Ministres :
| Premier ministre | homme | 46 ans | LR | haut fonctionnaire |
| Intérieur | homme | 69 ans | PS | député, maire, sénateur |
| Ministre auprès du ministre de l'Intérieur | femme | 66 ans | Modem | maire, conseillère générale, conseillère régionale, vice-présidente du Sénat |
| Défense | femme | 54 ans | PS | haute fonctionnaire, secrétaire d'état, vice-présidente du conseil régional |
| Justice | femme | 62 ans | PS | prof, adjointe au maire, vice-présidente du conseil régional, Conseil constitutionnel |
| Affaires étrangères | homme | 69 ans | PS | maire, conseiller régional, ministre |
| Économie et finances | homme | 48 ans | LR | diplomate, député |
| Cohésion des territoires | homme | 69 ans | Radical gauche | sénateur, conseiller municipal, conseiller régional |
| Action et comptes publics | homme | 34 ans | LR | maire, vice-président conseil régional, député |
| Agriculture | homme | 47 ans | PS | député, conseiller régional |
| Outre-mer | femme | 52 ans | Radical gauche | députée, secrétaire d'état, ministre |
| Transports | femme | 56 ans | ? | haute fonctionnaire |
| Affaires européennes | femme | 53 ans | société civile | haute fonctionnaire, directrice de l'ENA, DRH du ministère des Affaires étrangères |
| Écologie | homme | 62 ans | société civile | journaliste, écrivain |
| Solidarités/santé | femme | 54 ans | société civile | médecin |
| Culture | femme | 65 ans | ~ société civile | patronne, a traîné dans un ministère belge |
| Travail | femme | 62 ans | société civile | patronne habituée des grands Conseils d'Administration |
| Éducation nationale | homme | 52 ans | société civile | juriste, a traîné 3 ans au ministère éduc' nat' sous Sarko |
| Enseignement sup' et recherche | femme | 53 ans | société civile | professeure |
| Sports | femme | 45 ans | société civile | sportive, consultante |
Secrétaires d'État :
| Porte-parole du gouvernement | homme | 51 ans | PS | maire, député, vice-président conseil régional |
| Égalité hommes/femmes | femme | 34 ans | apparentée gauche | écrivain, militante, ajointe au maire |
| Handicaps | femme | 56 ans | ? | militante |
| Numérique | homme | 33 ans | PS | entrepreneur, ex-président du CNNum |
| Écologie | homme | 31 ans | LR | assistant parlementaire, maire, président conseil général, conseiller dans des ministères |
| Écologie | femme | 35 ans | société civile | assistante parlementaire, a exercé dans le privé pour Veolia, par exemple |
| Affaires étrangères | homme | 40 ans | LR | maire, sénateur, conseiller général, conseiller dans des ministères |
| Défense | femme | 61 ans | Modem | maire, conseillière départementale, conseillière régionale, députée |
| Cohésion des territoires | homme | 36 ans | En marche | proche de Macron, directeur de son cabinet ministériel |
| Économie et finances | homme | 39 ans | En marche | conseiller municipal, vice-président du conseil général, auteur du livre « Salauds de pauvres ! Pour en finir avec le choix français de la pauvreté » |
Quelle légitimité ont des représentant⋅e⋅s élu⋅e⋅s dans des élections où l'abstention a été de 50 % au premier tour et de 57 % au second ? Pour moi, c'est dangereux, car cela conforte, par la pratique, le biais historique de la 5e République "pouvoir exécutif > pouvoir législatif". Cela peut aussi favoriser les dérives en mode "écouter un lobby minoritaire en nombre de personnes représentées n'est pas un problème vu que, toute façon, les citoyen⋅ne⋅s ne m'ont pas vraiment élu⋅e donc c'est kiff-kiff" ;
J'ai lu dans la presse que la moyenne d'âge de la nouvelle Assemblée passe de 54 ans à 48 ans… Mouais, c'est assez limité comme rajeunissement ;
415 député⋅e⋅s (72 %) ont été élu⋅e⋅s pour la première fois ; 145 député⋅e⋅s sortant⋅e⋅s (qui avaient un mandat sur la législature 2012-2017) conservent leur fauteuil ; 17 député⋅e⋅s sont des ancien⋅ne⋅s c'est-à-dire des gens déjà élu⋅e⋅s par le passé, mais pas durant la législature 2012-2017 ;
L'Assemblée compte désormais plus de femmes qu'avant (+45 % d'augmentation) mais on est encore loin de la parité : 223 femmes sur 577 élu⋅e⋅s (soit 39 %). 47 % des élu⋅e⋅s En Marche sont des femmes. 44 % au Modem et chez la France Insoumise ; 37 % chez les socialistes ; 24 % chez LR et au FN. 23 % chez les divers gauche, 20 % chez les Communistes. 17 % à l'UDI. Je n'ai pas calculé pour les autres partis car l'effectif total est trop faible pour être significatif, à mon avis ;
Aucune avancée concernant la représentativité socio-professionnelle de l'Assemblée : cadres et fonctionnaires écrasent tout, pas d'ouvrier⋅e ;
Au niveau des partis politiques : En marche (+ DIV, les non-investi⋅e⋅s par En Marche qui ont décidé d'y aller quand même) = 303 élu⋅e⋅s (+3) = 53 % = majorité absolue ; Les Républicains = 113 = 19 % = principal parti d'opposition (mais qui sera de mèche avec le programme libéral de Macron) ; Modem = 45 = 8 % ; Socialistes = 29 = 5 % ; France Insoumise = 18 = 3 % ; UDI = 18 = 3 % ; divers gauche = 13 = 2,25 % ; Communistes = 10 = 1,7 % ; FN = 8 (+1 apparenté) = 1,6 % ; divers droite = = 1,2 % ; REG (nationalistes Corses et Martinique) = 5 = < 1 % ; radicaux de gauche = 3 ; écologistes : 1. Si l'on compte les alliances : En Marche + Modem = 351 = 61 % versus LR + UDI = 131 = 23 %. On note l'éparpillement (notamment à gauche) qui fait perdre un certain nombre de contre-pouvoirs comme celui de saisir le Conseil constitutionnel, si les groupes sont créés en l'état… ;
Sur les thèmatiques qui me sont chères (défense des libertés, capitalisme/commerce < *, renouveau démocratique, numérique, etc.), je constate que nous perdons des soutiens de poids comme Coronado et Attard. Nous gagnons Ruffin et Mélenchon (mais ils ne sont pas assez nombreux pour agir et ils sont trop "grande gueule bien connue" pour qu'on les mette au parfum de magouilles en cours). Nous conservons Laure de la Raudière. En face, le FN (Le Pen fille, Collard, Ménard femme, Bompard, etc.) entre et PS/LR sont en forme puisque Ciotti, Larrivé, Jacob, Woerth, Le Maire, Dassault fils, Valls, Lambert Jérôme, sont toujours là. La conscience écolo assumée est morte et ça, ça en dit long sur l'avenir, je trouve (de Rugy est encore là, En Marche, mais c'est plus un problème qu'un soulagement). Je note néanmoins quelques visages bienveillants réélus sur lesquels je n'ai pas d'avis tranché : leurs assistant⋅e⋅s parlementaires étaient à l'écoute de la société civile mais les élu⋅e⋅s ont voté les textes liberticides ou se sont abstenu⋅e⋅s…
Ce soir, tout me pousse à être triste et pessimiste sur la situation de mon pays. :(
Quand hddtemp affiche « pas de capteur », il est possible de le forcer à parser les attributs SMART.
D'abord, identifier le numéro d'attribut SMART qui stocke la température (dans cet exemple, c'est l'attribut 190) :
$ sudo smartctl -a /dev/sda | grep -i temp
190 Airflow_Temperature_Cel 0x0032 062 053 000 Old_age Always - 38
Ensuite, il faut repérer le nom donné par hddtemp à notre disque (ici : « Samsung SSD 850 PRO 256G B ») :
$ sudo hddtemp /dev/sda
/dev/sda: Samsung SSD 850 PRO 256G B : pas de capteur
Enfin, il faut ajouter une entrée dans /etc/hddtemp.db de la forme :
"<nom_donné_au_disque_par_hddtemp>" <numero_attribut_SMART> C "<commentaire>"
"Samsung SSD 850 PRO 256G B" 190 C "Samsung SSD 850 PRO 256GB"
hddtemp doit désormais afficher la température du disque de stockage.
Si un logiciel qui se base sur hddtemp ne voit pas ce disque, c'est peut-être qu'il n'arrive pas à communiquer avec le démon hddtemp. Il faut reconfigurer hddtemp en répondant « Oui » / « OK » à tout :
$ sudo dpkg-reconfigure hddtempsystemd-analyze may be used to determine system boot-up performance statistics and retrieve other state and tracing information from the system and service manager, and to verify the correctness of unit files.
Intéressant, systemd-analyze plot > boot.svg pour avoir un tableau de démarrage global : quoi démarre après quoi ? Qu'est-ce qui met du temps à démarrer ?
Neige-Blanche : Comment aborder les gens en général ... J'ai l'impression que c'est le pb de bcp de monde.
Neige-Blanche : Moi je suis une ancienne timide.
