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  • Relativiser l'anonymat et le pseudonymat en 10 secondes

    La énième causerie médiatico-politique stérile à propos de l'anonymat sur l'Internet me gonfle… Comme je suis lassé de me répéter, je fais simple et court lorsque je prends la parole AFK (non, pas IRL). Voici environ ce que je raconte.

    L'anonymat, ou plus exactement le pseudonymat (car l'anonymat est très difficile à atteindre, sur Internet comme AFK), est la manière normale d'établir des liens sociaux. On se connaît AFK depuis X temps. Avant, tu ignorais mon existence. Pourtant, je n'étais même pas un anonyme à tes yeux que je pouvais déjà te nuire ! Puis on s'est rencontré. J'étais un anonyme. Je t'ai dit que je me prénomme Y et tu m'as crû sans même me demander un document d'identité. T'ai-je donné mon vrai prénom, au moins ?! Je suis devenu un pseudonyme. À ce nom-là, tu as associé une description physique, des compétences, des défauts, des qualités, des souvenirs, des sentiments, des propos qui t'ont marqué positivement ou négativement, etc. C'est tout ça que tu nommes Y. Ça change quoi que Y ait pour valeur « grosloulou42 » ? Ça reste le même paquetage de concepts, je reste la même personne. Ça change quoi que nous ayons fait connaissance via un intermédiaire (l'air AFK) ou via d'autres intermédiaires (des ordinateurs, un réseau de communication, etc.) ? Tu as obtenu une description physique, le reste est inchangé. Tu noteras que ce pseudonymat AFK ne m'a pas empêché de tenir des propos qui t'ont interloqué / blessé à propos de Z.

    Quand je n'ai pas le temps et / ou si je dispose d'une attention limitée (et c'est souvent le cas dans notre monde moderne…), je fais simple et court : Y'a X temps, j'étais un inconnu pour toi. Y'a Y temps, ta copine / ton copain était aussi un⋅e inconnu⋅e. Pourtant, maintenant, vous baisez ensemble… Tu baises avec un⋅e ex-inconnu⋅e qui t'as dit qu'il⋅elle se prénomme Y et tu t'en portes bien ! L'anonymat n'est pas dangereux. Vous vous êtes découverts. Tu noteras qu'il⋅elle peut toujours te faire souffrir, alors qu'il⋅elle n'est pourtant plus un⋅e anonyme.

    16/03/2019 21:06:32 - permalink -
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  • Pour le patron des congés spectacles, 1,9 million d‘euros, et ciao l‘artiste !

    Le directeur du groupe Audiens est parti avec un beau parachute doré.

    Que les gros salaires lèvent le doigt ! Après l’augmentation maousse du président de la Macif, révélée par « Le Canard » (23/1), un autre groupe de complémentaires retraite et de santé clôture ses comptes 2018 sur un bel exploit de tiroir-caisse.

    Chez Audiens, le patron, Patrick Bézier, est parti, en juin 2018, avec un parachute en or massif : douze mois de salaire, soit 300 000 euros net, qui s’ajoutent aux indemnités légales. Le directeur général n’était, jusque-là, pas trop maltraité : en 2017, son salaire culminait à 422 000 euros brut annuels, selon les éléments recueillis par « Le Canard ».

    Pas mal, pour un groupe de protection sociale à but non lucratif ! Au total, entre son salaire, ses indemnités de départ à la retraite et un énorme solde de tout compte (congés payés, etc.), ce patron très protégé a ainsi touché 1,9 million brut en 2018. De quoi tutoyer certains dirigeants du CAC 40…

    Malhonnêteté du Canard : les sommes légalement dues ne peuvent pas être valablement prises en compte…


    Générosité bien ordonnée

    Le méritant dirlo, qui était aux manettes d’Audiens depuis quinze ans, a aussi eu droit à deux retraites chapeaux, l’une au titre de l’article 39 du Code général des impôts, l’autre au titre de l’article 83. De quoi faire saliver les nombreux précaires qui cotisent chez Audiens : le groupe gère les congés spectacles des intermittents ou encore les caisses de retraite des pigistes…

    Notre nouveau retraité n’a pas encore tiré sa révérence : il est toujours « conseiller spécial » de la nouvelle patronne, Odile Tessier, et président d’Audiens Care, le pôle santé du groupe. Mais ces deux casquettes sont portées « à titre bénévole », assure Patrick Bézier. C’est beau ! Quant au montant de ses émoluments, Patrick Bézier trouve « plus honnête de parler en net, et même en net après impôts (sic) », et tout est question de point de vue, explique-t-il au « Canard » : « Audiens regroupe une dizaine d’institutions de retraite, de prévoyance, etc. Je touchais un salaire pour diriger chacune d’elles. Ramené à chaque société, ça fait des montants très raisonnables. » Défense de rire ! « Par exemple, pour diriger la mutuelle d’Audiens, j’étais payé 5 000 euros par mois. » Une aumône. Et certains reprochent encore aux mutuelles d’augmenter leurs tarifs pour payer leurs copieux frais de gestion…

    Les conditions très dorées de son départ, elles, ont été fixées « il y a un peu plus de dix ans, quand les choses allaient bon train, ajoute Bézier, et tout a été approuvé en conseil d’administration ». Sympathique de la part des syndicats et du patronat, qui gèrent paritairement le groupe ! « Il a très bien manœuvré, pendant des années, pour se mettre tout le monde dans la poche, notamment la CGT, qui y joue un rôle clé », estime un ancien de la maison.

    Et, si Audiens est « à but non lucratif », Patrick Bézier juge ses émoluments « dans la norme »… du secteur lucratif : « On fait le même métier que des groupes d’assurances où les dirigeants touchent, eux, des stock-options. »

    Vive le nivellement par le haut !

    Pour rappel, j'ai approfondit la question des frais de gestion des assurances-santé et ceux de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (comparaison public / privé, proportion des cotisation, utilisations, etc.) dans un autre shaarli.

    Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.

    16/03/2019 20:27:18 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?gx90tQ
  • Un criminologue en proie au délit

    Jusqu'au 27 février, Laurent Montet crevait l’écran. C’était un « expert » cathodique reconnu. L’un de ces spécialistes « vus à la télé » qui écument les plateaux en donnant leur avis sur tout. Son truc à lui, c’était la criminologie. Avec un titre ronflant de « docteur » et un CV accumulant diplômes universitaires, travaux et publications long comme un casier judiciaire de grand bandit, Montet avait ses entrées partout : LCI, NRJ 12, C8… Dès qu’il y avait un crime, Montet venait en expliquer le sens.

    En 2014, d’ailleurs, il avait ouvert Forcrim, « l’école professionnelle des criminologues en France », permettant de valider des masters et de préparer son entrée dans la profession. La scolarité coûtait cher et l’expert demandait aux étudiants de payer leur inscription au plus vite, et si possible en mandat cash. Forte des conventions signées avec de nombreuses uni— versités, la haute école de criminologie parisienne a attiré nombre d’étudiants. Transformés en pigeons.

