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——————————— Sunday 11, February 2018 ———————————

La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le jure à longueur d’interviews : non, la réforme de l’accès à l'université adoptée à la fin de 2017 n'instaurera aucune sorte de sélection. Les facs ne feront qu'exiger des étudiants des « attendus ». Quèsaco ? Les « attendus » sont « les compétences et les connaissances nécessaires » pour entrer en licence universitaire. L’Etat a dessiné un « cadrage national », mais les facs peuvent définir elles-mêmes leurs propres « attendus locaux ».

Une brève virée sur Parcour-sup — la nouvelle plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, sur laquelle les postulants sont invités à formuler leurs vœux — suffit à constater que les fameux « attendus » ressemblent à s’y méprendre à une sélection qui ne dit pas son nom.

Ainsi les postulants à la licence en droit ont-ils la surprise de découvrir sur ce site des questions à choix multiples telles que « Comment a évolué la situation juridique des enfants nés par GPA ? » ou « Quelle définition correspond le mieux au concept de décentralisation ? ». Autant de colles contenues dans un « questionnaire d’auto-évaluation de droit » de 25 questions, auquel les futurs étudiants doivent « impérativement répondre avant de valider une candidature en droit ».

Il est solennellement assuré sur la plateforme que « les résultats ne seront à aucun moment pris en compte dans le traitement » des candidatures. Alors, pourquoi les facs en ont-elles « impérativement » besoin ?

L’université Paul-Valéry-Montpellier souhaiterait, pour sa part, que ses aspirants à la licence en sociologie soient déjà des mini-Bourdieu ! Parmi les « compétences » qui leur sont demandées, la « mobilisation des concepts de la discipline (action sociale, communauté, déviance, espace public, institution, mobilité sociale, norme, représentation, socialité, tradition...) » ou la « réalisation d’études collectives et individuelles sur des faits sociaux contemporains ». C’est tout ? A l’université Lumière-Lyon-II, les « attendus » requis pour la licence en droit puisent dans… la littérature. « Jeune personne imaginative (le droit n’est-il pas “la plus puissante des écoles de l’imagination”) et cultivée, l’étudiant⋅e du portail Droit est moins soncieux/se de séduire Mmes Arnoux ou de Nucingen que de comprendre le fonctionnement du monde contemporain (…). » Le béotien ignorant que Mmes Arnoux et de Nucingen sont des héroïnes de Flaubert et de Balzac sera-t-il recalé d’entrée ?

Mauvaise foi du Canard : une recherche sur un moteur de recherche web permet de savoir qui sont ces mesdames en moins de 30 secondes. Tout au plus peut-on écrire que cet attendu sert à discriminer les feignasses selon Macron.


Quelle idée, aussi, de s’inscrire en licence en droit sans avoir en poche une agreg en lettres classiques !

Bien que je suis opposé à toute forme de sélection à tout stade de la scolarité, je n'ai pas compris la polémique actuelle, car, selon moi, la sélection dans l'enseignement supérieur a toujours existé sans dire sans nom. Exemples :

  • En 2009, pour suivre un DUT informatique à l'IUT de Bordeaux I, il fallait se déplacer sur site afin de participer à un test (je crois me souvenir que la novlangue imposait déjà de dire « auto-évaluation ») qui comprenait, de mémoire, au moins des questions de culture générale et des tests de logique. Il me semble que c'était la même chose à l'IUT de La Rochelle. Je crois qu'il n'y avait pas ce genre de choses à l'IUT de Limoges.

  • En 2012, il y avait une forme de sélection à l'entrée au master informatique de l'université de Strasbourg avec, entre autres critères, une préférence des étudiant⋅e⋅s ayant suivi un parcours local (au sein de l'université). Ce qui se comprend parfaitement ! Pour passer cette sélection tout en venant d'une autre université, il fallait présenter un dossier soigné avec des notes satisfaisantes, une justification du choix de cette formation bien rédigée, le tout complété avec des recommandations d'ancien⋅ne⋅s profs et tout le tatouin. Peut-on dire qu'il s'agit d'un « attendu » en pipeau ?

So, what?

Dans le Canard enchaîné du 31 janvier 2018.

