J'ai ce livre au format epub depuis avril 2013. Il était grand temps de le lire. :D
Les définitions des termes (hacker, fablab, hackerspace, logiciel libre, etc.) sont irréprochables. Les exemples de projets pour illustrer les pratiques présentées sont nombreux. L'auteure a bougé entre l'ouest de la France (Bretagne en force !) et l'Allemagne pour gratter le sujet avec les principaux-ales intéressé-e-s.
Le livre est rempli de références vers des projets, permettant ainsi au lectorat de continuer de creuser le sujet en toute autonomie. L'exemple qui m'a le plus marqué est le projet de sextoys DIY, peut-être parce qu'on est au zénith d'un projet DIY qui fait plaisir à toutes les étapes (conception->utilisation), mais bref. :)
Je trouve que l'auteure manque globalement d'un un peu de recul et de mise en contradiction des propos récoltées, on est clairement dans une vision idéalisée du monde du hacking avec très peu d'interrogations, de remise en question, de questionnement des pratiques constatées.
Malgré quelques références obscures qui ne pourront être comprises par un-e non-initié-e lors de sa première lecture, je recommande vivement la lecture de ce livre à toute personne qui croit que hacker = pirate ou qui a du mal à voir les contours du concept de hacking ou qui a du mal à concevoir comment cela se concrétise.
Quelques notes :
Que ça soit Valls enfariné, Hollande enfariné (https://www.youtube.com/watch?v=zeoOJYfxdG4 ) ou Sarko agrippé (https://www.youtube.com/watch?v=M0VGKDRbK1A ), ce que je trouve consternant, c'est :
Pour Valls, on notera qu'un candidat en campagne est protégé par toute une garniture de CRS. Allô, on parle d'un simple candidat à une élection ! Je peux aussi avoir une cargaison de CRS rien que pour ma petite personne lorsque je bouge au biocoop du coin ? Illustration d'une des sources de la violence politicienne, tout ça.
Pour Valls (comme Hollande, d'ailleurs), on rajoutera l'hypocrisie du mec qui veut se donner une image de "ho, je l'ai pris positivement, tkt bro, tape m'en 5". Enfoiré, va ! Tu sais très bien pour quelle raison tu fais ton faux-cul de première : élection présidentielle, rien de plus.
L’arrêt Tele2 rendu aujourd’hui réaffirme avec force et sans ambiguité la jurisprudence Digital Rights Ireland. Par cet arrêt du 8 avril 2014, la Cour de justice de l’UE avait invalidé la directive 2006/24 qui imposait aux opérateurs Internet et télécoms la conservation des données de trafic1 de la totalité des utilisateurs de leurs services, alors jugée incompatible avec la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne en raison de l’atteinte disproportionnée qu’elle porte au droit au respect de la vie privée ainsi qu’à la protection des données personnelles.
Depuis, de nombreux États membres avaient abrogé leur dispositif national de conservation généralisée des données, les jugeant incompatibles avec le droit européen. La France, dont le dispositif de conservation généralisée des données de trafic fut institué par le Parlement français dès 2001 — n’était pas de ceux-là. De même que le Royaume-Uni et la Suède, deux États dont la législation était directement mise en cause dans l’affaire tranchée aujourd’hui par la plus haute cour de l’ordre juridique de l’Union européenne.
[...]
À l’occasion de ces deux recours, les Exégètes amateurs se sont fortement appuyés sur l’arrêt Digital Rights Ireland de 2014 et les principes dégagés par la Cour de justice, réaffirmés avec force aujourd’hui dans la décision Tele2. Pourtant, le 12 février 2016, le Conseil d’État a rejeté le premier recours, sans même prendre la peine de se prononcer sur la conformité du décret contesté avec le droit de l’Union (considéré inapplicable en l’espèce par le rapporteur public du Conseil d’État) — et ce, alors qu’il avait été expressément demandé au Conseil d’État de renvoyer une question préjudicielle à la Cour de justice. Contrairement aux cours suédoise et anglaise, le Conseil d’État n’a pas joué le jeu.
La décision rendue ce jour par la Cour de justice remet en cause directement le cœur de la jurisprudence du Conseil d’État sur la question de la conservation généralisée et l’accès administratif aux données de connexion de la totalité des utilisateurs de services de communications (Internet, téléphone, etc.). Les effets de cette décision sont désormais attendus dans le cadre du second recours porté par les Exégètes amateurs, actuellement pendant devant le Conseil d’État.
[...]
La conservation des données de connexion est soumise au respect de la Charte des droits fondamentaux
[...] Cet article introduit donc une dérogation à d’autres droits énoncés par la directive ePrivacy, comme le droit à la confidentialité des communications ou l’effacement des données de trafic. Mais, comme le constate la Cour, cette dérogation est autorisée à titre exceptionnel, par conséquent elle ne saurait devenir une règle de principe en droit national.
La conservation des données ne peut être que l’exception et non la règle
[...]
En effet, la Cour considère à juste titre que l’article 15, paragraphe 1 doit être interprété de façon stricte, notamment en ce qu’il est une exception au principe de confidentialité des communications. Dès lors toute conservation des données ne saurait être que limitée. Il en va du respect des droits fondamentaux, qu’il s’agisse du droit au respect de la vie privée, de la protection des données personnelles, mais aussi de la liberté d’expression. Car, comme le constate la Cour, les données de connexion occupent une place primordiale dans notre vie quotidienne [...] L’atteinte alors causée par leur conservation va jusqu’à porter atteinte à la liberté d’expression
[...]
