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  • #DATAGUEULE presents La démocratie n'est pas un rendez-vous. — KissKissBankBank

    Les gens de chez Datagueule ont besoin d'argent pour financer un documentaire long format (comme leur excellent « 2 degrés avant la fin du monde » dédié au changement climatique / COP 21) qui sera dédié à questionner la démocratie et qui sera diffusé sous une licence Creative Commons (laquelle ?). Pour plus de détails, voir la page KissKissBankBank ou leur vidéo explicative. Je note la volonté de l'équipe de faire participer les citoyen-ne-s à la construction du documentaire : financement, fourniture de sources/arguments/angles_de_vue, etc.

    On est à 44 % de la somme demandée et il reste un peu moins de la moitié du temps (13 jours).

    05/04/2017 23:51:06 - permalink -
    - https://www.kisskissbankbank.com/la-democratie-n-est-pas-un-rendez-vous?ref=recent
  • Décret Chambord : le patrimoine livré à l’arbitraire – – S.I.Lex –

    La semaine dernière est paru un des décrets d’application de la loi CAP (liberté de Création, Architecture et Patrimoine), qui était particulièrement attendu au tournant. Le texte contient en effet une disposition ayant trait à un des aspects les plus controversés de cette loi : la création d’un nouveau droit à l’image sur les bâtiments des domaines nationaux (à savoir plusieurs monuments historiques tels que le palais du Louvre, le château de Versailles, les domaines de Chambord, de Fontainebleau, de Marly-le-Roi, etc.).

    L’adoption de cette disposition a été très fortement critiquée par les défenseurs de la Culture libre, à commencer par Wikimedia France, qui a dénoncé une nouvelle forme de privatisation du domaine public. Je souscris entièrement à leur analyse et on peut dire que le décret d’application de la loi ne fait que confirmer les craintes que nous pouvions avoir à l’endroit de ce dispositif. Le texte reste en effet très vague quant aux conditions d’application de ce nouveau droit à l’image et il va laisser dans les faits un pouvoir d’appréciation extrêmement large aux responsables de ces établissements pour décider quels seront désormais les usages légitimes du patrimoine.

    […]

    En gros, les autorités administratives compétentes (responsables des domaines ou préfets) disposent à présent d’un pouvoir discrétionnaire pour autoriser ou interdire un usage commercial, sachant que la définition de ce caractère est absente dans la loi. Par ailleurs, ces autorités sont aussi complètement libres de fixer comme elles l’entendent le niveau des redevances qu’elles voudront imposer en contrepartie des usages. […]

    […]

    « L’amendement Chambord » a donc aussi une véritable portée idéologique et symbolique. Les domaines nationaux vont à présent cesser d’être des biens communs appartenant à tous, pour devenir des biens soumis à la décision arbitraire de quelques uns, ce qui est l’exact opposé de la garantie publique que devrait exercer l’Etat sur le patrimoine.

    On notera aussi que même d’un strict point de vue juridique, ce dispositif était inutile, car les responsables des domaines nationaux disposaient déjà de tout un arsenal efficace pour lutter contre les utilisations problématiques. Dans leurs décisions successives sur l’affaire Chambord, les juridictions administratives ont bien rappelé par exemple que si un opérateur privé vient occuper les espaces d’un domaine national d’une manière qui perturberait l’accès régulier du public, alors l’administration est fondée à exercer un pouvoir d’appréciation et à tarifer cette occupation privative. On peut penser par exemple au tournage d’un film qui nécessiterait de fermer temporairement l’accès des bâtiments au public. Par ailleurs, même pour les réutilisations publicitaires, il existe des limites pouvant résulter de la protection dont bénéficient au titre du droit des marques les noms et logos associés aux domaines nationaux. Ainsi l’an dernier, la mairie de Versailles a pu contester l’usage par McDonald du nom de la ville pour la promotion d’un « menu Versailles », avec une campagne d’affichage qui reprenait l’image du château.

    04/04/2017 17:01:01 - permalink -
    - https://scinfolex.com/2017/04/03/decret-chambord-le-patrimoine-livre-a-larbitraire/
  • Débat des Présidentielles : un cas d’école sur l’idéologie dominante | Grise Bouille

    Très très bon texte. J'en recommande vivement la lecture.

    Vous m’entendez souvent gueuler sur le fait que les médias et les pouvoirs politiques s’organisent largement autour d’une idéologie dominante partagée et dont il est impossible de sortir […]

    Hier, j’ai vu passer une infographie concernant le débat de la présidentielle organisé ce soir à la télé. Et ça m’a fait sourire tellement c’est un cas d’école : on va débattre, oui, mais sur des questions pré-établies et donc dans un cadre bien défini (je passe sur le format et les temps de paroles ridicules, pour une fois qu’ils sont également repartis entre les 11 candidats…).

    […]

    Comment créer des emplois ?

    Un classique. Notez qu’en remplaçant « comment » par « pourquoi », on sortirait du cadre idéologique. Ça serait vachement intéressant, d’ailleurs. Oui, pourquoi veut-on créer des emplois ? S’il y a peu d’emplois, c’est peut-être qu’il n’y en a pas besoin de plus, non ?

    Ah oui, mais le chômage ça provoque la pauvreté. Okay, donc l’emploi est juste un moyen de redistribuer mieux la richesse. On créée des bullshits jobs, on invente une activité sans but, sans sens, aliénante, pour générer des salaires. Payez quelqu’un pour creuser un trou, payez quelqu’un pour le reboucher : bravo, vous avez créé deux emplois. Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer des méthodes moins stupides pour redistribuer mieux la richesse ?

    Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. Il FAUT créer de l’emploi, c’est acté, c’est bon, c’est comme ça. On vous demande juste comment. C’est pas intéressant, ça ?

    Comment protéger les français ?

    Aaaah, une très bonne question. On va parler protection de la sécurité sociale, réduction de la pauvreté, augmentation des retraites, etc. Ah non ? Pourtant ce qui menace les français, c’est surtout la précarité, non ? Whirlpool qui délocalise, tout ça ? 15% de de la population sous le seuil de pauvreté ?

    Bon okay, ça, c’est pas assez spectaculaire. Vous voulez parler des dangers mortels ? C’est vrai que ça fait peur, ça.

    • Le cancer, 150000 morts par an, on va augmenter le budget de la recherche, du coup ? Essayer de réduire la pollution de l’air qui est un cancérogène avéré et qui atteint des sommets de plus en plus fréquemment ?
    • L’obésité, 50000 morts par an, on va s’attaquer aux salopards de l’industrie agroalimentaire qui nous font bouffer de la merde en nous pourrissant le cerveau à coup de pubs ? On va interdire ces pubs, peut-être ?
    • La dépression, 10000 suicides par an, on va réfléchir à ce qui provoque la détresse dans ce pays ? Et même, à pourquoi nous sommes de si gros consommateurs d’antidépresseurs ?
    • Les accidents de la route, 5000 morts par an, on va mettre des autocollants « Conduire tue » sur chaque bagnole, tuer le marketing en obligeant tous les véhicules à avoir la même forme et la même couleur, développer massivement les transports en commun les plus sûrs pour flinguer le marché des véhicules privés ?

    Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. On va parler TERRORISME, 120 morts par an. Et je suis gentil, je moyenne sur les deux dernières années, soit deux années noires : si on fait une moyenne plus longue, on est plus proches de zéro. Mais ça fait peur et puis c’est pratique pour nous faire bouffer de la loi sécuritaire au kilomètre. […]

    Bien entendu, ne croyez pas qu’on va aller chercher les causes du côté de nos politiques extérieures (guerres, exploitation post-coloniales des ressources dans les pays instables, commerce d’armes avec des pourritures, etc.). Ou même simplement se pencher sur l’idée de nationaliser Lafarge qui collabore avec l’État Islamique (on l’avait fait pour Renault qui avait collaboré avec les nazis pendant la guerre, hein) ou de foutre leurs dirigeants en taule pour haute trahison. Non, la politique anti-terroriste, ça sert à mettre le peuple au pas, pas les puissants véreux qui sont responsables.

    Comment mettre en œuvre votre modèle social ?

    Le sous-texte, bien sûr, c’est qu’un modèle social, ça coûte cher, et que c’est annexe au reste. C’est l’humanité qui est au service de l’économie, pas l’inverse. Qu’importe la pauvreté massive pourvu qu’on ait la croissance. 13 millions de pauvre en Allemagne, mais circulez, y’a rien à voir, c’est le modèle. Qu’importent les pics de pollutions et les pics de burn-out, pourvu qu’on soit productifs.

    Le modèle social, c’est bien, c’est mignon, mais on verra plus tard, si on est capables de le faire. Sinon, vous continuerez de crever la dalle en attendant les lendemains qui chantent. Ça fait jamais que trente ans que vous les attendez, les lendemains qui chantent. C’est pas un quinquennat de plus ou de moins qui devrait vous chagriner.

    Pardon ? Vous aviez d’autres questions ? Comment mettre en œuvre une économie sociale et solidaire ? Comment mettre en œuvre une organisation du travail écologique et décente ? Comment mettre en œuvre la redistribution des richesses ?

    Mais non, ces questions ne sont pas intéressantes, d’ailleurs on les a déjà tranchées pour vous. L’organisation économique, le monde du travail, tout ça, c’est du fixe, c’est du cadre, c’est là, ça bouge pas et d’ailleurs on t’a demandé ton avis ? Non, la variable d’ajustement, c’est le modèle social, c’est ton niveau de vie, ce sont nos richesses communes.

    04/04/2017 14:55:45 - permalink -
    - https://grisebouille.net/debat-des-presidentielles-un-cas-decole-sur-lideologie-dominante/
  • Présidentielle 2017 : une boussole plutôt qu'une girouette - PLog

    Quelques bonnes réflexions.

    […] Je suis de gauche, parce que je pense que l'égalité ne vient pas naturellement, mais qu'il faut sans cesse remettre le métier sur l'ouvrage pour plus d'égalité, de principe ou réelle. Parce que je pense que je vivrai mieux et que mes enfants vivront mieux si tout le monde vit dignement. Parce que je ne pense pas que la quête effrénée de la richesse (et de la niche fiscale) donne du sens à la vie. Parce que je crois que le bon vieux discours sur la lutte des classes garde aujourd'hui l'essentiel de sa justesse, même si les contours de ces classes ont changé. Les damnés de la terre ne sont plus aujourd'hui mineurs, mais agents d'entretien auto-entrepreneurs au temps de travail (partiel) éclaté, exploités dans certains centres d'appel, etc. L'argent va toujours à l'argent. Mieux vaut, plus que jamais, être héritier plutôt que travailleur.

    […] Au centre droit, Emmanuel Macron place le curseur économique bien trop à droite avec des politiques qui ont déjà échoué sous Hollande. Ses propositions "sociales" me hérissent. J'ai beau être plutôt dans le camp des favorisés, avec un métier sûr (aujourd'hui !) et rémunérateur, j'ai déjà pu ressentir à quel point on ne négocie pas sur un pied d'égalité avec son patron, quel qu'il soit. Exit Macron, donc, avec l'illusion individualiste.

    Je suis, soit dit en passant, sidéré par la fascination que certain-e-s ont pour Emmanuel Macron et par la nouveauté que certains lui prêtent. Ainsi, un inspecteur des finances, ancien banquier, ancien secrétaire général de l'Élysée, ancien ministre serait un anti-système... Je me demande avec quelle définition de "système". Je ne recherche pas, pour ma part, un candidat "anti-système", ne serait-ce que parce que je crois plus aux évolutions qu'aux révolutions. Mais, tout de même... Ces gens ont perdu le nord... […]

    Bien à gauche sont Jean-Luc Mélenchon et ses "insoumis". J'ai beaucoup de respect et d'estime pour Mélenchon. De manière intéressante, Michel Rocard, avec qui il s'est souvent confronté, avait également beaucoup de respect pour son travail intellectuel. J'ai cependant un premier problème avec la tonalité de sa campagne. Le «dégagisme», c'est bien gentil, mais ça ne fait pas une société sereine. Vous la pressentez, vous aussi, cette chasse aux sorcières qui vient ? Son programme est, sinon, intéressant et le fruit d'un passionnant travail de fond. Il pêche souvent malheureusement par manque de réalisme. Tantôt on renationalise les autoroutes. Je ne suis pas contre, mais avec quel argent ? Tantôt on "socialise" (que cela est joliment dit !) les banques de dépôt. Même remarque ! […]

    Chez Hamon, je n'aime pas tout. Je n'aime pas, par exemple, son discours sur la Russie, même si je suis d'accord avec lui sur la nécessité d'engager le rapport de force avec Vladimir Poutine. Lui et ses amis ne comprennent que cela. Je pense, comme Mélenchon, qu'il faut une grande conférence sur les frontières issues de l'ex-URSS, qui sont une véritable poudrière. Mikhaïl Gorbatchev nous avait prévenu dès la chute de l'URSS : nous ne pouvons pas laisser les frontières en l'état. Si nous ne menons pas cette discussion, n'exigeons pas des référendums d'auto-détermination dans les zones litigieuses, j'ai bien peur que nous ne connaissons un nouveau conflit. […]

    Contrairement à l'auteur, je ne crois pas au revenu de base version Hamon car ce n'en est pas un. Je ne crois pas non plus à la vertu de la construction européenne en matière de guerre : en échange d'une paix intérieure, les pays qui la constituent ont mis le zouk ailleurs dans le monde… Soit directement via des interventions militaires, soit en vendant masse d'armes. Justifier les bienfaits de la construction européenne via la délocalisation des conflits, c'est trop facile et réducteur.

    03/04/2017 17:46:01 - permalink -
    - http://blog.penet.org/index.php?post/2017/03/29/Pr%C3%A9sidentielle-2017-%3A-une-boussole-plut%C3%B4t-qu-une-girouette
  • Comment nos ordinateurs digèrent-ils les secondes intercalaires ? Mal, mais sinon ?

    Quelques documentations pour comprendre comment les secondes intercalaires peuvent être digérées par nos systèmes informatiques :

    • https://access.redhat.com/articles/15145

    • https://developers.redhat.com/blog/2015/06/01/five-different-ways-handle-leap-seconds-ntp/

    • https://www.meinbergglobal.com/english/info/leap-second.htm#os



    Voici un gros résumé.

    La méthode POSIX standard, c'est d'incrémenter le temps, de revenir en arrière d'une seconde et de continuer à incrémenter. On rejoue donc une même seconde. C'est la méthode « step back ». Cette méthode peut être mise en œuvre par le noyau ou par le démon NTP (disable kernel avec ntpd). La deuxième méthode permet de se prémunir d'un bug dans le noyau et de maintenir à l'heure un système dont le noyau ne propose pas d'API pour lui indiquer l'imminence de la seconde intercalaire. Linux dispose d'un bout de code permettant le traitement des secondes intercalaires. L'ennui avec la méthode step back dans son ensemble, c'est que le temps revient en arrière, il n'est plus continu. Cela peut mettre la grouille sur les systèmes qui dépendent fortement de l'ordre des événements pour fonctionner comme les gestionnaires de bases de données ou les clusters de stockage distribués (lors de la seconde intercalaire de 2005, Google a constaté que certains de ses serveurs de stockage étaient out).

