I've accidentally discovered the world's most efficient way to leak personal information.
Plus, the photo was geotagged, my unlocked password manager was visible on the laptop, AND you could see my naked reflection in the dark part of the screen.
+1. :D
I mean, we already live in a world of flying robots killing people. I don't worry about how powerful the machines are, I worry about who the machines give power to.
Gros +1.
Gros gros +1. Et y'a pas que sur mobile que c'est chiant au possible.
Les «Incels» forment une sous-culture Internet, présente sur Reddit et 4chan, qui défend un masculinisme poussé à l’extrême. Selon la définition stricte donnée par le subreddit éponyme (fermé en toute discrétion par Reddit le 7 novembre dernier), un «Incel» (involuntary celibate) est un mec désirant avoir des relations avec des filles mais qui n’y arrive pas et s’estime très pessimiste quant à ses chances futures.
[…]
La caractéristique des «Incels» est d’avoir développé une haine féroce des femmes, qu’ils estiment responsables de tous leur déboires. Dans leur jargon, les femmes sont appelées «roastie» (rosbeef, référence à la forme de leur vagin après avoir eu plusieurs partenaires) ou «femoid» (pour «female humanoid», appellation leur déniant toute humanité).
S’estimant être des «nice guys» ne recevant en retour aucune attention des filles, les «Incels» en concluent que le seul critère effectif de la séduction est le physique. Ce qui ouvre la voie à leur deuxième sujet de haine : les «chads», ces mecs beaux gosses et musclés qui auraient un injuste succès avec les filles. Dans leur jargon, l’équivalent féminin du «chad» est la «stacy», un couple auquel fait référence Minassian dans son post Facebook.
Les «Incels» sont persuadés qu’il n’existe pas de plus grande discrimination que la discrimination physique.
[…]
Ce n’est en fait pas la première tuerie liée à cette idéologie. En 2014, Elliot Rodger, un étudiant de Santa Barbara avait tué six personnes et blessé 14 autres avant de se donner la mort. On avait retrouvé un long manifeste où il hurlait sa haine des femmes.
Dans son message Facebook, Alek Minassian fait référence au «supreme gentleman» Elliot Rodger. Derrière le folklore web et les bonnes blagues sur les «chads», il existe bien un terrorisme masculiniste.
Selon Numerama, le subreddit incels avait dépassé la barre des 40 000 membres.
Via https://twitter.com/geoffrooy/status/989042514610085890 via https://twitter.com/bortzmeyer
Pour rappel, le groupe Bolloré a attaqué en diffamation un article publié en octobre 2012, intitulé « Bolloré, Crédit agricole, Louis Dreyfus : ces groupes français, champions de l’accaparement de terres ». Notre article pointait le rôle de grandes entreprises françaises dans le phénomène d’accaparement des terres en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Il mentionnait, entre autres, les activités du groupe Bolloré, via une holding luxembourgeoise, la Socfin. Celle-ci possède une trentaine de filiales, dont plusieurs gèrent des plantations d’hévéas et de palmiers à huile en Afrique et en Asie. Ses pratiques font l’objet de nombreuses critiques de la part des populations locales et d’organisations internationales de défense des droits humains.
La Cour de cassation a confirmé que notre article s’inscrivait « dans un débat d’intérêt général sur l’achat et la gestion [de terres agricoles], par des multinationales de l’agro-alimentaire parmi lesquelles la société Bolloré » et reposait « sur une base factuelle suffisante » sans dépasser « les limites admissibles de la liberté d’expression ». […]
Boom. \o/
D’autres sites et blogs avaient également été poursuivis pour avoir mentionné cet article : le site Rue 89 et son directeur de publication, Pierre Haski, pour avoir cité l’article dans sa revue de presse, la journaliste Dominique Martin Ferrari, qui a cité l’article sur sa page « scoop it », et deux autres personnes – Thierry Lamireau, retraité de l’Éducation nationale et Laurent Ménard, ébéniste – ayant intégré un lien vers l’article sur leurs blogs. L’arrêt de la Cour de cassation leur est également favorable. Il reconnaît que les publications ou personnes intégrant un lien sur leur site vers un article litigieux mais de « bonne foi » ne peuvent être complices de diffamation.
Cela me semble être un écho à plusieurs jugements de la CJUE concernant des liens vers des contenus protégés par le droit d'auteur.