Tandis que le gouvernement prépare une loi aux petits oignons contre les « fake news », la justice s’occupe, de son côté, d’interdire la publication de quelques vraies informations. Fausses nouvelles ? Vraies nouvelles ? Rendez-vous, les journaleux, vous êtes cernés !

Un vent mauvais souffle sur la liberté de la presse. Le tribunal de commerce de Paris vient de condamner lourdement « Challenges », coupable d’avoir publié une information parfaitement exacte, mais… confidentielle. Le magazine a révélé que le groupe Conforama venait d’être « placé sous mandat ad hoc », c’est-à-dire qu’un administrateur judiciaire était nommé pour tenter d’éviter la cessation de paiements. Nul ne conteste que ce soit la stricte vérité. Mais le Code de commerce, en son article L611—15, prévoit que toute personne qui participe à une telle procédure ou qui en a connaissance « par ses fonctions » est tenue à la confidentialité.

Il peut être distrayant pour des juristes désœuvrés de gloser à perte de vue sur le point de savoir si cette confidentialité s’impose à la presse. Quand bien même : tant qu’il restera en vie un seul journa- liste digne de ce nom, briser un secret utile à l’information des citoyens demeurera un succès, pas une faute.

Mais le digne magistrat du tribunal de commerce refuse à « Challenges » le bénéfice de la Convention européenne des droits de l’homme, qui consacre la liberté d’informer. Motif : son article « ne saurait revêtir le caractère d’une information du public sur un sujet d’intérêt général ». Il est vrai que la possible déconfiture de Conforama n’intéresse presque personne. Juste les 14 000 salariés de ses 300 magasins. Et un peu, aussi, ses milliers de fournisseurs, dont bon nombre de PME qui sont priées de ne rien savoir et de continuer de livrer leurs marchandises, quitte à boire le bouillon avec le géant s’il cesse de payer. Trois milliards et demi de chiffre d’affaires, c’est une toute petite affaire privée, non ?

La censure dans ses meubles

Prudent, le juge censeur ouvre le parapluie et se recommande d’un arrêt de la Cour de cass rendu en 2015. Décision assez fumeuse qui ne tranche pas la question. De plus, la chambre criminelle de la Cour ne cesse de répéter qu’une infraction commise par voie de presse ne peut être poursuivie que sur la base de la grande loi de 1881.

Alors ? Alors, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, serait bien avisée de s’en souvenir lorsqu’elle présentera son projet de loi contre les « fake news » baptisée « loi sur la confiance dans l’information ». Sous ce flatteur emballage cadeau se cache naturellement l’exact inverse : une loi de défiance, de censure et d’interdiction, dans la même veine que l’ordonnance rendue contre « Challenges ». Il deviendrait possible de poursuivre un journal propagateur d’une prétendue « fausse nouvelle ». Et en référé, s’il vous plaît, c’est-à-dire en urgence. A charge pour les juges de dire, toujours « en urgence », le vrai et le faux. Bon courage !

Que se passera-t-il si un journal prétend que les comptes publics ne sont pas d’équerre ? ue la dette n’est pas ce que le gouvernement prétend ? Poursuites, sanc- tions ? Que se passera-t-il si un journal raconte (pure hypothèse) qu’un candidat à la présidentielle a fait rémunérer son épouse par le Parlement pendant Vingt ans ? Poursuites, sanctions ?

C’est une démangeaison bien ordinaire du pouvoir politique que de vouloir tenir la laisse courte aux journalistes. L’effet immédiat est en général de démonétiser l’information contrôlée et de nourrir la fibre complotiste : « On nous dit rien, on nous cache tout. » Le premier journaliste, Théophraste Renaudot, suppliait le prince de ne point tenter d’arrêter le flux des nouvelles, vraies ou fausses, que publiait sa « Gazette ». Car, expliquait-il, l’information a ceci de commun avec le flux d’un torrent qu’elle grossit à mesure que l’on tente de lui barrer la route.

Il est vrai que c’était au XVII° siècle. Et en même temps…

Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.

Le conseil national de l’UDI a franchi, mardi, le Rubicon : il a décidé, pour la première fois, de soutenir publiquement la candidature d’un Marcheur lors de la prochaine législative partielle, qui doit avoir lieu, les 11 et 18 mars, en Haute-Garonne. La démarche n’aurait, en elle-même, rien de bouleversifiant si elle n’était pas directement liée aux tractations qui se déroulent en haut lieu depuis trois semaines.

