuse.

    • 2005-2006 : la loi de lutte contre le terrorisme ajoute de nouvelles possibilités, pour l'administration, de demander des données de connexion ainsi que de nouvelles possibilités de géolocalisation. Le Conseil Constitutionnel avait été saisi par le Parlement et avait répondu que 1) il faut un contrôle judiciaire (ce que le projet de loi ne comportait pas) ; 2) les données de connexion accessibles aux administrations = OK, même pour de la police administrative.

    • Mars 2006 : directive européenne sur la conservation forcée des données de connexion. Moment très drôle en Allemagne : l'équivalent du Conseil Constitutionnel a dit "non". Du coup, choix compliqué : changer la Constitution allemande pour pouvoir transposer la directive ou illégalité vis-à-vis de l'UE ? L'Allemagne a choisi de jouer la montre donc illégalité vis-à-vis de l'UE.

    • 2011 : décrets d'application de la LCEN qui tentent de préciser les données à collecter. Il y avait eu le bazar autour de la volonté du gouvernement que les intermédiaires techniques communiquent le mot de passe en clair.

    • Avril 2014 : la directive européenne de 2006 (200624CE) est annulée par la CJUE.


    Chronologie du blocage administratif de sites web

    • 2001 : directive européenne EUCD. On la connait pour les DRM transposée en droit français par la DADVSI mais elle autorise aussi les ayants droit à demander en justice à un FAI de bloquer un site web qui contrevient à ses droits.

    • 2009 : la partie blocage de sites web de l'EUCD est transposée en droit français par la HADOPI 1. Oui, il y a bien des articles de filtrage de sites web avec un juge dans HADOPI.

    • 2010 : loi sur les jeux d'argent en ligne. Instaure l'ARJEL et le blocage judiciaire de sites web qui ne payent pas leur patente à l'État.

    • 2011 : LOPPSI2 : blocage de sites web pédopornographiques sans juge sur décision secrète du Ministère de l'Intérieur. Le Conseil Constitutionnel valide car pedoporn trop grave pour s'occuper des droits et libertés.

    • 2014 : loi Cazeneuve. Nouvelle finalité pour le blocage sans juge sur décision secrète du Ministère de l'Intérieur : lutte contre le terrorisme et l'apologie du terrorisme.


    Points de droit intéressants :

    • Un décret, comme beaucoup de décisions de l'administration, s'attaque dans les 2 mois. Ça peut être un simple courrier "on attaque". On a alors 3 mois pour envoyer un mémoire ampliatif qui contient l'ensemble de l'argumentaire.

    • Note : une décision de l'administration peut être une réponse négative, c'est-à-dire une absence de réponse. ;)

    • On attaque un décret plutôt que les actes administratifs de blocage car c'est plus efficace : l'annulation d'un décret permet d'évincer (= de transformer en code mort) des pans entiers de loi associée, le temps que de nouveaux décrets soient pris en bonne et due forme (qui ne peuvent donc pas reprendre les conneries qui ont causé leur perte devant le CE). Contester les actes administratifs, ça suppose d'en avoir connaissance puis d'interroger le ministère de l'Intérieur puis le tribunal administratif pour contester puis de faire appel puis d'aller en "cassation"-like devant le Conseil d'État. Sauf qu'en France, on ne peut pas aller en cassation (droit administratif ou judiciaire, pas d'importance) sans avocat.

    • Au Conseil d'État, tout se passe par écrit : le réquérant attaque, le ministère concerné répond, etc. Le dossier se conclut par une audience de 25 minutes environ dans laquelle le rapporteur lit son rapport. Il est rare que les avocats prennent la parole. Durée : plus d'un an pour une procédure simple (sans question sur la constitutionnalité du texte, sans question à la CJUE). Dans le cadre de la rétention des données de connexion, on part sur 2-5 ans de procédure.

    • Conseil d'État < CJUE < CEDH.

    • Les gouvernements français tentent en permanence de ne pas tenir compte des décisions rendues par les grandes Cour de l'UE quand elles sont prises à l'encontre d'autres pays même quand un texte similaire existe en France, en mode "ce pays est un pays de sauvage, la décision ne nous concerne pas, on est des gens bien, nous". Il faut souvent re-attaquer la France pour qu'elle se bouge. Exemple : garde à vue sans avocat.

