C'est le dernier avatar de l’affaire Kerviel, et il pèse lourd. La Société générale va devoir s’acquitter d’un surcroît d’impôt aussi important qu’imprévu : 2,2 milliards d’euros. Jusqu’ici, elle espérait pouvoir diminuer son imposition d’autant, en retranchant de ses bénéfices les 6,3 milliards perdus par l’imprudent tradeur Jérôme Kerviel en 2008. L’administration fiscale a — discrètement mais fermement — douché les espoirs de la banque au printemps dernier.
La Générale, qui n’a pas encore contesté ce redressement en justice, n’émet « aucun commentaire sur une information couverte par le secret fiscal ». Pas plus de réaction au sein du ministère des finances.
En 2008, les spéculations de Kerviel, s’ajoutant à la crise des subprimes, s’étaient traduites pour la banque par une énorme perte fiscale : 10,8 milliards. Heureusement pour elle, la loi autorise les sociétés à déduire de leurs bénéfices — passés ou futurs — les pertes enregistrées.
La Société générale avait donc utilisé quelque 4 milliards de pertes pour se faire rembourser une somme équivalant aux impôts qu’elle avait réglés entre 2005 et 2007. En 2010, le Trésor lui avait ainsi signé un chèque de 1,3 milliard. Mais le meilleur restait à venir. Le solde de sa perte (6,9 milliards), soit à peu près le montant imputable à Kerviel, devait lui permettre d’économiser près de 2,2 milliards d’impôt sur ses bénéfices futurs.
Mais l’arrêt de la cour d’appel de Versailles prononcé le 23 septembre 2016 a tout bousculé. C’est l’absence de contrôle de la banque, estime cette dernière, qui a permis à Kerviel de jeter les milliards par les fenêtres.
Sans compter que la banque ne pouvait ignorer les actions de son trader. On se souviendra aussi que les avocat⋅e⋅s de la Société générale ont tout fait pour manipuler la justice en faveur de la SG et que la vérité a triomphé grâce à la lanceuse d'alerte Nathalie Le Roy, flic qui s'en est pris plein la tête lors de ses déclarations et qui se fait laminer par sa hiérarchie aujourd'hui encore.
Le banquier joue la montre
Or la jurisprudence du Conseil d’Etat considère qu’une perte enregistrée par une société à la suite de malversations de l’un de ses employés n’est pas fiscalement déductible si la société a concouru à cette perte par sa « carence manifeste dans l’organisation, notamment dans le domaine du contrôle interne ». Soit très exactement ce qu’avançait la cour d’appel (et, avant elle, la Banque de France, dans un rapport daté de 2008).
La sentence connue, les ministres de l’Economie et du Budget, Michel Sapin et Christian Eckert, demandent le jour même à l’administration fiscale d’« examiner les conséquences de cet arrêt sur la situation fiscale de la Société générale [afin] de préserver intégralement les intérêts de l’Etat ». Vite fait, bien fait : début novembre 2016, le fisc pond une note juridique détaillée selon laquelle la Générale n’a effectivement plus droit à sa « déduction Kerviel ». Instruction manuscrite des deux ministres : « Engagez une procédure de “rectification contradictoire”. » Pour le dire moins galamment : un redressement fiscal. Celui-ci est peaufiné pendant trois mois par les Impôts, qui le transmettent au printemps à la Société générale.
Laquelle joue la montre. Plutôt que de contester immédiatement en justice le redressement, elle a choisi d’attendre un refus clair de l’administration pour le jour où elle voudra dégonfler ses bénéfices avec son crédit d’impôt. La messe ne sera pas dite pour autant : entre la contestation du redressement devant le tribunal administratif, puis la cour administrative d’appel et, enfin, le Conseil d’Etat, cinq ans, au moins, risquent de s’écouler.
L’affaire Kerviel a encore de beaux jours devant elle.
Je vois ça positivement : le fisc et les ministres ont essayé de faire leur boulot. Affaire à suivre.
Dans le Canard enchaîné du 17 janvier 2018.
En recevant le président Erdogan à l’Elysée, le 5 janvier, Macron s’était bien gardé de lui reprocher les amicales relations entretenues par ses généraux avec divers groupes djihadistes. Exemple le plus récent : à l’automne 2017, les troupes turques ont pénétré dans la province syrienne d’Idlib avec comme escorte, et comme alliés, les combattants de Tahrir al-Cham — puissant mouvement terroriste plus connu sous son ancienne appellation : le Front Al—Nosra, une filiale d’Al-Qaida.
Trois mois plus tard, les 12 et 13 janvier, « Le Monde » puis « Le figaro » mentionnent, au détour de leurs articles sur la bataille d’Idlib, cette complicité des militaires turcs avec les djihadistes d’Al-Qaida, qui les avaient « escortés » tandis qu’ils entraient en Syrie. Les deux confrères utilisent le même verbe — « escorter » —, mais sans trop s’en émouvoir. En revanche, plusieurs diplomates et, à les en croire, certains de leurs amis militaires estiment vraiment « problématique » que le président Erdogan persévère dans ses mauvaises fréquentations.
Ils n’ont pas tort car, dans ce cas précis, Macron se montre tout aussi complaisant à l’égard d’Erdogan que ses anciens amis socialistes. Durant le quinquennat précédent, François Hollande, Laurent Fabius, au Quai d’Orsay, et Jean-Yves Le Drian, à la Défense, avaient en effet toujours toléré — comme les Américains, d’ailleurs — que le Grand Turc ait deux fers au feu djihadiste.
Aux terroristes de Daech, celui-ci ouvrait généreusement ses frontières, facilitait leurs exportations de pétrole et permettait aux blessés de l’Etat islamique de se faire soigner dans les hôpitaux turcs. Quant aux combattants du Front Al-Nosra, souvent « en conflit de territoires » avec Daech en Syrie, Erdogan acceptait de leur fournir des armes et une aide financière, comme l’Arabie saoudite et le Qatar, deux bons amis et clients de la France. Tous espéraient voir ces djihadistes s’emparer de Damas et y planter leurs drapeaux noirs, après en avoir chassé Bachar et son clan.
Sans 1maginer un instant que miser ainsi sur un mouvement terroriste pour se débarrasser de Bachar et de son régime était à la fois indigne et stupide, l’équipe Hollande-Fabius-Le Drian nourrissait le même espoir, et, à l’instar de la coalition dirigée par les Etats-Unis, les Rafale et les Mirage français n’ont jamais bombardé les positions du Front Al-Nosra pendant plus de deux ans.
Mais, en septembre 2015, quand ces djihadistes s’approchaient de Damas et se vantaient d’y instaurer bientôt la charia, Poutine s’était énervé. Pour défendre son protégé Bachar et les bases russes qu’héberge la Syrie, il avait vite envoyé 50 avions de combat, des hélicoptères, des commandos, des missiles de croisière montés sur camions (avec radar) et une artillerie de « gros calibre », comme disaient alors les militaires français. Ainsi se termina le rêve d’Al-Qaida. Et celui, que cela plaise ou non, de Hollande, de Fabius et de Le Drian.
« On a épargné et parié sur le Front Al-Nosra, se désolait à l’époque un diplomate, alors que ce mouvement figurait en bonne place dans la liste des groupes terroristes établie par l’ONU. »
Très intéressant. :O
Dans le Canard enchaîné du 17 janvier 2018.
Dans la catégorie "les promesses n'engagent que ceux et celles qui y croient" :
Quand elle a racheté, en 2015, l’ex-branche énergie d’Alstom, la direction de General Electric (GE) a multiplié les annonces mirifiques : pas de fermeture de site, maintien de la recherche, création de 1 000 postes d’ici à la fin de 2018, etc.
Le 14 décembre dernier, devant une commission d’enquête parlementaire, Jérôme Pécresse, le patron de GE Renewable Energy, a claironné : « Nous avons fait une très grande partie du chemin ! » A onze mois du terme de ces engagements, le bilan est probant : 358 embauches réalisées… moins 313 suppressions de postes prévues par le « plan de transformation » (synonyme élégant de « plan social ») de l’usine GE Hydro de Grenoble. Soit 45 créations nettes, ou 4,5 % des promesses formulées en 2015…
Que sait GE ?
