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——————————— June 9, 2019 - Sunday 09, June 2019 ———————————

LREM qui se réjouit de finir quasiment premier ex aequo avec le RN aux élections européennes… Quand il te reste uniquement la sémantique pour continuer de convaincre que tu as des biceps sur-développés… Lamentable… Ceci dit, factuellement, ce n'est pas faux : les deux partis auront 23 sièges chacun au Parlement européen (après le Brexit, 21 pour LREM et 22 pour le RN en attendant source, source 2). Ce qui va faire la différence, c'est les alliances. LREM a rejoint l'ALDE pour un total de 106 sièges, le RN a rejoint l'ENF pour un total de 58 sièges (source). Tu le vois mieux, le rapport de force ? Tu le vois mieux que le RN ne va pas changer le rapport de force au Parlement européen ?

Macron qui, selon le Canard enchaîné du 29 mai 2019, se réjouit de la bipolarisation du paysage politique français entre RN et LREM… D'un certain côté, il a raison : cela lui assure son fauteuil et ses privilèges… … … jusqu'au basculement dans le gouffre. Comment peut-on se réjouir d'une situation qui ressemble plutôt à la méthode Coué « jusque-là tout va bien… jusque-là, tout va bien… jusque-là… » ?! C'est cela, être responsable ?! Comment peut-on se réjouir de la réduction de la qualité du débat politique ?! On va se manger de l'enfumage "moi le gentil Macron versus le méchant RN" et se farder les régressions sociales qui vont avec pendant encore longtemps… Bon sang…

Les journalistes, même de journaux que je respecte, comme le Canard, qui font des comparaisons à tout-va entre les résultats de la dernière présidentielle, des dernières législatives, des européennes actuelles et des prochaines municipales, et qui nous expliquent que, dans le fief de Hollande, c'est le RN qui l'emporte (sous-entendu : c'est rien que de la faute à Hollande) et que dans la région de Wauquiez, LR divise son score par deux par rapport à 2014 (sous-entendu : c'est rien que la faute à Wauquiez) et que…, vous n'avez pas autre chose à écrire ?! Vous n'en avez pas marre d'additionner des courgettes avec des voitures pour obtenir l'âge du capitaine sans même vous demander s'il est intéressant de calculer l'âge du capitaine ?! Dans toutes les élections que vous mélangez, ce ne sont pas les mêmes candidats (et ça a de l'importance vu que, dans l'imaginaire de la 5e Ripoublique, la présidentielle repose sur un homme providentiel) ni les mêmes enjeux (on ne devrait pas calquer les enjeux nationaux sur l'UE, mais définir une feuille de route indépendante des enjeux nationaux avec, pourquoi pas, des candidats européens, pas nationaux) ni le même mode de scrutin (les électeurs, pas idiots, savent qu'ils peuvent faire passer le RN ou les Verts lors d'une élection proportionnelle, donc ils se mobilisent) !

Les écolos qui se présentent désormais comme la 3e force politique de France… Ils sont membres d'un groupe de 74 députés européens… Autant dire qu'ils sont minoritaires face au PPE, aux S&D et à l'ALDE, donc que leur marge de manœuvre va être très limitée…

Je préfère constater que LREM a rejoint le groupe parlementaire ALDE, que cela forme une troisième force au Parlement européen qui nuance avec l'habituel bipartisme PPE-S&D. Ça peut être intéressant, car dans mes combats passés (ACTA, neutralité du net, etc.), l'ALDE a souvent été une petite réserve de voix… même si ce groupe s'est souvent aligné sur les libéraux du PPE…

Je préfère constater également, qu'avant, le RN n'avait pas de groupe au Parlement européen, alors qu'aujourd'hui, le RN a rejoint l'ENF de Salvini (et un peu de l'Autriche et de la Belgique)… J'imagine que, comme au Parlement français, former un groupe offre des possibilités d'action supplémentaires (au niveau français, cela octroie du temps de parole, des contre-pouvoirs, etc.).

Il s'agirait de grandir.

