Documentaire diffusé en avril 2018 sur France 5 qui traite de la prostitution chez les ados. On y apprend qu'il y a des causes en amont du passage à l'acte : désir de se faire accepter au sein d'un groupe, chantage ("tu m'suces ou je balance en public le contenu de ton 06 que je t'ai volé", photo nue volée, etc.), copine qui propose de se faire du fric facile, manque d'autorité des parents, société dans laquelle la femme est avant tout un objet sexuel qui est valorisée uniquement à ce titre (pub, porno, éducation sexuelle à l'école, etc.) qui retarde la prise de conscience ("je ne suis pas une prostituée, ce que je fais est normal, habituel, non ?"), etc. Puis c'est l'engrenage : le⋅a proxénète se ramène et fait pression, une addiction (à la liberté, au fric, un besoin viscéral d'attention, etc.) commence, la rechute pointe le bout de son nez en cas, etc.
On entend un propos qui revient souvent dans les débats autour de la patrimonialisation des données personnelles ou en contre-argument à ne pas laisser le choix de renoncer à ses libertés lors des débats sur le zéro-rating au sein de la neutralité du net : "je vends mon corps comme le reste, car tout est négociable". On mesure ici les limites de la liberté individuelle que l'on peut tordre par la force (physique ou psychique), l'argent, etc. notamment auprès d'un public vulnérable (ce que sont la majorité des ados présentées dans ce documentaire car issues d'un milieu modeste).
Je note que la police est impuissante : la prostitution (tout comme le racolage - actif et passif) n'est pas illégale, seuls peuvent être poursuivis les clients et les proxénètes. La majorité sexuelle étant à 15 ans, la police ne peut pas intervenir (s'il n'y a pas de proxénète. Qu'en est-il en dessous de 15 ans, puisque le documentaire dit que l'âge moyen est en chute libre ?).
Je ne trouve pas crédible l'un des témoignages qui composent ce documentaire et je reste sur ma faim concernant les causes, ce documentaire étant surtout axé autour de témoignages de parents.
Fiction qui retrace la vie dans des filatures proches de Grenoble au début du 20e siècle : le volume horaire, les cadences infernales, les salaires de misère, les agressions sexuelles à répétition sur les ouvrières commises par les contremaîtres, l'Église qui fourni de la main d'œuvre italienne maintenue sous servitude (peur de Dieu, remboursement du voyage pour venir en France, loyer et nourriture retenus sur salaire, etc.), les grèves, les cantines communes, les syndicats, la difficulté de se faire entendre quand on est une femme (y compris quand on est déléguée syndicale au sein du congrès national des ouvriers de l’industrie textile), la difficulté de combiner vie militante et vie de famille, etc.
Cette fiction se focalise sur la personne de Lucie Baud. La trame narrative est basée sur son témoignage publié en 1908 et sur le travail de l'historienne Michelle Perrot (le titre du film est d'ailleurs basé sur celui de son livre).
J'en recommande vivement le visionnage.
1974 - 2018 : 44 ans, mais le même discours écolo perdure : l'énergie fossile et les autres matières premières ne sont pas infinies ; ne pas jeter, recycler, cela permet de ne pas épuiser les gisements ; 30 à 40 % des emballages ne servent à rien ; « on a habitué les gens à dépenser, à consommer, la consommation devenant un indice de richesse » ; « donc la France doit modifier ses structures industrielles et de consommation ? »… 44 ans plus tard, rien de nouveau sauf une chose : ces structures, qu'on devaient changer rapidement sous peine de chaos imminent ont tenu 44 ans de plus. Mieux, on a accéléré la cadence pendant ces 44 années. Crédible. Allez, on tiendra bien encore 50 années supplémentaires ? :)
Chaque génération a eu sa coqueluche pour porter le message de fin du monde climatique : Al Gore il y a 10-12 ans, Aurélien Barrau de nos jours… Claude Guillemin il y a 44 ans…
Un documentaire sur le mouvement Alternatiba (villages des alternatives partout en France depuis 2013 + tour de France en vélo de village en village), la COP 21 de 2015 et le sommet du gaz et du pétrole en eau profonde d'avril 2016.