Ce coup de sabre grenoblois aurait été décidé « dans l’urgence, fin mai-début juin » 2017, a déclaré la direction aux experts mandatés par le comité d’entreprise. En réalité, comme le prouve un document interne de GE Renewable Energy, ces suppressions de postes étaient préparées six mois auparavant… Le document, en outre, fournit des éléments de langage au personnel et à la presse. Ainsi, à la question : « Allez-vous fermer l’atelier de production (de mécanique lourde) de Grenoble ? », il faut répondre : « Il n’y a pas de décision finale aujourd’hui (…). Il est trop tôt pour confirmer des chiffres définitifs. »
Le 14 décembre, devant la commission, Jérôme Pécresse s’est montré plus précis : « Cet atelier ne sera pas fermé [mais] reconverti dans la production de turbines de petite taille… » Or, le 15 décembre, la direction de GE Hydro à Grenoble a confirmé au comité d’entreprise la suppression de 50 postes sur… 50 au sein de l’atelier de mécanique lourde — une dizaine de salariés se voyant repêchés dans d’autres activités. Jolie « reconversion » !
A la mi-décembre, toujours, à l’issue du « comité de suivi des engagements de GE » à Bercy, Bruno Le Maire et la sous-ministre Delphine Gény-Stephann se sont félicités d’un si beau bilan : « A cette date, GE est en ligne avec les engagements pris (…) et mettra tout en œuvre afin d’être en mesure de les tenir à leur échéance, prévue fin 2018. »
Ho, bah, si GE est protégé par nos sinistres, tout va bien, alors ! :(
Ils n’ont pas peur d’un cour-circuit ?
Dans le Canard enchaîné du 17 janvier 2018.
À 9 ans, à Faches-Thumesnil, dans le Nord, elle était bonniche, comme on disait alors ; à 10 ans, elle s’est enfuie de chez ses patrons ; et, à 12 ans, elle s’est syndiquée à la CGT. Après un tel début de vie, il est moins étonnant que Martha Desrumaux soit devenue une figure du Front populaire, du féminisme, de l’engagement et, aussi, du communisme.
Première femme élue au Comité central, elle aida, en 1939, à exfiltrer Maurice Thorez à Moscou. C’est elle qui, dès 1940, organisa le parti clandestin et la Résistance dans le Nord-Pas-de-Calais occupé. Elle qui, fin mai 1941, impulsa la grève, héroïque et méconnue, des mineurs qui stoppa la production de charbon destiné à l’Allemagne nazie. Le mouvement, qui dura dix jours, épiques, s’acheva avec la déportation de 273 meneurs. Martha est parmi eux. Elle a 44 ans.
A Ravensbrück, le camp de concentration réservé aux femmes, elle est la plus ancienne Française, et ses amies ont pour noms Esther Brun, Geneviève de Gaulle-Anthonioz ou Marie-Claude Vaillant-Couturier. Toutes ont loué sa solidarité et sa force téméraire : « Martha nous fut d’un grand secours. C’est elle qui, par son travail aux douches, nous procurait du linge propre, des bas, des chaussures et, surtout, des lainage, des robes et des manteaux… Martha était celle qui nous aidait le plus : elle avait tant d’amies dans le camp, tant de sympathies chez les prisonnières de toutes les nationalités… » a écrit Estelle [NDLR : coquille du Canard, il s'agit d'Esther Brun, pas Estelle].
« Elle arrivait à parler aux femmes, en dépit de la présence des SS, essayait de les aider à supporter le premier choc et de les avertir de ce qu’il fallait faire pour éviter l’extermination : ne pas se déclarer malade, ne pas montrer ses infirmités pour ne pas recevoir la carte rose, ne pas se dire juive », a témoigné Marie-Claude.
A son retour de déportation, en 1945, elle devient l’une des premières femmes députées. Aujourd’hui, une pétition circule, adressée à Emmanuel Macron, qui était mardi à Calais, demandant que Martha soit inhumée au Panthéon. On a déjà vu plus immérité !
Waouh ! :O
Dans le Canard enchaîné du 17 janvier 2018.
Ce tutoriel fonctionne toujours. La bobine NFC suit toujours le même chemin à l'intérieur de ma carte bancaire. :)
Emmanuel Macron a tonné : plus de « fake news » en période électorale. Que les complotistes, donc, se rassurent : hors élections, ils pourront continuer de colporter des rumeurs, de désinformer, d’entretenir la parano « On nous cache tout, on nous dit rien ».
Le Président ne s’intéresse pas à la fausse nouvelle à la française, déjà punie par la loi de 1881 — qui a fait ses preuves — s’il y a trouble à l’ordre public, mais à la « fake news » à la Trump, celle venue de l’étranger.
Macron, autocentré, a en tête les ragots qu’ont fait courir sur sa personne au printemps dernier deux médias russes. Il promet, en représailles, que la lutte contre « toute tentative de déstabilisation par les services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers » sera accrue. Les Russes doivent craindre le pire, et la BBC, à l’avenir, devra se méfier si elle prétend s’intéresser à la politique française.
Macron vise aussi les plateformes Internet et leur « propagande », qui, « en un instant, répandent partout dans le monde, dans toutes les langues, des bobards inventés pour salir un responsable politique ». Pourquoi pas, mais comment la distinguer de l’information quand les annonceurs eux-mêmes sont des propriétaires de médias, comme Bernard Arnault, Xavier Niel ou Patrick Drahi ? Macron ne s’inquiète pas de ça. La concentration aux mains de quelques industriels, la disparition des journaux indépendants ce n’est pas son sujet. Il n’en a que pour la « fake news » des jours d’avant son sacre. C’est quoi, d’ailleurs, une fausse nouvelle, et qui en décide quand François fillon assure que les informations du « Canard » sur les emplois fictifs de son épouse sont fausses ? Ce qui est annoncé faux par certains peut se révéler vrai…
Sur sa lancée, Macron appelle les professionnels à réfléchir à leur déontologie. Comme si les journalistes l’avaient attendu… Il est vrai que Reporters sans frontières a une riche idée : il propose de certifier des organes de presse respectant la déontologie du métier. Problème: qui va certifier le certificateur ? L’ancien président de RSF, un certain Robert Ménard, maire lepéniste de Béziers ? Ou, pourquoi pas, le président de la République lui-même ?
En peu de mots, le Canard résume l'essentiel de mon avis sur cette volonté stupide de Macron.
Cependant, il manque un point : derrière tout ça se cache la constante augmentation de la défiance envers tout et tout le monde. Justifiée quand on constate, fait après fait, événement après événement, que les politicien⋅ne⋅s et les grands médias sont uniquement des pantins qui nous servent jours après jours la même soupe insipide et qui œuvrent rarement en faveur de l'intérêt général. Justifiée quand nos grands médias, nos élu⋅e⋅s et nos politicien⋅ne⋅s de premier plan passent leur temps à faire peur à la populace et à monter des parties de la population contre d'autres parties de cette même population afin d'accroître la servitude de l'ensemble donc, in fine, leur pouvoir.
Plutôt que de se poser et de proposer des solutions réfléchies aux racines de ce mal profond, nos politicien⋅ne⋅s décident de jouer la surenchère, de poursuivre ce jeu dangereux, de faire toujours moins confiance à leurs citoyen⋅ne⋅s et proposent ainsi de leur torcher le cul, au prétexte qu'il⋅elle⋅s sont incapables de penser par eux⋅elles-même. Ben ouais, réfléchir à l'indépendance des médias, à leur pluralité effective et à tout un tas d'autres problématiques, c'est trop vieux jeux ! Sauf que, si, en tant que citoyen⋅ne, je ne développe plus de pensées et/ou que je n'en suis plus responsable, cela vaut aussi pour mes votes. Or, sans pensée libre et sans vote, il n'y a plus de légitimité des élu⋅e⋅s donc le semblant de démocratie représentative que nous connaissons s'effondre et l'on atterrit sur des régimes d'organisation de la vie de la cité beaucoup moins fun.
Sait-il dans quoi il veut nous embarquer, le Macron ? Savent-il⋅elle⋅s dans quoi il⋅elle⋅s veulent nous embarquer, ces politicien⋅ne⋅s à la manque ? Savons-nous dans quoi nous allons nous faire embarquer ?
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018
Un véritable révolutionnaire que ce Moham med ben Salmane (MES) ! Le 4 janvier, le prince héritier du royaume saoudien a fait embastiller 11 princes pour « perturbation à la paix civile et à l’ordre public » (« Les Echos », 9/1). Faut dire que les représentants de cette branche cousine avaient poussé le bouchon un peu loin en organisant un sit-in devant le palais… Les seigneurs du désert protestaient contre l’abolition de leurs privilèges. Désormais, les malheureux devront payer, comme tous les autres Saoudiens, une TVA de 5 % et leur note d’électricité. De quoi péter les plombs !