Au nom d’Emmanuel Macron, en effet, Christophe Castaner, délégué général de LRM, a pris langue avec Jean-Christophe Lagarde, patron de l’UDI, Laurent Hénart et Jean-Michel Baylet, co-chefs des radicaux réunis, ainsi qu’avec un certain nombre d’élus de droite macron-compatibles, comme Christian Estrosi, ou appartenant à la nébuleuse juppéiste.

A tous, « Casta » a proposé une alliance et un plan d’action.

Première étape : la construction d’un cartel des « oui » pour faire adopter les réformes annoncées par Macron sur la réduction du nombre de députés et de sénateurs, l’installation d’une dose de proportionnelle aux législatives ainsi que la réforme du Conseil supérieur de la magistrature.

Vœux formulés par l’Elysée : que les parlementaires soudés par cette action commune ne s’abstiennent plus lors du vote du budget mais s’engagent à le voter en octobre. Une concorde qui ouvrirait ainsi la voie à une seconde étape, avec la création d’une liste unique, élargie, aux européennes de 2019, qui irait des Marcheurs aux juppéistes.

Tout ce beau monde se retrouverait, bien entendu, un peu plus tard, lors des municipales.

Bienvenue dans le nouveau monde de la gamberge électorale !

Ainsi se déroule une réforme constitutionnelle d'envergure dans notre pays… :( Si une tambouille à visée électoraliste est préparée en amont en coulisses, c'est que la réforme constitutionnelle va s'avérer corsée donc que nous, citoyen⋅ne⋅s allons y perdre des plumes… Ça cause tout de même de réformer les pouvoirs législatif et judiciaire, ce n'est pas rien.

Dans le Canard enchaîné du 31/01/2018.

Et une perle de plus dans les ordonnances censées réformer le code du Travail ! « Le Canard », qui en avait dénombré tout un collier, avait omis celle-ci, bien cachée, il est vrai : elle concerne les
salariés dont la rupture de contrat est considérée comme « nulle », car causée, par exemple, par le harcèlement (moral ou sexuel) ou une discrimination
.

Au cas où le licencié ne peut (ou ne veut) pas être réintégré, le juge des prud’hommes, royal, lui attribue une « une indemnité [ne pouvant] être inférieure à six mois de salaire ». Mais le même se voit exclu des rappels de salaire qu’il aurait dû percevoir « pendant la période couverte par la nullité » !

Aux innocents les mains vides

La loi El Khomri lui accordait cette compensation ; pas celle de Muriel Pénicaud. Une exception : les femmes enceintes ou accouchées, les parents adoptants et les élus du personnel continueront de bénéficier du paiement de ces salaires. Les autres peuvent aller se rhabiller.

Lors des débats, certains sénateurs ont bien tenté de rectifier cette incongruité par le biais d’un amendement faisant justice aux victimes de harcèlement ou de discrimination. « Il n’est pas normal qu’au
cours de la période pendant laquelle le licenciement a été considéré comme frappé de nullité le salarié se voie privé du salaire auquel il aurait eu droit », a protesté le socialiste Jean-Louis Tourenne le 24 janvier. Quelle audace ! L’impudent s’est sèchement fait rembarrer par Muriel Pénicaud. « Cet ajout n’est pas nécessaire ! » a lancé la ministre du Travail.

Il ne faudrait pas que la défense de ces victimes tourne au harcèlement…

Suite de Les ordonnances : mine pour les employeurs, Champ de mines pour les salariés et de Ma liste de ce qu'apportent ces ordonnances contre le travail.

Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.

Un premier lot est en fabrication. Selon un document du Pentagone, ces armes permettent au Président de mener une guerre nucléaire limitée, au risque d'y entraîner ses alliés…

Le 5 févirer à Washington, le ministère de l’Energie a annoncé la mise en fabrication d’une première tranche de 30 bombes nucléaires « miniaturisées ». Ces petites merveilles de technologie mortitère, disponibles au plus tard dans deux ans, seront d’une puissance nettement inférieure à la bombe lancée en 1945 sur Hiroshima (environ 15 kilotonnes). Elles ne provoqueront jamais autant de destructions que les missiles de 150 à 475 kilotonnes dont disposent les armées américaines, mais, que l’on se rassure, elles auront des effets « incendiaires et radioactifs » remarquables, selon un expert militaire.

