Intéressant.
L'énergie investie (ou brûlée, selon le regard que l'on adopte) dans l'organisation des différentes mises en compétition des établissements supérieurs a été considérable. À la fin de son mandat ministériel, un ministre de l'Enseignement supérieur se réjouissait de ce que ces différents "concours" aient amené à ce que des gens qui ne se parlaient pas auparavant commençaient à se fréquenter (et c'est vrai).
Mais il estimait avec perplexité que la réponse aux Programmes d'investissement d'avenir 1 (Idex, Labex, Equipex, etc.) avait mobilisé de l'ordre de 6.000 années de travail des meilleurs chercheurs du pays (6.000, sur 100.000 universitaires permanents en France). L'essentiel de ces écritures a en effet concerné des personnes à très haute qualification et très haute responsabilité. Et le ministre d'observer que, cette année-là, la production scientifique du "laboratoire France" avait, de fait, baissé.
Quelques années plus tard, en 2015, un budget de disette venait extraire 100 millions d'euros des fonds de roulement des EPSCP, donnant le pire signal à ceux qui avaient choisi de se constituer des capacités d'investissement, démontrant au passage que l'autonomie des établissements publics était une illusion. Par ailleurs, sur les 1.000 postes créés dans le supérieur en 2015, environ 650 étaient affectés aux structures permanentes de Comue : il y avait là une magnifique démonstration d'anti-économies d'échelle, où des postes opérationnels de chercheurs étaient transformés en postes fonctionnels de structures fédératives imposées, financés en prélevant sur le budget des établissements.
[…]
Finalement, on réussit assez bien à rendre les acteurs dociles par une conjonction d'épuisement budgétaire (budgets bloqués mais quasi-interdiction d'innovation sur le plan des ressources propres), de corset administratif (une seule Comue par grande métropole, territorialité obligatoire, Idex quasiment soumises à fusion des établissements), et de la violence subie que représente l'espace entre le discours ("nous investissons dans l'enseignement supérieur et la recherche, les ambitions de la France")... et la réalité humaine des postes bloqués et des finances exsangues.
[…]
Vu de Boston, San Francisco et Shanghai, le nombre de prix Nobel et de médailles Fields compte plus pour la visibilité internationale que le nombre d'étudiants et le regroupement territorial. Mais la France fait comme si la force venait d'abord de la taille ou de la structure.
Christine Musselin a bien raison : le plus étonnant est la résignation. Les acteurs sont épuisés, voilà tout. Ils savent que toute leur énergie mentale, leur intelligence et leur créativité devraient être tournées vers la recherche, l'invention, le soin envers les étudiants, et que ces missions sont par nature sans limites. Les lieux d'excellence mondiale sont ceux qui savent rendre cela possible en reconnaissant que c'est là l'essentiel, plutôt que de chercher à promouvoir des "rationalisations" si difficiles et si coûteuses en énergie, donc inefficaces, dans un contexte de budget limité et administrativement corseté.
Via https://twitter.com/IGarcinMarrou/status/852142916097146880 via https://twitter.com/quota_atypique
Les gens de chez Datagueule ont besoin d'argent pour financer un documentaire long format (comme leur excellent « 2 degrés avant la fin du monde ») qui sera dédié à questionner la démocratie et qui sera diffusé sous une licence Creative Commons (laquelle ?).
Il reste moins d'une semaine et il manque encore 37 % des fonds nécessaires à la production de ce documentaire. Si l'objectif n'est pas atteint, ce documentaire ne sera apparemment pas réalisé, car les auteurs de DataGueule veulent vraiment le financer de cette manière. Ça serait dommage vu la qualité des autres épisodes…
La carte des difficultés sociales de la France en 2013 montre qu’elles présentent de grandes similitudes géographiques. Ce sont à peu près les mêmes territoires où sévit le chômage, où les jeunes n’ont pas de diplômes, où la pauvreté est la plus élevée et où les familles monoparentales sont les plus nombreuses. Nul hasard à cela car ces problèmes font système en se renforçant les uns les autres: les jeunes sans diplôme risquent le chômage beaucoup plus que les autres, les chômeurs sont plus pauvres que la moyenne, le chômage est un ferment de dissolution des liens sociaux, en particulier des liens familiaux, ce qui entraîne des ruptures et donc la multiplication des familles monoparentales, dont 35 % sont au-dessous du seuil de pauvreté. En cherchant à venir à bout de l’une de ces difficultés, on rencontre inévitablement les autres.
[…] Il serait cependant inexact d’en déduire que ce vote est celui des pauvres et des laissés pour compte. Ces derniers s’abstiennent le plus souvent. On doit plutôt constater que c’est le vote des régions pauvres, celles où beaucoup craignent les accidents de la vie car ils voient leurs proches atteints par eux.
[…]
[…] le vote frontiste est plus faible dans les villes et particulièrement dans les grandes agglomérations que dans leur périphérie alors qu’inversement, les problèmes sociaux y sont plus aigus. […] Ceci montre que les électeurs choisissent plus en fonction de leurs perspectives d’avenir que de leur situation réelle. Dans les zones éloignées du centre, les habitants se sentent oubliés et ont l’impression de ne pas pouvoir changer leur situation. Dans les villes, même les plus pauvres peuvent espérer rencontrer une opportunité qui les tirera de la misère.
Conservatisme & peur du lendemain…
Contrairement à ce que dit François Asselineau, l’article 106 TFUE n’a pour objet ni le démantèlement des services publics français ni leur privatisation, mais l’ouverture par principe au droit de la concurrence de ceux qui interviennent dans la sphère économique, tout en protégeant ceux portant sur les activités régaliennes, sociales et de santé, et les activités qui sont nécessaires à l’accomplissement de la mission de service public.
Les DNS adapters (anciennement nommés I/O adapters, de mémoire), qui sont apparus avec la version 1.4 d'OpenDNSSEC, lui permettent de se comporter comme un serveur DNS c'est-à-dire que, plutôt que d'avoir le fichier de zone à signer sur un support de stockage, OpenDNSSEC peut très bien la recevoir depuis un serveur DNS, via un transfert de zone tout à fait standard dans DNS. De même, plutôt que d'écrire la zone signée sur le stockage, OpenDNSSEC peut la distribuer à un serveur DNS qui, lui, la servira à tout l'Internet.
En gros, le tech modifie le fichier de zone et la recharge dans son serveur de noms interne qui fait autorité habituel (BIND, nsd, knot, etc.). Celui-ci envoie une notification à OpenDNSSEC. OpenDNSSEC effectue un transfert de la zone depuis le serveur DNS interne puis signe la zone puis envoie une notification au serveur DNS qui fait autorité exposé sur le net. Ce serveur récupère la zone signée auprès d'OpenDNSSEC en effectuant un transfert de zone.
Cela permet deux choses :
ods-signer sign) : une équipe, pourquoi pas celle dédiée à la sécurité, met en place, maintient et debug DNSSEC et le reste des techs utilise le DNS comme à son habitude, comme on le voit en cours : modif' du fichier de zone et faire relire son contenu par un serveur de noms bien connu (BIND, la plupart du temps, malheureusement).Évidemment, il est tout à fait possible de mixer les I/O adapters et d'utiliser le stockage comme entrée du signataire DNSSEC et un transfert de zone en sortie du même signataire (configuration du master furtif) ou un transfert de zone en entrée et une écriture sur le stockage en sortie.
