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  • Yémen : la défense blindée de l’Elysée

    Cet arrêt du Conseil d’Etat belge (29 juin) ressemble à une — première — victoire pour les ONG bataillant contre les marchands de canons européens. La sanglante guerre au Yémen (10 000 morts en trois ans), alimentée par des industriels de l’UE, est une foire aux missiles et aux armes lourdes. L’arrêt du Conseil belge a retiré huit licences d’exportation d’armes à la Fabrique nationale Herstal. La région wallonne — l’actionnaire de ce groupe propriétaire des marques Winchester et Browning — n’a, en effet, pas « procédé à un examen minutieux et prudent » de la question du respect des droits de l’homme par l’Arabie saoudite, acheteuse, l’an dernier, de 153 millions d’euros d’armes wallonnes. A la tête d’une coalition de pays arabes, Riyad est le premier belligérant de ce conflit dirigé contre la rébellion houthie (chiite) au Yémen.

    Commerce rentable

    Pas de coup d’arrêt de cette sorte en France, où les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite et l’Egypte ont triplé depuis 2014, pour atteindre 1 milliard d’euros en 2016… Et les livraisons continuent en 2017 : 1,38 milliard à l’Arabie saoudite, et 210 millions aux Emirats arabes unis. Sur cette base, l’association Action Sécurité Ethique républicaines (Aser) a déposé, le 7 mai, devant le tribunal administratif de Paris un recours pour violation répétée du traité sur le commerce des armes (TCA).

    Ce traité, solennellement ratifié par la France en 2014, interdit les « transferts d’armes classiques » si l’Etat du vendeur a connaissance de ce que « ces armes ou ces biens pourraient servir à commettre (…) des attaques dirigées contre des civils ou d’autres crimes de guerre ».

    A l’Assemblée, une petite fronde est jugulée par Richard Ferrand, le patron du groupe LEM, et Marielle de Sarnez, la présidente de la commission des Affaires étrangères. Ils s’opposent depuis trois mois à une quarantaine de députés de la majorité présidentielle. A leur tête, Sébastien Nadot, député de la Haute-Garonne, qui, le 5 avril, a lancé un projet de commission d’enquête.

    Présentez armes

    A ce député trop curieux, Macron en personne a assuré en février que ces livraisons signées surtout sous Le Drian à la Défense portaient sur des « armes défensives » (sic). Puis, en juin, il l’a félicité pour son action de contrôle : « Je suis de très près ce que vous faites. » Mais il n’a pas fait débloquer sa commission d’enquête pour autant… Jupiter impuissant contre la foudre ? Crédible !

    Un rapport commun de l’Observatoire des armements et de la FIDH (« Le Canard », 20/6) détaille pourtant des « indices de présence » recoupés d’armements français sur le théâtre des opérations au Yémen : des 4 x 4 blindés vendus à l’Arabie saoudite en 2016, des canons Caesar de 155 mm, mais aussi des chars Leclerc et des Mirage 2000 émiratis, certes vendus dans les années 90, mais nécessitant « munitions, formation, services et assistance », lesquels se trouvent dans le collimateur des députés. Preuve de son vif intérêt, Macron a convoqué à Paris, le 27 juin, une petite conférence humanitaire sur le Yémen mais qui a été trustée par les Saoudiens… et à laquelle il ne s’est finalement pas donné la peine d’assister.

    Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.

    Tue Jul 24 12:38:49 2018 - permalink -
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  • Collomb veut terroriser les réfugiés

    Etendre aux sans-papiers les moyens utilisés pour lutter contre le crime organisé ou le terrorisme : c’est l’idée du décret 2018-543, publié au « Journal officiel » le 30 juin et signé Edouard Philippe. Il offre « au service de la Préfecture de police chargé de la lutte contre l’immigration irrégulière » la possibilité de « recourir à certaines des techniques de renseignement prévues par la loi ».

    Amalgame entre clandestins et poseurs de bombes ? Jamais ! se défend l’Intérieur, invoquant une simple réorganisation de la Préfecture de police. De fait, jusqu’en mai 2017, le service chargé de la lutte contre l’immigration clandestine étant rattaché à la Direction du renseignement, il pouvait bénéficier de ses pouvoirs les plus secrets. Devenu la Sous-Direction de la lutte contre l’immigration irrégulière (SDLII), le service aspire aux mêmes privilèges !

    Allô, j’écoute !

    Collomb voulait aussi lui permettre de recourir aux fameux Imsi-catchers, ces « grandes oreilles » réservées par la loi aux services de renseignement. Mais la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement l’a signifié à Collomb : la SDLII n’a pas les « compétences techniques » pour recourir aux Imsi-catchers, « ni même le besoin opérationnel ».

    Finalement, c’est dans le seul cadre de la « prévention de la criminalité et de la délinquance organisée » que la SDLÏI pourra parfois recourir aux écoutes, à la géolocalisation et au balisage.

    Et, l’armée contre les immigrés, il y a pensé, Collomb ?

    Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.

    Tue Jul 24 12:30:55 2018 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?NL4sDg
  • Un gouvernement "labotomisé” par l‘industrie pharmaceutique

    Dîner à l’Elysée et pognon de dingue garanti.

    Pour les patients, la réforme de la santé attendra. Mais, pour les labos, le tapis rouge, c’est maintenant ! Le 9 juillet, Macron a reçu à dîner une vingtaine de pédégés des plus gros labos pharmaceutiques, de GSK à Sanofi. Et, le lendemain, lors d’un Conseil stratégique des industries de santé, Edouard Philippe les a couverts de cadeaux.

    Pour commencer, le gouvernement leur garantit que leur chiffre d’affaires augmentera, au minimum, de « 0,5 % par an pendant trois ans », et même de « 3 % par an » pour les médicaments innovants. « C’est Noël en juillet ! ironise Pierre Chirac, de la revue médicale “Prescrire”. Et c’est accordé sans aucune contrepartie. Par exemple, on ne demande pas aux industriels d’éviter les ruptures de stock de médicaments. »

    La nouvelle a ébahi les associations de patients, Médecins du monde, l’UFC-Que choisir et « Prescrire », qui se sont fendus d’un communiqué commun : « Qui d’autre a l’assurance, aujourd’hui en France, d’une augmentation régulière de ses revenus, qui plus est à partir d’argent public ?» Personne… Les labos vont pouvoir continuer de demander des prix délirants pour des anticancéreux et autres traitements : « Pour leur garantir 3 % de croissance, le gouvernement va accepter des prix faramineux, alors qu’il aurait fallu enrayer la spirale », déplore Pierre Chirac.

