Daily - GuiGui's Showhttp://shaarli.guiguishow.info/Daily shared linksen-enhttp://shaarli.guiguishow.info/ GuiGui's Show - Saturday 24 February 2018 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180224 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180224 Sat, 24 Feb 2018 00:00:00 +0100 C’est pas bien, mais … | Emma Sat Feb 24 21:45:50 2018 -
https://emmaclit.com/2017/11/27/cest-pas-bien-mais/


> J'ai eu ma première expérience sexuelle à 18 ans. Mon partenaire avait un comportement abusif « Allez, tu ne peux pas me dire non maintenant ! » mais **j'avais tellement intégré que c'était comme ça, que je ne me suis pas vraiment défendue**.

Un peu comme [ces ados qui se sentent obligées de « passer à la casserole »](http://www.gqmagazine.fr/sexactu/articles/casserole-souvenir/50418)… De même pour ces ados qui se sentent socialement obligés d'avoir une expérience sexuelle jeune.

<br />
> On savait tous les deux que forcer quelqu'un c'était mal, mais **on nous avait dit aussi que ceux qui faisaient ça, c'était des inconnus. Forcément moches, forcément violents et cachés dans des parkings ou des ruelles sombres. Mon copain n'était ni un inconnu, ni moche ni violent. C'était un mec lambda avec des tendances abusives** « Mais moi j'ai envie ! Et tu veux qu'on reste ensemble, non ? » **qui a grandi dans une culture l'encourageant à les exercer**.

> […]

> Même s'ils admettent, à un moment ou à un autre de leur vie, s'être passés du consentement éclairé de leur partenaire, ce n'était pas le plus important. **Le plus important pour eux était de ne pas être mis dans la case « agresseur ». Pourtant, qu'on parle de culpabiliser sa partenaire jusqu'à ce qu'elle cède, de profiter d'une amie soit soûle pour abuser d'elle ou d'utiliser la contrainte physique c'est la même idée qui est à l'œuvre : le consentement des femmes en matière de sexualité importe peu**. Ce qui est important, c'est d'obtenir du sexe.

> **Les abus sexuels, ce n'est pas un ensemble d'actes « pas bien mais ça va encore » qui deviendraient soudain un crime quand on les commet sur une inconnue ou avec un couteau. C'est un continuum, un ensemble de comportements abusifs** encouragés par la culture du viol, **de degrés divers, mais consistant tous à se passer de consentement. Ils ne sont pas tous illégaux, mais ils sont tous à proscrire !**


Détends-toi | Emma

Sat Feb 24 18:26:28 2018 -
https://emmaclit.com/2017/11/06/detends-toi/


> ‒ Eh mais détends-toi un peu !
> ‒ Du calme, on déconne !
> Ça vous est déjà arrivé d'entendre ça après vous être agacée d'une remarque ou d'un comportement déplacé ? Moi oui, souvent.

> ‒ T'as pas de très belles mains quand même.
> ‒ Wah t'as pris du cul !
> ‒ Faut mettre des strings, on voit la marque de votre slip là !

> […]

> J'ai répondu sans réfléchir, par réflexe. **À chaque fois, c'est ma réaction de défense, plus que l'attaque, qui semblait déplacée. Et je finissais fautive. Est-ce moi qui étais trop susceptible et acceptais mal les « blagues » et les « conseils » ?** Nommons les choses clairement : faire croire à une personne blessée qu'elle est la fautive, c'est de la manipulation émotionnelle.

> Et le subir régulièrement tend à nous faire perdre nos repères. C'est tellement humiliant de devoir s'excuser d'avoir été blessée, que progressivement, on finit par ne plus réagir du tout aux provocations. Aujourd'hui, comme beaucoup de femmes, je suis devenue incapable de discerner les situations dans lesquelles je suis légitime à me mettre en colère.

> **Ce contrôle social de nos émotions commence dès l'enfance**. Chez les petits garçons, l'agressivité est considérée très tôt comme normale. Elle fait partie des qualités vues comme nécessaires pour « devenir un homme ». Plus tard, ce stéréotype leur coûtera très cher. Déjà, car **ceux qui n'y correspondent pas, considérés comme « pas des vrais hommes », subissent de nombreuses humiliations**… et aussi parce que les autres, **pour ne pas subir le même sort, tentent de prouver leur virilité par des comportements violents et à risque**.

> Les petites filles n'ont pas ces problèmes car chez elles, on contrôle très tôt les manifestations d'agressivité. Tout au long de leur vie, on va les encourager à rester douces en présentant leur agressivité comme inadéquate. **Une fois adulte, on dira d'une femme qui se fâche qu'elle est émotive et irrationnelle, car ce n'est pas une émotion perçue comme normale**.

> Ce sera toujours parce qu'on a nos règles ou qu'on a « un problème ». Mais le problème sera toujours dans notre tête ou dans notre corps, jamais extérieur. **On a même inventé des termes spécifiques pour les femmes qui se fâchent. Comme par exemple « hystérique », qui vient du mot « utérus »**, créé juste pour nous !  Ou la fameuse « mégère » qualificatif anciennement attribué aux femmes qui avaient le culot de ne pas vouloir se taper toutes les tâches à la maison.

> Nous, **nous n'avons pas envie d'être des hustériques ou des chieuses. Alors nous finissons par nous taire… ou par exprimer nos émotions de façon détournée, lissée, pour ne pas paraître agressives**. « T'es en retard. » -> « Je t'attends pour manger ? :) »

> Alors **je dis pas que la finalité est de se hurler les uns sur les autres**… Mais **canaliser sa colère ne veut pas dire l'étouffer !** Déjà parce qu'**elle finit toujours par nous revenir en boomerang** sur le derrière de la nuque… et puis surtout parce que **c'est une émotion saine de réaction à tout un tas de choses qu'on subit** : irrespect, provocations, agressions physiques ou verbales.

> **Prendre l'habitude d'étouffer ce signal nous laisse paralysées en situation d'agression, car nous n'avons plus confiance en nos réflexes défensifs**.

> Nous exécutons un numéro d'équilibriste quotidien, coincées entre les injonctions à savoir se défendre et les accusations d'hystérie quand nous le faisons.