Peu banale, l’enquête préliminaire ouverte en janvier au parquet de Paris. Elle porte sur une étrange perversion et concerne des dizaines de femmes sur plusieurs années. L’une des victimes a raconté au « Canard » sa mésaventure. En 2014, elle répond à une petite annonce d’emploi passée par le ministère de la Culture. Elle y est reçue par un imposant responsable des « relations humaines » qui, gentiment, lui offre un café. Elle trouve le breuvage « dégueulasse », mais le boit par politesse. Et hop !

Monsieur lui fait faire le tour du propriétaire. Une longue promenade permettant d’admirer les superbes installations de la Rue de Valois. Trop longue ? Au bout d’un moment, la jeune fille, malgré sa gêne, se résout à demander : « Où sont les toilettes ? » « Oui, oui, bien sûr, lui répond son hôte, ne vous en faites pas, mais on continue la visite. » Au bout d’une heure et demie, et après d’autres demandes restées vaines, elle finit, au désespoir, par se pisser dessus. Il faut imaginer l’état d’esprit d’une jeune fille venue chercher un travail et terminant son entretien d’embauche dans cet état, « humiliée comme jamais dans [sa] vie » !

Miction impossible

Rentrée chez elle, la malheureuse se demande si le responsable qui l’a reçue « ne lui a pas collé quelque chose dans le café », parce que cette envie si « terrible », quand même…

Ses proches lui conseillent de déposer une main courante relatant son histoire. Ce qu’elle fait, en fille avisée. Puis elle l’oublie. Cinq ans plus tard, donc, elle est recontactée par la direction régionale de la police judiciaire. Une policière lui annonce que l’enquête a avancé, que les victimes se comptent par dizaines et que l’examen de l’ordinateur du ponte du ministère de la Culture a révélé un tableau Excel. Il y notait ses multiples rendez—vous et les situations dans lesquelles des jeunes femmes se retrouvaient avec lui, obligées de se planquer derrière un mur, un meuble, un buisson, ou de se précipiter aux toilettes… « Il semble que sa jouissance soit d’entendre les autres faire pipi », confie un enquêteur… Pour assouvir sa passion, l’homme glissait un diurétique dans les boissons qu’il offrait.

« Administration de substances nuisibles », « atteinte à l’intimité de la vie privée », « violences aggravées », voilà les faits qui le visent et peuvent lui valoir plusieurs années de taule. Il en répondra lorsqu’il sera entendu. En attendant, prudence quand un futur employeur vous propose une boisson…

:O :O :O
Ce qui me surprend le plus, c'est la réaction des candidates : depuis quand on se pisse dessus afin de ne pas vexer son futur employeur ? Quand on est un gamin face à une maîtresse un peu vénère, passe encore, mais après… Depuis quand est-il possible de pisser derrière un meuble ou un mur en plein entretien en tête à tête ? Ça me semble peu crédible…

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

Soixante pour cent. C’est — excusez du peu ! — le pourcentage de ministres de l’équipe d’Edouard Philippe redressés par l’administration fiscale en 2018. Un enseignement inattendu du rapport d’activité pour l’année 2018 de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Rappelant qu’elle a « pour mission de superviser ia vérification fiscale des membres du gouvernement » menée par la Direction générale des finances publiques, la HATVP dresse le bilan des contrôles fiscaux effectués l’an dernier. La conclusion s’impose : les ministres gagneraient à feuilleter « Les impôts pour ies nuls » avant d’envoyer leur déclaration !

« Sur les 35 dossiers (de ministres) clôturés, 21 ont donné lieu à des rectifications, est-il en effet écrit. A l’exception d’un cas, tous les contribuables concernés étaient de bonne foi. » Tant que le mouton noir n’était pas le ministre des Comptes publics…

Sur les 21 dossiers en question, les ministres se sont ainsi vu réclamer, en moyenne, la coquette somme de 11 930 euros, comprenant rappels d’impôt et pénalités (de retard, notamment). Précision : les contrôles ne portaient pas uniquement sur la dernière déclaration fiscale des intéressés, mais — a minima — sur les trois dernières.