    Sanofi du bien

    Autre gâterie : les délais d’autorisation des nouveaux médocs seront réduits « drastiquement ». Mais aucun nouveau moyen n’est accordé aux agences sanitaires chargées de les évaluer. « C’est très dangereux, s’alarme un pharmacologue expert auprès de l’agence du médicament. On ne peut pas juste faire confiance aux études cliniques des labos. » Les industriels, eux, se frottent les mains : « Le premier bénéficiaire de tout ça, c’est Sanofi… » décrypte un haut fonctionnaire. Un « fleuron » dont Edouard Philippe ne manque jamais de saluer la réussite.

    Macron lui-même est un proche de Serge Weinberg, le président de Sanofi, qu’il a connu en 2007 au sein de la commission Attali. « Nous sommes devenus assez copains, même très copains », se félicitait Weinberg dans la biographie de Jupiter pondue par Anne Fulda. Nul cumulus ne saurait assombrir cette touchante amitié…

    Dans le Canard enchaîné du 18 juillet 2018.

    Tue Jul 24 12:26:07 2018 - permalink -
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  • Mes notes concernant les numéros 84 et 85 de Fakir

    • Entrevue avec Thomas Dietrich qui nous rappelle les horreurs commises en Afrique par la France d'hier comme d'aujourd'hui : considérer que la Centrafrique lui appartient car son sol est riche en matières premières (pétrole, diamants (souvenir de l'affaire des diamants de Bokassa ;) ), etc.), soutien inconditionnel au dictateur Déby (Tchad), placement du pantin Bozizé à la tête de la Centrafrique, corruption (avec Balkany en intermédiaire) quand ce dernier refuse de signer l'accord français sur l'uranium et le pétrole, appel à Déby, nouvel homme fort d'Afrique après l'assassinat de Kadhafi, pour chasser les djihadistes du Mali en 2013 (histoire de sous-traiter une partie de la guerre à une main d'œuvre moins coûteuse économiquement et politiquement - les pertes humaines sont toujours difficiles à défendre devant l'opinion), en échange de quoi Déby obtient l'autorisation d'entrer sur le territoire de la Centrafrique et de se servir, Bozizé (Centrafrique) appelle son allié de l'Afrique du Sud à la rescousse donc on se retrouve avec un merdier (Tchad versus Afrique du Sud en Centrafrique…), massacre des musulmans, les viols et les ratonnades et assassinats commis par l'Armée française à l'encontre des femmes africaines tout ça classé sans suite par les tribunaux, etc. ;

    • Fakir nous rappelle également le colonialisme français et les massacres de villages entiers, en 1949, quand ceux-ci refusaient de payer leur impôt à la France ;

    • Ruffin nous parle de la forme qui écrase tout à l'Assemblée. La chemise dans le pantalon, bien sûr, mais aussi la bonne manière d'écrire un rapport parlementaire avec le directeur de cabinet du président de l'Assemblée qui téléphone à Ruffin pour lui demander une confirmation sur sa volonté de s'exprimer de la sorte dans son rapport… Tu reçois 0 formation quand tu deviens député et t'es prié de connaître les délais, les procédures pointilleuses et tout et tout… Ruffin suppose que cette exigence de la forme pour repousser le fond n'est pas nouvelle et cite l'exemple du discours « Les Caves de Lille » de Victor Hugo, discours qui relate sa visite des logements ouvriers de Lille infestés de maladies, discours qu'il n'a pas prononcé (hypothèse de Ruffin : pour ne pas choquer ?) ;

    • Extrait de « Un ministre ne devrait pas dire ça » :

      À Bercy, Brigitte et Emmanuel Macron occupaient à la suite d'Arnaud Montebourg, l'un des deux splendides appartements surplombant la Seine, avec parquet en chêne clair, moquette et immenses baies vitrées. C'est dans ce cadre digne d'une revue d'architecture que, matin, midi et soir, le couple a reçu beaucoup de monde pour préparer le décollage d'En Marche!. […] Les journalistes, les acteurs, les écrivains, les « people », les chefs d'entreprise, les chanteurs, bref le Tout-Paris et bien au-delà, accourus le plus souvent par l'entrée discrète située quai de Bercy. […] Je me demande, avec toutes ses rencontres, ses réunions privées, ses voyages escortés par les médias, comment Macron a trouvé le temps et les moyens pour être ministre de l'Économie, de l'industrie et du Numérique. […] La préparation de la Marche présidentielle ne se faisait pas qu'à l'appartement privé. Tous les espaces […] étaient mis à contribution simultanément. Une stratégie qui permettait à Brigitte et Emmanuel Macron de prendre l'apéritif dans une réception du ministère, de débuter un premier dîner plus officiel avec d'autres convives au 7e étage, puis d'en poursuivre un second à l'appartement ! Un double-dîner, en somme. Il fallait un solide estomac, ou une belle habilité, pour prendre un premier plat dans les étages de Bercy et en attaquer un second avec une autre fournée d'invités dans le décor plus cosy du 6e niveau. Les convives pouvaient décider d'aller ensuite se montrer en ville pour prendre un dernier verre… et quelques photos. Le tout, et c'est là le plus grand scandale, aux frais de la République ! En 2016, pendant les huit premiers mois, les crédits de l'année entière ont été consommés en frais de représentation ! Brigitte et Emmanuel Macron postulaient à devenir le couple présidentiel. Ils avaient bien sûr parfaitement le droit de rencontrer les vedettes du show-biz et tous les bobos parisiens ou provinciaux. Mais pas aux frais du ministère de l'Économie ! ;