[…]
Pour Bolloré, comme pour d’autres multinationales, poursuivre médias, ONG et journalistes est une manière délibérée d’entraver leur travail. « En multipliant les procédures judiciaires dans des proportions inédites – quitte à les abandonner en cours de route –, le groupe Bolloré en a fait une mesure de rétorsion quasi-automatique dès lors que sont évoquées publiquement ses activités africaines », écrivions-nous, aux côtés d’autres journalistes et ONG (lire ici : Face aux poursuites-bâillons de Bolloré : nous ne nous tairons pas !). « Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d’alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de géants économiques comme le groupe Bolloré. Objectif : les dissuader d’enquêter et les réduire au silence, pour que le "secret des affaires", quand celles-ci ont des conséquences potentiellement néfastes, demeure bien gardé. » La loi sur le secret des affaires, adoptée fin mars par l’Assemblée nationale, risque de compliquer encore davantage le travail d’enquête journalistique sur les pratiques des multinationales (lire notre article sur le sujet).
En intimidant les journalistes, ces poursuites visent à rendre invisibles celles et ceux qui subissent injustices et inégalités. Quel média continuera de mettre en lumière la question de l’accaparement des terres et de donner la parole aux populations qui y sont confrontées s’il est systématiquement attaqué en justice ? Cette première procédure, qui aura duré cinq ans depuis notre mise en examen, a coûté plus de 13 000 euros à notre modeste budget. C’est, en temps de travail rémunéré, l’équivalent d’une dizaine d’articles comme celui que nous avons publié et sur lequel la justice nous a donné raison. Dix articles que nous n’aurons pas écrits, autant d’informations pour « un débat d’intérêt général » qui n’auront pas été publiées, autant d’injustices qui n’auront pas été mises en lumière.
Selon des chiffres diffusés par NetTrack, Let's Encrypt a passé en avril la barre des 50 % des domaines gérés, parmi les presque 8 millions surveillés par le service.
Cela pose plusieurs problèmes dont je n'ai pas vu (encore ?) d'analyse. Donc je me lance, même si je vais pas mal radoter mon premier jet sur Let's Encrypt.
Le premier problème est une question de vie privée. Afin de s'assurer qu'un certificat x509 n'a pas été révoqué, un client TLS (un navigateur web, un logiciel d'emails, un logiciel de messagerie instantanée, etc.) peut émettre une requête HTTP destinée à l'autorité de certification qui a émis le certificat présenté par un serveur TLS (serveur web, serveur mails, etc.). Évidemment, l'autorité de certification signe sa réponse avec sa clé privée. Ainsi, le client TLS pourra vérifier l'authenticité de la réponse avec la clé publique de l'autorité (contenue dans le certificat x509 de cette autorité). Il s'agit du protocole OCSP. Il est activé par défaut un peu partout.
Cela signifie qu'avec ce protocole, une autorité de certification stocke, dans ses journaux, des infos comme : telle IP a demandé la vérification du certificat x509 du site web ineedmoarporn.example à telle date+heure.
Si une autorité de certification devient un acteur incontournable, cela signifie qu'elle consigne, dans ses journaux, l'information qu'une même IP a visité les sites web ineedmoarporn.example, lacroix.example, fillon2017.example avant de consulter ses emails hébergés chez sans-nuage.fr.
Je ne sais pas pour toi, mais je trouve que c'est un vrai problème, quand bien même il y a des associations militantes pour les libertés humaines (mais pas que) derrière Let's Encrypt.
En 2025, Let's Encrypt a cessé de recourir à OCSP.
Comment voir quel serveur OCSP sera contacté pour un certificat x509 donné ? Il suffit de regarder les détails d'un certificat x509, notamment la section « Authority Information Access ». Avec Firefox. Exemple en ligne de commande :
$ echo | openssl s_client -servername mediapart.fr -connect mediapart.fr:443 2>/dev/null | openssl x509 -noout -ocsp_uri
http://ocsp.usertrust.com
Ici, quand un⋅e citoyen⋅ne consulte ce journal, son navigateur web émet une requête HTTP destinée à ocsp.usertrust.com. User Trust sait donc que l'ordinateur utilisé par ce⋅tte citoyen⋅ne va probablement consulter le site web de ce journal dans les prochaines secondes.
Dans le cas de Let's Encrypt, le serveur OCSP est pointé par le nom « cert.int-x3.letsencrypt.org » et est hébergé… par Akamai, un géant des infrastructures Internet… Tu le sens, le respect de ta vie privée ?