Pour ne rien arranger, un ministre — non cité — n’a pas respecté ses obligations fiscales en 2018. La Haute Autorité, comme c’est sa prérogative, en a informé le président de la République et le Premier ministre. « il s’agissait du premier cas d’information pour non-respect, par un ministre, de ses obligations fiscales », est-il précisé. Il faut un début à tout…

Trois ministres ont tout de même sauvé l’honneur : ils ont été trop généreux avec l’administration fiscale ; celle-ci leur a restitué 7 740 euros, en moyenne.

Toutes nos félicitations à ces valeureux patriotes !

Chaud… Statistiquement, avoir des mauvais payeurs dans le gouvernement est normal, car il y a de telles personnes dans toutes les franges de la population. Mais, on pourrait s'attendre à une certaine exemplarité des personnes qui occupent de tels postes publics et avec un tel niveau de responsabilités…

On peut en déduire que ces personnes ont une diversité de revenus (jetons de présence, placements financiers, immobilier, etc.), sinon il leur aurait suffi de reporter le chiffre indiqué sur leur dernière fiche de paye de l'année… Bref, ce n'est pas le train de vie de M. ToutLeMonde. Il sera donc ardu, pour le pékin lambda, de venir m'expliquer que si déjà les ministres n'arrivent pas à affronter la complexité de la fiscalité française, c'est impossible pour le citoyen de base. D'autant que je ne crois pas à l'erreur : ces personnes ont des conseillers à gogo, y compris pour s'occuper de leurs petites affaires privées.

Les montants réclamés qui semblent exorbitants ne le sont pas. D'abord car il s'agit d'une moyenne, pas de la médiane, ensuite car le niveau des rémunérations sur ce type de poste est plus élevé que sur les métiers du commun des mortels. Inutile, donc, d'hurler à la mort concernant des super fraudeurs fiscaux, ce sont juste des fraudeurs qui ont des revenus plus élevés. S'il y a quelque chose à discuter, c'est la cause, c'est-à-dire le montant des rémunérations associées à ces postes.

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

Pas moins de huit journalistes ont été conviés, ces derniers jours, par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Et ce n’était pas pour prendre le thé mais pour les interroger sur leurs sources, alors même que la loi reconnaît à la presse le droit de les garder secrètes !

Les services et les magistrats du parquet sont sur les dents depuis que Disclose, « Quotidien », Radio France et « Le Monde » ont publié des informations gênantes sur les ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et sur l’affaire Benalla. Dans le premier dossier, il s’agit d’une enquête pour « compromission du secret de la défense nationale » ouverte par le parquet de Paris et punissable de 7 ans d’emprisonnement.

Il est reproché aux confrères d’avoir diffusé une note classifiée de la Direction du renseignement militaire adressée au président de la République. Ce document prouve que les canons de 155 Caesar vendus par la France aux Saoudiens ont servi à bombarder des populations civiles au Yémen.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a justifié, sur Europe 1 (23/5), la convocation des journalistes, jugeant qu’il n’était « pas normal » qu’« une note classée secret-défense se retrouve dans la nature ». La vraie question est pourtant tout autre : était-il ou non légitime d’informer les lecteurs que nos « amis » de Riyad utilisaient l’artillerie made in France pour massacrer hommes, femmes et enfants ? Sibeth Ndiaye s’est bien gardée de la poser et d’y répondre…

+1 avec le Canard : ces questions sont, en effet, prioritaires. Est-il normal que la France vende ce type d'armes à ce type de pays ? Est-il normal qu'elle reste inactive quand elle détient les preuves que les armes vendues sont utilisées à mauvais escient (en admettant qu'il y ait un "bon" usage des armes…) ? Est-il légitime ou non que la presse informe le citoyen de la merde que les politiciens sèment dans le monde en son nom ? Tout ça est bien plus intéressant, et permet de relativiser le secret-défense.


