Intéressante suite de billets de blogs courts et illustrés sur l'interception de SMS et d'appels voix émis depuis / à destination d'un téléphone portable.
Via https://twitter.com/Korben/status/781499044774502400 via je ne suis plus qui.
[...] The author has a history of doing shady things, such as messing with AdBlock filters to whitelist ads on his own website. But what is even more serious is the fact that the author advertises on his website malware. Especially to Windows users. Every time NoScript updates itself, the users are shown the homepage of the extension.
If you’re a Linux user, change your browser’s user-agent to Windows in order to investigate. See that “PC slowing down?” banner? It’s hard coded by the author, who gets paid with every successful installation of malware crafted by UniBlue. Just look at the source how the banner is generated. It randomizes itself every time you refresh the browser in order to get away from Adblockers. This dogshit is something even ad networks would be proud of.
The author knows well what he is linking to and has made a great effort to obscure the code and created a mechanism to bypass Adblock.
22/56 sur Virustotal depuis la mi-octobre.
Les termes du billet son exagérés mais oui, il y a un problème de fond. :- Et on n'a pas d'alternatives à NoScript (uMatrix est laaaaaargement plus complexe et prise de tête et n'offre pas totalement les mêmes fonctionnalités).
L'EFF a sorti son extension pour navigateur qui a pour objet de bloquer toute sorte de traqueurs sur le web qui ne respecte pas l'entête HTTP « Do not track » (DNT).
Qu'est-ce que ça apporte ? L'EFF a fait le choix de ne pas avoir une liste de filtres (qui peut être soumise à des pressions comme la "publicité acceptable" d'Adblock Plus) et d'avoir une extension qui ne nécesite pas de configuration. Privacy Badger traque et mémorise tous les éléments que chaque page web appelle. Si un même prestataire utilise des traqueurs (cookies identifiants (pas juste un cookie « LANG=fr », quoi)), supercookies, pixel traqueur) et qu'il apparaît sur plusieurs pages consultées et qu'il ne respecte pas l'entête DNT, alors il est bloqué. Si des éléments bloquants sont importants pour des fonctionnalités clés d'un site web, alors Privacy Badger les autorisera mais supprimera les cookies & autres traqueurs. Comment on sait que des éléments sont trop importants ? On utilise une liste jaune : https://github.com/EFForg/privacybadgerchrome/blob/master/doc/sample_cookieblocklist.txt . Les critères de la liste jaune sont exposés ici : https://github.com/EFForg/privacybadgerchrome/blob/master/doc/yellowlist-criteria.md
À l'usage, je note deux "problèmes" potentiels :
On peut choisir de bloquer/débloquer chaque élément identifié par Privacy Badger donc le blocage est sous le contrôle de l'utilisateur donc c'est OK pour moi.
Privacy Badger remplace aussi les boutons « j'aime », « +1 » & co. C'est intéressant car ça a mis en exergue une question que je me pose depuis longtemps : quand t'as plusieurs extensions genre uBlock Origin + Disconnect + Privacy Badger, comment se passe l'analyse de la page, quel est l'ordre des extensions ? Je constate que Privacy badger passe avant uBlock Origin puisqu'il me remplace ces boutons "sociaux" par leur version statique alors que je ne les voyais plus jusqu'ici.
Licence = GPL.
Attention, il y a quelques limites documentées :
Qu'est-ce que j'en pense ? Que Privacy Badger ne va pas aussi loin que je pense qu'il est nécessaire d'aller : je ne veux pas de traqueurs tout court. Osef que ça prétend respecter DNT, je ne veux pas que mon navigateur web charge du code 3rd party distant à gogo. Du coup, l'extension n'est pas adaptée à mes besoins.
En revanche, je trouve le pragmatisme de cette extension intéressant : ça permet de la conseiller à des noobs. Mais, pour l'instant, je ne le ferai pas à cause du code couleur erroné comme je l'ai présenté ci-dessus.
Pour les utilisateur-rice-s expérimenté-e-s, je recommence de ne pas laisser Privacy Badger tout seul mais de le faire fonctionner en parallèle d'autres extensions, histoire de ne pas vous retrouver à poil quand un gros industriel de la traque déclarera faussement ne plus traquer personne et que Privacy Badger le croira.
Via https://twitter.com/bearstech/status/785051583558012928 via https://twitter.com/bluetouff qui m'ont rappelé l'existence de cette extension.
Aujourd'hui, bien des clients d'Orange ont eu la mauvaise surprise de ne pas pouvoir visiter Google. La plupart n'avaient pas de messages d'erreur précis, juste une longue attente et un message d'erreur vague du genre « timeout ». Certains avaient la désagréable surprise de voir apparaitre une page menaçante, les accusant d'avoir voulu se connecter à un site Web terroriste. À l'origine de ce problème, une erreur de configuration dans les résolveurs DNS d'Orange, en raison de la fonction de censure administrative du Web.
D'abord, voyons l'étendue du problème. Il n'affectait que les clients d'Orange, et seulement ceux qui utilisaient les résolveurs DNS de l'opérateur (voir plus loin pour une définition des termes techniques). Les sites inaccessibles incluaient http://www.google.fr/, mais aussi http://fr.wikipedia.org/, http://www.ovh.com/ et quelques autres. [...]
Au ministère, on évoque plutôt une centaine de sites web bloqués/redirigés, voir : http://www.nextinpact.com/news/101837-le-blocage-chez-orange-a-frappe-plus-trois-sites.htm
Mais, ce lundi matin, lorsqu'on interrogeait les résolveurs d'Orange au sujet de l'adresse IP de www.google.fr, au lieu de répondre avec l'adresse contenue dans les serveurs faisant autorité pour google.fr (serveurs gérés par Google), par exemple 216.58.211.99, ils répondaient 90.85.16.52, une adresse appartenant à un sous-traitant du Ministère de l'Intérieur.
OBS fournit juste la liaison, pas le service (le serveur web, tout ça) qui est géré en interne du Ministère.
Mais ce serveur était bien trop faible pour encaisser l'énorme trafic de Google et de Wikipédia, et a vite cessé de fonctionner correctement. C'est ce qui explique l'absence de réponse fréquemment rencontrée, faisant croire aux utilisateurs que Google était en panne. (Une autre raison est que la plupart des accès à Google se font désormais en HTTPS et que le serveur du Ministère ne gère pas HTTPS, ne répondant pas, même pas par un refus de connexion.)
Comment une telle bavure a pu se produire ? L'erreur était-elle dans la liste envoyée par le Ministère de l'Intérieur ou bien uniquement chez Orange ? On n'a évidemment pas d'information à ce sujet (les pannes Internet ne font jamais l'objet d'analyses indépendantes et publiques, ce qui explique que la sécurité ne progresse guère). Tout est possible, y compris des erreurs humaines qui sembleraient invraisemblables (mais on voit vraiment de tout dans le monde réel). Une des hypothèses les plus intéressantes (elle explique notamment pourquoi il y a eu plusieurs noms touchés) est celle d'un fichier de test installé par erreur à la place du « bon ».
[...]
La panne elle-même, c'est-à-dire l'envoi de fausses informations par les résolveurs DNS d'Orange, a duré environ une heure. Mais son effet avait été prolongé par la mémorisation (les fameux « caches ») des informations dans certains composants du réseau (par exemple la « box » chez l'utilisateur). Cela fait que, plusieurs heures après, Google ou Wikipédia étaient toujours inaccessibles pour certains utilisateurs.
[...] Toute interférence avec le fonctionnement du DNS, que ce soit pour des raisons politiques ou autres, le met potentiellement en péril. C'est ce qu'avait analysé le rapport du Conseil Scientifique de l'AFNIC « Conséquences du filtrage Internet par le DNS », qui mettait bien en évidence le risque de tels filtrages ou blocages. Une bavure analogue à celle de Google était déjà arrivée au Danemark mais il semble que personne ne tire de leçons de l'expérience.
https://exegetes.eu.org/orange-redirection-cazeneuve/ :
Mais, en plus de ce dispositif de blocage, déjà fort critiquable, le gouvernement a également décidé d’imposer aux opérateurs la redirection des visites interceptées vers une page du ministère de l’Intérieur. De ce fait, le gouvernement a créé de sa propre initiative (la loi ne l’ayant pas prévu) un système permettant techniquement au ministère de l’intérieur de savoir qui voudrait visiter tel site bloqué.
Nous avions fortement critiqué cette obligation de redirection lors d’une procédure devant le Conseil d’État. Par une décision du 15 février 2016, ce dernier a rejeté nos arguments, considérant que cette obligation de redirection, bien que permettant au ministère de recevoir des données identifiant les visiteurs interceptés, n’implique pas que le ministère fasse un traitement des données interceptées et n’est donc pas en soit susceptible de constituer une atteinte à la vie privée.
[...]
Suite à l’évènement de lundi et à la réaction publique qui a suivi, le ministère de l’intérieur a été contraint de reconnaitre qu’il « dispose d’un prestataire pour le suivi statistique des consultations […] de cette page de blocage » (et de la page « recours » y étant liée) et que ce prestataire conserve les « adresses IP collectées lors des consultations redirigées » (à l’exception de celles collectées durant l’incident de lundi et qui ont été, elles seules, supprimées). Cette collecte de données est précisément ce que nous dénonçions comme étant l’unique raison d’être de l’obligation de redirection, mais que le Conseil d’État a feint de ne pouvoir anticiper.
Or, d’une part, le traitement de données personnelles ici reconnu par le ministère n’a pas été autorisé validement. Pour ce faire, son autorisation aurait au moins dû être précédée par un examen préalable de la CNIL (tel que cette dernière le rappelait dans son avis concernant l’obligation de redirection2), ce qui n’a pas été le cas. D’autre part — et c’est l’essentiel — un tel traitement, même s’il respectait les formalités légales, resterait illicite en ce qu’il constituerait une atteinte à la vie privée et à la liberté d’information disproportionnée par rapport à l’objectif initialement prévu par le législateur.
Nous avons déjà saisi la CNIL d’une plainte à ce sujet. La récente déclaration du Ministère de l’Intérieur nous ouvre probablement une autre voie contentieuse… À suivre !
