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——————————— January 1, 2018 - Monday 01, January 2018 ———————————

Doublement des sanctions, obligation de remplir un rapport d’activité, surveillance renforcée : les demandeurs d’emploi vont trinquer.

Pour les fêtes, Emmanuel Macron n’a pas oublié les demandeurs d’emploi. Ainsi entend-il aussi leur témoigner son affection dès l’entame de 2018. Mais c’est de l’amour vache.

Dans un document de travail envoyé le 14 décembre aux partenaires sociaux, le gouvernement avait prévenu : il leur proposerait « une réforme du barème et des modalités de sanction [de certains demandeurs d’emploi] dans les semaines qui viennent ». Cala s’annonce musclé.

« Le Canard » s’est procuré la note confidentielle sur laquelle travaille Antoine Foucher, un ancien du Medef et le directeur de cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. En matière de contrôle des chômeurs, un durcissement des sanctions se profile bel et bien.

Actuellement, en cas de recherche d’emploi insuffisante, de refus d’une action de formation ou d’une aide pour trouver le fameux job, le chômeur se voit, théoriquement, infliger une réduction de 20 % de son allocation chômage, pour une durée de deux à six mois. En cas de « manquements » répétés, elle passe à 50 %, pour la même durée.

Mais, « dans les faits, les sanctions pour ce type de manquements sont très réduites », assure un syndicaliste.

Surveiller et punir !

La nouvelle réforme concoctée par le ministère du Travail promet une addition autrement sévère. Si Pôle emploi estime que le chômeur ne recherche pas assez activement du travail, ou s’il refuse une formation, ou encore s’il décline deux offres d’emploi jugées raisonnables, ses allocations seront d’amblé réduites de 50 %, pour une durée de deux mois ! S’il récidive, elles seront carrément supprimées, pour la même durée de deux mois.

La note étudiée par le ministère du Travail se garde bien de préciser ce qui caractérise « une insuffisance de recherche d’emploi » ou « une offre d’emploi raisonnable ». Sûrement des détails…

Deuxième innovation évoquée dans cette note : les chômeurs — ces présumés fainéants — vont devoir rendre des comptes, et serrés. Chaque demandeur d’emploi sera donc bientôt tenu de remplir un rapport d’activité mensuel, listant l’ensemble des démarches effectuées pour favoriser son retour à l’emploi. L’occupation risque de s’avérer déprimante.

L’idée est directement inspirée par… Pierre Gattaz. Lors d’une conférence de presse, le 17 octobre, le président du Medef suggérait l’exercice d’« un contrôle journalier » des chômeurs. Avant de nuancer : « Journalier, hebdomadaire ou mensuel, c’est un truc (sic) qu’il faut débattre. »

Le Medef exaucé

Le « truc » fait partie des idées phares du gouvernement pour mesurer l’« intensité de la recherche d’emploi » de ceux qui n’en ont pas. L’objectif est d’aider les équipes chargées du « contrôle de la recherche effective d’emploi » au sein de Pôle emploi à détecter les chômeurs dont le rapport d’activité leur paraîtrait trop mince. Et, pour faciliter la tâche des contrôleurs — qui sont aujourd’hui 200 —, Macron va multiplier les effectifs par cinq en cinq ans, comme il l’a annoncé. En voilà, des jobs nouveaux !

Et si les chômeurs oublient de remplir leur rapport d’activité ? Hop ! c’est la radiation express… Qui a dit qu’il n’existait pas de moyen simple, efficace et humain d’inverser la courbe ?

Je pense que le contrôle par écrit des chômeur⋅euse⋅s est un chiffon rouge pour nous énerver : le gouvernement n'en veut probablement pas (trop chronophage à contrôler, des chômeurs / précaires savent à peine écrire, etc.), mais va l'utiliser comme un pivot dans la négociation afin d'obtenir des compromis tellement en défaveur des travailleur⋅euse⋅s qu'il ne les aurait pas obtenus autrement.

Les syndicats pourront jouer entre mi-janvier et mi-février puis le tout sera inséré dans un projet de loi qui traitera aussi de la formation pro et de l'apprentisage et qui sera examiné au Parlement.

Vu l'étendue des sujets de négociation, on va forcément perdre des bouts… :( Peut-être sur le fonctionnement ou la parité de l'Unedic ? :(

Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.

