La cryptozoologie est plus compliquée qu'il ne parait. Si tous les récits de monstres marins mystérieux n'étaient que des racontars de vieux marins ivres au bistrot du port, si toutes les histoires d'animaux étranges au cœur de la jungle n'étaient que des inventions d'indigènes ignorants, forcément ignorants, tout serait plus simple. On classerait tout cela au rayonnage des mythes, amusants et distrayants sans doute, mais indignes d'une vraie étude scientifique. Mais la cryptozoologie peut apporter des surprises. Bien sûr, il est rare que la bestiole citée dans les légendes existe vraiment. Mais son étude scientifique peut mener à des découvertes bien réelles. Les pieuvres gigantesques n'existent pas, mais le calmar géant (bien moins cité dans les légendes) était réel. Les mystérieux hommes-singes perdus au fin fond de l'Afrique sont de « simples » chimpanzés, mais ces chimpanzés montrent une variété de physiques et de cultures bien plus grande que ce qu'on croyait.
Activer la communication entre le presse papier de ta machine locale avec celui du winwin server sur lequel t'es connecté en RDP avec rdesktop : -r clipboard:CLIPBOARD.
Interrogé par France Bleu, son directeur de campagne, David Rachline, assure que Marine Le Pen ne renoncera pas à ses ambitions présidentielles, même si elle est mise en examen dans cette affaire. Ce dernier semble omettre que la candidate frontiste n'est pas visée par une mais quatre enquêtes, et que d'autres affaires pourraient plomber sa campagne. […]
Les assistants "fantômes" au Parlement européen
A l'issue de son enquête, l'Olaf a sommé Marine Le Pen de rembourser 339 000 euros à l'Union européenne. Cette somme correspond aux salaires versés à deux assistants depuis 2010 : Catherine Griset et Thierry Légier. La première, accessoirement ex-belle-sœur de Marine Le Pen, occupait, en plus de ses fonctions européennes, celles de responsable du secrétariat de la présidente du FN puis de cheffe de cabinet. Difficile de croire qu'elle travaillait en même temps à Bruxelles. Les enquêteurs n'ont trouvé aucun bail à son nom dans la capitale belge, ni aucune facture d'eau ou d'électricité. Quant à Thierry Légier, il était le garde du corps de Marine Le Pen en plus de son supposé emploi d'attaché parlementaire.
[…]
Le financement des campagnes électorales depuis 2011
Le Front national est soupçonné d'avoir mis en place des pratiques frauduleuses pour financer ses campagnes électorales depuis 2011. Dans le viseur des enquêteurs : un système de vase clos entre le FN, Jeanne – le micro-parti de Marine Le Pen – et la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, un proche de la présidente frontiste. Riwal est soupçonnée d'avoir vendu des kits aux candidats investis par le FN, contenant des tracts et des affiches, à des coûts largement surfacturés. Ces kits, imposés à tous les candidats frontistes, leur étaient fournis via le micro-parti Jeanne, qui leur prêtait l'argent nécessaire à cet achat avec un taux d'intérêt de 6,5%.
Comme le veut le code électoral, tous les frais de campagnes sont ensuite remboursés par l'Etat si le candidat obtient plus de 5% des voix. Les candidats remboursaient alors Jeanne, en incluant des intérêts. Le micro-parti de Marine Le Pen gagnait alors environ 1 000 euros par kit, selon Les Echos. A cela, s'ajoutent les bénéfices de Riwal dûs à la surfacturation des kits au préjudice final de l'Etat.
[…]
Le patrimoine sous-estimé de la famille Le Pen
Marine Le Pen et son père sont députés européens. A ce titre, ils sont tenus de transmettre des déclarations de patrimoine à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). L'autorité administrative les soupçonne d'avoir sous-évalué leur patrimoine détenu en commun, notamment leur propriété de Montretout à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Au total, cela représenterait plus d'un million d’euros pour Jean-Marie Le Pen et plusieurs centaines de milliers d’euros pour sa fille.
[…]
Les emprunts russes
En difficulté pour financer sa campagne, le Front national s'est tourné vers une banque russe pour souscrire à un emprunt de 9 millions d'euros en 2014. En s'appuyant sur un échange de textos entre un responsable du Kremlin et un proche de Vladimir Poutine, publié par des hackers, Mediapart pense avoir révélé en avril 2015 un lien entre le prêt russe du FN et le soutien du parti à la politique russe en Ukraine et en Syrie. Des faits qui viennent alimenter la thèse d'un financement du Front national par un Etat étranger, qui est évidemment interdit par le droit français.
LALA.
Un avis sur la partie numérique des programmes & propos des principaux candidats à l'élection présidentielle de 2017. « Par Guy Mamou-Mani,coprésident de l’ESN Groupe Open et ancien président de Syntec Numérique (de 2010 à 2016). Guy Mamou-Mani est également vice-président du Conseil National du Numérique (CNNum). » Il a également rejoint la campagne de Macron. ;)
Jusqu'à maintenant (par ordre chronologique des articles sur Silicon) :
Pour le contexte, voir : http://shaarli.guiguishow.info/?kyvqeA.
Parce que je ne désespère pas (encore) qu'ils comprennent leurs erreurs et qu'ils aient l'humilité nécessaire pour changer leur raisonnement… Que je suis naïf.
Sénateur Richard :
Bonjour,
Je vous écris en tant que citoyen. Je ne représente aucune structure (commerciale ou non).
J'ai lu le compte-rendu de la séance plénière du 07/02 et notamment la partie sur la ppl de réforme de la prescription pénale, ppl à laquelle je m'intéresse depuis ses débuts, car je considère que l'augmentation des délais de prescription est un vrai sujet de société qui nécessite une discussion de fond qui ne devrait pas être limitée aux seul-e-s parlementaires dans le cadre d'une ppl fort discrète.
Durant cette séance, vous avez déclaré : « Reste la question des infractions dites de presse, sur laquelle demeure une certaine confusion puisqu'il ne s'agit plus, en réalité, que des délits d'injure, de diffamation ou d'incitation à la haine commis sur internet par d'autres que des organes de presse. Si le délit est commis par un organe de presse, le délai de droit commun s'applique. ».
Justement, tout le problème est que certaines infractions de presse, comme l'injure et la diffamation, sont systématiquement utilisées comme première ligne de défense, comme diversion, dès la publication du moindre contenu, même si les faits sont avérés et que l'expression est de bonne foi. On le voit avec des journaux tels que Mediapart mais c'est également le cas au niveau citoyen. À titre d'exemple, je vous rappelle la situation vécue par Émilie Colin, citoyenne accusée de diffamation pour avoir publié le prénom+nom des négociateurs français du traité international ACTA. Et elle n'est pas un cas isolé. Systématiquement, ces journaux et ces personnes gagnent en justice, mais doivent en assumer le coût et notamment celui de la fatigue mentale. C'est pour cela que la remise en cause de l'équilibre trouvé dans la loi de 1881 me semble hautement préjudiciable et liberticide.
Sans compter que le délai de droit commun ne s'applique pas à un organe de presse tout numérique comme Médiapart, Reflets.info ou encore Arrêt sur Images. Or, comme l'a très justement exprimé le sénateur Assouline : « Pas moins de 140 entreprises de presse sont sur le net. [...] Aux États-Unis, des organes de presse papier sont déjà passés entièrement au numérique. Cela arrivera aussi en France. ». Cette distinction entre numérique ou non est anachronique.
Non, vous ne participez pas à légiférer exclusivement sur l'injure et la diffamation commises par d'autres que des organes de presse. Cela ne change-t-il pas tout et ne doit-il pas amener le législateur à plus de prudence et de hauteur intellectuelle ?
Je refuse de participer à créer un monde inacceptable dans lequel seules les personnes les plus solides mentalement peuvent prendre le risque de s'exprimer. Je refuse de participer à créer un monde dans lequel tout organe de presse doit s'accoler à un cabinet d'avocats, ce que ne pourront faire que les plus gros, ce qui nuit à la pluralité des médias (qui permet l'existence de journaux locaux citoyens). La liberté d'expression est l'un des piliers fondamentaux de la démocratie.
Cordialement.
Sénateur Détraigne :
Bonjour,
Je vous écris en tant que citoyen. Je ne représente aucune structure (commerciale ou non). J'ai contacté votre permanence par téléphone en début de semaine.
