Daily - GuiGui's Showhttp://shaarli.guiguishow.info/Daily shared linksen-enhttp://shaarli.guiguishow.info/ GuiGui's Show - Monday 24 June 2019 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190624 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190624 Mon, 24 Jun 2019 00:00:00 +0200 Démarches à la con Mon Jun 24 00:31:16 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?wJTHSQ


**Un résumé partiel (il manque la future loi sur la prétendue haine en ligne, par exemple) des tensions actuelles autour de la liberté d'expression** (dont la liberté de la presse est seulement l'une des composantes).

> Ce n’est pas parce que Franck Riester ressemble à un Monty Python, qu’il faut conclure qu’il a transformé le ministère de la culture en celui des « démarches à la con ». Même si, après l’audiovisuel public, voilà qu’il s’attaque à **la distribution de la presse pour l’ouvrir à la concurrence**. La CGT est vent debout. Ce qui explique le retard du Rani chez les marchands de journaux. Et qu’**avec cette « reforme de la loi Bichet », notre titre pourrait carrément disparaître des kiosques**.

> Autre dossier sur lequel l’ancien concessionnaire automobile voudrait aller vite : la **création d’un « conseil de presse », un organe de médiation chargé à l’heure de la défiance, d’arrondir les angles entre les médias et leurs publics**. Un outil de dialogue où même les « sans grade » pourraient peut-être avoir voix au chapitre. **A l’heure où nos collègues du média d’investigation Disclose se « voient convoqués pour la publication d’une note classée « confidentiel dèfense », pas facile d’y croire avec un gouvernement qui a consacré dans la loi le « secret des affaires »**…

> Police partout

> **Si la macronie se méfie des médias, que dire de la galaxie frontiste ?** La défiance est telle qu’elle a ses propres organes. Et, à l’instar  de certains casques, c’est pointu. Comme  « Défense Police Magazine », émanation d’une association marseillaise dont le nom résume la ligne et le dernier numéro, consacré  au « malaise policier », fait la part belle à la question médiatique.

> L’édito — intitulé « implication des médias » — fait état des démarches de l’association pour alerter les autorités sur la dangerosité de la presse pour les forces de l’ordre, les reportages étant devenus « une source de renseignements wire une véritable aubaine pour les mafiats de tout poil, du petit délinquant au terroriste ».

> Et de **plaider pour une réécriture de la « loi fondamentale » avec, à l’article 1 : « Tout citoyen est tenu à un respect scrupuleux des policiers, des gendarmes, des pompiers »**… En cas d’insultes, d’outrages ou pire ? **« Cour de justice spéciale »** et « prison ferme ». Et pour les médias **« Tous les journalistes qui répandent la haine anti—flic seront poursuivis pour « incitation à la haine sécuritaire » et « attentat a la dignité et a l’honneur des défenseurs de l’ordre républicain »**… » Du délire ? Peut-être.

> En attendant, tandis que **Gaspard Gianz, le fondateur de Taramis News, vient d’être arrêté et interdit de manif des gilets jaunes, Olivier Cyran, un ancien de Charlie et CQFD, lui, est convoqué pour un tweet où il évoquait, pour de rire, une « formation » au « savoir-brûler Pôle Emploi » ! Et un instit' d'être poursuivi par un syndicat policier pour avoir appris à ses élèves une chanson** d’Aldebert où les mômes envisagent, « pour louper l’école », — de faire « pipi sur un policier ».

> Pas de doute, les démarches à la con méritent bien un ministère !

Dans le numéro de mai du Ravi, journal satirique en PACA.


Soudan, l’Occident s’est tu…

Mon Jun 24 00:00:17 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?npepLA


> À la fin, ces printemps arabes nous fatiguent. **Le dernier de la liste a fleuri le 11 avril, au Soudan, lorsque la rue a chassé le dictateur islamo-militariste Omar El Béchir (trente ans de règne), après des mois de manifestations**. Jusque-là, tout allait bien. L’opinion internationale s’est souvenue que Béchir avait mené trois guerres. La première, contre les chrétiens du Sud (1983-2005 — 2 millions de morts). La deuxième, contre diverses ethnies du Darfour, dans l’Ouest, a débuté en 2003 et a causé plus de 300 000 morts, selon l’ONU. La troisième, en cours elle aussi, a éclaté en 2011 dans les régions méridionales du Kordofan et du Nil bleu, pour le contrôle des ressources pétrolières. Elle a fait des milliers de victimes et de déplacés.

> L’éviction du sanguinaire Béchir, longtemps sous la coupe des intégristes musulmans, protecteurs de Ben Laden, était plutôt réjouissante. Les manifestants réclamaient la démocratie et avaient fait d’une femme le symbole de leur soulèvement. Mais, depuis, **le conflit dure et l’attention faiblit**.

> **Début juin, les troupes paramilitaires du général Hemetti (tristement célèbre au Darfour) ont commencé à nettoyer les rues. Ses Janjawids ont torturé et liquidé les opposants dans des centres de détention secrets, jeté les cadavres dans le Nil** (120 morts « officiels » à ce jour) et arboré, raconte « Le Monde » (7/6), les culottes des femmes violées. En Occident, les cris de protestation n’ont pas été perçants. Lassitude, donc, et gêne aussi : **les Européens se sont souvenus qu’ils avaient conclu avec le Soudan un accord pour limiter l’immigration (« L’Humanité », 7/6). Et qui  dirigeait les milices chargées de surveiller les frontières ? Hemetti**.

> Autre rappel : les « protecteurs » du conseil militaire de transition de Khartoum sont des partenaires de l’Europe, notamment de la France. Pas des amis, non, ni des démocrates ! Mais de bons clients pour nos industries d’armement : Egypte, Emrats arabes unis, Arabie saoudite.

> Alors les regards se détournent, et on attend le clap de fin. Il faut savoir terminer une révolution. Pas trop salement, SVP.

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


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GuiGui's Show - Sunday 23 June 2019 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190623 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190623 Sun, 23 Jun 2019 00:00:00 +0200 Généraliser le télépéage ? Sun Jun 23 23:52:15 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?6prh7Q


> **La loi d’orientation des mobilités**, dont la maire de Paris attend impatiemment le vote, cette semaine, pour tenter d’endiguer l’invasion de trottinettes, **comporte un volet « péage d’autoroute »**.

> L’idée d’Elisabeth Borne, selon « Le Journal du dimanche » (9/6), est de **généraliser le « télépéage »** et, ainsi, de rendre la « voie (…) libre pour entrer et sortir de l’autoroute ». C’est bien joli, mais l’hebdomadaire explique qu’il reste quelques détails à régler. D’abord, « comment dissuader automobilistes et poids lourds de passer à l’œil sans être enregistrés ? ». Pas de problème, on leur mettra, si on les rattrape, des prunes à 7 500 euros. Ensuite, qui paiera les nouveaux équipements de contrôle et la destruction des péages actuels, soit environ 1 milliard d’euros ? Pas de problème non plus, les usagers sont là pour ça.

> Reste une petite question : au nom de quoi obliger les usagers occasionnels de l’autoroute à s’abonner au télépéage ?

Mouais… Donc des portiques pour lire un badge ou un smartphone ou scanner des vignettes ou des plaques d'immatriculation… Vu que le but est de fluidifier, ça sous-entend un scan sans arrêt donc ça exclu les badges et les smartphones, à mon avis car je pense que le RFID va galérer en présence d'un fort débit et/ ou d'une forte densité. Je sens plus le scan des plaques d'immatriculation rattachées à des dossiers clients chez chaque concessionnaire… Avec ou sans historisation des déplacements ? :)

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


Les patrons de presse et de médias peu a peu remplacés par pubards ?

Sun Jun 23 23:35:27 2019 -
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> Nouvelle tendance réjouissante : **les patrons de presse et de médias sont peu a peu remplacés par des fils de pub**. A Europe 1, Constance Benqué, issue de Lagardère Publicité, a été choisie pour assurer l'intérim (et sûrement la succession) du journaliste Laurent Guimier. A RTL, pour diriger la station et remplacer le limogé Christopher Baldelli, le roupe vient de débaucher le chef de la pub de TF1, Régis Ravanas. Troisième exemple : à la direction des programmes de M6, Frédéric de Vincelles est viré, pour laisser place à Guillaume Charles, le directeur adjoint de la pub et du marketing.

> Quand y a de la gêne, y a pas de plaisir !

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


General Electric court-circuite le langage en clair

Sun Jun 23 23:31:26 2019 -
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Le lolilol du jour : toi aussi apprend à parler le TrouDuc avec General Electric. C'est navrant… **Le renoncement à toute forme d'humanité, jusque dans la manière de nous exprimer… Ça peut seulement créer des situations explosives**.

> **Toujours faire croire aux interlocuteurs que la négo est ouverte, ne surtout pas dévoiler de décisions au couperet déjà arrêtées**… Dès l’été dernier, le patron de la direction travail et emploi de General Electric pour toute l’Europe, Nick Thomas, qui est basé à Londres, a fait passer à ses directeurs, dans chaque pays, un édifiant **petit manuel du bien-parler** (rédigé en anglais). Il souhaitait **tirer au plus vite les leçons de la condamnation aux prudhommes de la directrice française des ressources humaines de la filiale GE International, pour délit d’entrave. Car un manageur en avait imprudemment trop dit sur le « projet automne », déjà ficelé, consistant à externaliser des experts fiscaux maison en direction de PricewaterhouseCoopers**…

> Transmis par e-mail le 20 juillet 2018, ce document, intitulé « Règles pratiques de communication », enseigne l’**art du double langage** en donnant des exemples de formulation « OK » et « pas OK »… Ne dites pas : « Les notifications de licenciement seront transmises aux employés concernés une fois notre analyse achevée… », mais : « Nous allons nous engager dans un processus d’information et de consultation avec les représentants des salariés, au niveau requis, dès que nous aurons une proposition concrète à discuter… » **Ne dites pas : « Nous avons decidé… », mais : « Notre intention préliminaire est de… »** Ne dites pas : « Nous vous confirmerons votre statut individuel dans trois à quatre semaines », mais : « Nous pensons être en mesure de vous fournir une mise à jour sur notre progression au troisième trimestre… »

> De l’art de noyer le poisson avant de bazarder les salariés.

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


Le Pass cuture de Macron a bien du mal à passer

Sun Jun 23 23:26:21 2019 -
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Suite de : **[Le Pass culture aux frais des autres](/?THxn0Q) sauf qu'à présent, on parle d'un financement par le privé en échange des données personnelles des gamins de 18 ans**. On part d'un droit (accès à la culture), on passe par un financement privé (donc d'un renoncement du public à assurer un droit), pour finalement parvenir à la vente des données personnelles de la jeunesse. Fabuleux. Changez rien.

> C'est Macron soi-même qui, le 10 juin, au musée Courbet d’Ornans (Doubs), a dû relancer sa grande promesse faite à la jeunesse en 2017 : un Pass culture accordé, l’année de ses 18 ans, à chaque résident en France. Bien obligé : sur les 39 millions théoriquement affectés en 2019 a ce projet, seulement… 257 000 euros avaient, au 27 mai, été dépensés, confie un ponte de la Rue de Valois au « Canard ».

> Résultat ? Alors que 846 OOO jeunes auraient pu y prétendre, 6 000 veinards à peine disposent à ce jour du précieux sésame : **une enveloppe de 500 euros à dépenser — via une application numérique pour téléphone portable** — parmi un large choix de spectacles, visites, cours, livres, services numériques, etc.

> Ministres courtisans

> Bien que deux ministres de la Culture successifs aient encensé le projet (Françoise Nyssen l’avait qualifié de « révolution »), le gouvernement n’a pas forcé sur l’excès de zèle. Il a attendu le 1er février pour lancer une expérimentation à travers cinq départements, et le 1er juin pour l’étendre à neuf autres : soit 14 départements où, en théorie, 150 000 jeunes peuvent postuler pour obtenir le fameux ticket.

> **La prudence ministérielle est d’abord budgétaire. Accorder le Pass aux 845 937 Français âgés de 18 ans coûterait 423 millions d’euros à l’Etat, soit onze fois la somme budgétée cette année**.

> **En cultivant la lenteur, le gouvernement espère convaincre le privé d‘avancer l’argent. Et l’inciter à fournir des offres gratuites contre l’obtention de pub ou de données personnelles des abonnés**. Quelques entreprises, notamment numériques, ont accepté, à l’issue d’une négociation avec l’Etat.

> Pour une boîte, au moins, le Pass est tout bénéfice. Garandeau Consulting fait profiter le ministère de la Culture de ses conseils, tarifés 25 000 euros par mois. Au point qu’Eric Garandeau, son pédégé, inspecteur des finances et ex-patron du Centre national du cinéma, a postulé pour diriger la future structure chargée de gérer le Pass.

> Las ! le secrétariat général du gouvernement l’a écarté au nom d’un possible conflit d’intérêts.

> Macron n’a plus qu’à trouver un autre candidat pour vendre sa « révolution » culturelle aux jeunes, presque aussi lente que celle de Jupiter autour du Soleil (11 ans et 314 jours).

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


Collomb victime de l'Etat policier

Sun Jun 23 23:14:47 2019 -
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Suite de : [Collomb fait grincer le Parquet](/?2t69ow) : **Collomb a-t-il fait bénéficier son ex-compagne d'emplois publics partiellement fictifs ?**

> Les les plus odieuses pleuvent sur Gérard Collomb. Après les informations du « Canard » (5/6), qu’il a jugées « tant inacceptables qu’intolérables », sur les emplois attribués à son ex Meriem Nouri, le maire de Lyon a reçu, le même jour, la visite matinale des poulets — à son domicile et dans les bureaux de l’hôtel de ville.

> Et voilà que maintenant **les enquêteurs de la police judiciaire cherchent à évaluer la réalité des travaux accomplis par Meriem Nouri !** Ces indiscrets s’intéressent tout particulièrement à deux périodes de la carrière de l’ex. **En 2005 et en 2006, dans le registre informatique de la direction des ressources humaines, il est simplement écrit, sous son nom : « A affecter »**. Selon plusieurs de ses collègues interrogés par « Le Canard », **« Meriem travaillait à domicile »**.

> Le maire balance

> **Pour la période 2015-2017, c’est Collomb qui avoue avoir des soupçons**. Dans un communiqué publié le 5 juin, l’ancien ministre de l’Intérieur de Macron assure avoir, « pour les années 2015 a 2017 (…), pris l’initiative de faire diligenter une enquête administrative » et d’en « informer le procureur de la République ». Au passage, il précise n’avoir découvert le pot aux roses qu’en février 2019, c’est-à-dire à son retour de Beauvau.

> Or, explique-t-il, « un signalement [avaitl été effectué par la hiérarchie [de Meriem Nouri] en novembre 2017 ». Sous-entendu : s’il y a un fautif, ce n’est pas moi mais Georges Képénékian, le maire par intérim. Un vrai mouchard, ce Collomb ! Pour en avoir le cœur net, les flics de la financière ont soumis à la question les directeurs successifs des ressources humaines de la mairie, les responsables du service paie et le directeur général des services.

> Ceux-ci ont dû expliquer pourquoi, malgré une présence jugée erratique par les enquêteurs, l’ex-compagne du maire bénéficiait de nombreuses heures supplémentaires. Et pourquoi elle avait été affectée à la « mission Serin », qui présente au public les futurs aménagements de la Saône, dans la mesure où cette mission relève non pas de la ville mais du Grand Lyon, la métropole.