Ce documentaire est excellent : il montre la solidarité, la violence policière, l'envie d'un autre monde, le vivre ensemble et la tristesse et la beauté de cette lutte climatique. J'en recommande vivement le visionnage.
Quelques notes :
Je ne peux m'empêcher de me dire que si tous ces militants avaient bossé au lieu de vouloir changer le monde, on aurait pu exploser le PIB compte-tenu de leur détermination. Dommage. Tout ce potentiel gâché par un accord non contraignant dont s'est retiré l'un des plus gros pollueurs (les USA), que les États restant ne respecteront pas et que, même s'ils le respectaient, cela ne suffirait pas. Sans compter que cet accord ne prend pas en compte les énergies fossiles et les trafics aériens et maritimes. Dommage.
Une entrevue de Bluetouff et Kitetoa. Rien d'intéressant pour ceux qui lisent Reflets.info car cette entrevue est un foutoir, les concepts ne sont pas expliqués, tout s'enchaîne à toute vitesse, il faut lire un minimum Reflets.info pour suivre, etc.
Quelques notes :
J'ai toujours présenté sous un angle complotiste le fait que la batterie de nos ordinateurs de poche (smartphones) soit de plus en plus souvent inamovible : ça doit être conçu pour que nous ne puissions pas retirer la batterie, donc que la puce GSM dite baseband (celle qui communique avec le réseau) puisse continuer à émettre et à recevoir donc à nous fliquer (géolocalisation par les antennes de téléphonie, envoi d'informations pompées directement dans la mémoire du téléphone, etc.). Voir, par exemple : Pourquoi choisir un ordiphone avec une batterie amovible ?
Un collègue fan d'électronique m'a récemment proposé un autre angle de réflexion.
Une batterie peut être souple, molle et enfermée dans un petit sachet de protection. Rien oblige à ce qu'elle soit un gros rectangle dur. On trouve de telles batteries souples depuis longtemps dans les tous petits bidules électroniques. Sauf erreur de ma part, c'était aussi le cas de la batterie de mon Motorola Moto G 4G LTE : elle était souple et enfermée derrière une feuille de plastique dur scellée.
Pour qui veut miniaturiser toujours plus, ces batteries souples sont une opportunité, car elles occupent un peu moins d'espace que leur équivalente enfermée dans du plastique rigide. Mais l'impératif de sécurité préalable à la mise sur le marché demeure : il ne faudrait pas que le consommateur endommage la batterie (torsion, perçage, choc, etc.). Pour répondre à cette exigence de sécurité, le plus évident est de rendre la batterie inamovible.
Ainsi, la batterie inamovible de plus en plus répandue serait une conséquence de la miniaturisation et pas d'une volonté de surveiller tout le monde. Le fait que le consommateur ne puisse plus s'assurer que son smartphone est réellement éteint serait une conséquence de la miniaturisation.
Évidemment, cela n'a pas empêché les constructeurs d'ordinateurs de poche de broder des fonctionnalités qui peuvent exister seulement si l'ordinateur est toujours allumé, telle que la possibilité d'effacer à distance les données d'un ordinateur de poche volé, ce qui signifie que la puce GSM reste connectée au réseau et qu'elle dispose des droits d'écriture sur la mémoire du téléphone. Mais, rien permet d'affirmer que le choix de batteries inamovibles découle de la volonté de proposer de telles "fonctionnalités".
On serait donc dans le cas où un choix technologique a entraîné un effet secondaire négatif, une possibilité de surveillance.
J'attendais d'acquérir une longévité plus consistante dans mon nouvel emploi avant de te répondre. Je pense qu'un peu plus d'un an est une base suffisante pour refaire le point sur le team building. Spoiler : je n'ai pas changé d'avis et je maintiens mon titre de l'époque.
Tout ce que tu décris existe aussi au sein de mon emploi actuel : sortie bar / billard, sortie cinéma, sortie restaurant, tennis de table, badminton, renforcement musculaire, etc. Et, oui, à l'exception de quelques tempéraments qui cherchent parfois la compétition et la moquerie, ces sorties entre collègues se déroulent dans une ambiance très agréable.
