La deuxième partie développe bien plus le cœur du sujet que la première. Usul a résumé cette émission de Judith Bernard (et au-delà) dans une vidéo de 30 minutes. Je posséde un exemplaire du livre de Lordon dont il est question, mais je ne l'ai pas encore lu. :-
Lordon complète l'analyse économique structuraliste de Marx (les rapports sociaux, les structures qui en découlent, etc. conditionnent les individus bien plus qu'ils se déterminent eux-mêmes) par une théorie de l'action de l'homme pondue par Spinoza axée sur les passions humaines. Si le jeune Marx développait cela, ses derniers ouvrages n'en faisaient plus mention (exemple : le communisme, c'est un monde sans classes sociales, donc sans luttes ni violence, comme ça, par magie).
Or, l'économie capitaliste, que l'on présente comme ultra-rationnelle, optimisatrice, etc., fourmille de passions : mode qui pousse à l'achat, entrepreneur désireux de proposer quelque chose / résoudre un problème / diffuser un savoir, sentimentalisme pour défendre et accroître son empire (ne pas se faire absorber), folie des traders, etc. Maximiser les profits semble être secondaire. De l'autre côté, les travailleurs sont aussi animés par des passions (consommation, amour de son taff, se réaliser dans son taff, chercher une forme de reconnaissance, désir propre donc désobéissance / sabotage, etc.). Chacun peut constater ce qui en résulte en entreprise : les stratégies perdantes, les pratiques inefficaces, les lourdeurs, etc.
Un patron à un projet (un désir maître). Il emploie des gens pour participer à sa réalisation (il enrôle des puissances d'agir). Ces salariés ont leurs propres désirs, ils ne sont pas alignés sur le désir maître (ex. : la condition salariale est acceptée parce qu'il faut bien manger, se loger, etc., l'évolution historique ayant fait émerger l'économie marchande avec division du travail dans laquelle les individus ont été privés de pourvoir par eux-mêmes à leur existence et à leur reproduction matérielle). Le patron recherche cet alignement qui lui est favorable (productivité). L'angle alpha est, pour Lordon, l'écart entre un désir individuel et le désir maître. Le projet du néolibéralisme est de réduire cet angle à 0. Cette problématique de l'enrôlement d'autrui, de la captation de sa puissance d'agir, se pose à toute personne qui a besoin d'autrui pour réaliser son désir / une tâche complexe (croisé, association, etc.). Il convient donc de comprendre ces rapports d'enrôlement.
Il existe des affects tristes, comme la crainte du dépérissement de laquelle découle le chantage à la reproduction matérielle (le salarié redoute le patron, le patron redoute ses créanciers), et les affects joyeux, comme la consommation de biens matériels (mais il est extrinsèque, donc éphémère), l'amour du chef (chercher sa reconnaissance, chercher à le réjouir), l'amour du lieu et du cadre de travail (socialisation amicale au taff, fun comme culture d'entreprise, etc.). Le capitalisme néolibéral cherche à enchanter le travail avec des affects joyeux (Chief Happiness Officer, le fun comme pratique managériale, etc.), car il est plus efficace de régner à l'amour qu'à la peur. Qu'adviendra-t-il s'il y parvient ? Bonheur béat de synthèse ? Vrai bonheur ? Dissidence ? Là encore, toute personne qui a besoin d'autrui pour exécuter une tâche enjolive son projet en affects joyeux.
Pour Lordon, qui ne retient pas la définition développée en science politique, le capitalisme néolibéral est totalitaire puisqu'il s'agit d'une soumission qui prend l'humain jusqu'aux tréfonds de son intériorité. Il veut remodeler nos imaginaires, nos désirs, nos affects, etc. dans toutes les sphères de la vie. Il agit sur nos corps (uniforme et autres codes vestimentaire & co obligatoire de l'entreprise, etc.). Il a enfanté deux imaginaires : celui du comblement ("le système va bien = je vais bien"), et celui de l'impuissance ("de toute façon, on ne peut pas changer le système"). Il aspire à fabriquer un imaginaire collectif, tel l'homme nouveau des socialismes réels (dont Che Guevara fut une icône) : l'homme désirant uniquement produire, heureux de produire, et content de son sort salarial (à mon avis, cet imaginaire va bien au-delà de la sphère du travail et de la consommation, telle l'idée que toute pratique doit être une valorisation de capital ‒ airbnb, uber, notation, réduire le nombre de fonctionnaires, etc. ‒ et/ou être une compétition).
Pour Spinoza (autant matérialiste que Marx, c'est-à-dire réfutant l'idéalisme philosophique, c'est-à-dire la supériorité des idées pures), le libre arbitre n'existe pas, l'humain n'a pas de volonté, il ne choisit pas, il est asservi par ses désirs. Cette aliénation est totale (servitude passionnelle universelle) en cela que son antagonisme, c'est-à-dire un sujet humain totalement en adéquation avec lui-même, n'existe pas. Les désirs sont externes : on désire quelque chose d'extérieur à notre personne et nos désirs sont façonnés par l'extérieur, par notre parcours (situation, éducation, expériences, connaissances, etc.). Même un révolutionnaire ne choisit pas consciemment la révolution, c'est une somme d'expériences, etc. En revanche, l'humain peut se remplir d'affects joyeux ou tristes (les premiers renforcent notre puissance d'agir, notre être, les seconds la réduisent). À l'inverse de Spinoza, le libre arbitre, de, entre autres, Descartes, est l'une des inspirations du libéralisme : individu auto-déterminé, à l'origine de ses actes, donc responsable et méritant, blablabla.
Ainsi, si l'on s'appuie sur Spinoza, abolir le capitalisme ne nous fera pas quitter la servitude passionnelle comme s'il existait une volonté / liberté originelle de l'humain. Les humains ne sont pas égaux en puissance d'agir ni en puissance de désirer (y'en a qui désirent plus ou moins), et tout cela (domination, captation de la puissance d'agir, reconnaissance, etc.) demeurera et sera conflictuel (luttes, etc.). Toute utopie visant à remplacer le capitalisme doit penser une mise en forme acceptable / moins destructrice de cette violence découlant de nos passions, dans des rituels, des pratiques, des symboles, etc. Exemples : il existe des violences symboliques plus acceptables comme la réfutation d'un théorème mathématique (qui constitue parfois la destruction de l'œuvre d'une vie) ou une plaidoirie judiciaire (qui constitue parfois un billet pour l'enfermement ou la liberté).
La lutte des classes doit être repensée à cause d'employés intermédiaires tels le grand patron qui se fait virer par son CA tout en adhérent à fond au projet du capital ou les cadres qui, matériellement, sont proches du prolo, mais qui adhérent plus joyeusement au projet du patron / du capital et forment la structure d'oppression. Il existe un continuum d'affects, du refus en bloc / sabotage (affects tristes) au prêcheur béat du capitalisme (affect joyeux).