> Au total, ont calculé les magistrats de la chambre régionale des comptes à l’origine de l’enquête préliminaire menée par le Parquet national financier, les dix années passées par Meriem Nouri au sein des services de la mairie auront coûté 890 000 euros. Cette affaire a déjà fait une victime collatérale en la personne de Thomas Collomb, l’un des fils de Gérard.

89 000 €/an, même brut, c'est pas si mal : on est sur environ 4 000 - 4 500 €/mois net en moyenne. :)

<br />
> Capitaine de police en disponibilité, **le trentenaire avait trouvé — sans piston, assurent le père et son rejeton — un boulot sympa mais éphémère au Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (Sytral). Nommé le 14 mai « conseiller sécurité », avec un salaire brut mensuel de 4 186,69 euros** (bien supérieur à son traitemerit de poulet), il a démissionné le 6 juin, « pour ne pas donner prise aux calomnies ».

> Et ne pas empêcher son père de redevenir maire ?

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


Trump prêt à solder ses meilleures armes

Sun Jun 23 22:56:28 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?e5ao4A


> **Il veut “tuer” l’industrie militaire européenne et équiper les armées alliées en matériel américain.**

> **Les vendeurs d’armes français sont furieux contre Trump. Ils ont constaté que le président américain a monté « une machine de guerre [contre] la coopération structurée permanente » adoptée, à la fin de 2018, par le traité de Lisbonne, laquelle prévoit de favoriser « une action concertée » des Européens. Exemple : 17 programmes d’armements communs sont déjà lancés**, parmi lesquels un futur avion de combat (FCAS) et un futur char lourd — deux projets franco-allemands qui devraient être fabriqués en série dans une quinzaine d’années.

> En résumé, les industriels européens de l’armement font mine de découvrir le comportement impérialiste du méchant Trump. Cela dit, s’ils lui en font le reproche, ce n’est pas au nom d’une hypothétique moralisation des ventes d’armes — faut pas rêver ! — mais pour défendre leurs positions dans ce très juteux commerce. Les fabricants français, allemands, italiens et britanniques risquent en effet de ne plus peser lourd, bientôt, face à leurs rivaux américains.

> A Washington, Trump a mobilisé le Pentagone, le Département d’Etat, l’Office fédéral, chargé des exportations d’armes (DSCA), et **l’US European Command, qui, à Stuttgart, en Allemagne, surveille les projets européens concurrents. Une bonne dizaine de « clients » sont ciblés en priorité : Albanie, Bosnie, Croatie, Grèce, Macédoine du Nord, Slovaquie dans un premier temps, puis Hongrie, Pologne, République tchèque et les trois pays Baltes. Tous anciens membres du pacte de Varsovie, à une exception près, dont les arsenaux sont encore farcis de matériels soviétiques fort décatis**.

> Washington ecrase les prix

> Bien entendu, Trump n’a nullement l’intention d’en rester la. Comme le résument diplomates et militaires, **il veut tuer dans l’oeuf les rêves d’une « Défense européenne », d’une « Europe de la Défense » et d’une « base militaro-industrielle commune » de production d’armements**. Son « America first » va jusque-là… Selon lui, **les pays alliés de la Grande Amérique, les membres de l’Otan et ceux qui aspirent à le devenir doivent tous être équipés en quincaillerie militaire made in USA. Ce qui permettrait, selon les stratèges américains, de « standardiser les panoplies » des armées européennes en vue d’une défense du continent dans le cas d’une crise grave, et sous commandement U S, cela va sans dire**.

> S’agit-il de plans sur la comète ? Absolument pas. Le président américain a des amis ou des vassaux sur les cinq continents, et il peut tout se permettre. Le 29 mai, le Pentagone a fait savoir que **les Etats-Unis étaient prêts à fournir des armes, notamment aux pays de l’Est, à des prix imbattables (soutien logistique et formation des personnels compris). Selon les militaires français et leur service de renseignement, les « rabais » consentis peuvent aller jusqu’à 20 %**.

> Exemple d’un contrat plus que bradé : la vente à la Bulgarie de 8 avions de combat F-16, afin de remplacer ses Mig-29 soviétiques, très fatigués. Des missiles air-air (Sidewinder et Amraam), des bombes GBU-39 et 49 guidées par laser, et des pièces de rechange sont fournis avec les avions. Quant à la formation des pilotes et des techniciens d’armement, elle est aussi prévue dans ce contrat amical, dont le prix soldé s’élève à 1 milliard de dollars, au lieu de 1,6 milliard, le prix normal.

> **Les industriels américains concernés sont champions du monde dans cette catégorie. Entre 2009 et 2018, leur part du marché planétaire est passée de 30 % à 37 %**. L’année dernière a en effet été excellente : le montant des armes commandées par les armées US et de celles exportées est évalué au total à 230 milliards de dollars. Et, avec Trump, ce record sera battu l’an prochain.

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


Une recrue très industrieuse

Sun Jun 23 22:46:26 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?xqxLAA


**Une ex-lobbyiste comme directrice de cabinet du patron de l'ANSES**.

> Priée de préserver une totale indépendance vis-à-vis des lobbys, **l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)** vient d’opérer un choix éloquent ! Cet organisme, chargé d’évaluer la dangerosité des pesticides, des perturbateurs endocriniens ou des colorants alimentaires, **a engagé une directrice de la communication qui a travaillé quatorze années durant pour deux agences de com’ et de lobbying**. Avant son dernier poste à l’Unédic, cette recrue, Sophie Le Quellec, phosphorait pour **i&e et Burson-Marsteller, qui avaient pour clients Coca-Cola, findus, Danone, Total ou encore Bayer et Monsanto**…

> Placée à un poste clé de l’Anses, **Le Quellec dirigera aussi le cabinet du patron de l’Agence**. « C’est incroyable de recruter un profil pareil, au moment où on doit être exemplaire sur le glyphosate et sur d’autres produits, et n’alimenter aucun soupçon de conflit d’intérêts », s’étrangle un cadre interne. L’intéressée, elle, assure au « Canard » avoir « surtout travaillé [dans ses anciennes boîtes] pour des clients publics comme l’Agence de la biomédecine ».

> Mais pas que. Après une campagne anti-OGM et le démontage du McDo de Millau (1999), Sophie Le Quellec avait, par exemple, participé, au début des années 2000, à une opération de com’ commanditée par un consortium d’industriels — dont Monsanto — visant à redorer le blason des OGM… Un « atout », affirme-t-elle : « J’ai observé des points de vue très divers et je sais accueillir la complexité (sic) des sujets. »

> Une qualité indispensable pour faire une bonne analyse ou, comme on dit chez Monsanto, un bon roundup des situations…

Éternel débat… Les personnes qui ont bossé dans l'industrie sont les mieux à même d'en exposer les combines au régulateur… ou de le véroler. C'est l'effet miroir du pantouflage qui permet aux industriels de comprendre le fonctionnement des institutions… ou aux services de renseignement d'avoir des informateurs.

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


Ça balance pas mal à Bercy

Sun Jun 23 22:39:59 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?x7KHGA


Retour sur la rétribution des renseignements en place depuis 2 ans.

> Voilà un job qui peut rapporter gros… à l’Etat ! Selon un rapport parlementaire rendu public le 5 juin par la députée PS Christine Pirès Beaune, **les « aviseurs fiscaux » ont enrichi les caisses publiques de 95,9 millions d’euros en deux ans. Un montant certes modeste, comparé aux dizaines de milliards que représente la fraude fiscale**. Mais un début prometteur, tout de même… **Depuis 2017, en effet, des informateurs peuvent vendre leurs tuyaux aux impôts**.

> Avant de considérer les informations qui leur sont soumises, les agents de la Direction nationale d’enquêtes fiscales (DNEF) s’informent… sur les informateurs. Ils vérifient que ceux-ci ne travaillent pas pour des puissances étrangères et qu’ils ne sont pas en délicatesse avec leur percepteur. Il ne manquerait plus que le cafteur soit rétribué en devenant son propre délateur !

> Ç’a eu payé

> Ce dispositif rémunéré doit permettre de lutter plus efficacement contre les fraudes fiscales internationales : fausses domiciliations à l’étranger, transferts de bénéfices, non-déclarations de comptes bancaires ou de contrats d’assurance-vie souscrits à l’étranger… **La DNEF ne s’intéresse qu’aux fraudeurs haut de gamme !**

> Peu efficace, le système précèdent avait été abandonné en 2004. A l’époque, les dirigeants politiques se bouchaient le nez à l’idée de rétribuer des mouchards. Trois ans plus tard, la Direction des impôts suppliait la Grande-Bretagne et l’Allemagne de lui transmettre un listing de contribuables français ayant ouvert des comptes au Liechtenstein. Humiliant… La fuite des Panama Papers, en 2016, a convaincu les parlementaires d’offrir un cadre légal aux aviseurs fiscaux. **Il y a belle lurette que les services de police, de gendarmerie et de douane rétribuent les renseignements. Dans une certaine opacité, d’ailleurs…**

> Petite déconvenue pour les chasseurs de prime fiscale : le 10 mai 2017, juste avant de quitter le pouvoir, Michel Sapin, alors ministre de l’Economie et des finances, et son collègue du Budget, Christian Eckert, ont signé en catimini **une circulaire « confidentielle » limitant leurs récompenses à 1 million d’euros**. « Nous ne souhaitions pas tomber dans le travers des Américains, qui paient des sommes extravagantes, souligne Michel Sapin, contacté par “Le Canard”. **Nous voulions récompenser l’intérêt de mettre au jour des montages fiscaux méconnus de nos services** plus que l’intérêt financier des informateurs. »

> **Les députés de la commission des finances souhaitent pourtant, dans leur majorité, revenir sur ce plafond, jugé « désincitatif »** (sic). **L’informateur ayant permis le plus gros recouvrement — 91,2 millions d’euros !** — « n’a livré qu’une partie des dossiers d’évasion fiscale dont il avait connaissance », regrette Christine Pirès Beaune. Il compte fractionner ses renseignements ? Avisé, cet aviseur !

Hum… Pour l'instant, il n'y a pas eu la vague de mouchards redoutée à une époque : 95,9 millions d'euros de recettes, dont un recouvrement de 91,2 millions d'euros, ce qui laisse 4,7 millions d'euros pour d'autres avisés, qui, puisque ce dispositif prétend s'intéresser aux gros poissons, ne doivent pas être nombreux.

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


La courte échelle de Jacob

Sun Jun 23 22:29:57 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?eohk-A


**L'UMP a toujours prôné la méritocratie. On pourrait s'attendre à ce que leur chef décroche son poste au mérite. Hé bah non**, ils vont probablement le choisir, par défaut, parce qu'il ne mouftera pas et n'empiétera pas sur la petite carrière des autres. Faites ce que je dis, pas ce que je fais ?

> C’est donc, selon toute vraisemblance Christian Jacob l’actuel président du groupe parlementaire qui, comme candidat unique, héritera à la rentrée du poste de président de LR. Un choix révélateur du complet désarroi qui règne dans le parti après la démission de Laurent Wauquiez et la déroute aux européennes.

> **Nicolas Sarkozy lui-même et la plupart des petits chefs, dont François Baroin, poussent la candidature du député de Provins qui offre une garantie a toute épreuve : Jacob ne fera de l(ombre à personne et ne sera pas candidat à l’Elysée**.

> **A cet immense mérite s'ajoute celui, unanimement reconnu d’être loyal. Ces qualités gomment aux yeux de beaucoup, l’image pas très moderne qu’il renvoie et un esprit pas toujours fulgurant**.

> Gérard Larcher. le président du Sénat appuie lui aussi la candidature de Jacob pour les raisons indiquées plus haut et juge de toute façon la situation désespérée.

> « Est-ce que le truc (LR) est encore sauvable ? s’est-il interrogé, la semaine dernière. Une chose est certaine : si, par accident, on se retrouvait avec Guillaume Peltier ou une Morano à la tête du parti, ce serait une vraie débandade des grands élus. Dans l’immédiat, il faut sauver ce qu’on peut des municipalités. »

> Le sauveur a un nom : Jacob. Qui l’eût cru ?

Dans le Canard enchaîné du 12 juin 2019.


Véganisme - Groland Le Zapoï du 22/06 - myCANAL

Sun Jun 23 21:11:23 2019 -
https://www.mycanal.fr/divertissement/veganisme-groland-le-zapoi-du-22-06/p/1541734


> ‒ Amis végans saviez-vous qu'une bite, c'est avant tout de la viande ?! T'es veganiste, alors tu suces du maïs. C'était un communiqué du ministère de l'homme qu'aimerait bien remanger normalement.

:D

Pour les personnes qui ne veulent pas se farder les DRM sur le site MyCanal ni avoir de compte Youtube, je mets à disposition [une copie de cette vidéo](/data/uploads/2019/06/Groland_2019-06-22_-_Veganisme.mp4).


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GuiGui's Show - Wednesday 19 June 2019 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190619 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190619 Wed, 19 Jun 2019 00:00:00 +0200 Ce qui n'était pas monitoré | CommitStrip Wed Jun 19 00:04:29 2019 -
https://www.commitstrip.com/fr/2019/05/20/monitoring-everything/


> ‒ Et voilà, encore une fois, tous nos services sont DOWN ! Et pourtant, c'est pas faute de tout monitorer ! Je passe ma futain de vie à monitorer ! Je monitore les serveurs, les containers, les workers, les repos… les APIs, les logs, l'intégration continue, l'espace disque… TOUT est monitoré. Mais il y a un truc que j'ai oublié de monitorer, et c'est le seul truc qui compte en fait… J'ai oublié de monitorer la date d'expiration de la CB… Pfff…

**C'est toujours comme ça**… Tu peux mettre en œuvre tous les outils techniques que tu veux, disposer des personnes les plus compétentes et rigoureuses, **y'aura toujours un trou dans la raquette, une erreur humaine**, etc. **La panne viendra toujours de là où on ne l'attend pas** : coucou le test incendie avec les pompiers qui exigent une coupure totale de l'électricité dans le bâtiment (choisi au hasard… parfois ça tombe bien… et parfois mal…), y compris les onduleurs, sans prévenir (afin d'envisager un arrêt propre des serveurs). Je pense que **la supervision, c'est comme les [sauvegardes](/?yqdPxA), l'automatisation et le chiffrage du réel (indicateurs) : il faut savoir rationaliser et s'arrêter avant de devenir fou (à force de chiffrer le réel, on oublie le concret, l'humain, etc.) et de dépenser des ressources disproportionnées pour un objectif inatteignale. Il faut accepter notre défaillance d'humains**. **Un service numérique qui cesse de fonctionner, ce n'est pas grave… On devrait cesser d'habituer nos utilisateurs au mythe du 0 panne**. C'est pas grave, tu feras ce que t'avais prévu un peu plus tard… Va péter un coup, baiser, fumer un joint, picoler, regarder une série, lire ou réaliser toute autre activité qui te met bien et tu reprendras ton activité numérique plus tard, ça ne sert à rien d'être aigri devant un service numérique temporairement en panne… Une panne d'un service numérique est insignifiante à l'échelle d'une vie, d'une temporalité, du vivant, de la planète, de l'univers… **Ça sert à rien d'être dans la sur-réaction à une panne informatique… Je trouve que notre époque perd un temps fou à vouloir tout prévoir, à vouloir vivre sans aspérités. Nous nous pourrissons la vie pour rien**…


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GuiGui's Show - Tuesday 18 June 2019 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190618 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190618 Tue, 18 Jun 2019 00:00:00 +0200 En conditions réelles | CommitStrip Tue Jun 18 23:48:05 2019 -
https://www.commitstrip.com/fr/2019/06/12/in-emergency-conditions/


> ‒ On m'a dit que tout était down !
> ‒ Oui… Un exercice de sécurité était prévu ce matin… Ils voulaient tester notre système de recovering et de backup en conditions réelles.
> ‒ En conditions vraiment réelles ?
> ‒ Oui, vraiment réelles…
> ‒ Ça veut dire qu'ils ont rollback sur une backup corrompue et qu'ils ne savent pas comment remettre tout ça up ?
> ‒ C'est ça… En conditions réelles…

Gros +1. **C'est toujours comme ça**… Tu peux mettre en œuvre tous les outils techniques que tu veux, toutes les procédures que tu veux, disposer des personnes les plus compétentes, tester tout ça autant de fois que tu veux, ça ne fonctionnera pas le jour où ça sera indispensable. Y'aura toujours un trou dans la raquette, une erreur humaine, une emmerde… Le jour J, tu te retrouves à sauver la face avec 3 bouts de ficelle, 3 punaises et un tube de colle. **En informatique, comme dans d'autres secteurs, il faut savoir faire le deuil d'une quelconque maîtrise. La perte de données fait partie du jeu. On peut la limiter, mais pas l'empêcher. Ce combat est vain, ça finit en asymptote** : des efforts démesurés pour une réduction très très faible du risque, tout ça pour des données finalement pas si importantes que cela quand on y réfléchit et que l'on prend de la hauteur (vie humaine, époque, vivant, planète, univers, etc.). **C'est l'une des choses que l'on n'apprend pas aux usagers et encore moins aux diplômés en informatique : savoir lâcher prise, avouer que rien est parfait et que nous n'avons qu'une maîtrise extrêmement limitée… et que tout cela n'est pas grave**.