Ni vu ni connu, le gouvernement a discrètement offert un petit cadeau à un paquet de grands élus : maires de communes de plus de 100 000 habitants, mais aussi présidents de conseil de métropole, de communauté urbaine, de communauté d’agglomération et de communauté de communes de 100 000 habitants et plus. N’en jetez plus !

Dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 décembre, à 1 h 27 du matin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, est venu en personne à l’Assemblée soutenir un amendement très aimable envers tout ce beau monde — plus encore que celui qui avait été adopté au Sénat, quelques jours plus tôt.

L’idée est de permettre à l’ensemble de ces présidents d’exécutifs locaux d’obtenir une indemnité supplémentaire allant jusqu’à 40 % de leurs indemnités respectives, « à condition que ne soit pas dépassé le montant total des indemnités maximales susceptibles d’être allouées aux membres de l’organe délibérant hors prise en compte de ladite majoration ».

Traduction de ce jargon par un fin connaisseur : « Dans les collectivités où le maire ou le président a un poids important, ce sont les petits élus qui lui offriront ce cadeau en rognant sur leurs indemnités. »

Joyeux Noël à tous !

Dans le Canard enchaîné du 20 décembre 2017.

Le problème avec la théorie du ruissellement, c’est que beaucoup restent à sec. Si, avec la mondialisation, il y a moins de crève-la-faim, plus de riches meurent d’excès, et pas seulement pendant les fêtes. Les pauvres le sont un peu moins, mais les riches le sont bien plus, et les inégalités s’accroissent, la preuve par le premier rapport sur les inégalités mondiales rédigé par Thomas Piketty et une centaine d’économistes. Où l’on apprend qu’entre 1980 et 2016 le 1 % de la population la plus fortunée de la planète a capté 27 % des richesses mondiales produites, et les plus pauvres seulement 12 %.

Les inégalités augmentent, mais de façon très inégale. La palme revient au Moyen-Orient, où les 10 % les plus aisés s’arrogent 61 % des richesses produites. Les émirs qataris et autres princes saoudiens ne sont pas très partageurs. Pareil en Inde, où le système de castes continue de faire des émules. Comme au Brésil, en dépit du passage à la présidence de l’ouvrier Lula. Pas de quoi casser les Brics !

L’Afrique subsaharienne n’est pas mieux lotie, qui voit 10 % de la population s’arroger plus de la moitié des richesses. Aux Etats-Unis, c’est moins de la moitié (47 %). Mais le pays de Mickey et de Donald Trump est celui où les inégalités ont le plus progressé en trente-cinq ans. Les miliiardaires du Net, de l’informatique et du téléphone ne sont pas près de raccrocher.

Cent ans après la révolution bolchevique, la Russie, elle, a le triste privilège de faire aussi bien que les yankees en matière d’inégalités, merci camarade Staline. Et les Chinois ne sont pas loin : 10 % de la population se réserve 41 % des richesses. Sept cents millions de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté mais restent pauvres, merci camarade Mao.

La vieille Europe demeure le continent le moins inégalitaire de tous. Les 10 % les plus aisés ne se partagent que 37 % du revenu global. L’Etat providence n’a plus la cote, mais ses vertus redistributives se font toujours sentir. La progressivité de l’impôt n’a pas eu que des effets négatifs, et, comme le soulignent les auteurs, « les politiques publiques ont un fort impact sur les inégalités ».

Il fallait bien mobiliser 100 économistes pour le découvrir.

Dans le Canard enchaîné du 20 décembre 2017.

Le feuilleton de l’incroyable partie de cache-cache de Mélenchon avec les juges d’instruction parisiens, dans une simple affaire de diffamation, continue depuis cinq ans (« Le Canard », 7/6). Depuis 2012, le journaliste du « Monde » Paulo Paranagua poursuit le camarade Méluche pour l’avoir publiquement traité de « tueur repenti », de « terroriste repenti », puis, lors d’une récidive sur son blog personnel, en 2016, de « muse de la CIA », responsable de moult exécutions en Argentine. Sans preuves…

Il faut dire que ce journaliste d’origine brésilienne, jadis militant, avait eu le toupet d’écrire des articles critiques sur le régime de Chavez. Dans deux procédures successives en diffamation intentées par Paranagua en cinq ans, Mélenchon s’est dérobé à sept reprises aux convocations des juges, dont les deux dernières, les 8 octobre et 10 novembre ! Obligeant les flics à se déplacer une demi-douzaine de fois pour tenter de lui remettre sa convoc en main propre…