Si une société commerciale est une monarchie qui règne aux affects (tristes et joyeux), peut-il exister une organisation démocratique de la violence des passions ? L'égale participation de tous à la chose qui les concerne (autogestion, etc.) n'y suffit pas. Il faut élargir les affects joyeux dans tous les domaines et au-delà de la reproduction biologique. Puisque le façonnage d'un imaginaire collectif serait délétère (cf. ci-dessus), il faut atteindre que les idées infusent dans la société humaine, et il faut prendre les hommes tels qu'ils sont et n'ont pas tels qu'on voudrait qu'ils soient.
Notes :
(Le titre se lit « aïe, aïe, aïe… ».)
Depuis novembre 2022 (publication de ChatGPT), on a au moins un article de journal, une conférence, etc. par jour pour nous expliquer en quoi l'IA va tout révolutionner ou que c'est la fin du monde.
Ça me rappelle l'infrastructure as code, le Bitcoin, puis les hackers sauveurs du monde, puis la chaîne de blocs, puis les conteneurs tous azimuts, puis l'ordi quantique, puis les NFT, puis le métavers, et ça, c'est uniquement sur la dernière décennie… (Je passe l'inutilité du cinéma en relief stéréoscopique, de la 4k, etc.) Bref, il faut attendre que l'IA décante.
J'ai quand même envie de mettre des ressources (liens) de côté. Je vais commencer par le côté foirage (peu importe l'amplitude), continuer par des ressources explicatives et/ou qui tentent de prendre de la hauteur, et conclure par mon avis (résumé : les usages majoritaires de l'IA seront dénués de sens et contribueront à accélérer toujours plus la circulation du capital).
Par IA, j'entends toutes les IA génératives, les Large language model (LLM).
Plan :
J'ai testé (consciemment) deux choses :
La première réponse habituelle à la section précédente, c'est qu'il faut savoir déterminer ce qui relève du transitoire ou non, c'est-à-dire si tel résultat sera améliorable dans le futur (avancée technique, utilisation affûtée de l'outil, etc.) ou non. Exemple : il fallait être costaud pour apercevoir l'aviation moderne dans les balbutiements de l'aviation. Bon courage pour ce discernement, plusieurs spécialistes du domaine ont déjà formulé des affirmations intemporelles déjà contredites…
Les suivantes, c'est qu'il faut utiliser GPT-4 car il est trop plus mieux que la version 3 (mais encore ? L'iPhone X+1 est lui aussi censé être une révolution par rapport au modèle X), ou des LLM entraînés pour une tâche précise (tel GitHub Copilot pour le développement informatique).
Il faut également revoir la manière de poser une question : donner le bon contexte, simuler la bonne situation / le bon jeu de rôle. Guider l'IA, qu'ils disent. J'y reviendrai longuement dans les résumés de vidéos ci-dessous.
Enfin, il y a l'inépuisable rappel que les LLM ne sont que des outils, que c'est à l'utilisateur de vérifier le résultat (acceptabilité, véracité, efficacité, etc.), l'IA n'est qu'un assistant, rien de plus, blablabla. Cela me fait me demander : pour vérifier un résultat, ne faut-il pas être compétent dans le domaine ? Si oui, alors un incompétent n'a aucun intérêt à utiliser un LLM (il ne saura pas vérifier le résultat ou de manière basique genre tel code informatique produit le résultat attendu, mais sans voir les failles de sécurité, par ex.) et un sachant n'a que peu d'intérêt à l'utiliser (il faudra qu'il apprenne une compétence supplémentaire de guidage d'IA, il devra vérifier en comprenant la logique de ce qu'a mimé le LLM, etc. Y a-t-il un réel gain de temps ?). Exemples :
Il est temps de pointer vers des gens qui ont étudié la question plus que moi. Attention : il y a plusieurs titres aguicheurs.
Comment un algorithme pourrait il faire la part des choses entre deux versions de faits qui s’affrontent ?
[…]
Dans l’exemple que nous donnons en 1.1., sur la clause de non concurrence et le revirement jurisprudentiel de la Cour de Cassation, il s’est trouvé une partie à un litige et son Avocat pour, en dépit d’une jurisprudence constante et de longue date, exactement contraire à la solution finalement choisie par la Cour de cassation, tenter de renverser la solution statistiquement proche de 100%, autant devant le Conseil des Prud’hommes, que la Cour d’appel voire la Cour de cassation.
[…]
Les objectifs d’une partie à un litige sont le plus souvent de gagner le procès et de faire gagner sa thèse. Cependant, d’autre motifs peuvent exister comme de gagner du temps, pousser l’adversaire à l’accord au regard des frais et du temps à engager etc. … Dans ces derniers cas, la prévisibilité d’un procès est au final de moindre importance
[…] on n'échappe pas à la responsabilité des programmeurs (comme quand on éduque un gamin, ceci dit) : Une étude montre ainsi qu'un LLM entrainé avec les données de Baidu Baike considère que les concepts « démocratie » et « chaos » sont proches, alors que tout ce qui tourne autour de l'idée de surveillance est connoté positivement. Et, justement, il existe des LLM dans d'autres pays, comme le russe RuDall-E ou le chinois Ernie-ViLG. Sautons tout de suite à la conclusion : il y a autant de censure dans les projets « ouverts » et autant de censure en Occident. RuDall-E, IA russe de génération d'images a quelques bavures amusantes : si on lui demande un « soldat Z », elle dessinait un zombie… Mais, autrement, RuDall-E est bien censuré. « Dessine le drapeau ukrainien » ne donnera pas le résultat attendu par l'utilisatrice. Une IA étatsunienne comme DALL-E censure tout autant. La nudité est interdite (malgré sa présence importante dans l'art depuis des millénaires), Comme dans tous les cas de censure, les utilisateurices cherchent et trouvent des contournements. Si on veut dessiner un mort, on ne doit pas écrire le mot « mort », qui est tabou, il faut le décrire comme « allongé par terre sans mouvement ». Pour obtenir un cocktail Molotov, on va dire « burning bottle », etc. Ce genre de techniques est largement partagé sur les réseaux sociaux.
[…]
[…] « capital linguistique » et le risque posé par la confiscation de ce capital par un petit nombre de gros acteurs. En récoltant d'énormes corpus, ces gros acteurs accumulent du capital linguistique, et peuvent même le vendre (vente de mots-clés par Google pour l'affichage des publicités). L'autocomplétion, qu'elle soit sous sa forme simple traditionnelle, ou sous sa forme sophistiquée des IA génératives va changer la langue en encourageant fortement telles ou telles formes. Cela n'a pas que des conséquences négatives, cela peut aussi être un facteur d'égalité ; si vous ne savez pas bien écrire, la prothèse (ChatGPT) peut le faire pour vous, vous permettant de réussir malgré Bourdieu. Mais il est quand même perturbant que, dans le futur, on ne saura peut-être plus écrire un texte tout seul. La langue ne nous appartient plus, elle est louée (un peu comme dans la nouvelle « Les haut-parleurs » de Damasio).