Un peu, qu'on y allait ! | CommitStrip

Tue Jun 18 23:30:05 2019 -
https://www.commitstrip.com/fr/2019/05/14/you-couldnt-even-imagine/


> ‒ Papi, y a un copain qui m'a dit qu'il y a longtemps, on pouvait aller en cachette sur Internet !
> ‒ Hhé, oui c'est vrai… Au début, c'était le far west… Des sites sortaient de nulle part, on ne savait pas qui écrivait, qui commentait… On bricolait des pages web librement, sans déclaration ni contrôle… C'était un joyeux bordel anonyme !
> ‒ Ah bon ?! Mais c'est n'importe quoi ! Ça devait être super dangereux ! Et pourtant, vous y alliez quand même, sur Internet ?
> ‒ Ha ça, mon enfant… Un peu qu'on y allait…

**Une voiture peut être dangereuse, une partie de jambes en l'air aussi** (coucou, les IST), ainsi qu'un vélo, un feu, un compas, une brique, les relations humaines (qui peuvent être toxiques), etc. **Tout peut être dangereux. Ce qui compte, c'est la bonne évaluation (et pas interprétation) du danger, de sa probabilité d'apparition et de développer des contre-mesures adaptées**. Et c'est précisément cette analyse de fond qu'il manque de la part de nos politiciens dans le prétendu débat sur la prétendue lutte contre la haine prétendument en ligne et la remise en question du pseudonymat (l'anonymat, sur Internet comme dans la rue, c'est difficilement atteignable).

**L'anonymat et le danger sont naturels ! Ce sont deux états par défaut ! Quand on se voit pour la première fois dans la rue, je suis anonyme** à tes yeux et je peux être dangereux pour toi / tes intérêts. **Si l'on brise la glace ou qu'un intermédiaire fait les présentations, je ne suis plus un anonyme… mais je ne suis pas pour autant moins dangereux pour toi / tes intérêts** (on pensera aux homicides et aux viols, qui sont majoritairement commis par des gens connus de la victime).

Je copie [ce que j'ai écrit il y a quelques mois](/?ibTDzg) :
> **L'anonymat, […], est la manière normale d'établir des liens sociaux**. On se connaît AFK depuis X temps. Avant, tu ignorais mon existence. **Pourtant, je n'étais même pas un anonyme à tes yeux que je pouvais déjà te nuire !** Puis on s'est rencontré. J'étais un anonyme. Je t'ai dit que je me prénomme Y et tu m'as crû sans même me demander un document d'identité. **T'ai-je donné mon vrai prénom, au moins ?! Je suis devenu un pseudonyme**. À ce nom-là, tu as associé une description physique, des compétences, des défauts, des qualités, des souvenirs, des sentiments, des propos qui t'ont marqué positivement ou négativement, etc. **C'est tout ça que tu nommes Y. Ça change quoi que Y ait pour valeur « grosloulou42 » ? Ça reste le même paquetage de concepts, je reste la même personne**. Ça change quoi que nous ayons fait connaissance via un intermédiaire (l'air AFK) ou via d'autres intermédiaires (des ordinateurs, un réseau de communication, etc.) ? Tu as obtenu une description physique, le reste est inchangé. **Tu noteras que ce pseudonymat AFK ne m'a pas empêché de tenir des propos qui t'ont interloqué / blessé à propos de Z**.


Yucule - Groland Le Zapoï du 01/06 - CANAL+ - YouTube

Tue Jun 18 20:58:44 2019 -
https://www.youtube.com/watch?v=p7dd8urAcmQ

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Ha bah voilà ! Enfin une application encore plus directe et précise que Tinder !


Arnaques einceintes connectées - Groland Le Zapoï du 01/06 - CANAL+ - YouTube

Tue Jun 18 20:47:43 2019 -
https://www.youtube.com/watch?v=LEZm9ZvKerU

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Haha :D Rien d'original ("Gronazone vous espionne olala") mais j'adore quand les acteurs vont jusqu'au bout de l'incompréhension technologie et du ridicule à partir de 1 m 15.

Pour les personnes qui ne veulent pas se farder les DRM sur le site MyCanal ni avoir de compte Youtube, je mets une [copie de cette vidéo à disposition](/data/uploads/2019/06/Groland_2019-06-01_-_Arnaques_einceintes_connectees.mp4).


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GuiGui's Show - Sunday 16 June 2019 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190616 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190616 Sun, 16 Jun 2019 00:00:00 +0200 Prise en charge de HTTPS par un uwsgi installé avec pip sur un système GNU/Linux Debian Sun Jun 16 23:39:04 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?pOJd1A


Pour activer la prise en charge de HTTPS dans un `uwsgi` (un serveur d'applications qui cause WSGI, un protocole pour transférer des requêtes HTTP à des applications web Python, [plus d'infos ici](https://www.sysnove.fr/blog/2014/01/deployer-application-web-python-nginx-uwsgi.html)) installé avec `pip` sur un système GNU/Linux Debian Stretch :
  * **Installer les entêtes de la bibliothèque OpenSSL** `sudo apt-get install libssl-dev` ;
<br />
  * **Réinstaller et recompiler uwsgi **(oui, c'est voulu de l'installer au niveau du système et non d'un eu dans une architecture déjà conçue et nvironnement, c'est la doc' du logiciel final, celui qui se repose sur uwsgi, qui le demande) : `sudo pip3 install uwsgi --ignore-installed --no-cache-dir` (`--no-cache-dir` permet de ne pas utiliser le wheel - lire ci-dessous - construit lors d'un précédent `pip install`, distribution python dans laquelle HTTPS n'est pas activé par l'absence des entêtes de la libssl) ;
<br />
  * **Changer la configuration de uwsgi en ajoutant les lignes suivantes. Le « =0 » désigne la première socket créée** (dans mon cas, celle partagée, celle qui écoute sur le port tcp/8443 de l'IP 127.0.0.1), « =1 » la deuxième, etc. Apparemment, les sockets WSGI (non-HTTP) crées avec la directive de configuration « socket » n'entre pas dans ce compte.

        shared-socket = 127.0.0.1:8443
        https = =0,/chemin/vers/le/certificat/x509.crt,/chemin/vers/la/clé/privée_associee.key
<br />
  * On remplace « http:// » par « https:// » dans la configuration de notre proxy Apache httpd frontal. Exemple :

        SSLProxyEngine on
        ProxyPass "/" "https://127.0.0.1:8443/";
        ProxyPassReverse "/" "https://127.0.0.1:8443/";

**Le même certificat x509 est utilisé par le serveur proxy Apache httpd et par uwsgi. Je m'étonnais de ne pas avoir eu à désactiver la vérification du nom d'hôte dans le certificat x509 dans le cadre de la communication entre Apache httpd et uwsgi** (« SSLProxyCheckPeerName off »). Mais la [doc' d'Apache httpd est limpide à ce sujet](https://httpd.apache.org/docs/2.4/fr/mod/mod_ssl.html#sslproxycheckpeername) : **ce n'est pas l'URI qui est donnée en argument de « ProxyPass » qui est comparée avec les noms présents dans le certificat x509 présenté par uwsgi, mais l'URI demandée par le client web final au serveur Apache httpd**.

Ne me demandez pas pourquoi je n'utilise pas la fonctionnalité proxy uwsgi d'Apache httpd : je suis intervenu sur une architecture déjà conçue et mise en œuvre uniquement pour activer HTTPS entre le proxy Apache httpd et uwsgi. Dit autrement : le proxy http était activé avant que j'arrive.


<br />
### Python, pip, les distributions et les extensions C/C++

J'ai appris que `pip` permet de distribuer et d'installer des distributions sources (fichiers et métadonnées, nécessitant une construction avant installation), des distributions compilées (un paquet qui contient les fichiers sources Python ou du bytecode et les métadonnées qu'il suffit de déplacer aux bons endroits pour que l'installation soit terminée) et des distributions binaires (une distribution compilée mais avec du code Python lié à des librairies C/C++). **Par défaut, `pip` récupère, dans le dépôt, une distribution compilée si elle existe**.

**uwsgi est une distribution binaire : du code Python est lié à une librairie C**. `pip` télécharge une distribution source (car [il y a uniquement cela dans le dépôt](https://pypi.org/project/uWSGI/#files)), la construit, puis construit une distribution compilée (un wheel) avant d'installer ce wheel. **Le code C est re-compilé dès que le fichier wheel est absent** (ou que le paramètre `no-cache-dir` est utilisé ;) ). **C'est donc ça qui permet d'activer la prise en charge de HTTPS dans uwsgi en installant les entêtes C de la librairie OpenSSL puis de générant à nouveau le wheel Python, car cela recompile le code C de uwsgi en sous-main**. Tout s'explique.


Les médecins dépassent, la sécu trépasse

Sun Jun 16 21:04:05 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?xPiOKg


> **Pour limiter les dépassements d’honoraires des médecins qui ont explosé ces dernières années, la ministre distribue des primes en veux-tu en voilà. Est-ce efficace au moins ?**

> La ministre de la Santé Agnès Buzyn a « en horreur les dépassements d’honoraires ». Elle le confiait à Libération dès 2011. **Pourtant dans son grand projet de loi Ma santé 2022, en cours d’examen au Parlement, pas l’ombre d’une proposition sur le sujet**. Est-ce à dire que depuis ce portrait, les médecins respectent tous scrupuleusement les tarifs de consultation “Sécu” ? Au contraire. Depuis l’instauration de la liberté tarifaire en 1980, les dépassements d‘honoraires battent des records chaque année.

> **En 2012, leur taux moyen avoisine les 55 % en plus du tarif Sécu pour un montant total annuel de plus de 2 milliards d’euros. Dans certaines spécialités, ce taux atteint même 80 %**. Parmi les champions, psychiatres, gynécologues, stomatologues et pédiatres. Deux options se présentent aux patients : raquer ou se priver de soins. Lorsque l’ex-ministre de la Santé Marisol Touraine finit par réagir **en 2015**, le mal est fait : un quart des Français renoncent à consulter un spécialiste. Un tiers, à faire soigner leurs dents. La même année, **le contrat d’accès aux soins (Cas) est mis en place pour tenter de réguler les tarifs. En échange de la prise en charge d’une partie de leurs cotisations sociales par l’Assurance maladie, les praticiens s’engagent à limiter leurs dépassements**.

> Bilan : **pour la seule année 2015, le Cas a coûté 183 millions d’euros et permis d’éviter seulement 18 millions d’euros de dépassements chez les médecins adhérents, déplore la Cour des comptes dans un rapport**. Pour 1 euro de dépassement évité, la Sécu débourse donc 10 euros !

> **Un nouveau dispositif prend le relais en 2017. Celui-ci s’appelle Optam, pour option pratique tarifaire maîtrisée, et Optam-CO, pour les chirurgiens et les obstétriciens**. Il se veut plus « souple et plus incitatif ». **Les praticiens s’y engagent pour un an et non plus trois. S’ils limitent un peu leurs dépassements et augmentent un peu le nombre de leurs consultations au tarif Sécu, les médecins reçoivent une prime**. D’après un document interne de l’Assurance maladie, **à la fin de l’année 2017, 7 880 médecins se sont partagé 46,9 millions d’euros de prime Optam. Soit 600 euros par tête**. A ce montant, partiel, il faudrait ajouter les primes Optam-CO. L’Assurance maladie assure ne pas être en mesure de nous communiquer ces chiffres, mais souligne un bilan positif : **la moitié des médecins éligibles ont adhéré (contre 50 % pour le Cas) et 75 % ont tenu leurs engagements. Le taux moyen de dépassements diminue**.

> Ça, ce sont les chiffres lorsque l’on préfère voir le verre — ou plutôt, le trou de la Sécu, à moitié plein. Pourtant, **en 2017, le montant total des dépassements a encore battu un record pour atteindre 5,5 milliards d‘euros** d’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Soit près de 100 millions de plus qu’en 2016. Car **si les médecins dépassent en moyenne un peu moins, ils sont aussi de plus en plus nombreux à le faire. 63 % des nouveaux spécialistes s’installent désormais en secteur 2. En Ile-de-France, autour de Dijon ou encore en Alsace, trouver un spécialiste conventionné au tarif Sécu est devenu mission impossible. « Les tarifs Sécu sont trop faibles. Nos loyers et nos assurances sont trop chères »**, se justifient les syndicats de médecins libéraux. « Les médecins dépasseurs se laissent envahir par l’appât du gain. Moi, j’ai fini ma carrière avec 4500 € par mois avant impôts, ce qui me semble confortable », riposte le Dr Bernard Coadou. Ce généraliste retraité a lancé une pétition pour interdire les dépassements.