Pour moi, il y a deux différences entre ce que je viens de décrire et le team building :
C'est ça, la différence essentielle : nos activités ne rentrent pas dans le cadre d'une politique RH d'organisation scientifique du travail telles qu'elles existent aujourd'hui sous le terme « management de soi » (coaching, injonction à être motivé, flexible, responsable, à se fixer des objectifs et des sanctions en toute autonomie, à soigner son apparence, à avoir un esprit d'équipe, fut-il factice) et qui succèdent au Taylorisme, au Fordisme, au « mouvement » (1920-1960, appliquer le Taylorisme aux relations sociales au sein de l'entreprise : mesure de la camaraderie, de la durée optimale de la pause, rationalisation des recrutements et de la formation, individualisation du travail, du salaire, etc.). C'est cela que je critiquais négativement dans mon shaarli initial : une méthode de management comme une autre qui est mise en place uniquement pour servir les intérêts d'une minorité et qui permet aux divers chefs de fuir leurs responsabilités. Je pense toujours qu'il s'agissait bien de cela chez mon ex-employeur et pas d'une volonté de créer un petit moment sympa entre collègues qui aurait été mal implémentée.
Dans le fond des choses, ce qui me terrifie est parfaitement mis en scène dans une séquence du film The Circle de 2017. Je la mets à disposition ici. Analysons :
Pour moi, une telle rupture de la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle est totalement inadmissible. Et je trouve que le team building y contribue en douceur afin que les gens se fassent piéger petit à petit, qu'ils acceptent l'inacceptable petit à petit. L'aspect positif, c'est que mon chef de service partage cette vision d'horreur et qu'il refusera d'organiser des activités au nom du service. Et ça, c'est cool. Reste l'éternelle question : pour combien de temps ? Des collègues ont émis un avis favorable à ce que nos activités soient labellisées « service informatique » et organisées en tant que telles.
Oui, au sein de l'entité qui m'emploie, on a aussi de l'humour en quasi permanence, une bonne ambiance, de l'entraide au quotidien (qu'il faut élargir au-delà de mon équipe, c'est en cours, tout doucement), du soutien moral (un peu, il reste encore une marge de progrès importante), de la résolution des conflits entre personnes (idem), etc. Pour moi, c'est précisément de tout cela dont doit aussi s'occuper un chef (d'équipe ou de service). Et pour moi, tout cela ne relève justement pas du team building tel qu'il est théorisé. Le team building est justement un ensemble de méthodologies qui se veulent rationnelles pour échapper au traitement de ces problématiques irrationnelles, car elles ne sont pas simples à traiter (il n'y a pas une réponse clé en main), tout en le remplaçant par une cohésion d'équipe artificielle propice à un travail plus efficace. C'est précisément ce que je dénonçais dans mon shaarli initial.
P.-S. : j'aime bien tes tags « cas » et « particulier ». :D
La caméra d'un poto de Mélenchon filmait les coulisses de la campagne présidentielle 2017 de ce dernier. On assiste à des réunions de campagne, à des meetings, à des entretiens télévisés (le cirque, la mise en scène burlesque autour des débats est hallucinant…), etc. Ce documentaire est forcément partiel : il montre des moments choisis, Mélenchon n'y est pas naturel (l'exemple le plus parlant est quand il déclare « allez, maintenant, on boit ! … … … … … … De l'eau, hein ! », la seconde partie de la phrase a été prononcé après qu'il ait vu la caméra :D), etc.
À la base, j'ai souhaité visionner ce documentaire pour me faire une autre image de Mélenchon. Malheureusement, j'y ai vu ce que je savais déjà :
Quelques notes :
Être vertueux, c'est poser que ce qui est bon pour tous est bon pour soi. S'il y a une injustice, ça me concerne, je veux savoir pourquoi et comment elle a été produite et pourquoi j'y abandonnerai telle personne. Et du coup, tu prends dans l'autre sens : tant qu'une injustice a un remède, si tu la laisses agir, c'est une faute imprescriptible, tu ne peux pas te la pardonner, parce que tu sais comment régler le problème et tu ne le fais pas.