Inflexible, MES qui veut réduire la dépendance de son royaume au cours de l’or noir, a expédié les 11 contestataires, non pas en résidence surveillée dans un hôtel de luxe, mais dans une vraie prison de haute sécurité. En novembre, l’héritier avait fait enfermer 200 personnalités au Ritz-Carlton de Riyad. Une douzaine d’entre eux auraient recouvré la liberté moyennant finances. Mais pas le plus emblématique : le prince Al-Walid ben Talal refuse de verser les 6 milliards de dollars réclamés, soit un septième de sa fortune.
Un crime de lèse-majesté !
Encore un endroit joyeux et juste sur la planète…
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
A l’aise dans sa fonction, la première dame veille à tout avec un soin jaloux.
« Franchement, c’est parfait, du sacré boulot. Trierweiler, à peine arrivée, voulait être calife à la place du calife, Gayet était un fantôme et Bruni avait une communication tellement lourdingue qu’on voyait toutes les coutures. Souvenez-vous de la séquence où elle a reçu des lectrices de “Femme actuelle” à l’Elysée. Carla et ses invitées étaient en train de papoter le plus simplement du monde, et tout à coup qui arrive, comme ça, qui passe la tête ? Nicolas ! Quelle surprise ! », rigole un spin doctor.
Et d’ajouter : « Avec Brigitte Macron, c’est du grand art. La papesse de la presse people, Mimi Marchand, patronne de l’agence Bestimage, qui gère son image, l’incite à peu intervenir directement. Ce sont les autres qui parlent d’elle, ce qui fait oublier à quel point sa communication est hypercontrôlée, en lien total avec l’Elysée ». Brigitte Macron a réussi cet exploit : tous les communicants de la place de Paris lui tirent leur chapeau.
A l’Elysée, elle est toute-puissante. « Pas un discours important qu’elle n’ait relu, mais elle est suffisamment maligne pour ne pas le faire savoir », raconte le témoin d’une réunion. « Si elle est présente autour de la table, le Président ne la quitte pas des yeux. Ceux qui s’opposent à elle, pour une raison ou pour une autre, se sentent soudain plus éloignés du prince, ils ont peu à peu moins accès à lui et ont le sentiment d’être aussi moins écoutés », se souvient un autre.
Des postulants au fayot d’or
Ceux qui veulent obtenir un hochet, s’approcher de Macron, faire passer un message ou rester en cour l’ont compris : il faut chanter les louanges de Brigitte. Certains ne savent trop que dire mais y vont fort, comme Jean-Michel Blanquer. « Elle incarne pour moi la prof idéale », a-t-il confié en pas trop petit comité, histoire d’être sûr que cela soit répété, ajoutant : « Je maintiens, même si ça me fait passer pour un fayot. » Mais non, quelle idée. Et puis, il y a de la concurrence pour le fayot d’or. Richard Ferrand, qui voudrait bien remplacer Rugy à la présidence de l’Assemblée, ne fait pas dans l‘aquarelle : « Sa présence est rayonnante et sert le pays. »
Attention toutefois a Edouard Philippe, qu’on a toujours tendance à enterrer trop vite et qui n’a pas dit son dernier mot : « Brigitte Macron a une densité de réflexion et une profondeur culturelle impressionnantes. » Y a du métier, c’est indéniable.
Elle va relayer la pensée macronienne, selon le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, qui lui a dit, la voix tremblante : « Vous êtes une des rares femmes dans le monde entier qui peut délivrer un message, nous avons besoin de vous. » Un avis que partage Jean-Pierre Raffarin, retraité de la politique qui n’aurait rien contre l’idée d’obtenir une nouvelle mission. En Chine explique-t-il, Brigitte est tout simplement « une idole ».
Brigitte Macron fait aussi souffler un petit vent de « modernité » à l’Elysée. Elle a ôté les lourdes tentures pour faire « entrer la lumière », a fait remiser quelques bergères, et souhaite exposer au Palais des artistes modernes. C’est bien simple, le couple Macron éprouve une « fascination » pour les artistes. François Patriat, président du groupe LRM au Sénat, ne se fait pas beaucoup prier pour crier son admiration : « Elle fait très moderne, elle comprend ce que les Français attendent d’elle et fait simplement l’unanimité. »
Les proches collaborateurs de Brigitte Macron, Pierre-Olivier Costa et Tristan Bromet, expliquent aux journalistes qu’elle évitera au Président la fameuse déconnexion d’avec le réel. Elle aime quitter le Palais, s’évader dans Paris pour « débriefer » ses conseillers. Et, là, au contact de la vraie vie, « les sujets qui paraissaient très importants au bureau deviennent souvent futiles ».
Elle rend Bernadette gentille
Mais sa plus grande qualité c’est qu’elle « humanise » la présidence. Aux côtés de son surhomme, qui dort trois heures par nuit et avale les dossiers comme Hollande les macarons, elle est là pour les douleurs du quotidien. « Les demandes désespérées des personnes qui ne trouvent pas les bonnes portes retiennent son attention », raconte la presse. Elle est le « dernier recours ». Lors des obsèques de Hallyday, elle a « pris en main l’aspect humain ».
Parfois, Brigitte répond elle-même au téléphone, mais oui. Elle veut, explique-t-on, « organiser des soirées à l’Elysée sans people, loin du gratin parisien ».
Le grand mot de la com’ de Brigitte, c’est « juste ». elle a des mots «justes », un comportement « juste ». Le mot n’est pas choisi au hasard : il fait oublier l’hypercontrôle de l’image de la première dame.
Et ça marche. Laure Adler trouve qu’elle apporte « un petit supplément d’âme » et se pâme devant la vie personnelle de la première dame : « Madame Bovary, à côté, c’est de la gnognotte. »
Brigitte Macron a même reçu Bernadette Chirac a l’Elysée, et, devant le personnel, a réussi à faire dire au cerbère « un mot gentil pour tout le monde ». Trop forte.
Oooooook… En 2017-2018, en France, pour exister dans la politique-politicienne, il faut toujours faire sa cour à la madame du châtelain… Hé bah… On n'est pas rendu, hein… Pitoyable…
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
C'est une coquille dans le Brexit. On ne le sait pas, mais un tiers des coquilles Saint-Jacques françaises sont pêchées dans les eaux britanniques. Or nos voisins d'outre-Manche comptent profiter de leur sortie de l'Union européenne pour interdire à nos pêcheurs l'accès a leur gisement. Mauvaise nouvelle pour les nombreux amateurs de Pecten maximus que compte notre pays.
Avec 150 000 tonnes englouties chaque année, la France est le plus gros consommateur de coquilles de la planète derrière les États-Unis. Pour satisfaire les estomacs, on doit donc en importer six fois plus qu'on n’en pêche. Et voilà que la perfide Albion pour- rait nous empêcher de « draguer » la coquille au large de ses côtes, pile-poil alors que a récolte s’annonce « exceptionnelle » : jamais les cales de nos 200 coquilliers n’ont été aussi pleines.
La coquille Saint-Jacques, c'est l'or blanc de la pêche tricolore, avec des prix qui peuvent, certaines années, atteindre 5 euros le kilo. D'où la contrebande et la fameuse pratique du trempage, qui consiste à plonger les noix dans un bain d'eau assaisonnée de polyphosphates, histoire de les gorger de flotte pour qu'elles pèsent plus lourd. Sauf qu'une découverte faite par des chercheurs israéliens risque de nous couper définitivement l’appétit : les coquilles Saint-Jacques nous voient ! Autrement dit, quand vous décoquillez l’animal, il suit en direct sa mise a mort… L'étude, sortie pendant les têtes, est passée relativement inaperçue. Elle révèle pourtant que Pecten maximus est doté en bordure de coquille de 200 yeux millimètriques. Ce qui confère a ce mollusque bivalve un champ visuel d’environ 250 degrés. Pratique pour repérer son principal predateur, l'étoile de mer, et prendre la tangente en claquant des valves.
Car, contrairement a la plupart des coquillages, qui restent bêtement accrochés à leur rocher, la Saint-Jacques voyage. Par hydropropulsion, elle peut même faire des bonds de 1 mètre. En fait, la bestiole possède un système visuel ultra—sophistiqué, composé d'une série de miroirs concaves a trois dimensions. A tel point que les ingénieurs voudraient s’en inspirer pour améliorer les performances des télescopes.
La prochaine lois que l’on dé- cortiquera une coquille Saint-Jacques, pas sûr qu’on la regarde les yeux dans les yeux…
Intéressant. :O
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Le réseau informatique du Parlement britannique a enregistré 160 demandes d'accès à des sites pornographiques entre juin et octobre 2017 (« Ouest France », 8/1 ). Shocking ? Non, car, à en croire la direction du Parlement, la majorité de ces connexions, effectuées depuis les ordinateurs des députés et de leurs assistants, n'étaient pas « volontaires ».