Éternel débat : une dissertation de philo est-elle un exercice formateur ? Est-ce le résultat qui compte (la note, la réussite) ou le parcours (l'effort intellectuel qui, tel l'effort de soulever des haltères, est l'important) ? C'est la différence entre un exercice et un travail. Dans un déménagement (travail), ce qui compte, c'est le résultat, d'où je peux le déléguer ;
D'autres ressources 2024-2025 ici.
Quel est l'intérêt de produire des scénarios, des livres, des musiques, des peintures, etc. "identiques" et insipides à la chaîne ? Ça fait du fric et ça occupe le prolo après sa journée de taff, certes, mais après ? J'ai bien conscience que y'a rien de neuf, cf. les tubes de l'été ou les séries audiovisuelles…
On peut générer des trucages réalistes… Pour quoi faire ? Tromper autrui ou soi-même (croire qu'on ken avec un personnage fictif ou que telle personne morte nous cause)… Pour quoi faire ?
Générer toujours plus de code informatique de merde in-maintenable et non sécurisé (je reprends mon exemple de désactivation de l'auth TLS, mais on peut parler données à caractère personnel et RGPD, etc.) avec des interfaces tout sauf ergonomique ? Super mais… pour quoi faire ? (Je reparle de l'attribution des gains de productivité plus loin.) Accélérer la production de merde… Quel intérêt ?
Entrer dans le "monde de l'IA" (s'il existe) en étant dans l'approche "actuelle" (entre gros guillemets) "problème -> désir d'une solution immédiate sans compréhension du problème" (appliquer la première solution venue trouvée sur Google plutôt que de réfléchir au problème dans sa globalité, aux conséquences des différents remèdes possibles, sans s'assurer de l'existence réelle dudit problème ‒ tout n'est pas à résoudre ni résolvable, surtout quand les intérêts des différentes parties prenantes divergent ‒), ça va piquer, tendance régression du savoir, incapacité à résoudre des problèmes complexes et nouveaux (rien de neuf, ceci dit). Mais, après tout, c'est cela qui, aujourd'hui, permet à une majorité d'entre nous, moi inclus, de manger, donc osef ?
Rédiger des articles ? Si c'est pour avoir des explications fades, qui ne vont pas au fond des choses, qui sont très descriptives, très "réponse de La Palisse", très superficielles… Tu sais, cet exposé qui sonne creux, là. Ces dernières années, avant la publication de ChatGPT donc, on trouvait déjà de plus en plus de tels articles en informatique, sans compter la presse qui fonctionne sur ce modèle depuis bien longtemps. Wikipedia et, en même temps qu'elle, la recherche web à l'emporte-pièce ont été les précédentes générations de l'à peu près ("il me faut une réponse viiiite, peu importe sa fiabilité, sa complétude, etc."). J'ai toujours été partisan de la reformulation à gogo afin que chacun y trouve son compte (il m'est arrivé de piger un concept présenté de telle façon, mais pas quand il était présenté de telle autre façon), mais il faut un minimum de qualité. Quid aussi de la mémorisation par écriture / reformulation ?
Accélérer une recherche ? On n'a pas toujours besoin d'une information exhaustive et fiable, c'est vrai (lire ci-dessus l'approche "problème -> solution" pour la nuance). Néanmoins, il ne faudrait pas que ce prétendu besoin de rapidité (pour quoi faire ?) pollue l'accès au savoir, cf. paragraphe précédent et ChatGPT et moteurs de recherche : Réflexion. Là encore, n'y a-t-il pas un parcours initiatique inéluctable et irréductible pour acquérir des connaissances ?
Résumer tel livre ou telle vidéo ou tel document PDF. Quel intérêt sur des docs ludiques ? Le plaisir ne découle-t-il pas du temps passé sur le document ? L'intérêt d'un roman ou d'un spectacle humoristique n'est-il pas de simplement passer un bon moment ? Pour les autres types de docs (essai, documentaire, etc.), l'intérêt ne réside-t-il pas dans le parcours initiatique pour acquérir le savoir, dans l'expérience qui naît de l'imprégnation de la pensée de l'auteur ? Lire un résumé procure-t-il le même savoir, la même expérience ? Si une œuvre ne nous mobilise plus (durant un temps), alors toutes les œuvres se valent, non ? Quel est l'intérêt de la boulimie qui en découlera ? Un chemin personnel (j'ai étudié telles œuvres et toi telles autres et on échange) n'est-il pas plus varié et constructif ? Ce n'est pas les LLM qui amènent cette réflexion, je l'avais déjà face aux annuaires de résumés de livres. Les logiciels d'échecs n'ont pas mis fin à la pratique du jeu d'échec, il y a un plaisir à y jouer. Il en ira de même pour les LLM.
Rédiger une lettre de motivation, répondre automatiquement à des emails, suggérer des idées d'articles ou de vidéos, etc. Quel intérêt ? Peut-être vaut-il mieux ne pas répondre que de répondre un truc insipide porteur d'aucune info si notre interlocuteur a aussi peu d'importance, non ? La lettre de motivation n'a aucun intérêt, mais comme la majorité d'entre nous continue à en rédiger, ça reste un incontournable. Ne vaudrait-il pas mieux refuser d'en écrire plutôt que d'automatiser ? Ne vaudrait-il mieux pas renoncer aux anciennes pratiques plutôt que de les contourner ? Sans compter que, pour générer une lettre de motiv' pertinente, il faut faire référence à ses expériences, à ses qualités, à ses aspirations, etc. Donc soit il faut les donner en entrée au LLM, et alors bonjour la vie privée et surtout la partie la plus difficile du travail est déjà accomplie (donc l'intérêt du LLM est estompé), soit il faut repasser derrière le LLM, perte de temps, et surtout les changements risquent d'être substantiels, rendant inutile le LLM.
Dans l'essentiel des cas d'usage, la hype autour des LLM me fait penser à une énième fuite en avant individualiste, à un énième correctif foireux ajouté au-dessus de trouzemilles autres correctifs tout aussi inefficaces. Plutôt que de corriger un vrai problème à la racine (exemple criant), plutôt que d'arrêter une pratique sans intérêt (lettre de motivation, par ex.), on va chercher à la contourner. Pareil pour toutes les tâches chiantes de notre quotidien, y compris dans notre emploi. Pourquoi préférer cette voie de l'énième correctif individuel ? Car on sait que tout le monde déteste cette tâche, qu'elle sert à rien, mais comme personne n'arrête, il faut continuer afin de ne pas dépareiller… On parlait de l'intelligence des humains ?