Je me suis fait une petite maquette : dns1/198.18.0.1/Debian+BIND9 -> opendnssec/198.18.0.2/Debian+OpenDNSSEC -> dns2/198.18.0.3/Debian+nsd. dns2 est la seule machine accessible depuis Internet. Oui, normalement dns2 devrait être dans un réseau IP différent de dns1.
sudo apt-get install bind9
sudo mkdir -p /var/named/zones/master
sudo chown -R bind:root /var/named
sudo chown -R 555 /var/named
Conf' (/etc/bind/named.conf.local) :
zone "guiguishow.example." IN {
type master;
file "/var/named/zones/master/db.guiguishow.example";
allow-transfer { 198.18.0.2; };
notify yes;
also-notify { 198.18.0.2; };
};
La ligne allow-notify est importante : par défaut un serveur de noms envoie une notification uniquement aux machines désignées par un enregistrement NS dans la zone. Comme dit, dns1 et OpenDNSSEC n'apparaissent pas dans les enregistrements NS de guiguishow.example.
Pour le contenu du fichier de zone, c'est du classique :
$ORIGIN guiguishow.example.
$TTL 3600
guiguishow.example. IN SOA dns1.guiguishow.example. dnsmaster.guiguishow.example. 2017041200 7200 3600 604800 3600
@ IN NS dns2
dns2 IN A 198.18.0.3
Oui, mon enregistrement SOA est parfaitement valide : le champ mname, « dns1.guiguishow.example » dans cet exemple, doit indiquer le nom de n'importe quel serveur DNS qui fait autorité sur la zone. Par convention, on y met la machine qui est la source de la zone, c'est-à-dire le serveur sur lequel sont effectuées les modifications. Il n'a jamais été question que ce champ contienne forcément le premier NS public de la zone et encore moins que ce nom soit utilisé dans le processus de résolution d'un nom.
Le début ne change pas d'une installation OpenDNSSEC classique.
sudo apt-get install opendnssec opendnssec-enforcer-sqlite3 softhsmsudo softhsm --init-token --slot 0 --label "OpenDNSSEC"
Puis, on configure le DNS adapters. La première étape est d'indiquer sur quelle-s interface-s et quel port réseau écouter (par défaut : port 53 sur toutes les interfaces) en décommentant le Listener dans conf.xml :
<Listener>
<Interface>
<!-- <Address></Address> -->
<Port>53</Port>
</Interface>
</Listener>
Sans ça, l'erreur « no dnshandler/listener configured, but zones are configured with dns adapters: notify and zone transfer requests will not work properly » apparaît dans les logs.
Ensuite, on configure les serveurs DNS source (dns1) et destination (dns2) dans le fichier /etc/opendnssec/addns.xml :
<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<Adapter>
<DNS>
<Inbound>
<!-- Address of host to request XFR from -->
<RequestTransfer>
<Remote>
<Address>198.18.0.1</Address>
</Remote>
</RequestTransfer>
<!-- Allow NOTIFY messages from host -->
<AllowNotify>
<Peer>
<Prefix>198.18.0.1</Prefix>
</Peer>
</AllowNotify>
</Inbound>
<Outbound>
<!-- Provide XFR to host -->
<ProvideTransfer>
<Peer>
<Prefix>198.18.0.3</Prefix>
</Peer>
</ProvideTransfer>
<!-- Send NOTIFY messages to host -->
<Notify>
<Remote>
<Address>198.18.0.3</Address>
</Remote>
</Notify>
</Outbound>
</DNS>
</Adapter>
Puis, on ajoute notre zone dans /etc/opendnssec/zonelist.xml :
<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<ZoneList>
<Zone name="guiguishow.example">
<Policy>default</Policy>
<SignerConfiguration>/var/lib/opendnssec/signconf/guiguishow.example.xml</SignerConfiguration>
<Adapters>
<Input>
<Adapter type="DNS">/etc/opendnssec/addns.xml</Adapter>
</Input>
<Output>
<Adapter type="DNS">/etc/opendnssec/addns.xml</Adapter>
</Output>
</Adapters>
</Zone>
</ZoneList>
On constate qu'il est tout à fait possible d'avoir plusieurs serveurs DNS en entrée, chacun servant une ou plusieurs zones. Même chose en sortie.
Enfin, on met en place les politiques de signature :
sudo ods-ksmutil setup
sudo apt-get install nsd
sudo mkdir -p /var/named/zones/slave
sudo chown -R nsd:root /var/named
sudo chmod -R 555 /var/named
sudo chmod u+w /var/named/zones/slave
Conf' (/etc/nsd/nsd.conf) :
zone:
name: "guiguishow.example."
zonefile: "/var/named/zones/slave/db.guiguishow.example"
allow-notify: 198.18.0.2 NOKEY
request-xfr: 198.18.0.2 NOKEY
Évidemment, il faut veiller à ne jamais autoriser un transfert de zones entre dns1 et dns2, sinon ça va plutôt mal se passer au moins jusqu'à ce qu'OpenDNSSEC notifie un serial plus important et que dns2 récupère cette zone signée en conséquence.
On lance nsd sur dns2 :
sudo systemctl restart nsd
On lance OpenDNSSEC :
sudo systemctl restart opendnssec-enforcer.service opendnssec-signer.service
On lance BIND sur dns1 :
sudo systemctl restart bind9
dns2 sert bien une zone signée \o/ :
$ dig @::1 +dnssec SOA guiguishow.example
; <<>> DiG 9.9.5-9+deb8u10-Debian <<>> @::1 +dnssec SOA guiguishow.example
; (1 server found)
;; global options: +cmd
;; Got answer:
;; ->>HEADER<<- opcode: QUERY, status: NOERROR, id: 41788
;; flags: qr aa rd; QUERY: 1, ANSWER: 2, AUTHORITY: 2, ADDITIONAL: 3
;; WARNING: recursion requested but not available
;; OPT PSEUDOSECTION:
; EDNS: version: 0, flags: do; udp: 4096
;; QUESTION SECTION:
;guiguishow.example. IN SOA
;; ANSWER SECTION:
guiguishow.example. 3600 IN SOA dns1.guiguishow.example. dnsmaster.guiguishow.example. 2017041201 7200 3600 604800 3600
guiguishow.example. 3600 IN RRSIG SOA 8 2 3600 20170426074413 20170412150401 18114 guiguishow.example. MgP6rIs4Uf/SDAzFyJnw8w+JWh0EgxrFmbdlpMZxhdaQd/9NOsf07/mg JxV1qQ42xIAMUziF5wn0yX0DOqIr6S2jE+lGLWsRHB2swUQ1eaBsTKlV cLpRoRz6J1XtAha90OggjmGdL8EHMNczdjeYzmXwSAtpFsj20A+CcxYk LfM=
;; AUTHORITY SECTION:
guiguishow.example. 3600 IN NS dns2.guiguishow.example.
guiguishow.example. 3600 IN RRSIG NS 8 2 3600 20170426104704 20170412150401 18114 guiguishow.example. dISERsUbOSL03zWzTKMuoATfYws21RhxekZRjRbn5oFe/HIDxqCar2DQ hj5JxnBwQV9/Kjwa2/ZASBhUqEmzQe3ZCrvPdbTQUFCtoHuRSXtuJMB8 cHot6AuM1MJRkwPEwnem+F9excJR9vX4MRY08+pYEvKHHbz91ysnGkFP ESY=
;; ADDITIONAL SECTION:
dns2.guiguishow.example. 3600 IN A 198.18.0.3
dns2.guiguishow.example. 3600 IN RRSIG A 8 3 3600 20170427015329 20170412150401 18114 guiguishow.example. DSgNZI7MG53qMecbXT+bU73qGY8uu0QTxYrcTrjwFiGU5deUot8CKkEz SNJ/ahBCfpexdpf4IffjHqAw527o2O6OUdqNj6VwYj/wScgdWSZJQhcO wtmTyZwyC1jWviiaVTX/e24coQMFickOjYOSBqiSDeNqe7sPOkT7XHgm qlE=
;; Query time: 0 msec
;; SERVER: ::1#53(::1)
;; WHEN: Wed Apr 12 18:05:19 CEST 2017
;; MSG SIZE rcvd: 667
Attention : la commande ods-signer sign n'a pas d'effet lorsqu'elle est utilisée sur une zone qui utilise un adaptateur DNS en entrée car OpenDNSSEC n'effectue pas un transfert de zone de sa propre initiative. Pour ce faire, il faut soit redémarrer OpenDNSSEC (ce qui est inapproprié !), soit envoyer une notification depuis le serveur DNS interne (exemple avec BIND : sudo rndc reload <nom_zone> ; exemple avec nsd : sudo nsd-control notify <nom_zone>).