Neige-Blanche : J'étais la timide qui ne parle pas, qui n'a rien à dire, qui N'OSE PAS.
Neige-Blanche : Ensuite j'ai un peu travaillé dans des boutiques entant que vendeuse, j'ai été hôtesse d'accueil.
Neige-Blanche : + 1000 pour le décoinçage, j'avoues.
Neige-Blanche : Mais en entreprise, je persistais à être timide, réservée.
Neige-Blanche : Les gens étaient plus intelligents que moi, avaient plus de choses à dire, et de surcroit des choses plus intéressantes.
Neige-Blanche : Seulement voila. Un jour, je me suis rendue compte que ces gens intéressants s'appuyaient beaucoup sur moi pour se faire valoir.
Neige-Blanche : Que j'étais de plus en plus en position de "Dindon de la farce" que ces gens étaient un peu cons, quand même.
Neige-Blanche : Qu'en analysant bien leurs discours, j'avais des idées aussi valables que les leurs.
Neige-Blanche : Puis un jour, la boutade de trop.
Neige-Blanche : Mon boss très intelligent annonce à la cantonade que le rouge de mon chemisier ne va pas avec le rouge de mon rouge à lèvres.
Neige-Blanche : Il ne riait pas.
Neige-Blanche : Moi non plus.
Neige-Blanche : J'ai donc placer que je m'en lavais les mains, le coeur timide et battant.
Neige-Blanche : Puis, j'ai de plus en plus dit le fond de ma pensée, donner mon avis très souvent contraire sur les travaux en cours.
Neige-Blanche : Je n'étais plus la gentille collègue timide mais la collègue au fort tempérament, celle qui fait Fuck.
Neige-Blanche : Ca s'est généralisé au reste de ma vie, et depuis ça va.
Neige-Blanche : J'ai envie de m'intégrer ? Je m'intègre partout.
Neige-Blanche : Je ne suis culturellement pas au niveau de mes interlocuteurs ? Je m'intéresse à eux et apprends d'eux.
Neige-Blanche : Le niveau de mon voisin est au ras des pâquerettes ? Je le suis.
Neige-Blanche : J'ai eu affaire il y a 15 jours à un groupe de personnes assez fermé, je n'étais pas motivée pour les aborder, mais j'ai fait l'effort de m'imposer dans la converse... "Cette plaquette là ? Ah oui elle est très bien élaborée !"
Neige-Blanche : Le regard franc mais pas insistant, le sourire, sont le début d'une intégration.
Neige-Blanche : En Amour c'est idem
Neige-Blanche : Pas besoin de grandes phrases pensées à l'avance
Neige-Blanche : Un sourire, un regard, un "Salut ça va ?" Et hop tu poursuis ton chemin sans attendre la réponse.
Neige-Blanche : Le lendemain, quand la personne te revoit, elle te dit Bonjour d'elle-même.
Neige-Blanche : Bon, je vous souhaite bonne soirée, je vais me faire une tisane, ça fait du bien de lâcher ça...
Je ne retiendrai pas grand-chose de ce numéro si ce n'est que tout est gourou… … … sauf la presse (alors que chaque journal à ses adorateur⋅rice⋅s et que certains cherchent une forme d'admiration comme « Cash Investigation ») et les éditorialistes (qui donnent leur avis sur tout sans avoir creusé la question, mais en se pavanant dans leur importance en tant qu'influenceur⋅euse⋅s de l'opinion publique), faut pas déconner.
Le Canard ne fait pas la différence entre un gourou c'est-à-dire une personne, qui peut avoir des choses intéressante à exprimer sur un ou plusieurs sujets, a un style, une attitude, une gestuelle, une diction, des rites, etc. visant à prendre une forme d'ascendance idolâtre sur autrui (Stallman, Apple, etc.) et une personne qui, parce qu'il⋅elle a taffé son sujet a des choses intéressantes à raconter sans pour autant se mettre volontairement en scène en attendant une admiration (Bayart, Piketty, etc.). Il y a une différence entre vouloir être un⋅e gourou et subir l'admiration, en quelque sorte. Il ne suffit pas de défendre ses travaux et/ou ses convictions en public pour être qualifiable de gourou.
Au moins, ce numéro me donne matière à réfléchir sur la notion de popularité : pourquoi certaines personnes sont mises en avant sans avoir travaillé leurs sujets ? Pourquoi d'autres personnes sont mises en avant parmi des tas de gens qui ont tout autant taffé le même sujet ? Bref, pourquoi certaines personnes et pas d'autres ? Est-ce juste une histoire d'avoir eu la bonne idée, sous la bonne forme, au bon moment ?
Historique :
Quelle est l'étymologie du mot « censure » ? Un censor de la République était, à Rome, dès l'an 444 avant JC, une personne chargée du recensement (« census ») de la population, ce qui permettait le prélèvement de l'impôt, l'organisation des élections et de constituer l'armée. Mais, les « censors » s'octroient vite de nouvelles compétences comme celle de tenir le registre officiel des membres du Sénat pour mieux radier les personnes qu'ils jugent indignes de siéger (soupçons de corruption, soupçons d'avoir une vie de débauche, etc.), s'érigeant en moralisateurs.
La censure a toujours existé… Socrate qui avale du poison pour avoir propagé l'impiété et la corruption de la jeunesse en 399 avant JC… Le peuple qui demande des coupes dans les pièces de théâtre d'Euripide à la même époque… L'empereur chinois Qin Shi Huang qui fait brûler tous les livres du pays et fait assassiner les savants qu'il soupçonne d'avoir appris ces ouvrages interdits par cœur en 213 avant JC… Le privilège royal pour écrire en Angleterre dès 1408… Les fresques de Michel-Ange dont les personnages sont reculotté⋅e⋅s dès sa mort en 1565… À Chicago, en 1907 a eu lieu la première censure cinématographique : une danse du ventre a été jugée immorale. Dès 1910, le Préfet de Paris appellera les tenanciers de cinémas à exercer un « arbitraire bienveillant » concernant les films diffusés… Depuis, ça continue de tous les côtés : radio (certaines chansons de Gainsbourg ou de Balavoine, par exemple), TV, spectacles (Timsit et les handicaps à la fin des années 90, par exemple), affiches (Polnareff 1972, par exemple), cinéma, presse, etc.
Les auteurs politiques des Droits de l'Homme ont restreint la liberté d'expression à peine l'avaient-ils énoncée. Ainsi, en 1791, en France, une loi est adoptée afin de réprimer l'écriture de textes conseillant la désobéissance aux lois. En 1793, le Comité de salut public rétablit la censure dans toute sa rigueur afin de cerner ses ennemis. Aux USA, en 1798 (soit 7 ans après la ratification du premier Amendement), les fédéralistes font adopter une loi qui interdit toute critique écrite ou oral du gouvernement… Elle fut invoquée pour condamner et emprisonner le parti d'opposition, mené par Thomas Jefferson. LALA ?
Les chaînes télévisées d'information en continue, accusées d'imprudence lors des attentats de Charlie et de l'hyper Cacher ont bon dos : en France, en 1870, la presse impériale et le Figaro révèlent les détails des positions des troupes de Napoléon III alors en guerre contre la Prusse. Cet épisode servira à justifier une censure a priori, militaire et politique en 1914 (reconduite en 1939).
Représenter la figure de Mahomet n'a pas toujours été tabou en terre d'islam : 2 œuvres du peintre Lutfi Abdullah furent commandées au 16e siècle par le sultan ottoman Mourad III. Pourtant, quand le magazine « Sciences et Avenir » les reproduit, sans malice, en 2015, vlam, le Maroc estime qu'il s'agit d'une provocation contre le sentiment religieux…
De nos jours :
Je savais que l'« exception culturelle française » désigne des quotas obligatoires de diffusion d'œuvres françaises mais j'ignorais que c'était aussi le nom d'un vaste système de financement redistributif destiné à financer le cinéma d'art et d'essai :
J'ignorais que l'exception culturelle française, c'était aussi l'interdiction de diffuser des films à la TV les mercredis soir, vendredi soir, samedi et dimanche (avant 20h30) afin de ne pas faire d'ombre aux cinémas… Tu m'étonnes que les gens se tournent massivement vers Netflix…
Qui fait quoi dans le financement d'un film ?
Excellent résumé, par la Quadrature, du laisser aller du gendarme des télécoms. À lire.
Si le rapport de l'ARCEP fait apparaître quelques points positifs, il dresse un bilan un peu trop élogieux, laissant dans l'ombre tout ce qui ne progresse pas. La Quadrature souhaite donc dresser son propre bilan, plus sombre, de l'état de la neutralité du Net, et plus largement, du rôle des intermédiaires techniques dans l'exercice des libertés fondamentales dans l'environnement numérique.
Sur tous ces points, le régulateur a été alerté, par nous et par d'autres. Sur tous ces points, il s'informe. Reste qu'il n'agit pas (toujours). Et quand il y a incontestablement matière à agir, l'ARCEP préfère parfois attendre d'être saisie par les utilisateurs pour imposer aux opérateurs de respecter les règles édictées au niveau européen. Le régulateur est trop frileux pour se mettre en avant, pour dire ce qu'il constate, préférant se cacher derrière des particuliers ou des associations de consommateurs.