C'est comme ça que je vois les LLM. Ça permet de se dépatouiller, de ramer dans un système qui nous broie, de conserver notre travail inutile de classe moyenne qui nous donne accès à une situation matérielle élémentaire. Pour mettre au travail toujours plus de gens (démographie) après la mécanisation et l'automatisation, on a créé une pléiade de métiers inutiles et vide de sens, afin que plus de gens bénéficient du système par la consommation et cessent de vouloir la révolution. Les gains de productivité n'ont pas réduit le temps de travail, on a occupé les travailleurs sur d'autres tâches. Les chaînes (tapis-roulant) contraignent davantage le rythme de travail que le contremaître. L'ex-caissière doit désormais superviser une dizaine de caisses "automatiques" (je ne dis pas que le métier de caissière avait un sens, mais il offrait plus de marge de manœuvre, de variété, etc.). Les LLM produiront le même effet. On nous parle déjà de « guider l'IA », « concevoir des prompts », éditer une réponse ou en vérifier la validité… Bref, de nouvelles compétences passionnantes pour continuer de courir dans la roue à hamster. Ça envoie tellement de rêve… En ce sens, je partage totalement ce dessin et celui-ci : IA = une énième couche de merde.
Alors, oui, je perçois aussi que les LLM, surtout la multimodalité de ChatGPT, rendent accessible "à un plus grand nombre" (gros guillemets) des techniques qui existent déjà comme l'OCR, la conversion vers tel ou tel format de données, l'écriture de code web (ceci dit, les éditeurs WYSIWYG ne datent pas d'hier), la génération de requêtes SQL à partir de texte naturel (on a déjà la génération par clic dans une interface graphique), etc. mais le reste de ce qu'on nous annonce est du bullshit relatif à la communication, au financier, aux RH, c'est-à-dire de l'optimisation de l'inutile.
Oui, je suis pessimiste. On m'a déjà promis trouzemilles révolutions, politiques ou technologiques, allant du dispositif médical qui va changer la vie (non, un malade sera toujours un malade, l'amélioration est marginale), à chaque modèle d'iPhone (j'ai rien vu), en passant par les NFT (le pétard mouillé), ou par le dernier framework web trop bien. Je constate simplement que les grands équilibres n'ont pas été chamboulés (ex. : qui doit travailler pour vivre ou non, qui décide ou non), que les vieilles technos font tourner le monde (de COBOL à winwin XP), que les processus métiers dénués de sens sont immortels, etc. Bref, après la mécanisation, l'automatisation, les LLM, mais pour quoi faire ?
Dans un article, Gee énonce que du travail va disparaître, et que si les LLM font tant de bruit, c'est que cette disparition touchera les cadres et les hauts-placés dans la société qui font du taff sans intérêt. Comme je l'exprime ci-dessus, je pense qu'on créera de nouveaux boulots à la con, tout sera bon pour épargner le capitalisme.
Mais, en effet, si l'IA générative parvient à son but, qu'elle remplace l'humain dans un grand nombre de boulots, et que l'on n'invente pas de nouveaux métiers à la con, que fera l'humanité ? Comment répartirons-nous la richesse produite ? Seuls les détenteurs des LLM décideront de ce qui doit être fait ou non, et ceux-ci serviront donc à prolonger l'oppression actuelle.
Actuellement, les LLM ne sont pas rentables : ChatGPT coûte 700 k$/jour et, malgré un abonnement à 10 $/mois/utilisateur, Github Copilot perd entre 20 $ et 80 $/mois/utilisateur. Je ne suis pas inquiet, de nombreuses sociétés commerciales non rentables ont été et sont portées à bout de bras par des gens croient en leur avenir.
Ils ne sont pas plus écologiques : pour les entraîner, il faut une masse de GPU, donc de métaux rares, alimentés, en moyenne, par de l'énergie carbonée. En attendant le progrès technique… (Je croyais que le vivant manquait de temps…)
Voir ici pour des explications techniques sur la génération automatisée de contenus, les frameworks, etc.
L'homme n'aura jamais la solution [ au dérèglement climatique ], puisque c'est lui le problème.
IA contre Hi Han, le combat va pas durer longtemps.
< 3
‒ Ben j’avais créé un compte [ sur le fedivers ] et il a « disparu » et je comprends rien à ces différents serveurs/ adresses bizarres… Les libristes je vous aime d’amour et je sais que vous nous sauverez, je veux qu’on déménage mais 🙏🏼🙏🏼🙏🏼 la simplicité c’est la clé pour tant de non spécialistes 😢 Rhaaaaaa c’est couillon parce qu’un truc un peu robuste, simple et garanti par une communauté de libristes j’adopterais illico !
‒ Oui, c'est comme l'écologie. Je suis prêt à sauver la planète si c'est facile, gratuit, et que ça ne demande pas d'efforts, ni même de changements d'habitude.
Gros +1. Ça m'a lassé il y a quelques années le coup du logiciel libre (et des alternatives en général) qui devrait être simple, ergonomique, intuitif, compréhensible au premier coup d'œil, etc. pour être populaire alors qu'on ne demande pas ça aux logiciels privateurs ni aux autres domaines de la vie (le fisc, c'est chiant et t'y comprends rien, mais tu t'exécutes, idem pour ton contrat de taff, idem pour le moindre service commercial. Perso, il n'y a pas un domaine qui ne m'est pas apparu abscons la première fois…). Ça va deux minutes, je vois ça comme un prétexte.
J'adore les réponses à Stéphane, ça illustre tout : culpabiliser les auteurs d'alternatives ("j'utiliserai pas ta merde, c'pas user-friendly, nananananère") en jouant le coup de la fausse auto-critique, ça, ça a bonne presse. Bref, double standard habituel.
« Une simple formalité administrative ». :D Le laisser-passer / formulaire A38.
Un classique. :)
Émissions CO2, quantité de ressources, facteur de charge, taux de mortalité, rayonnement ionisant, empreinte au sol des moyens de production.
A la demande générale, une explication de l'évènement $GME d'hier qui fera date dans l'histoire de la finance.
Voici un phénomène qui prend une ampleur considérable depuis la forte volatilité des marchés (baisses et hausses fortes) à cause de la crise sanitaire : le pump and down
Pump and down : des millennials se retrouvent sur des sites comme Robinhood, Atlas Trading ou tout simplement sur les réseaux pour décider d'investir massivement sur une action en recovery (petite société qui a beaucoup baissé et donc cotée sous sa valeur)
Le tout sans aucune connaissance du trading et des marchés. Juste par effet de troupeau.
Du coup l'action monte très vite, très fort. Pour redescendre aussi vite quelques jours plus tard. ceux qui ont pris le train au bon moment, gagnent (beaucoup) d'argent. Les retardataires en perdent (beaucoup aussi)
C'est une phénomène inédit qui uberise littéralement les marchés.