    Le doctorat de Montet ne valait rien, sauf en Côte d’Ivoire (« Le Parisien », 28/2). Tous les partenariats brandis par l’expert étaient faux ou périmés. Et les cinq années d’études n’ont aucune valeur en France. C’est pour cela qu’une trentaine d’étudiants s’étaient portés partie civile, ayant perdu — selon l’avocat général — « de l’argent, du temps et l’estime de soi » (« L’Est Eclair », 1/3). Comme ces étudiants étrangers désormais dans l’impossibilité de justifier leur présence en France.

    Il y a quelques années, Montet avait déjà été rappelé à l’ordre par la justice, sans en tenir compte. « C’est un usurpateur des lois. C’est un escroc », a tonné le ministère public, le 27 février, dans son réquisitoire. Alors, révocation du sursis antérieur, 3 ans ferme et arrestation à l’audience.

    On est curieux de voir quel « expert » viendra nous expliquer le cas Laurent Montet à la télévision…

    Le bullshit lolilol de la semaine.

    Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.

    16/03/2019 20:15:42 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?QMIFbg
  • La petite machine à laver le grand débat

    Comment, classer, éplucher, synthétiser les quelque 2 millions de textes générés par le grand débat, sans que ça prenne des siècles ? Réunions locales avec comptes rendus, cahiers de doléances, contributions sur le site gouvernemental « grand-debat.fr »… Qui va lire tout ça ? Les cinq « garants » désignés pour s’assurer que « toutes les contributions seront intégrées dans le compte rendu final » ? Non, voyons…

    Du coup, les garants ne peuvent rien garantir ? Du coup, ce ne sont plus des garants ? Du coup, on se fiche de nous ?


    Après la fin officielle du grand débat, ce 15 mars, ce sont les machines qui vont prendre le relais. Les ordinateurs. L’ intelligence artificielle. Les algorithmes. Et c’est l’institut de sondage OpinionWay, assisté par Qwam, une boîte spécialisée dans les « solutions logicielles innovantes », qui va s’y coller : « La machine lit chacun des verbatim avec une extrême précision et les compare à un dictionnaire de notions — de mots, de groupes de mots, d’idées — dont elle est équipée, explique l’un de ses directeurs. Cela lui permet de trier, classer et sous-classer les idées » (« Libération », 16/2).

    Comme d'habitude, ce sont des structures proches du pouvoir qui ont raflé ce marché…

    Énième note technique pour le Canard : un dictionnaire de mots et du traitement statistique, ce n'est pas de l'intelligence artificielle (point « Qu'est-ce que réellement l'intelligence artificielle ? »). C'est un algorithme, oui, mais autant qu'une recette de cuisine ou que chacune de nos routines au saut du lit, c'est-à-dire une suite d'instructions… 40% des start-up européennes d'intelligence artificielle n'utilisent pas d'intelligence artificielle (via).


    Ah, les gentilles machines ! Elles ont beau ne rien comprendre à ce qu’elles lisent, cela ne les empêche pas de mouliner des masses de données, de les hiérarchiser et d’organiser ainsi les priorités politiques. Ou, comme on dit dans le jargon « civil tech », d’obtenir « une cartographie des thèmes et des propositions ». Par conséquent, si l’expression « supprimer des services publics » revient plus souvent que « renforcer des services publics », la machine conclura que la première proposition l’emporte. Ce qui n’ennuierait certes pas trop Macron !

    Juste au moment où les ordinateurs d’OpinionWay se mettent à chauffer et à surchauffer, « Le Monde » (27/2) publie une enquête sur les bugs de l’intelligence artificielle. Laquelle reste plus que faillible, facile à berner, capricieuse, approximative et pleine de défauts, dont l’un des plus distrayants est qu’elle est incapable de faire le distinguo entre une corrélation et une causalité : « Le piège bien connu est de constater qu’il y a plus de morts à l’hôpital et que donc l’hôpital tue… » Heureusement, il est prévu que les synthèses fournies par les algorithmes seront lues et relues par des humains en chair et en os. Ils n’ont pas fini de se marrer.

    Le débat sur le grand débat et ses retombées ne va pas manquer de déboucher sur un très, très grand débat !

    Tout ça pour ça… Tout cet argent public, tous ce brassage de vent, pour, au final, retenir une minorité des propositions des gilets jaunes, celles qui continueront à endommager notre monde, comme la réduction du nombre de parlementaires ou le RIC ou les réductions d'impôts sans réflexion sur leur usage…

    Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.

    16/03/2019 20:09:59 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?boSdQg
  • Mozilla et les fake news

    L'éditeur américain Mozilla a organisé un beau colloque a Paris (4-5/3) afin de plancher sur la lutte contre les fake news en période électorale. Parmi les experts, surprise ! il y avait les Belges de l'ONG EU DisinfoLab, qui s'étaient distingués cet été en laissant entendre que l'affaire Benalla était une manip russe. Mais aussi les Américains de New Knowledge, qui se sont fait connaître aux Etats-Unis pendant les élections de mi-mandat (midterms) en créant de faux comptes russes, et en France pour avoir également suspecté une influence russe dans la crise des gilets jaunes.

    Pour dénoncer les fake news, personne n'est mieux placé que ceux qui les fabriquent !

    En même temps, ça fait bien longtemps que Mozilla n'a plus de projet politique donc part dans tous les sens… Ils soutiennent un navigateur web pour le simple fait de soutenir un navigateur web, pour justifier leur existence… L'organisation n'a pas utilisée le pouvoir qu'elle avait sur le marché des navigateurs web pour améliorer les choses…

    Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.

    16/03/2019 19:37:32 - permalink -
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  • Les contrôleurs sont dans les choux !

    Voilà un sujet qu'Emmanuel Macron n’a pas eu le temps d’évoquer pendant les quatorze heures qu’il a passées au Salon de l’agriculture : les méchantes défaillances dans le contrôle sanitaire de notre alimentation. Deux semaines avant que la plus grande ferme de France ouvre ses portes à Paris, la Cour des comptes venait pourtant, dans son rapport annuel, de hacher menu notre système de surveillance de la chaîne alimentaire.

    Les magistrats de la Rue Cambon l’ont d'autant plus mauvaise que rien ou presque ne s'est amélioré depuis leur précédent contrôle, en 2013. Ils relèvent ainsi que « des insuffisances subsistent a toutes les étapes », et ce « depuis les autocontroles réalisés par les entreprises jusqu'à la publication des résultats des inspections ».