> C'est flagrant dans le monde politique : les hommes, eux, peuvent se mettre à crier, jurer, gesticuler sans risquer d'être traités d'hystériques ou d'être critiqués sur la laideur de leurs expressions faciales. Ça les aides même à convaincre et à se faire élire. Pour les femmes, ça ne fait pas partie des options possibles.
> ‒ Han même elle pète un plomb là ! Elle a ses règles ou quoi ?
> ‒ Elle va nous déclencher une guerre en moins d'un mois celle-là !

Oui, c'est ce qu'on disait de Ségolène Royal dans mon entourage, en 2007. Avec la boule de nerfs Sarko en face d'elle, le contraste était… saisissant. Ce traitement différencié continue à l'heure actuelle… Y'a qu'à regarder le traitement des actions de Hidalgo ou de Royal par le Canard enchaîné, par exemple…

<br />
> **Si la colère assoit le charisme des hommes, à l'inverse, elle décrédibilise les femmes**.

> Il existe à ce sujet une étude édifiante : en 2015, 200 étudiant⋅e⋅s ont participé à une simulation de procès virtuel. On leur a présenté des photos de preuves, des témoignages et l'argumentaire des avocats. Les étudiant⋅e⋅s ont alors échangé avec 4 jurés : 3 du même avis qu'eux et un en désaccord. Le juré en désaccord s'exprimait avec beaucoup de colère, utilisant majuscule et ponctuation excessive. En réalité, les avis n'étaient pas donnés par de vraies personnes, mais des réponses programmées et affichées par l'ordinateur. Pour chaque étudiant⋅e, le juré en colère donnait exactement les mêmes réponses, avec les mêmes majuscules et ponctuation. Sauf que… dans la moitié des cas, il s'appelait Jason… et dans l'autre, Alicia. À la fin de l'expérience, **Jason en colère a fait changer d'avis 18 % des étudiant⋅e⋅s… Et Alicia… zéro**. Et même plus, la colère d'Alicia a eu tendance à renforcer les étudiant⋅e⋅s dans leur position initiale.

> […]

> À long terme, **nous devons apprendre à nos enfants, indépendamment de leur genre, que la colère est une bonne émotion, un signal utile ! Tout en leur donnant des outils pour l'exprimer efficacement**. Et puis **la prochaine fois que vous trouverez une femme agressive… vous pouvez vous demander si vous penseriez la même chose d'un homme**.


Les Surligneurs [ financement participatif d'un bullshitomètre juridique ] - GuiGui's Show

Sat Feb 24 17:31:48 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/?Q7GnKg


Il reste quelques jours pour contribuer au financement des Surligneurs.

> Je pense que ce projet est vital : en tous temps, période électorale ou non, en provenance de tous partis et tous journaux, **les citoyen⋅ne⋅s se font enfumer par des propositions politiciennes** qui seront inapplicables car elles sont anticonstitutionnelles ou très difficiles à définir en droit ou mensongères voire un mélange de tout ça. **Avoir à disposition des décryptages sur tout ce bullshit est un enjeu citoyen extrêmement fort**. Exemples de bullshit : [Macron et sa prétendue moralisation de la vie politique](http://lessurligneurs.eu/emmanuel-macron-affirme-un-peu-vite-quil-a-tenu-ses-promesses-sur-la-moralisation-de-la-vie-politique/) ; [Poutou et son interdiction du licenciement économique](http://lessurligneurs.eu/philippe-poutou-veut-linterdiction-des-licenciements-mais-va-se-heurter-a-la-constitution/) ; [Mélenchon et son abrogation intégrale de la loi El Khomri](http://lessurligneurs.eu/jean-luc-melenchon-peut-il-promettre-dabroger-lintegralite-de-la-loi-el-khomri/) ; [Philippot et son "Bruxelles nous impose tout mouin mouin !"](http://lessurligneurs.eu/florian-philippot-dit-un-peu-vite-que-la-reforme-du-code-du-travail-sort-des-cartons-de-bruxelles/) ; la [droite (dont Fillon) et sa veille rengaine de peines-planchers automatiques](http://lessurligneurs.eu/francois-fillon-risque-de-ne-pas-pouvoir-tenir-sa-promesse-de-peines-planchers-automatiques/) ; etc.

> De plus, **nous avons besoin de comprendre certaines notions juridiques afin de former une opinion sur les sujets de société**. Comme l'[euthanasie](http://lessurligneurs.eu/selon-la-deputee-de-la-france-insoumise-caroline-fiat-il-est-grand-temps-dencadrer-les-quelques-4-000-euthanasies-clandestines-pratiquees-sur-les-patients/) ou le [fonctionnement de notre processus législatif](http://lessurligneurs.eu/non-alexis-corbiere-les-ordonnances-ne-sont-pas-decidees-par-un-seul-homme-sans-le-parlement/).


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GuiGui's Show - Friday 23 February 2018 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180223 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180223 Fri, 23 Feb 2018 00:00:00 +0100 Comment trouver le no. de série d’un disque dur ? — documentation OVH Documentation 0.0.1 Fri Feb 23 10:50:00 2018 -
http://docs.ovh.ca/fr/faqs-hdd-serial.html


La correspondance entre la sortie de smartctl et celle de megacli : dans `smartctl -a -d megaraid,X /dev/sda`, X = device ID dans `megacli -pdlist`.


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GuiGui's Show - Sunday 18 February 2018 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180218 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180218 Sun, 18 Feb 2018 00:00:00 +0100 Société Civile des Producteurs Associés - Déclaration annuelle d'utilisation de musique d'attente téléphonique Sun Feb 18 16:34:24 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/data/uploads/2018/02/SCPA-_-Déclaration_annuelle_dutilisation_de_musique_dattente_telephonique.pdf


On a reçu ça au boulot il y a quelques temps (oui, je l'ai caviardé). Je ne savais pas à quoi ressemble cette déclaration, maintenant je sais.

Je constate que, si l'on utilise des musiques libres de droit, il faut fournir un justificatif… Ce qui en décourage l'utilisation puisque les artistes engagés dans cette voie-là signe rarement un bout de papelard depuis l'autre bout du ternet… Dans notre cas, nous utilisons une solution commerciale qui intègre le logiciel libre Asterisk, [XiVo](https://www.xivo.solutions/), ainsi que l'une des "musiques" livrées par défaut avec Asterisk. La société qui vend cette solution nous a signé un papier pour satisfaire la SCPA.

