C'était l'une des promesses phares de Macron durant la campagne présidentielle : l’ouverture des droits à l’assurance-chômage aux salariés démissionnaires. « Ce droit ne sera utilisable qu’une fois tous les cinq ans », était-il précisé dans le programme du candidat. Mais il s’agissait là de la seule limite fixée par Macron à l’application de la mesure.
Si un accord de principe a bien été trouvé, le 22 février, entre les partenaires sociaux sur la réforme de l’assurance-chômage, il ne s’est pas fait sans une réduction comme peau de chagrin de la promesse macronienne. Une promesse dont beaucoup, lors de la campagne présidentielle, avaient déjà souligné le coût exorbitant.
Les conditions pour pouvoir bénéficier de l’assurance-chômage en cas de démission apparaissent désormais draconiennes. Pour être éligible à la mesure, il faudra justifier d’une ancienneté minimale « ininterrompue » de sept ans dans son emploi et présenter un projet de reconversion qui réponde aux « besoins du marché du travail », dont le caractère « réel et sérieux » devra être validé par « une commission paritaire régionale ». Pôle emploi s’assurera ensuite de la mise en œuvre dudit projet, à travers une procédure à la complexité digne d’une usine à gaz.
Et ce n’est pas tout : la mise en œuvre de l’engagement du candidat Macron ne devra pas coûter à l’assurance-chômage plus de 180 millions par an. Sachant que l’Unedic avait estimé le coût de cette mesure entre 140 et 680 millions en fonction des critères retenus, les partenaires sociaux ont donc opté pour la promesse à deux balles.
Dans le Canard enchaîné du 28 février 2018.
« Il n'y aura jamais de bœuf aux hormones en France. » Macron l'a dit urbi et orbi devant un millier d'agriculteurs conviés, la semaine ernière, à ripailler à l'Elysée. L'Europe s'opposera à l’importation de barbaque shootée aux stéroïdes. Bravo ! Sauf que ce serait bien de balayer aussi devant notre porte. Deux jours avant le Salon de l'agriculture, on découvrait que la Répression des fraudes avait trouvé dans des aliments pour bovins, cochons et saumons des OGM interdits (« Le Monde », 20/ 2). Cette fois, il ne s'agit pas de tourteaux de soja mais de bactéries !
Mais pourquoi diantre mettre des bactéries dans la gamelle ? En fait l’Europe ne produit pas assez de protéines végétales pour son cheptel, ce qui l’oblige à importer massivement des tourteaux de soja d'Amérique. Or les protéines sont le carburant indispensable qui dope la production de viande et de lait.
C’est d'ailleurs pour tenter de réduire cette dépendance que l'Union européenne avait eu la riche idée d incorporer dans le menu des vaches, des porcs et des volailles, les fameuses « farines de viandes et d'os », fabriquées a partir des déchets récupérés dans les équarrissages et lies abattoirs. La suite, on la connaît. Les ruminants devenus cannibales ont développé la maladie de la vache folle et il a fallu leur interdire fissa les farines animales.
D'où cette trouvaille de génie : réduire la quantité de protéines végétales dans les rations, en compensant la perte de productivité par des acides aminés synthétisés a l'aide de bactéries, qui vont augmenter la performance. En clair, pour une même guantité d'aliments consommée, l'animal produit plus de viande ou de lait. Ce que les éleveurs appellent l’« indice de conversion ».
Et comme il n'y a pas de petits profits, ces bactéries, une fois qu’elles ont fait le boulot, sont zigouillées puis utilisées par l'agroalimentaire comme source de protéines bon marché pour les animaux d'élevage. Le numéro 1 mondial des additifs pour bétail, le japonais Ajinomoto, vient ainsi e se taire taper sur les doigts, pour avoir vendu des bactéries transgéniques produites dans l’une de ses usines en France, alors que le groupe n'avait pas encore reçu le feu vert de l'UE.
Il était sûrement « aminé » de très bonnes intentions…
Dans le Canard enchaîné du 28 février 2018.
Ah, l'accord tacite, quelle belle idée ! La loi du 12 novembre 2013, pondue sous Hollande et vantée par Macron, pose pour principe que « silence vaut accord ». Si l’administration ne répond pas dans les délais à une demande, c’est qu’elle donne son aval. Un particulier sollicite une autorisation de pêche à pied ? Si au bout de quatre mois la préfecture n’a pas répondu, il peut aller taquiner la palourde. Un promoteur veut défricher ? Si le préfet ne réagit pas à sa demande dans les deux mois, il peut sortir sa tronçonneuse. Ultra-simple.
Le 10 septembre dernier, Sources et rivières du Limousin, association de protection de l’environnement, fait une demande de renouvellement pour son agrément de « représentativité » (article L141-3 du Code de l’environnement) auprès de la préfecture de Haute-Vienne. Cet agrément, valable cinq ans, permet aux associations écolos qui en bénéficient de siéger dans les instances consultatives, de type conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques ou commission départementale de la chasse et de la faune sauvage… Au bout de quatre mois, pas de réponse. Qui ne dit mot consent ? Antoine Gatet, juriste de Sources et rivières du Limousin, veut s’en assurer. Dans un mail (17/1), la préfecture lui confirme que l’agrément « a été accordé de manière tacite ». Merveilleux ! Mais il y a un léger problème : « Quand on a un agrément, pour bénéficier de ses avantages, il faut pouvoir prouver qu’on l’a. » On doit donc décrocher un papier certifiant qu’on l’a, cet agrément. Et ce d’autant plus que, selon l’article R141—15 du Code de l’environnement, si l’association ne reçoit pas son agrément dans les six mois, c’est que celui—ci est refusé. Oups !