J'ai lu le compte-rendu de la séance plénière du 07/02 et notamment la partie sur la ppl de réforme de la prescription pénale, ppl à laquelle je m'intéresse depuis ses débuts, car je considère que l'augmentation des délais de prescription est un vrai sujet de société qui nécessite une discussion de fond qui ne devrait pas être limitée aux seul-e-s parlementaires dans le cadre d'une ppl fort discrète.
Durant cette séance, vous avez tout d'abord déclaré : « À la différence d'un écrit publié sur un support papier, un message peut être publié une première fois sur un réseau social, puis reproduit des mois plus tard sans que la jurisprudence puisse distinguer ces infractions. »
Cela dépend et votre analyse me paraît bien rapide et approximative. Reproduit par le même auteur ou non ? Publié auprès d'un public nouveau ou non ? Un lien ou une reproduction complète ? Lorsqu'il s'agit de papier, la jurisprudence fait la différence entre une réimpression et une réédition : qui est l'auteur ? Quelle est sa volonté ? Est-ce une diffusion élargie de son cercle initial ? Etc. Il en va de même lorsqu'il s'agit de numérique : un lien par un même auteur lance un nouveau délai de prescription. Une reproduction complète auprès d'un public nouveau constitue une nouvelle infraction avec son délai de prescription propre. Un retweet est une diffusion de l'information, pas forcément la marque de l'approbation du contenu retweeté : il est nécessaire de pouvoir lire et diffuser des idées contraires aux siennes afin de se forger un esprit critique et de faire émerger un débat public constructif.
Les juges ont su transposer la jurisprudence du papier au support numérique. Il m'apparaît inutile de légiférer une fois de plus pour créer un cas d'exception dans une loi qui se propose de les réduire.
Ensuite, vous avez déclaré : « Étendre la prescription est essentiel pour protéger le droit à un recours effectif, cela laissera le temps d'identifier, auprès d'hébergeurs situés à l'étranger, l'auteur du délit qui est souvent un anonyme. »
Vous mettez ici en évidence quelque chose d'intéressant sous couvert de termes erronés. L'étranger à bon dos ! Des sites web qui ont pignon en France, comme Facebook, jouent sur les deux tableaux en se réclamant du statut neutre d'intermédiaire technique (pour échapper aux contraintes du statut d'éditeur) alors qu'ils veulent, en même temps, disposer des largesses que procure le statut d'éditeur. Les avantages sans les contraintes, en somme. Cela n'a rien à voir avec la loi de 1881. Le sénateur Assouline l'a exprimé (même si c'est d'une façon maladroite qui peut conduire à du n'importe quoi législatif) : « Les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, voilà ceux qu'il faut encadrer : les hébergeurs, trop souvent, se lavent les mains des infractions commises sur leurs réseaux ! Pas touche à la liberté de la presse ! ».
Pensez-vous vraiment qu'un délai de prescription bancal qui pénalise le plus grand nombre (la loi de 1881 protège la liberté d'expression de chaque citoyen-ne) procurera vraiment le temps nécessaire à l'identification du cas minoritaire d'un auteur anonyme qui publie sur un site web qui ne coopère pas avec les autorités ?
Sans compter que, selon les cas, on peut attaquer des propos prescrits selon la loi de 1881 pour dénigrement et atteinte à l'image.
Quand j'évoque la nécessité de protéger le plus grand nombre, je pense aux nombreux cas où certaines infractions de presse, comme l'injure et la diffamation, sont systématiquement utilisées comme première ligne de défense, comme diversion, dès la publication du moindre contenu, même si les faits sont avérés et que l'expression est de bonne foi. On le voit avec des journaux tels que Mediapart mais c'est également le cas au niveau citoyen. À titre d'exemple, je vous rappelle la situation vécue par Émilie Colin, citoyenne accusée de diffamation pour avoir publié le prénom+nom des négociateurs français du traité international ACTA. Et elle n'est pas un cas isolé. Systématiquement, ces journaux et ces personnes gagnent en justice, mais doivent en assumer le coût et notamment celui de la fatigue mentale. C'est pour cela que la remise en cause de l'équilibre trouvé dans la loi de 1881 me semble hautement préjudiciable et liberticide.
Je refuse de participer à créer un monde inacceptable dans lequel seules les personnes les plus solides mentalement peuvent prendre le risque de s'exprimer. Je refuse de participer à créer un monde dans lequel tout organe de presse doit s'accoler à un cabinet d'avocats, ce que ne pourront faire que les plus gros, ce qui nuit à la pluralité des médias (qui permet l'existence de journaux locaux citoyens). La liberté d'expression est l'un des piliers fondamentaux de la démocratie.
Cordialement.
Sénateur François-Noël Buffet :
Bonjour,
Je vous écris en tant que citoyen. Je ne représente aucune structure (commerciale ou non).
J'ai lu le compte-rendu de la séance plénière du 07/02 et notamment la partie sur la ppl de réforme de la prescription pénale, ppl à laquelle je m'intéresse depuis ses débuts, car je considère que l'augmentation des délais de prescription est un vrai sujet de société qui nécessite une discussion de fond qui ne devrait pas être limitée aux seul-e-s parlementaires dans le cadre d'une ppl fort discrète.
Durant cette séance, vous avez tout d'abord déclaré : « Un message publié sur internet peut être partagé et diffusé bien plus largement que sur un magazine. Le trouble à l'ordre public est bien plus grand. »
Il s'agit d'une fausse croyance largement répandue : avec Internet, tout le monde n'est pas devenu une star, une personnalité mondialement connue. Un article sur mon blog personnel est 400 fois moins lu qu'un article dans le Canard Enchaîné ! La force de diffusion de mon Twitter est très largement inférieure à celle de n'importe quelle station de radio ou TV ! Ces supports traditionnels avec plus d'audience ne sont pas exempts de défauts. Exemple : les divertissements qui volent bas et qui regorgent d'atteintes au respect de la personne humaine. Pourtant, le législateur veut leur octroyer un délai de prescription moindre. Quelle est la logique ?!
Ensuite, vous avez déclaré : « On dit qu'internet facilite l'information des victimes, mais un message faux, injurieux, diffamant, attentatoire à la vie privée peut être publié sur un blog confidentiel avant que des mois plus tard, des dizaines voire des centaines de tweets ou de posts Facebook ne pointent un lien vers cet article. »
Tout comme je peux ressortir de vieilles coupures de presse, de vieux dossiers, comme le font régulièrement les journalistes et les humoristes politiques. Exemple : l'entrevue passée de Mme Fillon.
De plus, rares sont les « blogs confidentiels » (qui de surcroît connaîtraient un intérêt soudain seulement quelques mois plus tard), qui échapperaient à un système d'alerte automatique.
Enfin, selon les cas, on peut attaquer des propos prescrits selon la loi de 1881 pour dénigrement et atteinte à l'image.
Ensuite, vous avez ajouté : « qu'aucun écrit ne disparaît d'internet. »
Ce n'est pas pour autant qu'un écrit apparaît sur l'écran d'un-e citoyen-ne comme par enchantement, il faut le chercher, tout comme la vieille coupure de presse ou la vieille entrevue journalistique filmée. De plus, produire du contenu récent qui parle de nous "éloigne" systématiquement les contenus plus anciens dans les résultats de recherche. Illustration : cherchez le prénom+nom d'un-e élu-e actif-ve, Alain Juppé, par exemple : les premières pages de résultats ne font pas état de sa condamnation judiciaire passée. Pour trouver cette information, il faudra délibérément utiliser les bons mots-clés. Il en va de même pour un-e citoyen-ne. Dès lors, quelle différence avec un-e passionné-e d'une thématique qui ressortira de vieilles coupures de presse papier quand l'occasion se présentera, de même que la presse papier refait sortir les vieux dossiers régulièrement ?
Pour continuer, vous avez affirmé : « Le délai d'un an reste inférieur au droit commun, et le Conseil juge que le principe d'égalité ne fait pas obstacle à ce que des situations différentes soient soumises à des règles différentes. ».
C'est vrai, mais le même Conseil constitutionnel a aussi statué, dans sa décision 2004-496-DC que vous évoquez ici, qu'il ne faut pas que cette différence de traitement dépasse la mesure de ce qui est nécessaire pour prendre en compte la situation particulière qui justifie la différence de traitement. Je ne suis pas du tout convaincu que les spécificités du numérique (pas celles que vous lui prêtez, non, les factuelles) justifient un délai de prescription d'une année.
Enfin, vous avez déclaré : « Le support numérique modifie la diffusion de l'information. Voulons-nous protéger les journalistes ou les victimes de diffamation ? ».