Je ne sais pas comment est calculée l'estimation du nombre de lignes… En cherchant dans l'annuaire ? En demandant le routage aux opérateurs téléphoniques ? Dans notre cas, c'est erroné. De plus, chez nous, toutes les lignes peuvent être jointes de l'extérieur (juste, ce n'est pas publié dans l'annuaire) et une musique d'attente peut être jouée sur chaque ligne. Ben oui, même si tu me téléphones sur ma ligne directe, je peux te mettre en attente. Il me semble que c'est un comportement standard… Donc la facturation est illogique.

Chaque année, la SCPA nous envoie cette déclaration… Avec une estimation du nombre de lignes erronée… Sans tenir compte qu'on a déjà répondu xx fois qu'on utilise de la musique libre de droit… Tout ce papier gaspillé… Toute l'énergie humaine gaspillée pour taxer une niche (non mais sérieux, qui savoure une musique d'attente téléphonique ?!)… Tout cet argent qui nourrit des intermédiaires inutiles… [Tout cet argent qui n'est pas redistribué](https://www.nextinpact.com/archive/56327-hadopi-crise-cour-compte-controle.htm) aux artistes, aux interprètes et aux producteur⋅rice⋅s car [les organismes de collecte ne font même pas l'effort de rechercher](https://www.numerama.com/pop-culture/249963-mercinity-la-startup-qui-comble-les-lacunes-de-la-sacem-et-de-la-sacd-aupres-des-artistes.html) ces personnes afin de leur filer leur chèque…


Massacre à la tronçonneuse chez les syndicalistes

Sun Feb 18 13:37:05 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/?cDRN8g


> Une hécatombe : **200 000 des 700 000 représentants du personnel (délégués syndicaux, élus au comité d’entreprise, etc.) pourraient disparaître d’ici à décembre 2019, à cause de l’ordonnance Macron** qui institue dans les boîtes une seule et unique structure, le comité social et économique. Le couperet tomberait principalement sur la CGT et la CFDT, qui perdraient chacune 60 000 délégués ; FO ferait une croix sur 35 000 de ses représentants. Les autres formations verraient s’envoler, au total, 50 000 de leurs élus.

> **Ces chiffres ont été présentés lors d’une réunion organisée le 31 janvier au ministère du Travail**, dans le cadre de la préparation du rapport sur la « valorisation » des compétences des représentants syndicaux. Ce dernier a été confié par Muriel Pénicaud à Jean-Dominique Simonpoli, ancien responsable CGT reconverti dans le conseil tarifé aux entreprises, et à Gilles Gateau, DRH d’Air France. Les évaluations effectuées chez le transporteur aérien corroborent d’ailleurs les projections nationales : après fusion des instances du personnel, la population des salariés protégés tombera de 760 à 500 à Air France. Les syndicats vont presque y laisser leur chemise…

Heu… Je compte entre 28 et 29 % de perte au niveau national contre environ 34 % chez Air France… Y'a quand même une différence de 38 000 au niveau national en fonction de la projection que l'on retient. :-

<br />
> Militants et plus

> Le sort de ces élus déchus commence à inquiéter fortement les directions des confédérations, qui **craignent des représailles**. Les délégués du personnel ou les élus aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) étaient en effet considérés par nombre de patrons comme des emmerdeurs patentés. **Aux yeux de Pierre Gattaz, ils nuisaient gravement à la santé de l’entreprise en exigeant que le boulot nuise un peu moins à celle des salariés**… L’un des patrons de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), Christophe Sadok, est chargé de formuler des propositions pour recycler les futures victimes. Pauvre Sadok… Il n’a pas fini de pomper.

> Les crédits d’heures qui leur étaient accordés seront redistribués aux petits malins qui vont rester en place. Nombre de militants commencent donc à craindre que **l’ordonnance Macron ne crée des bureaucrates syndicaux, qui passeront plus de temps à commenter la stratégie économique de l’entreprise plutôt qu’à défendre les salariés**. Encore des nostalgiques…

Heeeu… C'est inexact : l'ordonnance Pénicaud-Macron diminue le nombre d'heures réservées pour les actions syndicales en fonction de la taille de la société. De plus, ce nombre d'heures sera fixé par négociation avec la société employeuse… … …

Dans le Canard enchaîné du 14 février 2018.


Intermarché, un peu de lait et beaucoup de briques

Sun Feb 18 13:36:03 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/?RdUT6Q


> La guerre des prix fait de nouveau rage dans les rayons. Sauf que, cette fois, ce n’est pas à la baisse, mais à la hausse ! Après avoir bradé 1 million de pots de Nutella à moins 70 %, Intermarché tente de se racheter une conduite en commercialisant une marque de lait équitable baptisée « Les éleveurs vous disent merci ! ».

> **Vendue 88 centimes en magasin, cette brique de lait** UHT demi-écrémé serait, dixit Intermarché, « celle qui rémunère le mieux ses éleveurs ». C’est écrit sur l’emballage : **les producteurs percevront la moitié de ce prix, soit 44 centimes par litre**. Pour mémoire, une brique de qualité équivalente proposée par l’enseigne sous la **« marque distributeur » Pâturages vaut 73 centimes**.

Le coût de production moyen d'un litre de lait est d'environ 37 centimes d'euros.

<br />
> « C’est notre déclinaison des Etats généraux de l’alimentation, solennise Thierry Cotillard, le président d’Intermarché. Pour que la future loi atteigne son but et permette aux agriculteurs de vivre dignement, il faut une transparence » (« L’Opinion », 5/2).

> Voie lactée

> A propos de « transparence », le patron des Mousquetaires oublie de préciser que **la laiterie de Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique), qui produit ces briques, appartient à… Intermarché ! Autrement dit, si le profit généré rejaillira bien sur les 136 éleveurs de la laiterie, il ruissellera aussi sur l’enseigne…** Pour l’instant, celle-ci n’a cependant signé qu’un engagement minimal de 5 millions de litres par an.

Donc la grande distribution remonte la chaîne de production (les économistes parlent de concentration verticale) donc rien ne change concernant l'indépendance des éleveur⋅euse⋅s et le problème de répartition des richesses le long de la chaîne demeure…

<br />
> **Une goutte de lait dans l’océan lacté des 21,8 milliards de litres produits chaque année en France**… Une goutte qui, en passant, permet aux Mousquetaires d’afficher leur respect des règles fixées par le projet de loi de rééquilibrage des relations commerciales entre producteurs et distributeurs. Au risque de donner envie à d’autres grandes surfaces de copier cette astuce ?