Heureusement, le législateur a tout prévu : selon l’article L232-3 du Code des relations entre le public et l’administration, il est tout à fait possible d’obtenir une chose délicieuse appelée « attestation de formation de décision implicite d’acceptation » (sic). L’association l’a obtenue le 6 février. Antoine Gatet soupire : « Avant, on envoyait un dossier et, en trois mois, on obtenait un agrément. Maintenant, il faut faire un dossier, au bout de quatre mois demander une confirmation d’accord tacite, puis une attestation écrite de formation de décision implicite d’acceptation ! »
La simplification est en marche…
LOL. :))))
Dans le Canard enchaîné du 28 février 2018.
Les ordonnances Macron, ça marche déjà ! Quelques semaines après sa parution au JO, le 27 décembre, le texte autorisant les entreprises à recourir à des ruptures conventionnelles collectives fait un carton. En Ile-de-France, la Direction des entreprises et du travail a dénombré une bonne douzaine de boîtes ayant conclu un accord permettant un dégraissage « indolore ».
Au total, plus de 4 000 salariés vont être poussés vers la sortie grâce à cette brillante trouvaille sociale. Laquelle, sous réserve d’un accord majoritaire avec les syndicats, dispense les employeurs d’élaborer un plan de licenciements. Volontaires ou jetés dehors, ils sont directement inscrits à Pôle emploi et touchent les allocations de chômage.
La Société générale a decaissé la première : plus de 2 000 employés sur un total de 40 000 vont se retrouver dans le rouge. Le groupe Peugeot a embrayé grâce à l’accord de FO et de la CFE-CGC avec la direction. « Le Figaro », « Les Inrocks » et IBM, dernier en date, ont suivi. Même le célèbre Office chérifien des phosphates (devenu « OCO ») envisage d’alléger ses effectifs français avec, bien sûr, le blanc-seing des syndicats. Externaliser les ennuis pour royaliser les bénéfices… Mohammed VI peut dire merci à Emmanuel Ier.
Ha ouais, que des PME au bord de l'asphyxie… Je croyais pourtant que c'était elles que ces magnifiques ordonnances (comme les précédentes réformes du Code du taff) devaient aider. Nos élu⋅e⋅s m'auraient donc menti ?! :O
Une autre macronade est passée incognito dans les soutes de l’ordonnance 6, officiellement destinée à opérer des « ajustements techniques » entre les cinq premières. Un amendement à la loi d’habilitation de cette ordonnance adoptée par le Sénat, mercredi 14 février, permet aux employeurs d’imposer aux cadres un « forfait jour », que ces derniers doivent accepter, sous peine de licenciement.
L’heure des leurres
Quêsaco ? Un dispositif aux termes duquel le cadre touchera le même salaire quel que soit son temps de travail. Finis les versements d’heures sup, les récup et, surtout, les kyrielles de plaintes à l’Inspection du travail et aux prud’hommes. Pour les pa- trons voyous. c’est la fête. Le salarié rétif sera considéré ipso facto comme démissionnaire. François Hommeril, président de la CFE-CGC, s’en étrangle : « On nous avait annoncé de simples ajustements, et on nous balance un coup bas. C’est dur, de faire confiance à des gens qui vous mentent. »
Touchante, cette candeur syndicale…
Dans le Canard enchaîné du 28 février 2018.
Excellent article qui pointe une partie des causes du déficit structurel de la SNCF.
Le pédégé Guillaume Pepy embellit ses comptes en surfacturant les services aux petites lignes.
Boxeur amateur, Edouard Philippe a transformé en punching—ball le pédégé de la SNCF, Guillaume Pepy, dans les coulisses de sa conférence de presse du lundi 26 février. Raison de ce courroux : Pepy avait convoqué les journalistes pour le lendemain, afin de leur présenter les résultats 2017 de la boîte. Or l’excellent résultat de sa marge opérationnelle (1,8 milliard) pouvait donner à penser que le gouvernement se précipitait inutilement. Heureusement pour la réforme, le fardeau de la dette est intact et produit des frais financiers catastrophiques (1,3 milliard) ! Les intérêts liés à la dette — un gouffre de 50 milliards — mangent donc le tiers des bénéfices. Avec de tels chiffres, Pepy peut affirmer qu’il fait bien son métier mais que ses résultats sont plombés par l’Etat. Celui-ci a, en effet, creusé la dette en imposant des investissements colossaux, notamment sur les lignes TGV.
Le « bon » résultat de 2017 rend plus difficile la tâche du gouvernement, engagé, à l’entendre, dans une réforme profonde. La ministre chargée des Transports, Elisabeth Borne, ne souhaitait pas, d’ailleurs, que le Premier ministre se batte sur plusieurs fronts. Message reçu : Philippe a finalement renoncé à se mettre à dos les élus locaux en fermant les 9 000 km de petites lignes déficitaires pointés dans le rapport Spinetta.
Sur le front syndical, la réforme du régime de retraite des cheminots est renvoyée à 2019. Mais il faudra quand même en passer par un conflit lourd avant d’exclure du « statut des cheminots » tous les nouveaux embauchés.
Horreur d’aiguillage
La guerre n’est pas totalement évitée avec les conseils régionaux. Depuis qu’il préside les Hauts-de-France, Xavier Bertrand n’a de cesse de crier « gare à l’arnaque ». Tout y passe : quand la SNCF vend aux régions des autocollants pour améliorer la signalétique dans les gares, elle prend au passage 14 % de frais d’ingénierie. Si elle commercialise en Europe de l’Est les antiques rames de TER mises au rebut par les conseils régionaux, elle prélève 15 % de commission sur le prix de vente. Une caméra de surveillance coûte trois fois plus cher dans une gare que dans un lycée. Le « pelliculage » d’un train aux couleurs de la région est facturé pas moins de 100 000 euros. Un petit dernier pour la route : quand la Picardie a décidé de retirer à la SNCF la gestion de la ligne Saint-Quentin-Ofigny pour la confier à Socorail, la facture régionale est tombée de 600 000 à 345 00 euros.