GG les exegètes ! :O
Le ministère de l’Intérieur l’avait reconnu en décembre 2015 dans la réponse à une question du député Lionel Tardy [...] :
L’adresse IP est enregistrée. Les adresses IP ainsi collectées ne sont pas exploitées mais permettent une comptabilisation précise du nombre de connexions à chacune des pages bloquées. Les premiers chiffres enregistrés depuis la mise en place du dispositif font apparaître plus de 30 000 connexions par semaine concernant les sites de pédo-pornographie, et 250 connexions en moyenne par semaine concernant les sites à caractère terroriste. »
Chez Numerama, on apprend que la liste est un fichier CSV - http://www.numerama.com/tech/202058-orange-pourquoi-une-erreur-humaine-parait-peu-vraisemblable.html :
Lorsque le ministère de l’Intérieur envoie la liste des sites à bloquer aux principaux opérateurs télécoms français, il le fait sous la forme d’un fichier CSV qui comprend quatre colonnes. La première est une référence de dossier, la deuxième est le nom de domaine et les deux suivantes sont les adresses IP vers lesquelles diriger les utilisateurs, selon que le site est bloqué pour apologie du terrorisme, pédopornographie, jeux d’argent illicites ou d’autres motifs.
Très intéressante remarque - https://twitter.com/AlexArchambault/status/788021234944643072 :
‒ et pourquoi ce n'est pas apparu chez d'autres opérateurs ? la liste est la même ?
‒ le fichier est « personnalisé » pour chaque destinataire, pour identifier et tracer d’éventuelles fuites
Vu la simplicité de la liste (voir Numerama ci-dessus), cela signifie qu'il y a donc des faux domaines dans la liste ou comment ça se passe ? :O
Tous les élèves de terminale retenaient leur souffle. Après près de six mois de négociations et un avis favorable de la Cada (Commission d'accès aux documents administratifs), le ministère de l'Éducation nationale a enfin dévoilé, lundi 17 octobre 2016, le code source du portail APB (Admission-postbac)... ou presque.
Cet algorithme, qui affecte les bacheliers et bac+1 dans l'enseignement supérieur, a longtemps été gardé secret. L'association Droits des lycéens bataillait depuis de longs mois pour le rendre public. Le jour de la date limite, le ministère leur a finalement envoyé le document par la poste, au format papier, comme le révélait hier l'Etudiant.
Après la grogne, le ministère a filé ça en version numérique, d'après Le Monde. En argument vaseux pour ne rien divulguer, on a aussi eu "le code source contient les données personnelles des étudiants". On continue dans le foutage de gueule. Et pour ne pas dévoiler le code en entier, on a désormais le classique "on constate des tentatives de piratage tous les ans, on ne va pas les simplifier en publiant tout le code source". :-
Le document, daté du 12 septembre 2016, est partiel car il ne contient que le code utilisé pour la répartition dans les filières à capacité limitée.
Chaque formation BTS/IUT a ensuite ses propres critères.
[...]
Autre grief, même pour les techniciens, ce code est illisible. Dans sa structure, il utilise en effet des mots obscurs auxquels nul ne sait à quoi ils se réfèrent, comme "o_g_ti_cod" ou "o_c_gp_cod" plutôt que "ville", "note au bac", etc. Ils désignent des noms de colonnes dans une base de données, mais c'est au lecteur de deviner à quoi elles correspondent. Seul un décorticage minutieux du code le permettrait.
L'aspect papier est gênant, mais le plus symptomatique de la farce : ne même pas avoir fourni l'extrait correspondant du schéma de la base.
Pour Stéphane Bortzmeyer, cette opacité témoigne des réticences du gouvernement à être transparent. "Normalement, essayer de comprendre un code obscur, cela se fait dans un environnement hostile, par exemple lorsqu'on travaille dans la sécurité, pour comprendre un virus ou un malware (logiciel malveillant)."
Le code est sur github : https://github.com/jeantil/admission_post_bac
Les premières questions que pose le décorticage du code : http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/10/25/apb-les-questions-que-souleve-le-code-source_5020076_4401467.html . Je n'ai rien retenu de vraiment rédhibitoire. Les candidats en réorientation moins prioritaire, ça a toujours été assumé par le Ministère, il n'y a pas encore assez d'éléments pour dire que les étudiants étrangers traités plus favorablement, etc.
Le site web de LQDN dédiée à la protection des données personelles et au Règlement européen général sur la protection des données (RGPD). Quelques vidéos de LQDN pour expliquer les notions clés : https://www.youtube.com/playlist?list=PL2UK9Uu0GFtwjoT7JCXhWP41iIlE1PUPJ
On qualifie de donnée personnelle toute information qui, directement ou indirectement, permet d'identifier une personne physique. La loi française protège toutes les personnes physiques, qu'elles soient françaises ou pas, du moment qu'elles sont sur le sol français.
Actuellement, c'est par une *directive de 1995 que l'Union européenne protège la vie privée des européens sur Internet. Elle encadre la collecte, l'exploitation et la revente de leurs données personnellesµ. [...] Chaque État membre de l'Union européenne a transposé la directive de 1995 dans son droit national en votant de nouvelles lois. µµEn France, cela s'est fait en 2004 par une réforme de notre Loi Informatique et Libertés, qui encadre depuis 1978 l'exploitation des données personnelles des citoyens**.
Le règlement européen a été adopté en avril 2016 et entrera en vigueur en mai 2018. Objectif : uniformisation du droit dans tous les États membres (un règlement ne se transpose pas en droit national) souvent réclamée (« Dernièrement, cela a été un angle d'attaque pour les éditeurs de presse, visés par une enquête de la CNIL pour leur collecte des données des internautes, qui estiment l'interprétation française de cette directive bien plus stricte que celle des pays voisins. » source : http://www.nextinpact.com/news/99480-le-parlement-europeen-adopte-reglement-sur-donnees-personnelles-et-pnr.htm ) + actualisation pour suivre l'évolution technologique.
Le règlement s’applique dès lors que le responsable de traitement ou le sous-traitant est établi sur le territoire de l’Union européenne ou que le responsable de traitement ou le sous-traitant met en œuvre des traitements visant à fournir des biens et des services aux résidents européens ou à les « cibler » (en anglais monitor).
LQDN en retient ça (source : https://wiki.laquadrature.net/Synth%C3%A8se_du_r%C3%A8glement_sur_la_protection_des_donn%C3%A9es ) : « Le règlement s'applique également au responsable du traitement des données et au sous-traitant, non-établis dans l'Union, lorsque leurs activités de traitement concernent l'offre de biens ou de services, ou la surveillance des comportement des personnes résidant dans un pays de l'Union européenne (article 3§2). La surveillance du comportement d'un utilisateur signifie que ce dernier est « suivi » sur internet au moyen de techniques de traitement de données qui consistent au profilage d'un individu. Ce profilage est mis en place pour prendre des décisions le concernant, ou pour analyser voire prédire son ou ses préférences personnelles, son comportement et ses attitudes, sa santé, ses mouvements, sa position (considérant 24, article 4).
Consentement explicite
Le droit actuel manque de précision sur la définition du consentement que nous devons donner à une entreprise pour qu'elle puisse collecter ou exploiter nos données. La loi française parle d'un consentement exprès et informé, mais la Loi Informatique et Libertés ne parle pas de consentement, mais d'« accord ». Le sens concret de ce que recouvre ce mot n'est ni clair ni certain. Ainsi, certaines entreprises en profitent pour considérer le simple fait de visiter leur site comme l'acceptation de leurs « Conditions Générales d'Utilisation », ou autre « accord » prévoyant l'exploitation de nos données.
Le règlement général sur la protection des données prévoit que notre consentement devra être « libre, spécifique, éclairé et univoque » : Il faudra que nous exprimions clairement vouloir que nos données personnelles soient utilisées dans les conditions et pour les objectifs de traitement présentés par les entreprises (ou toute autre structure privée ou publique) dont nous utilisons les services. Une case précochée ne sera donc plus possible.
Univoque a été remplacé par « explicite » dans la version finale.
Cette nouvelle définition du consentement par le règlement est donc une nette amélioration.
Le projet prévoit par ailleurs que l'internaute puisse se rétracter aussi aisément qu'il a donné son consentement, à tout moment.
Ce que l'on nomme aussi droit à l'oubli, applicable y compris aux moteurs de recherche. Mais il y a un petit problème d'équilibre selon LQDN :
Par ailleurs, la doctrine a lourdement souligné que les plateformes hébergeant du contenu public s'exposent à de lourdes sanctions si elles n'obtempèrent pas avec les demandes de retrait, alors qu'elles ne sont pas inquiétées par le règlement en cas de suppression abusive des contenus qui leurs sont signalés.
D'une manière générale, le consentement explicite peut être détourné par…
Intérêt légitime
Le droit actuel autorise l'exploitation des données personnelles :
- lorsque la personne concernée y a consenti ;
- afin d'exécuter un contrat conclu par cette personne ;
- en cas d'urgence médicale ;
- lorsque cela est exigé par la loi ou l'intérêt public ;
- pour un intérêt historique, statistique ou scientifique ;
- dans l'exercice de la liberté d'expression ;
- lorsque cela est dans « l'intérêt légitime » d'une entreprise.
Cette autorisation à se passer du consentement lorsqu'il existe un « intérêt légitime » a pour but d'éviter que notre droit ne soit trop rigide et n'interdise certaines pratiques innovantes qui n'auraient pas été envisagées au moment de la rédaction de la loi. Hélas, cette notion est très mal définie et représente en réalité une importante faille dans l'ensemble de notre droit à la protection des données.
Lorsqu'on a affaire à un traitement mis en place pour l'intérêt légitime d'une entreprise, elle n'a pas à obtenir de consentement, donc n'a pas à se soucier de la charge de la preuve - ce qui est grave. En effet dans ces conditions il est tentant pour un professionnel de brandir l'intérêt légitime afin d alléger les procédures de préparation de preuves du consentement. Cette exception à l'obtention du consentement risque d'être exploitée à outrance, ne serait ce que pour des questions de couts procéduraux internes.
Portabilité des données
La portabilité des données correspond à la possibilité pour l'internaute de demander le transfert de ses données vers de nouveaux prestataires. La portabilité des données se fonde sur le même principe que la portabilité des numéros de téléphone, que l'on pourrait par exemple appliquer au mail ou a des services aux fonctionnalités équivalentes. Pour le mail par exemple il s'agit du transfert des correspondances et des contacts.