In this paper (PDF) delivered at the CODASPY’17 conference in March, Kranch explains that the TCP/IP headers of a Netflix HTTPS stream provide a 99.5 per cent content fingerprint.
Yes, HTTPS is meant to provide privacy, and no, Netflix isn't doing anything dumb like putting movie titles in headers: the variable bitrate (VBR) encoding happens to yield up predictable behaviour, particularly in how the byte-range portion of HTTP GET commands perfectly aligns with individual video segment boundaries.
[…]
Kranch offers a couple of ideas to fix the issue. For example, he says, “the browser could average the size of several consecutive segments and send HTTP GETs for this average size. As an alternative approach, the browser could randomly combine consecutive segments and send HTTP GETs for the combined video data.”
Joli mais sans surprise (le chiffrement ne résout pas tous les problèmes, quelle surprise). :)
Via #ttnn
Article très intéressant qui part d'un cas d'usage concret pour explorer le traitement des trames réseaux par Linux.
Un pont réseau (aussi appelé « commutateur » ou « switch ») permet d’interconnecter plusieurs segments Ethernet ensemble. C’est un élément d’infrastructure banal et implémenté de longue date par Linux.
Un usage typique est exposé dans la figure ci-dessous. L’hyperviseur exécute trois machines virtuelles. Chacune d’elle est attachée au pont br0 (représenté par un segment horizontal). L’hyperviseur dispose de deux interfaces réseau physiques :
- eth0 est attachée à un réseau public fournissant divers services aux machines virtuelles (DHCP, DNS, NTP, routeurs vers Internet, …). Elle fait partie du pont br0.
- eth1 est attachée à un réseau d’infrastructure fournissant divers services à l’hyperviseur (DNS, NTP, gestion de la configuration, routeurs vers Internet, …). Elle ne fait pas partie du pont br0.
Dans une telle configuration, il est raisonnable de penser que les machines virtuelles peuvent accéder aux ressources du réseau public sans être capable d’atteindre les ressources du réseau d’infrastructure (y compris les ressources hébergées par l’hyperviseur lui-même, comme le serveur SSH). En d’autres mots, la séparation entre le domaine vert et le domaine violet doit être totale. Ce n’est pas le cas. Depuis n’importe quelle machine virtuelle […]
[…]
Une autre méthode est de configurer arp_ignore à la valeur 2 pour l’interface du pont. Le noyau ne répondra aux requêtes ARP que si l’adresse IP cible est configurée sur l’interface entrante. Comme l’interface du pont n’a pas d’IP, cela revient à ignorer toute les requêtes. […] À noter que désactiver le traitement des requêtes ARP ne dispense pas d’appliquer une méthode spécifique à IPv4. Un utilisateur peut en effet ajouter manuellement une entrée dans son cache ARP […] Étant donné que Linux est assez libéral sur les adresses MAC autorisées, il n’est même pas nécessaire de deviner l’adresse MAC […]
[…]
Dans l’exemple ci-dessus, la machine virtuelle reçoit des réponses ICMP car celles-ci sont routées à travers le réseau d’infrastructure vers Internet (c’est-à-dire que l’hyperviseur a en route par défaut une passerelle qui va également faire du NAT vers Internet). Quand ce n’est pas le cas, la communication ne peut se faire que dans un seul sens. Cela permet toujours de faire quelques dégâts dont des dénis de service.
De plus, si l’hyperviseur est également un routeur, les machines virtuelles peuvent atteindre n’importe quelle machine du réseau d’infrastructure, exposant ainsi certains nœuds peu protégés tels que des PDU disposant d’un agent SNMP. L’attaquant peut aussi forger son adresse IP pour contourner certains mécanismes d’authentification.
De plus, la Haute autorité préconise d'"améliorer la transparence de l'emploi de l'IRFM" (5.840 euros brut mensuels pour un député, 6.109 net pour un sénateur), objet de polémiques régulières. Lors de l'examen des déclarations de fin de fonctions des parlementaires, elle a en effet identifié "plusieurs situations dans lesquelles l'IRFM avait contribué à un accroissement sensible du patrimoine des déclarants".
"Cette indemnité a parfois pu financer des biens immobiliers privés, être investie dans des instruments financiers (SICAV), servir à régler des dépenses sans lien avec le mandat, comme des vacances personnelles, ou a simplement été directement versée sur des comptes personnels", pointe la Haute autorité.
… … …
Une vague d'agressions homophobes a été déclenchée depuis un mois en Tchétchénie. Une centaine de personnes ont été détenues et torturées.
[…]
[…] Plusieurs d'entre eux ont été torturés pour qu'ils dénoncent d'autres gays, selon les témoignages recueillis par Novaïa Gazeta. Détenues dans une prison secrète à Argoun, ils ont subi des tortures à l'électricité et avec des tessons de bouteille. Selon les témoins, Magomed Daoudov, le président du parlement, a lui-même participé aux interrogatoires.
Alors que le gouvernement estime qu'"on ne peut pas arrêter de gens qui n'existent pas dans la République", Amnesty international nous aide à comprendre le sens de la réponse et traduit: "Si de telles personnes existaient en Tchétchénie, les forces de l'ordre n'auraient rien à faire contre elles. Ce sont leurs proches qui les expédieraient vers une destination sans retour." L'association a lancé une pétition pour dénoncer ces violences.
Le harcèlement homophobe a démarré début mars, lorsque des médias locaux ont rapporté qu'une organisation de défense des droits des LGBT basée à Moscou, GayRussia.ru, prévoyait de demander l'autorisation d'organiser des manifestations dans quatre villes du Caucase du Nord, dont la Tchétchénie fait partie. Nikolaï Alekseïev, de GayRusia.ru, à l'origine de l'initiative, avait pour objectif d'essuyer le refus des autorités pour ensuite déposer un dossier de plainte auprès de la Cour européenne des Droits de l'Homme. […]
Si la défense des droits humains est chaque jour plus difficile en Russie, elle est impossible en Tchétchénie, véritable zone de non-droit au sein de la Fédération. […]
[…] Kheda Saratova, membre du Conseil des droits de l'Homme tchétchène (officiel) a par ailleurs annoncé que le système judiciaire de la république se montrerait "compréhensif" avec quiconque assassinerait un proche de sa famille pour homosexualité... avant de déclarer avoir été mal comprise.
J-O-I-E !
[…] Mais le personnage, ses sorties de route, laissent planer une ombre inquiétante sur sa présidence. Quel président serait Mélenchon, dans sa VIème République, celui qui désigne des journalistes à la foule comme étant « ceux d’extrême droite » ? […]
Sans compter le paternalisme affligeant du personnage…
Un président qui désigne quantité d’ennemis peut-il parvenir à appliquer un programme ? Dans le cas où La France insoumise n’obtenait pas la majorité aux législatives, comment serait gérée la cohabitation et comment la VIème République pourrait-elle se constituer ? S’il y a ennemis — comme Jean-Luc Mélenchon ou ses porte-paroles le martèlent — que se passera-t-il pour ces ennemis, comment seront-ils traités par la présidence ? Quel temps sera accordé à la création de cette VIème République ? Quel temps ensuite pour appliquer son programme ? Son ampleur et les résistances qu’il engendrerait laissent envisager un processus long. Très long.