Le président de l'ARCEP nous invitait, il y a un an, à juger sur pièce. Un an plus tard, le régulateur n'a pas agi. Il nous disait hier que, la phase de dialogue pro-actif étant terminée, l'ARCEP allait maintenant agir. Il nous invitait implicitement à attendre pour juger sur pièces les actions... Cela fait deux fois. C'est beaucoup.
[…]
« Ce que nous souhaitons, ce ne sont pas des études, des sanctions, des rapports, du dialogue, de la législation, ou une incantation. Ce que nous souhaitons c'est que les opérateurs cessent les comportements abusifs qu'ils ont vis-à-vis de leurs abonnés. L'ARCEP est l'autorité en charge de ce dossier, et le dossier n'avance pas. » conclut Benjamin Bayart, cofondateur de La Quadrature du Net.
[…]
En matière de VOD ou VOIP, certains opérateurs profitent de leur situation pour proposer leur propre offre, ou celle d'un partenaire, favorisant le trafic de ce service. Ce type de pratique est totalement contraire au règlement sur l'internet ouvert. Ainsi, les flux de VOD (ou VOIP) de toutes les offres du marché, quel que soit le fournisseur, devraient passer par cet accès priorisé, sous peine d'empêcher la création de nouveaux services qui ne bénéficient pas des mêmes avantages : barrières à l'entrée sur le marché, mais aussi choix réduit de l'utilisateur en fonction des choix de l'opérateur. La priorisation du trafic n'est pas en elle-même un problème. C'est le fait que cette priorisation se fasse pour un seul service de VOD (ou VOIP) qui est un problème, et que le service qui en bénéficie est choisi par l'opérateur et non par l'utilisateur final.
Jusqu'à présent le régulateur n'a pas dépassé l'étape du « dialogue proactif » avec les opérateurs, mais dans la mesure où ce type de pratique demeure, il semblerait nécessaire de passer à l'étape suivante, sans attendre les plaintes des consommateurs.Chez les opérateurs mobiles, les DNS menteurs, les proxys intrusifs (qui modifient le contenu et gardent des traces) et les portails captifs restent fréquents, et le « dialogue proactif » de l'ARCEP tarde à se muer en une intervention résolue du régulateur pour mettre fin à ces pratiques inacceptables. Pourtant, ces pratiques empêchent les utilisateurs de contourner la censure privée des opérateurs, et permet au contraire à ces derniers d'agir sur le contenu (redirection vers de la publicité, filtrage, compression, etc.) sans transparence ni moyen pour l'utilisateur de s'en protéger.
Le leitmotiv des opérateurs aujourd'hui, y compris dans le cadre des négociations sur le paquet télécom, est que le seul moyen de gérer correctement le réseau 5G, de rentabiliser les investissements et de favoriser l'innovation est de permettre de revenir sur le règlement européen garantissant la neutralité du Net. […] L'ARCEP ne semble pas suivre cette voix des opérateurs et c'est une bonne nouvelle. On attendrait cependant du régulateur français comme de la Commission européenne une dénonciation claire de ce chantage des opérateurs dominants.
Le règlement européen indique que l'utilisateur final peut utiliser le terminal de son choix, règle nécessaire pour assurer un internet ouvert. Sur ce point, des travaux sont en cours du côté de l'ARCEP, mais aucun progrès n'est constaté dans la pratique, et ce n'est pas faute d'en avoir parlé. Ainsi aujourd'hui, l'utilisateur final est toujours soumis à la vente liée des opérateurs fixes (la box) et ne peut toujours pas opter pour l'équipement terminal de son choix, pourtant fondamental pour permettre par exemple d'utiliser des logiciels libres, et pour pouvoir contrôler la connexion au réseau, s'émancipant ainsi d'opérateurs qui ne respectent pas toujours la neutralité complète du réseau.
L'ARCEP fait une analyse assez bonne des problèmes sur les terminaux mobiles : omniprésence des solutions fermées dans des environnements contraints (iOS et Android), fermeture des environnements applicatifs (Markeplace et autre Store), situation de duopole de fait, position contraignante d'intermédiaire technique dans l'accès au réseau, etc. Un rapport sur le sujet a été publié en même temps que celui sur l'état d'Internet. Mais ce sujet est d'autant plus facile à analyser pour le régulateur qu'il est en dehors de son champs de compétence : facile d'analyser quand on n'agira pas.La situation s'est dégradée dans plusieurs États membres. Le zéro-rating, accepté par le régulateur belge et la justice néerlandaise est contraire à l'esprit qui présidait à la préparation du règlement. Les opérateurs sélectionnent ce que leurs abonnés sont supposés pouvoir voir sans limite, s'arrogeant un pouvoir anormal dans la façon dont les citoyens accèdent à l'information. En Allemagne aussi, une offre de Deutsch Telekom porte atteinte à la neutralité du Net depuis début avril, sans réaction du régulateur.
Le manque de clarté des lignes directrices du BEREC ne permet aujourd'hui pas d'assurer une application uniforme du règlement dans toute l'UE, et le mécanisme de coordination au sein du BEREC - présidé actuellement par Sébastien Soriano - semble insuffisant. Faudra-t-il en passer par des recours auprès de la Cour de justice de l'UE (CJUE) ?
C'est particulièrement inquiétant, parce que sur le zero-rating, les régulateurs européens ont bien identifié la pratique comme risquée et peu souhaitable, et cependant elle se propage. Cet effet désastreux force à s'interroger. Pour défendre l'inérêt général, pour limiter les abus des puissants, la régulation des télécoms est-elle un outil stérile ?Le développement de gros groupes possédant à la fois le réseau, des services culturels et des médias et le développement d'offres intégrant ces divers services, posent la question de la liberté d'expression et du droit d'accès à l'information, mais aussi du pluralisme des médias.
Ainsi le règlement dans son considérant 7 prend en compte les effets néfastes sur les droits et libertés d'offres proposées par des fournisseurs de services qui auraient une position dominante sur le marché. Que dire donc des offres de bouquet TV largement répandues, mais aussi des offres SFR Presse et du récent Bouquet Presse de Bouygues ?
Sur ces points encore, l'ARCEP se contente d'attendre que des plaintes soient déposées. Regrettable, là encore.
Je suis en désaccord sur un point : la Quadrature parle d'une action trop lente, ce qui permet à Soriano, le président de l'ARCEP de la tacler facilement en répondant « La régulation a besoin d'une société civile vigilante et exigente ...mais pas trop impatiente quand même :) » (source). Or, le problème de fond, ce n'est pas le temps, c'est le manque d'ambition politique de l'ARCEP et son manque d'autorité qui la contraignent à se reposer sur la société civile, ce qui est un comble ! La Quadrature sait pertinemment tout cela et devrait le mettre en lumière.
‒ Are you sure this study is legit?
‒ Sure, It says it was accepted for publication*
‒ Where?
‒ Hmm… The National Academy of Proceedings.If something is formated like a serious scientific paper, it can take me a while to realize it isn't one.
Sounds fine. I looked up the Academy, and it says on their MySpace page that their journal is peer-viewed and downloaded biannually.
:')
Conformément à ses obligations légales, l’Arcep publie ce jour, pour la première fois, un rapport sur « l’état d’internet en France », qui identifie les menaces qui pourraient peser sur le bon fonctionnement et la neutralité d’internet, et présente l’action du régulateur pour les contenir. Ce document aborde plusieurs thématiques :
- l’interconnexion des données
- la transition vers IPV6
- la qualité de service d’internet fixe
- la neutralité d’internet
- au-delà des réseaux, contribuer à l’ouverture des plateformes.
Là encore, il s'agit d'un très bon travail de récolte d'informations et de synthèse du travail effectué par le gendarmes des télécoms. Toute la section 2 étant pensée pour être lisible par le plus grand nombre de personnes, j'en recommande vivement la lecture afin d'appréhender les tendances du moment, les évolutions (ou régression, c'est selon) technologiques, les enjeux de la régulation des télécoms, etc.
Commençons par quelques chiffres qui ont retenu mon attention :
Ce rapport met en exergue l'impuissance de l'ARCEP (au sujet du déploiement d'IPv6) et son attitude qui consiste à déléguer tout son travail à la société civile sans le dire, sous l'apparence de la collaboration participative qui sonne si branchée de nos jours (cas de l'application du règlement européen sur la neutralité des réseaux et des mesures de la qualité des accès à Internet).
En matière d'application du règlement européen consacrant la neutralité des réseaux, l'ARCEP privilégie le dialogue pro-actif avec les opérateurs. Cela signifie une co-construction, avec les sociétés commerciales régulées, de la vision de la neutralité des réseaux, de l'interprétation du règlement européen que l'ARCEP leur appliquera. C'est comme si j'expliquais au⋅à⋅la juge qui s'occupe de mon cas suite à une bêtise de ma part, la vision, l'interprétation de la loi qu'il⋅elle est prié⋅e d'avoir avant même d'examiner mon cas. La bonne démarche serait : application ferme du principe de neutralité donc ouverture, par l'ARCEP d'une procédure contentieuse avec tous les opérateurs problématiques pendant laquelle chaque opérateur peut se défendre et expliquer son comportement puis décision de l'ARCEP.