Pour ma part, je veux que nous protégions les trois : le journaliste, le-a citoyen-ne qui s'exprime et les victimes de délits de la presse ! C'est le principe d'un équilibre et je pense que la loi de 1881 a trouvé le bon et qu'il est nullement remis en question par le numérique.
Quand j'évoque la nécessité de protéger également les journalistes et les citoyen-ne-s qui s'expriment, je pense aux nombreux cas où certaines infractions de presse, comme l'injure et la diffamation, sont systématiquement utilisées comme première ligne de défense, comme diversion, dès la publication du moindre contenu, même si les faits sont avérés et que l'expression est de bonne foi. On le voit avec des journaux tels que Mediapart mais c'est également le cas au niveau citoyen. À titre d'exemple, je vous rappelle la situation vécue par Émilie Colin, citoyenne accusée de diffamation pour avoir publié le prénom+nom des négociateurs français du traité international ACTA. Et elle n'est pas un cas isolé. Systématiquement, ces journaux et ces personnes gagnent en justice, mais doivent en assumer le coût et notamment celui de la fatigue mentale.
Je refuse de participer à créer un monde inacceptable dans lequel seules les personnes les plus solides mentalement peuvent prendre le risque de s'exprimer. Je refuse de participer à créer un monde dans lequel tout organe de presse doit s'accoler à un cabinet d'avocats, ce que ne pourront faire que les plus gros, ce qui nuit à la pluralité des médias (qui permet l'existence de journaux locaux citoyens). La liberté d'expression est l'un des piliers fondamentaux de la démocratie.
Cordialement.
Il y a plus d'un an maintenant, je cherchais à expliquer ceci :
$ for i in `seq 1 254`; do echo -n ".$i:"; mtr -r -c1 89.234.141.$i | grep "8.|"; done
.1: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.7 17.7 17.7 17.7 0.0
.2: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.7 17.7 17.7 17.7 0.0
.3: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.4: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.5: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.6: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.7 17.7 17.7 17.7 0.0
.7: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.8: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.5 17.5 17.5 17.5 0.0
.9: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.9 17.9 17.9 17.9 0.0
.10: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
[…]
.50: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.5 17.5 17.5 17.5 0.0
.51: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.52: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.7 17.7 17.7 17.7 0.0
.53: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.7 17.7 17.7 17.7 0.0
.54: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.55: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.56: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.7 17.7 17.7 17.7 0.0
.57: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.58: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.7 17.7 17.7 17.7 0.0
.59: 8.|-- hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 1 17.6 17.6 17.6 17.6 0.0
.60: 8.|-- hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 1 17.8 17.8 17.8 17.8 0.0
[…]
Que constate-t-on ? Que le 8e saut d'un traceroute/mtr depuis un point de départ non communiqué et à destination de n'importe quelle adresse IPv4 d'ARN est l'un des deux routeurs de l'association. On pose l'hypothèse que le routage entre ce point non communiqué et ARN ne change pas durant l'exécution de la boucle (j'ai vérifié que c'était bien le cas). Pourtant BGP, le protocole de routage entre opérateurs réseaux repose sur un algorithme déterministe à état fini : à un même instant T, une seule route est proposée par BGP pour insertion dans la table de routage globale. Donc, si le routage entre la source et ARN ne change pas, on devrait toujours entrer dans le réseau d'ARN par le même routeur, celui qui a monté sa session BGP avec le transitaire en premier (c'est le 9e critère de l'algorithme BGP en cas d'égalité).
Vu qu'en interne ARN travaille uniquement avec des routes /32, on pourrait penser qu'en plus de notre /24, nous annonçons malencontreusement tous nos /32 à nos transitaires. Ceci expliquerait pourquoi le routeur Cogent sait où envoyer les paquets pour chaque adresse. Après double vérification, ce n'est pas le cas. On pourrait penser que nos sessions BGP passent leur temps à flapper (monter->tomber->monter->tomber->etc.) et que le routeur en face prend la route de la plus vieille session BGP à chaque fois, mais ce n'est pas le cas, nos sessions BGP sont stables.
À l'époque, je n'ai pas su trouver les bons mots clés pour obtenir une réponse sur un moteur de recherche donc j'ai laissé cette réflexion de côté. Très récemment, guerby m'annonce l'arrivée d'un deuxième port 10G chez le FAI associatif toulousain tetaneutral.net. Il m'explique que Cogent propose, au choix, une agrégation des ports au niveau 2 (protocole LACP normalisé et largement utilisé) ou deux ports séparés, avec des IP d'interconnexion différentes et une session BGP supplémentaire puisque Cogent active BGP multipath. Dans les deux cas, la charge serait répartie sur les 2 ports entre l'unique routeur de tetaneutral.net et l'unique routeur Cogent@Toulouse. Ça m'interpelle, je lui raconte le constat ci-dessus et il m'indique que c'est très probablement BGP multipath qui produit cet effet.
Derrière BGP multipath se cache Equal-Cost Multi-Path (ECMP), une norme qui décrit comment un même routeur peut transférer des paquets vers une destination donnée à travers plusieurs liens physiques. L'idée est de répartir la charge entre plusieurs liens physiques. Concrètement, cela signifie qu'il y a deux next-hop dans une même entrée d'une table de transfert (FIB). Les paquets sont envoyés sur un lien ou sur un autre en fonction du résultat d'une fonction de hachage qui porte sur l'interface réseau source, le numéro du protocole au-dessus d'IP, l'IP source et l'IP destination. Pour une explication détaillée de comment cela fonctionne sous Linux, je recommande la lecture de cette page : Equal Cost Multipath Load Sharing - Hardware ECMP - Cumulus Linux 3.2.1 - Cumulus Networks. Partant de là, tous les protocoles de routage peuvent proposer une route multi next-hop à l'export dans la table de routage globale. Exemple : le logiciel de routage BIRD implémente cela pour BGP, OSPF et RIP. Pour BGP, cela consiste à considérer égales les routes identiques qui parviennent jusqu'à l'étape 8 de l'algorithme (on ne compare donc pas l'ancienneté de la session ni le router-id).
Depuis sa version 1.6, le logiciel de routage BIRD implémente BGP multipath. Pour l'utiliser (ainsi qu'OSPF et RIP multipath), il suffit d'ajouter la directive merge paths dans le protocole kernel. Comme on l'a vu, il faut également que le noyau implémente ECMP. C'est le cas pour Linux et le noyau packagé dans Debian est compilé avec l'option KiVaBien :
$ grep "CONFIG_IP_ROUTE_MULTIPATH" /boot/config-3.16.0-4-amd64
CONFIG_IP_ROUTE_MULTIPATH=y
Forcément, j'ai testé en reproduisant la topologie d'ARN (un routeur « transitaire » et deux routeurs internes à l'asso, « router1 » et « router2 »). Sur le routeur « transitaire », au sein de la CLI de BIRD, aucun changement n'est visible :
bird> sh route
198.19.0.0/24 via 198.18.0.2 on eth1 [bgp_router1 12:01:16] * (100) [AS64512i]
via 198.18.0.3 on eth1 [bgp_router2 12:01:22] (100) [AS64512i]
Mais la différence apparaît bien dans la table de routage globale :
$ ip r sh
198.19.0.0/24 proto bird
nexthop via 198.18.0.2 dev eth1 weight 1
nexthop via 198.18.0.3 dev eth1 weight 1
Un ping depuis la machine « transitaire » et un tcpdump sur chaque « router » permet de mettre en évidence que le noyau Linux de la machine « transitaire » répartie chaque message ICMP echo-request sur chaque routeur. Sur router1 :
12:06:32.915176 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 2, length 64
12:06:34.930501 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 4, length 64
12:06:36.946371 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 6, length 64
12:06:38.962698 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 8, length 64
12:06:40.979035 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 10, length 64
[…]
Sur router2 :
12:06:32.500424 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 1, length 64
12:06:34.514644 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 3, length 64
12:06:36.530591 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 5, length 64
12:06:38.546779 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 7, length 64
12:06:40.562058 IP 198.18.0.1 > 198.19.0.1: ICMP echo request, id 2206, seq 9, length 64
[…]
Même chose en UDP. En revanche, en TCP, Linux implémente l'algorithme proposé dans le RFC 2992 et prend aussi en compte le port destination comme entrée de la fonction de hachage. Cela signifie que chaque paquet d'une même connexion TCP passera toujours par le même lien c'est-à-dire que le routeur a une vision « par flot/connexion » au lieu de « par paquet ». Cela a pour objectif de ne pas mélanger des liens qui auraient une MTU ou une latence trop différente car cela aurait des effets curieux sur les connexions TCP. :P
Je retiens donc que Cogent active BGP multipath par défaut sur ses routeurs. En revanche, Interoute, autre transitaire d'ARN, ne le fait pas :
$ for i in `seq 1 254`; do echo -n ".$i:"; mtr -r -c1 -z -b -w 89.234.141.$i | grep "8. AS"; done
.1: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 15.5 15.0 14.6 15.5 0.0
.2: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 14.9 15.1 14.5 15.6 0.0
.3: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 15.2 14.9 14.6 15.4 0.0
.4: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 14.8 15.0 14.6 15.4 0.0
.5: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 14.7 15.0 14.5 15.6 0.0
.6: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 19.6 15.5 14.6 19.6 1.4
.7: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 14.9 15.0 14.3 15.5 0.0
.8: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 15.3 15.0 14.4 15.3 0.0
.9: 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 14.8 14.8 14.5 15.3 0.0
.10 8. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 10 15.3 14.9 14.4 15.4 0.0
[…]
Merci à Alarig pour la fourniture de ces mtr. :)
En effet, hwhost-1 est bien le routeur d'ARN qui a la plus vieille session BGP établie avec Interoute.