    • Ruffin expose son sentiment sur l'Assemblée : la cadence d'examen des amendements empêche tout débat ; Tout débat est impossible à cause d'une majorité de blocage qui doit sa légitimité et donc sa présence dans l'hémicycle à Macron, car les élections présidentielle et législative sont concomitantes, donc le président choisit à qui il donnera une circonscription en échange d'une loyauté implicite ; La volonté du président de la République passe avant tout et le parlement ne fait qu'exaucer ses souhaits (flat tax, fake news) ; Les député⋅e⋅s sont enfermé⋅e⋅s dans leur bulle : coupé⋅e⋅s des vrais gens, coupé⋅e⋅s de la littérature et de la production d'écrits argumentés ; La forme est importante pour masquer la vacuité de l'Assemblée dans le fond d'où il est important d'avoir sa chemise dans le pantalon, d'avoir une garde républicaine, d'avoir un décor de rêve, des huissiers avec des chaînes d'or, des cérémonies avant l'entrée dans l'hémicycle, etc. ; L'Assemblée se contente, en fait, de donner une apparence démocratique aux décisions technocratiques, froides, verticales, autoritaires prises dans les cabinets des ministres et du président de la République. La haute administration technocratique a toujours eu le pouvoir, mais elle était masquée derrière un politicien pantoches, aujourd'hui, elle a le pouvoir en direct car Macron est un pur produit de cette administration.
    Tue Jul 17 13:12:37 2018 - permalink -
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  • Palmes, masque, tuba

    Bon, Hugo Verlomme fait plus qu’aimer la mer, la vague, la pla ge. Il ne vit que pour elles, n’écrit que sur elles. Et parfois cet amour l’emmène aux confins d’un lyrisme « Grand Bleu » très fleur bleue : « Ecoutons le message des dauphins, ceux qui ont su vivre pendant des millions d’années en bonne intelligence avec l’océan sans le saccager, sans s’entre-tuer, en appliquant les grands principes de leur philosophie : solidarité, amour, jeu. » Certes, certes…

    A force d’écouter le message des dauphins, il a écrit un livre bourré d’adresses et d’infos qui développe une vision du monde marin plus que positive. Allons, les amis, tout n’est pas perdu, les mers ont beau être ravagées par la surpêche, les pollutions chimiques ou bactériennes, l’invasion du plastique, l’acidification de l’eau, l’extraction minière, les pollutions sonores et tutti quanti, voyez tous ces lanceurs d’espoir et de cercles vertueux qui viennent à leur secours ! Voici « des milliers d’initiatives pour sauver la mer… et l’humanité » !

    Devenez un « plongeur écoresponsable ». Enthousiasmez-vous en découvrant la saga de Sylvia Earle, l’océanographe qui a réussi à convaincre George Bush de créer, en 2006, « à la surprise générale, le plus vaste sanctuaire marin du monde ». Depuis votre ordinateur, participez à la traque aux pêcheurs pirates grâce au programme Global Fishing Watch. Soutenez le projet Biorock, qui, à Bali, a permis de restaurer les récifs de corail dégradés en immergeant des grilles métalliques parcourues d’un faible courant pour favoriser un processus d’« accrétion minérale électrolytique ». Visitez les fonds marins en louant des submersibles électriques high-tech mis au point par la compagnie flamande Ortega Submersibles… Bref, soyez comme les colibris chers à Pierre Rabhi, pour qui aucun geste n’est inutile ou dérisoire.

    Tout cela est fort sympathique. Mais il suffit d’ouvrir le journal pour voir d’autres logiques à l’œuvre : celles qui s’emploient à exploiter de plus en plus intensivement les océans. Par exemple, les immenses zones abyssales jusqu’ici à l’abri de la rapacité humaine. Elles sont bourrées de sulfures polymétalliques, de terres rares indispensables aux fibres optiques et aux écrans LCD, de cuivre, d’argent, de fer et de zinc. Elles font rêver Francis Vallat, président du groupe de travail synergie Grands fonds marins. Non seulement, dit-il, la France dispose de vastes eaux territoriales, mais elle est le « seul pays au monde à disposer de leaders mondiaux dans les dix phases de travaux nécessaires à l’exploration puis l’exploitation des futurs gisements ». La France s’apprête donc à être l’une des premières à exploiter industriellement les abysses ! Tout en promettant, bien sûr, ça ne mange pas de pain, d’« éviter les dommages écologiques » (« Les Echos », 25/65).

    Pas sûr que les milliers d’initiatives défendues par Hugo Verlomme suffisent à stopper Francis Vallat et ses amis dans leur conquête de ce nouvel eldorado. Pas sûr qu’il soit sensible au « message des dauphins »…

    Dans le Canard enchaîné du 11 juillet 2018.

    Mon Jul 16 14:04:39 2018 - permalink -
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  • Les "bidouillages” de Free devant la iustice

    L’héritier du BTP contre le romanichel du Net… La légendaire inimitié opposant Martin Bouygues et Xavier Niel, opérateurs respectivement du troisième et du quatrième réseau de téléphonie mobile, est en passe d’atteindre un nouveau sommet. Cette fois, la querelle ne porte pas sur un mariage avorté dans les télécoms mais sur l’issue — d’ici à la rentrée — d’une procédure judiciaire qui traîne depuis quatre ans.

    Tension sur la ligne

    Bouygues Télécom a assigné Free devant le tribunal de commerce de Paris, en novembre 2014, pour « concurrence déloyale du fait de pratiques illicites et trompeuses ». Le premier accusait le second d’avoir trompé ses abonnés en pratiquant sur son réseau 3G un « bridage » massif de ses débits entre 2012 et 2015, et de continuer aujourd’hui de manière plus ciblée. Autrement dit, Free aurait volontairement limité l’accès à la navigation sur le Web et au téléchargement de fichiers multimédias dans la journée. Résultat : l’abonné au forfait mobile Free illimité avait beau tapoter sur son smartphone, pour regarder des vidéos sur YouTube, ou écouter de la musique, la mise en route était impossible.