« Le Monde » est ciblé, lui, pour avoir évoqué le rôle de Chokri Wakrim, un militaire des forces spéciales dont le nom est apparu à plusieurs reprises dans le dossier Benalla. Pas de bol : une loi de 20l6, votée sous François Hollande, punit de 5 ans de taule « la révélation ou divulgation de toute information qui pourrait conduire, directement ou indirectement, à l’identification d’une personne comme membre des forces spéciales ». En somme, il suffit que le premier venu soit affecté aux forces spéciales ou dans un service de renseignement (c’est la même loi) pour qu’il puisse faire les 400 coups sans que jamais les journalistes aient le droit de s’intéresser à lui**.

Une forme d'impunité inacceptable, en somme.


De quoi susciter bien des vocations…

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

Suite :

En quelques mois, 12 conseils de prud’hommes ont eu le toupet de violer les ordonnances Pénicaud en accordant à des salariés licenciés des indemnités supérieures au plafond fixé par le Code du travail Macron. il fallait que ça cesse. Ce ne sera pas pour tout de suite, mais c’est bien parti : le 23 mai, devant la cour d’appel de Paris, le parquet s’est empressé d'obéir au gouvernement et d’exiger le respect du « barème Macron ». Lequel, selon six syndicats, ne respecte pas la législation internationale du travail.

Décision le 25 septembre ; les syndicats sauront alors qui commande ici.

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

Suite de Un futur bac à la carte… de rationnement.

Un baccalauréat dépoussiéré, qui ne range plus la jeunesse dans des cases ! Pierre Mathiot, l’inspirateur du nouveau dispositif — qui s’appliquera dès la rentrée prochaine à tous les élèves de première —, en a déjà dressé un bilan satisfaisant.

Certes, « 51 % des élèves [de seconde] ont fait des vœux qui ressemblent aux séries des bacs S, L et ES. Mais 48 % des élèves ont fait des vœux de spécialités qui cassent la logique des séries, s’est-il félicité sur France Inter (9/5). Dès la première année, ça me paraît plutôt être une bonne nouvelle ! »

C’est oublier que les élèves de seconde ont été invités à piocher leurs trois futures spécialités au cœur d’un menu (de onze matières au mieux, six au pire) parfaitement théorique. Et qui risque d’être chamboulé lors du conseil de classe du troisième trimestre, à l’heure du choix définitif.

Mission impossible pour un chef d’établissement, en effet, que de faire coïncider le grand nombre de combinaisons de spécialités demandées par les élèves avec les contraintes d’emplois du temps.

Ça ne vaut pas triplette

Résultat : les choix de « triplettes » (ensemble de trois spécialités) les plus atypiques (par exemple : sciences économiques et sociales/arts/numérique et sciences informatiques) risquent d’être sacrifiés, d’ici à la fin de l’année, au profit des triplettes les plus demandées, à savoir celles qui retrouvent la logique des précédentes séries (comme le célèbre trio maths/physique-chimie/sciences de la vie et de la Terre). Retour à la case départ !

Exemple dans l’Essonne, au lycée Rosa-Parks de Montgeron. Parmi les 575 élèves de seconde ayant exprimé des vœux pour entrer en première générale, 91 triplettes différentes ont été réclamées ! Dont 62 % demandées par… quatre élèves seulement, ou moins. « L’éparpillement est tel que ne surviuront que les triplettes les plus classiques », prédit Sophie Vénétitay, responsable académique du Snes.

D’après une enquête de ce syndicat (le premier dans le secondaire) auprès de 2 800 élèves de seconde dans dix lycées, les deux tiers des élèves se concentrent sur 20 % des triplettes. Là aussi, la loi du plus fort devrait l’emporter, et beaucoup d’originaux n’auront d’autre choix que de revoir leur copie.

« Il faut que tout change pour que rien ne change. » La maxime de l’écrivain Lampedusa ferait un bon sujet de philo pour le nouveau bac à la sauce Blanquer…

Tellement prévisible.