    Premier constat : l'Etat n'a pas assez de troupes pour vérifier la qualité des denrées qui finissent ans notre assiette. Dans les abattoirs de volailles et de lapins, par exemple, « les moyens disponibles en inspecteurs demeurent toujours insuffisants pour se conformer à l'obligation européenne de présence d'un agent des services vétérinaires dans chaque abattoir ». L’Etat manque aussi de bras pour surveiller les commerces d'alimentation, les grandes surfaces et les restaurants. « Un établissement de restauration est donc contrôlé en moyenne tous les quinze ans », déplorent les rapporteurs. Il y aurait bien un moyen de trouver de l'argent pour étoffer les troupes de contrôleurs : augmenter les redevances sanitaires payées par les entreprises, ce que permet la réglementation européenne. Prenez les 55 millions d'euros de redevances perçus chaque année par la Direction Générale de l'alimentation (DGAL, la somme couvre à peine 17 % du coût des contrôles. Et que dire de la Répression des fraudes (DGCCRF), qui se contente de 1 million d’euros annuels au titre d'une redevance à l'import ? Finalement, l’agroalimentaire ne finance que 10 % des contrôles sanitaires de l'alimentation opérés par l'Etat, contre 28 % aux Pays-Bas et 47 % au Danemark !

    Pour rendre les choses encore plus complexes, si, dans la plupart des pays européens, un seul organisme pilote la sécurité sanitaire, la France en aligne trois… qui se marchent sur les pieds : la direction générale de la santé, pour la qualité des eaux, la DGAL, pour les aliments d'origine animale, et la DGCCRF, pour les végétaux.

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

    Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.

    16/03/2019 19:28:26 - permalink -
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  • Un promoteur parisien déjà couvert d'or aux JO de 2024

    La Macronie profite du chantier des Jeux olympiques pour cajoler Unibail, le bâtisseur favori de la Mairie de Paris.

    Cinq ans avant l’ouverture des JO de Paris, le numéro 1 mondial des centres commerciaux, le promoteur Unibail, a déjà raflé un joli paquet de médailles. En or massif, s’il vous plaît ! Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) en a fait l’un de ses principaux prestataires privés. Il a prévu d’organiser nombre d’épreuves et de manifestations annexes sur des sites gérés par Viparis, une filiale d’Unibail et de la chambre de commerce spécialisée dans l’organisation des salons professionnels.

    Le groupe va ainsi accueillir le handball, le tennis de table et certaines cérémonies olympiques au parc des expositions de la porte de Versailles (que lui concède la Ville de Paris). Viparis hébergera également l’imposant centre de presse dans son deuxième parc des expositions, installé à l’aéroport du Bourget. Pour quel montant ? Sollicité par « Le Canard », le Cojop se retranche derrière le « secret commercial » . C’est pas du Jeu(x)…

    Mouais, la critique est facile, mais elle est superficielle. À mon avis, les questions essentielles sont plutôt : 1) avons-nous besoin de ces jeux qui ont perdu leur but original et qui normalisent et massacrent tout sur leur passage ? 2) Si l'on a répondu oui à la question 1), la deuxième question est : où se déroule les épreuves et tout le bazar ? La ville doit-elle construire de nouveaux terrains afin de ne pas solliciter le privé ? Le véritable problème n'est-il pas que le public loue voire délègue la construction de plus en plus de lieux de la vie en commun (prison, stade sportif, musées, infrastructures de transport, etc.) au privé ? Forcément, après c'est le privé qui s'en met plein les fouilles lors d'événements tels que les JO. Mais les JO sont seulement l'une des nombreuses occasions…


    Aubaines juridiques

    Les JO vont également permettre à Unibail de faire avancer ses propres projets immobiliers. A commencer par celui de la grandiose tour Triangle, prévue à la porte de Versailles, avec la bénédiction de la municipalité. Le bâtiment de 180 mètres doit être inauguré en 2028, mais le constructeur s’est plaint à l’Elysée des multiples recours juridiques déposés par des riverains et des associations écolos, qui lui reprochent de saccager le paysage parisien.

    La loi olympique — votée en 2017 — avait déjà accéléré les procédures juridiques et limité les droits des tiers contre les permis de construire. Il s’agissait de garantir l’achèvement de tous les équipements nécessaires avant la cérémonie d’ouverture. Depuis, un décret miraculeux, paru le 12 février au « Journal officiel », a permis d’inclure la tour Triangle dans ce périmètre olympique (« Le Journal du Grand Paris », 24/2).

    Résultat : le tribunal administratif devrait être prochainement dessaisi de tous les recours déposés contre le gratte-ciel au profit de la cour administrative d’appel, qui jugera en premier et dernier ressort (sous réserve d’un recours en cassation). A la clé, un an de procédure et de copieuses économies pour Unibail.

    Comment un tel prodige a-t-il été possible, alors que la tour Triangle n’est strictement d’aucune utilité pour les JO ? La réponse réside dans un discret amendement à la loi Elan (sur le logement et le numérique), introduit par le Sénat en juillet 2018. Il étend les dispositions « spécial JO » aux immeubles dont la « proximité immédiate [avec un site olympique les rend susceptibles d’en] affecter les conditions de desserte, d’accès, de sécurité ou d’exploitation ».

    Serviables sénateurs

    Curiosité : cet amendement a été déposé par une quinzaine de sénateurs de province qui n’ont aucun rapport, ni de près ni de loin, avec le dossier des Jeux. Ces élus, tous radicaux de gauche, se sont contentés de porter les valises du gouvernement. Leur petit camarade de parti, Jacques Mézard, alors ministre de la Cohésion des territoires, leur avait demandé de déposer l’amendement à sa place. Sans doute par pudeur…

    Que c'est beau, démocratique et tout, la rédaction de la loi. :')


    Pour Jean Castex, le délégué interministériel aux JO, ce bazar législatif serait destiné à satisfaire la Préfecture de police. Les poulets souhaitent que tous les chantiers situés à proximité immédiate des enceintes sportives soient terminés avant les Jeux ou suspendus durant les compétitions.

    Et, à entendre Castex, seul un louable souci d’économie aurait poussé le gouvernement à préférer l’accélération des travaux à leur arrêt temporaire…

    Cette chasse aux dépenses inutiles n’en semble pas moins avoir été taillée sur mesure pour Unibail. Comme le reconnaît le délégué interministériel, un nouveau décret est aujourd’hui à l’étude pour étendre cette procédure à une deuxième parcelle urbaine chère au groupe immobilier. Il s’agit cette fois de la porte Maillot, où la Mairie envisage d’agrandir un palais des congrès préexistant et déjà géré par Unibail.

    Il n’y a pourtant aucun site olympique à la ronde. Mais la proximité d’un hôtel dédié à l’hébergement des responsables du Comité international olympique est censée justifier ce passe-droit supplémentaire. A ce compte-là, autant demander aux patrons d’Unibail de récrire eux-mêmes le Code de l’urbanisme…

    Gros +1… C'est beau, la loi pour soi…


    Des élus les pieds dans le béton

    Fort de ses 62 milliards d’euros d’actifs immobiliers, le groupe Unibail-Rodamco-Westfield ne manque pas d’appuis politiques. A Paris, Bertrand Delanoë lui a accordé des conditions royales pour la rénovation du Forum des Halles, comme l’a récemment relevé la chambre régionale des comptes. L’ancien maire et celle qui lui a succédé, Anne Hidalgo, ont également déroulé le tapis rouge à Unibail pour sa tour Triangle, à la porte de Versailles (lire ci-dessus).