> Malgré la généralisation, le reste à charge, c’est-à-dire **ce qu’il reste au patient à payer de sa poche après remboursement de l’Assurance maladie et de sa mutuelle, est stable. « Il faut se méfier des moyennes. Elles cachent des inégalités qui ont au contraire tendance à s’aggraver »**, précise Féreuze Aziza, de France Assos Santé, qui défend les droits des patients. « L’accès aux soins est de plus en plus conditionné au fait d’être couvert par une mutuelle. » Or, entre 5 % et 10 % des patients ne sont pas assurés. D’après une récente enquête de la Fédération nationale indépendante des mutuelles, ce seraient même jusqu’à 20 % des ménages modestes et un tiers des étudiants qui s’en priveraient. Un chiffre en rapide augmentation, coïncidant avec une explosion des tarifs des organismes complémentaires, dénoncée notamment par UFC-Que choisir : 47 % d’inflation en dix ans contre 14 % pour l’économie générale. Les personnes âgées, les chômeurs et les indépendants sont les premiers impactés. En marche, vers un système de santé à deux vitesses !

Dans le Siné Mensuel de mai 2019.


Cinéma : patrimoine à bout de souffle

Sun Jun 16 20:52:05 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?6aLIxw


> **Le montant de l’aide à la restauration et à la numérisation des films classiques a été réduit de manière drastique au point de menacer la sauvegarde du patrimoine cinématographique français.**

> Alors que les promesses de dons pour reconstruire Notre-Dame de Paris alimentent le débat, l’idée de largement abandonner au mécénat privé la préservation du patrimoine cinématographique devrait pour le moins, cette fois, susciter l’indignation.

> En janvier, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) annonçait la réduction drastique de ses aides à la restauration et à la numérisation des films de patrimoine — que l’on appelle aussi de catalogue, de répertoire ou classiques.

> En 2009, Sarkozy avait décidé que 750 millions d’euros seraient alloués à la numérisation des biens culturels dans le cadre du grand emprunt. Plusieurs dizaines d’institutions nationales allaient se répartir ce jackpot, dont le CNC.

> **Un premier plan triennal, puis un deuxième, distribuèrent ainsi, au terme de commissions régulières, une aide sélective qui permit, entre 2012 et fin 2018, de restaurer et de numériser 1 123 films**.

> Contrairement aux subventions ponctionnées sur le budget de la culture, **les aides accordées par le CNC proviennent de taxes. La première correspond à 10,7 % du prix de chaque ticket de cinéma vendu. Les chaînes de télévision sont également assujetties à une taxe** depuis 1986, la vidéo depuis 1995, la VOD depuis 2005, Internet depuis 2007, et le câble, le satellite et les opérateurs de téléphonie mobile depuis 2008.

> Depuis 2013, **le montant de ces recettes est relativement stable, autour de 670 millions d’euros par an**. En dépit de cette manne, et d’un opulent trésor de guerre d’environ 700 millions d’euros, **le CNC a pensé que sa réforme, fondée désormais sur un important recours au mécénat, passerait auprès des détenteurs de catalogues de films**.

> **Avec l’aval des technocrates de Bercy, le CNC entend créer une nouvelle niche fiscale permettant aux entreprises et aux particuliers de défiscaliser. Un dispositif baptisé « Adopte un film ! »** Quelle inspiration !

> Le 24 janvier dernier, Gaumont, Pathé, SNC/SND (groupe M6), Studiocanal (groupe Canal+), TF1 Studio (groupe TF1), la Société cinématographique Lyre et les films du Jeudi ont annoncé la création du Syndicat des catalogues de films de patrimoine.

> Il était peu probable que les mastodontes du secteur acceptent, sans réagir, de voir les aides, qui étaient de 9 millions d’euros en 2018, tomber à 2,8 millions par an jusqu’en 2021. D’autant que les différentes exploitations de ces films restaurés alimentent elles-mêmes les caisses du CNC.

> On imagine mal Gaumont, Pathé ou TF1 Studio convaincre de leurs besoins en matière de mécénat. Mais **on n’imagine pas plus LVMH, Kering ou L’Oréal soutenir les choix éditoriaux de sociétés aussi remarquables que Carlotta, Le Chat qui fume ou The Ecstasy of films**.

> Quoi qu’il advienne, les réformes du CNC risquent d’entraîner de lourdes conséquences pour tous les acteurs de la filière, des détenteurs de droits aux exploitants de salles, en passant par les laboratoires, les distributeurs de films ou les éditeurs de DVD et Blu-ray.

> À moins d’un sursaut, des pans entiers de notre patrimoine cinématographique s’avèrent donc plus que jamais en péril.

Dans le Siné Mensuel de mai 2019.


Union européenne : et si l'Allemagne quittait l'euro ?

Sun Jun 16 20:44:49 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?gWlebw


> La crise européenne qui s’amplifie, due aux divergences entre les pays du Nord et ceux du Sud, pourrait conduire l’Europe vers un nouveau scénario : la sortie de l’Allemagne de la zone euro.

> **Difficile aujourd’hui d’évoquer une sortie de l’euro sans être catalogue extrémiste démagogue ou crétin irresponsable. Même en italie, la coalition populiste violemment anti-euro pendant la campagne s’est empressée d’écarter cette perspective dantesque sitôt arrivée au pouvoir. Un retour à la lire, forcément dévaluée, aurait fait exploser une dette publique libellée en euros qui culmine déjà à plus de 130 % du PIB**… Alors exit l’exit ! Pourtant, le scénario d’une implosion de la zone euro n’est plus si irréaliste aujourd’hui. Depuis la crise de la dette publique de 2010, deux pôles antagonistes se sont nettement reformés. En gros, **un modèle allemand au nord et en Europe centrale axé sur les exportations - donc sur la maîtrise des coûts salariaux. Au sud, France comprise, des pays à plus faible croissance plutôt centrés sur la demande intérieure — donc sur le soutien du pouvoir d’achat**.

> Cette réalité n’est pas nouvelle. Mais, **jusqu’à présent, régnait le mythe d’une convergence possible des pays dépensiers et laxistes (Sud) vers le modèle germanique, vertueux et économe**. Alors, cahin-caha, **pendant près de trente ans, les pays du Sud ont ramé à contre-courant de leurs penchants naturels**. Or non seulement ce Graal n’a pas été atteint mais, pire encore, les deux pôles divergent depuis dix ans ! C’est le cocktail explosif de l’eurozone, clivée entre **deux logiques de croissance rivales, avec excédents et maîtrise de la dette publique au nord, déficits et dérive de la dette au sud**. Et… une monnaie commune ! Le mélange est aberrant et **les intérêts contradictoires des deux pôles bloquent toute réforme de fond !**

> **Il suffit que les pays du Sud assainissent leurs finances publiques. CQFD ! Sauf que depuis trente ans, ils n’y parviennent pas !** En partie à cause de leur côté dépensier. Mais surtout parce que **les excédents budgétaires des donneurs de leçons — Pays-Bas et Luxembourg en tête - sont abondés par le siphonnage des recettes fiscales des pays déficitaires !** Et si jamais ces derniers s‘avisent de réduire leur taux d’imposition pour limiter l’hémorragie, les premiers répliquent en abaissant les leurs parce que la captation fiscale est l’un des piliers de leur « croissance vertueuse » !

> Du coup, la combinaison institutionnelle résolument non-coopérative de l’eurozone et de l’Union européenne est une impasse ! Le Sud y est paralysé parce qu’une sortie de l’euro se heurte au mur de la dette publique. Mais pas le pôle allemand ! Or, s’il était jusqu’à présent inenvisageabie qu’il quitte l’euro, la déliquescence politique  de l’Europe couplée à la guerre commerciale que livrent les États-Unis pourrait changer la donne. Plus encore, si l’option d’un Dexit monétaire n’a encore été formulée que par l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), elle n’est pourtant plus complètement utopique. D’autant que les conservateurs allemands sont vent debout contre la politique monétaire permissive menée par la BCE et s’alarment des conséquences de la crise de la dette qui se profile. Si ce contexte se confirme, il n’est pas exclu que l’Allemagne se décide à former une deutsche-zone monétaire recentrée sur un pôle régional homogène. Les pays du Sud conserveraient alors l’euro, une dette publique problématique mais libellée dans leur propre monnaie, et bénéficieraient dans leurs échanges commerciaux de sa dépréciation face à la nouvelle devise du Nord. Qu’elle soit souhaitable ou non, cette voie pourrait être la condition de survie d’une Union européenne aujourd’hui paralysée par des divergences à la fois irréductibles et insoutenables.

Je pense plutôt que la sortie de l'Allemagne de l'euro ferait perdre la majorité de la confiance accordée à cette monnaie, ce qui la dévaluera, plombera les importations des pays du sud de l'UE (et comme la France importe son énergie et les babioles de Chine…), et, in fine, plombera les économies de ces pays.

J'ai avant tout sélectionné cet article pour le diagnostic intéressant qu'il pose.

Dans le Siné Mensuel de mai 2019.


Union européenne : une belle idée détricotée

Sun Jun 16 20:32:47 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?8tyBSw


> Il y a certes beaucoup de raisons d’être eurosceptique. Mais le démantèlement de l’Union européenne livrerait chacun des pays qur la composent au chaos.

> Depuis juin 2016, le feuilleton du Brexit est plus dévastateur pour la démocratie qu’il n’y paraît. Plus qu’un caprice insulaire des Britanniques, il pose la question d’être ou ne pas être européen. L’« effet Brexit » alimente la démagogie des populistes européens. ***On ne détaillera pas ici la liste des raisons objectives d’être euroscetique, à cause de la non-régulation de la globalisation des échanges, de la mise au crédit des technocrates européens les échecs de politiciens nationaux, et de l’abandon de l’ambition fédérale**.

On peut ajouter à la liste : l'**absence d'une politique commune** au sens noble du terme (vie de la cité) et la **faible qualité de la démocratie européenne** (déroulement du processus législatif, puissance des lobby, renégociation impossible des traités fondateurs car elle nécessite une unanimité, etc.).

<br />
> **L’Europe s’est construite sur un appétit de paix et de prospérité économique**. La paix est acquise mais toujours fragile dès l’instant que l’on attise les feux de la haine de l’Autre. **La prospérité, l’UE y a répondu avec la philosophie du bien-être qui relève du cache-sexe néocapitaliste. Elle repose sur l’élévation du niveau de vie, la sérialisatîon des individus via leurs envies consuméristes. Chacun chez soi à compter ses fins de mois et à rêver de son petit accès aux biens de ce monde**. Une soumission douce à l’ordre du marché.

> **L’Europe est née d’une volonté politique au cœur de la guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique. L’Europe a joué alors un rôle de désescalade idéologique et guerrière tout en devenant une puissance économique internationale**. La chute du Mur a Changé la donne en ouvrant la planète aux financiers et aux multinationales, sans contre-pouvoir politique à cette échelle. **Handicapée par sa faiblesse politique, l’Europe a été incapable de penser la situation nouvelle. La voie était libre pour l’expansion vorace de la financiarisation du monde et la montée en puissance des entreprises transnationales**. On connaît la suite et les bonnes raisons de se révolter qui en découlent. L’austérité pour la majorité, les profits grandissants pour une minorité accouchent de replis identitaires nationaux ou communautafistes. **Sous la pression populiste, la Commission européenne veut rétrocéder des responsabilités aux gouvernements nationaux et repousse sine die un scrutin transnational. Un détricotage du projet européen**. L’Allemagne profite du tangage pour pousser son avantage en réclamant pour l’Europe le siège de la France au Conseil de sécurité de l’Onu. Enfin, le Brexit, en soustrayant soixante-treize députés, modifie les équilibres politiques.

> Pour autant, doit-on tourner le dos à l’Europe ? Trente ans après la chute du Mur, **la recomposition géopolitique du monde oblige à repenser la place de l’Europe**. Aujourd’hui, **les États-Unis de Trump et la Russie de Poutine ont tout intérêt à voir l’UE s’effondrer. Côté américain pour prendre des marchés et contenir l’essor chinois, côté russe pour reprendre de l’influence sur l’Europe de l’Est. Les pays émergents** — Chine, Brésil, Inde, Russie, Afrique du Sud, Mexique, Indonésie, Turquie — **veulent prendre leur part des marchés**. On peut objecter n’avoir n‘en a faire de la bagarre entre capitalistes, certes, mais la politique n’est jamais loin de l’économie. La politique, c’est même fait pour encadrer l’économie, et non pour lui servir la soupe. **L’UE — 500 millions de consommateurs — a plus de poids pour réguler les échanges internationaux qu’un de ses membres. D’autant plus de poids si ces consommateurs sont des citoyens actifs pesant à Bruxelles par le vote et les mouvements sociaux. Les combats fondamentaux — droits de l’être humain, lutte climatique, protection de la biodiversité, gestion des migrants — se jouent au niveau européen** [ NDLR : voire mondial ]. Le risque réel d’un démantèlement de l’Europe sous la poussée nationaliste ou populiste livrerait chacun des pays qui la compose au chaos des ambitions des nouveaux marchands de lendemains qui chantent. Alors, oui, l’UE est un sacré merdier mais le moins pire à condition de s’en mêler en votant pour des europhiles. Au bal des candidats, le choix est difficile.

Dans le Siné Mensuel de mai 2019.


« La mondialisation du populisme, voilà le vrai danger ! »

Sun Jun 16 20:30:04 2019 -
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> Qu’est-ce qui caractérise le populisme ? Quelles sont ses origines et les raisons de son retour actuel ? Bertrand Badie, professeur à Sciences-Po Paris, et Dominique Vidal, journaliste, qui ont dirigé *Le retour des populismes* (La Découverte, 2018) ont répondu à nos questions.