En France, on a eu tout pareil dans la loi pour une République numérique votée au même moment… avec les mêmes limites (qu'est-ce que ça englobe, dans quel format, la portabilité n'entraîne pas l'effacement des données, etc.).
Pour sortir des données de l'EU, on utilise toute la magouille habituelles : BCR, conventions, accords genre le Privacy Shield troué, etc :-
Sanctions
Actuellement, la CNIL, l'autorité de contrôle française, peut prononcer des amendes allant jusqu'à 150.000€ (le double en cas de récidive). En face, Google a réalisé, en 2012, un chiffre d'affaire mondial de 50 milliards de dollars, Microsoft de 73 milliards, et Apple de 156 milliards, pour citer les plus importants.
Le règlement résout cette asymétrie. Il prévoit de permettre aux autorités de contrôle de prononcer des amendes allant jusqu'à 4% du chiffre d'affaire mondial des entreprises en faute. C'est une solution idéale, car adaptée aux ressources de chaque acteur économique.
Transparence sur les fuites de données
Le droit actuel a introduit en aout 2011 une obligation de notification des failles de sécurité. Cette obligation n'est pas contraignante en cas de perte ou de compromission de données par une entreprise ou toute autre entité (exemple : université). Pour l'instant, seuls les télécoms et les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) sont tenus de prévenir leurs utilisateurs et la CNIL en cas de fuites de données. [...]
Pour cette raison, le futur règlement européen prévoit que les entreprises auront l'obligation de prévenir l'autorité nationale (la CNIL nationale) du pays où le traitement a été touché par une fuite de données. [...]
Lorsqu’il constate une violation de données à caractère personnel, le responsable de traitement doit notifier à l’autorité de protection des données la violation dans les 72 heures. L’information des personnes concernées est requise si cette violation est susceptible d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés d'une personne.
Droits
Le futur règlement prévoit d'étendre sensiblement vos droits.
D'abord, le droit d'information portera désormais aussi sur la durée de conservation des données et sur leur éventuel transfert en dehors de l'Union européenne. De plus, les données obtenues auprès de tiers devront aussi indiquer l'identité de ces tiers.
Ensuite, vous pourrez aussi demander la suppression de vos données [...] Néanmoins, par dérogation, votre droit de suppression pourra être écarté lorsque prévaudra la liberté d'expression, une raison médicale, scientifique ou historique suffisante ou lorsque le respect d'une obligation légale l'imposera.
Obligations pour les responsables de traitement
Alors que la directive de 1995 reposait en grande partie sur la notion de « formalités préalables » (déclaration, autorisations), le règlement européen repose sur une logique de conformité, dont les acteurs sont responsables, sous le contrôle et avec l’accompagnement du régulateur.
La conséquence de cette responsabilisation des acteurs est la suppression des obligations déclaratives dès lors que les traitements ne constituent pas un risque pour la vie privée des personnes. Quant aux traitements soumis actuellement à autorisation, le régime d’autorisation pourra être maintenu par le droit national (par exemple en matière de santé) ou sera remplacé par une nouvelle procédure centrée sur l’étude d’impact sur la vie privée.
Là où le droit européen ira plus loin grâce au règlement, c'est en matière de responsabilisation des acteur économiques. En effet, l'article 22 du règlement leur imposera de prendre les mesures nécessaires pour honorer leurs obligations légales, et d'indiquer à partir de quand ils seront en règle avec le règlement. C'est ce que l'on appelle le principe d'« accountability », c'est à dire le principe de responsabilité.
De plus, l'article 23 du règlement met en place un nouveau principe au service de la protection des internautes, le principe de protection par design et par défaut. Ce principe exige des acteurs du numérique que les règles de protection des internautes soient intégrées par principe dans tous les biens et services numériques mis à leur disposition. Ainsi, si l'utilisateur souhaite changer ses paramètres de confidentialité, cela ne pourra être que pour les baisser puisqu'ils assurerons par défaut un maximum de protection.
Par ailleurs, alors que le droit de la protection des données actuel concerne essentiellement les « responsables de traitements », c’est-à-dire les organismes qui déterminent les finalités et les modalités de traitement de données personnelles, le projet de règlement étend aux sous-traitants une large partie des obligations imposées aux responsables de traitement.
Définition : prédiction des comportements, des choix qui permet aux responsables des traitement de données persos de s'adapter (pub ciblée, renseignement & surveillance étatique)
On retrouve un des principes que l'on a dans notre loi de 78 : « tout processus décisionnel le concernant ne soit pas uniquement automatisé, y compris en cas de profilage, lorsque ce processus a des effets légaux, ou des effets « similaires qui l'affectent significativement ». »
Le règlement est très léger : le profilage est légitime si nécessaire à la rélisation d'un contrat (ou si la loi le prévoit ou si il y a consentement), l'interdiction de discrimination basée sur des données sensibles a disparue, la personne qui fait l'objet du profilage ne sera pas informé de la logique de ce profilage, de comment les décisions sont prises, etc.
Même chose pour le profilage étatique :
La position de la Quadrature du Net est alignée sur celle d'EDRi à ce sujet : la mention de l'article 22 dans l'article 23 doit absolument être retirée ou censurée. Cette mention donne un chèque en blanc aux Etats pour faire du profilage. Cela signifie que tout Etat membre pourrait utiliser une de ces justifications pour profiler des individus sur la base de leurs origines, de leur santé, de leurs attirances sexuelles, de leur position politique, etc. D'autant que comme vu plus haut, le Règlement n'interdit pas (ou plutôt plus) la génération de données sensibles (art. 9) par le traitement de données personnelles non sensibles.
Des conditions particulières pour le traitement des données des enfants : Pour la première fois, la législation européenne comporte des dispositions spécifiques pour les mineurs de moins de 16 ans. L’information sur les traitements de données les concernant doit être rédigée en des termes clairs et simples, que l'enfant peut aisément comprendre. Le consentement doit être recueilli auprès du titulaire de l’autorité parentale. Les États membres peuvent abaisser cet âge par la loi, sans toutefois qu’il puisse être inférieur à 13 ans. Devenu adulte, le consentement donné sur un traitement doit pouvoir être retiré et les données effacées.
Introduction du principe des actions collectives : Tout comme pour la législation relative à la protection des consommateurs, les associations actives dans le domaine de la protection des droits et libertés des personnes en matière de protection des données auront la possibilité d’introduire des recours collectifs en matière de protection des données personnelles. Un droit à réparation des dommages matériel ou moral : Toute personne ayant subi un dommage matériel ou moral du fait d'une violation du présent règlement a le droit d'obtenir du responsable du traitement ou du sous-traitant réparation du préjudice subi.
Je retiens :
Sources (en plus du site pointé par ce shaarli) :
Andy est un des membres historiques du club des hackeurs allemands, le CCC, figure de proue dans l’information, la formation et l’activisme dans les domaines des technologies informatique et Internet. Défendant la protection des données personnelles des citoyens depuis 1995 avec le Datenreisebüro, il a fait en mai 2016 une conférence au THSF, le rendez-vous annuel de hackeurs à Toulouse.
Dans cette conférence, Andy évoque les ONG de défense des libertés à l’ère numérique, et fait le point sur leur financement par des fondations américaines, bien souvent faux-nez de la CIA...
Il parle aussi de nos échecs et de la mondialisation de la gouvernance, notamment avec les accords de libre échange genre TAFTA/TTIP, CETA & co.
[...]
Mais il y a un problème et c’est ... Bien entendu je connais de près les théories anarchistes et je n’ai jamais été un grand supporter des gouvernements mais je vois un problème si l’on détruit les gouvernements car si on limite le nombre de gouvernements, alors ceux qui restent tendent à devenir plus puissants.
[...]
La réalité c’est ce qui est créé dans l’esprit des gens, je parle ici de constructivisme et de la perception des choses ce que vous voyez à la TV, que vous lisez dans les journaux, que vous entendez à la radio tout cela crée des représentations dans votre esprit, du monde où vous pensez vivre
[...]
Donc le 1er amendement de la constitution américaine, la liberté d’expression, était bien meilleur que ce que l’on peut avoir dans de nombreux pays, et c’était appréciable on pouvait dépasser les limitations de nos propres pays et nous avons apprécié cette gestion plus libérale mais cette gestion libérale a également amené la surveillance de masse qui assurait au gouvernement des États-Unis un accès à tout ce qui se passe et cela amène aussi une propriété intellectuelle qui constitue une version occidentale de la censure et une perte de pouvoir des gouvernements locaux et des structures locales, l’état sous-jacent est au contrôle.
Donc d’une certaine manière, les US amènent une idéologie totalitaire : une liberté totalitaire. [...] comment s’assure t-on que nous avons toujours quelque chose pour nous, nos enfants, nos communautés, notre pays qui pourrait être la souveraineté numérique parce que si nous vivons tous dans un cadre dont les règles sont produites par des entreprises américaines, donc au final par des personnes sous le contrôle du gouvernement US. Ces entreprises agissent au sein de la juridiction américaine, et elles ne peuvent pas y échapper donc la question de notre propre souveraineté dans ce scénario demeure.
[...)
Donc les gouvernements cherchent à rester souverains d’une certaine manière et nous espérons surmonter cela en permanence. Cette part d’entre nous fait en sorte que nous ayons des droits numériques
nous avons de toutes parts l’environnement des ONG Soros, et j’en ai parlé à des gens en Hollande et déjà dans les années 80, quand il y avait ce projet de média "B92" c’était toute la scène néerlandaise, environ 50 à 60 personnes, c’était comme ça dans le passé, ils ont commencé à travailler pour Soros, alors c’est un peu bizarre de voir que certains millionnaires américains peuvent acheter une scène entière et donc par rapport à cet argent, les gens disaient "allez on prend juste l’argent des américains et ce qu’on fait continue à nous appartenir" mais est ce que cet argent est offert sans contrepartie ? C’est vraiment de l’argent gratuit comme dans "bière gratuite" ? De quoi s’agit-il ? Et de quelle liberté d’Internet parle-t-on aujourd’hui ?Il y avait aussi ce truc qui s’appelait — ça se passait en Espagne — ce truc appelé le "festival de la liberté d’Internet" cette année. L’an dernier c’était le "festival du contournement" et donc il y a quelque chose d’amusant. J’étais là-bas en mars cette année. Il y avait beaucoup de conférences à propos de la censure, d’Internet, de comment la vaincre ce que l’on peut faire, quelles technologies sont disponibles, ce qui est utilisable, peut-être les améliorations nécessaires pour que les personnes non techniciennes puissent y avoir accès tout cela a l’air très bien, mais tous les exemples de la conférence étaient étrangement la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, vous savez, les méchants pays habituels et plus personne ne parlait de la NSA et de la surveillance.