    L’ancien président d’Unibail Guillaume Poitrinal a aussi ses entrées à l’Elysée. Après avoir été chargé de diverses missions par François Hollande, il est désormais régulièrement consulté par Emmanuel Macron. Un ancien du groupe siège d’ailleurs au Conseil des ministres : le porte-parole du gouvernement (et candidat à la Mairie de Paris), Benjamin Griveaux. Directeur de la communication et des affaires publiques du groupe immobilier de 2014 à 2016, Griveaux veillait alors avec un soin jaloux aux intérêts de son employeur à Matignon, à Bercy et au Parlement…

    *Soupirs*

    Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.

    16/03/2019 19:16:03 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?1HwVCA
  • Trump habillé pour trois hivers

    Se vantant d’être le « pitbull » de Trump, l’avocat Michael Cohen a, dix ans durant, endossé les turpitudes de son grand homme et couvert ses frasques. S’il s’apprête à purger 3 ans de prison à partir du 6 mai, c’est notamment pour avoir menti devant le Congrès afin de continuer de couvrir son patron…

    C’est dire qu’il connaît la bête de très près. « J’ai honte parce que je sais qui est M. Trump. C’est un raciste. C’est un escroc. Et c’est un tricheur. » C’est en ces termes que Michael Cohen décrit désormais son ex-boss, à l’occasion d’une audition par une commission parlementaire le 27 février. Il faut dire que Trump l’a laissé tomber comme une vulgaire chaussette dès ses premiers démêlés judiciaires par procuration, et que Cohen a donc accepté de collaborer à l’enquête du procureur Mueller sur les ingérences russes dans la campagne de 2016.

    Cohen, qui se disait jadis « prêt à prendre une balle » pour Trump, ne le flingue pas à la légère. « Un raciste » : « Il m’a dit que les Noirs ne voteraient jamais pour lui car ils étaient trop stupides. » « Un escroc » qui ne « briguait la présidence » que « pour faire grandir sa marque ». Et qui a continué de négocier en sous-main son projet juteux de Trump Tower à Moscou pendant la campagne électorale… « Un tricheur » invoquant une exemption médicale imaginaire pour échapper à la conscription : « Tu penses que je suis stupide ? Je n’allais pas partir pour le Vietnam. » Trouvant « formidable » que WikiLeaks s’apprête à un grand déballage sur Hillary Clinton à l’été 2016, et se réjouissant des contacts directs entre son équipe et le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, aujourd’hui accusé d’avoir été alimenté par des agents russes… « Un tricheur », enfin, qui a prié son indispensable avocat Michael Cohen de dédommager sur ses fonds propres deux de ses ex-maîtresses pour qu’elles la bouclent. Avant de le rembourser en douce par chèque… « Mentir à la première dame est l’un de mes plus gros regrets », lâche Cohen aujourd’hui.

    C’est cette dernière manœuvre pour couvrir — encore et toujours — Trump qui envoie Cohen en prison. Et qui lui vaut d’être traité par la Maison-Blanche de « criminel déshonoré ». Miroir, mon laid miroir…

    Dans le Canard enchaîné du 6 mars 2019.

    16/03/2019 18:52:39 - permalink -
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  • Natacha Polony : Journalisme et #LigueduLOL [EN DIRECT] - Thinkerview

    Encore une entrevue avec Natacha Polony, journaliste et rédactrice en chef de Marianne.

    Mes notes :

    • On entend à plusieurs reprises que Marianne a publié des infos qui n'ont pas été reprises par les confrères. Exemple : le financement du bâtiment de la Fondation Vuitton par la niche fiscale destinée au mécénat. Je viens de vérifier. Article dans Marianne : 18/10/2018. Article dans le Canard enchaîné : 26/09/2018 ;

    • La Ligue du LOL n'intéresse personne, ça amuse uniquement les journalistes bobos parisiens, c'est un des domaines permettant d'exercer des pressions pour que des sujets ne soient pas publiés, il s'agit d'une indignation à géométrie variable (ça touche les gentils journalistes bobos olalala c'est très très grave, mais quand c'est la citoyenne lambda, ce n'est pas la priorité des journalistes). Oui, je suis d'accord avec cette analyse. Perso, je note aussi d'autres choses : on est en présence d'un tribunal médiatique dans lequel la prescription habituelle en matière pénale n'est pas respectée (comment des sanctions, des licenciements, peuvent-ils être prononcés une dizaine d'années après ?!), dans lequel les droits de la défense sont bafoués (comment se défendre face à une meute accusatrice, car c'est ce que sont les réseaux sociaux et les médias ?!), dans lequel on oublie la présomption d'innoncence et le contexte pour mieux fabriquer des coupables qui finissent pas croire à leur propre culpabilité, etc. C'était pareil lors de l'épisode MeToo. Hier, comme aujourd'hui, je peux expliquer et comprendre pourquoi il a fallut bafouer notre idéal républicain de justice, mais ça n'est pas agréable… ;

    • Énoncer dès le début de leur mouvement que les gilets jaunes sont un mouvement fasciste, anti-républicain, radical, d'extrême-droite, etc., c'est une prophétie autoréalisatrice. Je peux être d'accord… mais, dans le cas présent, il faut dire que dès le début, il y avait quelques indices ;

    • La secrétaire d'État chargée de la lutte contre les discriminations qui passe chez Hanouna, qui fait l'objet de plaintes auprès du CSA pour ses émissions homophobes, c'est la stratégie d'aller chercher les gens là où ils sont. C'est nier qu'Hanouna n'a pas une audience aussi volumétrique que ça et qu'elle n'est pas représentative de la population (âge, sexe, etc.). C'est considérer que le citoyen n'est pas capable de faire la différence entre le moment où il a envie de s'abrutir après le travail et le moment où il a une conscience, où il a envie de penser. Ce n'est pas ce genre d'actions qui reconstruira la culture populaire du débat qui avait lieu dans les bars (lecture publique de journaux, débats, etc.) et dans les petits commerces ;

    • Frederic Pierucci, cadre d'Alstom, piégé et emprisonné par les USA afin de mettre la pression sur Patrick Kron, PDG d'Alstom pour qu'il vende la boîte à General Electric ?