> **On entend souvent parler de populisme, mais comment le dend conscience que l’homme blanc néfinir ?
> Bertrand Badie : **Il n’y a pas d’idéologie populiste, de régime populiste, de système populiste, pas même de doctrine, ni de politique publique populiste. Il y a des situations populistes, quand surgit une forte crise de défiance des gouvernés à l’égard de leurs institutions. Quand le peuple les juge incapables de le protéger contre une menace plus ou moins fantasmée**, qui va donner libre cours à ceux qui attisent cette peur, cette défiance, pour en faire une arme électorale et arriver au pouvoir.
>
> Dominique Vidal : **Le populisme, ce sont surtout des pratiques, des discours que l’on retrouve désormais d’un bout à l’autre de la planète** : Trump, Netanyahou, Orban, Kaczynski, Modi, Bolsonaro… Tous présentent des caractéristiques spécifiques, mais aussi des points communs. D’abord **le culte du chef** — un certain nombre de mouvements populistes portent même le nom de leur leader : « péronisme », « nassérisme », etc. Ensuite la **volonté de dépasser le clivage droite-gauche**. Troisième aspect commun : **le mépris de la démocratie représentative, présentée comme un instrument des élites contre le peuple**. Dernière caractéristique : **le refus des institutions supranationales et le repli sur l’État-nation**.
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> **Vous avez titré l’introduction de votre livre « L’éternel retour ». Sommes-nous face à un mouvement récurrent ?**
> B. B. : **Le populisme naît et disparaît depuis la fin du XIXe siècle, depuis que les peuples ont quelque chose à dire et y sont autorisés**. Nous distinguons quatre vagues de populisme. **Le moment fondateur, à la fin du XIXe siècle, touche des pays très différents : la Russie, les États-Unis, et la France** à travers le boulangisme. À chaque fois, on retrouve des facteurs communs. **La Russie est alors une société rurale qui commence à être bousculée par une forte occidentalisation qui menace la vieille tradition slavophile**, les sociétés paysannes traditionnelles. Au même moment, à l’autre bout du monde, **aux États-Unis, la paysannerie jusque-là dominante dans la société américaine est secouée par un capitalisme bancaire** qui se met en place sur la cote est des États-Unis, projette de restructurer le pays, construit des chemins de fer, de nouveaux sites urbains, annexe des terres. La société rurale américaine se crispe, le premier parti populiste du monde, le People’s Party, est créé. Son candidat à l’élection présidentielle, en 1896, a failli être élu. **La deuxième vague naît pendant l’entre-deux-guerres, en Allemagne, en Italie, en Europe centrale. Une troisième vague va se développer, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, dans des sociétés récemment décolonisées**. On y découvre des figures emblématiques, différentes de celles déjà vues dans les précédentes vagues : Nasser en Égypte, Nehru en Inde, Sukarno en Indonésie… Toute une série d’acteurs qui vont s’appuyer sur le peuple, pour **dénoncer une hégémonie post-coloniale qui continue à s’affirmer malgré une décolonisation formelle**. La quatrième vague, c’est aujourd’hui.
>
> […]
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> **La peur est donc le moteur du populisme…
> B. B. : **Nous vivons dans un contexte de peur, dont celle de la mondialisation. Aujourd’hui il n’y a plus d’identité claire. Nous sommes « dans le monde », et il faut admettre à quel point ce changement total d’univers est source d’angoisse**. Quand vous avez peur et que des « prophètes du mensonge » vous disent que vous avez raison d’avoir peur, vous entrez dans une situation quasiment hystérique [NDLR : car ça flatte le [sentiment de supériorité](https://www.youtube.com/watch?v=6cJyEEzqMzo) : on avait bien vu que quelque chose n'allait pas ]. Le prophète convertit ce sentiment en xénophobie, en racisme, en exclusivisme… Trump n’a pas été élu aux États-Unis sur la définition d’un programme politique ou un diagnostic du monde, mais grâce à des tweets qui lui permettaient de toucher le peuple américain la où ça faisait mal, en jouant de la peur du Blanc sur le point de devenir minoritaire. Quand Trump propose de construire un mur qui va coûter des milliards pour arrêter la venue de ceux qui ne sont pas des Blancs au sens anglosaxon du terme, il est applaudi des deux mains. **La pathologie de notre monde est bien là : on ne gouverne plus avec des programmes mais avec des images. Et les images les plus payantes sont celles de la peur et du fantasme**.
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>
> **C’est aussi une crise de la démocratie !**
> B. M : **La crise est quadruple. La crise économique et sociale, avec une explosion des inégalités** : 80 % des richesses qui vont à 1 % de la population, à l’échelle mondiale ! Ensuite, **la crise psychosociale, le passage des Trente Glorieuses aux trente douloureuses, qui provoque une déstructuration des individus. Avec le chômage, la précarité, la retraite forcée, toute l’estime de soi vacille**. Troisième élément, **la crise d’identité**.
> B. B. : **On prend conscience que l’homme blanc n’est plus dominateur comme il l’était autrefois. Une page se ferme !**
> D. V : **Enfin, la crise de la démocratie, qui a une toile de fond : l’absence d’alternative**. C’est fondamental. C'est la caractéristique commune de toutes les victoires populistes : l’absence de force polilique capable de donner un horizon au combat contre la mondialisation libérale. **Et d’abord à gauche : divisée comme jamais, celle-ci ne parvient plus à répondre aux attentes de l’électorat populaire**.
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>
> **Le populisme profite-t-il des effets dévastateurs de la mondialisation ?**
> B. B. : **Nous sommes entrés dans un monde où le clivage gauche-droite n’a pas disparu, mais où est apparu un nouveau clivage, mondialiste-souverainiste**. Il y a des souverainistes de droite, des souverainistes de gauche, des mondialistes de droite, mais pas de mondialistes de gauche. Il manque une case. **Pourquoi ce mondialisme de gauche n’arrive pas à se constituer ? Parce que la base électorale des partis qui pourraient le promouvoir est celle qui est le plus frappée par cette mondialisation**, qui a spontanément une méfiance à son égard qu’elle assimile a la perte d’emploi, au chômage, à la régression du pouvoir d’achat… **Il manque une politique mondialiste de gauche, capable de proposer une autre mondialisation, de la gérer, de la réguler avec solidarité et multilatéralisme. La mondialisation, bien conçue, peut être un vecteur de progrès et réconcilier la gauche avec son identité intemationaliste. Mais ça, les partis de gauche n’ont pas le courage de le dire**. Il est tellement plus simple d’expliquer que la mondialisation c’est l’horreur…
>
>
> **Pour vous, Bannon et le Kremlin sont à la manœuvre derrière les populistes ?**
> B. B. : Bien sûr. Mais nous parlons trop de l’Europe. **Si la pathologie était uniquement européenne, l’Europe se soignerait et peut-être guérirait-elle. Le populisme aujourd’hui est un phénomène mondial. C’est autant Duterte aux Philippines que Trump, Erdogan, Poutine, Bolsonaro…** Voilà le plus inquiétant ! Pour la première fois de l’histoire de l’humanité **nous assistons à un phénomène politique totalement mondialisé, qui dépasse tous les clivages Nord-Sud, et autres**. Trump est le plus inquiétant. **Les États-Unis ont porté la mondialisation, ils lui ont donné sa première forme**, sa première configuration, ses premières orientations. **Aujourd’hui, cette super-puissance** qui couvre 40 % des dépenses militaires mondiales, qui a une capacité financière, monétaire, culturelle absolument ahurissante **devient la première contestataire de la mondialisation**. Voilà un retournement du monde, considérable et unique. Définir une politique européenne, admettons qu'on y parvienne ou qu’on le veuille, face a des États-Unis adeptes de l’America first, relève de l’impossibilité absolue. Le principal effet du trumpisme est de clouer l’Europe. Trump démantèle le multilatéralisme économique, politique, social, culturel, et personne ne réagit. Le populisme triomphe aux États-Unis comme nulle part ailleurs, et c’est une très mauvaise nouvelle : nous sommes, semble-t-il ici, dans une tendance de long terme.
>
>
> **Pour vous, qu’est-ce qui nous rapproche des années trente, qu’est-ce qui nous en éloigne ?**
> B. B. : La problématique centrale dans l’entre-deux-guerres était totalement différente : le revanchisme. Certes, avec la mondialisation, il y a la volonté de prendre sa revanche par rapport à la marginalisation que l’on subit, ou la perte des avantages que l’on avait autrefois, mais le phénomène n’est pas comparable. Du coup, cette différence donne au populisme d’aujourd’hui des allures, je l’espère, moins violentes que pendant l’entre-deux-guerres, mais en même temps beaucoup plus universelles. --Aujourd’hui, toute altérité devient suspecte. Il y a comme un rayonnement mondial de la défiance. De ce point de vue, le populisme est beaucoup plus destructeur dans son extension qu’il ne l’était pendant l’entre-deux-guerres**.
>
> […]

Dans le Siné Mensuel de mai 2019.


Fake news et en même temps… fake news !

Sun Jun 16 19:25:34 2019 -
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> Il est temps de rétablir quelques vérités…
> (Macron) ‒ Grand débat : vos propositions sont les bienvenues !

> Personne ne se soustrait aux règles de la République
> (Macron) ‒ Mais qui êtes-vous, monsieur ?
> (Benalla ?) ‒ Bah Patron ! … C'est moi !

>  Il n'y a pas de violences policières en France !
> (Flic à un manifestant gisant sur le sol) ‒ Dernière sommation ! Nous allons faire usage de la force ! … … … Uhuhu !

> La violence est chez les gilets jaunes !
> (Macron devant des gilets jaunes qui chantent et dansent ) ‒ Cette violence ! C'est insupportable ! C'est un complot des russes ?!

> Nous agissons pour l'écologie et le climat
> (Macron à un homme d'affaires / financier) ‒ Il y a un pognon de dingue à faire avec les aéroports… Vous reprendrez bien un peu de glyphosate ?

> Le pouvoir d'achat est en hausse
> (Volaille en train de se faire déplumer) ‒ Je la sens pas trop, la hausse !
> (Macron ?) ‒ Faites un effort d'imagination !

> Nous luttons contre l'évasion fiscale !
> (Homme d'affaires / financier avec des valises débordantes de billets) ‒ Je vais aller en prison ??
> (Macron) ‒ Mais non ! Vous, c'est de l'optimisation fiscale ! Ça n'a rien à voir ! <3 <3

> Nous sommes pour le service public…
> (Macron, tapant sur des profs et des infirmiers en manifestation) ‒ Parce qu'un défouloir est toujours utile !

> … et protégeons la liberté d'expression !
> (Flic serrant un citoyen) ‒ Il a tweeté que vous étiez un con !
> (Macron) ‒ Pas de fake news dans mon royaume !

Gros +1.

Dessin publié dans le numéro de mai 2019 de Siné mensuel.


566 [ NDLR : ou plutôt 6 730 ] morts d'indifférence

Sun Jun 16 19:18:07 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?t59Xmg


> **C’est le nombre officiel de personnes « mortes dans la rue » en 2018. Le chiffre, impressionnant, est néanmoins très en deçà de la réalité**. Des personnes ou personne ?

> Le 2 avril, dans un parc parisien, on rendait un hommage public aux 566 morts de la rue en 2018. 566 noms égrainés par des récitants, c’est long, très long. Certains sont anonymes : « Femme de 41 ans », d’autres sont simplement un pseudo : « Jojo, l’ours ».

> **Peu de monde, peu d’élus pour assister à cette triste litanie qui nous rappelle le cuisant échec des politiques sociales en direction des sans domicile fixe**. C’est long, 566 noms, mais il y en a en réalité beaucoup plus. Pour cet hommage, **seuls les « morts dans la rue » sont recensés. Pas ceux décédés à l’hôpital ou dans un hébergement provisoire par exemple. Par ailleurs, beaucoup de maires de province ne déclarent pas les morts de la rue pour ne pas nuire à l’image de leur belle ville**. Lorsqu’on croise ce chiffre avec ceux de l’Institut de veille sanitaire et de l’Inserm, on obtient **pour l’année 2015 le chiffre ahurissant de 6 730 morts de personnes sans domicile fixe. Soit dix fois plus que l’estimation relayée dans la presse**. Ce 2 avril, des affichettes rappelaient aussi que si la moyenne d’âge de la mortalité en France se situe aux alentours de 82 ans, elle est de 48 ans pour les SDF.

> **Les femmes et les hommes de la rue appartiennent à ces catégories de gens que l’on aimerait ne plus croiser**, un peu comme les personnes très âgées, planquées dans des institutions. Ils sont aussi, depuis les promesses de Sarkozy — zéro SDF dans deux ans —, **un enjeu pour les politiques qui sont jugés sur leur capacité à gérer la grande misère**. Alors, depuis quelques années, **ce qui ressemblait à de l’artisanat de l’aide sociale confié à de multiples petites associations et bénévoles est devenu une « sorte d’industrie »**, comme me le confie Charly, ancien SDF et militant du collectif Les Morts de la rue. **« On sait que l’on est la matière première et le gagne-pain de cinq ou six grosses boîtes qui gèrent l’aide quotidienne, les maraudes, les foyers d’hébergement, l’accès aux soins, l’accès aux droits** ; des boîtes qui ont racheté progressivement toutes les petites associations, qui grossissent et se font de la concurrence. C’est que la soupe doit être bonne », conclut Charly. Au fil du temps, **ces énormes groupes du social ont imposé leurs normes et leurs exigences** pour « faciliter » la gestion dela misère. Ainsi dans ce centre d’accueil de Bastille géré par le Secours catholique, il faut **prouver sa présence à Paris depuis trois mois** en fournissant des justificatifs (on se demande lesquels quand on dort dans la rue) pour obtenir un rendez-vous. Ici, **le SDF doit impérativement arriver entre 18h45 et 19 heures** sinon les portes se ferment et il passe la nuit dehors. Dans cet autre à Aubervilliers, comme dans beaucoup de foyers qui ont créé leurs propres règles de vie, **il faut se lever à 6 heures pour être à la rue à 6h45**. L’hébergement, c’est la nuit ! Pas le jour. Charly connaît des centaines d’anecdotes sur ce pouvoir que prend l’institution sur la personne dépendante d’elle. Un peu comme si la société se vengeait des SDF en les punissant par mille petites obligations et mille petits tracas créant souvent des situations de concurrence entre les gens à la rue et entraînant des conflits.

> Chacun a pris conscience, ces dernières années, que le basculement de la vie ordinaire à la rue tenait à peu de choses. Une séparation, une maladie invalidante, une perte d’emploi, l’accumulation de dettes. La vieille image du clochard mi-bohème mi-artiste a fait long feu. **Certes les SDF sont souvent des femmes et des hommes abîmés par la vie, et souvent dès leur enfance, mais ils ne demandent guère plus que la dignité et le respect. D’être autre chose qu’une statistique morbide, un enjeu pour Macron (ne laisser personne dans la rue) ou la matière première des nouvelles usines du social**.

Dans le Siné Mensuel de mai 2019.


Les HLM ne sont pas privées de désert

Sun Jun 16 15:27:09 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?-yp9rA


> **Des HLM qui restent vides faute d’habitants à loger, des immeubles récents promis à la démolition… Bienvenue dans les déserts français, ces territoires qui ne cessent de perdre des habitants pour cause de chômage de masse**.

> **Montluçon est champion de cette situation ubuesque, avec 18 % d’habitations inoccupées, dont près d’un millier de logements sociaux** (« Le Monde », 1/6). La crise y tourne au cercle vicieux : **la baisse du nombre de locataires appauvrit les organismes de HLM ; puis les bailleurs augmentent les loyers et économisent sur l’entretien ; enfin, les habitants ne peuvent plus payer et débarrassent le plancher**, et ainsi de suite…

> A l’inverse, d’autres sociétés de HLM se portent comme un charme, et leurs finances sont jugées plutôt « dodues » par l’Ancols, le corps d’inspection du logement social. Parmi elles : **Domnis, une boîte gérée par des œuvres charitables chrétiennes très conservatrices, comme la Fondation Jérôme-Lejeune (anti-IVG) ou l’Ordre de Malte**. Elle gère 11 000 appartements à Paris et en banlieue, une zone où les candidats-locataires ne manquent pas vraiment.

> Les inspecteurs ont découvert que Domnis n’était pas toujours très charitable : son parc compte deux fois moins de bénéficiaires de l’allocation logement que les autres boîtes de HLM, et la loi Dalo (Droit au logement opposable) n’y est appliquée qu’au compte-gouttes.

> En prime, la machine à piston y fonctionne à merveille : l’Ancols y a débusqué 13 appartements attribués, à Paris, à des candidats dépassant les plafonds de ressources. Notamment un studio de 29 m2, loué à la fille du directeur général de Domnis trois fois moins cher que le prix du marché. Charité bien ordonnée…

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


Qui pour remplacer Bouteflika ? L'armée ?!

Sun Jun 16 15:21:27 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?7P_SNA


> En Algérie, ça se gâte sérieusement. **Le Conseil constitutionnel a été contraint, ce week-end, de reporter sine die la bouffonnerie qui se préparait pour le 4 juillet : une élection présidentielle avec, en tout et pour tout, deux candidats inconnus**.

> Dans le même temps, comme l’écrit « Libération » (30/5), **« depuis l’accès de Gaïd Salah (le chef d’état-major) au pouvoir, une vague d’arrestations inquiète ONG et politiques »**.