Sur l'affaire $GME... Rappelons le principe des Hedge Funds : des fonds qui misent à la baisse d'une action. Via ce qu'on appelle une vente à découvert.
Vente à découvert : Tu vends à 3$ une action que tu achèteras 2$ plus tard. Bénéfice de 1$. Oui c'est bizarre mais c'est accessible à tout le monde en 3 clics.
Bref, des hedge funds avaient parié à la baisse sur l'action $GME, précipitant sa chute. Mais GME est une boite de jeux vidéo que les millénnials US adorent. Bim, sur les réseaux, le mot d'ordre a été donné : IL FAUT SAUVER $GME, ACHETEZ
Résultat le cours est remonté, du coup les Hedge Funds ont commencé à perdre de l'argent et n'ont eu qu'une solution pour couper leurs pertes : acheter eux aussi l'action. Qui a donc explosé à la hausse (92%).
C'est ce qu'on appelle en bourse le squeeze.
Voilà comment des gamins ont littéralement hacké les hedge funds et ont fait franchir une étape cruciale à l'ubérisation des marchés financiers. Un phénomène qui va changer BEAUCOUP de choses (pourquoi travailler quand tu peux gagner ton salaire en 3 jours, notamment)
Délit d'initié distribué (calqué sur DDoS) accessible à tous ? :D Bien joué la parade aux hedge funds, n'empêche.
GME = GameStop. Affaire GameStop.
Le problème de l’écologie vu par une personne qui se jette du 100ème étage :
- malthusianiste : j’aurais du sauter avant
- technologiste : on découvrira la téléportation ou la lévitation bientôt
- indicateuriste : la situation est meilleure maintenant, je vole et pas vous
- capitaliste : quelqu’un me filera bien un parachute
- la vraie solution : avoir prévu le parachute
:D
Le pondeur d'indicateur serait plutôt « je détecte que je suis en chute libre. Point ». Description prétendument objective, le chef décidera.
Le capitaliste serait plutôt « je vais vendre une solution ou un placebo ».
S'il fallait prévoir une solution fonctionnelle pour chaque truc qui peut mal tourner, on n'en sortirait pas…
Je me souviens que ça tournait en boucle sur France Info…
C'était truqué : photos d'un bras secondaire historiquement bas / ensablé…
J'avais vu passer d'autres photos d'autres fleuves et il y avait d'autres manigances…
Ce qui ne veut pas dire que le niveau n'a pas baissé, qu'il n'est pas inquiétant, etc. Mais il n'y a pas besoin d'en rajouter.
Existant : centrale diesel vétuste.
Projet : éolien (exposition et relief de l'île très favorables) + STEP (réservoir d'eau alimenté par les éoliennes + barrage hydroélectrique) pour produire en l'absence de vent + diesel.
Mise en service en 2015.
STEP trop petite par réduction du coût et faisabilité technique (volcan inactif qui a déjà représenté 2/3 du coût du projet) + il a fallu freiner les éoliennes pour éviter l'instabilité du réseau + les éoliennes ne dégagent pas assez de marge pour pomper l'eau dans le réservoir (les pompes ne sont pas déclenchées assez longtemps) + longues périodes sans vent = la centrale diesel a tourné plus que prévu.
Ce montage a généré 40 % de l'électricité qui représente elle-même 23 % de la conso d'énergie de l'île. On est loin de la décarbonation de l'île. Pour un prix élevé de l'électricité.
Un projet éolien + diesel aurait été rentable financièrement et aurait contribué à décarboner. Mais, c'est lié à l'état de la centrale diesel (vétuste) et à l'exposition très favorable de l'île au vent. Les promoteurs du projet ont inclus une STEP pour faire de la mousse médiatique et percevoir d'importantes subventions (un projet éolien standard n'aurait pas eu la même audience).
Aires protégées (parcs nationaux) supervisées par WWF (hommes, matériel, corruption ?).
Expulsion des peuples autochtones, violences (meurtres, viols, etc.), chasse (trophée) et déforestation pour des plantations (palmeraies).
L'ONG Survival International dépose un dossier auprès de l'OCDE qui capote devant l'opacité du WWF à l'égard des peuples autochtones. Un rapport de l'ONU confirme les violences & compagnie.
J'aime beaucoup ce côté "on sait mieux que vous comment prendre soin de vos terres". Charmant.
Cette vidéo a beaucoup tourné à cause du franc-parler de l'interrogé (ça illustre le gnan-gnan de nos causeries habituelles…). Je l'ai visionné plusieurs fois, et elle me fait "rire".
D'un côté, on a un gars totalement frustré que ses rapports soient restés lettre morte… alors que c'est le principe même d'un rapport, y compris en entreprise… Étonnant qu'une personne intelligente et expérimentée finisse par s'en rendre compte.
De l'autre, il reconnaît qu'il y a un temps pour la décision technique et l'autre pour la décision politique, et, en même temps, il semble refuser la décision politique… (ou, en tout cas, qu'on ne la lui ai pas justifiée en long, large, et travers.) C'est un travers que l'on retrouve aussi en entreprise…
Question subsidiaire : faut-il forcément écouter les sachants ? Sont-ils honnêtes (en informatique, le premier gus vendra ce qui l'arrange, pas forcément ce qui répond le mieux aux besoins du client) ? Sont-ils compétents ? Sont-elles les seules personnes concernées par la décision ? Si non, les autres concernés n'ont-ils pas droit d'y participer ? Voir cette excellente causerie.
Je suis étonné d'entendre ici que les "techniciens" n'étaient pas écoutés alors que la presse évoque sans cesse un verrouillage du nucléaire français par le corps des Mines. Ça ressemble à une confrontation entre plusieurs corps et/ou domaines (R&D / industrie contre recherche fondamentale). Pour me faire une idée, il faudrait que je visionne les autres interrogatoires de la commission de l'Assemblée, mais j'ai bien bien la flemme.
Sur le reste, ça colle avec les échos de la presse : pas ou peu de vision à long terme, lenteur de la prise de décision, abandon d'une filière industrielle d'où ça patauge pour reprendre, etc.
Mini-histoire de l'industrie microélectronique autour de Grenoble / Crolles : CEA, LETI, STMicroelectronics.
Hydroélectricité puis nucléaire de la vallée du Rhône, eau pure des Alpes.
Impact écolo : 10 % de l'eau captée par EDG, mais pas d'asséchement ni de pollution. ST pourrait recycler plus l'eau (comme TSMC à Taïwan) mais ça n'a pas d'intérêt (ça coûte, et il n'y a pas de stress hydrique)
Sous-investissement sur le réseau d'eau public d'EDG (corrigé). Le "nouveau" puisement de ST dans l'Isère qui a défrayé la chronique avait pour but de soulager la Romanche.