Plus facile d’arrêter un TGV lancé à 300 km/h que Xavier Bertrand quand il accable de reproches la société nationale. Mais il lui concède quand même une excuse : « Ça fait trente ans que l’Etat ne lui a jamais donné les moyens de réinvestir. Il ne faut pas s’étonner que la SNCF use de son instinct de survie pour faire ses fins de mois. »
Un expert gouvernemental confie ainsi au « Canard » que les TER représentent 28 % du total des dépenses des régions. Dans certaines, ce poste budgétaire est supérieur à celui des lycées. Quant au rapport qualité-prix, il est lui aussi calamiteux. Selon ce même expert, 5 000 ralentissements (jusqu’à 30 km/h…) sont recensés actuellement sur les lignes secondaires. Mais voilà : « Pendant des années, les gouvernements ont imposé des dépenses sans en avoir les moyens. Ce sont donc les régions qui ont dû payer. » Alain Rousset, le président de la Nouvelle-Aquitaine, peste contre un devis établi par la SNCF pour la réfection du tronçon Libourne-Périgueux. « En un an, ce devis est passé de 45 à 80 millions. Et, en plus, la région va devoir faire l’avance de la part que doit l’Etat. » Quel pingre !
Au total, selon l’expert qui se confie au « Canard », l’an dernier, l’Etat a déboursé 2,2 milliards pour les transports en régions, alors qu’aux termes des contrats qu’il a signés avec les conseils régionaux pour l’entretien des petites lignes, il aurait dû verser 3 milliards. « Bercy freine », râle ce même expert.
Arrêt Pepy
Sans attendre l’ordonnance Macron sur l’ouverture au privé, plusieurs régions affichent leur volonté de renégocier les contrats avec la SNCF. Laurent Wauquiez s’est même offert un coup de com’ en annonçant la prochaine prise de contrôle d’une ligne d’Auvergne-Rhône-Alpes par le conseil régional puis le transfert de sa gestion au secteur privé.
Il s’agit d’une petite ligne touristique d’une quarantaine de kilomètres, Saint-Gervais-Vallorcine, en passant par Chamonix, qui est bondée pendant les vacances. Le plus nul des patrons ne réussirait pas à la mettre en faillite. Mais Wauquiez a montré ses muscles.
La région Sud (ex-Paca) va, elle, lancer un appel d’offres « blanc ». Il s’agit, là encore, d’un coup de com’ destiné à montrer que la privatisation, ça marche. Transdev, filiale de la Caisse des dépôts, et l’italien Thello sont priés de faire des propo- sitions. Objectif : faire peur à la SNCF pour qu’elle réduise sa facture. Pepy doit être terrorisé.
Oui, c'est la bonne vieille stratégie habituelle : on assèche financièrement tout en demandant de nouveaux produits ou services, puis on fait constater que "le public, ça ne fonctionne pas et ça coûte cher" alors que ce coût élevé provient de la non mutualisation et de l'écart entre investissement et besoins exprimés, puis on vend à prix cassé au privé qui n'améliore pas la qualité du service mais se contente de le maintenir dans son état actuel voire de supprimer les produits et services non rentables tout en encaissant les bénéfices issus de la vente à prix cassé, des subventions et de techniques de gestion des salarié⋅e⋅s inhumaines. Au final, l'usager⋅e perd en confort voire il voit sa ligne être supprimée, le⋅a citoyen⋅ne perd un service public et les conditions de travail de plusieurs milliers de personnes deviennent invivables. Bien joué.
Dans le Canard enchaîné du 28 février 2018.
La firme à la pomme est prête à tout pour conserver son deuxième plus gros marché derrière les Etats-Unis : la Chine. Apple a cédé aux exigences du gouvernement de Pékin et va stocker en Chine (et non plus aux Etats—Unis) les clés des comptes iCloud de ses clients chinois (« Le Figaro », 27/2).
Les autorités chinoises pourront dès lors utiliser leur propre système juridique - particulièrement peu respectueux des libertés individuelles — pour demander à l’entreprise de leur communiquer les documents, données, vidéos, photos, etc., stockés par des Chinois dans le cloud. Selon le PC, il s’agit de lutter contre le terrorisme Les disidents ont leur idée sur la question…
Apple est un récidiviste en la matière : à la demande de Pékin, il avait déjà retiré l’application Skype et près de 670 autres permettant de naviguer sur des sites bloqués par la censure.
« Think different » (« pensez autrement »), le slogan libertaire d’Apple, n’est apparemment pas de mise pour les internautes de Chine…
Dans le Canard enchaîné du 28 février 2018.
Dans le Canard enchaîné du 21 février 2018 :
Après Wauquiez, intervenu en janvier auprès de la direction de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes pour faire déprogrammé un reportage qui ne vantait pas assez ses actions, c’est au tour de France 3 Normandie de ravir les notables du coin. Le 15 février, ils ont eu la joie d’apprendre le licenciement du confrère Jean-Marc Pitte, ex-reporteur de guerre et enquiquineur local réputé, pour « faute simple », notamment des… entorses au Code de la route. Dans un communiqué, les syndicats (CFDT, CGT, FO, SNJ) ont demandé l'annulation, pour « absence de motif », de ce licenciement, lequel, selon eux, est davantage dû aux sorties journalistiques du limogé contre Frédéric Sanchez, le patron PS de la métropole Rouen-Normandie, qu’à ses sorties de route.
Dans les stations de France 3, qui veut aller loin ménage sa voiture.
Dans le Canard enchaîné du 28 février 2018 :
Pour couvrir le Salon de l'agriculture, Public Sénat a choisi, cette année, de s’installer au cœur du gigantesque stand de… la FNSEA ! Une proximité qui a fait tousser certains confrères de la chaîne parlementaire, lesquels craignaient de voir l'image de leur indépendance éditoriale… dans les choux.
Interpellé par la société des journalistes, Emmanuel Kessler, le patron de la chaîne, s'est voulu rassurant : « La FNSEA est plus une institution du Salon qu'un syndicat du monde agricole (sic). » Et d'assurer qu'une « convention écrite » avec le dircom’ du syndicat assurait une « liberté éditoriale totale »…
Avec ou sans glyphosate ?