    La méthode NTP standard, en interne des implémentations des serveurs NTP est de stopper/maintenir le temps durant la seconde intercalaire. C'est la méthode « hold ». Ainsi, le temps reste continu. Voir : https://www.eecis.udel.edu/~mills/leap.html

    Une autre méthode est d'augmenter très progressivement le temps pour compenser la seconde intercalaire.

    • On peut le faire côté serveur NTP avant que la seconde intercalaire intervienne afin que les clients (les serveurs, desktop, ordiphone, etc.) soient en avance avant la seconde intercalaire et pile à l'heure au moment de la seconde intercalaire. C'est la méthode « leap smear » / « server slew » proposée par Google sur son service de serveurs NTP public : https://developers.google.com/time/ .

    • On peut le faire côté client NTP durant la seconde intercalaire. C'est la méthode « client slew ».

    On peut aussi choisir d'ignorer la seconde intercalaire et de la traiter après coup comme un problème standard de dérive du temps.



    Évidemment, chaque façon de faire a ses avantages et inconvénients en fonction des usages :

    • Step back : l'horloge est en dérive pendant une seule seconde, la fréquence de l'horloge n'est pas affectée, mais le temps n'est plus continu, ce qui casse certaines applications.

    • Smear / server slew : la fréquence de l'horloge est faiblement affectée, le temps est continu, mais l'horloge est en dérive (avance) durant plusieurs heures avant la seconde intercalaire. De plus, il faut utiliser un pool NTP dédié.

    • Client slew : le temps est continu, l'horloge est en dérive (retard) durant quelques dizaines de secondes voire minutes, mais la fréquence de l'horloge est fortement affectée donc les intervalles de temps mesurés par l'horloge durant la correction sont faux car plus longs.

    • Ignorer la seconde intercalaire : le temps est continu, la fréquence de l'horloge est faiblement affectée, mais l'horloge est en dérive (retard) pendant environ 2 jours après la seconde intercalaire.



    Perso, je retiens que le comportement par défaut, step back, suffit pour mes usages. Si besoin que le temps s'écoule de manière continue, utiliser les méthodes « slew » ou, si la dérive de l'horloge n'est pas un problème, ignorer la seconde intercalaire.



    Notons que les paquets NTP disposent d'un drapeau « Leap Indicator » qui permet d'indiquer la seconde intercalaire durant les 24 heures précédant son application. Ce flag, qui est positionné par le serveur de strate 1 (celui directement raccordé à un appareil de mesure du temps genre GPS ou horloge atomique) ou par n'importe quel serveur de n'importe quelle strate, se transmet de serveurs NTP en serveur NTP et permet aux clients et serveurs NTP d'informer le noyau de l'imminence d'une seconde intercalaire. Le noyau stocke l'information et fera le changement à l'heure convenue universellement (23h59m59 UTC). Un reboot de la machine nécessite d'informer à nouveau le noyau, bien évidemment.

    Comment un serveur de temps positionne-t-il le flag LI ? Soit parce que sa référence de temps le lui a appris, soit parce qu'il utilise un fichier publié par le NIST qui contient les secondes intercalaires passées et celles à venir, voir : http://support.ntp.org/bin/view/Support/ConfiguringNTP#Section_6.14 . Il faut évidemment garder ce fichier à jour (2 fois par an max).

    Regardons ce flag avec tshark :

    Network Time Protocol (NTP Version 4, server)
        Flags: 0x64
            01.. .... = Leap Indicator: last minute of the day has 61 seconds (1)
            ..10 0... = Version number: NTP Version 4 (4)
            .... .100 = Mode: server (4)
        Peer Clock Stratum: secondary reference (2)
        Peer Polling Interval: invalid (3)
        Peer Clock Precision: 0,000000 sec
        Root Delay:    0,0076 sec
        Root Dispersion:    0,0387 sec
        Reference ID: 145.238.203.14
        Reference Timestamp: Dec 31, 2016 12:46:39.884128000 UTC
        Origin Timestamp: Dec 31, 2016 13:02:54.234703000 UTC
        Receive Timestamp: Dec 31, 2016 13:02:54.341816000 UTC
        Transmit Timestamp: Dec 31, 2016 13:02:54.341864000 UTC

    En temps normal :

    Network Time Protocol (NTP Version 4, server)
        Flags: 0x24
            00.. .... = Leap Indicator: no warning (0)
            ..10 0... = Version number: NTP Version 4 (4)
            .... .100 = Mode: server (4)
        Peer Clock Stratum: secondary reference (2)
        Peer Polling Interval: invalid (3)
        Peer Clock Precision: 0,000000 sec
        Root Delay:    0,0076 sec
        Root Dispersion:    0,0500 sec
        Reference ID: 145.238.203.14
        Reference Timestamp: Apr  2, 2017 10:13:49.572752000 UTC
        Origin Timestamp: Apr  2, 2017 10:26:29.182950000 UTC
        Receive Timestamp: Apr  2, 2017 10:26:29.350805000 UTC
        Transmit Timestamp: Apr  2, 2017 10:26:29.350865000 UTC



    Note "fun" : encore en 2017, il semblerait que des bugs surviennent dans le traitement informatique de la seconde intercalaire. « Amazingly there are also 4 servers that are off by a second in the wrong direction (like they applied the leap second twice). ». Source : https://community.ntppool.org/t/leap-second-2017-status/59 .

    02/04/2017 12:32:26 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?1W3Tpw
  • Bilan de l'élaboration de la loi de réforme des délais de prescription en matière pénale

    La proposition de loi (ppl) de réforme des délais de prescription en matière pénale est devenue loi fin février et est applicable depuis le 1er mars 2017. Le Sénat a refusé jusqu'au bout de retirer son amendement augmentant le délai de prescription des abus de la liberté d'expression et de la presse lorsque ces abus sont commis sur Internet. En cas de désaccord persistant, c'est l'Assemblée qui tranche (procédure du dernier mot). Dans notre cas, elle est revenue, une fois encore, sur cette disposition du Sénat le 16 février. Pour retrouver ce que j'ai déjà écrit au sujet de cette ppl, il est possible de dérouler http://shaarli.guiguishow.info/?8AUMmw .

    Au final, je retiens :

    • Le délai commun de prescription de l'action publique et celui de prescription des peines ont été doublés. Pour la prescription de l'action publique, on passe de 3 ans à 6 ans pour les délits et de 10 ans à 20 ans pour les crimes.

    • Afin de garantir la proportionnalité de la justice, une infraction occulte/dissimulée est prescrite après 12 ans (pour un délit) ou 30 ans (pour un crime), même si elle n'a jamais eu la possibilité d'être découverte.

    • Une plainte simple (celle que tu déposes au commissariat) n'interrompt plus le délai de prescription.

    • Le délai de prescription pour les infractions simples relevant du droit de la presse reste de 3 mois.



    Plusieurs lecteurs ont émis le souhait que je fasse un shaarli (ou un billet de blog) qui résumerait un peu tout sur cette loi. De mon côté, j'ai encore des choses à raconter genre les coulisses concernant l'atteinte sénatoriale à la liberté d'expression et celle de la presse. C'est pour cela que j'ai décidé de rédiger ce shaarli de bilan.


    Kézako ?

    Dégrossissons les termes manipulés dans ce texte législatif :

    • « en matière pénale » : on s'intéresse uniquement à la branche du droit qui a pour objectif de punir des actions répréhensibles définies par la Loi (en gros). À l'inverse du civil où l'on arbitre des litiges entre personnes (ou entre une personne et une société commerciale ou entre associations ou…) genre couleur des volets du voisin, héritage compliqué, etc.

    • « prescription » : il existe deux types de prescription pénale en France :

      • « prescription de l'action publique » : délai après lequel une infraction ne peut plus être poursuivie, c'est-à-dire être reprochée à son auteur. On dit aussi que l'action publique ne peut plus être mise en mouvement.

      • « prescription des peines » : délai après lequel une sanction prononcée par un-e juge mais pas encore exécutée ne peut plus être appliquée.

    Au départ, les auteurs de cette proposition de loi voulaient rendre la prescription pénale plus lisible, car il y a aujourd'hui de nombreuses exceptions genre à partir de quand le décompte est-il lancé ? Quelles actions peuvent l'interrompre ? etc. L'intention est louable puisqu'un principe fort de notre droit est la prévisibilité : tout-e justiciable doit savoir quels textes lui seront appliqués. Sur ce point-là, les parlementaires-auteurs n'innovent pas trop et se content de faire entrer dans le droit une jurisprudence (décisions judiciaires devenues définitives qui peuvent servir de référence pour trancher des affaires similaires) constante.

    Les députés à l'origine de cette proposition de loi ont aussi doublé les délais de prescription (de l'action publique et des peines) de droit commun pour les délits et les crimes. On passe de 3 à 6 ans et de 10 à 20 ans. De droit commun ? Quand la loi ne prévoit pas un délai spécifique pour une infraction spécifique genre les délits de presse (et d'expression) ont une prescription de l'action publique spécifique de 3 mois. Genre la consultation habituelle de pédoporn = 10 ans. Même principe pour la prescription des peines.

    Ces députés voulaient aussi que les crimes de guerre liés à un crime contre l'humanité rejoignent ces derniers dans l'imprescriptibilité c'est-à-dire qu'on puisse poursuivre à jamais ces actes-là.


    Ça se discute

    Si l'imprescriptibilité des crimes de guerre lorsqu'ils sont liés à un crime contre l'humanité (et même tout crime de guerre, en fait) me semble être une chose positive (dans le sens où ça peut contraindre à moins de dérapages autour d'une baston inter-étatique bullshit), le doublement du délai commun de la prescription est plus discutable.

    • Plus le temps passe, plus on s'éloigne de la faute commise et plus le trouble occasionné se dilue. C'est l'un des fondements de la prescription : le pardon légal. L'être humain fautif-ive a peut-être compris sa faute, faut-il charger la barque avec une erreur judiciaire ? Faut-il réveiller les douleurs passées de la victime ? Faut-il refaire naître le trouble (division de l'opinion publique, par exemple) ?

    • Plus le temps passe, plus les témoignages deviennent rares et de mauvaise qualité. Tout faire reposer sur la preuve scientifique, c'est une grosse connerie. D'abord parce qu'elle n'est pas infaillible (voir http://zythom.blogspot.fr/2007/12/lternel-voyage-de-la-science.html et http://sebsauvage.net/rhaa/?2009/01/05/22/32/36-l-adn-n-est-pas-une-preuve-formelle ). Ensuite parce que, même si elle l'était, la justice est humaine : on cherche à comprendre l'acte, le contexte dans lequel il a eu lieu, la psychologie des accusé-e-s/témoins/plaignant-e-s. Que reste-t-il de tout ça après 20 ans ? La science progresse, certaines preuves deviennent exploitables au fil du temps, d'autres périssent moins vite, mais ce n'est pas la question.

    • Je note qu'il y a des cas complexes. Exemple évoqué en séances par les députées : les viols sur mineur-e-s. J'ai appris l'existence de l'amnésie traumatique : l'acte est tellement violent que le-a mineur-e ne se souvient de rien. Une fois devenu-e adulte, boooom, cela lui revient en mémoire. La souffrance commence ici. Là, on a une justification valable pour un délai de prescription plus long. Mais, on se heurte malgré tout à la récolte de preuves… Donc je ne sais vraiment pas comment arbitrer ce genre de cas…

    • Augmenter le délai commun de prescription va conduire à une course à l'échalote pour augmenter les délais de prescription spécifiques au motif que si l'on avait voulu un délai différent, c'est que cette infraction est plus grave et que si le délai commun change, alors il faut ré-appliquer le même delta entre le délai commun et le délai de l'infraction.

    • La jurisprudence consacre le principe que tout acte (d'enquête ou d'instruction) qui interrompt le délai de prescription peut remettre le compteur de la prescription à zéro. Donc, un délai de prescription de 20 ans peut très bien être renouvelé 3 fois si l'enquête progresse, donc avoir, dans les textes, un délai de 60 ans, c'est de l'affichage sécuritaire, àmha.

    • Si l'on augmente ces délais de prescription, c'est soit que l'on fait de l'affichage politique ("nous avons besoin d'une justice forte"), soit que l'on espère poursuivre un ensemble plus vaste d'infractions. Pourtant, la justice française est toujours sinistrée par manque de moyens financiers. Donc, on espère juger plus d'affaires… avec les mêmes moyens ? Ça ne sent pas une justice au rabais ?

    Ma position actuelle est qu'il ne fallait pas augmenter les délais de prescription. Je pense qu'il ne faut pas non plus une imprescriptibilité généralisée. Je pense qu'il faut harmoniser les délais de prescription (un délai unique pour les contraventions, un délai unique pour les délits, un délai unique pour les crimes) avec de rares exceptions quand cela se justifie comme sur les viols sur mineur-e-s, les infractions dissimulées et les délits de presse.

    J'explique tout cela dans un shaarli : http://shaarli.guiguishow.info/?c0Sfpg .


    Puis le Sénat arriva…

    Le texte arriva en première lecture au Sénat en octobre 2016 (en gros). Plusieurs changements furent effectués :

    • Les crimes de guerre liés à un crime contre l'humanité ne seront pas imprescriptibles c'est-à-dire qu'ils conserveront leur prescription actuelle de 30 ans. Motifs ? 1) L'imprescriptibilité pourrait compliquer des dossiers que l'on préfère passer sous silence comme le rôle de la France dans le génocide au Rwanda. 2) Le Sénat souhaite conserver l'imprescriptibilité pour les seuls crimes comme l'humanité afin de ne pas dédramatiser la Shoah…

    • L'Assemblée avait fait entrer dans la loi une jurisprudence constante : celle de considérer que le décompte du délai de prescription d'une infraction occulte/dissimulée commence le jour où cette infraction pouvait être découverte (au lieu du jour de la commission de l'infraction ou le jour d'arrêt de la commission de l'infraction pour les infractions dites continues dans lesquels le trouble perdure). Le Sénat souhaite apporter une limite afin de garantir la proportionnalité de la justice : une infraction occulte/dissimulée est prescrite après 12 ans (pour un délit) ou 30 ans (pour un crime), même si elle n'a jamais eu la possibilité d'être découverte.

    • Une plainte simple (celle que tu déposes au commissariat) n'interrompt plus le délai de prescription. Cela veut dire que si la justice met trop longtemps à être saisie (car elle manque de moyens, par exemple), alors l'infraction risque d'être impoursuivable. Le-a citoyen-ne peut toujours saisir directement le parquet via les mécanismes de citation directe, de plainte avec constitution de partie civile, etc., ce qui à pour effet d'interrompre immédiatement le décompte du délai de prescription. Je ne sais pas quoi penser de cette mesure…

    • Les délits de presse (injure, diffamation, etc.) simples (il y a des circonstances aggravantes genre diffamer une personne en fonction de son genre, de son identité sexuelle, de sa nationalité, de sa religion, de son handicap, etc. porte le délai de prescription à 1 an) voient leur prescription passer à un an s'ils sont commis sur Internet. C'est les restes d'un travail sénatorial que le Sénat essaye de caser partout ces derniers temps (c'était déjà l'article 37 du projet de loi égalité et citoyenneté).