Comme d'hab, y'a des usages concurrents à une ressource.
Calculer l'empreinte carbone de la consommation de données sur un réseau numérique m'a toujours fait tiquer.
Jusqu'en janvier 2024, sur les accès fixes, ça peut être une estimation "quantité consommée au global / nb abonnés". Au-delà, ça devra être la consommation réelle, ce qui suppose une comptabilité individuelle (accounting RADIUS ou autre) qui avait disparu vu les offres illimitées (les re-facturations prestataires se font au débit)…
Actuellement, et quasi 2 ans après l'entrée en vigueur du décret, dans mon espace Free Mobile, j'ai que la moyenne Free Mobile et la moyenne nationale, rien d'individualisé. Trololo. Dommage… Vu que j'utilise très rarement mon smartphone je devrais avoir une excellente note (susucre, tout ça)… si la conso élec était proportionnée à l'usage effectif (du réseau). Trololo.
Indiquer la consommation énergétique par requête a-t-il un sens ? + Comprendre les enjeux de consommation de ressource et d’énergie ... (Quentin Adam et Pierre Beyssac) + L'impact environnemental du volume de données, une arnaque intellectuelle | Signal + La sobriété numérique, oui mais pour quoi faire ? | Signal :
Vision "indicateur simple pour décideur" qui mélange, dans un même chiffre, du traitement CPU pour encoder une vidéo, du stockage pour héberger du contenu, etc. qui n'ont pas le même impact. Les calculs à la requête HTTP sont encore pires : comme si chaque requête se valait techniquement (lourdeur, traitement déclenché pour générer la réponse, etc.). Calcul indépendant du temps alors que l'empreinte carbone de l'énergie varie au cours de la journée (en fonction du mix énergétique). Idem pour la localisation, genre Amazon AWS consomme de l'électricité qui a une empreinte carbone supérieure à celle de la France. Le calcul se fait au global (conso de l'infrastructure, conso des locaux et du personnel, etc.), donc pipeau, et peut se faire influencer par des bonnes actions qui reportent le problème plus loin comme le plantage d'arbre gnagna ;
Méthodo : les rapports citent jamais leur source ; les indicateurs bidons ou imprécis remontent la chaîne de sous-traitance, donc ils sont de plus en plus faux ; les marges d'erreur sont jamais communiquées (ton capteur est-il assez précis ? quel est l'écart-type de ta moyenne ? ta méthodo ?) ; extrapolations de toutes parts… ;
Divers :
Y'a quelques temps, ça tournait pas mal : des études scientifiques disent que pas avoir d'enfants est écolo, donc c'est forcément vrai. Perso, je renifle direct le malthusianisme (on va demander uniquement aux pauvres d'arrêter de ken), mais j'étais quand même curieux de la méthodologie. Héritage carbone, chaque parent est responsable de 50 % des émissions de son lardon… … … Cette page recense une partie des contre-arguments (il manque l'éducation, par ex.). Bref, une méthodo bancale dans une analyse individualiste (aucune prise en compte des structures) qui aura un impact après l'échéance qui semble pointer son nez…
+ La social-démocratie qui fait peur (LFI, L'Engagement, RS, GRS) - #EspritDeParti 12.
Collection de vidéos sur le positionnement idéologique des partis politiques français contemporains. Vidéos d'une chaîne orientée science politique / philosophie politique.
Elles sont complétées par d'excellentes infographies :
Le tout est sous licence libre (CC BY-NC-SA), et les vidéos sont aussi diffusées via PeerTube. Que demander de plus ? \o/
Je recommande vivement le visionnage des vidéos et/ou la lecture des infographies, c'est très instructif.
Je suis d'accord avec l'essentiel de l'analyse, notamment sur l'orientation du PCF, de LFI, du Modem et du PS, qui ne sont pas celles admises par le grand public. C'est intuitivement la perception que j'en avais. Évidemment, il y a des erreurs, selon moi :
La durée cumulée de ces vidéos est de plus de 5 heures, le format vidéo ne permet pas des recherches textuelles (sauf à extraire les sous-titres auto de YouTube d'une qualité… discutable), et des infos sont disséminées dans plusieurs vidéos. Du coup, je publie les notes suivantes, y compris avec des identités (nom, prénom), et des noms de partis qui n'existent plus afin de faciliter des recherches ultérieures.
Plan :
Gauche / droite ? Gauche = projet de société qui n'a jamais été appliqué (à grande échelle géographique et temporelle). Droite = revenir à une organisation de la société qui a existé. Point de départ : la Révolution française (c'est là que les royalistes ont spontanément siégé à droite de l'Assemblée, et les libéraux à gauche). Une idéologique passe donc de gauche à droite à mesure de son application (ex. : le libéralisme), et la gauche et la droite n'ont pas de contenu idéologique fixe et intemporel ;
Corporatisme : doctrine de l'Ancien Régime dans laquelle les patrons d'un secteur définissent les règles du métier, qui a le droit ou non d'exercer, et représentent les salariés et les patrons qui auraient les mêmes intérêts (d'où un rejet des syndicats). Le capitalisme familial est toléré. Le patron est un catho bon teint qui aime ses salariés comme ses enfants ;
Républicanisme : abolir la monarchie, les privilèges et le catholicisme comme religion d'État, au profit d'une République, du suffrage universel et de la laïcité ;
: aller plus loin que le républicanisme en abolissant aussi l'exploitation des travailleurs par les bourgeois, soit par la révolution (anti-autoritaire ou non), soit par des réformes successives (social-réformisme / socialisme réformiste). Les sous-courants sont polysémiques, il existe des désaccords sur l'idéal à atteindre, la méthode pour y parvenir, etc. Schéma simplifié.