Pour limiter l'impact de ce flicage :
Le deuxième problème est une question éthique et philosophique. Quand un acteur concentre un marché, il exerce un pouvoir sur le marché. Quand un acteur a du pouvoir, il en abuse. Forcément. S'il n'a pas de concurrent, alors les citoyen⋅ne⋅s sont pris au piège, ce qui renforce le pouvoir de cet acteur. Je pense que c'est assez évident avec l'affaire Facebook / Cambridge Analytica (je prends l'exemple le plus récent, mais il y en a une infinité) : tu peux être scandalisé, tu vas quand même rester sur Facebook pour parler avec tes "ami⋅e⋅s" car il n'y a pas vraiment de concurrent avec un service similaire aussi fréquenté.
Je me moque de savoir que, derrière Let's Encrypt, il y a des associations qui militent pour les libertés humaines. Car tout acteur est corruptible. Tout acteur peut ne pas percevoir une entourloupe et la valider. Sans compter que toute la sécurité apportée par x509 repose sur la plus mauvaise autorité de certification acceptée par la communauté (des navigateurs web et des systèmes d'exploitation), car n'importe quelle autorité de certification peut émettre des certificats x509 pour n'importe quel site web, même pour un site web dont l'éditeur⋅rice n'est pas client chez elle. x509 est ainsi fait. Let's Encrypt peut être absolument irréprochable, ça ne change pas la donne.
Il découle du paragraphe précédent que ce qui compte à mes yeux, c'est d'avoir un équilibre des pouvoirs : qui dispose d'un pouvoir similaire afin d'exercer un pouvoir de contrôle sur Let's Encrypt ? Personne. Vers qui se tourner si Let's Encrypt failli (tout en conservant un service similaire) ? Personne. Puis-je vérifier moi-même ce que fait Let's Encrypt ? Non. Ai-je un pouvoir de décision, même indirect sur ce que fait Let's Encrypt ? Non. Le pouvoir d'émission de certificats x509 est confisqué aux citoyen⋅ne⋅s. Certes, il l'a toujours été, mais Let's Encrypt enfonce le clou alors que des alternatives sont possibles, j'y reviens à la fin.
Un monde dans lequel
… est un monde dans lequel chaque autorité de certification est un acteur puissant supplémentaire qui décide de ce qu'est la liberté d'expression et des contenus qui en relève…ou non. Elle peut refuser de délivrer un certificat à tel ou tel site web ou de révoquer le certificat de tel site web. Let's Encrypt ne s'en prive pas. Les navigateurs web feront alors peur aux visiteur⋅e⋅s de ce site web, les moteurs de recherche déclasseront ce site web et ce sera la fin. Il y a déjà suffisamment d'acteurs qui ont ce pouvoir… Est-on obligé de s'en imposer un de plus ?! Les gouvernements, entre autres, ont déjà ordonné à des intermédiaires techniques, comme les registres DNS, de pratiquer la censure sans décision de justice, alors ordonner la même chose à un intermédiaire technique de plus ne les découragera pas.
Certes, Let's Encrypt n'est pas à l'origine de tout ce que je décris depuis le début de ce shaarli, mais cette initiative, qui partait d'une bonne intention, va considérablement retarder l'émergence de réelles solutions à tout ce merdier. Et c'est ça que je reproche à toutes les personnes qui ont fait la promotion de Let's Encrypt sans se poser plus de questions, au motif que le chiffrement est à la mode depuis Snowden… Alors que le chiffrement est inutile quand les gens concentrent leurs données sur quelques sites web états-unien où elles peuvent être récupérées tranquillou par tout le monde parce que les lois, sur la surveillance de masse et sur la protection de la vie privée, le permettent… Let's Encrypt est une fuite en avant, pas une solution durable.
Par ordre de complexité :
Bon documentaire qui donne la parole et analyse les mouvements d'extrême-gauche au-delà des vitrines brisées et de l'affrontement avec la police. J'en recommande le visionnage.
Dans ce docu, on entend beaucoup de désespoir concernant un système à bout de souffle qui épuise la nature et les humain⋅e⋅s. Notamment :
Non [ je ne voterai plus socialiste ]. Tans pis, on va laisser les Français se démerder avec Marine Le Pen.