[…]
Le programme économique de la France insoumise n’est pas communiste (au sens réel et historique), n’est pas social-démocrate comme celui de Hamon (au sens de conserver les fondamentaux socio-économiques, institutionnels, tout en saupoudrant des mesures pour contrer les effets de la mondialisation et de la dérégulation de l’économie de marché) , il est une forme hybride de socialisme et d’écologie politique, mâtinée d’altermondialisme, de réformes keyneisiennes (politique de la demande) le tout porté par une redistribution potentielle des pouvoirs et des richesses via le préalable de la création de cette VIème République par constituante(s). L’État est donc présent à tous les étages, que ce soit dans les cadres juridiques nouveaux qu’il instaure, dans les financements, les orientations générales, etc.
[…] Avec plein de promesses qui semblent comme toujours dans le cadre des programmes politiques, pleines de bons sens « populaire » (qui voudrait voir la pollution s’étendre, une médecine faillible, des logements insalubres ou des maladies sexuellement transmissibles qui explosent ?). Mais elles ne sont soutenues par rien de précis dans de nombreux cas. Lutter contre la malbouffe, le sel, le sucre, les graisses, ça ne mange pas de pain (si l’on peut dire), mais comment s’y prend-t-il le président pas monarchique Mélenchon et son gouvernement sous contrôle du Parlement ? Il interdit la malbouffe par décret ?
Généraliser l’économie sociale et solidaire, stopper l’ubérisation des activités : comment, pourquoi faire, avec qui, dans quel but ? Ne pas laisser le champ aux multinationales, on imagine. Mais quelle réforme précise peut le permettre, avec quels résultats économiques, sociaux, envisagés ? L’ESS est un produit marketing qui est déjà dévoyé, très peu développé : peut-il supplanter les 99% d’activités économiques capitalistes classiques sans que des effets de bord surviennent ? Comment tout ça se finance ? Rien n’est abordé de façon profonde dans ce type de propositions du programme de Mélenchon, propositions qui sont bien entendu séduisantes pour l’électeur altermondialiste écolo-socialo-collaborativo-anti-libéral, mais ne reposent sur pas grand chose de concret.
Emmanuel Macron est un libéral convaincu, et adhère par là à un dogme connu, une idéologie politique établie — qui pour autant se refuse toujours à être reconnue comme dogmatique ou idéologique — en se cachant derrière une volonté seulement engagée dans l’efficacité. La performance. Le pragmatisme.
L’idée libérale toute macronienne est d’établir qu’aucune valeur, histoire, théorie politique n’ont d’intérêt, puisque les problèmes que rencontre la société française sont dus à un phénomène principal : la rigidité. Le trop plein de règles. Qui mènent à la complexité, à la lenteur, à la paralysie. Au manque de performance. Ces règles sont — pour Macron — le produit, justement, des idéologies politiques, et lui, propose de faire sans, ou avec beaucoup moins. Sans idéologie (il est dans l’efficacité) et sans règles, ou tout du moins avec beaucoup moins de règles (ça freine les règles).
[…] Mais dans le système Macron, les choses ne sont pas aussi simples. Il y a une campagne à deux niveaux : celle de la « libération », et en parallèle les mesures de modernisation, avec la protection. Toute la stratégie de campagne de Macron est basée sur cette dichotomie entre protection des plus faibles, retour de l’Etat dans des secteurs sinistrés, et abolition de règles aux fins de dérégulation de pans entiers d’activités.
D’un seul coup, Macron propose un déchaînement de nouvelles règles, ou l’accroissement des contrôles pour faire appliquer des règles. Alourdir les sanctions contre la fraude fiscale, alors que les moyens de parvenir à coincer les fraudeurs sont au plus bas, et que la dérégulation bancaire qu’il souhaite permettra de la faciliter, est un exemple de la dichotomie permanente du programme de Macron. Vous augmentez les punitions sur le papier, mais vous donnez toutes les garanties à ceux qui pourraient les subir qu’ils ne seront pas attrapés.
Par contre, dans le cas de la fraude sociale, les sanctions aggravées fonctionneront bien, puisque les moyens de contrôles sont en pleine expansion. Sachant que la fraude sociale ne représente quasiment rien : la fraude sociale est bénéficiaire, il y a dix fois plus d’argent non versé à des personnes qui pourraient toucher des prestations que d’argent détourné par les fraudeurs…
[…]
Le fond de l’affaire n’est pas clair, mais laisse entrevoir la société rêvée d’Emmanuel Macron. Une société qui part du principe que la travail coûte trop cher, où les entrepreneurs sont ligotés, où le dialogue social (sic) doit être « redéfini » : en réalité, c’est la continuation parfaite et l’accélération de la politique de François Hollande (CICE, Loi travail, etc), qui lui-même continuait la politique de Nicolas Sarkozy. Compétitivité, flexsécurité, tous ces concepts qui n’ont jusque là jamais apporté la preuve de leur efficacité pour diminuer le chômage ou améliorer la fameuse « compétitivité » des entreprises.
Le concept de la liberté, chez les libéraux français est très primaire, à la limite de l’escroquerie intellectuelle. Leur vision binaire de la liberté peut être résumée ainsi : « La liberté, c’est pouvoir faire avec le minimum de contraintes, c’est pouvoir acheter le maximum de choses, développer ses idées pour en faire une manne financière, un accroissement de richesse, une élévation sociale. La liberté est conditionnée à la réduction des règles, elle ne peut s’accompagner que d’une dérégulation la plus grande possible, pour permettre un décollage le plus grand possible des énergies, pour être libre, il faut le moins de contraintes possibles… » : etc, etc, argumentum ad nauseam.
[…] Une liberté sans règles est l’expression de l’entropie. Donc du chaos. Les enfants apprennent à exercer leur liberté dans un cadre, éducatif, social, pour que plus tard, devenus adultes, ils ne soient pas des êtres asociaux, des agents du chaos, exerçant une liberté individuelle qui s’exonérerait des autres. D’autrui. « La liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres« . C’est à partir de cet adage, qui est en fait un résumé de l’Article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 que l’on peut commencer à réfléchir vraiment à ce qu’est la liberté au sein d’une société
[…]
L’idée même que les impôts, les taxes, tout ce qui finance le bien public est un frein à l’expression de la liberté de créer de la richesse prônée par ces « disrupteurs » est une sorte de vol généralisé, assumé et mensonger qu’ils aimeraient beaucoup faire passer pour une forme de modernité incontournable. Ce qu’ils oublient, c’est que toute la richesse créée par les entreprises les plus performantes qu’ils souhaitent « libérer » ne peut se générer que par le maintien d’infrastructures et de biens publics au meilleur niveau : réseaux routiers, télécommunications, éducation, administrations, aides publiques, maintien du tissu associatif, gestion du patrimoine, culture, etc… Que la gestion de l’argent public soit mauvaise, mal répartie, soumises à des pressions, des conflits d’intérêt, c’est une certitude. Mais faire croire qu’il faudrait en dépenser moins, et dans le même temps qu’il faudrait en collecter moins, et surtout laisser les clés de la gestion économique globale à des acteurs économiques privés de type vautours, est un plan marketing politique assez étonnant. […]
[…]
Le rêve d’une société où chacun peut « entreprendre », avec des règles minimales, qui « fluidifieraient » les échanges, l’emploi, est celui des prédateurs de l’économie néo-libérale, l’économie financière. Les startups n’en sont qu’une partie émergée, puisqu’au final, le projet de Macron n’est rien d’autre que la création [déjà en cours de constitution] d’un grand espace commercial, où les Français pourront aller consommer 24/24, et travailler le maximum avec le moins de règles possibles, tout en étant sommé de ne pas profiter de l’argent public des organismes paritaires sociaux, le tout dans un rapport de force entre détenteurs du capital et les autres, totalement distendu au profit des premiers.