Si les États membres peuvent imposer une conservation préventive des données de connexion, ce n’est qu’à des conditions très restrictives; à savoir que cette obligation de conservation ne peut être que :
- ciblée,
- mise en œuvre à des fins de lutte contre la criminalité grave, et
- limitée au strict nécessaire en ce qui concerne les catégories de données à conserver, les moyens de communication visés, les personnes concernées ainsi que la durée de conservation retenue.
L’accès aux données conservées doit faire suite à une décision issue d’un contrôle préalable et indépendant
Une fois la question de l’obligation de conservation des données réglée, la Cour répond à la question qui lui était posée sur l’accès des autorités aux données alors conservées. Une fois de plus, la Cour balaye les législations nationales telle que la législation française portant sur l’accès aux données de connexion : l’accès aux données de connexion conservées par les opérateurs ne peut se faire que suite à une décision et au contrôle préalable d’une juridiction ou autorité indépendante; ce qui n’est pas le cas en France.
[...] Les Exégètes vont désormais s’atteler à la rédaction d’un mémoire complémentaire, dans le cadre de l’affaire sur l’abrogation du droit français de conservation des données de connexion.
Suite logique de l'arrêt Digital Right Ireland mais la baffe est sévère : la conservation indifférenciée des données de connexion (métadonnées, qui parle à qui, depuis où, vers où, quand, à quelle fréquence, quel volume d'informations est échangé, etc.) est une ingérence grave dans les droits fondamentaux et a une incidence sur la liberté d'expression. C'était une évidence, c'est désormais acquis en droit. Et ça fait toute la différence.
La CJUE nous expose clairement que la conservation des données de connexion est un régime dérogatoire au régime général (qui est plus protecteur de la vie privée), qu'elle peut être préventive sous des conditions strictes (ciblée, criminalité grave, limites (en durée, en types de données, etc.)) et que l'accès aux données stockées n'est pas open-bar et qu'il doit être soumis à un contrôle préalable par une juridiction ou une autorité indépendante.
Depuis de nombreuses années, la France se fait une spécialité de croire que la jurisprudence de l'UE ne s'applique pas à elle en mode "je n'ai de leçon à recevoir de personne", surtout quand ça parle de droits fondamentaux, mais là, en matière de données de connexion, la grille de lecture de la CJEU devient difficile à ignorer. :)
Mise à jour de ce billet pour y inclure de nouvelles stats et de nouveaux liens (vers l'observatoire de la résilience de l'Internet français (voir http://shaarli.guiguishow.info/?cnfEAA ) et vers bird-rtrlib-cli (voir https://github.com/rtrlib/bird-rtrlib-cli )).
Résumé rapide :
Aujourd'hui, je dénombre environ 29500 ROA qui couvrent environ 48600 préfixes. Environ 8,6 % des préfixes dont au moins un ROA leur est associé sont invalides.
Quelques jours après l'Assemblée [ NDLR : 288 pour, 32 contre ], le Sénat a voté la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 15 juillet que lui a demandé le gouvernement, la cinquième depuis le 13 novembre 2015, jour des attentats qui avaient fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis, en banlieue parisienne.
La France connaîtra donc sa plus longue période d'état d'urgence ininterrompue -20 mois- depuis la création de ce régime d'exception pendant la guerre d'Algérie
306 sénateurs ont voté en faveur de la prolongation, 28 s'y opposant. Parmi ces derniers, figurent l'ensemble du groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC), 5 écologistes, deux RDSE (à majorité PRG) et un centriste.
Et c'est ainsi que le Peuple s'est fait confisqué sa prochaine représentation (Président + Parlement) : les prochain-e-s gus-se-s ne sortiront pas le pays de l'état d'urgence en juillet 2017, cette prolongation marque un état d'urgence qui dépassera un mandat. On n'hésite pas à écraser l'article 4 de la loi de 1955 pour cela. C'est quand même un signal fort : la fin d'un contre-pouvoir.
Ça faisait un moment que je voulais lire cet essai de La Boétie dans lequel il nous explique que la servitude envers un tyran (que l'on peut entendre aujourd'hui au sens d'une autorité quelconque) est volontaire et qu'il n'y a pas besoin d'une révolution dans le sang pour défaire un tyran.
Quelques notes sur La Boétie :
Quelques erreurs à propos du Discours de la servitude volontaire :
Quelques notes sur le discours :
Du coup, qu'est-ce qui explique la servitude des peuples ?
Et donc, comment on se libère ?
Merci à HS-157 ( http://hs-157.moe/ ) pour le prêt du bouquin (d'où la motivation pour le lire :P ).
Si ça peut motiver des lecteur-rice-s à se bouger un tout petit peu contre l'état d'urgence… Ce n'est pas le texte le plus travaillé du monde. Pas envie d'y consacrer trop de temps pour rien.
En tant que citoyen résidant à XvilleX, je vous interpelle aujourd'hui au sujet de la énième prolongation de l'état d'urgence sur laquelle vous devriez vous prononcer sous peu.