Le Pentagone, le Département d’Etat et le ministère de l’Energie (responsable de la mise au point des armes nucléaires) avaient été chargés par Donald Trump, le 27 janvier 2017, de définir la nouvelle stratégie nucléaire des Etats-Unis, afin d’enterrer celle qui avait cours sous Barack Obama. Un an plus tard, un document de 54 pages — « Nuclear Posture Review » — était prêt, grâce à deux amoureux de l’uranium enrichi : Robert Soofer, secrétaire adjoint à la Défense pour l’armement nucléaire, et Greg Weaver, directeur adjoint des questions stratégiques à l’état-major. Mais seule une version « expurgée » d’une quinzaine de pages de ces gamberges a été rendue publique par le Pentagone, le 2 février.

La décision la plus importante concerne la fabrication de charges dites « de faible énergie », c’est-à-dire de ces bombes nucléaires miniaturisées, plus aisément utilisables — humainement parlant ? — que les missiles de l’arsenal américain, capables d’atomiser totalement un Etat adverse… Pourquoi Donald Trump désire-t-il disposer d’une telle arme, pouvant être lancée depuis un avion, équiper un missile de croisière ou un missile installé à bord d’un sous-marin ? Il veut pouvoir tirer le premier et donner une méchante leçon à un présumé ennemi, tels la Corée du Nord ou l’Iran, si l’envie lui en prend. Le président américain aurait ainsi la possibilité de mener un conflit nucléaire limité, ce qui est une remise en question des principes de la dissuasion. Au risque d’entraîner ses alliés, dont la France, dans une guerre qu’il serait seul à déclencher. On espère bientôt apprendre ce que Macron pense de ce nouveau délire de Donald Trump…

D’autres décisions sont mentionnées par ce document du Pentagone : installer, dans des silos enterrés ou sur des camions, 450 nouveaux missiles sol-sol intercontinentaux, lancer la production de nouveaux bombardiers stratégiques et fournir au F-35, le dernier-né de l’aviation US, la possibilité de lancer ces nouvelles armes nucléaires, y compris depuis le territoire de pays alliés.

Alertes au feu

Evaluation de toutes ces améliorations d’un arsenal déjà bien pourvu : 1 200 milliards de dollars en trente ans. Mais, quand on adore faire peur à la Russie, à la Chine, à l’Iran et à la Corée du Nord, on ne compte pas,

Le général Paul Selva, adjoint du chef d'état-major interarmées, a, peut— ôtrc sans le vouloir, évoqué, le 27 janvier, les moments où Donald Trump pourrait être incité à balancer l’une de ces petites bombes : « Nous analysons les attaques stratégiques non nucléaires de nos adversaires, celles qui (…) provoqueraient des milliers de morts dans nos villes. » Et Patrick Shanahan, le secrétaire adjoint à la Défense, s’est montré davantage explicite, le 2 février, en présentant aux journalistes le document du Pentagone : « Etant donné le changement radical de l’environnement international (…), les Etats—Unis considéreront l’emploi de leurs armes nucléaires dans des circonstances extrêmes, pour défendre les intérêts de notre pays, de nos alliés et de nos partenaires. »

A Paris, cette révision « à la Trump » de la doctrine militaire américaine et cette conception d’une première frappe ne devraient pas faire un triomphe. D‘autant que, en réaction, la Russie et la Chine pourraient décider de se doter des mêmes armes. Et un vieux routier de la diplomatie s’insurge déjà contre « cette volonté de modifier l’équilibre international, baptisé jadis “équilibre de la terreur”, qui, pendant plusieurs décennies, a tout de même permis d’en finir avec la guerre froide ».

Mais voilà qu’avec Trump on y retourne allègrement.

Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.

La diffusion, le 22 janvier [ non, c'était le 21 janvier ;) ] dans l'émission « Capital » sur M6, d'un reportage consacré aux moyens des députés et à la rémunération des fonctionnaires de l'Assemblée a suscité un vent de colère chez les intéressés, qui s’estiment victimes d’« une chasse à l’homme ».