L'ARCEP est obligée d'avoir recours à ces tours de passe-passe car elle manque d'autorité et de moyens pour défendre sa vision de la neutralité des réseaux dans une procédure contentieuse face à 4 gros FAI qui ont des armées d'avocat⋅e⋅s pour défendre leur vision business des choses. On est typiquement dans le cas d'une justice à l'américaine où la société commerciale se paye des armadas d'avocat⋅e⋅s pour se blinder et défendre ses positions pro-businnes à coup de lobbying et d'intimidation ("si tu me régules dans un sens qui ne me plaît pas, je t'envoie mes avocats pour une looooongue procédure contentieuse, en plus de dire à la société civile que tes décisions me forcent à licencier massivement !"). Exemple concret : d'autres gendarmes des télécoms d'autres membres de l'Union européenne ont tenté de sanctionner des pratiques de zero-rating et ont vu leurs décisions contestées devant un tribunal (cas des Pays-Bas, de la Suède, et probablement de la Hongrie) et ont parfois perdu (cas des Pays-Bas) même si le verdict n'est pas encore définitif (il reste encore l'appel, la cassation, la possibilité de saisir la justice européenne, etc.).
Ce qui me dérange le plus, c'est que l'ARCEP n'a aucune ambition politique (au sens organisation de la vie de la cité, intérêt général, etc.) ou se refuse à en porter une alors qu'elle identifie très bien les enjeux politiques de la neutralité des réseaux, de la liberté de choix du terminal d'accès à Internet, des interconnexions entre opérateurs réseaux, d'IPv6, etc. Ça transpire à grosses gouttes dans ce rapport, comme dans l'étude sur les terminaux d'accès, comme dans les consultations concernant le déploiement de la fibre optique en France. Pourtant, les citoyen⋅ne⋅s se sont exprimé⋅e⋅s auprès de leurs représentant⋅e⋅s au Parlement européen lors du vote du règlement sur la neutralité des réseaux en 2014-2015 puis encore lors de l'écriture des lignes directrices expliquant comment appliquer ce règlement, donc une vision politique propice à l'intérêt général à défendre, il y en a une toute tracée : application ferme du principe de neutralité des réseaux. Tout à l'ARCEP est réalisé selon la doctrine "on va voir avec les opérateurs ce qu'ils veulent bien accepter et on dira que c'est la ligne rouge après laquelle on sanctionnera éventuellement". Je n'admets pas qu'une autorité publique capitule aussi rapidement.
Bref, tous les sujets sur lesquels l'ARCEP est attendue qu'elle évoque dans ce rapport traînent en lenteur par manque de conviction.
Bref (bis), mon shaarli d'il y a quelques jours dans lequel je dénonçais l'hypocrisie de l'ARCEP entre ses prises de position publiques et ses actes ainsi que la recherche de l'épuisement de la société civile, restera d'actualité encore quelques temps…
Smartphones, box internet, box TV, ordinateurs, consoles de jeux vidéo, TV connectées, objets connectés … L'Autorité publie une première analyse sur l'influence que peuvent avoir les terminaux sur la capacité des utilisateurs à accéder à internet
Cette étude de l'ARCEP est tout à fait lisible par le commun des mortel⋅le⋅s et il y a de jolies infographies bien pensées, donc j'en recommande la lecture (si t'as un peu de temps à perdre).
Selon moi, ce travail de recherche est de qualité. L'ARCEP a plutôt bien compris les enjeux qui découlent de la liberté de choisir son terminal d'accès à Internet : entraves à la concurrence, vie privée, etc. Néanmoins, il lui manque les angles d'analyse suivants : choisir mon terminal = contrôle de mon réseau domestique privé, choisir mon terminal met fin à la location forcée et la liberté de choisir le terminal est une garantie que les atteintes à la neutralité des réseaux ne seront pas réalisées par le terminal au lieu d'être réalisées par le réseau (puisque c'est désormais censé être interdit).
Pour moi, le gros point noir est le passage quasiment sous silences de la box des accès à Internet fixe. Peut-être que l'avenir est à l'Internet mobile, mais, comme le relève elle-même l'ARCEP, l'Internet mobile n'est pas un outil de production de contenus (car pas d'IP publique, car pas d'IPv6, car pas de clavier & compagnie) mais de pure consommation, ce n'est donc pas Internet au sens du règlement européen sur la neutralité des réseaux. Donc, aujourd'hui, les box posent des problèmes que l'ARCEP se refuse de lister et à travailler dessus. Elle préfère faire des analyses dans des domaines pour lesquels elle n'est pas mandatée par la loi donc pour lesquels elle n'aura / ne pourra rien à faire, c'est beaucoup plus simple ainsi. Pourtant, cette étude aurait été l'occasion parfaite pour définir la vision de l'ARCEP de ce qu'est l'interface publique du réseau des FAI (et donc, par exclusion, ce que l'abonné⋅e peut changer à sa guise) : le modem / le convertisseur fibre (approche la plus cohérente) ou la box ou bien… À ce sujet, voir : Liberté de choix du terminal sur le blog de FDN. Dans le même temps, l'ARCEP évoque la (absence de) concurrence entre les systèmes mobile, entre les magasins d'applications (et leur politique éditoriale parfois restrictive), entre les navigateurs (WTF ?! Internet != web !), les plateformes dites collaboratrices (l'ARCEP cherche-t-elle à réguler le contenu ?!), etc. Autant de sujets importants, mais qui dépassent le cadre de ses missions.
Autre point faible, l'ARCEP considère qu'il y a des problèmes avec les box des réseaux fixes uniquement pour les utilisateur⋅rice⋅s avancé⋅e⋅s… Mais bien sûr… L'offre de téléphonie d'OVH, par exemple, est aussi facile à utiliser que celle du FAI. Pourtant elle ne sera pas privilégiée par la box (ni par l'opérateur) donc elle saccadera. C'est une atteinte à la concurrence parfaitement compréhensible par n'importe quel⋅le citoyen⋅ne. Après, que le⋅a citoyen⋅ne ne voit pas en quoi c'est grave de remettre tous ses moyens de communication entre les mains des mêmes grosses sociétés commerciales, c'est autre chose…
Enfin, il y a quelques erreurs techniques :
Ce travail est un premier jet. L'ARCEP souhaite écouter tous les acteurs du milieu dans les 6 prochains mois avant de produire un rapport plus complet.
Une BMC, c'est une carte contrôleur greffée à la carte mère d'un ordinateur (on trouve ça plutôt sur les serveurs) qui permet le management à distance (via Internet) de la bécane (accès console, reboot, monitoring bas niveau,...). C'est super utile en cas de panne ou de fausse manip' puisque ça évite de bouger au datacenter où les machines sont hébergées pour debug.
Quelques notes sur les BMC IBM IMM :
Une grappe RAID 5 tolère la panne d'un seul support de stockage (oui, même si tu as 6 disques, tu n'a pas une tolérance de 3 disques, mais toujours d'un seul disque). Que se passe-t-il si deux disques d'une même grappe foirent quasiment en même temps et s'il n'y a pas de disques de spare que mdadm peut automatiquement utiliser (ou que le rebuild n'a pas eu le temps d'être mené à terme) ?
Je n'ai pas de matériel physique en quantité suffisante pour tester donc j'ai utilisé des machines virtuelles.
Avec VirtualBox, il n'est pas possible d'installer un Debian Stable sur un RAID5 : VirtualBox freeze totalement durant l'installation, à des moments aléatoires : une fois pendant « décompression de wget » durant l'installation de base, une fois pendant la « préparation de Linux », une fois pendant… Il faut killer VirtualBox. De plus, VirtualBox ne sait retirer un périphérique de stockage à chaud.
Avec qemu-kvm + libvirt + virt-manager, l'installation d'un système Deiban Stable se passe bien.
Le problème, c'est que ni virt-manager, ni virsh ne semblent permettre de retirer à chaud un disque dur… Exemple avec virsh (sudo pour qu'il identifie les VM) : sudo virsh detach-disk <nom_vm> <nom_disque> --persistent (source), ça ne fonctionne pas : « error: Operation not supported: This type of disk cannot be hot unplugged ». Note : pour trouver le nom du disque, il faut lire le fichier xml de définition de la VM avec virsh dumpxml <nom_vm> ou less /etc/libvirt/qemu/<nom_vm>.xml et y trouver quelque chose de la forme : <target dev='sdc' (ici le nom à utiliser est sdc).