Mais Macron le sait bien, au point qu’il peut même exprimer le fond de sa pensée, avec cette sortie sur la pénibilité au travail lors de sa présentation au MEDEF (article de l’Obs)
« Le compte pénibilité ? Emmanuel Macron « n’aime pas le terme », et entend le supprimer car il « induit que le travail est une douleur », a-t-il déclaré en présentant son programme économique au Medef […]
Quelques rappels salvateurs.
Voyons tout d’abord comment un gouvernement procède à une « attribution ».
La première méthode consiste à choisir le super-vilain qui sert au mieux les agendas diplomatico-politiques. C’est la méthode la plus simple car elle ne nécessite aucune étude technique (on dit « forensic » dans le jargon) spécifique. Prenons un exemple du monde « réel » pour illustrer… L’Oncle Sam a besoin de choper du pétrole pas cher, il annonce à l’ONU que Saddam Hussein a des armes de destruction massives. Et même des armes chimiques, au point que Colin Powell, secrétaire d’Etat agite une petite fiole lors d’une session du conseil de sécurité de l’ONU. La suite est connue : pas une trace d’armes de destruction massive en Irak en dépit de recherches menées par des milliers de soldats américains, mais une vraie destruction massive du pays par l’Oncle Sam et un résultat sur les relations internationales qui sera durablement… merdique. Transposons maintenant au cyber-machin-chose digital. Un hack de boites mails qui se termine par un leak gênant pour un parti politique en vue aux Etats-Unis. Fastoche : les méchants, ce sont les hackers russes rouges au service du Kremlin et donc c’est un peu comme si Poutine avait lancé un remote shell depuis son portable.
[…]
La deuxième méthode est un peu plus longue. Elle consiste à étudier les traces laissées par les pirates. Il y a bien entendu des sous-catégories. Les études « forensic » de base, les études poussées, celles qui amènent à des conclusions fausses alors que la méthodologie est bonne, etc.
[…]
Si notre adresse IP 175.45.179.8 est retrouvée dans les logs avec un beau vecteur d’attaque associé, on peut conclure que les Nord Coréens sont derrière l’attaque. Ou pas. La machine nord-coréenne a peut-être été piratée. Il existe par exemple en Chine des tonnes de machines mal paramétrées qui ne demandent qu’à être piratées.
Pour aller un peu plus loin dans la procédure d’attribution, il est possible de pirater notre machine nord-coréenne pour aller y chercher des traces et savoir si elle a été préalablement piratée. Avec un gros coup de chance elle pourrait être la plus « proche » de celle du pirate et l’on pourrait ainsi l’identifier. Premier point, ce serait illégal. Deuxième point il est complexe d’affirmer qu’il s’agit bien du premier rebond du pirate.
[…]
En matière d’attribution, on voit souvent les autorités évoquer la langue utilisée dans le vecteur d’attaque. C’est donc la preuve ! Pas forcément. Cela peut fort bien être une diversion. Par ailleurs, les piratages sont parfois le résultat d’une coopération entre pirates de plusieurs nationalités. Comment faire le tri ?
Les autorités retiennent souvent l’utilisation d’un outil « attribué » à un groupe spécifique pour procéder à une attribution du piratage.
Cette dernière méthode, si tant est que l’outil peut être relié avec certitude à un groupe particulier, est valable pendant une période de temps assez courte. En effet, plus le temps passe, plus il est probable que l’outil ait filtré. Qu’il se soit disséminé sur les Internets. Il a pu être récupéré par des sociétés de sécurité informatique (qui, c’est de notoriété publique, n’emploient aucun pirate), par d’autres groupes, par des gouvernements…
[…]
Bref, l’attribution est une opération délicate. Le fait que les autorités ou les entreprises piratées ne dévoilent jamais l’ensemble des données qui leur ont permis de définir l’auteur d’un piratage n’aide pas à se faire une idée précise de la pertinence d’une attribution.
[…] À l’occasion de la présentation de son programme consacré à la lutte contre le terrorisme, le candidat d’En Marche ! a tenu un propos résolument offensif contre les « acteurs de l’Internet », en clair les grandes entreprises de la Silicon Valley, qu’il accuse de ne pas agir suffisamment contre les terroristes.
« Jusqu’à présent, les grands groupes de l’Internet ont refusé de communiquer leurs clés de chiffrement ou leurs accès aux contenus au motif qu’ils ont garanti contractuellement à leurs clients que leurs communications étaient protégées. Cette situation n’est plus acceptable », a lancé Emmanuel Macron, flanqué du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et de l’ancien patron du Raid, Jean-Michel Fauvergue.
[…)
« Une initiative majeure pour créer une procédure de réquisition légale des services cryptés des grands groupes de l'Internet #LutteTerrorisme pic.twitter.com/pVBcQtWVvd — Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 10, 2017 »
[…]
Curieusement, Emmanuel Macron ne semble pas se souvenir de l’article 434-15-2 du code pénal qui prévoit déjà de sanctionner ceux et celles ne se pliant pas à l’obligation de coopération en vue d’obtenir le déchiffrement des messages. Cette disposition, qui concerne aussi bien le particulier que l’éditeur d’une solution de communication chiffrée, vise à empêcher une entrave à l’exercice de la justice.
[…]
Dès lors, en tout cas dans le cadre du chiffrement de bout en bout, s’en prendre aux entreprises de l’Internet ne sert à rien puisque ce ne sont pas eux qui ont les éléments permettant d’aboutir au déchiffrement des messages de l’utilisateur. C’est à son niveau à lui qu’il faut agir (sachant que la la Cour européenne des droits de l’homme a, dans sa jurisprudence, expliqué qu’un individu a le droit de ne pas contribuer à sa propre incrimination).
La sortie d’Emmanuel Macron a déjà fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. « À quoi ça sert d’avoir Mounir Mahjoubi dans son équipe si c’est pour témoigner de sa profonde méconnaissance du sujet chiffrement ? », a taclé l’avocat spécialiste des réseaux Alexandre Archambault, rappelant que l’ancien président du Conseil national du numérique est membre de son équipe de campagne.
Gros +1.
J'aime aussi (source : https://twitter.com/bortzmeyer/status/851424846139584513) :
Fini, le visage souriant du jeune premier aux dents longues, super-branché, place à Cazeneuve-bis
Next Inpact devient majoritairement accessible aux seul-e-s abonné-e-s. Cela percute ma réflexion sur le financement de la presse, cette réflexion qui dure depuis plusieurs mois et qui n'est toujours pas aboutie. Je la partage quand même, au cas où…
Je pense que l'information (et le savoir) est différente de l'achat d'un bien ou d'un service. Pas parce qu'elle est immatérielle, mais parce qu'elle permet de comprendre le monde qui nous entoure, ce qui permet de nous encapaciter, ce qui permet, à ceux et celles qui le souhaitent, d'agir. La presse est beaucoup plus qu'un contre-pouvoir. Sans information, sans savoir, nous sommes passifs et soumis (ce qui peut être très fun dans un contexte intime ;) ). Partant de là, j'ai un problème de fond persistant lorsqu'il s'agit de monnayer l'information (et le savoir). Que ce soit l'école, les certifications professionnelles, les livres, les journaux, les articles scientifiques, etc. Si l'on tolère la monétisation de l'information (et du savoir), alors on tolère une double injustice, une exclusion, un cumul des inégalités (en mode Victor Hugo : « il est interdit aux riches comme aux pauvres de vivre sous les ponts ») : les pauvres (en argent, mais aussi en temps libre ;) ) sont non seulement pauvres, mais n'ont aucune possibilité de s'encapaciter. Ça ne peut entraîner que désespoir, marginalité et violence au détriment d'une action politique correctrice. Ça ne peut conduire qu'à de mauvais choix politiques (vie de la cité).