[...] Alors j’ai regardé qui organisait cette conférence et le principal organisateur, qui est openitp.org — c’est l’organisation derrière l’événement — j’ai trouvé un type appelé Sascha Meinrath
de la fondation Acorn Active Media, jamais entendu parler de lui je l’ai googlé, et il a une page Wikipedia, il ressemble à un connard, mais peu importe en tous cas, il est vice président de la New America Foundation et chose intéressante c’est le cas de son staff de Acorn Active Media Foundation, qui a exactement 3 personnes en tout, qui travaillent également tous pour la New America Foundation. Et donc qu’est ce que la New America Foundation ?Le président du conseil d’administration de la New America Foundation est un type appelé Eric Schmidt. Le président exécutif de Google !
Maintenant on commence à comprendre ce que signifient les libertés sur Internet. Google partout ... Okay...
Nous y voilà. Et donc ensuite j’ai regardé leur page web ce matin et regardez : Jonathan Soros ! Le fils de George Soros rejoint aussi le conseil d’administration, génial ! Donc on commence à les rassembler.
[...]
Donc sur la droite, vous avez ce festival, vous avez les acteurs, Acorn Active Media et tout mène à la New America Foundation, mais il y a aussi Google, Soros, l’Open Society Foundation, et les jeux de changement de régime des révolutions de couleur.
[...]
On m’a aussi dit qu’il ne fallait pas sous estimer une personne appelée Peter Thiel.
Investisseur dans Facebook, Palantir et d'autres joyeusetées. ;)
C’est un millionnaire Américain, qui travaille avec Soros sur certains projets. Il est aussi connu pour travailler avec la CIA et créer des entreprises technologiques qui fournissent des outils pour la NSA et la CIA.
Et tous les deux font aussi partie du même manège avec l’Open Society Foundation. Voilà la vue d’ensemble qui implique maintenant, dans cette seconde version, vous avez ces types de l’Internet Freedom Festival, les gens de la CIA, Soros, Thiel, les agences à 3 lettres, certains d’entre eux fournissent un Internet libre et les autres fournissent les outils pour surveiller l’Internet libre.
Quel beau monde !
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Donc si on regarde par exemple le fait que la RFC Tor permet maintenant aux sercices en .onion de devenir un standard Internet. Pour financer ça, il y avait Facebook
Alors on peut maintenant être tous très fiers d’avoir aidé ces pauvres gens opprimés en Iran en Corée du Nord, ou autres. Ils peuvent enfin apporter leurs données en toute sécurité à Facebook et aux systèmes de la NSA.
Bravo, on a fait un super boulot. C’est quoi ce bordel ! [applaudissements]
Heu ? Un RFC ne se finance pas. :O Sur le reste, il y a déjà eu des contre-argumentaires produits à l'époque : https://www.techn0polis.net/2014/11/04/facebook-cache-dans-tor-pourquoi-cest-une-tres-bonne-nouvelle/ . En gros, les activistes dans des dictatures ont besoin de faire de la comm' de masse + Facebook impose une double auth quand l'IP change fréquemment, ce qui n'est pas le cas avec un service caché TOR = un service caché TOR leur apporte une commodité sans rien changer vis-à-vis des énormes risques qu'ils-elles prennent déjà.
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Donc. Mais qui finance Tor au fait ? Je veux dire, on savait tous que pendant un certain temps, il y avait ce type, "Radio Free Asia" SRI International, le département d’État américain et plein d’autres qui financent Tor.
Et Tor a juste commencé à la fin de l’année dernière ce qu’ils appellent un "financement communautaire" mais en fait, j’ai parlé avec Shari Steele, la nouvelle directrice exécutive de Tor, et chose amusante, elle est mariée à un agent de la NSA mais je n’ai bien sûr pas dit ça dans une conférence publique et je l’ai interrogée sur ses idées de financement communautaire, pour savoir si on devrait commencer à lever des fonds, et "ouais ouais mais l’argent n’est pas si important pour le moment on est très stables", donc leurs financements récurrents viennent de la fondation Ford, SRI International Google, Radio Free Asia, qui était un opérateur direct de la CIA le département d’État Américain, le Omidyar Network, un autre millionnaire dans ce jeu là
Donc seulement trois de ces entités sont directement associées avec la CIA. Je trouve ça un peu merdique, et par ailleurs toutes les personnes qui sont impliquées savent ça depuis longtemps ça fait juste bizarre que ce sont ces personnes qui nous soutiennent pour fournir un Internet libre, c’est étrange. Nous devons, peut-être, avoir une meilleure compréhension de pourquoi ils font ça et si nous avons réellement des intérêts partagés, et comment tout cela va finir.
Bien sûr, des gens vont dire "attends une seconde, Tor fait partie de la communauté des gens bien, ne les traite pas de mauvais, ce sont mes amis, n’est-ce pas" et on a un problème ici parce que l’opposé de faire quelque chose de bien, ce n’est pas faire le mal l’opposé de "bien agir" c’est "agir avec les meilleures intentions"
En même temps, Internet sous sa forme TCP/IP, ça nous vient des informaticiens de l'université de Berkeley financés par l'armée US, hein.
Les pro-TOR répondent que c'est le modèle technique de TOR qui apporte les garanties que ce n'est pas troué. Les présentations PowerPoint pechos par Sownden (qui commencent à dater, certes) montrent très bien que TOR emmerdait bien la NSA à l'époque et rien ne permet d'affirmer que cela a changé depuis.
Mais je comprends où veut en venir Andy : financer, ça permet de distiller des idées, de la monoculture US, etc. Et je suis bien d'accord avec cela.
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Donc l’acteur omniprésent dans tous ces projets, c’est l’OTF : l’Open Technology Fund qui est à 100% financé par Radio Free Asia et le Broadcasting Board of Governors. Ils sont tous deux liés au département d’État US, en théorie, et on n’a pas besoin des détails de toutes façons puisqu’ils financent tellement de projets. L’Open Technology Fund, bon, toute personne qui est un peu impliquée dans Tor, dans Tails, dans le chiffrement des emails ou ce genre de choses, c’est assez difficile de ne pas se retrouver à nager dans leur argent couramment. Alors ils sont partout, dans toutes ces conférences et tous ceux qui ont l’air de savoir (ou qui simulent bien) quelque chose sur la sécurité et comment améliorer la sécurité de l’Internet ou de soutenir les technlogies de contournement, ils auront un financement. c’est en fait assez difficile de ne pas être financé par eux quand on est impliqué là-dedans.
Et donc bien sûr si on regarde autour on trouve qu’il y en a un certain nombre [ NDLR : de projets ] dont on peut dire "attends une seconde, ce sont mes amis" donc le problème est que ce toutes les personnes qui sont payées et qui servent les USA ou la CIA ne sont pas nécessairement au courant, donc je n’accuse personne ici de mal agir intentionnellement mais il faut juste voir que nous avons un intérêt commun avec ces types bizarres qui nous donnent de l’argent pour contourner la censure, et et qui ne comprennent pas quelle est l’idéologie qui est derrière, quelle est l’économie et quelle est la politique gouvernementale derrière cela. Faire de nous des outils stupides pour le gouvernement US, ça ne peut pas être satisfaisant...
Et l’autre chose, ce sont les conséquences quand on s’associe avec cet argent et ces personnes, selon où tu vis, et on en a perdu des amis ces dernières années en Egypte, en Syrie, dans d’autres endroits. Leurs gouvernements ont un raisonnement très simple "Fais-tu partie de cette invasion US ou fais-tu partie de notre peuple ?". Et malheureusement, ils ne prennent pas le temps pour une analyse en profondeur. Dans ces conflits, ils agissent souvent rapidement. Et des gens meurent, sont torturés, etc.
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Évidemment, vivre dans le capitalisme est compliqué, et requiert un effort pour rester indépendant de l’argent facile et c’est le combat de chacun, je sais, ce n’est pas facile.
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Cela veut aussi dire que les processus économiques sont transformés d’une économie locale vers l’économie américaine, et on ne devrait pas soutenir cela. Cela veut aussi dire que des réalités virtuelles sont individualisées et commercialisées et ils se foutent de la réalité commune, c’est un autre problème.
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Mais il y a aussi les limitations des gouvernements nationaux dans les traités internationaux comme TTIP, entre autres accords commerciaux où les gouvernements nationaux ont de moins en moins de pouvoir puisqu’ils ont des obligations contractuelles internationales, mais la vraie menace qui vient est bien sûr que nous courons vers une réalité gouvernée par des algorithmes, permettant que les décisions commerciales et gouvernementales seront créées et basées sur des algorithmes et des données massives. c’est ce qu’ils sont en train de mettre en place en ce moment donc les choses vont devenir encore plus difficiles
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mais il y a aussi de l’intermédiation de la compréhension culturelle. Il y a aussi quelque chose qui concerne l’intermédiation des conflits ici. Notre compréhension du monde islamique par exemple, et leur compréhension de notre monde, il y a encore tellement à faire, parce que ce que l’Internet a fait, et le complexe de la liberté sur Internet n’a fait qu’exporter l’idéologie occidentale au lieu d’essayer de comprendre les différences culturelles et le complexe qui se créerait si ces cultures venaient à se rencontrer.
Donc il y a aussi évidemment un rôle énorme où nous avons échoué pour l’instant, celui d’améliorer la compréhension et l’usage significatif de ces technologies par les gouvernements et les communautés
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Les grands problèmes insolubles, nous devons les découper en problèmes plus petits que nous pouvons manipuler, donc par exemple augmenter le nombre de gouvernements. Si les gouvernements sont trop gros et trop compliqués à réparer, c’est parce qu’ils sont tellement cassés et corrompus. Et je suppose que la situation politique française, d’après ce que j’ai entendu dans mes conversations d’hier soir est à peu près aussi pétée qu’en Allemagne, alors c’est difficile d’imaginer que l’on peut réparer ça. Mais peut-être ce que l’on peut faire est de découper les gouvernements en morceaux plus petits, et les pays en morceaux plus petits de façon à reprendre le contrôle avec des sommes d’argents raisonnables, des structures raisonnables.