    J'évoque sommairement une partie de cela dans un shaarli : http://shaarli.guiguishow.info/?bYM2UA .

    Si je n'ai pas d'avis sur les points 2 et 3, un délai de prescription d'un an uniquement pour l'expression sur Internet me pose de gros problèmes que j'ai déjà développés dans d'autres shaarlis dont http://shaarli.guiguishow.info/?Ee48Aw . Sans compter que certaines infractions de presse, comme l'injure et la diffamation, sont systématiquement utilisées comme première ligne de défense, comme diversion, dès la publication du moindre contenu, même si les faits sont avérés et que l'expression est de bonne foi. On le voit avec des journaux tels que Mediapart mais c'est également le cas au niveau citoyen. On peut rappeler la situation vécue par Émilie Colin, citoyenne accusée de diffamation pour avoir publié le prénom+nom des négociateurs français du traité international ACTA et qui a finalement été relaxé.


    Entrée en jeu

    Je m'attendais à ce que l'Assemblée nationale supprime l'amendement relatif aux délits de presse (comme à son habitude) et aux crimes de guerre. Mais, cette fois-ci, la Commission des Lois n'en fera rien lors de la séance du 14 décembre. Je décide alors d'envoyer des mails à quelques député-e-s :

    • Isabelle Attard, car elle et son staff ont des positions idéologiques proches des miennes.

    • Alain Tourret, car il est rapporteur sur ce texte, c'est-à-dire le parlementaire en charge du dossier. Un-e rapporteur-e peut s'exprimer sur chaque amendement sans entrer dans les décomptes de temps de parole, au même titre que le gouvernement. Son avis influence souvent les votes.

    • Razzy Hammadi, car il était rapporteur sur le projet de loi égalité et citoyenneté, donc je me suis dit qu'il devait avoir un vague souvenir des syndicats de la presse qui étaient montés au créneau et de leurs arguments et qu'il pourrait, ainsi, faire autorité en séance.

    Nous étions au tout début du mois de janvier 2017, en plein dans les vacances parlementaires, donc ce fût laborieux de joindre les permanences parlementaires par téléphone (à l'exception notable de celle d'Isabelle Attard). Pourtant, l'examen de ce texte allait avoir lieu le jeudi de la reprise parlementaire, donc il y avait urgence puisque des amendements pouvaient être posés jusqu'au lundi de la rentrée, à 17h (j'en explique la raison ici : http://shaarli.guiguishow.info/?Ihpk-Q ).

    Le staff d'Isabelle Attard déposera l'amendement 3, qui reprend deux de mes arguments. \o/ Cela fera même l'objet d'un article de Next Inpact : https://www.nextinpact.com/news/102845-prescription-et-loi-1881-deputes-refusent-qu-internet-soit-une-circonstance-aggravante.htm .

    Après que j'ai lourdement insisté auprès de son staff, le député Tourret me téléphonera le vendredi 6/01 à 18h (environ). Le vrai objectif de la proposition de loi, c'est de faire évoluer le délai de prescription en cas d'infractions économiques dissimulées. Il ne voit que ça, car ça a toujours été un sujet compliqué à dealer et jamais rien n'a avancé sur ce sujet. Sauf que le Sénat, tout comme les avocats d'affaire y est opposé. Du coup, « à la moindre virgule qui change, le Sénat retoquera tout le texte ». Du coup, il a choisi de sacrifier le délai de prescription sur la liberté de la presse en ligne ainsi que l'imprescriptibilité des crimes de guerre liés à un crime contre l'humanité pour atteindre son objectif. Il s'en remet à une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) citoyenne pour faire tomber ce bout de loi sur le délai de prescription de la presse. Il n'y est pas favorable, il a juste dealé, comme un commercial, quoi. Et puis, de toute façon, la loi de 1881 sera très probablement réécrite prochainement pour tenir compte d'Internet. Sans compter que le Ministère de la Justice est plutôt opposé à l'imprescriptibilité des crimes de guerre liés à un crime contre l'humanité compte-tenu de ce que la France a foutu au Rwanda. Voilà voilà. Ça sonne très "je deale des droits fondamentaux pour augmenter faiblement les chances de punir des infractions économiques dissimulées", non ?

    Viendra la petite phrase « avec tout ce qui se passe en ce moment sur Internet de toutes façons… ». Je réponds que je suis informaticien et que je bosse pour un gros hébergeur de sites web français donc je vois bien la galère. À partir de là, la conversation deviendra compliqué, il devra partir. Et puis bon, en tant qu'avocat, il a beaucoup défendu des infractions de presse donc il s'y connaît donc on est prié de le croire. La procédure est trop complexe : la moitié des plaintes n'est pas reçu. On ne peut pas utiliser des arguties de droit pour empêcher les sanctions.

    Quelques jours avant la séance plénière, j'apprends que Patrick Bloche, député socialiste, a déposé l'amendement 2 pour supprimer l'atteinte à la liberté de la presse. L'amendement d'Attard et le sien formeront donc un lot qui sera examiné d'un trait.


    Renversement de la vapeur

    Le 12 janvier 2017, en séance publique, Alain Tourret invitera ses collègues et le garde des sceaux à ne pas courber l'échine face aux amendements scélérats dictés par le lobby de la finance… Oui, il parle bien des amendements de Bloche et d'Attard. Ben oui, souvenez-vous : ce texte ajoute à notre droit la jurisprudence constante qui fait que le délai de prescription des infractions occultes court à compter de la possibilité de découvrir l'infraction. Les avocats d'affaire et les financiers ne voudraient soi-disant pas de ce texte. En faisant adopter ces amendements sur la liberté de la presse, ils provoquent un désaccord entre l'Assemblée et le Sénat. Le texte continuerait ainsi sa navette parlementaire… Sauf que les travaux législatifs prennent fin à la fin février compte-tenu des échéances électorales, ce qui fait courir le risque de voir ce texte passer à la trappe et forcément, vu son implication et la quantité de travail fournie, le député Tourret ne peut s'y résoudre et c'est bien compréhensible.

    Le député socialiste Oliver Faure, nouveau président du groupe socialiste à l'Assemblée, et le ministre de la Justice, Urvoas (sisi, sisi, incroyable mais vrai) s'engageront à faire leur possible pour que ce texte, s'il était amendé en faveur de la liberté d'expression et de la presse, puisse revenir en débat dans chaque chambre dans le délai imparti. Oui, parce que le texte étant d'initiative parlementaire, il était examiné dans les créneaux du groupe politique dont les auteurs sont membres c'est-à-dire le groupe radical. Forcément, le nombre de ces créneaux est proportionné à la représentativité d'un groupe à l'Assemblée. Olivier Faure s'est donc engagé à faire une place à cette ppl dans les créneaux du groupe socialiste, plus nombreux. C'est le gouvernement qui fixe l'agenda du Parlement, d'où la proposition d'Urvoas. Sans compter le pouvoir de convocation de la Commission Mixte Paritaire dont je parlerai plus loin qui revient au président des deux chambres ou du Premier ministre.

    Après une suspension de séance de plus de 30 minutes propice à tous les arrangements secrets dans les couloirs de l'Assemblée, le groupe socialiste s'unira derrière Patrick Bloche et votera, de justesse, les amendements 2 et 3, voir : http://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/%28legislature%29/14/%28num%29/1366 . On a ici l'exemple du groupe radical qui vote contre, pas forcément par conviction, mais par envie de voir le texte aboutir, et c'est bien triste.

    Le reste des propositions du Sénat demeure (les plaintes simples ne sont plus interruptives, la prescription des crimes de guerre reste à 30 ans, le décompte du délai de prescription des infractions dissimulées part à compter du jour où l'infraction est susceptible d'être découverte, etc.) et ne changera plus.


    Le retour du Sénat

    Puisqu'il y a désaccord, le texte retourne en examen au Sénat. Là, je sens un danger : si le Sénat réintroduit l'atteinte à la liberté de la presse et que le vent tourne à l'Assemblée afin de terminer la navette parlementaire ? Je décide alors d'agir au Sénat dans l'espoir fou que les sénateur-rice-s de droite laissent tomber leur lubie ou soient mis en minorité. Cela donnera lieu au dépôt de l'amendement 2 par le staff d'Esther Benbassa, car, entre temps, la Commission des Lois du Sénat a voté un amendement réintroduisant l'atteinte à la liberté d'expression et de la presse…

    Le gouvernement et le groupe socialiste poseront aussi des amendements de suppression identiques qui seront donc examinés en lot.

    Tout cela sera balayé durant la séance plénière du 7 février 2017, voir le résultat du scrutin en http://www.senat.fr/scrutin-public/2016/scr2016-94.html . Séance pendant laquelle le rapporteur aurait dénoncé des "troubles obscurs" ayant conduit au retournement de veste de l'Assemblée. :') Nonon, c'est juste des syndicats de presse, des citoyen-ne-s et des intellectuel-le-s (je présume) via le ministère de la culture. :')

    En parallèle, j'ai lu les comptes-rendus des séances et j'ai écrit des mails à chaque parlementaire qui disait une idiotie (selon moi), histoire de les faire méditer sur le long terme (si cela est possible…). Voir http://shaarli.guiguishow.info/?mcOr_g , http://shaarli.guiguishow.info/?XsPMCw et https://shaarli.guiguishow.info/?UnH_0A . En l'absence de réponse, j'ai téléphoné aux permanences des parlementaires afin de marquer ma volonté d'obtenir une réponse et celle d'ouvrir le débat… Mais aucun de ces parlementaires n'a souhaité discuter avec moi et les réponses reçues sonnent le creux.


    Fin de partie

    Le Premier ministre (sous l'impulsion d'Urvoas comme il s'y était engagé ?) convoquera une Commission Mixte Paritaire chargée d'établir un texte commun le 13 février 2017. Celle-ci constatera que la position des deux chambres ne permettent pas d'aboutir à un compromis.

    Une nouvelle lecture a lieu à l'Assemblée le 14 février. Le groupe socialiste propose et fait adopter un amendement de retour à la prescription habituelle en matière de presse (fut-elle en ligne).

    Une nouvelle lecture a lieu au Sénat le 15 février. Le rapporteur réintroduit un délai d'un an.

    L'Assemblée adopte la version définitive, celle issue de la séance du 14 février, le 16 février 2017.


    Futur

    Lire les comptes-rendus des séances est très intéressant. On y apprend que tous les groupes politiques au Sénat et à l'Assemblée sont d'avis :

    • qu'il faudra allonger à nouveaux les délais de prescription de l'action publique pour aller de plus en plus vers un modèle canadien dans lequel la prescription (au moins pour les crimes) n'existe pas… La gauche (la vraie, pas le PS), la droite et l'extrême droite sont en faveur de cela.

    • qu'il faudra profondément revoir la loi de 1881 sur la liberté d'expression et de la presse afin de tenir compte du numérique… Visiblement, la droite (et l'UDI) est pour un allongement du délai de prescription alors que la gauche (pas le PS hein, la vraie gauche) est en faveur de la dépénalisation de l'injure et de la diffamation. Ça semble être une bonne idée sur le papier mais ça signifie que le règlement des différends se passeront au civil et j'imagine assez rapidement l'américanisation des peines prononcées, donc je suis très mitigé sur cette évolution mais il faut que j'y réfléchisse très sérieusement. Pour le reste, qu'il-elle-s se content de faire appliquer la loi existante en forçant les gros silos à reconnaître leur statut d'éditeur (et non pas d'intermédiaire technique neutre), voir : http://shaarli.guiguishow.info/?B_o92A .

    Bref, ça ne fait que commencer.


    Quelques trucs appris en chemin

    • Le secrétariat général de l'Assemblée, qui accepte, ou non, les amendements, est visiblement plus coulant avec les retardataires qui sont membres des groupes politiques majoritaires… Surprise !

    • Ce même secrétariat est ouvert durant les vacances parlementaires. Cela signifie qu'un-e député-e qui nous dit qu'il-elle ne peut pas déposer un amendement à cause des vacances est un-e menteur-euse.

    • Les député-e-s bénéficient d'un principe d'immunité parlementaire : la justice ne peut pas directement les sanctionner pour des propos tenus en séance. Le-a député-e peut être sanctionné en interne ou voir son immunité levée. La jurisprudence actuelle semble dire que cette immunité s'étend aux journalistes qui rapportent des propos, pour peu que l'échange avec le-a journaliste ait eu lieu dans la salle des 4 colonnes (et dans l'enceinte de l'Assemblée, par extension).

    • Le droit d'auteur, y compris celui des collaborateur-rice-s (qui préparent des notes, des discours, etc.) n'est pas applicable en séance.

    • Au sénat, les décisions au sein des groupes sont prises à l'arrache ou, en tout cas, il n'y a aucune coordination entre le groupe, le-a chef-fe de file et les assistant-e-s parlementaires, ce qui rend le processus législatif opaque, àmha.


    Comment agir ?

    Puisque cette proposition de loi est le dernier texte législatif de cette législature sur lequel je bosse, voici ce que je retiens de la méthodologie à employer pour militer auprès des parlementaires :

    • Il faut impérativement utiliser un outil automatisé pour suivre les pages web consacrées à un texte législatif sur le site web de chaque chambre. C'est le seul moyen d'avoir les informations utiles (date de la prochaine séance, disponibilité d'un compte-rendu, etc.) à temps et ainsi pouvoir agir efficacement. Personnellement, j'utilise https://www.changedetection.com/ , voir http://shaarli.guiguishow.info/?kxbotQ

    • Il faut quasi impérativement utiliser le téléphone pour relancer les parlementaires, s'assurer qu'il-elle-s vont bien traiter le mail que t'as envoyé, etc.

    • Le staff des député-e-s est aussi là pour nous expliquer le fonctionnement interne du parlement, pour transmettre les potins internes & les positions de chaque groupe & les rapports de force et pour conseiller sur les manières d'agir adaptées à chaque texte, à chaque contexte politicien. Il ne faut pas hésiter à les solliciter si tu sens que le contact passe bien.

    • Il faut adopter une stratégie de groupe, notamment au Sénat (à cause de la délégation de vote) : il faut discuter avec les rapporteur-e-s, avec les chef-fe-s de file (les parlementaires qui bossent sur un texte donné au nom de leur groupe (généralement, c'est les mêmes qui prennent la parole au nom du groupe en séance)), avec les président-e-s des groupes politiques de chaque chambre, identifier quel-le-s parlementaires de l'opposition est sensibilisé au sujet (ça ne sert à rien de discuter prescription pénale avec un-e parlementaire membre de la commission des finances, ce n'est pas son domaine d'expertise).