ÉDIT DU 02/05/2017 À 23H25 : Après une demande au support effectuée hier, Interoute a activé BGP multipath et nous envoie les paquets sur nos deux routeurs :
% mtr 89.234.141.1
[…] Packets Pings
Host Loss% Snt Last Avg Best Wrst StDev
1. 172.20.44.1 0.0% 16 0.3 0.3 0.2 0.5 0.0
2. ???
3. lag-107.ncren201.Rennes.francetelecom.net 86.7% 16 1.8 1.7 1.6 1.8 0.0
4. ae43-0.niidf301.Paris.francetelecom.net 0.0% 16 4.6 5.1 4.6 5.9 0.0
5. ae40-0.niidf302.Paris.francetelecom.net 0.0% 16 5.2 5.2 4.7 5.8 0.0
6. 193.252.137.78 0.0% 16 5.4 9.8 5.3 13.9 2.4
7. 21stcentury.GW.opentransit.net 0.0% 15 12.3 12.8 12.2 15.0 0.5
8. ae0-0.par-gar-score-2-re0.interoute.net 0.0% 15 5.9 5.8 5.1 7.2 0.4
9. hwhost-1.arn-fai.net 0.0% 15 14.9 14.6 14.2 15.3 0.0
10. hwhost-2.arn-fai.net 0.0% 15 14.4 14.6 14.0 15.3 0.0
11. vpn-end.arn-fai.net 0.0% 15 14.3 14.9 14.3 15.4 0.0
% for i in `seq 1 254`; do echo -n ".$i:"; mtr -r -c1 -z -b -w 89.234.141.$i | grep "9. AS"; done
.1: 9. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 1 14.8 14.8 14.8 14.8 0.0
.2: 9. AS60630 hwhost-2.arn-fai.net (89.234.141.132) 0.0% 1 15.7 15.7 15.7 15.7 0.0
.3: 9. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 1 14.3 14.3 14.3 14.3 0.0
.4: 9. AS60630 hwhost-2.arn-fai.net (89.234.141.132) 0.0% 1 14.9 14.9 14.9 14.9 0.0
.5: 9. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 1 14.9 14.9 14.9 14.9 0.0
.6: 9. AS60630 hwhost-2.arn-fai.net (89.234.141.132) 0.0% 1 14.8 14.8 14.8 14.8 0.0
.7: 9. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 1 15.0 15.0 15.0 15.0 0.0
.8: 9. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 1 14.4 14.4 14.4 14.4 0.0
.9: 9. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 1 14.5 14.5 14.5 14.5 0.0
.10: 9. AS60630 hwhost-1.arn-fai.net (89.234.141.131) 0.0% 1 15.0 15.0 15.0 15.0 0.0
[…]
FIN DE L'ÉDIT DU 02/05/2017.
« Les Surligneurs » est un projet issu du centre de recherches en droit public Versailles Institutions Publiques (VIP), sans qui le site ne pourrait exister. […]
Lancé en janvier 2017, le site est le résultat d’un double constat.
Le premier : la diffusion, volontaire ou non, d’approximations voire d’erreurs juridiques par des personnalités publiques affaiblit sans conteste la qualité du débat démocratique. La multiplication d’entreprises de vérification de faits (« fact checking ») à l’initiative de médias ne permet malheureusement pas d’enrayer cette tendance à ce que certains nomment désormais la « politique post-vérité ».
Le second : les chercheurs en droit sont peu présents dans le débat public, comme l’a montré le professeur Lauréline Fontaine. Or, les chercheurs de l’université bénéficient d’un crédit qui peut être utilement mis au service du débat public.
[…]
Les Surligneurs ont donc vocation à permettre à des universitaires de se prononcer sur les propos tenus par des personnalités publiques. Les Surligneurs ne sont cependant ni des correcteurs, ni des censeurs. L’objet des contributions est de préciser, affiner, éclairer, parfois contredire un propos touchant au droit. Du legal checking, en somme.
Je pense que nous avons grandement besoin de ce genre de contributions pour éclairer le débat public. Je soutiens vivement ce projet. < 3
Site web qui recense la position des député-e-s européen-ne-s sur le CETA, par pays, par groupe politique, etc. et qui propose d'envoyer, facilement, un mail aux indécis-e-s afin de leur demander de s'engager à voter contre cet accord commercial délétère dans tous les domaines (agriculture, santé, "propriété intellectuelle", protection de la vie privée et données personnelles, etc.) : harmonisation par le bas des normes, justice privée parallèle, ultra-libéralisme (compétitivité, concurrence accrue,…), etc. Accord négocié en secret sinon c'pas drôle. CETA, c'est la même merde que d'habitude, quoi. :/
Je trouve cet outil très bien fait et le mail qui sera envoyé me paraît plus approprié que celui des précédentes campagnes.
La Quadrature nous informe :
Dans la foulée de l'élection houleuse d'Antonio Tajani à la tête du Parlement européen et à l'approche d'élections majeures aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, les rapports de force et les positions des groupes politiques de l'institution se transforment et rendent difficilement prévisible l'issue du vote. Sans surprise, la plupart des conservateur·rice·s (PPE et CRE) et des centristes (ADLE) semblent acquis·es à CETA, tandis que les groupes des écologistes (Verts/ALE), de la gauche unitaire (GUE/NGL) et des nationalistes (ENL) s'y opposent. Le groupe décisif qui pourra faire basculer le vote sera donc celui des sociaux-démocrates (S&D), divisé sur la question : alors que les élu·e·s allemand·e·s du groupes sont favorables à CETA, les élu·e·s français·es affichent leur opposition – pendant que leurs collègues de l'Assemblée nationale affinent leurs convictions. […]
Je vous propose donc qu'on se bouge avant le vote du 15 février au Parlement européen. :)
Via https://www.laquadrature.net/fr/finissons-en-definitivement-avec-CETA
La communauté en vert de Marine Le Pen se retrouve ainsi totalement à l’écart des échanges, et c’est le compte @Elyseemarine qui sert de relais, plus que celui des élus. Si le compte twitter d’Emmanuel Macron a une meilleure position, ce sont clairement les comptes de @JLMelenchon et @JLM_2017 qui sont les plus centraux.
Les positions de Mélenchon se diffusent le plus largement. Mais la discussion ne fait pas le vote. ;) Un des biais peut être, comme cette analyse y fait référence, le fait que Le Pen et Macron ont été diffusés en intégralité sur 4 médias de grande écoute là où Mélenchon et Hamon n'ont eu que des miettes, ce qui a pu provoquer un report sur d'autres supports.
A noter que les communautés des trois candidats sont relativement semblables en volume : celle de Marine Le Pen correspond à environ 14 % du total des comptes, celle d’Emmanuel Macron à 12,3 % et celle de Jean-Luc Mélenchon à 13 % des comptes twitter.
Gephi permet également d’afficher les comptes twitter en fonction de leur activité et notamment des mentions qu’ils font d’autres comptes. Cette cartographie des comptes très actifs fait apparaître une autre communauté en rose, la plus importante avec 20 % du total des comptes du corpus : [ NDLR : des comptes twitter de médias, d’activistes et satiriques ]
Donc beaucoup de tweets sont des piques, de la dérision, des réactions outrées. Macron est particulièrement visé.