Next Inpact fournit du contenu de qualité qui permet justement de s'encapaciter. Je pense aux dossiers sur la fibre optique qui permettent de connaître et de comprendre pourquoi la France ne fait pas d'aménagement numérique des territoires et crée aujourd'hui les territoires pauvres et isolés de demain. Je pense à la veille législative/réglementaire (HADOPI, projets de lois, décret élargissant le fichier TES, etc.). Je pense à la veille juridique. Ce travail-là nécessite du temps. Je ne pense pas qu'il puisse être réalisé par n'importe qui en dehors des heures de boulot. Parce qu'il faut lire masse de documents sur des thématiques diverses, les comprendre et les analyser (et tu ne fais pas ça en fin de journée quand ton cerveau est mort), recouper les témoignages (et tu ne discutes pas sérieusement avec des témoins et des spécialistes de la thématique abordée à 20h30, après le taff), etc. Bref, le journalisme citoyen, local et à taille humaine a ses limites. Donc, il faut des gens qui vivent déjà d'une rente. Il faut alors se demander : est-ce que la manière dont il-elle-s constitué leur rente remet-elle en cause leur indépendance ? Est-ce que les rentier-e-s ont envie d'être journalistes ? Hum. Alors, disons plutôt qu'il faut des gens subventionné-e-s par l'État ou par un grand groupe commercial qui dégagera des marges sur le reste de ses activités pour financer le journal ? Ces subventions ne remettent-elles pas en cause la liberté de parole ? Ha, ouais. Donc, il faut une rémunération des salaires (et des frais d'enquête) par le lectorat ? Dans ce cas, quel modèle de solidarité propose-t-on ? Quel modèle qui ne nuit pas à la diffusion du savoir propose-t-on ?
À mes yeux, Next Inpact essaye de trouver le modèle économique le moins pénalisant :
Malgré cela, il reste au moins un autre problème : pour être effective, la liberté d'information implique forcément la pluralité : sur les sujets que je trouve important, je lis systématiquement plusieurs sources. Recouper les informations et les vérifier au niveau individuel, c'est important pour éviter les biais idéologiques, les biais d'analyse, les orientations imposées par la hiérarchie et/ou le business, les biais et orientations des sources, etc. Bref, pour éviter de se faire manipuler. Exemple illustré : http://www.numerama.com/politique/246882-lallemagne-attenue-sa-loi-de-moderation-des-reseaux-sociaux.html (financé par la pub) est plus complet que https://www.nextinpact.com/news/103890-lallemagne-devoile-sa-future-moderation-reseaux-sociaux-a-commission-europeenne.htm (lui aussi financé par la pub puisque consultable par tou-te-s, lire l'article pointé par ce shaarli pour vérifier cette catégorisation) : plus d'informations (sur l'origine, notamment), présence de l'information concernant le fait que les sanctions s'appliquent aussi lors de la remise en ligne de contenus "problématiques", ce qui change une bonne partie de l'analyse. Sans compter qu'on ne sait jamais d'où une information de première main va tomber : Reflets.info et L'Obs ont tout autant sorti des informations de première main sur la surveillance de masse opérée par la France que Mediapart et le Canard. Bref, un-e citoyen-ne doit être en mesure de lire plusieurs articles fouillés écrits par plusieurs rédactions. Or, s'il faut payer un abonnement à chaque journal, ça devient juste impossible donc la liberté d'information est incomplète. Ça ne posait pas de problème "avant" car ce recoupement de l'info était théorique : tu ne pouvais pas ramener chez toi X journaux différents et dépiauter les articles traitant d'une même thématique. Le numérique permet cela. Ça serait dommage de s'en priver. Là encore, on tombe dans un cas où la technologie permet un usage, mais pas le business model en place.
Personnellement, j'aime beaucoup le modèle "ceux et celles qui sont en capacité de financement financent, de leur propre initiative, pour les autres". Oui, de la solidarité acentrée (sans passer par l'État). Il résout les problèmes évoqués ci-dessus : l'information est disponible immédiatement pour le plus grand nombre et elle peut être recoupée, le tout sans montrer patte blanche ou avouer qu'on est en galère ces derniers temps et sans une atrophie des contenus dû à une pré-sélection rédactionnelle de ce qui est en libre accès ou non. Malheureusement, l'article de Next Inpact explique clairement que ce modèle de bisounours ne fonctionne pas. Mes expériences associatives me confirment cela. Faut-il renoncer pour autant ? Toute la question est là.
ÉDIT DU 17/04/2017 À 22H08 : une autre idée pourrait être une aide de l'État versée à chaque personne à faibles revenus. Évidemment, il est hors de question de vérifier l'usage qui en est fait (un peu de confiance, bon sang !) et encore moins de tracer quels journaux sont achetés avec cette aide. Mais, une fois encore, on se heurtera au phénomène (fort compréhensible) du non recours. FIN DE L'ÉDIT.
Je me mets cette vieille réflexion de côté.
Avantages des livres numériques :
Neutre :
Inconvénient :
Mi-janvier 2017, j'ai souscrit un contrat de réexpédition définitive nationale de mon courrier avec La Poste. Comme je commence à être un peu habitué du formulaire, j'ai machinalement coché « Je m'oppose à l'utilisation de mes coordonnées postales à des fins de prospection commerciale par La Poste, ses filiales et ses partenaires. ».
D'habitude, l'employé-e de La Poste me remettait la copie carbone du formulaire que j'ai rempli à la main, mais cette fois-ci, non, il a saisi mon formulaire sur un ordinateur et il m'en a remis un exemplaire imprimé. En arrivant chez moi, je me rends compte que la case anti-spam n'est pas cochée. Je me dis que, peut-être, le logiciel ne sait pas imprimer une case cochée (en fait si, et je me suis rendu compte depuis : la case « contact privilégié » est bien cochée, par exemple)… Et puis je n'ai pas envie de retourner à La Poste, ça prend du temps, ça emmerde des employé-e-s déjà débordé-e-s, etc. Grosse erreur !
Je déménage et c'est l'avalanche : bon d'achat Decathlon le 23/02, Établissement Français du Sang le 25/02, Chronodrive le 28/02, Casino Supermarchés le 01/03, SNCF Mobilités le 14 ou le 15/03. Certains prospectus, comme celui de Decathlon, contiennent des mentions légales détaillées « Ce message est adressé à l'aide des informations mises à disposition par l'intermédiaire des sociétés du Groupe La Poste. Si vous ne souhaitez pas être destinataire de ces messages, il suffit de […] ». D'autres prospectus, comme celui de l'EFS, de Casino Supermarchés et de la SNCF indiquent uniquement leur adresse sans indiquer la source des données personnelles. Enfin, mention spéciale à Chronodrive qui n'indique aucune mention légale. Aucune. Pffff !
Vu que l'adresse de destination du contrat de réexpédition est l'adresse d'une connaissance et que ça m'ennuie vraiment de lui pourrir sa boîte aux lettres, je décide de faire appliquer les droits dont dispose la loi informatique et libertés. En plus, ça tombe bien, je n'ai jamais vraiment regardé cette loi de près. Voici le mail que j'ai envoyé le 24/02/2017 à l'adresse mail « adresse chez mediapost point fr » (elle est indiquée sur le prospectus Decathlon) :
Bonjour,
J'ai reçu, par courrier postal, le prospectus joint au présent email.
D'une part, comme en dispose les articles 39 et 32 de la loi Informatique et libertés du 06/01/1978, je veux communication, sous une forme accessible, de l'ensemble des données personnelles me concernant qui sont en votre possession ainsi que des caractéristiques de votre traitement de données personnelles et notamment :
- la durée de conservation des données ;
- l'origine des données ;
- la preuve de mon consentement éclairé à recevoir ce type de démarchage publicitaire (article 40 de la loi informatique et libertés du 06/01/1978) ;
- si vous avez communiqué mes données à des tiers (y compris à des sous-traitants ou à des partenaires) et/ou si vous êtes susceptibles de l'avoir fait et/ou si vous êtes susceptibles de le faire.