En 2016, Méluche avait même fini. par bénéficier d’un non-lieu, faute, pour les juges d’instruction, fatigués par ce jeu du chat et de la souris, d’avoir réussi à le coincer pour le mettre en examen ! Une stratégie payante, donc. Après ses nouvelles attaques sur son blog personnel, le 15 novembre 2016, Mélenchon s’était attiré une mise au point cinglante du patron du « Monde », Luc Bronner, dénonçant, le lendemain dans ses colonnes, « une récidive dans l’insulte et la provocation (…) dans des termes totalement inacceptables », ainsi que « certaines accusations à l’évidence diffamatoires ». Face à cet art consommé de la dérobade, le nouvel avocat du journaliste, Me Toledano, vient de réclamer un mandat de comparution contre Mélenchon.

Pour faire venir le Lider maximo de La France insoumise, il faut des demandes maximales !

Je constate que, FI comme FN, on fuit la justice. Comment croire que ces gens-là la renforceront (ou, au moins, ne la raboteront pas) s'il⋅elle⋅s accèdent au pouvoir ?

Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.

La machine à purges massives s’emballe, dans la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan, qui avait jadis tenté de survendre à l’Europe une image angélique d’islamiste « modéré ».

Le 24 décembre, 2 756 fonctionnaires turcs ont été renvoyés, perdant jusqu’ à leur couverture santé. Parmi eux, 637 militaires et 105 universitaires, mais aussi des agents des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

Accusés, en vrac, de terrorisme, ces bannis ne seront plus jugés en civil mais affublés du nouvel uniforme que porteront les comploteurs présumés (« lemonde.fr », 24/12). Ils rejoindront ainsi les 55 000 personnes arrêtées et les 140 000 limogées ou suspendues de leurs fonctions depuis le « coup d’Etat » manqué du 15 juillet 2016.

Le lendemain, 25 décembre, 17 membres du journal d’opposition « Cumhuriyet » comparaissaient pour la cinquième fois devant la justice, accusés, eux aussi — comme 153 journalistes —, d’avoir fomenté un putsch contre Erdogan. L’un d’eux, Ahmet Sik, emprisonné et à l’isolement depuis le 29 décembre 2016, qui avait notamment révélé les liens entre Daech et Ankara, a été brutalement expulsé de la salle d’audience pour cause de défense « trop politique ». Le journaliste, lauréat du Prix mondial de la liberté de la presse de l’Unesco, a lancé aux magistrats : « Vous serez jugés demain à votre tour. Et je vous souhaite un autre tribunal que le vôtre ! »

Et insolent, en plus…

Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.

« Il était triste, penaud, il voulait s'excuser auprès de nous… » De hauts magistrats racontent le coup de fil contrit reçu de Jean-Jacques Urvoas après l'article du « Canard » décrivant la transmission à Thierry Solère d'informations secrètes sur une enquête judiciaire le visant.

La note, d’une page et demie, avait été rédigée par la Direction des affaires criminelles et des grâces, à la demande expresse du ministre de la Justice. Y était relatée l’enquête pour fraude fiscale, trafic d’influence et recel d’abus de biens sociaux… « Si les faits étaient avérés, évidemment, ce serait une affaire très grave en termes d’éthique et de comportement », a prévenu Nicole Belloubet, l’actuelle garde des Sceaux.

La bévue est même pénale, et passible de la Cour de justice de la République (CJR) pour violation du secret professionnel. Saisie par Jean-Claude Marin, le procureur général de la Cour de cassation, la commission des requêtes de la CJR devrait rendre sa décision courant janvier. Merci pour ces étrennes !

Les tuyaux de Beauvau

L’affaire, qui a secoué le monde politique et judiciaire, fournit de solides arguments aux partisans de l’indépendance des procureurs. Elle pourrait même ouvrir la porte à une réforme constitutionnelle, jusqu’ici régulièrement retoquée.