    • Natacha essaye de faire croire que le film de son mari a fait reculer les industriels du lait (dont Lactalis) dans l'incorporation de lait pasteurisé dans le Camembert AOP. Ce combat a été perdu début 2018. En 2020, les règles de l'AOP seront assouplies pour autoriser une zone géographique plus large ainsi que l'utilisation de lait pasteurisé au lieu du lait crû ;

    • Polony dénonce l'utilisation du mot souverainisme comme synonyme d'extrême-droite ainsi que l'étude de Conspiracy Watch et de la fondation Jean Jaurès qui tente d'imposer l'idée que tout le monde est complotiste. Oui, je suis totalement d'accord. Le présentateur énonce que cela permet ensuite de capter de l'argent public afin de mener des actions anti-complotisme. J'ai une vision assez large de la souveraineté. Pour moi, il existe 3 niveaux de souveraineté. Celle de l'individu : ma liberté, ma capacité à me protéger de l'État et des multinationales (c'est là-dedans que je range la protection de la vie privée par le chiffrement, ma capacité à détenir le contrôle sur ma vie numérique via le logiciel libre, par exemple). Celle démocratique, celle des citoyens : le peuple décide de l'organisation de son territoire. Celle de la nation : prolongement de la précédente, l'État ainsi constitué fait respecter le choix de vie de ses citoyens dans le monde, défend leurs intérêts, etc. ;

    • Le présentateur qui explique à Polony, en sa qualité de rédactrice en chef de Marianne, qu'il n'a pas apprécié une critique de Thinerview écrite par un des journalistes de Marianne… C'est pitoyable. Thinkerview passe son temps à pialer que les journalistes ne sont pas indépendants, c'est nul, et dès qu'ils reçoivent une rédactrice en chef, ils lui expliquent que non mais quand même, y'a des choses qui ne se disent pas et d'ailleurs, fais gaffe, Meurice il est de notre côté… Faites ce que je dis, pas ce que je fais. C'est parfaitement lamentable !
    12/03/2019 23:45:53 - permalink -
    - https://videos.thinkerview.com/w/iMqaRPzPbV7F7qbTZedWuj
  • Boutique Arte.tv = DRM

    Bon, je vais faire court : je me suis fait entourlouper une fois de plus en voulant rémunérer la création.

    Au hasard d'une navigation sur mon site web de vente de films sans DRM préféré, les Mutins de Pangée, je tombe sur un film qui m'intéresse. Par flemme, je remets l'achat à plus tard. Un mois plus tard, ce film n'est plus proposé à leur catalogue.

    Quelques semaines plus tard, ce film me revient en tête. Je le trouve sur Youtube (pas la plateforme de VOD payante, juste Youtube standard). Toujours pas chez les Mutins. Je le visionne.

    Encore plus tard, je m'aperçois qu'il est en vente sur la boutique Arte. Comme je l'ai trouvé intéressant et qu'il traite une thématique qui l'est insuffisamment à mon goût, je décide de passer à la caisse.

    Sauf que la boutique d'Arte utilise des DRM…

    Lors d'une tentative de visionnage en streaming, Firefox me demande si je veux installer la prise en charge des DRM. Ce que je refuse.

    Pour télécharger le film, il faut utiliser le logiciel d'Arte… Bon, c'est un AppImage donc il fonctionne sous Debian GNU/Linux et c'est pratique. Le téléchargement s'effectue sans problème. Le visionnage peut avoir lieu sans connexion Internet. En revanche, le logiciel tente en permanence de se connecter aux serveurs d'Arte… Arte sait donc a minima que son logiciel est utilisé… Reste à identifier ce que le logiciel moucharde…

    Le film est découpé en environ 2600 fichiers avec quatre listes de lecture, une pour l'audio, une pour la vidéo, une pour les sous-titres français et une qui assemble le tout. C'est le format HLS (HTTP Live Streaming). La liste de lecture vidéo fait référence à un fichier clé qui est stocké en local. Les listes de lecture audio et sous-titres ne font pas référence à une quelconque clé. Les listes de lecture sont illisibles avec vlc, mplayer, ffplay, etc.

    Vu que je possède la clé en local, il est évident que je peux déchiffrer le contenu. Néanmoins, je n'ai pas trouvé comment faire. J'ai utilisé ffmpeg, hls-fetch, openssl directement à la main, etc. Sans succès.

    Bref, je suis déçu… Inscription obligatoire sur le site web (avec une collecte inutile du prénom + nom), DRM, logiciel imposé qui flique l'utilisateur, etc. Pas merci, Arte. :( J'aurai dû me contenter de la version Youtube. Je suis trop naïf.

    11/03/2019 13:26:33 - permalink -
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  • Merci, la finance

    La corbeille était bien remplie : les investisseurs internationaux se sont rués sur l’emprunt de 7 milliards lancé par la France le 19 février. En un clin d’œil, les financiers du monde entier ont proposé 31 milliards. Et en acceptant un taux d’intérêt riquiqui : 1,6 % sur trente ans, couvrant à peine l’inflation !

    Explication du mystère : pour sortir de la crise de 2008, les banques centrales — BCE en tête — font tourner la planche à billets afin de relancer l’activité. Et il y a tellement d’argent que les occasions d’investir manquent. Les emprunts publics des Etats restent les plus sûrs, même ceux des pays qui ne sont pas des modèles de rigueur financière. Et, depuis que l’Allemagne a considérablement réduit ses emprunts — pour cause d’excédent budgétaire —, la France, réputée pour sa capacité à lever des impôts et, donc, à rembourser, est devenue la chouchoute de la finance.

    D’autant plus qu’une étude de la Banque de France (« Les Echos », 26/2) vient de révéler que la baisse des taux devrait permettre à la France de diminuer les remboursements annuels de sa dette d’environ 12 milliards d’ici à 2021, soit le montant du cadeau fait par Macron aux gilets jaunes.

    La finance n’est plus l’ennemie de Macron — pas plus, d’ailleurs, qu’elle ne l’était de Hollande : la réduction du déficit pendant son quinquennat a été due pour moitié, selon la Cour des comptes, à la baisse des taux d’intérêt.

    Dans le Canard enchaîné du 27 février 2019.

    10/03/2019 17:30:18 - permalink -
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  • La chasse aux “clauses abusives” est close

    La peu voyante mais efficace Commission des clauses abusives (CCA) a cessé ses activités le 14 février. Ce jour-là, par un vote à l’unanimité, ses 22 membres et son président, Vincent Vigneau, ont fait savoir par courrier à Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, qu’ils cessaient de siéger. Il faut dire qu’avec ses 25 000 euros annuels cette institution coûtait un pognon de dingue !

    La CCA examinait et véfifiait les contrats proposés aux consommateurs : un travail fort utile, tant chacun néglige les interminables et obscures « conditions particulières » dont raffolent assureurs, fournisseurs d’accès à Internet, opérateurs téléphoniques et autres vendeurs…

    Relevant et analysant tout ce qui lui semblait « abusif », la Commission le signalait aux autorités compétentes. Son rapport, transmis aux cours et tribunaux, alimentait les juges, qui piochaient dedans pour comprendre les contrats et étayer leurs décisions.

    Hélas, tout cela revenait bien trop cher ! Entre l’énorme indemnité annuelle de 1 600 euros versée à son président et les royales vacations de ses membres, professeurs de droit, magistrats ou consommateurs, allant de 25 à 70 euros la séance… Pour Bercy, une division par cinq de ce budget somptuaire s’imposait.

    « La Commission prend acte de l’impossibilité de poursuivre ses travaux, écrit son président, faute de budget suffisant… » Et d’évoquer « des conséquences dommageables, au détriment des consommateurs ».

    Indignation à Bercy, où l’on allègue une reconduction du budget de l’an dernier : 5 000 euros, plus 4 000 euros de frais de fonctionnement. Très légère erreur : l’an dernier, la CCA n’ayant été renouvelée qu’en juin, elle avait travaillé durant cinq mois à peine. D’où cette enveloppe réduite.