D'autre part, comme en dispose l'article 38 de la loi informatique et libertés du 06/01/1978, je m'oppose à l'utilisation de mes données personnelles à des fins d'enquêtes et de prospections commerciales.
Conformément à la loi informatique et libertés du 06/01/1978 et aux recommandations de la CNIL, vous trouverez ma carte nationale d'identité en pièce jointe afin de prouver mon identité.
Cordialement.
Mediapost (filiale du groupe La Poste qui œuvre dans le marketing relationnel) dispose de deux mois max pour me répondre. Pour le justificatif d'identité, la CNIL nous précise : « Attention, le responsable de fichier ne doit pas vous demander des pièces justificatives abusives et disproportionnées par rapport à votre demande. ».
Mediapost me répondra le 27/02 :
Je pense que ces informations sont incomplètes :
Entre ma demande et la réception de la réponse de Mediapost, j'ai reçu le spam de l'EFS. Celui-ci n'indique pas l'origine des données et cela m'intrigue, surtout vu la réponse de Mediapost. Voici donc le mail que j'adresse à Mediapost le 27/02/2017 :
Bonjour,
Je vous remercie pour ces informations.
Vous n'avez pas répondu à l'une de mes questions : avez-vous communiqué mes données à des tiers (y compris à des sous-traitants ou à des partenaires) et/ou êtes-vous susceptibles de l'avoir fait et/ou de le faire ? Ce que je veux savoir c'est si les organismes désireux de se faire connaître achètent ou louent votre fichier ou s'ils passent forcément par votre service pour envoyer leurs prospectus sans jamais avoir connaissance des données personnelles ?
Exemple concret : depuis l'envoi de cette demande, j'ai reçu un prospectus de l'établissement français du sang (EFS) dont la première phrase est identique à celle du prospectus Decathlon qui faisait l'objet de ma demande, à savoir « Vous venez d'emménager à TOULOUSE et […] vous souhaite la bienvenue ». Les mentions légales en bas de page ne mentionnent pas l'origine des données. Est-ce que l'EFS est un de vos clients ? Sera-t-il averti que je m'oppose à recevoir toute sollicitation ou faut-il aussi que j'exerce mon droit d'opposition auprès de lui ?
Concernant mon consentement : si je vous ai contacté, c'est justement parce que j'ai coché la case en question sur le contrat de réexpédition définitive, ce qui fait que je ne comprends pas pourquoi je reçois des prospectus. Avez-vous une copie de mon formulaire de souscription au service de réexpédition qui montre que cette case n'est effectivement pas cochée ?
Cordialement.
Ma demande sera remontée à La Poste et je recevrai une réponse le lendemain (28/02/2017) :
J'en déduis que le traitement de données personnelles de La Poste n'est pas conforme à l'exigence de la loi informatique et libertés concernant la collecte du consentement éclairé. Le troisième point remplit parfaitement les exigences de la loi que j'exposais au round précédent. Le deuxième point tend néanmoins à le nuancer : si La Poste a besoin de mes signalements, cela ne signifie-t-il pas que la traçabilité n'est pas au top chez les partenaires Mediapost et Cartegie ?
Le reste de nos échanges à trois (moi, La Poste, Mediapost) seront dédiés à remonter les spams reçus et à indiquer que ma demande a bien été prise en compte. J'apprendrais néanmoins qu'il y a au moins deux offres :
J'en retiens :
Hé oui, la loi informatique et libertés est très contraignante pour les responsables de fichiers, mais elle me semble juste : il s'agit de données personnelles, bon sang, pas de données publiques, pas de données de test ! Produire un système d'information qui traite des données personnelles, ce n'est pas trivial : il y a des contraintes techniques de sécurisation et de traçabilité (qui a accédé aux données ? À qui les a-t-on refilées ? Y'a-t-il eu fuite/piratage ? Etc.) ainsi que des contraintes légales sur les usages. Mais tout ceci est incompatible avec le business qui impose de chier un SI à la va-vite, sans réfléchir, en mode "on stocke juste quelques infos sur nos client-e-s, osef, ce sont juste des client-e-s lol, ça va quoi il-elle-s n'ont pas vraiment de droits autre que celui de rémunérer nos actionnaires et accessoirement de nous payer nos salaires, mdr".
Un texte qui donne à réfléchir. J'en recommande vivement la lecture.
Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents.
L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque.
L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. Elle est la fatalité; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe. Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup. Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques uns veulent que cela se produise, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser. La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est pas autre chose justement que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des faits mûrissent dans l’ombre, quelques mains, qu’aucun contrôle ne surveille, tissent la toile de la vie collective, et la masse ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Les destins d’une époque sont manipulés selon des visions étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse des hommes ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Mais les faits qui ont mûri débouchent sur quelque chose; mais la toile tissée dans l’ombre arrive à son accomplissement: et alors il semble que ce soit la fatalité qui emporte tous et tout sur son passage, il semble que l’histoire ne soit rien d’autre qu’un énorme phénomène naturel, une éruption, un tremblement de terre dont nous tous serions les victimes, celui qui l’a voulu et celui qui ne l’a pas voulu, celui qui savait et celui qui ne le savait pas, qui avait agi et celui qui était indifférent. Et ce dernier se met en colère, il voudrait se soustraire aux conséquences, il voudrait qu’il apparaisse clairement qu’il n’a pas voulu lui, qu’il n’est pas responsable. Certains pleurnichent pitoyablement, d’autres jurent avec obscénité, mais personne ou presque ne se demande: et si j’avais fait moi aussi mon devoir, si j’avais essayé de faire valoir ma volonté, mon conseil, serait-il arrivé ce qui est arrivé? Mais personne ou presque ne se sent coupable de son indifférence, de son scepticisme, de ne pas avoir donné ses bras et son activité à ces groupes de citoyens qui, précisément pour éviter un tel mal, combattaient, et se proposaient de procurer un tel bien.
La plupart d’entre eux, au contraire, devant les faits accomplis, préfèrent parler d’idéaux qui s’effondrent, de programmes qui s’écroulent définitivement et autres plaisanteries du même genre. Ils recommencent ainsi à s’absenter de toute responsabilité. Non bien sûr qu’ils ne voient pas clairement les choses, et qu’ils ne soient pas quelquefois capables de présenter de très belles solutions aux problèmes les plus urgents, y compris ceux qui requièrent une vaste préparation et du temps. Mais pour être très belles, ces solutions demeurent tout aussi infécondes, et cette contribution à la vie collective n’est animée d’aucune lueur morale; il est le produit d’une curiosité intellectuelle, non d’un sens aigu d’une responsabilité historique qui veut l’activité de tous dans la vie, qui n’admet aucune forme d’agnosticisme et aucune forme d’indifférence.
Je hais les indifférents aussi parce que leurs pleurnicheries d’éternels innocents me fatiguent. Je demande à chacun d’eux de rendre compte de la façon dont il a rempli le devoir que la vie lui a donné et lui donne chaque jour, de ce qu’il a fait et spécialement de ce qu’il n’a pas fait. Et je sens que je peux être inexorable, que je n’ai pas à gaspiller ma pitié, que je n’ai pas à partager mes larmes. Je suis partisan, je vis, je sens dans les consciences viriles de mon bord battre déjà l’activité de la cité future que mon bord est en train de construire. Et en elle la chaîne sociale ne pèse pas sur quelques uns, en elle chaque chose qui se produit n’est pas due au hasard, à la fatalité, mais elle est l’œuvre intelligente des citoyens. Il n’y a en elle personne pour rester à la fenêtre à regarder alors que quelques uns se sacrifient, disparaissent dans le sacrifice; et celui qui reste à la fenêtre, à guetter, veut profiter du peu de bien que procure l’activité de peu de gens et passe sa déception en s’en prenant à celui qui s’est sacrifié, à celui qui a disparu parce qu’il n’a pas réussi ce qu’il s’était donné pour but.
Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents.