Le top tweets contient avant tout des piques destinées aux candidats, leur propagande à l’occasion des meetings a donc été détournée par les twittos, ce que l’on retrouvait mais moins fortement pendant les primaires de la gauche. Attention donc aux analyses uniquement en terme de volumes, car une part non négligeable des mentions des politiques vient de leurs critiques.
[…]
Une autre option intéressante proposée par Visibrain est l’export des relations entre les hashtags. On retrouve les 3 communautés militantes mobilisées, néanmoins sur ces hashtags on peine à trouver des idées spécifiques.
En résumé, les candidats ont des thématiques propres : #lafranceenmarche, la #franceinsoumise, ou encore #aunomdupeuple, qui apparaissent comme des slogans sans substance ni proposition marquante. C’est d’ailleurs sans doute ce qui explique pourquoi aucune de leurs communautés ne s’est vraiment distinguée sur twitter, à l’exception de Mélenchon avec son hologramme. Cette incapacité à diffuser et faire discuter ses propositions sur Twitter est d’autant plus remarquable au regard de la propension de B. Hamon et de ses soutiens à avoir réussi lors des débats de la Primaire de la gauche à imposer et mobiliser autour de ses propositions, et notamment le #revenuuniversel, comme nous l’avons vu dans une précédente analyse. Communiquer est important, mais sans propositions, comment marquer et mobiliser les électeurs ?
Pire que la non mobilisation, cela met en exergue l'absence d'un projet de société qui se démarque et suscite un engouement du Peuple. Et c'est bien triste et ça sera lourd en conséquences.
[…] Et pourtant, dans cette «affaire Théo», du prénom de la victime, on a parfois l’impression, à lire des articles et des commentaires politiques, que ce qui rend tout cela vraiment scandaleux, c’est que Théo est un «type bien», qui «ne méritait pas ça». […]
On se pose des questions : s’il avait le casier judiciaire d’un dealer ou d’un voleur, cet homme aurait-il mérité d’être violé ? S’il avait fait de la prison, aurait-il reçu la visite du président de la République ? Lequel, dans sa grande bonté, a souligné que «Théo a réagi avec dignité et responsabilité». Et s’il avait été au contraire envahi par la colère et la rage, ce qui serait parfaitement compréhensible, serait-il moins digne d'être entendu ?
A trop souligner les «qualités» de Théo, on prend le risque de le faire passer pour une exception, le gentil noir, et de présenter son cas comme un acte isolé. Insister sur sa «gentillesse», c’est mettre du mascara sur le coquard d’une réalité française : celle des violences policières. Ces agressions aveugles, basées sur des préjugés racistes, ne s’embarrassent pas de savoir si un individu est digne d’un prix Nobel de la paix ou pas. Théo n’a pas besoin de circonstance atténuante et encore moins qu’on l’enferme dans le cliché colonial du bon noir sage, seulement coupable de n’être pas né sous la bonne étoile.
Gros +1.
[…] Saisi par un Français poursuivi pour avoir consulté des contenus djihadistes, notamment des chants, sur l’application Telegram, ce dernier a jugé que le code pénal, qui prévoit depuis le mois de juin de punir de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende le fait de « consulter habituellement » des sites Internet faisant l’apologie du terrorisme ou incitant à commettre de tels actes était contraire à la Constitution.
Le Conseil a d’abord rappelé, en préambule, que « la libre communication des pensées et des opinions » garantie par la Déclaration des droits de l’homme de 1789 « implique la liberté d’accéder » à Internet. Il a ensuite expliqué que toute disposition rognant sur cette liberté se devait d’être « nécessaire, adaptée et proportionnée ».
Nécessaire, la loi contestée ne l’est nullement, a noté le Conseil, égrenant les nombreuses dispositions constituant l’arsenal répressif, judiciaire comme administratif, dont s’est dotée la France, ces dernières années, pour lutter contre le terrorisme. […]
Le Conseil constitutionnel a aussi estimé que l’atteinte à la liberté de communication portée par ce délit n’est ni adaptée, ni proportionnée, puisqu’il « n’impose pas que [son] auteur ait la volonté de commettre des actes terroristes », pas plus qu’il adhère « à l’idéologie exprimée » sur ces sites. Autrement dit, et comme l’avait noté l’avocat François Sureau lors de son intervention devant le Conseil pour la Ligue des droits de l’homme, la loi contestée punit la « simple démarche intellectuelle ».
La loi prévoyait une exception lorsque la consultation habituelle était réalisée « de bonne foi ». Le Conseil a semble-t-il entendu les arguments de M. Sureau, qui a estimé lors de l’audience que la loi attaquée empêchait « le citoyen d’une démocratie de se former une opinion justifiée sur l’une des menaces les plus graves qui pèsent sur notre société, sur sa nature et sur ses formes », jetant « un pan entier de la liberté de penser […] dans l’ombre policière et répressive ». Les conseillers ont en effet balayé cette exception, jugeant qu’elle faisait « peser une incertitude sur […] l’usage d’Internet pour rechercher des informations ».
Sans compter :
Mais le Conseil constitutionnel a eu beau ausculter les travaux parlementaires : rien ne permet « de déterminer la portée que le législateur a entendu attribuer à cette exemption
[…]
[…] D’abord proposé en 2012 sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, après les attentats de Toulouse et Montauban, le délit de consultation habituelle de sites terroristes avait été vertement critiqué par le Conseil d’Etat, mais défendu par la droite, et finalement voté par les députés de gauche. Contre l’avis du gouvernement, il avait finalement pris place dans la loi sur la réforme pénale, promulguée en juin.
Pour une version synthétique, voir : Projet de loi sécurité publique : refusez ce débat expédié ! .
Le projet de loi sécurité publique a été examiné par chacune des chambres de notre Parlement. Il ne reste plus qu'un passage en commission mixte paritaire pour trancher les dernières divergences notamment sur l'extension de l'affaiblissement des conditions requises pour plaider la légitime défense aux forces de police municipale..
Là encore, ce texte envoie du lourd niveau atteintes aux libertés et droits fondamentaux. Je retiens :
On notera qu'il a suffit de 15 député-e-s présent-e-s en séance pour voter ce texte… PS + LR + FN sont du même avis.
Et comme d'habitude, cela se déroule dans un silence assourdissant.
Récemment, Fakir a fait un peu parler de lui parce que les Décodeurs du Monde, qui ont lancé un système de classement des sites d’infos (pour repérer les sites peu fiables, complotistes, etc.), l’ont classé en jaune, c’est-à-dire moyennement fiable. La justification ?
[...]
Déjà, on pourrait rétorquer que mettre dans la même catégorie les sites « orientés » et ceux qui publient des informations sans les vérifier, c’est un peu se foutre de la gueule du monde. Comme si les deux pratiques étaient à mettre au même niveau, comme si avoir une grille d’analyse politisée était équivalent à reprendre joyeusement des hoax à la chaîne. Mais passons.
Ce qui me fascine le plus, c’est l’accusation de « subjectivité ». Attention, soyons honnêtes, Fakir est bien « orienté » : le journal a clairement une culture de gauche avec des affinités ouvrières, syndicales et populaires. De même que je n’ai jamais caché la subjectivité assumée de mes différents blogs (plutôt bien à gauche également). Mais relever ainsi la subjectivité (assumée elle aussi) de Fakir, c’est sous-entendre en filigrane que les autres journaux, ceux classés en vert, sont « objectifs ». Et là, à mon sens, on touche du doigt le centre du problème avec la presse actuelle.
On a pas mal cité Valeur actuelles, qui est classé en vert alors que question politisation, il n’a rien à envier à Fakir sauf que lui est très à droite cette fois. Mais au-delà de ça : que Le Monde s’imagine objectif, ça m’inquiète beaucoup, d’autant plus que c’est un avis probablement partagé par pas mal de gens. Vous connaissez la rengaine : Libé c’est à gauche, Le Figaro à droite et Le Monde c’est « objectif ».