Le Saint Graal de la réappropriation collective, oui.
Mon seul point de désaccord est sur la vision "les USA sont trop forts, ils veulent dominer le monde, c'est dans leurs gènes, etc." : tous les États ont cette volonté-là. TOUS. Et ça semble être dans les gènes de tout le monde. Se focaliser sur un pays, c'est comme évoquer sans arrêt et sans preuve la Chine lors d'un DDoS, c'est se créer un bouc émissaire, c'est une démarche vaine et créatrice de conflits.
En revanche, je suis d'accord que la mondialisation (traduite ici par globalisation) est un problème en soi. Enfin, ça dépend de quoi on parle. La libre circulation des personnes à travers tout le globe, ça devrait être la putain de norme, le truc bateau évident car nous sommes tous et toutes chez nous, partout sur notre planète. La libre circulation des biens (matériels ou immatériels), pareil. Même chose pour les idées & les savoirs, évidemment. Par contre, que la culture mondiale soit façonnée depuis un point du globe, c'est merdique, que ce point soit Hollywood ou Bollywood. Même chose pour l'évolution technologique. Que la gouvernance se fasse à des échelles de pays, de continents ou autres (comme les accords commerciaux), c'est tout aussi merdique, elle devrait être locale, comme le dit très bien Andy.
Quelques notes.
Je trouve excellente l'approche des différents types de capitalisme (même si la réalité n'est pas aussi tranchée que dans le reportage, j'ai nuancé au début de ce shaarli). Centrer l'analyse sur les patrons, ça me semble aussi stupide que de se focaliser uniquement sur un-e présidentiable qui devrait savoir tout faire (alors qu'en fait, il-elle a une équipe de campagne) : on loupe des bouts d'analyse et on oublie l'impact des prédécesseurs (SFR a eu d'autres patrons, Orange aussi). La téléphonie mobile me semble difficilement dissociable de l'Internet fixe : c'est cela qui a permis à Free de lancer Free Mobile et c'est l'Internet mobile qui fait aujourd'hui la marge sur les forfaits et notamment sur les forfaits à pas cher (50 mega dans le forfait à 2€ de Free, c'est une blague en 2016 ! Une facturation au volume d'un truc dont ces acteurs sont facturés au débit, c'est tout aussi un gag !).
Ça aussi, je n'avais pas vu passer…
Une nouvelle fois, il s’agit d’un marché de « maintien en condition opérationnelle des systèmes informatiques exploitant des produits de la société Microsoft ». Le signataire ? La Centrale d’achat de l’informatique hospitalière (CAIH), une association regroupant plus de 500 établissements du secteur de la santé, dont de nombreux hôpitaux et centres de lutte contre le cancer. La structure est intimement liée à la centrale UniHa, qui se présente elle-même comme le « 1er acheteur public français » avec un portefeuille de 2,4 milliards d’euros pour 2014.
[...]
Ce contrat s’étend de 2015 à 2019. Négocié sans publicité préalable ni mise en concurrence, il prend la suite d’un précédent accord-cadre conclu en 2010 avec Microsoft Irlande, toujours sous la houlette d’UniHa. La firme de Redmond s’engage à fournir aux établissements de santé adhérents à la CAIH un support technique 24h/24, 7j/7, et surtout un droit d’usage de ses principaux logiciels : Word, Excel, Outlook, Sharepoint, Forefront, Windows Server...
Chaque année, l’association doit transmettre au géant américain un bon de commande précisant le nombre de postes de travail équipés en vertu de ce marché. Ce chiffre ne peut « pas être inférieur à 310 000 postes », précise le cahier des clauses particulières [...]
[...] L’intéressé a néanmoins tenu à insister : « Ce n’est pas Open Bar, c’est un modèle économique où l’on paie par poste ! » L’offre de logiciels auxquels accèdent les hôpitaux est de surcroît limité à un répertoire préalablement défini, mais dont on nous a également caché les contours précis.
[...]
« On envisage toujours toutes les options » rétorque néanmoins Bruno Carrière. Le représentant de la CAIH fait part de sa « difficulté à trouver des acteurs organisés et capables de comprendre les contraintes du secteur hospitalier », en vue de proposer une certaine continuité avec les produits Microsoft utilisés jusqu’ici. « Si l’on trouvait des conditions économiques et de service meilleures, il n’y a pas de raison que l’on ne soit pas attentifs à cette offre » assure-t-il. « Mais au jour d’aujourd’hui, je ne l’ai pas croisée ! J’ai croisé des militants, mais pas des gens qui seraient en capacité d’appréhender la totalité du faisceau de contraintes auquel font face les hôpitaux. »
J'ai totalement raté cette info en 2015 (on était en plein sur la loi Renseignement à ce moment-là :- ).
L’accord-cadre de plus de 11 millions d’euros conclu l’année dernière par les ministères sociaux (Santé, Travail, Jeunesse et sports) avec Microsoft Irlande correspondait bien à un marché subséquent au désormais célèbre contrat « Open Bar » du ministère de la Défense.
[...]
[...] Tout d’abord, qu’il s’agit bel et bien d’un accord de quatre ans, subséquent à l’accord-cadre signé en 2013 par le ministère de la Défense avec le même géant du logiciel propriétaire (voir ici les détails obtenus à son sujet par l'April). Deuxièmement, qu’il vise à équiper au « minimum » 28 600 postes informatiques, ce qui laisse à penser que le prix ne change pas, même si le nombre d'utilisateurs est plus important – d'où le terme d'Open Bar. Le détail du calcul ayant conduit à un total de plus de 11 millions d’euros a cependant été caviardé par l’administration.
Pour avoir plus de détails sur les prestations vendues par Microsoft, nous avons dû nous tourner vers la DSI des fameux ministères, qui nous a expliqué que ce marché avait été conclu en vue de la fourniture de « licences Office mais aussi des « CAL » (licences d’accès client) liées à l’accès aux serveurs bureautiques de partage de fichiers, aux serveurs de messagerie Exchange et à Sharepoint, dans l’attente d’une solution interministérielle open source ».
Signé une première fois en 2009, et renouvelé en 2013, le contrat « Open Bar » liant Microsoft à la Défense a vu ses coûts bondir de plus de 45 %.
Selon Cash Investigation, dont la dernière livraison s’intéressait aux dérives des marchés publics, le contrat passé par le ministère de la Défense auprès de Microsoft pour la période 2013-2017 coûtera 120 millions d’euros à l’Etat. Soit une sérieuse inflation par rapport aux 82 millions dépensés sur la première période de ce contrat très particulier, signé pour la première fois en 2009 pour 4 ans.
Rappelons que cet accord-cadre avait suscité de nombreux commentaires. D’abord parce que ce marché avait été passé sans appel d’offres, ni procédure publique. Soit, pour les détracteurs du contrat, parmi lesquels l’April (Association de promotion et de défense du logiciel libre), « de nombreux abandons des principes relatifs aux achats publics ». Second point qui fait tiquer, y compris au sein du ministère lui-même : la forme de l’accord, qui prévoit que la Défense française peut utiliser autant de logiciels Microsoft qu’elle le souhaite. D’où un risque de dépendance à un éditeur américain plusieurs fois pointé du doigt pour sa collaboration active avec les services de renseignement des Etats-Unis (participation au programme Prism selon les documents Snowden, communication des failles sur ses logiciels au gouvernement américain avant leur correction selon Bloomberg). [...]
[...] En 2010, en parallèle de la signature du premier contrat avec Microsoft, la Défense était supposée travailler à une alternative, basée sur des logiciels libres. Un poste de travail Open Source était même annoncé pour 2011, suite à une question au gouvernement du député UMP Bernard Carrayon. Sauf que, depuis, cette fameuse alternative libre est portée disparue.
Selon Cash Investigation, l’accord dit « Open Bar » devrait une nouvelle fois être renouvelé en 2017. [...]
Comme lors des deux précédentes éditions, la Défense devrait une nouvelle fois signer ce contrat non pas avec Microsoft France, mais avec la filiale irlandaise de l’éditeur. Microsoft utilise en France, depuis 1994, le statut « d’agent commissionné » de Microsoft Ireland Operations Limited. Ainsi, lorsque Microsoft France vend un produit, la société ne comptabilise pas son prix de vente, mais une commission, soit une fraction seulement du prix de vente. Ce montage permet à l’éditeur de ne payer en France qu’un faible pourcentage de taxes. [...]
[...] Pour mémoire, cet accord passé selon la procédure de marché négocié, sans publicité préalable ni mise en concurrence, a permis à l’éditeur américain d’investir des dizaines de milliers de postes informatiques au sein de la Défense.
Sa signature s’était faite dans une curieuse ambiance puisque des documents internes avaient dégommé ce choix sans l’ombre d’une hésitation. Risque d’addiction aux technologies Microsoft, affaiblissement de l’industrie française et européenne du logiciel, vulnérabilité de l’approche mono-produit, etc. [...]
Boarf, c'est la même chose au CNRS en ce moment où il n'y aurait que la tête de la DSI qui aurait voulu l'arrivée de l'offre Skype pro (qui n'a rien à voir avec Skype "normal" : Skype pro n'est pas P2p ni rien). Et là aussi, la même magie opère : il paraît que le contrat avec le CNRS inclut explicitement une clause de non surveillance/agressivité. L-O-L.
Quelques remarques intéressantes sur l'atteinte à la concurrence que représente ce contrat : http://blog.ludovic.org/xwiki/bin/view/Blog/ContratsOpenBar (via http://dukeart.netlib.re/shaarli/?U4ujLw ) :
Si l'émission Cash Investigation a traité les contrats Open Bar sur l'aspect du prix et sur l'aspect de la sécurité informatique, elle n'a pas mentionnée:
- la distorsion de concurrence, en particulier vis à vis d'acteurs locaux et PMEs;
- l'insatisfaction d'utilisateurs face aux solutions imposées;
- le fait que cela existe aussi dans les entreprises et pas seulement au Ministère de la Défense et dans les services publics; [ NDLR : voir http://www.journaldunet.com/solutions/cloud-computing/1185378-office-365-deploye-massivement-par-80-du-cac40/ -> 32 groupes sur 40 soit 80 % du CAC40).
- l'effet "bundle" qui permet à Microsoft de pousser des nouveaux produits, de leur créer une base installée, sans mise en concurrence.