Le capitalisme est une société violente. L'État est une institution violente. On est dans un monde tellement violent que montrer du doigt une violence de paillette [ NDLR : les casseurs ] pour faire des images TV, quel foutage de gueule ! Aller bombarder la Syrie, c'est eux qui décident ! Quand ils vendent des rafales à l'Arabie saoudite qui les refile à j'sais pas qui, c'est qui qui fait ça ?! C'pas les ouvriers, c'pas les travailleurs, c'pas les 3 pekins qui font péter une vitrine ! C'est l'État, les patrons, etc. […] Moi j'aimerai bien que la presse, […], les politiques, les gens, s'intéressent à la violence structurelle du système et aux millions de morts et aux dégâts que ça fait.
Si on n'a pas une analyse politique, ça [ NDLR : les casseurs ] peut choquer. Mais est-ce que ça choque les morts sur les chantiers tous les jours parce qu'ils n'ont pas de papiers, parce qu'ils n'ont pas de mesures de sécurité, parce que les patrons ne veulent pas payer ? Est-ce que ça choque tous les gens qui sont sous anti-dépresseurs, ou qui se suicident, au travail ou au chômage ? Est-ce que ça choque les pays d'Afrique que l'on est en train de piller et où les gens meurent ? Est-ce que ça choque toutes ces morts-là tous les jours de mort lente d'alcool, d'anti-dépresseurs, etc. et même dans votre entourage ? Ça, ça ne choque pas ?! Moi ça me choque davantage. Ça c'est des vrais casseurs, des casseurs de vie, pas de vitrines.
Je retiens :
Les chiffres donnent raison au ministre de l’intérieur. Malgré des images impressionnantes, le bilan de ce 1er Mai est sans doute l’un des plus légers depuis ces trois dernières années et marque un apaisement dans les relations très délicates entre manifestants et forces de l’ordre. Comme le soulignait un rapport du Défenseur des droits rendu au mois de janvier dernier, le mouvement contre la loi sur le travail de 2016 avait en effet signé un véritable divorce entre manifestants et policiers.
Les premiers dénonçaient la mise en place d’une nouvelle doctrine de maintien de l’ordre, reposant principalement sur la répression. À plusieurs occasions, des violences avaient par exemple explosé en raison de l’utilisation de la technique dite de la « nasse », consistant à couper le cortège ou à y isoler un groupe de manifestants. Cette pratique contraint les policiers à être au contact des manifestants pour les contenir, le plus souvent à l’aide de gaz lacrymogène ou de coups de matraque.
Les manifestations contre la loi sur le travail avaient ainsi été marquées par un nombre important de blessés et des accusations de violences policières. De nombreux manifestants avaient également été interdits de défilé, soit par des interdictions de paraître, soit lors de contrôles d’identité, des mesures prises au nom de la loi sur l’état d’urgence alors en vigueur.
De leur côté, les forces de l’ordre affirmaient être confrontées à des manifestants de plus en plus radicaux et organisés. Ceux-ci, habillés de noir, se réunissent généralement en tête de cortège pour former ce fameux « Black Bloc » s’attaquant aux grandes enseignes, aux banques et aux policiers.
[…]
Un an plus tard, ce sont environ 800 personnes qui rejoignent le cortège de tête pour un 1er Mai encore plus tendu. Alors que la police poursuit dans sa stratégie de nasse et d’affrontement, les Black Blocs, eux, sont plus nombreux et mieux organisés. À la fin de la journée, six policiers sont blessés dont deux grièvement. Les accusations de violences policières se multiplient une nouvelle fois, avec 168 manifestants blessés selon les street medics, des soigneurs volontaires intervenant lors de manifestations.
Au regard de ces chiffres, le bilan du 1er mai 2018 fourni par la préfecture paraît donc effectivement bien meilleur : un CRS et trois manifestants légèrement blessés, 31 commerces dégradés et six voitures incendiées. La police a en outre interpellé 283 personnes, dont 102 ont été placées en garde à vue et 34 déférées au parquet.
[…]
L’une des raisons à ce bilan plutôt positif en termes de maintien de l’ordre serait l’abandon de la pratique de la nasse et un retour au principe de mise à distance, consistant à contenir les manifestants violents sans chercher le contact. « La préfecture de police a enfin mis à disposition des CRS les canons à eau dont on réclamait le retour depuis des mois, explique Philippe Capon, du syndicat Unsa-Police. S’il n’y a pas eu de blessés, c’est grâce à cela. Les canons à eau maintiennent ceux qui veulent en découdre à distance. »
En fait, il semblerait que les autorités aient pris en compte au moins certaines des recommandations formulées dans le rapport du Défenseur des droits de janvier dernier. Celui-ci plaidait pour un retour à un certain équilibre en matière de maintien de l’ordre. Les auteurs expliquaient que longtemps, les manifestations avaient fait l’objet d’un accord tacite, d’une « philosophie tolérante », admettant certains débordements limités et encadrés par les services d’ordre des organisations syndicales. Les forces de l’ordre, « formées et entraînées à subir des provocations », se contentaient la plupart du temps d’appliquer « le principe de mise à distance des manifestants », « un des principes essentiels » du maintien de l’ordre.