    • Une fois le dépôt d'un amendement obtenu (ou si un amendement à soutenir est déjà posé), il faut rallier autour de cet amendement afin qu'il soit adopté. Il faut faire attention aux groupes politiques : demander à un-e parlementaire LR de soutenir un amendement socialiste, c'pas top… Il faut aussi motiver les membres du groupe dont dépend le-a parlementaire qui a déposé l'amendement favorable à aller voter : ce n'est pas le nombre de signataires d'un amendement qui compte mais le nombre de votant-e-s. Et ça, c'est super difficile. Une stratégie possible est de vérifier, dans l'agenda de la chambre, les textes qui seront débattus avant ou après celui qui t'intéresse et d'identifier les parlementaires moteurs sur ces autres textes : il-elle-s seront très probablement dans l'enceinte du parlement, il-elle-s peuvent bien venir s'intéresser au texte qui t'intéresse.

    • Tout cela est extrêmement chronophage. Donc soit tu te bouges un peu, comme ça on est plus nombreux-ses pour effectuer le taff donc il y a moins de taff pour chacun-e, soit tu finances des associations qui auront des salariés plein temps pour faire du taff parlementaire.

    • Tout le monde peut s'encapaciter sur les sujets ayant trait à la vie de la cité. Il ne peut y avoir une élite qui seule comprend les choix qui sont fait. Tout le monde peut comprendre et tout le monde peut apprendre comment agir. Je ne suis pas juriste de formation, si tu te demandes… et pourtant, j'arrive à faire deux-trois trucs. ;)
    01/04/2017 19:35:42 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?9SkWIg
  • [Internet = archivage, mais archivage de quoi ?] Eh oui, Manuel Valls, Internet n'oublie plus rien

    […] Internet est beaucoup critiqué parce qu’il nous maintiendrait dans un flux continu, un présent incessant, il ne serait que surface et écume. Sans doute. Mais on oublie le second mouvement, à mon sens encore plus significatif que le premier. Ce second mouvement, c’est au contraire la mémoire, c’est l’archive toujours disponible. Il y a dix ans, il était très compliqué à quelqu’un qui n’était pas chercheur ni journaliste de retrouver un extrait d’émission télévision ou de radio, une vieille citation aperçue dans un journal. Et, si jamais la trouvaille se produisait, il était encore plus compliqué de la diffuser. Aujourd’hui, ces deux difficultés sont effacées. […]

    A mon sens, cette manipulation donnée à tous de l’archive est un tournant historique. […] détenir l’archive politique - le document politique - a pendant longtemps été un privilège peu partagé : celui du pouvoir lui-même, celui des historiens, celui des bibliothécaires, puis des journalistes. Il est aujourd’hui le privilège de tous. Tout internaute est un archiviste potentiel. Cet état a bien des conséquences en termes politiques.

    En relevant ces contradictions, on pense révéler une vérité de la politique : ah regardez, il se renie, trahit et se parjure… Ok. Mais rappelons-nous la belle phrase d’Edgar Faure qui disait : “Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent.” Ainsi se pose la question du choix de l’archive. Est-ce qu’à trop documenter les mouvements de la girouette, on n’en oublie pas le vent ? Oui, mais voilà, documenter les mouvements du vent, c’est autrement plus compliqué, moins spectaculaire, cela produit une indignation moins immédiate. Et pourtant, cela pourrait être l’étape suivante d’un Internet qui met à disposition de tous, non seulement l’Histoire, mais de nouveaux outils d’analyse. […]

    31/03/2017 10:41:55 - permalink -
    - https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/eh-oui-manuel-valls-internet-noublie-plus-rien
  • The Good, The Bad and The Accountant - Journalism++

    Mini-jeu basé sur des faits réels plutôt sympa qui nous met dans la peau d'une directrice de cabinet d'une maire pour 20 ans de carrière. À nous de faire les bons choix, d'éviter la magouille tout en contentant la maire et ses amis hommes d'affaires si l'on souhaite rester à notre poste.

    Les objectifs du jeu, produit par un consortium de sociétés commerciales œuvrant dans la compilation et l'analyse des données financières publiques afin de lutter contre la corruption, sont :

    • Illustrer que la magouille politicienne est systèmique c'est-à-dire qu'elle n'est pas exclusivement pratiquée par quelques personnes qui seraient le Mal incarné mais que ces pratiques forment un carcan dont il n'est pas facile de s'extraire au risque de se faire des ennemis, que ce soit dans le monde des affaires ou en politique, qui peuvent déstabiliser chacun-e d'entre nous.

    • Illustrer les magouilles politiciennes qui ont couramment lieu à l'échelle locale (mairie, conseil départemental, conseil général) afin que les citoyen-ne-s et les journalistess apprennent à les reconnaître, pré-requis à toute éventuelle action.

    Ce mini-jeu est destiné à mettre en avant le site web http://www.cookingbudgets.com/, signé par le même consortium, qui expose de manière plus détaillée quelques types de magouilles politiciennes.



    Concernant mes parties :

    • Sans tricher, j'ai perdu 1000 € en 20 ans (cela correspond aux frais de mon divorce d'avec mon mec qui n'a pas apprécié que je refuse de l'embaucher comme assistant à la mairie après qu'il eut perdu son job, LOL).

    • En trichant un max, j'ai amassé 272 200 € en 20 ans.



    Quelques reproches :

    • En quelle unité sont indiqués les indicateurs financiers de la mairie ? Probablement en millions mais bon.

    • Pourquoi a-t-on le choix de dénoncer certaines magouilles et pas d'autres ? Qu'est-ce qui justifie cela ?

    • Certains types de magouille, comme les magouilles immobilières, sont très faiblement documentées par ce projet.

    • Il est impossible de finir le jeu d'un trait en étant honnête : on se fait forcément virer par la maire. Il faut alors annuler plusieurs dernières actions, les refaire à l'identique et bénéficier ainsi du fait qu'une sanction est, dans le jeu, déclenchée par tirage au sort et espérer ainsi y échapper. Je trouve ça dommage. Veut-on illustrer qu'il est impossible d'être honnête ? Veut-on illustrer qu'il est impossible de s'opposer aux ami-e-s d'une maire quand on est directrice de cabinet ? :/



    Via https://korben.info/le-bon-la-brute-et-le-comptable.html

    30/03/2017 13:04:14 - permalink -
    - https://jplusplus.github.io/the-accountant/fr.html#/hints/fake
  • http://shaarli.guiguishow.info/?XHaGeA - Librement Shaarli

    […] Je vois pas encore trop comment passer de la fibre à l'Ethernet. Qui fait cette conversion ? Un routeur ? La box ? Un autre boîtier prêté par Orange ?

    Un autre boîtier loué par Orange, l'ONT (Optical Network Unit). Tu peux voir à quoi ça ressemble dans un de mes précédents shaarlis : La fibre optique à la maison en vrai.

    29/03/2017 22:04:19 - permalink -
    - http://www.librement-votre.fr/shaarli/?fL_ocQ
  • Consultation publique sur les analyses des marchés du haut et du très haut débit fixe : accélérer l'investissement dans la fibre optique et favoriser la numérisation des entreprises françaises

    En juillet 2016, l'ARCEP, le régulateur français des télécoms, a ouvert une consultation publique portant sur son analyse du marché (des marchés, en vrai) de l'accès à Internet haut débit (HD) et très haut débit (THD) fixe en France. C'est important car c'est en partie avec les réponses que l'ARCEP fixera le cadre de sa future régulation des marchés haut débit et très haut débit fixe pour 2017-2020. C'est-à-dire changer de modèle si elle constate que le co-investissement échoue à faire émerger une offre FTTH correcte, décider si elle impose ou non des offres de gros sur la fibre optique qui permettront l'entrée de petits acteurs locaux sur le marché comme les TPE ou les FAI associatifs ou si ces acteurs se feront évincer comme ce fût le cas sur l'ADSL, etc.

    J'ai déjà écrit un shaarli fort documenté sur ce sujet donc je ne réexpliquerai pas les concepts que je manipulerai ci-dessous. De même, j'avais proposé un résumé pas trop résumé de la réponse de la FFDN à cette même consultation.

    En février 2017, l'ARCEP a, à nouveau, ouvert une consultation publique sur ces sujets. Histoire de confirmer sa compréhension des réponses et d'affiner quelques points avant de pondre la régulation. La FFDN n'a pu y répondre dans les temps, faute d'implication bénévole. J'ai quand même décidé de lire ce que ça raconte. L'objet de ce shaarli est donc de faire un résumé de ce que j'ai compris des positions de l'ARCEP.


    Préambule : vocabulaire

    Pour des raisons qui m'échappent, l'ARCEP a changé quelques termes de vocabulaire utilisés.

    • « fourniture en gros » = marché de la vente entre opérateurs ;

    • « marché de masse » = marché de la vente aux particuliers et aux entreprises qui n'ont pas besoin de qualité ;

    • « accès local en position déterminée » (dit marché 3a) = accès passif aux boucles locales, au génie civil, dégroupage, etc. ;

    • « accès central en position déterminée » (dit marché 3b) = accès activés / bitstream livrés en un point donné ;

    • « accès de haute qualité » (dit marché 4) = liaisons (passives/actives) dédiées destinées au marché pro + câbles sous-marins.

    Les opérateurs de la FFDN consomment principalement sur le marché 3b. Certains opérateurs ont une boucle locale radio. Ils pourraient y proposer des accès aux autres opérateurs sur les marchés 3a ou 3b. Mais, évidemment, ça n'intéresse aucun opérateur.


    Notes communes à tous les marchés

    • Les offres avec GTR/GTI sont toujours perçues comme un marché à part, comme si c'était un service totalement différent alors qu'il s'agit d'assurances greffées sur les mêmes prestations basées sur les mêmes infrastructures. Pour l'ARCEP, cette distinction se tient car les offres GTR/GTI ont des processus de vente/SAV différents.

    • HD = THD, FTTH = VDSL, tout cela est substituable au motif qu'il n'y a pas encore de services nouveaux disponibles uniquement sur le THD/FTTH. Le FTTH apporte simplement du confort et fait plaisir aux technophiles qui y trouvent des usages minoritaires, nous dit l'ARCEP. C'est là où elle se trompe : faut-il réguler uniquement en fonction de ce qui existe actuellement ou aussi en fonction de ce qui pourrait, techniquement, exister ? Comment expliquer qu'une absence de régulation peut tuer dans l'œuf (ou non) des services qui n'existent pas encore ? De plus, l'ARCEP regarde uniquement le débit descendant, qui, lui, est substituable dans une certaine mesure, oui. Ce qu'il faut regarder, c'est le débit montant car c'est lui qui permet de nouveaux usages : émission de contenus depuis la maison, visioconférence, gros téléchargement + autre chose en parallèle car l'upload n'est plus saturé par des accusés de réception, etc.


    Notes marché 3a - accès passif aux boucles locales, au génie civil, dégroupage, etc.

    • L'ARCEP a toujours un raisonnement fort tordu concernant la FTTH.

      • D'un côté, le marché de gros à destination des masses est un oligopole : Orange détient les infras (fourreaux, poteaux) permettant son déploiement, Orange est le seul présent dans les déserts numériques compte-tenu de sa mission de service public de service téléphonique universel, etc. Compte-tenu de ça, il y a peu d'acteurs en mesure de fibrer réellement la France. L'ARCEP reconnaît qu'Orange a une position structurante sur le marché mais que tout va bien car la régulation symétrique est toute bien faite.

      • D'un autre côté, le marché de gros à destination des entreprises subit les mêmes contraintes de monopole des infras, il y a peu de gros acteurs en mesure de fibrer la France, etc. Pourtant, l'ARCEP arrive à la conclusion que ce n'est pas bon et qu'il faut rester vigilant. WTF ?! Deux poids, deux mesures ? Qu'est-ce qui justifie ce raisonnement à part une vision corporate de l'entreprise passe avant tout ? L'envie de créer le contexte de régulation propice à l'apparition d'un acteur donné ? La pression du milieu et de l'UE (https://www.nextinpact.com/news/100034-la-france-prend-retard-sur-numerique-malgre-projets-ambitieux.htm , http://www.silicon.fr/le-senat-americain-donne-les-donnees-personnelles-des-abonnes-aux-operateurs-170751.html) ? (auquel cas la réponse n'est pas adaptée : il faut favoriser l'émergence d'une multitude d'acteurs, pas d'un seul 3e).
    • Orange est très présent sur la fibre : 44 % des prises en ZTD, 91,5 % des prises en ZMD, 23 % de l'exploitation des prises RIP.

    • L'ARCEP maintient donc les obligations existantes sur le cuivre (obligation d'accès, offre de référence publique, indicateurs QoS, tarif reflétant les coûts). Aucune obligation sur la fibre, la régulation symétrique serait suffisante. L'ARCEP se demande néanmoins si elle ne doit pas imposer la non-discrimination des processus opérationnels sur la BLOM + fournir des fibres surnuméraires pour les PMI de la ZTD.

    • L'ARCEP ne préconise plus la possibilité de laisser Orange moduler le prix du dégroupage dans certaines zones afin de forcer un passage à la fibre. Excellente nouvelle. De plus, l'ARCEP proposera bientôt un cahier des charges concernant la fermeture des NRA dans les communes ayant le statut « zone fibrée » (loi Macron puis République numérique). Des expérimentations préalables apparaissent nécessaires aux yeux de l'ARCEP.


    Notes marché 3b - accès activés aka bitstream

    • Raisonnement problématique : l'ARCEP constate qu'il n'existe actuellement pas d'offres de gros d'accès activés sur fibre au niveau national, mais en déduit que c'est le même marché car fibre et cuivre sont substituables… Je peux substituer de l'existant à de l'inexistant ? :/

    • Vu que l'ARCEP estime que HD cuivre et THD fibre sont substituables (voir ci-dessus), alors il n'y a pas lieu d'imposer la fourniture d'offres bitstream à l'opérateur dominant car un micropérateur qui voudrait intervenir à moindre coût sur la fibre ne serait pas désavantagé à souscrire à une offre de gros d'accès activés sur cuivre. Donc, si t'es un grozopérateur, tu investis en passif sur l'infrastructure de demain (le cuivre ne permet pas la montée en débit sur le long terme). T'es un micropérateur, tu bosses sur l'infrastructure du passé à un coût relatif prohibitif. Donc, on réserve bien le marché de masse de la fibre aux grozopérateurs alors que les offres bitstream avaient ouverts la concurrence sur le cuivre. Le micropérateur ne peut pas se contenter de jouer dans les RIP (quand cela est possible, malgré la réglementation de l'UE, ce n'est pas toujours acquis !).