    Pour comprendre cette « panne » organisée, il faut revenir sur l’accord liant Free à Orange. En décembre 2009, le gouvernement de François Fillon accorde une quatrième licence mobile à Xavier Niel. Sauf que Free ne dispose pas d’un réseau complet. Soucieux de couvrir le territoire national, le trublion signe, en mars 2011, un accord d’itinérance avec Orange. Ainsi, dans les zones non couvertes par le réseau propre de Free, l’abonné bascule automatiquement sur le réseau Orange. Bien sûr, la location a un coût ! Plus les abonnés sont gourmands en données, plus Niel casque…

    En janvier 2013, un an après le lancement de Free Mobile, l’association UFC-Que choisir porte plainte au nom de clients mécontents. A la demande du ministre de l’Economie, les agents de la Répression des fraudes,la DGCCRF, perquisitionnent les locaux de Free, qui conteste les saisies. Un arrêt de la Cour de cassation vient de donner raison à l’administration. Entre-temps, Niel aura tout de même gagné cinq ans de tranquillité…

    L’action pénale intentée par UFC-Que choisir s’est éteinte le 18 janvier 2017 : l’association a conclu un accord à l’amiable avec l’opérateur, en échange d’un dédommagement pour les clients lésée. Bouygues Télécom, en revanche, maintient la pression judiciaire. Le réseau de Martin Bouygues estime avoir pâti de l’arrivée de Free, qui lui a volé une partie de son fonds de commerce pour vendre des forfaits à la qualité défaillante.

    Tout compris ?

    Si Free a toujours nié le bidouillage des débits, Rani Assaf, le directeur technique œuvrant dans l’ombre de Xavier Niel, a lâché le morceau en montrant à un invité « [s]a dernière trouvaille : une application qui permet de régler le débit de connexion des abonnés Free partout en France (…). Un truc pour gérer un réseau entier à partir de son téléphone ! » (« Vanity Fair », février 2015). Tiens, tiens…

    Le tribunal de commerce, pour se forger une idée, va devoir se pencher sur des centaines de mesures, toutes plus arides les unes que, les autres. « Bouygues Telecom a contesté au moins neuf fois l’existence même de l’offre mobile Free, sans succès, réplique la porte-parole d’lliad, la maison mère de Free. Cette nouvelle tentative a le même but : faire disparaître Free Mobile en formulant une demande financière éliminatoire et retrouver ainsi le confort douillet de l’oligopole. »

    Iliad a anticipé le risque juridique. Le document de référence 2016 indique que le montant du préjudice réclamé par Bouygues s’élève à 570 millions d’euros.

    Et cette revendication n’a rien de bridé…

    Dans le Canard enchaîné du 11 juillet 2018.

    Mon Jul 16 13:54:30 2018 - permalink -
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  • Quand les saisonniers récoltent de l‘oseille pour la CGT

    Les fonds de la formation professionnelle profitent bien aux syndicats.

    Sur son bureau, la procureure de Bobigny a, depuis la semaine dernière, un rapport des plus troublants sur les fonds de formation professionnelle destinés aux saisonniers agricoles mais profitant à d’autres… Accompagné de documents comptables, il a été transmis à la magistrate par d’anciens dirigeants de la fédération CGT de l’agroalimentaire.

    Chaque année, ils sont environ 700 000 à passer des guignes aux asperges, puis des asperges à la vigne. Contrainte de gagner leur année de salaire en quelques mois, ils ne rechignent pas à la tâche. Mais, en face aussi, les efforts sont remarquables. Il y a seize ans, en juillet 2002, un accord, signé par le vice-président de la FNSEA et par cinq fédérations syndicales rattachées aux confédérations, avait accouché d’un astucieux système, permettant d’éviter de payer les heures supplémentaires au tarif légal. Son nom ? Le « contrat à durée déterminée intégrant un droit à la formation ». Concrètement, selon cet accord, « le paiement des bonifications et majorations pour les heures supplémentaires effectuées [était] remplacé par un droit pour le salarié à bénéficier d’une action de formation ».

    Magot en formation

    Contrairement aux heures sup, cette formation ne coûte pas un radis aux agriculteurs employant des saisonniers, car elle est financée par des fonds mutualisés. Par ailleurs, elle n’est accordée qu’après la fin du CDD, c’est-à-dire à Pâques ou à la Trinité.

    Cet accord est tout bénef pour les employeurs, mais pas seulement. Une association à but non lucratif domiciliée au siège de la FNSEA, Provea, a été créée, financée par une cotisation obligatoire de 0,2 % sur la masse salariale : un pactole pas perdu pour tout le monde…

    En principe, Provea doit examiner les « résultats des travaux, études et réflexions » réalisés par chacun des bénéficiaires dans le domaine de l’emploi : soit, en quinze ans, un colloque en 2010 et un autre en 2018 — pas vraiment harassant. En réalité, sa tâche principale consiste à répartir le blé engrangé grâce au 0,2 % de cotisation, soit 14,7 millions d’euros par an.

    Unique syndicat patronal reconnu en agriculture, la FNSEA s’embourbe plus de 8 millions par an. La Confédération paysanne et la Coordination rurale, elles, ne touchent pas un centime. Côté syndicats, la fédération de l’agriculture CGT empoche le gros lot, avec 1,1 million par an. Un peu plus que la CFDT, donc, et beaucoup plus que FO, la CFE-CGC et la CFTC. Un magnifique robinet financier, dénoncé par le responsable juridique de la Confédération paysanne : « C’est une pompe à fric. Il n’y a aucun doute là:-dessus. » Tout de suite des mots crus…

    Le blé en verbe

    A cette curiosité se mêle une autre, logée dans les comptes de la fédération CGT : quand la comptabilité de Provea indique que 1 million lui a été versé en 2015, le compte de résultat, soumis puis voté par le congrès de la fédé, ne mentionne « que » 453 000 euros. C’était pire lors des années précédentes, où les comptes de résultat de la fédération font apparaître moins du tiers des sommes reçues. Pourtant, les livres de comptes de Provea montrent bien que les chèques ont été encaissés. Où est passée la différence ?