Sauf qu’il suffit de lire quelques articles du Monde avec un peu de recul pour se rendre compte qu’il est tout aussi politisé, orienté, guidé par une idéologie que tous les autres. Lorsque Le Monde donne pour titre « L’idée d’un rapprochement entre Hamon et Jadot fait son chemin » à un article dont le contenu aurait tout aussi bien pu inspirer le titre « Jadot refuse toute compromission pour une alliance avec Hamon », il est politique ; lorsque Le Monde titre « La primaire à gauche passée, Macron veut reprendre l’initiative », il est politique, il participe à infuser l’idée que Macron aurait quelque chose à voir avec la gauche, ce dont l’intéressé se défend lui-même à juste titre ; quand Le Monde titre « Le revenu universel, en attendant de s’attaquer aux vraies questions » comme si la problématique de l’organisation sociétale de l’emploi, du salaire et de la précarité n’étaient pas des vraies questions, il est politique.
Il n’y a pas plus subjectif que Le Monde et que les grands titres de presse en général, mais cette subjectivité est infiniment plus dangereuse que celle de Fakir parce qu’elle se donne l’apparence de l’objectivité. Tout le problème de l’idéologie dominante, c’est qu’on ne la perçoit même plus comme une idéologie. Ce qui permet de présenter tranquillement les tenants de cette idéologie comme des « réalistes », « pragmatiques » tandis que les autres seront de doux rêveurs, des utopistes voire même de dangereux extrémistes. Et cette rengaine est tellement martelée en permanence dans 90 % des médias qu’elle est totalement intégrée par leur public.
En cela, le succès de Macron est révélateur : la démonstration spectaculaire que n’importe quel technocrate aux dents longues peut arriver à 20 % dans les sondages tant qu’il soutient l’idéologie dominante, avec une belle gueule et un gros budget communication. Juste parce qu’à force de voir sa tronche partout, sur toutes les couvertures, dans toutes les unes, à force de le voir présenté comme un outsider crédible, la majorité finit par y croire. Comme une prophétie auto-réalisatrice, comme si un énarque, ex-banquier de Rothschild, ex-ministre de Hollande pouvait être une relève, un nouveau souffle politique.
Le succès de Macron m’inquiète presque plus que celui de Le Pen, parce que c’est la victoire du vide, de l’idéologie dominante définitivement acquise comme seule solution (cette chère Tina). Ce qui ne veut pas dire que je préférerais voir Le Pen au pouvoir que Macron, loin de là. Mais politiquement, Le Pen a au moins le mérite d’avoir une vision à long terme pour l’avenir. Une vision que je ne partage pas, une vision que je trouve souvent stupide voire même dangereuse, mais une vision quand même.
Oh, Macron n’a aucune vision à long terme, mais il a bel et bien un programme, ne nous y trompons pas. Le même que tous les responsables politiques depuis 30 ans. Productivité, flexibilité, « il n’y a rien de plus intéressant que travailler » (sic). Un exemple parmi d’autres ? Supprimer les cotisations sociales sur le SMIC – non, pas « les charges », arrêtez de parler le langage de l’ennemi. Ce qui revient à une baisse drastique de salaire. Oui, les cotisations, ce n’est pas de l’argent dans le vent, c’est du salaire indirect, c’est ce qui participe à votre niveau de vie. C’est ce qui participe à ce que la richesse créée profite à la société au lieu de partir dans le capital.
[…]
Attendez, pourquoi je parle au futur, moi ? Le détricotage du modèle social français est largement entamé. On passe déjà des heures aux urgences. Le personnel médical est déjà proche du burn-out généralisé. Nos gamins sont déjà dans des classes surchargées. Les écoles, collèges et lycées ressemblent déjà plus à des garderies qu’à des lieux d’apprentissage. Le retardement de plus en plus fort de l’âge de la retraite a commencé, sans fin prochaine annoncée, alors même que les vieux ne trouvent pas de boulot et que l’espérance de vie en bonne santé n’augmente plus. Ça vous plaît ? Eh bien faites-vous plaisir, continuez comme ça, votez pour Macron, le faux renouveau de la politique moisie, pour continuer à s’enfoncer tranquillement dans la merde, mais avec de jolis costards et des dents blanches. Ça change tout.
Macron a le vent en poupe parce que la presse permet aux jeunes adultes aisés en pleine forme de penser que la population française est constituée uniquement de jeunes adultes aisés en pleine forme. Les autres peuvent aller se faire foutre. « En marche » ou crève. Et Fakir, qui tente de redonner de la visibilité aux oubliés de la machine, parfois avec succès (Merci patron), aura droit à son tampon jaune. « Moyennement fiable ». Les Décodeurs, comme n’importe quelle manifestation d’opinion humaine, voit le monde à travers ses intérêts de classe. Ce qui est parfaitement acceptable si c’est assumé et dit. Ça ne l’est pas.
Et dans le même temps, la presse réussit le coup de force de ressusciter une énième fois le PS, qu’on devrait pourtant pouvoir enterrer une bonne fois pour toutes. Je suis sur le cul quand je vois le nombre de personnes sur les rézozozios qui, il y a deux mois, juraient de ne plus jamais voter PS et qui font maintenant les yeux doux à Hamon comme si tout avait changé. Mais Hamon, c’est le PS, c’est le parti de Hollande, de Valls, de Cazeneuve. Il a été ministre sous Hollande, puis comme député, il a voté ses lois de merde (comme la Loi Renseignement). Et ce seront les mêmes personnes que vous retrouverez avec lui (sauf ceux qui se seront barrés chez Macron, ce qui en dit long sur l’état du PS).
Oh, Hamon a « frondé », oui. À partir du moment où cette « fronde » ne mettait pas en danger son petit confort de député, en prenant bien soin de ne jamais risquer de faire passer une motion de censure. De la rébellion de pacotille à bon compte. Et c’est révélateur du tempérament du bonhomme : en un mois de campagne pour les primaires, il a reculé et modifié son discours 10 fois sur le revenu de base. Qu’on soutienne ou pas l’idée, peu importe, mais quand les renoncements commencent avant même le début de la campagne présidentielle, c’est quand même mal engagé. Et quand un type se dit « frondeur » sans arriver à tenir tête à Hollande (!) jusqu’au bout, ne vous attendez pas à ce qu’il tienne tête à qui que ce soit en cas de mandat présidentiel. Sauf au peuple, peut-être, parce que ça, on a l’appareil pour.
[…] Seulement soyez bien conscients de ce que ça veut dire : ça veut dire que quand vous, vous passez un samedi soir avec vos potes, ce sont des cadres de LVMH que Hamon reçoit chez lui. Ce sont des responsables d’une multinationale du luxe qui méprise les travailleurs français et détruit le travail en France en délocalisant à tout va (Merci Patron, encore). Hamon appartient à la même oligarchie que les autres.
On en revient au problème de la soi-disante objectivité : vous pensez sincèrement que Hamon peut rester « objectif » et favoriser les « petits » français au détriment de ses proches ? De ses amis ? De la personne qui partage sa vie ? […]
Restez critiques, restez en alerte. Parce que si les Décodeurs étaient vraiment honnêtes avec eux-mêmes, tous les journaux seraient en jaune, à commencer par Le Monde.
Chez l'ami Duke (http://dukeart.netlib.re/shaarli/?8pZrSw), on trouve aussi ça : http://www.les-crises.fr/quand-le-monde-ressuscite-l-index-de-l-eglise-catholique/ et http://www.les-crises.fr/le-decodex-du-monde-decode-du-travail-de-pro/ . J'en retiens :
Une bonne vulgarisation de ce que sont (et ne sont pas) le deep web, les darknets, le Marianas Web. J'en recommande vivement la diffusion dans l'espoir de ralentir la progression du bullshit autour de ces termes…
Le « Deep Web » désigne, selon ceux qui l’utilisent, tous les contenus Web qui ne sont pas indexés par les moteurs de recherche. On laisse ainsi entendre, que si ce n’est pas indexé, c’est caché, et si c’est caché, c’est que ça doit être pas joli-joli.
Or les moteurs de recherche, s’ils ont beaucoup évolué, ne sont pas omnipotents. De plus, il existe une flopée de raisons pour que des contenus Web ne soient pas indexés. Les pages sans liens entrants échappent aux robots d’indexation, certains formats de contenus sont ignorés par les moteurs de recherche, d’autres sont exclus ou dépréciés par les moteurs eux-même ou à la demande des éditeurs de sites (coucou, robots.txt), des données sont accessibles uniquement via une saisie de formulaire. Plus simplement, des parties de sites sont privées, protégées par des mots de passe et sont, par la même, inaccessibles aux robots d’indexation : applications et bases de données d’entreprise, espaces de discussion nécessitant une inscription, votre déclaration d’impôts, votre compte Google, vos messages privés sur les réseaux sociaux… La liste est sans fin. Vous éditez des billets de blog, des articles depuis une interface d’édition ? Vous consultez vos emails via une interface Web ? Bienvenu dans le « Deep Web ».