Je suis, une nouvelle fois, vivement opposé à cette prolongation, pour les raisons suivantes :
Là encore, la discussion au Parlement aura lieu dans l'urgence, sans véritable débat de fond ni même de débat public, les parlementaires étant convaincu-e-s d'avance que le renouvellement est la seule réponse à apporter ;
- L'état d'urgence est inefficace passées les premières semaines d'application. Tous les rapports d'information de la commission des lois mettent cela en évidence ;
- En revanche, le dernier rapport d'information de la commission des lois daté du 06/12, ainsi que les travaux de différentes associations de défense des droits et de journalistes mettent en évidence que les mesures permises par l'état d'urgence ont été détournées de leur finalité première au profit de missions ordinaires de maintien de l'ordre (faire taire les pénibles, lutte contre la délinquance ordinaire, collecte de renseignements, guerre psychologique, etc.). Les confessions de François Hollande dans le livre « Un Président ne devrait pas dire ça » évoquent sans ambiguïté les assignations à résidence comme étant des facilités utilisées par l'État contre ses citoyen-ne-s. Quand ne seriez-vous plus complice de ces nombreuses dérives bien réelles ? ;
- L'article 3 me semble être extrêmement dangereux en cela qu'il tend à forcer la main au prochain président et gouvernement pour maintenir l'état d'urgence bien après juillet 2017 en s'appuyant sur un biais cognitif basé sur le confort auquel tout être humain est sensible. Cet article 3 est très clairement l'amorce d'un état d'urgence perenne, qui transcendera les élections et la volonté du Peuple. L'état d'urgence doit s'arrêter au plus tard lors de la passation de pouvoir et c'est au nouveau président et à son gouvernement de faire l'effort de déclarer à nouveau l'état d'urgence, pas au président et gouvernement actuels de lui simplifier le travail ;
- La sémantique utilisée dans l'exposé des motifs, notamment « l’usage de messageries et de réseaux sociaux clandestins » laisse entrevoir de futures atteintes toujours plus brutales et massives aux droits et libertés du plus grand nombre de citoyen-ne-s, notamment au secret des correspondances. La sur-répression à l'aveugle continue à être banalisée. Est-ce bien raisonnable ?
J'espère que ce texte ne sera pas une fois de plus rempli d'encore plus de dispositions liberticides par le Parlement comme ce fût le cas lors de la dernière prolongation qui a modifié notre droit de manière durable.
Cordialement.
AMENDEMENT N°CL13 présenté par Mme Attard
Compléter l’alinéa 2 par la phrase suivante :
« Les assignations à résidence décidée par le ministre de l’intérieur sont dénommées lettres de cachet. »
Quand une députée fait son show pour amuser les geeks (et ses soutiens en général)… … … Cette proposition n'a aucune chance d'être adoptée et surtout, surtout, elle n'a aucun réel intérêt sur le fond. Troller, c'est mignon, ça vous fait passer pour une provocatrice qu'on kiffe grave, et après ? Grappiller du temps de parole pour présenter l'amendement sous les cris des autres groupes politiques ? Super utile. Ce n'est pas la première fois qu'Isabelle Attard dépose ce genre d'amendement bidon. :(
Alors qu'un projet de loi de prolongation de l'état d'urgence a été présenté en conseil des ministres, la commission de suivi parlementaire publie un rapport qui fait le bilan d’un an d’application: l'état d'exception s'éternise et ses mesures sont détournées pour des missions ordinaires de maintien de l'ordre.
[...]
Au total, entre le 14 novembre 2015 et le 14 novembre 2016, environ 4 200 perquisitions administratives ont été menées sur ordre des préfets. [...]
L’efficacité directe des perquisitions administratives en matière de lutte contre le terrorisme est très faible. « Depuis le début de l’état d’urgence, les perquisitions administratives ont conduit à 61 procédures pour des faits en lien avec le terrorisme. Depuis le 1er décembre 2015, le parquet de Paris a ouvert 20 enquêtes pour association de malfaiteurs en matière terroriste à la suite des perquisitions administratives (...). Sur cette même période, s’y ajoutent quelque 41 procédures pour des faits d’apologie du terrorisme ou, depuis juin 2016, pour des faits liés à l’extraction, la reproduction ou la transmission de données faisant l’apologie du terrorisme et la consultation de site invitant au terrorisme ou faisant son apologie. »
Mais cette efficacité toute relative est totalement assumée par les responsables auditionnés par la commission. Le but des perquisitions administratives n’est pas de s’attaquer directement aux réseaux responsables des attaques ayant frappé la France. Sa principale utilité réside dans la collecte d’informations réalisée à cette occasion. « Même s’il n’est pas quantifiable, le renseignement recueilli à l’occasion de la réalisation de ces opérations de police administrative constitue sans doute l’un des principaux apports de l’état d’urgence, comme l’ont mis en exergue plusieurs personnes entendues par la commission », explique le rapport.