    Avec ou sans une clause abusive ?

    Dans le Canard enchaîné du 27 février 2019.

    10/03/2019 17:27:10 - permalink -
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  • La Roumanie aligne ses sodas

    De gros poufs rouges siglés Coca-Cola et des canettes de soda à volonté. Le 31 janvier à Bucarest la première « réunion informelle » du Conseil de l'Union européenne, dont la Roumanie détient la présidence pendant six mois, était sponsorisée par la multinationale américaine ! Sur les banderoles, on pouvait même lire : « La firme Coca-Cola est fière de soutenir la première présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne. »

    Pour rappel, le Conseil de l'Union européenne est le co-législateur européen avec le Parlement européen. Un peu comme le Sénat est le co-législateur de l'Assemblée nationale.


    Si incroyable que cela puisse paraître, tout pays qui préside cette instance politique a le droit de nouer des accords de sponsoring avec qui lui chante. Du moins, pour les « réunions informelles » — comprenez : celles qui n'ont pas pour vocation d'adopter un texte mais seulement de discuter pour se mettre d'accord.

    En 2011, lors de la présidence polonaise, Coca-Cola avait déjà été choisi comme partenaire. Contacté par « Le Canard », le secrétariat général dudit Conseil explique, un brin embarrassé : « Il ne s'agit pas de financements mais d'avantages en nature. » Nous voilà rassurés.

    Après avoir remporté un appel d'offres, Coca-Cola Roumanie sera donc, jusqu'à la fin juillet, l'un des partenaires « platinium » de la présidence roumaine. Un mélange des genres effervescent, vu que la création d’une taxe sur les produits sucrés et la mise en place d’un étiquetage nutritionnel plus limpide pour le consommateur devraient bientôt figurer au menu des discussions du Conseil de l'Union européenne, chargé de négocier et d'adopter les textes législatifs de l'UE. Or les fabricants de soda ont décidé de torpiller ces deux mesures mises sur la table au nom de la lutte contre le diabète sucré et l'obésité, qui frappe désormais 17 % d’Européens. Rappelons que le sucre est encore plus délétère absorbé sous forme liquide et qu'une canette de Coca-Cola en contient l'équivalent de sept morceaux. Quand on aime…

    Furibarde contre ce « lobbying déguisé », l'ONG Foodwatch, qui pourfend la malbouffe, vient de se tendre d’une lettre ouverte au gouvernement roumain pour lui demander de mettre fin illico à ce parrainage. Et de lancer, dans la foulée, une pétition afin que les « réunions informelles » du Conseil de l'Union européenne ne puissent plus être sponsorisées.

    https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/malbouffe/petition-coca-cola-sponsor-officiel-de-l-union-europeenne-arretez-ca-tout-de-suite


    Du côte de Coca-Cola Roumanie, on assume, tout en précisant qu'il y a d'autres partenaires, comme l'association des brasseurs roumains… Deux lobbys qui pétillent !

    Dans le Canard enchaîné du 27 février 2019.

    10/03/2019 17:21:48 - permalink -
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  • Au bonheur des surendettés…

    La réforme de la justice a suscité une adhésion massive ! Lors de sa lecture définitive à l’Assemblée, elle a été adoptée, le 19 février, par 31 voix « pour » et 11 « contre »… sur 577 députés. C’est dire le nombre d’élus LRM qui préféraient ne pas voir ça…

    Non seulement cette loi accroît sans modération les pouvoirs de la police et du parquet au détriment de juges indépendants, mais elle dissout aussi les tribunaux d’instance dans ceux de grande instance. Après la disparition des commissions d’action sociale et des tribunaux du contentieux de l’incapacité, il ne restera bientôt presque plus rien de la « justice de proximité », ces juges de paix fins connaisseurs des particularités locales.

    Autre nouveauté : la création d’une « juridiction nationale des injonctions de payer », dédiée à une procédure qui, déjà expéditive, va encore accélérer. Confrontées à des échéances impayées, les banques, assurances, sociétés de crédit et de recouvrement adressent aujourd’hui au juge d’instance une requête avec justificatifs. Après vérification, le magistrat peut délivrer une « injonction », et il n’y a plus qu’à envoyer un huissier encaisser l’argent ou saisir les biens ; le mauvais payeur a un mois pour faire opposition. En cas de contestation (une procédure concernant 4 % des 470 000 injonctions délivrées chaque année, dont la moitié tourne autour de 2 000 euros), l’affaire passe en audience.

    Salauds de pauvres

    Demain, avec la nouvelle juridiction, fini le contrôle des juges d’instance ! Les deux magistrats et la vingtaine de greffiers affectés au nouveau tribunal feront tourner une procédure sur Internet entièrement « dématérialisée ». Pour le plus grand bonheur des organismes de prêt et de recouvrement, amis des surendettés…

    « La balance penche en faveur des organismes de prêt et de recouvrement. Cela revient à retirer des droits et l’accès au juge pour les consommateurs, s’indigne Gilles Sainati, du Syndicat de la magistrature. Tout sera automatique, on supprime ce qui pouvait faire tampon et amortir la détresse financière des gens ! »

    Et encore : au départ, les audiences devaient être totalement supprimées. Belloubet, la garde des Sceaux, a fini par admettre qu’il fallait les conserver pour les 4 % de contestations et les demandes en délais de paiement. « Les pauvres gens vont se casser les dents sur ce cybertribunal », ajoute Gilles Sainati. Comme si tout était fait pour les décourager.

    Qu’en pense le Conseil constitutionnel, saisi de la loi dès son adoption ?

    Dans le Canard enchaîné du 27 février 2019.

    10/03/2019 17:11:47 - permalink -
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  • Un colonel sanctionné pour son parler-vrai

    Il a osé qualifier d’échec stratégique la guerre menée en Syrie sous l’égide des Américains.

    Auteur d’un article « militairement incorrect » paru en février dans la revue « Défense nationale », le colonel François-Régis Legrier est menacé de sanctions. Avec l’aval de l’Elysée, la ministre Florence Parly a demandé à l’état-major des armées de convoquer et de punir cet insolent. La revue qui a publié ce texte n’a pourtant rien d’un manifeste antimilitariste. Hébergée dans les célèbres locaux de l’Ecole militaire, elle est éditée sous la responsabilité du général de réserve Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef, et de Thierry Caspar-Fille-Lambie, ancien inspecteur général des armées, et tous deux sont censés savoir lire. Aujourd’hui, après les reproches véhéments de Parly, ils reconnaissent avoir « manqué de discernement », et le sulfureux article a été retiré du site Internet de la revue.

    Cette tempête sous les képis a provoqué un certain malaise dans la hiérarchie militaire et au Quai d’Orsay, où de nombreux diplomates partagent le constat dressé par le colonel Legrier sur la guerre menée en Syrie par la coalition internationale, dont la France fait partie. Mais, à entendre d’autres officiers, le colonel n’aurait jamais dû rédiger un article dans lequel il pose cette impertinente question : « Victoire tactique, défaite stratégique ? » Les lecteurs militaires ou civils de « Défense nationale » pourraient en déduire que Macron est un mauvais chef de guerre, ce qui serait désolant pour sa réputation.