[…]
À l’origine, il y a environ 40 ans, on appelait un « dark net » un réseau connecté au réseau ARPANET (le prédécesseur d’Internet) mais qui, pour des raisons de sécurité, n’apparaissaient pas dans les listes publiques.
[…]
Suite à un nouveau glissement sémantique, le mot a commencé à être familièrement utilisé pour désigner peu ou prou tous les réseaux « superposés » à Internet (overlay networks) et intégrant des fonctions d’anonymisation. Ici, il faut lire l’expression « réseau superposé à Internet » comme une métaphore technique. Elle désigne les réseaux qui définissent leurs propres modalités de communication entre machines, tout en s’appuyant sur Internet pour transporter concrètement les informations entre elles. En clair, c’est toujours Internet.
Les plus connus de ces « dark nets » sont I2P, Freenet, ou le célèbre Tor). Ces outils d’anonymisation sont utilisés pour des activités parfois criminelles, mais aussi par des journalistes, des activistes, des lanceurs d’alerte et autres ressortissants de pays aux régimes peu recommandables. On le mentionne rarement, mais il y a également nombre de personnes « normales » qui en font usage pour échapper au traçage, à la surveillance, au harcèlement, ou pour se prémunir contre des violences conjuguales.
[…]
Nous l’avons vu, cette théorie des « niveaux de profondeur » d’Internet n’a pas grand sens, mais cela n’empêche ni de voir ses avatars plus ou moins grotesques (Deep Web, Darknet, etc.) refaire régulièrement surface (vous l’avez ?), ni certains de les documenter avec un formidable aplomb. Parmi ces concepts, le fantasmatique Marianas Web bat tous les records d’absurdité.
Perso, j'analyse cette fausse catégorisation sous le prisme du pouvoir sur autrui qu'elle procure : éclater un concept unique en sous-entités, inventer un terme pompeux adéquat et prétendre connaître ce qu'il recouvre permet d'avoir un pouvoir sur autrui : le pouvoir de savoir, le pouvoir de se sentir supérieur. À l'opposé de la diffusion de la connaissance, de ce que sont les réseaux d'anonymisation et ce qu'ils permettent, c'est une forme d'obscurantisme, de narcissisme technologique.
Le candidat Emmanuel Macr, quant à lui est un pur bijou de l’amnésie collective. Imaginez un instant qu’il vient de sortir de 2 ans d’activité intense au ministère de l’économie et se permet d’expliquer à qui mieux mieux comment il va redresser économiquement la France tout en améliorant la redistribution des richesses.
L’homme qui a pondu les lois travail les plus régressives, de précarisation généralisée des salariés, laissé le chômage continuer d’exploser, vient donner lui aussi la leçon sur la bonne gestion économique du pays. Son échec au ministère de l’économie, avec une faculté à appliquer une politique entièrement basée sur les demandes du MEDEF, devrait — si l’amnésie collective était moins forte — définitivement le discréditer. Sans compter que si cette politique pro MEDEF avait au moins « relancé l’économie » et fait grimper la croissance du PIB, il serait possible de suivre notre Macr dans ses délires de « baisse des charges » (les cotisation sociales) à venir, ou autre solutions pro-capital mises en œuvre depuis plus de 20 ans.
Mais non : l’économie n’est plus celle des années 80, et toutes les solutions du premier de la classe ont été déjà appliquées, sans succès. Ce qui ressort de ce candidat, est avant tout une capacité hors du commun à renier ses propres actions tout en recyclant les solutions qu’il a déjà appliquées… en comptant sur l’amnésie collective bien française pour réussir à faire avaler la pilule.
Sur Macron, je retiens aussi : Emmanuel Macron, le candidat de l’oligarchie et « La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler ! [...] Non, la jeunesse n'est pas que désespérée, y'en a une qui veut bosser ».
[...]
En gros, Ham n’a pas franchement de programme, mais des mesures qu’il a improvisées vite fait sur un coin de table d’une péniche parisienne pour séduire l’électorat qui ne supportait ni Valls ni Montebourg (les autres ne comptaient pas). Cet électorat est en grande partie : les cadres un peu bourgeois mais qui ne veulent pas l’assumer et sont « super concernés par l’état de la société vraiment trop injuste avec tous ces pauvres et ces précaires, mais laissez-moi faire fumer mon American Express. »
Une fois cette étape effectuée, Benoit Jambon Ham va tenter de séduire une partie des fans de Mélench, tout en se propulsant sauveur du PS, dernier rempart contre l’implosion finale du gros machin plein d’éléphants corrompus. Sorti de ces calculs électoralistes, Ham est un gentil escroc, disciple de Hollande : chez lui tout est promesses radicales ou synthèse douce, fonction du vent, du public, et des échéances. Son revenu universel est tout sauf inconditionnel, ni de base, il n’est en réalité qu’une sorte de « RSA jeunes » généralisé, qui — si plein de conditions sont réunies — pourrait s’appliquer à d’autres que les jeunes, mais plus tard. Sauf qu’un RSA, même filé à tout le monde, ça ne sert pas à grand chose. Ca ne modifie pas du tout la société en profondeur comme le véritable revenu universel pourrait le faire. Quelqu’un à certainement montré le revenu universel à Benoit, et Benoit a regardé le doigt de celui qui lui montrait. Un doigt très XXème siècle, que Benoit a pris pour une révolution du XXIème…
Je ne cite pas les paragraphes sur Fillon et Mélenchon car je pense que ce ne sont pas les angles d'analyse les plus pertinents.
Pour Fillon, j'ai déjà mis ça de côté : Fillon promet d’envoyer la gendarmerie à ceux qui s'opposent à son choc libéral, Qu'a vraiment dit François Fillon sur l'avortement ? et Comparateur des programmes des candidats à la primaire de la droite.
Pour Mélenchon, d'une part, je retiens le flou total (d'où l'absence de crédibilité à mes yeux) avec lequel il espère réformer la Constitution et passer en 6e République en prétendant que ça corrigera nombre de problèmes ou, à défaut, que ça sera moins pire qu'aujourd'hui (je ne veux de toute façon pas me contenter de moins pire, ça fait des décennies que l'on essaie en vain) : référendum (répondre « oui » ou « non » à l'intégralité d'un projet de Constitution = L-O-L), pas de garanties que les citoyen-ne-s fassent partie de l'assemblée Constituante (le programme officiel, trouvable en librairie, en pose la possibilité, sans plus), tromperie qui est celle de croire que l'on peut tout changer en changeant uniquement la Constitution alors que c'est le début du taff notamment car il faudra modifier les textes (loi, décrets, règlements) sous-jacents (du coup, quelles positions a-t-il sur ces textes sous-jacents et que propose-t-il pour les adapter ? Personne ne le sait). D'autre part, je retiens ses contradictions comme défendre un patriotisme économique farouche (que je trouve dangereux : l'isolement sur soi n'a jamais rien apporté, mais passons) tout en ayant recours à un logiciel américain, NationBuilder, pour son site web de campagne, ce qui est, pour moi, le marqueur d'une compromission pré-électorale (qu'est-ce que ça sera post-élection ?!).
ATTENTION : Ça date mais un extrait, qui résume très bien ce qu'est réellement l'innovation merdique qu'on nous vante sans cesse, attire mon attention
Il faut avouer que d’un point de vue technique, vu le nombre d’app équivalentes qui existent, on se demande bien ou est la rupture technologique de l’app Uber. Et c’est justement là le génie d’Uber : la disruption est ailleurs que dans la technologie en tant que telle. Elle est dans la capacité à balayer plein d’autres choses, issues du vieux monde ancien poussiéreux qui nous ennuie tant, comme : le code du travail et ses contrats pénibles avec sa protection sociale qu’un employeur offre normalement à une personne en lien de subordination, les règlementations toutes pourries sur les taxis, ces gros ringards qu’on aimerait bien désormais voir uniquement dans des films historiques. Et puis, cerise sur le gâteau de la disruption, la notation du client envers le chauffeur, qui, s’il n’a pas assez câliné ses clients, peut voir sa note baisser en dessous de 4,7/5 et se faire éjecter par son pseudo employeur disruptif, Uber, qui n’en est pas un, mais prend quand même 20% de comm pour chaque course (et a imposé désormais 25%). Génie !