L’autre utilité de l’état d’urgence relève de la guerre psychologique : déstabiliser les « mouvances susceptibles d’apporter leur soutien aux terroristes ». « L’état d’urgence, et notamment les perquisitions, ont eu un effet “déstabilisateur” sur les personnes ciblées en les soumettant, comme le notait M. Patrick Calvar [directeur général de la sécurité intérieure– ndlr], “à une pression qu’ils ne ressentaient pas nécessairement avant” et, au-delà de ce premier cercle, sur toute une mouvance susceptible d’apporter son soutien logistique à des terroristes », rapportent les parlementaires.
Après la guerre des USA contre la terreur, voici venue la terreur contre la terreur ?
En résumé, les perquisitions administratives sont largement utilisées par les forces de l’ordre comme un outil permettant soit de recueillir des renseignements, soit de vérifier la dangerosité de suspects n’ayant même pas forcément de lien avec le djihadisme. Le rapport cite ainsi les « cas de délinquance ordinaire qui n’ont, au mieux, qu’un lien très indirect avec la menace terroriste. De même, le comportement présumé violent ou les troubles psychiatriques, s’ils constituent une menace potentielle, apparaissent pour le moins très éloignés du djihadisme au sens strict et devraient être pris en compte par des dispositifs de droit commun ».
Comme pour les perquisitions administratives, les assignations à résidence ont été principalement prononcées dans les premiers mois de l’état d’urgence. Entre le 14 novembre 2015 et le 25 février 2016, 563 personnes ont été visées par cette mesure. [...]
Concernant ces personnes, privées de leur liberté d’aller et venir depuis environ un an sur une simple décision administrative, la commission de suivi dénonce le risque d’assignations « à durée indéterminée » et demande à ce que les personnes visées fassent l’objet d’une procédure judiciaire, ou soient libérées.
Privé-e-s de liberté injustement, voilà qui va rendre ces personnes sages comme des images. Résistance à l'oppression, tout ça.
[...]
Ainsi, « les contrôles d’identité, fouilles de bagages et visites de véhicules, introduits en juillet 2016, ont été massivement utilisés ». Désormais, ils relèvent d’une « réponse banalisée à des risques et non dans un cadre exceptionnel de riposte à une menace imminente ». « Une très grande majorité d’arrêtés ne vise pas de circonstances particulières. Dans certains départements, le caractère répétitif des arrêtés montre bien qu’ils ne relèvent plus d’une logique d’urgence et d’exception mais, en fait, se substituent aux mesures de droit commun »
Concernant le pouvoir accordé au préfet d’interdire réunions publiques, rassemblements et manifestations, les parlementaires font état d’une application « confuse, poursuivant d’abord un objectif de maintien de l’ordre ou répondant à des considérations d’opportunité, parfois sans lien aucun avec la menace terroriste ». « Le fondement juridique des arrêtés est très variable, entretenant une certaine confusion, comme si tous les dispositifs de l’état d’urgence se recoupaient et qu’ils étaient, finalement, assez interchangeables. »
Les parlementaires rapportent également que, « entre le 14 novembre 2015 et le 20 juillet 2016, quelque 540 mesures individuelles d’interdiction de séjour ont été prononcées ». Les chiffres montrent un « usage massif » de cette mesure « au moment des manifestations contre la loi de réforme du code du travail à partir du mois de juin 2016 ». Le rapport rappelle au passage que cet usage détourné de l’état d’urgence est autorisé par la loi du 3 avril 1955, qui ne prévoit « pas d’obligation à ce que les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence soient liées à la prévention de la menace terroriste ». « Cette dissociation des interdictions de séjour et de la menace terroriste apparaît dès le début de l’état d’urgence avec par exemple 21 mesures “à l’encontre des militants anarcho-autonomes français durant la COP21”. »
Un peu comme on chassait Cohn-Bendit en 68 ?
Par ailleurs, si la commission se félicite du suivi statistique, « en temps réel », de l’état d’urgence et de la coopération des différentes administrations, elle en souligne également les limites. « Très tôt dans leur contrôle, vos Rapporteurs avaient indiqué qu’ils n’étaient pas en mesure de se prononcer par exemple sur les conditions matérielles de mise en œuvre des perquisitions », souligne le rapport. [...]
Donc le seul tout petit bout de contrepouvoir est aveugle ? JOIE.
Les parlementaires proposent de « solliciter la recherche en sciences sociales afin d’évaluer l’impact du recours à l’état d’urgence sur la population ».
LOL.
Voilà, voilà, toutes les mesures permises par l'état d'urgence (et les principales mesures apportées par la réforme pénale de juillet dernier) ont été utilisées à mauvais escient. Quelle surprise !
Merci à Slash pour la copie de l'article.
‒ Ugh, I hate when apps make arbitrary changes to their UI. Stuff I do all the time just got way harder for no reason!
‒ Man. You are not gonna like getting old.
:')
« Lorsque le suspect a déverrouillé son téléphone pour passer un appel, un policier a foncé sur lui pour le prendre de ses mains, exactement comme cela se passerait pour un vrai vol par un délinquant, puis l'officier a continuellement touché l'écran pour éviter la mise en veille et le verrouillage jusqu'à ce que l'ensemble des données ait été copié par la police », précise encore la BBC. [...]
[...]
Contactés à plusieurs reprises depuis le 6 décembre, le ministère français de l'Intérieur ainsi que des syndicats de police n'ont pas donné suite à nos demandes pour savoir si ces pratiques existent en France.