> Pour Kamel Eddine Fekhar, militant des droits de l’homme détenu à Ghardaïa, dans le Sud, depuis deux mois, c’est trop tard, signale « L’Humanité » (25/5) : il est mort le 28 mai, au 50e jour d’une grève de la faim.

Le Printemps arabe nous a pourtant illustré qu'aucune révolution est facile, évidente, rapide et réussie.

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


Collomb fait grincer le Parquet

Sun Jun 16 15:16:42 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?2t69ow


Enquête préliminaire pour détournement de fonds publics visant Gérard Collomb à propos des emplois de son ex-compagne dans la ville de Lyon.

> Au cabinet du maire de Lyon, on prédit (en des termes gastronomiques choisis ) que « l’histoire va faire des grattons ». **Un rapport provisoire de la chambre régionale des comptes** d’Auvergne-Rhône-Alpes est consacré à la gestion de la ville de Lyon. Pas encore public et n’ayant pas reçu la réponse des intéressés, il vient d’échouer sur le bureau du Parquet national financier. Lequel a décidé d’ouvrir une **enquête préliminaire pour détournement de fonds publics. Gérard Collomb, affirment les rapporteurs, aurait fait bénéficier son ex-compagne de plusieurs emplois municipaux depuis plus de vingt ans**.

> Compagne municipale

> En 1995, Collomb se lance à la conquête de la mairie de Lyon. Tête de liste, il remporte cette année-là trois arrondissements, notamment le IXe, dont il devient le maire. Au sein du groupe PS de la municipalité lyonnaise, trois permanents sont recrutés. Parmi eux, Meriem Nouri, alors compagne de l’ex-ministre de l’Intérieur, exerce à temps partiel des fonctions de secrétariat et d’accueil. Quatre ans plus tard, désormais séparée du maire de Lyon, elle est embauchée en tant que contractuelle.

> Jusqu’en 2014, — année de sa titularisation —, elle va occuper toute une série d’emplois : à la mairie du IIIe, à celle du IVe, parfois au cabinet du maire, parfois à l’accueil, ou dans une bibliothèque municipale, etc. « En 2006, se rappelle un élu lyonnais, elle présentait au public la maquette de l’aménagement des berges de la Saône. »

> Gégé contre-attaque

> Les magistrats de la chambre régionale des comptes ont, en outre, constaté que l’ex-Mme Collomb avait bénéficié d’une rémunération complémentaire, payée en heures sup. « Je n’ai pas attendu Gérard Collomb pour travailler pour la ville de Lyon, a-t-elle indiqué au “Canard”. **Cela fait trente ans que j’y suis employée. Et je travaille plus qu’il n’en faut. Je gagne moins de 1 500 euros par mois. Alors on m’a donné des heures supplémentaires…** »

Il suffit de travailler « plus qu'il n'en faut » pour toucher des heures sup' ?! Intéressant à savoir. Je pense que beaucoup de personnes seraient intéressées. :))))

<br />
> Ayant pris connaissance du rapport provisoire de la chambre régionale des comptes, Collomb trouve, lui, que les magistrats poussent le bouchon (lyonnais) un peu loin. Surtout à dix mois des prochaines municipales.

> « Gérard a déclenché une enquête interne dont les conclusions seront rendues fin juin, précise un élu de sa majorité. Il a demandé également à ses services de saisir la justice pour faire la lumière. »

> Et gagner du temps ?

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


Le casse d'un géant pharmaceutique sur une merveille de la recherche française

Sun Jun 16 15:08:59 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?-sGUjA


> La start-up qui avait payé un remède 13 millions d’euros au Téléthon a été rachetée illico 7,7 milliards par le laboratoire suisse Novartis !

> **C'est le médicament le plus cher du monde : 2,1 millions de dollars (1,86 million d’euros) pour le Zolgensma**, qui vient d’être autorisé aux Etats-Unis et débarquera bientôt en France, à un prix forcément dément. Pour Novartis, qui fabrique ce **médoc destiné a combattre une grave maladie génétique des nourrissons**, cela ressemble au casse du siècle : à en croire les analystes, ce remède devrait lui rapporter 2 milliards de recettes par an. Mais le plus dingue, comme l’a raconté le site de « L’Express » (3/6), c’est que **cette thérapie génique a été largement inventée, en France, par le Généthon, le laboratoire de recherche du Téléthon, qui a cédé son brevet pour une bouchée de pain. Bref, cette montagne de profits est due à la générosité publique !** Cocorico ! Ou plutôt cocori-con…

> **Avec des chercheurs de l’Inserm, le Généthon a travaillé des années sur l’amyotrophie spinale**, qui paralyse les muscles et le système respiratoire des bébés. L’équipe a découvert que l’injection d’un certain « vecteur viral » pouvait corriger le gène défaillant. **« On a déposé des brevets pour se protéger, mais, à partir de la, les découvertes deviennent publiques**, expligue Laurence Tiennot-Herment, la présidente de l’AFM-Téléthon. Les données sont publiées dans la littérature scientifique et dans des congrès. **La compétition s’ouvre, et c’est le plus rapide qui gagne. » Le mieux financé, surtout… Car l’étape suivante coûte une fortune**. Alors que le Généthon avait dépensé « de 12 à 15 millions d'euros » afin de mener ses recherches sur des souris, **une start-up américaine, Avexis, a levé 500 millions de dollars pour réaliser des essais cliniques et finaliser l’invention, permettant d’éviter la mort aux bébés**. A ce stade, la jeune pousse américaine n’a pas encore besoin de détenir le brevet français.

> Culbute du siècle

> **Le 8 mars 2018, le Généthon, hors course, cède les droits de son brevet à Avexis pour 15 millions de dollars (13,3 millions d’euros), auxquels s’ajoutent entre 3,75 et 5 % de royalties**. Une paille, vu la suite du feuilleton ! **Un mois plus tard, le 9 avril, la start-up — qui n’a que le Zolgensma dans sa corbeille de mariée — est rachetée par le géant suisse Novartis pour… 8,7 milliards de dollars** (7,7 milliards d’euros) ! « On s’effondre dans son fauteuil en découvrant des montants pareils ! » s’indigne Alain-Michel Ceretti, le président de France Assos Santé, qui fédère les associations de patients. **Au bout de la spirale, le prix du médicament est totalement déconnecté de son coût de recherche-développement**. En fait, il l’est tellement que **Novartis propose aimablement aux assureurs américains** (qui jouent, outre-Atlantique, le rôle de la Sécu) **d’étaler le paiement de chaque médoc sur cinq ans !**

> Pour la France, c’est une réussite sur toute la ligne : non seulement la découverte lui. échappe, mais, en plus, la Sécu devra payer le remède au prix fort (une centaine de bébés pourraient en bénéficier chaque année). Le 22 mai 2018, au cours d’un déjeuner organisé par le Club de l’Europe (une boîte de lobbying), le patron de Novartis France avait déjà évoqué, devant une brochette de députés, sénateurs et associations de patients, **le coût du futur Zolgensma : « Il a parlé de 800 000 euros pour la France**, mais ce sera peut-être plus, vu le prix délirant obtenu aux Etats-Unis » [ NDLR : le prix est de 2,1 millions de dollars pour une seule prise ], raconte un des participants.

> La bourse ou la vie

> **Face aux milliards de profits déjà encaissés par les actionnaires d’Avexis, les 15 millions payés pour le brevet au Généthon ont l’air d’une mauvaise blague… « On est allés au bout de la négociation, assure la présidente de l’association. L’important, pour nous, c’était que le traitement voie le jour**. » Une autre boîte, Regenxbio — qui possédait le brevet du vecteur viral —, s’est tout de même mieux débrouillée : Avexis a acheté les droits pour 260 millions de dollars, sans compter les royalties…

> D’autres brevets de médicaments innovants inventés en France grâce à la recherche publique ont déjà été rachetés par des start-up étrangères. Mais, cette fois, les montants crèvent les plafonds. « **On tire la sonnette depuis des années pour éviter ce scénario, assure Laurence Tiennot-Herment. Je ne compte plus les ministres et les présidents (y compris Emmanuel Macron) que l’on a interpellés pour les convaincre de créer une filière française des thérapies géniques, qui irait de la recherche jusqu’à l’industrialisation et qui permettrait de maîtriser le coût du médicament. Sinon, on est dépossédés de nos brevets**. »

> Voire tondus comme des moutons…

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


Macron : pour les copains, c‘est souvent au Quai !

Sun Jun 16 14:53:09 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?AQGQ_g


> Sur le papier, **la nomination d’une jeune ambassadrice au poste de secrétaire générale de la conférence mondiale de l’Organisation des Nations unies sur les femmes était séduisante**. Le Quai d’Orsay, qui s’est maintes fois fait taper sur les doigts en raison de sa réticence à nommer des femmes à des postes à responsabilités, avait l’occasion de calmer les critiques. Sauf que, **chez les diplomates, le profil de la promue fait jaser**.

> Delphine O — c’est son nom — devient, à 33 ans, la plus jeune ambassadrice de la Ve République, en dépit d’un pedigree plutôt mince. Au cours de sa brève carrière, la jeune femme a occupé un seul poste à l’étranger : chargée des discours au consulat général de France à New York. En revanche, jusqu’en avril, elle siégeait à l’Assemblée nationale en tant que suppléante En marche ! de l’ancien secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, remplacé depuis à ce portefeuille par… Cédric O, frère de la diplomate. Le monde est petit.

> Diplomatie du karaté

> **Cette promo express agace d’autant plus au Quai qu’elle intervient après d’autres nominations, un brin politiques, imposées par le Château**. En décembre, **Yann Wehrling, illustrateur de formation, sans expérience internationale** (en 2017, il suivait une formation d’anglais financée par le conseil régional d’Ile-de-France), en a profité. Cet ancien secrétaire national des Verts, puis secrétaire général du MoDem — le parti allié de Macron —, **a été propulsé ambassadeur délégué à l’environnement**. Autre ascension diplomatique : celle de **Pascal Cagni, ancien haut cadre d’Apple. Celui qui fut l’un des premiers convives des dîners de levée de fonds du candidat Macron a été nommé, dès septembre 2017, ambassadeur délégué aux… investissements internationaux**. En mai dernier, enfin, **Laurence fischer, ex-championne du monde de karaté et membre de plusieurs missions humanitaires, qui avait appelé à voter pour le futur président, est devenue ambassadrice pour le sport**.

> En marche !, un moteur à piston ?

Je pense que c'est plus compliqué de cela.

**Tout pouvoir politique tente de placer des pions qui lui sont acquis un peu partout dans l'administration** afin que celle-ci, aidée par son statut protecteur, ne lui mette pas des bâtons dans les roues dans l'application du programme du candidat-président. Macron a annoncé cela (spoil system à l'américaine) dans son programme. **Donc c'est forcément des copains qui sont nommés puisqu'on renonce sciemment à nommer au mérite ou au sort**.

La presse ne cesse de se faire l'écho depuis 2 ans qu'**En Marche, par sa jeunesse, manque de personnes en interne à même de tenir des postes-clés. Cela conduit soit à recruter ailleurs** (et donc à se rendre vulnérable à d'autres partis politiques), **soit à prendre ce qu'il y a en interne. La deuxième solution, en plus de former des "professionnels" dont on manque, permet d'acquérir la fidélité des personnes concernées et/ou de récompenser les soutiens de la première heure**, ce qui est toujours appréciable si l'optique est d'obtenir une administration obéissante, une réélection, etc.

**Ce n'est pas un hasard si ces nominations se déroulent dans la diplomatie française** : il suffit de blablater, parlementer, rencontrer les autres ambassadeurs du monde, gratter du papier, etc. **C'est un début de carrière, en somme**.

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


Histoire : des mallettes du RPR aux cahiers du PS

Sun Jun 16 13:50:12 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?IdVI_g


> Ancien ministre sous Mitterrand, sous Chirac-Jospin puis sous Hollande, Michel Sapin s’est laissé aller à quelques confidences dans une interview à « Libération » (25/5). Ainsi, alors que dans les années 80 il occupait le poste de trésorier du PS, **il tombe, à la buvette de l’Assemblée, sur son homologue du RPR, l’ancien ministre Robert Galley**. Et Sapin de raconter : « Il me demande : “C’est quoi, cette affaire qui vous touche, les carnets d’Urba ? **Tout est noté. Il ne faut jamais faire ça !” Il me raconte que, lui, pour le financement, il fait tout en liquide, dans une petite mallette**. Je lui réponds qu’il y a alors forcément de la perte. Il me rétorque : “Oui. **Quand la première mallette est remise, je sais qu’il y aura 50 % de déperdition**.” Et il me raconte ça très librement, à la buvette. »

> **Voilà qui explique mieux pourquoi, à l’époque glorieuse du parti gaulliste, Jacques Chirac et les siens ne payaient jamais aucune dépense par carte bancaire ou par chèque**. Mais seulement avec des liasses de billets à l’effigie de Pascal et autres… Un effet de la « déperdition », comme disait Robert Galley.

> Si ce n’est de l’évaporation…

Ho bah tiens donc ! Quand les politiciens nous expliquent que les espèces sont seulement utilisés par les criminels dont les terroristes, ils parlent en spécialistes du sujet, en fait ! :) Ou alors, peut-être y a-t-il des bons criminels et des mauvais criminels ?

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


La révision constitutionnelle déjà (presque) mort-née

Sun Jun 16 13:42:46 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?MYCtpQ


> S'il y avait un sondage au sein du gouvernement sur les chances de voir aboutir la réforme constitutionnelle, le non l’emporterait probablement à 80 %. L’Elysée et Matignon ont beau afficher un optimisme de bon aloi, Macron comme Philippe ne croient guère à l’aboutissement de cette réforme, encalminée depuis près d’un an pour cause d’affaire Benalla.

> C’est du moins ce qu’il ressort des confidences que les deux hommes ont faites, ces derniers jours, à leurs proches comme à plusieurs visiteurs.

> **« Si le Sénat est au clair et se montre fiable dans sa volonté de trouver un accord sur la réforme, celle-ci se fera, a résumé Macron. Mais il n’est pas question de passer trois mois à débattre pour constater un désaccord. »**

> Et le chef de l’Etat d’expliquer à ses interlocuteurs : **« C’est pour cela que j’ai demandé à Philippe et à Ferrand de voir sur quoi les sénateurs sont prêts publiquement à s’engager**. On jugera sur pièces. »

> Bloqué de chez bloqué

> Les barons de la Macronie ne brillent pas non plus par leur optimisme sur le sujet.

> « J’ai une confiance très limitée dans la parole des Républicains », a affirmé le président de l’Assemblée, Richard Ferrand, lors d’un petit déjeuner à l’hôtel de Lassay, le 29 mai. Et le même d’ajouter, un peu plus tard, cette fois devant des députés LRM :

> **« Le président du Sénat dit » vouloir aboutir, mais il multiplie les lignes rouges**. Et, quand je vois la capacité des Républicains à tenir un compromis, je souhaite bon courage à Edouard. »

> A vrai dire, depuis un an, le rapport de force n’a pas bougé et le problème reste le même : le gouvernement doit composer, comme on le sait, avec le Sénat, donc avec la droite, qui y est majoritaire, s’il veut obtenir la majorité des trois cinquièmes au Congrès pour faire passer sa réforme constitutionnelle. Laquelle, **outre la fin de l’entrée automatique des anciens présidents au Conseil constitutionnel et la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), comprendrait désormais l’acte II de la décentralisation, la modification du référendum d’initiative partagée (RIP) et l’entrée de citoyens tirés au sort au Conseil économique, social et environnemental (Cese)**.