Le barbare Uber a envahi plus 240 villes dans le monde avec son système de maquignon digital, et permis ainsi à des hordes de chômeurs ou de travailleurs pauvres de faire chauffeur pauvre à 15 heures par jour 6 ou 7 jours sur 7, sous pression de clients proprets, avides de confort et de « rupture digitale ». Ils sont nombreux, ces clients, à trouver Uber « formidable », et maudire tous ces taxis grognons et pas pratiques. Comme on les comprend. Ils ont en plus la possibilité de donner leur avis, émettre une opinion sur la créature servile qui les charrie, et peuvent, ô comble du pouvoir digital du doigt, lui faire perdre son travail, ou le conforter dans sa servitude au géant californien, par la grâce d’un simple clic…digital. Émouvant. Efficace. Moderne.
La vie n’est pas un paquet cadeau, et la suffisance narcissique technologique de ceux qui veulent profiter de toutes les innovations, ne devrait pas — normalement — permettre un tel mépris envers la partie de la population, toujours précarisée et instrumentalisée par les barbares digitaux. Mais à terme, les mêmes qui aujourd’hui s’enthousiasment pour la disruption, seront eux aussi remplacés par des machines. […]
Voilà, Uber n'a rien inventé, rien innové, il a juste mis en œuvre l'ultra-libéralisme dans un nouveau secteur, rien de plus. Les clients d'Uber ne sont pas des gens hypes, mais uniquement des moutons qui suivent les tendances qui visent à penser uniquement à soi tout en asphyxiant autrui. Rien de neuf : Amazon a permis à des moutons d'asphyxier les librairies au détriment du Code du travail, n'importe quel supermarché a permis à des moutons d'asphyxier le petit commerce au détriment du respect des personnes et de celui de la nourriture, permettant également le massacre des filières qui vivent du commerce (je pense aux agriculteur-rice-s, par exemple). Etc., etc. Mais au fond du fond, les moutons qui voulaient augmenter leur confort tout en dépensant moins se sont déjà fait asphyxier : il-elle-s payent moins cher leurs biens et services, mais les fins de mois sont toujours aussi difficiles. Elle est là, l'arnaque. Et c'est un cercle vicieux.
Devenir Mozillien, c’est à dire faire partie de la grande famille Mozilla, composée de ses employées mais aussi de ses milliers de bénévoles qui donnent de leurs temps, de quelques heures par mois à plusieurs heures par semaines...
On ne sait pas toujours par où commencer, ce qu’il est possible de faire et c’est là que le site What can I do for Mozilla ? https://whatcanidoformozilla.org/ intervient.
En arrivant sur le site on tombe sur une question aléatoire et en fonction de la réponse, on aura soit plus de détails, soit une autre proposition. Ainsi, on sera aiguillé peu à peu vers un projet, une forme de contribution qu’il est possible de faire, avec une redirection vers le site Internet correspondant au sein de la sphère Mozilla.
Ho, bien le site web de Mozilla qui aide n'importe qui à trouver sa place et à s'impliquer dans la communauté. :)
Avancées d'avant la séance publique au Sénat :
J'en retiens :
En séance publique au Sénat :
Des scrutins publics a été demandé par le groupe Les Républicains : sur les amendements de suppression, sur l'ensemble du texte. En gros, ça nous donne :
En lisant le compte-rendu de la séance, j'ai noté ce qui me semble être plusieurs erreurs et incompréhensions (je choisis de ne pas reprendre les propos sur lesquels j'ai déjà contre-argumenté) :
François-Noël Buffet a dit « On dit qu'internet facilite l'information des victimes, mais un message faux, injurieux, diffamant, attentatoire à la vie privée peut être publié sur un blog confidentiel avant que des mois plus tard, des dizaines voire des centaines de tweets ou de posts Facebook ne pointent un lien vers cet article. ».
François-Noël Buffet a dit « Le délai d'un an reste inférieur au droit commun, et le Conseil juge que le principe d'égalité ne fait pas obstacle à ce que des situations différentes soient soumises à des règles différentes. ».
Yves Détraigne a dit « À la différence d'un écrit publié sur un support papier, un message peut être publié une première fois sur un réseau social, puis reproduit des mois plus tard sans que la jurisprudence puisse distinguer ces infractions. ».
François Pillet a dit : « À la différence de la presse écrite, où le directeur de la publication est responsable de l'ensemble des contenus publiés, le régime de détermination de la personne responsable de propos publiés sur internet est particulièrement complexe. ».
Le titre est bullshit mais le contenu est intéressant.
Il y a quelques semaines, je vous avais parlé je crois d’une entreprise britannique du nom de Cambridge Analytica, à laquelle avait eu recours l’équipe de Donald Trump pendant la campagne présidentielle. Aujourd’hui, on sait un peu mieux comment fonctionne Cambridge Analytica, et c’est assez dingue. A la base, il y a un modèle de psychologie comportementale adaptée aux réseaux sociaux, c’est-à-dire la possibilité de déduire des traits de personnalités, à partir de comportements numériques. Pour vous donner une idée, l’homme à la base de ce modèle avait prouvé en 2012 qu’en observant une moyenne de 68 likes Facebook d’un usager, on pouvait déduire à 95% sa couleur de peau, à 88% son orientation sexuelle, à 85% ses préférences politique. Mais qu’on pouvait aussi bien en déduire son niveau d’étude, sa religion, sa consommation d’alcool, de cigarette, de drogue, et même si ses parents avaient divorcé. Le modèle permet donc de classer des types de personnalités selon des critères comme l’ouverture d’esprit, le rapport aux autres, ou l’aptitude à se mettre en colère. Mais encore faut-il, pour établir ces profils très fins sur un nombre conséquents d’individus, avoir des données le permettant, d’autres données que des likes Facebook. Or, il existe dans le monde de l’économie numérique ce qu’on appelle des data-brokers - des vendeurs de données - qui rassemblent et vendent des données de tous ordres, et notamment les données personnelles des Américains, dans un pays où elles sont peu protégées. Ainsi Cambridge Analytica se vante d’avoir pu établir les profils de l’ensemble des adultes américains, soit 220 millions personnes, d’avoir créé une sorte de moteur de recherche des personnes où, si vous cherchez des mères des famille blanches, au chômage, vivant en zone rurale, peu socialisées et favorables aux Républicains, et bien on vous sort des noms, des mails et des numéros de téléphone. La dernière étape, c’est l’élaboration de messages ciblés, qui vont être adressés par exemple via ce qu’on appelle les “dark posts” de Facebook, c’est-à-dire les messages sponsorisés (donc payés par l’émetteur) qui ne seront adressés qu’à des profils ciblés, et pas visibles par les autres. […]
[…]
Ensuite, bien sûr, on pourrait soutenir que l’on retrouve avec ces outils un vieux phénomène de la vie politique qui consiste à s’adresser différemment à des publics différents (les hommes politiques ont toujours parlé différemment à une assemblée du Medef et devant des syndicalistes enseignants, par exemple), mais ces communautés étaient identifiées. Là, s’impose une logique d’individualisation extrême construite sur des comportements et non plus des appartenances revendiquées. Ce qui est très différent.
Enfin, comme me le rappelait Emmanuel Laurentin ce matin, on pensait avec Orwell que l’autoritarisme de demain reposerait sur l’usage des technologies pour matraquer en continu un message à une masse d’individus presque indistincts. Et bien, c’est peut-être une combinaison plus subtile qui se met en place, la technologie aidant aussi à une hyper-individualisation du message, un phénomène de fragmentation extrême de la communauté politique, où, en dernier recours, c’est l’individu qui est visée. Ou comment l’informatique vient achever le travail du post-modernisme. Il va falloir apprendre à faire de la politique avec ça.
Complémentaire à Datagueule 68 - Marketing politique : Démocra-ciblée.
Via https://twitter.com/xporte/status/828881615849979904 via https://twitter.com/bortzmeyer
Le délire du jour avec gpg-agent et sa fonctionnalité agent SSH… ssh-add ~/.ssh/id_rsa -> Enter passphrase for -> Identity added -> The agent has no identities.
gpg-agent copies keys that you add with ssh-add to a special directory under ~/.gnupg (specifically ~/.gnupg/private-keys-v1.d with gpg2).
It seems, and I really think this should be reported as a bug, that if the key you're trying to add with ssh-add already exists in that directory it won't actually add the key to ~/.gnupg/sshcontrol which in turn means it won't be presented by gpg-agent. [...]
Once you remove the specific key and try adding again it should work. [...]