Seulement pulsionnelles ?
À rapprocher du cas Damian Green, le numéro 2 de la première ministre Theresa May qui a été contraint de démissioner suite à du harclément sexuel présumé et à la découverte de milliers de photos pornos sur l'ordinateur de travail qu'il utilisait en 2008 en tant que député.
C'est les mêmes politicien⋅ne⋅s qui ont instauré le blocage par défaut des sites web pornos sur les accès Internet du pays… Comme d'habitude, faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Sommé de cesser son activité fin mai, il réclame une indemnisation colossale au préfet de Meaux.
Une entreprise de traitement des métaux de Meaux réclame au préfet de Seine-et-Marne la somme colossale de 2 984 000 euros. Motif ? Le serviteur de l’Etat lui a causé un grave préjudice en suspendant, le 31 mai dernier, son activité pour cause de pollution chronique !
Wipelec — c’est son nom — a déposé, le 4 janvier, un recours devant le tribunal administratif de Melun. Spécialisée dans le traitement de surface des métaux, elle se revendique comme l’« unique fournisseur
de grands groupes de l’armement et de l’aéronautique français », tels que Safran et Thales. Pensait-elle, du coup, pouvoir polluer en toute impunité ? Six fois, entre 2016 et 2017, elle a été visitée par les inspecteurs des installations classées, dépendant de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie.Ses manquements répétés, jugés « extrêmement graves » pour les salariés et les riverains, ont été maintes fois detaillés par « Le Parisien ». Wipelec a notamment été accusé de rejeter « des déchets dangereux dans le réseau urbain » — de l’acide cyanhydrique, entre autres. Malgré la quarantaine d’emplois en jeu, l’Etat n’a pas calé. Ni la justice, qui a validé l’arrêté de suspension.
Sortez les mouchoirs
En redressement judiciaire depuis août 2009, Wipelec multiplie les exploits en Ile-de-France. En 2010, la pollution importante des sols et de la nappe phréatique de son usine de Romainville a obligé l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, à dépenser plus de 1,2 million d’euros pour reloger des riverains. A Pomponne, en Seine-et-Marne, Wipelec a stoppé en 2012 l’exploitation d’un site, après quatorze années passées sans le nettoyer. A Lagny, la société Ceres Technologie, l’une de ses filiales, s’est subitement arrêtée, après avoir travaillé sans toutes les autorisations requises. Les sols y sont assaisonnés de plomb, de cyanure, d’hydrocarbures…
Pas impressionné, Wipelec a continué, malgré la suspension. Aujourd’hui sous contrôle judiciaire, son gérant, Guy Pelamourgue, a été placé en garde à vue le 20 juin et mis en examen pour « exposition d’autrui à risque immédiat de mort ». Tout de suite les grands mots…
Voitures brûlées portables volés
Dans son recours déposé le 4 janvier, Wipelec explique avoir trouvé la coupable de tous ses maux : Joëlle Roborg, sa « responsable qualité sécurité environnement ». « Un audit réalisé par M. Guy Pelamourgue permet de façon saisissanie de se rendre compte de la non-exécution de son travail par la salariée et de la délation opérée à destination des services préfectoraux », s’indignent ses avocats. L’employée est accusée d’avoir collaboré avec les inspecteurs du ministère de l’Environnement sans prévenir sa direction.
Selon la loi Sapin, cela l’empêche de bénéficier du statut de lanceur d’alerte. Son licenciement pour faute lourde a été validé par l’Inspection du travail, après que des échanges de SMS entre elle et une inspectrice de l’Environnement ont été retrouvés. Wipelec assure que l’indélicate aurait agi pour favoriser la « reprise à moindre coût de la société » par son ancien directeur. Mais, alors, pourquoi a-t-elle fait marcher le préfet dans la combine ?
Coîncidence ? Joëlle Roborg a vu sa voiture volée et brûlée, le 23 octobre — cinq jours après que les inspecteurs de l’Environnement qui revenaient du site de Meaux se sont fait dérober leur auto et leurs ordinateurs portables. L’ambiance est vraiment exquise dans ce coin de Seine-et-Mame.
À ma connaissance, il s'agit du premier cas concret qui illustre la vacuité de la loi Sapin 2 censée définir et protéger les lanceur⋅euse⋅s d'alerte…
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Pimkie, Peugeot, bientôt Carrefour… Moins de deux semaines après la parution des décrets d’application de l’ordonnance Macron sur la « rupture conventionnelle collective », cette dernière fait un tabac chez les patrons. Elle leur donne le feu vert — sous réserve d’un oui des syndicats — pour licencier sans motif économique.
Lors de la signature de l’ordonnance Macron, le 22 septembre, les regards des syndicats se sont braqués sur quelques chiffons rouges agités sous leur nez, telle la « barémisation » des indemnités aux prud’hommes. Et le reste est passé largement inaperçu. Une lecture au scanner de ces textes permet pourtant de découvrir plusieurs perles pas vraiment défavorables aux employeurs.
Pénicaud, DRH des patrons. La dernière de ces pépites, datée du 30 décembre, porte la signature de la ministre du Travail. Un décret paru au « JO » fournit aux patrons licencieurs cinq modèles de lettres censées les mettre à l’abri des foudres des tribunaux. De l’éjection pour faute grave au dégraissage économique, tous les cas de figure sont prévus. Il suffit à l’employeur de remplir les cases vides. On attend que le président de la République — qui n’est pas que celui des riches — demande à sa ministre un vade-mecum similaire pour aider les salariés à contester leur vidage.
La lettre de licenciement à répétition. Avant les ordonnances, les griefs de l’employeur devaient tenir en une seule — et définitive — missive. Désormais, si, après avoir signifié son renvoi à un salarié, un taulier est saisi par l’envie de le câliner davantage, il peut lui envoyer une deuxième lettre, puis une troisième, contenant de nouvelles causes ou de nouveaux témoignages, évidemment indépendants.
Et si ces nouveaux chômeurs, connus pour leur mauvais caractère, entendent contester, ils devront faire fissa : le délai pour engager une procédure tombe à un an, contre deux auparavant.
Monologue social. La simplification de la vie des employeurs passe aussi par celle du dialogue social. Sous le gouvernement Jospin, Martine Aubry avait fait voter l’obligation d’une négociation annuelle des salaires dans les entreprises. Quelle horreur ! Macron a rectifié. Avec les ordonnances, le délai entre deux discussions salariales passe à quatre ans, à supposer que le patron trouve assez de syndicalistes pour accepter ce report des échéances. Au sein de certaines branches ou dans les PME, il n’aura pas beaucoup de mal à les débaucher.
Bosser plus pour gagner moins. La loi Aubry ouvrait la possibilité d’accords permettant d’augmenter la durée du travail sans que le salaire suive. Mais cette décorrélation n’était possible qu’à la condition impérative que la boîte rencontre des difficultés. « Le “travailler plus pour gagner moins” peut désormais être décidé dans le simple intérêt de la société. Sans plus de garanties », s’étrangle Christophe Baumgarten, avocat spécialisé en droit social.
flexibilité sans sécurité. Quant aux grosses boîtes qui dégraissent, l’obligation de proposer aux salariés d’être recasés dans le groupe disparaît. L’ancien patron des patrous, Yvon Gattaz, exigeait cette flexibilité en 1985. Grâce à Macron, Pierre a fini le job de papa.
L’employeur, patron aussi — des syndicats. Exit aussi l’obligation faite aux directions de financer les expertises demandées par le comité d’entreprise. Le Comité économique et social (CES) qui lui succède (avalant au passage les délégués du personnel et le comité d’hygiène et de sécurité) devra en payer la moitié. Logique. Sauf que les moyens financiers du CES, ainsi que les heures de délégation des représentants du personnel, seront fixés par la négociation… c’est-à-dire, finalement, par l’employeur. « Le problème des accords d’entreprise est qu’ils seront négociés par des syndicats qui dépendront aussi des moyens que leur donneront les employeurs. Il y a des risques évidents de corruption », confie un spécialiste réputé du droit social.
Il faut bien pallier la fuite des adhérents.
Ma liste de ce qu'apportent ces ordonnances contre le travail.