      • Petit signe positif malgré tout : « Par conséquent, les boucles locales optiques destinées à remplacer la boucle locale de cuivre dans la zone arrière du NRA faisant l’objet d’un projet de fermeture devraient en particulier offrir des conditions techniques et économiques d’accès (y compris, le cas échéant, d’accès central) satisfaisantes. ». Bon, c'est entre parenthèses, ça passe après le passif, ça concerne uniquement les NRA en fin de fin mais cela montre que l'ARCEP n'est pas fermée à une offre de gros activée sur fibre et comme une telle offre ne coûtera pas bien chère à être dimensionnée à plus grande échelle, la fermeture des NRA peut être un bon point d'entrée pour en obtenir une.
    • Orange a une position significative sur ce marché.

    • L'ARCEP maintient les obligations existantes sur le cuivre (maintien de l'obligation d'accès livrée ATM (département et région) ou Ethernet/IP (région), offres de migration de masse bitstream vers dégroupage, pas de discrimination HD/THD). Rien sur la fibre.


    Notes marché 4 - liaisons (passives/actives) dédiées destinées au marché pro + câbles sous-marins

    • On notera la coquille page 53 : « A ce jour, ces offres Ethernet représentent déjà plus de la moitié du parc d’Orange sur fibre (66% mi 2016) ».

    • Orange a une position dominante sur ce marché à cause de sa position historique (d'avant l'ouverture à la concurrence) sur le cuivre. C'est bien de l'écrire. Mais pourquoi l'écrire uniquement dans cette analyse alors que c'est tout aussi vrai pour les marchés 3a et 3b ?

    • L'ARCEP maintient les obligations existantes (obligation d'accès, maintien des prestas existantes, reproductibilité des offres, non-discrimination, QoS, contrôle tarifaire, etc.). Nouveautés :

      • L'ARCEP envisage d'imposer l'équivalent des intrants (tout à l'identique entre l'autoconsommation et la revente à d'autres opérateurs y compris les processus, ce qui s'oppose à l'équivalent des extrants qui est l'obligation d'avoir des prix et fonctionnalités comparables entre autoconsommation et revente, sans forcément proposer des processus identiques) à Orange à cause des problèmes de QoS relevés en 2013/2014 et la sanction de l'autorité de la concurrence.

      • Si Orange proposait une offre de gros activée fibre sur le marché entreprise, alors la même régulation que pour l'offre cuivre s'appliquerait : transparence, non-discrimination, QoS, contrôle tarifaire.
    • L'ARCEP propose de réguler la possible cohabitation entre la BLOM et la BLOD : obligation, pour Orange, de non-éviction sur les offres activées construites sur la BLOD. Cette contrainte serait basée sur les offres d'accès passives dans les endroits où la BLOM est déployée ou en cours de déploiement. Cette proposition est curieuse : cela revient à créer un monopole, pour Orange, sur la BLOD, qui sera donc un secteur très haut de gamme dont seul Orange pourra se vanter d'opérer.


    Notes diverses

    • La volonté de l'ARCEP de vouloir un 3e opérateur sur le marché pro qui jouerait sur le passif ainsi que l'entrée en application de la régulation 2017-2020 semblent coïncider tout pile avec l'agenda de KOSC, nouvel opérateur de gros sur le marché pro qui reprend les DSLAM Completel et OVH. KOSC tombe-t-il pile poil dans une temporalité dans laquelle l'ARCEP veut un 3e opérateur pro ou est-ce que la position de l'ARCEP est due à l'apparition de KOSC ? ;)

    • Le rythme des consultations est déjà élevé en temps normal… L'ARCEP refait une consultation sur un sujet déjà soumis à consultation y'a 7 mois… C'est juste intenable pour les petits opérateurs. On voit que la possible bonne volonté "je veux écouter tout le monde, tout le temps, afin de prendre de meilleures décisions" peut aussi faire en sorte que seuls les gros opérateurs soient en capacité de s'exprimer, car disposant du staff nécessaire.
    29/03/2017 12:21:09 - permalink -
    - http://www.arcep.fr/index.php?id=8571&no_cache=1&tx_gsactualite_pi1%5Buid%5D=2035&tx_gsactualite_pi1%5BbackID%5D=26&cHash=3da287e52143a21f65c0043f2a8bc46a
  • For sale: Your private browsing history | Ars Technica

    The US House of Representatives voted Tuesday to eliminate ISP privacy rules, following the Senate vote to take the same action last week. The legislation to kill the rules now heads to President Donald Trump for his signature or veto.

    The White House issued a statement today supporting the House's action, and saying that Trump's advisors will recommend that he sign the legislation. That would make the death of the Federal Communications Commission's privacy rules official.

    The rules issued by the FCC last year would have required home Internet and mobile broadband providers to get consumers' opt-in consent before selling or sharing Web browsing history, app usage history, and other private information with advertisers and other companies. But lawmakers used their authority under the Congressional Review Act (CRA) to pass a joint resolution ensuring that the rules "shall have no force or effect" and that the FCC cannot issue similar regulations in the future.

    29/03/2017 11:16:23 - permalink -
    - https://arstechnica.com/tech-policy/2017/03/for-sale-your-private-browsing-history/
  • Remplacer la livebox avec DHCP+DHCPv6-pd (linux/openbsd)

    Maintenant que ma fibre optique jusqu'à la maison (FTTH) est en service, il convient de se débarrasser de la vivreboîte (Livebox :- ).

    Mon cas d'usage est simple : je ne veux ni la TV (j'ai même refusé le décodeur lors de ma souscription en ligne), ni la téléphonie fixe. Je veux un simple tuyau vers Internet sur lequel je monte mon VPN ARN (FAI associatif en Alsace).

    D'ailleurs, je me pose une question : comment suis-je compté dans les stats ? Parce que le fait d'avoir refusé le décodeur TV n'a pas fait descendre le prix de ma facture (contrairement à SFR RED où la TV est une option à 2 €/mois) donc je suis probablement compté comme un client abonné à une offre triple-play. Ces chiffres sont communiqués à l'ARCEP (le régulateur français des télécoms) et servent à la prise de décision pour dire "omg la TVIP est trop importante pour les français-e-s, regardez, 80 % des abos sont des triple play, donc faut qu'on régule dans tel ou tel sens". Bref, ce maquillage par Orange n'est pas anodin.

    Comme je n'ai pas encore choisi la machine qui fera office de routeur, c'est mon laptop habituel (je n'ai pas d'ordi fixe, non), équipé de Debian Jessie, qui sera directement connecté à l'ONT et qui possédera, sur son interface réseau, les IPs publiques attribuées par Orange. Mon laptop sera donc mon terminal d'accès au réseau au lieu de la box qui joue habituellement ce rôle. Attention : si tu ne laisses pas ton ordinateur allumé en permanence, cette configuration donne l'occasion à Orange de déterminer tes horaires de vie (rentrage du boulot / études, dodo, présence / absence au domicile, etc.).

    Il y a deux manières d'établir la connexion : PPPoE ou DHCP. PPPoE est l'ancien protocole déjà utilisé sur l'ADSL (et même avant). C'est un bête tunnel point à point. La MTU y est plus faible (mais rien de bloquant) et IPv6 n'y est pas actif (c'est techniquement possible, juste ce n'est pas activé chez Orange). Avec DHCP, il n'y a pas de tunnel et on a IPv6 et, surtout, on n'est pas déconnecté automatiquement du réseau une fois par semaine chaque semaine comme c'est le cas avec PPPoE chez Orange.

    J'ai donc choisi d'utiliser DHCP. Pour un tutoriel PPPoE fonctionnel, je recommande chaudement Se débarasser de la livebox fibre orange : pppoe, mode d’emploi.



    Voici ce que j'ai configuré dans mon fichier /etc/network/interfaces :

    auto eth0 orange
    
    iface eth0 inet manual
      post-up /sbin/ip l s up dev $IFACE
    
    iface orange inet manual
      pre-up /sbin/ip l a link eth0 name $IFACE type vlan id 832
      post-up /sbin/dhclient $IFACE
      pre-down /sbin/dhclient -r $IFACE || true
      post-down /sbin/ip l d $IFACE

    ÉDIT DU 27/07/2017 À 23H25 : dans certaines zones géographiques (exemples : Strasbourg, Grenoble), il y a une étape supplémentaire que je décris et explique dans un autre shaarli. FIN DE L'ÉDIT.

    Mon fichier /etc/dhcp/dhclient.conf ressemble à ça :

    option rfc3118-authentication code 90 = string;
    
    interface "orange" {
      send vendor-class-identifier "sagem";
      send user-class "+FSVDSL_livebox.Internet.softathome.Livebox3";
      send rfc3118-authentication <censuré>;
      request subnet-mask, routers,
        domain-name, broadcast-address, dhcp-lease-time,
        dhcp-renewal-time, dhcp-rebinding-time,
        rfc3118-authentication;
      supersede domain-name-servers 89.234.141.66, 89.234.186.18;
    }

    Pour calculer la valeur du paramètre « rfc3118-authentication », on peut utiliser le script shell proposé sur le forum en lui donnant en argument notre login « fti/xxxxxxx » (uniquement ce qu'il y a après le « / ») que tu as dû recevoir par SMS :

    #!/bin/bash
    
    USERNAME=$1
    AUTHSTRING=00:00:00:00:00:00:00:00:00:00:00:66:74:69:2f
    
    for (( i=0; i<${#USERNAME}; i++ )); do
      HEXCHAR=$(echo -n ${USERNAME:$i:1} | od -An -txC | xargs)
      AUTHSTRING=${AUTHSTRING}:${HEXCHAR}
    done
    
    echo ${AUTHSTRING}

    Un sudo ifup -a plus tard et hop, on est connecté. \o/ Je ne m'occupe pas d'IPv6 puisque c'est mon VPN ARN qui me fournira mes véritables adresses IP publiques.



    C'est pas mal, mais il s'agit d'un laptop donc d'un ordinateur qui bouge de réseaux en réseaux. Modifier le fichier /etc/network/interfaces pour passer mon eth0 en DHCP ou non en fonction du réseau est relou, il vaudrait mieux utiliser un gestionnaire de réseaux plus évolué qui supporte les profiles comme GNOME NetworkManager.

    Pour ce faire, on sudo ifdown -a puis on vire tout ce qu'on a ajouté dans /etc/network/interfaces. En revanche, on laisse le contenu que l'on a ajouté au fichier /etc/dhcp/dhclient.conf.

    Dans NetworkManager, « Modification des connexions », on ajoute une interface réseau, de type VLAN. « Nom de la connexion » : Orange (ou ce que tu veux).

    Dans l'onglet « Général », on vérifie que la case « Se connecter automatiquement à ce réseau si disponible » est cochée. Par ailleurs, elle ne doit plus l'être dans le profile de l'interface eth0. Ben oui, je suis quand même le plus souvent à domicile donc il faut se connecter automatiquement à Orange.

    Dans l'onglet « VLAN » :

    • « Interface parente » : eth0
    • « Identifiant VLAN » : 832
    • « Nom de l'interface VLAN » : orange

    Il faut que le nom de l'interface VLAN corresponde à ce qu'on a mis dans dhclient.conf. ;)

    Et voilà. \o/



    Et si, en attendant d'avoir acheté mon routeur + point d'accès Wi-Fi, j'ai besoin d'un point d'accès Wi-Fi (pour mettre à jour les logiciels sur mon ordiphone, au hasard) ? Ben j'utilise la puce Wi-Fi de mon laptop pour créer un point d'accès Wi-Fi temporaire avec hostapd.



    Il ne reste plus qu'à rendre la Livebox à Orange en se rendant dans la boutique Orange la plus proche (et récupérer ainsi 3 €/mois de pouvoir d'achat, haha). Johndescs a rendu la sienne sans encombre, simplement en disant "je garde mon abonnement Internet fibre mais je rends la Livebox car je n'en ai pas besoin".

    Pour moi, ça a été plus compliqué : dans la boutique Orange du coin, il y a d'abord une hôtesse qui t'enregistre c'est-à-dire qui essaye de comprendre ta demande pour te mettre en attente des conseiller-e-s Orange qui vont vraiment traiter ta demande. Je lui sors donc la phrase soufflée par Johndescs. Elle me demande si je souhaite résilier mon abonnement. Je confirme que non, je ne souhaite pas résilier. Elle me répond que c'est impossible. Je décide de ne surtout pas partir dans un délire technique (ce n'est pas son domaine de compétences) et de rester dans le droit de la consommation, dont tout-e un-e chacun-e est en mesure d'en comprendre les grandes lignes, en lui rappelant que le catalogue d'Orange propose la box en option et que donc je souhaite ne plus bénéficier de cette option. Elle décide de venir sur la technique en m'expliquant qu'« Internet ne fonctionne pas sans box ». Je lui réponds que ça fait 2 jours que j'ai accès à Internet sans ma livebox. Elle me rétorque à nouveau que c'est impossible, qu'il faut absolument une box pour bénéficier du débit maximal ADSL (sic !), que je dois être connecté au Wi-Fi d'un-e voisin-e, etc. Je lui explique que je n'ai pas de Wi-Fi sur mon ordinateur, que je n'ai plus d'accès si je débranche le câble réseau qui relie mon ordinateur au convertisseur fibre Orange, et je reviens sur le volet commercial en disant que je souhaite juste ne plus souscrire à une option, que tout cela est prévu dans le catalogue Orange et qu'une option obligatoire, ça n'est juste pas compatible avec le code de la consommation. Elle me demande de patienter tout en me prévenant que le-a conseiller-e Orange dira tout pareil.

    Heureusement, ce ne fut pas le cas : le conseiller a très bien compris ma demande, m'a demandé confirmation que j'ai bien un autre routeur, puis m'a imprimé le papier qui atteste qu'Orange a « bien reçu vos équipements ».



    Une question demeure : seule la LiveBox est comprise dans l'offre de location et c'est parfaitement logique. À ce jour, je dispose d'un papier attestant que j'ai bien rendu mes équipements à Orange, sans précision sur lesdits équipements. Du coup, quid de l'ONT ? Est-il lié à l'habitat ? C'est fort improbable puisqu'il est configuré pour un opérateur donné et pour un client donné. Est-il lié à un client ? Est-il ma possession indépendamment du contrat d'accès à Internet ? C'est fort improbable : il est un élément du réseau nécessaire à la fourniture du service d'accès. Orange me le réclamera sans doute à la fin du contrat. Comment cela va-t-il se passer puisque j'ai un papier qui indique que j'ai rendu mes équipements ? :)

    ÉDIT DU 02/06/2023 : j'ai déménagé depuis plus de cinq ans et je ne suis plus client Orange depuis autant de temps. J'ai conservé l'ONT "au cas où". Il ne m'a pas été réclamé par Orange. FIN DE L'ÉDIT.

    26/03/2017 14:54:05 - permalink -
    - https://lafibre.info/remplacer-livebox/remplacer-la-livebox-sans-pppoe/msg339795/#msg339795
  • La fibre optique à la maison en vrai

    À la maison, j'ai déjà eu des accès Internet 56k, ADSL, FTTLA (Numericable), mais jamais FTTH, c'est-à-dire la fibre optique qui arrive jusqu'à l'intérieur du logement. J'ai lu le cadre règlementaire français de la pose de fibre optique donc je connais les étapes et quelques mots de vocabulaire. Oui, mais entre la théorie réglementaire et la pratique, il y a quelques écarts. L'objet de ce shaarl est justement de mettre en exergue ces écarts et d'illustrer comment se passe concrétement le déploiement de la fibre optique en France.