    • Pour bloquer un site web de manière judiciaire, il faut une décision de justice. Quelqu'un doit attaquer les FAI devant un tribunal et le juge doit condamner les FAI à bloquer le site web en question. On attaque donc quelqu'un qui est coupable de rien pour qu'il soit condamné à faire quelque chose qui n'est pas une peine et qui ne cherche pas à le punir. Personne n'attaque les 1800 opérateurs. De même, la police peut choisir à quels opérateurs elle transmet la liste des sites web à bloquer dans le cadre des lois LOPPSI2 et Cazeneuve, le décret n'impose pas de la transférer à tous les opérateurs. Ce n'est pas une rupture d'égalité devant la loi. Déjà, la décision de justice n'est pas une condamnation de l'opérateur. Ensuite, si un petit opérateur genre FDN recevait la liste, il serait obligé de filtrer mais comme il n'a pas été notifié des blocages à mettre en place, il n'est obligé à rien. Illustration absurde : si la loi disait "tous les citoyens doivent répondre "oui, chef !" quand un gendarme leur parle", tant qu'un gendarme ne te parle pas, tu n'es pas obligé de dire "oui, chef !". Un blocage "préventif" à l'initiative du FAI serait une violation du CPCE.

    • Est-ce que la pratique de DNS menteur est interdite ? Ce n'est pas clair. Y'a un bout de texte dans la partie réglementaire du CPCE qui a l'air de dire que oui. Des gens de l'ARCEP pensent que oui. Mais ce n'est pas clair, il n'y a jamais eu de décision sur le sujet, cet article n'a jamais été utilisé pour attaquer un FAI, donc on n'est pas sûr de l'interprétation qu'en aurait un juge.

    • Données de connexion à conserver :
      • FAI : il s'agit d'associer une IP à ce que tu as comme informations. 56k "toto/toto" = tu donnes le numéro de téléphone appelant ; VPN open-bar : rien ou IP source ; Wi-Fi ouvert = adresse MAC (comme à l'aéroport de Toulouse-Blagnac) ; Si c'est un-e abonné-e et qu'on a des infos sur lui-elle (identité, adresse postale, adresse mail, autre), on doit les donner. Il est strictement interdit (CPCE) de noter qui a été visité tel site. Il est interdit de conserver tout ce qui touche au contenu ou à la navigation.

      • Éditeurs de contenus : trace de chaque étape dans le cycle de vie d'un élément de contenu. Exemple : sur un commentaire de blog, il faut savoir donner l'IP du posteur s'il est externe à l'association ou bien le nom de l'utilisateur du blog si la modification a été faite en interne.

      • Dans tous les cas :
        • Si service payant, il faut garder les informations relative au paiement.

        • S'il y a la création d'un compte, il faut communiquer « Les données permettant de vérifier le mot de passe ou de le modifier, dans leur dernière version mise à jour ». Ce n'est plus le mot de passe en clair comme dans la première version du décret de 2011 mais les hashs et la réponse aux questions secrètes. Voir https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000023646013&dateTexte=20160927 et http://www.nextinpact.com/archive/69954-mot-passe-conservation-donnees-cnum.htm
    27/09/2016 19:29:53 - permalink -
    - http://media.fdn.fr/html/ag2015.html
  • Avenir(s) d'internet

    Mes notes concernant la conférence « Big Brother, entre réalité et science-fiction » qui a eu lieu à Strasbourg le 10 décembre 2015 dans le cadre du cycle de conférences et d'ateliers « Avenirs d'Internet ».

    Il n'y avait pas de slides. L'enregistrement audio est disponible ici : https://hackstub.netlib.re/docs/avenirsdinternet/enregistrements/montageSonConf1/confavenirsdinternet-zimmermann-henryQ4.ogg .

    Jérémie Zimmermann

    • Les productions hollywoodiennes introduisent une idée perverse : le gentil a raison d'aller tirer sur tout ce qui bouge car lui est humain, lui a une famille, lui éprouve des sentiments.

    • Il y a une porosité entre science et fiction. La science inspire la fiction, la fiction inspire la science. Exemple : les ordiphones Motorola StarTAC qui ressemblaient au « Communicator » de Star Trek. Autre exemple : les inventions de Jules Verne qui ont mis les scientifiques sur la voie.

    • Une autre idée viciée répandue est de considérer que toute innovation est forcément acceptable. Le futur est inévitable, comme dans Terminator. On s'arrête pour réfléchir : on nous impose l'innovation. Où est notre liberté de choix ?