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Secouées par l’affaire de corruption touchant Airbus, les grandes boîtes du CAC 40 veulent à tout prix se prémunir contre ces menus dérapages. Veolia ne fait pas exception. Le leader mondial de l’eau et des déchets a confirmé, le 8 janvier, avoir débauché Jean-Baptiste Carpentier, 53 ans, le directeur du Commissariat à l’information stratégique et à la sécurité économique (Cisse) de Bercy, pour en faire son directeur de la « conformité ». En clair, du respect des lois.
Contrat en beton armé
Officiellement, le départ de Jean-Baptiste Carpentier, ancien patron de Tracfin — l’organisme chargé de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme — s’est réglé en bonne intelligence avec Bercy. En décembre, pourtant, Emmanuel Moulin, le directeur de cabinet de Bruno Le Maire, a convoqué le patron du Cisse pour l’interroger sur sa décision de confier un contrat à FTI Consulting.
Ce cabinet d’investigation américain aux méthodes musclées est censé réaliser un audit de la politique de conformité des 200 premières entreprises françaises et identifier leurs bonnes pratiques (« Intelligence Online », 29/11). « Je n’ai pas engagé une société américaine, mais la patronne de la filiale parisienne, Sophie Lhomme, une Française, officier de réserve disposant d’une habilitation de sécurité », s’est curieusement défendu Carpentier. Lorsqu’il a annoncé son souhait de quitter Bercy, personne ne l’a vraiment retenu. Ni Bruno Le Maire ni le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, très au fait des questions de sécurité…
« Qu’une entreprise privée comme Airbus se laisse voler des informations sensibles par les Américains, c’est déjà grave, s’offusque un spécialiste de la guerre économique. Mais que l’Etat français organise le pillage de ses 200 premières entreprises, c’est incompréhensible… »
Aux armes, citoyens patrons !
Heu. D'où l'État s'occupe (favorise ?) uniquement des 200 plus grosses sociétés privées françaises ? D'où c'est de la responsabilité de l'État de prévenir les pratiques illégales ?! Peut-être parce que le Président joue déjà les VIP pour elles ? On marche quand même sur la tête, je trouve…
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Les journalistes, à l’exception notable de ceux du « Figaro » (4/1), ont tort de ne pas lire les documents publiés en annexe de la loi de finances 2018. Ils y auraient découvert que les produits de la fameuse fiscalité verte ne bénéficient nullement à l’écologie. Pour justifier les hausses des taxes carbone, alias les taxes vertes, Bercy écrit : « Ces mesures contribueront au financement des baisses de la fiscalité pesant sur le travail et le capital en vue de favoriser l’emploi et l’activité. » Voilà qui a le mérite de la franchise.
L’appel à l’alibi écologique, en matière fiscale, devient une habitude de plus en plus rentable pour les finances publiques. Emmanuel Macron souhaite qu’à la fin de son quinquennat la fiscalité verte rapporte 40 milliards d’euros à l’Etat et aux collectivités locales, soit 14 milliards de plus qu’en 2017.
Au nom de la lutte contre la pollution et de la convergence de la fiscalité entre les deux types de carburant, les taxes sur le diesel ont donc été relevées, au 1er janvier, de 7,6 centimes par litre, et de 3,9 pour l’essence. A quoi il convient d’ajouter la TVA, dont le taux est fixé, pour les carburants, à 20 %. Soit, au total, 3,7 milliards de plus dans les caisses publiques qu’en 2017.
Les économistes de l’union française des industries pétrolières ont calculé que la facture allait augmenter de 250 à 350 euros par an et par véhicule. Mais ils n’ont pas intérêt à se plaindre, puisque c’est pour la nature…
Au moins dans les discours.
En effet, c'est ingénieux.
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.
Documentaire sur la banque mondiale HSBC.
ÉDIT DU 13/05/2018 À 14H50 : ce shaarli a été lourdement amendé (prise en compte des aides publiques à la presse 2016, correction d'erreurs, actionnariat différent, plus ou moins de flicage, etc.). Les modifications effectuées sont consignées dans ce shaarli. C'est aussi pour cela qu'il y a du texte barré un peu partout avec la correction à côté. FIN DE L'ÉDIT.
ÉDIT DU 23/10/2019 À 21 H 40 : j'ai corrigé l'actionnariat de Marianne (CMI/Kretinsky détient 91 % depuis octobre 2018), j'ai ajouté la part chaque gros actionnaire du Monde et j'ai ajouté le droit d'agrément obtenu en octobre 2019 par les journalistes du Monde leur permettant de verrouiller un poil le capital du journal. FIN DE L'ÉDIT.
ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : j'ai ajouté les dernières aides financières (publiques et privées) connues pour Fakir, Marianne, Le Monde, Les Jours, Basta !, Politis et La Revue Dessinée. ÉDIT DU 08/04/2020 À 17 H 45 : vérification et éventuelle correction de l'indicateur de flicage pour Le Canard enchaîné, Fakir, Siné mensuel, Mediapart, Numerama, Next INpact, Les Jours, Basta ! et Arrêt sur images. ÉDIT DU 08/04/2020 À 18 H 50 : ajout du journal satirique en PACA Le Ravi. FIN DES ÉDITS du 08/04/2020.
Avant de renouveler mes abonnements à la presse, je me suis posé des questions sur les journaux que j'ai découverts récemment comme Les Jours, La Revue Dessinée, Basta !, etc. Sont-ils indépendants ? Que veut dire être indépendant, etc. J'ai donc décidé de regarder l'arrière-boutique des journaux auxquels j'étais abonné en plus de regarder celle des journaux auxquels je pensais m'abonner. Je partage ma démarche au cas où ça puisse inspirer quelqu'un⋅e. :)
Par presse indépendante, j'entends :
Pour tenter une évaluation objective, j'ai choisi les critères suivants :
Qui possède le journal ? Structure juridique, actionnariat, qui peut entrer dans le capital, est-il possible d’entrer subitement dans le capital, etc. Ce critère est souvent considéré comme étant sans importance.
Le journal est-il un diffuseur de publicité ? La question se sous-divise :
S'il s'agit d'un journal en ligne, propose-t-il un flux RSS ? C’est un critère purement pratique, mais si un logiciel peut m'éviter d'avoir à faire le tour du site web des journaux que je suis, je prends. Un flux RSS complet (avec le contenu entier des articles) m'apparaît plus utile qu'un flux RSS tronqué, notamment car il permet des recherches depuis un agrégateur de flux RSS sur des mots-clé qui ne sont pas forcément dans le titre d'un article ;
Le journal a-t-il reçu des aides financières de l'État et/ou de sociétés privées et/ou de fondations ? Régulièrement ou de manière éparse ? Tout comme l'actionnariat et la publicité, ce genre de liens permet la censure et l'auto-censure c'est-à-dire des journalistes qui se contentent inconsciemment de servir la soupe, car il⋅elle⋅s savent que leur rédac' chef refusera des papiers approfondis sur tel ou tel sujet et, comme il⋅elle⋅s sont payé⋅e⋅s, il⋅elle⋅s préfèrent se focaliser sur des sujets qu’il⋅elle⋅s pensent être approuvés par les supérieur⋅e⋅s, comme tout salarié⋅e qui a implicitement besoin de justifier son salaire ;
J'ai attribué des points bonus aux journaux qui ont des manières originales de procéder (licence creative commons, format et/ou temporalité qui sort de l’habituel, prise en compte de la vie privée du lectorat, etc.).
J’accorde le moins possible ma confiance à des chartes, à de la déontologie, etc., car tout ça est à géométrie variable, n’a pas de valeur légale et que des journalistes qui outrepassent la charte de leur rédaction voire la Charte de déontologie de Munich, ça s’est déjà vu (exemples dans les trois points ci-dessous).