> Le pouvoir doit aussi se soumettre au bon vouloir du Sénat, dont le vote conforme est nécessaire pour adopter les lois organiques. C’est-à-dire, en l’occurrence, **la limitation dans le temps du cumul des mandats et la baisse du nombre de députés et de sénateurs**.

À mon avis :
  * **La fin de l'entrée automatique des anciens présidents au Conseil Constitutionnel est une chimère si l'on ne repense pas l'institution dans sa globalité** ;
<br />
  * **La réforme du Conseil supérieur de la magistrature est un désastre complet pour l'indépendance de la justice** ;
<br />
  * **La baisse du nombre de parlementaires est une hérésie.** Il nous faut précisément l'inverse si l'on veut avoir une chance que les citoyens soient mieux entendus et représentés ! **Moins d'élus = moins de représentativité et plus de professionnalisation du rôle politique**, car cela signifie **moins de temps pour traiter les sujets**, donc on aura des **technocrates spécialisés** sur des sujets précis, ignorants sur les autres sujets (ce qui laisse **la porte grande ouverte aux lobbys professionnels**) et **loin des réalités du terrain et des citoyens par manque de temps. Il est impossible d'être à l'écoute**, par téléphone, courrier, mail ou présentiel, **de dizaines de milliers de personnes, ça ne loge pas dans un agenda**, même en travaillant 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. **Il est impossible d'être proche de dizaines de milliers de personnes, de les connaître, de savoir ce qu'elles font** (et je ne parle pas uniquement du travail), **de savoir de quelle (absence de) régulation auraient besoin ces personnes dans leurs activités**, etc. **À plusieurs dizaines de milliers de personnes, on ne travaille plus à une échelle humaine, mais à une échelle industrielle avec des statistiques, des suppositions, des profils démographiques**, etc., bref, des outils qui permettent de traiter de la masse ;
<br />
  * Du peu qu'on en sait à l'heure actuelle, **l'acte II de la décentralisation sera de même nature que l'acte I de 1982 : un transfert de compétences à un millefeuille dépossédé des financements permettant de les exercer** ;
<br />
  * **La modification des modalités du RIP, le tirage au sort au Cese et la limitation dans le temps du cumul des mandats sont des hochets agités devant les citoyens**. Oui, c'est intéressant pour les citoyens, mais **il ne faut pas brader les autres points afin d'obtenir ces trois-là, car le deal n'est pas à l'avantage des citoyens**. Il faut se méfier du miroir aux alouettes.

<br />
> Question qui tue

> Reste une interrogation (au moins). Si ça bloque sur les deux textes précités, faut-il maintenir le troisième volet : **l’instauration d’une dose de proportionnelle [ NDLR : aux élections législatives ]**, qui relève de la loi ordinaire. pour laquelle l’Assemblée a le dernier mot ? Bayrou y tient, à sa proportionnelle. Et, pourtant, le patron des députés MoDem, Patrick Mignola, répond négativement.

> « Ce doit être tout ou rien, explique celui qui est aussi rapporteur de la réforme constitutionnelle. La révision est un bloc. Soit on vote ensemble parce qu’on est capables de mettre l’intérêt général au-dessus de l’intérêt partisan, soit la droite et le Sénat refusent de le faire et ils se tirent plusieurs balles dans le pied. **Le Sénat passera pour une chambre ultra-conservatrice, qui empêche l’application des conclusions du grand débat. Ils feront des mécontents chez les Français et chez les élus locaux. »**

Chantage as usual… Déprimant…

<br />
> Comme si les Français (et les élus locaux) avaient besoin du Sénat pour être mécontents...

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


Vote de confiance = reconnaître ses vrais amis ?

Sun Jun 16 13:09:24 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?TdmgOQ


> Aux yeux de Macron, **ce scénario du vote de confiance a un autre avantage : « voir, après les élections européennes, qui est dans la majorité présidentielle et qui ne l’est pas »**.

> **Il s’agit surtout de clarifier les choses du côté des centristes de l’UDI et des ex-LR d’Agir, le microparti de Franck Riester, dont certains députés n’avaient pas voté le budget 2019**, à commencer par l’ancienne suppléante du Premier ministre ! **Mais aussi d’y voir plus clair sur le côté gauche, alors qu’une autre structure est en voie de création sous l’égide de Le Drian et de Didier Guillaume**.

> Commentaire présidentiel : **« Ainsi, les camps seront définis pour la seconde partie du quinquennal**. Un discours de politique générale, ça sert à compter les voix, c’est fait pour ça. »

> « Les camps seront définis »… du moins jusqu’aux résultats des municipales.

Pourquoi ai-je envie de vomir ? **Le vote de confiance est un contre-pouvoir constitutionnel donné au Peuple lui permettant le contrôle de son gouvernement, pas un jouet servant à vérifier l'obédience des représentants des citoyens par le gouvernement**.

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


Exode fiscal français

Sun Jun 16 13:03:16 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?xoC9Tw


> Enfin une victoire française à l’exportation : celle des millionnaires. **« Sur quinze ans, presque 20 % des millionnaires français ont fui l’Hexagone »**, selon une étude du Cercle des fiscalistes (« L’Opinion », 31/5). « Un phénomène inédit, que l’on ne rencontre dans aucun autre pays de l’OCDE (…), faisant de la France le premier pays exportateur de millionnaires », précisent les auteurs, qui citent le rapport de l’institut de recherche sud-africain New World Wealth.

> Ainsi, **parmi les 300 plus riches résidents suisses, on trouve 54 Français, à la tête d’un patrimoine total de 82 milliards d’euros**. Les auteurs concluent que, « outre la délocalisation des richesses, l’exil fiscal engendre la délocalisation des cerveaux ».

> Heureusement, ceux de Bercy restent en place.

Attendons le prochain rapport, celui qui sera publié dans un journal de gauche et qui démontrera précisément l'inverse de celui-ci et qui sera lui-même contredit par un autre rapport qui sera lui-même… **Bref, je sors le pop-corn, il n'y a pas comportement plus adapté en pareille situation**.

**La tentative d'établir un lien entre richesse et intelligence est tout aussi savoureuse**. D'un part, **un PDG n'est pas plus intelligent que la moyenne, il est juste très bien conseillé** par des dizaines de cerveaux. Malgré cela, les foirages historiques sont légions. D'autre part, les prétendus génies de la Silicon Valley sont loin de tous l'être. **Uber, AirB'n'B et autres n'ont rien de génial : ils ont simplement appliqué le précepte de la désintermédiation à un maximum d'activités humaines. Moutons de Panurge, pas inventeurs. Je passe sur les désosseurs**, ces prétendus entrepreneurs qui achètent à la casse des sociétés commerciales en grande difficulté, qui y appliquent des purges sociales avant de revendre la société par petits bouts. **Arrêtons d'idolâtrer des médiocres anti-sociaux !**

**La réaction sous-entendue du Canard, « [ Les cerveaux ] de Bercy restent en place », qui signifie qu'il faudrait réduire les impôts des milliardaires, est un non-sens**. Une communauté de personnes définit une règle de vivre-ensemble. Une autre communauté, vivant juste à côté de la première, décide d'une autre règle de vivre-ensemble sur le même sujet. **Pourquoi diable la seule existence de la deuxième communauté devrait contraindre la première à aligner sa règle de vivre ensemble sur la deuxième ?!** Le jour où un pays légalisera l'assassinat ou le viol ou autre, les autres pays du monde en feront de même ? **Ce raisonnement est rien d'autre que de la résignation. Pour moi, soit tu es bon joueur et tu acceptes qu'une personne qui a fait fortune en France s'exile, soit tu es mauvais joueur et tu le sanctionnes pour cela, mais en aucun cas tu changes ta législation, car cela serait reconnaître la loi du plus fort, ce que nos systèmes de lois et d'États sont précisément censés limités !**

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


Un président pas très gay

Sun Jun 16 12:38:34 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?9WEbww


Ho, bah tiens donc… **Un illustre violent à l'invective très facile est également un miséreux sentimental / social**.

> En public comme en privé, **Rodrigo Duterte balance le mot « homosexuel » comme on crache une insulte. Elu président de la République des Philippines en 2016, responsable de l’assassinat de 30 000 « drogués », traitant de « fils de pute » les grands de ce monde**, considérant Hitler et Idi Amin Dada comme ses héros, Duterte a profité d’un déplacement à l’étranger pour faire un curieux « coming out » (« huffingtonpost .fr », 4/6).

> Prenant la parole à Tokyo, **Duterte a attaqué le sénateur philippin Antonio Trillanes, son principal détracteur, dont il a coutume de rappeler l’homosexualité. « Une maladie », selon le Président**. Mais, cette fois, surprise de taille, **Duterte a prétendu avoir été lui-même touché par cette « maladie ». « Trillanes et moi sommes pareils, a-t-il expliqué à la communauté philippine de Tokyo, mais je me suis soigné. Je suis guéri. Je suis redevenu un homme avec l’aide de belles femmes. »**

> Lors de la campagne présidentielle, celui qui prétend être « redevenu » un homme avait plaisanté sur le viol et le meurtre d’une missionnaire australienne, en 1989, dans une prison philippine : « Je me suis dit : “Putain, ils l’ont violée ! Elle était si belle. J’aurais dû passer en premier.” »

> Pour mémoire, ce sale mec règne sur plus de 107 millions de personnes…

Dans le Canard enchaîné du 5 juin 2019.


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GuiGui's Show - Saturday 15 June 2019 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190615 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190615 Sat, 15 Jun 2019 00:00:00 +0200 Infiltré dans l'ultradroite - Mon année avec l'alt-right | ARTE Sat Jun 15 23:48:25 2019 -
https://www.arte.tv/fr/videos/082246-000-A/infiltre-dans-l-ultradroite-mon-annee-avec-l-alt-right/


D'un côté, je salue la motivation et le courage de ce militant.

D'un autre côté, je reste sur ma faim : on nous présente quelques noms connus de l'extrême droite anglaise et américaine (Steadman, Turner, Johnson, Spencer, Jorjani, Bannon, , etc.) ainsi que quelques-unes des idées habituelles dans ce milieu (guerre raciale, état ethnique, etc.) et puis… c'est tout. Rien de nouveau.

Enfin, je trouve dommage, quand on a beaucoup filmé en caméra cachée, de ne pas diffuser la vidéo sans commentaire afin de laisser le spectateur se faire un avis sur pièce. Durant la plupart du film, Hermansson nous relate ce qu'il a vu et entendu. C'est son interprétation, nous sommes obligés de lui faire confiance. J'aurais préféré avoir des extraits vidéos plus conséquents afin de mettre les partisans de l'extrême droite face à leurs responsabilités.

Si je connaissais le **doxing** (publication non autorisée de données personnelles concernant une personne ou un ensemble de personnes) depuis 2011 (dans le cadre de la publication de l'identité et de l'adresse postale de flics français par copwatch-idf), je n'avais pas compris aussi clairement l'un des objectifs de cette action (qui peut être militante ou non) : **produire une répercussion sur la vie sociale des personnes qui agissent dans l'ombre voire dans une forme d'impunité, notamment à l'aide de pseudos. C'est un moyen de générer de l'auto-censure**.


Marianne et Thinkerview : illustration de la soumission de la presse par copinage idéologique

Sat Jun 15 14:16:50 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?uybJ3Q


Marianne qui fait l'éloge de Thinkerview. **Que c'est beau, la soumission de la presse par copinage idéologique** (on pense environ pareil, on se retrouve, on se fréquente, on ne se tire plus dessus car on se connaît environ, etc.) !

Pour les personnes qui ne savent pas à quoi je fais référence, une petite chronologie :
  * Le 04/02/2019, [Marianne publie un article qui évoque, entre autres, Thinkerview](https://www.marianne.net/politique/comment-internet-bouleverse-la-maniere-de-se-forger-une-culture-politique) ;
<br />
  * Le 12/02/2019, [Natacha Polony, rédactrice en chef de Marianne, est interrogée pour la troisième fois par Thinkerview](https://thinkerview.video/videos/watch/3a9fae39-92e1-4ee5-bbad-fc1eee902422) ([mes notes](/?kQ4UqQ)). Elle se fait tancer sur l'article sus-cité ([à partir de la 43e minute](https://thinkerview.video/videos/watch/3a9fae39-92e1-4ee5-bbad-fc1eee902422?start=43m2s)). Elle y défend la liberté de son journaliste, la largeur de la ligne éditoriale qu'elle veut imprimer à Marianne, etc. ;
<br />
  * Le 15/06/2019 (aujourd'hui), [Marianne publie un article tout bien gentil et tout bien consensuel dédié à Thinkerview](https://www.marianne.net/medias/le-phenomene-thinkerview-ou-le-triomphe-de-l-info-non-formatee). Que c'est beau !