    « La bataille de Hajin a été gagnée, écrit le colonel, mais (…) à un coût exorbitant et au prix de nombreuses destructions. Certes, les Occidentaux, en refusant d’engager des troupes au sol, ont limité les risques et, notamment, [celui] d’avoir à s’expliquer devant l’opinion (…). Extrêmement à l’aise pour remplir les grands états-majors multinationaux d’une ribambelle d’ofiiciers, les nations occidentales n’ont pas eu la volonté d’envoyer 1 000 combattants aguerris régler en quelques semaines le sort [de Hajin] et d’épargner à la population des mois de guerre. »

    Villes et villages détruits

    Vient ensuite ce constat : « Nous avons donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale (…). La question qui se pose est de savoir si [cette libération] ne peut se faire qu’au prix de la destruction des infrastructures (hôpitaux, lieux de culte, routes, ponts, habitations, etc.). C’est là l’approche assumée, sans complexe, hier et aujourd’hui, par les Américains, ce n’est pas la nôtre (…). La bataille ne se résume pas à détruire des cibles comme au champ de foire. » En résumé, le colonel met indirectement en cause l’Elysée, qui a admis, en Syrie comme en Irak, la conception américaine de la guerre : détruire depuis le ciel, et grâce à l’artillerie, les villes et villages détenus par des djihadistes. Remarque d’un expert militaire : « En incriminant ainsi l’allié américain, cet officier a franchi la ligne blanche. » Peut-être, mais n’a-t-il pas raison ?

    D’octobre 2018 à février 2019, le colonel a été, en Irak et aux frontières de la Syrie, le patron de la task force « Wagram » (avec ses canons Caesar — de 6 à 8 coups à la minute), et il sait de quoi il parle. Depuis leur entrée en action, en 2016, ces canons à très longue portée (42 km) ont balancé 10 000 obus pour la reconquête de Mossoul, en Irak, et 3 500 pour la reprise de Baghouz, en Syrie. On doit reconnaître à cet artilleur une relative franchise quant aux ravages provoqués par sa propre artillerie.

    Pour sa défense, face à la ministre Parly et aux généraux qui l’accusent de « manquement au devoir de réserve », le colonel pourrait invoquer les encouragements lancés à ses subordonnés par le général François Lecointre, chef d’état-major des armées. A diverses reprises, et le 18 janvier encore, il les a incités « à prendre le temps d’écrire (…) et à tirer les enseignements » de leurs missions. Car, dit-il, « lorsqu’elle se porte sur le fait militaire, la pensée n’a pas pour vocation unique d’explorer la conduite de la guerre. Elle permet également (…) d’explorer les pistes qui permettent de l’éviter ou de la prévenir ». Le général Lecointre osera-t-il défendre un officier qui l’a pris au mot ?

    Par le plus grand des hasards, un rapport de la mission d’assistance des Nations unies donne indirectement raison au colonel Legrier. Publié le 24 février, ce texte pointe le nombre record de civils afghans tués l’an dernier — 10 998, parmi lesquels 927 enfants. Les talibans, les terroristes de Daech et ceux d’Al-Qaida ne sont pas les seuls responsables de ces massacres. Le rapport de l’ONU incrimine explicitement l’antiterrorisme aérien pratiqué par l’US Air Force.

    Donald Trump va pouvoir encore clamer que l’ONU fait partie des ennemis de la Grande Amérique.

    Dans le Canard enchaîné du 27 février 2019.

    10/03/2019 17:06:42 - permalink -
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  • La loi Alimentation laisse les agriculteurs bredouilles

    Si l'entrée en vigueur de la loi Alimentation, le 1er février, n’a pour l’instant pas provoqué l’explosion des prix annoncée, les paysans ne devraient pas pour autant récolter beaucoup de blé… A en croire une minutieuse étude publiée le 21 février, le noble objectif de la loi — obliger les enseignes à augmenter leurs marges pour mieux rémunérer les agriculteurs — est bloqué en rase campagne.

    L’Institut de recherche et d’innovation (IRI, qui a étudié des dizaines de millions de tickets de supermarché, relève que l’instauration d’une marge minimale de 10 % sur quelque 4 000 « produits d’appel » vendus par les grandes surfaces n’a eu aucun effet sur les prix. Contrairement aux prévisions alarmistes — Michel-Edouard Leclerc annonçait « une perte de pouvoir d’achat de 1 milliard pour les consommateurs » —, le coût du « Caddie moyen » entre le 15 janvier et le 15 février est resté stable.

    Marge ou creve

    Pourtant, le prix facturé par les industriels des produits d’appel — ces marques nationales (Coca-Cola, Ricard, Nescafé, Nutella, etc.) longtemps vendues à prix quasi coûtant pour attirer la clientèle — a bel et bien augmenté : entre 1 et 10 %. Le surcroît de chiffre d’affaires sert, théoriquement, à mieux rémunérer leurs fournisseurs agricoles. Sauf que, explique une porte-parole de l’IRI, « les étiquettes n’ont globalement pas augmenté, car la hausse sur les produits visés par la loi a été compensée par la baisse des prix d’autres produits, notamment ceux mis en vente sous les marques de distributeurs, proposés par les grandes surfaces ».

    « En pleine crise des gilets jaunes et du pouvoir d’achat, il ne s’agit pas de faire fuire les clients, confirme Michel-Edouard Leclerc. Il faut compenser les hausses par des baisses, pour que les prix ne montent pas. »

    Surfaces et attrapes

    Une mesure qui, paradoxalement, peut bénéficier aux grandes surfaces. Exemple : obligée par la loi d’augmenter de 10 % le prix des Petit LU, une enseigne pourra baisser d’autant le prix de ses propres petits-beurre. « Les marques de distributeurs ne sont pas soumises aux marges minimales », précise Richard Girardot, président de l’Association nationale des industries alimentaires.

    Ce n’est pas chez Carrefour qu’on le contredira: « Nous accordons à nos clients une prime allant jusqu’à 1,50 euro sur chaque produit concerné par la hausse de marge, explique une responsable de la chaîne. A quoi s’ajoute une réduction de 10 % concernant les futurs achats de ces produits. » Des avantages qui ne seront accordés que lors de la prochaine visite, histoire de fidéliser la clientèle…

    « Le distributeur fait ce qu’il veut de son surcroît de marge », confirme Patrick Bénézit, un proche collaborateur de Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA. Et d’ajouter : « Nous avons toujours pensé qu’une partie de la hausse des marges profiterait aux consommateurs. La grande question est de savoir s’ils vont nous en rendre aussi une partie. » Il y a bien eu quelques accords sur le lait, « mais ils restent encore au-dessous du prix de production ».