« Or, poursuit le rapport, (…) depuis une dizaine d’années, les règles et les codes traditionnels de cette “théâtralisation” du maintien de l’ordre sont en déclin et régulièrement remis en cause. » D’un côté, les manifestants « n’adhèrent plus aux règles qui permettaient un exercice codifié et organisé du maintien de l’ordre ». Et de l’autre, « les manifestants eux-mêmes n’apparaissent pas toujours comme légitimes dans leurs revendications ou dans leur mode de contestation auprès des forces de l’ordre ».
[…]
Pour rétablir la confiance entre manifestants et autorités, le Défenseur des droits préconisait un certain nombre de mesures, comme une meilleure formation des policiers intervenant dans les manifestations ou le retrait de certaines armes, comme le LBD 40*46. Le rapport demandait également que la pratique de la nasse, qui « ne fait pas partie des enseignements officiels et n’a pas de base légale », « soit strictement définie par un cadre légal ». Il préconisait en outre un meilleur encadrement des contrôles d’identité, et notamment des « contrôles d’identité délocalisés », une pratique consistant à interpeller des personnes durant une manifestation et à les emmener au commissariat pour vérifier leur identité, alors même qu’elles ont avec elles leurs papiers d’identité.
La gestion de la manifestation de mardi montre qu’au moins une partie de ces préconisations ont été appliquées. « Les autorités organisent désormais un maintien de l’ordre à distance jusqu’à épuisement pour éviter qu’il n’y ait des blessés », constate Frédéric Lagache du syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix. […]
Si je résume viteuf ce qui ressort pour l'instant des comptes de campagne des candidats à la présidentielle 2017, ça donne ça :
Ça me rend enragé ! Dans les deux cas, on est quand même à un niveau de foutage de gueule et de mauvaise foi comme c'est pas permis ! Pinaise, il⋅elle⋅s me dégoûtent tou⋅te⋅s ! "Naaan monsieur le juge, je ne l'ai pas vraiment violée, mais les règles pour obtenir son consentement étaient trop contraignantes, comprenez-moi"… "C'est de la négociation, ha heu non, c'est un rabais habituel, ha, non, pardon, une tarification saisonnière, je suis maladroit, ha, heu, non, c'est…"… Aucune volonté de faire une campagne totalement clean alors qu'il n'arrête pas de jacter sur la transparence, sur une 6e République plus saine, etc. Quand tu renies tes prétendues convictions (sur le statut d'autoentrepreneur) avant même le combat, tu pars quand même très mal, je trouve. Booooarf, tout ça me dégoûte…
Je ne reviens pas sur Fillon et sur Le Pen… C'est guère mieux.
En tout cas, tout ça amène à réfléchir à l'équité de financement entre les candidat⋅e⋅s à une élection, à l'égalité des prix pratiqués par un même prestataire auprès de candidats différents pour une même prestation, aux contrôles que l'on pourrait améliorer genre la Commission des comptes de campagne n'a pas de pouvoir d'enquête, ne connaît pas le milieu dans lequel elle exerce (combien coûte l'impression de tracts ? combien coûte un meeting de telle ampleur donné dans tel lieu ? Il⋅elle⋅s n'en savent rien) et elle est sous-dimensionnée, ce qui l'empêche de gérer le brutal pic électoral qui se produit tous les 5 ans, etc.
Ça sera pour la prochaine fois. Pour l'heure, les comptes de campagne de tous les candidat⋅e⋅s à la présidentielle 2017 ont été validés. Circulez, y'a rien à voir, et surtout, n'hésitez pas à voter pour des crapules (mais au moins, y'a des crapules de droite, de gauche et de ni-ni, et ça, ça change tout, c'est ça, « avoir le choix » !).
Sources :
C'est énervant, tous ces clients sans le sou qui, à la fin du mois, ont les poches vides. De plus en plus vides : les dépenses alimentaires en France viennent — c’est une première — de connaître un léger recul.
Le groupe Casino, après avoir calculé que, chaque dernière semaine du mois, son chiffre d’affaires baissait de l0 % (et que les clients commençaient à être dans le rouge de plus en plus tôt), et eu cette idée lumineuse : réinventer l’ardoise.