Concernant l'idée d'un référendum citoyen, j'arrive à la même conclusion qu'Emma : « c'est l'intégralité de notre système qu'il faut revoir, pas quémander le droit d'y donner notre avis de temps en temps ! […] On combat pas le système avec les outils du système. Pas d'élections, pas de RIC. On bloque le système. On s'organise politique mais pas avec les outils du système ! Avec les nôtres ! ». Le référendum citoyen, c'est l'outil des beaux parleurs, de ceux qui veulent encore discuter au lieu de se remuer pour dénoncer puis stopper ce qui ne leur convient pas dans notre société.
Les arguments d'Emma (que je complète parfois) :
J'ajoute les points suivants :
Pour ceux qui veulent discuter du RIC, de ses modalités, de son champ d'application, etc. une consultation citoyenne est ouverte jusqu'au 22 février 2019.
Une entrevue vieille de plus de 6 mois dont je n'avais pas compris la valeur lors de ma première écoute. J'en recommande le visionnage.
Extraits retenus :
<Ray : Sérieux sortir avec un(e) trans c'est chaud
<Ray: Genre avant elle était un mec, c'est limite gay :S
<Clo: Bon écoute, ta copine y a longtemps c'était un bébé, ça fait de toi limite un pédophile?
Hahaha :D
Le refus de Frédérique Bredin, ex-ministre PS et actuelle patronne du Centre national du cinéma, de succéder à Olivier Schrameck à la tête du Conseil supêreur cle l'audiovisuel (CSA), en janvier, oblige les conseillers de Macron à changer leur fusil d'épaule. « On a abouti à deux options. Celle qui a le plus de chances de progresser est la candidature discrète mais appuyée de Laurence Franceschini, l’actuelle médiatrice du cinéma », dixit un proche du chef de l'Etat. Qui ajoute : « L’autre option serait le profil plus juridique de la présidente de la Cnil, Isabelle Falque-Pîerrotin, qui pourrait être préféré si la prochaine loi audiovisuelle venait à fusionner le CSA avec l'Hadopi. »
Avec des « si », on mettrait Schrameck à la retraite anticipée !
Dans le Canard enchaîné du 5 décembre 2018.
Chacun d’eux devrait y laisser, en moyenne, 1 000 euros par an, à en croire les calculs de la Caisse nationale des allocations familiales. Et il n’y aura quasiment aucun gagnant.
Programmée pour 2019, la nouvelle réforme des aides sociales au logement pourrait pénaliser 1,2 million de malchanceux, qui verront leurs subsides réduits ou carrément supprimés — ce qui représente, en moyenne, 1 000 euros de moins par an pour chaque foyer concerné ! De quoi permettre au gouvernement d’économiser annuellement 1,2 milliard sur l’APL (l’aide personnalisée au logement), l’ALS (alloc dite « de dernier recours ») et l’AFL (versée en fonction de la situation familiale).
Ces données explosives proviennent des ordinateurs de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), qui distribue lesdites aides. Le cabinet du ministre du Logement, Julien Denormandie, assure au « Canard » qu’il n’a pas connaissance de ces chiffres. Mais il refuse de livrer le résultat de ses propres calculs.
Précaires plumés
Le ministère ajoute, sans rire, qu’il ignore le nombre de personnes censées être touchées par sa propre réforme et qu’il ne connaît que le montant des économies réalisées. En réalité, le gouvernement veut éviter de mettre de l’huile sur le feu auprès d’allocataires déjà passablement énervés par la réduction mensuelle de 5 euros de l’APL appliquée depuis 2017. La prochaine ponction s’annonce autrement rude… Présenté par Macron et Denormandie comme « une mesure de justice sociale (sic) », le changement consiste à verser les aides en fonction non plus de la situation antérieure des demandeurs (calculée sur l’année n-2) mais de leurs revenus actuels. Le calcul sera révisé tous les trimestres et plus ou moins lissé sur douze mois, histoire de prendre en compte les changements professionnels et familiaux.
Soucieux de mettre en évidence la pureté des intentions gouvernementales, Denormandie a cité le cas d’un jeune diplômé entrant dans la vie active avec un bon salaire et qui continuerait de toucher des allocs calculées sur ses maigres revenus d’étudiant des années écoulées. Mais ce genre d’oiseau reste trop rare pour permettre de réaliser de substantielles économies…
Le nouveau mode de calcul va surtout plumer les précaires. En fonction des CDD ou des contrats saisonniers qu’ils réussiront à décrocher, ils pourraient être soumis au régime de la douche écossaise : un trimestre avec APL, un deuxième avec un petit bout d’allocs et le troisième avec… des clous !