Marxisme-léninisme : déclinaison du communisme adapté à l'URSS faiblement capitaliste et fortement paysanne (pour Marx, il faut passer d'abord par le capitalisme et les ouvriers pour accéder au communisme). Théorisée par Lénine. Un parti d'avant-garde révolutionnaire permet aux prolétaires d'acquérir la conscience de classe nécessaire, et prépare le terrain. En URSS, ce sera le parti bolchevique / communiste ;
: renoncement au socialisme impulsé par les partis socialistes allemands et scandinaves, qui n'avait pas un parti communisme puissant à leur gauche pour les talonner. Partisans d'une économie mixte c'est-à-dire des services publics développés et une économie privée régulée par l'État, les syndicats, les lois et l'implication des salariés dans leur entreprise, une correction des inégalités par l'impôt redistributif, et des assurances collectives obligatoires. Auteur dans ce courant : Keynes ;
Démocratie chrétienne : les chrétiens, suivant les doctrines du Vatican, sont opposés à la Révolution, à la République, à la démocratie, à la laïcité, etc. Ils étaient donc réactionnaires, et ils avaient interdiction de participer à la vie politique. En 1891/2, face à la prise de conscience que la monarchie absolue ne reviendrait pas et que le socialisme et le nationalisme, tous deux athées, ce qui effrayait l'Église, se développaient, le pape Léon 13 reconnaît la souffrance des ouvriers exploités et invite les chrétiens à s'investir en politique pour pousser des politiques sociales et démocratiques. Mais le pape dicte aucune doctrine, aucune idéologie précise, donc la démocratie chrétienne est un fourre-tout de l'extrême-gauche à l'extrême-droite en passant par la social-démocratie, le libéralisme, etc. Mais l'extrême-droite ayant une idéologie adéquate, la réaction, et l'extrême-gauche décidant de ne pas distinguer leurs convictions des autres idées de gauche (de ne pas en faire une identité propre, quoi), de s'y fondre, cf. chrétiens de gauche, il reste républicanisme, libéralisme et social-démocratie ;
Fédération anarchiste (FA), Union des Communistes Libertaires (UCL), Confédération nationale du travail (CNT), CNT Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), CNT Solidarité ouvrière (CNT-SO), Coordination des groupes anarchistes (CGA), Alternative Libertaire (AL).
Alliance Royale (AR), Groupe d'Action Royaliste (GAR), Action Française (AF), Civitas, et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (ces deux derniers se concentrent sur l'anti-laïcisme et le rétablissement du catholicisme intégral, cf. ci-dessous). L'auteur classe la Nouvelle Action Royaliste parmi les bonapartistes.
Lutte Ouvrière (LO), Révolution Permanente, Ligue communiste révolutionnaire (LCR) => Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Ouvrier Indépendant, Parti Ouvrier Indépendant Démocratique.
Nouvelle Action Royaliste (NAR), Comité Central Bonapartiste (uniquement en Corse), Les Patriotes, Union Populaire Républicaine (UPR), Debout la France (DLF).
Positionnement : droite (défend une organisation sociale qui a déjà existé). Élitisme, ordre, productivisme. Conservateurs, et ont des liens avec les réactionnaires et les fascistes ;
Définition du bonapartisme :
Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF), Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), Parti Communiste Français Marxiste-Léniniste-Maoïste (PCF MLM).
Rassemblement du peuple français (RPF), Union pour la nouvelle République (UNR), Union des démocrates pour la Cinquième République (UD-V) => Union des démocrates pour la République (UDR), Rassemblement pour la République (RPR) => Union pour la majorité présidentielle => Union pour un mouvement populaire (UMP).
Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), Génération⋅s, Nouvelle Donne, Place publique.
Positionnement : de la droite (PS) à la gauche (Génération⋅s et Nouvelle Donne). Ce beau monde oscille entre plutôt neutre sur l'égalité, plutôt favorable à la liberté (ça se discute puisque primeur est faite au libéralisme autoritaire, cf. la présidence Hollande), plutôt productivisme à égalité, liberté et anti-productivisme (pour Génération⋅s et Nouvelle donne). Influencés par le libéralisme et le radicalisme ;
Le PS se réclame de la SFIO de 1905 (regroupant tous les courants du socialisme hors anarchie), c'est-à-dire du fourre-tout entre anars et républicains qui deviendra le PCF. En faire un descendant de la SFIO de 1923 (socialistes hors anars et cocos) ne change rien aux propos. Pour l'histoire de la SFIO de 1905, voir ce schéma. Quelques notes pour faciliter des recherches ultérieures :
Mouvement démocrate (MoDem), Union des démocrates et indépendants (UDI), Agir, Résistons!, Parti radical de gauche, Les radicaux de gauche, Parti Radical de Gauche (PRG), Alliance Centriste, Parti Radical, Les Centristes, Centre national des indépendants et paysans (CNIP), Parti Chrétien-Démocrate (PCD) => Via, Mouvement républicain populaire (MRP).
Positionnement : droite. Plutôt élitisme, variation sur l'axe ordre-liberté, productivisme. Regroupe la démocratie chrétienne (cf. la définition), les libéraux-conservateurs, et les républicains (radicalisme). Social-démocratie, libéralisme, républicanisme. Par leur histoire, lien avec les réactionnaires, les bonapartistes, les conservateurs, etc. Fourre tout et flou idéologique ;
Il se conçoit comme étant entre la droite et la gauche, au milieu. Pas au-dessus de ce clivage, ce n'est pas du bonapartisme. C'est donc un positionnement subjectif qui varie avec le temps. Mais ça fini par tomber au centre-droit ou, plus rarement, au centre-gauche, puis à faire uniquement des alliances à droite (cf. UDF-RPR) ;
Génération Écologie, Cap Écologie, Mouvement Écologiste Indépendant, Mouvement Écologique => Mouvement d'Écologie Politique => Les Verts => EELV.
Cap Écologie : fusion de Cap 21 (de Corinne Lepage, a tenté de faire alliance avec l'UDF et le MoDem mais incompatibilité entre l'écologie et une dérégulation économique, se dit centriste) et de l'Alliance Écologiste Indépendante (Jean-Marc Governatori, se dit aussi écolo-centrisme). Alliance avec EELV bien qu'ils les considérent trop de gauche ;
Les Verts :
Pôle écologique = alliances locales entre EELV, Génération Écologie, Cap Écologie, Génération⋅s et le Mouvement des Progressistes (MDP, de l'ex-communiste Robert Hue, démocratie-chrétienne) ;
Incohérence et inspiration réactionnaire : José Bové déclarait refuser toute manipulation du vivant pour contre-carrer la PMA. Mais alors… Quid de l'avortement ou de l'agriculture (la Nature, c'est la cueillette) ? Noël Mamère soutenait. Des militants et des cadres d'EELV justifient toujours leur rejet des pesticides, des OGM, de nucléaire, etc. par un culte de la nature plutôt que par des objectifs politiques fondés sur la rationalité (comme la préservation d'un écosystème compatible avec la vie humaine). À ce compte-là, pourquoi défendent-ils la médecine, la démocratie, etc. ? Y'a rien de Naturel dans tout ça. Bref : attention à l'argumentaire.
Les Nouveaux Démocrates, En commun, Territoires de progrès (TDP), Horizon, et Ensemble citoyens.
Parti de supporteurs comme LREM ? Après tout, LFI est une coquille vide (pas de texte d'orientation), il subit les revirements de Mélenchon, ses militants défendent durement Méluche tels des groupies, etc. LFI est contrôlée par les cadres du Parti de Gauche (les assemblées tirées au sort vendues par Méluche dans la presse sont consultatives) dans lequel se déroulent toujours des votes d'orientation (comme celle du populisme de gauche pour 2017). Du coup, LFI est plutôt une vitrine du Parti de Gauche ;
En 2017, la stratégie est celle de l'Ère du Peuple, qui est du populisme de gauche (théorisé par Ernesto Laclau et Chantal Mouffe en observant les partis d'Amérique du Sud) sauce Mélenchon.