Remember https://xkcd.com/538/
Par contre, je doute que ça soit bien constitutionnel car cela me semble être contraire au principe de sûreté c'est-à-dire la protection contre l'arbitraire de la puissance publique (qui est instaurée au nom de tou-te-s dans l'intérêt de tou-te-s, pour rappel). L'idée des révolutionnaires était justement qu'on ne reproduise plus l'arbitraire royal qui pouvait envoyer qui il voulait en taule sans motif ou saisir des biens sans raison.
Via https://twitter.com/clochix/status/807663543545987072 via https://twitter.com/bortzmeyer
Un bouquin écrit par Laurent Obertone (pseudonyme) qui a déjà écrit plusieurs brûlots dont j'ignorais l'existence. Celui-ci aborde la domestication de l'Homme par l'Homme, c'est-à-dire la transformation désirée de la société française à l'état d'esclave par le pouvoir de la volonté générale (c'est ce que l'auteur nomme Big Brother). Pour l'auteur, tout ce qui sort de notre nature est bidon et il nous faut revenir à cet état de nature. Ainsi, les hommes doivent être virils et être des gardiens/protecteurs/chasseurs. Les femmes sont assignées à la reproduction et à la sélection naturelle. Bref, Laurent est là pour nous prévenir : nous nous faisons dévorer tout crû par la morale établie bien-pensante que nous avons collectivement instauré. L'école (et la formation continue), les médias, les politocards, l'art, la bien-pensance bobo, etc. voudraient, selon l'auteur, arracher tout individu à tous ses déterminismes qu'ils soient sociaux, culturels, ethniques, intellectuels, familiaux, etc. pour en faire un être policé à la morale commune, banalisée, inapte à la révolte/rébellion.
Toute l'argumentation de l'auteur repose, au bout du bout, sur le pivot « ce n'est pas naturel ». La méritocratie est justifiée car le fort doit écraser le faible car c'est naturel. L'homme doit se bastonner, s'imposer, notamment pour séduire sa femelle parce que c'est naturel (la testostérone n'est pas là par hasard, n'est-ce pas ?). La solidarité organique est un concept stupide car, à cause d'elle, très peu de personnes savent chasser et/ou se défendre d'une agression. On se fait donc domestiquer, on est dépendant. Une égalité en droit serait stupide pour compenser une inégalité de fait : y'a des gens moins intelligents que d'autres, y'a des gens moins musclés que d'autres, les femmes sont inférieures car elles peuvent procréer moins souvent, etc. et il faut faire avec, laisser la sélection naturelle opérer (ce qui fait qu'aux yeux de l'auteur, les prestations sociales sont une hérésie car elles servent à entretenir des personnes déficientes qu'il faudrait laisser de côté).
L'intégralité du livre est le reflet d'un mode de pensée très libéral mais aussi très conservateur d'un point de vue social, très orienté autour de la morale judéo-chrétienne en mode la vie c'est la souffrance, il faut souffrir pour vivre (d'où l'euthanasie est vue par l'auteur comme la domestication suprême), mériter ce que l'on est et ce que l'on a. Le progressisme serait un truc de bobos qui passent à la TV, le vieux cliché s'il en est. En gros : c'était mieux avant, quand l'Homme tapait sur des cailloux et montrait qui est le vrai Mâle alpha. On retrouve également des principes anarchistes : fuck l'État qui n'est qu'un maître de trop et dont la providence nous asservie, se dresser soi-même au lieu de se faire dresser par quelqu'un-e d'autre, etc.
L'auteur joue dans tous les registres : absence de sources pour les affirmations chocs (l'auteur se contente d'une vague description comme « une étude démontre que », charge à nous de retrouver la référence, LOL), déformation des résultats de recherche et des termes pour servir son propos (exemples : effet Pygmalion, anisogamie), exagération des faits (notamment sur l'ajustement du barème de l'épreuve de maths du Bac S de 2014), personnification du Mal (le Mal, c'est BHL, Plenel, Hollande et quelques autres noms qu'il faudra envoyer au peloton), théorie du complot (tou-te-s les boss de la presse seraient membres du Siècle ou Francs-maçons, personne sauf l'auteur n'aurait évoqué la présence d'Hollande, de Mélenchon et de tant d'autres au pot de départ d'une journaliste de l'AFP sauf que : https://www.google.fr/#q=pot+de+d%C3%A9part+AFP+m%C3%A9lenchon+hollande …), précipitation (exemple : l'auteur évoque ce qui serait un faux document publié par Médiapart dans l'affaire du financement libyen de la campagne de Sarko alors que l'affaire est toujours en cours et que le motif de faux n'a pas été retenu jusqu'à présent par la justice, voir http://www.lesechos.fr/03/06/2016/lesechos.fr/021995324202_financement-libyen---le-document-entre-sarkozy-et-kadhafi-est-authentique--selon-la-justice-francaise.htm ), utilisation de faits divers pour généraliser (j'ai beaucoup rit avec "on trouve parfois des câbles d'ascenseur rongés par l'urine des usagers [...] donc c'est la tragédie des communs, omg", par exemple …) et, enfin, l'auteur agit précisément de la manière qu'il dénonce (exemples : critiquer les spécialistes que nous vendent les médias pour faire autorité mais en appeler soi-même à la rescousse, lynchage de personnes ("booooouh telle personne n'a pas fait d'études supérieures !") en mode TPMP dont l'auteur dénonce préalablement les méthodes, se dresser contre la pensée unique tout en en proposant une autre en filigrane, la tolérance serait le masque de l'intolérance, etc.). Bref, ce livre est plus de la soupe qu'autre chose. :-