> Alain Bazot, le président d’UFC-Que choisir, estime que la future loi provoquera une inflation sur les produits alimentaires et se traduira par une augmentation annuelle des dépenses pouvant aller jusqu’à 177 euros par ménage. « On nous demande de relever les prix de tous les produits alimentaires, dont 70 % sont fabriqués par Danone, Unilever ou Coca—Cola », se lamente Michel-Edouard Leclerc (France lnter, 12/2)

> Panier gonflé

> « Faux, rétorque une proche du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert. **L’objectif du gouvernement consiste à réduire les ventes à perte sur des produits d’appel vendus en grande quantité comme Nutella pour pousser les enseignes à réduire leurs marges (entre 40 et 60 %) sur les denrées agricoles. »**

Joli jeu de bonneteau désiré par le gouvernement. Je ne suis pas convaincu qu'il ait lieu. :)

<br />
> Michel-Edouard Leclerc fait mine d’oublier que ce sont les magasins qui fixent les prix de vente. Et choisissent quelles marchandises leur serviront de vaches à lait...

Dans le Canard enchaîné du 14 février 2018.


Les bonnes positions des missionnés

Sun Feb 18 13:35:26 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/?qNVNXA


> Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot sont les derniers du lot. Ils sont devenus, à la demande du ministre Collomb, « députés en mission », chargés de préfigurer la future police de sécurité du quotidien.

> Au total, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, 12 parlementaires se sont vu confier une mission. Sous Sarko, dans le même laps de temps, ils étaient 15. Sous Hollande, 9. Petit joueur, le camarade François.

> **Pendant la durée de “leur mission — six mois au plus —, les heureux élus sont dispensés de tout travail parlementaire**. Mais ils peuvent encore participer aux scrutins… en déléguant leur vote à des collègues. Comme ils ont également **la possibilité de bénéficier de l’appui de hauts fonctionnaires pour mener à bien leur tâche et recruter des collaborateurs**. Ces derniers, selon un décret daté du 3 juillet 2006, peuvent percevoir des **indemnités mensuelles brutes d’un peu plus de 2 000 euros**. A l’image de leurs employeurs, ils peuvent « prétendre au remboursement de frais de transport et de séjour ».

> **« Confier une mission, c’est un sucre d’orge, une poire pour la soif, s’amuse un collaborateur de Matignon. C’est une manière de faire plaisir, de récompenser un parlementaire méritant. » Ou éventuellement d’écarter temporairement un récalcitrant**. Dans un cas comme dans l’autre, le rapport commis par les parlementaires missionnés finit souvent… aux archives.

> Un ministre n’a encore missionné personne : celui de la Cohésion des territoires. Sans doute parce que Jacques Mézard, lorsqu’il était « simple » sénateur radical de gauche du Cantal, avait eu une idée prémonitoire : dans une proposition de loi organique votée par le Sénat le 3 février 2016, il proposait, ni plus ni moins, de « supprimer les missions temporaires confiées par le gouvernement aux parlementaires ». Cette proposition de loi de Mézard est sur le bureau de l’Assemblée depuis le 6 juillet 2017. Elle attend encore d’être inscrite à l’ordre du jour, puis examinée et, enfin, votée.

> Le « nouveau monde » parlementaire risque d’attendre.

Dans le Canard enchaîné du 14 février 2018.


Les privés de la route écrasant le champignon

Sun Feb 18 13:34:30 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/?QfUKlQ


> Mais que fait la police ? Elle ne fait pas. **C’est à des agents privés, et non à la maréchaussée, que sera bientôt confié le soin de conduire 350 voitures banalisées avec radar embarqué pour flasher les excès de vitesse**.

> En février 2017, l’Etat a choisi un prestataire : **la société Fareco, filiale du groupe de BTP Fayat. La boîte s’y connaît : elle fournit déjà en radars la moitié de ceux qui flashent les feux rouges grillés**. Seul pépin, le nouveau contrat de 53,8 millions d’euros a été remporté sans qu’un appel d’offres européen soit lancé.

> Délit de favoritisme, grogne l’association Anticor, qui, la semaine dernière, a déposé une plainte contre X auprès du parquet national financier. Dans son viseur, le ministère de l’Intérieur, qui a passé le marché. Mais, du côté de Beauvau, on explique n’avoir fait qu’appliquer le Code des marchés publics : il ne peut y avoir d’appel d’offres lorsqu’ « un élément de propriété intellectuelle est en jeu ». Or Fareco serait la seule société française à détenir un « certificat d’homologation » des radars embarqués. Sauf que, cette homologation, rappelle Anticor, elle la doit à un premier marché remporté en 2012.

> La répression, quelle affaire !

> **Est-il désormais nécessaire d’avoir gagné un premier marché pour enlever les suivants ?** Surtout, alerte Jérôme Karsenti, l’avocat d’Anticor, **« est-il légitime que l’Etat transfère sa souveraineté au détriment du citoyen ? Les pouvoirs publics disent que nos sociétés ont besoin de plus de sécurité, or ils délèguent à des gens dont ce n’est pas la mission première »**.

> Accentuer la répression routière se justifie, aux yeux du ministère de l’Intérieur, par la nécessité de réduire le nombre de morts (3 477 en 2016) et de blessés (29 000 hospitalisés) sur la route. **Mais sanctionner plus et mieux les conducteurs grâce à la privatisation permet aussi de remplir davantage les caisses de l’Etat ou des collectivités locales**.

> **« La même privatisation s’est opérée avec la verbalisation du stationnement confiée à des sociétés privées »**, note Karsenti. **Depuis le 1er janvier**, la loi de modernisation de l’action publique permet aux collectivités locales de décider de leur politique de stationnement, de la déléguer à des prestataires privés et de décider des tarifs.

> A Paris, Anne Hidalgo a augmenté ces derniers de 100 à 200 % (de 17 à 35 ou 50 euros), selon les quartiers. **Les salariés des deux sociétés privées, Streeteo et Moovia, qui ont remplacé les pervenches sont des stakhanovistes : 60 contrôles par heure**. Résultat, selon Christophe Najdovski, l’adjoint chargé du transport : en dépit des dysfonctionnements, le taux de paiement aurait augmenté de 10 %. Les futurs conducteurs de radars mobiles pourraient se montrer tout aussi zélés sur le bitume.

> Pour l’Etat, les collectivités et certaines filiales du BTP, **la répression, c’est une affaire qui roule !**

Malheureusement. :(

Dans le Canard enchaîné du 14 février 2018.