    Je réside dans une ville classée Zone Très Dense (ZTD) par l'ARCEP (l'autorité de régulation des télécoms). Le fibrage vertical (dans les parties communes, à chaque étage) de mon immeuble a été réalisé par SFR… … … qui ne l'exploite pas : SFR n'a pas réalisé le fibrage horizontal (dans les trottoirs, jusqu'à l'immeuble) donc les quelques accès FTTH ouverts le sont chez Orange pendant que SFR continue de commercialiser son réseau coaxial jusqu'à 30 mégas. Dans la terminologie, on dit que SFR est l'opérateur d'immeuble. De mon côté, j'ai choisi Orange comme FAI : c'est Orange qui va me raccorder à son réseau, m'attribuer des IP publiques, me raccorder aux restes des Internets, etc. On dit qu'Orange est l'opérateur commercial.

    J'ai passé commande le 2 mars 2017 au soir sur le site web d'Orange. Le 3 vers 12h (et plusieurs fois dans l'après-midi), le service client d'Orange essaye de me joindre sur mon 06 afin d'identifier mon logement dans le système d'information. Bah oui, à partir de mon adresse postale, il faut qu'Orange puisse dire au technicien "tu le branches ici puis là et comme ceci puis comme cela". Sauf qu'Orange et SFR n'ont pas adopté la même nomenclature pour désigner les éléments mutualisés sur le réseau. Il a donc fallu comprendre la nomenclature de SFR… bâtiment X, escalier Y, étage Z. Évidemment, l'étage renseigné par SFR ne correspond pas à mon numéro d'étage réel, sinon c'est trop facile. Évidemment, SFR a identifié plusieurs escaliers par bâtiment alors qu'il y en a un seul, allez comprendre… Évidemment, SFR a vu des bâtiments avec plus d'étages qu'il n'y en a en réalité… Bref, on est dans du pourrissage de la concurrence en bonne et due forme. Ce point a déjà été identifié par l'ARCEP qui, en 2015, a émis des préconisations sans ambition. N'empêche que, comme d'hab, ce sont les petites mains qui trinquent : la femme du service client d'Orange était vraiment gênée (ben oui, ça explose son temps imparti pour traiter une demande, elle croit passer pour une idiote auprès du client, etc.) malgré mes tentatives amusées de la rassurer. Pas cool.

    Le rendez-vous avec un technicien pour réaliser le raccordement de mon logement au réseau fibre (un peu comme quand tu veux raccorder un logement neuf (jamais raccordé avant) au service téléphonique universel) est pris pour le 14 mars soit une 10aine de jours plus tard (et Pi day, accessoirement). Pas possible avant. Entre 10h et 12h, donc il faut poser une demi-journée… Le technicien est salarié dans une petite société commerciale locale contractée par Orange pour faire le taff. Évidemment, Orange (et les autres) contracte avec plusieurs sociétés locales histoire de bien mettre la pression en jouant sur la concurrence. Le technicien dispose de 3h (à compter du créneau fixé, donc 10h dans mon cas, osef s'il y a du retard) pour raccorder le logement, après quoi son ticket d'intervention est fermé… Ouais, sauf qu'avec les embouteillages, les clients à la bourre, les topologies d'immeuble totalement différentes, etc. ben c'est une cadence infernale.

    Au début d'une liaison fibre, côté logement, il y a un routeur IP (une Livebox, en noir sur la photo) qui peut être remplacé par le routeur de votre choix (c'est un produit en vente libre) et un Optical Network Unit (ONT, en blanc crème sur l'image), ici un Huawei HG8010H, qui sert d'interface avec le réseau de l'opérateur : c'est lui qui allume la fibre à la bonne fréquence et qui peut déchiffrer le trafic destiné à l'abonné-e (si utilisé par l'opérateur commercial). Car, oui, ces engins ne sont pas passifs, il s'agit de petits ordinateurs fonctionnant sous Linux ayant une adresse IP et tout. C'est l'équivalent fibre du modem 56k/ADSL (intégré dans les box, de nos jours). Le fin câble blanc avec le connecteur vert est la fibre qui part vers la PTO.

    Image ONT - routeur



    La prise terminale optique (PTO) et le dispositif de terminaison intérieure optique (DTIO) se trouvent être le même boîtier chez Orange. Ce matériel est fixé au mur, grâce à un pistocolle, près des autres arrivées télécoms/TV, en général. C'est la limite administrative entre ce qui appartient au propriétaire du logement et ce qui appartient à l'opérateur d'immeuble (oui, dans la pose du câble entre DTIO et PBO, l'opérateur commercial agit comme sous-traitant de l'opérateur d'immeuble) le temps de la convention entre cet opérateur et les proprios / le syndic. L'autre câble qui en sort, lui aussi fixé au pistocolle sur une plinthe ou sur une baguette électrique, part au PBO.

    Image PTO / DTIO

    Ce câble optique entre la DTIO et le PBO contient 4 fibres (mais si, regarde bien : une avec un revêtement rouge, une verte, une bleue et une jaune) et pas mal de gainage (les filoches jaunâtres). La présence de fibres surnuméraires dans chaque logement en zone dense est imposée par l'ARCEP avec l'objectif de déployer une seule fois la fibre dans les couloirs d'un même immeuble / dans les murs d'une même maison.

    Image câble DTIO<->PBO



    Dans la littérature, dans un immeuble, le Point de Branchement Optique (PBO) est un boîtier d'interconnexion passif situé à chaque étage de la colonne montante, à côté des compteurs électriques et des arrivées de la télévision, généralement. Dans mon cas, le PBO se situe à l'étage inférieur car ce n'est pas déconnant de mutualiser mon étage, qui comprend seulement 4 logements, avec l'étage inférieur qui en contient le double. Passer un câble de 48 fibres pour 4 logements… Passer un câble de 12 fibres était jouable mais ça suppose de s'adapter à chaque lieu de déploiement et donc d'abandonner les commandes groupées de grande quantité de matos fibre… Impensable.

    Image placard PBO
    Image PBO fermé

    Le mince câble blanc sans étiquette qui sort du PBO par le bas et à gauche contient la fibre qui me permet de poster ce shaarli. \o/ Le gros câble blanc crème avec une étiquette rouge qui sort du PBO par le bas et à droite va au PM. Il contient 12 tubes de 4 fibres chacun, soit 48 fibres au total.

    Mais, c'est quoi un PBO ? Une simple cassette optique, de 32 positions dans mon cas, comme on en trouve dans les datacenters, c'est-à-dire un simple système de stockage du surplus de fibre après raccordement de deux fibres. Le but du jeu est de souder 2 des fibres qui arrivent dans mon logement à 2 fibres qui viennent du PM et de laisser quelques dizaines de centimètres de rabe de fibre "ôcazoù". Les 2 fibres seront reliées à deux fibres dans 2 tubes différents côté segment PBO<->PM, pour une raison qui m'échappe. Oui, deux fibres seront soudées mais une seule sera effectivement utilisée pour mon accès Internet. Je ne sais pas pourquoi Orange fait comme ça : l'ARCEP n'a pas imposé cela à ma connaissance et le technicien me dit que ça varie en fonction des opérateurs genre SFR, quand il intervient en opérateur commercial, soude une seule fibre.

    Cette étape du raccordement est la plus longue. Elle varie en fonction du modèle de cassette qui peut être plus ou moins pratique. Dans mon cas, pas de bol, il s'agit d'un vieux modèle de cassette pas pratique et il faudra 1h10 d'extrême patience (sincèrement GG !) au technicien pour démêler les fibres, souder mes fibres, ranger le tout.

    Image PBO ouvert



    On repasse dans le logement, le technicien éclaire la fibre avec un laser bien visible et direction le point de mutualisation (PM). C'est ici que se fait la jonction entre le segment mutualisé déployé par un opérateur d'immeuble et les opérateurs commerciaux. Après ce point, il n'y a plus de coupleurs, ce qui signifie que la fibre de chaque logement arrive ici. C'est donc ici que l'on branche la ligne de GuiGui sur les équipements d'Orange ou de SFR ou de TartapionTelecom. Il s'agit donc juste d'un tableau de brassage. Où se situe ce PM ? Ça dépend. Pour les immeubles de plus de 12 logements situés en ZTD, il peut être situé à l'intérieur de la propriété privée. Sinon, il doit être à l'extérieur de la propriété. Dans le premier cas, il s'agit d'un boîtier en bas de l'immeuble. Dans le deuxième cas, il s'agit d'une armoire de rue ou des chambres dans le sous-sol (comme les plaques « France Telecom » que l'on voit sur les trottoirs ;) ).

    Je suis dans un immeuble de plus de 12 logements situé en ZTD donc je n'ai pas été surpris de constater que le PM a été installé à l'intérieur de la propriété privée. L'immeuble étant à l'écart de la rue, le PM n'est pas situé au pied de l'immeuble mais dans le bâtiment qui fait interface avec la rue, à côté des transfos électriques :

    Image local PM vue de loin
    Image local PM vue de près

    Le technicien a-t-il la clé du local avec lui ? Bien sûr que non, ça serait trop facile. La clé est stockée dans le mur, à l'entrée, côté rue, dans un cylindre protégé par une clé que possède le technicien :

    Image stockage clé PM
    Image stockage clé PM

    J'apprendrais plus tard que c'est une pratique fortement répandue également utilisée par EDF. L'indirection permet d'avoir une clé passe-partout qui ouvre tous les cylindres de ce genre, ce qui évite de devoir distribuer les clés différentes de chaque local (ben oui, la réglementation nous dit qu'il appartient aux proprios / syndic de mettre à disposition le local et le moyen d'accès donc forcément que la serrure ne correspondra pas à une autre).



    Voici enfin le PM, ce tableau de brassage tout simple :

    Image PM

    La partie verticale regroupe toutes les fibres déployées à l'intérieur de l'immeuble :

    Image PM immeuble

    En bas, la partie horizontale est un bloc opérateur : un même opérateur (Orange, SFR, TartapionTelecom, etc.) y relie tous ses clients de l'immeuble, le tout est multiplexé sur quelques fibres et hop, direction le NRO en passant dans les trottoirs. On voit qu'il y a un deuxième logement pour qu'un deuxième opérateur puisse proposer ses services fibre dans l'immeuble. À l'heure actuelle, il est vide (ça confirme que SFR n'est pas en mesure de proposer des accès FTTH dans mon immeuble).

    Image PM bloc opérateur

    L'envers d'un bloc opérateur dans un PM :

    Image PM envers bloc opérateur

    On y voit la grosse gaine noire qui part au NRO, la cassette et les interconnexions vers la façade du bloc opérateur.

    La première étape de l'intervention dans le PM est de trouver la position de ma fibre dans la partie verticale du PM. Souvenez-vous que le technicien a éclairé la fibre depuis mon logement avec un laser. Il suffit donc de chercher une position éclairée. C'est ici que le stress du technicien monte en flèche : si aucune position n'est éclairée, soit la position est obstruée par un câble, soit les soudures dans le PBO se sont mal passées, soit la fibre est brisée quelque part. Dans mon cas, le point rouge salvateur est là (mais si, regarde la 7e position de la rangée la plus en bas ;) ). \o/

    Image position de ma ligne dans le PM

    Note : la deuxième fibre qui équipe mon logement et qui a été soudée dans le PBO ne sera pas raccordée ici. Le technicien ne vérifiera même pas que la continuité du signal entre le logement et le PM est OK.

    La deuxième étape est d'identifier ma position dans le bloc opérateur. Je pensais que ça serait simple : c'est à Orange de décider où me raccorder sur son bloc en fonction de la position qu'il m'a attribué sur son OLT situé dans le NRO. Grave erreur ! Orange m'avait initialement attribué la position 13 (5e entrée du coupleur numéro 2, en partant de la gauche et de bas en haut)… qui est déjà prise. Le service client Orange dédié aux technicien-ne-s nous a fait débrancher la position 9 puis la 11 puis la 13 avant d'en arriver à la conclusion qu'il faut me raccorder en position 38 (de mémoire)… Oui, oui, Orange demande vraiment à débrancher/rebrancher des clients déjà raccordés à une heure de possible affluence (12h30, regarder Youtube en mangeant, TMTC) pour compenser les carences de son système d'information (débrancher permet de voir quel port de l'OLT ne reçoit plus de lumière et donc de comprendre la correspondance entre les ports de l'OLT et les positions dans le PM…).

    ÉDIT DU 19/04/2017 À 12H : La fin de ce paragraphe est erronée : un port sur un OLT dessert tout un arbre PON, pas un client en particulier. En revanche, débrancher permet aux technicien-ne-s Orange de voir quel ONT (donc quel-le client-e) disparaît. Il demeure que cette méthode sert à contourner un fail d'affectation (correspondance abonné-e <-> emplacement bloc opérateur) dans le système d'information (SI) d'Orange. FIN DE L'ÉDIT du 19/04/2017 À 12H.

    La troisième étape est de mesurer l'existence d'un signal entre le NRO et le PM et la puissance de celui-ci. Dans mon cas, la longueur d'onde utilisée dans la fibre est 1490nm et la puissance est de -17,95 dBm. Une autre mesure sera effectuée dans le logement car le cahier des charges de sous-traitance d'Orange stipule d'avoir moins de 1 dBm de perte entre le PM et le logement. Dans une fibre, l'atténuation du signal est due à la distance parcourue (un peu, mais laaaargement moins que sur un support cuivre) et surtout aux divers raccordements & points de soudure qui diminuent la capacité de réflexion de la fibre.

    Image mesure puissance optique PM

    La dernière étape est de poser un câble optique, nommé jarretière, entre ma position dans le bloc opérateur du PM et ma position dans le tableau d'arrivé.



    À ce stade-là, nous avons donc une connectivité optique de bout en bout, du NRO jusqu'à mon logement. On notera qu'il n'y a aucun équipement actif entre le NRO et mon logement : tout est uniquement du passif : fibre, coupleur, cassette, etc.

    Quelques mots à propos du NRO : il s'agit d'un bâtiment qui concentre plusieurs centaines de lignes optiques. Il est l'équivalent du NRA ADSL. D'ailleurs, il s'agit souvent du même bâtiment. Il s'agit d'une délimitation entre le réseau de distribution, très capillaire, qui relie chaque logement, au réseau de collecte qui agrège tout cela, qui relie les NRO/A entre eux et jusqu'au datacenter des opérateurs. Dans un NRO, on trouve des onduleurs électriques, des switchs, mais surtout des Optical Line Terminal (OLT) qui sont les équivalents des DSLAM ADSL : ils émettent et modulent le signal optique, ce qui signifie qu'ils causent aux ONT des clients qu'ils authentifient par ailleurs. ;) Pour avoir une idée de ce à quoi ressemble un NRO, voir : Visites des NRO de Free.