C'est ça, la startup-nation : de la révolution en permanence, c'est-à-dire, étymologiquement parlant, un retour en arrière, au même point, et tout ça, en permanence. Mais, comme disait ma grand-mère : « faire et défaire, c'est toujours du travail », donc ça va, c'est acceptable, et puis ça permet d'éviter de se concentrer sur les vrais problèmes. :))))

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

Indemnité chômage dégressive pour les cadres… puis pour tous les salariés ?

Fini, la trêve électorale ! Les cadres — qui, selon les sondages, ont massivement voté pour la liste Renaissance, aux couleurs d’Emmanuel Macron — risquent d’être les dindons de la farce. La réforme de l’assurance-chômage, concoctée par Muriel Pénicaud sous la surveillance de l’Elysée, prévoit en effet de rendre les allocs dégressives au-delà d’un certain revenu. Le principe est le suivant : après un laps de temps durant lequel l’indemnité du bénéficiaire restera intacte, elle commencera à baisser. L’objectif est d’inciter les feignasses à reprendre le boulot au plus vite.

Dans son livre-progamme « Révolution », sorti six mois avant son élection à l’Elysée, Emmanuel Macron s’était pourtant prononcé contre cette pénalisation (p. 131) : « Je ne crois pas du tout au débat lancé par nombre de responsables politiques sur la dégressiuité des allocations de chômage », avait-il écrit. Et de brocarder ces médisants qui « sous-entendent (…) que les chômeurs le sont plus ou moins par leur faute ».

Les temps changent. Muriel Pénicaud a rabâché aux syndicats, ces dernières semaines, que le taux de chômage des cadres était tombé à 8,5 %, soit « un quasi-plein emploi ». Ses conseillers ont répété qu’il fallait moins de temps à un cadre pour trouver un boulot qu’à un patron pour recruter un cadre. Bref, ceux qui chôment le veulent bien, et méritent la guilletine sociale.

Malus malaisé

La mesure, hélas, ne suffira pas pour réaliser les 3,9 milliards d’euros d’économies que le gouvernement veut imposer sur trois ans à l’assurance-chômage. Les syndicats prêtent donc des projets très noirs au chef de l’Etat. « Il commence par les cadres, pour évaluer les réactions mais, à terme, tout le monde y passera », s’inquiète l’un des représentants des masses laborieuses.

Un autre souhait du Président figure en bonne place dans le catalogue des prochaines mesures préparées par la ministre : un système de bonus-malus pour les boîtes abusant des contrats de travail hypercourts. Dans certains secteurs, tel celui de la grande distribution, ces contrats, souvent d’une journée, voire moins, encombrent désormais les files d’attente des prud’hommes. Macron, qui, depuis les gilets jaunes, commence à découvrir l’avantage de faire ami-ami avec les syndicats, a promis d’y mettre bon ordre.

La crise des ronds-points aura au moins servi à ça !

Un grand philosophe (Chirac), a déclaré que les promesses n'engagent que ceux qui y croient.

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

C'est marrant : les supermarchés ne sont jamais en pénurie de Coca, mais, pour les médicaments c'est une autre limonade. Cette fois, c’est la cortisone qui manque, depuis des semaines, dans les pharmacies. Cet anti-inflammatoire est indispensable à des millions de patients, mais pas aux labos — Sanofi ou Biogaran — qui les produisent. Ce vieux médoc n’est vendu que 2 ou 3 euros la boîte. Pas de quoi motiver les industriels, qui ont tous invoqué — quel hasard ! — un retard de fabrication. «

Convoqués à l’Agence du médicament, les labos ont promis de procéder à des « importations ». Tel le nuage de Tchernobyl, la pénurie s’est arrêtée à la France : d’autres pays étaient bien approvisionnés par les mêmes fabricants… A en croire les labos, tout rentrera dans l’ordre d’ici à la fin juin. Avant la prochaine crise (cardiaque) ?