Directeur de la SPA entre 2014 et 2016, Jean-Benoît Sangnier n’avait pas qu’un os à ronger. A l’époque, l’association avait rigoureusement démenti le montant de son salaire « secret-défense », publié dans un article du « Canard » (21/5/14)… et qui vient d’être confirmé devant la justice.
Viré il y a deux ans, Sangnier a saisi les prud’hommes. Et, lors d’une discrète audience, qui s’est tenue le 8 février, ses rémunérations ont été divulguées et ont laissé le tribunal pantois : en plus d’un salaire fixe annuel de 90 000 euros, porté ensuite à 110 000 euros, la SPA lui avait accordé, grâce à un montage, un bonus annuel de « 35 000 euros minimum », selon l’avocate de Sangnier — en 2014, il s’est même élevé à 47 000 euros. Pas vraiment 3un salaire chihuahua : après de savants calculs, le président des prud’hommes de Paris a estimé que la rémunération moyenne de Sangnier avait été de 12 083 euros brut par mois. L’ami des animaux savait se payer sur la bête !
Ainsi, le bougre réclamait des fortunes d’indemnités à la SPA, dont le budget est costaud comme un saint-bernard {45 millions d’euros de recettes par an) : pas moins de 290 000 euros de préjudice matériel ainsi que 145 000 euros de préjudice moral. Soit 435 000 euros en tout. Commentaire du président des prud’hommes : « Je n’ai jamais vu ça en trente ans. »
Il a mal regardé alors : 45 millions d'euros de préjudice moral avait été octroyé à Bernard Tapie, ne l'oublions pas.
Las ! le tribunal a finalement condamné la SPA a verser 141 000 euros à son ancien dirlo. Autant d’argent en moins pour nos amies les bêtes.
Les 162 000 donateurs de la SPA apprécieront…
Les gens comme ce directeur n'ont aucune décence… Un tel salaire pour de l'associatif… Il en va de même pour les personnes qui accordent ce genre de salaire ! De même, comment le salaire d'un dirigeant d'association pouvait-il être secret, c'est-à-dire ignoré de l'assemblée générale de l'association ?!
Je ne crache pas sur l'indemnité accordée par le tribunal : elle est forcément indexée sur le salaire, l'ancienneté, tout ça. Le tribunal n'a pas eu d'autre choix que de tenir compte de tout cela. La faute se situe en amont.
En tout cas, je comprends mieux pour quoi certains refuges de la SPA sont en manque de thune et pour quoi la SPA n'arrive pas à traiter tous les signalements qui lui parviennent… Rien que le salaire du patron, c'est 6 salarié⋅e⋅s de plus, alors si l'on prend en compte les autres gabegies potentielles…
Dans le Canard enchaîné du 21 février 2018.
La police chinoise modernise la chasse au faciès, grâce à de nouvelles « lunettes de soleil à reconnaissance faciale, connectées à des tablettes recensant 10 000 personnes suspectêes de délits et de crimes », rapporte « Le Point » (15/2), qui explique : « Quand un policier croise le regard de l'une d’entre elles, il reçoit une notification en un dixième de seconde. »
Prochaine étape : commander un drone et pulvériser le suspect.
+1… Triste monde…
Dans le Canard enchaîné du 21 février 2018.
« La convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne relève pas de la compétence du juge judiciaire… » Cette phrase, qui figure en toutes lettres dans la décision d’un juge rendue le 9 février, a provoqué un gros embarras au sein de la cour d’appel de Paris. Car, à moins que la France ne sorte de l’Europe, les traités internationaux qu’elle a ratifiée s’imposent à tous les magistrats, y compris cette convention…
L’aberration juridique s’est produite à Paris, au « 35 bis », surnom donné (en référence à un article du Code de l’entrée et du séjour des étrangers) à la juridiction dans laquelle un juge décide, seul, de la légalité de l’arrestation et de la rétention des sans-papiers. Marge de manœuvre quasi nulle, audiences menées à une allure sidérante, migrants défilant à la chaîne par dizaines… tout est réuni pour que le jugement confirme le maintien en rétention.
De fait, c’est presque toujours le cas. Et les bourdes juridiques y sont légion. Mais tout le monde s’en balance, hormis les intéressés, des associations et des avocats engagés…
Ce 9 février, l’étrange arrêt de la cour d’appel concernait une jeune Ivoirienne de 21 ans et sa fille de 2 ans. Le préfet, qui entendait les réexpédier en Italie, où la mère avait été enregistrée, réclamait au juge la prolongation de leur rétention jusqu’au début du mois de mars.
Sa fille a un 1 et 2 mois depuis fin février 2018.
Boulettes et insouciance
La convention européenne, ont rétorqué les avocats, s’impose si peu « au juge judiciaire » que la France a été sévèrement condamnée, par trois fois, pour avoir infligé « des traitements inhumains et dégradants » à des gamins, sous la forme de séjours en centre de rétention. La Cour de Strasbourg avait souligné « le bas âge des enfants, la durée de leur rétention et le caractère inadapté des locaux concernés à la présence d’enfants ».
La bévue du 9 février 3. finalement fait beaucoup de bien à la mère et à son enfant : devant le scandale, elles ont été libérées !
Le Canard enchaîné du 21 février 2018 ne raconte pas la deuxième partie de l'histoire : la phrase relative à la convention européenne a été supprimée de la version de l'ordonnance envoyée dans la base JuriCa pour mise à disposition du public alors que la version non expurgée a été notifiée à l'intéressée.
Lorsqu’ils pratiquent le jogging avec un appareil muni d’un GPS, les agents de la DGSE sont repérables. Et très facilement identifiables !