    Retour dans mon logement. Il ne reste plus qu'à faire la mesure de la puissance du signal (souviens-toi c'est le cahier des charges Orange qui l'exige) et à installer l'ONT et la box (je n'ai pas souhaité le décodeur TV lors de ma souscription). Il est très intéressant de noter que l'ONT n'est plus configuré par le-a technicien-ne à l'aide d'un ordinateur portable comme ce fut le cas un moment, mais bien par le réseau sitôt que le technicien effectue une action dans l'extranet Orange. Du coup, à quel moment est configuré le SLID (l'identifiant unique qui permet à un OLT d'identifier un ONT) ? :/ Ensuite, un speedtest.net est effectué et consigné par le technicien afin de démontrer l'efficacité de son travail. Je n'en vois pas l'intérêt : si, un jour, speedtest.net est en rade, montrant un débit pas top, que doivent faire les technicien-ne-s ? :/

    L'intervention est terminée. Le technicien peut valider son intervention dans l'extranet d'Orange où il a déjà renseigné toutes les infos utiles : position dans le PM, couleurs des fibres qu'il a soudé entre elles dans le PBO, photos pour montrer que le travail effectué est propre, puissance du signal au PM et dans le logement, etc. Mais, là, comme quasi tous les jours, l'extranet se viande, tout est perdu. Il faut tout re-saisir, reprendre les photos… … … Je trouve que ça porte atteinte à la qualité des données remontées à Orange : quand tu as perdu tout ton taff et que t'as la pression vis-à-vis des horaires, tu peux être tenté de re-saisir partiellement voire pas du tout les données… ce qui, in fine, nuira à la mutualisation des réseaux et aux debugs futurs.



    Le-a technicien-ne se ramène chez le-a client-e avec un kit de raccordement qui comprend, entre autres, 10 mètres de fibre. Cette longueur est quasiment jamais utilisée intégralement. Que faire de ces chutes ? Il est parfaitement possible de les récupérer et d'y souder des connecteurs dits pigtail à l'aide d'une soudeuse à fibre classique et d'utiliser ces câbles avec des optiques (qui "allument" la fibre) adaptés. Mais l'opération n'est pas rentable : la fibre en elle-même ne vaut rien et une fibre avec des connecteurs coûtera très vite moins cher que de la fibre de récup' + des connecteurs pigtail… Le seul cas où ça commence à valoir le coup, c'est de récupérer masse de chutes afin d'en faire un looooooooooooong câble de plusieurs dizaines de mètres. Là, on peut s'en servir pour fibrer l'intérieur d'une maison. Mais ça demande du temps de travail humain.



    Merci au technicien qui a fait preuve de pédagogie, c'est hyper intéressant de comprendre comment est construit la partie terminale d'un réseau FTTH. :)



    ÉDIT DU 19/04/2017 À 12H :

    Infos complémentaires :

    • Dans une topologie arbre PON, l'OLT allume l'arbre PON et tous les ONT se calent dessus. Tous les clients de l'arbre sont donc sur la même longueur d'onde optique. Le downstream de chaque client est émis en broadcast. L'upstream est émis en time-division multiplexing (TDM) : chaque client dispose de son propre slot temporel pour émettre.

    • Dans les Zones Très Denses (ZTD), Free déploie un réseau P2P : il y a une fibre dédiée entre chaque abonné-e et le NRO. Dans les Zones Moyennement Denses (ZMD), Free déploie une infrastructure mutualisée à base d'arbre PON, comme tous ses petits camarades.

    • En ZMD, là où il n'a pas procédé au fibrage horizontal, Free utilise l'infrastructure mutualisée entre les Points de Mutualisation (PM) et les client-e-s (comme le font tous les autres opérateurs) et loue des fibres à Orange entre le PM et le NRO. Il n'y a donc pas de mutualisation d'arbre PON, chaque opérateur a le sien. Ça explique ce genre de retours d'expérience : https://twitter.com/bortzmeyer/status/848254656333713409 (dérouler le feedback de Julien Avérous).

    • Stéphane illustre d'autres problèmes concrets dans un article : Premier essai (raté) de raccordement à la Fibre. Morceaux choisis : « Ces acteurs ne communiquent pas, et résoudre un problème prend donc beaucoup de temps, d'autant plus qu'il n'est pas facile de trouver un interlocuteur », « les documentations qu'on peut trouver en ligne semblent toutes faites pour un cas unique (on est propriétaire) ». Par contre, dans la littérature, c'est l'opérateur d'immeuble qu'il faut solliciter car son rôle est très précisement de servir d'interface entre tous les maillons de la chaîne : il doit savoir où sont les fourreaux, où est le PMI, où sont les clés pour accéder au matos enfermé, etc.

    FIN DE L'ÉDIT DU 19/04/2017 À 12H.

    25/03/2017 15:42:37 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?l2G-fg
  • Google takes Symantec to the woodshed for mis-issuing 30,000 HTTPS certs | Ars Technica

    LALA again le modèle de sécurité de x509. Solution : DNSSEC + DANE TLSA + certificat autosigné + navigateurs qui acceptent les certificats autosignés en présence de DANE TLSA.

    In October 2015, Symantec fired an undisclosed number of employees responsible for issuing test certificates for third-party domains without the permission of the domain holders. One of the extended-validation certificates covered google.com and www.google.com and would have given the person possessing it the ability to cryptographically impersonate those two addresses. A month later, Google pressured Symantec into performing a costly audit of its certificate issuance process after finding the mis-issuances went well beyond what Symantec had first revealed.

    In January, an independent security researcher unearthed evidence that Symantec improperly issued 108 new certificates. Thursday's announcement came after Google's investigation revealed that over a span of years, Symantec CAs have improperly issued more than 30,000 certificates. Such mis-issued certificates represent a potentially critical threat to virtually the entire Internet population because they make it possible for the holders to cryptographically impersonate the affected sites and monitor communications sent to and from the legitimate servers.

    Symantec's repeated violations underscore one of the problems Google and others have in enforcing terms of the baseline requirements. When violations are carried out by issuers with a big enough market share they're considered too big to fail. […]

    24/03/2017 15:12:24 - permalink -
    - https://arstechnica.com/security/2017/03/google-takes-symantec-to-the-woodshed-for-mis-issuing-30000-https-certs/
  • Senate votes to let ISPs sell your Web browsing history to advertisers | Ars Technica

    The FCC's privacy rules would require ISPs to get opt-in consent from consumers before selling or sharing personal information including geo-location data, financial and health information, children’s information, Social Security numbers, Web browsing history, app usage history, and the content of communications. Opt-out requirements would have applied to less sensitive data such as e-mail addresses and service tier information.

    The opt-in and opt-out provisions would have taken effect as early as December 4, 2017. The rules would also force ISPs to clearly notify customers about the types of information they collect, specify how they use and share the information, and identify the types of entities they share the information with.

    The FCC's privacy rules also had a data security component that would have required ISPs to take "reasonable" steps to protect customers' information from theft and data breaches. This was supposed to take effect on March 2, but the FCC's Republican majority halted the rule's implementation. Another set of requirements related to data breach notifications is scheduled to take effect on June 2.

    […]

    The rules were approved in October 2016 by the Federal Communications Commission's then-Democratic leadership, but are opposed by the FCC's new Republican majority and Republicans in Congress. The Senate today used its power under the Congressional Review Act to ensure that the FCC rulemaking "shall have no force or effect" and to prevent the FCC from issuing similar regulations in the future.

    The House, also controlled by Republicans, would need to vote on the measure before the privacy rules are officially eliminated. President Trump could also preserve the privacy rules by issuing a veto. If the House and Trump agree with the Senate's action, ISPs won't have to seek customer approval before sharing their browsing histories and other private information with advertisers.

    […]

    The Senate measure was introduced two weeks ago by Sen. Jeff Flake (R-Ariz.) and 23 Republican co-sponsors. Flake said at the time that he is trying to "protect consumers from overreaching Internet regulation." FCC Chairman Ajit Pai argues that consumers would be confused if there are different privacy rules for ISPs than for online companies like Google and Facebook. "American consumers should not have to be lawyers or engineers to figure out if their information is protected," Pai recently told Democratic lawmakers.

    […]

    The Senate action "would allow Comcast, Verizon, Charter, AT&T, and other broadband providers to take control away from consumers and relentlessly collect and sell their sensitive information without the consent of that family," Markey said. That sensitive information includes health and financial information, and information about children, he said. ISPs want to "draw a map" of where families shop and go to school, and sell it to data brokers "or anyone else who wants to make a profit off you," Markey said.

    "Your home broadband provider can know when you wake up each day—either by knowing the time each morning that you log on to the Internet to check the weather/news of the morning, or through a connected device in your home," Sen. Bill Nelson (D-Fla.) said during Senate floor debate yesterday. "And that provider may know immediately if you are not feeling well—assuming you decide to peruse the Internet like most of us to get a quick check on your symptoms. In fact, your broadband provider may know more about your health—and your reaction to illness—than you are willing to share with your doctor."

    Home Internet providers can also "build a profile about your listening and viewing habits," while mobile broadband providers "know how you move about your day through information about your geolocation and Internet activity through your mobile device," he said.

    […]

    The Senate vote was 50-48, with lawmakers voting entirely along party lines.

    […]

    The Senate vote would prevent all of these rules from taking effect, unless the House or President Trump decide otherwise.

    Republicans say that the Federal Trade Commission should have authority over ISPs' privacy practices, instead of the FCC. That would require further action by the FCC or Congress because ISPs and phone companies are common carriers that cannot be regulated by the FTC.

    24/03/2017 15:01:16 - permalink -
    - https://arstechnica.com/tech-policy/2017/03/senate-votes-to-let-isps-sell-your-web-browsing-history-to-advertisers/
  • Présidentielle : ce que révèlent les déclarations de patrimoine des onze candidats

    Intéressant. Ça illustre une certaine vision de la France. La France qui possède du foncier à Paris, qui vit dans l'entre-soi parisien, qui vit à crédit. La France du capital, des possédant-e-s qui peut, elle seule, être candidate à l'élection présidentielle à une exception près : P. Poutou qui reste le seul candidat crédible pour parler du train de vie moyen des français-e-s (mais ce n'est pas pour autant qu'il pose un diagnostic intéressant et qu'il propose des solutions adaptées). Ça explique une partie de la déconnexion des élites.

    23/03/2017 12:31:34 - permalink -
    - http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/23/presidentielle-ce-que-revelent-les-declarations-de-patrimoine-des-onze-candidats_5099261_4355770.html
  • Douloureuse fin de bulle pour les fabricants de drones

    Cet optimisme semble confirmé chaque jour par l’apparition de projets dans de multiples domaines. Le dernier Salon de l’agriculture a célébré la contribution apportée par les drones à l’agriculture de précision (cartographier un champ pour déterminer précisément les quantités d’eau ou de pesticides à utiliser, par exemple). Les applications humanitaires se multiplient dans les pays en voie de développement, notamment pour relier villages isolés et hôpitaux, transporter échantillons de sang ou vaccins ou encore accélérer le développement économique.

    Des drones sont d’ores et déjà utilisés pour prévenir la présence de requins sur les plages australiennes ou repérer des nageurs en difficulté sur la côte basque. Des spectacles utilisent des essaims de drones coordonnés pour faire mieux que les feux d’artifice, et les forces de l’ordre, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni mais aussi à la préfecture de Paris, recourent à ces « yeux dans le ciel » pour surveiller les manifestations ou assurer des missions de surveillance.

    La livraison par drones, longtemps considérée comme une vaste utopie, fait l’objet d’investissements sonnants et trébuchants. Amazon mais aussi UPS, Walmart ou encore la Poste française multiplient les expérimentations. […]

    […]

    Ce paradoxe entre les misères du « hardware » et les promesses du « software » tient d’abord aux anticipations excessives qui, pariant sur l’explosion des ventes aux particuliers, ont vu déferler des produits grand public en trop grande quantité. Cette bulle a fini par éclater, provoquant une baisse spectaculaire des prix qui a servi la stratégie du leader mondial, le chinois DJI, qui détient aujourd’hui plus des trois quarts du marché global des drones de loisirs et ignore la crise.

    […]

    L’avenir du drone se situe dans l’univers professionnel car la valeur ajoutée apportée par ces appareils se situe d’abord dans l’usage qui en est fait. C’est la valeur des données et informations recueillies par le drone (plan numérisé d’un champ ou d’un chantier, livraison de produits dans des endroits d’accès difficile, sauvetage de personnes en difficulté…) bien plus que l’engin lui-même qui comptent dans l’équation économique. C’est ce qu’ont compris la plupart des fabricants en difficulté qui se concentrent désormais sur les usages professionnels.

    23/03/2017 12:11:55 - permalink -
    - http://www.lemonde.fr/la-foire-du-drone/article/2017/03/22/douloureuse-fin-de-bulle-pour-les-fabricants-de-drones_5099022_5037916.html
  • Election présidentielle : dix raisons qui expliquent pourquoi les sondages peuvent se planter - Warrior du Dimanche

    On y apprend des choses très intéressantes. J'en recommande vivement la lecture.

    1 - Les sondages sont presque tous réalisés avec des panels de volontaires


    2 - Les sondés sont rémunérés…


    3- ... et ils peuvent mentir pour obtenir des cadeaux

    Les instituts de sondage estiment que ces petites gratifications ne peuvent en aucun cas influencer la qualité des réponses. Pourtant, le même Guillaume admet qu’il lui arrive de ne pas toujours dire la vérité. "Il m'est arrivé de mentir quand les questions sont tranchées dès l'entrée du sondage, par exemple : 'Etes-vous fumeur ?' Si vous répondez 'non', le sondage s'arrête et vous ne gagnez pas de points. Donc je dis que je suis fumeur, ce qui n’est pas le cas. Pour les sondages politiques, quand aucune réponse ne convient tout à fait à mon opinion, je choisis la moins mauvaise."


    4 - Les méthodes de redressement des instituts restent opaques

    Les chiffres publiés ne sont jamais ceux qui sortent "brut" des questionnaires. Ils sont traités de façon à compenser les mensonges et les biais de l’échantillon notamment. Cette méthode porte un nom : le redressement. Procédé classique en statistique, il consiste à se référer à des scrutins anciens pour voir si les sondés sont sincères en évoquant leur vote passé. Si, sur un échantillon représentatif de Français, on observe qu’il y a deux fois moins de votes déclarés pour un candidat que son score effectivement réalisé, on sait alors qu’il faut multiplier par deux les chiffres bruts en faveur de ce même candidat pour le scrutin à venir. Dans les faits, le redressement peut faire appel à d’autres critères, plus une part de "cuisine maison" propre à chaque institut.

    […]

    En avril 2016, après des années de bataille parlementaire et malgré l’opposition de l’Elysée (sous Nicolas Sarkozy, puis François Hollande), ils arrivent à faire voter une loi imposant aux sondeurs de publier leurs marges d’erreur, leurs chiffres bruts et leurs critères de redressement. Du moins le croient-ils.