Ça fait deux fois en un an que je prends conscience que la France manque d'un médoc' totalement commun… Cela illustre que la pénurie de médocs a été multipliée par 10 en 10 ans… L'ANSM en est à tenir une liste des médocs en rupture ou en tension d'approvisionnement dont la pénurie peut être fatale ou réduire la probabilité d'une guérison…

De l'autre côté, on a des médocs dont la R&D a été rentabilisée qui sont toujours vendus hors de prix…

Un pays dit développé est en pénurie de médocs nécessaires, mince, alors ! Moi qui pensais que Saint Marché s'occupait de tout ça avec sa main invisible qui fait naître l'intérêt commun à partir de la somme des intérêts individuels et qui fourni une offre à toute demande. Je suis un peu déboussolé que ça ne soit pas le cas et qu'il ait fallu un petit rappel à l'ordre de la mézante puissance publique qui trouble le gentil Saint Marché afin que les choses rentrent dans l'ordre (au sujet de la cortisone)…

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

Avant de partir quatre jours en visite au Japon — où on lui présentera le nouvel empereur et où il jouera au golf avec le Premier ministre, Shinzo Abe —, Trump a menacé la Chine d’alourdir encore les taxes à l’importation.

Elles seraient portées à 25 % sur 300 milliards de dollars de produits (dont les téléphones portables et les ordinateurs). Pour assurer aux citoyens américains qu’à ce petit jeu ils ne risquent rien.

Or c’est faux, démontre « Le Figaro » (25/5) : selon une étude de la Réserve fédérale, le surcoût moyen par foyer US dû aux nouveaux droits de douane a été de 414 dollars en 2018, de 831 dollars cette année et sera « nettement plus » élevé si Trump applique ses dernières menaces.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Quand tu vois qu'en France, ça fronde pour quelques centimes de taxe soda, pour 60 € d'APL, et pour quelques centaines d'euros de CSG, tu te dis que nous ne sommes pas prêts pour la baisse de pouvoir d'achat induite par le protectionnisme économique (et là, on va m'expliquer que ce n'est pas comparable, que pour la bonne cause du protectionnisme les gens comprendront, blablabla).

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

Le territoire américain commence-t-il aux portes d'embarquement des aéroports européens ?

Missionné par son université pour participer à un colloque aux Etats-Unis, Michel, 67 ans, s’apprête à embarquer, avec son épouse, sur le vol Paris-New York au départ de Roissy. C’est alors qu’il a la désagréable surprise de devoir se soumettre à une fouille inopinée. Bagage à main litigieux ? Geste déplacé ? Que nenni ! Notre universitaire a tout bonnement été tiré au sort parmi les voyageurs de ce vol Air France-Delta Airlines. La routine…

Michel se plie de bonne grâce au contrôle et demande l’autorisation, sitôt ses affaires déposées sur la table de fouille, de prévenir sa femme — laquelle se trouve déjà sur la passerelle d’embarquement. Demande refusée. Qu’à cela ne tienne, Michel se met à crier : « Attends-moi, je suis contrôlé. » Et d’ajouter, sur le ton de la plaisanterie : « Je dois avoir l’air d’un terroriste ! » Mauvaise idée… Aussi sec, l’un des superviseurs de la société chargée de la sécurité du vol, ICTS, alerte le comptoir Delta Airlines : « Ce monsieur a déclaré à plusieurs reprises être un terroriste et une menace pour ce vol. »

« Mes propos ont été mal interprétés, plaide Michel. Je blaguais pour détendre ma femme. » Las ! La responsable au sol de la compagnie tranche : « Vous êtes sur une compagnie américaine. On ne plaisante pas. » Et, sur-le-champ, signifie à notre farceur non seulement un refus d’embarquement, mais aussi une interdiction de vol sur Delta Airlines pour une durée indéterminée. Et pourquoi pas une séance d’humiliation publique, pendant qu’on y est ? Tiens, c’est une idée ! Le chef d’équipe du « programme de conseil en immigration », mis en place à Roissy par les douanes américaines, obtient dans la foulée l’annulation immédiate de l’Esta (autorisation de voyage sans visa) de Michel. Ce qui, jusqu’à nouvel ordre, empêche ce dernier de se rendre aux Etats-Unis.

Sous bonne escorte, notre passager, abasourdi, est finalement conduit dans les locaux de la police aux frontières de Roissy… Qui demande (avec succès) au parquet de Bobigny le classement sans suite de cette affaire… « faute de preuves suffisantes ».