    Lors des grandes négociations annuelles entre industriels et grandes surfaces (qui se terminent le 28 février), « les distributeurs ont demandé aux industriels de l’agroalimentaire de baisser leurs prix en moyenne de 3 % par rapport à 2018. Et la moitié d’entre eux ont déjà signé », indique Richard Girardot. Voilà qui ne va pas forcément favoriser les producteurs agricoles !

    Et si — affreuse hypothèse — les distributeurs ne faisaient pas « ruisseler » sur les paysans leur surcroît de marges commerciales ? Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, prévient : « La DGCCRF va faire 6 000 contrôles. En cas d’anomalie, d’exagération, il y aura des sanctions pécuniaires. » Invité par « Le Canard » à fournir des précisions, son conseiller en communication a fait savoir que, « trop occupé au Salon de l’agriculture, il n’a[vait] pas le temps de répondre ».

    Il a déjà commencé les contrôles dans les stands ?

    Renforcer les marques distributeurs donc la nourriture bas de gamme en utilisant une loi visant à maintenir en vie les producteurs de nourriture un peu plus saine… Jolie culbute, il faut le reconnaître…

    Dans le Canard enchaîné du 27 février 2019.

    10/03/2019 16:53:13 - permalink -
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  • Matteo Salvini et les brigades rouges

    Cela va mieux entre l’Italie et la France. La preuve, notre ambassadeur a repris l’avion pour Rome. Et, surtout, comme nous l’apprend « Le Parisien » (13/2), « magistrats transalpins et français [se sont réunis mercredi et jeudi derniers] à Paris pour évoquer le sort des ex-activistes d’extrême gauche réfugiés dans l’Hexagone ».

    C’est l’une des ohsessions du ministre italien de l’Intérieur, le néofasciste Matteo Salvini : récupérer les « brigadistes » des années 70, qui seraient une quinzaine en France. Après tout, Salvini a réussi son coup avec la Bolivie pour Cesare Battisti.

    Pourquoi pas avec la France ?

    Dans le Canard enchaîné du 20 février 2019.

    10/03/2019 16:00:32 - permalink -
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  • Ça plane pour ADP

    Il va être encore moins facile pour le gouvernement d’expliquer pourquoi il veut privatiser Aéroports de Paris (ADP). La boîte, qui gère notamment Roissy et Orly, vient en effet de publier ses résultats, et ils sont excellents. Propulsé en 2018 numéro 1 mondial de la gestion aéroportuaire (« Le Figaro », 15/2), ADP a vu son bénéfice progresser de 6,9 % en un an. Tout comme le dividende qu’il va verser à l’Etat ‘ environ 180 millions.

    C’est là que le bât blesse. Le gouvernement prévoit de vedre ses 50,6 % du capital d’ADP pour environ 7,5 milliards (après indemnisation des actionnaires minoritaires) et de les placer à 2,50 % pendant cinquante ans pour financer des start-up innovantes.

    Mais ce revenu — environ 185 millions, soit le montant d’ores et déjà atteint par le dividende en 2018 — restera fixe pendant un demi-siècle. Au contraire du dividende, qui, lui, n’arrête pas d’augmenter. Il a ainsi plus que doublé en dix ans (82 millions en 2009) et a de très beaux jours devant lui : ADP prévoit d’augmenter de moitié le nombre de ses voyageurs d’ici à 2030. L’Etat va donc enregistrer un manque à gagner de plus en plus important au fil des ans.

    Il y a au moins un talent qu’on ne peut enlever à l’Etat : se faire rouler des qu’il privatise ses pépites.

    Gros +1, malheureusement…

    Dans le Canard enchaîné du 20 février 2019.

    10/03/2019 15:58:02 - permalink -
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  • SGJ-FO et la Montage d'or

    Depuis des mois, le journaliste Alain Jeannin et des petits copains de France Télés mitraillent sur Twitter pour défendre le projet minier de la Montagne d’or, en Guyane, « une mine responsable », « un bel avenir et du travail » (22/1 ). Explication : Jeannin est le secrétaire général adjoint du syndicat des journalistes SGJ-FO de France Télés. Or les camarades FO de Guyane se sont déclarés pour le projet, qui va créer « 4 000 emplois », selon eux. Aux écoles qui s’êtonnent de voir un syndicat de journalistes soutenir le projet industriel d'un groupe russo-canadien, SGJ-FO répond : « On ne soutient pas les mines ni les multinationales, on informe sans diaboliser la filière française. »

    Nuance !

    Les convictions syndicales comme une interférence supplémentaire dans l'information des citoyens ? :)

    Dans le Canard enchaîné du 20 février 2019.

    10/03/2019 15:54:17 - permalink -
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  • Mauvaises graines

    Le lobby des semenciers en est très fier. Comme chaque année, le temps du Salon de l'agriculture, qui s'ouvre ce samedi à Paris le groupement national interproiessionnel des semences et des plants (GNIS) va animer une chaîne de télé. « Des émissions percutantes, pédagogiques et sans tabou », dixit le GNIS. Avec pareille ligne éditoriale, nul doute que Village Semence comme s'appelle la chaîne, abordera l'« affaire du colza », qui empoisonne actuellement le groupe Bayer-Monsanto, l’un des plus grands semenciers mondiaux.

    D'ici à la fin avril, avant la floraison, 8 000 hectares de colza contaminé aux OGM doivent être coûte que coûte arrachés en France, sinon leur pollen va disséminer un peu partout les gènes manipulés. A quoi s'ajoutent près de 3 000 hectares en Allemagne.

    Tout commence à l’automne dernier, lorsque la Répression des fraudes, au cours d'analyses de routine, découvre des traces d'OGM dans des semis de colza de la marque Dekalb, appartenant à Bayer-Monsanto. Vu que, depuis 2008, la France a banni la culture d'OGM sur son sol, le ministère de l'Agriculture ordonne illico à l'agrochimiste de contacter les agriculteurs qui ont déjà semé le maudit colza pour qu’ils détruisent leurs plantations. Un recensement un brin compliqué : les semoirs étant souvent prêtés d'une exploitation à l’autre, Il suffit que l’un d’entre eux ait épandu une seule fois des graines OGM pour que tous les champs où l'engin a servi soient considérés comme suspects.

    A ce jour, 800 cultivateurs ont été retrouvés par une boîte de gestion de crise mandatée par Dekalb. Chacun d'eux doit signer des docs confidentiels. Il y est notamment stipulé que l'agriculteur, indemnisé au prix du marché de sa récolte qui n’aura pas lieu, a interdiction de faire du colza pendant « deux ans » et, durant cette période, de « recourir à un travail profond du sol », et ce « pour éviter l'entouissement des semences qui seraient encore présentes ».

    Contacté par le Palmipède, Bayer France reconnaît que Delkab n'avait rien détecté lors des autocontrôles et ne sait toujours pas comment un OGM s'est retrouvé dans ses semis de colza produits en Argentine. La firme a bien une certitude, mais elle est sémantique : « Il ne s’agit pas d'une contamination mais d'une présence fortuite. »

    Un grain de mauvaise foi ?

    Dans le Canard enchaîné du 20 février 2019.

    10/03/2019 15:50:29 - permalink -
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