On se dit qu'on va utiliser le moniteur qemu. Sauf qu'en utilisant virt-manager (et la libvirt), il n'est apparemment pas rendu disponible sur une socket (UNIX ou réseau) : un ps aux | grep qemu ne met pas en évidence un « -monitor unix:[…] ». Solution : passer par virsh (source). Exemple : sudo virsh qemu-monitor-command --hmp <nom_vm> 'info block' pour afficher les périphériques de type block de la VM. On supprime un disque : sudo virsh qemu-monitor-command --hmp <nom_vm> 'drive_del <nom_support>' (un nom de disque, ça peut être « drive-sata0-0-3 », trouvable avec « info block »). L'information que le disque a été retiré n'est pas remontée au noyau Linux de la VM donc mdadm ne peut prendre aucune mesure alors qu'on voit bien, sur l'hôte, que la date de dernière modification du qcow correspondant au disque retiré ne change pas contrairement aux 3 autres qcow (car on écrit sur la grappe ;) )… Encore plus surprenant, au reboot hard (depuis l'hyperviseur), mdadm ne rebuild pas ce disque, comme si tout c'était toujours bien passé. Et il ne semble pas y avoir d'incohérence des données. :O
Je cherche sur le web, je cherche… et je finis par trouver : le sata hotplug avec KVM est uniquement possible si l'on utilise virtio. Logique. Je change cela dans virt-manager pour chacun de mes disques virtuels. je démarre la VM, je lance un sudo virsh detach-disk <nom_vm> <nom_disque>. Et, cette fois-ci : « Disk detached successfully ». À la prochaine lecture ou écriture sur la grappe, mdadm virera le disque. \o/
Notons qu'on aurait aussi pu utiliser le trick suivant dans la VM : echo 1 > /sys/block/<disque>/device/delete. Le résultat est strictement identique à l'arrachage sauvage d'un disque virtio.
Enlevons un deuxième disque. Que se passe-t-il ? À la première lecture ou écriture, / passe en lecture seule. Normal, il y a l'option errors=remount-ro dans le fstab. Ma partition de test située sur un autre volume logique LVM sur la même grappe RAID, /mnt, est aussi passée en lecture seule à la première écriture que j'ai tentée. Pourtant, dans fstab, elle a uniquement l'option defaults, qui, d'après le man, n'inclus pas errors=remount-ro. Même avec l'option errors=continue, après 2-3 tentatives d'écriture, le système de fichiers est automatiquement remonté en lecture seule. À partir d'ici, il y a donc des bouts de fichiers qui sont perdus, donc des exécutables qui ne peuvent plus être lancés : « Erreur d'entrée/sortie », « Error while loading shared librarie. ». D'autres fonctionnent parfaitement puisque leur contenu est en RAM puisque je les ai utilisés avant d'arracher les disques. Bref, on a de la perte de données avérée. C'est parfaitement cohérent avec les spécifications du RAID 5.
Comme nos disques ne sont pas morts (et n'ont pas de secteurs défectueux ou autre), mais qu'ils ont juste été arrachés, on est dans un cas de figure spécial où l'on peut reconstruire la grappe. Au reboot, mdadm nous informe qu'il n'a pu assembler la grappe car il a marqué deux disques comme étant défectueux. On tombe donc dans l'initramfs. On lance : mdadm -A --scan --force. Cela a pour objet d'assembler la grappe RAID en réintégrant le dernier disque sorti qui est parfaitement fonctionnel et à jour puisqu'après son retrait, les systèmes de fichiers sont passés en lecture seule. Ensuite, on réintègre le premier disque dur arraché : mdadm --manage /dev/md0 --add /dev/vdd2 (pense à adapter le nom du disque). Forcément, mdadm lance un rebuild : ce disque dur-là n'est plus à jour, il y a eu des écritures depuis son retrait. Il peut aussi être nécessaire de faire un fsck manuel… Je note que errors=continue est moins sûr que errors=remount-ro, car il a conduit à la perte du fichier que j'ai essayé d'écrire avant que le système passe en lecture seule.
On peut se demander ce qu'il se passerait si l'on ajoutait une couche de DRBD entre le RAID logiciel et le système de fichiers. J'ai aussi testé ça avec une simple partition mutualisée (point de virtualisation ou autres services compliqués). Si la panne RAID arrive sur le secondaire DRBD, DRBD passe en « UpToDate/Diskless » et l'oos s'accumule. Le primaire DRBD peut toujours écrire et continuer sa vie. Et si jamais la grappe RAID est réparée, alors le DRBD secondaire rattrape son retard. Il n'y a donc pas de perte de fichiers. Si la panne RAID arrive sur le primaire DRBD, DRBD passe en « Diskless/UpToDate ». Il est encore possible d'écrire sur le DRBD : toute l'écriture se fait en réseau. Sur le secondaire DRBD, on voit l'oos augmenter alors qu'il reste à 0 sur le primaire DRBD en panne. Si jamais la grappe RAID est réparée, alors le DRBD primaire rattrape son retard lors d'une synchronisation initiale, avant qu'il faille le nommer primaire et que la réplication se remette en marche. Aucune perte de données à déplorer dans ce cas-là non plus.
Sous l'impulsion de son nouveau (depuis 2015, tout de même) président, L'ARCEP, le gendarme des télécoms, l'autorité administrative chargée de s'assurer que la concurrence est libre et non faussée (et, accessoirement, que les droits des citoyen⋅ne⋅s sont respectés) sur le marché des télécoms et de la fourniture d'accès à Internet, se donne une image d'administration cool, accessible, branchée, avec laquelle on peut dialoguer.
Cela se concrétise par un Sébastien Soriano (le président de l'ARCEP) un peu pompette lors des 20 ans de l'ARCEP, par le fait que l'ARCEP invite plus souvent qu'avant la FFDN (et d'autres ;) ) à venir dialoguer, par des tweets et des propos vaguement piquants de niveau cour de récréation pour hauts fonctionnaires (https://twitter.com/i/web/status/852812197889622016, https://twitter.com/JFrHernandez/status/818783298306666497) voire flatteurs / optimistes (https://twitter.com/sorianotech/status/819301965624655880, https://twitter.com/sorianotech/status/833959349240393728) et des propos de jeune branché comme le coup de l'ARCEP qui, désormais, ferait de la régulation par la data (quoi que ça veuille dire) : ça en jette, mais ça fait déjà plus de 5 ans que l'ARCEP utilise des données pour motiver ses (non) décisions (sur la qualité des accès à Internet, par exemple) et toutes les administrations qui font un boulot économétrique en ont toujours fait…
Waaah, de telles prises de position, ça éblouit, on se sent en confiance, on a enfin un régulateur qui va agir dans le sens de l'intérêt général, c'est trop beau, c'est trop génial. Et puis, il y a la réalité.
Et puis, surtout, il y a les aveux. Comme celui lors de la réunion du 18 avril 2017 entre la FFDN et l'ARCEP portant sur le rapport sur l'état de l'Internet : la société civile ne serait pas assez présente, ne ferait pas assez de retours, sous-entendu : tant que la société civile n'est pas là pour faire pression, on va roupiller, bisous. Voilà, tout est dit. C'est une inversion complète de la charge : les textes (lois et règlements) instituent l'ARCEP comme gendarme des télécoms mais non, elle refuse, c'est à la société civile d'exercer en permanence ce rôle-là, bénévolement, en plus ! De qui se moque l'ARCEP ?! J'pense que, moi aussi, j'vais déléguer mon boulot d'adminsys à la société civile, ça me rendra la vie plus facile. Nan mais please quoi…
En matière de neutralité du net, tout aura été fait pour traîner les pieds. Après l'adoption du règlement européen, les régulateurs télécoms européens nous ont joué l'air de pipeau "on ne sait pas comment appliquer ces règles trop imprécises et faudrait se mettre d'accord pour appliquer tout bien tout pareil dans toute l'Union" (et cette prise de position a du sens !). Tout ça pour publier des lignes directrices communes qui, certes, affirment des principes forts, mais qui, sur les points conflictuels (zero-rating et services gérés/spécialisés, par exemple), laissent beaucoup de latitude (et donc d'insécurité à agir) à chaque régulateur national pour interpréter le texte… L'objectif de départ n'est donc point rempli et les régulateurs ne sont pas incités à agir. Maintenant que les règles sont à peu près fixées, l'ARCEP fait le coup de fermer les yeux et de se boucher les oreilles en disant "tant que je ne vois aucune atteinte à la neutralité du net, tout va bien". Sérieusement…
Je réfute la position de Soriano selon laquelle il faut que la société civile soit patiente (source : https://twitter.com/sorianotech/status/869854982190895105) : les magouilles perdurent des années et permettent à ceux qui les commettent d'engranger des milliards d'euros avant que le régulateur ne se bouge, tout ça pour infliger une amende de seulement quelques millions tout au plus. À ce jeu-là, les gros acteurs n'ont aucune raison de devenir honnête donc c'est trop facile. Sans compter les services qui ne voient pas le jour à cause des pratiques anti-concurrentielles que l'ARCEP laissent être commises ! Cela fait 20 ans que la société civile (et les petits et moyens opérateurs) rabâche les mêmes biais dans l'ouverture du marché qui profite au gros historique en situation de monopole qui a ainsi pu profiter des bienfaits de l'ouverture sans en subir les éventuels méfaits (du point de vue du gros acteur, c'est-à-dire la concurrence libre et non faussée)… Pourtant, en 2017, l'ARCEP semble toujours découvrir la vie (sur la qualité des interconnexions, sujet vieux d'au moins 7 ans ou sur la liberté de choix du terminal, par exemple)…
Alors oui, c'est vrai, l'ARCEP travaille ses nombreux sujets, produit du papier, mais ça, elle l'a toujours fait, sans pourtant essayer de briller en société. Oui, l'ARCEP ne prenait pas ce ton décomplexé avant, donc il y a du changement. Mais un ton ne sert à rien sans actes. Quand est-ce qu'on passe aux actes ? Pour l'instant, je vois uniquement une belle vitrine, mais rien de concret. Toute la position publique de l'ARCEP n'est que du marketing. La tyrannie du cool est encore passée par là.