Fin de l’histoire ? Pas vraiment. « Toutes les démarches que j’ai entreprises pour obtenir réparation sont restées veines », peste Michel. La compagnie Delta Airlines, invoquant un billet acheté en France, renvoie le dossier à Air France, lequel ne « peut » indemniser Michel car « les causes [du] refus [d’embarquement sont] totalement hors de [son] contrôle et indépendantes de [sa] volonté ». Circulez !

Le ministère français des Affaires étrangères a, quant à lui, apporté cette réponse à Michel : « Suite à un accord passé, en 2010, entre les autorités américaines et plusieurs gouvernements européens, dont la France (…), des agents douaniers américains sont effectivement déployés dans les aéroports européens et notamment celui de Roissy. Ils peuvent intervenir en amont et ont toute latitude pour décider de l’entrée ou non des touristes étrangers sur le territoire américain. »

Celui-ci commence donc aux portes d’embarquement des aéroports européens.

Vite, une guérite !

J'ignorais l'existence de cet accord de 2010. :O

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

Dures sanctions et renforts militaires : Trump ne cesse de menacer l’Iran, a la grande joie d'Israël et des Saoudiens.

C'est à Mao Tsé-Toung, qui a longtemps été pris pour un aimable poète militaire, que l’on doit cette affirmation péremptoire. Mais, au moment où Donald Trump multiplie les sanctions économiques, les menaces contre l’Iran. et envoie des troupes et des avions au Moyen-Orient, on aurait envie d’y croire. A Paris, des généraux et des analystes des services de renseignement s’alarment à l’idée qu’un conflit puisse survenir « par accident, par malentendu ou mauvaise évaluation de la situation dans le Golfe », selon un expert militaire.

Cette inquiétude n’est pas sans raison, à en croire les informations que transmettent à Paris les attachés militaires français en poste à Washington. Exemple : un élu républicain à la Chambre des représentants, Mac Thornberry, a récemment révélé que le patron du Pentagone (Patrick Shanahan), le secrétaire d’Etat (Mike Pompeo), le chef d’état-major interarmées (Joseph Dunford) et la cheffe de la CIA (Gina Haspel) ont tout récemment fait le procès de l’Iran Avec l'assentiment de Donald Trump, évidemment, ils accusaient la République islamique d’être responsable d’incidents dans le détroit d’Ormuz — sabotage de navires des Emirats — et « d’exemples précis d'exactions, menaces et autres harcèlements dont les Iraniens se rendent coupables vis-à-vis de leurs voisins ».

Des généraux modérés ?

Autre signe de tension, selon le « New York Times » : le Pentagone a présenté, lors d’une réunion avec John Bolton, conseiller spécial de Donald Trump et faucon de qualité supérieure, une série de mesures militaires. Sous le nom de code « Nitro Zeus », quelques généraux américains sont chargés de préparer l’envoi de 120 000 hommes au Moyen-Orient, au cas où l’Iran ne serait pas sage et relancerait un programme nucléaire. Maniaques de la précision, les cerveaux du Pentagone prévoient de 37 à 112 jours pour mettre ce plan en application. Plus rassurant se veut le général britannique Chris Ghika, le numéro deux de la coalition antiterroriste dirigée par les Etats-Unis au Proche et au Moyen-Orient : « Il n’y a pas d’aggravation de la menace [représentée], en Syrie et en Irak, par les forces pro-iraniennes », affirme-t-il. Et ce militaire de Sa Majesté nie être inquiet.

A Washington, le patron de l’inspection générale du Pentagone, Glenn Fine, se montre, lui aussi, bien plus mesuré que Donald Trump: « Les milices chiites inféodées à l’Iran a-t-il écrit dans un rapport public, ne manifestent pas l’intention d’attaquer les forces américaines. » Rien de fatal, alors, et Mao avait parfois raison !

Jusque-là, tout va bien ?

Dans le Canard enchaîné du 29 mai 2019.

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