Évidemment, ces critères sont très insuffisants… Ils ne prennent pas en compte :
Les journalistes dits politiques qui font ami⋅e⋅s-ami⋅e⋅s avec les pouvoirs quels qu'ils soient, voire qui font partie de cercles mêlant politicien⋅ne⋅s, industriel⋅le⋅s et journalistes, comme le groupe Bilderberg, dans l'optique, prétendent-il⋅elle⋅s, de dénicher des infos. Je me dis qu'on peut réduire leur influence néfaste en lisant des journaux sérieux qui ne passent pas leur temps à commenter la dernière petite phrase prononcée par un⋅e politicien⋅ne ni à savoir qui, selon les dernières rumeurs parisiennes, a poignardé qui dans tel parti politique ;
Le ministère de la Culture, qui ne publie plus l'intégralité des aides publiques à la presse, notamment l'aide postale. De même, d'autres aides publiques ou privées existent comme le fonds de soutien aux médias de proximité, le fonds d’aide au développement des services de presse en ligne, toutes deux en provenance du ministère de la Culture, l'effacement d'une dette d'un journal, les emplois aidés (le journal CQFD employait au moins une personne sous ce régime), les emplois tremplin, le CICE (Marianne en a bénéficié au moins en 2014), les fondations privées, les sociétés privées comme Google et son Fonds pour l'Innovation Numérique de la Presse ou la délégation de la chasse aux fake news par Facebook, etc. Tout cela est distribué et reçu dans une grande opacité… Même les journaux qui publient leurs comptes restent évasifs sur le montant qu'ils ont reçu, de qui, pour quel usage, quelle proportion de leurs revenus cela représente-t-il, etc. C’est plutôt affligeant ;
Les publireportages, dont certains n'ont pas l'étiquettage légal et sont très bien dissimulés. De même, quid des produits culturels conseillés dans les journaux ? Véritable critique ou mise en lumière (secrètement rémunérée ou non, ce n'est même pas la question) d'un⋅e ami⋅e ou d'une personne que la caste journalistique à décider de mettre en avant ? Cela s'est déjà vu. Quid des bons plans ? Véritable bonne affaire pour le⋅a lecteur⋅rice ou versement d'une commission par le⋅a vendeur⋅euse au journal ? ;
ÉDIT DU 10/04/2020 À 15 H 20 : D'autres trucs jouent comme la non-spécialisation forcée des journalistes qui explique leur inculture notamment sur le numérique, les articles incomplets / qui relaient des infos sans citer la source précise / qui oublient des éléments ou le contexte global, la répétition des mêmes sujets, l'absence de prospection, l'absence de volonté d'expliquer les choses afin d'émanciper le citoyen, etc. Voir mon article sur ses sujets. Le seul moyen de s'en rendre compte, c'est de lire, lire, lire encore, ce qui n'est pas donné à tout le monde. FIN DE L'ÉDIT DU 10/04/2020.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : journal papier, pas concerné ;
Aides financières : environ 557 k€ de tarif postal préférentiel par an entre 2012 et 2013, puis environ 413 k€ en 2014. L'aide postale n'est plus publique depuis 2015.
Bilan : tous les voyants sont au vert ,sauf celui des aides financières qui est en orange. L'aide postale n'est pas une aide directe : il faut déjà que le journal soit produit, soit en état de marche, pour en bénéficier (elle est versée à La Poste, pas au journal).
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : journal papier, pas concerné ;
Aides financières : environ 13 k€ d'aide publique directe à la presse en 2015, environ 20 k€ en 2016, environ 18,5 k€ en 2017 et environ 9,3 k€ du Fonds public stratégique pour le développement de la presse (FSDP) en 2016 ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : ajout FSDP 2016 et aide directe 2017 FIN DE L'ÉDIT DU 08/04/2020.
Bilan : tous les voyants sont au vert sauf celui des aides financières qui est au rouge à l'orange.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : journal papier, pas concerné ;
Aides financières : environ 32 k€ d'aide directe publique à la presse en 2015, 60 k€ en 2016, 42 k€ en 2017 + CICE (aucune idée de l'année - source : édito du numéro septembre 2019 de Siné mensuel)
Bilan : tous les voyants sont au vert sauf celui des aides financières qui est au rouge à l'orange.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : oui, complet ;
Aides financières : environ 1,5 M€ d'aide postal en 2012, puis environ 1,3 M€ en 2013 puis environ 846 k€ en 2014 (l'aide postale n'est plus rendu publique depuis 2015) + environ 184 k€ d'aide directe publique à la presse en 2012, puis environ 251 k€ en 2015, puis environ 1,5 M€ en 2016, puis environ 471 k€ en 2017 + environ 71 k€ de CICE en 2014 + des prêts et subventions complémentaires de l'État + environ 1,1 M€ du Fonds public stratégique pour le développement de la presse (FSDP) en 2016. ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : ajout FSDP 2016 et aide directe 2017 FIN DE L'ÉDIT DU 08/04/2020.
Bilan : voyant orange pour l'actionnariat qui dépend d'un homme qui n'est pas journaliste mais gestionnaire. Voyant orange rouge pour la publicité et le flicage. Voyant rouge tendance écarlate en ce qui concerne les aides financières dont ce journal semble dépendre cruellement ;
Qui le possède ?
Forme juridique : SAS
Actionnaires : les principaux actionnaires sont clairement affichés sur le site web du journal. Les parts sont présentées dans les comptes publiés par le journal (Exemple).
Verrouillage du capital ? : aucune idée ;
Publicité ? :
Flux RSS : Oui, mais tronqué et un peu caché ;
Aides financières : 200 k€ du fonds d’aide au développement des services de presse en ligne en 2009.
Bilan : voyant vert pour l'actionnariat même si je constate une certaine proximité des gros de l'informatique (la SSII Econocom, les fonds d'investissement tech, etc.) et des pubards, d'où j’en déduis un risque de proximité avec les cercles de pouvoir. Voyant publicitaire en orange rouge en raison du flicage massif. Voyant orange vert pour les aides financières (pas orange car ça date donc, tout comme l'actionnariat, on peut admettre un début qui ne va pas dans le bon sens suivi d'une envie de s'en sortir, de faire autrement et mieux).
Qui le possède ?
Forme juridique : SARL
Actionnaires : entièrement détenue par Humanoïd (frAndroid).
Verrouillage du capital ? : non ;
Publicité ? :
Flux RSS : oui, mais tronqué ;
Aides financières : je n'ai rien trouvé.
Bilan : voyant vert pour l'actionnariat même si je me méfie de la proximité avec le milieu de la pub et celui de la startup nation chère à Macron. Voyant au rouge pour la publicité + le flicage, bien entendu. Voyant au vert pour les aides financières.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : oui, complet (abonné⋅e) ;
Aides financières : je n'ai rien trouvé. Notons que les revenus proviennent également de la diversification : affiliation (bons plans), comparateurs de prix, etc. Le journal expose, entre autres, la séparation des activités commerciales et éditoriales afin d'éviter tout problème… Comme j’l’ai dit en intro : ça veut ce que ça vaut ;
Point bonus pour tous les efforts tentés autour de l'idée de presse réellement indépendante, de régie publicitaire interne, de désactivation du flicage, etc.
Bilan : un sans-faute, voyants vert à tous les critères.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : oui, mais tronqué ;
Aides financières : environ 19 M€ en 2012 (directe + aide postale), environ 16 M€ en 2013 (idem), environ 13 M€ en 2014 (idem), environ 1,6 M€ d'aide directe publique en 2015 (l'aide postale n'est plus rendu publique depuis 2015.), environ 1,7 M€ en 2016, environ 5 M€ en 2017 (directe + presse) + environ 683 k€ du Fonds public stratégique pour le développement de la presse (FSDP) en 2016 + environ 404 k€ (cumulé) du Fonds pour l'Innovation Numérique de la Presse de Google en 2013 et 2014 + une somme encore inconnue provenant de Facebook pour la délégation de la chasse aux fake news + une somme encore inconnue (mais des chiffres évoquent de 100 000 à 200 000 €/mois pendant 6 mois) provenant de Facebook pour produire des contenus diffusés sur le réseau social ÉDIT DU 08/04/2020 À 14 H 25 : + une somme inconnue provenant du fonds Google Youtube pour l'innovation en 2018 FIN DE L'ÉDIT DU 08/04/2020. ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : ajout FSDP 2016 et aide directe 2017 FIN DE L'ÉDIT DU 08/04/2020.
Bilan : tous les voyants sont au rouge… Actionnaires gestionnaires, actionnariat hyper complexe à dénicher et à comprendre, publicité et flicage, aides financières à gogo…
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : oui, mais tronqué complet pour les abonné⋅e⋅s depuis février 2018 ;
Aides financières : je n'ai rien trouvé ;
Point bonus pour le journalisme d'opinion (subjectivité, défense d'une ligne éditoriale et de valeurs, réflexion générale sur l'état du monde, etc.), clairement assumé, même si je le trouve parfois lourd, notamment dans le ton. Autre point bonus depuis février 2018 pour le respect de la vie privée (seuls un pseudo et une adresse email sont nécessaires pour s'abonner et suppression de toute dépendance externe fliquante).
Bilan : voyants au vert avec une réserve sur le flicage : il n'est probablement pas volontaire, il est probablement causé par l’intégration de la gestion des abonnements dans la structure d’un WordPress, mais ça reste quand même pas cool (réserve nulle depuis la nouvelle version du site web publiée en février 2018). Au préalable, Reflets a essayé de se financer par des dons (qu'on pouvait même faire par virement bancaire, sans un intermédiaire de plus donc), sans succès selon eux.