Pourtant, même si la Chancellerie reste bien alimentée par les informations remontant du parquet, elle ne saurait rivaliser avec l’usine à tuyaux que représente la Place Beauvau. A son poste, le ministre de l’Intérieur sait tout — absolument tout — des enquêtes judiciaires. Bien plus que le ministre de la Justice, s’entend. Il a même connaissance de tous les actes programmés par la police judiciaire : perquisitions, gardes à vue, mises sur écoute, entre autres. A bon entendeur…

Chaque jour vers 18 heures, le « dossier ministre », qui contient des « notes d’information » sur les affaires les plus délicates, est déposé sur son bureau. Quand le contenu est particulièrement chaud, le directeur de la police judiciaire et son supérieur, le grand patron du poulailler, viennent de vive voix détailler l’enquête à leur ministre. En dehors des remontées spontanées, le locataire de Beauvau peut réclamer « une note particulière ». « Généralement, c’est urgent, raconte un commissaire. Et on trouve souvent la trace de ce qu’on a écrit quelques jours après dans la presse… »

« Il est illusoire de croire que ces remontées d’infos vont disparaître, fulmine ,un procureur. Si la loi instaurait cette rupture, elles se feraient en douce. A la Justice, où elles sont légales et encadrées, on voit ce qui est arrivé. C’est encore pire à l’Intérieur. »

Dire que Jean-Jacques Urvoas rêvait d’être le premier flic de France…

Intéressant. Évidemment, je ne partage pas l'avis sur "l'encadrement légal ne sert à rien, ça sera détourné, lol" : si elle est bien faite, la loi permettra de poser un cadre et de sanctionner les abus que l'on découvrira.

Dans le Canard enchaîné du 20 décembre 2017.

Par un arrêté passé inaperçu (« Journal officiel », 17/11), Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, vient de confier à un algorithme la surveillance de tous les contribuables français. Un programme intelligent, baptisé « modélisation prédictive des fraudes fiscales », censé détecter automatiquement les profils de resquilleurs.

Pendant deux ans — et d’abord à titre expérimental —, CFVR (pour « ciblage de la fraude et valorisation des requêtes ») va brasser, dans le dos des contribuables, des centaines de milliers de données les concernant, « à la recherche d’atypies (sic) ». Une sorte de délit de faciès fiscal.

Une vingtaine de fichiers de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) seront ainsi passés au tamis : impôt sur les revenus, comptes bancaires, taxe d’habitation, données patrimoniales, contrats de capitalisation et d’assurance-vie, tout y passera.

Comme c’est encore un peu maigre, le logiciel croisera aussi les données appartenant à « d’autres administrations, nationales et étrangères », et à « des organismes sociaux ». Et, poire pour la soif, il avalera également « des données provenant de bases privées », prévient l’arrêté, sans plus de précisions.

Sollicitée par « Le Canard », la DGFIP n’a rien révélé des superpouvoirs de son algorithme. Silence radio, aussi, du côté de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui a donné son
feu vert sans moufter.

C’est une habitude de la maison.

La CNIL a émis des réserves et des réclamations. Voir : Fraude fiscale : Bercy va utiliser du « data mining » pour cibler les particuliers.

Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.

Premier questeur de l’Assemblée, le député LRM Florian Bachelier est sorti humilié d’une réunion du bureau qui s’est tenue le 20 décembre.

Il voulait renoncer à l’achat, pour 63 millions d’euros, de l’hôtel de Broglie, rue Saint-Dominique, à deux pas du Palais-Bourbon. Proposition rejetée à l’unanimité moins une voix : la sienne !

Il entendait augmenter de 10 % l’enveloppe destinée à la rémunération des collaborateurs parlementaires. Même vote, et même refus, à la quasi—unanimité.

Cette offensive de Bachelier a d’ailleurs conduit le président de l’Assemblée, François de Rugy, à fixer de nouvelles règles : seul le bureau pourra donner son aval à des dépenses excédant 1 million d’euros.

En attendant, les mauvais esprits pourront constater que les députés veulent bien dépenser 63 millions d'euros pour obtenir de nouveaux bureaux mais qu'ils rechignent à en engager 10 pour mieux payer leurs collaborateurs.

En effet, je constate. D'autant qu'une enveloppe plus elevée pour embaucher plus d'assistant⋅e⋅s (afin de couvrir / suivre plus de sujets) et/ou mieux rémunérer ces travailleur⋅euse⋅s acharné⋅e⋅s de l'ombre, ça ne serait vraiment pas du luxe. :'(


[…]

Le ton avait été donné au petit déjeuner entre les membres LRM du bureau, juste avant que celui-ci se réunisse :

« Si la défends les propositions devant le bureau, tu vas dans le mur, tu vas être minoritaire », avait averti Rugy.