    Freddy Hucks, qui, il y a quatre ans, a officiellement laissé le poste de secrétaire général de la fédé à son fils (même s’il continue de tenir les commandes d’une main de fer), a du mal a dissimuler son embarras. Il avance tout de même une explication : « Nous avons créé un institut [d’études] qui a une personnalité propre, l’Iresa », précise-t-il, tout en rappelant que « Provea, qui est un organisme paritaire, verse les sommes à la fédération, qui les dispatche ». Le hic, c’est que le compte de résultat de cette dernière ne fait apparaître aucun versement à l’Iresa. Tout au plus Freddy Huck annonce-t-il que la comptabilité a été mise en ordre pour 2017.

    Et l’autre demi-million est consigné dans la compta ? « Le propre de cet accord est de donner des moyens aux organisations syndicales pour qu’elles mènent leurs multiples activités », assure Huck. Parmi elles, l’octroi de cotisations gratuites à quelques milliers d’adhérents.

    Ce n’est pas un emploi judicieux des « moyens », ça ?

    Dans le Canard enchaîné du 11 juillet 2018.

    Mon Jul 16 13:44:46 2018 - permalink -
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  • Le FN passe à la caisse

    Le Front National a bien vécu sur le dos de Bruxelles, tout en éructant avec constance sur les « eurocrates ». L’ ennui, c’est que ça commence à se voir. Beaucoup. Cinq cent mille euros gelés sur le budget du groupe ENL (Europe des nations et des libertés), auquel appartient le FN à Bruxelles, pour des factures injustifiées avec des contrats signés dans des conditions juridiques douteuses, des achats de bouteilles de champagne et des dîners dans des restaurants étoilés. Deux millions retenus par la justice française sur l’aide publique apportée aux partis politiques en prévision des fonds réclamés par le Parlement européen (7 millions de 2009 à 2017) dans l’affaire des emplois fictifs d’assistants européens.

    Chaque fois, Marine Le Pen s’est mise en colère, a crié très fort. Contre les juges, coupables d’« un attentat à la démocratie ». Contre ses copains à Bruxelles, désormais décrits par des proches de Le Pen comme « des petits notables qui oublient pourquoi ils ont été élus » (« L’Opinion », 6/7). Contre Nicolas Bay, numéro 3 du parti, dont le nom revient régulièrement sur les factures acquittées dans les grands restaurants et qui est mis en examen dans l’affaire des emplois fictifs. Mais jamais la présidente du FN n’évoque sa propre responsabilité. Elle était évidemment au courant des emplois fictifs au Parlement européen. Coprésidente du groupe ENL de juin 2015 à juin 2017, elle était forcément au courant des dépenses des « petits notables ». Habile pour jouer les victimes, elle annonce l’ouverture d’une souscription.

    S’ils rassemblent 2 millions, les ex-frontistes pourront déboucher quelques bouteilles. Il paraît qu’ils ont du bon.

    Dans le Canard enchaîné du 11 juillet 2018.

    Mon Jul 16 13:31:41 2018 - permalink -
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  • Jusqu'a la derniere goutte : les guerres secretes de l'eau en Europe

    Ce documentaire me laisse sur ma faim, car il se contente de différencier une gestion publique de l'eau d'une gestion privée de l'eau sur les seuls critères du prix de l'eau et de la maintenance à courte-vue du réseau. Évidemment, c'est important de tenir ce raisonnement face au discours libéral qui nous explique en permanence que le privé est toujours plus efficace, gnagnagna. Mais c'est insuffisant, car la hausse du prix de l'eau durant un contrat de 30 ans peut aussi s'expliquer par la rareté croissante de l'eau et par le coût croissant de l'assainissement causé par la quantité croissante de produits chimiques que nous déversons dedans (je pense à tous nos détergeants actuels alors qu'on nettoyait nos maisons avec du vinaigre et autre y'a encore 30-50 ans). Bref, j'aimerai bien un documentaire qui compare également sur d'autres critères comme la qualité de l'eau, le nombre de fuites sur le réseau, le respect de l'environnement lors de l'assainissement, etc.

    Néanmoins, ce documentaire diffuse des infos intéressantes :

    • Paris a construit son réseau d'eau suite à l'épidémie de choléra qui a sévit en 1832. En 1853 naît la compagnie générale des eaux, présentée comme la première société de gestion de l'eau, qui perdurera jusqu'en 1998. Son conseil d'administration des débuts était déjà composé à 100 % de banquiers, comme quoi… ;

    • Des contrats de délégation au privé prévoient un minimum de consommation qui tient compte de la croissance démographique et de la hausse présumée de la consommation. Des pénalités (en centaines de millions d'euros) sont exigées, auprès de tribunaux arbitraux privés, par les sociétés commerciales, en cas de sous-consommation par rapport à l'estimation. Comment veux-tu initier une politique de sauvegarde de l'eau dans ces conditions… ;

    • Une remunicipalisation de l'eau coûte toujours cher (1,3 milliards d'euros pour Berlin)… Les citoyen⋅ne⋅s paye une deuxième fois leur système d'eau… On marche sur la tête ;

    • Dans les pays en crise économique, les mémorandums avec l'UE prévoient quasiment toujours une privatisation des services de l'eau. Néanmoins, comme le fait remarquer un militant irlandais : quand l'UE demande à l'Irlande d'arrêter ses cadeaux fiscaux à Apple (en dizaines de milliards d'euros), les politicien⋅ne⋅s irlandais⋅e⋅s choisissent de passer outre (alors que c'est des entrées d'argent en moins pour l'État), mais quand il s'agit de privatiser les services de l'eau, les mêmes politicien⋅ne⋅s choisissent d'obéir lâchement. Deux poids, deux mesures…
    Sun Jul 15 23:16:41 2018 - permalink -
    - https://rutube.ru/video/755242f3f17e05b951f6afe67627a360/
  • Ebdo et la Revue Dessinée

    Depuis le crash d'« Ebdo », sur fond de fausse « affaire Hulot », l'ex-directeur de la publication, Thierry Mandon, a tenté en vain de reprendre la société éditrice, Rollin Publications, placée en liquidation judiciaire. Cet ancien minisitre de Hollande proposait de reprendre 19 salariés, contre 15 pour ses concurrents, le tandem Le Seuil-La Revue dessinée, et jouissait de solides appuis (l’administrateur et le mandataire judiciaires, le juge commissaire…). Las, le tribunal de commerce de Paris a préféré l’offre du Seuil et de la Revue dessinée. Motif, lu dans le jugement — du 31 mai — récemment rendu public : « Ebdo » affichait un trou de 3,1 millions d’euros deux mois après son lancement, et Mandon, « en grande partie à l’origine des difficultés du groupe, n'a pas convaincu une part très significative des salariés ».