11 février 1917
Résumons :
Sources supplémentaires : https://www.nextinpact.com/news/103949-alternative-telecom-autre-lobby-contre-domination-dorange-sur-fibre.htm et https://www.nextinpact.com/news/103759-tres-haut-debit-operateurs-independants-montent-aota-leur-association.htm .
Tellement de bullshit, c'est beau, c'est artistique. Dommage que ça soit le monde effrayant qu'on nous prépare. :(
David Martinon, ambassadeur français pour la cyberdiplomatie […]
Facepalm. La cyberdiplomatie ne peut exister, car le cyber n'existe pas.
[…] En 2013, puis en 2015, deux rapports avalisés par l’assemblée générale des Nations unies ont reconnu des principes généraux, par exemple l’application du droit international dans le cyberespace ainsi que des normes de comportement. […]
SURPRISE ! On ne s'en doutait pas du tout. Allô, Internet est constitué d'une multitude de réseaux basés dans les différents pays et interconnectés entre eux. Les utilisateur-rice-s d'Internet sont les citoyen-ne-s de chaque pays. Il n'y a pas d'indigènes mais les citoyen-ne-s du monde. Il n'y a pas de cyberespace car il n'y a tout simplement pas de territoire : Internet est une multitude de réseaux bien concrets plaqués sur tous les États de la planète. Il n'y a pas un meta-continent à conquérir, il y a uniquement le village-monde de la libre circulation des idées et des personnes qui existe aussi AFK.
Le cyberespace, de l’aveu du diplomate, « ressemble au Far West : le droit est applicable mais il est peu appliqué, tout le monde agit ou peut agir de manière offensive, et il n’y a pas grand-chose pour brider les intentions malveillantes. »
Et, AFK, quels sont les mécanismes en place pour brider la connerie humaine ? Je pense à la vente d'armes à des États et groupements non gouvernementaux peu coopératifs qui tapent sur des civils. Je pense à des États qui massacrent leur population. On peut faire les gros yeux puis la grosse voix. On a des embargos commerciaux. On peut déchoir un pays de la scène internationale (comme la Libye, souviens-toi !). Super, ça fait vraiment bien ressusciter les morts, ça guérit les brûlures des armes chimiques, ça évite les massacres en Syrie et ça empêche réellement de faire péter des bombes à l'autre bout de la planète, je n'en doute pas.
Ce difficile processus technique est, de surcroît, insuffisant. « Elle ne permet pas de conclure définitivement sur l’identité de celui qui a lancé l’attaque et encore moins de celui qui l’a commanditée », précise M. Martinon, pour qui l’attribution est avant tout « une décision de nature politique ». […]
Bien sûr, les opérations de déstabilisation obscures AFK pilotées par des services de renseignement n'ont jamais existé. Bien sûr, il n'y a jamais eu des pays agissant pour le compte d'un autre dans ce type d'opérations, remettant ainsi en cause la traçabilité du commanditaire.
[…] L’idée de la France est donc de rendre les Etats responsables, du moins en partie, des offensives qui transitent sur leurs infrastructures pour viser un pays tiers. Bref, de créer un « mécanisme collectif de responsabilité ». […] Une démarche qui ne peut s’appliquer à tous les types de réseaux, dont certains échappent par nature au contrôle des Etats, qui rencontrera des contraintes de mises en œuvre techniques et juridiques. […] Cette idée pose problème à certains pays, reconnaît-il également, qui font valoir la difficulté à contrôler les infrastructures de leur territoire, tant elles sont importantes. »
Ha ben oui, Internet est une multitude de réseaux qui ne sont pas à la botte de l'État dans lequel ils ont une existence légale.
Néanmoins, l'idée de contrôler toutes les infrastructures de communication d'un pays, fut-il pour empêcher la commission d'une attaque, est juste terrifiante, surtout quand il s'agit d'un État. C'est la certitude d'un flicage et d'un baillonage généralisés. Elle me fait vraiment froid dans le dos.
L’autre axe de négociation français porte sur le contrôle des outils permettant de mener des cyberattaques, et plus précisément d’universaliser « l’arrangement de Wassenaar », qui permet un contrôle de l’exportation des biens dits « à double usage », pouvant à la fois être utilisé à des fins pacifique comme belliqueuse, particulièrement courants dans le domaine numérique. Cet arrangement ne concerne actuellement que 41 pays. […] « Tous les pays veulent aujourd’hui s’armer, quel que soit leur niveau de développement, et certains Etats très en avance considèrent qu’ils ont une industrie et une innovation à protéger. »
Troisième point sur lequel tentera de peser la France, la logique du « hack back », les piratages effectués par des entreprises en guise de réplique à une attaque, contre elle ou leurs clients. Cette riposte privée « est un facteur hautement déstabilisateur, juge David Martinon, car cette riposte peut être déclenchée suite à une mauvaise attribution. Il y a bien sûr des avantages, c’est efficace, et cela peut avoir un effet dissuasif. Mais cela aboutit au fond à internationaliser le second amendement à la constitution américaine, celui du droit de porter une arme ». De plus, estime-t-il, « cela revient à très court terme à minorer la légitimité et l’efficacité des Etats, et c’est de nature à empêcher toute désescalade dans une crise cyber ».
[…]
Après de véritables avancées en 2013 et 2015, le dernier round de négociations à l’ONU s’annonce ardu, plombé par le contexte très lourd issu des accusations américaines à l’encontre de Moscou. […]
Déterminé à mettre un terme à la propagation des publications racistes, haineuses et homophobes sur les réseaux sociaux, le gouvernement allemand a présenté en mars un projet de loi qui prévoit des sanctions très sévères contre les plateformes qui ne se montreraient pas assez zélées pour supprimer les contenus illicites ou qui ne feraient rien pour les retirer.
[…]
Outre-Rhin, la lecture du projet de loi avait provoqué une levée de boucliers chez les associations de défense de la liberté d’expression, à raison. Sans remettre en cause le principe du texte, les organisations pointaient le risque d’une dérive : pour éviter une amende dont le plafond est très haut, un site pourrait vouloir se protéger en retirant aveuglément tout contenu signalé, sans la moindre réflexion.
Force est de constater que les inquiétudes exprimées en Allemagne ont été entendues puisque le texte ne mentionne plus l’existence d’une première infraction pour déclencher la responsabilité de la plateforme et donc sa possible sanction. L’information, sortie par Der Spiegel mardi, a été confirmée lors de la présentation du texte en conseil des ministres, selon l’AFP.
Une formulation plus large est désormais proposée, avec une précision adressée aux autorités de régulation d’intervenir avec prudence de manière à protéger la liberté d’expression. En revanche, les délais de suppression et les montants de l’amende restent inchangés : 24 heures pour les publications manifestement délictueuses, 7 jours pour les autres contenus problématiques.
Qu'est-ce qu'un contenu problématique non délictueux ? :/
Par ailleurs, le texte, qui mentionne la possibilité de supprimer ou de bloquer un contenu litigieux, prévoit aussi les mêmes sanctions en cas de remise en ligne de ces publications.
Ouch… Avec ce genre de disposition, on se dirige vers des automates pour filtrer automatiquement les contenus avant la mise en ligne. On voit déjà les atteintes à la liberté d'expression que cela pose sur Youtube : http://shaarli.guiguishow.info/?unl0Cw .
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Cette situation a conduit Heiko Maas à estimer que Facebook doit être considéré comme un média et donc supporter une certaine forme de responsabilité, conditionnée aux actes que le site peut prendre — notamment en terme de célérité lorsqu’un signalement est fait — pour faire cesser une diffusion problématique survenant sur sa plateforme. Évidemment, ce statut contesté par le réseau social, qui veut n’être qu’une simple firme tech.
Sur la responsabilité des plateformes, voir : http://shaarli.guiguishow.info/?B_o92A .
Donc l'Allemagne va se doter de sa LCEN…