Pour l'auteur, tout est de la servitude sans aucune nuance. Militer pour obtenir des droits ou ne pas en perdre ? De la servitude aux grands syndicats bien établis qui toucheront des thunes de l'État tout en prétendant lutter contre ses réformes + de la servitude envers l'État : on lui demande une faveur + le Système est conçu pour tolérer les gentilles manifs et oppositions qui ne le menacent pas. Donc ne faisons rien ou faisons des révoltes dans le sang ? Défendre la liberté d'expression ? De la servitude aux grands médias bien établis qui toucheront de la thune de l'État et/ou des Puissants de ce monde car eux-seuls ont une capacité de diffusion de masse. Sauf que je peux défendre la liberté d'expression et être opposé aux aides d'État à la presse. Je peux vouloir défendre les micro-journaux locaux, pas que les grands médias bien établis. Je peux vouloir défendre la liberté du plus grand nombre à s'exprimer sur le net (voir https://shaarli.guiguishow.info/?2ZpWQA ). Bref, pour l'auteur, tout et son contraire est le Système, tout et son contraire fait le jeu du Système. ÉDIT DU 11/12/2016 À 12H : Par contre, cela m'inspire qu'il faut roder nos communications militantes. Exemple concret pour aider à la compréhension : quand le Peuple demande à être plus souvent écouté, on lui propose du référendum (c'est dans le programme de plusieurs candidats à la présidentielle 2017) et des consultations publiques (ça a été la mode ces dernières années). Sauf que quand le Peuple est noyé sous des consultations purement consultatives pour lesquelles les délais pour participer sont scandaleusement courts comme le fût la loi République numérique en France ou la réforme actuelle du droit d'auteur dans l'UE (voir http://shaarli.guiguishow.info/?VZhgmw ) alors le Peuple a perdu. On a avancé mais on a aussi beaucoup reculé. Pourtant, les élu-e-s ont écouté. Juste, nous n'avons pas la même notion de ce qu'est l'écoute d'autrui. Là où je veux en venir, c'est qu'il faut être clair sur nos exigences et ce, dès le début de toute action militante. Est-ce que ces consultations biaisées dès leur conception ne sont pas le reflet de notre inaction initiale ? Je veux dire, on a demandé à être écouté au lieu de prendre directement la parole (en contactant, chacun-e nos élu-e-s ou en proposant des actions de terrain, par exemple). Le Maître État a satisfait à notre demande de la manière qui l'arrange, pour reprendre la terminologie d'Obertone. Si l'on avait directement pris la parole, il n'y aurait pas eu cette dérive. Si le nombre de citoyen-ne-s qui se bougent le cul spontanément pour participer à la vie politique était plus important, les élu-e-s pourraient-il-elle-s encore les ignorer au point de forcer ces citoyen-ne-s à demander des consultations ? Pas sûr du tout. FIN DE L'ÉDIT.
En revanche, là où je suis d'accord avec l'auteur, c'est sur sa conclusion : qu'on partage ou non l'analyse qu'il dresse, les situations présentes n'existent que parce que le plus grand nombre de personnes le veut ou, tout du moins, ne fait rien ni ne propose rien pour aller dans une autre direction. L'exemple le plus flagrant est que l'on demande aux politocard-e-s « que comptez-vous faire sur le sujet X ? ». On attend tout d'eux-elles. On attend des solutions et de la considération des Puissants. C'est à eux-elles de créer de l'emploi, d'enlarger les pénis, etc. On attend le mensonge des Puissants, qui doit être toujours plus parfait. Pour moi, la bonne méthode est : faire (make) sans attendre quoi que ce soit et militer auprès des politocard-e-s. Ces deux modes d'action sont complémentaires. Voir : http://shaarli.guiguishow.info/?xo1oaQ
Sur la forme, le ton percutant ne me dérange pas mais le paquet de répétitions, si. Elles doivent représenter 150-200 pages. De plus, la 4e de couverture est plutôt trompeuse : « enquête sur un sujet tabou » + « Recueillant les confidences de journalistes, politiques et hommes d'influence repentis, [...] » + « République des écrans ». Je n'ai rien lu de cela. Je n'ai lu que des propos issus de coupures de presse, des pensées de l'auteur et des propos non sourcés. De plus, en quoi cela forme-t-il une enquête ? Il s'agit une analyse toute personnelle de la société française étayée par des coupures de presse, rien de plus.