    Et encore moins les lecteurs !

    Dans le Canard enchaîné du 4 juillet 2018.

    Sun Jul 15 13:04:52 2018 - permalink -
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  • Lucy à la chaîne

    Enfin une bonne nouvelle ! Elle concerne un pays de 100 millions d’habitants, dont on n’entend jamais parler, ou presque : l’Ethiopie. « Le figaro » (25/6) se réjouit : « L’Ethiopie s’ouvre enfin aux capitaux privés et étrangers. » Les industriels français sont sur les dents. Ainsi Bolloré et CMA CGM, qui « surveillent la situation attentivement ». En bons « acteurs de la logistique », ils sentent que l’import-export va exploser : navires, fret, trans- port maritime (l’Ethiopie n’a pas de façade maritime, mais tout passe par Djibouti), il y a « des opportunités » dans l’air.

    Il faut dire que l’Ethiopie est dirigée depuis près de trente ans par l’EPRDF, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, « au lourd héritage marxiste », comme dit « Le figaro ». Que ce gouvernement se convertisse à l’économie de marché et entreprenne d’industrialiser le pays à marche forcée, voilà qui ouvre des perspectives.

    La preuve : les Chinois et les Sri Lankais sont déjà là. C’est chez eux que l’Occident avait trouvé les salaires les plus bas de la planète et qu’il a longtemps tout fait fabriquer. Aujourd’hui, les anciens soutiers délocalisent à leur tour. Pour le plus grand profit de marques comme Guess, Levi’s et H&M…

    Très présents en Ethiopie, relate « Courrier international » (14/65), les Chinois y construisent des usines ultramodernes où ils installent leurs machines et leurs petits chefs puis vont au fin fond des campagnes chercher des femmes, qu’ils mettent au boulot. Salaire de base : 25 dollars (21,50 euros) par mois. Imbattable. Vingt fois moins qu’en Chine ! Et c’est ainsi que l’Ethiopie « est en passe de devenir l’échelon le plus bas de la chaîne d’approvisionnement qui nous inonde d’une mode jetable ».

    Certes, pour ces femmes, le travail en usine est une nouveauté. Pas très agréable : « Elles n’ont qu’une demi-heure pour déjeuner. Elles ont mal au dos. Elles sont épuisées. Ces boulots rendent tout le monde malade. » Pire, comme le note un DRH venu du Sri Lanka, « l’Ethiopie n’a jamais été colonisée. Les gens en sont fiers, ce qui engendre certaines résistances ».

    Certes, ça ne rigole pas : une jeune Ethiopienne diplômée explique avoir sombré dans la dépression durant les six semaines qu’elle a passées à surveiller 40 femmes travaillant sur une ligne de production de pantalons : « Chaque fois qu’une ouvrière n’atteignait pas l’objectif fixé, les chefs lui hurlaient dessus. » Les révolutions industrielles n’ont jamais été une partie de plaisir. Surtout menées par la Chine, dont le modèle industriel et consumériste a trouvé en Afrique de quoi assurer ses besoins colossaux et toujours croissants de matières premières et de produits manufacturés.

    Mais rassurons-nous : acheter pas cher la dernière fringue à la mode, c’est faire un geste humanitaire en faveur de l’Ethiopie, berceau de l’humanité et de l’australopithèque Lucy. Non ?

    Dans le Canard enchaîné du 4 juillet 2018.

    Sun Jul 15 12:58:56 2018 - permalink -
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  • Des habits et des souliers vénéneux

    En pleins soldes d’été, voilà l’industrie du vêtement et de la chaussure habillée pour l’hiver ! L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rend, ce mercredi 4 juillet, un rapport sur la toxicité des fringues et des pompes. L’Anses a trouvé dans nos jeans, tee-shirts ou lingerie 15 cochonneries chimiques problématiques pour la santé, et pas moins de 17 dans nos escarpins, bottes et bottines : des colorants, des conservateurs, des stabilisateurs, des antiacariens, des imperméabilisants… En prêt-à-porter !

    Après avoir passé au tamis les études scientifiques sur les dermatites de contact, l’Agence a analysé la composition de 39 vêtements et paires de chaussures. Conclusion : 20 % des textiles recèlent du PPD, un colorant dérivé du goudron susceptible de déclencher des réactions allergiques à vie, 16 % sont chargés en métaux lourds, très toxiques, tels le cobalt, le cuivre ou le mercure (utilisés pour faire briller les matières ou fixer les teintures), et 20 % en NP et NPEO, imperméabilisants soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens.

    Sans aublier des substances carrément létales : 20 % des chaussures contiennent du chrome VI — un adjuvant employé pour le tannage du cuir et classé cancérogène avéré pour l’homme. Même problème avec la résine formaldéhyde, qui sert notamment à fixer les semelles. De quoi marcher à côté de ses pompes…

    Nickel-chrome

    La Commission européenne espère bien restreindre l’usage, pour les textiles et les chaussures, de tous les cancérogènes avérés ou supposés… mais en 2021 ! En attendant, l’Anses recommande a minima d’avertir le consommateur de la présence de ces substances. Elle préconise aussi de passer au lavage les vêtements neufs avant de les porter. Sauf que, en ce qui concerne les PPD, chaque tour de machine à laver imprègne encore un peu plus le vêtement de cette substance toxique.

    Les lecteurs du rapport de l’Anses vont pouvoir négocier des remises. Même après les soldes !

    Dans le Canard enchaîné du 4 juillet 2018.

    Sun Jul 15 12:50:09 2018 - permalink -
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  • Le miracle de saint Macron

    Le 26 juin, tandis que Macron plastronnait au Vatican, le clergé faisait ses courses à l’Assemblée. Avec la bénédiction du président de la République, et après un fervent sermon de Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, les députés ont voté — avec une majorité de seulement trois voix — la suppression d’une obligation qui défrisait les cultes.