Bref, méfions-nous du miroir aux alouettes et continuons de surveiller collectivement toutes les prises de positions et les décisions de l'ARCEP avec un regard fortement critique.
Enercoop est un ensemble de coopératives situées un peu partout en France dont les objectifs sont d'être un fournisseur coopératif d'électricité (au même titre qu'EDF) provenant à 100 % de sources renouvelables et de fédérer producteur⋅rice⋅s locaux et consommateur⋅rice⋅s. Il y a également un objectif fort de traçabilité (qui produit mon énergie ?) qui est rempli en ayant un contrat direct avec chaque producteur⋅rice d'énergie. Il y a enfin une volonté d'encapaciter le plus grand monde concernant la maîtrise de son empreinte énergétique.
J'ai rejoint Enercoop Midi-Pyrénées en mars 2017 en tant que consommateur. Tu comprends donc que je découvre le milieu de la fourniture d'énergie et qu'il faudra prendre le reste de ce shaarli avec des pincettes. Lors de l'Assemblée Générale 2017 d'Enercoop Midi-Pyrénées, j'ai constaté qu'il y avait des motivations très diverses pour prendre part à Enercoop : consommer autre chose que du nucléaire, traçabilité de sa consommation électrique, etc. Pour ma part, j'ai adhéré pour comprendre comment se déroulent la production et la fourniture d'énergie en France. : quels sont les tours de passe-passe de l'acteur historique (EDF) et de l'État ? comment cela fonctionne-t-il techniquement (qui met de l'électricité dans ma maison et comment ?) et administrativement (acteurs, facturation, etc.) ? Quels sont les problèmes éthiques et politique (vie de la cité) qui se posent dans ce secteur et comment peut-on les résorber ?
De prime abord, dans les Statuts de la coopérative Midi-Pyrénées, il y a des éléments qui sont à la limite de ce que je considère acceptable :
Notons qu'il y a aussi des choses positives. J'aime bien le vote dichotomique : pour une résolution ou contre. L'abstention se compte comme un vote contre.
Alors, de ce que j'ai retenu (liste forcément non exhaustive) :
Du 25 au 28 mai 2017, c'était le 8e Toulouse Hacker Space Factory, événement dédié au hacking et à l'art. Voici mes notes concernant les conférences auxquelles j'ai assisté.
Origine du projet : dès 2006, OpenMoko. Plusieurs modèles furent imaginés : gta01 (réservé aux devs), gta02 / freerunner, gta03 (resté à l'état de prototype), gta04 n'a jamais vu le jour. Une boîte Allemande, Golden Delicious, qui est la société d'un des dev principaux d'OpenMoko a sorti une version gta04 améliorée. À partir de ce moment-là, il s'est diffusé dans la communauté un message de désespoir "c'est impossible à faire".
2010 : Neo900, reprend le design (la conception) du Nokia N900 en y ajoutant plus de RAM et un CPU plus véloce. L'équipe pensait ne pas avoir à changer le hardware mais perdu, zont voulu faire entrer un modem plus gros qui a obligé à de grosses modifs. On est actuellement au prototypage v2. But du Neo900 ? Ouvrir la voie à d'autres.
Le Neo900 est totalement Open Hardware même si l'étape de layout (dessiner le circuit imaginé) est secrète car y'a que quelques gros acteurs commerciaux qui ont le matos pour faire ça. Le projet se concentre sur le matériel, il n'y a pas de système fourni avec. On pourra y mettre du Replicant ou du Mimo Devuan (Debian pour ordiphone).
Qu'est-ce qu'on cherche à faire ? Pour avoir l'autorisation de vendre un téléphone sur le marché, il y a des règles très strictes concernant la puce radio GSM, ce qui fait qu'il y a très peu d'acteurs économiques qui en produisent et en vendent. C'est donc un milieu opaque. La puce radio (nommée baseband) est pourtant un deuxième ordinateur au sein de nos téléphones : il y a le processeur principal, celui qui fait tourner Android et les applications et il y a la baseband. Celui-ci a parfois accès à la RAM du système Android et à la carte SD. C'est comme cela que fonctionne le verrouillage à distance des téléphones après un vol : le réseau GSM donne un ordre à la baseband qui a le pouvoir de l'exécuter. Mais donc, ça signifie que la baseband peut servir à tout : espionner, exfiltrer des données, détruire un téléphone, etc.
Il existe 3 téléphones qui protègent contre l'espionnage par le réseau GSM :
Il y a moyen de transformer un Nokia N900 en Neo900 en dessoudant des composants et en en soudant d'autres. L'ennui, c'est de trouver des stocks de composants. Le projet a 250 "kits" en stock sur les 800 précommandes. À cela s'ajoute le coût de l'impression des prototypes : à plusieurs milliers d'euros pour une impression, mieux vaut ne pas se tromper. À côté de ça, Samsung peut perdre 3 milliards d'euros dans un rappel commercial pour une batterie défectueuse. On ne joue vraiment pas à la même échelle.
Nothing2hide : association de formation aux journalistes. Non, les cryptos parties ne sont pas adaptées à la formation de journalistes car les journalistes sont avant tout… des journalistes donc expliquer direct le chiffrement à des gens qui ne savent pas qu'un ordinateur a un disque dur ni comment fonctionne Internet dans les grandes lignes, ça ne sert à rien. Il faut de la formation dans le temps et il faut des outils qui fonctionnent.
Origine : loi Lang du 3 juillet 1985 sur les droits voisins du droit d’auteur puis directive européenne de 2001
Fonctionnement : pour une copie réalisée par un particulier, à partir d'une source licite, les sociétés de gestion des droits d'auteur touchent une somme d'argent comme un dédomaggement pour la copie réalisée
Combien : 236 millions d'euros/an en France. La France représente 39 % de toute la redevance copie privée reçue en Union Européenne.
Problèmes :
La non conférence de jz. jz souhaite partager ses questionnements et entendre le public.
Questionnements :
Brides de réponses de la salle :
À mon avis, l'inclusivité, l'ouverture aux autres, le travail collaboratif, tout ce que tu veux, ne se décident pas taktak, de même que la sécurité informatique est un long processus continu et pas un but final en elle-même : il faut que le groupe ait la volonté d'être ouvert/participatif/tout_ce_que_tu_veux. Sans ça, on pourra utiliser toutes les méthodes d'organisation de la prise de parole que l'on veut, rien ne fonctionnera. Exemple : la méthode du cercle Saouran ne fonctionnera pas car une personne du cercle externe n'osera jamais rejoindre le cercle interne car ça signifie faire dégager quelqu'un⋅e qui participe au débat. Ça revient au même que de faire circuler des micros aux minorités présentes en espérant que, magiquement, elles prennent la parole.
Dossier complet à retrouver en http://www.hacking-social.com/2016/08/29/pe1-pourquoi-le-pole-emploi-nous-deprime-et-comment-y-remedier/ . Objectif de ce site web : comprendre les normes/représentations sociales, ce qui nous borne, ce qui nous conditionne.
Factuellement, Pôle Emploi (Popole) n'est pas efficace en dehors des contrats aidés pour aider à retrouver du travail. Voir : https://i1.wp.com/www.hacking-social.com/wp-content/uploads/2016/08/pole-emploi-fail.png?resize=768%2C458
Il règne chez Popole une atmosphère de suspicion constante que le⋅a chômeur⋅euse a mal fait les choses. Même quand Popole perd une pièce justificative. Le⋅a chômeur⋅euse est toujours fautif⋅ve.
Parfois, les agent⋅e⋅s de Popole sont humiliant⋅e⋅s : l'orateur raconte qu'il a un jour osé demander son mot de passe Popole après l'avoir oublié et qu'il s'est retrouvé inscrit à une formation sur le fonctionnement d'Internet…
Popole est infantilisant. Cas de cette infographie, par exemple : http://www.ledauphine.com/social/2017/05/24/pole-emploi-l-infographie-qui-fait-polemique . Le⋅a coupable, c'est le⋅a chômeur⋅euse, il⋅elle ne fait rien pour avoir une attitude de vainqueur ! Dans notre société, il faut être compétitif, bon sang !
Posons du vocabulaire : attribution causale = trouver la cause d'un comportement. Il y a deux types de causes :
Ainsi :
Nous adoptons des attributions interne/externe sur commande, afin de plaire aux autres dans une situation donnée. Nous intégrons le principe d'internalité (tout expliquer par la personnalité, l'individu) à partir de 8 ans.
Choisir une cause au détriment d'une autre, c'est une erreur d'attribution. Exemple : expliquer à une femme violée qu'elle l'a bien cherchée avec ses fringues et/ou son comportement. Il s'agit d'une attribution interne sans regarder l'environnement… Même chose quand on explique l'échec scolaire exclusivement par des attributions causales internes à un⋅e élève alors que l'Éduc' Nat' n'est pas toute blanche non plus.