Au moment de conseiller ou non la lecture de ce bouquin, je suis mitigé. D'un côté, lire une analyse et des postulats totalement différents des siens, c'est important pour l'esprit critique, c'est formateur. D'un autre côté, quand c'est si mal écrit sur la forme et le fond, quel intérêt ? :/
L'instrument de contrôle social le plus puissant, c'est que l'humain-e a peur d'être sanctionné-e par le groupe, a peur d'être isolé-e par le groupe. Cette réflexion de l'auteur me fait penser, qu'en effet, notre solution à tout est l'exclusion : l'exclusion d'un groupe social (association, par exemple mais il faut prendre groupe social au sens abstrait), l'exclusion de la société (prison, voir https://www.youtube.com/watch?v=AtI_CQuBxlI ), l'exclusion de la Nation (déchéance de nationalité). Est-ce bien raisonnable ? :/
P.-S. : ce shaarli pointe sur la première édition mais j'ai lu l'édition de poche publiée par La Mécanique Générale. Je ne trouve pas le bouquin sur le site web de celle-ci et j'ai pas franchement envie de faire un lien vers Amazon ou la FNAC.
La loi Sapin 2 a été examinée par le Conseil Constitutionnel. Voir mes notes sur cette loi : http://shaarli.guiguishow.info/?5I1VRQ
Alors qu'une vingtaine de « cavaliers législatifs » ont été identifiés, le Conseil a surtout censuré l'épineux article sur le reporting public « pays par pays ». Une mesure visant à instaurer un « contrôle citoyen » sur les stratégies d'optimisation fiscale des multinationales, mais qui avait suscité une levée du bouclier du patronat. Motif : elle porte « une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre », a indiqué le Conseil constitutionnel. [...]
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Le Conseil constitutionnel s'est par ailleurs prononcé sur la définition du lanceur d'alerte, un sujet pointé par l'opposition. En la matière, la censure est moins importante que ce que certains craignaient. La définition a été déclaré conforme. En revanche, les « Sages » ont invalidé l'aide financière offerte par le défenseur des droits.
Les juges constitutionnels ont également rejeté un article sur l'inéligibilité aux fonctions de député des personnes condamnées pour manquements à la probité, au motif que cela ne pouvait être institué que dans une loi organique, et non une loi ordinaire.
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Autre mesure rejetée: celle qui accordait à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) la possibilité de contrôler le départ de hauts fonctionnaires vers le privé, compétence jusqu'alors dévolue à la seule Commission de déontologie de la fonction publique. Pour le Conseil, le législateur "avait au cas particulier adopté des dispositions contradictoires qui, dans certains cas, affirmaient une compétence concurrente des deux autorités".
Les Sages du Palais Royal ont aussi jugé contraire à la Constitution l'article attribuant une compétence exclusive au parquet national financier en matière économique, fiscale et financière. Il a justifié cette censure par l'absence de mesures transitoires, "seules de nature à prévenir les irrégularités procédurales susceptibles de résulter de ce transfert de compétence".
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Parmi les autres mesures validées, "le vote de l'assemblée générale des sociétés cotées sur la politique de rémunération des dirigeants et l'approbation par cette assemblée de certains éléments de rémunération", destiné à éviter les dérives sur les salaires des grands patrons, la protection des biens des Etats étrangers poursuivis en justice, ou encore la possibilité accordée au Haut conseil de stabilité financière (HCSF) de limiter les retraits de l'assurance-vie pour une durée maximale de six mois.
Seuil de pauvreté défini par l'ONU et l'UE : 60 % du revenu médian soit 1008 €/mois pour une personne seule. En France, en 2014, 8,8 millions de personnes étaient sous ce seuil dont 2 millions de travailleur-euse-s pauvres. L'emploi ne protège même pas de la pauvreté !
L’Assemblée nationale et le Sénat vont devoir débattre à nouveau sous la contrainte d’un calendrier serré d’un projet de loi de prorogation de ce dispositif de pouvoirs exceptionnels confiés au ministère de l’intérieur. L’une des conséquences directes de la démission du gouvernement de Manuel Valls, mardi 6 décembre, est en effet de mettre fin à l’état d’urgence. L’article 4 de la loi de 1955 définissant ce régime d’exception prévoit que « la loi portant prorogation de l’état d’urgence est caduque à l’issue d’un délai de quinze jours francs suivant la date de démission du gouvernement ou de dissolution de l’Assemblée nationale ».
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Selon nos informations, l’avant-projet de loi est déjà rédigé et a été transmis pour avis au Conseil d’Etat à la veille du week-end du 3 décembre. Ce projet de loi est limité à une poignée d’articles. Outre les mois de prolongation, il prévoit de répondre à la question de la durée maximale à laquelle une personne peut être assignée à résidence dans le cadre de l’état d’urgence. L’avis du Conseil d’Etat sur ces deux points aura une grande importance, même s’il ne s’impose pas au gouvernement.
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Dans l’hypothèse où le vote de la nouvelle loi serait impossible dans le délai de deux semaines, le gouvernement nouvellement nommé de Bernard Cazeneuve pourrait par un simple décret en conseil des ministres instaurer un nouvel état d’urgence pour douze jours. Ce qui offrirait autant de délais pour mener à son terme le travail parlementaire. Le vote par la majorité et une partie de l’opposition de la prorogation de l’état d’urgence ne fait guère de doute. Mais, alors que la campagne pour l’élection présidentielle a commencé, ce nouveau débat devant le Parlement pourrait donner lieu à une nouvelle surenchère sécuritaire.
:(
Via la liste de discussion de LQDN
Times when I tought "I'm not really happy here, but maybe this is the best I can expect and i'll regret giving it up"… it turned out I… should have left sooner.
Gros +1.