    Une loi de 2016 exigeait des Eglises qu’elles enregistrent leurs représentants avant le 1er juillet 2018 sur le registre des lobbyistes ouvert par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Dans ces conditions, les curés, pasteurs, rabbins ou bonzes ne pouvaient plus tenter d’influer « discrètement » sur la vie politique : comme presque partout en Europe, ces messieurs (et quelques) dames se retrouvaient tenus d’agir à découvert. Grâce à saint Macron, il n’en sera rien : une dernière navette parlementaire doit rendre cette abrogation définitive d’ici à la fin du mois.

    En revanche, le gouvernement et sa majorité ont renoncé à faire voter une autre disposition autorisant les cultes à exploiter commercialement des immeubles de rapport. Des esprits chagrins ont fait remarquer que ce texte aurait permis à des associations musulmanes extrémistes — comme les salafistes — de se créer des trésors de guerre difficilement contrôlables.

    Cet abandon, toutefois, n’a guère troublé la hiérarchie catho. Il y a en effet des années que l’Eglise se fait du gras illégalement avec ses biens immobiliers sans que personne n’y trouve à redire. A deux pas des Champs-Elysées, par exemple, l’ancien siège de l’Association diocésaine de Paris est aujourd’hui loué — à prix d’or et en toute impunité — à Xavier Niel, qui y a installé le siège social de Free.

    Les voies du Seigneur sont parfois un peu téléphonées…

    Le texte qui est sorti de l'Assemblée ne supprime plus l'obligation de déclaration, mais la reporte à juillet 2021. Pour l'instant, la commission du Sénat est d'accord, mais, de toute façon, ce texte est dans la procédure dite du « dernier mot à l'Assemblée », donc l'avis du Sénat ne compte pas des masses.

    Dans le Canard enchaîné du 4 juillet 2018.

    Sun Jul 15 12:42:32 2018 - permalink -
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  • xkcd: An Apple for a Dollar

    ‒ Juste this apple, thanks.
    ‒ That will be one dollar.
    ‒ Exactly ? No tax or anything?
    ‒ That's right… Is that a problem?
    ‒ It's juste weird to realize that every other transaction in my life will be more complicated than this. This is like a platonic ideal exchange. An apple for a dollar.
    ‒ I see.
    ‒ Are we on a frictionless plane? Is a train leaving Chicago at 40 mph? Should I solve for something??
    ‒ Okay, apples are $2.17 now.
    ‒ That's… probably better for us both.

    I'd like 0.4608 apples, please.

    :')

    Sat Jul 14 12:44:54 2018 - permalink -
    - https://xkcd.com/2019/
  • Baron Sc​hwartz sur Twitter : "A programmer’s job is not to write code; it is to understand problems and implement solutions. Thus it’s mostly about communicating."

    A programmer’s job is not to write code; it is to understand problems and implement solutions. Thus it’s mostly about communicating.

    Via https://twitter.com/aeris22 .

    Mon Jul 9 13:15:31 2018 - permalink -
    - https://twitter.com/xaprb/status/1015228974442668032
  • Indignez-vous ! – indigène éditions

    J'ai lu cet ouvrage que tout le monde s'arrachait il y'a 7-8 ans.

    Je le trouve mal écrit (mais après tout, il s'agit de notes prises lors d'une entrevue, ce n'est pas rédigé par Hessel), ça tourne en boucle sans rien argumenter dans l'objectif de justifier un précepte du genre « Indignez-vous, c'est bon pour la société et pour vous-même ». Je reste sur ma faim : pourquoi diable chercherai-je à m'indigner ? Ma vie de peigne-cul est bien, en vrai, non ?

    L'idéal de société d'Hessel semble construit exclusivement sur le programme national de la Résistance qui, selon moi, a fait son temps. Oui, parce que bon, parler de respect de la dignité humaine pour ensuite galérer sur la décolonisation africaine (que ce soit avec le franc CFA/comorien ou la lutte pour l'Algérie algérienne…). Oui, parce que bon, parler de liberté de la presse vis-à-vis de l'État et des puissances d'argent pour ensuite créer le ministère de l'information (avec le sinistre Peyrefitte qui se ramène au journal TV pour exposer sa nouvelle formule dudit journal) puis l'ORTF… Bref, l'écart entre le programme du CNR et ce que ses membres et soutiens en ont fait est notable, d'où ce programme ne me fait pas plus rêver que tout autre programme politicien.

    Néanmoins, je rejoins Hessel sur plusieurs points :

    • Chacun⋅e de nous est responsable à titre personnel de l'évolution de notre monde. On ne peut pas se cacher derrière un quelconque pouvoir ou un quelconque dieu ;

    • L'indifférence est destructrice en cela qu'elle coupe l'élan de l'indignation donc de l'envie de faire des choses ;

    • L'Histoire, et notamment celle occidentale, est une histoire de violences assumées : le productivisme, la financiarisation, le creusement des inégalités, la fuite en avant technologique dépourvue de toute éthique, l'impérialisme qui consiste à civiliser autrui en le bombardant, etc.

    Point philosophie :

    • Hegel pensait que l'histoire de l'humanité a un sens : la liberté de l'Homme progresse étape par étape, les chocs historiques sont des prises en compte de défis nouveaux, mais, à la fin, l'Homme atteint sa liberté complète ;

    • Walter Benjamin pensait que les progrès, et notamment ceux faits par la liberté, la compétition et le "toujours plus", sont un ouragan destructeur. Le sens de l'histoire est un cheminement irrésistible de catastrophe en catastrophe.
    Sun Jul 8 12:22:46 2018 - permalink -
    - http://www.indigene-editions.fr/ceux-qui-marchent-contre-le-vent/indignez-vous.html
    fiche-lecture
  • Alternatives Économiques et l'objectivité

    Petit aperçu du traitement journalistique du sujet de la directive Copyright en France : un journal (@AlterEco) me contacte pour écrire un article à la rentrée avant le vote au Parlement européen en demandant un traitement "objectif" du sujet. Je réponds en disant OK sur le principe, mais que je suis engagé à @LaQuadrature du Net et que si j'écris sur le sujet, ce sera une tribune manifestant forcément une opinion. On me répond alors que la presse ayant des intérêts dans la directive (sic), ils voudraient plutôt un texte qui présente l'article 11 comme la manifestation légitime d'un besoin de financement face aux GAFAM et qu'il préfère finalement quelqu'un de "plus neutre"... Un de mes profs de droit répétait : "La seule manière d'être objectif, c'est d'admettre qu'on ne peut pas l'être". Si vous lisez un article sur la directive Copyright dans @AlterEco, vous saurez à quoi vous en tenir... Pensez-y lorsque vous lirez dans la presse des articles expliquant que l'opposition à la directive Copyright est soutenue par les GAFAM...