Avec une simple application gratuite pour Smartphone réservée aux adeptes du jogging, il est possible d’identifier puis de suivre à la trace plusieurs agents de la DGSE. Un comble pour « la Piscine », royaume du secret et de la parano ! De la même manière, un étudiant australien avait localisé, le 29 janvier, des bases militaires de l’armée américaine et française.
Joggeur à fausse barbe
L’application Strava permet aux fondus de course à pied ayant activé la fonction GPS de leur montre ou de leur portable de suivre, au jour le jour, l’évolution de leurs performances. En restant parfaitement localisables ! Il y a trois semaines, à la suite des révélations australiennes, le ministère de la Défense avait rappelé à tous les pioupious français l’impérieuse nécessité de « désactiver les fonctions de géolocalisation » de leur Smartphone et autres gadgets électroniques.
Avertissement entendu ? Pas du tout. Certains de nos espions sont benoîtement restés branchés sur Strava. Vu les tracés cartographiques ultra-précis de l’application, il était alors facile de repérer des joggeurs qui, le midi, quittaient et regagnaient en petites foulées des sites appartenant à la DGSE. Ensuite, en se fondant sur les « pseudos » utilisés par ces espions pour s’inscrire sur Strava, retrouver leur véritable identité n’était plus qu’un jeu d’enfant…
Explication : dans leur application, les agents archivent non seulement les temps et parcours de leurs footings quotidiens mais aussi les chronos accomplis lors de compétitions officielles, de type marathon de Paris. Sauf que les performances réalisées à l’occasion de ces épreuves sont disponibles sur Internet, avec les nom, date de naissance et photos des participants ! Dès lors, il suffit de les comparer à celles des pseudos (en ligne sur Strava) pour mettre un patronyme et un visage sur les sobriquets de ces fins espions. Ce n’est plus « Le bureau des légendes », mais « OSS 117 »…
Une fois l’identité du coureur connue, l’exploration des réseaux sociaux peut permettre de reconstituer tout ou partie de l’environnement amical, familial et professionnel de ces gaillards et gaillardes émergeant à la DGSE. Tel cet agent qui a pris comme couverture le nom d’un personnage de dessin animé et qui, depuis deux ans, met malgré lui sa vie en vitrine.
Le 26 décembre 2015, notre champion étrenne son cadeau de Noël, reçu la veille : une jolie toquante avec GPS intégré, connectée à Strava. L’appli affiche ses parcours autour du domicile de sa mère, lors des réveillons 2015, 2016 et 2017. Elle détaille aussi ses petites foulées encerclant le fort de Noisy-le-Sec (Seine-Saint—Denis), siège du Service action de la DGSE. Ses joggings du week-end, eux, trahissent l’adresse de son domicile francilien. Sa page Facebook, ouverte à son nom, est discrète mais interagit très régulièrement avec un autre compte : celui de sa femme, un peu moins discrète.
C’est rageant de renseignements !
Le pompon, c’est que notre agent active aussi son appli Strava quand il se trouve en mission. Ainsi, un mois durant, sa planque dans un bâtiment en Irak était aisément géolocalisable…
La DGSE, contactée par « Le Canard » au sujet de ces trouvailles, ne lui a pas répondu. Mais elle aura sans doute pris le temps — on l’espère pour elle, et pour eux — de protéger un peu mieux ses agents. Parmi la joyeuse troupe de joggeurs à fausse barbe, certains se dégourdissent les jambes à Quélern, la base d’entraînement des nageurs de combat, ou encore au centre radioélectrique de Saint-Christol d’Albion, l’une des plus importantes stations d’écoute aménagées en France par les grandes oreilles.
Il est même possible, grâce à Strava, de géolocaliser une station d’écoute française en Afrique et, sur un autre continent, une base militaire dont l’emplacement précis est classé top secret.
Dire que, dans le budget 2018, les crédits de fonctionnement de la DGSE ont augmenté de presque 20 % ! Parmi les justifications invoquées, la difficulté croissante à garantir l’anonymat des agents.
Pour la discrétion, en tout cas, certains espions français peuvent toujours courir…
Rigolo. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est l'existence de tout un tas d'applications pour ordinateur de poche (smartphone) qui tracent leurs utilisateur⋅rice⋅s à leur insue. Quand tu utilises une application qui affiche tes parcours sportifs, tu te doutes bien que t'es localisable, sinon tu ne verrais pas le tracé de ton parcours… Quand tu utilises l'application d'un journal ou celle de ta banque (pourquoi veut-elle accéder à la caméra ? :O), tu t'attends beaucoup moins à être localisable… Solutions : 1) ne pas installer n'importe quelle application, surtout quand tu peux faire ce qu'elle propose via le site web habituel (comme consulter ton compte bancaire, par exemple) ; 2) se plaindre auprès des sociétés qui proposent ces applications fliquées à leurs client⋅e⋅s !
Dans le Canard enchaîné du 21 février 2018.
‒ Est-ce que, si on lui retire le statut de cheminot, les trains arriveront à l'heure ?
‒ Il faut tenter le coup…
Je trouve que ce dessin, publié dans le Canard enchaîné du 21 février 2018 résume bien les choses : expliquer que le salut économique de la SNCF viendra de la suppression du statut des cheminots, c'est désigner un bouc émissaire du genre "moi pas content que mon train n'arrive pas à l'heure donc je vais me soulager en grognant, en rabaissant, en ayant de mauvaises intentions envers une personne ou un corps de métier".