L‘opposition à Paris, c‘est pas du luxe

Sun Feb 18 13:33:06 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/?taBs-A


> **Coup de fil d’un conseiller Les Républicains de Paris à un dirigeant de LVMH**, le 6 février, après la publication le même jour d’un article à la gloire d’Anne Hidalgo, dans « Le Parisien » (propriété du groupe de luxe). Le conseiller de droite s’étonne que ce journal réserve ses louanges à la maire de Paris :

> « Hidalgo s’était plainte auprès de nous du mauvais traitement dont elle faisait l’objet au “Parisien”, rétorque le dirigeant de LVMH. **Bernard Arnault nous a donc demandé de rattraper le coup et de faire quelque chose de bien pour elle. Elle a quand même été très correcte en nous renouvelant la concession du Jardin d’acclimatation au bois de Boulogne ! »**

> « Et, nous, l’opposition parisienne, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » se lamente le conseiller LR. Qui s’attire cette réplique :

> « Si tu savais à quel point Bernard Arnault se fout de l’opposition parisienne… »

> Pourquoi ? Ses membres n’achètent plus de sacs Vuitton et ne boivent plus de coupes de champagne Moët Hennessy ?

Alors là… Tout est détestable : le comportement du conseiller LR et celui du groupe LVMH… Petit marigot boueux et pestilentiel…

Dans le Canard enchaîné du 14 février 2018.


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GuiGui's Show - Saturday 17 February 2018 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180217 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180217 Sat, 17 Feb 2018 00:00:00 +0100 C'est fantastique, Twitter ! Sat Feb 17 20:40:44 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/?cNhmDg


Je cherche à contacter une société commerciale qui m'a facturé un bien, mais ne me l'a pas livré. Évidemment, le mail, c'est trop vieux jeu donc personne ne me répond depuis plus de deux semaines… En revanche, je vois que cette société poste sur Twitter quasiment tous les jours ouvrés.

Je décide donc de **m'inscrire sur Twitter**. Avec un pseudonyme et une adresse mail (créée pour l’occasion, pas folle la guêpe) sur mon domaine, pas un numéro de téléphone. J'arrive sur mon profil avec des tweets pré-rédigés que je peux envoyer si je le veux. J'ouvre un deuxième onglet pour voir à quoi ressemble mon profil et j'envoie un lien à un ami afin qu’il me dise lui aussi à quoi ressemble mon profil. Je clique sur le bouton « Tweeter ». L'espace de rédaction s'ouvre. Je commence à rédiger mon message dans un éditeur de texte local sur mon PC. Moins d'une minute après, je reviens sur mon navigateur web. Et je constate que **Twitter a bloqué mon compte pour un comportement automatisé contraire aux règles de Twitter et que le seul moyen de le débloquer est de procéder à une vérification téléphonique** (un robot téléphone et donne un code qu'il faut saisir sur le site web)… … … **Mon compte Twitter aura existé pendant 8 minutes**.

**Ils et elles sont malin⋅e⋅s chez Twitter. Ils et elles te laissent penser que tu peux t'inscrire sans donner un numéro de téléphone**, contrairement à Google, par exemple. Quand t'as fait le plus difficile (c'est-à-dire le premier pas, l'inscription), ils et elles te bloquent ton compte. C'est très bien vu : **après avoir fourni un effort, t'aimerais bien profiter de ton compte Twitter. T'es donc plus disposé⋅e à céder et à filer ton numéro de téléphone**. C'est beau. Mine de rien, **on se rapproche d'une donnée personnelle collectée sans un vrai consentement**. Mais c'est un détail, de nos jours.

**Twitter, ça sera sans moi**, surtout pour envoyer un tweet public à une société. Je la contacterai par courrier postal.

**J'exècre notre monde technologique trop choupi dans lequel le moindre pet de mouche de travers permet d'exclure ou d'intégrer une communauté**. Le courrier postal pose d'autres problèmes (lenteur, pollution, etc.), qui me semblent être plus de l'ordre du tracas. On est plus loin d'un choix structurant de nos sociétés.

P.-S. :
  * **Non, mon adresse IP n'a jamais été associée à un autre compte Twitter ou à quelles magouilles que ce soient**. Comment le sais-je ? Elle fait partie d'un groupe d'adresses qui a été attribué à [Alsace Réseau Neutre, Fournisseur d'Accès à Internet associatif en Alsace, notamment autour de Strasbourg](https://www.arn-fai.net/). Ce bloc n'a jamais été attribué à quel opérateur que ce soit avant. Sur les outils qui surveillent l'activité d'Internet, on constate qu'aucun autre opérateur a utilisé ce groupe d'adresses avant (exemple sur [RIPEStat](https://stat.ripe.net/widget/routing-history#w.resource=89.234.141.0%2F24&w.starttime=2004-03-14T00%3A00%3A00&w.endtime=2018-02-17T00%3A00%3A00)), même pour faire des magouilles. Et cette adresse IP n’a pas eu d’autre abonné⋅e ARN avant moi ;
<br />
  * Non, je n'avais pas plusieurs navigateurs web ouverts. De même, mon trafic Internet n'a pas pu être émis avec plusieurs adresses IP émettrices (à part peut-être IPv4 si IPv6 a rencontré un problème, mais si Twitter ne sait pas gérer ça, personne ne peut rien pour elle). **Je ne vois pas de raison légitime à l'activation de la sécurité de Twitter**.


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GuiGui's Show - Thursday 15 February 2018 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180215 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180215 Thu, 15 Feb 2018 00:00:00 +0100 Ubérisons l'État ! - Avant que d'autres ne s'en chargent | Armand Colin Thu Feb 15 22:52:32 2018 -
http://www.armand-colin.com/uberisons-letat-avant-que-dautres-ne-sen-chargent-9782200617868


J'avions raté ça : Laura Létourneau, dirlo de l'unité « Internet ouvert » (chargée de réfléchir à / faire appliquer la neutralité du net, tout ça) au sein de l'ARCEP (gendarme des télécoms) a co-écrit un livre préfacé par… Xavier Niel (Iliad donc Free, Online, etc.). Entends-tu ce murmure "copinaaaaaaaaage" ? Autorité administrative indépendante, mon cul !