    Les sondeurs trouvent une parade : pour éviter que les marges d’erreur ne soient affichées de manière trop visible dans les journaux qui ont commandé leurs études, ils publient d’abord leurs sondages sur leur propre site internet. Astucieux, la loi précisant que les marges d’erreurs doivent accompagner le sondage "lors de la première publication". La loi n’a pas réussi non plus à imposer la transparence sur les chiffres bruts, les sondeurs ayant là aussi trouvé une faille dans le texte. Les sondeurs s’accrochent à leurs secrets de fabrication, comme Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop : "Publier nos chiffres bruts c'est montrer toute une série de techniques que nous ne voulons pas montrer à nos concurrents."


    5 - La commission des sondages ne fait peur à personne

    Autorité administrative créée en 1977 avec la première loi sur les sondages, elle a pour mission de contrôler la sincérité et la rigueur avec laquelle sont effectuées les études d’opinion. Mais son fonctionnement et sa composition sont régulièrement décriés, notamment par Hugues Portelli, sénateur du Val-d'Oise : "Parmi cette commission, il y a beaucoup de magistrats à la retraite. Ils ont un point commun : ils sont incompétents. Pas dans leur discipline juridique, mais ils ne connaissent pas grand-chose des problèmes de l'opinion publique. Ils ont d'autres activités à côté et pour eux, l'étude des sondages est une activité marginale. Quand on est dans la période des sondages, la commission fait un examen en surface."

    Lorsqu’elle détecte (rarement) une irrégularité dans un sondage, la commission publie des "mises au point". Ces petits textes de remontrance finissent dans les oubliettes du web ou relégués en bas de page des journaux. Ces cartons jaunes sans conséquences ne font peur à personne. Et pour cause : 40 ans après sa promulgation, aucune condamnation n’a été prononcée au titre de la loi de 1977, qui prévoit pourtant une peine d’amende pouvant aller jusqu’à 75 000 euros. Etonnant, parce que les cas suspects ne manquent pas dans l’histoire des sondages, jusqu’à très récemment.


    6 - Certains sondages sont tout simplement bidon

    En 2014, le magazine Valeurs Actuelles évoque un sondage donnant Nicolas Sarkozy seul à même de battre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Cette "information" est également reprise par L’Opinion. Problème : ce sondage n’a jamais existé. La commission a enquêté, et a fini par publier six mois plus tard une mise au point où elle appelle "l'attention de l'opinion publique sur l'absence de fiabilité de ces résultats". Mais aucune poursuite n’a été engagée.

    Lors des dernières régionales, dans la région Occitanie, le candidat dissident de gauche, Philippe Saurel, publie un sondage qu’il a fait réaliser le créditant de 9,9% des voix. Pour le maire de Montpellier, c’est un score inespéré, au bord des 10% qui permettent de se maintenir au deuxième tour et de peser sur le scrutin. Mais un détail intrigue Laurent Dubois, un journaliste de France 3 à Toulouse : l’institut qui a réalisé cette étude est totalement inconnu. Alertée, la commission conclut après enquête que le sondage est "dépourvu de caractère significatif". En clair : bidon. Pourtant, là encore, aucune poursuite judiciaire n’est engagée, ce qui étonne beaucoup Laurent Dubois : "Un membre de la commission des sondages m'a dit : 'Comme c'est un primo délinquant, on ne va pas lui casser les jambes, on va juste le rappeler à l'ordre'. Ce qui a joué n'était pas la gravité des faits, mais le profil de la personne." Philippe Saurel obtiendra finalement 5% des voix au premier tour.


    7 - Les échantillons ne sont pas toujours représentatifs


    8 - Les "vrais" sondages d'intention de vote coûtent très chers


    9 - Les sondages politiques servent en fait à vendre des études marketing

    Les instituts de sondage sont une douzaine aujourd’hui à se partager le marché de l’étude d’opinion en France. Mais la politique n’est qu’une toute petite partie de leur activité. Leur chiffre d’affaires est essentiellement alimenté par les études qu’ils vendent aux entreprises : enquêtes de satisfaction clients, études des tendances en matière de consommation, etc. Alain Garrigou, créateur de l’observatoire des sondages, explique la réelle motivation des sondeurs selon lui : "Le sondage politique est un produit d'appel fantastique. Un des péchés mignons des sondeurs, c'est de montrer leur bobine à la télévision. 'Vu à la télé', ça permet de signer des gros contrats sur plein de domaines."

    De fait, les sondages politiques ne rapportent que peu d’argent aux instituts (un sondage d’intention de vote se négocie aux alentours de 7 000 euros, quand les marchés avec les entreprises se chiffrent en dizaines, voire en centaines de milliers d’euros), ce que confirme Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d’Opinion Way : "On peut accepter de travailler à prix coûtant voire légèrement à perte, parce que c'est intéressant économiquement. Le sondage politique représente 5% de l'activité des instituts, ce n'est pas décisif."

    Sous couvert d’anonymat, un bon connaisseur du milieu affirme même que "certains instituts, les plus petits, offrent parfois gratuitement des sondages politiques à des médias. La contrepartie, c’est l’interview du directeur du département 'opinion' qui accompagne la publication de l’étude. C’est donc de la visibilité pour l’institut." Ces sondages "cadeau" sont-ils réalisés avec le même soin que les études payées à prix d’or par les entreprises ? On peut en douter.


    10 - Des nouvelles méthodes… peu utilisées (agréger plusieurs sources de données : sondages "classiques", remontées des réseaux sociaux, études des "requêtes" sur web)

    Via http://sebsauvage.net/links/?W_6Fqw

    21/03/2017 14:49:44 - permalink -
    - http://warriordudimanche.net/article541/58d108545223c
  • Ce que les « Monsanto Papers » révèlent du Roundup

    […] Dans le cadre d’une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup […]

    Or le 15 mars, à la veille de la publication de cette documentation confidentielle, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) annonçait qu’elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni même mutagène – c’est-à-dire capable d’engendrer des mutations génétiques.

    Pour Monsanto, l’affaire est cruciale : le Roundup est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des cultures transgéniques capables de le tolérer.

    […]

    Les précédentes archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde daté du 17 mars).

    Cette fois, les courriels mis au jour racontent une autre histoire. En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens. Tout l’enjeu est de les convaincre que le produit n’est pas génotoxique.



    https://www.marianne.net/societe/monsanto-s-inquietait-deja-de-la-toxicite-du-roundup-en-1999 :

    Pour mener à bien ce projet, l’entreprise jette son dévolu sur James Parry, professeur à l’université de Swansea (Pays de Galles) et ponte de la génotoxicité. Manque de pot, celui-ci émet de sérieuses inquiétudes sur le glyphosate. Ses derniers mots ne sont d’ailleurs pas rassurants du tout : "Je conclus que le glyphosate est un clastogène potentiel in vitro". Par "clastogène", entendez "susceptible de provoquer des ruptures dans une molécule d’ADN" et d’y induire des aberrations chromosomiques. Le scientifique précise encore que le glyphosate pourrait induire un "stress oxidatif" sur les cellules, et recommande vivement de mener davantage de tests sur le glyphosate. Son rapport ne sera tout simplement jamais transmis aux autorités de régulation, ni rendu public.

    Or, en mars 2015, c’est ce même "stress oxidatif" que le Centre international de recherche sur le cancer identifie et rend public. Monsanto s’empresse de qualifier son rapport de "science pourrie" dans un communiqué de presse.

    Chez Monsanto, on s’étonne des conclusions de Parry. Le 31 août 1999, un cadre écrit qu’il est "déçu" et se demande même : "A-t-il déjà travaillé pour l’industrie sur ce genre de projet ?". Un mois plus tard, l’un des toxicologues de la firme écrit sans ambages à ses collègues :

    "Parry n’est pas la personne qu’il nous faut et cela prendrait pas mal de temps, de dollars et d’études pour l’amener à l’être (…) Nous n’allons simplement pas conduire les études qu’il suggère". Et d’ajouter à propos de la génotoxicité possible du glyphosate : "Nous sommes actuellement très vulnérables".



    Via http://sebsauvage.net/links/?owlenw

    20/03/2017 12:53:42 - permalink -
    - http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/03/18/ce-que-les-monsanto-papers-revelent-du-roundup_5096602_3244.html
  • Philippines: le président Duterte jette en prison son opposante - Page 1 | Mediapart

    Pour faire taire sa principale opposante, le président Rodrigo Duterte l’a fait jeter en prison sous l’accusation de complicité avec des trafiquants de drogue. La sénatrice Leila de Lima a révélé le rôle du président dans la création d’un escadron de la mort à ses ordres, puis a dénoncé la dérive sanglante de sa « guerre à la drogue » qui a déjà fait plus de sept mille morts, délinquants ou non, depuis juillet dernier.

    […]

    […] Leila de Lima, présidente de la commission de la justice du Sénat. Témoignages à l’appui, la sénatrice l’accusait d’avoir ordonné, lorsqu’il était maire de Davao, la liquidation d’un millier de personnes par un escadron de la mort à sa solde. Elle l’accusait aussi, comme Amnesty international et Human Rights Watch, d’avoir lancé dès son arrivée au pouvoir, le 30 juin 2016, une « guerre à la drogue » au nom de laquelle plus de sept mille Philippins des quartiers pauvres, délinquants ou non, ont été liquidés en quelques mois par des policiers ou des « vigiles ». Dans une impunité totale.

    […]

    À peine élu, le nouveau président, transposant ses habitudes de Davao à la capitale et à l’ensemble du pays, encourage policiers, miliciens, vigiles et simples citoyens en colère à liquider les délinquants. En deux mois, plus de trois mille délinquants présumés – vrais ou faux dealers, enfants des rues, marginaux – sont éliminés sans enquête ni procès. Présidente de la commission de la justice et des droits de l’homme du Sénat, l’ancienne ministre de la justice condamne les incitations à l’assassinat venues de la présidence et rouvre le dossier de Davao.

    […]

    Quelques jours après l’audition de Matobato, Leila de Lima est donc écartée de la présidence de la commission sénatoriale et remplacée par un sénateur docile. Duterte est-il sorti d’affaire ? Non. Car en plus des ONG spécialisées, plusieurs capitales étrangères observent désormais de près sa « guerre à la drogue », ou plutôt ce que cache cette campagne d’assassinats qui semble échapper à tout contrôle.

    Constatant qu’en sept mois, 2 555 toxicomanes ou trafiquants présumés ont été tués par des policiers alors que 3 930 autres personnes sont mortes dans des conditions non élucidées, Amnesty International affirme que « les policiers se comportent comme les criminels des bas-fonds auxquels ils sont censés faire respecter la loi ». Procureure générale de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda se déclare « profondément préoccupée » par les rapports sur ces « exécutions extrajudiciaires » et fait observer que ces exécutions pourraient relever de la juridiction de sa Cour.

    Duterte affecte alors de découvrir ces accusations et de partager l’indignation des ONG et de Fatou Bensouda, en admettant que « 40 % des policiers se livrent à des activités illégales ».« Vous les policiers, vous êtes les plus corrompus. Vous êtes corrompus jusqu’à la moelle. C’est dans votre sang », accuse-t-il, avant d’annoncer qu’il retire la police de la lutte antidrogue et la remplace par l’armée. Décision qu’il annulera un mois plus tard en prévenant les policiers qu’il sera impitoyable : « Si vous faites une erreur, vous mourrez. C’est certain. »

    Le 20 février 2017, cinq mois après l’audition de Matobato au Sénat, le témoignage d’un autre membre de l’escadron de la mort de Davao accable Duterte. Ancien policier désormais à la retraite, Arthur Lascanas, que Matobato avait désigné comme son chef, mais qui avait jusqu’alors refusé de répondre à la Commission des droits de l’homme comme à la commission sénatoriale, accepte de parler.

    Escorté de trois avocats, il énumère lors d’une conférence de presse une série d’assassinats commis à Davao sur l’ordre de Duterte, soit pour éliminer des opposants, soit pour combattre des délinquants présumés. Et révèle qu’il a lui-même abattu ses deux frères, impliqués dans le trafic de drogue « par loyauté aveugle envers Duterte ». « Qu’on les enterre ou qu’on les jette à la mer, on était toujours payés par le maire », confie-t-il. L’ancien policier-exécuteur raconte aussi avoir touché l’équivalent de 56 000 euros pour tuer en 2003 un journaliste de radio, Jun Pala, qui déplaisait au maire.

    La riposte de Duterte arrive trois jours plus tard. Le 23 février, Leila de Lima annonce qu’un mandat d’arrêt a été émis à son encontre pour avoir orchestré, lorsqu’elle était ministre de la justice, un réseau de trafic de drogue destiné à financer ses activités politiques. Le lendemain, elle est arrêtée dans son bureau du Sénat et transférée sous bonne garde au Camp Crame, quartier général de la police.

    Les accusations, selon les déclarations du ministre de la justice à la presse, seraient fondées sur les témoignages de plusieurs parrains du trafic de drogue, détenus à la prison de New Bilibid. Ils auraient admis avoir versé des dizaines de milliers de dollars à Leila de Lima en échange d’améliorations substantielles de leur sort en prison. Version jugée « honteuse » et « extravagante » par les familiers de la sénatrice et les organisations de défense des droits de l’homme. Surtout pour ceux qui ont en mémoire la campagne qu’elle avait conduite contre la corruption dans cette même prison et qui connaissent son mode de vie assez modeste. « Elle n’est même pas propriétaire de son appartement », constate un journaliste de ses amis.

    […] En arrêtant Leila de Lima, le président Duterte étend sa “guerre à la drogue“ des pauvres des villes vers le législatif. Ce n’est pas seulement le Congrès, mais les autres piliers de la démocratie philippine, depuis la presse jusqu’au pouvoir judiciaire, qui doivent aujourd’hui s’inquiéter. » Selon les journaux philippins critiques à l’égard de Duterte, le « dossier » destiné à détruire Leila de Lima a été échafaudé depuis des mois avec la complicité de plusieurs barons de la drogue actuellement détenus, à qui l’on a promis une réduction de peine ou la restauration de leurs anciens privilèges de « prisonniers VIP » en échange de « témoignages » accablants contre la sénatrice.

    Le quotidien Inquirer a ainsi publié, au lendemain de l’arrestation de la sénatrice, le contenu d’un mémo confidentiel adressé le 9 décembre 2016 au directeur général des services pénitentiaires par le
    conseiller juridique de cette administration. Le haut fonctionnaire y explique que des policiers et des agents des services pénitentiaires ont avoué avoir laissé entrer des téléphones, des téléviseurs, des climatiseurs, des ordinateurs dans la prison sur l’ordre du ministre de la justice Vitaliano Aguirre II en personne, en récompense des témoignages que les détenus avaient fournis à des enquêteurs du Congrès...

    Merci Slash.

    19/03/2017 19:14:43 - permalink -
    - https://www.mediapart.fr/journal/international/060317/philippines-le-president-duterte-jette-en-prison-son-opposante
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