Soit on vise plus d'égalité dans la société et alors on supprime tous les régimes spéciaux et tous les privilèges, notamment ceux des élu⋅e⋅s, soit on vise une remise à flot de la SNCF donc on s'attaque aux vraies causes du déficit structurel de ce service public (gaspillages, désengagement de l'état, obligation d'ouverture à la concurrence, etc.) plutôt que de jeter des boucs émissaires en pâture dans les médias dans le but assumé de faire monter la tension entre les citoyen⋅ne⋅s…
C'est un bon début. :)
Néanmoins, ce qui me fait enrager, c'est l'inégalité de traitement : le⋅a citoyen⋅ne ou la petite société commerciale du coin, si elle s'amuse à ce genre de pratiques et que ça se sait, il ne faudra pas un mois avant que la sanction prévue par la loi soit appliquée quoi qu'il arrive. Alors que pour une multinationale, il ne se passe environ jamais rien. Dans le cas présent, il a fallut une plainte de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires + une enquête de Cash Investigation + le reste de la presse en caisse de résonance + une pression du gouvernement + un contexte de lait contaminé qui met la pression à cette société pour que la loi commence à être environ respectée ! On marche sur la tête !
Via le Canard enchaîné du 21 février 2018.
Afin de filtrer le spam dans les commentaires de mon blog, un WordPress, j'utilise l'extension « Spam Karma 2 ». Je peux consulter les critères de blocage de chaque commentaire. Je peux débloquer les commentaires si je veux. Je peux agir sur tous les critères de classification. Et je ne participe pas à une concentration malsaine en un seul service de filtrage qui, du coup, devient hyper puissant et critique.
Spam Karma est une extension vieille de 10 ans qui n'est plus maintenue depuis longtemps. PHP 7 supprime toutes les fonctions « mysql_* ». En remplacement, il faut utiliser MySQLi ou PDO, les requêtes préparées, etc. Forcément, le binôme éclate et Spam Karma 2 ne fonctionne plus avec PHP 7.
En effet, Spam Karma 2 utilise massivement mysql_error() plutôt que le code retour des fonctions de la classe wpdb (objet WordPress représentant l'interaction avec une base de données).
De plus, Spam Karma utilise mysql_real_escape_string(). Lors de mon passage à PHP 5.6 (ce qui fait que WordPress se met à utiliser MySQLi et que, donc, mysql_real_escape_string() ne trouve pas le lien vers la base de données et sort en erreur), j'avais déjà modifié les fonctions internes de Spam Karma pour qu'il utilise esc_sql() plutôt que mysql_real_escape_string() (oui, j'ai perdu en sécurité, mais je m'évite la réécriture de pans de code… notamment de portion de requêtes SQL dont on n'identifie pas rapido où la somme des portions est exécutée…) . Mais, à deux endroits du code de Spam Karma, la fonction mysql_real_escape_string() a été utilisé au lieu de la fonction interne de Spam Karma, donc mon contournement a cessé de fonctionner.
Enfin, les versions 5.6 et 7 de PHP sont plus verbeuses qu'avant quand le prototype d'une fonction dans une classe fille ne respecte pas strictement le prototype de la fonction de la classe mère. Cela journalise 5 avertissements par page affichée, donc ça rend les logs Apache httpd illisibles.
J'ai donc corrigé tout cela…
J'ai remplacé chaque mysql_error() par un test du retour de $wpdb->query() : cette fonction retourne false quand une erreur SQL a lieu. Il suffit donc d'utiliser les opérateurs de comparaison des types (« === » et « !== »). Pour afficher l'erreur SQL, j'utilise la variable $wpdb->last_error.
J'ai remplacé les deux occurrences restantes de mysql_real_escape_string() par $wpdb->prepare(), qui peut s'utiliser avec $wpdb->query(), $wpdb->get_row(), etc.
J'ai complété le prototype des fonctions dans les classes filles avec du bullshit (exemple : « function output_plugin_UI($thiscodeisuseless = true) ») pour qu'il corresponde au prototype défini dans la classe mère.
Une fois tout cela corrigé, Spam Karma 2 est fonctionnel sur une installation PHP 7. Néanmoins, je me suis aperçu qu'il ne comptabilisait plus les liens insérés dans le corps d'un commentaire. En effet, le nombre de liens dans un commentaire est l'un des critères utilisé pour estimer si un commentaire est un spam. Et c'est un critère très efficace.
Après une longue analyse, j'ai compris que le problème venait de la fonction remove_entities() appelée par la fonction parse_URIs(). En effet, celle-ci utilise la fonction PHP preg_remplace() avec le modificateur « /e » qui n'est plus implémenté. Il faut utiliser preg_replace_callback() et adapter la fonction code2utf().
Je mets à disposition ma version de Spam Karma qui fonctionne avec PHP 7. Je donne ça comme ça. À toi de l'utiliser en prenant tes responsabilités. Je ne fais pas de support. Je ne m'engage pas à maintenir quoi que ce soit.
J'ai eu ma première expérience sexuelle à 18 ans. Mon partenaire avait un comportement abusif « Allez, tu ne peux pas me dire non maintenant ! » mais j'avais tellement intégré que c'était comme ça, que je ne me suis pas vraiment défendue.
Un peu comme ces ados qui se sentent obligées de « passer à la casserole »… De même pour ces ados qui se sentent socialement obligés d'avoir une expérience sexuelle jeune.
On savait tous les deux que forcer quelqu'un c'était mal, mais on nous avait dit aussi que ceux qui faisaient ça, c'était des inconnus. Forcément moches, forcément violents et cachés dans des parkings ou des ruelles sombres. Mon copain n'était ni un inconnu, ni moche ni violent. C'était un mec lambda avec des tendances abusives « Mais moi j'ai envie ! Et tu veux qu'on reste ensemble, non ? » qui a grandi dans une culture l'encourageant à les exercer.
[…]
Même s'ils admettent, à un moment ou à un autre de leur vie, s'être passés du consentement éclairé de leur partenaire, ce n'était pas le plus important. Le plus important pour eux était de ne pas être mis dans la case « agresseur ». Pourtant, qu'on parle de culpabiliser sa partenaire jusqu'à ce qu'elle cède, de profiter d'une amie soit soûle pour abuser d'elle ou d'utiliser la contrainte physique c'est la même idée qui est à l'œuvre : le consentement des femmes en matière de sexualité importe peu. Ce qui est important, c'est d'obtenir du sexe.