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GuiGui's Show - Monday 10 June 2019 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190610 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190610 Mon, 10 Jun 2019 00:00:00 +0200 Alain Damasio : l'intuition de la science-fiction ? [EN DIRECT] - Thinkerview Mon Jun 10 21:07:06 2019 -
https://thinkerview.video/videos/watch/d3472aea-41dd-43bd-bffe-b5e383cf1a74


Entretien avec Alain Damasio écrivain de science-fiction. Elle est complémentaire à [celle publiée dans Siné mensuel](/?b5A8qA). J'en recommande le visionnage. :)

On notera que Thinkerview s'est mis à la promo ces derniers temps, mais de là à filmer en gros plan le livre de Damasio et à lui en faire lire un extrait…

Mes notes :
  * [Michel Foucault](https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault) identifie plusieurs types de société. Société féodale jusqu'au 18e siècle. **Société disciplinaire jusqu'au début des années 60-70 : l'autorité / le pouvoir est exercé sur les personnes en des lieux bien identifiés durant une période de temps bien délimitée** : école, caserne, usine, prison, etc. Cette classification est complétée par [Gilles Deleuze](https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Deleuze) avec la **société de normalisation / de contrôle dans laquelle l'autorité se dissimule, cherche à se rendre moins pyramidale, plus insidieuse, joue son rôle en permanence et en tous lieux**. L'auteur prolonge cette réflexion avec la **société de traces dans laquelle nous serions désormais : techno-cocon, techno-nounou, couveuse, flicage partout tout le temps, contrôle diffus pour nous apporter prétendument le bonheur** ;
<br />
  * **Damasio identifie plusieurs types de contrôles : **le contrôle vertical** (gouvernement, société commerciale, etc.). **L'inter-contrôle** (filmer le moindre événement dans la rue, le patron qui se renseigne sur son futur salarié, le salarié qui se renseigne sur son futur patron, la femme qui lit l'historique web de son homme, l'homme qui lit les SMS de sa femme, les voisins qui s'entre-surveillent, etc.). **L'intra-contrôle** (autocensure comme les fêtes du Festival de Cannes se seraient assagies par peur des fuites vidéos, frein au développement d'une pensée critique, etc.). **Tout cela forme un maillage très dense où chacun dont chacun de nous est victime mais aussi acteur, ce qui explique, selon Damasio, l'absence de réel impact des publications de Snowden** : le grand public s'est dit "boaaarf, on fait tous ça, c'est booon". **Pour réduire l'inter-contrôle, il faut accepter de ne pas tout savoir, accepter de faire confiance** (à sa femme, à ses enfants, à ses amis,  etc.) et **offrir la liberté aux autres** (ton enfant peut en effet consommer de la drogue, c'est son choix, si t'as fait ce qu'il faut pour lui expliquer les mauvais côtés, t'as fait ton maximum ;

  * Damasio énonce un ensemble de chiffres pour illustrer l'injustice fiscale. L'approximation est au rendez-vous. :(
    * **Le [taux maximal de l'IRPP est passé de 65 % à 45 % en 35 ans](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bar%C3%A8mes_de_l%27imp%C3%B4t_sur_le_revenu_en_France)**, pas de 60 % à 30 % (Damasio compte la [flat-tax](https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9l%C3%A8vement_forfaitaire_unique) qui s'applique uniquement aux revenus des capitaux). On peut aussi regarder [l'évolution de l'IRPP sur 100 ans](https://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2014/07/n12-notesIPP-juillet2014.pdf) et constater que **l'écart entre le taux moyen d'imposition des 0,1 % les plus riches et celui des 90 % les moins riches s'est réduit de 15 points en 30 ans. Même chose entre celui des 1 % les plus riches et celui des 90 % les moins riches (10 points)** ;
<br />
    * Les droits de succession auraient été divisés par un coefficient deux en 30 ans. Je n'ai pas retrouvé ce chiffre… Pour un héritage en ligne directe, on parle d'un taux maximal qui varie entre 40 % et 45 % sur les 30 dernières années, mais les abattements ont beaucoup évolués (et ça a profité à tous) ;
<br />
    * **Le [taux maximal de l'impôt sur les sociétés est bien passé de 50 % à 31 % en 33 ans](https://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_sur_les_soci%C3%A9t%C3%A9s_en_France)… mais ça ne prouve rien : le taux de 31 % s'applique dès 38 000 € de bénéfices**… si c'est ça une société commerciale appartenant à un riche… ;
<br />
    * **La répartition de la valeur ajoutée entre les salariés et les actionnaires** serait passée de 70 % (travail) - 30 % (capital) à 60 % (travail) - 40 % (capital) en 30 ans. **Heu ? On parle d'une variation de 5 points à tout casser, pas de 10 ponts**. Sources : [OCDE](https://www.oecd.org/fr/els/emp/EMO%202012%20Fra%20_Chapitre%203.pdf) et [INSEE](https://www.insee.fr/fr/statistiques/1380707) ;
<br />
    * Il fallait 10 ans pour acheter une maison, il en faut désormais 20. J'ai rien trouvé qui confirme cela… Je ne vois même pas de quoi on parle ? Du crédit financier qui va avec ?

  * **Le fait de pouvoir paramétrer, personnaliser nos smartphones, de pouvoir choisir nos applis, de pouvoir déléguer toutes sortes de tâches à la machin, ça nous donne l'impression d'avoir du pouvoir sur notre vie, sur notre environnement proche** : tout est personnalisable, quoi. **Cela rend la lutte pour nos droits très lointaine, fumeuse… Ça demande beaucoup de travail** alors qu'on est bercé dans le confort. **Pourquoi se frotter à l'impuissance des luttes quand on peut se croire tout puissant en personnalisant ses joujous technologiques ?** ;
<br />
  * **Damasio fait, comme d'autres, la distinction entre la violence contre des objets (Fouquet's, par exemple) et la violence systémique contre des personnes**. La violence contre les personnes est exercée majoritairement par la police, le gouvernement, les oligarques, les médias et les criminels. **La violence est un processus**. Les gens violent en manifestation se sont fait rejeter des dizaines de fois en entretien d'embauche, se sont fait discriminer (arabe, femme, etc.), ont du se battre pour toucher leurs indemnités chômage qu'on veut de plus en plus leur sucrer, etc. Ils constatent l'injustice fiscale (ultra-riches imposés à que dalle, etc.). Ils constatent l'échec des manifestations. **Leur colère finie par sortir. Il faut regarder seulement la fin du processus pour trouver cette violence scandaleuse**. De même, **cette violence refoulée qui sort est une bonne chose : la colère refoulée entraîne dépression, suicide, violence conjugale, agressivité constante**, etc. **La violence permet de sortir l'oligarchie de l'impunité dans laquelle elle s'est réfugiée en lui faisant peur, en lui faisant se sentir vulnérable**, de retour parmi nous. **Il faut évidemment que cette violence s'inscrive dans une lutte plus large, avec des objectifs, une narration, des idéaux enviables, etc.** ;
<br />
  * **Dans le récit et la communication, pour bâtir un personnage, il faut que le récepteur (lecteur, citoyen, consommateur, etc.) s'identifie à lui. Il y a deux formes d'identification : par l'admiration (trouver des qualités que l'on aimerait avoir, comme super-héro ou superbe réussite, magnifique couple, reconnaissance sociale, etc.) ou par la familiarité (je suis normal, je vous ressemble)**. Exemples d'identification par l'admiration : Macron, Sarko. Exemples d'identification par la familiarité : Hollande, Cauet ;
<br />
  * **Les humains retiennent mieux le chant, la poésie (grâce aux rimes), l'anecdote, une ligne narrative**, d'où la proéminence de ces formes de communication dans de précédentes civilisations.


Mes notes du Siné Madame d'avril 2019

Mon Jun 10 12:10:05 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?e7jr2g


**Il s'agit du premier numéro de ce journal de la même maison que Siné mensuel qui se présente comme satirique, sociétal et entièrement écrit et dessiné par des femmes**. Oui, quand des hommes font des trucs entre eux sans laisser entrer des femmes dans le groupe, on dit qu'ils sont exclusifs, qu'il s'agit de non-mixité subie et c'est très très mal. Quand des femmes font des trucs entre elles sans laisser entrer des hommes dans le groupe, c'est de la [non-mixité voulue](/?GgUbow) et c'est socialement valorisé… Néanmoins, lisons et faisons-nous un avis sur pièce.

Mes notes :
  * **Andropause** ou syndrome du déficit androgénique lié à l'âge chez l'homme : **baisse progressive de la testostérone à partir de la cinquantaine**. Cela peut entraîner réduction de la masse musculaire, augmentation de la graisse, ostéoporose, troubles de l'humeur, bouffées de chaleur, dépression, baisse du désir sexuel, troubles de l'érection (même si le désir permet de compenser la baisse d'hormones, donc de ne pas avoir ces troubles), etc. ;
<br />
  * **Le papillomavirus, que l'on associe trop souvent au seul cancer du col de l'utérus, peut provoquer des cancers de la gorge ou de l'anus. Les hommes sont donc également concernés**, notamment les homosexuels ;
<br />
  * Sine Madame, comme d'autres, analyse un curieux écart publié dans la dernière enquête sérieuse sur la sexualité des Français (*Contexte de la sexualité en France*, 2006) : **en moyenne, les femmes déclarent 4,4 partenaires sexuels au cours de leur vie. Les hommes en déclarent 11,6**. Soit l'homosexualité est bien plus répandue qu'on ne le croit, soit l'enquête n'est pas représentative d'un point de vue de l'âge (plus de vieux hommes que de vieilles femmes), soit il y a des menteurs. Ça peut être des hommes (qui veulent conserver leur statut de queutard), des femmes (qui ne veulent pas passer pour des salopes)… ou les deux. **Quand l'imaginaire collectif et les rôles genrés influent sur les stats** ;
<br />
  * Siné Madame nous rappelle qu'**au Moyen Âge, les noms de métiers disposaient d'un masculin et d'un féminin : on pouvait être autrice, tavernière, peintresse, bourrelle, philosophesse. L'usage exclusif du masculin a commencé au 17e siècle**, encouragé, entre autres, par les bourgeois de l'Académie française qui jugeait le féminin moins noble. **Jugesse, notaresse, mairesse, etc. continuaient à être utilisés au 18-19e siècle. Certains noms de métiers féminins ont été donnés à des machines** : moissonneuse, faneuse, balayeuse, etc. **D'autres ont été donnés à la « femme de »** : avant, une jugesse était une juge, pas la femme d'un juge, une ambassadrice était une ambassadeur à part entière, pas la femme au foyer d'un ambassadeur, etc. Bref, ceux qui pensent que l'Académie française a fait un grand pas en avant en ce début 2019 en reconnaissant les noms de métiers féminins se trompent : nous sommes revenus dans le passé.

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### L'enfant et la louve

> J'ai lu le courrier des lecteurs dont le thème majeur est, en gros : « Mais on n' y comprend rien/ on sait plus comment vous causer/ draguer/ c’est quoi la méthode, merde! » Pour y répondre, j’ ai pastiché ce finaud de La Fontaine. À la manière de celui qui se servait des animaux pour instruire les hommes, voici la fable L’Enfant et la Louve.

> Hugo, mon neveu de 8 ans et moi,
> Nous nous promenions à la campagne,
> lorsque surgit une louve d’un fourré.
> Plantée face a nous, le regard furieux et
> l’air assez affolé
> Pour qu’Hugo, enfant de la ville, soit
> pris d’effroi.
> (N’ayant plus fait de poésie depuis le
> CE2, je reprends la prose.)
> « Alors, mon chéri, commence par la
> regarder droit dans les yeux. Et parle.
> C’est pas tant qu’elle comprend le
> français, mais elle entend le son de ta
> voix. Ni agressif, ni apeuré, montre-lui
> qu’elle t’intéresse.
> Si elle s’approche, la queue battante,
> laisse-la venir. Elle s’habitue a ton
> odeur, voilà. Regarde, elle semble même
> séduite, c’est bien. À présent, tu peux la
> caresser puisqu’en venant aussi près,
> elle te l’autorise.
> Pas sur la tête, malheureux ! Je
> comprends, elle est séduisante et douce,
> cette tête, mais vous n’êtes pas
> apprivoisés encore. Tu ne voudrais pas
> la dominer, n’est-ce pas?
> Oui, sur l’épaule, c’est bien, c’est
> respectueux.
> Si elle grogne, réponds-lui. Dis-lui
> d’une voix forte que non, elle n’a pas
> à te faire peur.
> Et si elle reste à distance, alors accepte
> la frustration, tes doigts ne connaîtront
> pas la suavité de sa fourrure, il faut
> renoncer à devenir son ami : elle a le
> droit, parce que, vois-tu, l’amitié, c’est
> un truc qui se danse à deux. »

> Hugo a très bien compris. Et vous ?


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GuiGui's Show - Sunday 9 June 2019 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190609 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20190609 Sun, 09 Jun 2019 00:00:00 +0200 Analyses des élections européennes 2019 : il s'agirait de grandir ! Sun Jun 9 16:51:11 2019 -
http://shaarli.guiguishow.info/?6McCOw


**LREM qui se réjouit de finir quasiment premier ex aequo avec le RN aux élections européennes… Quand il te reste uniquement la sémantique pour continuer de convaincre que tu as des biceps sur-développés**… Lamentable… Ceci dit, factuellement, ce n'est pas faux : **les deux partis auront 23 sièges chacun au Parlement européen** (après le Brexit, 21 pour LREM et 22 pour le RN en attendant [source](https://resultats-elections.eu/repartition-partis-nationaux-groupe-politique/2019-2024/), [source 2](https://www.liberation.fr/france/2019/05/26/les-resultats-des-europeennes-en-quatre-graphiques_1729785)). **Ce qui va faire la différence, c'est les alliances. LREM a rejoint l'ALDE pour un total de 106 sièges, le RN a rejoint l'ENF pour un total de 58 sièges ([source](https://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/priorities/elections-europeennes/20190523STO52402/elections-europeennes-2019-taux-de-participation-au-plus-haut-depuis-20-ans)). Tu le vois mieux, le rapport de force ?** Tu le vois mieux que le RN ne va pas changer le rapport de force au Parlement européen ?

**Macron qui**, selon le Canard enchaîné du 29 mai 2019, **se réjouit de la bipolarisation du paysage politique français entre RN et LREM**… D'un certain côté, **il a raison : cela lui assure son fauteuil et ses privilèges… … … jusqu'au basculement dans le gouffre**. Comment peut-on se réjouir d'une situation qui ressemble plutôt à la méthode Coué « jusque-là tout va bien… jusque-là, tout va bien… jusque-là… » ?! C'est cela, être responsable ?! **Comment peut-on se réjouir de la réduction de la qualité du débat politique ?! On va se manger de l'enfumage "moi le gentil Macron versus le méchant RN" et se farder les régressions sociales qui vont avec pendant encore longtemps**… Bon sang…

**Les journalistes**, même de journaux que je respecte, comme le Canard, **qui font des comparaisons à tout-va entre les résultats de la dernière présidentielle, des dernières législatives, des européennes actuelles et des prochaines municipales**, et qui nous expliquent que, dans le fief de Hollande, c'est le RN qui l'emporte (sous-entendu : c'est rien que de la faute à Hollande) et que dans la région de Wauquiez, LR divise son score par deux par rapport à 2014 (sous-entendu : c'est rien que la faute à Wauquiez) et que…, **vous n'avez pas autre chose à écrire ?! Vous n'en avez pas marre d'additionner des courgettes avec des voitures pour obtenir l'âge du capitaine sans même vous demandez s'il est intéressant de calculer l'âge du capitaine ?!** Dans toutes les élections que vous mélangez, **ce n'est pas les mêmes candidats** (et ça a de l'importance vu que, dans l'imaginaire de la 5e Ripoublique, la présidentielle repose sur un homme providentiel) **ni les mêmes enjeux** (on ne devrait pas calquer les enjeux nationaux sur l'UE, mais définir une feuille de route indépendante des enjeux nationaux avec, pourquoi pas, des candidats européens, pas nationaux) **ni le même mode de scrutin** (les électeurs, pas idiots, savent qu'ils peuvent faire passer le RN ou les Verts lors d'une élection proportionnelle, donc ils se mobilisent) !

**Les écolos qui se présentent désormais comme la 3e force politique de France**… Ils sont membres d'un groupe de 74 députés européens… Autant dire qu'**ils sont minoritaires face au PPE, aux S&D et à l'ALDE, donc que leur marge de manœuvre va être très limitée**…

Je préfère constater que **LREM a rejoint le groupe parlementaire ALDE, que cela forme une troisième force au Parlement européen qui nuance avec l'habituel bipartisme PPE-S&D**. Ça peut être intéressant, car dans mes combats passés (ACTA, neutralité du net, etc.), **l'ALDE a souvent été une petite réserve de voix… même si ce groupe s'est souvent aligné sur les libéraux du PPE**…

Je préfère constater également, qu'**avant, le RN n'avait pas de groupe au Parlement européen, alors qu'aujourd'hui, le RN a rejoint l'ENF de Salvini (et un peu de l'Autriche et de la Belgique)… J'imagine que, comme au Parlement français, former un groupe offre des possibilités d'action supplémentaires** (au niveau français, cela octroie du temps de parole, des contre-pouvoirs, etc.).

[Il s'agirait de grandir](https://www.youtube.com/watch?v=PRTa5rgJgS8).


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