    • Des drones pilotés existent pour conduire des frappes. Alors des robots tueurs Terminator qui prendront des décisions basées sur des données, des infos, des profils, on n'en est pas loin. Peut-être qu'il y aura un opérateur qui confirmera ou non la frappe en agitant un pouce, comme au temps de Jules César.

    • La surveillance de masse, le profilage, tout ça, sont vus comme un progrès ou comme une dérive, selon les points de vue.

    • Les sujets autour des libertés à l'heure du numérique sont tellement complexes qu'il faut prendre des symboles pour y attacher nos idées politiques. Exemple : « neutralité du Net », ça ne parle à personne. « Discrimination des communications sur Internet », c'est déjà plus parlant. Il y a une rhétorique à construire pour faire passer nos messages.

    • La réalité a déjà dépassé la fiction. Est-ce que la fiction c'est pour nous habituer ou pour nous faire réfléchir ?

      • On n'a pas les Precogs de Minority Report à sauver mais on a des ordinateurs froids qui contiennent toutes nos conversations, tout nos déplacements, etc. sur les X dernières années.

      • Robocop est une satire du monde, du Cartel industriel. Robocop ne suivra pas les ordres car il est humain.

      • Terminator est une machine implacable avec des Google Glass.

      • Tout ça montre qu'on a les atrocités du cinéma dans nos poches, sous forme de joujou charmant. Les puces fermées que contiennent nos ordiphones dont on sait que des accès à distance sont possibles mais dont on ne sait pas ce que font ces puces. Ces machines nous ciblent. La différence, c'est que les tueries du Terminator se voient alors que la surveillance de masse est invisible.
    • Même chose pour le pistage via les likes Facebook.

    • La surveillance nous oblige à nous autocensurer, à nous brider : quand on se sent surveillé-e, on ne dit pas "fuck le boss" au boulot, on ne se rend pas à une réunion d'homoxuel-le-s ou aux alcooliques anonymes.

    • En une 15aine d'années, on est passé de l'ère des machines documentées à l'ère des machines Terminator. Exemple : le fonctionnent de l'Amiga était connu et la documentation était livré avec la machine. [ NDLR : J'ajoute un exemple perso que j'ai vécu : http://www.guiguishow.info/2013/12/31/va-te-faire-foutre-uefi/ ]

    • Les biais hollywoodiens nous empêchent de voir les liens entre fiction et réalité.

    • Connaissance volée, ressources communes volées, démocratie volée. On est déjà dans Fahrenheit 451 : on n'a plus le droit de lire les documentations de nos machines. Et, en cachette, on lit les docs Snowden.

    • La protection de la vie privée, c'est la protection de nos intimités. C'est se laisser la possibilité d'êtres libres seul-e ou à plusieurs. C'est la possibilité d'expérimenter sans se faire juger. C'est important.


    Léo Henry

    Lecture de deux nouvelles d'anticipation écrites par un collectif d'auteurs.


    Q&R

    Je n'ai pas pris de notes de la session de questions-réponses.



    Sur un plan perso, c'était ma première rencontre avec jz. Son côté humaniste m'avait soufflé et remonté le moral alors que je n'étais que rage et désespoir à ce moment-là (loi Renseignement, sortie des décrets "filtrage" de la loi anti-terro de 2014, état d'urgence, déchéance de nationalité, exclusion et rejet de l'autre évoqués en permanence dans les infos, etc.). Bref, je garde un excellent souvenir de notre longue conversation. < 3

    27/09/2016 14:43:13 - permalink -
    - https://hackstub.netlib.re/blog/cycle-avenirs-dinternet/
  • Le chaudron puant : Reflets

    A six mois de la présidentielle, l’ambiance en France est très particulière. Médiatiquement, politiquement et socialement, les discours les plus primaires et les plus réactionnaires ont recouvert la plupart des réflexions. L’espace politique français — au sens large — est passé des débats de société de fond aux polémiques les plus puantes. Ce constat est possible non pas par la seule observation des chaînes de télévision ou de radio les plus plébiscitées, mais aussi par les titres de la presse papier et internet, ainsi — et surtout — que les échanges sur les « grands » réseaux sociaux. Le chaudron commence à bien bouillir, rempli d’ordures, et son odeur se répand de plus en plus fortement, recouvrant la plupart des paroles, actes ou initiatives « progressistes ».