Des études ont été réalisées : dans la fonction publique, il n'y a pas de différence entre les cadres et les petites mains, l'internalité allégeante est privilégiée au même niveau. Cela semble s'explique par une hiérarchie bien établie. Dans le privé, l'internalité allégeante est toujours privilégiée mais il y a une réelle différence entre les cadres et les exécutant⋅e⋅s : les cadres sont plus internes allégeant⋅e⋅s. D'une manière générale, l'internalité allégeante est caractéristique des groupes sociaux favorisés. Quand il s'agit de recruter, forcément ces gens préfèrent des internes allégeant⋅e⋅s même moins performant⋅e⋅s au détriment de personnes externes performant⋅e⋅s.
Les assistant⋅e⋅s sociales et les institutions de travail social (missions locales, par exemple) et Popole donnent de meilleurs pronostics de s'en sortir aux personnes internes allégeant⋅e⋅s. Les internes/externes allégeant⋅e⋅s ont tou⋅te⋅s un bon pronostic pour leur retour à l'emploi. L'interne allégeant⋅e est toujours décrit⋅e avec des termes positifs, ce qui n'est pas le pas des internes non allégeant⋅e⋅s. L'interne allégeant⋅e n'est associé⋅e à aucune pathologie psychique alors que l'interne non allégeant⋅e se voit attribuer au moins une pathologie psychique. De là découle un formatage de ces institutions.
Tu te sens écrasé⋅e par Popole ? C'est que tu n'es pas dans ce formatage institutionnalisé de l'internalité allégeante. C'est peut-être une bonne nouvelle, non ? :)
Les personnes internes allégeantes se comparent selon leur salaire, leur grade, leurs compétences, etc. Il faut forcément se comparer à l'autre. Popole n'est qu'un reflet de la société ?
Ne pas oublier que le chômage est aussi un temps de construction. À force de taffer, on oublie qu'il y a d'autres activités au moins aussi utiles que le travail.
Certain⋅e⋅s chômeur⋅euse ne s'inscrivent pas à Popole pour ne pas subir le formatage, l'humiliation, etc. Plutôt vivre dans une précarité sévère plutôt que Popole. Une personne dans le public a témoigné agir ainsi depuis « longtemps ». Il faut repenser nos institutions, repenser nos organisations de travail (exemple de FAVI, http://www.favi.com/management/, société commerciale autogouvernée, libérée et humaine).
À mon avis, ce talk était méga intéressant. Je regrette juste un peu la fin où l'orateur a essayé de (trop) flatter un auditoire hacker en disant "regardez, le⋅a hacker⋅euse est un⋅e interne non allégeant⋅e, c'est trop génial"… On n'a pas autant besoin de se regarder le nombril.
Collectif de juristes et d'informaticiens, qui s'appuie sur La Quadrature du Net, FDN et la Fédération FDN, qui attaque en justice toutes les lois visant à instaurer de la censure sans contrôle d'un juge et de la surveillance globalisée en France.
Une victoire éclatante : la fin de la surveillance sans borne des communications hertziennes (GSM, Wi-Fi, faisceaux hertziens, etc.).
La notion de cible pour les services de renseignement a été progressivement élargie. On est passé de "cible = individu qui présente une menace" (loi Renseignement de l'été 2015) à "cible = personne susceptible de présenter une menace + son entourage" (loi de prolongation de l'état d'urgence de juillet 2016).
À ce jour, le Conseil d'État est borné sur la rétention des données de connexion (qui parle avec qui, quand, à quelle fréquence, quelle volumétrie d'échange, quelle localisation) et refuse de prendre en compte les décisions judiciaires européennes.
Les exégètes ont attaqué le Privacy Shield au niveau européen. L'idée : faire admettre aux plus hautes juridictions européennes qu'il faut protéger les citoyen⋅ne⋅s de l'Union et que la surveillance généralisée US est inutile et imprécise. Si la Cour européenne confirme, les exégètes espèrent un ricochet sur les lois françaises.
Censure et surveillance sont liées : la censure des sites web pédoporn et d'apologie du terrorisme est caractéristique d'un régime autoritaire car c'est la même administration qui caractérise l'infraction et qui la punie, il n'y a pas de séparation des pouvoirs. Les sites censurés sont redirigés vers une page d'information imprécise du ministère de l'intérieur qui a avoué conserver les journaux du serveur web (qui indiquent que telle adresse IP a cherché à consulter tel site censuré), ce qui relève de la surveillance. Notons que le Conseil d'État a rejeté le recours des exégètes au motif qu'il n'y a pas de surveillance dans la censure car la surveillance n'est pas prévue par les textes donc elle ne peut pas exister. Plusieurs mois après, le fail Orange fait avouer le ministère sur la conservation des journaux de connexions…
Limites aux actions du collectif :
Obsolescence programmée : il a été demandé à des étudiant⋅e⋅s de concevoir une fraise de dentiste à usage unique. Cela fût fait avec un alliage à mémoire de forme. Même chose avec un verre jetable qui doit fuir assez rapidement pour forcer le débit d'absorption du liquide.
Prosommateur : consommateur et producteur en même temps. Exemples : cuisiner notre repas ; épicerie ou ferme collaborative (t'emporte gratuitement un panier en échange de taff).
Limite à l'auto-production : quelqu'un a voulu réaliser un grille pain en remontant toutes la chaîne c'est-à-dire en utilisant le moins possible de composants déjà tout prêt. Bilan : environ 1300 € de matos, 9 mois de réalisation et grille pain hors service après la première tranche grillée…
Il y a plein d'approches pour faire soi-même : on peut acheter en pièces détachées et assembler le produit fini (exemple : acheter du tissu pour fabriquer des vêtements) et/ou remonter la chaîne (fabriquer soi-même les composants qu'il faudra assembler pour fabriquer l'objet désiré).
Le droit d'auteur s'applique uniquement sur l'aspect général d'un objet et sur la notice d'utilisation (la notice Art libre est équivalente à CC BY SA mais adaptée à la fabrication d'objet). La technique (genre une charnière) est une invention qui se protège par un brevet et il y a des coûts de départ et réccurents. d'où il s'agit d'une impasse pour l'autoproduction.
Pour que l'autoproduction fonctionne, il faut plusieurs choses : l'accessibilité de la diffusion (si l'on diffuse que sur un site web, on exlu une partie de la population), le niveau de langue employé (parler le langage de la bureaucratie ffrançaise, ça risque de pas marche), la technicité voire le mélange de plusieurs disciplines hyper pointues, la langue (s'il faut parler anglais pour fabriquer…), la capacité des personnes à fédérer, le mode de prise de décision, les problèmes physiques pour reproduire les objets (si cela nécessite des machines outils coûteuses, par exemple), tout cela peut être des freins à l'auto-production.
Les orateur⋅rice⋅s représentent l'association grenobloise « Entropie » qui promeut un modèle alternatif de production des objets : libre, éco-conception, autoproduction. Elle fait des ateliers de production d'objets et de la sensibilisation.
Chacun⋅e peut fabriquer ses objets du quotidien (table, chaise, vaisselle, etc.) voire une petite maison (tiny house).
Depuis très récemment, Signal ne dépend plus de Google. C'est l'occasion de s'interroger sur le logiciel à utiliser pour chiffrer mes communications émises/reçues avec mon 06.
Notons qu'il est parfaitement possible d'utiliser plusieurs applications en même temps : Signal + Silence ou Silence + appli SMS/MMS par défaut ou Signal + appli SMS/MMS par défaut. C'est très utile quand on a un nombre similaire de contacts qui utilisent Signal et un nombre de contacts qui utilisent Silence : on peut dialoguer chiffré avec chaque communauté. Pour cela, il suffit de définir l'une des applications comme étant le logiciel par défaut pour la gestion des SMS/MMS et pas l'autre. Ainsi, Signal recevra les messages Signal et Silence les SMS/MMS chiffrés et non chiffrés, par exemple. Ça marche aussi avec Silence + l'appli SMS/MMS par défaut : dans ce cas, les deux logiciels recevront les SMS/MMS entrants (et notifieront l'utilisateur⋅rice) mais seul Silence saura déchiffrer les SMS/MMS chiffrés.
Tu l'as compris : j'utilise désormais un logiciel pour chiffrer mes communications textes et il s'agit de Silence.
Le statut zone fibrée est une saloperie d'initiative parlementaire introduite via la loi Macron (et complétée dans la loi pour une République Numérique). L'ARCEP pourra décerner une sorte de label à un périmètre géographique donné et/ou à un opérateur télécoms donné. Ce label marque le fait que, dans ce périmètre géographique défini, le déploiement des réseaux fibres optiques est suffisamment avancé pour que la fibre devienne le nouveau réseau de référence. Plusieurs obligations ou levées d'obligations pourront être greffées à ce statut. Pour l'instant, la seule qui est définie dans la loi, c'est qu'il n'est plus obligatoire de poser une ligne cuivre dans les nouvelles habitations situées dans une zone fibrée, mais l'ARCEP prévoit déjà l'extinction du réseau cuivre ou la fin des tarifs régulés sur le cuivre. Ce statut peut uniquement être lu comme quelque chose à même de fermer le marché, à évincer les petits opérateurs cuivre de la fibre optique et de cristalliser les positions dominantes.