En fait, cette réforme ne fera quasiment aucun gagnant. Même chez les personnes dont les ressources financières se dégradent brutalement, après des années plus prospères. La Cnaf prend déjà en charge ces situations en temps réel, sans tenir compte des revenus plus élevés encaissés durant les exercices précédents.
Cailloux informatiques
Heureusement pour les allocataires, l’application de la réforme se heurte à d’inextricables problèmes informatiques. Ainsi, la Cnaf s’avère incapable de prendre en compte, trimestre par trimestre, les revenus des commerçants et des autoentrepreneurs (un statut très fréquent chez les précaires) ou d’intégrer le versement des pensions alimentaires.
La réforme a donc été découpée en tranches. Seuls les cas les plus simples seront soumis, l’an prochain, au nouveau régime. Et la mise en route a été opportunément retardée : prévue initialement pour le 1er janvier prochain, elle a d’abord été remise au printemps, puis au mois de juillet, voire à l’automne.
Tous ces pépins techniques devraient permettre au gouvernement de calmer le jeu. Le ministère du Logement ne cesse d’ailleurs de répéter que son dispositif n’est pas tout à fait calé et que sa réforme peut encore être… réformée.
En espérant que, d’ici à l’été, les gilets jaunes et autres râleurs seront devenus aveugles, sourds et muets…
Dans le Canard enchaîné du 5 décembre 2018.
Jean-Luc Mélenchon a paru marquer le coup, dimanche 2 décembre sur France 2, quand un représentant des gilets jaunes a évoqué le projet de « s’organiser politiquement ».
C’est en effet une crainte exprimée, depuis deux semaines, au sein des partis de gauche, de droite et d’extrême droite : la constitution d’une liste de gilets jaunes aux européennes (et aux élections suivantes) risquerait de siphonner leur fonds de commerce électoral. A la manière du Mouvement 5 étoiles italien.
L’affaire n’a pas échappé à l’Elysée, qui y a vu une bonne nouvelle. « Si des représentants des gilets jaunes, affirme un conseiller de Macron, se présentent aux élections, ce n’est pas En marche ! qui y laissera des plumes, mais les Insoumis, le Rassemblement national, Debout la France et Les Républicains. »
Les gilets jaunes alliés objectifs de Macron, il fallait y penser ! Pour commencer, il faudrait qu’ils se fédèrent, et ce n'est pas encore d’actualité.
Certes, mais ça illustre une tendance de fond qui, si elle ne se matérialise pas en cette fin 2018, se matérialisera plus tard, à un moment où les derniers gardes-fous à une alliance rouge brune sauteront… bref, ce n'est pas bon signe…
Dans le Canard enchaîné du 5 décembre 2018.
Elle est rudement chouette, cette campagne de pub de BNP Paribas. Sur fond vert clair, avec une fleur de pissenlit en gros plan, la banque propose un prêt à taux réduit pour le financement d’une voiture neuve électrique. C’est beau, la banque écolo.
L’ennui, c’est qu’un rapport de l’ONG Oxfam, daté du 24 novembre, explique que les six principales banques françaises font tout le contraire : elles continuent de financer largement les énergies fossiles; Entre 2016 et 2017, elles ont financé le charbon, le gaz et le pétrole à hauteur de 43 milliards d’euros, à comparer à un peu moins de 12 milliards pour les énergies renouvelables. Depuis
la COP21, fin 2015, elles ont même réduit leurs investissements dans les énergies propres.La pub, ça n’engage que ceux qui y croient.
Dans le Canard enchaîné du 28 novembre 2018.
Ne disposant pas de chaîne de télé en France pour faire, comme Russia Today, sa propagande gouvernementale, le régime chinois a trouvé un bon débouché, depuis la rentrée : un contrat a été signé avec le groupe BFM, et plus précisément avec la régie publicitaire de BFM Business, la chaîne économique disponible sur le Web et sur la TNT à Paris. Chaque iour, le service français de la chaîne d'Etat Radio Chine Internationale fournit, clés en main, des sujets qui, sous la forme de jités, encensent l'économie et le modèle chinois. Cette séquence très fraîche est diffusée le soir a 23 h 50 dans un magazine spécialisé, intitulé « Chine Eco ». Au passage, des boîtes françaises qui travaillent en Chine sponsorisent ce programme très libre. Le deal avait été proposé à CNews et à France Info, qui l'avaient refusé.