En cause, la divulgation de la grille des salaires dans la fonction publique parlementaire, un document ultra-secret dans lequel on apprend notamment que le secrétaire général de l’Assemblée gagne 17 300 euros net par mois et bénéficie d’un luxueux appartement de fonction, plus quelques menus avantages.

Comment les salaries de la fonction publique peuvent-ils être secrets ? Public est antonymique de secret…


François de Rugy a aussitôt pris la défense de ses troupes, et la tête de la révolte, fustigeant les « amalgames » et expliquant que, si l’on veut des haut fonctionnaires de qualité, il faut les payer correctement.

Ho, donc la France va mieux rémunérer l'ensemble de ses fonctionnaires et contractuel⋅le⋅s, notamment les petites mains qui font réellement tourner la fonction publique ? :O Non, parce qu'attirer des informaticien⋅ne⋅s « de qualité » avec un écart de plus de 500 € net/mois pour un⋅e junior⋅e comparé à son ex-salaire dans le privé, ça risque de ne pas marcher… … … Exemple comme un autre, hein. Ha, non, de Rugy parle uniquement des haut⋅e fonctionnaires, donc d'une caste de l'appareil d'État en particulier, pardon, j'avais mal lu ! Bref, bullshit habituel…


Et si l’on veut des députés de qualité ?

Dans le Canard enchaîné du 31 janvier 2018.

Surprise ! Parmi les cinq prétendants toujours en lice pour diriger un autre média public, La Chaîne parlementaire (LCP), c’est le candidat de dernière minute, Bertrand Delais, qui a obtenu la meilleure note à l’écrit. La quinzaine de députés du comité de sélection, présidé par le LRM Hugues Renson, ne s’y est pas trompée : le confrère Delais est le réalisateur préféré de Macron. Et il est poussé par Bruno
Roger-Petit, le porte-parole de Jupiter à l’Elysée.

Déjà auteur de deux portraits élogieux de son idole, « Dans la tête d’Emmanuel Macron » et « Macron, en marche vers l’Elysée », diffusés sur France 2 après l’élection, Delais prépare depuis quatre mois un troisième docu, consacré à… l’ami Emmanuel, bien sûr. Aperçu de son insolence, voilà le message que le journaliste avait posté sur son compte Facebook (puis vite retiré) au lendemain de la présidentielle, alors que son docu sur la campagne était programmé sur France 2.

Bertrand Delais a partagé la vidéo de Envoyé spéciai.

Merci à vous tous… J‘espère que ce film donnera à comprendre la force peu commune de notre nouveau président, sa capacité de contrôle, son regard distancié et sa détermination sans faille. Mais surtout, il est et et demeure un homme libre.
Merci à vous tous

C’est le 12 février que les cinq derniers candidats à la présidence de LCP passeront l’oral. Le patron de l’Assemblée, François de Rugy (LRM), choisira ensuite l’heureux élu. D’ici là, l’arbitre au « regard distancié » lui aura peut-être fait savoir sa préférence

Si cela se produisait, je serais inquiet pour le devenir de l'audiovisuel public. Révocation de Gallet (Radio France), la justice qui avance subitement sur le sujet de l'élection sujette à suspicion d'Ermotte (France Télés) et possible nomination à la tête de LCP téléguidée par l'Élysée… Tout ça après que Macron ait visiblement dénoncé, en petit comité, la « honte de la République » que constitue, selon lui l'audiovisuel public…

Là encore, qu'on n’interprète pas mes propos à rebours : il est nécessaire de sanctionner les comportements illégaux ou sans éthiques quand ils sont avérés. Donc je ne pleurerai pas Gallet (marchés sans appel d'offres, rénovation de son bureau pour 105 000 € d'argent public, etc.), ni Ermotte quand les faits seront avérés (nomination aidée par le Conseil d'État et/ou retour d'ascenseur du président du CSA qu'elle aurait pu contribuer à pousser à cette place ?). Néanmoins, je m'interroge sur la synchronisation entre les propos de Macron et les actions conduites ainsi que sur l'après : qui remplacera Gallet (et Ermotte) et est-il sain d'avoir un audiovisuel public dirigé par l'Élysée (qu'il soit sarkoziste, hollandais ou macronien, hein) ?

Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.

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