Observations de la FFDN :
Sur un plan plus personnel, je suis heureux de constater que c'est la première réponse de la Fédération FDN à une consultation qui n'a pas été, in fine, validée par Benjamin Bayart. Si cela perdure, cela signifie que le groupe de travail de la fédération est en bonne santé. Je serai également attentif à ce que Quota Atypique ne devienne pas la nouvelle validatrice en cheffe : le travail au sein du groupe est censé être collaboratif et ça me paraît sain qu'il le soit, nous n'avons nul besoin de remplacer une personne centrale par une autre.
La Commission Européenne, l'exécutif de l'Union Européenne, envisage de restreindre toujours plus l'utilisation de l'argent liquide au sein de l'Union. Évidemment, c'est pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée.
Ce shaarli pointe vers un sondage de type QCM (une question, des réponses préformatées) ouvert à tout⋅te⋅s destiné à prendre la température, à savoir si les citoyen⋅e⋅s de l'UE sont favorables ou non à des restrictions sur la circulation de l'argent liquide. C'est un moyen simple et rapide pour signifier un refus (ou une adhésion, ça ne me regarde pas) à cette idée. Ce sondage est ouvert jusqu'au 31 mai 2017 soit après-demain. ;)
Via https://mamot.fr/users/vincib/updates/231180 via https://social.atypique.net/@quota_atypique
D’après nos informations, cet élu proche d’Emmanuel Macron, investi par La République en marche (REM) aux législatives de juin prochain, a abusé de cette enveloppe de fonds publics à plusieurs reprises ces dernières années, non seulement pour acheter sa télévision mais aussi des tickets de cinéma, des parties de golf, ou encore lors de vacances au Club Med au Sénégal.
À la suite de nos découvertes et de nos questions, le député du Calvados s’est retourné en catastrophe, le 15 ou 16 mai dernier, vers le déontologue de l’Assemblée nationale pour prendre conseil et lui soumettre certaines dépenses litigieuses. Admettant plusieurs « erreurs d’imputation », Alain Tourret nous a fait savoir le 19 mai qu’il venait de rembourser plus de 16 000 euros, sans doute pour essayer d'éteindre l'incendie. Entamée sous contrainte journalistique, cette démarche tardive pourrait toutefois ne pas suffire. Alors que Mediapart a pu éplucher seulement onze mois de dépenses sur cinq années de législature (2012-2017), un examen élargi de son compte IRFM par les autorités semble désormais indispensable.
Ces informations, nous ne les avons pas volées mais tirées des Macron Leaks. Ancien radical de gauche (PRG), rallié à Emmanuel Macron dès 2016, Alain Tourret fait en effet partie des cinq victimes de ce « hacking », qui ont vu leurs boîtes mails déversées en vrac sur Internet à deux jours du second tour – l’élu a, depuis, déposé plainte. C'est là que Mediapart a déniché onze mois de relevés bancaires relatifs à son compte IRFM, répartis sur les années 2013, 2014 et 2016.
Ho, il n'y avait pas que du fake dans les Macron Leaks, c'est noté. :)
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Les « faux pas » d’Alain Tourret sont d’autant plus fâcheux que cet avocat de métier, qui a continué d’exercer jusqu’en 2013 au moins (avec 13 000 euros d’honoraires), a conseillé Emmanuel Macron sur la moralisation de la vie publique. Dans une note secrète de mars 2017 destinée au candidat, il a lui-même recommandé que les parlementaires soient contraints, à l’avenir, de fournir une « présentation annuelle » de leur compte IRFM à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), déjà chargée de contrôler le patrimoine des élus.
[…]
« Des cravates ! », tranche Alain Tourret. […] Quant aux vins commandés sur Internet, « c’était pour recevoir dans le cadre de mon activité parlementaire ! » […] On bute également sur des places de cinéma à « l’UGC Mondeville », près de chez lui, à 19,20 euros la soirée. « Il s’agit de personnes que j’ai invitées comme parlementaire », se défend Alain Tourret. Des tête-à-tête ? «Je ne vais pas vous dire le film, je ne m’en rappelle pas ! » […] Des parties de golf sautent par ailleurs aux yeux : « 69 euros » par-ci, « 81 euros » par-là. « J’ai des golfs dans ma circonscription, je me bagarre pour eux, j’ai réussi à les sauver, réplique l’élu du Calvados, qui joue en été comme en hiver. À partir de là, qu’il y ait des liens qui se fassent entre le parlementaire et les responsables du golf... » […] « Je suis vice-président du groupe d’amitié France-Sénégalà l’Assemblée, avance Alain Tourret […] Je devais rencontrer des personnes, j’ai eu des tas d’entretiens. » Avec qui ? « Des responsables locaux de la communauté sénégalaise... » […] En réalité, le député n’était pas du tout en mission pour l’Assemblée, mais en vacances avec son épouse. « J’ai concilié les deux, je ne vais pas vous dire le contraire», concède Alain Tourret […] « Il n’est pas d’usage que l’institut paye ça », bouillonne Alain Tourret, qui plaide : « Ça a bien à voir [avec l’Assemblée],puisque c’est toute sa politique étrangère qu’on met en cause. »
J'adore les excuses que ces gens sont capables de sortir… C'est lamentable.
Que la justice mette son nez ou pas dans cette affaire, le patron du Palais-Bourbon, Claude Bartolone, pourrait a minima saisir le déontologue de manière officielle cette fois, « après avis du bureau [de l’Assemblée] », pour obtenir des « éclaircissements » et un rapport. Cette procédure de vérification (encore bien timorée) a en effet été introduite en février 2015, en même temps que l’Assemblée se décidait à fixer des règles d’usage de l’IRFM et listait enfin les dépenses autorisées – une première ! À l’époque, elle refusait en même temps d’introduire un contrôle systématique ou un système de remboursement sur notes de frais à l’anglaise. Ainsi en France, les 5 300 euros d’IRFM sont encore et toujours « réputés utilisés conformément à leur objet etne peuvent donner lieu à aucune vérification de la part de l'administration [fiscale] » !
Les scandales n’ont pourtant pas manqué. Dès 2012, Mediapart a révélé que Pascal Terrasse, député sortant de l’Ardèche, avait utilisé son indemnité pour se payer des vacances en Égypte, une escapade en Espagne, des billets de train pour sa femme, des accessoires pour piscine... Au lieu de faire pénitence, ce socialiste avait déposé plainte pour « vol de documents bancaires » afin de traquer nos sources, tandis que l’Assemblée regardait ailleurs. Par la suite, nous avons dévoilé que Jérôme Cahuzac dépensait son enveloppe chez un fabricant de hammams, que sa collègue Marie-Hélène Thoraval (LR) la siphonnait pour une croisière en Méditerranée, Bruno Retailleau (LR) pour un chèque au candidat Sarkozy, ou encore Yves Jégo (UDI) pour son micro-parti...
Chargée de comparer la richesse des parlementaires en début et fin de législature, l’institution présidée par Jean-Louis Nadal vient de constater que « l’IRFM avait contribué à un accroissement sensible du patrimoine de certains ». Dans son dernier rapport d’activité, elle dénonce une situation « problématique » à coups d’exemples anonymisés : « [L’IRFM] a parfois pu financer des biens immobiliers privés, être investie dans des instruments financiers (placement de la totalité de l’IRFM sur des SICAV), servir à régler des dépenses sans lien avec le mandat (...) ou a simplement été directement versée sur des comptes personnels. »
Le sujet devrait enfin atterrir sur le bureau du conseil des ministres grâce au projet de loi de « moralisation de la vie publique » promis par Emmanuel Macron, et annoncé pour les prochaines semaines. La « solution » envisagée par l'exécutif consiste à fiscaliser l’IRFM, ce qui autoriserait un inspecteur des impôts à réclamer des factures à un député. Mais pour beaucoup d’observateurs, c’est insuffisant. Certains réclament un contrôle plus systématique par une autorité indépendante et/ou une publicité des dépenses engagées, comme en Grande- Bretagne où les citoyens peuvent tout consulter. Outre-Manche, le fait de fournir une fausse note de frais est même devenu une infraction à part entière, punie d’un an de prison. La justice a ainsi envoyé l’ancien député Denis McShane derrière les barreaux pour... 15 000 euros de frais fantômes.
Un exemple parmi d'autres qui illustre pourquoi il nous faut agir pour la transparence de l'IRFM.
Ce qui me fait bien rire jaune, c'est que, lors de l'examen du projet de loi de réforme des délais de prescription en matière pénale, le député Tourret nous (moi et d'autres) avait qualifié de lobbyistes du monde de la finance. Aujourd'hui, on sait donc qu'il y avait deux participants à la vie politique ce jour-là : un prétendu lobbyiste d'un lobby influent et un député qui s'octroie au moins 16 000 € d'argent public. Je préfère être le prétendu lobbyiste, au moins le débat public n'était pas truqué de mon côté. Visiblement, il a été autant enclin à refuser le deuxième entretien avec Mediapart qu'il a été enclin à me raccrocher au nez après l'examen en deuxième lecture en séance publique.