Les abus sexuels, ce n'est pas un ensemble d'actes « pas bien mais ça va encore » qui deviendraient soudain un crime quand on les commet sur une inconnue ou avec un couteau. C'est un continuum, un ensemble de comportements abusifs encouragés par la culture du viol, de degrés divers, mais consistant tous à se passer de consentement. Ils ne sont pas tous illégaux, mais ils sont tous à proscrire !
‒ Eh mais détends-toi un peu !
‒ Du calme, on déconne !
Ça vous est déjà arrivé d'entendre ça après vous être agacée d'une remarque ou d'un comportement déplacé ? Moi oui, souvent.‒ T'as pas de très belles mains quand même.
‒ Wah t'as pris du cul !
‒ Faut mettre des strings, on voit la marque de votre slip là ![…]
J'ai répondu sans réfléchir, par réflexe. À chaque fois, c'est ma réaction de défense, plus que l'attaque, qui semblait déplacée. Et je finissais fautive. Est-ce moi qui étais trop susceptible et acceptais mal les « blagues » et les « conseils » ? Nommons les choses clairement : faire croire à une personne blessée qu'elle est la fautive, c'est de la manipulation émotionnelle.
Et le subir régulièrement tend à nous faire perdre nos repères. C'est tellement humiliant de devoir s'excuser d'avoir été blessée, que progressivement, on finit par ne plus réagir du tout aux provocations. Aujourd'hui, comme beaucoup de femmes, je suis devenue incapable de discerner les situations dans lesquelles je suis légitime à me mettre en colère.
Ce contrôle social de nos émotions commence dès l'enfance. Chez les petits garçons, l'agressivité est considérée très tôt comme normale. Elle fait partie des qualités vues comme nécessaires pour « devenir un homme ». Plus tard, ce stéréotype leur coûtera très cher. Déjà, car ceux qui n'y correspondent pas, considérés comme « pas des vrais hommes », subissent de nombreuses humiliations… et aussi parce que les autres, pour ne pas subir le même sort, tentent de prouver leur virilité par des comportements violents et à risque.
Les petites filles n'ont pas ces problèmes car chez elles, on contrôle très tôt les manifestations d'agressivité. Tout au long de leur vie, on va les encourager à rester douces en présentant leur agressivité comme inadéquate. Une fois adulte, on dira d'une femme qui se fâche qu'elle est émotive et irrationnelle, car ce n'est pas une émotion perçue comme normale.
Ce sera toujours parce qu'on a nos règles ou qu'on a « un problème ». Mais le problème sera toujours dans notre tête ou dans notre corps, jamais extérieur. On a même inventé des termes spécifiques pour les femmes qui se fâchent. Comme par exemple « hystérique », qui vient du mot « utérus », créé juste pour nous ! Ou la fameuse « mégère » qualificatif anciennement attribué aux femmes qui avaient le culot de ne pas vouloir se taper toutes les tâches à la maison.
Nous, nous n'avons pas envie d'être des hustériques ou des chieuses. Alors nous finissons par nous taire… ou par exprimer nos émotions de façon détournée, lissée, pour ne pas paraître agressives. « T'es en retard. » -> « Je t'attends pour manger ? :) »
Alors je dis pas que la finalité est de se hurler les uns sur les autres… Mais canaliser sa colère ne veut pas dire l'étouffer ! Déjà parce qu'elle finit toujours par nous revenir en boomerang sur le derrière de la nuque… et puis surtout parce que c'est une émotion saine de réaction à tout un tas de choses qu'on subit : irrespect, provocations, agressions physiques ou verbales.
Prendre l'habitude d'étouffer ce signal nous laisse paralysées en situation d'agression, car nous n'avons plus confiance en nos réflexes défensifs.
Nous exécutons un numéro d'équilibriste quotidien, coincées entre les injonctions à savoir se défendre et les accusations d'hystérie quand nous le faisons.
C'est flagrant dans le monde politique : les hommes, eux, peuvent se mettre à crier, jurer, gesticuler sans risquer d'être traités d'hystériques ou d'être critiqués sur la laideur de leurs expressions faciales. Ça les aides même à convaincre et à se faire élire. Pour les femmes, ça ne fait pas partie des options possibles.
‒ Han même elle pète un plomb là ! Elle a ses règles ou quoi ?
‒ Elle va nous déclencher une guerre en moins d'un mois celle-là !
Oui, c'est ce qu'on disait de Ségolène Royal dans mon entourage, en 2007. Avec la boule de nerfs Sarko en face d'elle, le contraste était… saisissant. Ce traitement différencié continue à l'heure actuelle… Y'a qu'à regarder le traitement des actions de Hidalgo ou de Royal par le Canard enchaîné, par exemple…
Si la colère assoit le charisme des hommes, à l'inverse, elle décrédibilise les femmes.
Il existe à ce sujet une étude édifiante : en 2015, 200 étudiant⋅e⋅s ont participé à une simulation de procès virtuel. On leur a présenté des photos de preuves, des témoignages et l'argumentaire des avocats. Les étudiant⋅e⋅s ont alors échangé avec 4 jurés : 3 du même avis qu'eux et un en désaccord. Le juré en désaccord s'exprimait avec beaucoup de colère, utilisant majuscule et ponctuation excessive. En réalité, les avis n'étaient pas donnés par de vraies personnes, mais des réponses programmées et affichées par l'ordinateur. Pour chaque étudiant⋅e, le juré en colère donnait exactement les mêmes réponses, avec les mêmes majuscules et ponctuation. Sauf que… dans la moitié des cas, il s'appelait Jason… et dans l'autre, Alicia. À la fin de l'expérience, Jason en colère a fait changer d'avis 18 % des étudiant⋅e⋅s… Et Alicia… zéro. Et même plus, la colère d'Alicia a eu tendance à renforcer les étudiant⋅e⋅s dans leur position initiale.