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GuiGui's Show - Tuesday 13 February 2018 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180213 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180213 Tue, 13 Feb 2018 00:00:00 +0100 Fin de la neutralité du Net : "La marchandise, c'est l'internaute" Tue Feb 13 23:13:37 2018 -
https://www.nouvelobs.com/societe/20171215.OBS9344/fin-de-la-neutralite-du-net-la-marchandise-c-est-l-internaute.html


> Que répondez-vous à Stéphane Richard, PDG d'Orange, qui déclare qu'abandonner la neutralité du Net est "une obligation" ?

> Stéphane Richard est dans son rôle. Il explique que ses envies sont des obligations, et que l'univers devra bien se plier à son petit désir. Mais les arguments qu'il avance sont faibles. Il nous parle de voitures connectées. **Quand les voitures autonomes seront en vente libre, il y a une chose certaine : elles devront pouvoir fonctionner même quand elles n'ont pas d'accès au réseau. Pour pouvoir rouler à la campagne, ou simplement dans un tunnel ou un parking**.

> Stéphane Richard nous enfume. **Il nous parle du fait que les plateformes ne financent pas les investissements**. C'est structurellement faux : Google réalise des investissements bien supérieurs à ceux d'Orange, par exemple.

En effet, depuis plus de 7 ans, Google, Microsoft, Facebook financent, en partie, des fibres optiques très haut débit sous-marines qui profitent à tout le monde, en plus de développer leur réseau privé et leurs produits, par exemple. Exemples : https://en.wikipedia.org/wiki/FASTER_(cable_system) , http://pldcglobal.com/ , https://news.microsoft.com/features/microsoft-facebook-telxius-complete-highest-capacity-subsea-cable-cross-atlantic/ .

D'une manière générale, on parle de [7, 9, 10 milliards de dollars d'investissement en 2017 chez Amazon, Google, Microsoft et Apple](https://www.cnbc.com/2018/01/17/apple-to-boost-data-center-capex-by-10-billion.html). On parle d'environ [8,6 milliards de dollars pour Orange en 2016](https://www.orange.com/fr/Investisseurs/Resultats-et-presentations/Folder/communiques-financiers/communiques-2017/Resultats-de-l-exercice-2016).

<br />
> Mais surtout c'est une erreur d'échelle. **Sans neutralité du Net, Orange pourrait espérer "taxer" les plateformes de quelques millions d'euros, quelques dizaines de millions au mieux. Or les investissements dans le monde des télécoms se chiffrent en milliards d'euros par an. Il y a un facteur 1.000 entre les deux ! La fin de la neutralité du Net ne changerait rigoureusement rien dans le financement des investissements**.


L'Europe doit défendre la «neutralité du Net» - Libération

Tue Feb 13 23:06:51 2018 -
http://www.liberation.fr/debats/2017/12/14/l-europe-doit-defendre-la-neutralite-du-net_1616667


J'apprécie cette tribune de Benjamin Bayart. Plutôt exhaustive et compréhensible.

> Le principe est souvent présenté de manière assez complexe, quand ce n’est pas incompréhensible, alors qu’il est en fait relativement simple. Le métier d’un fournisseur d’accès à Internet est de transporter les données des abonnés. Parce que, oui, c’est bien l’abonné qui a demandé les données, et pas YouTube qui a décidé tout seul d’envoyer une vidéo. Le principe de neutralité consiste à transporter ces données sans discrimination. Sans favoriser le diffuseur de vidéos qui a un accord avec l’opérateur, accord actionnarial ou commercial par exemple, contre le diffuseur qui n’a pas un tel accord. Pourquoi ?

> Neutraliser toute expression dissidente
> Philosophiquement, parce que l’abonné est le client. Parce que l’opérateur doit être au service de son abonné. Si un diffuseur peut passer un accord avec l’opérateur pour favoriser sa plateforme, quel est l’objet de cet accord ? L’abonné. Il perd sa position de sujet pour devenir un objet, une marchandise, que l’opérateur vend à la plateforme.

> Économiquement, la conséquence est qu’une plateforme en position de force pourra payer cette redevance, là où un nouvel acteur économique ne pourra pas. L’effet économique est d’empêcher les nouveaux venus, et d’assurer la pérennité des positions de force acquises, tuant l’innovation et la concurrence. L’effet politique est de créer un levier que les États peuvent utiliser pour stériliser toute expression dissidente.

> Quel sera l’effet aux États-Unis de la fin de la neutralité du Net ? Cela donnera de la force aux grands opérateurs, déjà en situation de monopole (dans une ville américaine, quand il y a deux opérateurs, ce sont celui qui fait de l’ADSL, et celui qui fait du câble, et encore, pas partout). Ces grands opérateurs, qui sont très en retard technologiquement, en espèrent un surplus de revenus sans avoir à investir, en prélevant une part des revenus des géants comme Google, Facebook ou Netflix. L’effet second, ce sera de renforcer la position dominante de ces géants: étant les seuls à pouvoir payer la rente demandée par les opérateurs, ils seront protégés.

> En Europe, nous avons des bases légales plus solides pour protéger la neutralité du Net. Un règlement européen, loi directement applicable dans toute l’Union sans attendre une lente transposition par les parlements nationaux. C’est bien plus solide qu’une règle établie par une autorité administrative. Bien entendu, nos grands opérateurs continuent de s’attaquer à cette règle. Par le lobbying politique, bien entendu. Par le lobbying technique, aussi.

> **Il y a deux réactions possibles de l’Europe**. Ou bien elle cède lentement aux sirènes des opérateurs, elle rabote petit à petit la neutralité du Net, retirant un bout au nom de la sécurité, retirant un bout au nom de l’alignement avec le marché américain, etc. **Et alors nous entérinons solidement le fait qu’il n’y aura pas de nouveaux modèles économiques. Nous assurons que les seuls géants possibles sont les géants américains actuels. Et en creux, nous admettons que les «valeurs européennes» sont une farce, la vraie règle étant celle du marché, et surtout celle du marché américain**. Bref, la première piste, c’est de renoncer. Renoncer à la protection des données personnelles, renoncer au fait que le réseau soit la marchandise et donc accepter que ce soit l’utilisateur qui serve de marchandise.