Même désargentés, les clients de Casino pourront continuer de claquer. Ah, s’offrir le luxe de s’endetter dès 20 euros de courses alimentaires ! Et ne rembourser qu’un mois plus tard. Mieux, si, par bonheur, ils sont gourmands et dépensent plus de 50 euros, ils auront jusqu’à trois mois pour rembourser (en quatre fois).
Attention, il ne s’agit pas pour Casino de mettre en cause la juste lutte contre le surendettement et de pousser à la consommation, surtout pas, mais d’« accompagner ses clients dans tous les tracas de la vie ». Un geste humanitaire, en quelque sorte. De la pure générosité. La preuve, ce crédit sera gratos…
Les pauvres vont pouvoir se goinfrer de Nutella !
Dans le Canard enchaîné du 2 mai 2018.
Emmanuel Elong, syndicaliste dans les palmeraies camerounaises contrôlées par le groupe Bolloré, avait osé dénoncer les conditions de travail au sein de ces plantations dans l’enquête « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? ». Diffusé en 2016 par France 2, le reportage avait été couronné du prix Albert-Londres et… attaqué en diffamation par l’industriel.
Le 3 avril dernier, Elong s’est présenté au tribunal correctionnel de Paris pour témoigner en faveur de cette enquête. Le 24 avril, de retour au Cameroun, il écrit au préfet de sa région pour lui demander d’assurer sa sécurité. Dans son courrier, Elong se dit « victime d’intimidations, de surveillance illégale et de menaces », puis évoque le mauvais souvenir du procès parisien : « Avant mon départ pour la France, j’ai fait l’objet de tentatives de corruption et de dissuasion pour me faire abandonner ce projet. A mon arrivée en France, Tristan Wakekx, journaliste et coauteur du reportage [de France 2], qui devait m’accueillir à l’aéroport, a été curieusement victime d’un cambriolage de son appartement, la nuit précédente. Sa serrure endommagée, il n’a pas pu venir m’accueillir. » Waleckx — qui a porté plainte — a confirmé l’affaire au « Canard ». Ce jour-là, France Télévisions avait préféré payer un garde du corps pour accompagner Elong de l’aéroport au tribunal…
Dans le Canard enchaîné du 2 mai 2018.
Qui pour devenir le nouveau directeur du numérique éducatif au sein du ministère dirigé par Jean-Michel Blanquer ? Le départ du précédent titulaire, Mathieu Jeandron, avait fait mauvais genre : l’homme avait en effet rejoint Amazon, ce géant du Net qui rêve de prendre des parts de marché (contenus, tablettes) dans l’Education nationale. Et le remplaçant de Jeandron, nommé par décret le 27 avril, a tout pour plaire, lui aussi, à la firme de Jeff Bezos !
Inspecteur général de l’administration de l’Education nationale, Jean-Marc Merriaux a dirigé les nouveaux usages numériques à France Education. Ephémère membre du Conseil national du numérique (CNNum), ce spécialistedu digital a également présidé aux destinées de Canopé (réseau de création et d’accompagnement pédagogique), un opérateur public ayant à cœur de faire « entrer l’école dans l’ère du numérique ». Et c’est là qu’il s’est illustré…
Autoédition assistée
En mars 2016, il s’est mis à dos les syndicats d’éditeurs,de libraires et les enseignants. Il venait en effet de signer un partenariat — sans appel d’offres — pour former des enseignants aux services d’autoédition d’Amazon. Ces ateliers devaient permettre aux profs de fabriquer, mettre en pages et/ou en ligne leurs cours… sur la plateforme de l’enseigne. Assurer la promotion d’un ogre du Net à la veille de l’ouverture du Salon du livre, où se signent les commandes de manuels scolaires, il fallait oser !
Jean-Marc Merriaux, en guise de défense, avait souligné la nécessité, pour Canopé, de trouver des ressources propres — le réseau n’étant pas financé à 100 % par l’Etat. Il s’était toutefois refusé à révéler le montant de la prestation facturée à Amazon, bottant en touche lors de son audition par l’Assemblée nationale : « **Ce contrat ne va pas révolutionner le monde de l’édition : 50 000 euros, 60 professeurs sur l’ensemble du territoire, on est dans l’ordre du symbole. »
Car, c’est bien connu, Amazon se contente de « symboles »…
Dans le Canard enchaîné du 2 mai 2018.