Qui le possède ?
Forme juridique : SAS
Actionnaires : L'actionnariat est affiché sur le site web, même si je trouve qu'il faut vraiment creuser pour le trouver.
Verrouillage du capital ? : oui, toute cession de parts se fait avec l'accord des détenteur⋅rice⋅s d'au moins 2/3 du capital (cumulé) ;
Publicité ? :
Flux RSS : Oui, mais tronqué ;
Aides financières : « 50 k€ de la bourse d’émergence, nouveau fonds public destiné aux entreprises de presse innovantes, 200 k€ Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles » + environ 50 k€ d'aides directes publiques à la presse en 2016, environ 80,5 k€ en 2017 + 125 k€ de de Google en 2018 ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : ajout aide directe 2017 + fonds Google 2018 FIN DE L'ÉDIT DU 08/04/2020 ;
Point bonus pour le format : ça me tente bien de découvrir des dossiers sur du temps long et articulés sous forme de séries (même si, à première vue, ça ressemble à ce que d’autres journaux, genre Reflets.info, nomment dossier ou rubrique ou saga).
Bilan : voyant au vert pour l'actionnariat même si j'émets des réserves vu la forte connivence avec le PAF. Voyant orange pour le flicage. Voyant rouge concernant les aides financières.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : oui, mais tronqué ;
Aides financières : environ 105 k€ du Fonds pour l'Innovation Numérique de la Presse de Google en 2014, environ 87 k€ de subventions publiques en 2016, 11,6 k€ en 2017, 10,6 k€ en 2018. Les subventions publiques et les donations de fondations représentent environ 48 % des revenus en 2018 contre environ 60 % en 2016. ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : ajout aides directes 2017 et 2018 FIN DE L'ÉDIT DU 08/04/2020 ;
Point bonus pour la mise à disposition des contenus sous une licence Creative Commons CC-BY-NC-ND (et encouragement à virer les clauses ND a minima voire NC).
Bilan : voyant vert pour la possession du journal. Voyant orange pour le flicage. Voyant orange pour les aides financières (pas rouge pour la même raison que Mediapart : je perçois une envie de s'améliorer dans un contexte pas simple) ;
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : oui, mais tronqué ;
Aides financières : je n'ai rien trouvé.
Bilan : tous les voyants sont au vert, sauf celui pour la pub et le flicage qui est en rouge tendance écarlate.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : oui, mais tronqué ;
Aides financières : 151 k€ d'aide directe publique en 2015, 109 k€ en 2016, environ 168 k€ en 2017. ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : ajout de l'aide directe 2017 FIN DE L'ÉDIT DU 08/04/2020.
Bilan : voyant vert pour l'actionnariat, voyant rouge pour la pub et le flicage, voyant rouge orange pour les aides financières.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : oui, mais tronqué. Plusieurs flux sont disponibles pour suivre uniquement certaines rubriques :) ;
Aides financières : je n'ai rien trouvé.
Bilan : tous les voyants sont au vert sauf celui du flicage qui s'allume en orange.
Qui le possède ?
Forme juridique : SAS
Actionnaires : L'actionnariat est publié sur la dernière page de chaque numéro.
Verrouillage du capital ? : oui, toute cession de parts se fait avec l'accord des détenteur⋅rice⋅s d'au moins la moitié du capital (cumulé) ;
Publicité ? :
Flux RSS : journal papier, pas concerné ;
Aides financières : 12 k€ d'aides directes publiques à la presse en 2016, environ 7,8 k€ en 2017 ÉDIT DU 08/04/2020 À 15 H 40 : ajout de l'aide directe 2017 FIN DE L'ÉDIT DU 08/04/2020 ;
Point bonus pour le format (dessin et temps long).
Bilan : tous les voyants sont au vert malgré quelques réserves sur d’éventuels papiers sur le monde de l’édition ou de la finance sauf celui portant sur les aides financière qui passe en orange depuis que les aides publiques à la presse 2016 ont été rendu publiques.
Qui le possède ?
Publicité ? :
Flux RSS : journal papier, pas concerné ;
Aides financières : aide du fonds public de soutien aux médias d'information sociale de proximité en 2017, 2018 et 2019 pour un montant inconnu avoisinnant 12 k€ (source) ;
Point bonus pour l'engagement citoyen : ateliers réguliers d'éducation aux médias y compris dans les quartiers populaires (des suppléments sont rédigés lors de ces ateliers), entretiens politiques radiophoniques réguliers, publication mensuelle de comptes-rendus de conseils municipaux, implication pour faire découvrir et fédérer la presse pas pareille, acteur de l'économie sociale et solidaire (certaines prestations dans ce milieu sont facturées), etc.
Bilan : tous les voyants sont au vert sauf celui des aides financières qui est à l'orange.
On s'aperçoit bien vite qu'à part La Revue Dessinée, Next INpact et Reflets.info, aucun journal ne satisfait totalement à mes critères… Et encore, j'ai majorité Reflets sur le flicage vu les efforts produits… Et, si ça se trouve, je n'ai pas tous les éléments pour trancher sans me faire enguirlander (genre les aides financières…).
À l'inverse, la rubrique Pixels du Monde est la seule à être exclue par mes critères… Marianne n'est pas loin de l'exclusion, mais j'ai envie de tester son contenu, parce que j’en ai entendu du bien, même si, a priori, ma notation ne présage rien de bon…
Pour avancer, j'ai décidé de ne pas laisser passer les journaux financés par la publicité. Je pense qu'elle est plus nocive que quelques subventions raisonnables et tout autant nocive qu'un actionnariat de connivence. Ainsi, Contrepoints, Numerama et Politis passent à la trappe.
À ce jeu-là, on se rend compte qu'on n'a toujours pas de journalisme d'investigation et qu'il va falloir lâcher du lest sur les aides financières pour que certains puissent passer mes critères.
Force est de constater qu’il y a encore énormément de boulot pour que nos lectures en ligne ne soient plus fliquées… Dans ce contexte-là, à quoi bon se priver de Mediapart, Les Jours, Basta !, et Arrêt sur images ? J'espère quand même que la situation va s'améliorer. Par contre, je pense qu'il est normal de récompenser ceux qui font un effort. Ainsi, je paierai plus cher mes abonnements à Next INpact et à Reflets.info.
Voilà, compromis trouvé dans la douleur…
La presse a clairement un gros problème de modèle économique et d’indépendance, c’est clair et on commence à peine à voir émerger des alternatives, finalement (oui, fin des années 2000, c’est très récent). Je n’avais pas mesuré à quel point ce problème était gros. Ces recherches me donnent l’impression d’avoir un panorama des mauvaises pratiques et d’avoir des exemples de problèmes très concret ;
Je note que, comme dans les autres secteurs (agro-alimentaire, fourniture d’éléctricité, etc.), le milieu de la presse est opaque.
Plus que jamais, je constate que la pluralité de la presse est fondamentale et vitale, car elle permet aux journaux de mettre en lumière les erreurs, les mises en scène et les fautes de leurs petits camarades de jeu… À condition que les actionnaires des gazettes ne soient pas tous ami⋅e⋅s (même ponctuellement dans l’optique de servir leurs intérêts industriels ou politiques ou culturels ou…)… d’où l’indépendance est tout aussi fondamentale et vitale. Sans la pluralité et l’indépendance, je n’aurai pas pu trouver autant d’infos sur les mauvaises pratiques des uns et des autres et sur les aides financières reçues par les uns et par les autres.
Article plutôt clair sur les histoires de courant alternatif, de cosinus phi, même un peu de triphasé à la fin.
Du coup, pour calculer la puissance active (à partir de laquelle les plombs sauteront) d'une alimentation de baie en datacenter :
Infos en plus :
Merci à HS-157 et gizmo pour ces explications. :)
P.-S. : je suis un novice complet sur ce sujet donc ce shaarli peut contenir des énormités. :-
Souvent critiqué pour « être trop timide face aux contenus malveillants, Facebook a durci le ton », assurait « Le Monde » (19/12) dans un article au titre évocateur : « Face aux fausses informations, le discret ménage de Facebook ». L’enthousiasme du quotidien se comprend : c’est lui-même qui, dans le cadre d’un partenariat avec Facebook, a été mandaté par le réseau social (revendiquant 33 millions d’abonnés en France) pour épousseter ses pages.
Au même titre que « l’Agence France-Presse (AFP), BFM-TV, France Télévisions, France Médias Monde, L’Express, Libération et 20 Minutes. » Source.