Technique des élu-e-s pour faire réaliser des économies en achat de terrains à des grosses sociétés commerciales : faire évaluer les terrains par France Domaine (agence de l'État obligatoire pour la vente de terrain appartenant à des collectivités) alors qu'ils sont encore classés inconstructibles dans le plan local d'urbanisme (PLU), laisser le privé acheter les terres et, enfin, changer le PLU pour que ces terres deviennent magiquement constructibles. C'est parfaitement légal… Gerbant.
Techniques du sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb :
La Quadrature du Net a choisi de publier l'état de ses réflexions sur le délit d'entrave numérique à l'interruption volontaire de grossesse, dont la discussion législative est prévue à l'Assemblée nationale à partir du jeudi 1er décembre 2016. Sur ce dossier complexe où interfèrent plusieurs droits fondamentaux, il est important de prendre le temps de mesurer l'impact d'une création d'un nouveau délit tel que proposé par le gouvernement et les parlementaires de la majorité présidentielle.
La question de l'entrave numérique à l'interruption volontaire de grossesse s'est posée suite au constat de l'existence de sites Internet, très bien référencés dans les moteurs de recherche, qui sont dès lors une source d'information pour les personnes cherchant à se renseigner sur l'IVG ou sur la conduite à tenir lors d'une grossesse non désirée. Ces sites se donnent pour but de freiner le recours à l'IVG chez les femmes qui cherchent de l'information. Leur apparence, leur discours, sont dénoncés comme trompeurs.
La Quadrature du Net tient à rappeler que le droit à l'interruption volontaire de grossesse est l'une des composantes d'un droit fondamental, le droit au respect de la vie privée et familiale. En tant qu'organisation de défense des droits humains et de leur exercice effectif, La Quadrature du Net condamne toute action visant délibérément à entraver l'exercice de ce droit.
Cela étant rappelé, l'opposition idéologique au droit à l'IVG n'est pas un délit en France, et comme toute opinion non délictueuse elle est protégée par le droit à la liberté d'opinion, d'expression et d'information.
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Cette proposition de loi peut être découpée en deux parties distinctes.
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La notion de pression psychologique sur les femmes et leur entourage devrait être interprétée strictement, c'est-à-dire par « communication directe adressée aux femmes ou leur entourage pour faire pression sur elles de façon à les dissuader de recourir à l'avortement ». La volonté d'y inclure ce qui relève de la mise à disposition de contenus sur Internet dont l'accès est volontaire de la part de l'utilisateur risque de rendre la notion de pression psychologique bien trop extensible et, appliquée éventuellement dans l'avenir à d'autres opinions, de devenir une source de dérives importante.
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L'inclusion de la simple publication de contenus dans le délit d'entrave numérique créerait un précédent d'atteinte à la liberté d'opinion et d'expression inacceptable. Le fait que la visibilité de ces contenus soit excessive ne peut être corrigé par la création d'un délit, mais relève de la mobilisation positive sur Internet en faveur des droits, ou de la lutte contre la position dominante de moteurs de recherche et la façon dont ils en abusent. La création d'un délit pour mise à disposition de contenus, fussent-ils douteux, écoeurants ou opposés à la liberté de choix des personnes, porte indiscutablement atteinte à la liberté d'expression. Or, cette dernière n'est pas faite uniquement pour ceux avec qui nous sommes d'accord.
[...] Il serait souhaitable que les politiques publiques et les structures travaillant avec les personnes ayant recours à l'IVG se tournent davantage vers les méthodes employées par les sites qui sont visés par cette proposition de loi et travaillent à une mobilisation plus intense sur l'espace numérique, plus adaptée aux méthodes de référencement actuelles, plus tournée vers les pratiques réelles d'information du public concerné, plutôt que de créer un nouveau délit porteur dans son fondement de problèmes juridiques et d'atteinte aux droits très lourds.
Moi je tiens à vous le dire comme je le pense, je suis très choquée par l'intervention de l'ONG La Quadrature du Net. D'ailleurs, j'ai été choqué bien avant puisque, lorsqu'on travaillait sur ce rapport, il y avait des mails demandant aux parlementaires de ne surtout pas appuyer ni mon rapport et encore moins les mesures qu'on préconisait.
Rachida Dati, au parlement européen, le 29/11/2016, lors de l'audition « Prévenir et combattre la radicalisation et l’extrémisme violent » en commission LIBE. Cette audition est un point de suivi de son rapport Dati adopté l'an passé. Notons que l'attaque n'a pas été faite dans le dos : Adrienne, de LQDN était présente dans l'hémicycle.
Bon, Dati y redit aussi son amour pour la censure qui, en matière de pédoporn est apparemment capable d'empêcher des pédophiles de passer à l'acte ou de retrouver des pédophiles qui agissent depuis des années. Comment ? Elle ne le dit pas. En matière de terrorisme, Rachida Dati en est sûre : toutes les personnes les plus radicalisées passeront à l'acte… (novlangue pour "je soutiens l'enfermement préventif" ;) ).
Via https://twitter.com/laurentchemla/status/803938526056349696 via https://twitter.com/bortzmeyer
J'avais complètement oublié qu'il faut aller faire une manip' dans pavucontrol lorsqu'on veut enregistrer le son qui sort de la carte son :