Mais la télé du business BFM, elle, n'a pas hésité à aller à la soupe pékinoise…
Propagande, propagande, le Canard y va un peu fort… C'est de l'influence à l'international. La France en fait tout autant avec le groupe public France Médias Monde.
Dans le Canard enchaîné du 28 novembre 2018.
Une fois n’est pas coutume, les flics d’Interpol se soucient des droits de l’homme. Certains régimes peu démocratiques ont pris la fâcheuse habitude d’utiliser l’organisation internationale de coopération des polices pour faire arrêter leurs opposants politiques réfugiés à l’étranger.
Dernière illustration : des notices rouges émises par Interpol à la demande de la Mauritanie à l’encontre de l’homme d’affaires et milliardaire Mohamed Ould Bouamatou ainsi que de son collaborateur. Tous deux Opposants au président Abdel Aziz.
Après avoir collé à chacun un mandat d’arrêt, le 31 août 2017, pour soupçons de corruption, Nouakchott avait obtenu que l’organisation policière basée à Lyon les inscrive dans son fichier des personnes recherchées.
Las, quatorze mois plus tard, Interpol a donné raison aux avocats des deux hommes en considérant que la demande de la Mauritanie était abusive. Non seulement elle a supprimé illico les avis de recherche internationaux visant Mohamed Ould Bouamatou et son bras droit, mais, dans sa décision, elle tire à boulets rouges sur le président Aziz, n’hésitant pas à dénoncer « une dimension politique prédominante dans cette affaire ».
Un odieux procès d’intention !
Dans le Canard enchaîné du 28 novembre 2018.
Selon une note confidentielle des Douanes, le déficit est constamment minoré : 5 milliards en 2017, confirment les statistiques européennes, et pire les années d’avant !
Chaque mois, c’est le même rituel : la Direction générale des douanes publie les chiffres du commerce extérieur. Et ils sont très mauvais. Ainsi, le 8 novembre, la France accusait, pour le 3e trimestre, un déficit de 14,9 milliards d’euros. Affreux. Sauf que la réalité est encore pire !
Pour s’en rendre compte, il suffit d’éplucher les statistiques d’Eurostat sur les échanges intracommunautaires. L’ensemble des pays de l’Union européenne déclare nous avoir acheté un peu plus que ce que nous affirmons leur avoir vendu. A l’inverse, ces mêmes voisins jurent nous avoir vendu beaucoup plus que ce que nous reconnaissons leur avoir acheté. A en croire Eurostat, nos importations annuelles sont sous-estimées de 12 milliards d’euros, et nos exportations de 7 milliards. En clair, notre déficit commercial de 2017 serait minoré de 5 milliards. Une paille, et pas la première du genre !
Car, dès 2014, dans une note interne, le chef statisticien des Douanes sonnait l’alarme : « Si la France calculait aujourd’hui ses importations en provenance de l’UE en additionnant les exportations vers l’Hexagone publiées par ses partenaires européens, son solde commercial annuel serait dégradé de 10 à 20 milliards selon les années. » Excusez du peu.
Boss des maths
Deux ans plus tard, le patron du département des statistiques et des études économiques (DSEE) des Douanes décortiquait l’erreur dans un rapport confidentiel de 13 pages. Afin de limiter la paperasse, Bruxelles a dispensé de formulaires les entreprises européennes important d’un autre pays de l’UE pour moins de 460 000 euros de biens. A charge pour les gabelous d’estimer, au doigt mouillé, ce flux commercial non déclaré.
Selon la note, il s’agit d’« un modèle fantaisiste » : les douaniers auraient mal exploité les données de TVA déclarées par les entreprises françaises importatrices ainsi que les déclarations fiscales des sociétés européennes exportant en France…
Réagissant, dans un courriel interne, à cette fâcheuse découverte, Hélène Crocquevieille, alors directrice générale des Douanes, explique sérieusement que « ces travaux permettront de faire progresser la qualité des stats du commerce extérieur fournies par la Douane ». Elle s’interroge gravement : « Quand et comment faire état de ces résultats afin de les intégrer dans le chiffre mensuel du commerce extérieur ?» Sans commettre d’erreurs, cette fois ?