Un contrat Open Bar est un contrat négocié à prix fixe pour une période données (3 ans le plus souvent), permettant l'usage d'un ensemble de logiciels d'un fournisseur (Microsoft dans l'émission Cash Investigation) de façon illimitée. Dans le cas de Microsoft, cela veut dire, potentiellement beaucoup de logiciels, dont certains ou les entreprises concurrentes peuvent être des PMEs, françaises ou européennes par exemple.
Le piège est très simple. Au bout des 3 ans on fait les comptes. On regarde l'usage effectif, on fait une belle feuille de calcul (avec Excel puisqu'il est "gratuit"), on multiplie par les prix publics et on présente la note pour les 3 ans à venir, forcement largement plus chère que le contrat précédent. Mais comme le fournisseur est sympa il fait une petite réduction. Bien sûr on n'est pas obligé de signer, puisqu'il suffit de désinstaller tous les logiciels qui ont été installés pendant les 3 ans. Ah ben non, bien sûr, cela ne va pas être possible, on ne peut pas déinstaller des logiciels qui sont utilisés au jour le jour. Bon bien merci pour la réduction. On va renouveler comme ça, mais n'oubliez pas de nous inviter à la conférence à Las Vegas, ou encore mieux à la finale de l'EURO 2016.
C'est la, qu'une société comme XWiki, mais aussi des centaines d'éditeurs logiciels rien qu'en France, sont concernés par les contrats Open-Bar. Ceux-ci bloquent la concurrence et les effets sont désastreux aussi bien pour les concurrents que pour les clients eux-mêmes.
- Un département de l'entreprise à un besoin et regarde les solutions possibles.
- Il sélectionne quelques entreprises qui ont une solution qui semble bien adaptée.
- Il évalue le prix des solutions et la solution qui serait livrée en final.
- Il en parle à son département IT, qui lui indique qu'un logiciel Microsoft pourrait faire l'affaire, et celle-ci est "gratuite" (puisqu'Open-Bar).
- L'analyse montre que la solution est loin d'être idéale et pourrait avoir des coûts non-négligeables de services, plus importants que les services nécéssaires pour les solutions concurrentes.
- Le prix global des fournisseurs exterieurs (incluant prix du logiciel ou support pour les logiciel Open-Source), reste quand même plus cher, du fait de la "gratuité" supposée du logiciel "Open-Bar".
- De plus jamais le prix des logiciels "Open-Bar" ne seront directement facturés au services les utilisants, étant inclus dans un budget de fonctionnement global réparti au pro-rata des employés.
- Par contre le prix des logiciels et support concurrents sont directement supportés par le département utilisateur, si celui-ci souhaite réellement s'engager pour utiliser un "logiciel non-standard".
- Le département IT insiste fortement pour utiliser la solution "standard" entreprise malgré ses déficiences.
- Le client choisit la solution Open-Bar malgré le fait que cela ne répond pas aussi bien aux besoins et que les services sont plus chers.
- Au renouvellement du contrat Open-Bar, l'usage du logiciel est pris en compte, le tarif du logiciel peut être largement plus cher que les solutions concurrentes, même avec les discounts.
- Le prix global du projet peut être multipliés par 2, 3 voir 5 en final (le prix de la licence n'est pas négociée face à une solution concurrente)
- l'utilisateur final n'est pas satisfait car le logiciel n'était pas le meilleur, générant potentiellement d'autres sur-coûts.
- Tout cela c'est passé sans mise en concurrence sur le projet particulier dans le cas d'une entreprise publique.
- Les entreprises concurrentes et françaises en particulier n'ont pas eu le contrat, bloquant l'emergence de solutions concurrentes, renforcant la domination de l'acteur existant.
Ce cas est un cas presque "idéal" ou une solution concurrente a été un temps envisagée, mais la grande majorité des cas sera de ne même pas regarder les solutions concurrentes et de prendre dans le "pack", puisque c'est "gratuit".
L'échange se poursuit sur les failles de sécurité des logiciels de Microsoft :
Marc Mossé : « Je vais vous dire autre chose, je crois que je ne l'ai jamais dit. Ce n'était pas public jusqu'à maintenant. L'État français a un accord avec Microsoft pour bénéficier de toutes les informations techniques et de sécurité concernant les logiciels qu'il utilise »
Élise Lucet : « Cela veut dire que quand vous détectez une faille, vous communiquez cette faille au ministère de la Défense par exemple ? »
Marc Mossé : « Ce sont des accords dont je ne donnerai aucun détail, ce sont des accords de sécurité, l'État français bénéficie des informations nécessaires à la sécurité de ses systèmes d'information, en lien avec les produits Microsoft »
Marc Mossé ne donne donc aucun détail sur le périmètre de cet accord. S'agit-il de permettre à l'État français de connaître en avant-première les failles de sécurité des outils Microsoft qu'il utilise et de prendre les mesures de sécurisation nécessaires ? Peut-on vraiment accepter que la souveraineté informatique de l'armée dépende de la bonne foi d'une entreprise privée ? Par ailleurs, sachant que ces outils Microsoft sont aussi largement utilisés par d'autres États, par les entreprises, par le public… s'agirait-il pour l'État français d'être informé en avant-première de failles permettant l'espionnage de tiers ?
On se prendrait pas trop la tête, là ? Ce n'est pas un bête programme de divulgation comme en ont tous les prestas ? Là, on va me tacler "dans ce cas, le gus de Microsoft n'aurait pas dit que c'était pas public avant ce jour". Oui enfin il a peut-être dit ça dans l'intention de contrer l'argument "c'pas sécurisé" de l'équipe de Cash. Histoire d'éteindre l'incendie, quoi.
D'ailleurs, pour ceux et celles qui pensent que cet accord de sécurité est un argument massu qui renvoie les libristes chez eux, Aeris a trouvé un contre-argument ( https://twitter.com/aeris22/status/788780543483707394 ):
La #NSA doit avoir EXACTEMENT le même genre d’accord. Prioritaire sur celui français. La France ne sera donc PAS couverte durant tout le délai entre la notification à la #NSA et l’obtention de l’accord de la #NSA pour publication à la France… Et donc vulnérable…
Hooooo, l'appel a eu lieu. Le premier round avait eu lieu en 2014 ( http://www.ictjournal.ch/news/2014-05-06/microsoft-met-le-patriot-act-a-lepreuve-pour-les-donnees-hors-des-usa )
C’est un véritable camouflet pour le gouvernement américain. À l’issue d’une longue et complexe procédure judiciaire qui s’est étalée sur plusieurs années, la cour d’appel de Manhattan a finalement tranché : Microsoft n’a pas l’obligation de transmettre aux autorités américaines le contenu d’un courrier électronique lorsque celui-ci figure sur un serveur qui se trouve hors des États-Unis.
Dans son arrêt, qui est une victoire clé pour Microsoft dans son bras de fer judiciaire avec Washington, la cour annonce que la législation « n’autorise par les tribunaux à émettre et faire exécuter par des fournisseurs de services basés aux États-Unis des mandats destinés à faire saisir le contenu de courriels de consommateurs qui sont stockés exclusivement sur des serveurs à l’étranger ».
Cela étant, la décision prononcée par les magistrats ne met pas encore un point final à cette affaire. Le département de la justice dispose encore d’au moins un levier à sa disposition : la Cour suprême. Il pourrait tout à fait porter l’affaire devant la plus haute juridiction du pays dans l’espoir d’une remise en question des conclusions rendues par les juges de la cour d’appel.
Suite de http://shaarli.guiguishow.info/?oTjn3w
Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a rendu son ordonnance dans l’action lancée par plusieurs associations issues du milieu du libre contre l’accord Microsoft/Éducation nationale. Les plaignants sont tous déboutés.
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Défaut de condition d'urgence
En clair, dans une telle procédure, si urgence il y avait, les associations auraient dû agir immédiatement à sa porte, et surtout ne pas perdre un temps précieux auprès du ministère avec une procédure administrative inutile. Du coup, alors que ce recours gracieux a eu lieu le 29 janvier 2016, le juge des référés ne comprend pas pourquoi les mêmes associations « ont choisi d’attendre la fin du mois de juillet 2016 pour se décider à porter leur affaire devant la juridiction des référés ».
[...]
Défaut du caractère illicite de ce partenariat
Microsoft et l’Éducation nationale évoquent un contrat de partenariat. Les associations, un contrat de vente et de louage, illicite car sans prix et passé en violation du Code des marchés publics. L’ordonnance se refuse néanmoins à requalifier cet accord, sauf à malmener la volonté des parties.
Le juge constate surtout que le document ne mentionne pas de prix, n’est pas exclusif, n’impose pas d'obligations à la charge du ministère sauf à instituer des mesures dans le cadre du plan numérique à l’école et à organiser une coordination en matière de communication. Enfin, souvent évoquée, la somme de 13 millions qui pèserait sur les épaules de Microsoft n’y apparaît pas. Bref, le juge de l'évidence a du mal à constater une quelconque illicéité et donc l’existence d’un dommage illégitime qui aurait pu justifier une suspension.
Au final, les associations sont donc déboutées. Elles sont toutes condamnées aux dépens ainsi qu’à verser 2 500 euros à l’État et autant à Microsoft au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Contacté, Jean-Baptiste Soufron n’exclut pas la possibilité d’agir au fond. Une réunion sera prochainement organisée avec les associations pour connaître les suites du feuilleton. Seul petit détail : si jugement il y a, il sera rendu après la fin de ce partenariat.
En gros, les plaignants ont été déboutés sur la forme (il n'y a ni urgence ni de dommage immédiat à prévenir ni un trouble manifestement illicite à stopper), pas sur le fond du dossier c'est-à-dire les questions que ce partenariat soulève. Mauvais angle d'attaque des plaignants découlant de l'envie de stopper asap ce partenariat ?
Je n'ai quasi-rien shaarlié sur la loi Surveillance Internationale, c'est désormais chose faite.
Le Conseil constitutionnel avait censuré les mesures contenues dans la loi sur le renseignement concernant la surveillance internationale, arguant que la loi aurait dû contenir les mesures de contrôle et les conditions d'exploitation et de conservation des données interceptées. Après la révélation par L'Obs du décret secret organisant la surveillance de masse des communications internationales début juillet, il n'était plus possible pour le gouvernement de ne pas légiférer à nouveau sur le sujet. [...]