    Oui, alors les côtés « scoop » et le côté « c'était mieux avant » qui transparaissent dans cet article, pleeeaase quoi. Surtout que l'article cite bien des illustrations du Chirac du début des 90's qui disait déjà de la merde. La déchéance de nationalité ne date pas non plus des élections à venir. Frontex non plus. Le bullshit servi au moment des élections régionales était le même qu'en 2002. « Les Français sont des veaux » (donc incultes, qui suivront le mouvement impulsé par le chef) c'est du De Gaulle.

    C'est le même boxon à chaque présidentielle, au moins sur les 3 dernières. Le débat d'entre-deux tours entre Sarko et Ségo était déjà du grand n'importe quoi rempli de trucs faux. Non mais sérieux, deux gens tout à fait normaux sont priés d'être experts sur tous les sujets et d'en débattre, comme ça, taktak. Ça ne peut pas fonctionner. La personnification des élections est un problème.

    Sans compter que le poste est prestigieux et exclusif donc forcément que tu vas raconter nawak et jouer sur les peurs des uns et des autres pour y parvenir.

    Au-delà de ça, je n'ai jamais entendu un débat intéressant, ça part toujours en règlement de compte ("vous avez fait ça dans le passé et c'était de la merde qui nous plombe aujourd'hui) et en clivage, ça part en "je te coupe la parole sans arrêt", ça part toujours en débat dans des sous-sous-sous-sujets, ça part toujours en noyage de poisson. Le temps vient à manquer (et même si on organisait des débats de 12 ou 24h ou 36h, ça ne changerait rien, c'est un problème de mentalité). Il n'y a jamais rien de constructif, rien à en tirer. C'est inaudible et le débit mitraillette est impossible à suivre. Je pense par exemple à l'échange entre Copé et Duflot sur BFMTV la semaine passée mais c'est clairement général et depuis aussi longtemps que je m'en souvienne.


    [...]

    Désormais, le populisme se déclare comme un mode politique de proximité du peuple, de parler vrai [au peuple], de se préoccuper des problèmes du peuple, de vouloir le bien du peuple, etc… La réalité du populisme est pourtant toute autre, puisqu’il est à la fois historiquement et politiquement le ferment du fascisme. Le plus grand populiste de l’histoire contemporaine est Mussolini. Ses discours, son comportement, toute sa sinistre carrière politique sont basés sur ce concept de populisme. Le Duce a été copié de nombreuses fois, et peut-être jamais égalé, encore que…

    Nationalisme, patriotisme, racines [des origines], grandeur [perdue] à restaurer, analyses et solutions simples, à la portée de tous, gouvernance de « bon père de famille », paternalisme donc, et déclaration des « ennemis » à abattre, ou des minorités à contraindre sont les principaux ingrédients qui nourrissent la recette du populisme dans ce chaudron pestilentiel.

    [...]

    Pour résumer le populisme français : il se situe dans la croyance qu’une majorité d’électeurs sont mécontents, qu’ils sont plutôt incultes, qu’on peut leur faire croire que leurs problèmes sont avant tout causés par une partie de la population étrangère à la « patrie originelle » (gauloise ?), ou cause de blocages créés par des groupes d’intérêts qui prennent tout le monde en otage (les syndicats en général) et que le bons sens, l’évidence dans les décisions à prendre, sont celles que prendraient n’importe quel « bon père de famille ».

    Dans ce registre, le populisme résume chaque cause d’un problème à un unique facteur. Pour le concept du chômage et de « l’emploi » : c’est à cause des « charges » sur les salaires (qui sont en réalité, les cotisations sociales pour abonder les recettes publiques et maintenir le système de répartition collectif) qui empêchent la compétitivité. Pour l’insécurité, c’est le communautarisme, le refus de l’intégration et le radicalisme religieux.

    Bonne définition du populisme, je me garde ça.


    [...] Le débat sur la énième réforme de l’éducation nationale s’est effectué sur les horaires, l’apprentissage pur des fondamentaux ou l’éveil des enfants en groupe, le rétablissement de l’uniforme pour certains, la sécurité scolaire et introduire des tablettes informatiques pour faire rentrer le numérique dans l’éducation nationale…

    Ben… comment dire… je vais faire dans le populisme mais il suffit d'écouter les parents (et ça ne date pas d'hier) : ça cause de choses extrêmement matérielles donc horaires, menus de la cantine (histoire de pas refaire des frites le soir si y'en a eu le midi, lol), poids du cartable, sécurité de l'école, etc. À moment donné, nier que les débats sont à l'image du monde, c'est se voiler la face et c'est dangereux. Il faut bien se dire que les grands idéaux comme apprendre à apprendre, l'école décentralisée (à la maison, distance, tout ça), ça ne sort pas de terre comme ça, faut attendre que ça germe donc en attendant, il faut bien gérer la situation concrète, matérielle. Ce n'est pas contradictoire, c'est une question de proportion. Et c'est comme ça dans tous les domaines de la vie.