[…]
À long terme, nous devons apprendre à nos enfants, indépendamment de leur genre, que la colère est une bonne émotion, un signal utile ! Tout en leur donnant des outils pour l'exprimer efficacement. Et puis la prochaine fois que vous trouverez une femme agressive… vous pouvez vous demander si vous penseriez la même chose d'un homme.
Il reste quelques jours pour contribuer au financement des Surligneurs.
Je pense que ce projet est vital : en tous temps, période électorale ou non, en provenance de tous partis et tous journaux, les citoyen⋅ne⋅s se font enfumer par des propositions politiciennes qui seront inapplicables car elles sont anticonstitutionnelles ou très difficiles à définir en droit ou mensongères voire un mélange de tout ça. Avoir à disposition des décryptages sur tout ce bullshit est un enjeu citoyen extrêmement fort. Exemples de bullshit : Macron et sa prétendue moralisation de la vie politique ; Poutou et son interdiction du licenciement économique ; Mélenchon et son abrogation intégrale de la loi El Khomri ; Philippot et son "Bruxelles nous impose tout mouin mouin !" ; la droite (dont Fillon) et sa veille rengaine de peines-planchers automatiques ; etc.
De plus, nous avons besoin de comprendre certaines notions juridiques afin de former une opinion sur les sujets de société. Comme l'euthanasie ou le fonctionnement de notre processus législatif.
La correspondance entre la sortie de smartctl et celle de megacli : dans smartctl -a -d megaraid,X /dev/sda, X = device ID dans megacli -pdlist.
On a reçu ça au boulot il y a quelques temps (oui, je l'ai caviardé). Je ne savais pas à quoi ressemble cette déclaration, maintenant je sais.
Je constate que, si l'on utilise des musiques libres de droit, il faut fournir un justificatif… Ce qui en décourage l'utilisation puisque les artistes engagés dans cette voie-là signe rarement un bout de papelard depuis l'autre bout du ternet… Dans notre cas, nous utilisons une solution commerciale qui intègre le logiciel libre Asterisk, XiVo, ainsi que l'une des "musiques" livrées par défaut avec Asterisk. La société qui vend cette solution nous a signé un papier pour satisfaire la SCPA.
Je ne sais pas comment est calculée l'estimation du nombre de lignes… En cherchant dans l'annuaire ? En demandant le routage aux opérateurs téléphoniques ? Dans notre cas, c'est erroné. De plus, chez nous, toutes les lignes peuvent être jointes de l'extérieur (juste, ce n'est pas publié dans l'annuaire) et une musique d'attente peut être jouée sur chaque ligne. Ben oui, même si tu me téléphones sur ma ligne directe, je peux te mettre en attente. Il me semble que c'est un comportement standard… Donc la facturation est illogique.
Chaque année, la SCPA nous envoie cette déclaration… Avec une estimation du nombre de lignes erronée… Sans tenir compte qu'on a déjà répondu xx fois qu'on utilise de la musique libre de droit… Tout ce papier gaspillé… Toute l'énergie humaine gaspillée pour taxer une niche (non mais sérieux, qui savoure une musique d'attente téléphonique ?!)… Tout cet argent qui nourrit des intermédiaires inutiles… Tout cet argent qui n'est pas redistribué aux artistes, aux interprètes et aux producteur⋅rice⋅s car les organismes de collecte ne font même pas l'effort de rechercher ces personnes afin de leur filer leur chèque…
Une hécatombe : 200 000 des 700 000 représentants du personnel (délégués syndicaux, élus au comité d’entreprise, etc.) pourraient disparaître d’ici à décembre 2019, à cause de l’ordonnance Macron qui institue dans les boîtes une seule et unique structure, le comité social et économique. Le couperet tomberait principalement sur la CGT et la CFDT, qui perdraient chacune 60 000 délégués ; FO ferait une croix sur 35 000 de ses représentants. Les autres formations verraient s’envoler, au total, 50 000 de leurs élus.
Ces chiffres ont été présentés lors d’une réunion organisée le 31 janvier au ministère du Travail, dans le cadre de la préparation du rapport sur la « valorisation » des compétences des représentants syndicaux. Ce dernier a été confié par Muriel Pénicaud à Jean-Dominique Simonpoli, ancien responsable CGT reconverti dans le conseil tarifé aux entreprises, et à Gilles Gateau, DRH d’Air France. Les évaluations effectuées chez le transporteur aérien corroborent d’ailleurs les projections nationales : après fusion des instances du personnel, la population des salariés protégés tombera de 760 à 500 à Air France. Les syndicats vont presque y laisser leur chemise…
Heu… Je compte entre 28 et 29 % de perte au niveau national contre environ 34 % chez Air France… Y'a quand même une différence de 38 000 au niveau national en fonction de la projection que l'on retient. :-
Militants et plus
Le sort de ces élus déchus commence à inquiéter fortement les directions des confédérations, qui craignent des représailles. Les délégués du personnel ou les élus aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) étaient en effet considérés par nombre de patrons comme des emmerdeurs patentés. Aux yeux de Pierre Gattaz, ils nuisaient gravement à la santé de l’entreprise en exigeant que le boulot nuise un peu moins à celle des salariés… L’un des patrons de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), Christophe Sadok, est chargé de formuler des propositions pour recycler les futures victimes. Pauvre Sadok… Il n’a pas fini de pomper.
Les crédits d’heures qui leur étaient accordés seront redistribués aux petits malins qui vont rester en place. Nombre de militants commencent donc à craindre que l’ordonnance Macron ne crée des bureaucrates syndicaux, qui passeront plus de temps à commenter la stratégie économique de l’entreprise plutôt qu’à défendre les salariés. Encore des nostalgiques…
Heeeu… C'est inexact : l'ordonnance Pénicaud-Macron diminue le nombre d'heures réservées pour les actions syndicales en fonction de la taille de la société. De plus, ce nombre d'heures sera fixé par négociation avec la société employeuse… … …
Dans le Canard enchaîné du 14 février 2018.