L'étendue des finalités de la surveillance internationale recouvre celles de la loi sur le renseignement : elles sont toujours aussi larges et porteuses d'excès potentiels graves. L'aspect offensif de ces finalités, notamment la promotion (en sus de la défense) des « intérêts essentiels de la politique étrangère » et des « intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France », est inquiétant pour les relations internationales de la France, qui affirmerait ainsi qu'elle compte pratiquer sans scrupule l'espionnage économique et scientifique. Les organisations citoyennes pourront aussi faire l'objet d'une surveillance
La surveillance portera sur des techniques larges et non définies précisément par la loi, ce qui permettra de les étendre à l'avenir sans en référer à la représentation nationale. C'est le Premier ministre qui décidera quels systèmes de communication seront visés
La proposition de loi ne régit pas des mesures de surveillance individuelle mais un régime de collecte de masse, avec des autorisations d'exploitation délivrées par zones géographiques ou pays (toute l'Afrique, tout le Canada, toute l'Amérique du Sud par exemple) ou par organisation (toute la société XX, ou l'ONG YY) [...] Il s'agit d'une rupture catégorique de l'universalité des droits entre les résidents et citoyens français et l'ensemble de la communauté internationale, amenant notamment à collecter en masse les données et communications de nos voisins européens.
Comme le font les USA avec leur Patrioct Act (surveillance accrue des non-résidents). :(
[...]
Comme La Quadrature du Net l'a déjà souligné au moment de la loi sur le renseignement, la surveillance internationale se ferait avec une logique de collecte massive, où l'identification des identifiants rattachables à des citoyens ou résidents français ne sera fait qu'après la collecte, au moment du traitement : cela ne garantit absolument pas la vie privée des français, d'autant plus lorsqu'on sait qu'une part majeure des communications entre français passe par le réseau international
[...]
La durée de conservation des renseignements collectés à l'international a été considérablement rallongée par rapport aux interceptions effectuées sur le territoire national : un an à compter de leur exploitation pour les correspondances (au lieu de 30 jours en France) ; six ans pour les données de connexion (au lieu de quatre ans) ; délai courant à partir du déchiffrement et conservation maximale de 8 ans pour les données chiffrées (au lieu de 6 ans). [...]
Ce principe de collecte de masse sera fait sous l'autorité seule du Premier ministre. La commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) ne sera informée des mesures de surveillance qu'a posteriori, et ne donnera aucun avis préalable. [...]
[...] Une part déterminante du trafic Internet mondial passant par les câbles sous-marins français, cette loi donnerait à la France une place dans le dispositif de surveillance mondial que les citoyens et les parlementaires doivent refuser de valider. L'absence de publication des accords d'échanges de données entre pays rend d'autant plus inquiétantes les possibilités de développement d'un marché de la surveillance inter-étatique faisant sauter tous les (maigres) verrous de contrôle des services de renseignement.
Je me demandais où en était l'extra-judiciarisation du blocage des sites web de proxénétisme. Conclusion : le texte a été nettoyé au Sénat et les dispositions contestables ne sont jamais revenues dans ce texte adopté en avril 2016.
La proposition de loi « visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées » poursuit son long et fastidieux chemin parlementaire. Introduite en… octobre 2013 [...]
[...]
Le 14 octobre 2015, Pascale Boistard, alors secrétaire d'État chargée des Droits de la femme, réexpliquait l’opposition de l’exécutif : « il nous semble souhaitable d’attendre, dans un premier temps, que l’efficacité du dispositif de blocage des sites terroristes et pédopornographiques soit évaluée, avant que celui-ci soit étendu à d’autres infractions ».
En https://www.laquadrature.net/fr/PPL-Prostitution-pierre-de-plus-censure , LQDN note quand même :
À ce jour, seules les mesures de blocage administratif les plus décriées ont été discutées : sur demande du gouvernement, elles pourraient être finalement supprimées, mais pour des raisons et approches n'ayant que peu à voir avec la défense des droits et libertés : « Toutefois, cet ajout de la commission spéciale a été déclaré contraire à l'article 40 de la Constitution […] En effet, il impliquait la création d'une dépense nouvelle puisque les opérations techniques mises à la charge des fournisseurs d'accès Internet pour le blocage des sites sont compensées financièrement en vertu de l'article 6-1 de la loi du 21 juin 2004 précitée. »
Je suis persuadée que la plupart des réseaux sociaux seraient ravis de déléguer ce travail à un logiciel. C’est ce qu’ils aimeraient nous faire penser, que tout ce contenu est pris en charge par des algorithmes. Mais il y a un grand nombre de décisions basées sur la morale, qu’il est difficile de déléguer aux ordinateurs. Par exemple : un algorithme peut identifier une svastika [croix gammée], mais il lui est difficile de savoir si la personne qui le poste est un néonazi (ce qui impliquerait son retrait) ou un survivant de l’holocauste (ce qui impliquerait qu’elle demeure). Ce genre de choix nécessite encore des humains.
[...]
En outre, les entreprises qui les recrutent veulent elles aussi rester anonymes, les modérateurs ne savent pas qui sont leurs employeurs. Ils ne travaillent pas directement pour les grandes entreprises. Ce sont des entreprises factices, avec des noms génériques, qui agissent comme intermédiaires entre les grosses boîtes, comme Facebook ou Google, et les modérateurs. Ils travaillent depuis leur maison, la plupart du temps. Ces tâches sont sous-traitées aux Philippines, en Europe de l’Est, mais la plupart des interviews que nous avons pu faire étaient avec des Américains. C’est une forme de travail très peu réglementé et mal payé.
[...]
Il s’est rappelé que l’une de ses tâches a été de retirer les photos et vidéos d’Oussama Ben Laden. Pas une image spécifique de Ben Laden mort, mais tout ce qui pouvait le représenter. Nous avons pensé qu’il s’agissait là d’une demande très étrange, qui ne s’apparente pas à un choix moral. Il n’y a rien de violent ou de pornographique dans une vidéo de Ben Laden, c’est évidemment une décision politique. Il s’est avéré qu’un grand nombre d’entre eux a reçu des requêtes similaires de leurs entreprises, consistant à enlever des éléments en lien avec des décisions politiques, qui n’avaient rien à voir avec la morale.
Via https://www.laquadrature.net/fr/censure-antiraciste-Facebook
[...] En l’occurrence, la cité phocéenne utilise le service Geostatistics de SFR lors de tous les matchs qui se déroulent au stade Vélodrome. D'autres municipalités auraient eu, elles, recours au service Flux Vision d'Orange dans le cadre de l'Euro 2016, mais l'opérateur n'a pas souhaité communiquer sur ce point précisément.
Ce type de dispositif, utilisé dans notre pays depuis 2013, consiste à collecter chaque minute les millions de données qui transitent par le réseau mobile d'une zone définie à l’avance. Le but est de géolocaliser tous les possesseurs de portable qui passent dans le périmètre et qui représentent la majeure partie de la population.
Pour cela, l'opérateur s'appuie sur le signal envoyé par les téléphones aux antennes relais. A partir de l'identification des antennes, il est possible de localiser les portables et donc leur propriétaire. Appels émis et reçus, SMS, consommation de data, de nombreuses autres informations sont utilisées et converties aussitôt en indicateurs statistiques pour alimenter un modèle permettant de comptabiliser la foule et de suivre ses déplacements.
Des informations très précises localement qui sont traduites en temps réel sous forme de cartographie 3D comme on peut le voir ci-dessous. Cela permet d'avoir une vision claire de la situation et d'aider rapidement à la prise de décision.
"Nous divisons le réseau en zones qui peuvent représenter à peu près 1/3 d’un département", nous avait expliqué Olivier Ondet, le directeur stratégie, marketing et communication d’Orange Applications for Business au sujet de plusieurs projets touristiques. "Cela permet, par exemple, de connaître le nombre de gens qui ont dormi sur place lors d’une étape du Tour de France dans l’Alpe d’Huez ou de prédire l’afflux de voyageurs sur le RER A", avait-il ajouté.
[...]
Moi, vous, tout le monde est susceptible d’être traqué à partir du moment où son téléphone portable reste actif. Intrusif ? Pas du tout, répondent en chœur les opérateurs, qui mettent en avant l’aval de la CNIL. Cette dernière autorise effectivement ces dispositifs "dans le domaine du tourisme, de l’aménagement du territoire et du trafic routier", nous précise un porte-parole de l'autorité.
Mais dans le cas de Marseille, on touche à la limite de l'exercice puisque l'outil est employé officiellement à des fins touristiques mais qu'il sert aussi, en définitive, à sécuriser la ville. Pas question pour autant d'autoriser un jour l'Etat à utiliser de tels services dans le cadre d’une manifestation, par exemple.
L-O-L. Donc le privé l'utilise, on voit la porosité entre privé et public à Marseille mais non, pas question que l'État y ait accès. Foutage de gueule. Surtout avec la LPM et la collecte temps réel sur les réseaux.
Autre obligation, ces systèmes doivent être déclarés à la CNIL et se trouver en conformité avec la Loi informatique et libertés. Les données sont notamment anonymisées [...]
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C’est le cas d’Yves-Alexandre de Montjoye, chercheur au MIT Media Lab de Boston et auteur de plusieurs études sur le sujet. "Je pense qu’il n’est plus acceptable de dire simplement que les données sont anonymes", nous assène-t-il d’emblée. Avec son équipe, il a notamment prouvé que si l’on connaît quatre endroits où une personne est passée dans une zone de seulement 1km², il est possible de la ré-identifier dans 95% des cas. Nos simples déplacements ont beau être répétitifs, ils sont aussi uniques que des empreintes digitales et beaucoup plus riches qu'on ne l'imaginait à priori.
Croisées avec d'autres données mobiles, ces informations permettent de tirer un vrai portrait chinois des utilisateurs. "Nous avons développé une petite application Android open source, Bandicoot, qui permet aux gens de télécharger eux-mêmes leurs propres métadonnées et de les visualiser en graphiques", nous glisse-t-il. Age, sexe, personnalité, plus de 1400 indicateurs peuvent être tirés en analysant simplement les métadonnées d'un téléphone. Ces dernières sont ainsi capables de révéler vos secrets les plus intimes, sans même que l'on ait besoin d'accéder aux contenus de vos messages ou à vos informations personnelles.