Aujourd’hui, le dossier repose sur le bureau du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin. Et ce dernier prend son temps vu que, chez nos voisins aussi, le chiffre du commerce extérieur est largement frelaté — parfois plus qu’en France. Exemple : en Allemagne, la balance commerciale est « améliorée » d’environ 15 milliards (2 % de ses échanges européens). C’est moins qu’en Grande-Bretagne (2,5 %) et, surtout, qu’en Italie (6,4 %). La Belgique fait figure de modèle, avec une « amélioration » de sa balance des paiements de seulement 800 millions. Fayots ! La Commission européenne avait bien lancé, en 2012, un programme supposé remettre de l’ordre, mais ce projet à plusieurs millions d’euros, baptisé « Simstat », est toujours au point mort.
Il comportait des erreurs de calcul ?
Et c'est avec ce genre de chiffres que l'on vient nous causer de compétitivité internationale donc de suppression d'emplois et de coupes budgétaires…
Dans le Canard enchaîné du 28 novembre 2018.
Comment se mettre à dos en même temps les représentants des cultes, les athées, les francs-maçons et autres tenants de la laïcité ? Le gouvernement est en passe de réaliser cet exploit avec son projet de réforme de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, censé marginaliser les islamistes intégristes.
Si les laïcards se méfient de toute remise en cause de ce texte sacré, les religieux ne digèrent pas l’attitude de l’Elysée et du ministère de l’Intérieur. Ces derniers ont d’abord rédigé un avant-projet de loi et l’ont fait fuiter dans la presse, avant d’inviter cathos, protestants, juifs et orthodoxes à venir discuter d’une réforme quasi bouclée à l’avance.
« Nous sommes demandeurs d’une réelle concertation et non pas d’une consultation », tacle le président de la Fédération protestante de France, François Clavairoly. Les représentants de l’islam ne se montrent guère plus aimables. « Il est hors de question qu’il y ait une loi spécifique aux musulmans », avertit, dans « Le Monde » (24/11), Anouar Kbibech, vice-président du Conseil français du culte musulman.
Gâterie pour imams
Macron et Castaner entendent pourtant contraindre les associations gérant les mosquées à quitter le statut de la loi de 1901, jugé trop laxiste. Elles devront adopter le cadre de la loi de 1905, réservé aux associations à but exclusivement cultuel, et qui permet — en principe — un contrôle renforcé des flux financiers.
Pour amadouer les imams, le projet prévoit que leurs associations cultuelles auront désormais le droit de percevoir des revenus immobiliers, tout en bénéficiant d’un régime fiscal ultra-favorable. Jusqu’à présent, la loi de 1905 interdit ce genre de commerce, mais l’Eglise catholique s’en est déjà affranchie et encaisse, en toute impunité, de copieux revenus locatifs.
Cette réforme risque de ne rien régler du tout. Et pour cause : comme les représentants des autres religions, des musulmans animent également un incontrôlable (et influent) réseau de services charitables ou éducatifs.
Dépourvues de but cultuel officiel, ces structures ne peuvent — par nature — être pilotées que par des associations 1901. La nouvelle loi n’empêchera donc pas les excités de donner des cours dans des écoles intégristes, d’organiser des pèlerinages salafistes ou d’encaisser, en toute opacité, le pognon des fidèles, comme le font aujourd’hui certains ensoutanés traditionalistes…
Macron souhaite également renforcer la police des cultes pour museler les prédicateurs énervés. Il s’agit de durcir les condamnations en cas de prêches antirépublicains ou appelant à la violence. Mais, cette fois, c’est la hiérarchie catho qui est toutes crosses dehors : « La Croix » (12/11) s’est alarmée de voir ainsi remis en cause le droit des curés à monter en chaire pour qualifier « l’avortement de crime ». Après l’alliance du sabre et du goupillon, celle des mitrés et des barbus ?
Dans le Canard enchaîné du 28 novembre 2018.