> **L’alternative, c’est que l’Europe s’appuie au contraire sur ses valeurs**, et sur les règles qu’elle a mises en place (la neutralité du Net, le règlement européen sur les données personnelles…). En défendant ces positions, nous avons alors une chance : **les nouveaux venus américains auront un handicap, un réseau non-neutre. Les entreprises innovantes européennes en revanche, auront un accès facile à un grand marché, une Europe de 500 millions de citoyens qui ont des droits. Et une Europe forte, capable d’imposer ses règles aux grands groupes américains**. Bref, nous avons là une opportunité intéressante, que l’Europe devienne un terreau plus favorable à l’innovation sociale, et économique, par la protection des citoyens.


aeris sur Twitter : "Tient, j’avions raté ça…Comodo, une autorité de certification, est maintenant détenue par Francisco Partners, qui détient aussi la majeure partie de Pegasus, un outil de surveillance gouvernemental…#WhatCouldGoWrong"

Tue Feb 13 22:28:38 2018 -
https://twitter.com/aeris22/status/950047223940829187


> Tient, j’avions raté ça… Comodo, une autorité de certification, est maintenant détenue par Francisco Partners, qui détient aussi la majeure partie de Pegasus, un outil de surveillance gouvernemental… #WhatCouldGoWrong

Comodo, l'autorité de certification dont l'API destinée aux revendeurs avait été abusé en 2011 pour émettre de faux certificats pour Yahoo/GMail…


#19575 - DTC Dans Ton Chat - BashFR

Tue Feb 13 19:48:50 2018 -
https://danstonchat.com/19575.html


> <Xilak> Ce n'est pas de la dictature, c'est une oligarchie mono-décisionnelle è_é.

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GuiGui's Show - Monday 12 February 2018 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180212 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180212 Mon, 12 Feb 2018 00:00:00 +0100 Blog Stéphane Bortzmeyer: Les fake news n'existent pas (et c'est vrai) Mon Feb 12 22:36:46 2018 -
http://www.bortzmeyer.org/fake-news.html


> Déjà, pourquoi en parler en anglais ? **Utiliser l'anglais quand des termes parfaits existent en français (selon le cas : mensonge, désinformation, tromperie, propagande), c'est toujours pour brouiller les pistes, pour gêner la réflexion**. Ici, le but de ceux qui utilisent cet anglicisme est clair : faire croire qu'il s'agit d'un phénomène nouveau (alors que le mensonge est aussi ancien que la communication), et laisser entendre qu'il est spécifique à l'Internet. **Ceux qui brandissent le terme de fake news à tout bout de champ sont en général ceux qui n'ont jamais digéré que l'Internet permette l'accès à d'autres sources d'information**.

> Les médias qui se veulent officiels ont en effet une classification simple : ce qu'ils écrivent, c'est la vérité, le reste, ce sont des fake news. Regardez par exemple **ce titre incroyable sur les « médias légitimes » (les autres sont-ils « illégitimes » ?)**. Et le reste de l'article est à l'avenant, considérant qu'il n'y a rien entre « médias traditionnels » et « rumeurs ».

> […]

> Par exemple, **le problème est souvent présenté de manière binaire** : il y a le vrai (les discours du Président de la République, les éditoriaux du Point, les communiqués de la Préfecture de Police) et le faux (le reste). En réalité, **entre les mensonges les plus énormes (les armes de destruction massive de Saddam Hussein, par exemple) et les vérités les plus incontestables (le Soleil se lève à l'Est), il y a de la place pour beaucoup de choses**, qu'on ne peut pas ranger dans deux catégories bien distinctes. Il y a **les faits dont on n'est réellement pas sûrs, ceux où l'analyse est complexe (le « trou de la Sécu »), et des opinions, qui sont variables, sans que certaines soient vraies et d'autres fausses**. C'est pour cela que réguler les fake news par la loi (comme exigé par Macron) est dangereux : **on passe vite de la lutte contre les fake news à celle contre les opinions qu'on n'aime pas** […]

> Mais les mensonges et la désinformation, ça existe bien, non ? Oui, cela existe, et cela existait bien avant l'Internet, Facebook et RT. Mais, d'abord, **c'est pratiqué par tous les « camps »**. Voir les hommes politiques réclamer une lutte contre les fake news, c'est amusant. Si on interdit les mensonges, les campagnes électorales vont être bien silencieuses. […]

> Ensuite, **le fait qu'il y ait des mensonges (Sputnik et Breitbart les alignent en quantité impressionnante) ne signifie pas que toute révélation d'un média non-officiel soit un mensonge. De même que l'existence de ridicules complotistes ne veut pas dire qu'il n'existe pas de vrais complots**. (Mon exemple favori est l'Iran-Contra Gate.)

> […]

> **L'important, plutôt que les mouvements de menton (« il faut une loi contre les fake news ») ou que les avis dangereux (« il ne faut croire que l'information officielle ») est de développer les capacités d'analyse critique (« critique » au sens de « penser par soi-même », pas au sens de « jamais d'accord »**). Cette capacité d'analyse critique doit s'exercer contre tous les médias et toutes les sources d'information, pas uniquement Internet, habituel grand méchant dans les discours des gens au pouvoir.

> […] **La plus importante me semble la capacité à juger de la provenance de l'information. Si quelqu'un dit « j'ai trouvé cette information sur le Web », c'est clairement un problème** (il n'a même pas identifié le site sur lequel il était). Il y a déjà **un gros travail à faire en ce sens (lire un URL, comprendre un nom de domaine, distinguer le Web et Facebook…) avant d'espérer un progrès**.

Gros gros +1. Cela rejoint [mon avis](/?I_fKJA).


Les Surligneurs [ financement participatif d'un bullshitomètre juridique ]

Mon Feb 12 21:25:17 2018 -
https://www.helloasso.com/associations/fondation-uvsq/collectes/les-surligneurs


Le projet « Les surligneurs », bullshitomètre des propos politiques en matière juridique, a besoin de sous.

Je pense que ce projet est vital : en tous temps, période électorale ou non, en provenance de tous partis et tous journaux, **les citoyen⋅ne⋅s se font enfumer par des propositions politiciennes** qui seront inapplicables car elles sont anticonstitutionnelles ou très difficiles à définir en droit ou mensongères voire un mélange de tout ça. **Avoir à disposition des décryptages sur tout ce bullshit est un enjeu citoyen extrêmement fort**. Exemples de bullshit : [Macron et sa prétendue moralisation de la vie politique](http://lessurligneurs.eu/emmanuel-macron-affirme-un-peu-vite-quil-a-tenu-ses-promesses-sur-la-moralisation-de-la-vie-politique/) ; [Poutou et son interdiction du licenciement économique](http://lessurligneurs.eu/philippe-poutou-veut-linterdiction-des-licenciements-mais-va-se-heurter-a-la-constitution/) ; [Mélenchon et son abrogation intégrale de la loi El Khomri](http://lessurligneurs.eu/jean-luc-melenchon-peut-il-promettre-dabroger-lintegralite-de-la-loi-el-khomri/) ; [Philippot et son "Bruxelles nous impose tout mouin mouin !"](http://lessurligneurs.eu/florian-philippot-dit-un-peu-vite-que-la-reforme-du-code-du-travail-sort-des-cartons-de-bruxelles/) ; la [droite (dont Fillon) et sa veille rengaine de peines-planchers automatiques](http://lessurligneurs.eu/francois-fillon-risque-de-ne-pas-pouvoir-tenir-sa-promesse-de-peines-planchers-automatiques/) ; etc.