Mais un lien d’une autre nature rend encore plus prégnante l’empathie entre le journal et la plateforme américaine. Julien Codorniou, le vice-président de Facebook chargé des partenariats, qui vit à Londres, est membre du… conseil de surveillance du « Monde » ! Grand ami de Xavier Niel — le coproprio du quotidien —, Codorniou figure aussi depuis peu à son côté au conseil de surveillance de Mediawan, le fonds d’investissement cofondé fin 2015 par un certain Niel Xavier. Le monde des géants est petit.
L’idylle entre la presse et les caïds du Web ne date pas d’hier. Pour quelques millions — une paille, comparé à ses milliards de revenus — versés à un « fonds d’innovation », Google s’est ainsi assuré la bienveillance de nombreux médias.
Oui, il s'agit très clairement d'une guéguerre d'influence et de positionnements stratégiques pour la suite entre les géants du Net. Voir : « Fake news » : Facebook va rémunérer des éditeurs français et fait sa publicité dans la presse. »
La romance entre Facebook et « Le Monde », elle, a réellement démarré en février 2017. Plusieurs confrères du quotidien sont alors sollicités par le mastodonte du Net pour l’aider à traquer les infos bidon sur ses écrans. Ce n’est pas qu’elles le dérangent tant que ça : en fait, elles assurent même son fonds de commerce en générant un gros trafic sur le réseau. Mais, depuis la présidentielle américaine, les fake news — ces bobards balancés par des plaisantins ou des escrocs — font tache sur le blason du fondateur, Mark Zuckerberg.
Ça décode sec
Au départ, « Le Monde » (6/2) a tout de même été pris d’un doute. « Le modèle proposé par le réseau social ne revient-il pas à faire à sa place le travail de chasse aux fake news ? L’accepter, n’est-ce pas permettre à un Facebook sous pression de montrer patte blanche et faciliter sa communication ? » s’interrogeait le journal. Qui a soulagé illico sa conscience : « Finalement, le pragmatisme l’a emporté… » Le « pragmatisme » financier, surtout !
Car Facebook paie désormais les journaux traqueurs de contenus sales. « Au début, c’était totalement gratuit. Ils sont ensuite revenus vers nous en disant qu’ils allaient rémunérer notre travail », lâche, du bout des lèvres, un chef de « L’Express » à un site spécialisé, NextINpact (26/4). Les autres médias, eux, restent muets sur le sujet.
Prix de ces services ? Huit mois plus tard, la direction du « Monde », interrogée, est toujours aux abonnés absents. Mais c’est bien toute une équipe Web du journal (celle des « décodeurs ») qui a été mise au turbin pour le compte du réseau social. Leur Décodex, « outil de vérification de l’information », a déjà repéré 2 865 infos bidon sur Facebook. Et il y en a pour tous les goûts…
Morbides, par exemple : « Des migrants ont-ils été retrouvés congelés dans un restaurant chinois à Paris ? », « A-t-on retrouvé de la viande humaine dans les produits Mc-Donald’s ? » Ou plus « scientifiques » : « Une femme a-t-elle développé un QI de 220 après avoir bu du sperme tous les jours pendant un an ? », « Un verre de vin rouge peut-il remplacer une heure de sport intensif ? »
Vrai ? Faux ? Au choix !
Le versant complotiste n’est pas oublié : « L’Etat veut-il promouvoir la pédophilie à l'école ?», « Les vaccins envoyés en Afrique contiennent-ils des agents anti-fertilité ? » On ne s’en lasse pas ! Au total, 1 198 pages Facebook relayant les pires fadaises ont été épinglées, et 147 fermées. Ce coup de balai est-il décisif ? Pas vraiment. « Le Monde » lui-même doit reconnaître que les fermetures sont plus souvent liées à des contenus haineux ou racistes qu’à la chasse aux bobards. Mieux, Facebook vient déjà de changer de « stratégie » (sic) contre les fake news. « Des études laissent penser qu’un vocabulaire (de mise en garde) trop fort ou certains visuels (comme une icône rouge) peuvent avoir des effets contreproductifs », a expliqué sans rire la firme, juste avant Noël. Facebook préfère désormais renvoyer dos à dos vérificateurs et faussaires en publiant les deux versions. C’est bien meilleur pour le trafic !
Mouiiiiiii m'enfin si tu supprimes ou stigmatises un écrit à tendance complotiste, tu donnes de la crédibilité aux personnes qui en sont à l'origine auprès de leurs communautés en mode "regardez ! on vous ment ! comme par hasard, les auxiliaires de Facebook qui ont fait supprimer mon contenu sont les grands journaux habituels qui nous cachent la vérité !"), c'est toute l'astuce… Et surtout, tu n'expliques pas les raisons de cette suppression / stigmatisation, ce qui ne fait rien avancer. Bref, ce n'est pas aussi simple. Je n'ai pas de problème à ce que soient affichées les X versions de la vérité les unes à côté des autres.
Dans le Canard enchaîné du 3 janvier 2018.
Pour nuancer un peu La vie est une pute (via) :
Depuis Darwin, l’affaire est entendue. Nous vivons dans une jungle. « Le lion mange l’antilope, les chimpanzés s’entre-tuent, les arbres jouent des coudes pour l’accès à la lumière, les microbes ne se font pas de cadeaux. » Et, pour l’homme, c’est pareil. La seule loi, c’est la loi du plus fort. Ceux qui disent le contraire sont de doux rêveurs. Vu que c’est Darwin qui l’a dit. C’est prouvé, c’est scientifique, circulez.
Pablo Servigne est agronome et docteur en biologie. Il est aussi collapsologue. Ce qui signifie qu’il est persuadé que tout va bientôt s’effondrer. Tout ou, plutôt, notre monde industriel, vorace en énergie et en matières premières, gaspilleur, insouciant, si instable et si fragile. Il l’a écrit dans un livre remarqué (1). Les collapsologues en sont persuadés : il faut se préparer à la catastrophe, au monde d’après. Pas en entassant des provisions et des fusils comme le font les survivalistes américains, mais en constituant dès aujourd’hui des réseaux d’entraide et de soutien.
Servigne le reconnaît : cette façon d’envisager le futur n’a rien de joyeux. Elle est même toxique. Au point d’avoir creusé un fossé entre lui et certains de ses proches. Quelle « sensation étrange que de faire partie de ce monde (plus que jamais !) mais d’être coupé de l’image dominante que les autres s’en font »… Comment vivre avec ça ? Ne pas sombrer ? Surtout que, compter sur l’entraide, l’altruisme, l’association pour s’en sortir, voilà qui semble un peu léger…
En compagnie de Gauthier Chapelle, lui aussi docteur en biologie, il s’est mis à creuser la question (2). Les comportements d’entraide sont-ils si rares et si aléatoires ? Réservés aux dames patronnesses et aux Restos du cœur ? Comment naissent-ils ? Qu’en disent la biologie, les sciences humaines ?
Et de découvrir que l’entraide est beaucoup plus répandue qu’on ne l’imagine. Pour lutter contre le vent, les manchots empereurs se blottissent les uns contre les autres. Les lionnes chassent ensemble. Les arbres connectent leurs réseaux racinaires. On s’entraide au sein d’une même espèce, mais aussi entre espèces. « Le vivant a développé mille et une manières de s’associer, de coopérer, d’être ensemble, ou carrément de fusionner. » Ne s’agit-il là que d’une relecture gentilette et faussement rassurante de la biologie ?
Aucunement. Nos auteurs citent le fameux prince russe Kropotkine, devenu anarchiste en 1872 après avoir constaté que, dans la nature, l’entraide est partout. Dans un climat hostile, notamment, elle accroît les chances de survie. Après le passage de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, les pillages évoqués par le chef de la police n’étaient que pure invention : au contraire, dans leur grande majorité, les rescapés se sont mutuellement porté secours. Aucun calcul, là-dedans. Aucun « gène égoïste » en action. Juste quelque chose de spontané. L’homme n’est pas forcément un loup pour l’homme. « L’empathie est un mécanisme très profondément ancré en nous. » Nombreuses sont les études scientifiques qui, ces dernières années, vont en ce sens.
Certes, il ne s’agit pas de nier Darwin. Mais de corriger l’idée simpliste qu’on s’en fait. Lui-même l’avait remarqué : ce sont les groupes composés d’individus plus coopératifs qui survivent le mieux. Parés pour l’effondrement ?
(1) « Comment tout peut s’effondrer », Seuil (lire « Plouf! » du 27/5/15).
(2) « L’entraide, l’autre loi de la jungle » LLL, 382 p., 22 €.
Dans le Canard enchaîné du 3 janvier 2018.