Depuis 2017, il ne s'agit plus d'abolir le capitalisme, y compris par la réforme (sur ce point, Mélenchon a toujours affirmé qu'il ne savait pas le faire en cinq ans, mais que c'était l'objectif, donc ça collait avec du social-réformisme). Le projet change pour une économie mixte, qui est un projet social-démocrate, comme celui du PS. Néanmoins, à mes yeux, LFI est quand même plus vénère sur l'écologie et les droits sociaux, en ligne avec le programme des collectifs anti-libéraux de 2007 qui fut celui des candidatures de 2012 et de 2017, et je me demande dans quelle mesure cela est compatible avec le capitalisme… ;
Divers :
L'auteur n'a pas traité ce parti dans ses vidéos, mais on le retrouve dans la visualisation 3D.
Social-démocratie. Écologie. Influences marginale de la démocratie chrétienne et du libéralisme.
Plutôt pro-égalité, plutôt productiviste, liberté.
<-- anarchisme -- communisme -- écologisme -- écosocialisme -- socialisme (y compris son aile droite : social-réformisme) -- social-démocratie -- démocratie chrétienne -- radicalisme -- libéralisme -- libertarianisme -- conservatisme -- bonapartisme -- réaction -- fascisme -->
L'auteur place la délimitation gauche-droite sur la social-démocratie et la démocratie chrétienne.
Le positionnement de l'écologisme se discute, en fonction de si l'on pense que l'abolition du capitalisme entraîne ou non celle du productivisme et si l'écologisme entraîne la fin du productivisme et donc du capitalisme ou s'il l'aménage… L'auteur considère que l'écologie doit aller plus loin que l'abolition du capitalisme.
Uniquement ceux médiatisés qui se sont présentés aux élections ces dernières années. Choix subjectif de ma part.
Pour définir le positionnement, je mélange parfois celui annoncé par l'auteur à ma sensibilité / perception politique. Un des problèmes des termes social-réformisme et social-démocratie, c'est que ça place le curseur uniquement sur l'abandon ou l'aménagement du capitalisme alors que, dans le même temps, il est admis que des objectifs (féminisme, droits LGBTQIA+, etc.) sont distincts de l'abolition du capitalisme. Deux partis sociaux-démocrates peuvent avoir un positionnement différent sur ces questions, tout comme sur l'intensité de leur aménagement du capitalisme. Je peux alors différer de l'auteur.
<-- communisme : LO -- social-réformisme / social-démocratie : NPA, LFI, EELV, Génération⋅s, PCF -- démocratie chrétienne / libéralisme / conservatisme : PS, MoDem, LREM, Horizon, Résistons !, LR -- bonapartisme : Les Patriotes, UPR, DLF, RN -- réaction : Reconquête, Via -->
Lien. Sur YouTube. Retranscription.
Géopolitique = rapport de puissance, imposer sa volonté. Exemple : différend sur les licences de pêche à Jersey en 2021. Je pense que l'orateur surestime l'effet de la menace française de couper le courant à Jersey, car les patrouilles militaires en mer ont perduré au-delà. Mais, en effet, le gus qui avait choisi d'alimenter l'île depuis la France avait très probablement fait un excellent choix technico-financier, mais en cas de crispation diplomatique, le tarif au kWh devient secondaire, il faut aussi prendre ça en compte. Autre exemple : la guerre en Ukraine a remis en cause pas mal de business avec la Russie… Si tu commerçais beaucoup avec la Russie et que t'es un petit acteur et/ou que tu n'as pas de plan B, t'es fichu ;
Définitions de « souverain » :
Stratégie nationale :
Stratégie d'entreprise :
Lien. Sur YouTube. Compte-rendu.
J'ai déjà pointé trois plaidoiries au Conseil constitutionnel de cet avocat.
Ci-dessous, quelques causeries qui se complètent et que je trouve très intéressantes. Liberté, politique, histoire, philosophie du droit, spiritualité.
Lien.
Recul de la substance des libertés : elles ne sont pas uniquement individuelles (se déterminer dans sa propre vie), elles sont nécessaires pour construire un sujet politique libre qui, par son choix libre, légitime ses dirigeants. Elles ont été grignotées. Exemples habituels : rétention de sûreté (aucune possibilité de rédemption), consultation de sites terroristes (délit d'opinion), interdiction individuelle de manifester (l'État choisit ses amis) ;
Crise des catégories juridiques :
Crise du raisonnement constitutionnel :
Origine de ce recul et de ces crises :
Lien.
Une civilité parfaite contrôlée par l'État (contrôler l'expression, l'information, la manifestation, etc.) va à l'encontre du chemin personnel placé, par la religion judéo-chrétienne puis par notre système politique, au-dessus de tout au prix de l'errance, de l'erreur (ce propos me heurte, cette émeute est douloureuse, je me suis planté dans mes choix, etc.). Ce rêve (de la civilité parfaite) est une fausse paix pour s'éviter un combat individuel spirituel avec le Mal qui vise à se perfectionner et à perfectionner la société ;
Révolution française : passage d'une société du commandement (roi incarnant Dieu c'est-à-dire un absolu, un référentiel), de l'ancien ordre des choses, vers une société du projet politique.
Lien.
Questions :
Lien.
Lien.
La touche « : » de mon clavier est cassée (déclipsée, le plastique souple s'est désolidarisé donc absence de contact, etc.).
Je souhaite que la touche « maj droit », que je n'utilise pas et qui est proche, la remplace dans son rôle dans mes applications graphiques portées par Xorg (X.Org).
Réponse : xmodmap -e "keycode 62 = colon slash".
Pour consulter la correspondance : xmodmap -pk. C'est comme ça que j'ai lu « 60 0x003a (colon) 0x002f (slash) » et « 62 0xffe2 (Shift_R) 0x0000 (NoSymbol) 0xffe2 (Shift_R) ».
Ça n'est pas permanent (ça ne résiste pas à un redémarrage), mais peu importe : j'utilise le suspend-to-ram.
J'avais raté ça : l'article 15 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales permet à un État de prendre des mesures y dérogeant en cas de guerre ou de « danger public menaçant la vie de la nation ». Il est impossible de déroger au droit à la vie, à l'exclusion de la torture et de l'esclavage, et au principe de légalité (un texte pénal clair et précis doit prévoir en amont une peine).
La France a dérogé à la ConvEDH du 24 novembre 2015 au 2 novembre 2017 (état d'urgence terrorisme Charlie + Bataclan). Elle ne l'a pas utilisé pour le Covid.
(ÉDIT DU 28/10/2023 : en fait, non, j'avais pas raté l'info. :- FIN DE L'ÉDIT.)
#CEDH #dérogation