    Sat Jul 7 22:34:31 2018 - permalink -
    - https://twitter.com/Calimaq/status/1015283569051209729
  • librairies indépendantes

    Un moteur de recherche de livres vendus par des librairies françaises indépendantes. On est assez éloigné d'un remplaçant à Amazon, mais au moins, ça existe et ça concrétise le chaînon manquant entre les vendeurs de tout et de rien hégémoniques (Amazon, FNAC, etc.) et les petites librairies indépendantes à l'ancienne.

    Quelques remarques :

    • Il y a un coût pour être dans ce système : la librairie doit possèder un système d'information interconnecté à ce site ou mettre à jour celui qui se trouve derrière ce site web, ce qui demande des compétences techniques et/ou du temps pour la saisie, ce qui fait que, mécaniquement, ce site web regroupe uniquement les plus grosses librairies indépendantes, c'est-à-dire celles qui n'ont pas tellement besoin de plus de visibilité ;

    • Le moteur de recherche est très perfectible et l'affichage de la date de parution (afin de distinguer une réédition d'une autre) ne serait pas de refus. Je viens de leur envoyer un email à ces sujets.

    Via http://sebsauvage.net/links/?2yNX2g

    Sat Jul 7 16:12:21 2018 - permalink -
    - https://www.librairiesindependantes.com/
  • La Boutique des Mutins de Pangée

    Un site web qui propose des films (plus ou moins) indépendants en téléchargement, sans DRM. Testé et approuvé, je recommande. Je n'ai pas testé l'achat de DVD ni la VoD.

    Quelques remarques :

    • Si tu payes par carte bancaire, le lien de téléchargement est disponible immédiatement. Si tu payes par virement bancaire, sa prise en compte peut excéder un mois et aucun mail te prévient que les liens de téléchargement sont disponibles ;

    • Depuis les principaux fournisseurs d'accès à Internet français (Orange, SFR, Free), la vitesse de téléchargement est faiblarde voire le téléchargement se fait par à-coups de dizaines de mégaoctets, ce qui le rend très lent voire impossible. Le type d'accès à Internet (ADSL, VDSL, coaxial, fibre) ne change rien. En revanche, le débit, de l'ordre de 4-5 mo/s constant, est excellent depuis OVH. J'ai signalé ce problème aux Mutins par courriel à la mi-mars, je n'ai pas eu de réponse.
    Sat Jul 7 15:38:55 2018 - permalink -
    - https://www.laboutiquedesmutins.org/?fond=rubrique&id_rubrique=22
  • #19824 - DTC Dans Ton Chat - BashFR - Humour perles citations

    @JRochedy: Il me reste 2 points sur mon permis. Je vais encore devoir faire un stage de merde (ça doit être mon 4eme ou mon 5eme) où on te parle comme un enfant pour te dire des trucs inutiles. Cela dit c’est une expérience sociologique très intéressante :
    @JRochedy: 90% d’hommes dans ces stages, et essentiellement des professions libérales, petits artisans, travailleurs indépendants, chefs d’entreprise etc. Peu de fragilité, beaucoup de solides gaillards qui se font donner la leçon pendant 2 jours par des pédagogues à la voix mielleuse.
    @JRochedy: Autrement dit, cela révèle parfaitement la société actuelle. Des hommes, parmi les plus utiles à la société, créateurs de valeur ajoutée, à qui on fait la morale, en plus de leur faire les poches, bien entendu (ces stages coûtent chers).
    @JRochedy: C’est insupportable. Dysgenisme à tous les étages. Inversion des valeurs et perversion anthropologique.
    @JRochedy: 1- Toutes les grosses flaques débarquent en masse sur ce thread avec leur seul argument « ouin t’as qu’à respecter le code de la route » alors que ces abrutis (qui sans doute ne conduisent pas ou alors en ville) ne voient pas que justement je discute de celui-ci. Bande d’esclaves
    @JRochedy: 2- Grosses flaques citadines esclaves du système qui ne réfléchissent même plus. Allez parler du principe du stage à points payant à 99% du reste du monde, y compris européen, et ils vous répondent « WTF c’est quoi ce truc vous vous faites voler »
    @JRochedy: 3- et justement bande cons d’esclaves on ne parle pas ici de chauffards qui roulent dangereusement mais de mecs qui bossent et qui perdent leurs points/permis à cause de trucs minables, dysfonctionnels et injustes. (dépassement de 10kmh, feu orange rouge, téléphone etc.)
    @TangibleOeuf: attends il existe une autre solution tu savais pas??? respecter le code de la route!! c'est hyper facile et efficace mec. de rien.
    @TopiSansSel: Nan mais t'as pas compris. Lui tu vois, c'est un travailleur indépendant, sans fragilité, un solide gaillard. Il est parmi les plus utiles à la société, créateur de valeur ajoutée ! Donc pour quelqu'un de son rang, le code de la route c'est genre une sorte de suggestion en gros.
    @PlumeLQC: Ouais et comme c’est un solide gaillard utile à la société il devrait avoir le droit de griller des feux rouges, de rouler à 80 en ville, de risquer la vie des gens, normal quoi
    @PlumeLQC: C’est écrit en tout petits caractères dans le code de la route : ces règles ne sont valables que pour les femmes, les chômeurs et les personnes fragiles. Les autres faites comme vous voulez

    Gros +1 TopiSansSel et PlumeLQC.

    Thu Jul 5 23:00:54 2018 - permalink -
    - https://danstonchat.com/19824.html
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