« Tu me rappelles l’épisode Chirac-Sarkozy, avait renchéri le vice-président Hugues Renson, quand le premier avait dit au second : “Je décide, il exécute.” Le bureau décide et la questure exécute. »

En dépit de ces mises en garde, Florian Bachelier a tenté un passage eäforce, espérant que les députés de l’opposition iraient dans son sens.

Raté ! Du coup, des députés LRM évoquent une possible démission de leur camarade en janvier, en même temps que celle, déjà programmée, de Thierry Solère.

En toute solidarité…

Ha ouais… Chez En Marche, le simple fait de proposer des idées (un peu) novatrices est un motif d'exclusion… Ça donne envie ! :(

On rappelle les autres cadeaux décidées par la questure actuelle :

Dans le Canard enchaîné du 27 décembre 2017.

Un silence assourdissant ! Emmanuel Macron n’a rien trouvé à dire. Angela Merkel non plus. Et Jean- Claude Juncker encore moins… Après douze ans d’absence, le parti d’extrême droite FPO revient en force au gouvernement en Autriche.

Pour la première fois, le parti conduit par Heinz—Christian Strache arrache six porte-feuilles, dont trois ministères régaliens (Défense, Intérieur et Affaires étrangères).

Grand copain de bal de Marine Le Pen, le nouveau vice-chancelier Strache a longtemps appartenu au groupe néonazi Wiking-Jugend (« Jeunesse viking »). Mais, à part ça, tout est normal !

Histoire de rassurer l’Union européenne, le chancelier conservateur Sebastian Kurz promet que les dossiers européens ne seront pas traités par la ministre des Affaires étrangères FPO. Il prétend aussi que le parti d’extrême droite n’organisera pas de référendum sur la sortie de l’UE (« La Croix », 19/12). Ce très jeune dirigeant (31 ans) sera-t-il capable de maintenir le cap ou bien ne sera-t-il que la marionnette du parti brun ?

Pour sceller leur alliance, les deux leaders autrichiens avaient choisi de se retrouver au mont du Kahlenberg. Chaque année, les identitaires viennent y célébrer la victoire, en 1683, des armées chrétiennes sur les musulmans de l’Empire ottoman.

Ils n’ont pas encore réclamé le retour de l’Empire austro-hongrois, mais cela ne saurait tarder…

Résumons :

Jusque-là, tout va bien dans l'Union européenne ? :-

Dans le Canard enchaîné du 20 décembre 2017.

Depuis 2014, une start-up choisit les toilettes publiques comme support publicitaire, dans les bars, les cafés, les restaurants mais aussi les théâtres, les musées, etc. Un concept qui séduit les annonceurs.

[…]

Actuellement, Little Corner a tissé un réseau de plus de 1 200 écrans installés dans plus de 200 sites partout en France dont les restaurants Costes, le théâtre Mogador, le Carrousel du Louvre, l'espace Champerret... Mais aussi des bars sportifs qui diffusent les matchs de rugby. Quand on sait que 75 % des gens qui viennent dans un café vont aux toilettes, les pauses pipi des soirs de matchs permettent à l'entreprise d'enregistrer de beaux scores.

La société, qui réalise cette année 1 million d'euros de chiffre d'affaires, prévoit d'ici 2019 un parc d'au moins 8 000 écrans. Elle a déjà convaincu des grands comptes comme Carrefour, BNP, Warner Bros, Orange et tous les VTC de diffuser leurs publicités sur ses supports. « Un publicitaire cherche l'efficacité là où ça marche », indique le dirigeant. Or, selon lui, les messages seraient, sondages à l'appui, bien mieux mémorisés au petit coin qu'ailleurs. Le taux de mémorisation d'un contenu ou d'une marque y serait de 84 %, contre 75 % au cinéma, 30 % à la télévision et 10 % sur Internet. « Aux toilettes, la personne est seule, sans éléments distractifs », commente Efraim Clam et donc plus captive.

Ce dernier a poussé son concept plus loin avec une innovation unique au monde, développée avec son associé Dominique Truel : chaque écran installé est doté de capteurs thermiques intelligents capables de mesurer en temps réel le nombre d'utilisateurs devant l'écran et le temps passé. […] Avec cette technologie, l'entreprise peut vendre à l'annonceur une audience réelle. Ainsi, celui-ci ne paie que le nombre de messages totalement vus, soit 3 centimes d'euro l'unité. L'entreprise verse ensuite un tiers de ces revenus au propriétaire du lieu.

On n'arrête pas le progrès… :'(

Via le Canard enchaîné du 20 décembre 2017.

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