    [...)

    En fait dans l’esprit de la fachosphère IRL ou sur le réseau, il existerait une société immuable, figée, depuis les années 50, une France du Général de Gaulle, qui n’aurait pas bougé. Ou si, qui aurait été forcée de se cacher dans des caves, tandis que les Sarazin, les Chinois, les Martiens, peut-être, auraient peu à peu investi les appartement, les maisons et les commerces laissés vacants par la population gauloise, fuyant vers les caves.

    [...]

    Par extension, l’immigration qui ferait tant de mal aux Gaulois, selon l’extrême-droite, est une sorte de cellule dormante des islamo-nazis. A l’inverse, les Gaulois, sont des gens bien sous tout rapport. Encore une fois, la globalisation est à l’œuvre. Ce serait considérer que tous les Gaulois sont des gens parfaits alors qu’une foule d’études scientifiques très sérieuses prouvent qu’il y a de nombreux crétins durs dans cette population. Même des gens agressifs, violents, délinquants, terroristes, assassins, homophobes, sexistes… Bref de tout, comme partout. Mais sortir de la généralisation, c’est un peu compliqué pour notre fachosphère.

    Oui, la peur du changement et le bouc-émissaire sont hyper connus : "nous on atteint la perfection, il ne faut plus rien changer, c'est l'autre qui a tort et vu qu'il est pas comme moi bah lala".


    [...]

    Nous sommes arrivé à un moment où le tempo de l’actualité est rythmé à moitié par les tweets ravageurs de politiciens ou des citations de leurs discours, d’extraits d’interviews. Le tout en 140 caractères maximum. Ou avec un post sur un mur. L’approximation, la fausseté, voire les mensonges les plus flagrants sont ainsi relayés à la vitesses des tuyaux numériques. Un petit maire de droite extrême bien raciste ordonne une interdiction de tenue de plage portée par quelque femmes d’origine maghrébine, et c’est un buzz médiatique qui dure un mois. Un mois… Emportements, militantisme, rejet, agacement, indignation, tout y passe…

    C’est en fait une nouvelle période qui s’est ouverte, celle de la création des sujets d’actualités politiques par la foule, ou par les « stars des réseaux sociaux », qu’elles soient des politiques ou non. Les groupes militants de tous bords sont donc très friands de ce phénomène, puisqu’en quelques clics, voire quelques aides automatisées (principe de l’astroturfing), une foule se crée, prête à en découdre, à défendre, attaquer, se plaindre, s’indigner, mais dans tous les cas : fait parler d’elle et surtout de son sujet.

    Oui, le traitement de l'information est un vrai problème. Mais, d'un côté, je me dis que les petites phrases assassines sont des révélateurs, qu'elles donnent le ton. Macron et son costard, on sait à quoi s'attendre en choisissant le projet de société de ce mec-là. Sarkozy et ses Gaulois, on sait aussi à quoi s'attendre. Ça reste trop succinct, certes mais ça donne une idée. L'absence d'autres voix, d'autres choses que des petites phrases est problématique, pas de problèmes avec ça.


    [...]

    Un article reprenant celui de Viner cherche à comprendre ce qu’il se passe au delà de l’amplification des rumeurs et de l’emballement des foules sur les réseaux sociaux. Un phénomène très important est celui de l’influence des algorithmes et de l’enfermement des usagers des réseaux dans leurs propres convictions, dans leurs propres sphères de croyance.

    Là encore, rien de nouveau : le bistro du coin et ses habitués avaient leurs sphères de convictions. Les familles ont aussi leurs sphères de convictions qui perdurent. Nous avons aussi de telles sphères avec nos ami-e-s. Donc le coup des méchants réseaux sociaux, pleeeaaase, quoi, ils ne font qu'abolir les distances donc fusionner des sphères de convictions.

    27/09/2016 11:00:15 - permalink -
    - https://reflets.info/le-chaudron-puant/
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