De plus, **nous avons besoin de comprendre certaines notions juridiques afin de former une opinion sur les sujets de société**. Comme l'[euthanasie](http://lessurligneurs.eu/selon-la-deputee-de-la-france-insoumise-caroline-fiat-il-est-grand-temps-dencadrer-les-quelques-4-000-euthanasies-clandestines-pratiquees-sur-les-patients/) ou le [fonctionnement de notre processus législatif](http://lessurligneurs.eu/non-alexis-corbiere-les-ordonnances-ne-sont-pas-decidees-par-un-seul-homme-sans-le-parlement/).

**Nous avons besoin d'un outil et d'une organisation sociale pour nous sortir de cette purée de pois qui affaiblit sérieusement nos décisions politiques et donc la qualité de vie dans notre société**. Les surligneurs sont tout cela. Et ça fait du bien.


xkcd: Impostor Syndrome

Mon Feb 12 19:59:05 2018 -
https://xkcd.com/1954/

thumbnail
> ‒ This is Dr. Adams. She's a social psychologist and the world's top expert on impostor syndrome.
> ‒ Haha, don't be silly! There are lots of scholars who have made more significant… … Oh my god.

> It's actually worst in people who study the Dunning–Kruger effect. We tried to organize a conference on it, but the only people who would agree to give the keynote were random undergrads.


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GuiGui's Show - Sunday 11 February 2018 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180211 http://shaarli.guiguishow.info/?do=daily&day=20180211 Sun, 11 Feb 2018 00:00:00 +0100 Fake you ! Sun Feb 11 21:40:52 2018 -
http://shaarli.guiguishow.info/?mOTxUg


> Tandis que le gouvernement prépare une loi aux petits oignons contre les « fake news », la justice s’occupe, de son côté, d’interdire la publication de quelques vraies informations. Fausses nouvelles ? Vraies nouvelles ? Rendez-vous, les journaleux, vous êtes cernés !

> Un vent mauvais souffle sur la liberté de la presse. Le tribunal de commerce de Paris vient de condamner lourdement « Challenges », coupable d’avoir publié une information parfaitement exacte, mais… confidentielle. **Le magazine a révélé que le groupe Conforama venait d’être « placé sous mandat ad hoc », c’est-à-dire qu’un administrateur judiciaire était nommé pour tenter d’éviter la cessation de paiements**. Nul ne conteste que ce soit la stricte vérité. Mais le Code de commerce, en son article L611—15, prévoit que toute personne qui participe à une telle procédure ou qui en a connaissance « par ses fonctions » est tenue à la confidentialité.

> Il peut être distrayant pour des juristes désœuvrés de **gloser à perte de vue sur le point de savoir si cette confidentialité s’impose à la presse**. Quand bien même : tant qu’il restera en vie un seul journa- liste digne de ce nom, **briser un secret utile à l’information des citoyens demeurera un succès, pas une faute**.

> Mais le digne magistrat du tribunal de commerce refuse à « Challenges » le bénéfice de la Convention européenne des droits de l’homme, qui consacre la liberté d’informer. Motif : son article « ne saurait revêtir le caractère d’une information du public sur un sujet d’intérêt général ». **Il est vrai que la possible déconfiture de Conforama n’intéresse presque personne. Juste les 14 000 salariés de ses 300 magasins. Et un peu, aussi, ses milliers de fournisseurs, dont bon nombre de PME qui sont priées de ne rien savoir et de continuer de livrer leurs marchandises, quitte à boire le bouillon avec le géant s’il cesse de payer. Trois milliards et demi de chiffre d’affaires, c’est une toute petite affaire privée, non ?**

> La censure dans ses meubles

> Prudent, le juge censeur ouvre le parapluie et se recommande d’un arrêt de la Cour de cass rendu en 2015. Décision assez fumeuse qui ne tranche pas la question. De plus, la chambre criminelle de la Cour ne cesse de répéter qu’une infraction commise par voie de presse ne peut être poursuivie que sur la base de la grande loi de 1881.

> Alors ? Alors, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, serait bien avisée de s’en souvenir lorsqu’elle présentera son **projet de loi contre les « fake news » baptisée « loi sur la confiance dans l’information »**. Sous ce flatteur emballage cadeau se cache naturellement l’exact inverse : une loi de défiance, de censure et d’interdiction, dans la même veine que l’ordonnance rendue contre « Challenges ». **Il deviendrait possible de poursuivre un journal propagateur d’une prétendue « fausse nouvelle ». Et en référé, s’il vous plaît, c’est-à-dire en urgence. A charge pour les juges de dire, toujours « en urgence », le vrai et le faux**. Bon courage !

> Que se passera-t-il si un journal prétend que les comptes publics ne sont pas d’équerre ? ue la dette n’est pas ce que le gouvernement prétend ? Poursuites, sanc- tions ? Que se passera-t-il si un journal raconte (pure hypothèse) qu’un candidat à la présidentielle a fait rémunérer son épouse par le Parlement pendant Vingt ans ? Poursuites, sanctions ?

> C’est une démangeaison bien ordinaire du pouvoir politique que de vouloir tenir la laisse courte aux journalistes. L’effet immédiat est en général de démonétiser l’information contrôlée et de nourrir la fibre complotiste : « On nous dit rien, on nous cache tout. » **Le premier journaliste, Théophraste Renaudot, suppliait le prince de ne point tenter d’arrêter le flux des nouvelles, vraies ou fausses, que publiait sa « Gazette ». Car, expliquait-il, l’information a ceci de commun avec le flux d’un torrent qu’elle grossit à mesure que l’on tente de lui barrer la route**.

> Il est vrai que c’était au XVII° siècle. Et en même temps…

Dans le Canard enchaîné du 7 février 2018.


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