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En dehors d'Orange et de SFR, Bouygues Telecom avoue lui-même être en train de sauter le pas. Seul Free affirme encore ne pas songer à exploiter les données de ses abonnés. Autant dire que la pratique est en pleine expansion en France.
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C’est la raison pour laquelle ils commencent aussi à proposer des solutions de ciblage d'envoi de SMS ou de MMS publicitaires à des abonnés ayant consenti expressément (opt-in) à être géolocalisés. C’est le cas, par exemple, du dispositif Géo Présence d’Orange. Un service plébiscité par les grands distributeurs qui peuvent ainsi croiser leurs propres fichiers clients avec ceux de l'opérateur et envoyer des promotions sur leur smartphone aux clients présents à proximité des points de vente.
[...] En Angleterre, les opérateurs sont déjà autorisés à créer des joint-ventures pour mettre en commun leurs bases et les monétiser en les vendant à des services tiers comme des banques.
[...] "Aux Etats-Unis, par exemple, les opérateurs sont autorisés à analyser les relations interpersonnelles", nous explique Mouloud Dey, le directeur solutions et marchés émergents chez SAS France, spécialisé dans le big data. "Si on vous appelle davantage que vous n’appelez vos amis, cela veut dire que vous êtes un influenceur et que c’est vous que les marques doivent cibler", détaille-t-il.
Trop souvent, pour justifier de cette surveillance de nos vies, on m’oppose l’argument : « Si vous ne faites rien d’illégal, pourquoi auriez-vous quelque chose à cacher ? ».
La première réponse, la plus facile, consiste à rétorquer : « Si je ne fais rien d’illégal, pourquoi les services secrets auraient-il le droit d’enregistrer mes conversations ? ». En retour, j’ai souvent droit à un lapidaire : « Si vous n’avez rien à cacher, pourquoi être inquiété par la surveillance ? », sous-entendant ainsi que tout ce que l’on souhaite cacher est illégal.
[...]
Des proches
Dans nos vies, il y a beaucoup de choses que l’on garde pour soi. Les premières personnes à qui nous cachons des choses, ce sont nos amis les plus chers et notre famille : le fait d’aimer quelqu’un, d’être malade, enceinte, homosexuel, d’avoir une passion inassumée, d’aller visiter cet oncle que tout le monde déteste, d'avoir des opinions politiques. Bref, de nombreux événements de nos vies requièrent la confidentialité. Quand bien même, dans notre vie de tous les jours, on ne se sent pas toujours concerné, cela devrait nous pousser à soutenir une société où la vie des autres bénéficierait de ce droit.
La compréhension naturelle de l’intimité
Nous cachons tous un grand nombre de choses dans nos vies, le plus souvent sans avoir rien fait de mal. La plupart d’entre nous ne sont pas à l’aise à l’idée d’être nus en public. La nudité est un bon exemple de cette compréhension naturelle qu’a chacun de l’intime. L’une peut être à l’aise dans son corps, aller au hammam, dormir nue, mais pour autant ne pas vouloir être topless sur la plage [...]
Que nos vies soient tonitruantes ou non, que l’on soit un adolescent fan de hip-hop, un retraité passionné d’orchidées ou un défenseur de Notre-Dame-des-Landes, l’idée de savoir que quelqu’un puisse éplucher nos emails, nos recherches sur Internet ou l’ensemble des entrées et sorties de notre compte en banque a de quoi nous inquiéter. Cette désagréable sensation, souvent difficile à expliquer, donne souvent lieu à un réflexe du type « ça n’est pas leurs affaires ». Admettre ce sentiment est un excellent début.
[...] Que peut faire votre banquier de la liste des boutiques où vous vous rendez ? Au hasard : évaluer votre risque dans le cadre d’un crédit ? En allant dans des boutiques fréquentées par d’autres personnes, elles connues pour être à haut risque financier, vous pouvez vous retrouver discriminé sur cette simple donnée !
L’analyse des comportements, ce fameux « big data » dont on entend tant parler, est un des ennemis invisibles de notre époque. Il devrait à lui seul redonner à chacun le sens de l’importance de ce droit fondamental qu’est la vie privée et son respect.
Des erreurs et de la complexité du droit
[...] Les lois françaises, la législation européenne, les traités internationaux, représentent une somme de centaines de milliers de pages : qui peut prétendre les connaître toutes, et a fortiori les respecter ? D’autant que le droit évolue constamment, qui sait ce qui sera illégal dans 10 ans et que l’on pourra vous reprocher ensuite ? Le personnel du fisc français lui-même affirme ne pas connaître le droit fiscal de manière satisfaisante !
Le parquet, les juges d’instruction, les officiers de police, ont toute latitude pour interpréter le droit, et s’ils vous ont dans le collimateur – même pour de mauvaises raisons – ils trouveront toujours quelque chose à vous reprocher. Si vous vous demandez pourquoi ces honnêtes fonctionnaires dépositaires du droit pourraient vous en vouloir, dites-vous qu’ils sont humains, comme vous, donc soumis aux biais cognitifs, à l’erreur de jugement, l’envie de vengeance, l’ordre politique venu d’en haut, l’abus de pouvoir ou la bureaucratie galopante. Je ne vous parlerai pas des fichiers de police existants, souvent non déclarés, remplis d’erreurs, d’homonymes indiscernables, de victimes qualifiées en bourreaux parce que l’agent s’est trompé de case etc.
[...] La justice, c’est précisément cet équilibre entre la légitimité de l’atteinte à notre intimité par l’enquête de police, et la difficulté de cette enquête de par le respect a priori de cette intimité.
Le combat politique
Dans de nombreux États américains, et d’autres pays dans le monde, en 2016, la consommation de cannabis est désormais autorisée. Illégal pendant un bon siècle, comment est-on arrivé à changer les lois dans ce sens ? Tout simplement parce qu’une bonne partie de la population en consommait, et trouvait illégitime son interdiction. Et cela concerne de nombreux sujets de société : l’homosexualité, dépénalisée en France en 1791, l’avortement légalisé en 1975. Si l’on n’avait vraiment rien à cacher, comment aurait-on pu en arriver là ? Car si la justice, l’État, savent tout de nous, comment peut-on se réunir pour organiser, en secret, la lutte contre des lois illégitimes ? Sans vie privée, il n’y a aucun moyen de s’organiser politiquement pour défendre des causes qui aujourd’hui peuvent paraître illégitimes, mais qui demain ne le seraient plus, car la majorité en aurait décidé autrement. Cela ne signifie pas que ce sera simple, la désobéissance civile a souvent souffert de l’espionnage des services secrets, au prix de vies perdues et de prison, mais la vie privée reste seule capable d’apporter cet équilibre entre justice et possibilité de changement.
Perso, j'aime beaucoup la définition de l'intimité donnée par jz et donc la nécessité de la protéger : « La protection de la vie privée, c'est la protection de nos intimités. C'est se laisser la possibilité d'êtres libres seul-e ou à plusieurs. C'est la possibilité d'expérimenter sans se faire juger. C'est important. ».
Dans le domaine, il y a aussi l'excellente vidéo Je n'ai rien à cacher de LDN.
Lors du Conseil national du renseignement du 14 janvier, François Hollande a validé la mise en place d’un dispositif visant, à terme, à mettre sous surveillance l’ensemble des données de communication des 11 700 personnes fichées « S » pour lien avec l’islamisme radical.
Dans les dix jours qui ont suivi cette réunion à l’Elysée, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait déjà transmis plusieurs dizaines de demandes d’interception à la nouvelle Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) qui ne délivre qu’un avis facultatif au décideur final, le cabinet du premier ministre. [...] La loi sur le renseignement de juillet 2015, notamment par son article 851-2, permet la collecte de ces données de connexions.
Le souci réside dans le fait que les moyens humains et techniques de la CNCTR étant, pour l’heure, largement sous-dimensionnés pour une telle tâche, il a été décidé de procéder par un examen « simplifié » et « groupé », le temps de pourvoir aux besoins de l’instance de contrôle. Le président de la CNCTR, Francis Delon, n’a pas opposé de résistance à cette procédure qui restreint, de fait, le champ de sa mission. [...]
[...] Cette collecte systématique permet de surveiller la vie des individus de façon bien plus intrusive que par écoute téléphonique. De quoi établir une vaste toile de surveillance comprenant également les entourages et les entourages des entourages.
Via https://www.laquadrature.net/fr/LeMonde-Les-11700-fiches-S%E2%80%8A-pour-islamisme-mises-sous-surveillance , 8 mois plus tard mais je trouve ça très intéressant.
La suite de http://shaarli.guiguishow.info/?NFwYUA .
Mozilla has discovered that a Certificate Authority (CA) called WoSign has had a number of technical and management failures. Most seriously, we discovered they were backdating SSL certificates in order to get around the deadline that CAs stop issuing SHA-1 SSL certificates by January 1, 2016. Additionally, Mozilla discovered that WoSign had acquired full ownership of another CA called StartCom and failed to disclose this, as required by Mozilla policy. The representatives of WoSign and StartCom denied and continued to deny both of these allegations until sufficient data was collected to demonstrate that both allegations were correct. The levels of deception demonstrated by representatives of the combined company have led to Mozilla’s decision to distrust future certificates chaining up to the currently-included WoSign and StartCom root certificates.
Distrust certificates with a notBefore date after October 21, 2016 which chain up to the following affected roots. If additional back-dating is discovered (by any means) to circumvent this control, then Mozilla will immediately and permanently revoke trust in the affected roots.
This change will go into the Firefox 51 release train.
Add the previously identified backdated SHA-1 certificates chaining up to these affected roots to OneCRL.
Remove these affected root certificates from Mozilla’s root store at some point in the future. If the CA’s new root certificates are accepted for inclusion, then Mozilla may coordinate the removal date with the CA’s plans to migrate their customers to the new root certificates. Otherwise, Mozilla may choose to remove them at any point after March 2017.
Via #grifon.
ÉDIT DU 27/10/2016 À 20H50 : Avec StartCom, on avait déjà eu le droit à ça : https://www.computest.nl/blog/startencrypt-considered-harmful-today/ pour montrer le non sérieux de l'AC :) Et après, c'est CaCert qui est refusé par la communauté des navigateurs web car y'aurait des failles dans leur code et leur process humain. L-O-L deux poids, deux mesures. FIN DE L'ÉDIT.